Author: Don Kayembe

  • L’entraîneur du Real Madrid, Julen Lopetegui, démis de ses fonctions

    L’entraîneur du Real Madrid, Julen Lopetegui, démis de ses fonctions

    C’était la défaite de trop. Au lendemain de la correction dans le Clasico contre le FC Barcelone (5-1), l’entraîneur du Real Madrid, Julen Lopetegui, a été démis de ses fonctions, lundi 29 octobre, a annoncé dans la soirée le club madrilène.

    L’Espagnol de 52 ans ne sera resté que quatre mois à ce poste. La décision était attendue depuis plusieurs jours tant les résultats de la Maison blanche, 9e du championnat espagnol, n’étaient pas conformes aux attentes pour le triple champion d’Europe en titre.

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    Interim de Santiago Solari

    « Le comité directeur du Real Madrid, réuni ce jour, a décidé de mettre fin au contrat de l’entraîneur Julen Lopetegui. Cette décision, adoptée avec le plus haut sens des responsabilités, a pour objectif de changer la dynamique de l’équipe première, a écrit le club dans un communiqué. Le comité directeur considère qu’il existe une grande disparité entre les résultats obtenus jusqu’à présent et la qualité des joueurs de l’effectif du Real Madrid. »

    M. Lopetegui sera « remplacé provisoirement par Santiago Solari », ancien joueur du Real Madrid entre 2000 et 2005. Il fera ses débuts dès mercredi en 16es de finale aller de la Coupe du Roi à Leilla, en attendant la nomination d’un nouvel entraîneur.

    Malgré un début de saison prometteur, le Real Madrid reste sur cinq matchs sans victoire en Liga. La tâche était compliquée pour M. Lopetegui qui a pris la succession sur le banc madrilène de Zinédine Zidane, l’entraîneur qui a permis au Real de remporter trois Ligues des champions d’affilée et qui a vu partir au cours de l’été le quintuple Ballon d’or, Cristiano Ronaldo. Avec ce renvoi, Julen Lopetegui devient l’un des entraîneurs les plus éphémères de l’histoire récente madrilène avec seulement 14 matches dirigés : 6 victoires, 2 nuls et 6 défaites.

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  • Scandale d’abus sexuels en Angleterre : sept hommes, membres d’un même gang, reconnus coupables

    Scandale d’abus sexuels en Angleterre : sept hommes, membres d’un même gang, reconnus coupables

    Ces décisions de justice sont les premières poursuites majeures engagées dans le cadre de l’opération « Stovewood », portant sur une vaste affaire d’exploitation sexuelle de mineures dans le Yorkshire.

    Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 20h21, mis à jour à 20h21

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    Les premières condamnations tombent après la découverte, il y a quelques années, d’un scandale d’abus sexuels dans le Yorkshire. Lundi 29 octobre, sept hommes, membres d’un même gang, ont été reconnus coupables d’avoir violé et exploité sexuellement des adolescentes à Roterham, au nord de l’Angleterre.

    Ces décisions de justice sont les premières poursuites majeures engagées dans le cadre de l’opération « Stovewood », une enquête de la National Crime Agency (l’agence britannique de lutte contre le crime, NCA) portant sur une vaste affaire d’exploitation sexuelle de mineures dans le Yorkshire. L’enquête avait été lancée après qu’un rapport rendu en 2014 à la suite d’une enquête publique avait révélé l’ampleur des faits, survenus entre 1997 et 2013, et l’échec de la police et des services sociaux à y mettre fin. Au total plus de 1 500 victimes ont été identifiées.

    Le gang était composé d’hommes originaires du Pakistan, âgés aujourd’hui d’une trentaine d’années, qui s’en prenaient à des adolescentes « ciblées » et « dans certains cas, soumises à des actes dégradants et violents », a expliqué la procureure Michelle Colborne. Les jeunes filles étaient alcoolisées, droguées et victimes de viol collectif. Une des victimes est tombée enceinte après avoir été violée à quatorze ans par plusieurs hommes dans une forêt, qui l’ont menacée de l’y abandonner si elle refusait de se plier à leurs ordres. Ses parents l’ont ensuite forcée à avorter.

    Plusieurs condamnations en octobre

    « Les filles étaient fascinées par des hommes asiatiques plus âgés, des hommes qui avaient une voiture », a déclaré la procureure. « Elles pensaient qu’ils menaient la grande vie » et « aucune n’avait la maturité de réaliser qu’elles étaient manipulées et exploitées ». Pour Robin Pearson, responsable des enquêtes de la NCA pour l’opération « Stovewood », les accusés sont des « prédateurs » ; « aucun n’avait exprimé de remords. »

    Depuis le début du mois d’octobre, une vingtaine d’hommes ont également été condamnés pour viols et agressions sexuelles graves sur des mineurs. Quatre hommes ont été condamnés le 8 octobre par le tribunal de Leeds pour de multiples agressions contre des jeunes filles dans la région d’Huddersfield, dans le Yorkshire de l’Ouest, au nord de l’Angleterre, entre 2004 et 2011.

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    Seize autres hommes avaient précédemment été condamnés par le même tribunal lors de deux précédents procès. Le chef du groupe, Amere Singh Dhaliwal, un père de famille de 35 ans, a été condamné à la prison à vie avec une période de sûreté de 18 ans. Il a été reconnu coupable de 54 infractions, dont 22 viols envers onze adolescentes.

    « Ces hommes ont délibérément pris pour cible des victimes vulnérables, les manipulant et les exploitant pour leur propre satisfaction sexuelle », a déclaré Michael Quinn, du Crown Prosecution Service (CPS), service chargé de l’accusation au Royaume-Uni, cité dans un communiqué.

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  • Allemagne : les trois années qui ont affaibli Angela Merkel

    Allemagne : les trois années qui ont affaibli Angela Merkel

    Angela Merkel, 64 ans, dont treize au pouvoir en Allemagne, a longtemps paru indétrônable. Mais des crises à répétition au sein de sa coalition et les critiques contre sa politique migratoire ont fini par fragiliser irrémédiablement la chancelière allemande.

    Elle en a tiré de premières conséquences, lundi 29 octobre, au lendemain d’un énième revers électoral dans la région de Hesse, en annonçant qu’elle quitterait la tête de l’Etat à l’issue de son mandat de chancelière, en 2021, et qu’elle se retirerait de la vie politique.

    Quelques heures plus tôt, la plus ancienne dirigeante européenne en exercice avait annoncé à ses troupes qu’elle quitterait en décembre la présidence du parti conservateur, l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU). Un premier pas vers la fin de sa carrière politique. Retour sur les trois années qui ont isolé politiquement la chancelière allemande.

    • Automne 2015 : Merkel accueille près de 900 000 demandeurs d’asile

    C’est à l’automne 2015 que tout a basculé. A la tête de l’Allemagne depuis dix ans, Angela Merkel décide d’ouvrir son pays à 890 000 demandeurs d’asile fuyant la guerre en Syrie ou la pauvreté. Malgré les inquiétudes de l’opinion, elle promet de les intégrer et de les protéger. « Wir schaffen das » (nous y arriverons), assure-t-elle au plus fort de la crise des réfugiés.

    Lire l’analyse :   Angela Merkel a du mal à faire oublier son « Wir schaffen das »

    Cette décision historique, prise sans avoir véritablement consulté ses partenaires européens, divise autant au sein de l’Union européenne que les Allemands eux-mêmes. Fin 2015, celle qui fut un temps dépeinte en nazie en Grèce pour son inflexibilité financière face à Athènes, est ironiquement surnommée « Mère Angela », en référence à mère Teresa, par le magazine Der Spiegel.

    • Septembre 2016 : battue dans sa circonscription par l’extrême droite

    Sa politique d’ouverture lui vaut d’être qualifiée « chancelière du monde libre » par le Time en décembre 2015. Un an plus tard, après le séisme Donald Trump, Angela Merkel apparaît à certains observateurs comme un antidote à la montée des populismes. Mais la crise migratoire inquiète, la peur de l’islamisme et des attentats djihadistes s’installent, et l’électorat conservateur allemand se détourne en partie vers l’extrême droite.

    Le 4 septembre 2016, lors d’élections régionales du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, le parti anti-immigration Alternative pour l’Allemagne (AfD) devance la CDU de la chancelière allemande dans son fief électoral. La claque est brutale pour Mme Merkel. Cette année-là, l’Allemagne accueillera 280 000 demandeurs d’asile.

    Lire aussi :   Claque électorale pour Angela Merkel dans sa région

    • Septembre 2017 : l’AfD fait son entrée au Bundestag

    Le 24 septembre 2017, c’est un tabou de l’après-guerre qui tombe. Avec 94 élus, la formation d’extrême droite fait une entrée historique au Parlement à la faveur des élections législatives.

    La percée de l’AfD a été permise par l’effondrement des deux grands partis traditionnels. La CDU (conservateurs) et le SPD (sociaux-démocrates) ne totalisent à eux deux que 399 sièges au Bundestag, soit 56 % du Parlement. Il faut remonter à 1949, où ils ne détenaient que 67 % des sièges (avec 277 députés sur 410), pour retrouver un score aussi faible.

    En 2017, le nombre de demandeurs d’asile en Allemagne est passé à 180 000, soit 100 000 de moins qu’en 2016. Mais Angela Merkel continue de voir une partie de ses électeurs se tourner vers des formations hostiles à sa politique d’immigration, l’extrême droite et les Libéraux du FDP.

    Notre décryptage :   Ce qu’il faut retenir de l’entrée de l’extrême droite au Parlement allemand

    • Mars 2018 : une coalition créée dans la douleur, et qui reste fragile

    C’est dans la douleur qu’Angela Merkel parvient finalement à entamer un quatrième mandat de chancelière, en mars 2018… près de six mois après les élections législatives. Après d’interminables tractations pour former un gouvernement de « grande coalition », elle trouve un accord entre son camp conservateur (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates du SPD.

    Mais la recette du compromis permanent concoctée sous l’égide de la chancelière a fini par lasser les électeurs dans un monde politique allemand atomisé et électrisé par l’irruption du discours antimigrant porté par l’extrême droite . En conflit répété sur la politique d’asile avec son ministre de l’intérieur et patron de la droite bavaroise, Horst Seehofer, Mme Merkel voit son étoile pâlir.

    A deux reprises déjà, la « Grosse Koalition » CDU-CSU-SPD a failli éclater en raison de divergences sur l’immigration et la proximité présumée de l’ex-chef des services de renseignement Hans-Georg Maassen avec l’extrême droite.

    Lire aussi :   Horst Seehofer, ennemi de l’intérieur pour Angela Merkel

    La chancelière lutte aujourd’hui pour le maintien de sa coalition avec le Parti social-démocrate, mais celle-ci apparaît au bord de l’implosion à la suite des échecs électoraux des deux partis en Hesse et en Bavière. Un départ du SPD de la coalition signerait la fin du gouvernement actuel et probablement celle de la carrière politique d’Angela Merkel.

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  • “L’annonce de la candidature de Bouteflika à la présidentielle, rassurante mais insuffisante”

    “L’annonce de la candidature de Bouteflika à la présidentielle, rassurante mais insuffisante”

    Afrique

    “L’annonce de la candidature de Bouteflika à la présidentielle, rassurante mais insuffisante”

    Texte par Bahar MAKOOI

    Dernière modification : 29/10/2018

    Le FLN a annoncé, dimanche, la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à la présidence algérienne. Une décision qui masque mal les craintes de la sphère politique, qui, au vu de la santé dégradée du chef d’État, essaye de préparer l’après-Bouteflika.

    L’annonce du Front de libération nationale (FLN), dimanche 28 octobre, n’a pas calmé les spéculations sur la candidature du président algérien Abdelaziz Bouteflika au scrutin présidentiel prévu en avril 2019 en Algérie. Lui-même n’a pas confirmé sa participation à l’élection, pas plus que son entourage.

    À 81 ans, diminué par les séquelles de l’accident vasculaire cérébral (AVC) dont il a été victime en 2013, le chef d’État algérien ne correspond pas au profil idéal d’un candidat à la présidentielle. Pour ne rien arranger, la récente crise au Parlement, où un nouveau président a été élu alors même que le mandat de l’ex-chef de l’Assemblée populaire nationale (APN) est encore valable, est venue rajouter à l’inquiétude politique ambiante.

    Pour le sociologue algérien Nacer Djabi, la candidature d’Abdelaziz Bouteflika est loin d’être acquise étant donné son état de santé. Sa capacité physique à assurer le pouvoir pour un cinquième mandat sera la grande inconnue de cette campagne électorale. Une mise à l’écart de l’homme d’État pourrait ouvrir la voie à une crise politique redoutée par le FLN et la population.

    France 24 : Abdelaziz Bouteflika bénéficie-t-il encore de soutiens au sein de la population algérienne ?

    Nacer Djabi : Un président de la République en Algérie n’a pas besoin de soutien. Le point de vue des Algériens compte peu, car c’est une machine électorale qui produit leurs élus depuis 1962. La population n’est pas dupe et avec le temps la grande majorité s’est désintéressée du scrutin, elle ne vote pas. Mais cette fois, c’est un peu différent. Les Algériens ont peur de cette élection car il y a une incertitude quant à la candidature de Bouteflika, au vu de son état de santé qui ne s’améliore pas. Il ne s’est pratiquement pas exprimé depuis 2012, il ne bouge pas, il ne voyage pas, il reçoit très peu, le conseil des ministres a quasiment disparu… Les gens se demandent s’il est encore possible d’avoir un président candidat dans cet état. Que se passera-t-il dans le cas où il se retrouve en incapacité totale, sans même pouvoir se maintenir sur un fauteuil ? Et s’il est élu en avril 2019, combien de temps parviendra-t-il à tenir, sachant que le mandat présidentiel dure cinq ans ? Nous avons l’habitude des annonces de dernière minute. En 2014, Abdelaziz Bouteflika n’avait confirmé sa candidature que deux mois avant le scrutin. Mais cette fois, on a senti un doute s’installer. Les Algériens préféreraient rester avec un homme qu’ils connaissent, assez prévisible, plutôt que de vivre une crise politique, où les décideurs ne parviendront pas à s’entendre.

    Justement, l’Algérie vit une crise parlementaire avec l’élection anticonstitutionnelle d’un nouveau président à l’Assemblée populaire nationale (APN, chambre basse du Parlement) pour remplacer Saïd Bouhadja. Que révèle cette crise sur la situation politique algérienne ?

    En elle-même, cette crise ne paralyse pas du tout la vie politique algérienne. Il faut dire que le rôle de l’APN est assez minime. C’est une machine à valider des textes que le gouvernement propose. Il y a très peu de vie législative propre. Ce que dit cette crise, c’est surtout que la caste politique prépare le scénario post-Bouteflika, dans le cas où il ne se présenterait pas à l’élection. On ne peut pas dire que Saïd Bouhadja [président de l’APN jusqu’à 2022 selon la Constitution, NDLR] soit connu pour être un anti-Bouteflika. S’il se représente, Bouhadja est acquis. Dans le cas contraire, il n’est pas certain qu’il soutiendra un autre candidat. Les tenants du pouvoir préfèrent avoir quelqu’un à la tête de l’APN qui n’opposera aucune réticence, une personnalité dont ils sont sûrs de la fidélité le moment venu, au cas où il faudrait se mettre d’accord sur le nom d’un autre candidat.

    Si Bouteflika ne confirme pas sa candidature, qui pourrait se présenter à la présidence algérienne ?

    C’est loin d’être clair, car la classe politique est d’accord avec un scénario selon lequel Bouteflika sera maintenu pour un cinquième mandat. Et si ce n’est pas le cas, il faudra alors travailler très dur pour arriver à un consensus. Le système politique algérien ne produit pas d’élite politique. Il ne permet pas à des personnalités de se distinguer. On a pensé à un certain moment au général Abdelghani Hamel, l’ex-directeur général de la Sûreté nationale (DGSN). Il avait quelques éléments en sa faveur : il est jeune, issu d’une nouvelle génération, c’est un ancien militaire, il commençait même à acquérir une dimension internationale. Il avait beaucoup d’atouts, mais il a été limogé dans des conditions troubles qui ont sonné la fin de sa carrière politique.

    >> À lire : Abdelaziz Bouteflika limoge le patron de la police

    Première publication : 29/10/2018

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  • En Algérie, une opposition résignée à l’idée d’un cinquième mandat de Bouteflika

    En Algérie, une opposition résignée à l’idée d’un cinquième mandat de Bouteflika

    L’annonce de la candidature du chef de l’Etat, non encore confirmée par l’intéressé, a suscité des réactions fatalistes dans la classe politique.

    Hormis un commentaire, très décrié sur les réseaux sociaux, d’Ali Benouari, ancien ministre du trésor installé en Suisse, fustigeant un « peuple qui se laisse guider comme un mouton vers l’abattoir », la classe politique algérienne n’a guère réagi à la déclaration du secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Djamel Ould-Abbès, qui a affirmé, dimanche 28 octobre 2018, que le président Abdelaziz Bouteflika, 81 ans et malade, serait le candidat du parti pour l’élection présidentielle d’avril 2019.

    Même si, en général, elle ne doute guère de « l’envie » du président Bouteflika et de son entourage « d’aller » au cinquième mandat, cette classe politique préfère attendre une annonce formelle de l’intéressé, tant il est compliqué de décrypter ce qui se passe au sein du pouvoir avec la vague d’incarcérations de généraux et l’épisode du débarquement du président de l’Assemblée nationale la semaine passée.

    Aucun candidat sérieux ne s’est déclaré

    L’annonce de Djamel Ould-Abbès n’a rien de nouveau. Celui-ci s’était déjà engagé en avril à « transmettre au président de la République les souhaits et le désir des militants de le voir poursuivre son œuvre ». Les partis dits de « l’allégeance », le FLN et le Rassemblement national démocratique (RND) notamment, ainsi que le patronat (Forum des chefs d’entreprise) et l’ex-syndicat unique (UGTA) ont multiplié les appels au chef de l’Etat. La campagne « pour la continuité » s’est intensifiée au cours des derniers mois.

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    Pour beaucoup d’observateurs, la cause est entendue. Au point qu’à six mois de l’élection présidentielle, aucun autre candidat sérieux ne s’est déclaré. L’expérience d’Ali Benflis, ancien chef de gouvernement qui a joué à deux reprises – malgré lui sans doute – le rôle de « lièvre » de Bouteflika reste très dissuasive.

    La perspective d’un cinquième mandat est si forte qu’elle a poussé le général à la retraite Rachid Benyelles à publier, le 18 octobre, dans les colonnes du Quotidien d’Oran une nouvelle « Lettre à ceux qui détiennent le pouvoir ». Estimant que l’Algérie est devenue « l’homme malade de l’Afrique », l’ancien général a exhorté « ceux qui détiennent le pouvoir […] de se démarquer par rapport au projet absolument insensé de reconduire un grand malade octogénaire pour un cinquième mandat ». Sa supplique a cependant peu de chances d’être entendue par les hauts dirigeants de l’armée, à qui le message est d’évidence adressé.

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    D’autant que l’absence physique du président Bouteflika est palliée par des cérémonies surréalistes organisées autour de ses portraits. Tendance relevée dès avril par le HuffPost Algérie qui constatait que ce « nouvel exercice de l’allégeance au portrait du président Abdelaziz Bouteflika [qui] n’est énoncé par aucun protocole […] commence en réalité à prendre les allures d’un culte rituel ».

    « Nous ne sommes pas tenus de participer à leur cirque »

    La résistance à un cinquième mandat ne vient pour l’instant que d’un mouvement, non agréé, Mouwatana (« citoyenneté »), qui tente difficilement de faire entendre sa voix. Le jeune groupe, rassemblant des militants politiques et des membres de la société civile, veut « hâter » la fin du régime et « préparer les conditions d’une transition pacifique ». Il a lancé, le 26 mai, un appel solennel au président Bouteflika à renoncer à un cinquième mandat.

    Affaiblis et sans marge dans un jeu politique verrouillé, les partis d’opposition classiques attendent, eux, avec résignation et fatalisme que le président affiche ses intentions. Pour l’heure, face à la multiplication des prises de parole des partis de « l’allégeance », ils refusent de s’emballer. « Djamel Ould-Abbès a fait une déclaration du FLN, nous ne sommes pas tenus de réagir et de participer à leur cirque. On attendra qu’il [se déclare] lui-même », nous a indiqué un député de l’opposition en relevant que le mois d’avril 2019 est « encore loin ».

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    Le dispositif de reconduction du président Bouteflika, en poste depuis avril 1999, est bien en place. La seule incertitude planant sur ce possible cinquième mandat est l’état de santé du chef de l’Etat. Le site Tout sur l’Algérie (TSA) le rappelle : « Si la volonté d’Abdelaziz Bouteflika et de son entourage de rester aux affaires pour cinq années de plus est presque une lapalissade, l’évolution de l’état de santé du président demeure la grande inconnue qui échappe à tout le monde, à commencer par ceux qui, depuis sept mois, rivalisent de formules et de rhétorique pour le supplier de ne pas quitter le navire. »

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  • Election de Bolsonaro : malgré le vote obligatoire, un Brésilien sur cinq s’est abstenu

    Election de Bolsonaro : malgré le vote obligatoire, un Brésilien sur cinq s’est abstenu

    Alors que le vote est obligatoire au Brésil, plus d’un électeur sur cinq (21,3 %) ne s’est pas déplacé, dimanche 28 octobre, pour voter à l’élection présidentielle, qui a conduit à la victoire du candidat de l’extrême droite Jair Bolsonaro face au candidat de gauche Fernando Haddad.

    Si ce taux d’abstention n’est pas exceptionnel – il s’est établi, lors des six dernières élections entre 16,8 % en 2006 et 21,5 % en 1998 –, il reste haut et interroge sur la mise en œuvre concrète de l’obligation du vote.

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    Vote obligatoire, avec des exceptions

    Instauré en 1932, le vote obligatoire a été renforcé en 1988 dans la nouvelle Constitution brésilienne, encore en vigueur actuellement. Concrètement, la Constitution oblige tout citoyen brésilien, entre 18 et 70 ans, à voter pour l’ensemble des élections, quelle qu’en soit l’échelle (locale ou nationale). Les expatriés brésiliens ne bénéficient d’aucune dispense pour les élections nationales.

    En revanche, les Brésiliens ayant entre 16 et 18 ans (le vote au Brésil étant permis à partir de 16 ans), ainsi que ceux âgés de plus de 70 ans, les soldats et les illettrés, quel que soit leur âge, n’ont, eux, aucune obligation de vote.

    Dispenses et sanctions

    Au-delà de ces exceptions, il reste possible pour les électeurs de s’abstenir, s’ils parviennent à le justifier auprès du tribunal régional électoral (TRE) dans un délai de soixante jours. Le taux d’abstention connu au lendemain des élections mélange des abstentionnistes volontaires et des abstentionnistes qui ont eu une réelle impossibilité de se déplacer.

    Si le TRE juge leur excuse invalide, ou s’ils n’ont pas fait cette démarche de justification à temps, ils peuvent être assujettis à deux types de sanctions, l’une monétaire, l’autre administrative.

    D’une amende de deux euros au retrait de carte électorale

    La sanction monétaire est la plus légère : les abstentionnistes doivent généralement payer une amende équivalant à deux euros. La sanction administrative est, elle, très lourde. Si une personne n’a pas voté à trois élections consécutives (chacun des tours d’une élection compte pour un) et qu’elle n’a pas pu justifier son absence, elle se voit retirer sa carte électorale. Or, sans carte électorale, les Brésiliens ne peuvent pas passer d’examen pour devenir fonctionnaires, recevoir d’argent de l’Etat, obtenir un passeport ou encore un crédit dans une banque étatique.

    Il est donc possible pour les Brésiliens de « manquer » une élection. Mais ils doivent veiller à ne pas en faire une habitude, sous peine de sanctions administratives importantes. Selon un sondage publié par l’institut de sondages Datafolha en 2014, 57 % des citoyens obligés de voter ne se déplaceraient pas si le vote n’était pas obligatoire (contre entre 16 et 21 % des électeurs, selon les chiffres d’abstention lors des élections de ces vingt dernières années).

    Lire (en édition abonnés) :   Des superhéros fantaisistes, candidats aux élections brésiliennes

    Registre obsolète

    En 2014, le journal Estado de São Paulo avançait une autre raison pour expliquer l’abstention malgré le caractère obligatoire du vote. Cette année-là, les Brésiliens étaient également appelés à voter pour leur chef d’Etat. A São Paulo, environ 20 % des électeurs ne s’étaient pas déplacés. Après avoir effectué une étude statistique, le journal avait affirmé qu’une partie de l’abstention pourrait être expliquée par le manque de mise à jour des listes d’électeurs, celles-ci comportant encore… des personnes décédées.

    Le journal avait noté que dans les villes où les listes électorales avaient été complètement mises à jour – cette dernière imposant aux votants inscrits de présenter leurs empreintes digitales à la cour électorale –, le taux d’abstention était plus bas. Les électeurs décédés avaient ainsi été retirés des listes électorales… et donc du décompte des abstentionnistes.

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  • La Ligue 1 est-elle (si) nulle ?

    La Ligue 1 est-elle (si) nulle ?

    Chronique. Depuis le temps que l’on proclame le déclin du championnat de France, celui-ci devrait en être aujourd’hui au niveau d’Andorre ou de Saint-Marin. Le sujet a tout du marronnier, et il a de nouveau poussé sur le terreau de l’hebdomas horribilis des clubs français en Coupe d’Europe.

    Zéro victoire face à des adversaires pour certains modestes, il n’en fallait pas plus pour que notre goût de l’autodénigrement entre en émulsion au contact des éternelles carences de notre football de clubs.

    Elle a toujours été (un peu) nulle

    La frustration est sans doute avivée par l’écart entre les performances de la sélection nationale et celles des clubs, au lendemain d’une victoire en Coupe du monde. Mais on peut observer l’Angleterre pour se convaincre qu’une telle corrélation n’existe ni dans un sens, ni dans l’autre.

    Cette frustration repose aussi sur un malentendu historique, qui consiste à prendre pour référence d’exceptionnelles années 1990, durant lesquelles le football de clubs français a connu son apogée avec ses sept finales continentales et ses deux uniques Coupes d’Europe. Juste avant la révolution industrielle du football.

    Depuis une quinzaine d’années, la Liga, la Premier League, la Bundesliga et la Serie A sont bien installées en tête du coefficient UEFA, tandis que la Ligue 1 oscille entre le quatrième et le sixième rang.

    Elle est à sa place

    A une époque où les résultats sportifs sont de plus en plus indexés aux moyens financiers, le football français apparaît, en réalité, à sa place : celle de la cinquième puissance européenne – grâce à son vaste marché de consommateurs et à ses droits de diffusion.

    En termes de prestige et d’attention, l’Espagne, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Italie restent loin devant – malgré l’intérêt international récent suscité par l’AS Monaco et surtout le Paris-Saint-Germain.

    Mais le PSG joue dans une autre cour, celle de la Ligue des champions, et la locomotive espérée est plutôt un TGV qui file sur d’autres rails que les TER de L1. Dans le monde, notre championnat vaut ce que valent ses droits de diffusion à l’étranger : une paille.

    Lire :   OM – PSG : Ligue 1 cherche concurrents à Paris pour un semblant de suspense

    Elle pourrait faire mieux

    Logique, mais savoir ne pas rester à sa place, c’est aussi le propre du sport de haut niveau. La finale et la demi-finale de Ligue Europa atteintes par l’OM et l’OL en 2018 et en 2017 masquent mal le mépris des clubs français pour cette compétition – pourtant à leur portée. C’est le problème quand on joue plus la qualification pour la Coupe d’Europe que la Coupe d’Europe elle-même.

    La faiblesse des projets sportifs, le manque d’audace sont des maux récurrents, qui compromettent le spectacle proposé, alors que le championnat de France souffre de son tropisme défensif et de son manque d’éclat.

    Or, ni la direction technique nationale ni les entraîneurs ne font du football français un laboratoire du jeu dans lequel s’élaborerait un modèle séduisant et gagnant… Et quand des techniciens reconnus (Ancelotti) ou prometteurs (Jardim, Emery, Favre) arrivent de l’étranger, ils sont raillés et leurs séjours écourtés.

    Elle pourrait être mieux dirigée

    La France du football ne brille pas non plus par sa gouvernance. Même le meilleur président de club de l’époque, Jean-Michel Aulas, semble perdre pied. A Nantes, Paris, Marseille ou Lille, les dirigeants arrivés avec les investisseurs étrangers ont commis de graves erreurs de stratégie et de communication.

    Bien que les clubs les plus nantis soient désormais dotés de stades modernes, ils continuent à se plaindre de la fiscalité ou de réclamer un système (encore) moins égalitaire en se déchirant au sein des instances.

    De quoi s’inquiéter quant à l’usage qui sera fait de la future manne des droits télé, en forte augmentation dès 2020. L’absence de vision caractérise aussi un football qui méprise et maltraite absurdement ses supporteurs.

    On l’aime quand même

    Cette « Farmers League » que l’on moque à l’étranger est, pourtant, ce championnat où l’on forme et fait émerger de futures stars qui iront briller ailleurs, exploitant un fantastique vivier de jeunes joueurs. Elle sent le terroir qu’incarnent bien ses bucoliques multiplex du samedi soir.

    C’est surtout la compétition où évoluent les clubs qu’on aime le plus – d’un amour plus difficile et ingrat que celui voué aux top teams glamoureuses, bardées de stars. On ne s’excusera pas d’avoir, dimanche après-midi, préféré Rennes-Reims au « classico » Barça-Real.

    La Ligue 1 est dénigrée rituellement, mais on la chérit encore jusque dans sa manière de résister aux injonctions du grand spectacle footballistique mondialisé. On aimerait juste qu’elle fasse un effort pour nous rendre cette affection.

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  • Election au Brésil : « C’est une jeune démocratie, la présidence Bolsonaro pourrait être un test »

    Election au Brésil : « C’est une jeune démocratie, la présidence Bolsonaro pourrait être un test »

    Avec Jair Bolsonaro, les Brésiliens ont choisi pour président, dimanche 28 octobre, un nostalgique de la dictature militaire, adepte des provocations racistes, misogynes et homophobes. Partisan de la libéralisation des armes, autoproclamé anti-système, le candidat d’extrême droite a tiré profit du sentiment d’insécurité et de l’écœurement des Brésiliens envers leurs élites politiques.

    Claire Gatinois, correspondante du « Monde » au Brésil, a répondu à vos questions et décrypté la situation au lendemain du scrutin.

    Lucas : Bonjour, sur quels thèmes Jair Bolsonaro a-t-il gagné ?

    Claire Gatinois : Bonjour. Le discours sur la sécurité a été déterminant ainsi que celui sur les « valeurs » de la famille. Mais c’est surtout en fustigeant la gauche, le Parti des travailleurs taxé de « communiste » et en se présentant comme le remède à la corruption que Bolsonaro a séduit les foules.

    Didier Lejeune : Que dire de l’influence de l’armée pour l’élection, et surtout après ?

    Elle a eu une influence primordiale. Jair Bolsonaro s’est entouré de généraux. Ce sont eux qui l’auraient incité à axer son discours sur les valeurs familiales et la sécurité. L’après-élection reste un mystère : le général Mourao, désormais vice-président, dit que Jair Bolsonaro et lui ne sont plus des militaires mais des citoyens. A suivre…

    Cosette : Que va t-il arriver aux opposants de Bolsonaro ?

    Une partie du pays est effrayée, d’autant qu’il a récusé toute responsabilité dans les agressions commises par certains de ses partisans durant la campagne. Les plus inquiets sont les militants du mouvement des sans-terre, que Bolsonaro compte qualifier de « terroristes ». Il faut espérer que les institutions joueront leur rôle.

    Zed : Quel est son plan d’action pour le rétablissement de l’ordre et de la sécurité, notamment dans les favelas abandonnées par le gouvernement précédent ?

    Pour les favelas en particulier, il n’a pas de message. Jair Bolsonaro compte investir dans les forces armées et mettre plus de cohérence entre les différentes polices. Mais son principal message est la fermeté. Il entend supprimer les aménagements de peines, amnistier les crimes de policiers, et autoriser plus largement la détention d’armes à feu.

    Ce dernier point est l’une des priorités du gouvernement. le président de la Chambre des députés actuel, Rodrigo Maia, envisage déjà de la mettre à l’agenda du Congrès. Mais cet assouplissement sera probablement moins large que prévu, n’autorisant le port d’armes qu’à quelques professions, comme les agriculteurs qui se plaignent d’être sans défense dans des campagnes isolées.

    Lire aussi :   Brésil : Bolsonaro, la victoire d’un illusionniste sans scrupule

    JeanElsass : Quelle politique économique et sociale va-t-il conduire ?

    Jair Bolsonaro admet régulièrement qu’il n’y connaît rien en économie. Il a confié le dossier à son conseiller Paulo Guedes, un financier libéral qui entend lancer un vaste chantier de privatisations, réformer les retraites et réduire les dépenses de l’Etat. Son objectif est de ramener le déficit public à zéro en un an. Sur le social, Jair Bolsonaro, après avoir critiqué la « bolsa familia », une sorte de RMI, a promis qu’il maintiendrait l’équivalent d’un tel programme.

    Curieuse : Quelles seront les conséquences de son élection sur l’environnement ?

    Désastreuses à priori. Jair Bolsonaro est allié à la « bancada ruralista », le lobby des grands propriétaires terriens, cultivateurs de soja, de maïs et de canne à sucre. Il compte fusionner les ministères de l’agriculture et de l’environnement, et mettre le holà sur les actions de l’Ibama, l’Agence de protection de l’environnement. Enfin, son propos disant qu’une fois élu, « les Indiens [n’auraient] plus un centimètre carré de terre » fait froid dans le dos.

    SImanovici : Sur quelle majorité pourra-t-il s’appuyer au Congrès ?

    C’est le point le plus complexe de l’équation du prochain gouvernement. Le parti de Bolsonaro, le Parti social libéral, est en position de force mais il a face à lui le PT, qui va mener l’opposition. Bolsonaro devra donc chercher des alliés au sein de la kyrielle de petits partis. Une gageure, pour un homme qui ne semble ni diplomate ni négociateur.

    Grayson : Quelles conséquences ce virage politique pourrait avoir sur les relations avec la France, l’Europe, le Monde ?

    Jair Bolsonaro est un nationaliste, mais son conseiller économique le pousse au libéralisme et à l’ouverture internationale. Aux Etats-Unis, les relations promettent d’être bonnes avec Donald Trump, qui l’a félicité.

    Futur Expat : Comment est accueillie l’élection par les expatriés ?

    Ils sont mitigés. Certains sont affolés, d’autres satisfaits comme les milieux d’affaires brésiliens. Ces derniers sont persuadés que Bolsonaro pourra redresser l’économie et minimisent le danger qu’il représente, pensant qu’il sera neutralisé par son entourage et le Congrès. Il n’y a pour l’heure aucune restriction prévue en termes d’immigration. Bolsonaro, contrairement à l’extrême droite européenne, n’a pas un discours xénophobe.

    Clément : Comment expliquer le vote pour Bolsonaro de la classe moyenne ?

    Les classes les plus pauvres, souvent de confession évangélique, ont été touchées par le discours sur la famille, les valeurs. Les classes moyennes qui vivent dans des villes périphériques touchées par l’insécurité ont apprécié sa position de fermeté contre le crime. Ces classes moyennes ont aussi nourri une rancœur vis-à-vis de la gauche au moment de la crise de 2015, tout comme la petite bourgeoisie. Le thème de la « corruption » qui frappe le PT a permis de galvaniser ce ressentiment.

    Lire aussi :   Election au Brésil : Bolsonaro ou la revanche du « Brésilien moyen »

    Cosette : Doit-on s’attendre une diaspora brésilienne ? Notamment des minorités LGBT ?

    Certains Brésiliens parlent de départ mais il s’agit essentiellement des classes aisées qui l’ont envisagé avant même l’élection, du fait de la crise et de l’insécurité. La communauté LGBT est angoissée mais il est trop tôt pour savoir si cela se traduira par un exil.

    Jair Bolsonaro a tenté dimanche soir de calmer les inquiétudes à ce sujet en affirmant qu’il gouvernerait pour tous les Brésiliens. Il semble aussi délicat de revenir sur le mariage homosexuel, qui a été autorisé par la Cour suprême s’appuyant sur la Constitution de 1988.

    Jenny : La démocratie est-elle solide au Brésil ? Si Bolsonaro commet des dérives, la Cour suprême peut-elle les empêcher ?

    Le Brésil est une jeune démocratie, cette présidence pourrait être un test. Les attaques de l’un des fils de Jair Bolsonaro, assurant qu’il pourrait fermer la Cour suprême avec « un soldat et un caporal », ont fait frémir. La Cour suprême a réagi et Bolsonaro a rappelé son fils à l’ordre.

    Sysy : Peut-on imaginer que l’explosion de l’endettement public et la dégradation de l’économie sont dues au Mondial de football en 2014 et aux JO deux ans après ?

    L’endettement est le résultat de plusieurs facteurs. Les dépenses des grandes cérémonies en sont un, mais il y a aussi la crise liée la chute des prix des matières premières, le gaspillage des moyens de l’Etat, la corruption et le régime des retraites qui doit faire face au vieillissement de la population.

    Vivacapito : Quel impact a eu l’agression au couteau de M. Bolsonaro, pendant la campagne, sur son élection ?

    Il a été victimisé et a été épargné par ses adversaires. Surtout, elle lui a offert un prétexte pour se dispenser de débats télévisés. Au final la campagne a très peu parlé de son programme. Un programme flou, dont la partie économique est très impopulaire.

    Lire l’éditorial :   Brésil : inquiétant retour du passé

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  • Algérie: pour la presse, la candidature Bouteflika en 2019 est quasiment actée

    Algérie: pour la presse, la candidature Bouteflika en 2019 est quasiment actée


    Par
    RFI

    Publié le 29-10-2018
    Modifié le 29-10-2018 à 17:24

    Il n’y a pas de confirmation, de la part de la présidence, que le président Abdelaziz Bouteflika sera candidat pour un cinquième mandat. Djamel Ould Abbès, le chef du FLN, a affirmé dimanche soir que le président algérien sera bel et bien candidat. Il était cité par l’Agence de presse algérienne (APS). L’entourage d’Abdelaziz Bouteflika ne s’est pas non plus exprimé sur la question. Comment la presse algérienne a-t-elle traité le sujet ?

    Le quotidien algérien Liberté écrit ce matin, en citant le porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), que l’option d’un cinquième mandat pour le président Bouteflika « découlerait de l’impossibilité pour les clans du régime de s’entendre sur un autre candidat que lui. » Pour le quotidien, « c’est une prolongation de règne par défaut ».

    Dans son éditorial, Mustapha Hammouche écrit, que la principale raison de ce prolongement indéfini du règne Bouteflika, malgré son état de santé, est là : « le pouvoir tire sa cohésion du seul fait que toutes ses composantes ont (…) un même leader de référence ». Le journal Al-Khabar paraît du même avis : « le FLN n’a qu’un seul candidat, Bouteflika ».

    En avril 2014, le président Bouteflika avait été réélu pour un quatrième mandat. A l’époque, il n’avait mis fin aux spéculations que deux mois avant la date des élections. TSA pose s’est posé la question : « Cinquième mandat : décision actée ou simple surenchère des soutiens de Bouteflika ? »

    L’éditorialiste Makhlouf Mhenni écrit dans le même journal : « Si le schéma devait se répéter, Bouteflika annoncera officiellement sa candidature vers la mi-janvier, au plus tard début février, et sa réélection ne sera qu’une simple formalité. »

    De nombreux observateurs algériens et étrangers se disent persuadés que l’actuel président algérien sera à nouveau candidat pour 2019. Si l’annonce d’hier est censée relancer le débat, autour de cette candidature, les Algériens semblent se résigner à l’inéluctable.

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  • Comment améliorer le premier tour de la Coupe du monde de football ?

    Comment améliorer le premier tour de la Coupe du monde de football ?

    Crédit Photographique : FIFA

    Lors du premier tour de la coupe du monde de football 2018, deux oppositions majeures faisaient saliver les amateurs de ballon rond : le match Portugal-Espagne, premier match du groupe B, et le match Belgique-Angleterre, dernier match du groupe G. Le match Portugal-Espagne dépassa les attentes des spectateurs et téléspectateurs. Il fut en effet un festival offensif, un match à très haute intensité, un régal conclu par un prolifique score de 3 buts partout. A l’opposé, le match Belgique-Angleterre opposait deux équipes déjà qualifiées qui se demandaient si le perdant ne serait pas « le mieux loti » au regard du tableau des matchs à élimination directe qui l’attendait. La Belgique l’emporta finalement sur la plus petite des marques (1-0), à l’issue d’un match qui, même si n’a engendré aucune forme d’entente entre les deux protagonistes, fut l’un des plus soporifiques de la compétition.

    Optimiser l’ordre des rencontres lors de la phase de poule

    Est-il possible d’éviter ce genre de situations ou, pire encore, des ultimes matchs de poule gangrénés par une collusion entre deux équipes qui obtiendrait, avec un résultat nul (ou tout autre résultat), la garantie d’être conjointement qualifiées ? C’est la question à laquelle tentent de répondre Mario Chater, Luc Arrondel, Jean-Pascal Gayant et Jean-François Laslier dans un document de travail de l’École d’Economie de Paris d’octobre 2018 intitulé « Fixing match-fixing« . Ils se proposent de comparer plusieurs modalités d’ordre des rencontres lors des phases de poule de la coupe du monde. Le principe actuel de la construction de cette phase de groupe est un ordre « aléatoire » des rencontres entre les équipes issues des différents « pots ». Au moment du tirage au sort, en effet, 4 pots sont constitués : le pot A contient les 8 meilleures équipes présumées, le pot B les 8 suivantes et ainsi de suite jusqu’au pot D contenant les 8 équipes les plus faibles du tournoi. Les deux derniers matchs de la phase de poule, joués simultanément dans chaque groupe pour éviter toute collusion (à l’image de ce qui se produisit lors du match Allemagne-Autriche en 1982), peuvent donc opposer : l’équipe issue du pot A à celle issue du pot D d’une part, et l’équipe issue du pot B à celle issue du pot C d’autre part (format 1), ou pot A versus pot C et pot B versus pot D (format 2) ou finalement pot A versus pot B et pot C versus pot D (format 3).

    Eviter de programmer le match opposant les deux meilleures équipes lors du dernier round

    Dans leur article, Chater et al. (2018) effectuent 15 000 simulations de matchs des phases de poule pour chaque option d’ordre des rencontres. A l’issue des 4 premiers matchs de chaque poule, il est alors possible de déterminer quel pourcentage de derniers matchs seront : sans enjeu, propices à une collusion ou pleinement concurrentiels. Dans le format actuel du système d’attribution de points (3 pour une victoire, 1 pour un match nul, 0 pour une défaite), ils établissent sans ambigüité que la meilleure option est le format 1, tandis que la pire est le format 3. En effet, la probabilité d’être confronté à des matchs sans enjeu lors du dernier round de la phase de poule est de 35 % avec le format 1 et grimpe à 55 % avec le format 3. Le contraste entre la physionomie des matchs Portugal-Espagne et Belgique-Angleterre était donc prévisible : faire s’affronter les deux meilleures équipes de la poule (pot A versus pot B, tel était le cas pour Belgique-Angleterre) lors de la dernière rencontre de la phase de groupe engendre, plus d’une fois sur deux, un match sans enjeu. A l’inverse, il semble pertinent de faire s’affronter les compétiteurs issus des pots A et B lors du premier match de poule (comme Portugal-Espagne), mais ceci n’entre pas, au sens strict, dans le champ des enseignements qui peuvent être tirés de l’étude.

    Un enjeu rendu déterminant par le passage de la coupe du monde de 32 à 48 équipes

    L’étude ne s’arrête pas là ; elle s’intéresse aussi aux modifications que le passage d’une coupe du monde de 32 à 48 équipes engendre. Pour l’édition 2026, en effet, le format prévu est celui d’un premier tour organisé en 16 poules de 3, avec 2 qualifiés pour la suite de la compétition. La question intéressante devient désormais : laquelle des 3 équipes de chaque poule doit être exempte lors de la « 3ème journée » : la plus forte, la plus faible ou celle de niveau intermédiaire ? Sans véritable surprise, le format le plus pertinent est celui à l’occasion duquel l’équipe exempte lors du dernier round est l’équipe présumée la meilleure (la probabilité d’assister à un match sans enjeu est inférieure à 8 %). A l’inverse, quand l’équipe la plus faible est exempte lors du dernier round, il y a 77 % de chances que le match soit sans enjeu.

    Un format néanmoins structurellement médiocre pour 2026

    Même s’il est possible de minimiser le risque de match sans enjeu lors du dernier round de la phase de poule, il n’en demeure pas moins qu’un premier tour à 66,7 % de qualifiés (2 sur 3, format prévu pour la coupe du monde 2026) risque de produire des matchs moins offensifs qu’un premier tour à 50 % de qualifiés (2 sur 4, format coupes du monde 2018 et 2022). Le précédent du passage de 16 à 24 équipes lors de l’Euro 2016 a démontré, avec éclat, qu’un premier round à 66,7 % de qualifiés (sur la base du système contestable des « meilleurs troisièmes ») engendrait des matchs défensifs, frileux et peu spectaculaires. La moyenne du nombre de buts marqués par match de phase de poule est passée, rappelons-le, d’un peu plus de 2,5 pour les Euros s’étant déroulés entre 1996 et 2012, à 1,92 pour l’Euro 2016. Pour cette raison, il nous semble pertinent d’envisager le format d’une coupe du monde à 40, avec 8 groupes de 5 équipes et seulement 40 % de qualifiés (2 sur 5). Outre que l’obligation d’adopter un comportement offensif (avec un système d’attribution de points 3-1-0) s’impose, il est possible d’optimiser le spectacle en optimisant le choix de l’équipe exempte lors de la dernière « journée » de chaque poule.

    C’est à  cet exercice que Chater et al. (2018) se sont enfin livrés. Le résultat est, là aussi, sans équivoque. Mais alors qu’il faut rendre la plus forte équipe exempte lors du dernier round dans un système à 2 qualifiés sur 3, il est stimulant de constater que c’est la plus faible qu’il faut rendre exempte lors du dernier round dans un système à 2 qualifiés sur 5. Ceci démontre avec force que, pour un tirage au sort de phase finale de coupe du monde, l’ordre des matchs du premier tour doit être tout sauf aléatoire.

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