Author: Don Kayembe

  • En Thaïlande, l’avenir de King Power en question

    En Thaïlande, l’avenir de King Power en question

    La mort à 60 ans du milliardaire thaïlandais Vichai Srivaddhanaprabha, tué dans l’accident de son hélicoptère le 27 octobre près du stade de football de Leicester, en Grande-Bretagne, jette une ombre sur l’avenir d’un remarquable et spectaculaire succès d’entreprise. Après avoir ouvert en 1989 un premier magasin hors taxe au centre de Bangkok, le PDG du groupe King Power, dont les funérailles commencent samedi 3 novembre, était devenu en moins de vingt ans la cinquième fortune du royaume, selon le décompte du magazine Forbes.

    Lire aussi :   Le président du club de Leicester tué dans un accident d’hélicoptère

    En 2006, sa modeste boutique « duty free » se métamorphosa en un véritable empire quand il parvint à arracher, notamment grâce à ses contacts au palais royal, le monopole des magasins hors taxe dans le nouvel aéroport Suvarnabhumi de Bangkok. Qui voit désormais passer une soixantaine de millions de passagers l’an alors que le tourisme est en plein essor au pays du Sourire…

    Aujourd’hui l’empire de feu Vichai pèse environ 4, 5 milliards d’euros. Le groupe possède les hotels Pullman du groupe français Accord en Thaïlande et des parts substantielles de l’une des plus importantes compagnies lowcost du pays, Thai Air Asia.

    Devenu célèbre après le rachat du Leicester City

    Le défunt roi Bhumibol Adulyadej avait su récompenser les talents d’un businessman bien introduit, discret et refusant obstinément de se livrer au moindre commentaire politique dans une nation divisée : en 2012, le souverain lui avait attribué son nom actuel : né Vichai Raksriaksorn, le magnat devint alors Srivaddhanaprabha, ce qui signifie « lumière de la gloire ascendante »…

    Ce quasi-inconnu chez les Thaïlandais, qui connaissaient à peine le nom du groupe, était devenu célèbre dans son pays après avoir racheté le club de football anglais Leicester City, qui a remporté le titre de la Premier League il y a deux ans. Dans une nation passionnée par le ballon rond, mais dont les équipes locales restent cantonnées à un modeste niveau, les supporters en sont réduits à se passionner pour les victoires des grandes équipes mondiales. Le succès du club de Leicester avait ainsi résonné comme une victoire indirecte de la Thaïlande…

    A Leicester, après quelques réticences initiales, il était devenu très populaire parmi les fans : « Khun » (monsieur) Vichai avait l’habitude d’offrir de la bière thaie Singha gratuite et des hotdogs les jours de victoire. Le destin aura voulu que c’est en redécollant de son fief anglais que le tycoon a trouvé la mort.

    Quelle évolution pour le groupe ?

    Après le décès brutal du « roi » du King Power, les milieux économiques de Bangkok se demandent comment le groupe va évoluer, alors que le monopole de ce dernier sur l’aéroport Suvarnabhumi arrive à expiration en 2020. Le plus jeune fils de Vichai, Aiyawatt (surnommé « Top »), 32 ans, qui était déjà chief executive officer du groupe familial, a déjà assuré qu’il assumait son rôle d’héritier en titre : « Mon père m’a laissé le soin de poursuivre son œuvre et je ferai tout mon possible pour prolonger ses grandes visions et ses rêves », a déclaré le nouveau patron. La mère de « Top » est l’une des vice-présidentes du groupe ; que son frère et ses deux sœurs sont tous membres du conseil d’administration.

    Reste à savoir si les successeurs du « roi » Vichai seront à la hauteur du fondateur dans un monde thaïlandais où les contacts personnels et la négociation en coulisse sont des atouts essentiels : comme l’avance Somchai Phagaphasvivat, spécialiste de sciences politiques à l’université Thammasat de Bangkok : « A ce sujet, je me demande si ses enfants auront suffisamment d’influence. »

    Lire aussi :   Vichai Srivaddhanaprabha, le milliardaire qui a changé la destinée du club de Leicester

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  • Jean-Yves Le Drian : “La Centrafrique n’est pas un terrain de jeu”

    Jean-Yves Le Drian : “La Centrafrique n’est pas un terrain de jeu”

    Dernière modification : 03/11/2018

    Jean-Yves Le Drian : “La Centrafrique n’est pas un terrain de jeu”

    Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, fait le point sur la situation en Centrafrique dans un entretien réalisé par France 24, à Bangui. Et notamment sur la présence de la Russie dans le pays : “La Centrafrique ce n’est pas un terrain de jeu, pas un terrain de compétition”, affirme-t-il. Et il poursuit : “Le seul sujet qui doit préoccuper ceux qui veulent s’occuper de Centrafrique, c’est le bonheur et l’avenir des Centrafricains, la sécurité du pays, son développement.

    Par Patrick FANDIO

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  • L’unité somalienne ébranlée par la lassitude de ses Etats fédérés

    L’unité somalienne ébranlée par la lassitude de ses Etats fédérés


    Par
    RFI

    Publié le 03-11-2018
    Modifié le 03-11-2018 à 08:41

    La Somalie continue de s’enfoncer dans la crise politique. Les Etats fédérés reprochent à l’Etat central de mal redistribuer les ressources, de manquer de vision, de s’ingérer dans les affaires locales. Quatre d’entre eux ont même annoncé la création d’un parti politique et d’une force armée commune chargée de combattre les shebabs. Les observateurs s’inquiètent de plus en plus.

    Le président somalien a contre-attaqué. Mercredi, Mohamed Farmajo a accusé les leaders des Etats fédérés de mal comprendre les règles du fédéralisme, et même de ne pas respecter les prérogatives du pouvoir central.

    Il a cité leurs voyages à l’étranger et des accords sur les ressources nationales signés avec des entreprises étrangères. « Ceci est le mandat du gouvernement », a-t-il déclaré, maniant à la fois le bâton et la carotte.

    preuves d’interférences

    En effet, le week-end dernier, il avait, pour la seconde fois, invité ses adversaires à Mogadiscio pour négocier. Une stratégie qui ne paie pas. Seul l’Etat d’Hirshabelle a accepté de faire la paix. Les quatre autres continuent de le défier.

    Pire, la grogne atteint désormais la capitale, où des députés ont affirmé détenir « des preuves des interférences de Mogadiscio » dans la campagne électorale en cours, dans l’Etat du Sud-Ouest.

    Efforts internationaux

    Ils accusent l’Etat central de soutenir des candidats à grand renfort d’argent public. Tout le monde pense notamment à la candidature du ministre de l’Energie, un proche du président Farmajo.

    Nicholas Haysom, représentant de l’ONU en Somalie, a pour sa part averti que le blocage pourrait paralyser les efforts internationaux en vue de stabiliser la Somalie. Les élections dans le Sud-Ouest sont prévues dans deux semaines.

    D’ici là, la tension politique pourrait continuer de s’accentuer.

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  • Pop allègre, rock puissant et électro mélodique au Pitchfork Music Festival

    Pop allègre, rock puissant et électro mélodique au Pitchfork Music Festival

    Dommage pour celles et ceux qui n’étaient pas encore arrivés, vendredi 2 novembre, en fin d’après-midi, à l’ouverture de la deuxième journée du Pitchfork Music Festival Paris, à la Grande Halle de La Villette. Le public présent, encore clairsemé, aura eu, lui, le plaisir de passer l’un des meilleurs moments de cette soirée avec le groupe Boy Pablo. Fondé en 2015 par le chanteur et guitariste Nicolas Pablo Rivera Munoz, jeune Norvégien dont les parents sont originaires du Chili, Boy Pablo offre une pop allègre qui, trente minutes durant, aura pleinement séduit.

    Tout en clarté, avec parties de chœurs qui font « la-la-la », sons de guitares partagés avec Gabriel Munoz, qui semblent des gouttes de rosée ou de pluie fine, nappes façon cordes aux claviers (Eric Tryland) et rythmique particulièrement fluide et joueuse (Henrik Amdal, basse et Sigmund Vestrheim, batterie), la musique de Boy Pablo a une gaieté naturelle, qui accompagne des textes de chansons évoquant une petite amie partie, les tourments des sentiments. Certes, l’effet de contraste n’est pas nouveau, mais il trouve ici une forme de fraîcheur réjouissante.

    Un peu plus tard, le groupe britannique Dream Wife était annoncé, sur le programme du festival, comme susceptible d’en mettre « plein la vue et les oreilles ». De fait, là aussi en une trentaine de minutes, on aura eu une démonstration frontalement rock, tout en efficacité. Dream Wife, ce sont trois musiciennes, la chanteuse Rakel Mjöll, dans un parler-chanter un peu déclamatoire qui rappelle Patti Smith, la guitariste Alice Go, dans un jeu soliste-rythmique assez virtuose, et la bassiste Bella Podpadec. Avec elles, le batteur Alex Paveley, plutôt technique. C’est d’ailleurs par cet au-delà de l’urgence punk, qu’apportent la guitariste et le batteur, que Dream Wife se révèle plutôt convaincant.

    Parisiens branchés et touristes

    Avec une programmation partagée entre découvertes et quelques noms connus, le Pitchfork Music Festival Paris, l’une des déclinaisons festivalières du magazine musical américain en ligne Pitchfork, attire depuis 2011 un public de Parisiens branchés et de touristes, majoritairement britannico-américains et européens du Nord, si l’on en croit les langues entendues dans les espaces de restauration et les mezzanines qui accueillent des créateurs de bijoux, vêtements, objets décoratifs et des espaces de détente.

    Durant cette soirée de vendredi, le festival aura aussi permis de retrouver le groupe écossais Chvrches, qui se prononce churches (églises), le v venant à la place du u dans une sorte de coquetterie graphique. En 2014, lors de sa première venue au Pitchfork Music Festival Paris, le groupe, fondé en 2011, commençait à faire parler de lui. Cette fois, programmé vers 22 heures, il a un statut de vedette.

    Musicalement entre électro et pop, Chvrches emporte par l’énergie de sa chanteuse Lauren Mayberry, haute comme trois pommes, dont la voix rappelle, par des façons taquines, celles de Debbie Harry au sein de Blondie et de Madonna à ses débuts. Avec elle, les claviéristes Iain Cook et Martin Doherty et, depuis peu pour les concerts, un batteur qui n’apporte pas grand-chose. Ce sera le seul élément légèrement décevant du concert de Chvrches dont la musique a toujours comme point fort son attention radieuse à la mélodie.

    Pitchfork Music Festival Paris, à la Grande Halle de La Villette, 211, avenue Jean-Jaurès, Paris 19e. Mo Porte-de-Pantin. Samedi 3 novembre, avec Snail Mail, Stephen Malkmus & The Jicks, Unknown Mortal Orchestra, Bon Iver, Peggy Gou, Avalon Emerson… A partir de 17 heures. 55 €.

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  • Histoire d’un livre. L’enfance patiente de Dolores Prato

    Histoire d’un livre. L’enfance patiente de Dolores Prato

    Bas la place y’a personne (Giù la piazza non c’è nessuno), de Dolores Prato, traduit de l’italien par Laurent Lombard et Jean-Paul Manganaro, Verdier, 890 p., 35 €.

    Il y a quelque chose de l’ordre du « demeuré » dans l’immense récit d’enfance de ­Dolores Prato (1892-1983). Née bâtarde, celle qui fut abandonnée par sa mère à la naissance a « toujours raté quelque chose, dans tous les domaines. Elle a même raté la publication », résume le traducteur Jean-Paul Manganaro pour « Le Monde des livres ». Dolores Prato n’a en effet connu de son vivant qu’une édition amputée de Bas la place y’a personne, livre à nul autre comparable, très différent des quelques récits que cette femme indépendante, exclue de l’enseignement en 1927 en raison de son engagement antifasciste, avait publié auparavant (dont le bref Brûlures, traduit chez Allia en 2000).

    Ces derniers « sont intéressants, bien sûr, mais si différents » que, pour le lecteur amoureux qu’est le traducteur, « leur lecture en deviendrait presque… douloureuse », murmure-t-il. Voilà vingt ans que lui-même se bat, en Italie aussi bien qu’en France, pour que Bas la place y’a personne existe enfin à sa juste mesure, celle d’un chef-d’œuvre « qui sera vraiment découvert dans les années qui viennent » : si la réception critique de l’édition italienne définitive parue en 2016 a été remarquable, le public ne s’est pas précipité vers cette somme déroutante qui apparaît au premier regard comme une « palinodie répétitive, sans doute angoissante pour de nombreux lecteurs d’aujourd’hui ».

    L’édition Natalia Ginzburg

    Cette édition n’en est pas moins la troisième depuis que Natalia Ginzburg (1916-1991) a publié Prato chez ­Einaudi en 1980 (l’auteure avait 88 ans), en l’amputant des deux tiers et en normalisant son phrasé. Avec une manière rien qu’à elle, Dolores Prato n’en avait pas moins affiché…

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  • « Pour dire notre époque monstrueuse, il faut des romans monstrueux »

    « Pour dire notre époque monstrueuse, il faut des romans monstrueux »

    Tribune. Depuis plusieurs années, et de manière croissante, deux phénomènes inquiétants s’abattent sur les romanciers français : d’un côté les romans reality-show, forme dégradée d’une autofiction réduite à des témoignages narcissiques qui comblent le voyeurisme des lecteurs et le portefeuille des éditeurs. De l’autre, des romans en costumes qui répondent de manière simpliste et passéiste à notre besoin de fiction en se bornant à une Histoire déjà comprise, sans regarder celle qui est, celle qui vient – assurément effrayante, insaisissable mais non indicible. Ces deux formes de romans archi-rebattues empêchent les nouveaux écrivains à la fois de se lancer dans l’invention de nouvelles formes d’écriture et d’exprimer la sensibilité contemporaine.

    Chaque automne, c’est la même histoire : acclamés par la critique, vendus comme « romans », à la fois par abus de langage et pour éviter tout ennui judiciaire, se répandent chez les libraires de petits récits qui en réalité ne sont que d’égotiques reality-shows. L’autofiction est née il y a quarante ans. Elle a eu des plumes extraordinaires comme celle d’Annie Ernaux. Mais n’est pas Annie Ernaux qui veut. Aujourd’hui, l’écriture de soi se résume à une sorte de maniérisme qui ne produit le plus souvent que des témoignages pathétiques, emballés dans un style digeste, ne trouvant de justification que dans l’étalage de ses petits malheurs. Triomphe alors ce que Sarraute appelait le « petit fait vrai », c’est-à-dire une littérature où le vécu s’impose de manière dictatoriale au lecteur avec son lot de voyeurisme larmoyant.

    Ne nous y trompons pas : il s’agit bien d’une mode, voire de commandes d’éditeurs, pour des livres où la figure de l’auteur prend plus d’importance que le texte, et où un plan média rondement mené vaut adoubement littéraire. Nous n’avons plus envie de voir ces romans reality-show, quand bien même ils sont « bien écrits », prendre tant de place…

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  • RDC: lever ou non les sanctions, une équation délicate pour l’Union européenne

    RDC: lever ou non les sanctions, une équation délicate pour l’Union européenne


    Par
    RFI

    Publié le 03-11-2018
    Modifié le 03-11-2018 à 06:53

    L’UE a jusqu’au 10 décembre pour décider de renouveler ou non les sanctions prises en décembre 2016 contre des responsables congolais, sous le coup d’une interdiction de voyager et d’un gel de leurs avoirs en Europe. Des personnalités parmi lesquelles figure Emmanuel Ramazani Shadary, candidat choisi par le président Kabila pour la présidentielle de décembre. Ce dossier épineux fait l’objet d’intenses discussions au sein de l’UE et préoccupe Kinshasa.

    Au cours d’une conférence de presse, le comité stratégique du Front commun pour le Congo a lancé un message de conciliation en direction de la communauté internationale. Le coordonnateur de ce comité, également directeur de cabinet du président de la République, Néhémie Mwilanya, n’y est pas allé par quatre chemins.

    « Ni la communauté internationale, ni les Congolais, aucune des parties n’a intérêt à ce que ce pays soit déstabilisé. Nous avons tous intérêt à conjuguer nos efforts pour donner une chance à la paix, à la stabilité, en commençant par la stabilité politique. »

    A une question relative aux sanctions qui frappent plusieurs dirigeants congolais, parmi lesquels le candidat FCC Emmanuel Ramazani Shadary, le ministre des Réformes institutionnelles Azarias Ruberwa a répondu : « Notre candidat n’est pas poursuivi par la CPI, notre candidat ne porte pas sur lui une condamnation judiciaire. C’est une simple sanction sous forme de menace politique. »

    A l’approche du scrutin

    Pour les animateurs du FCC, l’Union européenne lèvera ces sanctions dès lors qu’elle sera assurée de l’organisation des élections le 23 décembre prochain. Mais pour l’UE, l’équation est délicate.

    Car il s’agit soit de prendre le risque de maintenir sous sanctions l’éventuel successeur de Joseph Kabila et d’entériner durablement la crise entre Kinshasa et Bruxelles en cas d’élection d’Emmanuel Ramazani Shadary, soit de calmer le jeu en levant les sanctions, mais de se priver d’un moyen de pression à 15 jours de la date prévue pour la présidentielle, scrutin aussi attendu qu’incertain.

    Vers un compromis ?

    Finalement, de sources diplomatiques, un compromis se dessinerait : renouveler les sanctions, certes, mais envoyer dans le même temps aux Congolais un signal positif en leur donnant rendez-vous au lendemain du scrutin pour réévaluer la situation et envisager alors une possible levée de ces sanctions sans attendre la prochaine échéance.

    Au sein de l’UE, certains avaient proposé de sortir Emmanuel Ramazani Shadary de la liste des sanctionnés. Mais plusieurs pays ont rejeté l’hypothèse, dont la France, soucieuse de « ne pas donner le sentiment d’interférer dans le processus électoral » en faisant du dauphin un cas particulier. Or l’unanimité est requise au sein de l’UE en matière de sanctions.

    Recours au tribunal de l’UE

    Reste à savoir de quelle oreille l’entendront les autorités congolaises, qui ont multiplié les démarches ces derniers mois pour se débarrasser de ces sanctions vécues comme une « humiliation », allant jusqu’à mettre dans la balance la réouverture de la maison Schengen. Quant au recours introduit par Kinshasa auprès du tribunal de l’Union européenne, il est encore en cours d’examen.

    La première audience dans ce dossier ne devrait pas avoir lieu avant le premier trimestre 2019. Me Bontinck, l’avocat belge qui défend ces personnalités congolaises sous sanctions, continue de contester la régularité de ses sanctions qui n’auraient pas dû être prises, selon lui, sans que ses clients soient préalablement entendus. Il s’agit de « sanctions politiques » et non d’une décision de justice répondent des sources au sein de l’UE.

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  • Delphine de Vigan : « J’ai un rapport compliqué avec le groupe »

    Delphine de Vigan : « J’ai un rapport compliqué avec le groupe »

    Selon les critères de Delphine de Vigan, il est encore un peu tôt pour commander de l’alcool : 18 heures. Normalement, elle attendrait encore une soixantaine de minutes. Mais, d’une part, elle est l’un des personnages les plus urbains de la scène éditoriale française, et on la sent ennuyée à l’idée de déroger au principe « apéro » de la rencontre, organisée au bar du C.O.Q. Hôtel – dans le 13e arrondissement de Paris, où elle vit. D’autre part, et voilà qui va finir de la convaincre d’opter, comme nous, pour un verre de vin blanc, il faut qu’elle s’entraîne un peu et habitue son foie. Du 9 au 11 novembre 2018, l’écrivaine va en effet présider la 37e Foire du livre de Brive.

    Grande fête de la littérature, certes, avec ses plus de 300 auteurs réunis en la sous-préfecture corrézienne pour ce qui se présente fièrement comme la deuxième plus grosse manifestation du genre après « Livre Paris » (on ne dit plus « Salon du livre de Paris »). Mais aussi, ne nous voilons pas la face, occasion majeure de s’arsouiller dans une région généreuse en bonnes choses à manger et à boire, durant le week-end qui suit l’attribution des principaux prix littéraires français (Femina le 5 novembre, Médicis le 6, Goncourt et Renaudot le 7…). Chaque année, « Brive » est ce moment où l’édition française, délocalisée à presque 500 kilomètres de Paris, relâche soudain la pression.

    « Le train du cholestérol »

    Ça commence dans Le Train du livre, que personne n’appelle autrement que « le train du cholestérol » depuis que ce surnom a été inventé par Erik Orsenna, Pierre Assouline ou Jean-Loup Chiflet – ils sont quelques-uns à réclamer la paternité de ce trait d’esprit pour désigner le Téoz qui part de la gare d’Austerlitz le vendredi matin bourré d’auteurs, éditeurs, attachés de presse et journalistes. Surnom dû au fait que tout ce petit monde s’y voit servir, dès 10 heures, foie gras, cèpes, fromages, gentiane, liqueur de noix…

    Assise très droite sur…

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  • La sélection replays du « Monde »

    La sélection replays du « Monde »

    LES CHOIX DE LA MATINALE

    Au programme replays du week-end, de belles figures et des bons mots, avec Philippe Gildas raconté par Antoine de Caunes, et la capitaine Marleau, version féminine déjantée de Columbo, jouée par Corine Masiero.

    « Un homme formidable », raconté par Antoine de Caunes

    Un homme formidable compile de grands moments de délires et de fous rires enregistrés au fil des sept ans pendant lesquels Gildas et de Caunes ont partagé le plateau de Nulle part ailleurs (NPA), l’émission culte de Canal+ née en 1987. Ce documentaire, signé Michel Royer, est disponible sur le site de la chaîne. Sobre et parcimonieux, le commentaire de De Caunes apporte une touche personnelle et chaleureuse à des images qui sont une suite d’extraits mis bout à bout.

    Pour rendre hommage à Philippe Gildas, son ami décédé le 28 octobre, Antoine de Caunes n’a pas choisi au hasard le titre apparemment « bateau », convenu, voire hagiographique de ce documentaire. « Formidable ! » renvoie en réalité à la façon dont Philippe Gildas avait la manie de « ponctuer » les modules de son émission d’infotainment, NPA ; un adjectif qui devint d’ailleurs emblématique du journaliste-animateur lorsque les Guignols de l’info en firent le terme-leitmotiv de la marionnette de Gildas. Martine Delahaye

    Un homme formidable, de Michel Royer (France, 2018, 50 minutes). Sur Canal+

    « Notre pain est-il dans le pétrin ? », ou ce que nous consommons à chaque bouchée

    En quoi un pain dit artisanal diffère-t-il d’un pain industriel ? Une baguette fabriquée en grande surface est-elle nécessairement de moindre qualité qu’une autre, achetée en boulangerie ? Et acheter une baguette « (de) tradition », est-ce la garantie, d’où qu’elle vienne, qu’elle ne contient aucun additif et n’a subi aucune congélation ?

    Farine, eau, sel plus levure ou levain : la recette originelle du pain a beau être on ne peut plus simple, chaque bouchée nous amène à ingérer, le plus souvent à notre insu, un cocktail chimique d’additifs et d’enzymes inquiétant. Qui rend le pain blanc de moins en moins digeste, et le pain complet non biologique passablement dangereux.

    En moins d’une heure, sur la base d’une enquête qui apparaît sérieuse, la réalisatrice Elise Joseph montre comment le pain a perdu une bonne part de sa qualité nutritionnelle, allant jusqu’à créer des intolérances de plus en plus nombreuses. M. De.

    Notre pain est-il dans le pétrin ?, documentaire d’Elise Joseph (France, 2017, 55 minutes). Sur France 5.

    « Capitaine Marleau » : un peu mais pas trop…

    C’est en grande duduche nordiste, au verbe haut et cru et chapeautée d’une chapka fourrée, que Corine Masiero s’est véritablement fait connaître d’un très vaste public : chaque épisode de Capitaine Marleau fait un carton. Version féminine déjantée de l’inspecteur Columbo, cette capitaine se fiche de la bienséance et accumule les formules tordantes (dont des pots-pourris peuvent être facilement trouvés sur YouTube) : « Les seuls concours que j’ai gagnés, c’est des concours de circonstances », « laxiste léniniste », « Economique Jagger », etc.

    Mais entre la pluie de (pas toujours) bons mots de la capitaine, le surjeu permanent de son interprète, la trame parfois ténue de certains épisodes et une réalisation dont la subtilité n’est pas la caractéristique permanente, il ne reste pas toujours grand-chose à sauver. Le grand public est certes au rendez-vous, mais ce feuilleton populaire gagnerait à faire une pause, et la formidable Corinne ­Masiero à jouer autre chose que les grandes gueules ch’tis pour y revenir un jour avec une fraîcheur renouvelée. Renaud Machart

    Capitaine Marleau : Les Roseaux noirs. Téléfilm réalisé par Josée Dayan. Avec Corinne Masiero, Nicole Garcia, Hippolyte Girardot (France, 2018, 1 h 34).www.france.tv/france-3

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  • RDC: le GEC dénonce la politisation de la Céni et de la Cour constitutionnelle

    RDC: le GEC dénonce la politisation de la Céni et de la Cour constitutionnelle


    Par
    RFI

    Publié le 03-11-2018
    Modifié le 03-11-2018 à 04:59

    A quelques semaines de la présidentielle, le Groupe d’étude sur le Congo vient de sortir le premier volet d’un rapport intitulé « RDC : les élections de tous les dangers ». Il y décortique deux institutions clés, la Céni et la Cour constitutionnelle, dont la politisation pourrait plonger le pays dans un nouveau cycle de violence.

    La Commission électorale nationale indépendante (Céni) et la Cour constitutionnelle sont régulièrement accusées de faire le jeu de la coalition au pouvoir en République démocratique du Congo. Le premier volet du rapport « RDC : les élections de tous les dangers », publié le 1er novembre, revient sur l’histoire de ces deux institutions clés dans le processus électoral et sur ce qui a permis leur politisation.

    Le Groupe d’étude sur le Congo, qui dépend de l’Université de New York, se penche d’abord sur la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Son indépendance est consacrée par la loi, mais ça, « c’est la théorie », souligne le rapport très fouillé de 23 pages. Son bureau est composé à l’origine de six membres, trois issus de la majorité présidentielle, deux de l’opposition et un président provenant de la société civile. Mais les cartes ont été rebattues au fil du temps : aujourd’hui, cinq de ses membres sont perçus comme acquis à la majorité présidentielle.

    Et pour preuve de cette méfiance, un sondage publié par le GEC il y a quelques semaines indiquait que seuls un quart des Congolais estiment que la Céni organisera « des élections justes et équitables ».

    « Inféodée au pouvoir »

    Même rejet de la Cour constitutionnelle. Selon le même sondage, environ trois quarts des Congolais n’ont pas une bonne opinion de l’organe chargé de vider le contentieux électoral. Cette cour est constituée de neuf membres, dont trois nommés directement par le chef de l’Etat, trois autres par le Conseil supérieur de la magistrature et les trois derniers par le Parlement réuni en congrès. Un équilibre qui devrait être un gage d’indépendance. Mais toutes ces institutions étant dominées par Kabila et sa majorité, elle apparaît désormais « inféodée » au pouvoir.

    Enfin, ce rapport passe en revue plusieurs décisions importantes de ces deux institutions qui ont sapé la confiance de l’opposition et de la société civile et qui inquiètent la communauté internationale. Elles vont du « passage en force sur la machine à voter » jusqu’à l’arrêt qui consacre le second glissement du calendrier, en passant par l’invalidation des candidats de l’opposition ou encore le refus d’un droit de regard international sur le processus.

    Les observateurs, garde-fous

    Pour le GEC, il est aujourd’hui trop tard d’ici aux élections pour rétablir l’indépendance de ces institutions. Il est donc impératif de déployer des témoins et observateurs, nationaux comme étrangers, qui pourraient servir de garde-fous.

    Il faut que les gardes-fous, les contrepoids dans ce processus, viennent d’ailleurs que de ces institutions.

    Jason Stearns, directeur du GEC

    03-11-2018
    – Par
    Esdras Ndikumana

    Comme il le résume également dans ce tweet :

    Short term solution: need other safeguards for these elections––observation missions, deployment of political party witnesses, critical journalism. Long term solution: much harder, need to reform how Constitutional Court and Elex Commission are named. https://t.co/i8S1xnARTf pic.twitter.com/3SQSiOI46o

      Jason Stearns (@jasonkstearns) 1 novembre 2018

    Kinshasa rejette ces accusations

    De son côté, le porte-parole du gouvernement Lambert Mendé rejette ces accusations. Il accuse le GEC et en particulier son directeur Jason Stearns de chercher à décrédibiliser les institutions congolaises depuis qu’il a été expulsé par Kinshasa en avril 2016.

    Nous savons tous très bien que M. Jason Stearns, depuis qu’on l’a déclaré indésirable en République démocratique du Congo, passe son temps à pondre des rapports contre la crédibilité des institutions qui sont en place. Donc c’est quelqu’un qui est en train de régler un problème personnel et non pas qui fait un travail professionnel.

    Lambert Mendé, porte-parole du gouvernement congolais

    03-11-2018
    – Par
    Florence Morice

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