Tag: rdc

  • Des revenus miniers de l’Etat versés à un proche de Kabila, selon Global Witness

    Des revenus miniers de l’Etat versés à un proche de Kabila, selon Global Witness

    -L’ONG britannique Global Witness a accusé vendredi le géant minier suisse Glencore d’avoir versé plus de 75 millions de dollars à un homme d’affaires israélien proche du président congolais Joseph Kabila au détriment de la principale société publique minière de RDC.

    Dans une enquête, Global Witness “a découvert que de 2013 à 2016, Katanga Mining, société cotée à la bourse de Toronto et détenue majoritairement par Glencore, a adressé des ‘pas de porte’ et d’autres paiements d’un total de plus de 75 millions de dollars US à la société Africa Horizons, détenue par Dan Gertler et enregistrée dans les îles Caïmans”, écrit l’ONG dans un rapport.

    “En vertu du contrat initial, ces paiements auraient dû être effectués à la Gécamines (Générale des carrières et des mines, ndlr)”, écrit Global Witness.

    Cette accusation s’est ajouté aux révélations de l’ONG de novembre sur des versements des royalties de la Gécamines au milliardaire israélien Dan Gertler, homme d’affaires proche de M. Kabila.

    Glencore a justifié ces versements en déclarant que “les paiements de pas de porte pour 2013, 2014, 2015 et 2016 à Africa Horizons Investment Limited ont été effectués conformément à l’instruction de paiement de Gécamines” et “des accords tripartites de royalties entre KCC (Kamoto copper compagny), Gécamines et AHIL”.

    “Il est scandaleux que Glencore ait effectué des paiements à un ami du président congolais accusé de pots-de-vin et de corruption et qu’elle n’ait pas informé ses actionnaires ou le public de ces transactions”, s’insurge l’ONG britannique.

    Le 13 février, Glencore avait annoncé le rachat pour 905 millions d’euros de parts dans deux mines de la République démocratique du Congo appartenant à Dan Gertler.

    Global Witness a souvent accusé le magnat israélien d’avoir acquis dans des conditions opaques des concessions minières en RDC, l’un des pays les moins développés de la planète en dépit de ses immenses ressources naturelles.

    A la crise économique et sociale en RDC s’ajoute la crise politique aggravée par le maintien au pouvoir de M. Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter et dont le mandat a échu le 20 décembre. Un accord passé entre pouvoir et l’opposition pour cogérer le pays avant des élections prévues d’ici la fin de l’année est au point mort.

    Avec AFP

  • Kinshasa rejette l’aide de l’ONU dans les enquêtes sur des massacres présumés au Kasaï

    Kinshasa rejette l’aide de l’ONU dans les enquêtes sur des massacres présumés au Kasaï

    -Le porte-parole du gouvernement de la RDC, Lambert Mende, indique que Kinshasa décline l’offre d’appui de l’ONU dans les enquêtes menées sur des massacres présumés de civils par des soldats congolais dans le Kasaï, dans le centre du pays.

    “Si c’est l’aide du genre à nous déstabiliser davantage, non merci”, a expliqué le porte-parole du gouvernement Lambert Mende lors d’une conférence de presse, au sujet de l’aide proposée par l’ONU.

    “Si c’est pour aller calomnier nos forces armées, c’est non!”, a insisté M. Mende, assurant que “les enquêtes sont en train d’être menées par des hauts magistrats militaires” congolais.

    La région du Kasaï, au centre de la RDC, est le théâtre depuis septembre 2016 d’une rébellion née de la mort, le mois précédent, lors d’une opération militaire, d’un chef coutumier local, Kamwina Nsapu, entré en conflit avec le pouvoir central.

    Si c’est pour aller calomnier nos forces armées, c’est non!”

    En février, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montrait des hommes en uniforme tirant sur des villageois non armés, ou simplement de lance-pierres ou de bâtons, dans le Kasaï. Le gouvernement avait d’abord qualifié de “montage grossier” ces images tournées en plan séquence unique, refusant d’enquêter avant de faire volte-face après une forte pression internationale.

    “Nous sommes prêts à apporter notre appui comme toujours” aux enquêtes ouvertes à la demande du président Joseph Kabila pour “faire la lumière sur les évènements qui se déroulent là-bas”, avait proposé mercredi le directeur du Bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’Homme en RDC (BCNUHD), José-Maria Aranaz.

    M. Mende a lancé par ailleurs un “appel à témoins” afin de recueillir “toute information supplémentaire sur les faits portés à la connaissance du public dans les réseaux sociaux”. Le gouvernement assure que plusieurs militaires ont déjà été arrêtés.

    M. Aranaz avait proposé son appui juste après la présentation d’un rapport du BCNUHD estimant que les forces de sécurité avaient fait “un usage disproportionné de la force” lors des manifestations à Kabila et en province contre le maintien au pouvoir du président Kabila entre les 15 et 31 décembre derniers.

    Selon le rapport du BCNUDH, au moins 40 personnes ont été tuées et 147 blessées, pour la plupart “des civils non armés. M. Mende avance de son côté un bilan de 15 personnes tuées.

  • Obsèques de Tshisekedi au cimetière de la Gombé: réactions à l’UDPS

    Obsèques de Tshisekedi au cimetière de la Gombé: réactions à l’UDPS

    -En RDC, la ville de Kinshasa a décidé hier d’attribuer un carré de 500m² pour accueillir la dépouille mortelle d’Etienne Tshisekedi au cimetière de la Gombé à Kinshasa. Le gouverneur de la ville de Kinshasa a donc finalement tranché en faveur de cette solution, contre l’avis des responsables de l’UDPS, qui avaient demandé que l’opposant historique soit inhumé au siège de son parti à Limete. Reportage au siège de l’UDPS.

    Dans la cour du siège de l’UDPS, comme presque tous les jours depuis le décès du « sphinx de Limete », se tient un concert de musique traditionnelle du Kasaï. Ici, dans le soleil de fin d’après-midi, la décision du gouverneur de Kinshasa d’enterrer Etienne Tshisekedi au cimetière du centre-ville passe difficilement.

    « Au lieu que le gouverneur puisse nous répondre, subitement nous avons appris comme tout le monde, à travers les médias, qu’il avait signé un arrêté officialisant l’endroit ; là, devant le cimetière de la Gombé, explique à RFI Augustin Kabouya, porte-parole de l’UDPS. Nous, en tant que sa famille politique, nous n’avons fait aucun bruit. Nous avons pris seulement acte, en attendant que la famille biologique du président puisse se prononcer ».

    Pas de « bruit » du côté des cadres du parti, mais dehors, parmi les combattants de l’UDPS, c’est une autre histoire : « On ne peut pas enterrer Etienne Tshisekedi dans le cimetière. Nous préférons qu’on enterre Etienne Tshisekedi sur le lieu public… », explique un militant. Un autre renchérit : « Ils doivent quand même savoir que Tshisekedi, c’est une icône. Pas de cimetière ! Si jamais on veut nous donner un endroit, nous allons ériger sa tombe au niveau de la permanence de notre parti. Et que personne ne vienne nous en vouloir, parce que c’est une propriété privée. Quiconque s’approcherait d’ici, il va trouver les combattants sur ses épaules ! ».

    En attendant, les autorités de la ville assurent que les travaux d’aménagement de la tombe d’Etienne Tshisekedi commenceront dans les prochains jours devant le cimetière de la Gombé.

    RFI

  • Le cimetière de la Gombe se prépare à accueillir la dépouille de Tshisekedi

    Le cimetière de la Gombe se prépare à accueillir la dépouille de Tshisekedi

    -Il aura fallu attendre un mois. Trente jours après la mort d’Etienne Tshisekedi en Belgique, un accord sur son inhumation a finalement été trouvé. La famille de l’opposant historique congolais a annoncé que son corps serait rapatrié à Kinshasa le samedi 11 mars. Et coïncidence ou non, au cimetière de la Gombe, en plein centre-ville, où doit être inhumé l’opposant historique, les travaux ont justement démarré mardi. Reportage.

    A genoux, deux ouvriers étalent une épaisse couche de ciment sur le sol. Un peu plus loin une bétonnière déverse une nouvelle cargaison dans une brouette. Depuis le matin, ils sont une vingtaine à pied d’œuvre sur le futur site du tombeau d’Etienne Tshisekedi.

    Un grand trou rectangulaire a déjà été creusé dans la terre. « La place de la tombe est ici, explique Ibrahim Tarhini, l’un des architectes du chantier. Tout autour, on va faire l’escalier avec du marbre et des décorations. On travaille jour et nuit pour terminer dans dix jours. »

    Dix ou 15 jours a déjà prévenu l’entreprise suivant les aléas de la pluie. Dans l’immédiat le futur tombeau ressemble encore à un terrain vague en chantier. Un petit bureau du ministère de l’Intérieur doit être rasé, deux arbres coupés et l’ensemble du terrain de 14 m de large sur 42 m de long, en retrait du boulevard central de Kinshasa, nettoyé.

    Mais les autorités de la ville semblent vouloir être prêtes pour le 11 mars, la date choisie par la famille, même si mardi soir le gouvernement disait n’avoir pas encore reçu de notification officielle ni discuté de la suite des détails techniques pour accueillir la dépouille mortelle du plus grand opposant du pays.

    RFI

  • Liste des ethnies et tribus par territoire de la RDC

    Liste des ethnies et tribus par territoire de la RDC

    -Le peuple congolais est composé de plusieurs centaines d’ethnies — certains donnent le nombre de 450 formant différents groupes. Néanmoins, de nombreuses langues et cultures de petites ethnies ont tendance à disparaître au profit de celles des grosses ethnies.

    Cette étude démontre que la RDC n’était pas un émiettement de 450 tribus, mais qu’il n’en comprendrait que 250 seulement regroupées, d’après Malcom Guthrie au sein de huit familles linguistiques. En outre ce travail distingue seulement 212 langues en République Démocratique du Congo, dont 34 non bantoues, oubanguiennes ou nilo-sahariennes.

    « Les origines des divers groupes ethniques sont variées et consécutives à des vagues de migrations essentiellement bantoues du 1er au 16e siècle. Le terme bantou ne renvoyant pas au départ à un groupe ethnique mais à une communauté linguistique qui couvre la plus grande partie de l’Afrique centrale et australe avec quelques 400 langues apparentées, dites langues bantoues.

    Plusieurs légendes existent quant à l’origine exacte du peuple bantou dont le nom vient du mot « ba – ntu » désignant « les (ba: pluriel) hommes (ntu) ». Pour les uns, ce peuple serait originaire du Tchad actuel ou du Nigeria, dans la région où s’est développée la civilisation de Nok. Pour d’autres, le foyer originel serait localisé au sud du Congo sur les plateaux du Katanga. Au début du second millénaire, la découverte de la métallurgie provoque un essor démographique et une longue période migratoire à travers tout le continent. Peuples d’agriculteurs et d’éleveurs, ils repoussent les autochtones, dont les Pygmées au Congo, qui s’isolent dans les forêts denses ou dans les zones plus arides. Les sociétés bantoues se caractérisent par la sacralisation de la personne royale, issue d’un ancêtre mythique ayant découvert l’art de la métallurgie.

    Ils ont pénétré le Congo en plusieurs endroits et à plusieurs époques, chassant les peuples préexistants ou se métissant avec eux. Parmi ces premiers occupants, on trouve les Pygmées mais aussi, selon certains auteurs, les semi Bantous qui se distinguent notamment des Bantous par leur filiation à succession matrilinéaire. Ce sont les Bantous qui ont fondé les premiers grands royaumes du Congo. »

    Les pygmées Batwas
    Il est généralement admis que les chasseurs-cueilleurs, ou Pygmées, sont les premiers habitants des forêts du Congo, ces populations vivaient en autarcie grâce à une économie de cueillette, avant que des groupes d’agriculteurs n’immigrent dans la forêt pendant le premier millénaire.
Ces peuples autochtones s’associent eux-mêmes étroitement à la forêt et font d’elle le centre de leur vie intellectuelle et spirituelle. Ils perçoivent et sont perçus par les populations voisines comme socialement, économiquement, idéologiquement et politiquement différents.

    La plupart des populations autochtones de la RDC vivent d’une combinaison de produits forestiers, d’agriculture, de troc et parfois de salaire. Ils entretiennent des relations complexes avec les populations villageoises agricoles, pour qui ils effectuent des travaux ou avec qui ils échangent des biens et des services dont ils utilisent souvent les langues bantoues et soudanaises pour communiquer.

    Selon la Ligue Nationale des Pygmées du Congo (LINAPYCO), les pygmées de la RDC se regroupent en trois types: les groupes ‘forestiers’ vivant notamment dans les forêts de l’Ituri; les groupes ‘riverains’ vivant au bord des lacs et rivières spécialement dans l’Equateur et le Kasai; et enfin les groupes ‘potiers’ vivant à l’est du pays dans le Nord et le Sud-Kivu.

    Groupe bantou (80 % de la population) :
    Luba (18 %),
    Mongo (17 %),
    Kongo (12 %)
    Autres : Ambala,
    Ambuun,
    Angba,
    Babindi,
    Bangala,
    Bango,
    Pende,
    Bazombe,
    Bemba,
    Bembe,
    Bira,
    Bowa,
    Dikidiki,
    Dzing,
    Fuliru,
    Havu,
    Hema,
    Hunde,
    Hutu,
    Iboko,
    Kanioka,
    Kaonde,
    Kuba,
    Kumu,
    Kwango,
    Lengola,
    Lokele,
    Lundas,
    Lupu,
    Lwalwa,
    Mbala,
    Mbole,
    Mbuza (Budja),
    Nande,
    NgoliBangoli,
    Ngombe,
    Nkumu,
    Nyanga,
    Popoi,
    Poto,
    Sango,
    Shi,
    Songo,
    Sukus,
    Tabwa,
    Tchokwé,
    Téké,
    Tembo,
    Tetela,
    Topoke,
    Ungana,
    Vira,
    Wakuti,
    Yaka,
    Yakoma,
    Yanzi,
    Yeke,
    Yela,
    Batsamba,
    Baholo,
    Baboma,
    kongo,
    yombe… etc.

    Groupe soudanique central :
    Ngbandi,
    Ngbaka,
    Manvu,
    Mbunja,
    Moru-Mangbetu,
    Zande,
    Lugbara,
    Logo Groupe nilotique :
    Alur,
    Kakwa,
    Bari Groupe chamite :
    Hima-Tutsi
    Groupe pygmée :
    Mbuti,
    Twa,
    Baka,
    Babinga

    Présentation de la carte ethnique par Région

    Les cartes ethniques seront présentées dans l’ordre suivant : le Bas-Congo ; le Kwango-Kasaï, la Cuvette-Centrale et l’Ubangi ; l’Uele-Ituri ; le Kivu-Maniema ; le Nord-Katanga et le sud-Katanga.

    1. L’ensemble du Bas-Congo est occupé par l’ethnie Kongo.

    Les Vunguna, les Bwende, les Lula et les Humbu sont mêlés à d’autres populations. Les autorités ont refusé de reconnaitre Les Besi Ngombe et les Balenfu car aucun ancêtre commun ne peut être assigné et qu’ils n’ont pas d’identité culturelle pouvant les distinguer de la population environnante, les Ndibu et les Manianga en l’occurrence.

    2. Le Kwango, le Kwilu et le Kasaï Occidental

    Mbuund et les Pende : les Kuba et les Lulua. On peut y ajouter, au Kwango : les Soonde et les Ciokwe dont la plus grande partie se trouve au Katanga, et au Kasaï ; les Leele, les Luntu et les Kete. Au Kwilu : les Mbala sont une autre grande tribu importante par sa population, mais elle cohabite en de nombreux endroits avec d’autres tribus.

    3. Cuvette Centrale

    La troisième carte couvre les districts du Maï-Ndombe et de la Tshuapa, ainsi qu’une bonne partie de celui de l’Equateur et de la région Tetela. L’étude révèle que si l’ethnie Mongo a une unité linguistique et culturelle incontestée, les subdivisions y sont nombreuses et peuvent correspondre à des réelles oppositions.

    L’ensemble de la région Mongo est ceinturée d’un trait gras, selon la délimitation du Centre équatorial de Bamanya. Les Tetela et les Nkutshu qui appartiennent pourtant à la même famille linguistiquen’y sont pas inclus et sont considérés comme deux groupes distincts, selon l’avis du père Honoré Vinck, qui se distancie en cela du père Gustave Hulstaert.

    Au Nord-oeust, avec les Ngombe et les Doko, on trouve comme tribus non Mongo les Bobangi, les Eleku, les Mampko, les Ndobo, les Loi, les Likila, les Ngele, les Bonjo et les Jamba.

    Parmi les Mongo, selon le Père Hulstaert, il y a de nombreux groupes Ntomba, Kutu et Nkole. Les tribus indiquées sont, en citant d’abord les plus étendues, à l’Ouest : les Nkundo et les Ekonda, plus à l’est, les Ntomba de l’entre Lopori-Maringa, les Mbole de la Salonga, les Bosaka, les Ngando, les Boyela et les Mbole du Lomami, et au Sud, les Ndengese et les Bokala.

    4. L’Ubangi
    On trouve des populations de langues non bantoues qui se sont implantées par vagues successives et ont refoulé vers le sud les tribus bantoues qui s’y trouvaient auparavant. Ces mouvements ont affecté les Mongo.

    On y est encore en milieu de forêt, mais la marque imposante du fleuve allonge sur ses rives des populations de pêcheurs ou commerçant, les Bobangi, les Ngombe, les Doko, les Mbuja, les Poto et les Lokole notamment.

    Dans la région de la Ngiri, entre l’Ubangi et le Congo, on trouve, outre les groupes déjà cités dans la Cuvette centrale les Lolaba, les Tanda, les Mboli, les Ngiri, les Ewaku, les Ndolo, les Lobo, les Makanza, les Ndobo, le Boros Mabembe, les Sengo et les Motembo. Entre la Mongala et Itimbiri, vers la limite de la Province Orientale on trouve les Wenza.

    A l’Est d’Itimbiri, on trouve les groupes assez étendus des Binja et des Boa au Nord, des Mbesa et des Topoke au Sud du fleuve. On trouve en outre au sud les Lokole et les Lokele et au nord, les Bango, les Hanga, les Benja, les Binza, les Boro, les Angba, les So (Basoko), les Tungu, les Olombo (Turumbu) et les Mba.

    Au Niveau des peuples des langues Oubanguiennes, les grands groupes sont les Ngbaka, les Ngbandi et les Zande, parmi lesquels on distingue les Abandiya des Avungara. Le groupement des Ngbaka sur le plateau de Gemena aurait été organisé par l’administration en 1920.

    Il faut y ajouter les Mbanja, les Banda, les Furu et les Nzakara. Les Ngombe présents dans le Nord-Ubangi sont les témoins d’une occupation antérieure de la région par des bantous.

    D’autres groupes enclavés le long de l’Ubangi ont des origines diverses, d’amont en aval, les baraka, les Gbanziri, les Ngbaka et les Monjombo.

    5. La province Orientale
    La Province Orientale reproduit une part de celle de l’Ubangi et souligne ainsi la continuité qui existe entre les deux, malgré leur division administrative.

    Au Nord de l’Uele, les Nbgandi, les Zande, les Bangby et les Mayogo appartiennent à la famille oubanguienne.

    Il importe de souligner l’originalité du Haut-Uele et de l’Ituri. On y trouve d’une part deux nouvelles familles linguistiques, celle des langues nilotiques, représentées en RDC par les Alur et les Kakwa, auxquelles Jan Vansina joint les Pajulu, et celle dite nilo-saharienne, qui s’étend autour d’Isiro et jusqu’aux frontières du Soudan et de l’Ouganda.

    Elle comprend le sous-groupe Mangbetu, qui englobe, outre les les Mangbetu, les Makere, les Malele, les Popoi et les Medje, le sous-groupe Mangutu-Mamvu-Lese, le sous-groupe Logo-Lugbara-Madibari et le sous-groupe Lendu.

    On y trouve aussi les Lese, les Nkumu, les Nyari, considérés comme le premier peuple bantou de la région, les Hema, les Banya Rwanda, tant Hutu que Tutsi.

    Au caractère particulièrement complexe du Haut-Uele et de l’Ituri, il faut ajouter le découpage ethnique en petites unités de la frontière nord-est du pays on y trouve, outre les groupes déjà cités, les Mundu, les Keliko, les Ndo vare, les Ndo Okebo et les Mabendi, parlant tous des langues de la famille nilo-saherienne.

    Les Lombi, formant un groupe enclavé entre les bali et les Kumu, appartiennent aussi à la famille nilo-saharienne, de même que les Mvuba, au Sud des Lese.

     

    Parmi les langues bantoues de la famille D, il faut ajouter aux Nyari et aux Hema déjà cités les Budu, les Ndaka, les Mbo, les Bira, les Père et les Amba. Les Lika semblent par contre apparentés aux Boa et aux Bali de la famille C.

    Les Mba en territoire de Banalia et les Dongo en territoire de Faradje sont classées parmi les langues Oubanguiennes.

    6. Les deux Kivu et le Maniema
    On y repère les Kumu et les Lega (qui sont parmi les plus anciens peuples du Maniema et du Kivu) encadrés, au Nord-ouest par d’autres peuples dont les langues appartiennent à la famille D, les Wagenia, les Lengola, les Metokob et les Songola.

    Les Langa, les Ngengele et les Tetela, comme déjà signalé. Au Sud et au Sud-ouest, les Binja, les Bangubangu, les Boyo, les bembe et les Nyitu font partie de la famille D. Les Bembe ont intégré une série de populations, dont les Bwari, bien connus par les noms de la presqu’ile, Ubwari, où les Père blancs ouvrirent leur première mission au Congo en 1880.

    Les Shi, représenté en bloc parlent des langues qui, comme le Kinyaranda et le Kirundi appartiennent à la famille J des langues bantoues. Ce sont, du nord au sud, les nande, les Nyanga, les Hunde, les Havu, les Shi et les Fulero, parmi lesquels se trouvent aussi les Vira et des Hundi.

    En 1927, le gouvernement du Congo se proposa de créer un mouvement massif de peuplement du Kivu par des rwandais, mais le projet n’aboutit qu’en 1936 à une action qui transplanta dans les Gishari, entre Sake et les Lacs Mokotos, dans le territoire de Masisi, environ 25.000 personnes. L’opération fut suspendue en juin 1945 pour saturation (…).

    7. Le Nord-Katanga, le Kasaï-Oriental
    En descendant au sud du 4ème parallèle, on constante la réapparition des zones de cohabitation. Il n’est pas exclu que la population s’y est formée par vagues successives qui se sont superposées.

    Sur base d’une série d’indices, les Kete au Kasaï et les Kunda au Katanga sont unanimement considérés comme des couches les plus anciennes du peuplement.

    Les Kete, dont on retrouve des groupes de la région Kuba à celle de Lwalwa et des Kanyok, auraient été suivis au Tumbwe par les Lulua et les Kanyok, puis par les Bakwa Luntu du territoire de Dimbelenge, dont on retrouve aussi un groupe plus à l’Ouest, et enfin par les Luba du Kasaï. Tous provenaient d’un foyer de population extrêmement ancien implanté au Katanga.

    Au Kasaï Oriental, outre les groupes cités ci-haut, le groupe des Songye, les Binji, les Mputu et, en cohabitation dans le territoire de Mwene-ditu, les Kanincim, qui font partie du monde Lunda.

    Au Katanga, des groupes importants de Kunda existent tant au Nord, dans le territoire de Kongolo, qu’au sud, dans celui de Kasenga, mais il y en a toute une série d’autres entre ces deux extrêmes, soit isolés, soit associés à des Hemba, des Bangubangu, des Bayo, des Luba, des Lumbu…

    Les Luba katanga sont le groupe de plus important au Katanga, suivis en bordure du Lac Tanganyika, par les Tumbwe et les Tabwa, adossées aux Bwile. A l’Ouest, les Lunda et les Kalundwe sont deux autres groupes importants.

    8. Le Sud-Katanga
    On a à l’Ouest, les Lwena, les Ndembo et les Minungu. La partie orientale est plus complexe. On y trouve, du nord au sud, les Zela, les Lomotwa, les Sanga, les Kaonde, les Lemba et les Lamba, comme les groupes les plus étendus, avec en outre les Bemba, les Shila, les Nwenshi, les Lembwe, les Ngoma, les Seba, les Aushi et les Lala, qui occupent aussi des territoires plus vastes que de nombreuses tribus dans la province.

    Liste des ethnies et tribus par territoire de la RDC

     

    Ethnies/Tribus Territoire

    Abandiya – Aketi,Bondo, Buta
    Abarambo – Poko
    Aka (pygmées) – Dungu
    Alur – Mahagi
    Amadi – Poko, Nyangara
    Amba – Beni
    Angba – Banaliya
    Apagibeti – Bumba, Businga, Yakoma
    Aushi- Kipushi, Sakania
    Avungara – Dungu, Nyangara
    Beanga – Bolomba
    Bale – Cfr Lendu
    Bali – Bafuasende
    Bali-ndua- Lisala
    Balobo – Bomongo
    Banda – Bosobolo, Libenge
    Bangba – Nyangara, Watsa
    Bango – Basoko
    Bangubangu – Kabalo, Kabambare, Kasongo, Kongolo, Nyunzu
    Banya Bwisha – Rutshuru
    Bari – Watsa
    Bemba – Kasenga, Pueto
    Bembe – Fizi, Mwenga
    Benja – Basoko
    Binja – Aketi, Kasongo
    Binja sud – Kasongo, Pangi, Punya
    Binji – Demba, Dimbelenge, Lusambo
    Binza – Aketi, Bambesa, Banalia, Bondo, Buta
    Bira – Irumu, Mambasa
    Boa – Aketi, Bambesa, Banalia, Bondo, Buta
    Bobai – Oshwe
    Bobangi – Bomongo
    Bofonge – Djolu
    Boguru – Yakoma
    Bokala – Oshwe
    Bokongo – Oshwe
    Bokote (Nord)- Bansakusu, Bikoro, Bolomba, Ingende, Mokoto
    Bolia – Inongo
    Boloki – Bomongo
    Boma – Bagata, Mushi
    Bonjo – Bomongo
    Boonde – Bongandanga, Djolu
    Boro – Banaliya
    Bosaka – Befale, Bokungu
    Boyela – Ikela, Lomela
    Boyo – Fizi, Kabalo, Kabambare, Manono, Nyunzu
    Budu – Mombasa, Wamba, Watsa
    Bwari – Fizi
    Bwende – Luozi
    Bwile – Moba, Pweto
    Ciokwe – Dilolo, Feshi, Ilebo, Kehema, Kansongolunda, Popokabaka, Sandoa, Tshikapa
    Dikidiki – Kimvula, Madimba, Popokabaka
    Dinga – Tshikapa
    Doko – Budjala, Lisala
    Dongo – Faradje
    Dza – (Badia) Kutu
    Dzing – Idiofa
    Efe (Pygmées) – Irumu, Mambasa, Watsa
    Ekonda – Bikoro, Ingende, Inongo, Kiri
    Ekota – Boende
    Eleku – Bomongo, Makanza
    Ewaku – Bomongo
    Fulero – Uvira
    Fulru – Bosobolo
    Gbanziri – Bosobolo
    Gboma – Yakoma
    Gbuta – Aketi
    Hamba – Lodja, Lomela
    Hanga – Basoko, Isangi
    Havu – Kalehe
    Hema – Beni, Djugu, Irumu
    Hemba – Kabambare, Kasongo, Kongolo, Malembankulu, Manono, Nyunzu
    Holo – Kasongo Lunda
    Humbu – Bagata, Kansangulu, Kenge, Kinshasa
    Hunde – Masisi, Rutsuru
    Hungaan – Bagata, Bulungu, Kenge, Masimanimba
    Ikongo – Bokungu
    Imoma-Mpongo- Monkoto
    Ionga (Djonga) – Lomela
    Ipanga – Oshwe
    Iyembe – Inongo
    Jaba – Kungu
    Jamba (Djamba)- Bomongo
    Kakongo – Boma, Lukula
    Kakwa – Aru, Fardje
    Kalanga – Nyunzu
    Kalundwe – Kamina, kaniama
    Kango – Aketi, Buta, Nyangara
    Kanyok – Mweneditu
    Kaonde – Kambove, Lubudi, Mutshatsha
    Keliko –
    Aru Kete – Libalya, Kamiji, Luebo, Luiza, Mweneditu, Mweka, Tshikapa
    Kuba – Ilebo, Luebo, Mweka
    Kula – Makanza
    Kumu – Bafuasende, Lubutu, Pangi, Ubundi, Walikali
    Kunda – Kabalo, Kasenga, Kongolo, Malembankulu, Manono, Moba, Nyunzu, Pweto
    Kusu – Kasongo, Kibombo, Kongolo
    Kutu – Boende, Goma, Rutshuru
    Kwese – Gungu
    Lala – Sakania
    Lamba – Kambove, Kasenga, Kipushi, Sakanya
    Langa – Kindu
    Leele – Idiofa, Ilebo, Luozi
    Lega – Mwenga, Pangi, Punia, Shabunda, Walikale
    Lemba – Kambove
    Lembwe – Kasenga
    Lendu (Bale)- Djugu, Irumu, Mahagi
    Lengola- Kindu, Ubundu
    Lese – Irumu, Mambasa, Watsa
    Libinza – Bomongo, Makanza
    Lika – Wamba
    Likila – Bomongo
    Lionje – Boende
    Lobala – Bomongo, Kungu
    Lobo – Makanza
    Logo – Faradje
    Loi – Bomongo
    Lokele – Isangi
    Lokole – Bokungu, Yahuma
    Lombi – Bafuasende
    Lomotwa – Mitwaba
    Luba Kas – Bemba, Dibaya, Ilebo, Kabeya-Kamwanga, Kamiji; Katanda, kazumba, Luebo, Lupatapata, Lusambo, Miabi, Mueneditu, Mweka, Ngandajika, Tshikapa, Tshilenge
    Luba Kat – Bukama, Kabalo, Kabambare, Kabinda, Kabongo, Kamina, Lubudi, Malembankulu, Mutshatsha, Sandoa
    Lugbare – Aru
    Lula – Limvula, Madimba, Popokabaka
    Lulua – Demba, Dibaya, Kazumba, Luebo, Tshikapa
    Lumbu – Kabalo, Kalemi, Kongolo, Manono, Nyunzu
    Lunda – Dilolo, Gungu, Kahemba, Kapanga, Lubudi, Mweneditu, Mutshatsha, Sandoa, Tshikapa
    Luntu (Bakwa)- Demba, Dimbelenge
    Lusankanyi – Lukolela
    Lusengo – Makanza
    Lwalwa – Kazumba, Luiza, Tshikapa
    Lwena – Dilolo
    Lwer – Idiofa
    Mabembe – Makanza
    Mabendi – Djugu
    Madi – Aru
    Makanza – Makanza
    Makere – Bambesa
    Malele – Poko
    Mampoko – Bomongo, Makanza
    Mamvu – Dungu, Watsa
    Mangbetu – Niangara, Rungu, Wamba
    Mangutu – Watsa
    Manianga – Luozi, Mbanzangungu
    Mate – Luberu
    Mayogo – Niangara, Rungu
    Mba – Banaliya
    Mbagani – Kazumba
    Mbai – Luiza
    Mbala – Bagata, Bulungu, Fetshi, Gungu, Kazumba
    Mbanja – Bosobolo, Budjala, Businga, Kunga, Libenge
    Mbata – Madimba, Mbanzangungu
    Mbeko – Madimba, Mbanzangungu
    Mbelo (Ekonda) – Oshwe
    Mbesa – Basoko, Yahuma
    Mbikiankamba – Oshwe
    Mbinsa – Kasangulu
    Mbo – Mambasa
    Mbole – Boende, Isangi, Mokoto, Opala
    Mboli – Kungu
    Mboma – Songololo
    Mbuja – Bumban Lisala
    Mbuli – Katakokombe
    Mbuti (pygmies)- Aru, Djugu, Idiofa
    Mbunda – Bulungu, Gungu, Idiofa
    Medje – Rungu
    Metoko – Ubundu
    Mfunu – Mushie
    Minungu – Kahemba, Kasongolunda, Sandoa
    Mondumba – Bumba
    Mondjombo – Libenge
    Motembo – Budjala, Lisala
    Mpama – Lukolela
    Mpangu – Kasangulu, Kinvula, Madimba, Mbanzangungu
    Mpe -Inongo
    Mpoko – Bomongo
    Mputu – Lusambo
    Mundu – Faradje
    Mvuba – Beni
    Nande – Beni, Lubero
    Ndaka – Mambasa
    Ndembo – Dilolo, Kamina, Lubudi, Mutshatsha
    Ndengese – Dekese
    Ndibu – Kasangulu, Mbanzangungu, Songololo
    Ndo Okebo – Aru
    Ndo Vare – Aru
    Ndobo – Bomongo, Makanza
    Ndunga – Lisala
    Ngando – Bokungu, Djolu, Ikela, Yahuma
    Ngbaka – Businga, Gemena, Kungu, Libenge
    Ngbandi – Bondo, Budjala, Businga, Gemena, Kungu, Mobayimbongo, Yakoma
    Ngele – Bomongo
    Ndengele – Kindu
    Ngenja – Lisala
    Ngiri – Kungu
    Ngoma (Bena)- Kasenga
    Ngombe – Basankusu, Bolomba, Bongandanga, Bosobolo, Budjala, Kungu, Lisala
    Ngongo – Bagata, Bulungu, Kenge, Masimanimba
    Ngul – Idiofa
    Nkanu – Kimvula, Madimba, Popokabaka
    Nkole – Kiri
    Nkundo – Bansakusu, Bikoro, Bolomba, Ingende, Mokoto
    Nkutshu – Nkole
    Nsongo – Befale
    Ntandu – Kasangulu, Madimba
    Ntomba – Befale, Bikoro, Bongandanganda, Inongo
    Nunu – Lukolela
    Nwenshi – Mitwaba
    Nyanga – Walikale
    Nyari – Djugu, Mahagi
    Nyintu – Mwenga
    Nzakara – Bondo
    Okebo (Ndo) – Djugu, Mahagi
    Olombo (Turungu)- Basoko, Isangi
    Ombo – Kindu
    Ooli – Kole, Oshwe
    Pajulu – Faradje
    Pende – Feshi, Gungu, Idiofa, Kahemba, Tshikapa
    Père – Lubero
    Pindi – Bulungu
    Popoji – Bambesa, Banalia
    Poto – Basoko, Bumba, Lisala, Makanza
    Rundi – Uvira
    Sakata – Kutu
    Salampasu – Luiza
    Sanga – Kambove, Lubudi
    Sengo – Makanza
    Seba – Kipushi
    Sengele – Inongo
    Shi – Kabare, Kalehe, Mwenga, Walungu
    Shila – Pweto
    Shunji – Kahemba, Kasongolunda
    Shoowa – Mweka
    Shu- Beni
    So (Basoko) – Basoko, Isangi
    Solongo – Boma, Lukula
    Songola – Kindo
    Songomeno – Mokoto
    Songye – Demba, Kabalo, Kabinda, kabongo, Kasongo, Kongolo, Lodja, Lubao, Lubefu, Lusambo, Ngandajika
    Soonde – Fashi, Kahemba
    Sua (Pygmées) – Itumu, Mambasa
    Suku – Bulungu, Feshi, Luozi, Mbanza-ngungu, Tshela
    Sundi – Kasangulu, Lukusa, Luozi, Mbanzangungu, Tshela
    Swaga – Lubero
    Tabua – Moba
    Tanda – Bomongo, Kungu
    Tangi – Beni, Lubero
    Teke – Bolobo, Kasangulu, Mushie
    Tere (Sakata) – Kutu
    Tetela – Demba, Katakokombe, Kole, Lodja, Lomela, Lubao, Lubefu, Lusambu
    Tiene – Bolobo
    Titu – Oshwe
    Topoke – Isangi
    Tow – Kutu
    Tsamba – Bulungu, Feshi, Kasongolunda, Kenge, Masimanimba, Popokabaka
    Tsong – Bulungu, Masimanimba
    Tumbwe – Kalemi, Manono, Moba
    Tungu – Banaliya
    Vira – Uvira
    Vungana – Lukula, Sekebanza
    Wagenya – Kasongo, Katakokombe, Kindu, Kongolo, Mambesa, Ubundu
    Watambulu – Katakokombe
    Wenze – Budjala, Lisala
    Wongo – Gungu, Ilebo
    Woyo – Boma
    Yaka – Kasongolunda, Kenge, Popokabaka
    Yansi – Bagata, Bulungu, Kenge, Masimanimba
    Yeke – Kasenga, Lubudi, Pweto
    Yew – Bambesa, Buta
    Yira (Nande) – Beni, Lubero
    Yombe – Boma, Lukula, Sekebanza, Tshela
    Zande – Ango, Bambesa, Poko
    Zela – Mitwaba, Pweto
    Zombo

  • Ce que l’on sait de la lettre d’Étienne Tshisekedi à Joseph Kabila

    Ce que l’on sait de la lettre d’Étienne Tshisekedi à Joseph Kabila

    -Les évêques catholiques, médiateurs des pourparlers en cours en RD Congo, ont reconnu ce vendredi que l’opposant Étienne Tshisekedi, décédé début février, avait laissé une lettre au président Joseph Kabila. La missive produira-t-elle l’effet escompté ? Rien n’est moins sûr.

    Même si son contenu n’a toujours pas été révélé, on en sait un peu plus sur la lettre écrite par Étienne Tshisekedi quelques jours avant sa mort. Son destinataire est bien Joseph Kabila, le président de la RD Congo. Pour mettre fin aux spéculations, la Conférence nationale épiscopale du Congo (Cenco) a fait une mise au point à ce sujet vendredi 24 février, à Kinshasa.

    Contrairement aux rumeurs répandues dans le pays, la fameuse lettre n’a pas été remise aux évêques à la veille du dernier départ de l’opposant historique en Belgique. Mais bien avant ! « Le 17 janvier 2017, M. l’abbé Théo Tshilumbu [alors secrétaire particulier de Tshisekedi, ndrl] et M. Pierre Lumbi [cadre du Rassemblement de l’opposition] ont déposé au bureau de la médiation de la Cenco une lettre provenant de M. Étienne Tshisekedi destinée au chef de l’État », indique la Cenco dans une déclaration lue devant la presse par M. l’abbé Donatien Nshole, son porte-parole.

    « Les porteurs de cette missive ont donné avec insistance trois conditions pour sa remise à qui de droit : la stricte discrétion, attendre le moment opportun − c’est-à-dire si toutes les négociations entre le Rassemblement et la Majorité présidentielle (MP) n’aboutissent pas − et la remise en mains propres au destinataire », souligne le communiqué de la Cenco.

    Malgré plusieurs pressions, et pour des « raisons éthiques », les évêques ont attendu leur rencontre avec Joseph Kabila, le 20 février, pour lui remettre la lettre de son meilleur rival, décédé au début du même mois à Bruxelles et dont le rapatriement du corps se trouve aujourd’hui au coeur des querelles politiciennes.

    Lettre morte ?

    Selon certains, le courrier contiendrait le nom du futur Premier ministre, poste qui doit revenir au Rassemblement de l’opposition selon les termes de l’accord de la Saint-Sylvestre. Étienne Tshisekedi aurait porté son choix sur son fils, Félix.

    Problème : le président Kabila a « estimé qu’il revient au futur président du conseil des sages du Rassemblement de lui présenter la liste des candidats » premiers ministrables, selon les évêques. Passant ainsi outre le compromis politique conclu le 31 décembre qui voudrait que le Rassemblement « présente » un seul nom, en vue de la nomination. Une disposition à laquelle s’accroche le principal regroupement de l’opposition.

    Joseph Kabila aurait souhaité un contact direct avec le successeur de Tshisekedi à la tête du Rassemblement.

    Visiblement, le couac demeure après la présentation de la correspondance de Tshisekedi à Kabila. À quoi aura-t-elle servi ? Ne risque-t-elle pas de rester lettre morte ?

    La médiation, elle, soutient que la missive n’a pas été récusée par le chef de l’État. Ce dernier aurait plutôt souhaité un « contact direct » avec le successeur de Tshisekedi à la tête du Rassemblement. Et comme la plateforme peine à trouver un remplaçant au « Vieux », le statu quo est assuré. À dix mois de l’organisation de plus en plus hypothétique de la présidentielle.

    J.A

  • Approvisionnement en carburant : la Bcc vend 20 millions Usd aux pétroliers

    Approvisionnement en carburant : la Bcc vend 20 millions Usd aux pétroliers

    – Le problème de devises ne se pose pas quant à l’importation des produits Pétroliers. La BCC facilite la liquidité.

    Pour mieux s’approvisionner en produits pétroliers, les opérateurs économiques du secteur peuvent trouver des devises à travers leurs banques respectives.

    Pour cette fin, le gouvernement a instruit la Banque centrale du Congo de vendre, à travers l’adjudication, 20 millions de dollars américains aux différentes banques commerciales afin que celles-ci puissent, à leur tour, trouver des devises pour les pétroliers.

    Cette vente de billets verts fait suite au compromis trouver le mercredi 22 février entre le gouvernement central et les pétroliers distributeurs. Elle vise à rendre disponible les devise) et à un taux préférentiel, pour faciliter le renouvellement de stocks en produits pétroliers.

    La quasi-totalité de pétroliers-distributeurs génèrent leurs recettes en franc congolais alors que la structure des prix en vigueur est devenue obsolète ou presque, du fait notamment du taux de change appliqué à 1 l54FC/USD.

    Cependant, sur le marché des changes, les pétroliers-distributeurs rencontrent autres réalités. Ils se voient obligés de débourser 1.350 voire 1.400 francs congolais pour 1dollar américain.

    Ce qui fait que les opérateurs du secteur pétrolier vendent à perte. D’où, la pression exercée ces derniers jours sur le gouvernement par le rationnement continue afin d’obtenir le réajustement des prix du carburant à la pompe.

    « Face à la nécessité pour les pétroliers de faire une augmentation de près de 26% du carburant à la pompe afin de trouver l’équilibre de leur business, le gouvernement semble avoir joué la carte de la préservation de la paix sociale. Il privilégie une légère hausse en apportant une solution partielle au problème de change », a confié un analyste sous le sceau de l’anonymat.

    Aux dernières nouvelles, il a été convenu que la hausse de prix du litre à la pompe n’atteigne pas la barre de 5%, soit inférieur à 77 francs congolais. Et qu’en contrepartie, le gouvernement obtiendrait de la Banque centrale du Congo la vente de devises pouvant ainsi faciliter les opérations aux pétroliers-distributeurs qui, au terme de la loi, vendent leurs produits en francs congolais.

    Au demeurant, si la difficulté d’obtention des devises liée à la dépréciation du franc congolais semble avoir été résolue, le soulagement des pétroliers-producteurs est visiblement partiel. Car, un autre problème de fond se pose: le manque à gagner occasionné tous ces derniers jours à certifier à charge de l’Etat.

    L’intervention de la Banque centrale du Congo est une deuxième de la série depuis le début de cette année 2017. La première remonte au 24 janvier dernier. Au total, 50 millions de dollars américains ont été vendus aux banques commerciales pour les opérateurs économiques à la recherche des devises pour besoin d’importation des denrées alimentaires en RD Congo.

    Satisfecit des pétroliers 

    Dans un entretien avec le quotidien le Potentiel, le président du syndicat des pétroliers-distributeurs de la RDC, Emery Mbatshi Bope, se félicite de cet aboutissement. Par la même occasion, il invite les autres opérateurs économiques de ne pas verser dans la spéculation, étant donné que la hausse des prix n’est pas observée dans une fourchette de plus de 5%, « On n’a pas augmenté le prix du litre à la pompe de 5% », a-t-il affirmé, Par conséquent, pense-t-il, rien ne peut changer sur le marché des biens et services.

    « Nous sommes satisfait par cette décision de réajuster le prix du litre à la pompe. Mieux vaut peu que rien. Cela étant, les stations-service sont invitées à être opérationnelles comme d’habitude. Avant ce réajustement du prix du litre à la pompe, nous travaillions à perte. Ce qui risquait de conduire à des conséquences fâcheuses pour les consommateurs. Lorsqu’on vend et qu’on n’est plus en mesure de s’approvisionner avec le même stock, on est voué à la fermeture. Celui qui osera se distinguer par la spéculation risquera de tomber sous le coup de la loi. En tant qu’experts, nous travaillons pour réfléchir en profondeur; de telle sorte que l’équilibre social soit maintenu. Les produits pétroliers sont hautement stratégiques », a confié Emery Mbatshi Bope.

    Le président du syndicat des pétroliers a salué la décision de la Banque centrale du Congo (BCC) de vendre la devise aux pétroliers à un taux préférentiel. Au total, 20 millions ont été vendu aux pétroliers-distributeurs à travers leurs banques respectives, afin de leur permettre de mieux s’approvisionner en produits pétroliers.

    Olivier Kaforo/Le Potentiel

  • La Monusco et la Cenco appellent à la cessation d’attaques contre les églises catholiques en RDC

    La Monusco et la Cenco appellent à la cessation d’attaques contre les églises catholiques en RDC

    -L’ONU, le représentant du pape à Kinshasa et l’épiscopat congolais ont appelé jeudi “à la cessation immédiate” des attaques contre les paroisses catholiques à travers la République démocratique du Congo, dans un communiqué conjoint.

    “Ces attaques ont été particulièrement violentes dans les provinces de Kinshasa, Haut-Katanga, Kasaï central et Kasaï oriental”, indique letexte parvenu à l’AFP, signé par la Mission de l’Onu en RDC (Monusco), la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et le représentant du pape en RDC.

    Dimanche à Kinshasa, l’église catholique Saint-Dominique a été profanéepar des individus non identifiés

    Les profanateurs ont cassé l’autel, fait tomber le tabernacle, cassé la statue de la Vierge Marie, “et cassé même la tête de Jésus” sur le crucifix, a déclaré à l’AFP le père Cyrille Kombelo.

    Les trois signataires du communiqué conjoint “condamnent fermement ces actes qui sont d’ailleurs punissables” en RDC, demandant aux “acteurs politiques de les condamner tout aussi fermement afin de déjouer toute tentative de manipulation visant à fragiliser l’accord” de cogestion du pays signé le 31 décembre par le pouvoir et l’opposition.

    Pour l’instant, les auteurs de ces actes ne sont pas encore identifiés par les autorités.

    Un accord sur une transition politique a été signé le 31 décembre, autorisant le président Joseph Kabila, dont le mandat a pris fin le 20 décembre, à demeurer au pouvoir jusqu’à fin 2017, en échange d’un mécanisme de cogestion du pays. Mais les discussions sur les modalités de mise en oeuvre de cet accord piétinent depuis.

    Il y a quelques jours, circulaient à Kinshasa des tracts appelant à la destruction des “écoles et églises” catholique si l’application de l’accord n’était pas effectif au plus tard le 18 février.

    M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter.

    Avec AFP

  • Kinshasa admet des “excès” de ses militaires après la diffusion d’une vidéo sur le massacre au Kasaï

    Kinshasa admet des “excès” de ses militaires après la diffusion d’une vidéo sur le massacre au Kasaï

    -Une “mise au point” du gouvernement conglais reconnaît que des “accrochages […] entre une patrouille des FARDC” (Forces armées de la RDC) engagée contre le “groupe terroriste” Kamwina Nsapu et des assaillants porteurs d’armes de guerre, de chasse et d’armes blanches” ont eu lieu en décembre à Mwanza Lomba, village du Kasaï-oriental où la scène filmée est censée se passer.

    Kinshasa a reconnu samedi que des soldats congolais avaient pu commettre des “excès” en réprimant une rébellion dans le centre de la République démocratique du Congo après la diffusion d’une vidéo mettant en cause l’armée dans un massacre de civils.

    Interrogé par l’AFP sur ces images abondamment commentées sur les réseaux sociaux, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, les a d’abord qualifiées de “montages ridicules”.

    Dans l’après-midi une “mise au point” du gouvernement reconnaît que des “accrochages […] entre une patrouille des FARDC” (Forces armées de la RDC) engagée contre le “groupe terroriste” Kamwina Nsapu et des assaillants porteurs d’armes de guerre, de chasse et d’armes blanches” ont eu lieu en décembre à Mwanza Lomba, village du Kasaï-oriental où la scène filmée est censée se passer.

    Pour le gouvernement, le film, d’une durée de plus de sept minutes et dont l’AFP n’a pas été en mesure de déterminer la date de tournage, “est vraisemblablement un montage réalisé après ces accrochages par les pourfendeurs du gouvernement”.

    “Tous les excès et abus signalés (imputés à) des éléments des FARDC dans cette opération” ont été “pris en charge conformément au code pénal militaire dès la fin de cette opération l’année dernière”, et un officier et un sous-officier “en répondent d’ores et déjà devant la justice militaire”, affirme le gouvernement sans préciser la juridiction devant laquelle comparaissent les deux hommes, ni les charges retenues contre eux.

    Kinshasa, qui n’avait jusque-là jamais communiqué sur ces poursuites, estime “tardive, inutile et malveillante” la “dénonciation par les réseaux sociaux” des crimes qu’elles visent à juger.

    Mwanza Lomba est situé au Kasaï-oriental, entre Mbuji-Mayi, capitale de cette province, et Kananga, la capitale du Kasaï-central voisin. La région est le théâtre depuis septembre d’une rébellion provoquée par un conflit entre le pouvoir central et un chef coutumier local, Kamwina Nsapu, tué en août par les forces loyalistes.

    Partie du Kasaï-Central, la rébellion Kamwina Nsapu a progressivement gagné le Kasaï-oriental et le Kasaï-occidental. Les violences commises dans ce conflit ont fait au moins 200 morts.

    – ‘Vous mourez pour rien’ –

    A en juger par sa qualité, la vidéo semble avoir été tournée à l’aide d’un téléphone portable par un membre d’une groupe de huit soldats en treillis parlant lingala (la langue en usage dans l’armée congolaise) et swahili (langue parlée dans l’Est du Congo).

    Elle montre le petit détachement marcher sur un chemin vers un groupe de personnes à quelques dizaines de mètres chantant en tshiluba (langue parlée au Kasaï) “Notre terre, notre terre”.

    Tombe un ordre : “Avancez ! tirez !” Le peloton ouvre un feu nourri et progresse sans avoir besoin de s’abriter : personne ne réplique en face. Le feu cesse. Les hommes s’avancent et achèvent plusieurs personnes gisant au sol, en commençant par une femme. Ils insultent les cadavres, tiennent des propos obscènes en contemplant le sexe de deux femmes gisant à terre. La caméra s’attarde sur l’une d’elles en train d’agoniser. “Vous mourez pour rien, pour rien”, dit un homme.

    “Ici nous sommes au village Mwanza Lomba, nous les avons croisés aujourd’hui. Nous leur avons prouvé que la force reste à la loi. Ils sont nombreux mais on va les poursuivre jusqu’à l’infini”, commente la personne qui tourne les images, “FARDC toujours au rendez-vous, voilà, nous faisons notre travail”.

    La vidéo montre pas moins de vingt cadavres. Les femmes ont laissé échapper en tombant une balayette. Quelques hommes, certains la tête ceinte d’une tresse de liane, tiennent encore un lance-pierre ou un bâton.

    Selon deux sources onusiennes, la Mission de l’ONU au Congo (Monusco) enquête sur cette “vidéo et d’autres allégations” sur qui se passe dans les trois Kasaïs.

    Le 11 février, la Monusco a dénoncé “les atrocités commises par les miliciens Kamwina Nsapu” tout comme “un usage disproportionné de la force” par les FARDC, que l’ONU exhorte “à agir dans le respect des normes acceptables du droit national et international”.

    Mercredi, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les droits de l’Homme s’est inquiété d’informations selon lesquelles l’armée congolaise aurait “tué plus de 101 personnes” lors d’affrontements au Kasaï-central entre le 9 et le 13 février.

    Avec AFP

  • La RDC refuse d’enquêter après la vidéo du massacre

    La RDC refuse d’enquêter après la vidéo du massacre

    -Kinshasa a refusé net d’enquêter, comme l’ont demandé Washington, Paris et l’ONU sur une vidéo mettant en cause son armée dans un possible massacre, continuant de qualifier ce document de “montage” destiné à nuire à la République démocratique du Congo (RDC).

    Après la diffusion au cours du week-end de cette vidéo de plus de sept minutes, filmée en un plan-séquence unique, deux autres vidéos, pas plus authentifiables que la première, ont été relayées par les réseaux sociaux, montrant ce qui pourrait être des scènes de la brutalité ordinaire que dénonce l’ONU depuis plusieurs semaines dans la répression de la rébellion Kamwina Nsapu au Kasaï, dans le centre de la RDC.

    Lundi, la France a exhorté “les autorités congolaises à faire au plus vite la lumière sur ces agissements inacceptables et à identifier les responsables, qui devront répondre de leurs actes”.

    Le Haut-commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU leur a de son côté demandé lundi soir à enquêter “sur ce qui apparaît comme un usage excessif et disproportionné de la force” et à mettre un terme “aux violations massives des droits de l’Homme” dans le Kasaï.

    La veille, le département d’État américain avait appelé Kinshasa à “lancer une enquête immédiate et complète” sur les suspicions de “graves violations des droits de l’Homme” nées de ces images.

    Dans un communiqué officiel, Kinshasa a opposé une fin de non recevoir à ces demandes.

    S’estimant visé “régulièrement” par des “rumeurs malveillantes”, le gouvernement congolais argue que, face à des “images d’amateurs anonymes, il ne lui revient […] pas de prouver l’innocence des FARDC” (Forces armées de la RDC), mais qu’”il appartient aux accusateurs, jusque-là inconnus, de prouver ces faits afin que tous les éléments incriminés en répondent conformément à la loi”.

    Samedi, Kinshasa avait qualifié la première vidéo de “montage grossier” avant de reconnaître que des soldats congolais avaient pu commettre des “excès” en réprimant la rébellion Kamwina Nsapu et d’annoncer que deux d’entre eux, un officier et un sous-officier, étaient poursuivis par la justice militaire.

    Pressé lundi par l’AFP de préciser les charges pesant contre ces hommes, M. Mende a déclaré qu’il ne s’agissait “nullement de poursuites pour crimes de guerre ou crimes contre l’humanité” mais pour “violations des consignes” ou “extorsions […] lors d’une opération militaire à Mwanza Lomba”, village kasaïen où aurait été tournée cette vidéo, à en croire la voix commentant les images.

    ‘Déni permanent’

    A en juger par sa qualité, le film semble avoir été tourné avec un téléphone portable par un membre d’une unité militaire de huit soldats en treillis parlant lingala (langue officielle de l’armée congolaise) et swahili (langue parlée dans l’Est de la RDC).

    Elle montre le détachement ouvrir un feu nourri sur un groupe chantant en tshiluba (langue parlée au Kasaï), à quelques dizaines de mètres.

    Les hommes en uniforme achèvent ensuite leurs victimes, parmi lesquelles trois femmes, et insultent les cadavres. La vidéo en montre pas moins de vingt. Quelques hommes tiennent encore un lance-pierre ou un bâton.

    Le Kasaï est le théâtre, depuis septembre 2016, d’une rébellion née de la mort le mois précédent, lors d’une opération militaire, d’un chef coutumier local, Kamwina Nsapu, entré en conflit avec le pouvoir central. Les violences y ont fait au minimum 200 morts depuis septembre.

    La première des deux nouvelles vidéos apparues sur internet montre une femme à terre portant un brassard et un bandeau rouges (signe arboré par les rebelles). Apparemment blessée par balle à la hanche, la jeune femme subit un interrogatoire en tshiluba mené par plusieurs hommes, hors champ. Elle reçoit un coup de pied au visage et un à la nuque, et est insultée alors qu’elle demande être évacuée.

    La deuxième vidéo, filmée comme les deux autres en plan-séquence unique, montre aux moins huit enfants blessés ou tués par balles, autour desquels s’affairent des hommes en treillis ou en tenue bleu marine, comme celle que portent les policiers congolais.

    Hors champ, on entend des tirs nourris et des quolibets en tshiluba et lingala adressés aux victimes.

    Dans un communiqué, la coalition d’opposition du “Rassemblement” a dénoncé “avec fermeté, la légèreté avec laquelle le gouvernement réagit dans une logique de déni permanent aux massacres commis” en RDC, notamment au Kasaï, et exigé “une enquête internationale indépendante” pour faire la lumière sur “les actes d’une cruauté révoltante” que révèlent selon lui “ces images d’une violence inouïe”.

    Interrogé par l’AFP, André-Alain Atundu, porte-parole de la Majorité présidentielle, a déclaré qu’il ne réagissait “pas aux rumeurs” et attendait les “éléments qui seront fournis par le gouvernement” pour “déterminer le vrai et le faux” dans cette affaire.

    Avec AFP