Author: Don Kayembe

  • Le gangster « Whitey » Bulger, incarné par Jack Nicholson et Johnny Depp, retrouvé mort en prison

    Le gangster « Whitey » Bulger, incarné par Jack Nicholson et Johnny Depp, retrouvé mort en prison

    Il a été incarné au cinéma par Jack Nicholson et Johnny Depp. Le gangster américain James « Whitey » Bulger a été retrouvé mort, mardi 30 octobre, dans une prison fédérale de Virginie-Occidentale où il venait d’être transféré, ont annoncé les services pénitentiaires. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de sa mort.

    Figure légendaire du crime organisé de Boston, James Bulger, qui avait 89 ans, a mené pendant des années une double vie de criminel particulièrement violent à la tête du Winter Hill Gang – un gang irlandais – dans les quartiers sud de Boston et d’informateur du FBI.

    Bulger s’était hissé aux commandes de la pègre de Boston au prix d’une meurtrière guerre des gangs. Les complicités nouées avec des responsables du FBI, qui partageaient comme lui des origines irlandaises et fermaient les yeux sur ses agissements en échange de ses informations sur la mafia italienne, lui ont permis de verrouiller son emprise sur le crime organisé.

    Arrêté en 2011 après seize ans de cavale

    Prévenu de son arrestation imminente par un agent fédéral corrompu, il avait fui Boston en 1994 et a échappé pendant plus de seize ans à la traque du FBI, qui l’avait placé sur sa liste des dix criminels les plus recherchés. Il avait finalement été capturé en juin 2011 dans un appartement de Santa Monica, en Californie, où il vivait sous une fausse identité.

    En 2013, il avait été doublement condamné à la prison à perpétuité après avoir été reconnu coupable de onze meurtres.

    En 2015, l’acteur Johnny Depp avait incarné au cinéma le célèbre mafieux dans Strictly Criminal de Scott Cooper. Bugler avait auparavant inspiré en partie à Martin Scorcese le personnage de Frank Costello, un chef de gang irlandais interprété par Jack Nicholson dans Les Infiltrés (2006).

    Lire la critique du film :   « Strictly Criminal » : Johnny Depp à l’aise dans la peau d’un gangster

    Read More

  • Un groupe de rap défie la junte militaire en Thaïlande

    Un groupe de rap défie la junte militaire en Thaïlande

    Dans son clip, publié sur Youtube, le groupe Rap Against Dictatorship critique ouvertement la junte militaire thaïlandaise au pouvoir depuis un coup d’Etat en 2014. Corruption, népotisme, manque de transparence, suppression de la liberté d’expression, privilèges accordés aux plus riches… les rappeurs évoquent les sujets qui font mal.

    Ce genre de critique du pouvoir est rare dans le pays. En Thaïlande, porter atteinte à l’image du pays est, en effet, puni de prison au nom de la « stabilité nationale ». Ce clip reflète le ras-le-bol de la population à l’égard des généraux et de leurs pratiques liberticides. La vidéo a déjà été vue plus de 22 millions de fois en une semaine.

    La police a d’abord menacé le groupe de rap et ceux qui osaient partager le clip. Mais face à la popularité de la chanson, les militaires n’ont pu empêcher sa diffusion. En s’affichant tolérants, ils veulent éviter de se mettre à dos une partie de leur futur électorat. En effet, des élections libres doivent se tenir en Thaïlande en février 2019. L’armée compte s’y présenter comme un parti politique légitime. C’est en partie pour ça qu’ils laissent les rappeurs s’exprimer. Malgré les élections à venir, la Constitution devrait permettre à l’armée de continuer à garder le pouvoir directement ou indirectement.

    LE MONDE

    Read More

  • Des « mercenaires étrangers » en Libye, une stratégie à risque

    Des « mercenaires étrangers » en Libye, une stratégie à risque

    Repliés dans le sud de la Libye, des mouvements rebelles soudanais ou tchadiens se retrouvent au cœur des enjeux de pouvoir, attisant les tensions régionales.

    Par Frédéric Bobin Publié hier à 18h31, mis à jour hier à 19h08

    Lecture 7 min.

    Le terme est dur : « occupation étrangère ». Ainsi le maire de Sebha, chef-lieu du Fezzan, région méridionale de la Libye, qualifiait-il au printemps, selon la presse libyenne, la présence dans cette zone de groupes armés originaires du Tchad et du Soudan. Six mois plus tard, le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de la Cyrénaïque (est) et l’un des principaux protagonistes de la crise libyenne, cherche à exploiter au mieux les crispations nationalistes autour d’une telle « occupation » en jouant de ses muscles dans le sud du pays, où il renforce lentement sa présence.

    Lire aussi Au Tchad, des bombardements de l’armée dans le Tibesti

    Alors que l’impasse politico-militaire se prolonge entre les deux pôles de pouvoir, l’un établi à Benghazi (est) et l’autre à Tripoli (ouest), le Sud libyen devient un théâtre de plus en plus disputé, d’autant que sa position frontalière avec le Niger, le Tchad et le Soudan en accroît la valeur stratégique. Le 13 octobre, l’aviation de Haftar, chef autoproclamé de l’Armée nationale libyenne (ANL), soutenu par l’Egypte, les Emirats arabes unis et, un peu, par la France, a bombardé une nouvelle fois – la précédente série de raids avait eu lieu en mars – les positions d’un groupe de l’opposition armée tchadienne évoluant dans le Fezzan. Quelques jours plus tard, le 16 octobre, le maréchal rendait visite à N’Djamena au président tchadien, Idriss Déby. La bonne coopération entre les deux hommes est l’une des données cruciales dans la géopolitique de cette partie de l’aire sahélo-saharienne.

    Base de projection vers Tripoli

    Leurs intérêts convergent. M. Déby veut mettre hors d’état de nuire les factions de son opposition armée ayant trouvé refuge dans le Sud libyen, d’où elles lancent des attaques contre le nord du Tchad. Le 11 août, le Conseil du commandement militaire pour le salut de la République (CCMSR), le principal groupe rebelle tchadien, a revendiqué une attaque sur une localité du Tibesti, le plus important assaut de ce type depuis 2009. Depuis, l’aviation de N’Djamena multiplie les raids aériens dans le but de « nettoyer » – selon le terme employé officiellement – la zone d’orpailleurs y opérant de manière « illégale » et d’empêcher ainsi la jonction entre ces derniers et des mouvements rebelles.

    Quant à Khalifa Haftar, le déclenchement d’une offensive contre ces groupes « étrangers » lui permet de justifier sa présence croissante dans le Sud libyen, qui vise, selon de nombreux observateurs, à bâtir une future base de projection vers Tripoli. Le maréchal, qui ne reconnaît pas la légalité du gouvernement d’accord national établi dans la capitale sous la présidence de Fayez Al-Sarraj (et soutenu par les Nations unies), n’a jamais fait mystère de son intention de « libérer » la ville. A cette fin, relèvent les analystes du théâtre libyen, il cherche à se glisser progressivement vers le nord-ouest tripolitain à partir du sud, et à prendre ainsi la capitale en étau.

    A l’origine, l’homme fort de la Cyrénaïque ciblait les groupes de l’opposition armée tchadienne repliés en Libye, car ces derniers s’étaient alliés aux milices proches de Misrata, la cité portuaire de la Tripolitaine où se recrutent ses plus farouches adversaires. C’est, du reste, à l’instigation de la Troisième Force, la grande brigade misratie déployée dans le Fezzan, que s’était créé en 2016 le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) à partir d’une dissidence de l’Union des forces pour la démocratie et le développement, jusqu’alors le principal groupe rebelle tchadien. Dans la généalogie tourmentée de ces mouvements d’opposition, le FACT sera à son tour ébranlé par une scission, celle qui donnera naissance au CCMSR défiant aujourd’hui ouvertement N’Djamena à partir de la Libye.

    Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Libye, les espoirs de paix minés par les rentiers du chaos et les guéguerres diplomatiques

    L’effectif total de ces formations se situerait « entre 2 000 et 3 500 hommes », selon un rapport du groupe d’experts des Nations unies sur la Libye publié début 2018. Le fait que nombre d’entre eux se soient mis au service – rémunéré – des factions libyennes antagonistes leur a valu l’appellation de « mercenaires étrangers ». Les combattants tchadiens ont ainsi pris part à nombre d’opérations militaires aux côtés de la Troisième Force et de la Brigade de défense de Benghazi, un groupe « révolutionnaire » à inclination islamiste. Ils sont intervenus en mars 2017 sur le Croissant pétrolier – un arc de terminaux situé en bordure du golfe de Syrte –, ravi temporairement à Haftar, ainsi que dans l’attaque sanglante (entre 75 et 141 morts) en mai 2017 de la base de l’ANL à Brak Al-Shati, à proximité de Sebha, la « capitale » du Fezzan.

    Le sort des groupes tchadiens en Libye connaît toutefois un profond bouleversement à partir de ce printemps 2017, alors que la Troisième Force se retire progressivement du Fezzan, affaiblie par le grignotage de Haftar épaulé par l’aviation des Emirats arabes unis. Avec le repli des Misratis disparaît un précieux protecteur ; dès lors, certains mouvements tchadiens sont forcés de composer avec le maréchal libyen. Dans le district d’Al-Jufrah, le FACT est ainsi autorisé à rester sur place sous réserve qu’il « se tienne tranquille », selon le mot d’un observateur international basé à Tunis. Pour d’autres formations, « la survie passe par une implication croissante dans les réseaux de contrebande », note un journaliste libyen issu de la communauté des Toubou, installée de part et d’autre des frontières entre le Tchad, la Libye et le Niger.

    « Gangs, terroristes et criminels »

    La récente dégradation de la situation sécuritaire dans le Fezzan, due notamment à la multiplication d’enlèvements assortis de demandes de rançon, découle à l’évidence de cette reconversion de rebelles tchadiens dans des activités criminelles. En lançant son opération contre « les gangs, terroristes et criminels » dans le Sud libyen, Haftar cherche à capitaliser sur l’exaspération de la population locale. Si sa présence – bien que croissante – est à ce stade plutôt limitée dans le Fezzan, l’ANL du maréchal peut s’y appuyer sur des groupes supplétifs. Parmi ces derniers figure notamment la brigade Khalid Bin Walid, une force dirigée par un Toubou salafiste et active ces dernières semaines dans des escarmouches contre des rebelles tchadiens.

    Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Libye, l’organisation Etat islamique fait peser un danger inédit sur Tripoli

    Dans ce contexte, la pression sur les « mercenaires tchadiens » est vouée à s’intensifier. La signature, fin mai, d’un accord de coopération sécuritaire entre le Soudan, le Tchad, la Libye et le Niger, qui autorise notamment un « droit de poursuite », va légaliser de possibles incursions de l’armée tchadienne du côté libyen de la frontière pour traquer des rebelles anti-N’Djamena.

    Pour ces derniers, la situation s’annonce d’autant plus délicate que les Toubou libyens, avec lesquels ils partagent d’étroits liens ethniques, ne sont pas – ou plus – nécessairement disposés à embrasser leur cause. « Nombre d’entre eux estiment que les autres communautés [les tribus arabes] de cette zone géographique remettent en cause leur présence même sur ce territoire. Dans ce contexte, les Toubou de Libye sont contraints de conserver de bonnes relations avec le Tchad », écrivent Jérôme Tubiana et Claudio Gramizzi dans un rapport (« Les Toubou dans la tourmente : présence et absence de l’Etat dans le triangle Tchad-Soudan-Libye ») publié en juin 2017 par l’organisation Small Arms Survey.

    Lire aussi « Le conflit à Tripoli vient du pillage de l’Etat par un cartel de milices mafieuses »

    La reprise des affrontements à Sebha entre des Toubou et la tribu arabe des Ouled Slimane, en fin d’année 2017, a confirmé – après la guerre de 2014-2015 à Oubari entre Toubou et Touareg – la fragilité des relations intercommunautaires dans le Sud libyen. Le discours sur une « occupation étrangère » menaçant la « souveraineté nationale » rencontre un écho croissant dans les communautés arabes libyennes de la région, qu’il s’agisse des Ouled Slimane à Sebha ou des Zway à Kufrah (sud-est). « Les Toubou de Libye, du Tchad et du Niger veulent créer leur République sur le modèle kurde, dénonce un responsable Ouled Slimane de passage à Tunis. Et cela, nous ne pouvons pas l’accepter. » De telles visées irrédentistes n’ont jamais été proclamées par les Toubou eux-mêmes, mais certaines figures des autres communautés le croient, ou feignent de le croire, nourrissant une certaine paranoïa autour d’un péril séparatiste dans le Sud libyen.

    Lire aussi Libye : l’amertume des Touareg, « citoyens de seconde zone »

    Le paradoxe est que le maréchal Haftar, qui cherche à exploiter ce malaise à son profit, n’hésite pas lui-même à recourir aux services des « mercenaires étrangers », notamment des rebelles darfouris en lutte contre le régime soudanais, que l’ex-Guide libyen Mouammar Kadhafi avait jadis déjà abrités. L’un des principaux groupes darfouris, l’Armée de libération du Soudan de Minni Minawai (SLA-MM), est ainsi déployé pour garder des installations du Croissant pétrolier, dont Haftar s’était emparé à l’automne 2016. Preuve de cette collusion, le dernier rapport du groupe d’experts des Nations unies, publié en septembre, reproduit un « laissez-passer » signé par un commandant de l’ANL de la zone d’Al-Jufrah au bénéfice d’un convoi darfouri de la SLA-MM en route vers le sud de Sebha. « Haftar dénonce et utilise à la fois les mercenaires étrangers en Libye », remarque un observateur international à Tunis. Et, comme pour le Tchad, la présence dans le pays de ces groupes darfouris met la frontière avec le Soudan sous pression.

    Read More

  • « Les Simpson » : pourquoi le sort du personnage d’Apu est en question

    « Les Simpson » : pourquoi le sort du personnage d’Apu est en question

    « Apu va quitter Les Simpson. » Depuis vendredi 26 octobre, un grand nombre de publications affirment que ce personnage, apparu dans la célèbre série animée américaine en 1990, s’apprête à disparaître des écrans, après une polémique sur les stéréotypes racistes qu’il est accusé de véhiculer sur les Indiens. Qu’en est-il exactement ?

    • Qui est Apu ?

    Apu Nahasapeemapetilon est un personnage récurrent des Simpson depuis bientôt trente ans. Né en Inde, émigré aux Etats-Unis, docteur en informatique, il tient une petite épicerie à Springfield, la ville des Simpson. Passionné de cricket et de rock, il est le père de huit enfants nés d’un mariage arrangé. Il est doublé, en version originale, par Hank Azaria, qui interprète aussi d’autres personnages de la série comme le barman Moe ou le policier Ralph Wiggum.

    • D’où vient l’information selon laquelle il va disparaître ?

    Tout est parti d’Adi Shankar, un producteur américain aux manettes notamment de la série animée Castlevania. Mécontent de la façon dont était dépeint Apu dans Les Simpson, il a lancé un concours de scénario afin « de le faire évoluer, d’un produit de scénaristes blancs et masculins sortis de Harvard pour le transformer en un portrait drôle, rafraîchissant et réaliste des Indiens aux Etats-Unis ». Mais après avoir reçu « le scénario parfait », il dit avoir appris que les producteurs des Simpson « allaient laisser tomber le personnage d’Apu », a-t-il annoncé au site IndieWire dans un article publié vendredi. Il dit tenir son information « de plusieurs sources » travaillant sur la série, et que l’éviction se fera discrètement, « juste pour éviter la controverse ».

    • Les créateurs de la série ont-ils confirmé le départ d’Apu ?

    Non. La Fox, qui produit et diffuse la série, a donné une réponse laconique à IndieWire : « Apu est apparu dans l’épisode du 14 octobre 2018 “My Way or the Highway to Heaven”. » Apu y apparaît en effet, mais seulement comme figurant au sein d’une foule.

    Al Jean, qui travaille comme scénariste sur la série depuis son lancement en 1989, a publié lundi un tweet pour dissiper tout malentendu, en soulignant qu’Adi Shankar ne travaille pas sur Les Simpson : « Je lui souhaite le meilleur, mais il ne s’exprime pas au nom de la série. »

    • Mais alors, finalement, va-t-il disparaître ou non ?

    Cela reste difficile à dire. Aucune source officielle n’a confirmé cette information – mais les déclarations de la Fox et d’Al Jean ne la démentent pas non plus. Qui plus est, la disparition a peut-être déjà eu lieu : si Apu continue à apparaître à la manière d’un figurant, le personnage « a à peine eu une ligne de texte en trois saisons », déclarait Matt Reiss, un des scénaristes de la série, au magazine Vanity Fair en mai. « Les gens disent : “Retirez Apu de la série.” Eh bien, il n’y est plus ! » En juillet, néanmoins, le créateur de la série, Matt Groening, interrogé par le New York Times sur l’existence d’un « moratoire » sur de futures apparitions d’Apu, avait répondu : « Si une bonne histoire nous vient, on la racontera. »

    • Qu’est-il reproché à Apu ?

    Cela fait plusieurs années que ce personnage est critiqué, accusé de véhiculer des stéréotypes racistes sur les Indiens. L’an dernier, le comédien américain Hari Kondabolu, originaire d’Inde, a même consacré un documentaire à cette question, The Problem with Apu (« le problème avec Apu »). Avec un regard amer sur son enfance : « au bout d’un moment, tu regardes Les Simpson le dimanche et tu as une idée de comment on va se moquer de toi le lundi, en fonction de ce qu’Apu a fait dans le dernier épisode », expliquait-il à la BBC, regrettant qu’Apu ne soit défini que par son travail, qu’il ait huit enfants – « une blague sur le fait qu’il y ait tant de gens en Inde » – et un mariage arrangé.

    « Apu est le seul Indien qu’on voyait à la télé, donc j’étais content d’être représenté quand j’étais enfant. Et bien sûr qu’il est drôle, mais ça ne veut pas dire que cette représentation est correcte, ou juste. C’est là qu’on en arrive à l’aspect insidieux du racisme, parce que vous ne le remarquez pas, même quand c’est juste en face de vous. »

    Le fait qu’Apu soit doublé par un homme blanc, Hank Azaria, lui pose aussi problème : « On dirait un mec blanc qui imiterait un mec blanc qui se moquerait de mon père. »

    D’autres personnalités ont aussi exprimé leur malaise face à Apu, comme l’actrice indienne Priyanka Chopra, qui a passé sa jeunesse aux Etats-Unis et déclaré qu’Apu avait « empoisonné » son enfance. Un rédacteur en chef du New York Times, Vikas Bajaj, a beau trouver « une certaine vérité » dans le personnage d’Apu, il regrette dans une tribune qu’il s’agisse « d’une caricature conçue pour se moquer d’une minorité, afin d’amuser la majorité ».

    • Que répondent les créateurs des « Simpson » ?

    Dès 2016, un épisode entier des Simpson fut consacré à cette question, intitulé Much Apu about nothing (une référence à la pièce de William Shakespeare, qu’on pourrait traduire par « Beaucoup d’Apu pour rien »). Un épisode dans lequel le maire Quimby veut expulser les immigrés clandestins, dont Apu, et dans lequel sont moqués les stéréotypes sur les Indiens. Après la sortie du documentaire The Problem with Apu en 2017, une scène d’un autre épisode des Simpson a aussi fait référence à la polémique.

    En avril, Matt Groening, interrogé par USA Today au sujet d’Apu, avait répondu : « Je crois que nous sommes à une époque, dans notre culture, où les gens adorent prétendre qu’ils sont choqués. » Une réponse qui lui avait attiré des critiques, et qu’il avait étoffée quelques mois plus tard dans le New York Times :

    « J’adore Apu. J’adore ce personnage, et je me sens mal qu’il ait pu faire se sentir mal d’autres personnes. Mais en même temps, tout cela est désormais entaché – le débat, il n’y a plus de nuance dans le débat maintenant. »

    Hank Azaria, la voix d’Apu dans la version originale, avait de son côté annoncé en avril qu’il était prêt à renoncer au doublage de ce personnage. Quelques mois plus tôt, il avait fait état de son malaise à l’idée « que quiconque ait pu se retrouver marginalisé » ou « harcelé » à cause du personnage d’Apu. Tout en soulignant que la série s’était toujours moquée de tout un tas de personnes, « les républicains, les Brésiliens, les présidents, les chefs d’établissements scolaires, les Italiens, tout ce que vous voulez » :

    « Et ils ont toujours mis un point d’honneur à ne jamais s’en excuser. Je pense qu’au fil des années, ils ont tout à fait réussi, si je puis dire, à se moquer de tout le monde uniformément, sans se monter vraiment blessant. »

    Read More

  • Inondations spectaculaires à Venise

    Inondations spectaculaires à Venise

    “Un déluge d’eau et de vent” s’est abattu sur l’Italie, écrit Il Gazzettino, quotidien du nord-est de l’Italie, qui déplore “des évacuations, la peur et la mort”.

    Depuis dimanche 28 octobre, les intempéries ont fait au moins 11 morts dans le pays, provoquant notamment des chutes d’arbres, des coupures d’électricité et le blocage d’axes routiers. À Venise, l’eau est montée jusqu’à 156 cm lundi, rappelle le journal régional, qui affiche ce chiffre à sa une. “Les trois quarts de la ville étaient recouverts d’eau.”

    Source

    Fondé en 1887, il s’agit du quotidien régional le plus diffusé en Vénétie et en Trivénétie.
    Parmi les plus anciens quotidiens d’Italie, Il Gazzettino a longtemps été publié sur une feuille unique et contenait des feuilletons. En octobre 2009,

    […]

    Lire la suite

    Sélection de la rédaction

    Read More

  • Au Sri Lanka, une manifestation monstre pour soutenir le premier ministre démis

    Au Sri Lanka, une manifestation monstre pour soutenir le premier ministre démis

    Le Sri Lanka s’enfonce dans une grave crise politique depuis le limogeage, vendredi 26 octobre, du premier ministre Ranil Wickremesinghe par le président Maithripala Sirisena. Le chef du gouvernement sortant, qui s’accroche à son siège, a reçu le soutien mardi de plusieurs dizaines de milliers de personnes, qui dénoncent un « coup antidémocratique ».

    Entre 25 000, selon la police, et 100 000 personnes, selon le United National Party (UNP) parti de M. Wickremesinghe, se sont rassemblées devant sa résidence, où il vit retranché depuis le début de la crise politique, paralysant des axes routiers clés de la ville. Le rassemblement s’est dispersé en début de soirée sans que des incidents violents n’aient été signalés.

    Lire notre analyse :   Le Sri Lanka s’enfonce dans la crise politique

    M. Wickremesinghe, qui estime que son renvoi est anticonstitutionnel, a été remplacé par Mahinda Rajapakse, l’ex-président (2005-2015) du Sri Lanka. Ce dernier, accusé de corruption et de violation des droits de l’homme, a d’ores et déjà annoncé une partie de son gouvernement.

    Dimanche, deux jours après cette nomination surprise, M. Sirisena a justifié sa décision au cours d’une longue déclaration retransmise à la télévision, dans laquelle il accuse un ministre du précédent gouvernement d’avoir préparé une tentative d’assassinat le visant. Il reproche également au chef du gouvernement sortant d’avoir pris des « décisions individuelles » sans le concerter et d’avoir laissé prospérer la « fraude et la corruption » dans le pays.
    Le président et le premier ministre sortant, qui s’étaient alliés en 2015 pour évincer M. Rajapakse, ont notamment des divergences sur la politique économique et les tensions entre eux étaient montées d’un cran à un an de la prochaine élection présidentielle, où tous deux envisagent d’être candidats.

    « Coup d’Etat constitutionnel »

    Mais M. Wickremesinghe réclame une session d’urgence du Parlement, suspendu par le président jusqu’au 16 novembre, pour prouver qu’il détient toujours la majorité. « Nous sommes contre le limogeage, les gens n’ont pas voté pour que Sirisena se comporte de cette manière, a lancé à ses soutiens M. Wickremesinghe depuis un podium improvisé. Nous résisterons à ce qu’a fait le président. »

    La foule de vert vêtue, la couleur de l’UNP, a également déchiré des effigies du président Sirisena et chanté « A bas le premier ministre voyou » en protestation à ce que de nombreux journaux locaux ont qualifié de « coup d’Etat constitutionnel ». Cette crise est aussi celle du système politique sri-lankais, à mi-chemin entre régime parlementaire et régime présidentiel. Le premier ministre sortant a reçu le soutien du président du Parlement, Karu Jayasuriya, qui est également issu de l’UNP. Dans une lettre écrite au président, il dit redouter un « bain de sang » si les députés ne sont pas consultés pour trancher.

    « Si vous ne le faites pas, nous ne pourrons empêcher le peuple de recourir à des moyens alternatifs pour protéger leurs droits démocratiques. Au nom de la démocratie, je vous enjoins de reconsidérer votre position de proroger le Parlement et autoriser que justice soit faite. »

    Read More

  • « Le regard égrillard de l’homme blanc a été un élément constituant de la colonisation »

    « Le regard égrillard de l’homme blanc a été un élément constituant de la colonisation »

    L’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch revient sur la polémique suscitée par les images du livre « Sexe, race et colonies ». Un procès qui, selon elle, détourne du vrai sujet.

    Tribune. La réception du gros ouvrage (4 kg) Sexe, race et colonies, qui vient de sortir aux éditions La Découverte, provoque des réactions contrastées voire virulentes. En qualité d’historienne engagée – qualificatif qui n’est pas synonyme de militante –, je pense que l’un des principaux devoirs de l’historien est de privilégier le savoir, et tout le savoir. D’où la nécessité d’aborder quelque question que ce soit de façon sinon frontale du moins dégagée autant que possible de tout affect. Cela implique de lutter contre les non-dits, les réticences d’ordre extra-scientifique, les préjugés de toute sorte, bref d’une façon générale les tabous de l’histoire ou réputés tels.

    Lire aussi :
     

    « Les imaginaires sexuels coloniaux ont façonné les mentalités des sociétés occidentales »

    Le sexe aux colonies a fait partie de ces « tabous ». Tabou n’implique pas ignorance. On a étudié les signares, les ménagères, les concubines, les esclaves. Néanmoins c’est l’historienne américaine Ann Stoler qui a, la première, mis en lumière une évidence : le regard égrillard de l’homme blanc, la sexualité, voire la pornographie n’ont pas été un corollaire marginal de la colonisation : c’en est un élément constituant.

    L’ouvrage s’en veut la démonstration visuelle. On l’a écrit, on l’a peu montré, et jamais de façon systématique. D’aucuns, choqués par la crudité des images, ont réagi.

    Ne pas s’en tenir au premier degré

    Quelques journalistes pourtant sérieux s’en sont offusqués avant d’avoir vu le livre, d’autres l’ont fait sans l’avoir lu. Ce n’est pas admissible. Certes, il faut tenir compte des réactions, mais peut-être seulement si elles émanent de femmes noires – les sujets apparemment objectivés de l’ouvrage. Je suis réservée sur les réactions gênées, voire scandalisées de critiques blancs.

    Lire aussi :
     

    Erotisme et colonialisme, le piège de la fascination

    Car c’est au public blanc que s’adresse le livre, qui exige de ne pas s’en tenir au premier degré. Le propos n’est pas de se régaler de la vue du corps de femmes noires, il est de démontrer le caractère massif, pendant des siècles, de l’utilisation de ces corps par le regard et les actes des hommes (voire des femmes) blancs.

    Ce processus a commencé dès les premiers contacts, au tout début de l’esclavage de couleur, de la traite des unes par les autres. Le documentaire Les Routes de l’esclavage, diffusé le 1er mai 2018 sur Arte et auquel j’ai participé, a entrepris de le visualiser sans complexe.

    Lire aussi :
     

    « Les Routes de l’esclavage », l’héritage d’un drame universel

    Les images apparaissent avec la traite arabo-berbère, elles se démultiplient avec la traite atlantique. Quoi de plus convaincant que de le montrer ? Comme l’explique l’historien Jean‑Claude Schmitt, « l’image a été un élément clé de l’expansion européenne ».

    C’est le sujet de cet ouvrage. Les auteurs ont visualisé 70 000 images pendant quatre ans. Ils en ont sélectionné 1 200. Certaines étaient connues, ne serait-ce qu’au travers des cartes postales qui circulaient dès les années 1900 et de publications antérieures. La plupart sont inédites, oubliées, ou dissimulées. La masse confirme la thèse du livre : l’usage sexuel et la manipulation coloniale des femmes ont été aussi abondants que permanents. Le fait même que certaines aient été « fabriquées » est une preuve de la sexualisation coloniale.

    Savoir visuel

    La virulence des critiques répond à la violence sexuelle coloniale. On a opposé ce corpus à Shoah, ce monument de Claude Lanzmann (1985), qui évoque tout en ne montrant rien. La comparaison est doublement inacceptable. Shoah repose sur un savoir visuel préalable qui permet à l’imaginaire de se représenter l’inacceptable. Qui plus est, ce « savoir visuel » a été fabriqué, car il n’existe guère d’images des camps d’extermination en action, les cendres étant englouties dans les fours crématoires.

    Les amas de cadavres squelettiques photographiés par les Britanniques et les Américains ne sont pas les restes des juifs et des Tziganes gazés à Auschwitz, mais les victimes du typhus dans les camps de déportation (et non d’extermination) abandonnés par les nazis, notamment Bergen-Belsen. Néanmoins, sans ce travail visuel préalable, Shoah serait incompréhensible pour le public non concerné ou non spécialiste.

    Le savoir visuel réalisé ici est authentique. Il affirme que tous les colonisateurs – administrateurs, commerçants, voyageurs, explorateurs, voire missionnaires – pouvaient (même s’ils ne l’ont pas tous fait) se livrer sur les femmes africaines à ce qui leur était interdit en métropole. Après avoir vu, on ne peut plus faire comme si on ne savait pas. Ces images sont dérangeantes par ce qu’elles font voir qu’il devient impossible de ne pas voir. Je me méfie des réactions effarouchées de lecteurs qui préfèrent se voiler la face plutôt que d’affronter une réalité déstabilisante.

    Lire aussi :
     

    « Les traites des Africains ont concerné quasiment le monde entier »

    J’aurai une réserve ; celle d’une historienne blanche. Car la réaction affective, viscérale, de femmes noires est réelle. L’« insensibilité affective » devient difficile sinon impossible. La chercheuse sait que c’est vrai. La femme a du mal à faire la distinction entre la maltraitance des colonisées et sa propre personne. Elle voit son image : que faire ?

    Entendre l’avis des Africaines d’Afrique

    Expliquer. Inlassablement expliquer que le fait de se voir « noire » sur l’image est le fruit du racisme de couleur instauré depuis des siècles à la faveur de l’esclavage atlantique. Des siècles de dépréciation lui ont fait intégrer la réalité du racisme de couleur. C’est, il me semble, une réaction plus française qu’africaine. En France, les femmes noires font globalement partie d’une minorité menacée, donc fragile.

    En Afrique, des collègues africains consultés ne sont pas aussi choqués que leurs partenaires français. Alain Mabanckou l’a également exprimé à Blois lors d’une table ronde. Ce que montre le livre est vrai, et ils l’ont toujours su. Alors ? Alors, avant de parler à leur place ou en leur nom, il faut d’abord entendre l’avis et les réactions des Africaines d’Afrique.

    Lire aussi :
     

    « En Occident, l’héritage de la longue histoire de l’esclavage, c’est le racisme anti-Noirs et l’importance de la couleur de la peau »

    C’est ici que l’intelligence des textes qui accompagnent les images apparaît fondamentale. Comme le souligne Jean‑François Dortier dans un numéro de la revue Les Grands Dossiers des sciences humaines édité à l’occasion des Rendez-vous de l’histoire de Blois, « le pouvoir des images n’existe pas sans un texte et un contexte qui l’accompagnent ».

    Le nombre de critiques qui n’ont pas lu, ou si peu, les textes paraît considérable. Les vingt textes de fond ont été pensés, discutés et écrits par les cinq éditeurs du volume. Ils traitent de ces questions fondamentales en faisant le partage entre le savoir historique et l’usage que l’on peut en faire. Qui a pris le temps de les lire avec attention ?

    Du paradis terrestre au paradis sexuel

    Les auteurs ont procédé au travail chronologique de l’historien, distinguant les phases de la représentation : la première, à partir des XVe et XVIe siècles, révèle, de la part des graveurs et peintres concernés, un mélange détonnant de fascination – pour ces corps étrangers au monde occidental de l’époque – et de domination (présente quelle que soit la période) ; fascination non dépourvue d’obscénité, surtout à partir des XVIIe et XVIIIe siècles, pour ces sociétés qui s’autorisaient des « femmes nues » alors que le puritanisme occidental allait s’accentuer une fois passés les « excès » de la Renaissance.

    La rupture remonte au début du XIXe siècle : c’est la fin du « paradis terrestre », qui va se transmuter en paradis sexuel pour les hommes blancs, dont les épouses, en Europe, sont dorénavant « corsetées au propre comme au figuré », tandis que se généralise l’idée de la sexualité irrépressible de l’homme. Les espaces sexuels sont rejetés vers les colonies. C’est l’épanouissement de la pornographie coloniale, la seule tolérée et même magnifiée en Occident.

    Lire aussi :
     

    Ce que révèle la fascination pour les sexualités « exotiques »

    La centaine de notices complémentaires rédigées par 97 spécialistes internationaux apporte des mises au point n’éludant aucun problème, pédérastie incluse (volontairement sans illustration). On peut ne pas être d’accord. Encore faut-il le démontrer plutôt que de se livrer de façon plutôt répétitive à des attaques ad hominem visant une équipe de chercheurs de qualité.

    Un ciment de l’entreprise coloniale

    L’image et le texte sont inséparables, c’est une exigence historienne. Or beaucoup de lecteurs ne savent pas interpréter les images. Une table ronde à Blois [lors de l’édition 2018 des Rendez-vous de l’histoire dont le thème était « La puissance des images »] était consacrée au retard en France du décryptage de l’image comme source des non-dits contemporains. Ces images assumées par les colonisateurs y compris dans leur esthétisme sont aujourd’hui condamnables. Mais les textes font éviter l’anachronisme.

    Lire aussi :
     

    « Images-pouvoirs ou images-désirs ?, par Georges Didi-Huberman

    On dira que c’est un vœu pieux, car il existe encore, hélas, nombre de racistes qui pourraient ainsi se « rincer l’œil ». Mais au moins le livre peut-il montrer à tous les autres, qui ne le savaient guère (à l’exception de quelques spécialistes), à quel point les abus sexuels ne furent pas des accidents épisodiques ou marginaux, mais qu’ils constituèrent un des ciments constitutionnels de l’entreprise coloniale.

    Le sujet traité n’est pas la femme noire ou orientale, mais l’idée que s’en faisaient et que s’en font encore certains Blancs. Les auteurs n’auraient-ils pas suffisamment souligné leur propos dans le titre ?

    Encore faut-il tenir compte des exigences de l’édition : faire vendre. On pense ainsi au titre accrocheur de la sérieuse revue L’Histoire en octobre 2018 : « Le Moyen Age a tout osé : l’obscène et le sacré », le thème et ses images n’occupant que 10 % du numéro.

    Le thème du livre n’est pas la sexualité de la femme « exotique » mais l’obscénité du colonisateur blanc.

    Catherine Coquery-Vidrovitch est professeure émérite d’histoire africaine à l’université Paris-Diderot (USPC). Elle a publié en mai 2018 Les Routes de l’esclavage. Histoire des traites africaines, VIe-XXe siècle chez Albin Michel/Arte Editions.

    Cet article a d’abord été publié sur le site de The Conversation.

    Read More

  • Dans l’Amérique de Trump, un record de femmes se présentent aux élections de mi-mandat

    Dans l’Amérique de Trump, un record de femmes se présentent aux élections de mi-mandat

    La présidence Trump s’est ouverte, le 21 janvier 2017, sur une marée de bonnets roses dans les rues de Washington et d’ailleurs, une marche inédite de femmes protestant contre son investiture. Vingt-deux mois plus tard, la même marée rose – et bleue, aux couleurs du parti démocrate – s’apprête à déferler, sur le Congrès, cette fois, à l’issue des élections de mi-mandat.

    Un an après la vague #metoo, Donald Trump est toujours en délicatesse avec l’électorat féminin. A trois semaines du scrutin, mardi 16 octobre, il a renouvelé ses attaques contre la sénatrice démocrate Elizabeth Warren et a adressé une bordée d’insultes à l’actrice pornographique Stormy Daniels, qu’il a appelée « Horseface » (Face de cheval)… Ces remarques sont lancées à un moment où le scrutin du 6 novembre s’annonce comme un référendum plutôt « contre » que « pour » le président, relève une étude de Pew Research.

    Le dernier épisode de notre série :   Midterms J – 7 : Trump juge les « médias bidon » responsables du climat de violence politique

    • Record de candidates au Congrès

    Un constat s’impose, la saison des primaires pour le cycle électoral de 2018 s’est terminée sur un record : 257 femmes ont décroché une investiture pour le Congrès pour les élections de mi-mandat, relève le Center for American Women and Politics de l’université Rutgers (CAWP). Cette vague n’est pas sans rappeler l’année 1992, qui est restée dans les mémoires comme « l’année des femmes » : 51 candidates avaient fait leur entrée au 103e Congrès des Etats-Unis (47 à la Chambre, 4 au Sénat), doublant la représentation féminine au Parlement.

    Ce phénomène avait été interprété comme une réponse au choc ressenti par les femmes face à la manière humiliante dont avait été traitée Anita Hill, une jeune professeure d’université afro-américaine qui accusait de harcèlement le juge Clarence Thomas, pressenti pour entrer à la Cour suprême. En 2018, l’élément déclencheur est Donald Trump, par ses propos sexistes, les menaces qu’il fait peser sur les droits des femmes ou ses positions rétrogrades, sur l’avortement notamment.

    • Alexandria Ocasio-Cortez, l’espoir du parti démocrate

    Membre des socialistes démocrates américains, Alexandria Ocasio-Cortez est la star des candidates démocrates à la Chambre. A la fin de juin, elle a bousculé l’establishment démocrate en remportant les primaires du parti dans la 14circonscription de New York, face à Joseph Crowley, 56 ans, élu à la Chambre des représentants depuis 1999. Son discours a séduit les communautés afro-américaines, asiatiques et latino-américaines du Bronx. Son élection en novembre semble une formalité, et elle s’apprête à devenir, à 28 ans, la plus jeune élue du Congrès. Elle pourra prétendre incarner le « futur du parti démocrate ».

    • Duel de candidates en Pennsylvanie

    La Pennsylvanie, qui est l’un des onze Etats sans élue, œuvre à corriger cette anomalie. Deux candidates se présentent dans la 5circonscription : l’ancienne procureure Pearl Kim, pour les républicains, et l’avocate Mary Gay Scanlon, 59 ans, pour les démocrates. Si Pearl Kim l’emportait dans cette circonscription qui vote largement démocrate, elle deviendrait la première personne d’origine asiatique à représenter la Pennsylvanie au Congrès, note le CAWP. Sur CNN, elle a expliqué qu’elle soutenait le mouvement #metoo et la lutte contre les violences sexuelles, combat qui, selon elle, devrait transcender les partis.

    • Trois candidates amérindiennes

    En plus d’être l’année des femmes, 2018 devrait être celle des Amérindiennes, note le site Indian Country Today. Debra Haaland, 58 ans, issue de la tribu Pueblo of Laguna, au Nouveau-Mexique, se présente dans la première circonscription. Cette démocrate, en passe d’être élue face à Janice Arnold-Jones dans une circonscription aux mains des démocrates et où Hillary Clinton l’a emporté en 2016 avec 17 points d’avance, défend le droit à l’avortement et veut une réforme de l’immigration.

    Yvette Herrell, républicaine de la tribu Cherokee, se présente dans la 2circonscription du Nouveau-Mexique (favorable aux républicains), face à la démocrate Xochitl Torres Small. Elle se définit comme « une chrétienne conservatrice » et réclame un renforcement des contrôles aux frontières et l’expulsion des clandestins.

    Sharice Davids, qui appartient à la nation Ho-Chunk du Wisconsin, est en position de l’emporter. Cette ancienne championne de MMA (arts martiaux mixtes), qui revendique aussi son homosexualité, qui entre en lice pour le parti démocrate dans la 3e circonscription du Kansas face au candidat sortant, Kevin Yoder, est bien placée selon les sondages – portant sur de faibles échantillons – qui lui donnent entre 8 et 12 points d’avance.

    Analyse (édition abonnés) :   Les candidates démocrates à l’assaut de l’Amérique de Trump

    • Musulmanes, afro-américaines et latino-américaines

    Minnesota. La démocrate Ilhan Omar, Américaine d’origine somalienne et de confession musulmane, part à la conquête de la 5e circonscription, qui comprend la ville de Minneapolis. Née à Mogadiscio en 1982 et installée aux Etats-Unis depuis l’âge de 14 ans, elle a été élue à la Chambre des représentants du Minnesota en novembre 2016. Lors de la primaire du printemps, elle a reçu le soutien d’Alexandria Ocasio-Cortez. Ilhan Omar devrait remporter l’élection – ayant levé plus de fonds que son adversaire, Jennifer Zielinski, et faisant campagne dans une circonscription considérée comme acquise aux démocrates – et devenir ainsi l’une des deux musulmanes à entrer au Congrès.

    Michigan. Rashida Tlaib, candidate musulmane d’origine palestinienne, native de Detroit, est l’aînée d’une famille de quatorze enfants. Elle est la première de sa famille à faire des études supérieures. Elle est élue au parlement du Michigan depuis 2008. Sans opposant dans la 13e circonscription du Michigan, qui comprend des portions de Detroit, Rashida Tlaib, qui a fait campagne avec Ilhan Omar, sera élue.

    Massachusetts. Ayanna Pressley et Jahana Heyes sont en passe de devenir les premières Afro-Américaines à représenter des Etats de Nouvelle-Angleterre au Congrès. Ayanna Pressley n’a pas d’opposant dans la 7e circonscription du Massachusetts (une portion de Boston) dans laquelle elle se présente. Comme nombre de candidates, elle a, à 44 ans, bousculé l’establishment démocrate. Elle s’est imposée face à Michael Capuano, élu depuis 1998, sur un argument fédérateur : « Une circonscription jeune et majoritairement non blanche a besoin d’une voix nouvelle à Washington. »

    Connecticut. Pour sa part, la démocrate Jahana Hayes, candidate dans la 5e circonscription du Connecticut, fait figure de « survivante », comme les aiment les Américains : fille d’une mère toxicomane, mère à 17 ans, elle a reçu des mains de Barack Obama, en mai 2016, le titre d’enseignante de l’année 2016. Comme beaucoup d’enseignants, elle s’est portée candidate pour protester contre les politiques éducatives au niveau fédéral et s’est imposée dans les primaires face à une représentante de l’establishment démocrate, Mary Glassman. Un de ses chevaux de bataille : l’idée de Donald Trump de répondre aux fusillades dans les écoles en puisant dans le budget fédéral alloué à l’éducation pour armer les enseignants.

    Texas. Deux candidates latino-américaines sont en passe d’être élues au Texas : dans la 16e circonscription (celle d’El Paso), Veronica Escobar, 47 ans, ancienne juge du comté d’El Paso, s’est lancée pour sa première candidature à la conquête du siège de représentant détenu par Beto O’Rourke, lui-même candidat au Sénat face à Ted Cruz. A elle seule, sa candidature résume la somme des angoisses qu’a fait naître l’élection de Donald Trump : « Je m’inquiète pour la planète. Je m’inquiète pour les immigrants. Je m’inquiète pour les femmes. Je m’inquiète pour la communauté LGBT. Je m’inquiète pour El Paso et la frontière. Et je ressens un sentiment d’angoisse très intense », dit-elle. Dans la 29e circonscription (Houston), favorable aux démocrates, Sylvia Garcia devrait être élue.

    • Première sénatrice en Arizona et au Tennessee

    L’Arizona aura pour la première fois une sénatrice : les deux partis envoient en effet chacun des candidates à la bataille, la républicaine Martha McSally étant opposée à la démocrate Kyrsten Sinema pour prendre le siège du républicain Jeff Flake, qui ne se représente pas :

    La républicaine Marsha Blackburn, qui est la première femme à décrocher l’investiture dans le Tennessee pour un siège au Sénat, en remplacement de Bob Corker, deviendrait, si elle remporte l’élection, la première sénatrice de cet Etat du Sud ; mais elle ne fait pas de son sexe un argument de campagne, préférant être appelée… congressman.

    Explications :   Le Parti démocrate mise sur les candidatures féminines

    • Gouverneur : le pari de Stacey Abrams

    Les élections au poste de gouverneur sont plus compliquées pour les candidates : 22 Etats n’ont jamais eu de femme à ce poste et, actuellement, seules six femmes occupent cette fonction de chef de l’exécutif. En 2018, douze démocrates et quatre républicaines sont candidates à un poste de gouverneur.

    A 44 ans, la démocrate Stacey Abrams, élue à la Chambre des représentants de Géorgie, se présente dans cet Etat sudiste et conservateur : elle s’est fait repérer lors de la convention démocrate de Philadelphie en 2016, parlant de sa passion pour le service public. Et elle est depuis entrée dans l’histoire en devenant la première Afro-Américaine à décrocher l’investiture d’un parti pour un poste de gouverneur. Mais la bataille s’annonce difficile : l’Etat n’a pas élu de gouverneur démocrate depuis 1998, et Donald Trump s’y est imposé en 2016.

    Dans l’Idaho, Paulette Jordan, candidate démocrate, pourrait, elle aussi, entrer dans l’histoire. Si elle l’emporte face au républicain Brad Little, elle sera la première Amérindienne (de la nation Cœur d’Alene), première femme – et premier candidat démocrate depuis le gouverneur Cecil Andrus (1987-1995) – à s’imposer dans ce bastion républicain.

    Analyse (édition abonnés) :   Aux Etats-Unis, la féminité devient un argument électoral

    Read More

  • Les violations des droits de l’homme en hausse en septembre en RDC, selon l’ONU

    Les violations des droits de l’homme en hausse en septembre en RDC, selon l’ONU


    Par
    RFI

    Publié le 30-10-2018
    Modifié le 30-10-2018 à 17:16

    Selon le dernier rapport du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, 620 violations ont été documentées au total. Et si le nombre de ces atteintes aux droits de l’homme attribuées à des agents de l’Etat est en baisse, celles commises par divers groupes armés ont progressé.

    La tendance à la hausse se confirme. Mais cette fois ce sont les violations des droits de l’homme attribuées aux groupes armés qui augmentent : + 43% par rapport au mois d’août.

    Dans le même temps, celles attribuées aux agents de l’Etat ont baissé de 22%, mais représentent toujours plus de la moitié du total des violations enregistrées (52%) avec par exemple, en septembre, l’exécution extrajudiciaire de 25 personnes, dont une femme.

    Les provinces les plus affectées, tous auteurs confondus, sont celles où se déroulent des conflits. Le Nord-Kivu, en tête, concentre 42% des atteintes aux droits de l’homme, suivi du Sud-Kivu et l’Ituri. Une augmentation à noter également en septembre dans le Tanganyika, en lien avec le conflit entre pygmées et bantou.

    Pour ce qui est des libertés démocratiques et du climat pré-électoral. L’ONU constate une amélioration en septembre, mais parle d’un respect de la liberté de manifester « à géométrie variable, au gré des affinités politiques ». Autrement dit, « moins de manifestations réprimées violemment » dans l’ensemble explique Adbul Aziz Thioye, le directeur du bureau conjoint de l’ONU, « mais dans certains provinces comme le Haut-Katanga par exemple, des « autorités » qui « continuent de faire du zèle », et « exercent des pressions énormes sur les manifestants », « à l’encontre des engagements pris par le gouvernement ».

    Read More

  • Cameroun: une mission évalue l’aspect sécuritaire de la CAN 2019

    Cameroun: une mission évalue l’aspect sécuritaire de la CAN 2019

    Par




    Une mission de sécurité Confédération africaine de football/Fédération internationale de football est au Cameroun depuis le 28 octobre 2018 pour évaluer les mesures sécuritaires prises par le pays en marge de la Coupe d’Afrique des nations 2019, prévue du 15 juin au 13 juillet. Cette mission, qui s’achève le 3 novembre prochain, visitera l’ensemble des sites devant abriter les matches de la CAN 2019.

    C’est lors du dernier comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF), fin septembre 2018 en Egypte, que la décision d’une mission de sécurité au Cameroun a été prise. Objectif : s’assurer de l’existence des plans de sécurité dans les différents sites de la Coupe d’Afrique des nations 2019.

    Mais indirectement, cette inspection, qui intervient après l’élection présidentielle du 7 octobre 2018, doit en plus de garantir que la sérénité règne dans le pays, s’assurer que les mouvements sécessionnistes des régions anglophones, n’auront pas un impact négatif sur la phase finale du tournoi, prévue du 15 juin au 13 juillet.

    Une autre mission d’inspection prévue

    La délégation conduite par le président de la fédération nigérienne de football, Djibrilla Hima Hamidou « Pelé », a ainsi eu des entretiens avec les ministres en charge des questions de sécurité. Elle a non seulement reçu les assurances que les aspects sécurités ont bien été pris en compte dans la conception des stades en cours de construction, mais également que la sécurité des personnes et des biens, sera parfaitement assurée lors de la CAN 2019, singulièrement sur le site de Buéa et Limbé en zone anglophone, qui abritera les rencontres du groupe E.

    La mission CAF/FIFA s’est depuis le 28 octobre rendue sur les sites de Yaoundé, Garoua et Bafoussam pour la visite des infrastructures sportives et aéroportuaires.

    Une autre visite d’inspection de la CAF est annoncée au Cameroun dans les prochains jours, pour l’évaluation de l’évolution des travaux des infrastructures sportives.

    Chronologie et chiffres clés

    Read More