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  • L’affaire des minerais bruts de l’ex-Katanga s’enlise

    L’affaire des minerais bruts de l’ex-Katanga s’enlise

    Extraction of rock for the enrichment of chrysotile at the Bazenovsky quarry deposit of chrysotile asbestos, Ural Mining and Processing Plant. Chrysotile asbestos is a safe kind of asbestos.

    -Début janvier 2016, vingt-deux camions avaient été saisis avec des minerais bruts au poste frontière de Kasumbalesa, en partance vers l’Afrique du Sud. Des responsables du centre d’évaluation avaient évalué la cargaison à plusieurs millions de dollars. Des fortes amendes de l’ordre de plus de trente millions de dollars avaient été imposées aux coupables. Une année après, qu’en est-il de cette affaire ?

    Les témoins ont peur, l’affaire s’enlise, le minerai saisi a été volé. Et certaines personnes parmi celles qui avaient été impliquées dans cette affaire sont libres. Bien que reconnus coupables et condamnés, ces gens parmi lesquels se trouvent des membres des services de sécurité n’ont pas eu à purger la totalité de leurs peines.

    Au centre d’expertise des matières précieuses, à Kinshasa, on se plaint du manque à gagner : la vente aux enchères des produits saisis n’a pas encore eu lieu que des sources dénoncent le vol au jour le jour du minerai consigné dans les installations de la Gécamines à Lubumbashi. Et les agents à la frontière qui avaient dénoncé la fraude estiment que leur vie est désormais en danger et aucune prime ne leur a été allouée.

    C’est en effet début janvier 2016 que 22 camions chargés de minerais, environ 12 tonnes, avaient été saisis à Kasumbalesa, à la frontière avec la Zambie. En provenance de la province du Lualaba (ex-Katanga), la cargaison était couverte par des documents officiels délivrés par les services des mines. Mais, avant de passer de l’autre côté de la frontière, un agent trop curieux découvre que c’est du minerai brut qui allait être exporté. Ce qui est interdit par la loi.

    Contacté au téléphone, Pascal Nyembo, responsable du centre d’expertise des matières précieuses, a annoncé l’envoi imminent sur place d’une équipe pour s’enquérir de cette situation qui, selon lui, fait perdre à l’Etat congolais d’importantes sommes d’argent et risque de démobiliser les agents consciencieux.

    RFI

  • Le Rassemblement propose Félix Tshisekedi comme Premier ministre en RDC

    Le Rassemblement propose Félix Tshisekedi comme Premier ministre en RDC

    -Le Rassemblement des forces acquises au changement, plate-forme réunie autour de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, a déposé auprès de la Cenco (Conférence épiscopale nationale des évêques du Congo) sa proposition sur la mise en application de l’accord du 31 décembre.

    Félix Tshisekedi, fils du leader de la principale coalition d’opposition, est proposé pour être le Premier ministre, selon le document du Rassemblement.

    “Nous venons de proposer l’honorable Félix Tshisekedi Tshilombo… La tendance générale et essentielle s’est dégagée autour de lui au sein du Rassemblement “, a déclaré sur VOA Afrique Lisanga Bonganga un des sages de la coalition.  

    Car au terme de l’accord signé le 31 décembre en vue de résoudre la crise née de la non-tenue des élections, Etienne Tshisekedi a déjà été désigné comme président du Conseil de suivi de la transition, organe chargé de veiller au respect des closes jusqu’aux élections prévues pour décembre 2017.

    Le président Joseph Kabila, lui, restera à son poste.

    La majorité présidentielle ne s’est pas encore prononcée sur la désignation de Félix Tshisekedi mais a simplement déposé sa proposition des critères pour ce poste. Selon elle, le candidat Premier devrait être “diplomate, patriote et crédible ; compétent, d’une forte personnalité et rassembleur ; avoir une connaissance de grandes questions liées aux dossiers importants du pays et avoir une expertise de gestion suffisante des affaires publiques ou équivalents, et intègre, de probité morale approuvée”, indique le document remis que la majorité présidentielle a remis aux évêques.

    Pour le Front pour le respect de la transition, une autre coalition majeure de l’opposition, dont le Mouvement pour la libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba est le parti-phare, un sérieux problème d’éthique se pose dans la désignation faite par le Rassemblement.

    “On ne peut être juge et parti en même temps. Comment peut-on avoir un fils qui gère la transition et son père qui le contrôle”, se plaint Mme Eve Bazaiba, chef de file du Front.

    Pour sa part, le Rassemblement justifie le choix de Félix Tshisekedi par le fait qu’il remplit les critères posés même par la majorité.

    “Et le choix d’Etienne Tshisekdi à la tête du Conseil de suivi de la transition a été sans conteste car tout le monde reconnait le rôle que celui-ci a joué dans la lutte pour la démocratie dans ce pays”, a argué M. Lisanga.

    Selon lui, “la question que pose le Front sera résolue car, dans la charpente proposée par le Rassemblement, il est prévu qu’Etienne soit entouré de trois vice-présidents qui pourraient bien être Eve Bazaiba du Front, Vital Kamerhe chef de file de l’opposition signataire du compromis politique obtenu sous la facilitation d’Edem Kodjo ainsi que le candidat de la majorité”.

    Le Rassemblement a quasiment proposé une structure similaire, consensuelle, pour gouvernement aussi.

    Pendant ce temps, le Premier ministre en place Samy Badibanga, nommé pendant que le pays était sous tension, à quelques heures de la fin du dernier mandat, reste ferme dans sa position, refusant de signer l’accord conclu sous la médiation de la Cenco.

    “L’accord du 31 décembre semble être conçu pour l’exclusive satisfaction de la composante Rassemblement dans la gestion des Institutions remaniées ou créées à l’issue de ces dialogues”, a-t-il écrit dans une lettre adressée à la médiation.

    La Cenco a, quant à elle, annoncé que les travaux sur l’arrangement particulier de la mise en œuvre de l’accord reprennent mercredi. Elle estime parvenir assez rapidement à un consensus car même le Front a déposé sa proposition.

  • Audio-Rassemblement: Discussion et vigilance autour de la primature en RDC

    Audio-Rassemblement: Discussion et vigilance autour de la primature en RDC

    G7 – plateforme de ceux qui ont quitté la majorité présidentielle – estime qu’il n’y a pas de dissensions au sein du Rassemblement de l’opposition ni de guerres d’ego pour savoir qui occupera le poste de Premier ministre qui semble promis à Félix Tshisekedi, de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

    Pierre Lumbi:

    “Il n’y a ni guerre, ni mésentente sur la primature. […] Lorsque nous, le G7, disons que nous faisons confiance à l’UDPS, cela ne veut pas dire que nous allons accepter n’importe quelle personne qu’on va nous donner. ”

     

    RFI

  • Mise en œuvre de l’Accord issu du dialogue: L’arrangement particulier en gestation

    Mise en œuvre de l’Accord issu du dialogue: L’arrangement particulier en gestation

    Des évêques membres de la CENCO lors d’une conférence de presse le 02/12/2016 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

    -Au menu : le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral, les 28 membres devant composer cette structure et la composition du Gouvernement d’union nationale

    D’après des sources proches de la Conférence épiscopale nationale du Congo, un nouveau chapitre est ouvert dans le processus de règlement définitif de la crise de légitimité qui déchire le pays depuis plus d’une décennie. Il s’agit, on s’en doutait, de l’élaboration consensuelle de l’arrangement particulier devant accompagner l’accord issu du dialogue politique inclusif dans la mise en œuvre de son contenu.

    Des informations obtenues par recoupements successifs avant la mise en forme de notre présente livraison indiquent que la Majorité présidentielle avait sollicité un délai pouvant lui  permettre d’élaborer ses propositions en rapport avec ce document important, tandis que le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement a affirmé être t déjà prêt avec les siennes depuis bien longtemps.

    A en croire les mêmes sources, des cogitations entre la Majorité présidentielle, le Rassemblement et la société civile sur le sujet ont démarré jeudi dernier en aparté au siège habituel de réunions de la CENCO. Et les travaux d’harmonisation des propositions faites par les délégués de deux plateformes politiques et la société civile commenceront sans tarder. Mais il reste à savoir sur quoi portera l’arrangement particulier dont on parle tant depuis la publication de l’Accord issu du dialogue politique inclusif conduit par la CENCO.

    Selon Christophe Lutundula, l’une de figures de proue du Rassemblement cité par l’Agence Chine Nouvelle, l’arrangement particulier dont il est question portera essentiellement sur la composition du Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral, (CNSAP), le mode de désignation de 28 membres de cette structure et de la composition du gouvernement d’Union Nationale de Transition (GUNT).

    Il y a lieu de rappeler ici que selon les termes dudit Accord, le CNSAP doit être présidé par le leader de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), Etienne Tshisekedi, président du comité de sages du Rassemblement. Celui-ci pourrait être secondé par d’autres personnalités issues des plateformes politiques de la Majorité présidentielle, de la société civile ainsi que d’autres partis se réclamant de l’opposition.

    Toujours dans la perspective de l’élaboration de l’arrangement particulier actuellement en gestation, on apprend Joseph Kabila s’est personnellement impliqué dans la démarche en encourageant la CENCO d’aller jusqu’au bout de ses bons offices actuels et à venir au profit de la RDC et de son peuple.

    Il y a donc  lieu d’espérer que rien ne viendra arrêter la marche vers l’alternance au pouvoir en RDC, afin de consolider la démocratie dans ce pays et en Afrique. N’en déplaise aux agitations orchestrées par les forces du statu quo manifestement déterminées à perpétuer la crise multiforme actuelle pour des raisons inavouées!

    Par Bamporiki Chamira

  • Eve Bazaiba: Le FRC et allies exigent le contrôle de la transition avant de signer l’accord

    Eve Bazaiba: Le FRC et allies exigent le contrôle de la transition avant de signer l’accord

    -Le Front pour le respect de la Constitution (FRC), plate-forme d’opposition dont le parti-phare est le Mouvement pour la libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, exige de gérer l’organe de contrôle de la transition confié par l’accord politique à l’opposant historique Etienne Tshisekedi. Il se dit prêt à signer l’accord pour la gestion de la transition dès que cette revendication trouvera satisfaction, selon Eve Bazaiba, chef de file du FRC et secrétaire général du MLC que VOA Afrique a interviewée.

    “Aujourd’hui même, cette nuit, si la solution est trouvée, nous appelons la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) et nous allons signer”, affirme sur VOA Afrique Mme Bazaiba. Elle dément l’information relayée jeudi annonçant que sa plate-forme est en voie d’apposer sa signature sur l’accord.

    Les discussions sont en cours entre les différentes parties sur la question. Les évêques catholiques, médiateurs du dialogue dont l’accord est l’émanation, ont rencontré le MLC et le Rassemblement, famille politique de Tshisekedi.

    “Notre revendication, c’est de vouloir jouer un rôle important et efficient au niveau du comité de suivi. Et nous avons dit qu’il n’était pas question de laisser ceux qui gèrent, à l’exécutif, gérer aussi le comité de contrôle (de la transition). On ne peut à la fois être juge et parties”, explique Mme Bazaiba.

    Selon elle, les évêques et les amis du Rassemblement ont compris cette position et il ne reste plus qu’à trouver une solution.

    “Nous ne voulons pas qu’au terme de 2017 on se retrouve en face de mêmes problèmes avec la non-organisation des élections. Nous voulons être rassurés des garanties, des garde-fous de la mise en œuvre de cet accord… Est-ce normal de laisser ceux qui vont cogérer la transition pouvoir s’autocontrôler? Nous voulons déjà dès le démarrage (de la transition) fixer les choses, Voilà pourquoi nous revendiquons”, martèle-t-elle.

    Le FRC dénonce en fait le déséquilibre de l’accord qui accorde la gestion du comité de suivi de la transition à Etienne Tshisekedi et la direction du gouvernement de transition au Rassemblement, plate-forme à la tête de laquelle se retrouve ce dernier.

    Pour le FRC, le Rassemblement serait “juge et parti”. “Ils ont un choix à faire”.

    La majorité au pouvoir a exploité le refus de signer du FRC pour émettre une réserve à la mise en application de l’accord et brandir même la menace d’un référendum s’il n’y avait toujours pas plus d’”inclusivité”.

    Mais le RFC a dénié au pouvoir le droit de parler en son nom et tenter de violer l’accord.

    “La non-signature par le Front (de l’accord politique du 31 décembre) n’est pas un problème. Il ne faut que la majorité prenne notre position comme un prétexte pour ne pas appliquer cet accord qui est notre enfant à nous tous”, tranche Mem Bazaiba.

    L’accord vise à résoudre la crise née de la non-tenue des élections avant le délai constitutionnel du 19 décembre. Il permet au président Joseph Kabila de rester au pouvoir jusqu’en décembre 2017, nouvelle date des élections. M. Kabila n’a plus le droit de briguer un nouveau mandat pour en avoir déjà assumé plus de deux.

    L’accord confie en revenche le gouvernement au Rassemblement et la contrôle de la transition à Etienne Tshsiekedi.

  • Zoé Kabila: Les Kabila ne sont pas prêts à abandonner le pouvoir à n’importe qui

    Zoé Kabila: Les Kabila ne sont pas prêts à abandonner le pouvoir à n’importe qui

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    -Depuis 2003, la famille Kabila a mis en place un empire qui couvre un nombre considérable de domaines, selon une enquête de “Bloomberg”. Cette emprise très rémunératrice sur l’économie du pays expliquerait les réticences du président à quitter le pouvoir, estime l’agence.

    D’un Kabila, l’autre… Il y a eu Laurent-Désiré, le père, maquisard, chef rebelle qui a conquis la République avant d’être assassiné dans son palais. Il y a Joseph, le fils aîné, qui a succédé au Mzee (le « vieux », en swahili, surnom donné au père). Dans le sillage de Joseph, il y a Jaynet, la sœur jumelle, et Zoé, l’un des cadets de cette famille nombreuse dont le point commun est un goût prononcé pour la discrétion. De longs mois ont été nécessaires, par l’entremise de certains de ses proches et via les réseaux sociaux, pour convaincre Zoé Kabila Mwanza Mbala, 37 ans, d’ouvrir ses portes à Jeune Afrique.

    « Pour un échange, pas une interview », s’est-il empressé de préciser en message privé sur Twitter, car il « déteste » l’exercice. Il se méfie de la presse, qui « ne rapporte que des mensonges sur lui », tente de justifier l’un des collaborateurs de celui qui traîne une réputation d’enfant terrible. Peu bavard mais soucieux que personne n’oublie de qui il est le fils, et de qui il est le frère…

    Préparation du dialogue national

    Député du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, principale formation politique de la coalition au pouvoir), l’élu de Manono, dans l’ex-Katanga, province natale du Mzee, n’a jamais pris la parole lors des débats au sein de l’hémicycle, en cinq ans de législature.

    Sous le ciel brumeux de Kinshasa, l’imposant portail de l’avenue Likasi s’ouvre sur le bâtiment qui abrite ses bureaux. Deux agents de sécurité en civil escortent les visiteurs jusqu’au premier étage. Apparaît alors le maître des lieux dans un cadre minimaliste. Tiré à quatre épingles mais décontracté, le regard braqué sur son iPad, celui qui se définit d’abord comme un businessman a des airs de CEO tout droit sorti de la Silicon Valley.

    Le 23 juillet, l’un de ses grands projets a été inauguré à Muanda, dans le Kongo-Central (Ouest). Le président est venu personnellement couper le ruban de La Beviour, un luxueux complexe hôtelier construit sur 7 ha, le long de la rivière Tonde. Un site pressenti pour accueillir le « dialogue national inclusif » préconisé par le chef de l’État. « Dans l’histoire, plusieurs accords de paix ont été conclus dans des stations balnéaires, pourquoi La Beviour ne serait-elle pas le lieu de la réconciliation des Congolais ? » interroge Hippolyte Nyembo, un collaborateur de Zoé.

    Patriote

    Problème : l’opposition boude toujours ces pourparlers, multipliant les conditions de son éventuelle participation au scrutin présidentiel qui aurait dû se tenir en novembre (une nouvelle date doit être définie prochainement).

    Les Kabila ne sont pas prêts à abandonner le pouvoir à n’importe qui

    Elle craint surtout que ces assises ne soient qu’un stratagème de la majorité présidentielle pour maintenir Joseph Kabila au-delà de son second mandat, le dernier, théoriquement, en l’état actuel d’une Constitution qui lui interdit d’en briguer un nouveau. Qu’en pense le frère du président sortant ? Celui qui participe « quelquefois » à des réunions informelles au sommet de l’État soutient, dans un parfait swahili teinté d’un accent anglophone, que son aîné n’a nullement l’intention de s’éterniser à son poste, mais aussi que les Kabila ne sont « pas prêts à abandonner le pouvoir à n’importe qui ».

    « Notre père a versé son sang pour ce pays, renchérit-il. Lorsque nous étions enfants, il nous répétait que c’était nous qui allions reconstruire la RD Congo. » Si au 19 décembre, date officielle de la fin du mandat de Joseph Kabila, le scrutin présidentiel n’a pas eu lieu, « le président restera en fonction, comme l’a rappelé la Cour constitutionnelle », souligne-t-il d’un ton déterminé.

    Né en exil, Zoé ne cesse de rappeler son « attachement infaillible à [sa] patrie ». « Enfant, je ne savais même pas que j’étais congolais. C’est mon père qui nous parlait souvent de la RD Congo, de l’amour que nous devions porter chaque jour à l’égard de ce grand pays », poursuit, un brin nostalgique, l’enfant du Mzee. « Avec ses frères et sœurs, il a été élevé dans le respect de la Bible, mais aussi des pères de l’indépendance », raconte l’ambassadeur honoraire Théodore Mugalu, chef de la Maison civile du chef de l’État.

    Zoé est ensuite envoyé en Afrique du Sud pour y poursuivre ses études. « C’est aussi parce que, comme tous les enfants de Laurent-Désiré Kabila, il était recherché par les services secrets zaïrois », croit savoir Mugalu.

    Cette parenthèse scolaire, loin du Zaïre (nom de la RD Congo sous Mobutu, de 1971 à 1997) couronnée par un bachelor en gestion, affirme Zoé, ne lui permet pas d’accompagner son père et son grand frère dans la lutte armée contre le régime de Mobutu. Une fois ce dernier vaincu, en 1997, Zoé rejoint sa famille de temps en temps pendant les vacances. Il ne s’installe définitivement qu’en 2001, au lendemain de l’assassinat de son père.

     

    Homme d’affaires aux multiples facettes

    À ceux qui menacent la fratrie de « sanctions ciblées » (gel des avoirs, interdiction de quitter le territoire), le cadet réplique sans ambages : « Où croient-ils qu’on irait ? Nous n’avons ni comptes ni résidences à l’étranger. L’Europe ? Je n’y vais qu’une fois par an, et encore », dit-il. Avant de balayer du revers de la main les « Panama Papers », ces montages offshore révélés en avril par des médias occidentaux, qui avaient cité « Dada », la grande sœur.

    Dans l’ombre de son frère président, Zoé s’intéresse d’abord au business et fait prospérer ses affaires. « Il a acquis rapidement des actions dans des entreprises minières, de transport, et dans des sociétés financières », rapporte une source diplomatique occidentale à Kinshasa.

    « Il était déjà dans le commerce depuis des années, notamment dans l’immobilier, quand il pose ses valises à Kinshasa », précise Mugalu à ceux qui s’interrogent sur l’origine de sa fortune. Et de poursuivre : « Contrairement aux fils de Mobutu et à ceux des autres dignitaires de l’ancien régime qui ont dilapidé leur argent, les enfants de Kabila ont suivi à la lettre ce que leur père leur recommandait : “Prenez-vous en charge.” »

    Marié et père de deux enfants, un garçon et une fille, Zoé Kabila est également à la tête du complexe sportif Shark Club et du club Shark XI FC. « Mon équipe de football a récemment débauché deux joueurs du TP Mazembe », se félicite-t-il, amusé, tandis que les rapports sont à couteaux tirés entre son frère et Moïse Katumbi, le propriétaire du célèbre club lushois. Ce dernier, ancien gouverneur de l’ex-Katanga, passé dans l’opposition en septembre 2015 après avoir claqué la porte du PPRD, est même perçu aujourd’hui comme le rival le plus sérieux du camp Kabila. « C’était un frère », reconnaît Zoé Kabila avant de se lancer dans une diatribe contre la classe politique congolaise.

    La plupart de ses acteurs ne seraient animés, selon lui, que par un « esprit opportuniste » et des « intérêts égoïstes ». Des pics adressés surtout à des politiciens de la partie ouest du pays. Lui affirme qu’il ne « partage pas les mêmes valeurs » qu’eux et qu’il n’est « pas évident de leur faire confiance. » Mais « on fait du feu avec le bois qu’on a », tranche finalement le cadet, qui dit s’appuyer sur la jeunesse.

    Des associations des « amis de Zoé Kabila » (Azoka) fleurissent ces derniers mois un peu partout à Kinshasa et dans l’ex-Katanga. Surtout dans le Tanganyika, sa province d’origine, qu’il aimerait un jour diriger. « Il voulait se présenter lors de la dernière élection des gouverneurs dans les nouvelles provinces, mais il n’a pas eu le soutien de son frère », explique un cadre de la MP. Tapi dans l’ombre, Zoé « n’a pas abandonné cette ambition », conclut-il.  Trésor Kibangula, envoyé spécial à Kinshasa.

    J.A

  • La majorité présidentielle pose des conditions avant d’appliquer l’accord

    La majorité présidentielle pose des conditions avant d’appliquer l’accord

    -Parmi ces conditions, la Majorité présidentielle en République démocratique du Congo tient, selon son secrétaire général Aubin Minaku, à la reconduction du mandat de la médiation des évêques par le président Joseph Kabila.

    Les évêques avaient invité mardi la majorité et l’opposition à déposer mercredi des propositions écrites sur les modalités de désignation du Premier ministre, des membres du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSAP), la taille du gouvernement, le partage des rôles pendant la transition jusqu’à l’élection du successeur de M. Kabila, selon l’abbé Donatien Nshole, porte-parole de l’épiscopat congolais.

    Pour sa part, la coalition au pouvoir a conditionné sa participation aux négociations sur les modalités et le calendrier d’application de l’accord de cogestion du pays à la reconduction du mandat de la médiation des évêques par le président Joseph Kabila.

    “Les évêques doivent d’abord présenter le rapport (au sujet de l’accord, ndlr) au président de la République et celui-ci devra reconfirmer dans son pouvoir discrétionnaire le mandat des évêques et le préciser pour la suite”, a déclaré Aubin Minaku, secrétaire général de la Majorité présidentielle (MP) etprésident de l’Assemblée nationale.

    “Avant cette étape capitale sur le plan formel sur les prérogatives du président de la République, la MP ne saura poser un acte quelconque”, a précisé M. Minaku, indiquant que “c’est le moment de respecter les prérogatives du président de la République, la Constitution et les institutions” de la RDC.

    Dans la journée, la MP avait réuni sa direction politique en vue de suivre le rapport de ses délégués aux négociations menées par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) qui a entériné la décision autorisant M. Kabila à demeurer à la tête du pays jusqu’à l’élection de son successeur.

    Un communiqué produit a l’issue de la réunion de la majorité indique que celle-ci salue l’accord conclu le 31 décembre avec l’opposition sous la médiation des évêques, mais exige une “inclusivité large”.

    “La MP encourage la poursuite des efforts et contacts en direction desdites forces pour un inclusivité globale”, précise le communiqué.

    La majorité et l’opposition sont parvenues in extremis samedi à trouver un terrain d’entente après quinze jours de négociations, présentées comme de la dernière chance, sous l’égide de la Cenco.

    Le compromis passé prévoit que M. Kabila, dont le mandat s’est achevé le 20 décembre et à qui la Constitution interdit de se représenter, restera en place pour une année supplémentaire.

    En contrepartie, l’opposition doit diriger un gouvernement de transition jusqu’aux nouvelles élections prévues fin 2017 et un conseil de supervision sera chargé de veiller au respect de l’accord.

    Communiqué de la majorité présidentielle de la RDC, 3 décembre 2017

    Communiqué de la majorité présidentielle de la RDC, 3 décembre 2017

    La RDC n’a jamais connu de transition pacifique du pouvoir depuis son indépendance de la Belgique en 1960.

    Un des principaux opposants au régime a immédiatement protesté contre toute velléité de sabotage du compromis qui permet au président Kabila de rester en fonction jusqu’à l’élection, à la fin de l’année, de son successeur mais lui interdit de se représenter.

    “Nul retard volontaire, nul subterfuge, nul blocage ne seront tolérés” dans l’application de l’accord, a écrit dans un communiqué l’opposant en exil Moïse Katumbi.

     M. Katumbi, ex-gouverneur de la province minière du Katanga (sud-est) et candidat déclaré à la prochaine présidentielle a été condamné à trois ans de prison dans une affaire immobilière. Il est aussi menacé par un autre procès pour “recrutement de mercenaires”.

    Ex-allié de M. Kabila, M. Katumbi est passé à l’opposition en septembre 2015 et est officiellement à l’étranger pour suivre des soins médicaux.

    – ‘Sauvegarder les acquis’ –

    Dans un communiqué publié mardi, la secrétaire générale l’Organisation internationale de la Francophonie Michaëlle Jean “encourage tous les acteurs congolais (…) à tout mettre en oeuvre pour sauvegarder les acquis de cet accord et s’engager résolument en faveur d’une transition politique pacifique et démocratique”.

    Mme Jean a salué un accord qui “fixe un cadre politique de sortie de crise”.

    Cet accord négocié pendant deux semaines a permis d’éviter une possible explosion de violences après que M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, se fut maintenu après la fin de son mandat le 20 décembre. La Constitution lui interdit de se représenter mais la présidentielle qui devait avoir lieu fin 2016 avait été repoussé sine die.

    Selon le compromis, l’opposition doit diriger un gouvernement de transition jusqu’aux nouvelles élections prévues fin 2017 et un conseil de supervision sera chargé de veiller au respect de l’accord.

    voa

  • Abandon des poursuites judiciaires contre des opposants en RDC mais pas pour Katumbi

    Abandon des poursuites judiciaires contre des opposants en RDC mais pas pour Katumbi

    -Les poursuites judiciaires contre quatre opposants au régime du président Joseph Kabila ont été abandonnées, annonce Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, suivant l’accord signé le 31 décembre dernier entre le pouvoir et la majorité de l’opposition pour résoudre la crise créée par la non-organisation des élections en 2016.

    Quatre opposants accusés de collusion avec des mouvements insurrectionnels ou d’incitation à la rébellion et à la haine, bénéficient, selon M. Mende, de l’abandon des actions en justice à leur encontre.

    Parmi eux, Roger Lumbala, Mbusa Nyamwisi, Moïse Monidela et Floribert Anzulini, l’un des meneurs du mouvement citoyen Filimbi opposé au maintien du président Joseph Kabila au pouvoir à la fin de son dernier mandat constitutionnel, le 18 décembre dernier.

    Une commission ad hoc a été mise sur pied sur décision du parquet instruit par le ministre de la justice au terme du dialogue facilité par les évêques catholiques. L’accord issu du dialogue propose une gestion consensuelle jusqu’à la nouvelle date des élections fixée pour décembre 2017.

    « Ils (les opposants dont les poursuites sont abandonnées) peuvent donc revenir en RDC en vertu de la décision du parquet », déclare M. Mende.

    L’accord signé au terme de ce dialogue recommandait entre autres l’abandon des poursuites des opposants pour décrisper le climat politique. Sept noms qualifiés « d’emblématiques » étaient particulièrement concernés dont celui de l’ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga, Moïse Katumbi, poursuivi après s’être annoncé comme candidat à la présidentielle.

    « Toutes les poursuites abandonnées sont des cas dans lesquels l’Etat a subi un préjudice. Mais pour le cas de Moise Katumbi et de Muyambo, vous avez des problèmes avec des privés, des problèmes d’escroquerie, de spoliation des biens privés. Quand c’est de privé, le parquet a besoin de plus de temps », indique M. Mende.

    L’abandon des poursuites a été parmi les points qui ont tiré en longueur les débats du dialogue avant qu’un compromis ne soit trouvé. Mais son application continue à poser des problèmes.

    Pour M. Mende, certains cas présentés posent un problème de conscience.

    Le porte-parole du gouvernement évoque parmi ceux-ci celui de l’opposant Eugene Diomi Ndongala accusé pour viol, crime imprescriptible selon la loi congolaise.