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  • Moise Katumbi porte plainte contre l’Etat congolais

    Moise Katumbi porte plainte contre l’Etat congolais

    -Face à la dégradation du climat politique et sécuritaire en RDC, l’opposant Moise Katumbi a décidé de saisir l’ONU. Pendant ce temps, Joseph Kabila tente de rassurer les populations du Kasaï-Central.

    En RDC, le président Joseph Kabila poursuit son séjour à Kananga, la capitale de la province du Kasaï-Central. La visite a pour but de rassurer les populations de cette province, martyrisée par les exactions imputées aux militaires loyalistes et aux miliciens Kamwina Nsapu.

    Plusieurs ONG de défense des droits de l‘Homme exigent l’ouverture d’une enquête internationale pour faire la lumière sur ces tueries qui ont fait selon l’ONU près de 400 morts. Face à la dégradation du climat politique et sécuritaire dans son pays, l’opposant Moise Katumbi a décidé de saisir le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève. Une plainte contre l’Etat congolais  y sera déposée ce vendredi.

    Voici les explications de Olivier Kamitatu, ancien président de l’Assemblée nationale du Congo et par ailleurs porte-parole de l’opposant. Il revient notamment sur les raisons qui l’ont poussé à quitter la majorité présidentielle pour soutenir l’ex-gouverneur du Katanga.

    Avec DW

  • La RDC autorise des tests de vaccin anti-Ebola

    La RDC autorise des tests de vaccin anti-Ebola

    -“La RDC accepte l’utilisation des vaccins contre le virus d’Ebola. Depuis quelques jours, le gouvernement a donné un avis de non-objection qui autorise que des vaccins pour combattre le virus Ebola soient administrés sur le territoire congolais”, a déclaré un responsable du ministère de la Santé congolais.

    Le gouvernement congolais a autorisé des tests de vaccin contre le virus d’Ebola en République démocratique du Congo où une épidémie s’est déclarée dans une région du nord-est, indique la source que cite l’AFP.

     “Nous attendons des partenaires un plan opérationnel qui déterminera ce qu’il faut faire concrètement, dans quelles aires géographiques on pourrait vacciner”, a-t-il ajouté sous couvert d’anonymat, indiquant qu’”une décision définitive sur la mise en oeuvre sortira dans les 24 heures, après concertations”.

    Alors qu’il n’existe aucun vaccin homologué, l’OMS a annoncé le 18 mai, sept jours après la déclaration de l’épidémie de virus Ebola par les autorités, qu’il existait un vaccin prometteur dont les stocks pourraient être acheminés en quelques jours en RDC.

    Le 19 mai, des chercheurs ont annoncé la découverte aux États-Unis d’un anticorps qui neutralise les trois principales souches du virus Ebola.

    Les autorités congolaises ont affirmé le 12 mai que le pays faisait face à sa huitième épidémie d’Ebola depuis la découverte de ce virus sur son sol en 1976. La maladie a été détectée dans une zone isolée du Bas-Uélé, à environ 1.300 km au nord-est de Kinshasa. Jusqu’à présent, deux cas ont été confirmés en laboratoire. 18 autres sont suspects, selon l’OMS.

    La fièvre hémorragique provoquée par ce virus est hautement contagieuse et la durée d’incubation du virus Ebola est de 21 jours.

    Au total, trois personnes sont mortes. Il s’agit de la première flambée d’Ebola depuis la terrible épidémie qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2016, causant plus de 11.300 morts sur quelque 29.000 cas recensés, à plus de 99% en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.

    Avec AFP

  • Haut-Katanga: suspension des directeurs de la DGDA et de la DGM

    Haut-Katanga: suspension des directeurs de la DGDA et de la DGM

    -Les directeurs provinciaux de la Direction générale des douanes et accises (DGDA) et de la Direction générale de la migration (DGM) ainsi que le coordonnateur provincial de l’Environnement sont suspendus de leurs fonctions. Le directeur de cabinet du chef de l’Etat, Néhémie Mwilanya, en mission à Lubumbashi, l’a annoncé à la presse mercredi 3 mai, précisant que cette mesure faisait la suite à l’exploitation et à la  commercialisation illégales et illicites du bois rouge au Haut-Katanga.

    Néhémie Mwilanya a présidé mercredi 3 mai une réunion avec tous les services impliqués dans l’exploitation et la commercialisation du bois rouge. A l’issue de cette rencontre, il a annoncé la suspension des directeurs provinciaux de la DGDA et de la DGM ainsi que du coordonnateur provincial de l’environnement.

    La coupe et l’exportation du bois rouge sont également suspendues et «des mesures conservatoires sont prises pour  tout le bois rouge saisi», selon lui.

    Après l’enquête, toute personne militaire ou civile impliquée dans cette exploitation illicite du bois  subira la rigueur de la loi, a menacé le directeur de cabinet du chef de l’Etat.

    Néhémie Mwilanya, accompagné notamment des ministres des Finances et de l’Environnement, revenait de Kasumbalesa, où ils constaté que des centaines de camions chargés du bois rouge étaient prêts à être exportés.

    Même constat à la gare SNCC de Lubumbashi, où des dizaines de wagons sont chargés de bois. Ils devraient prendre la voie ferrée de Dilolo vers l’Angola.  Sur  l’axe Kasenga, l’exploitation du bois se fait en toute illégalité.

    – See more at: http://www.radiookapi.net/2017/05/04/actualite/societe/haut-katanga-suspension-des-directeurs-de-la-dgda-et-de-la-dgm#sthash.VNhI2N1L.dpuf

  • Arrestation en RDC de 14 Chinois accusés de trafic illégal de bois rouge

    Arrestation en RDC de 14 Chinois accusés de trafic illégal de bois rouge

    -Quatorze citoyens chinois accusés d’”exportation illégale” de bois rouges congolais ont été arrêtés jeudi dans le sud-est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris de source officielle.

    “Nous avons arrêté des Chinois en séjour irrégulier mais qui coupent du bois rouge dans notre province”, a déclaré à l’AFP le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga Célestin Pande.

    Selon M. Pande, “17.000 tonnes de bois rouge ont fait effectivement l’objet d’exportation illégale vers la Chine” en quatre mois en passant “par la Zambie”.

    “Nous avons interpelé 14 ressortissants chinois détenteurs de visas de [touristes], mais qui étaient impliqués dans la coupe et l’exportation illégale du bois rouge”, a confirmé sous couvert d’anonymat un responsable de service d’immigration du Haut-Katanga.

    Depuis le début de l’année, une crise empoisonne les relations entre les autorités congolaises et zambiennes liée à une exportation du bois rouge congolais.

    La Zambie voisine a arraisonné plusieurs centaines de véhicules en provenance de la RDC transportant une variété de padouk, bois très dense prisé pour la construction et l’ébénisterie, en vue des enquêtes approfondies sur la régularité de leur exportation vers la Chine.

    Kinshasa a dénoncé cette saisie, mais jeudi une délégation venue de Kinshasa a décidé l’interdiction de la coupe du bois rouge dans le Haut-Katanga ainsi que son exportation.

    Les paysages de savane boisée du Haut-Katanga sont ravagés depuis des années par l’exploitation forestière illégale, tournée principalement vers la production de charbon de bois, pratiquement la seule source d’énergie disponible pour la population, largement privée d’électricité.

    Avec AFP

  • Les eveques qualifient la condamnation de Katumbi en justice de “mascarade”

    Les eveques qualifient la condamnation de Katumbi en justice de “mascarade”

    -Les évêques catholiques congolais ont recommandé au président Joseph Kabila d’autoriser l’opposant en exil Moïse Katumbi à rentrer librement en République démocratique du Congo, qualifiant sa condamnation en justice de “mascarade”, selon un rapport confidentiel.

    Dans ce rapport transmis le 29 mars au président Kabila et dont l’AFP a obtenu copie mercredi, la conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) plaide pour “le retrait” de la décision d’arrestation immédiate de M. Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle, et “son retour en homme libre afin qu’il exerce ses droits civils et politiques” en RDC.

    Ce rapport a été établi à l’issue d’une enquête menée par la Cenco, alors qu’elle conduisait la médiation entre pouvoir et opposition ayant abouti à la signature le 31 décembre d’un accord de sortie de la crise politique née du maintien de M. Kabila à la tête de la RDC au-delà du terme de son mandat qui a échu le 20 décembre.

    Les signataires de cet accord, exceptés les délégués de la majorité, ont chargé les évêques “de recueillir” des informations pouvant permettre d’obtenir la “liberté” pour les opposants Katumbi et Jean-Claude Muyambo en vue de la décrispation de l’espace politique en RDC.

    Ex-allié de poids de M. Kabila passé à l’opposition en septembre, actuellement en exil, M. Katumbi a été condamné à trois ans de prison pour spoliation d’immeuble appartenant à un citoyen grec et attend de comparaître devant la justice pour une affaire de recrutement de mercenaires. M. Muyambo a été condamné à cinq ans de prison dans une affaire d’escroquerie portant sur le même immeuble.

    “Les deux procès ne sont que des mascarades”, lit-on dans le rapport qui note que la citation à comparaitre adressée à M. Katumbi avait été déposée auprès du bourgmestre de son lieu d’habitation pendant qu’il avait obtenu du parquet “une excuse légale pour sortir du pays” en vue de suivre des soins médicaux à l’étranger.

    La Commission mise en place par l’épiscopat estime que les “actes et pièces pour lesquels M. Moïse Katumbi est mis en cause sont fabriqués dans le seul but de l’inviter [au] procès et le condamner”, laissant “croire que le procès collé à M. Katumbi Chapwe est plutôt un règlement de compte purement politique”.

    M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter. Le chef de l’État est resté à la tête du pays en vertu d’une décision controversée de la Cour constitutionnelle, finalement avalisé par l’opposition dans l’accord de la Saint-Sylvestre. Le climat politique est tendu en RDC.

    Avec AFP

  • CPI: Jean-Pierre Bemba condamné à un an de prison en plus de 18 ans

    CPI: Jean-Pierre Bemba condamné à un an de prison en plus de 18 ans

    -La Cour pénale internationale (CPI) a condamné mercredi l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba à un an de prison et 300.000 euros d’amende pour subornation de témoins dans le cadre de son procès pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

    “La chambre vous inflige, M. Bemba, une peine supplémentaire  d’un an d’emprisonnement”, a déclaré le juge Bertram Schmitt, “servie suite à votre peine actuelle” de 18 ans d’emprisonnement.

     M. Bemba avait en effet été condamné en juin à 18 ans de prison pour la vague de meurtres et de viols commis par sa milice en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003.

    L’ancien riche homme d’affaires de 54 ans avait en effet été condamné en juin 2016 pour la vague de meurtres et de viols commis par sa milice, le Mouvement de Libération du Congo (MLC), en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003.

     Dans cette seconde affaire, celui qui est surnommé le “Mobutu miniature”, avait été reconnu coupable en octobre d’avoir corrompu 14 témoins, présenté de fausses preuves et sollicité la déclaration de faux témoignages.

    Le procureur avait requis huit années d’emprisonnement supplémentaires à son encontre.

    Jean-Pierre Bemba a également été condamné à verser une amende de 300.000 euros dans les trois mois suivant le prononcé, une somme qui sera ensuite transférée au Fonds pour les Victimes, a précisé la CPI.

    “Il est nécessaire de décourager un tel comportement”, a ajouté M. Schmitt, alors que l’ancien vice-président congolais, en costume bleu marine et chemise claire, restait voûté, le regard vide, sans émotion, en écoutant le prononcé.

    ‘Donner du sucre’

    L’ex-chef de guerre, ses avocats Aimé Kilolo et Jean-Jacques Mangenda, ainsi que le député du parti MLC, Fidèle Babala, et le témoin de la défense, Narcisse Arido, avaient versé de l’argent et donné des cadeaux à des témoins ou leur avaient promis une installation en Europe en échange d’un faux témoignage devant la CPI.

    Chargé de leur donner les instructions et d’effectuer ou de faciliter les transferts d’argent, Aimé Kilolo a été condamné à une peine de deux ans et six mois de prison avec sursis – avec une mise à l’épreuve de trois ans – et à une amende de 30.000 euros.

     De son côté, M. Mangenda a été condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis, avec une mise à l’épreuve de trois ans.
    Fidèle Babala, qui avait encouragé M. Bemba à assurer “le service après-vente”, a lui écopé d’une peine de six mois de prison, déjà servie lors de la détention préventive. “Il est bon de donner du sucre aux gens”, avait ainsi conseillé le député du MLC en faisant référence aux pots-de-vin.

    Témoin agissant comme “intermédiaire”, Narcisse Arido a également déjà servi la peine de onze mois de prison que lui a imposée la CPI mercredi. Il avait recruté quatre des témoins corrompus, leur promettant 10 millions de francs CFA (environ 15.200 euros) et un déménagement en Europe.

     “Aucun système légal au monde ne peut accepter que des témoins soient soudoyés, incités à mentir ou briefés”, avait souligné en octobre la Cour basée à La Haye.

    Alors que se termine ce procès connexe, le premier du genre pour cette juridiction, Jean-Pierre Bemba a interjeté appel fin septembre de sa première condamnation pour crimes de guerre, dénonçant des “vices de forme” et évoquant notamment l’arrestation de son avocat durant le procès.

    Ce jugement en première instance à 18 ans de prison était la plus lourde peine jamais imposée, la première condamnation de l’usage de viols et violences sexuelles en tant que crimes de guerre, la première peine rendue contre un ancien vice-président et contre un commandant militaire, en vertu du principe de la “responsabilité du commandant”.

    Entre octobre 2002 et mars 2003, quelque 1.500 hommes du MLC avaient tué, pillé et violé en Centrafrique, où ils s’étaient rendus pour soutenir le président Ange-Félix Patassé face à une tentative de coup d’Etat menée par le général François Bozizé.

    Selon l’ONG Open Society Justice Initiative, les problèmes de subornation de témoin auraient déjà eu des conséquences sur plusieurs procès à la CPI.

    Les poursuites contre le président kényan Uhuru Kenyatta et contre son vice-président William Ruto avaient notamment dû être abandonnées faute de preuves, après des procédures marquées par des allégations de subornation de témoins.

    Avec VOA

  • La Cenco demande à la communauté internationale de mettre de la pression sur les politiciens congolais

    La Cenco demande à la communauté internationale de mettre de la pression sur les politiciens congolais

    -Les évêques catholiques congolais ont lancé, mardi devant le Conseil de sécurité des Nations unies à New York où ils ont témoigné, un appel à plus de pression sur les acteurs politiques et sociaux de la RDC en vue de la mise en application de l’accord signé le 31 décembre dernier à Kinshasa.

    Mgr Marcel Utembi, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), a, dans son allocution, tiré la sonnette d’alarme sur la menace d’un échec du dialogue, d’un nouveau report des élections et de la tenue d’un référendum en raison ” des manœuvres politiciennes et le manque de volonté politique ” de différents camps politiques en RDC.

    ” La persistance de cette crise risque de rendre obsolète l’Accord du 31 décembre 2016 et donner l’occasion de reporter la tenue des élections prévues en décembre 2017, voire d’en appeler à l’organisation d’un référendum ou à une modification de la Constitution “, a prévenu Mgr Utembi.

    ” Malheureusement, l’Arrangement particulier destiné à assurer la mise en œuvre dudit Accord peine à conclure. Alors que la population attend impatiemment les élections, le statu quo politique dû à l’intransigeance des négociateurs sur quelques points de divergence restants et entretenu par des manœuvres politiciennes et le manque de volonté politique, risque de retarder indéfiniment l’application de la Saint-Sylvestre “, s’est plaint Mgr Utembi. ” Il convient également de signaler le retard dans la mise ne application des mesures de décrispation du climat politique “, a rappelé prélat.

    Pour sa part, le ministre des affaires étrangères congolais, She Okitundu, a pointé du doigt l’opposition écartelée depuis le décès, le 1er février à Bruxelles, d’Etienne Tshisekedi, leader de la plateforme Rassemblement.

    ” Etant donné que le Président du Conseil National de suivi de I’Accord devra provenir de I’opposition, le gouvernement exhorte cette dernière, plus particulièrement le Rassemblement, à surmonter ses dissensions actuelles afin de se mettre d’accord sur la personne du candidat qui devra remplacer le défunt Tshisekedi “, s’est défendu M. Okitundu.

    L’opposition et le pouvoir ne s’entendent pas entre autres sur le mode désignation du Premier ministre.

    Le pouvoir exige une liste de trois mais l’opposition s’en tient à un seul nom comme le prévoit le texte de l’accord.

    Pour le ministre des affaires étrangères congolais, il n’existe de la part du gouvernement aucune manœuvre dilatoire de nature à retarder la mise en œuvre de l’accord.

    ” Le retard que connait le processus est dû à des circonstances objectives, plus particulièrement le décès de M. Tshisekedi qui a poussé la Cenco à suspendre les travaux. Nous sommes convaincus qu’avec la reprise des négociations le 16 mars 2017 les parties finiront par trouver un heureux dénouement à ces points de divergence “, a déclaré M. Okitundu.

    La mise en œuvre de cet accord devrait résoudre la crise née du maintien du président Joseph Kabila à son poste au-delà de son mandat et sans la tenue des élections.

    Les évêques ont rappelé politico-socio-économico-sécuritaire avec des insurrections et rebellions dans plusieurs régions du pays.

    Ils ont également rappelé qu’ils ont appelé récemment la population congolaise à dire non au blocage.

    Avec VOA

  • La « mission impossible » du représentant du pape François en RDC

    La « mission impossible » du représentant du pape François en RDC

    -Le nonce apostolique Mgr Montemayor décrypte les relations tendues entre le Vatican et Kinshasa, au point que le pontife a renoncé à se rendre en RDC.
    Un îlot de quiétude se cache dans Kinshasa. Derrière un haut portail en fer brun, une petite allée traverse un jardin discret, agrémenté d’une fontaine aux eaux cristallines, pour atteindre la vaste demeure. L’hôte des lieux honore d’une ponctualité rare le rendez-vous. Il est 16 heures et quelques minutes quand Mgr Luis Mariano Montemayor s’installe sous la croix qui toise la pièce. Yeux rieurs, timbre chantant d’un Argentin s’exprimant en français, le nonce apostolique affiche un flegme étonnant, pour qui joue comme lui en terrain miné.

    « L’arène politique du moment »

    « Avec [Joseph] Kabila, cela ne va pas bien, je ne crois pas que je puisse y aller », a déclaré son ami le pape François à l’hebdomadaire allemand Die Zeit cette semaine. Le président congolais avait été reçu au Vatican en septembre 2016 mais ne semble guère enclin à rendre l’invitation au chef d’une Eglise catholique dont il se méfie.

    « J’ai réussi à dérider Kabila une fois, s’amuse le nonce apostolique. Quand je lui ai présenté mes lettres de créance, je lui ai dit qu’au moins, désormais, il pourrait m’expulser en parfaite légalité, cela l’a fait sourire. »

    Le deuxième et dernier mandat constitutionnel du chef d’Etat s’est achevé le 19 décembre 2016. Le président a toutefois négocié son maintien au pouvoir jusqu’à la tenue d’élections. Des tractations entre opposition et majorité présidentielle menées aux forceps de l’autre côté d’un mur ombragé par les palmiers de la résidence du Vatican. Là siège la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

    « Bienvenue dans l’arène politique du moment », s’esclaffe un évêque. Deux petits immeubles et une allée impersonnelle, tel est le décor d’une lutte politique sournoise, longue et impitoyable dont dépend le destin du plus grand pays d’Afrique francophone. Démarré le 8 décembre, interrompu après la mort de l’icône de l’opposition Etienne Tshishekedi le 1er février à Bruxelles, le dialogue a enfin repris, jeudi 16 mars, sans pour l’heure accoucher d’un calendrier électoral précis ou d’un nouveau gouvernement.

    Le nonce apostolique vient en voisin et tente en toute discrétion d’harmoniser ce processus. Nombreux sont les diplomates et fonctionnaires de l’ONU à l’avoir mis en garde. Lui n’en a cure et estime que c’est son devoir que de s’essayer à cette « mission impossible », anticipant quelques coups bas et les efforts des stratèges de Joseph Kabila pour « ralentir le processus, trouver des points de blocage, chercher à diviser l’opposition ». Poussé à la table des négociations par les puissances voisines, notamment l’Angola, la communauté internationale – Nations unies en tête –, le clan Kabila, sans échappatoire, continue de louvoyer.

    Le « miracle » de l’accord

    Il y a bien eu un accord politique, signé le 31 décembre, entre les deux camps. Un texte mal ficelé, flou et dont la mise en œuvre est toujours discutée. Des négociations marquées par la « médiocrité », déplore le prélat, par des marchandages interminables autour de la répartition des si lucratifs maroquins ministériels.

    « C’est déjà un miracle d’être arrivé à cet accord. Personne n’y croyait. Nous-mêmes, nous pensions que nous allions négocier dans un pays en guerre, rappelle dans un sourire le diplomate. C’est la preuve que la logique des seigneurs de guerre qui a longtemps prévalu s’estompe et c’est déjà un signe positif. »

    Si Mgr Montemayor semble faire un effort pour adoucir le fond de sa pensée, contenir une sévérité qui contraste avec la douceur de son sourire et son humour, son regard sur les politiques se veut sans états d’âme : « Etre payé semble être la principale motivation des hommes politiques congolais, constate le diplomate du Vatican. Quel que soit leur camp. Cela donne une impression assez désagréable d’une classe politique très détachée des préoccupations du peuple et d’un Etat avant tout prédateur. » Etonnant quand les élus professent tant leur foi que leur amour du pays et du peuple ?

    Mais la « schizophrénie morale des dirigeants n’est pas spécifique au Congo », souligne avec malice l’envoyé spécial du pape, qui sait le chemin vers les élections encore long et tortueux. « Les massacres dans le Kasaï, à Béni ou au Tanganyika sont liés au processus électoral, tout le monde se positionne », assure l’ambassadeur du Vatican. Qui ne méconnaît pas les dangers à s’immiscer dans la politique congolaise, et la crainte de servir de caution à ces élus si détachés du peuple. « Nous avons estimé que ne pas y aller serait pire que d’y aller. Mais ne vous y trompez pas. Notre objectif consiste à ce que des élections aient lieu afin que le peuple puisse juger ses dirigeants et ait un droit de regard. »

    Rêve d’élections

    Le nonce apostolique le sait bien : le chef de l’Etat ne l’apprécie pas, se méfie même de lui et de cette Eglise catholique si influente dans son pays. Adepte des mouvements religieux évangéliques, Joseph Kabila considère l’élite catholique comme trop proche de l’opposition, et n’apprécie guère son immixtion dans le champ politique.

    « Vous savez, l’Eglise a une histoire particulière au Congo, dit Mgr Montemayor. Elle s’est implantée durablement, s’est structurée, est un véhicule d’éducation. Et nous sommes présents partout dans le pays, c’est l’une des seules institutions qui fonctionne ici. Nous avons 40 millions de fidèles [sur une population totale estimée à 85 millions d’habitants]. Le président a été obligé de la prendre en compte… et de nous missionner pour le dialogue. »

    Le président, taiseux, discret et hostile à cette Eglise, ne le reçoit pas ou peu. Alors, pour faire passer ses messages, Mgr Montemayor a recours aux âmes damnées de la présidence, dont le directeur général de l’Agence nationale de renseignement, Kalev Mutond, qui jouent les missi dominici et se rend fréquemment à la Cenco pour prendre le pouls des négociations. Pointé du doigt par la communauté internationale, à commencer par les Etats-Unis qui l’ont placé en décembre sur la liste de leurs sanctions, M. Mutond est accusé d’avoir organisé les répressions mortelles contre des manifestations anti-Kabila.

    Le sacerdoce du nonce est suivi pas à pas par le pape François. Une mission non dénuée de vision terrestre. Connue pour la richesse de son sol et ses sous-sols, soumise aux appétits des puissances et entreprises étrangères, la République démocratique du Congo (RDC) occupe une place stratégique sur la carte religieuse. Un terrain où les influences « évangéliques, catholiques et musulmanes se rencontrent. Il est important que l’église continue d’œuvrer ici pour établir des bonnes relations avec les autres cultes et veiller à éviter une guerre religieuse, comme cela a pu arriver en Centrafrique ». Un spectre que le nonce entend bien exorciser.
    avec Le Monde.

  • 7 suspects arrêtés dans le cadre des enquêtes sur la vidéo du massacre dans le Kasaï en RDC

    7 suspects arrêtés dans le cadre des enquêtes sur la vidéo du massacre dans le Kasaï en RDC

    -Les sept suspects arrêtés dans le cadre des enquêtes sur la vidéo du massacre dans le Kasaï, au centre la RDC, sont, selon les magistrats chargés des investigations, des éléments de la police militaire (PM) congolaise.

    Les magistrats commis à l’enquête ont confirmé lors d’une conférence de presse samedi à Kinshasa l’existence des charniers dans la région mais ils n’en ont pas donné beaucoup de détails.

    “Parmi les miliciens Kamwina N’sapu, il n’y a pas que des civils et de petites filles, mais il y a aussi des déserteurs” de l’armée, a expliqué le général-major Joseph Ponde, l’un des magistrats.

    “De l’instruction entreprise, de l’exploitation de la vidéo et des descentes sur les lieux des crimes, les préventions ci-après ont été retenues à charge des suspects: crimes de guerre par meurtre, crimes de guerre par mutilation, crimes de guerre par traitements cruels inhumains et dégradants et refus de dénonciation d’une infraction commise par des justiciables de juridictions militaires”, a ajouté le général Ponde.

    Selon les magistrats enquêteurs, des armes de guerre de type AK 47, Uzi et six bombes castors de calibre 12 ont été saisis en plus d’armes blanches.

    “Des armes sont récupérées des mains de nos éléments qui ont pris la poudre d’escampette”, a révélé le magistrat.

    Le général Ponde a aussi indiqué que l’auditorat général se proposait “de requérir l’expertise exigée pour l’exploitation de données sur les téléphones cellulaires saisis, ainsi que l’exhumation de deux tombes localisées dans la périphérie de Mwanza Lomba” afin “d’identifier” les victimes et de déterminer “le mode opératoire de leurs bourreaux”

    Kinshasa avait d’abord refusé d’ouvrir une enquête après la diffusion sur Internet des vidéos montrant des hommes en tenue de l’armée congolaise et s’exprimant en langues parlées en RDC, tirant à bout portant sur plusieurs individus non armés ou seulement d’un lance-pierre.

    Parmi les victimes, se comptaient des femmes et des enfants à moitié nus et bardés d’amulettes pour certains.

    Les vidéos ont soulevé un tollé. Même les Nations unies ont exigé une enquête.

    Les autorités congolaises ont finalement accepté le 22 février de diligenter une enquête des magistrats mais rejeté l’assistance offerte par les Nations unies.

    Entre-temps, le Bureau des Nations unies pour les droits de l’homme a révélé l’existence des fosses communes dans la zone concernée. Kinshasa a confirmée en les imputant aux miliciens Kamwina N’sapu.

    La semaine dernière, deux experts de la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo ont disparus dans la région du Kasaï, accompagnés de quatre congolais. Leur sort n’est pas toujours connu mais les recherches se poursuivent.

    “Les deux experts Michael Sharp, de nationalité américaine, et Zahida Katalan, de nationalité suédoise ont été kidnappés sur l’axe Bukonde-Tshimbula accompagnés de quatre Congolais”, selon le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende.

    Une semaine plus tôt, un Casque bleu uruguayen a été blessé par balles dans la région du Kasaï dans le centre de la RDC.

    La région du Kasaï est secouée depuis 2016 par une insurrection de Kamwina Nsapu, chef traditionnel tué en août lors d’une opération militaire après s’être révolté contre les autorités de Kinshasa.

    Parties de Kananga, capitale du Kasaï-central en septembre 2016, les violences entre les forces de l’ordre et les miliciens ont progressivement gagné les provinces voisines du Kasaï-oriental, du Kasaï et de Lomami et fait plus de 400 morts.

    Samedi, le vice-premier ministre et ministre de l’intérieur et sécurité, Ramazani Shadary, a toutefois parlé de la fin du phénomène Kamwina Nsapu dans l’espace Kasaï.

    Par ailleurs, la mission de l’ONU en RDC (Monusco) s’est déclarée “préoccupée” suite à des informations faisant état d’”un nombre important de personnes tuées” en deux jours d’affrontements entre les forces de sécurité et les miliciens du chef Kamwina Nsapu, dans un communiqué samedi.

    Avec VOA