Author: Don Kayembe

  • Top 20 RFI: Abdenasser El Khayati, un dauphin bientôt chez les «Lions»?

    Top 20 RFI: Abdenasser El Khayati, un dauphin bientôt chez les «Lions»?

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    Auteur de son huitième but aux Pays-Bas, l’attaquant Abdenasser El Khayati est désormais 2e de notre classement des buteurs africains d’Europe. A ce rythme-là, le joueur né aux Pays-Bas pourrait bientôt être appelé en équipe nationale du Maroc.

    TOP 20 RFI: mode d’emploi

    Ce classement ne prend en compte que:

    1) les joueurs évoluant dans les douze meilleurs championnats d’Europe (selon l’indice UEFA 2018-2019): Allemagne, Angleterre, Autriche, Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal, Russie, Turquie, Ukraine
    2) les sélectionnés ou sélectionnables par une équipe nationale A africaine. Ce qui inclut donc les joueurs binationaux.

    Sources: sites des ligues nationales de chaque pays.

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  • Côte d’Ivoire: la contestation de résultats sème le désordre à Grand-Bassam

    Côte d’Ivoire: la contestation de résultats sème le désordre à Grand-Bassam


    Par
    RFI

    Publié le 30-10-2018
    Modifié le 30-10-2018 à 11:25

    Dans la station balnéaire de Grand-Bassam, les jours qui ont suivi les élections locales ont été tendus : manifestations dispersées au gaz lacrymogènes, déploiements des forces de sécurité, destruction des estrades installées pour la fête traditionnelle de l’Abissa… Si la tension est retombée depuis, la contestation est toujours là de la part des partisans du maire sortant Georges Ezaley, déclaré vaincu aux municipales par la CEI, et qui désormais placent leurs espoirs dans des recours déposés devant la Cour suprême.

    Dans son bureau de la mairie de Grand-Bassam, Georges Philippe Ezaley, candidat du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) à sa succession, déploie sur une table les procès-verbaux des municipales qui selon lui prouvent sa victoire le 13 octobre dernier de plus de 1100 voix. Victoire volée par la CEI qui a déclaré vainqueur son adversaire du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Jean-Louis Moulot, affirme-t-il.

    « On a fini le vote. On a comptabilisé par procès-verbaux, les documents sont là. On vient à la CEI, on fait une compilation avec des chiffres qui sont là, vérifiables également. Puis c’est autre chose qui est proclamé à Abidjan. On a été spoliés dans notre histoire en ce qui concerne les résultats. Donc tout de suite, on a commencé à mettre en place toute une série d’actions régaliennes », indique-t-il.

    Georges Ezaley a du mal à voir dans la garde à vue de l’une de ses collaboratrices, la semaine dernière, et dans l’audit soudain de son mandat, une coïncidence.

    De l’autre côté de la ville, son rival Jean-Louis Moulot a du mal à croire au caractère spontané des manifestations de colère de jeunes et de femmes dans les premiers jours d’après scrutin. Quant aux chiffres, le candidat RHDP ne veut entendre parler que des procès-verbaux consolidés par la CEI. « Le candidat du PDCI-RDA est le seul à avancer un chiffre fantaisiste qui ne repose sur rien puisque les procès-verbaux qu’il brandit ne sont pas ceux de la Commission électorale indépendante, [il] n’ont pas fait l’objet d’une validation. Ils se sont livrés eux-mêmes à des compilations qui ont donné tantôt des taux [de participation] de 107 %, tantôt de 112 %. Pour vous dire que ces procès-verbaux comportent des erreurs qui méritent d’être corrigées dans le cadre de la procédure de consolidation. »

    Publiquement, les deux prétendants à la mairie appellent au calme en attendant la décision de la Cour suprême, probablement d’ici plusieurs semaines.

    Le nouvel an des N’zima annulé ?

    Chaque année pendant deux semaines fin octobre et début novembre, le peuple N’zima célèbre l’Abissa, son nouvel an, dans sa capitale, Grand-Bassam. C’est l’une des fêtes traditionnelles les plus connues et les plus courues de Côte d’Ivoire. L’occasion pour les N’zima de faire leur autocritique, de se dire des vérités, sans tenir compte des rangs sociaux, puis de faire la fête au nom du pardon et de la réconciliation.

    Mais compte tenu du climat qui a prévalu après les élections locales à Grand-Bassam, l’Abissa 2018 pourrait ne pas voir lieu. Du jamais-vu ou presque.

    A Grand-Bassam en effet, le roi des N’zima fait l’objet de contestation. Dimanche alors qu’il recevait la gouverneure générale du Canada, il a été hué par une poignée de jeunes qui lui reprochent son soutien supposé à Jean-Louis Moulot, aux dernières municipales, contre son adversaire Georges Philippe Ezaley, favori de cette communauté.

    Et à l’annonce de la défaite d’Ezaley, il y a deux semaines, les estrades installées pour l’Abissa 2018 ont été incendiées par des jeunes en colère.

    Le climat n’est donc pas propice à deux semaines de festivités, estime ce joueur de dames septuagénaire et philosophe : « L’Abissa, c’est une fête de réjouissance et actuellement les populations ont le cœur est meurtri. Donc on ne peut pas se réjouir dans la douleur. »

    Le lieu où se doivent se tenir les danses rituelles a été saccagé et doit être purifié. Ensuite les notables décideront ou non d’organiser l’Abissa.

    Pour éviter qu’elle ne se tienne pas du tout, ils pourraient opter pour une cérémonie d’une journée seulement. « Si on ne fait pas l’Abissa, il faut procéder à sa réalisation un jour au moins pour ne pas être pénalisé, explique N’Damoulé Binlin du comité d’organisation. Dans ce sens où, quand on n’a pas du tout fait l’Abissa et que tu ne fais pas une cérémonie d’un jour, il faut attendre cinq ans. Evidemment le pardon qui consiste à une catharsis populaire devant tout le monde, on ne le fait pas. Et ça, c’est dangereux pour le peuple. Donc cette année, la particularité est de dire : si on ne peut pas faire l’Abissa parce que les tensions sont assez fortes et peuvent amener des problèmes de sécurité, alors on le fera un jour et l’année prochaine, on reprend immédiatement. »

    De mémoire de Bassamois, la dernière fois que l’Abissa n’a pas eu lieu remonte à plus de 50 ans à cause d’une épidémie.

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  • Espagne. Les agressions sexuelles sur mineurs bientôt imprescriptibles  ?

    Espagne. Les agressions sexuelles sur mineurs bientôt imprescriptibles  ?

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    Actuellement, ces crimes et délits sont prescrits au bout de cinq à dix ans, mais l’exécutif veut durcir la loi, suivant l’exemple notamment du Royaume-Uni.

    Le gouvernement socialiste espagnol a annoncé, lundi 29 octobre, une prochaine réforme du Code pénal pour en finir avec la prescription des crimes et délits sexuels commis sur des mineurs. “Ce qui les mettrait sur le même plan que les assassinats terroristes et les délits de génocide et de crimes contre l’humanité”, commente le quotidien El País.

    Actuellement, en Espagne, les délais de prescription en la matière commencent à courir à partir du moment où la victime atteint 18 ans. Les délits et crimes sexuels sur mineurs sont alors prescrits au bout de cinq à quinze ans, selon la gravité des cas. “Ce qui signifie que, au maximum, le délit est prescrit quand la victime atteint l’âge de 33 ans, poursuit El País. Mais la majorité des victimes mettent des années pour assimiler les agressions et pour pouvoir les raconter, donc souvent les coupables ne sont pas inculpés.”

    Une réforme contestée par certains juristes

    Le journal rappelle que les débats sur la prescription n’existent pas seulement en Espagne, et cite notamment le cas du Royaume-Uni, où l’imprescriptibilité existe déjà, et celui de la France “qui vient d’approuver une loi qui prolonge la prescription de vingt à trente ans”.

    Mais cette future réforme est contestée par certains juristes. “Ils pensent qu’il est très compliqué de prouver des faits remontant à cinquante ans”, poursuit El País, et que cette modification du Code pénal ouvrirait la porte à d’autres exceptions, ce qui mettrait en cause le principe même de prescription, donc “l’idée que la responsabilité pénale a une limite temporelle”.

    En conclusion, El País cite Borja Mapelli, professeur de droit pénal à l’université de Séville :

    Pourquoi les agressions sexuelles sur mineurs et pas d’autres délits ? Ce serait une sorte de condamnation à perpétuité occulte.”

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  • Royaume-Uni. Le gouvernement présente “le budget le plus généreux depuis 2010”

    Royaume-Uni. Le gouvernement présente “le budget le plus généreux depuis 2010”

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    Baisses d’impôts et investissements dans le système de santé : le ministre des Finances britannique a relâché lundi la pression des politiques d’austérité mises en place depuis 2010. Un choix salué par la presse conservatrice, mais dont la presse de gauche déplore le manque d’ambition.

    “Le ministère des Finances devait initialement présenter le budget mercredi 31 octobre, commence The Guardian. Jusqu’au moment où on lui a fait remarquer que c’était tendre le bâton pour se faire battre et que la presse se délecterait de titres bourrés de références à Halloween. D’autant qu’il le faut dire, le ministre ressemble un peu trop aux membres de La Famille Adams.” Au contraire, “Philip Hammond aurait sans doute préféré repousser la date de plusieurs mois, jusqu’au printemps”, poursuit le quotidien classé à gauche.

    Car ce lundi, Philip Hammond a présenté le dernier budget avant la sortie de l’Union européenne, prévue le 29 mars prochain. Un exercice “digne d’un numéro d’équilibriste” en pleine période d’incertitude, note le Financial Times. Alors qu’un accord de divorce avec Bruxelles se fait toujours

    […]

    Sasha Mitchell

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  • Les syndicats danois d’acteurs, de scénaristes et de réalisateurs s’opposent à Netflix et HBO

    Les syndicats danois d’acteurs, de scénaristes et de réalisateurs s’opposent à Netflix et HBO

    Ils exigent des plates-formes américaines de streaming qu’elles respectent les accords collectifs, qui prévoient le versement de royalties, faute de quoi aucun contrat ne sera signé jusqu’à nouvel ordre.

    Par Anne-Françoise Hivert Publié aujourd’hui à 10h34, mis à jour à 10h34

    Lecture 3 min.

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    Face aux plates-formes américaines de streaming (lecture sans téléchargement) – dont, assurent-ils, l’intérêt pour leur pays les ravit –, les acteurs, scénaristes et réalisateurs danois n’ont vu qu’une solution : s’allier pour espérer se faire entendre. A en croire Benjamin Boe Rasmussen, le président du syndicat des acteurs, il y va de l’avenir du « modèle danois » de rémunération dans le cinéma et la télévision, tel qu’il est défini par les accords collectifs.

    Mercredi 24 octobre, les trois professions ont fait savoir que si Netflix et HBO voulaient dorénavant recruter un acteur, un scénariste ou un réalisateur danois, elles devraient d’abord trouver un compromis avec l’organisation « Create Denmark », fondée en 2016 pour défendre les droits d’auteur des artistes nationaux. Pas question d’être les « ouvriers polonais » d’un secteur en pleine expansion, tonnent les syndicats.

    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Face à Netflix, l’audiovisuel public nordique fait front

    En cause : le refus des deux mastodontes américains, impliqués dans plusieurs productions locales, de respecter le modèle de rémunération danois, qui combine salaire et royalties. « Au Danemark, nos cachets sont relativement bas, explique Benjamin Boe Rasmussen. Mais ils sont compensés par les droits que nous touchons ensuite sur chaque diffusion. » Acteur, il a figuré au casting de deux épisodes de la série The Killing, produite par la chaîne danoise DR. « Depuis, j’ai perçu l’équivalent de 130 % de mon salaire en royalties », précise-t-il.

    A cela, Netflix et HBO opposent une fin de non-recevoir, exigeant l’application d’un système de « buy-out », qui prévoit, en plus du salaire, une avance sur droits, dont le montant varie de 15 % à 25 % du salaire initial. Une compensation jugée insuffisante par les syndicats, sachant que la somme des royalties touchée sur dix ans peut doubler le montant du cachet.

    En place depuis des décennies, ce modèle a façonné l’écosystème danois, observe Benjamin Boe Rasmussen : « Les producteurs n’ont pas besoin d’avancer des sommes énormes en amont, ce qui donne leur chance à de petits projets qui, autrement, n’auraient pas vu le jour. » Les syndicats soulignent également qu’il est important qu’une partie des bénéfices générés reste au Danemark pour y être réinvestie.

    « Un choc des cultures »

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  • Cohabitation politique et littéraire aux enchères de la bibliothèque de Mitterrand

    Cohabitation politique et littéraire aux enchères de la bibliothèque de Mitterrand

    Au fond de la salle, un jeune homme arbore une cravate d’un rouge éclatant. Aurait-il préféré avoir une rose à la main ? A quelques rangées de lui, une femme a, elle, laissé dépasser de son sac Destin français, le dernier pamphlet d’Eric Zemmour. Serait-elle aussi lectrice du nationaliste Maurice Barrès ? Lundi 29 octobre, la très chic maison Piasa, sise 118, rue du Faubourg-Saint-Honoré, organisait la première journée de vente aux enchères de la bibliothèque de François Mitterrand. Elle fut le théâtre d’une étonnante cohabitation politique entre acheteurs passionnés.

    Seul l’ancien chef de l’Etat socialiste pouvait réussir un tel tour de force posthume, lui le Florentin qui aimait tant brouiller les pistes. Dans une vidéo publiée sur le site de Piasa, Régis Debray, un intime de la famille, avait averti : « Cette vente va révéler François plutôt que Mitterrand. Le premier était un homme de droite, le second un homme de gauche et les deux coexistaient fort bien. »

    De tous les présidents de la Ve République, François Mitterrand est le seul à poser un livre à la main, Les Essais de Montaigne, lors du rituel de la photo officielle. Bibliophile averti, il collectionne les éditions originales au gré de ses promenades littéraires à Saint-Germain-des-Prés. Rue de Bièvre, sur les rayonnages consacrés aux auteurs modernes, le communiste Aragon voisine avec l’antisémite Robert Brasillach, Albert Camus avec l’écrivain pétainiste Jacques Chardonne et Marguerite Duras avec le collaborationniste Pierre Drieu La Rochelle. Et parmi les écrivains de droite, on découvre aussi Maurice Barrès et Michel Déon. C’est ce fonds littéraire du XXe siècle qui est mis à l’encan par Gilbert Mitterrand, le fils cadet de l’ancien chef de l’Etat.

    « Il en avait hérité, mais ce n’est pas un collectionneur, témoigne Jean-Baptiste de Proyart, libraire et expert de la vente pour Piasa. Les ouvrages végétaient dans des…

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  • « La Guerre des mondes », ou la fausse panique collective de 1938

    « La Guerre des mondes », ou la fausse panique collective de 1938

    Récit

    Le 30 octobre 1938, CBS diffuse « La Guerre des mondes », une pièce radiophonique inspirée du célèbre roman de l’écrivain britannique H.G. Wells. Au micro et à la mise en scène, son presque homonyme, Orson Welles, 23 ans, un metteur en scène alors quasi inconnu du grand public. Pour donner un caractère réaliste à la pièce, Welles décide d’y inclure de faux flashs d’information qui évoquent le débarquement des Martiens dans la région de New York.

    Selon les journaux de l’époque, cette version de la « Guerre des mondes » aurait déclenché une panique générale à travers le pays. Problème : cette panique générale n’a pas eu lieu. En effet, l’émission était clairement annoncée dans les programmes et un générique marquait le début et la fin de cette mise en scène radiophonique de « La Guerre des mondes » sur l’antenne de CBS.

    LE MONDE

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  • Conversation avec Juliette Armanet. Une rencontre du Monde Festival

    Conversation avec Juliette Armanet. Une rencontre du Monde Festival

    Décryptage

    C’est l’une des voix les plus séduisantes de la jeune chanson française. Son succès est fulgurant. Depuis la sortie de son premier album, Petite Amie, en 2017, Juliette Armanet a chanté sur toutes les scènes ou presque. Beaucoup l’ont d’ailleurs découverte lorsqu’elle a magnifiquement repris Les Moulins de mon cœur, le classique de Michel Legrand, en ouverture du dernier Festival de Cannes.

    Pour Le Monde Festival, samedi 6 octobre, au Théâtre des Bouffes du Nord, cette fille de libraires de banlieue parisienne est revenue sur les amours artistiques qui ont scandé son parcours et montré qu’elle n’est avare ni de voix ni de cœur.

    Revivez les meilleurs moments du Monde Festival en vidéo.

    LE MONDE

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  • Les coups de ciseaux du politiquement correct, selon Emmanuel Pierrat

    Les coups de ciseaux du politiquement correct, selon Emmanuel Pierrat

    Le livre. Sommes-nous en train de glisser de façon indolore vers une société où la liberté d’expression ne serait plus un principe cardinal ? A lire l’avocat Emmanuel Pierrat, on prend conscience que ce péril n’est pas théorique. Ce spécialiste du droit de la culture et des affaires de censure recense les multiples coups que nous portons à la liberté de création artistique, à celles d’éditer ou d’exposer une œuvre.

    Ce n’est pas sous le joug de gouvernements autoritaires mais au nom de la morale qu’émerge une insidieuse « censure privatisée ». Parfois au nom de buts louables, comme la lutte contre le racisme ou contre les violences faites aux femmes, on parvient à interdire, bannir, censurer ou même réécrire l’histoire.

    Sans revenir sur les arguments juridiques débattus autour de la publication des pamphlets antisémites de Céline ou de la réédition de Mein Kampf de Hitler, M. Pierrat s’inquiète pour « la mémoire d’une société qui ne saura rien des errements de son passé ». Fallait-il déboulonner les statues de Lénine après la chute du mur de Berlin ? La mairie de San Francisco a-t-elle eu raison de retirer en 2018 une statue représentant un Amérindien à moitié nu aux pieds de deux missionnaires catholiques ?

    Censurer l’expression du racisme, une erreur

    Censurer l’expression du racisme des générations précédentes n’aide pas à le combattre aujourd’hui. Au contraire ! « Nous n’aurons plus les moyens intellectuels de savoir ce qui a été peint, lu, admiré ou conspué. Le public du futur sera anesthésié », prévient l’avocat. Mais invoquer les traditions n’autorise pas tout. L’auteur dénonce la perpétuation d’une manifestation raciste comme la « Nuit des Noirs » au carnaval de Dunkerque, pendant laquelle des Blancs se noircissent le visage.

    La censure bien-pensante ne s’applique pas qu’au passé. Au Teatro del Maggio de Florence, la scène finale de l’opéra Carmen a…

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  • Christian Streiff : « Ce PDG méprisant qu’incarne Luchini, ce n’était pas moi »

    Christian Streiff : « Ce PDG méprisant qu’incarne Luchini, ce n’était pas moi »

    Christian Streiff le reconnaît volontiers, il souffre encore de très légers trous de mémoire. Quelques noms qu’il peine à retrouver. Une idée qui chemine jusqu’au bout de sa langue et s’évanouit soudain. C’est pour cela, d’ailleurs, que l’ancien patron d’Airbus et de PSA Peugeot Citroën a apporté avec lui un élégant carnet rouge. « J’y note les choses importantes pour lesquelles je ne suis pas sûr de ma mémoire », sourit-il en s’installant au fond des Belles plantes, la brasserie du Jardin des plantes, à Paris, pas très loin de chez lui. Il pose le carnet sur la table en bois, passe la main sur le cuir : « Ce matin, j’y ai fait la liste de ce que je voulais vous dire… ou ne pas vous dire. »

    Il est une certitude qu’il n’a pas eu besoin d’inscrire pour s’en souvenir : bien sûr, Christian Streiff, 64 ans, aime beaucoup Un homme pressé (dHervé Mimran avec Fabrice Luchini et Leïla Bekhti), la comédie qui sortira sur grand écran le 7 novembre, inspirée de sa chute et de sa lente reconstruction. Mais « l’histoire n’a rien à voir avec la [s]ienne ». Que ce soit clair, « ce PDG très autoritaire, méprisant, ce vrai ­salaud qu’incarne Luchini au début, ce n’était pas moi, assure-t-il. Cela, c’est le patron tel que les Français aiment le détester, et c’est dur de se dire que j’ai pu avoir quelque chose en commun avec lui ».

    De même, « la maladie décrite dans le film a très peu à voir avec mon accident vasculaire cérébral », affirme-t-il en commandant un jus multivitaminé. Bien sûr, il s’est retrouvé terrassé un matin de mai 2008, comme Luchini à l’écran. Comme lui, il a failli mourir. Comme lui, il ne savait plus compter ni parler. Des mots sortaient bien de sa bouche. Mais pas toujours les bons. L’ex-major de l’Ecole des mines disait « pluance », « ancture ». « Les orthophonistes, je les appelais “mes psychopathes’’, sans m’en rendre compte, comme…

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