Publié le 31-10-2018 Modifié le 31-10-2018 à 02:05
En Libye, l’attentat commis lundi 29 octobre dans une petite ville du centre du pays située près d’al-Joufra, en plein désert, et revendiqué par l’Etat islamique, indique le retour de l’organisation dans le Sud libyen, un vaste territoire avec des frontières ouvert sur cinq pays sans contrôle des forces sécuritaires véritables. Au moins cinq personnes, dont trois civils, ont été tuées dans l’attaque, et dix autres enlevées. L’EI trouve dans le vide sécuritaire que connaît le Sud libyen un terrain fertile à son action. Et elle se venge.
La division politique et militaire dont souffre la Libye depuis plusieurs années profite aux organisations islamistes extrémistes. C’est ce qu’affirment plusieurs observateurs de la scène libyenne.
Alors que depuis de longs mois les discussions pour réunifier l’armée libyenne piétinent au Caire, la dégradation sécuritaire sur le terrain s’est accélérée et surtout dans le sud du pays.
Les observateurs ont toujours dit que l’organisation EI en Libye est affaiblie, mais pas finie, que sa défaite en Irak et en Syrie peut l’activer à nouveau en Libye. Preuve de la complexité de la situation sécuritaire : il y a quelques jours encore, le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, a annoncé une nouvelle opération pour sécuriser le sud. En vain.
En ce qui concerne l’attaque d’al-Fuqaha, lundi dernier, les habitants sont persuadés qu’il s’agit d’une vengeance. En effet, il y a deux semaines, ce sont ces habitants qui ont livré deux membres libyens du groupe EI à la brigade 128, force suppléante de l’armée nationale libyenne dans le sud. L’un des deux interpellés était un haut responsable de l’EI, permettant d’autres arrestations dans les rangs de l’Etat islamique.
Publié le 31-10-2018 Modifié le 31-10-2018 à 00:57
Une enquête de Greenpeace dévoile les 50 régions de la planète les plus polluées au dioxyde d’azote. Parmi elles, une se trouve en Angola, trois en République démocratique du Congo et une en Afrique du Sud, dans la région du Mpumalanga, à une centaine de kilomètres de Johannesburg. Elle est même considérée comme le « pire point chaud du monde » selon l’ONG de défense de l’environnement. Une pollution record due à la puissante industrie du charbon dans la nation arc-en-ciel.
Douze centrales à charbon dans un périmètre d’environ 200 kilomètres. C’est ce qui vaut au Mpumalanga l’étiquette de région la plus polluée au monde. Le cœur de l’industrie sud-africaine du charbon se trouve dans cette zone, à une heure et demie de route de Johannesburg seulement.
Des taux anormalement hauts de dioxyde d’azote y ont été découverts par Greenpeace. C’est le « pire point chaud de la planète » s’alarme l’ONG.
Les usines à charbon y sont vieilles, vétustes et ne respectent pas les normes environnementales. Le géant sud-africain de l’électricité Eskom est surendetté et ne peut donc pas mettre aux normes ses usines. Les mises aux normes sont sans cesse repoussées depuis cinq ans.
« Le charbon tue », insiste Greenpeace qui déplore qu’un tiers des fumées dégagées par les usines survolent ensuite les deux mégapoles voisines, Johannesburg et Pretoria.
2 200 personnes seraient même décédées prématurément à cause de l’intense extraction et combustion du charbon, dont l’Afrique du Sud est le septième producteur mondial, et surtout qui l’utilise à près de 90% pour produire son électricité.
Publié le 31-10-2018 Modifié le 31-10-2018 à 00:09
Un pasteur américain a été tué ce mardi 30 octobre près de Bamenda dans la région du nord-ouest anglophone du Cameroun. Il roulait à bord d’un véhicule lorsque sa voiture a été criblée de balles. Les autorités camerounaises ont indiqué qu’il a été victime des indépendantistes armés qui sont en conflit avec l’armée dans cette partie du pays.
Le missionnaire américain était en route pour Bamenda en provenance de Bambili ou il était installé depuis deux semaines. Arrivé à Bambui, à 14 kilomètres de Bamenda, son véhicule a essuyé des tirs dont l’origine a été attribuée aux combattants séparatistes, dans un communiqué du ministère camerounais de la Défense.
Blessé dans cette attaque, il a été conduit dans un hôpital de Bamenda ou il est finalement décédé. Son épouse, qui se trouvait dans le même véhicule ainsi qu’un de ses fils et un autre pasteur s’en sont quant à eux sortis sains et saufs. « Mon cher mari, Charles, est désormais avec le Sauveur qu’il a adoré et fidèlement servi », a-t-elle posté sur les réseaux sociaux quelques heures plus tard. Indiquant que son « cœur est brisé ».
Depuis Washington, le porte-parole adjoint du département d’Etat a lui aussi confirmé « la mort d’un citoyen américain à Bamenda ».
Dans son communiqué, le ministre camerounais de la Défense a précisé que la riposte de l’armée a permis de neutraliser quatre combattants séparatistes. Il a par ailleurs invité « les ressortissants étrangers dont la présence est indispensable dans les deux régions anglophones à se signaler aux autorités administratives locales », afin de les faire accompagner d’un dispositif sécuritaire approprié.
Des fragments d’ossements humains ont été découverts à Rome au cours de travaux de restauration dans une annexe de la nonciature apostolique – ambassade du Vatican en Italie –, a annoncé mardi 30 octobre le Saint-Siège.
La police italienne a été informée et une enquête est en cours pour établir l’âge et le sexe du corps ainsi que la date du décès. Les enquêteurs chercheront en particulier à déterminer si l’ADN de ces restes correspond à celui d’Emanuela Orlandi ou de Mirella Gregori, deux mineures disparues séparément à Rome en 1983.
Deux disparitions irrésolues
Emanuela Orlandi, fille d’un membre de la police vaticane, avait été vue la dernière fois le 22 juin 1983 alors qu’elle sortait d’un cours de musique. Selon certains, la jeune fille de 15 ans aurait été enlevée par un gang du crime organisé pour faire pression sur des responsables du Vatican en vue de recouvrer un prêt. D’autres affirment qu’elle aurait été kidnappée pour obtenir la libération de Mehmet Ali Agca, le Turc qui avait tenté d’assassiner le pape Jean Paul II en 1981.
Son frère Pietro, qui mène depuis des décennies une campagne pour tenter de résoudre le mystère de cette disparition, a dénoncé le silence du Vatican et même sa complicité dans cette affaire. Le Vatican a affirmé à plusieurs reprises avoir coopéré avec la police italienne sur ce cas.
Mirella Gregori avait disparu 40 jours exactement avant Emanuela Orlandi. Selon sa mère, la jeune fille avait répondu à l’interphone, affirmant à ses parents qu’il s’agissait d’un camarade d’école et qu’elle allait lui parler brièvement avant de remonter chez elle. Elle n’est jamais réapparue.
Publié le 30-10-2018 Modifié le 30-10-2018 à 23:23
Aminata Aïdara est italo-sénégalaise. Elle partage sa vie entre Paris, Dakar et Rome. Anthropologue, organisatrice d’événements culturels, mais avant tout écrivain, elle vient de publier un remarquable premier roman, aussi lyrique qu’intelligent.
Je suis quelqu’un est le premier roman d’Aminata Aïdara. Ce n’est pas un roman comme les autres. Est-ce vraiment un roman ? Sans doute pas dans le sens que donnaient à ce genre Balzac ou Dickens. Le roman d’Aïdara est plus proche du « stream of consciousness » à la Joyce qui, à travers le déroulement d’une pensée spontanée, charriant les dérélictions et les insécurités du quotidien, remonte à la source de la conscience. Celle de l’auteur, mais généreusement fictionnalisée en partant de sa condition de femme métisse, plurielle, riche de sa double culture qui est aussi une douleur, une souffrance.
Née de père sénégalais et de mère italienne, la jeune romancière a grandi en Italie. « Il y avait dans la maison beaucoup d’affection et beaucoup de livres, car mon grand-père italien était un grand lecteur, ma mère aussi », raconte-t-elle. La lecture est dans le sang et comme de la lecture à l’écriture, il n’y a qu’un pas, elle l’a franchi allègrement en publiant ses premiers poèmes à l’âge de 14 ans.
Or si la jeune femme est entrée dans la littérature par les portes de la poésie, les premiers livres qu’elle publie sont en prose: un recueil de nouvelles en italien en 2014 La ragazza dal cuore di carta (« La Fille au cœur du papier »), puis ce beau roman Je suis quelqu’un, qui relève autant de la saga familiale que de la quête de soi à travers une multitude de signes et de songes postcoloniaux.
De lourds secrets familiaux
« J’écris comme dans un rêve », aime dire la primo-romancière. Tout commence dans ce récit par un rêve, un souvenir d’enfance. La protagoniste se souvient d’avoir entraperçu une nuit deux nourrissons dans la vaste maison familiale de Dakar où elle a grandi, entourée de ses sœurs, de sa mère et de ses grands-parents. Toute sa vie, Estelle a été hantée par ce souvenir, mais chez elle, il ne sera plus jamais question de nourrisson. Jusqu’au jour, le jour de ses 26 ans, son père lui révèle, l’existence du « fils illégitime de sa mère, mort dans son berceau.
« Quelque part à Paris, une fille appelée Estelle rencontre son père. En le regardant s’approcher, le visage fermé, elle comprend qu’il n’y aura pas de cadeau d’anniversaire. (…) Avant de rentrer dans le bar, les deux se sourient à peine. Ils se font la bise. Son père inspire profondément et, sans aucun « comment tu vas » ou « comment je vais », il annonce : «Ta mère a eu le courage de me faire un enfant dans le dos. Avec un autre homme. Et certainement…» C’est ainsi que commence le livre d’Aminata Aïdara, in medias res, bruissant de lourds secrets familiaux dont le lent éclaircissement constitue le fil d’Ariane de son intrigue.
Tiraillés entre ici et ailleurs
Si le récit familial tient une place importante dans Je suis quelqu’un, il serait injuste de réduire ce livre à cette seule composante de son intrigue. Le dévoilement du secret est un prétexte pour Aminata Aïdara de raconter la complexité du monde contemporain qu’incarnent à merveille ses personnages principaux.
Le récit est bâti autour des pérégrinations d’Estelle. Paumée, tiraillée entre le monde traditionnel et celui des cités sans foi ni loi de Paris, elle va de squat en squat à la recherche d’une paix intérieure introuvable. Son désarroi, elle l’exprime à travers des « délires » cathartiques qui constituent les plus belles pages de ce roman poétique, quasi-rimbaldien.
Les soliloques de la jeune protagoniste se lisent comme autant de textes de poésie urbaine rythmés par le refrain « Je suis quelqu’un ». « Je suis quelqu’un qui ne porte pas de masque : maintenant j’ai vingt-six ans, plus proche des trente que des vingt. C’est comme ça. Je suis aussi quelqu’un qui n’a pas la moindre intention de prendre une direction, sauf celle que chaque jour lui donnera envie de suivre. Une fille qui est destinée à éviter que le volume de son Mp3 se fixe sur le numéro vingt-six. Qui n’arrivera pas à fréquenter un mec plus de vingt-six jours. Qui enfoncera la tête dans le coussin vingt-cinq ou vingt-sept fois en évitant le pire de cet âge traître. Vingt-six fois piégée… »
Penda, sa mère, occupe une place fondamentale dans la vie d’Estelle. Généreuse, cultivée, secrète, mais piégée elle aussi par sa condition de migrante. Réduite à travailler comme femme de ménage dans un lycée professionnel à Clichy, elle se console en se jetant à corps perdu dans la lecture de Frantz Fanon, son maître à penser. Elle s’appuie sur la réflexion de l’auteur de Peau noire, masques blancs sur la condition du colonisé pour déchiffrer la grammaire du couple disruptif qu’elle forme avec Eric, son amant et fils de harki inconsolé. Dans la galerie des personnages convoqués par Aïdara pour dire son monde, il y a enfin Mansour, le petit cousin fragile d’Estelle, Cindy, une Africaine-Américaine, la grand-mère maternelle Ichir qu’on soupçonne d’être un peu sorcière, mais qui détient les clefs du secret familial obsédant… Tous des personnages complexes, profonds, tout sauf manichéens.
L’originalité de ce roman réside aussi dans sa structure fragmentaire. L’auteure a fait le choix d’un récit polyphonique où les voix et les points de vue s’additionnent pour dire le monde. Des SMS, des courriels, des lettres et des extraits de journaux intimes viennent interrompre le monologue d’Estelle. Loin de perturber notre lecture, cette pluralité de voix fait résonner avec une force redoublée l’anaphore identitaire qui scande le récit, dès le titre. C’est bien la preuve, sans doute, qu’Aminata Aïdara est « quelqu’un » dont il faudra désormais retenir le nom.
Je suis quelqu’un, par Aminata Aïdara. Editions Gallimard, coll. « Continents noirs », 353 pages, 21,50 euros.
Les confidences de … Aminata Aïdara
Aminata Aïdara est polyglotte. Elle écrit en italien et en français. Elle parle le wolof et la langue de Shakespeare.
Dans quelle langue est-ce que vous rêvez ?
Je rêve principalement en italien, mais depuis quelques années, il m’arrive parfois de rêver en français.
A quel âge avez-vous su que vous vouliez être écrivain ?
Je l’ai su dès que j’ai appris à écrire.
Un roman qui a changé votre vie ?
Lesssio famigliane (Les mots de la tribu, Grasset) de Natalia Ginzberg. Ce roman a joué un rôle important dans mon parcours.
Y a-t-il un livre de vos contemporains que vous auriez aimé avoir écrit ?
Oui, L’attrape-cœur de Salinger. Je ne sais pas si on peut dire que Salinger est mon contemporain, mais son livre est celui que j’aurais vraiment aimé avoir écrit. Dans sa version féminine bien sûr.
Comment naissent vos récits ?
Ils naissent à partir de ma rencontre avec mes personnages qui m’habitent avant de s’incarner dans mes livres.
Quand est-ce que vous aimez écrire ? Tôt le matin ? Dans la journée ? Pendant la nuit quand le monde dort ?
Dans la journée, jamais la nuit.
Est-ce que c’est plus facile d’écrire quand on a déjà publié des livres avant comme vous?
Je n’en sais rien. Moi, j’écris tout le temps. C’est une nécessité. Il est plus dur pour moi de ne pas écrire que d’écrire.
Pourquoi est-ce que vous écrivez ?
J’écris pour exister. Pour pouvoir m’exprimer aussi.
Le Danemark a déjoué un projet d’« attaque » sur son sol contre des opposants au régime iranien, a affirmé, mardi 30 octobre, le chef de la diplomatie danoise, Anders Samuelsen. L’ambassadeur d’Iran à Copenhague a été convoqué dans l’après-midi au ministère des affaires étrangères.
« Le Danemark ne peut, en aucune façon, tolérer que des individus liés aux services de renseignement iraniens fomentent des attaques contre des personnes, a protesté M. Samuelsen, lors d’une conférence de presse à Copenhague. C’est le gouvernement iranien, c’est l’Etat iranien qui est derrière. »
De son côté, le premier ministre danois, Lars Lokke Rasmussen, a jugé sur son compte Twitter« inacceptable que l’Iran ou tout autre Etat étranger fomente des assassinats sur le sol danois » et fait savoir que « des mesures contre l’Iran [seraient] discutées au sein de l’Union européenne ». Un porte-parole de la diplomatie iranienne cité par l’agence officielle Irna a réfuté ces accusations, accusant les ennemis de l’Iran de vouloirnuire à ses relations avec l’Europe.
Attentat déjoué en France
Selon les services du renseignement du pays scandinave, au moins un individu lié au renseignement iranien, arrêté le 21 octobre, projetait un attentat contre trois membres présumés du Mouvement arabe de lutte pour la libération d’Ahvaz résidant au Danemark. Cette organisation est soupçonnée par Téhéran d’avoir participé à un attentat contre un défilé militaire qui avait fait 24 morts le 22 septembre à Ahvaz, capitale de la province iranienne du Khouzestan (sud-ouest).
Fin septembre, Téhéran avait accusé le Danemark, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne « d’héberger certains membres du groupe terroriste » que l’Iran accuse d’être responsable de l’attentat.
Ce projet d’attentat au Danemark rappelle l’annonce à la fin du mois de juin des autorités françaises, qui auraient également déjoué un attentat organisé par les services de renseignement de Téhéran, visant un rassemblement en France d’un groupe d’opposants iraniens. Un couple belge d’origine iranienne avait notamment été arrêté à Bruxelles en possession de 500 grammes de TATP, un explosif artisanal très instable, et un diplomate iranien, contact de ce couple, avait alors été interpellé en Allemagne.
Deux semaines avant les élections de mi-mandat, le New York Timesrévélait que le ministère de la santé américain avait proposé de définir très strictement l’identité sexuelle comme étant liée aux organes sexuels à la naissance, ôtant aux personnes transgenres la possibilité de se fairereconnaître officiellement.
Cette mesure, si elle est adoptée, ne constitue qu’une des attaques supplémentaires de l’administration Trump contre plusieurs mesures protégeant les personnes transgenres et la communauté LGBT+ (lesbienne, gay, bi, trans…) en général.
C’est pour répondre à ces attaques qu’une vague de candidats aux couleurs arc-en-ciel s’est lancée et a décroché des investitures pour les élections du 6 novembre. Il n’y a actuellement qu’un sénateur, six élus à la Chambre des représentants et une gouverneure (Kate Brown, dans l’Oregon) qui se réclament de la communauté LGBT+, rapporte le Victory Institute, qui se présente comme la seule organisation à œuvrer pour l’élection de personnes ouvertement LGBT+. Cette année, près de 400 candidats de la communauté LGBT+ sont en course pour des postes, alors qu’ils n’étaient que 250 lors des élections de 2016. Parmi eux, seize le sont pour un poste de gouverneur ou au Congrès.
« Les candidats issus de la communauté LGBT+ se présentent en nombre parce qu’ils en ont assez des attaques venant de la Maison Blanche et des législatures d’Etat », confirme Elliot Imse, chargé de la communication du Victory Fund. Il ajoute : « Ils se présentent aussi parce qu’ils ont vu qu’il était possible de se faire élire dans plein d’endroits. »
Comme pour la vague féminine, la vague LGBT+ est unilatérale, ou presque, le Parti républicain étant en retard. « Les politiques anti-LGBT+ menées par la Maison Blanche ont pour conséquence que peu de membres de cette communauté se présentent ouvertement aux élections primaires républicaines. Et lorsqu’elles le font, elles sont mises à l’écart, alors que l’électeur républicain moyen est de plus en plus prêt à voter pour un candidat LGBT+. »
Le site Log Cabin Republican, qui essaye de défendre la cause LGBT+ au sein du Parti républicain, n’a ainsi identifié que… six membres de la communauté candidats à des postes à la Chambre ou au Sénat : Gina Sosa (Floride), Jeffrey Sossa-Paquette (Massachusetts), Eugene Truono, un ancien dirigeant de PayPal (Delaware) et Bradley Boivin (Wisconsin). Aucun d’eux n’a dépassé les primaires. Deux candidats sortants se représentent à la Chambre des représentants : Jason Elliott (Caroline du Sud) et Todd Novak (Wisconsin).
Plusieurs candidatures démocrates
A l’inverse, le camp démocrate soutient plusieurs candidatures, comme Lupe Valdez, ancienne shérif du comté de Dallas, qui aspire à devenir gouverneure du Texas, ou celle de Gina Ortiz Jones, dans la 23e circonscription du Texas, où elle fait face à de nombreux défis : elle serait la première femme élue au Congrès dans cette circonscription, en serait la première représentante ouvertement lesbienne et la première américaine d’origine philippine élue.
Dans le Vermont, Christine Hallquist est la première candidate transgenre à un poste de gouverneur, mais elle aura fort à faire face au républicain sortant, Phil Scott, tandis que dans le Colorado, Jared Polis, déjà élu du Colorado à la Chambre des représentants, est en passe de devenir le premier gouverneur ouvertement homosexuel des Etats-Unis.
Kyrsten Sinema, démocrate ouvertement bisexuelle élue de l’Arizona à la Chambre des représentants, dispute le siège du sénateur républicain sortant Jeff Flake à Martha McSally, élue républicaine de l’Arizona à la Chambre des représentants. Quel qu’en soit le résultat, l’élection entrera dans l’histoire, puisque la vainqueure sera la première sénatrice de l’Arizona.
Elliot Imse du Victory Fund explique l’arrivée de candidats issus de la communauté LGBT+ comme une révolution dans la politique américaine : « Les électeurs les choisissent comme solution aux divisions et aux dysfonctionnements observés à Washington. Les luttes et les expériences des candidats LGBT+ rencontrent un écho auprès des électeurs. »
« J’ai honte. 70 % de ma ville natale a voté Bolsonaro, confie Luis, 41 ans. J’ai honte, parce que mes copains et mes parents ont donné carte blanche à un mouvement qui est contre l’avortement et qui envisage de flexibiliser le port d’armes, dans un pays où 60 000 personnes sont mortes l’année dernière par arme à feu. » Comme cet informaticien arrivé il y a dix ans à Paris, de nombreux Brésiliens de France se sont réveillés, lundi 29 octobre, avec la gueule de bois. La veille, leur pays natal élisait le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, avec plus de 55 % des voix.
Dans un appel à témoignages du Monde, des dizaines d’entre eux ont confié leur surprise, voire leur incompréhension face à la victoire de cet ancien militaire, nostalgique de la dictature qui a dirigé d’une main de fer le Brésil entre 1964 et 1985. Une dictature que certains d’entre eux ont fuie, avec leurs parents, pour la France, et qu’ils craignent de voir revenir avec Jair Bolsonaro.
Cette envie de faire barrage à l’extrême droite s’est vue dans les urnes : 69 % des Brésiliens de France ont voté pour le candidat de gauche Fernando Haddad – contre moins de 30 % pour les expatriés brésiliens du monde entier. L’échec digéré, ils hésitent aujourd’hui entre s’engager davantage pour la démocratie brésilienne… ou couper le cordon, au moins quelque temps, avec un pays qu’ils ne reconnaissent plus.
Sidération
Erika est « accablée ». Cette universitaire est arrivée en France en 1966, à l’âge de deux ans, dans les bras de ses parents qui fuyaient la dictature. Impossible pour elle de comprendre comment 55 % des Brésiliens habitant dans son pays natal ont choisi Jair Bolsonaro, même si « les désillusions et les corruptions de l’ère Lula [ont été] bien effectives et bien décevantes ». Pour elle, le travail de mémoire autour de la dictature n’a pas été fait. D’où le réveil d’une certaine nostalgie pour l’autoritarisme. « Dans le musée de Rio, la partie dévolue aux années de plomb m’avait paru très succincte. Comme si ces années dictatoriales avaient du mal à être élaborées dans une perspective à la fois critique et historique », analyse-t-elle. Depuis sa visite, le musée est parti en flammes en septembre et le peu qu’il restait de la mémoire sur les crimes de la dictature a été réduit en cendres. « Une étrange allégorie » de cette élection, conclut-elle.
Mais le vote Bolsonaro ne s’est pas seulement construit sur le souvenir vague de la dictature, selon les soutiens brésiliens du nouveau président interrogés par Le Monde. Parmi la minorité d’expatriés faisant part de leur « bonheur » au lendemain de cette élection, Lucca, 28 ans, insiste sur la hausse de la délinquance et « la dégradation de la santé publique et de l’éducation nationale » ces dernières années, qu’il impute à la « corruption colossale » du Parti des travailleurs de Fernando Haddad.
Le parti, au pouvoir entre 2003 et 2016, est, en effet, englué dans des scandales de corruption depuis plus de dix ans, allant du mensalao (grosse mensualité), en 2005 – l’achat de votes auprès des membres du Congrès –, à « Lava Jato » (lavage express), en 2014 – une opération anticorruption ayant abouti à la condamnation à douze ans de prison de l’ancien président Lula. « Maintenant, j’ai l’espoir de pouvoir un jour rentrer dans mon pays, un pays plus prospère et moins dangereux », poursuit le jeune homme de 28 ans.
Inquiétude pour les proches
Si Lucca se réjouit du retour de la sécurité dans son pays, la libéralisation du port d’armes et l’amnistie des crimes des policiers promises par Bolsonaro inquiètent certains Brésiliens de France, dont les proches sont restés au pays.
Un effroi particulièrement vif chez les minorités, qui craignent des bavures policières, voire la création de milices, galvanisées par le discours raciste, homophobe et misogyne de Jair Bolsonaro. Luisa, étudiante à Sciences Po, raconte avoir appelé sa sœur, lesbienne, le soir du scrutin :
« Elle pleurait parce qu’elle avait peur pour sa vie. »
Une angoisse partagée par Aline, femme noire originaire de la banlieue nord de Rio, qui raconte « craindre pour la vie de [sa] famille, de [ses] amis et de [son] peuple ». Car les menaces sont bien réelles, raconte cette femme de 32 ans, rappelant que le 14 mars, l’élue locale lesbienne et militante antiraciste Marielle Franco a été assassinée. Aline espère, cependant, soutenir ses proches depuis la France, d’où elle se sent « privilégiée de pouvoir raconter [son] histoire et de protester sans craindre d’être assassinée ».
Car, au sein de la communauté brésilienne en France, le rejet de Jair Bolsonaro est tel que certains refusent de le reconnaître comme leur nouveau chef de l’Etat. « Il salue les tortionnaires, diffuse des fake news, n’en a rien à faire de l’environnement… Il n’est pas mon président », lâche Tarciane, 29 ans. Et s’il espère qu’il retrouvera son Brésil intact après le mandat présidentiel de quatre ans, d’autres ont décidé d’abandonner pour de bon un pays qui leur semble perdu. « Je viens de faire ma demande de nationalité française, explique Adriano, coiffeur installé depuis treize ans à Paris. Vivre dans une société dominée par les militaires, ce n’est pas possible ! »
Luisa, fraîchement arrivée en France pour étudier à Paris, elle, ne veut pas baisser les bras. « Ce n’est pas la fin, je continuerai à lutter contre les injustices. Et si Bolsonaro et ses électeurs prennent des armes, moi, je prendrai des livres. Après tout, c’est pour ça que je suis là. »
Il a été incarné au cinéma par Jack Nicholson et Johnny Depp. Le gangster américain James « Whitey » Bulger a été retrouvé mort, mardi 30 octobre, dans une prison fédérale de Virginie-Occidentale où il venait d’être transféré, ont annoncé les services pénitentiaires. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de sa mort.
Figure légendaire du crime organisé de Boston, James Bulger, qui avait 89 ans, a mené pendant des années une double vie de criminel particulièrement violent à la tête du Winter Hill Gang – un gang irlandais – dans les quartiers sud de Boston et d’informateur du FBI.
Bulger s’était hissé aux commandes de la pègre de Boston au prix d’une meurtrière guerre des gangs. Les complicités nouées avec des responsables du FBI, qui partageaient comme lui des origines irlandaises et fermaient les yeux sur ses agissements en échange de ses informations sur la mafia italienne, lui ont permis de verrouiller son emprise sur le crime organisé.
Arrêté en 2011 après seize ans de cavale
Prévenu de son arrestation imminente par un agent fédéral corrompu, il avait fui Boston en 1994 et a échappé pendant plus de seize ans à la traque du FBI, qui l’avait placé sur sa liste des dix criminels les plus recherchés. Il avait finalement été capturé en juin 2011 dans un appartement de Santa Monica, en Californie, où il vivait sous une fausse identité.
En 2015, l’acteur Johnny Depp avait incarné au cinéma le célèbre mafieux dans Strictly Criminal de Scott Cooper. Bugler avait auparavant inspiré en partie à Martin Scorcese le personnage de Frank Costello, un chef de gang irlandais interprété par Jack Nicholson dans Les Infiltrés (2006).
Dans son clip, publié sur Youtube, le groupe Rap Against Dictatorship critique ouvertement la junte militaire thaïlandaise au pouvoir depuis un coup d’Etat en 2014. Corruption, népotisme, manque de transparence, suppression de la liberté d’expression, privilèges accordés aux plus riches… les rappeurs évoquent les sujets qui font mal.
Ce genre de critique du pouvoir est rare dans le pays. En Thaïlande, porter atteinte à l’image du pays est, en effet, puni de prison au nom de la « stabilité nationale ». Ce clip reflète le ras-le-bol de la population à l’égard des généraux et de leurs pratiques liberticides. La vidéo a déjà été vue plus de 22 millions de fois en une semaine.
La police a d’abord menacé le groupe de rap et ceux qui osaient partager le clip. Mais face à la popularité de la chanson, les militaires n’ont pu empêcher sa diffusion. En s’affichant tolérants, ils veulent éviter de se mettre à dos une partie de leur futur électorat. En effet, des élections libres doivent se tenir en Thaïlande en février 2019. L’armée compte s’y présenter comme un parti politique légitime. C’est en partie pour ça qu’ils laissent les rappeurs s’exprimer. Malgré les élections à venir, la Constitution devrait permettre à l’armée de continuer à garder le pouvoir directement ou indirectement.