Tag: rdc

  • « Avec Kabila, ça ne va pas… » le pourrissement en RDC

    « Avec Kabila, ça ne va pas… » le pourrissement en RDC

    -Processus de normalisation politique à l’arrêt, violences récurrentes dans le centre du pays, deux officiels de l’ONU portés disparus, les grandes puissances qui condamnent, le Pape François qui annule sa visite… Rien ne va plus en RDC.
    Le site d’information congolais Actualités CD a fait les comptes : « depuis août 2016, la situation au centre de la RDC se dégrade au jour le jour. Plus de 400 tués, 100.000 personnes affectées, le drame du Kasaï commence à ressembler à celui de Beni. Le week-end a été particulièrement violent suite aux affrontements entre les forces de l’ordre et des combattants se réclamant du gourou Kamwina Nsapu près de Mwene-ditu dans la province de Lomami. »

    Les autorités congolaises ont par ailleurs confirmé, poursuit Actualités CD, que « deux officiels de l’ONU ont été enlevés dimanche, près de Tshimbulu, à près de 120 km de Kananga, dans le Kasaï Central. Il s’agit d’un Américain et d’une Suédoise. Egalement enlevés, leur trois chauffeurs et leur interprète. Ils auraient tous été conduits dans la forêt par leurs ravisseurs qui ne sont pas encore identifiés. La milice Kamwina Nsapu qui sévit dans la région n’a pas été formellement pointée du doigt tant par l’ONU que par le gouvernement congolais. » En tout cas, relève encore le site congolais, « les attaques attribuées à cette milice font percevoir une vive tension à Kananga et dans plusieurs villes et localités des provinces de l’espace Kasaï. Au niveau international, la France, les USA, l’Union européenne et même le Vatican appellent à des enquêtes internationales sur ces violences. »

    « Avec Kabila, ça ne va pas… »

    C’est notamment en raison de ce contexte brûlant que le pape François a annulé sa visite en RDC… « C’est un coup dur pour les autorités congolaises qui attendaient ce qui devait être une visite à dimension internationale retentissante, souligne le site d’information congolais Cas-Info. Mais François ne viendra pas. Dans une interview au journal allemand Die Zeit cité par Jeune Afrique, le Pape explique les raisons de cette annulation : ‘Il était prévu d’aller dans les deux Congo, mais, avec Kabila, ça ne va pas, je ne crois pas qu’on puisse y aller’, a affirmé le souverain pontife. »
    L’Eglise catholique et son chef manifestent ainsi leur colère envers le président congolais : «au plus fort de la crise politique née de l’absence des élections et du maintien au pouvoir du chef de l’État, le souverain pontife avait reçu Joseph Kabila au Vatican en septembre dernier, rappelle Cas-Infos. François avait alors souligné l’importance de la collaboration entre les différents acteurs politiques et les représentants de la société civile ainsi que les communautés religieuses. Depuis, les relations entre le pouvoir congolais et l’Eglise catholique sont restées mitigées. (…) En annulant la case RDC de son agenda africain devant le conduire prochainement seulement au Soudan du Sud, François ajoute encore un peu plus de pression sur Kinshasa, conclut Cas-Info. Alors que les négociations politiques censées sortir le pays de la crise sont au point mort. »

    Obstination ?

    Dans la presse ouest-africaine, on s’inquiète également… « Les choses vont de mal en pis au pays de Joseph Kabila, soupire Le Pays au Burkina, avec cette flambée de violences tous azimuts, au moment où le processus politique est aussi dans l’impasse, depuis la mort de l’opposant historique, Etienne Tshisekedi. A cette allure, la RDC court le risque de devenir un brasier ardent, si rien n’est fait pour arrêter l’escalade à temps. »

    Ledjely.com, en Guinée, pointe la responsabilité, selon lui, du pouvoir congolais : « dans les événements du Kasaï de ces dernières semaines, à l’image de tous les autres foyers de tension dans le pays, il est tout d’abord question de la faible autorité d’un Etat qui, peinant à s’exercer sur l’ensemble du vaste territoire du Congo, s’obstine cependant à vouloir se maintenir en place contre vents et marées. Un paradoxe si évident que ce même Etat, outre le fait qu’il se révèle inapte à assurer la sécurité à tous les citoyens, est également incapable de créer les conditions économiques qui permettraient à chacun de trouver sa pitance. Dans un tel contexte, conclut Ledjely.com, à l’image de ce que les terroristes font dans le Sahel et dans d’autres parties du continent en proie à la pauvreté, à la misère et à l’abandon de l’Etat, des gourous comme Kamwina Nsapu n’ont aucune peine à prendre possession d’une jeunesse rendue vulnérable par le désespoir et l’absence de perspectives. »

    RFI

  • Inquiétude autour du processus électoral en RDC

    Inquiétude autour du processus électoral en RDC

    Des évêques membres de la CENCO lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 09/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo.

    -L’Église catholique et la commission chargée d’organiser les élections en République démocratique du Congo se sont inquiétées mardi d’une escalade des violences dans le centre du pays, secoué par une rébellion, qui risque de retarder le processus électoral.

    L’insécurité qui a fait plusieurs centaines de morts dans quatre provinces centrales “risque de retarder l’opération de l’inscription des électeurs”, a indiqué la Commission épiscopale justice et paix (CEJP) dans un rapport présenté mardi à Kinshasa.

    Au Kasaï, l’une des provinces touchées, quatre antennes de la Commission électorale nationale indépendante ont été incendiées, a affirmé le président de la Céni, Corneille Nangaa, lors de la présentation du rapport.

    “La Céni est une cible, ça nous inquiète”, a-t-il ajouté, indiquant que “la Céni n’a jamais été une cible des groupes armés dans l’est et le nord” de la RDC, pays pourtant en proie à l’insécurité depuis plus de 20 ans.

    Le Kasaï est agité depuis septembre 2016 par la rébellion de Kamwina Nsapu, chef traditionnel tué le mois précédent lors d’une opération militaire après s’être révolté contre les autorités de Kinshasa.

    Parties de Kananga, capitale du Kasaï-central, les violences entre les forces de l’ordre et les miliciens ont progressivement gagné les provinces voisines du Kasaï-oriental, du Kasaï et de Lomami et fait plus de 400 morts.

    Deux experts onusiens et leurs quatre accompagnateurs congolais sont portés disparus depuis dimanche au Kasai-central.

    La CEJP appelle le gouvernement congolais à “veiller au maintien d’une atmosphère sécuritaire calme avant, pendant et après l’opération d’inscription des électeurs (…) surtout dans les zones où persistent l’insécurité du fait de l’activisme des groupes armés ou des conflits communautaires”.

    Les élections en RDC sont censées avoir lieu d’ici la fin de l’année selon un accord signé le 31 décembre entre pouvoir et opposition, en vue de sortir le pays de la crise née du maintien au pouvoir du président Joseph Kabila dont le mandat a échu le 20 décembre 2016.

    Cet accord reste inappliqué et la mort le mois dernier à Bruxelles de l’opposant historique, Étienne Tshisekedi, est encore venue compliquer les choses.

    “Ce retard aura un impact sur le calendrier” électoral, a averti M. Nangaa.

    Avec AFP

  • Les hésitations de la famille d’Etienne Tshisekedi sur le lieu de l’enterrement

    Les hésitations de la famille d’Etienne Tshisekedi sur le lieu de l’enterrement

    Manifeste de campagne Tshisekedi

    -Dans une interview à VOA Afrique, le frère cadet d’Etienne Tshisekedi, Mgr Gerard Mulumba, l’évêque de Mweka, a indiqué que la famille de l’opposant congolais envisage actuellement deux options : l’enterrement à Bruxelles ou au siège de l’UDPS à Kinshasa

    La famille a annoncé la semaine dernière que la dépouille de Tshisekedi ne rentrera pas en RDC le 11 mars comme prévu. Elle a rejeté le périmètre que la ville de Kinshasa a offert pour l’enterrement au cimetière de la Gombé.
    tshisekedi 2

    “A mon retour à Kinshasa, j’ai trouvé que la base de l’UDPS, et même toutes les autres personnes n’acceptaient pas qu’Etienne (Tshisekedi) soit enterré au cimetière de la Gombé. C’est pour cela que j’ai vu les autorités pour leur signifier le refus”, explique Mgr Mulumba qui dit avoir même fait l’objet des menaces de la part des partisans de l’UDPS pour avoir accepté au préalable la proposition du pouvoir.

    Pourtant, soutient Mgr Mulumba, “nous (NDLR : la famille) sommes fatigués de ce problème mais si ça traîne ce n’est pas à cause de nous mais c’est parce que nous avons trouvé un blocage auprès des autorités”.

    “Nous ne voulons pas que la situation continue. D’ailleurs, les membres de la famille qui sont à Bruxelles sont vraiment fatigués, c’est pour cela qu’ils étaient déjà d’accord pour l’enterrer à la Gombe, malgré eux”, affirme-t-il. Selon l’évêque de Mweka, il pourrait y avoir de nouvelles negociations avec le gouverneur de Kinshasa qui rentrera de voyage dans deux jours.

    Les autorités de Kinshasa avaient déjà rejeté, lors des discussions précédentes, les autres propositions du parti et de la famille, évoquant entre autres le respect de la loi en la matière, les raisons de sécurité liées aux craintes d’une profanation.

    Les travaux de construction du caveau prévu par les autorités de Kinshasa ont dû être arrêtés cette semaine à la demande de la famille.

    L’UDPS insiste désormais pour que son leader soit mis en terre devant son siège.

    “Si les autorités refusent, il faut que nous puissions considérer l’option de l’enterrer en Belgique.”, soutient Mgr Mulumba.

    La polémique prend de l’ampleur. Les partisans de M. Tshisekedi exigent aussi la mise en place d’un nouveau gouvernement que dirigerait Felix Tshiskedi, son fils, désigné par une lettre laissée par son père.

    Cette exigence politique de l’UDPS “, nous ne la posons pas comme condition”, souligne Mgr Mulumba.

    M. Tshiskedi est décédé le 1er février à Bruxelles de suite d’une embolie pulmonaire.

  • L’ONU estime que le dialogue en RDC est bloqué par la crise au sein de l’opposition

    L’ONU estime que le dialogue en RDC est bloqué par la crise au sein de l’opposition

    -La Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (Monusco) a estimé mercredi à Kinshasa que les divisions au sein du Rassemblement de l’opposition bloquaient l’application de l’accord de sortie de crise politique en RDC.

    Constitué en juin 2016 autour de l’opposant historique, Étienne Tshisekedi, le Rassemblement est signataire de cet accord conclu le 31 décembre dernier entre la majorité et l’opposition sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

    Après la mort le 1er février à Bruxelles de Tshisekedi à 84 ans, le Rassemblement fait face à des divisions internes, alors que Félix Tshisekedi a été désigné pour succéder à son père.

    La “scission au sein du Rassemblement” freine la mise en oeuvre de l’accord et “paralyse quelque peu le travail de la Cenco”, a déclaré à la presse Charles-Antoine Bambara, directeur de l’information publique de la Monusco.

    Lundi, l’Église catholique avait recommandé “vivement à toutes les composantes du Rassemblement de privilégier l’unité” pour “faire avancer les choses” vers une cogestion pacifique entre majorité et opposition jusqu’à des élections prévues fin 2017.

    “Nous y travaillons pour que tout le monde revienne à la raison”, a dit mercredi à l’AFP Augustin Kabuya, porte-parole de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti des Tshisekedi.

    L’accord de la Saint-Sylvestre vise à sortir la RDC de la crise née du maintien au pouvoir du président Joseph Kabila au-delà du terme de son mandat, le 20 décembre dernier. M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter.

    Etienne Tshisekedi avait été désigné président du conseil de suivi de l’accord. Mais depuis son décès, les tergiversations autour du retour de sa dépouille ainsi que les marchandages de postes font que les discussions sont au point mort.

    Avec AFP

  • Des fosses communes trouvées dans le Kasaï en RDC

    Des fosses communes trouvées dans le Kasaï en RDC

    -Le Haut-commissaire aux droits de l’homme pour les Nations unies, Zeid Ra’ad al-Hussein, a demandé qu’une enquête de haut niveau soit dépêchée dans la région du Kasaï où, selon lui, trois fosses communes ont été découvertes en rapport avec les violences enregistrées dans l’insurrection du groupe Kamwina Nsapu.

    M. Zeid a exhorté le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à ouvrir une enquête “à la lumière de rapports récurrents de graves violations et de la découverte récente de trois fosses communes”, rapporte Reuters.

    “J’invite le Conseil à établir une commission d’enquête pour examiner ces allégations. Mon bureau surveillera attentivement le développement judiciaire en ce qui concerne l’action par la force qui a mené à une mort de plus de 100”, a déclaré M. Zeid depuis Genève.

    Il a demandé que le gouvernement congolais puisse “entamer le processus d’investigation pour les allégations des violations de droits de l’homme attribuées aux soldats et à apporter son soutien à nos bureaux sur place”.

    Contacté par VOA Afrique, le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende a, pour sa part, rappelé qu’une investigation est déjà en cours. Selon lui, l’information donnée par le bureau des droits de l’homme des Nations unies n’est pas en fait une révélation.

    “Vos interlocuteurs ne savent même pas ce qu’ils disent, ils ne connaissent qu’une partie de la vérité. Il y a plus ça. Ils ne parlent que de trois fosses communes. Nos magistrats que nous avons envoyés sur place disent qu’il y a plus que ça, ils nous informent tous les jours de ce qu’ils trouvent. Nous sommes atterrés par ce que nous apprenons tous les jours. Nous ne pouvons pas nous mettre à donner une conférence de presse chaque jour qu’on nous annonce la découverte d’une fosse, mais nous attendons leur rapport final pour donner une information complète”, a rétorqué le porte-parole du gouvernement Lambert Mende.

    Le gouvernement a envoyé des enquêteurs dans le Kasaï au lendemain de la publication sur le net des vidéos montrant des militaires congolais tirant à bout portant sur des membres du groupe Mwana Nsapu non armés ou parfois juste d’un lance-pierre. Des femmes à moitié nues et même des enfants étaient parmi les victimes.

    La région du Kasaï, au centre de la RDC, est le théâtre depuis septembre 2016 d’une rébellion née de la mort lors d’une opération militaire d’un chef coutumier local, Kamwina Nsapu, entré en conflit avec le pouvoir central.

    Parties de Kananga, capitale de la province du Kasaï-central, les violences entre les forces de l’ordre et la milice de Kamwina Nsapu – ont progressivement gagné le Kasaï-oriental et le Kasaï-occidental.

    Selon l’ONU, plus de 200.000 personnes déplacées ont été enregistrées depuis le début de conflit tandis que plus de 400 sont mortes de suites d’affrontements entre l’armée, la police congolaises et les miliciens.

    Présente en RDC depuis 1999, la Monusco déploie plus de 19.000 soldats, policiers et observateurs militaires dans l’Est du pays et à Kinshasa. Elle ne disposait d’aucunes troupes dans les trois Kasaï jusqu’au déploiement récent d’une centaine de Casques bleus à Kananga et environs.

  • Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi gardent la main sur le Rassemblement

    Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi gardent la main sur le Rassemblement

    -La principale plateforme d’opposition s’est dotée d’une nouvelle direction bicéphale. Félix Tshisekedi a été désigné président du Rassemblement et Pierre Lumbi, un proche de Moïse Katumbi, à la tête du Conseil des sages. Une nomination qui ne fait pas l’unanimité mais qui valide la nouvelle recomposition d’une opposition en quête de leadership.

    Un peu plus d’un mois après le décès de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, le Rassemblement de l’opposition a désigné une direction à deux tête composée de Félix Tshisekedi, le fils du leader emblématique, qui prend la présidence de la plateforme et de Pierre Lumbi, membre du G7, l’une des composantes phares du Rassemblement. Dauphin naturel d’Etienne Tshisekedi, la nomination de Félix Tshisekedi n’est pas une surprise. Seule l’arrivée de Pierre Lumbi à la co-gestion du mouvement constitue la nouveauté de ce Rassemblement « recomposé ». Une double direction qui s’explique par les aspirations politiques de Félix Tshisekedi qui brigue le poste de Premier ministre après l’accord politique signé avec le pouvoir le 31 décembre dernier. Le président du Conseil des sages devenant, selon l’accord, le futur président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA), Félix Tshisekedi ne pouvait cumuler ces deux fonctions. Et c’est un proche de Moïse Katumbi, via le G7, Pierre Lumbi qui occupera la présidence du Conseil des sages. Là encore un choix logique puisque l’ancien gouverneur du Katanga partageait la création du Rassemblement avec Etienne Tshisekedi.

    La nomination de Lumbi fait débat

    La commande à deux volants de la principale plateforme d’opposition n’a pas fait que des heureux. Les autres partis liges du Rassemblement, souvent plus modestes que l’UDPS de Tshisekedi et moins fortunés que Moïse Katumbi,  n’avaient d’autres choix que de valider Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi à la tête du mouvement. Si Martin Fayulu (Ecidé) est vite rentré dans le rang, Joseph Olenghankoy (Fonus) et Bruno Tshibala (UDPS) ont rapidement contesté la nouvelle direction, « qui n‘était pas issu d’un vote de l’ensemble du Conseil des sages ». La personnalité de Pierre Lumbi passe également très mal auprès de certains membres du Rassemblement. Certes, le patron du MSR a joué un rôle fédérateur important au sein du Rassemblement et son activisme dans l’organisation de la marche des chrétiens contre Mobutu en 1992 est encore très présent, mais son récent poste de conseiller à la sécurité auprès du président Joseph Kabila fait tousser auprès de nombreux opposants, victimes d’une répression politique féroce.

    Rendre l’accord du 31 décembre obsolète ?

    Mais la fronde aura rapidement fait long feu et le risque d’éclatement du Rassemblement a fait rentrer dans « le droit chemin » les principales composantes du Rassemblement. Car en coulisse, la majorité présidentielle ne rate pas une occasion pour tenter de déstabiliser une opposition déjà très fragmentée. Avec, à la clé de cette division souhaitée par le camp Kabila : l’éclatement du Rassemblement et la remise en cause de l’accord du 31 décembre signé par ce même Rassemblement et le pouvoir. Un accord obsolète qui permettrait à la majorité de retarder une nouvelle fois les élections, voire d’en appeler à l’organisation d’un référendum, et pourquoi pas… à une modification de la Constitution pour permettre à Joseph Kabila de briguer un nouveau mandat. La majorité peut compter sur Raphaël Katebe Katoto pour semer la discorde au sein du Rassemblement. Le propre frère de Moïse Katumbi, co-fondateur du Rassemblement aujourd’hui exclu, se verrait bien à la tête de la Primature, poste pourtant réservé à Félix Tshisekedi. En briguant la tête du nouveau gouvernement, Katebe Katoto permet à Joseph Kabila de s’offrir la possibilité de choisir son futur Premier ministre en dehors du seul nom de Félix Tshisekedi (qu’il ne souhaite pas voir à la Primature) pourtant choisi par le Rassemblement.

    Félix sur tous les fronts

    Par cette nomination à la tête du Rassemblement, Félix Tshisekedi réussi donc, pour l’instant, à s’imposer comme le digne successeur de son père. Il devra pour cela garder également le contrôle de l’UDPS, le parti qu’a créé et présidé Etienne Tshisekedi pendant plus de 30 ans. Pour l’heure, tout le monde joue le jeu au sein du parti, tenu par son secrétaire général Jean-Marc Kabund. Mais l’UDPS doit rapidement tenir un congrès pour valider la gestion du parti après la disparition du « Sphinx de Limete »… l’occasion pour les multiples chapelles de se voir entendre. Là encore, Félix Tshisekedi devra faire preuve d’une certaine habilité politique pour conserver l’unité du parti. Passage obligé si il souhaite poursuivre son dessein politique.

    Katumbi reste à la manoeuvre

    Mais le gagnant de cette refonte du Rassemblement est sans doute Moïse Katumbi. En exil judiciaire depuis sa condamnation à 3 ans de prison pour une mystérieuse affaire de spoliation immobilière, opportunément mise au jour après sa candidature à la présidence de la république, l’homme d’affaire reprend de l’influence au sein de la plateforme, via Pierre Lumbi, dont le G7 soutient ouvertement sa candidature. Auparavant, c’était l’intransigeant et imprévisible Etienne Tshisekedi qui tenait les rênes du Rassemblement… aujourd’hui, il sera sans doute plus facile pour Moïse Katumbi d’en co-piloter la direction. Une tâche facilité par son frère, Katebe Katoto, qui s’est auto-exclu du mouvement en voulant tenter l’aventure personnelle de la Primature.

    Vers un statu quo politique de longue durée

    Actuellement aux Etats-unis pour activer ses soutiens américains et voir comme la nouvelle équipe Trump traitera le dossier congolais, Moïse Katumbi   espère bien rentrer rapidement au pays pour pouvoir peser de nouveau sur la scène politique… et ne pas trop laisser le champ libre à Félix Tshisekedi, qui, Primature ou pas, lorgne également sur la prochaine présidentielle. L’ancien gouverneur du Katanga avait annoncé, à la mort d’Etienne Tshisekedi, vouloir revenir à Kinshasa avec la dépouille de l’opposant historique. Mais plusieurs semaines ont passé et aucune assurance de Kinshasa n’est venu rassurer l’homme d’affaire sur sa probable arrestation à sa descente d’avion en cas de retour non négocié. La famille Tshisekedi, qui annonce le retour du « Vieux » pour le 11 mars (date encore très hypothétique) n’a jamais confirmé, ni infirmé la présence de Moïse Katumbi dans le dernier voyage d’Etienne Tshisekedi. L’incertitude plane encore sur le sort du patron du TP Mazembe qui reste hors jeu tant qu’il ne sera pas revenu en RDC. Une option qui en arrange plus d’un, dans la majorité, mais aussi dans l’opposition. Mais face aux multiples blocages politiques dans l’application de l’accord du 31 décembre et aux vives tensions dans les provinces, les autorités congolaises ne semblent pas encore très pressées d’organiser les funérailles nationales de Tshisekedi qui pourraient rapidement se transformer en meeting anti-Kabila. Le statu quo politique risque donc de durer un certain temps à Kinshasa.
    Christophe RIGAUD – Afrikarabia

     

  • Rassemblement de l’opposition en RDC: toujours pas d’accord sur la présidence

    Rassemblement de l’opposition en RDC: toujours pas d’accord sur la présidence

    -Pour ou contre une double présidence du Rassemblement ? En RDC, au sein de cette coalition de l’opposition, les divisions se confirment. Les uns s’accusent d’être achetés par la majorité, les autres de faire des arrangements entre amis. Et la société civile s’impatiente.

    Après la scission d’une frange du Rassemblement nommant un président bis, hier samedi 4 mars, c’est un autre membre de cette coalition de l’opposition qui a exprimé son mécontentement. Pour Raphaël Katebe Katoto, l’un des fondateurs du Rassemblement en juin 2016 et frère de Moïse Katumbi, aujourd’hui suspendu, les procédures n’ont pas été respectées. « Ils n’ont pas associé le Conseil des sages, ça c’est le plus important, explique à RFI, Raphaël Katebe Katoto. Si on associe le Conseil des sages et qu’une décision est prise, nous nous inclinons et soutenons cette décision ».

    Raphaël Katebe Katoto appelle donc les évêques congolais à aider le Rassemblement à s’entendre. Mais pour le secrétaire général de l’UDPS, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, cette fronde au sein du Rassemblement est une manoeuvre soutenue par la majorité et qui vise à déstabiliser la coalition mais aussi son parti. « Ces gens-là ont l’intention de déstabikiser l’Udps parce qu’ils sont instrumentalisés, financés par le pouvoir. Le pouvoir leur a donné de l’argent, et ils sont entrepris de recruter les esprits faibles pour détruire le parti ».

    Et pour ajouter à cette cacophonie, Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle a apporté hier son soutien à une double présidence du Rassemblement, désavouant ainsi son frère qui plaide encore pour de nouvelles discussions.

    L’impatience croissante de la société civile

    La Nouvelle Société civile appelle les membres du Rassemblement de l’opposition à revenir à la raison, à cesser leurs querelles internes et à s’entendre pour que l’accord du 31 décembre entre pouvoir et opposition puisse être mise en oeuvre. Pour le coordonnateur national de la Nouvelle Société civile, Jonas Tshiombela, la population congolaise ne comprend pas la scission d’une partie du Rassemblement de l’opposition.

    RFI

  • Pierre Lumbi, ancien conseiller spécial de Kabila jusqu’en 2015, devient le chef de l’Opposition

    Pierre Lumbi, ancien conseiller spécial de Kabila jusqu’en 2015, devient le chef de l’Opposition

    -C’est fait. Depuis jeudi 2 février 2017, Pierre Lumbi Okongo, ancien ministre des Infrastructures à l’origine des contrats chinois et conseiller spécial de Kabila jusqu’au deuxième semestre de l’année 2015, a succédé à Étienne Tshisekedi à la présidence du Comité des sages du Rassemblement.
    Logiquement et conformément aux dispositions de l’Accord de la Saint Sylvestre, cet ancien bonze de la Société civile passé par l’Udps au début des années 1990 devra prendre les commandes du Conseil national de suivi de l’Accord -CNSA.
    Un scénario impensable jusqu’à la mort de Tshisekedi le 1er février 2017 à Bruxelles.
    A ses côtés, Félix Tshisekedi, porté à la présidence politique de la plate forme et chargé de relancer les contacts avec la Conférence épiscopale nationale du Congo -Cenco- et les signataires de l’Accord du 18 octobre 2016.
    Malgré ce beau rôle attribué Félix Tshisekedi et en attendant l’entrée en lice de Moise Katumbi, l’actuel patron du Rassemblement est bel et bien le tout récent ancien Conseiller spécial de Kabila.
    À la Majorité présidentielle, on jubile. En témoigne ce tweet de Tryphon Kin-kiey Mulumba, membre du Bureau politique de la MP et président du parti politique Kabila Désir.
    « Circulez, il n’y a rien à voir. Depuis Mobutu, l’opposition sert de blanchisserie aux gens du pouvoir. Kengo parti est revenu en force PM », a posté ce docteur en Sciences politiques et journaliste de renom.

    AVEC AfricaNews

  • Le Rassemblement de l’opposition se déchire en RDC

    Le Rassemblement de l’opposition se déchire en RDC

    -Une bonne partie de membres du Rassemblement a porté son choix, vendredi, sur Joseph Olenghankoy pour diriger la principale plateforme de l’opposition, réagissant à la désignation, la veille, de Felix Tshisekedi à ce même poste par un autre groupe de la même coalition. Pour l’heure, chaque camp ne reconnait que son candidat.

    La principale coalition de l’opposition constituée en mars 2016 autour d’Etienne Tshisekedi, est au bord de l’implosion. Elle se réunit désormais en deux camps.

    Affirmant avoir réuni le grand nombre des membres, un groupe des membres de l’opposition ont opté pour Joseph Olenghakoy pour être le président du Rassemblement.

    Parmi eux, Bruno Tshibala, secrétaire général adjoint du parti de Tshisekedi et porte-parole du Rassemblement a déclaré à l’issue de la réunion qu’il fallait revenir à la légalité.

    “Même les évêques doivent tenir compte de la réalité. La majorité a décidé autrement”, a affirmé M. Tshibala.

    L’autre camp a désigné jeudi soir Felix Tshisekedi, fils du feu Etienne Tshisekedi, au même poste de président du Rassemblement et Pierre Numbi du G7, coalition rangée derrière Moise Katumbi, à celui du président du Conseil des sages.

    La désignation de Felix Tshisekedi s’est faite, selon Christophe Lutundula, cadre du G7, par un consensus majoritaire.

    “Il y avait 6 candidats pour le poste du Conseil des sages… De ces consultations est sortie une majorité confortable –pas d’individus mais de composantes- qui a appuyé la candidature de Pierre Lumbi”, s’est défendu M. Lutundula

    Pour sa part, Joseph Olengnakoy, la désignation du fils de Tshisekedi a été faite en l’absence des candidats, et “est donc irrégulière”, martèle-t-il.

    “Il n’y avait aucun autre candidat à cette séance”, explique-t-il.

    Le Rassemblement est donc au bord de l’implosion. Et les tergiversations dans lequelles il plonge ne font que retarder la mise en application de l’accord signé sous la médiation des évêques le 31 décembre avec l’opposition et en vue de résoudre la crise née de la fin du mandat du président Kabila et de la non-tenue des élections en décembre dernier.

    L’accord prévoit l’élection présidentielle en décembre 2017. Le président Joseph Kabila au pouvoir depuis 2001, ne pourra plus se représenter selon la Constitution.

    L’application de l’accord est bloquée par les discussions autour de la désignation du Premier ministre. Le décès d’Etienne Tshisekedi, le 1er février dernier, a davantage compliqué la donne car la tâche de designer le Premier ministre lui revenait.

    voa