Tag: rdc
-

Appel à la publication du contrat de vente d’une mine de cuivre majeure en RDC
-L’ONG américaine Centre Carter appelle le gouvernement de la République démocratique du Congo à “publier le contrat” de cession d’une des plus grandes mines de cuivre du pays à des investisseurs chinois, selon un communiqué.“L’accord pour le transfert des parts sociales de TFM [Tenke Fungurume Mining, la société qui exploite la mine NDLR] est le dernier d’une liste croissante de transactions non-divulguées” impliquant l’entreprise publique minière congolaise Gécamines, déplore le Centre Carter.
“Ce manque de transparence [de la part de Gécamines] empêche le monitoring de cette entreprise et ne permet pas d’assurer que les ressources minières de la RDC bénéficient au peuple congolais”, ajoute le communiqué.
Cinquième producteur de cuivre au monde en 2015 et premier producteur mondial de cobalt, la RDC est l’un des pays les moins développés de la planète. Près de 90% de ses 71 millions d’habitants vivent dans l’extrême pauvreté.
Le groupe américain Freeport-McMoran avait annoncé, en mai, la cession du contrôle de TFM au groupe chinois China Molybdenum (côté à la bourse de Hong Kong) pour un montant minimum de 2,65 milliards de dollars.
L’opération portait sur la vente de 70% du capital de TF Holdings, maison-mère de TFM immatriculée aux Bermudes.
La société canadienne Lundin Mining a annoncé de son côté en septembre la vente de sa part de 30% dans TF Holdings à un fonds d’investissement chinois, BHR Partners pour 1,14 milliard de dollars.
S’estimant lésée par ces transactions, la Gécamines a tenté de bloquer ces ventes par des actions judiciaires à l’étranger et au Congo alors que les changements de propriétaires de TF Holdings s’avèrent sans incidence sur le pacte d’actionnaires de TFM, société de droit congolais détenue à 80% par la holding bermudienne et à 20% par Gécamines.
L’agence Bloomberg a rapporté mardi que la Gécamines avait renoncé à ces actions après être parvenue à un accord lui offrant “une certaine compensation financière”.
Selon une sourche proche des négociations contactée par l’AFP, l’accord aurait été signé entre China Molybdenum, Freeport-McMoran, Lundin, Gécamines, et l’Etat congolais.
Dans son communiqué, le Centre Carter, fondation créée par l’ancien président américain Jimmy Carter pour promouvoir la démocratie et les droits de Homme dans le monde, appelle l’Etat et les deux groupes nord-américains à “divulguer toute information matérielle sur la transaction, y compris la compensation due à la Gécamines en contrepartie de l’abandon” de ses poursuites.
Avec AFP
-

Kampala admet que des ex-rebelles du M23 se sont échappés d’une base en Ouganda
-Le gouvernement ougandais a admis avoir perdu la trace de 40 rebelles congolais s’étant échappés d’une base militaire ougandaise dans laquelle ils étaient cantonnés depuis 2014, tandis que 101 autres ont été arrêtés alors qu’ils tentaient de rejoindre la République démocratique du Congo (RDC).Plus tôt cette semaine, l’Ouganda avait pourtant nié que des ex-rebelles du Mouvement du 23 mars s’étaient échappés de la base de Bihanga (ouest, près de la frontière congolaise). Kinshasa avait affirmé dimanche qu’au moins 200 d’entre eux avaient pénétré en RDC depuis l’Ouganda et investi une localité du Nord-Kivu (est de la RDC).
Le M23 est un ancien groupe rebelle à dominante tutsi ayant fui la RDC après avoir été défait fin 2013 par l’armée congolaise. Plusieurs centaines de ses membres avaient alors trouvé refuge en Ouganda, où ils ont été cantonnés dans la base militaire de Bihanga.
Le porte-parole du gouvernement ougandais, Ofwono Opondo, a indiqué jeudi dans un communiqué que certains ex-rebelles “ont furtivement quitté” la base, et que “le lieu où ils se trouvent actuellement est inconnu”.
“La nuit passée, la sécurité ougandaise a intercepté quatre véhicules à Mbarara transportant 101 anciens combattants du M23 en chemin vers la République démocratique du Congo”, a par ailleurs affirmé la même source. “Ces 101 (anciens combattants, ndlr) suivaient un autre groupe de 40 dont nous avons découvert qu’ils s’étaient échappés il y a sept jours”.
M. Opondo n’a pas précisé quand les autorités ougandaises se sont rendu compte de la disparition des 40 ex-rebelles.
Dernier mouvement des rébellions à dominante tutsi soutenues par le Rwanda et l’Ouganda dans l’est de la RDC, le M23 avait été défait en novembre 2013 par l’armée congolaise, appuyée par les Casques bleus de la mission de l’ONU en RDC (Monusco), après dix-huit mois de guérilla au Nord-Kivu.
Des centaines de ses combattants ont alors fui vers l’Ouganda et le Rwanda. Après les évasions de cette semaine, quelque 270 ex-rebelles se trouvent encore à Bihanga, selon M. Opondo.
Le porte-parole a également nié toute implication ougandaise dans l’évasion des ex-rebelles et ajouté que son pays ne soutient aucun mouvement armé visant à déstabiliser la RDC.
Les autorités congolaises accusent elles régulièrement le Rwanda et l’Ouganda d’avoir laissé “ces criminels (les ex-rebelles du M23) circuler librement” sur leur territoire alors qu’ils devraient être selon elles jugés.
Avec AFP
-

Moïse Katumbi réduit les dépenses du Tout Puissant Mazembe
-Le candidat à la présidentielle en RDC, Moïse Katumbi, met à la diète le Tout Puissant Mazembe, le club de football congolais qu’il préside.En exil à Bruxelles depuis plusieurs mois, Moïse Katumbi tente de gérer au mieux le TP Mazembe, dont il est le président-propriétaire. Qualifié pour la Ligue des champions, le club de Lubumbashi dispose toujours de moyens importants pour un club africain, mais son patron a décidé de réduire la voilure.
Ainsi, le successeur d’Hubert Velud – parti à l’Étoile du Sahel (Tunisie) –, qui sera probablement français lui aussi, se verra proposer un salaire mensuel d’environ 15 000 dollars (environ 14 100 euros), hors primes et avantages. Une rémunération inférieure à celle que touchaient Velud et son prédécesseur, Patrice Carteron, puisque, selon certaines sources, l’ex-sélectionneur du Mali (2012-2013) percevait environ 50 000 dollars par mois.
Katumbi a également décidé de moins dépenser pour le recrutement de joueurs étrangers, et de davantage promouvoir les jeunes de l’académie qu’il a créée. Au moins quatre d’entre eux intégreront l’effectif professionnel lushois. Le budget du club, qui avait dépassé 12 millions de dollars récemment, devrait se situer aux alentours de 8 millions, une somme comparable à celle d’un club français moyen de Ligue 2.
JA
-

La majorité exige la part du lion dans le partage des postes en RDC
-La famille politique du président Joseph Kabila et ses alliés demandent aux évêques catholiques, médiateurs, de tenir compte du poids politique de chaque camp dans la répartition des postes au sein du gouvernement qui sera issu de l’accord du 31 décembre.Les discussions en cours en vue des arrangements particuliers, tenues sous la médiation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), butent entre autres à ce point.
“Nous ne venons pas du néant. Nous venons des élections qui ont été l’occasion de placer en ordre utile certaines formations politiques et qui leur confèrent un caractère de représentativité assez large. Nous pensons que ceux ont obtenu un quitus du peuple de manière plus significative puissent avoir une présence assez significative dans ce gouvernement”, explique Christophe Kolomoni, secrétaire national du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) du président Joseph Kabila.
Le bloc des signataires du précédent accord, constitué de la majorité et d’une partie de l’opposition, estime être le plus représentatif. Il met en avant les 103 députés qu’il compte à l’Assemblée nationale contre conte le 69 issus du Rassemblement et du Front pour le respect de la Constitution (FRC) qui avaient boycotté ce premier dialogue, le jugeant partiel, tenu en septembre et octobre sous la facilitation d’Edem Kodjo.
“Il serait important de faire ce partage-là en passant par une formule mathématique de pondération par rapport à la représentation au niveau du parlement”, soutient M. Kolomoni.
L’accord signée le 31 décembre sous la médiation des évêques catholiques vise à résoudre la crise créée par la non-tenue des élections avant le 19 décembre 2016 date de la fin du dernier mandat du président Joseph Kabila.
Il maintient le président Kabila à son poste jusqu’à la tenue des élections en décembre 2017 et confie la gestion du gouvernement de la transition au Rassemblement et le Conseil de surveillance de cette période à l’opposant Etienne Tshisekedi.
voa
-

Affaire KATUMBI : Implication juridique des déclarations de la Juge RAMAZANI WAZURI Chantal.
-Affaire KATUMBI : Implication juridique des déclarations de la Juge RAMAZANI WAZURI Chantal.
I. INTRODUCTION
Madame Ramazani Wazuri Chantal, Juge Présidente du Tribunal de Paix Lubumbashi/Kamalondo multiplie des déclarations selon lesquelles messieurs l’Administrateur Général de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR), le Premier Président de la Cour d’Appel de Lubumbashi et le Procureur Général près cette Cour, l’avaient obligé de condamner M. Katumbi Chapwe Moïse, dans l’affaire sous RP 7652 qui oppose ce dernier à M. Emmanouil Alexandros Stoupis, à trois ans de prison, avec arrestation immédiate et aux dommages et intérêts d’un million de dollars américains, afin d’obtenir son inéligibilité à la présidence de la République.Il revient que les avocats de Katumbi avaient immédiatement interjeté appel devant le Tribunal de Grande Instance de Lubumbashi qui n’a jamais fixé la date d’audience. A ce jour, le dossier est soumis aux participants au Dialogue politique et inclusif, dans le cadre des mesures de « décrispation politique ».
Madame Ramazani a-t-elle réussi à faire entendre sa voix ? Ci-dessous, l’IRDH fait la critique du problème soulevé par la Juge Présidente, sans se préoccuper du fond de l’affaire.II. RESUME DES FAITS
Dans deux nouvelles vidéos publiées sur YouTube, respectivement en français, le 03 janvier 2017, (https://www.youtube.com/watch?v=SBDR_eUIb9I), et en Lingala, le 06 du même mois (https://www.youtube.com/watch?v=aXq0L2HA7KA&feature=share), la Juge Ramazani réitère le contenu de sa lettre de 4 pages, signée le 25 juillet 2016, adressée au Ministre de la Justice et Droits Humains.
Dans sa fameuse lettre et dans les medias sociaux, madame Ramazani affirme qu’il y a eu (i) extorsion de sa signature avec menaces de révocation et (ii) menaces d’atteinte à son intégrité physique.
Sur TV5 Afrique et France24, Madame Ramazani a déclaré craindre pour sa vie. En plus, des sources de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), elle demanderait la protection internationale, à partir de la France.III. PROBLEMATIQUE
La mission de protection et promotion de l’état de droit que s’assigne l’IRDH amène ses chercheurs à poser la problématique suivante :
(i) Quelle est la portée juridique de ces multiples déclarations ? Autrement-dit, quelle valeur juridique peut-on accorder à ces différents documents ou supports informatiques contenant les diverses déclarations de la Juge ?
(ii) Une décision judiciaire déniée par son auteur, quant aux conditions dans lesquelles elle a été rédigée peut-elle produire des effets juridiques ou garder son authenticité ?
(iii) Quelle est la réaction des autorités judiciaires, face à la dénonciation d’immixtion ou instrumentalisation de l’appareil judiciaire par des animateurs du Gouvernement ?
(iv) Quelle leçon de Droit les chercheurs et étudiants d’universités peuvent retenir de cette affaire politico-judiciaire ?IV. PREALABLE
Avant d’analyser le problème, l’IRDH soulève trois préalables relatifs à la validité juridique des déclarations (documents). Ces fondamentaux sont liés à : (i) la nature desdites déclarations, (ii) la qualité de leur auteur, ainsi que (iii) leur authenticité (documents, textes et vidéos portant ces déclarations).
(i) Nature des déclarations
La nature d’une chose est l’ensemble des caractéristiques qui la définissent. C’est le type ou son essence. Si la chose est un document destiné à décrire une situation et à réfléchir sur elle, celui-ci s’appelle rapport. Mais, si le document est un moyen par lequel un citoyen porte à la connaissance du public ou des autorités judiciaires un fait de nature à porter atteinte au droit d’autrui, il devient une dénonciation. Celle-ci (dénonciation) prend la forme d’une plainte lorsque l’auteur des faits dénoncés est la victime elle-même. C’est le moyen le plus récurent de saisine du parquet et ses services de la police, section judiciaire.
Il résulte du cas sous étude que les déclarations de madame Ramazani chantal renferment, à la fois, les caractéristiques d’une dénonciation et d’une plainte. Car, d’une part, madame révèle à l’autorité publique une série de faits qui nécessitent des investigations sur l’immixtion du Gouvernement et de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) dans le fonctionnement de la justice. Et, d’autre part, elle se sent victime des pressions ayant abouti à l’extorsion de sa signature par des hauts responsables de l’ANR, des hauts magistrats et d’un ancien bâtonnier.(ii) Qualité de l’auteur des déclarations.
Madame Ramazani Wazuri Chantal s’identifie comme Magistrate assermentée de la République Démocratique du Congo (RDC), ayant encore le titre de Présidente du Tribunal de Paix Lubumbashi/Kamalondo.
Elle est l’auteure principale du jugement, parce que Présidente de la Chambre qui avait rendu le verdict en question ; elle est l’auteure de la lettre de dénonciation de ladite décision judiciaire ; et, c’est encore elle qui entreprend une compagne contre le fameux jugement à la TV5, France24 ainsi que sur Internet, dans des vidéos publiées sur YouTube. Elle s’est exilée en France d’où elle demanderait un asile.(iii) Authenticité des documents.
Madame Ramazani a produit des documents sous trois formats :
o Déclarations écrites ;
o Déclarations télévisées ;
o Déclarations sur vidéos diffusées sur Internet, dans les medias sociaux.a. Déclarations écrites.
Il revient en droit que c’est la « signature » qui donne à un document sa valeur probante. Elle permet à une personne de s’identifier dans un acte et exprimer son approbation au contenu du document. La validité de tout engagement écrit est subordonnée à l’existence de cette signature manuscrite qui lui confère sa force probatoire.
D’après le Petit Robert, la signature permet d’affirmer l’exactitude, la sincérité d’un écrit ou en assumer la responsabilité. Dans le Vocabulaire juridique de Gérard Cornu, la signature est l’apposition que fait une personne sur un document, afin de lui conférer l’authenticité relevant de sa compétence.
En somme, si la signature apposée sur la lettre du 25 juillet 2016, adressée au Ministre de la Justice et droits humains, s’avère être celle de la juge Ramazani, donc la lettre est authentique et devra permettre à son auteure d’assumer ses déclarations écrites.b. Déclarations télévisées par la TV5 et France24.
Dans deux interviews différentes, l’une accordée à la TV5 et l’autre à la France24, madame la Juge Ramazani apparaît en bonne santé et saine d’esprit. Une fois, elle est accompagnée par un défenseur des droits humains de la FIDH et une deuxième fois, elle parle seule.
Les deux chaînes de télévision sont d’une réputation mondiale irréfutable. Elles sont autant fiables, car elles sont régulièrement utilisées par le Gouvernement de la RDC, pour passer des messages importants à la nation congolaise. Si madame Ramazani apparaît en personne à ces télévisions, c’est que les images sont sincères et crédibles. De ceci, découle l’authenticité du contenu des déclarations qu’elle y fait.c. Déclarations faites sur vidéos diffusées dans les medias sociaux, sur Internet.
Dans les deux vidéos diffusées sur YouTube (Internet), la Juge Ramazani apparaît avec la même apparence que celle des chaînes des télévisions françaises. La vidéo en version Lingala a la particularité d’avoir la participation du journaliste Ndeko Eliezer Ntambwe, connu de Kinshasa pour ses interviews que lui accordent des politiciens congolais, dans l’émission Tokomi Wapi. De ceci, il y a lieu de croire que les déclarations diffusées sur Internet sont aussi authentiques.V. ANALYSE DU PROBLEME PROPREMENT-DIT.
(i) Quelle est la valeur ou la portée juridique des multiples déclarations relevées dans les divers supports ou documents précités ?
Ce point revient à évaluer l’effet des déclarations de madame la Juge Ramazani Chantal, avant d’en tirer une conséquence de droit. Selon leur nature constatée ci-dessus, l’analyse porte sur les deux caractéristiques de :
o dénonciation d’immixtion du Gouvernement dans le fonctionnement de l’appareil judiciaire ;
o et, plainte contre des individus bien identifiés pour abus d’autorité, menaces d’atteinte à l’intégrité physique et extorsion de signature ;a. Conséquence de la dénonciation d’immixtion du Gouvernement dans le fonctionnement de l’appareil judiciaire.
Les déclarations de madame Ramazani démontrent que son jugement viole les principes d’un état de droit, d’un procès équitable et des règles de fonctionnement des cours et tribunaux. Ce fondement illégal expose la décision de condamnation à sa nullité.
En effet, la Constitution de la République affirme, à son article 149, que le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif ; Par son article 150, elle renforce le principe d’indépendance du pouvoir judiciaire, en stipulant que « les juges ne sont soumis dans l’exercice de leur fonction qu’à l’autorité de la loi. […] » ; Elle interdit au Gouvernement, par son article 151, de « donner d’injonction au juge […] ni entraver le cours de la justice » ; Et, par son article 152, elle institue le Conseil supérieur de la magistrature comme son unique organe de gestion.
Ainsi donc, un bon jugement doit être conforme à la loi au sens large du terme (instruments internationaux, Constitution et autres lois internes), ainsi que des règles et principes précis qui meuvent l’organisation et le fonctionnement des cours et tribunaux auxquels les hommes de loi sont soumis.
Par conséquent, lorsqu’une décision de justice, comme celle qui est sous analyse, un jugement définitif d’un tribunal ou arrêt d’une Cour est fondé sur une procédure viciée, sur injonction du Gouvernement, elle est nulle et de nul effet. La loi exige à ce que cette nullité soit prononcée par la juridiction supérieure, pour vice de forme.b. Conséquence des déclarations sous forme de plainte contre des individus bien identifiés pour abus d’autorité, menaces d’atteinte à l’intégrité physique et extorsion de signature.
L’extorsion est le fait d’obtenir par violence, menace de violences ou contrainte, soit une signature soit un engagement. Afin de maintenir l’ordre public, la loi pénale réprime l’infraction d’extorsion, par des poursuites contre tout citoyen, y compris les autorités judiciaires et agents des services de renseignements.
Dans le cas sous étude, la victime Ramazani Chantal se plaint de l’extorsion de signature assortie de menaces d’atteintes à son intégrité physique. Cet abus d’autorité de l’Etat implique des investigations aux fins des poursuites contre les individus identifiés dans les documents de dénonciation et de plainte.c. Conséquence des déclarations de la Juge sur la valeur juridique de la décision judiciaire rendue.
Le code civil congolais permet la dénégation de signature par son auteur, pour des raisons évidentes. La Juge Ramazani évoque entre autres motifs du reniement de sa signature, l’extorsion assortie de menaces contre son intégrité physique. Elle insiste que le jugement n’a respecté ni la loi procédurale ni rencontrer l’intime conviction du juge qu’elle est.
Il s’en suit qu’un document pour lequel la signature a été extorquée soit contraire à l’ordre public. Ainsi donc, la nullité du jugement en question est la conséquence logique de la violation des procédures judiciaires et les atteintes manifeste au respect des droits de l’Homme, des libertés publiques ainsi que des bonnes mœurs.
Cependant, peut-on considérer que les agents de l’Etat sont déliés du devoir d’obéissance d’exécuter ledit jugement ? L’article 28 de la Constitution répond en stipulant que : « Nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal. Tout individu, tout agent de l’Etat est délié du devoir d’obéissance, lorsque l’ordre reçu constitue une atteinte manifeste au respect des droits de l’homme et des libertés publiques et des bonnes mœurs […]».(ii) Réaction des autorités judiciaires.
La Juge Ramazani Chantal fait usage des dispositions constitutionnelles ci-haut évoquées, pour réagir contre l’immixtion du Gouvernement et la tentative d’instrumentalisation de sa personne, dans l’exercice de ses fonctions. Cependant, il n’y a aucune réaction officielle ni de l’autorité du pouvoir judiciaire ni des syndicats des magistrats. Elle se retrouve en exile, menacée dans son intégrité physique.
Il revient que le pouvoir judiciaire n’est pas le seul à blâmer. Car, le même article 149 de la Constitution, sus venté, dit que la justice est rendue sur l’ensemble du territoire national au nom du peuple. Donc, il appartient au peuple, au nom de qui la justice est rendue, de veiller à tout moment, à sa bonne administration.(iii) Leçon de Droit à retenir de cette affaire politico-judiciaire.
o Premièrement, l’immixtion du Gouvernement dans la bonne administration de la justice, à travers l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire par les services de sécurité, en violation du principe de l’état de droit, entraîne la paralysie de la procédure judiciaire dont le dossier va s’échouer sur la table des négociateurs politiques, au Centre interdiocésain de Kinshasa;
o Deuxièmement, le silence des autorités judiciaires face aux dénonciations de menaces d’atteintes à l’intégrité physique d’une juge, à cause de l’exercice de sa fonction, démontre l’incapacité du pouvoir judiciaire à établir l’équilibre recherché dans un état de droit, face à un pouvoir exécutif abusif;
o Troisièmement, la politisation des faits présentés par la juge, bien que réels, dilue la quintessence du dysfonctionnement du système judiciaire congolais et déplace le débat de son cadre de séparation des pouvoirs en droit constitutionnel de la RDC.
CONCLUSION.
L’analyse des déclarations de madame la juge Ramazani Wazuri Chantal démontre l’immixtion flagrante du Gouvernement dans les affaires judiciaires et l’instrumentalisation de la justice qui battent en brèche le principe de l’indépendance de la magistrature, le fondement du procès équitable et de l’état de droit.
La présente analyse a identifié deux problèmes substantiels de droit.Premièrement, la difficulté légitime qu’a le peuple de reconnaître la condamnation de Katumbi comme l’œuvre de justice rendue en son nom. Au lieu d’être une manifestation de la vérité qui éclaire l’opinion sur l’affaire en dispute entre les parties au procès, ladite décision augmente la confusion du fait d’être contestée publiquement par son auteure qui dit l’avoir signée, sous pression, contre sa volonté, dans les conditions non conformes aux lois du pays.
Deuxièmement, l’analyse a démontré qu’au nom du formalisme juridique, l’illégalité décriée sur la place publique amènera le Ministère Public à ne pas exécuter une décision qui ne peut l’être au nom du Président de la République, Garant de la nation et du respect de la Constitution. Au même titre de l’illégalité du verdict, l’immixtion du Gouvernement embarrasse le Tribunal de Grande Instance de Lubumbashi à fixer l’audience en appel.
Comme conséquence logique de toute affaire politique, l’étude fait remarquer que le cas Katumbi est soumis et analysé par les participants au Dialogue inclusif qui se déroule au Centre interdiocésain de Kinshasa, sous l’égide de la Conférence nationale épiscopale du Congo (CENCO).
En guise de conclusion, il convient de recommander aux autorités judiciaires d’exercer effectivement le pouvoir qui leur est donné par le peuple, à travers la garantie constitutionnelle. A défaut d’exercer les prérogatives dévolues à son autorité, on capitule devant ses homologues.
Par Institut de Recherche en Droits Humains – IRDH
-

CAN 2017 : les Léopards de la RDC mettent fin à leur grève

Jean Florent Ikwange Ibenge, coach of DR Congo celebrates win with fans during the 2015 Africa Cup of Nations quarterfinal football match between Congo and DR Congo at Bata Stadium, Bata, Equatorial Guinea on 31January 2015 ©Gavin Barker/BackpagePix -Le président Joseph Kabila a personnellement encouragé les Léopards à jouer pour ramener le trophée de la CAN 2017. Il a adressé un message aux joueurs congolais qui ont repris les entraînements après une courte grève.
“Au nom de la Nation entière, le Chef de l’Etat assure, à notre équipe nationale, les Léopards, son indéfectible soutien. Il invite toutes les Congolaises et tous les Congolais à exprimer leurs ambassadeurs en vue de les motiver davantage à ramener en terre congolaise le trophée de cette prestigieuse compétition continentale”, soutient le président Joseph Kabila dans un communique de la présidence de la RDC.

Communiqué officiel de la présidence de la RDC, 14 janvier 2017.
Le message est tombé alors que les joueurs affirment dans une vidéo postée vendredi soir sur Facebook qu’ils avaient décidé de boycotter les entraînements pour exiger le paiement de leur prime.
Mais le ministre des sports congolais Willy Bakonga a, pour sa part, assuré qu’il n’y avait pas interruption d’entraînements.
“Tout a été réglé. Le gouvernement a pris les choses en main. La prime ne constitue plus un problème depuis quelques temps. Les joueurs devraient toucher leur argent avant leur premier match”, a déclaré M. Bakonga.
Sur la vidéo postée sur la toile, les joueurs s’exprimaient tour à tour et regrettaient la situation se répète à chaque compétition.
“Moi, ce que je sais et que les joueurs se sont bien entraînés d’après ce que le coach Florent Ibenge m’a déclaré au téléphone “, a rassuré le ministre.
Les Léopards feront leur entrée en compétition lundi à Oyem, contre les Lions d’Atlas du Maroc.
VOA
-

Deux cents ex-combattants du M23 réfugiés en Ouganda investissent une localité dans l’est de la RDC
-Les autorités congolaises ont annoncé dimanche l’entrée sur le territoire de la République démocratique du Congo de 200 ex-combattants du “Mouvement du 23 mars” (M23), un groupe rebelle défait en 2013, en provenance de l’Ouganda voisin où ils étaient réfugiés.“Deux colonnes d’anciens éléments de la rébellion du M23 ont franchi hier la nuit les frontières en provenance de l’Ouganda investissant le village d’Ishasha”, a annoncé à l’AFP Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais.
“Il y a déjà des affrontements avec les Forces armées de la RDC (FARDC) parce que l’armée congolaise ne laissera personne traverser nos frontières sans autorisation, avec des armes”, a ajouté M. Mende.
Sur son compte Twitter, le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku a lancé l’alerte.
Ishasha est une localité du territoire de Rutsuru située à 155 km au nord-est de Goma, capitale la province déchirée du Nord-Kivu frontière avec l’Ouganda.Le M23 est le dernier mouvement des rébellions à dominante tutsi soutenues par le Rwanda et l’Ouganda dans l’est de la RDC.
Le M23 a été vaincu en novembre 2013 par l’armée congolaise avec l’appui de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) après dix-huit mois de guérilla au Nord-Kivu (est de la RDC).
En décembre 2013 à Nairobi, le M23 et Kinshasa avaient signé des engagements pour, notamment ouvrir la voie au rapatriement de la plupart des combattants de l’ex-rébellion en vue de leur réinsertion dans la vie civile.
Depuis, le mouvement de retour n’a pas été massif. Selon Kinshasa, seuls 193 miliciens sur 1.500 ont été rapatriés d’Ouganda et 13 sont volontairement rentrés du Rwanda sur les quelques centaines qui y étaient hébergés.
Les autorités congolaises accusent régulièrement leurs voisins (le Rwanda et l’Ouganda) d’avoir laissé “ces criminels circuler librement” sur leurs territoires respectifs alors qu’ils devraient être jugés.
-

Quel Gouvernement pour la République démocratique du Congo ?
– ‘‘Que chacun fasse connaître le genre de gouvernement qui commande son respect et ce sera le premier pas pour l’obtenir.’’ La désobéissance civile – Henry David ThoreauPar Joël Asher Lévy-Cohen
Un Gouvernement est, par essence, une ‘‘Équipe’’. Celle-ci a la réputation de travailler, efficacement, sous l’autorité d’un homme-orchestre, sous la supervision d’un chef d’orchestre. Sa charge primordiale consiste, naturellement, à ‘‘mettre en musique’’, à ‘‘mettre en demeure’’ la politique de la Nation. D’ailleurs, cette dernière justifie, à n’en point douter, sa mise en place. En conséquence, cela signifie que sa mission se résume à ‘‘satisfaire les aspirations populaires légitimes sous forme de politiques publiques’’ arrêtées en conseil des ministres et avalisées par la Représentation nationale.
Relativement à la Constitution de la République démocratique du Congo promulguée sous la période de Transition le 18 février 2006, cet homme-orchestre s’avère, bien entendu, le Premier ministre. Ce personnage au plus haut sommet de l’État est, en fait, le chef du Gouvernement et de l’Administration publique.
En réalité, qui dit ‘‘Gouvernement’’, dit fondamentalement ‘‘Équipe’’. Qui dit ‘‘Équipe’’, dit intrinsèquement ‘‘Esprit’’. Donc, avant d’être une ‘‘Institution’’ ou un ‘‘Organe’’ de l’État, un Gouvernement est, par définition, un ‘‘Esprit’’. Celui-ci est caractérisé par la Cohésion de ses membres. C’est-à-dire : l’Osmose ou la Symbiose qui soude, fermente l’Équipe. Celle-ci est moralement, donc mentalement, favorisée par la supervision et la coordination du chef d’orchestre qu’est le Premier ministre.
Toutefois, pour qu’il y ait nécessairement Cohésion, il faut qu’il y ait, impérativement, en amont Adhésion. Dans le contexte administratif d’un pays, ce mot signifie le fait de partager entièrement les objectifs fixés par le Premier ministre et de contribuer par ses actions sur le terrain à les atteindre pour le bien-être de l’État et de la Nation. À ce niveau, qui dit action, dit logiquement et forcément comportement ou attitude. Ce qui renvoie ipso facto à la fameuse notion ou au fameux principe d’Éthique de travail.
En d’autres termes, sans une véritable Adhésion en amont, il n’y a résolument pas de Cohésion. Ce qui veut dire : la notion d’Esprit qui se profile en aval et qui sous-tend, par conséquent, la constitution du Gouvernement, n’existe absolument point. D’où le sens de la trilogie [Gouvernement = ‘‘Équipe’’ + ‘‘Esprit’’ + ‘‘Éthique’’].
Dans le cadre du ‘‘Dialogue politique intercongolais’’ conduit de main de maître, au cours du mois de décembre 2016, par la fameuse Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), il va de soi que la République démocratique du Congo transite par la mise en place d’un véritable Gouvernement d’Union nationale. Pour qu’il y ait, à cet égard, Cohésion gouvernementale, il faut qu’il y ait pratiquement adhésion sans faille des ministres à la vision du Premier ministre. Cette réalité ne peut, moralement et matériellement, se manifester sur le terrain qu’au moyen de la compréhension et de l’interprétation qu’ils ont réellement de leurs mandats administratifs et des objectifs politiques assignés par ledit pacte politique à cette structure gouvernementale.
Dans ce contexte on ne peut plus particulier, pour réussir une meilleure cohésion, il va de soi que l’équipe gouvernementale soit inéluctablement ‘‘restreinte’’. En effet, la réduction de sa grosseur ou l’amincissement de sa taille entraînera qu’elle soit plus soudée, plus efficace et plus productive. En vue de marquer une rupture nettement radicale avec le Mobutisme et le Kabilisme prévaricateurs essentiellement fondés sur l’éclatement artificiel des ministères[i] dans l’optique d’entretenir une élite politique ‘‘vorace’’ et ‘‘contreproductive’’, cette Institution gouvernementale doit comporter tout au moins 15 ministères ou tout au plus 22 départements ministériels.
À cet effet, le Gouvernement d’Union nationale issu des pourparlers intercongolais pilotés par la CENCO doit être un Gouvernement de Salut public parce que sa mission consiste à extirper tous les dangers qui guettent la République démocratie du Congo. Celle-ci doit commencer par la méthode de gestion politique et administrative de la chose publique, laquelle a réellement montré ses limites, ses failles sous les régimes despotiques successifs. Pour ce faire, le slogan politique et administratif de cet organe chargé d’administrer la Collectivité publique au nom et au service de la Nation doit être : ‘‘Rigueur’’, ‘‘Austérité’ et ‘‘Responsabilité’’.
Outre la voie salutaire de la paix et de l’harmonie, de la réconciliation nationale et de la concorde politique, de la dignité et de la justice sociale, de la démocratie et de la liberté, du développement économique de la Collectivité publique et du progrès social du Citoyen, ce Gouvernement de Salut public, d’ailleurs essentiellement composé de ‘‘techniciens’’ chevronnés et non de ‘‘politiques’’, se doit, inexorablement, d’engager la République démocratique du Congo à abolir immédiatement la ‘‘potence’’. Ce qui constituerait, à coup sûr, un grand pas vers la modernité ambiante.
Quelques exemples de regroupement des ministères eu égard à leurs mandats publics et administratifs :
- Sécurité publique, Administration du Territoire & Décentralisation
- Population & Identification nationale, Affaires coutumières, Immigration & Citoyenneté
- Affaires étrangères, Coopération internationale, Intégration régionale & Commerce extérieur
- Justice, Droits humains & Réformes démocratiques
- Défense nationale & Anciens combattants
- Éducation nationale, Jeunesse, Sports & Loisirs
- Industrie, Innovation technologique, Entreprises & Formation professionnelle
- Environnement, Eaux & Forêts, Agriculture & Pêche
- Économie & Finances, Budget & Plan
- Logement, Habitat & Urbanisme
- Développement & Infrastructures (Bâtiments & Travaux publics)
- Transports & Communications, Poste & Télécommunications
- Culture & Tourisme, Arts & Artisanat (porte-parole du Gouvernement)
- Fonction publique, Emploi & Prévoyance sociale, Famille & Solidarité nationale
- Santé & Hygiène publique, Action humanitaire & Services sociaux
- Énergie, Mines et Hydrocarbures
[i] Le gonflement pléthorique du personnel politique et gouvernemental. Le grossissement éléphantesque de la taille du Gouvernement.



