-Le parti de l’opposant historique congolais Etienne Tshisekedi refuse au gouvernement actuel le droit d’organiser les obsèques de son leader décédé le 1er février 2017 à Bruxelles, conditionnant le rapatriement de la dépouille par la mise en place du nouvel exécutif qu’il devrait diriger conformément à l’accord du 31 décembre dernier.
Jean-Marc Kabund, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), a, au cours d’une conférence de presse à Kinshasa, énuméré un certain nombre de conditions que pose son parti avant le rapatriement et l’enterrement du leader décédé.
Parmi celles-ci, la mise en place d’un gouvernement selon l’accord obtenu sous la médiation des évêques catholiques.
“Ici pour nous, l’occasion de rappeler que le seul cadre politico-juridique qui devra régir l’espace politique est l’accord de la Saint Sylvestre. D’où la nécessité et l’urgence de mettre en œuvre l’accord global et exclusif du 31 décembre 2016 de manière pour décrisper la situation politique du pays et cela en conformité avec le vœu populaire qui estime que seul un gouvernement mis sur pied en application de cet accord a le droit d’accompagner le deuil de notre président”, a déclaré M. Kabund.
Le parti exige également l’érection d’un mausolée en mémoire de Tshisekedi.
Le gouvernement a pour sa part rétorqué, expliquant avoir mis à la disposition de la famille de Tshisekedi et de son parti les moyens pour le rapatriement de la dépouille.
“C’est tout de même un peu irresponsable pour nous qui sommes Africains, nous qui sommes Bantu que pendant un deuil, on puisse soulever des problèmes politiques… De toutes les façons même les évêques nous ont demandé de suspendre les discussions et de les reprendre qu’après l’enterrement de M. Tshisekedi”, a indiqué le porte-parole du gouvernement Lambert Mende.
Les discussions en vue de mettre en application l’accord du 31 décembre butent jusque-là sur la désignation du Premier ministre.
Le pouvoir exige une liste des candidats mais l’opposition s’en tient au texte de l’accord qui stipule que le Rassemblement, principale plate-forme des opposants, désigne le Premier ministre.
L’accord signé le 31 décembre vise à résoudre la crise née de la non-organisation des élections en 2016. Le président Joseph Kabila reste en place jusqu’à l’élection de son successeur en décembre 2017, selon l’accord.
-Aucune date officielle n’est avancée pour le retour dans la capitale de la RDC du corps de l’opposant historique congolais décédé à Bruxelles le 1er décembre dernier de suite d’une embolie pulmonaire. Une divergence persiste entre le pouvoir et l’opposition. Cette dernière exige qu’un Premier ministre soit d’abord nommé selon l’accord du 31 décembre pour que des obsèques soient organisées en mémoire de M. Etienne Tshisekedi.
“Comme le président Etienne Tshisekedi lui-même, de son vivant, respectait toujours la volonté du peuple et qu’aujourd’hui le peuple a dit qu’il est impérieux par respect de sa mémoire qu’on puisse d’abord commencer par matérialiser l’accord et qu’on sache –d’ici 48 à 72 heures- qui est le Premier ministre avant d’enterrer notre leader, il faut qu’on respecte cette volonté. Car même la famille biologique est d’accord avec la volonté du peuple”, indique Lisanga Bonganga, leader du groupe appelé la Coalition des alliés d’Etienne Tshisekedi.
Ce membre du comité des sages du Rassemblement, principale plate-forme de l’opposition constituée en mars dernier autour de M. Tshiskedi, parlait à l’issue des discussions avec la famille de l’opposant sur l’organisation du deuil.
M. Bonganga met en doute que la famille de M. Tshisekedi ait accepté l’avion que propose le gouvernement pour ramener la dépouille du leader de l’opposition.
Pour lui, il faudrait d’abord reprendre les discussions sur la mise en application de l’accord signé le 31 décembre autour des évêques catholiques en vue de la tenue des élections reportées, avant fin 2017.
Les prélats membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo, médiateurs au dialogue, devraient retourner au pays mardi dans la soirée après un voyage en Suisse.
“Le président Tshisekedi a, depuis les élections chaotiques de 2011, mené un grand combat pour qu’il y ait un dialogue dans le pays et maintenant qu’on arrive à une étape où s’il y a une bonne volonté de la part de nos amis du pouvoir, on peut terminer les travaux sur les arrangements particuliers pour la mise en application de l’accord du dialogue, nous devons honorer sa mémoire en concluant ces travaux avant de l’enterrer”, martèle-t-il.
Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, cité pat le site d’information Actualité.cd, souligne, pour sa part, que les travaux sur les arrangements particuliers ne pourront reprendre qu’après les funérailles.
Selon M. Mende, le gouvernement a mis à la disposition des moyens pour qu’une délégation de cinq membres de la famille et 10 du parti de Tshisekedi, l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), se rendent à Bruxelles en vue des démarches pour ramener la dépouille de l’opposant.
La délégation, conduite par Mgr Gérard Mulumba, jeune frère de M. Tshisekedi, devrait quitter Kinshasa mercredi.
Aucun membre de la famille n’a été joignable pour confirmer.
Félix Tshisekedi, fils de l’opposant décédé, candidat du Rassemblement au poste du Premier ministre, a, cette semaine, été interpellé en plein deuil par une masse de partisans de son père qui lui ont demandé de ne pas ramener la dépouille de son père aussi longtemps que sa désignation à la tête du gouvernement n’aura pas été acceptée par la majorité.
L’application de l’accord du 31 décembre butte entre autres sur la désignation du Premier ministre.
La famille politique présidentielle exige que l’opposition lui présente entre 3 à 5 noms pour que le Chef de l’Etat en choisisse un.
Il n’en est pas question pour l’opposition qui rétorque que l’accord prévoit que le Rassemblement désigne le Premier ministre.
Cette plate-forme avait même déjà présenté le nom de Félix Tshisekedi en plein milieu du dialogue.
-Une «icône», un «papa», un «fédérateur»: des milliers de membres de la diaspora congolaise, venus de toute l’Europe, ont rendu dimanche à Bruxelles un dernier hommage à Etienne Tshisekedi, l’opposant historique décédé quatre jours plus tôt dans la capitale belge.
Pour cette troisième et dernière journée de veillée funéraire, le cercueil du défunt a été exposé pendant plusieurs heures dans une vaste salle mise à disposition de la famille Tshisekedi par la ville de Bruxelles, à proximité du célèbre site de l’Atomium, dans le nord de la capitale.
Les visiteurs ont fait la queue, patientant parfois pendant des heures, avant de pouvoir s’incliner sur le cercueil surélevé, entouré de couronnes de fleurs et de portraits du défunt, le montrant coiffé de son éternelle casquette.
Chants religieux et partisans se sont succédés dans une atmosphère parfois festive, malgré les nombreux yeux mouillés de visiteurs de tous âges, originaires de toute la Belgique, mais aussi de France, du Royaume-Uni ou encore d’Allemagne.
«C’est notre icône», témoigne Armand Moke, venu de la région de Dortmund en Allemagne, à plus de 200 kilomètres: «C’est un monsieur qui a combattu pendant une trentaine d’années pour instaurer la démocratie pour notre pays».
«On a perdu vraiment un papa», répète Pélagie, 50 ans, qui a fait le déplacement depuis Anvers (nord de la Belgique), où elle vit depuis dix ans. «C’est un héros, ce qu’il a fait au Congo, personne ne peut le faire», souligne-t-elle, sans cacher son inquiétude: «Qui va le remplacer?»
«On a investi beaucoup d’espoir dans le dialogue» engagé en RDC pour une transition politique, dans lequel Etienne Tshisekedi jouait un rôle-clé, «on se disait qu’on était presque au bout du tunnel», explique Jean-Pierre Mukendi, originaire lui aussi du Congo, et prêtre dans une paroisse du Brabant Wallon (centre)depuis 17 ans.
– Garder l’espoir –
Les Congolais perdent «un fédérateur, un rassembleur», dit-il pour expliquer l’inquiétude des partisans du défunt. «Nous traversons un moment d’incertitudes, mais nous gardons espoir», assure-t-il cependant.
Dans la grande salle de la veillée, un orateur prend le micro: «Il est mort mais son esprit reste parmi nous. Nous perpétuerons son héritage», lance-t-il, avant de faire acclamer la veuve de «Tshishi», présente au côté de son fils Félix.
Etienne Tshisekedi s’est éteint mercredi dans une clinique de Bruxelles après avoir quitté huit jours plus tôt pour des soins la RDC, où il participait aux négociations sur la mise en place d’une transition politique après la crise provoquée par le maintien au pouvoir de Joseph Kabila.
Le mandat de M. Kabila est échu depuis le 20 décembre 2016, mais le chef de l’État reste à son poste en attendant la tenue d’une élection permettant de désigner son successeur.
Tshisekedi était entré en dissidence en 1979-1980 en dénonçant l’arbitraire du régime du dictateur Mobutu Sese Seko, après avoir accompagné son ascension à l’indépendance du Congo belge, en 1960.
Il a ensuite incarné l’opposition au tombeur du «Léopard», Laurent-Désiré Kabila, arrivé au pouvoir par les armes en 1997, puis à son fils Joseph Kabila, qui lui succèdera après son assassinat en 2001.
Battu en novembre 2011 à l’issue d’un scrutin entaché d’irrégularités massives, Tshisekedi aura refusé jusqu’au bout de reconnaître la légitimité de M. Kabila.
Les autorités congolaises ont annoncé vouloir organiser des «funérailles dignes d’un ancien Premier ministre» pour l’éternel opposant, dont la date du transfert de la dépouille en RDC n’est pas encore connue.
The United States reiterates its sincerest condolences to the people of the Democratic Republic of the Congo following the recent passing of former Prime Minister Etienne Tshisekedi.
While this is a difficult period and a time of mourning in the DRC, it is also a moment for unity. We urge the Congolese people to come together and honor Tshisekedi’s memory by continuing to pursue his ideals of a peaceful and democratic Congo.
To that end, we call on all parties to the December 31, 2016 agreement and their supporters to work even more diligently towards its timely implementation and toward the country’s first democratic transfer of power. These achievements would be both a solid foundation for the DRC’s future and a lasting tribute to Etienne Tshisekedi’s legacy.
-Les Etats-Unis exhortent les parties de la crise en RDC à mettre diligemment en application l’accord du 31 décembre en vue de rendre un hommage durable à l’opposant historique Etienne Tshisekedi décédé le 1er février à Bruxelles.
“Nous appelons toutes les parties à l’accord du 31 décembre 2016 et leurs partisans à travailler davantage plus diligemment à la mise en œuvre de celui-ci en temps voulu et à la première passation démocratique du pouvoir du pays. Ces résultats constitueraient à la fois une base solide pour l’avenir de la RDC qu’un hommage durable à l’héritage d’Etienne Tshisekedi”, indique dans une déclaration le département d’Etat américain.
Washington appelle tous les Congolais à l’unité en cette période difficile.
“Bien qu’il s’agisse d’une période difficile et d’un temps de deuil en RDC, c’est aussi un moment d’unité. Nous exhortons les Congolais à se rassembler et à honorer la mémoire de Tshisekedi en continuant à poursuivre ses idéaux d’un Congo pacifique et démocratique”, indique la déclaration.
Les Etats-Unis présentent leurs plus sincères condoléances au peuple de la République démocratique du Congo à la suite de la disparition du leader de l’opposition congolaise.
M. Tshisekedi est mort mercredi après-midi à Bruxelles, huit jours après avoir quitté le Congo en pleines négociations sur la mise en place d’une transition politique destinée à sortir pacifiquement de la crise provoquée par le maintien au pouvoir de M. Joseph Kabila.
Le mandat de M. Kabila est échu depuis le 20 décembre 2016, mais le chef de l’État reste à son poste en attendant la tenue d’une élection permettant de désigner son successeur.
M. Tshisekedi était entré en dissidence en 1979-1980 en dénonçant l’arbitraire du régime du dictateur Mobutu Sese Seko, après avoir accompagné son ascension à l’indépendance du Congo belge, en 1960.
Il a ensuite incarné l’opposition au tombeur du “Léopard”, Laurent-Désiré Kabila, arrivé au pouvoir par les armes en 1997, puis à son fils Joseph Kabila, qui lui succèdera après son assassinat en 2001.
Etienne Tshisekedi Pdt de l’UDPS- JP Bembe PN du MLC
-Le président sud-africain rend hommage à l’opposant congolais en soulignant, dans un communiqué, le rôle clé que celui-ci a joué dans le paysage politique de la RDC.
“M. Étienne Tshisekedi, décédé à l’âge de 84 ans et dont la carrière politique a pris son essor avec l’indépendance de la RDC en 1960, était un personnage constant de la vie publique du pays depuis des décennies”, souligne Jacob Zuma dans un texte remis à VOA Afrique.
“Nous nous remémorerons de feu M. Étienne Tshisekedi pour le rôle clé qu’il a joué dans le paysage politique de la République démocratique du Congo”, affirme le Chef de l’Etat sud-africain.
M. Zuma soutient que le peuple sud-africain compatit à la douleur des Congolais et leur présente des condoléances ainsi qu’à la famille de M. Tshisekedi et au gouvernement de la République démocratique du Congo.
Comme lui, Jean-Bemba, opposant congolais en prison à la Cour pénale internationale de la Haye se souvient de M. Tsheskedi.
Message de condoléances de Jean-Pierre Bemba
M. Bemba affirme garder “en mémoire le propos et l’image du président Tshisekedi à l’occasion de trois visites qu’il lui a rendues à la Haye”.
“Ce sont ceux d’un homme qui a fait vivre le concept d’opposition politique dans notre pays et dont la vie a été marquée par la lutte pour l’intérêt du peuple congolais”, écrit M. Bemba.
-La mort d’Étienne Tshisekedi, opposant historique en République démocratique du Congo, rebat complètement les cartes du jeu politique national et augure mal d’une mise en oeuvre rapide de l’accord signé péniblement le 31 décembre en vue d’une présidentielle avant la fin de l’année.
Ce décès “vient faciliter la remise en cause progressive de l’accord […] par la Majorité présidentielle”, estime l’économiste et politologue congolais Justin Kankwenda.
“La majorité, qui avait accepté de reconnaître le statut de président du Conseil de suivi [de la transition politique (CNSA)] à Tshisekedi intuitu personae pourrait être tentée d’exiger un rééquilibrage qui remettra en cause l’ensemble de l’accord”, déclare cet ancien haut-fonctionnaire onusien, dans un entretien avec l’AFP.
Pour Thierry Vircoulon, spécialiste de l’Afrique centrale enseignant à Sciences-Po Paris, le décès de Tshisekedi “arrive au plus mauvais moment pour la mise en place de la nouvelle transition”.
Il va “falloir se mettre d’accord sur une nouvelle personnalité d’opposition [à la tête du CNSA] alors même qu’il y avait déjà un désaccord sur la nomination du Premier ministre”, poste brigué par le propre fils de Tshisekedi, Félix, dit M. Vircoulon à l’AFP.
Cela “va donc relancer les négociations entre le camp présidentiel et l’opposition et permettre de perdre encore du temps. Les élections en décembre 2017 dont le calendrier n’était déjà pas très réaliste sont de plus en plus compromises”, pronostique-t-il.
Entré en dissidence en 1980, Tshisekedi a incarné à lui seul l’opposition congolaise pendant plus de 30 années de lutte, d’abord contre la dictature de Mobutu (1965-1997) puis contre ses successeurs à la tête du pays : Laurent-Désiré Kabila (1997-2001), et son fils Joseph Kabila.
Il est mort à Bruxelles mercredi à 84 ans, huit jours après avoir été transporté du Congo alors que la coalition du “Rassemblement” de l’opposition créée en juin autour de sa figure tutélaire négociait les modalités d’application de l’accord de la Saint-Sylvestre, et en tout premier lieu les postes ministériels.
– Test aux funérailles –
Ces négociations sont aujourd’hui dans l’impasse.
Conclu sous les auspices de l’Église catholique, l’accord de décembre ouvre la voie à une cogestion du pays entre le pouvoir et l’opposition jusqu’à la tenue d’une présidentielle censée se tenir fin 2017.
Âgé de 45 ans, M. Kabila a été réélu président face à Tshisekedi en novembre 2011 dans un scrutin marqué par des fraudes massives.
Son mandat s’est achevé le 20 décembre sans que la présidentielle devant désigner le prochain président congolais n’ait été organisée.
La Constitution lui interdit de se représenter mais un arrêt controversé de la Cour constitutionnelle l’a autorisé à se maintenir en place jusqu’à l’entrée en fonction d’un successeur élu.
Pour l’heure, toutes les familles politiques congolaises semblent respecter une sorte de trêve en mémoire de Tshisekedi, qualifié, même du côté du pouvoir de “père de la démocratie congolaise” pour son rôle lors de l’ouverture démocratique du début de la décennie 1990.
Mais passées les funérailles, dont la date n’est pas connue, la politique devrait reprendre ses droits, ou plutôt ses habitudes.
Jusqu’à présent, les discussions ont surtout porté sur le “partage du gâteau”, selon l’expression congolaise consacrée : la distribution des portefeuilles plus que la façon d’organiser concrètement les élections dans le temps convenu avec un budget national mis à mal par la baisse des matières premières.
Pendant ce temps, à Kinshasa, mégapole de 10 millions d’habitants qui avait voté à 64% pour Tshisekedi en 2011, la grogne s’installe dans une population largement miséreuse qui voit ses piètres conditions de vie se détériorer chaque jour avec la dépréciation du franc congolais qui engendre une forte inflation.
Le ressentiment s’installe face à tout ce qui ressemble à un corps constitué : pouvoir, opposition et même l’Église catholique, pourtant encore auréolée de ses années de lutte contre la dictature mobutiste.
Tshisekedi absent, comment va réagir la population ?, s’interroge un analyste spécialiste du Congo, sous le couvert de l’anonymat. Pour lui, “le premier test de taille sera les obsèques” de l’opposant : “se dérouleront-elles dans le calme ? Sinon, quelle sera la réaction des forces de l’ordre ?”.
Pour cet analyste, la bombe à retardement sociale provoquée par la détérioration de l’économie congolaise risque de déstabiliser le Congo tout autant que les troubles récurrents qui continuent d’agiter un pays travaillé par des forces centrifuges depuis son indépendance.
-Le leader charismatique de l’UDPS et chef de file de l’Opposition politique et démocratique Étienne Tshisekedi wa Mulumba, dit Ya Tshitshi, s’est éteint à Bruxelles des suites d’une embolie pulmonaire.
Cet acteur politique de premier plan en République démocratique du Congo laisse dans le deuil son épouse et compagne de combat démocratique, Maman Marthe Kasalu, et ses enfants dont les plus en vue sont Christian et Félix Antoine.
Aussi laisse-t-il dans le deuil un parti politique, l’Union pour la démocratie et le progrès social, en sigle UDPS, devenu, au fil des décennies, le fer de lance du combat en faveur de la liberté mais également un patrimoine national et continental pour sa lutte pacifique, non-violente et non-armée et, surtout, sa lutte en faveur des droits fondamentaux de la personne humaine.
Le trépas d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba constitue une lourde perte. Cette mort inopinée laisse un grand vide en République démocratique du Congo d’autant plus qu’il s’était personnellement érigé, et ce depuis 1997, en ”rempart” contre la balkanisation de cet État majestueux et richissime de la région des Grands Lacs africains et de l’Afrique centrale. Ceci pour avoir toujours promu le retour inéluctable aux résolutions de la véritable Conférence nationale souveraine (CNS) de 1992.
En effet, ce pays est soumis, depuis 1996, à de très fortes pressions extérieures, entre autres celles de la Communauté internationale, en vue de céder des pans territoriaux aux États limitrophes dont les velléités de désintégration du Congo sont un secret de polichinelle.
Ci-après un hommage lui rendu en 2009 au moment où l’UDPS se préparait à organiser son premier congrès de refondation.
Étienne Tshisekedi wa Mulumba
La Force d’un Peuple et l’Esprit d’une Nation
« Les pensées des Justes ne sont qu’équité [Jugement]; mais les desseins [la façon de diriger] des Méchants ne sont que fraude [tromperie]. Les paroles des Méchants sont des embûches [Embuscade] pour verser le sang, mais la bouche des Hommes Droits est une délivrance [les délivrera] ». Proverbes 12 : 5-6, Sainte Bible
Par Joël Asher Lévy-Cohen
Sur la planète Terre, s’il existe vraiment, de nos jours, un leader charismatique, lequel s’identifie à son Peuple et en qui se reconnaissent parfaitement l’ensemble de ses Concitoyens, le juriste Étienne Tshisekedi est incontestablement de cette envergure. À preuve, en signe de reconnaissance à son combat démocratique et à sa résistance politique en vue de leur libération du joug de la tyrannie macabre et fantoche, ses Compatriotes lui ont dédié spontanément une chanson évocatrice normalement entonnée dans les offices religieux du culte catholique : ‘‘ Nzambe aponi yo osalela ye, na nzoto pe na motema mwa yo mobimba, Nzambe aponi yo ! ‘’. Ce qui veut dire : ‘‘ Dieu vous a choisi pour le servir physiquement (en chair) et spirituellement (en esprit) ‘’.
Ce refrain, très souvent repris en choeur par les adhérents et sympathisants de son parti pour saluer sa bravoure et sa volonté inébranlable de conduire l’ensemble du Peuple congolais vers les rivages sacrés de la liberté et de la justice, définit en réalité la place privilégiée occupée par cet acteur politique clé dans le coeur de ses Compatriotes. Aussi traduit-il, en vérité, l’importance de son statut public dans la société.
En effet, par ce couplet non moins significatif, le Dr Étienne Tshisekedi en qualité de Président national de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) se voit reconnaître par ses Concitoyens une mission ayant nécessairement une portée messianique, une dimension prophétique. À ce titre, cette personnalité de premier plan est surnommée ‘‘Moïse’’. Ce qui signifie pertinemment le Sauveur, le libérateur. C’est-à-dire : « Celui qui les a sortis de la servitude ».
Donc, ses Compatriotes l’élèvent, en réalité, au rang de Serviteur de Dieu parmi les êtres humains. Son rôle messianique et prophétique consiste à les libérer du délire oppresseur, à les affranchir des supplices de la tyrannie répressive. Force est de reconnaître qu’un tel régime à n’en point douter écrasant avilit davantage l’espèce humaine pourtant créée à l’image de l’Éternel Dieu Tout-Puissant.
Pour ainsi dire, sa mission primordiale consiste en fait à racheter coûte que coûte la liberté des Opprimés que sont, certes, l’ensemble des Congolaises et Congolais. D’ailleurs, ceux-ci sont complètement muselés par un despotisme aveugle. Leurs droits fondamentaux sont totalement foulés aux pieds par un système assoiffé de sang humain. Ils sont méprisés par des dirigeants dont la méthode de gestion à la politique et administrative s’appuie sur un narcissisme pervers, destructeur.
Comme il travaille au nom de Dieu parmi les Hommes pour leur liberté, c’est-à-dire leur dignité, Étienne Tshisekedi est en fait un Pâtre chargé de rassembler le troupeau de l’Éternel Tout-Puissant et d’en prendre efficacement soin. Donc, sa principale mission est de le conduire directement vers les meilleurs pâturages verdoyants de la démocratie et de la liberté : « la Paix, le Développement et le Progrès ». En d’autres termes, par ce refrain, le Peuple congolais reconnaît en lui les véritables qualités de leader guidé par le Créateur, inspiré par la Conscience divine et illuminé par l’Esprit céleste.
Donc, la très grande majorité de ses Concitoyens lui reconnaissent les qualités de meneur d’hommes et d’éclaireur de consciences. De meneur de troupes parce que son rôle primordial est certes de montrer à ses Compatriotes la voie à suivre : « le véritable chemin de la liberté ». D’éclaireur de consciences dans la mesure où ce leader charismatique incarne par excellence « la droiture, la rectitude, la probité, le courage, la bravoure, la persévérance et, surtout, la sagesse ». Dans la mesure où son discours politique instruit visiblement le Peuple congolais et sa démarche idéologique inspire et illumine abondamment la Nation, et ce dans les épreuves les plus cruelles.
En cela, le Dr Étienne Tshisekedi est un prophète des temps modernes d’autant plus qu’un prophète parle et agit normalement au nom de Dieu. À cet égard, il instruit ses contemporains et annonce les événements futurs. En l’espèce, n’a-t-il pas prévenu ses Compatriotes du guet-apens que constitue le processus électoral destiné à imposer d’autorité un dirigeant fantoche, a fortiori un mercenaire, à la population ? N’a-t-il pas aussi mis en garde sur le danger que représente pour le Peuple sa participation au vote référendaire et au double scrutin présidentiel et législatif ? C’est, d’ailleurs, la raison pour laquelle celui-ci se doit non seulement de l’écouter [cerner] mais surtout d’apprendre à l’écouter [discerner] pour ne plus tomber bêtement dans les pièges tendus par les ennemis haineux de la Nation.
Cet avertissement vaut également pour de nombreux militants et sympathisants du Parti connus pour leur obsession, réputés pour leur excès de zèle voire même manque de jugeote dans les moments critiques. D’où l’intérêt d’une discipline sans faille, d’une rigueur à toute épreuve, d’un sérieux encadrement idéologique. D’où en vérité l’intérêt de se souder fortement, solidement, derrière le Dr Étienne Tshisekedi, de former avec lui un seul Corps (Parti) et un seul Esprit (Idéal).
Artisan de la paix, Apôtre de la liberté, Prophète de la démocratie, Combattant de la justice, Résistant, Lider maximo, etc., les qualificatifs ne manquent pas pour cerner l’action politique et définir l’entreprise idéologique du Président national de l’UDPS. Ce qui est sûr, le Dr Étienne Tshisekedi n’est pas à proprement parler un devin. Par sa capacité à cerner la trame historique des événements et à lire les signes du temps, il est un véritable « oracle ». Ce qui fait, éminemment, de lui la plus haute Autorité morale du pays. C’est la raison pour laquelle il importe de le consulter incessamment sur la marche démocratique de la Nation et la révolution libératrice du Peuple. D’autant plus que les événements finissent toujours par lui donner raison. À cet effet, ne mérite-t-il pas le surnom de Sphinx de Limete ?
Force est d’admettre que le Dr Étienne Tshisekedi ne tire aucunement parti de ses idées émises pour l’intérêt supérieur de la Patrie. Il en est plutôt victime(i). Il en est ainsi du pluralisme politique(ii) dont ce juriste est un adepte inconditionnel(iii), du processus électoral dont il est, par essence, le plus ardent défenseur(iv), des droits humains fondamentaux dont il se révèle, à vrai dire, le héraut patenté(v). Il en est de même pour le développement économique de la Nation(vi) et le progrès social(vii) du Citoyen dont il est effectivement un fervent avocat(viii).
Ce faisant, tous les geôliers de la Nation, les laquais et cerbères, tout comme les croquemorts de l’indépendance nationale et de la souveraineté internationale, sont réellement les plus grands bénéficiaires des idées et stratégies avancées par cette personnalité politique. Ce n’est pratiquement ni la population pour laquelle le Président national de l’UDPS se bat énergiquement, ni le Peuple tout entier dont il défend en réalité les droits les plus élémentaires, les libertés publiques fondamentales(ix).
Comme quoi, « ce sont les Méchants qui font [réellement] l’histoire ». Ainsi écrivait le grand philosophe allemand Friedrich Hegel. Le processus politique et électoral congolais ne l’a-t-il pas d’ailleurs corroboré ? En effet, ce sont les Mauvais, c’est-à-dire les assassins de la liberté, les fossoyeurs de la justice, les croquemorts de la démocratie, les criminels de guerre, les génocidaires qui ont pratiquement tous les droits en République démocratique du Congo (RDC).
Il sied de mentionner que la tyrannie et ses soutiens disposent du droit de fixer unilatéralement les règles du jeu politique. Le despote et ses affidés détiennent le
droit d’incarner les Institutions d’État avec l’aide de la Communauté occidentale et, surtout, la complicité meurtrière de la mafia internationale. Cette jouissance leur permet de représenter politiquement le Peuple qu’ils écrasent journellement. Aussi leur permet-elle de parler au nom d’une Nation dont ils ignorent, en vérité, la liberté et l’existence politique, de participer aux élections afin d’être recyclés.
En d’autres termes, les voyous concourent aisément aux scrutins électoraux pour être légitimés par les urnes, blanchis par les électeurs, en vue de bénéficier de l’onction du suffrage populaire et universel. Une telle escroquerie s’appelle, en réalité, « détournement de la volonté suprême du Souverain primaire » !
Debout Congolais !
Tous ensemble Unissez-vous derrière l’Avocat du Peuple, le Dr Étienne Tshisekedi, pour mettre un terme à la voyoucratie politique, à la kleptocratie maffieuse et à l’imposture étrangère (le régime de mercenariat).
I. Étienne Tshisekedi est un Martyr de la démocratie.
II. Le multipartisme.
III. La dictature rétrograde, réactionnaire et sanguinaire l’a sempiternellement exclu de l’espace institutionnel.
IV. Les mercenaires locaux et étrangers l’ont toujours exclu de la compétition politique.
V. Les droits légitimes des Cadres et militants de l’UDPS sont violemment foulés aux pieds par le régime liberticide et démocraticide. Les libertés publiques constitutionnellement reconnues aux Citoyens sont brutalement bafouées par le pouvoir oppresseur au grand mépris de la Loi fondamentale et des instruments internationaux.
VI. La prospérité industrielle.
VII. Le régime de protection sociale ou le filet de sécurité sociale qui couvre la Collectivité publique, la famille ou le salarié ou travailleur.
VIII. La maffia internationale a toujours appuyé et même coopté au sommet du pouvoir d’État les fossoyeurs de la justice sociale et les agents du sous-développement.
IX. Les pourparlers politiques intercongolais sont très instructifs à cet effet. Lors de ces négociations tenues dans la station balnéaire sud-africaine sise au nord de Pretoria en Afrique du Sud (Sun City), l’UDPS et tous ses experts commis au DIC ont été les seuls à fournir des documents au Médiateur sénégalais (Moustapha Niasse) et au Facilitateur botswanais (John Ketumile « Kett » Masire), à avancer des pistes de solution pour sortir de la crise politique et militaire. Mais, quand il s’est agi de partager le pouvoir politique, ce sont les voyous comptables de cinq millions de morts innocentes, dont la paresse intellectuelle ne fait aucunement mystère, qui sont récompensés par la Mafia internationale.
-Un mois après la signature de l’accord de la Saint Sylvestre qui avait désamorcé une explosion imminente grâce à la médiation des évêques congolais, la situation politique est toujours bloquée à Kinshasa.
Certes, des concessions majeures avaient été faites, par les uns et les autres : les négociateurs de la majorité présidentielle avaient accepté que les élections aient lieu fin 2017 et que M. Kabila ne soit pas candidat à sa propre succession. Ils avaient aussi accepté de confier à un représentant de l’opposition le poste de Premier ministre. En contrepartie, l’opposition avait accepté que le chef de l’Etat, dont le deuxième mandat expirait le 19 décembre, reste en fonctions jusqu’aux élections sans qu’un « régime transitoire » soit mis en place.
Les prélats auraient du s’en douter : dans cet accord comme dans tant d’autres, le diable se trouvait dans les détails. Et le diable, c’était la notion d’ « arrangements particuliers » c’est-à-dire les modalités pratiques de la mise en œuvre de l’accord., où chacun (mais surtout le pouvoir, qui avait tout) tente de mettre en œuvre la vieille tactique du « ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi est négociable ». Malgré le deuxième ultimatum fixé par les évêques et qui a expiré le week end dernier, quatre points de blocages importants subsistent. Le premier concerne le poste de Premier Ministre. Certes, ce dernier doit être issu de l’opposition et désigné dans les rangs du « Rassemblement », la coalition dirigée par Etienne Tshisekedi. Mais outre le fait que le vieux leader charismatique, malade et affaibli, a du être ramené à Bruxelles dans un jet privé, une divergence majeure subsiste : les partisans de Kabila estiment que c’est au chef de l’Etat qu’il appartient de choisir le chef du gouvernement sur une liste de cinq personnalités qui lui sera soumise par l’opposition. Faut-il dire que la lutte pour le poste est serrée, que le premier ministre sortant Sammy Badibanga (un Kasaïen qui fut proche de Tshisekedi) n’a pas encore dit son dernier mot, que le chef de l’Etat avant de faire son choix définitif, pourra jouer sur la gamme des ambitions et des appétits ?
La répartition des postes ministériels est tout aussi problématique : arguant de sa majorité au Parlement, issue des élections –contestées- de 2011, le camp présidentiel n’entend pas céder les ministères dits régaliens (intérieur, défense, affaires étrangères, justice) et il revendique également les ministères considérés comme « juteux » c’est à dire les mines ou les finances. Autrement dit, Kabila et les siens entendent bien garder en mains les rênes du pays, un atout évident au moment de la future campagne électorale.
La médiation de la Conférence épiscopale (Cenco) représente elle-même le troisième point de blocage : pour la majorité, l’accord conclu à la veille du Nouvel An marquait la fin d’une médiation momentanée. Pour l’opposition, méfiante ou échaudée, les prélats doivent continuer à exercer leurs bons offices et demeurer des arbitres jusqu’au jour du scrutin. Et cela même si certains évêques souhaiteraient retourner dans leurs diocèses respectifs.
La « ligne du temps » est tout aussi problématique : d’un côté les médiateurs comme l’opposition souhaitent respecter les délais et arriver aux élections d’ici fin 2017. Mais de l’autre, les « pinaillages » du camp présidentiel permettent de gagner du temps, afin peut-être, d’atteindre 2018. Ce délai avait été initialement demandé par Kabila et aujourd’hui déjà, il apparaît comme le plus probable. Ajoutons aussi que le jour où l’opposition sera effectivement associée au pouvoir, elle sera peut-être moins désireuse de tout remettre en jeu.
Dans ces négociations en forme de procession d’Echternacht, un non dit progresse dans les esprits : l’idée d’un referendum constitutionnel, soutenu par les amis du président, refusé par l’opposition. Cette consultation, présentée comme une issue à l’impasse actuelle, permettrait de faire sauter le verrou constitutionnel et elle autoriserait M. Kabila à exercer un mandat supplémentaire. A condition que la population consultée marque son consentement. Mais dans un pays où les «mesures de décrispation » (elles aussi promises le 31 décembre dernier) sont loin d’être prises, où la presse demeure sous haute surveillance, chacun sait que poser la question ce sera probablement y répondre…