Author: Don Kayembe

  • Kamel Daoud : « Paradoxalement, l’Algérie est le lieu qui me permet de défendre ma liberté »

    Kamel Daoud : « Paradoxalement, l’Algérie est le lieu qui me permet de défendre ma liberté »

    Dans un entretien accordé au « Monde des Religions », l’écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud revient sur le concept de liberté et du plaisir qu’il prend à la défendre.

    Il y a deux Kamel Daoud. Le journaliste, incisif et sans concession, qui ne craint pas de défendre ses convictions et sa liberté de conscience – quitte à mettre en péril sa sécurité et à s’attirer les foudres de ceux qui l’accusent de caricaturer l’islam. Et l’écrivain, prix Goncourt du premier roman pour Meursault, contre-enquête, qui fait vibrer la langue française avec amour et virtuosité, même s’il a choisi de demeurer en Algérie, envers et contre tout. Envers et contre tous ?

    C’est peu dire que chacune de ses chroniques au Point, au Quotidien d’Oran ou au Monde est guettée, commentée, discutée, qu’elle déchaîne les passions. Mais le journaliste et l’écrivain se rencontrent souvent. C’est le cas dans son dernier essai, Le Peintre dévorant la femme (Stock, 2018) où Daoud confronte deux visions antinomiques de la femme : le regard de Picasso et celui d’un combattant de Daech.

    Dans un entretien accordé au Monde des Religions, cet homme intransigeant et entier –excessif, parfois– revient sur sa croisade contre les idéologies et les dogmes. Une croisade où le verbe est sa seule arme.

    Ce qui frappe, en lisant vos écrits, c’est qu’au-delà de la vision désenchantée que vous portez sur le monde, il transparaît une inaltérable pulsion de vie, un amour du moment présent. D’où cela vous vient-il ?

    Kamel Daoud Cette pulsion vient d’un manque. J’appartiens à une génération qui a été dépossédée de la vie ici-bas par deux choses : un discours religieux qui met par la vie en sursis, qui la promet pour après la mort ; et surtout, par le récit national, le poids de l’histoire de la colonisation et de la guerre d’indépendance. Le présent apparaît comme quelque chose qui n’est pas à la hauteur du passé. Ceux qui sont considérés comme vivants sont les héros de la guerre de libération. Nous sommes venus après, et en quelque sorte endettés.

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    Je me suis toujours senti enfermé entre ces deux mises en sursis de la vie. Quand j’étais gamin, une lecture m’a beaucoup marqué : Les Nourritures terrestres d’André Gide. Cela peut sembler un peu naïf, mais cette expression d’un désir de vivre, de « sentir le sable sous ses pieds », m’a bouleversé. J’ai toujours voulu défendre comme un droit de propriété le fait de posséder sa propre vie.

    Vous avez érigé la liberté en valeur cardinale de votre existence. Comment composez-vous avec le sentiment d’angoisse qui découle de la liberté ?

    Je convertis cela en valeur morale. Je veux croire qu’il y a plus de dignité à assumer la liberté, la responsabilité d’être libre, qu’à vivre dans le confort de la soumission aux groupes, aux idéologies dominantes, ou dans la soumission politique.

    Une autre raison, qui peut paraître simpliste, m’aide à vivre : puisque personne ne peut mourir à ma place, personne n’a le droit de vivre à ma place. Cette certitude de la solitude devant la mort me donne tous les droits. J’ai le droit de vivre ma vie comme je l’entends, sans avoir à composer outre mesure avec les idéologies, les idées ou les religions dominantes.

    Précisément, vous incarnez dans les médias occidentaux la figure du résistant face aux pouvoirs établis. N’y a-t-il pas un risque de surjouer ce rôle, de tomber dans la caricature outrancière – ce qui vous est parfois reproché ?

    C’est possible, mais c’est un choix qui se pose à certaines époques. Faut-il dénoncer le goulag, au risque d’être récupéré par les propagandes dites impérialistes de l’époque ? Ou faut-il le taire pour sauver le prestige du communisme ? D’autres avant moi ont vécu ce dilemme, qui m’a longtemps travaillé. Dois-je encore parler comme je l’ai toujours fait, exercer un droit et un devoir de lucidité sur mon réel, quitte à ce que mes dires soient récupérés par les extrêmes droites ? Ou dois-je me taire, fermer les yeux sur les injustices que je vois autour de moi ou que je vis personnellement ? Je ne suis pas coupable du détournement de mes propos. Je suis responsable de ma vie, de ce je dis et de mon devoir de dire les choses telles qu’elles sont. Ce n’est pas parce qu’un discours anti-islamiste peut servir un discours islamophobe que je dois me taire. Ce serait être complice.

    « S’il existe, d’un côté, la fabrique du dissident à partir de figures comme la mienne, ici, au sud, il y a aussi la fabrique du traître. Entre la figure du traître et celle du dissident, il faut essayer d’exercer sa liberté. »

    Que l’Occident ait besoin de figures opposantes n’est ni un vice, ni une vertu, ni une faute : on ne se représente l’autre qu’à travers soi-même. L’Occident interprète selon ses besoins, ses problématiques, ce qui est tout à fait normal. Dans ce contexte, je ne me sens pas victime. Je me sens moi-même. Et c’est en outre un jeu à double sens, puisque ce qui est dit par les intellectuels appréciés en Occident est aussi récupéré par le discours religieux dominant, ou qui essaie d’être dominant, au Maghreb. Les médias islamiques y trouvent des arguments pour leur discours sur l’effondrement moral et l’hypocrisie de l’Occident. S’il existe, d’un côté, la fabrique du dissident à partir de figures comme la mienne, ici, au sud, il y a aussi la fabrique du traître. Entre la figure du traître et celle du dissident, il faut essayer d’exercer sa liberté, et surtout de garder du plaisir à le faire.

    Justement, n’êtes-vous pas un peu las de ces combats ? En d’autres termes – et je m’adresse ici davantage au chroniqueur qu’à l’écrivain – ressentez-vous encore un bonheur à faire ce métier ?

    Je suis chroniqueur depuis vingt ans, mais j’ai toujours mal au ventre quand je dois écrire une chronique : est-ce que je vais être bon, le sujet va-t-il être pertinent ? Il y a un peu d’épuisement dans le sens où nous sommes dans un monde où la surmédiatisation tue l’information.

    Ce que vous dites est systématiquement surinterprété, que ce soit de ce côté de la Méditerranée ou de l’autre. Vous n’avez plus droit au plaisir gratuit. Mais, croyez-moi, j’essaie de préserver ce rapport d’innocence et de jeu qu’on doit avoir avec l’écrit. Je lis ce que j’ai envie de lire, et j’écris parfois sur des sujets à ma manière, c’est-à-dire en essayant de conserver un rapport ludique et original au thème.

    Qu’est-ce qui fait que vous restez en Algérie, malgré le regard sévère que vous portez sur votre pays, sans compter les menaces qui pèsent sur votre sécurité ?

    C’est une question qu’on me pose souvent. Je vais peut-être tenter, un jour, d’y répondre par un livre (rires) ! On reste dans un endroit pour trois ou quatre raisons affectives et intimes. J’y reste aussi parce que l’adversité me nourrit et que le paradis, chez vous, est tout à fait ennuyeux, peut-être. J’y reste également parce que je redoute la figure de l’intellectuel exilé.

    Un exilé écrit souvent sur son exil, ce qui est une manière de se suicider lentement. J’ai peur de l’exil. Il faut beaucoup de courage pour partir. J’espère ne pas être forcé à le faire. En ce moment, je relis des ouvrages d’Orhan Pamuk, tellement nourri de ce lien qu’il a avec Istanbul…

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    C’est la terreur de l’écrivain de quitter ce lieu qui est à la fois celui de l’adversité, mais aussi celui de la passion. On y perd beaucoup. Et puis, ici, j’ai l’impression que ma vie a du sens. Cela m’a pris beaucoup de temps d’y bâtir une maison, une vie. Je n’ai pas envie de repartir de zéro. Paradoxalement, c’est le lieu qui me permet – parce que j’en suis dépossédé quotidiennement – de défendre ma liberté. Elle me serait offerte totalement en Occident, que j’y perdrais peut-être le goût de la défendre.

    Votre goût du combat ne vous donne-t-il pas envie de vous lancer en politique ?

    Ce serait suicidaire. Quand le jeu est ouvert, quand on ne connaît pas la fin du film, pourquoi pas… Mais quand vous savez d’avance qui sera le seul survivant… Ce serait idiot de jouer le second rôle.

    Retrouvez l’intégralité de cet entretien sur le site du Le Monde des Religions.

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  • « Le Parfum d’Irak » : le journaliste qui a vu sombrer le pays de sa famille

    « Le Parfum d’Irak » : le journaliste qui a vu sombrer le pays de sa famille

    Arte.tv, mardi 30 octobre à la demande, websérie d’animation

    Il s’appelle Feurat Alani. Il est français et irakien ou irakien et français. Peu importe l’ordre, il est les deux à la fois. Comme souvent, c’est enfant, lors des longues vacances d’été, qu’il découvre le pays natal de ses parents. Son « bled » à lui, c’est l’Irak, qu’il visite pour la première fois en 1989. Il a 9 ans lorsqu’il atterrit à Bagdad, il se rappelle porter une cravate bleue. L’un de ses premiers souvenirs ? Une glace à l’abricot au goût exquis ; il n’en léchera plus jamais une autre aussi bonne de toute sa vie.

    Feurat – prénom en hommage à l’Euphrate, du nom de ce fleuve aimé par son père qui borde ­Fallouja – fait connaissance avec ses oncles, tantes et autres cousins. La guerre contre l’ennemi iranien a pris fin après huit années de combats (1980-1988). La vie est enfin belle, les jeunes flirtent dans les rues, les cafés sont bondés… Bref, Bagdad rayonne, même si le pays est sous le ­contrôle absolu de Saddam Hussein. Tout le monde le craint au point que les proches de Feurat lui implorent de ne jamais prononcer le nom du dictateur en public. Comment ne pas transgresser cet interdit ? Trop tentant pour lui et sa petite sœur, même s’il ne comprend pas encore pourquoi.

    L’invasion du Koweït (1990-1991), l’occupation américaine (2003-2011) et une décennie d’embargo ont fini par asphyxier sa seconde patrie

    Son père n’est pas du voyage, il a préféré rester en France. Opposant politique dans sa jeunesse, il avait été torturé par les « chiens de garde » de l’autocrate dans une prison d’où on ne sortait pas vivant. Son père, lui, allait pourtant être libéré, puis reçu avec d’autres adversaires par… Saddam Hussein en personne : il souhaitait leur montrer à quel point il pouvait être d’une immense clémence…

    Au fil des étés, Feurat tombe amoureux de l’Irak ; mais le pays de ses parents va sombrer et se perdre dans des guerres sans fin. L’invasion du Koweït (1990-1991), l’occupation américaine (2003-2011) et une décennie d’embargo ont fini par asphyxier sa seconde patrie. Le sucre, onéreux et rare, devient un produit de contrebande telle une vulgaire drogue. Les hôpitaux manquent de tout, et, lorsque Feurat Alani se fera recoudre une plaie à la tête, son oncle devra soudoyer chèrement le docteur pour obtenir une anesthésie.

    Guerres sans fin

    Feurat voit la misère et le désespoir s’installer dans le pays. Il constate qu’une partie de sa famille, autrefois laïque, a trouvé du réconfort auprès d’Allah comme beaucoup de compatriotes. Plus grand, devenu journaliste, il décide de s’installer à Bagdad, chez sa tante. Agé de 24 ans, il couvre pour la presse française l’invasion américaine et le chaos qui arrive avec les djihadistes d’Al-Qaida et de l’organisation Etat islamique (EI). Le reporter reconnaît désormais chaque bruit de balle ou d’obus. Il explique comment ses « frères » irakiens sont humiliés par les GI et se dit qu’il aurait pu être l’un d’eux ; mais il a eu la chance de naître en France.

    L’animation puissante et poétique est réalisée par le dessinateur Léonard ­Cohen

    Feurat Alani a choisi de se livrer dans une sublime websérie qu’il a affectueusement appelée Le Parfum d’Irak. En vingt épisodes (de deux à trois minutes), il décrit ses vacances où, été après été, il se rend compte – impuissant – que, dans le pays de ses parents, se succèdent les tragédies.

    Mélancolique, poétique, chacun des volets raconte un souvenir précis illustré par une animation puissante et poétique, réalisée par le dessinateur Léonard ­Cohen. Le Parfum d’Irak dépeint majestueusement une vision oubliée du monde arabe, généreuse et riche, joyeuse et libre. « J’ai vu disparaître l’Irak que j’ai rencontré en 1989 », confie-t-il. C’est un conte qui finit mal…

    Le Parfum d’Irak, de Feurat Alani et Léonard Cohen (France, 2018, 20 × 2 à 3 min). Disponible en livre (Arte Editions/Editions Nova, 176 p., 19 €). www.arte.tv

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  • Allemagne. Le choc du départ annoncé d’Angela Merkel

    Allemagne. Le choc du départ annoncé d’Angela Merkel

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    Le retrait par étapes de la chancelière Angela Merkel de la vie politique, annoncé officiellement le 29 octobre, au lendemain de la débâcle électorale de son parti (CDU) en Hesse, s’affiche à la une de toute la presse allemande ce mardi.

    Coup de tonnerre politique à Berlin. Merkel au terme de son pouvoir”, titre Bild. Le tabloïd invite parallèlement les électeurs qui s’étaient éloignés de la CDU au profit de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne, extrême droite) à revenir plus au centre. C’est, explique-t-il, “une part de l’héritage d’Angela Merkel que d’avoir fait grimper l’AfD, un parti où s’affirment la banalisation de l’Holocauste et le racisme”.

    Merkel décroche”, titre plus sobrement Der Tagesspiegel, avec une photo qui remonte au tout début de la carrière politique de celle qui aura eu pour “postulat : le pragmatisme”, résume le quotidien berlinois.

    La CDU à la croisée des chemins

    Où vas-tu CDU ?”, se demande Die Welt. Après avoir été présidé pendant 18 ans par Angela Merkel, estime le quotidien conservateur, il faut désormais se demander “de quelle CDU le pays a besoin. C’en est fini de l’ère sans alternative possible. Le parti devra décider de sa future orientation politique.”

    À la veille du congrès, qui se tiendra les 7 et 8 décembre à Hambourg, les candidats à la présidence du parti se pressent et vont se livrer une “lutte de pouvoir pour la succession de Merkel”, met en avant le quotidien régional Neue Ruhr Zeitung.

    Horizon 2021 à la chancellerie

    Bien qu’elle ne se présente pas à sa propre succession à la tête du parti en décembre, Angela Merkel entend bien terminer son mandat de chancelière à la date prévue, en 2021. “Elle ne briguera plus la chancellerie [à cette date]. Mais pourra-t-elle rester si longtemps au pouvoir ?”, s’interroge la Berliner Zeitung. Les turbulences au sein de la GroKo [grande coalition] à Berlin font planer le doute sur la longévité de la coalition CDUCSU et SPD.

    Une dirigeante historique

    Pour die tageszeitung (taz), c’est un vent de nostalgie qui souffle à la une. Mais même dans ce “moment fort [qui fait] entrer Angela Merkel dans l’histoire”, la taz ne se prive pas de son humour coutumier : “Elle y est arrivée. Elle décroche”, , dans une allusion transparente au tournant de la politique migratoire pris en 2015 (“Nous y arriverons !”). Et de prédire, après avoir salué cette “très grande finale” qui inspire le respect : “De manière inattendue et avec une grande dignité, la chancelière Merkel a annoncé son retrait de la vie politique. Nous aurons de quoi la regretter.

    Angela Merkel a déclaré qu’elle ne briguerait plus aucun mandat politique.

    Danièle Renon

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  • RDC: l’armée en renfort pour assurer la logistique pré-électorale

    RDC: l’armée en renfort pour assurer la logistique pré-électorale


    Par
    RFI

    Publié le 30-10-2018
    Modifié le 30-10-2018 à 11:54

    L’armée a mis à la disposition de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) 18 aéronefs et 150 camions pour accélérer le déploiement des matériels électoraux dans le pays pour les élections prévues le 23 décembre. Cent cinquante autres sont annoncés dans une dizaine des jours. Pour la Céni, tout est presque prêt pour que les élections soient organisées en décembre.

    13 heures sur le boulevard du 30 juin. La circulation est impossible sur le tronçon compris entre la gare centrale de Kinshasa et le siège de la Céni. Les 150 camions de l’armée exposés depuis la matinée bloquent la circulation, créent un embouteillage monstre et attirent l’attention des Kinois.

    Devant quelques membres du gouvernement et représentants d’autres institutions, les clés de ces matériels roulants sont remises symboliquement à Céni. « Nous sommes tellement heureux de voir, au-delà de la symbolique, la nation dans ce qu’elle a de plus chère, c’est-à-dire sa dimension de défense [pour] appuyer le processus électoral. Vous voyez les camions de l’armée à la rescousse pour exprimer la souveraineté électorale de la République démocratique du Congo », remarque Henri Mova, vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur.

    Après cette brève cérémonie, la délégation se rend à l’aéroport de Ndjili pour la remise officielle, notamment des sept hélicoptères, cinq Boeing, quatre Antonov et d’un DC6. Ces images passent en direct à la télévision nationale. Pour Corneille Nangaa, président de la Céni, c’est la preuve que les élections seront bien organisées le 23 décembre. La Céni attend encore deux Iliouchine et un Boeing. Pour compléter la flotte, la centrale électorale n’exclut pas la possibilité d’affréter les avions des compagnies aériennes privées.

     → RELIRE : Les preuves, des faits : Organisation des élections en RDC: les incohérences de la Céni

    Pour certains membres de la société civile et quelques opposants, les doutent ne sont pas dissipés. Beaucoup s’interrogent sur le temps que prendra le déploiement de ces engins en pleine période de pluie et dans les zones caractérisées par l’insécurité.

    La Synergie des missions d’observation citoyenne des élections (Symocel) salue un premier pas vers la tenue des élections à la date échue : « On peut considérer que, en ce qui concerne l’acquisition des machines et puis le déploiement, que cette étape-là est franchie avec ce qui a été avancé, se satisfait Bishop Abraham Djamba. Il est vrai que toutes les parties prenantes déclarent pouvoir aller aux élections le 23 décembre, ce qui est une bonne chose. »

    Mais son président persiste et signe : il faut un consensus général notamment sur la question de la machine à voter pour qu’il y ait des élections rassurantes pour tous. « Il y a des questions essentielles sur lesquelles quand même il faut que les partis harmonisent leurs vues : c’est la machine à voter, c’est le fichier électoral. Entre autres, il y a ces deux points qui semblent encore poser problème. Je crois qu’il faut qu’il y ait une évolution sur les positions des uns et des autres. Nous pensons que si cela peut arriver, on pourrait aller de manière plus sereine aux élections le 23 décembre. »

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  • Top 20 RFI: Abdenasser El Khayati, un dauphin bientôt chez les «Lions»?

    Top 20 RFI: Abdenasser El Khayati, un dauphin bientôt chez les «Lions»?

    Par




    Auteur de son huitième but aux Pays-Bas, l’attaquant Abdenasser El Khayati est désormais 2e de notre classement des buteurs africains d’Europe. A ce rythme-là, le joueur né aux Pays-Bas pourrait bientôt être appelé en équipe nationale du Maroc.

    TOP 20 RFI: mode d’emploi

    Ce classement ne prend en compte que:

    1) les joueurs évoluant dans les douze meilleurs championnats d’Europe (selon l’indice UEFA 2018-2019): Allemagne, Angleterre, Autriche, Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal, Russie, Turquie, Ukraine
    2) les sélectionnés ou sélectionnables par une équipe nationale A africaine. Ce qui inclut donc les joueurs binationaux.

    Sources: sites des ligues nationales de chaque pays.

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  • Côte d’Ivoire: la contestation de résultats sème le désordre à Grand-Bassam

    Côte d’Ivoire: la contestation de résultats sème le désordre à Grand-Bassam


    Par
    RFI

    Publié le 30-10-2018
    Modifié le 30-10-2018 à 11:25

    Dans la station balnéaire de Grand-Bassam, les jours qui ont suivi les élections locales ont été tendus : manifestations dispersées au gaz lacrymogènes, déploiements des forces de sécurité, destruction des estrades installées pour la fête traditionnelle de l’Abissa… Si la tension est retombée depuis, la contestation est toujours là de la part des partisans du maire sortant Georges Ezaley, déclaré vaincu aux municipales par la CEI, et qui désormais placent leurs espoirs dans des recours déposés devant la Cour suprême.

    Dans son bureau de la mairie de Grand-Bassam, Georges Philippe Ezaley, candidat du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) à sa succession, déploie sur une table les procès-verbaux des municipales qui selon lui prouvent sa victoire le 13 octobre dernier de plus de 1100 voix. Victoire volée par la CEI qui a déclaré vainqueur son adversaire du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Jean-Louis Moulot, affirme-t-il.

    « On a fini le vote. On a comptabilisé par procès-verbaux, les documents sont là. On vient à la CEI, on fait une compilation avec des chiffres qui sont là, vérifiables également. Puis c’est autre chose qui est proclamé à Abidjan. On a été spoliés dans notre histoire en ce qui concerne les résultats. Donc tout de suite, on a commencé à mettre en place toute une série d’actions régaliennes », indique-t-il.

    Georges Ezaley a du mal à voir dans la garde à vue de l’une de ses collaboratrices, la semaine dernière, et dans l’audit soudain de son mandat, une coïncidence.

    De l’autre côté de la ville, son rival Jean-Louis Moulot a du mal à croire au caractère spontané des manifestations de colère de jeunes et de femmes dans les premiers jours d’après scrutin. Quant aux chiffres, le candidat RHDP ne veut entendre parler que des procès-verbaux consolidés par la CEI. « Le candidat du PDCI-RDA est le seul à avancer un chiffre fantaisiste qui ne repose sur rien puisque les procès-verbaux qu’il brandit ne sont pas ceux de la Commission électorale indépendante, [il] n’ont pas fait l’objet d’une validation. Ils se sont livrés eux-mêmes à des compilations qui ont donné tantôt des taux [de participation] de 107 %, tantôt de 112 %. Pour vous dire que ces procès-verbaux comportent des erreurs qui méritent d’être corrigées dans le cadre de la procédure de consolidation. »

    Publiquement, les deux prétendants à la mairie appellent au calme en attendant la décision de la Cour suprême, probablement d’ici plusieurs semaines.

    Le nouvel an des N’zima annulé ?

    Chaque année pendant deux semaines fin octobre et début novembre, le peuple N’zima célèbre l’Abissa, son nouvel an, dans sa capitale, Grand-Bassam. C’est l’une des fêtes traditionnelles les plus connues et les plus courues de Côte d’Ivoire. L’occasion pour les N’zima de faire leur autocritique, de se dire des vérités, sans tenir compte des rangs sociaux, puis de faire la fête au nom du pardon et de la réconciliation.

    Mais compte tenu du climat qui a prévalu après les élections locales à Grand-Bassam, l’Abissa 2018 pourrait ne pas voir lieu. Du jamais-vu ou presque.

    A Grand-Bassam en effet, le roi des N’zima fait l’objet de contestation. Dimanche alors qu’il recevait la gouverneure générale du Canada, il a été hué par une poignée de jeunes qui lui reprochent son soutien supposé à Jean-Louis Moulot, aux dernières municipales, contre son adversaire Georges Philippe Ezaley, favori de cette communauté.

    Et à l’annonce de la défaite d’Ezaley, il y a deux semaines, les estrades installées pour l’Abissa 2018 ont été incendiées par des jeunes en colère.

    Le climat n’est donc pas propice à deux semaines de festivités, estime ce joueur de dames septuagénaire et philosophe : « L’Abissa, c’est une fête de réjouissance et actuellement les populations ont le cœur est meurtri. Donc on ne peut pas se réjouir dans la douleur. »

    Le lieu où se doivent se tenir les danses rituelles a été saccagé et doit être purifié. Ensuite les notables décideront ou non d’organiser l’Abissa.

    Pour éviter qu’elle ne se tienne pas du tout, ils pourraient opter pour une cérémonie d’une journée seulement. « Si on ne fait pas l’Abissa, il faut procéder à sa réalisation un jour au moins pour ne pas être pénalisé, explique N’Damoulé Binlin du comité d’organisation. Dans ce sens où, quand on n’a pas du tout fait l’Abissa et que tu ne fais pas une cérémonie d’un jour, il faut attendre cinq ans. Evidemment le pardon qui consiste à une catharsis populaire devant tout le monde, on ne le fait pas. Et ça, c’est dangereux pour le peuple. Donc cette année, la particularité est de dire : si on ne peut pas faire l’Abissa parce que les tensions sont assez fortes et peuvent amener des problèmes de sécurité, alors on le fera un jour et l’année prochaine, on reprend immédiatement. »

    De mémoire de Bassamois, la dernière fois que l’Abissa n’a pas eu lieu remonte à plus de 50 ans à cause d’une épidémie.

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  • Espagne. Les agressions sexuelles sur mineurs bientôt imprescriptibles  ?

    Espagne. Les agressions sexuelles sur mineurs bientôt imprescriptibles  ?

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    Actuellement, ces crimes et délits sont prescrits au bout de cinq à dix ans, mais l’exécutif veut durcir la loi, suivant l’exemple notamment du Royaume-Uni.

    Le gouvernement socialiste espagnol a annoncé, lundi 29 octobre, une prochaine réforme du Code pénal pour en finir avec la prescription des crimes et délits sexuels commis sur des mineurs. “Ce qui les mettrait sur le même plan que les assassinats terroristes et les délits de génocide et de crimes contre l’humanité”, commente le quotidien El País.

    Actuellement, en Espagne, les délais de prescription en la matière commencent à courir à partir du moment où la victime atteint 18 ans. Les délits et crimes sexuels sur mineurs sont alors prescrits au bout de cinq à quinze ans, selon la gravité des cas. “Ce qui signifie que, au maximum, le délit est prescrit quand la victime atteint l’âge de 33 ans, poursuit El País. Mais la majorité des victimes mettent des années pour assimiler les agressions et pour pouvoir les raconter, donc souvent les coupables ne sont pas inculpés.”

    Une réforme contestée par certains juristes

    Le journal rappelle que les débats sur la prescription n’existent pas seulement en Espagne, et cite notamment le cas du Royaume-Uni, où l’imprescriptibilité existe déjà, et celui de la France “qui vient d’approuver une loi qui prolonge la prescription de vingt à trente ans”.

    Mais cette future réforme est contestée par certains juristes. “Ils pensent qu’il est très compliqué de prouver des faits remontant à cinquante ans”, poursuit El País, et que cette modification du Code pénal ouvrirait la porte à d’autres exceptions, ce qui mettrait en cause le principe même de prescription, donc “l’idée que la responsabilité pénale a une limite temporelle”.

    En conclusion, El País cite Borja Mapelli, professeur de droit pénal à l’université de Séville :

    Pourquoi les agressions sexuelles sur mineurs et pas d’autres délits ? Ce serait une sorte de condamnation à perpétuité occulte.”

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  • Royaume-Uni. Le gouvernement présente “le budget le plus généreux depuis 2010”

    Royaume-Uni. Le gouvernement présente “le budget le plus généreux depuis 2010”

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    Baisses d’impôts et investissements dans le système de santé : le ministre des Finances britannique a relâché lundi la pression des politiques d’austérité mises en place depuis 2010. Un choix salué par la presse conservatrice, mais dont la presse de gauche déplore le manque d’ambition.

    “Le ministère des Finances devait initialement présenter le budget mercredi 31 octobre, commence The Guardian. Jusqu’au moment où on lui a fait remarquer que c’était tendre le bâton pour se faire battre et que la presse se délecterait de titres bourrés de références à Halloween. D’autant qu’il le faut dire, le ministre ressemble un peu trop aux membres de La Famille Adams.” Au contraire, “Philip Hammond aurait sans doute préféré repousser la date de plusieurs mois, jusqu’au printemps”, poursuit le quotidien classé à gauche.

    Car ce lundi, Philip Hammond a présenté le dernier budget avant la sortie de l’Union européenne, prévue le 29 mars prochain. Un exercice “digne d’un numéro d’équilibriste” en pleine période d’incertitude, note le Financial Times. Alors qu’un accord de divorce avec Bruxelles se fait toujours

    […]

    Sasha Mitchell

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  • Les syndicats danois d’acteurs, de scénaristes et de réalisateurs s’opposent à Netflix et HBO

    Les syndicats danois d’acteurs, de scénaristes et de réalisateurs s’opposent à Netflix et HBO

    Ils exigent des plates-formes américaines de streaming qu’elles respectent les accords collectifs, qui prévoient le versement de royalties, faute de quoi aucun contrat ne sera signé jusqu’à nouvel ordre.

    Par Anne-Françoise Hivert Publié aujourd’hui à 10h34, mis à jour à 10h34

    Lecture 3 min.

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    Face aux plates-formes américaines de streaming (lecture sans téléchargement) – dont, assurent-ils, l’intérêt pour leur pays les ravit –, les acteurs, scénaristes et réalisateurs danois n’ont vu qu’une solution : s’allier pour espérer se faire entendre. A en croire Benjamin Boe Rasmussen, le président du syndicat des acteurs, il y va de l’avenir du « modèle danois » de rémunération dans le cinéma et la télévision, tel qu’il est défini par les accords collectifs.

    Mercredi 24 octobre, les trois professions ont fait savoir que si Netflix et HBO voulaient dorénavant recruter un acteur, un scénariste ou un réalisateur danois, elles devraient d’abord trouver un compromis avec l’organisation « Create Denmark », fondée en 2016 pour défendre les droits d’auteur des artistes nationaux. Pas question d’être les « ouvriers polonais » d’un secteur en pleine expansion, tonnent les syndicats.

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    En cause : le refus des deux mastodontes américains, impliqués dans plusieurs productions locales, de respecter le modèle de rémunération danois, qui combine salaire et royalties. « Au Danemark, nos cachets sont relativement bas, explique Benjamin Boe Rasmussen. Mais ils sont compensés par les droits que nous touchons ensuite sur chaque diffusion. » Acteur, il a figuré au casting de deux épisodes de la série The Killing, produite par la chaîne danoise DR. « Depuis, j’ai perçu l’équivalent de 130 % de mon salaire en royalties », précise-t-il.

    A cela, Netflix et HBO opposent une fin de non-recevoir, exigeant l’application d’un système de « buy-out », qui prévoit, en plus du salaire, une avance sur droits, dont le montant varie de 15 % à 25 % du salaire initial. Une compensation jugée insuffisante par les syndicats, sachant que la somme des royalties touchée sur dix ans peut doubler le montant du cachet.

    En place depuis des décennies, ce modèle a façonné l’écosystème danois, observe Benjamin Boe Rasmussen : « Les producteurs n’ont pas besoin d’avancer des sommes énormes en amont, ce qui donne leur chance à de petits projets qui, autrement, n’auraient pas vu le jour. » Les syndicats soulignent également qu’il est important qu’une partie des bénéfices générés reste au Danemark pour y être réinvestie.

    « Un choc des cultures »

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  • Cohabitation politique et littéraire aux enchères de la bibliothèque de Mitterrand

    Cohabitation politique et littéraire aux enchères de la bibliothèque de Mitterrand

    Au fond de la salle, un jeune homme arbore une cravate d’un rouge éclatant. Aurait-il préféré avoir une rose à la main ? A quelques rangées de lui, une femme a, elle, laissé dépasser de son sac Destin français, le dernier pamphlet d’Eric Zemmour. Serait-elle aussi lectrice du nationaliste Maurice Barrès ? Lundi 29 octobre, la très chic maison Piasa, sise 118, rue du Faubourg-Saint-Honoré, organisait la première journée de vente aux enchères de la bibliothèque de François Mitterrand. Elle fut le théâtre d’une étonnante cohabitation politique entre acheteurs passionnés.

    Seul l’ancien chef de l’Etat socialiste pouvait réussir un tel tour de force posthume, lui le Florentin qui aimait tant brouiller les pistes. Dans une vidéo publiée sur le site de Piasa, Régis Debray, un intime de la famille, avait averti : « Cette vente va révéler François plutôt que Mitterrand. Le premier était un homme de droite, le second un homme de gauche et les deux coexistaient fort bien. »

    De tous les présidents de la Ve République, François Mitterrand est le seul à poser un livre à la main, Les Essais de Montaigne, lors du rituel de la photo officielle. Bibliophile averti, il collectionne les éditions originales au gré de ses promenades littéraires à Saint-Germain-des-Prés. Rue de Bièvre, sur les rayonnages consacrés aux auteurs modernes, le communiste Aragon voisine avec l’antisémite Robert Brasillach, Albert Camus avec l’écrivain pétainiste Jacques Chardonne et Marguerite Duras avec le collaborationniste Pierre Drieu La Rochelle. Et parmi les écrivains de droite, on découvre aussi Maurice Barrès et Michel Déon. C’est ce fonds littéraire du XXe siècle qui est mis à l’encan par Gilbert Mitterrand, le fils cadet de l’ancien chef de l’Etat.

    « Il en avait hérité, mais ce n’est pas un collectionneur, témoigne Jean-Baptiste de Proyart, libraire et expert de la vente pour Piasa. Les ouvrages végétaient dans des…

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