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  • Ne Muanda Nsemi a ete transfĂ©rĂ© au Centre Neuro-Psychiatrique (CNPP) de Kinshasa avec  sa conjointe

    Ne Muanda Nsemi a ete transféré au Centre Neuro-Psychiatrique (CNPP) de Kinshasa avec sa conjointe

    -Ne Muanda Nsemi ,le chef spitituel de la secte Bundu dia Kongo a Ă©tĂ© conduit samedi 25 avril, avec sa conjointe, au Centre neuro-psychopathologique (CNPP) de Kinshasa pour des examens appropriĂ©s. Le parquet s’est adressĂ© Ă  cet Ă©tablissement spĂ©cialisĂ© pour se rassurer de son Ă©tat psychologique et mental. Ne Muanda Nsemi a passĂ© la nuit de vendredi Ă  samedi au commissariat provincial de la police de Kinshasa, aprĂšs avoir reçu des soins Ă  la clinique de Ngaliema dĂšs les premiers moments de son arrestation.

    168 adeptes du gourou ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s lors de l’assaut contre sa rĂ©sidence, selon les autoritĂ©s.

    Ex-professeur de chimie, Ne Muanda Nsemi s’était autoproclamĂ© le 4 janvier prĂ©sident de la RDC au bĂ©nĂ©fice, selon lui d’un « coup d’État divin », entre autres Ă©lucubrations.

    L’ex-dĂ©putĂ© Zacharie Badiengila alias Ne Muanda Nsemi, leader du mouvement sĂ©paratiste Bundu Dia Kongo (BDK), a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© vendredi lors d’un assaut contre sa rĂ©sidence qui a fait au moins huit morts, selon la police.

    « M. Ne Muanda Nsemi a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© au CNPP (Centre neuro-psychopathologique) sur rĂ©quisition du parquet qui demande Ă  ce centre psychiatrique de dĂ©terminer s’il est en possession de toutes ses capacitĂ©s mentales pour subir un interrogatoire », a dĂ©clarĂ© un officier de la police de Kinshasa.

    « Dans le cas oĂč son Ă©tat nĂ©cessiterait des soins appropriĂ©s, il sera gardĂ© lĂ -bas sous la responsabilitĂ© du parquet », a ajoutĂ© l’officier.

    Avant le transfert de Ne Muanda Nsemi au CNPP, son avocat, Philippe Kibangu, l’a rencontrĂ© samedi matin au commissariat provincial de la police. L’avocat, qui a dĂ©clarĂ© avoir accĂ©dĂ© difficilement aux installations, a affirmĂ© que son client Ă©tait serein, en dĂ©pit d’une plaie Ă  la tĂȘte.

    Le chef spirituel de Bundu-dia-Kongo a Ă©tĂ© blessĂ© vendredi au cours de l’opĂ©ration de police qui a conduit Ă  son arrestation. Le caucus des dĂ©putĂ©s de la province du Kongo Central est, lui, allĂ© prendre langue avec la police.

    Sur instruction du vice-Premier ministre en charge de l’IntĂ©rieur, Gilbert Kankonde, 8 femmes et 3 enfants ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©s samedi soir, annonce le gĂ©nĂ©ral Sylvano Kasongo. Selon cet officier, d’autres personnes, plus d’une centaine, avec des charges lĂ©gĂšres le seront Ă©galement ce dimanche matin.

    Il est prĂ©vu qu’un convoi de bus les accompagne dans leurs lieux de provenance, au Kongo Central. Seuls devront rester en dĂ©tention 45 hommes sur qui pĂšsent de lourdes prĂ©somptions. La police affirme avoir trouvĂ© sur eux des armes blanches et des fusils. Ces hommes devront en rĂ©pondre devant la justice. Peut ĂȘtre aux cotĂ©s de Ne Mwanda Nsemi, si ce dernier est reconnu sain d’esprit aprĂšs les examens au CNPP.

     

  • Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom arrĂȘtĂ© Ă  Kinshasa

    Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom arrĂȘtĂ© Ă  Kinshasa

    – Le « gourou » du parti-secte Bundu dia Mayala (ex-Bundu dia Kongo) a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© vendredi par la police, qui encerclait sa maison de Ma Campagne (Binza Pigeon, dans la commune de Ngaliema), Ă  Kinshasa, depuis la veille. Elle entendait ainsi donner une chance Ă  des nĂ©gociatiateurs chargĂ©s de le convaincre de se rendre. En vain. Il a fallu recourir aux tirs pour que celui qui s’était proclamĂ© prĂ©sident du Congo en janvier dernier soit finalement capturĂ©. On ignore combien de blessĂ©s a provoquĂ© l’assaut de la police; il n’aurait pas fait de morts. De nombreux adeptes ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s

    La police congolaise annonce l’arrestation de l’ancien dĂ©putĂ© Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom. Le leader du mouvement polico-religieux Bundu dia Kongo est accusĂ© d’ĂȘtre responsable des violences de ces derniers jours, dans la province du Kongo central. Il Ă©tait retranchĂ© depuis plusieurs jours dans son domicile de Kinshasa.

    Les forces de l’ordre en ont assez des provocations du chef de la secte Bundu dia Kongo, responsables des violences de ces derniers jours dans la province du Kongo central. Depuis mardi soir, la rĂ©sidence de Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom, Ă  Kinshasa, est encerclĂ©e par des policiers. Des nĂ©gociations sont en cours.

    La police congolaise a lancĂ© l’assaut de la rĂ©sidence de Ne Muanda Nsemi ce vendredi matin. Ces derniĂšres heures, il y a eu des nĂ©gociations, mais elle n’ont pas abouti et ont Ă©tĂ© particuliĂšrement laborieuses. Devant l’échec des discussions, la police a donc dĂ©cidĂ© de passer Ă  l’action avec des tirs de gaz lacrymogĂšnes.

    Des fidĂšles de la secte Bundu dia Kongo se sont alors rendus aux forces de l’ordre. RetranchĂ© Ă  l’intĂ©rieur de la maison, le chef du mouvement politico-religieux a Ă©tĂ© rĂ©cupĂ©rĂ© par les Ă©lĂ©ments des forces de l’ordre. L’homme aurait Ă©tĂ© blessĂ© Ă  la tĂȘte par un coup de crosse qui lui aurait Ă©tĂ© assĂ©nĂ© par l’un des policiers. Il a Ă©tĂ© conduit Ă  la clinique Ngaliema.

    La police n’a pas encore donnĂ© de bilan. Elle promet de le donner dans les heures qui viennent.

    L’Asadho (Association africaine de dĂ©fense des droits de l’Homme) a, dans un tweet, de son dirigeant Jean-Claude Katende, condamnĂ© « le pillage des biens de Ne Mwanda Nsemi par certains policiers et particuliers lors de son arrestation

  • Kigali mĂšne-t-elle une guerre secrĂšte en RDC?

    Kigali mĂšne-t-elle une guerre secrĂšte en RDC?

    -Depuis plus d’un an, l’armĂ©e rwandaise est soupçonnĂ©e de mener des opĂ©rations en RDC contre des groupes politico-militaires rwandais basĂ©s sur le sol congolais, avec l’accord du gouvernement de Kinshasa. Des partis d’opposition et des organisations de la sociĂ©tĂ© civile rwandais, comme congolais, dĂ©noncent l’impact de ces incursions Ă  rĂ©pĂ©tition sur les populations civiles des deux pays, mais se heurtent au dĂ©menti de Kinshasa et Kigali et au silence de la communautĂ© internationale.

    « Kagame Ă©tait dans tous ses Ă©tats », raconte en octobre 2019 le gĂ©nĂ©ral Delphin Kahimbi, alors chef des renseignements militaires de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC) dans un des restaurants oĂč il avait ses habitudes Ă  Kinshasa. L’entretien dont parle Ă  l’époque l’officier aujourd’hui dĂ©cĂ©dĂ© [Delphin Kahimbi a Ă©tĂ© retrouvĂ© mort fin fĂ©vrier 2020 dans des circonstances mystĂ©rieuses, NDLR] remonte selon lui, au 31 juillet 2018. À quelques jours de la fin du dĂ©pĂŽt des candidatures Ă  la prĂ©sidentielle dans le pays, alors que tous les yeux sont tournĂ©s vers le prĂ©sident Joseph Kabila, au pouvoir depuis 17 ans et soupçonnĂ© de vouloir se maintenir pour un troisiĂšme mandat, She Okitundu, le chef de la diplomatie congolaise, Kalev Mutond, le patron de l’agence nationale des renseignements (ANR) et le gĂ©nĂ©ral Delphin Kahimbi sont photographiĂ©s, alignĂ©s sur un canapĂ© face au chef de l’État rwandais. Le clichĂ© est publiĂ© sur les rĂ©seaux sociaux et suscite bien des spĂ©culations, Paul Kagame ayant Ă©tĂ© rĂ©guliĂšrement accusĂ© de parrainer ou menacer le rĂ©gime de Joseph Kabila, rĂŽle qu’il avait dĂ©jĂ  jouĂ© auprĂšs de son pĂšre et prĂ©dĂ©cesseur, Laurent-DĂ©sirĂ© Kabila.

    Officiellement, les trois hauts responsables sont venus transmettre un message du prĂ©sident congolais Ă  son homologue rwandais. Paul Kagame est gĂ©nĂ©ralement bref dans ses Ă©changes avec ses voisins, mais cette fois, les Ă©missaires de Joseph Kabila vont rester plus de deux heures en sa compagnie. « Il fallait le voir, Kagame n’arrĂȘtait pas de parler de la situation rĂ©gionale, RNC, FDLR, Ouganda », raconte encore le gĂ©nĂ©ral Kahimbi. Depuis des mois, Kigali alertait ses partenaires sur le rapprochement entre ces deux groupes politico-militaires basĂ©s au Congo -les Forces dĂ©mocratiques de libĂ©ration du Rwanda [FDLR, groupe rebelle hutu rwandais, NDLR] et le Rwanda National Congress [RNC créé par des dissidents du rĂ©gime rwandais, NDLR]- et accusait Kampala de les parrainer. « C’était sans doute son cauchemar, l’alliance de ses anciens alliĂ©s tutsis [le RNC est dirigĂ© par le GĂ©nĂ©ral Kayumba Nyamwasa, ancien chef d’état-major du Rwanda, NDLR] et des hutus de l’ancien rĂ©gime », suppute alors Delphin Kahimbi.

    Le chef de l’État rwandais avait Ă  nouveau exigĂ© des rĂ©sultats et une coopĂ©ration pleine et entiĂšre de son voisin pour Ă©touffer dans l’Ɠuf toute tentative de dĂ©stabilisation dirigĂ©e contre Kigali. À cet instant de l’histoire des deux pays, cette rencontre a impulsĂ© un niveau de coopĂ©ration rarement atteint, estimait le patron des services de renseignements congolais. Un autre participant se souvient de ce trĂšs long entretien : « À la fin, tout le monde Ă©tait vraiment satisfait, et s’est fĂ©licitĂ© pour la sincĂ©ritĂ© des Ă©changes. Paul Kagame avait mĂȘme interpellĂ© le gĂ©nĂ©ral Delphin en l’appelant mon frĂšre Kahimbi en swahili. »

    Des « gages » donnés à Kigali

    La suite de l’histoire va toutefois s’écrire de maniĂšre un peu plus inattendue. Joseph Kabila renonce Ă  un nouveau mandat et se retrouve contraint Ă  s’allier avec le fils de son principal opposant, FĂ©lix Tshisekedi, qui s’installe Ă  la prĂ©sidence. Jeune retraitĂ©, l’ex-prĂ©sident conserve le contrĂŽle des assemblĂ©es, nationale comme provinciales, des forces de sĂ©curitĂ© et se retrouve Ă  la tĂȘte d’une fortune considĂ©rable. Son successeur, lui, sait qu’il va peiner Ă  installer son pouvoir et cherche le soutien de son voisin rwandais. Son parti, l’UDPS, reste hostile au rĂ©gime de son prĂ©dĂ©cesseur, comme Ă  toute rĂ©fĂ©rence au prĂ©sident rwandais. FĂ©lix Tshisekedi lui impose l’un comme l’autre, et va jusqu’à s’afficher en dĂ©cembre dernier main dans la main avec Paul Kagame. Cette alliance, a priori contre-nature, va entraĂźner, selon le Groupe d’études sur le Congo, une pĂ©riode intense d’opĂ©rations de l’armĂ©e rwandaise sur le sol congolais. Le GEC centre de recherche de l’UniversitĂ© de New York relĂšve en effet une dizaine d’incidents en territoire congolais dans lesquels des militaires des deux pays seraient impliquĂ©s, sans que cela ne suscite de rĂ©elles rĂ©actions. « Des opĂ©rations menĂ©es conjointement par Paul Kagame et FĂ©lix Tshisekedi, c’est un double grigri pour l’ONU et la communautĂ© internationale, elles ne veulent toucher ni Ă  l’un ni Ă  l’autre », s’amuse un diplomate africain.

    Ce soir-lĂ  d’octobre 2019, dans l’alcĂŽve d’un restaurant quasi dĂ©sert du centre de Kinshasa, le patron des renseignements militaires congolais Ă©voque par exemple la fermeture de camps de transit FDLR au Nord et au Sud-Kivu comme un gage donnĂ© trois mois aprĂšs sa rencontre avec le chef de l’État rwandais. Sous les yeux de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), en novembre 2018, des centaines de rebelles hutus rwandais dĂ©mobilisĂ©s et des membres de leurs familles sont rapatriĂ©s de force au Rwanda par l’armĂ©e congolaise. Cela faisait quatre ans qu’ils refusaient cette option, rĂ©clamant tour Ă  tour un dialogue politique et leur rĂ©installation dans un pays tiers, sans se voir offrir d’autres alternatives qu’un retour au Rwanda sous le contrĂŽle d’un rĂ©gime qu’ils redoutent et sans garanties de libertĂ© et de sĂ©curitĂ©.

    Delphin Kahimbi a souvent Ă©tĂ© Ă  la manƓuvre contre les rĂ©bellions que le Rwanda Ă©tait accusĂ© de soutenir, comme celle du M23. Longtemps trĂšs critique sur les motivations rĂ©elles du Rwanda Ă  mener des incursions sur le sol congolais, le gĂ©nĂ©ral Kahimbi dit ce soir-lĂ  comprendre la position de Kigali. « Ils veulent en finir dĂ©finitivement avec tous ces groupes terroristes et gĂ©nocidaires », explique-t-il. NĂ©s dans les camps de rĂ©fugiĂ©s aprĂšs le gĂ©nocide de 1994, ces groupes rebelles hutus, mĂ©langes d’officiers des ex-Forces armĂ©es rwandaises (FAR) et d’anciens gĂ©nocidaires Ă  l’origine, sont, plus de 25 ans aprĂšs, majoritairement composĂ©s de natifs du Congo. Ils ont vu leurs effectifs fondre jusqu’à reprĂ©senter Ă  peine plus de 3 000 combattants selon Kigali. « Kagame a choisi la voie du troisiĂšme mandat, il redoute la rĂ©bellion de demain », finit par pointer le gĂ©nĂ©ral Kahimbi.

    Entre deux bouchĂ©es, le chef du renseignement militaire congolais se fĂ©licite des derniers coups portĂ©s Ă  ces groupes armĂ©s Ă©trangers qu’il a Ă©tĂ© longtemps accusĂ© lui-mĂȘme de soutenir. Il se vante d’avoir coordonnĂ© en personne l’arrestation de deux des figures des FDLR, Ignace Nkaka, alias La Forge fils Bazeye, l’emblĂ©matique porte-parole des FDLR, et ThĂ©ophile Abega, chef des renseignements militaires pour le Nord-Kivu, au poste frontalier de Bunagana. « Ils revenaient tous les deux d’Ouganda, on a retrouvĂ© dans leurs affaires la carte de visite d’un ministre ougandais et les contacts des gens de Kayumba. » Toutes ces « preuves » sont fournies Ă  Kigali, les deux hommes sont livrĂ©s. InterpellĂ© sur les entorses au droit international que ces extraditions extrajudiciaires peuvent reprĂ©senter, le patron des renseignements militaires congolais s’emporte : « Ça, c’est bien les Occidentaux. Si on ne coopĂšre pas, on est complices des gĂ©nocidaires. Et quand on coopĂšre avec Kigali, vous nous accusez de ne pas avoir de considĂ©ration pour les droits de l’Homme. Allez dire ça Ă  votre ami Kagame. »

    Jusqu’à sa mort, Delphin Kahimbi s’est refusĂ© Ă  admettre la prĂ©sence de troupes rwandaises sur le sol congolais ou leur influence dans les conflits intercommunautaires qui embrasent les hauts plateaux du Sud-Kivu, comme dans des combats au Nord-Kivu. Tout juste admettait-il que des militaires rwandais avaient pu « intercepter » l’un ou l’autre des chefs militaires rebelles portĂ©s disparus ou assassinĂ©s dans son pays. Le chef des renseignements militaires congolais disait avoir multipliĂ© les voyages pour convaincre les armĂ©es d’Ouganda et du Burundi de rejoindre l’état-major rĂ©gional intĂ©grĂ© souhaitĂ© par le nouveau chef de l’État congolais, FĂ©lix Tshisekedi. Kampala et Bujumbura rechignent Ă  rejoindre cette structure. « Ils voulaient qu’on vienne avaliser les opĂ©rations secrĂštes de Kigali », justifie un officiel burundais. Ce mĂȘme officiel ironise : « On veut nous faire croire que si les chefs rebelles rwandais tombent comme des mouches, c’est dĂ» Ă  la soudaine expertise des commandos FARDC, quand les Rwandais se vantent sur les rĂ©seaux sociaux. »

    En effet, en ce dernier trimestre de l’annĂ©e 2019, plusieurs chefs rebelles hutus sont tuĂ©s, et sur les rĂ©seaux sociaux, des officiels et proches du rĂ©gime de Kigali multiplient les messages de fĂ©licitations aux « vaillantes » Forces armĂ©es de la RDC (FARDC). Les mĂȘmes ne s’étaient pourtant jamais privĂ©s par le passĂ© de les accuser d’ĂȘtre inefficaces ou complices de leurs ennemis. Depuis sa crĂ©ation, le groupe d’experts de l’ONU chargĂ© de contrĂŽler l’embargo avait dĂ©noncĂ© les liens Ă©troits qui unissaient officiers congolais et rebelles hutus rwandais, accusant les premiers de fournir armes et munitions, les seconds de servir de supplĂ©tifs, notamment face aux rĂ©bellions soutenues par Kigali. Mais la donne change aprĂšs la dĂ©faite de la derniĂšre-nĂ©e d’entre elles, le M23, en novembre 2013 : les FDLR et autres groupes hutus rwandais et congolais font l’objet d’opĂ©rations de l’armĂ©e congolaise et d’attaques de groupes armĂ©s hostiles, sur pression du Rwanda et de la communautĂ© internationale. Ils ont perdu du terrain partout, mais jusque-lĂ  trĂšs peu de personnalitĂ©s de premier plan.

    Les « meilleurs connaisseurs » de l’armĂ©e congolaise

    Dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 septembre 2019, le sinistre Sylvestre Mudacumura, chef militaire des FDLR, sous sanctions de l’ONU et poursuivi par la Cour pĂ©nale internationale, est assassinĂ© avec certains de ses proches dans le territoire du Rutshuru, au Nord-Kivu. Cette nouvelle fait sensation tant ce nom avait hantĂ© les forĂȘts du Congo. Une seule photo de son corps circule, bouche ouverte, une cuillĂšre nĂ©gligemment posĂ©e sur son pantalon treillis. Les FDLR accusent Kigali. L’armĂ©e congolaise revendique, elle, cette opĂ©ration. Dans les jours qui ont prĂ©cĂ©dĂ©, des informations circulaient sur la tenue d’une rĂ©union de haut niveau des leaders de la rĂ©bellion hutue rwandaise. « Tout le monde savait qui Ă©tait lĂ , oĂč et quand ils devaient se rencontrer », se souvient une source onusienne. « C’était presque sidĂ©rant, un tel niveau de fuites. »

    Un ancien membre du groupe d’experts de l’ONU se dit lui aussi surpris : « Les FDLR ont toujours Ă©tĂ© les meilleurs connaisseurs de l’armĂ©e congolaise, leurs chefs Ă©taient informĂ©s des attaques et avaient toujours le temps de fuir. » Des reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile congolaise ne cachent pas leur agacement. Depuis plusieurs semaines dĂ©jĂ , ils soupçonnent la prĂ©sence de troupes rwandaises sans parvenir Ă  le prouver. « Les gens de Kagame publient des informations sur les rĂ©seaux sociaux avant mĂȘme que notre armĂ©e ne soit capable de nous confirmer. C’est une maniĂšre de nous moquer », explique l’un d’eux.

    Deux mois plus tard, le 9 novembre 2019, c’est Juvenal Musabyimana, alias Jean-Michel Africa, l’un des chefs historiques du RUD [Rassemblement pour l’unitĂ© et la dĂ©mocratie, groupe dissident des FDLR, NDLR], qui subit le mĂȘme sort. Un ministre rwandais se rĂ©jouit publiquement de voir les FARDC « nettoyer les forĂȘts au karcher ». Kigali fulminait depuis une attaque meurtriĂšre menĂ©e dĂ©but octobre sur son sol, Ă  Kinigi, attribuĂ©e Ă  des combattants RU

    La veille de sa mort, des proches le disaient inquiet et en mouvement. Jean-Michel Africa redoutait mĂȘme d’utiliser son tĂ©lĂ©phone. « Tous les groupes sont infiltrĂ©s, Kigali surveille les communications », expliquait un dissident rwandais. Ce n’est peut-ĂȘtre pas une simple paranoĂŻa. Quelques jours plus tĂŽt, WhatsApp a annoncĂ© poursuivre en justice une sociĂ©tĂ© israĂ©lienne, le Groupe NSO. L’enquĂȘte de l’ONG Citizen Lab, Ă  la fois plateforme citoyenne et centre de recherches de Toronto, avait dĂ©montrĂ© que le logiciel Pegasus de ce groupe permettait, non seulement de placer un tĂ©lĂ©phone sous Ă©coute, mais Ă©galement d’ouvrir son micro ou d’allumer sa camĂ©ra. PrĂšs de 1 400 utilisateurs de cette messagerie instantanĂ©e avaient Ă©tĂ© ciblĂ©s, selon l’ONG, dont des opposants et activistes rwandais en exil, proches de groupes armĂ©s basĂ©s en RDC.

    L’étrange disparition du chanteur rwandais Ben Rutabana

    En cette fin d’annĂ©e 2019, d’autres Ă©vĂ©nements passent plus inaperçus: ceux-lĂ  concernent le Rwanda National Congress. Ce parti avait Ă©tĂ© créé en dĂ©cembre 2010 par des dissidents du prĂ©sident Paul Kagame, parmi lesquels son chef d’état-major, le gĂ©nĂ©ral Kayumba Nyamwasa, son chef des renseignements extĂ©rieurs, le colonel Patrick Karegeya, son directeur de cabinet, ThĂ©ogĂšne Rudasingwa et un ex-procureur gĂ©nĂ©ral du Rwanda, Gerald Gahima. Cette mĂȘme annĂ©e, le gĂ©nĂ©ral Nyamwasa est victime d’une tentative d’assassinat. Deux ans plus tard, le 31 dĂ©cembre 2013, c’est Patrick Karegeya qui succombe, Ă©tranglĂ© dans une chambre d’hĂŽtel de Johannesburg. À l’époque, le prĂ©sident des FDLR, Victor Byiringiro, dĂ©nonce l’assassinat de « ce garçon » qui a « beaucoup fait » pour casser la mĂ©fiance entre anciens ennemis. Tout comme Paul Kagame, Kayumba Nyamwasa est accusĂ© par les rebelles et hommes politiques hutus rwandais d’avoir systĂ©matiquement massacrĂ© combattants et civils hutus au Rwanda, puis pendant les deux guerres du Congo.

    Le 8 septembre 2019, c’est un autre membre influent du RNC qui se volatilise : le chanteur franco-rwandais Ben Rutabana. Il s’était signalĂ© pour la derniĂšre fois ce jour-lĂ  Ă  la frontiĂšre entre l’Ouganda et la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo. Selon un de ses proches, il devait la traverser dĂšs le lendemain et rallier des combattants du RNC rĂ©fugiĂ©s dans le groupement de Binza, sur le sol congolais. « Ben » Ă©tait plus qu’un chanteur populaire. Ancien de l’ArmĂ©e patriotique rwandaise [APR, rĂ©bellion de Paul Kagame, NDLR], il appartient Ă  une des familles tutsies les plus connues du Rwanda. Il est Ă  la fois le beau-frĂšre d’Assinapol Rwigara, financier de la rĂ©bellion de Paul Kagame, mort dans un accident de voiture suspect, et oncle de Diane Rwigara, l’une des derniĂšres opposantes Ă  vivre encore au Rwanda. Cette disparition crĂ©e de vives tensions au sein du RNC. Des proches de Ben Rutabana soupçonnent Kayumba Nyamwasa d’en ĂȘtre responsable et d’avoir demandĂ© Ă  ses alliĂ©s ougandais d’arrĂȘter ce rival. Sur plainte d’une ONG amĂ©ricaine animĂ© par un ressortissant rwandais, un tribunal ougandais demandera mĂȘme aux services de sĂ©curitĂ© ougandais de produire Ben Rutabana, en vain. Pour justifier ses soupçons, l’entourage du chanteur Ă©voque des diffĂ©rends entre les deux hommes et la suspension de Ben Rutabana des instances de direction du RNC, alors mĂȘme qu’il est portĂ© disparu.

    Mais un autre hypothĂšse circule dans l’est du Congo, celle du dernier coup portĂ© au RNC et Ă  sa branche armĂ©e au Sud-Kivu. Cette disparition Ă©meut jusqu’au sein de la communautĂ© banyamulenge [Tutsis congolais, NDLR], de plus en plus hostile au rĂ©gime de Kigali et qui dit se retrouver prise en Ă©tau. Depuis le changement de Constitution au Rwanda en 2015 qui annonçait le troisiĂšme mandat de Paul Kagame, dans le plus grand secret, le RNC est devenu plus qu’un simple parti politique. Il s’est implantĂ© dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, au sein de cette communautĂ© et avec le soutien de certains officiers FARDC, mais connaĂźt depuis plusieurs mois des revers militaires. « Ben Rutabana Ă©tait le chef des opĂ©rations militaires du RNC au Congo, il a Ă©tĂ© tuĂ© comme les autres par un commando des forces spĂ©ciales rwandaises au Nord Kivu », croit savoir un ancien rebelle banyamulenge. « Il devait rejoindre les rescapĂ©s de son groupe armĂ© qui Ă©tait parti de chez nous Ă  Bijombo dans les Hauts Plateaux, ils ont presque tous Ă©tĂ© dĂ©cimĂ©s ou capturĂ©s en juin 2019 dans le Masisi par l’armĂ©e rwandaise. C’était la guerre totale. » Vingt-cinq d’entre eux seront prĂ©sentĂ©s le 2 octobre 2019 devant le tribunal militaire rwandais de Nyamirambo. Officiellement, ils n’ont Ă©tĂ© que « rĂ©cemment » capturĂ©s par l’armĂ©e congolaise et extradĂ©s Ă  Kigali.

  • Lutte contre le Covid-19: 363 millions de dollars de la FMI faveur de la RDC

    Lutte contre le Covid-19: 363 millions de dollars de la FMI faveur de la RDC

    -Le Fonds monĂ©taire international (FMI) a annoncĂ© mercredi le versement d’une aide d’urgence de 363 millions de dollars en faveur de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo pour combattre la pandĂ©mie du coronavirus.

    « La RDC connaĂźt un choc sĂ©vĂšre. A mesure que l’impact Ă©conomique du Covid-19 s’accentue, les perspectives Ă  court terme se dĂ©tĂ©riorent rapidement« , souligne l’institution dans un communiquĂ©, notant en particulier la chute des prix des minĂ©raux, dont les exportations notamment vers la Chine constituent la principale source de revenus du pays.

    « Les autoritĂ©s ont rĂ©agi rapidement, augmentant les dĂ©penses liĂ©es Ă  la santĂ© et dĂ©ployant une sĂ©rie de mesures de confinement » notamment, note-t-elle. Mais ces mĂȘmes mesures ont freinĂ© brutalement l’activitĂ© Ă©conomique du pays.

    « Le dĂ©ficit budgĂ©taire devrait se creuser cette annĂ©e compte tenu de la baisse attendue des recettes publiques et de l’augmentation des besoins de dĂ©penses liĂ©s Ă  la pandĂ©mie« , a commentĂ© Mitsuhiro Furusawa, directeur gĂ©nĂ©ral adjoint du FMI, citĂ© dans le communiquĂ©. L’assistance financiĂšre d’urgence du FMI est accordĂ©e au titre de la facilitĂ© de crĂ©dit rapide.

    Pays riche en minerais (cobalt, cuivre, coltan, or
), la RDC Ă©tait dĂ©jĂ  avant la pandĂ©mie l’un des pays les plus pauvres au monde en termes de revenu moyen par habitant (environ 452 euros par an et par habitant selon des statistiques de la Banque mondiale rĂ©alisĂ©es avant le coronavirus).

    La rĂ©cession mondiale attendue cette annĂ©e, causĂ©e par la pandĂ©mie, est un nouveau coup dur pour la RDC qui luttait dĂ©jĂ  depuis 2018 contre une autre Ă©pidĂ©mie, celle d’Ebola. Ebola a tuĂ© plus de 2.200 personnes dans l’est du pays depuis sa dĂ©claration le 1er aoĂ»t 2018.

  • Selon GEC, L’armĂ©e rwandaise en RDC «constitue une violation de l’embargo sur les armes»

    Selon GEC, L’armĂ©e rwandaise en RDC «constitue une violation de l’embargo sur les armes»

    -Y a-t-il des militaires rwandais qui opĂšrent sur le sol congolais ? La sociĂ©tĂ© civile et des dĂ©putĂ©s du Nord-Kivu dĂ©noncent aujourd’hui ce qu’ils qualifient d’envahissement. Ils en appellent aux chefs d’État de la rĂ©gion et demandent Ă  ce que le mĂ©canisme de vĂ©rification mis en place par la ConfĂ©rence internationale sur la rĂ©gion des Grands Lacs (CIRGL) vienne constater cette prĂ©sence. Le Groupe d’études sur le Congo (GEC) et Human Rights Watch ont rĂ©guliĂšrement signalĂ© Ă  travers leur plateforme de surveillance, Kivu Security Tracker, ces allĂ©gations. Jason Stearns est le directeur du GEC, centre de recherche de l’universitĂ© de New York. Il rĂ©pond aux questions de Sonia Rolley.

    RFI : Avez-vous pu confirmer la présence de militaires rwandais en ce moment sur le sol congolais ?

    Jason Stearns : Nous avons reçu des rapports des diffĂ©rents points focaux que nous avons sur le terrain et de nos interlocuteurs au sein de la sociĂ©tĂ© civile d’une prĂ©sence des militaires rwandais, les RDF, dans le Rutshuru dans les opĂ©rations, en soutien aux opĂ©rations FARDC contre les FDLR lĂ -bas (ndlr : rebelles hutus rwandais). On ne sait pas exactement l’échelle de cette prĂ©sence ou de ce soutien. Mais on s’imagine que cela fait partie d’une sĂ©rie d’opĂ©rations que l’armĂ©e rwandaise a menĂ©e avec les FARDC contre les FDLR ou du groupe dissident des FDLR, le CNRD. Et ces opĂ©rations ont lieu depuis l’annĂ©e passĂ©e.

    Ça veut dire que la prĂ©sence rwandaise serait rĂ©guliĂšrement sur le sol congolais depuis un an ?

    Alors, c’est un peu compliquĂ© de parler de la prĂ©sence des militaires rwandais dans l’est du Congo parce que si on regarde bien, cette prĂ©sence n’a presque jamais cessĂ© depuis la fin de l’occupation officielle par l’armĂ©e rwandaise qui s’est terminĂ©e en 2002. C’est-Ă -dire que depuis cette Ă©poque, il y a souvent une prĂ©sence rwandaise et notamment un soutien rwandais aux diffĂ©rents groupes armĂ©s dans l’est du Congo, avec des pĂ©riodes d’intensification comme Ă  l’époque du M23. La prĂ©sence rwandaise Ă©tait principalement en appui au M23 contre le gouvernement congolais.

    Ce qu’on a constatĂ© depuis lors, c’est un revirement dans la nature de cette prĂ©sence. C’est-Ă -dire que depuis 2014 environ, l’armĂ©e rwandaise est lĂ  en collaboration ou avec l’accord tacite de l’armĂ©e congolaise et du gouvernement rwandais. Et lĂ  aussi, avec des pĂ©riodes d’intensification. Ce qu’il faut constater, c’est que depuis l’arrivĂ©e au pouvoir du prĂ©sident Tshisekedi, on a vu une de ces pĂ©riodes d’intensification avec plusieurs opĂ©rations de l’armĂ©e rwandaise sur le sol congolais depuis l’annĂ©e passĂ©e.

    Mais est-ce que ce soutien Ă  l’armĂ©e congolaise ne devrait pas ĂȘtre signalĂ© au Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU ?

    Cette prĂ©sence de militaires rwandais constitue en principe une violation de l’embargo sur les armes des Nations unies. Tous les États membres des Nations unies devraient notifier toute fourniture d’assistance militaire au gouvernement congolais. Donc Ă©videmment, ça n’a pas Ă©tĂ© le cas. Le Conseil de sĂ©curitĂ© n’a pas ce constat, mĂȘme si le personnel des Nations unies sur le terrain est informĂ© pas seulement de cette prĂ©sence aujourd’hui, mais aussi dans le passĂ©.

    Qu’est-ce que vous recommandez aujourd’hui ?

    Il y a plusieurs niveaux de problĂšmes par rapport Ă  la prĂ©sence de l’armĂ©e rwandaise au Congo. Le premier, c’est le manque de transparence. Cette armĂ©e est lĂ . On ne sait pas exactement combien ils sont, on ne sait pas non plus vraiment ce que ces militaires sont en train de faire. Mais ils mĂšnent des opĂ©rations d’envergure sur le sol congolais depuis un certain temps, avec l’aval des autoritĂ©s congolaises. Je pense qu’il serait beaucoup mieux si cette collaboration Ă©tait officielle et pas tacite. Comme ça, on pourrait demander une certaine redevabilitĂ©. On pourrait savoir ce qu’ils font, combien ils sont et pourquoi ils sont venus opĂ©rer sur le sol congolais.

    L’autre niveau de problĂšme, c’est la maniĂšre dont ils opĂšrent en RDC. Par exemple, il y a des allĂ©gations crĂ©dibles de massacres conduits par l’armĂ©e rwandaise contre la population rĂ©fugiĂ©e rwandaise dans le territoire de Kalehe, des dependants de rebelles du groupe armĂ© CNRD. Donc ce n’est pas seulement qu’ils sont lĂ  pour opĂ©rer contre les rebelles rwandais, mais cela a des rĂ©percussions considĂ©rables sur les populations civiles et rĂ©fugiĂ©es.

  • Selon la justice les indices de culpabilitĂ© sont lĂ  contre Vital Kamerhe

    Selon la justice les indices de culpabilité sont là contre Vital Kamerhe

    – Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du President FĂ©lix Tshisekedi, restera en prison, c’est le tribunal de Grande Instance de Kinshasa-Matete qui en a dĂ©cidĂ© ainsi en rĂ©ponse Ă  l’appel de la dĂ©fense de Vital Kamerhe protestant contre la mise en dĂ©tention prĂ©ventive de leur client. L’accusation cherche Ă  obtenir la documentation officielle pour Ă©tayer ses charges. Retour sur les derniers Ă©lĂ©ments dans ce dossier.

    Le chef de cabinet soupçonnĂ© de dĂ©tournements des fonds allouĂ©s au programme d’urgence du prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi restera encore pendant au moins 10 jours entre quatre murs pendant que l’accusation cherche Ă  obtenir la documentation officielle pour Ă©tayer ses charges.

    Que ce soit pour l’accusation ou pour les deux tribunaux qui ont refusĂ© d’accorder la libertĂ© provisoire Ă  Vital Kamerhe : les indices de culpabilitĂ© persistent. L’une des causes de ce refus, selon des sources judiciaires, serait la fuite du neveu de Vital Kamerhe, Daniel Shangalume alias « Masaro »,  ce que l’avocat du directeur de cabinet dĂ©ment, assurant que cela n’a jamais Ă©tĂ© mentionnĂ©.

    Ce neveu, connu comme un simple conseiller au ministĂšre du Budget pilotĂ© par un haut cadre du parti de Kamerhe, est, selon l’accusation, la personne intermĂ©diaire par qui certaines transactions et opĂ©rations de rĂ©tro-commissions ont Ă©tĂ© opĂ©rĂ©es dans l’affaire de livraison des maisons prĂ©fabriquĂ©es.

    Vital Kamerhe n’a Ă©tĂ© jusque-lĂ  confrontĂ© qu’aux membres de la coordination du programme dit des « 100 jours ». Selon des sources judiciaires, tous, exceptĂ© Nicolas Kazadi, l’ancien coordonnateur du programme ont soutenu, lundi dernier, que le directeur de cabinet n’avait effectivement pris aucune part dans l’attribution des marchĂ©s et qu’aucun document en ce sens ne porte sa signature.

    Mardi, le parquet gĂ©nĂ©ral prĂšs la cour de Kinshasa – Matete, a entendu Justin Bitakwira, ancien ministre du dĂ©veloppement rural [ Sous Joseph Kabila]. L’audition a tournĂ© autour du contrat avec la sociĂ©tĂ© Samibo Congo Sarl, qui avait conclu, en avril 2018 avec le gouvernement congolais pour la livraison des maisons prĂ©fabriquĂ©es.

    Les confrontations sans doute les plus dĂ©terminantes n’ont toujours pas eu lieu, que ce soit avec l’homme d’affaires Jammal Samih impliquĂ© dans l’affaire des maisons prĂ©fabriquĂ©es ou avec l’ancien directeur de la RawBank, Thierry Taeymans. Cette banque, selon l’accusation, est la plaque tournante de toutes les transactions avec les entreprises mises en cause, mĂȘme si du cĂŽtĂ© de l’établissement bancaire, on assure n’avoir fait que respecter les instructions des titulaires de comptes.

    AprÚs la décision de son maintien en détention, depuis sa cellule, Vital Kamerhe a appelé ses partisans à rester calmes et a assuré que la Justice travaillait en toute indépendance. Avant de conclure : « mon innocence sera prouvée ».

    avec RFI

  • Vital Kamerhe reste en prison et d’autres auditions en vue

    Vital Kamerhe reste en prison et d’autres auditions en vue

    -La justice a décidé de maintenir en détention le directeur de cabinet du président Felix Tshisekedi Vital Kamerhe, et restera au moins 15 jours de plus derriÚre les barreaux.

    Il a Ă©tĂ© placĂ© en dĂ©tention prĂ©ventive jeudi dernier pour des soupçons de dĂ©tournements des fonds allouĂ©s au programme d’urgence du prĂ©sident au pouvoir depuis janvier 2019.

    Le tribunal estime que M. Kamerhe est superviseur des travaux des 100 jours et soutient qu’il a aussi pilotĂ© les opĂ©rations des marchĂ©s publics de grĂ© Ă  grĂ©, lesquels, affirme le tribunal, ont conduit au dĂ©tournement de fonds publics.

    Selon le parquet, dont les arguments sont dĂ©veloppĂ©s dans l’ordonnance, le chef du cabinet de Felix Ts ahisekedi aurait notamment octroyĂ© un marchĂ© de livraison des maisons prĂ©fabriquĂ©es Ă  Samibo Congo Sarl, une sociĂ©tĂ© que l’accusation juge « fictive ».Cette sociĂ©tĂ© avait obtenu ce marchĂ© d’un montant de 57 millions de dollars dont 47 millions avaient Ă©tĂ© dĂ©bloquĂ©s en liquide et n’ont jamais servi Ă  l’achat de maisons.

    Autre dossier selon l’accusation : un achat controversĂ© de produits pharmaceutiques pour dix millions de dollars.  Le marchĂ© avait Ă©tĂ© octroyĂ© Ă  Trade Plus, une entreprise qui avait reçu 10 millions de dollars pour la fourniture des mĂ©dicaments.

    Le scandale est que cette sociĂ©tĂ© n’est pas du domaine et ne tient qu’une quincaillerie. Elle avait fourni des produits, en grande partie pĂ©rimĂ©s, mais le ministre de la SantĂ©, Eteni Longondo, les avaient curieusement dĂ©clarĂ©s conformes.

    Dans ce dossier, Vital Kamerhe soutient qu’il n’est en rien responsable et balaye d’un revers de la main d’autres accusations. Selon lui, tous ces marchĂ©s publics ont Ă©tĂ© hĂ©ritĂ©s du dernier gouvernement du rĂ©gime de Joseph Kabila.

    Il soutient aussi qu’aucun marchĂ© de grĂ© Ă  grĂ© ne porte sa signature. Autre argument du chef de cabinet : il affirme qu’il n’est pas de sa responsabilitĂ© de suivre l’affectation des fonds payĂ©s par la banque centrale dans les comptes desdites entreprises.

    D’autres auditions devraient aussi avoir lieu dans le cadre de l’instruction du dossier et d’autres personnalitĂ©s en vue pourraient ĂȘtre appelĂ©s en audition durant ce laps de temps.

    Le dĂ©tenu conteste enfin que plusieurs personnalitĂ©s chargĂ©es de la supervision des travaux, parmi lesquelles le gouverneur de la banque centrale du Congo (BCC) et des ministres encore en fonction ne sont nullement inquiĂ©tĂ©s. Le tribunal n’a donc pas entendu ses arguments. La dĂ©tention dans la prison de Makala se poursuivra encore pendant au moins 15 jours.

  • Qui est Vital Kamerhe!

    Qui est Vital Kamerhe!

    -Vital Kamerhe est sur le devant politique de la scĂšne en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo depuis la chute de Mobutu. L’homme du Sud-Kivu (Bukavu) avait occupĂ© plusieurs fonctions dans divers cabinets ministĂ©riels au milieu des annĂ©es 90 mais sa carriĂšre politique dĂ©marrera vraiment avec l’entrĂ©e Ă  Kinshasa de Mzee Laurent DĂ©sirĂ© Kabila en 1997.

    Depuis, son idylle avec le clan Kabila n’a cessĂ© de fluctuer. En 2006, c’est lui va porter la campagne Ă©lectorale du jeune Joseph Kabila. Son sens de la formule, sa capacitĂ© Ă  s’exprimer dans les cinq langues nationales, placent ce hĂąbleur au-devant de la scĂšne.
    Kabila installĂ© au pouvoir, Vital Kamerhe reçoit le perchoir de l’AssemblĂ©e nationale. L’homme est ambitieux. Un courtisan qui a le don pour se fĂącher avec ses “amis” politiques. “Un vrai petit Mazarin”, dit de lui un de ses anciens condisciples du parti de Kabila. “Capable de servir les uns et les autres pour se servir lui-mĂȘme. Mais ça ne dure jamais longtemps”.

    PremiĂšre approche avec un Tshisekedi

    De fait, l’homme tombe en disgrĂące en 2009. Quelques mois plus tard, il crĂ©e son propre parti politique l’Union pour la Nation congolaise. Il se prĂ©sente Ă  la prĂ©sidentielle de 2011. Durant la campagne, il va tenter un rapprochement avec Etienne Tshisekedi. “Mais le Sphynx de Limete se mĂ©fie de cet ancien alliĂ© de Kabila qui aurait conservĂ© des liens avec son ancien patron”, explique un proche de l’ancien leader de l’opposition congolaise. Kamerhe, lui, impute “ce rendez-vous manquĂ©â€ au “Vieux”. “Il y a eu des contacts”, nous expliquait Kamerhe en 2015, Ă  Kinshasa, mais “le Vieux ne voulait pas partager le pouvoir. Je n’étais qu’un outil pour lui. On a vraiment ratĂ© un rendez-vous”, expliquait-il.
    Trois ans plus tard, Vital Kamerhe se retrouve Ă  la table des nĂ©gociations avec Tshisekedi. Mais cette fois, ce n’est plus le “Vieux” mais son fils FĂ©lix. Les deux hommes cherchent Ă  se positionner dans la course Ă  la prĂ©sidentielle de 2016 reportĂ©e Ă  2018. Kamerhe ne s’est jamais dĂ©barrassĂ© de son Ă©tiquette de proche de Kabila, ce qui lui vaut le surnom de “KamerhĂ©on”, l’homme qui est capable de changer de couleur au grĂ© de la faune politique qui l’entoure. FĂ©lix Tshisekedi, lui, le “fils de”, cherche Ă  exister. Ils rejoignent tous les deux le mouvement “Lamuka”, qui cherche Ă  fĂ©dĂ©rer toute l’opposition congolaise pour faire obstacle Ă  Joseph Kabila ou Ă  son candidat. Avec des poids lourds comme Bemba ou Katumbi, le duo peut espĂ©rer l’emporter.

    Le 11 novembre 2018, Lamuka dĂ©signe Martin Fayulu comme candidat, Kamerhe et Tshisekedi l’adoubent
 pour moins de 24 heures. Le lendemain, ils annoncent en effet qu’ils reprennent leur soutien « sur pression de leur base » et fondent dans la foulĂ©e le mouvement Cach (Cap pour le Changement) sous l’égide du prĂ©sident kĂ©nyan. Le deal est ficelĂ©. Tshisekedi est candidat Ă  la prĂ©sidence, Kamerhe prendra le meilleur accessit qu’il trouvera. Le duo peine Ă  mener campagne. L’argent nerf de la guerre se fait rare. Le 24 janvier, aprĂšs moults arrangements plus opaques les uns que les autres, Tshisekedi reçoit la prĂ©sidence congolaise des mains de Kabila. Kamerhe sera son directeur de Cabinet. Il lance rapidement, sur injonction du prĂ©sident, le projet des travaux pour les 100 jours. Une volontĂ© de montrer que malgrĂ© cette Ă©lection
 Ă©tonnante, les choses bougent. Les projets se multiplient, les contrats – tous de grĂ© Ă  grĂ© – aussi. Les critiques pleuvent. L’argent, beaucoup d’argent, est dĂ©pensĂ© sans que les rĂ©sultats soient visibles. Kamerhe est sur la sellette. Une fois encore, il agace beaucoup de monde. Des hommes d’affaires, un banquier sont arrĂȘtĂ©s en lien avec ce projet des 100 jours. Les langues se dĂ©lient. Le 8 avril Kamerhe est entendu pendant 6 heures. Son sort est scellĂ©. Il est placĂ© sous mandat d’arrĂȘt provisoire et envoyĂ© Ă  la prison centrale de Makala pour dĂ©tournement de fonds. D’autres inculpations pourraient suivre

  • Apres Vital Kamerhe,Fulgence  Baramos, directeur gĂ©nĂ©ral du Foner a Makala

    Apres Vital Kamerhe,Fulgence  Baramos, directeur général du Foner a Makala

    -Alors que la Gombe, le centre des affaires de Kinshasa est toujours confinĂ©, que la justice est sensĂ© fonctionner au ralenti Ă  cause des prĂ©cautions Ă  prendre dans la lutte contre l’épidĂ©mie du Covid-19, les arrestations pleuvent dans la capitale congolaise.

    Ce mercredi 8 avril, c’est donc Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du prĂ©sident de la RĂ©publique, son alter ego dans la plateforme Cach (cap sur le Changement) qui a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© et placĂ© sous mandat d’arrĂȘt provisoire dans l’enquĂȘte sur les travaux opĂ©rĂ©s dans le cadre du programme des 100 jours.

    Le lendemain, ce jeudi 9 avril, c’est au tour de Fulgence  Baramos, directeur gĂ©nĂ©ral du Foner (Fonds national d’entretien routier) d’ĂȘtre placĂ© sous mandat d’arrĂȘt par le procureur gĂ©nĂ©ral de Kinshasa/Gombe. Motif de cette arrestation : le dĂ©tournement de plus de 20 millions de dollars des caisses du Foner, notamment dans des projets de rĂ©habilitation d’axes routiers dans les Kivus et le KasaĂŻ.

    Fulgence Baramos avait été épinglé à plusieurs reprises, notamment par nos confrÚres de Politico.cd pour son enrichissement personnel et les multiples biens immobiliers dont il disposait en RDC mais aussi en Aferique du Sud, au Royaume-Uni ou en France.

  • Fini la recreation: Vital Kamerhe passe sa premiere nuit a Makala

    Fini la recreation: Vital Kamerhe passe sa premiere nuit a Makala

    -Vital Kamerhe, directeur de cabinet du PrĂ©sident FĂ©lix Trshisekedi et prĂ©sident du parti UNC vient d’ĂȘtre placĂ© sous mandat d’arrĂȘt provisoire ce mercredi 8 avril. Il est conduit Ă  la prison centrale de Makala en attendant la suite de l’instruction du dossier de dĂ©tournement des fonds allouĂ©s au projet des 100 jours du PrĂ©sident de la RĂ©publique.

    Cette dĂ©cision a Ă©tĂ© prise aprĂšs son audition par le parquet gĂ©nĂ©ral prĂšs la cour d’appel de Kinshasa-Matete. C’est depuis 13h que le procureur gĂ©nĂ©ral l’auditionnait en rapport avec les enquĂȘtes judiciaires sur le programme d’urgence de 100 jours du PrĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi.

    Le parquet cherche obtenir de lui notamment les renseignements sur son rÎle dans la passation des marchés, la procédure, le décaissement des fonds affectés aux travaux des sauts-de-mouton et logements sociaux.

    Jusque-là, M. Kamerhe était entendu à titre de renseignant afin de faciliter le travail du parquet pour une meilleure administration de la justice dans ce dossier.

    L’audition a pris fin vers 17h40’. Mais le directeur de cabinet de Tshisekedi ne quitte pas le parquet. Il lui est signifiĂ© son arrestation provisoire.

    Selon les sources du parquet, un directeur de cabinet est un administratif, un justiciable comme tout le monde, et ne jouit pas de privilĂšge de juridiction. Vital Kamerhe pourra ĂȘtre jugĂ© soit par un tribunal de grande instance soit par la cour d’appel. Il encourt 20 ans de prison, s’il est dĂ©finitivement reconnu coupable, lors d’un Ă©ventuel procĂšs.