Author: Don Kayembe

  • « Traversées » : l’agence Magnum et la fondation Aperture vendent une sélection de tirages

    « Traversées » : l’agence Magnum et la fondation Aperture vendent une sélection de tirages

    L’agence de photographie Magnum s’associe à la maison d’édition américaine Aperture pour lancer la vente en ligne d’une sélection de photographies classiques et contemporaines sur la thématique « Traversées». La vente aura lieu du 29 octobre au 2 novembre 2018.

    À travers une quarantaine de photographes aussi prestigieux que Robert Capa, Stephen Shore, Nan Goldin, Antoine D’Agata, Eve Arnold, Larry Sultan, Mary Ellen Mark, c’est cette notion contemporaine de traversée qui est interrogée sous toutes ses formes possibles. Aventures documentaires ou rêveries intimes… Ces images tentent, à leur manière, de s’approcher d’un monde en perpétuelle ébullition.

    Face aux grands mouvements du monde, quel est le pouvoir de la photographie ? Capter un « moment décisif » affirmait Henri Cartier-Bresson – grand photographe et cofondateur de l’agence Magnum. Dans notre monde contemporain, tout s’accélère. Sans image fixe, nous n’aurions pas la possibilité de prendre le temps de comprendre ce qui se passe au plus près et au plus loin de nous : la mondialisation dans tous ses états, les crises migratoires, la surenchère technologique…

    « La vitesse réduit le monde à rien » écrivait le philosophe Paul Virilio récemment disparu. Ces photographies présentées aujourd’hui cherchent à lui redonner du sens.

    Accédez à la vente des tirages de l’agence Magnum

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  • Le mot du jour. “Narcopisos”

    Le mot du jour. “Narcopisos”

    Les forces de l’ordre ont lancé, lundi 29 octobre, un vaste coup de filet visant les “narco-appartements” dans la Ciutat Vella, la vieille ville de Barcelone, notamment le quartier d’El Raval, le plus touché par ce phénomène. Depuis plus d’un an, les dealers, principalement d’héroïne, ont envahi des appartements vides de la vieille ville, d’où ils dirigent leurs trafics.

    Ces “squatteurs” d’un genre spécial sont considérés comme “dangereux” et sont “généralement armés”, écrit le site du quotidien El País, qui estime qu’ils seraient en grande partie responsables de l’augmentation de la criminalité à Barcelone de 19 % l’an dernier.

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  • Football. Leicester City pleure son propriétaire, roi thaïlandais du duty free

    Football. Leicester City pleure son propriétaire, roi thaïlandais du duty free

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    Cinquième homme le plus riche de Thaïlande, Vichai Srivaddhanaprabha avait fait fortune dans le domaine des boutiques hors taxes, grâce à des relations politiques savamment entretenues. Une période d’incertitude s’ouvre à présent, à la fois pour le club de football qu’il avait racheté en 2010 et pour son entreprise King Power.

    “Deux ans après le plus beau moment de l’histoire du club, Leicester City FC traverse ce qui sera certainement sa période la plus sombre.” Le ton est grave, ce lundi, dans les colonnes du Leicester Mercury, quarante-huit heures après le crash d’un hélicoptère aux abords du stade, dans lequel se trouvaient cinq personnes, dont le propriétaire thaïlandais du club. “Les conséquences à long terme de cet accident sont difficiles à évaluer, mais il ne fait aucun doute que le désespoir et la tristesse qui règnent sur la ville depuis samedi – comme l’euphorie consécutive au titre de champion d’Angleterre – dureront encore pendant des mois, voire des années”, poursuit le quotidien des Midlands, dont

    […]

    Sasha Mitchell

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  • Portrait. Le combat très personnel de Moscovici contre l’extrême droite italienne

    Portrait. Le combat très personnel de Moscovici contre l’extrême droite italienne

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    Le commissaire européen a haussé le ton après les provocations d’Angelo Ciocca, député italien de la Ligue. Le journal espagnol El País explique pourquoi, par son parcours et ses origines, l’homme politique français s’emploie à lutter contre la montée de l’extrême droite en Europe.

    “Un crétin, un provocateur et un fasciste.” Cette charge de Pierre Moscovici, “inhabituelle à Bruxelles”, relève El País, vise Angelo Ciocca, un député européen italien de la Ligue. Le mardi 23 octobre, cet homme politique affilié au parti d’extrême droite de Matteo Salvini s’est saisi de documents du commissaire européen avant de les fouler aux pieds. Il voulait ainsi dénoncer le rejet du budget italien par la Commission.

    “Le fils d’un réfugié juif ayant échappé de justesse aux persécutions fascistes en Roumanie [Pierre Moscovici] se retrouve à devoir affronter le gouvernement italien, dominé par un extrémiste de droite

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  • Le Ghana hôte de Jeux Africains 2023 qualificatifs pour Paris 2024

    Le Ghana hôte de Jeux Africains 2023 qualificatifs pour Paris 2024

    Les ministres des Sports d’Afrique, réunis le 25 octobre 2018 à Alger, ont réclamé que les Jeux Africains 2023 soient attribués au Ghana. Cette 13e édition devrait être un passage incontournable pour les sportifs/sportives africain(e)s voulant se qualifier pour les Jeux olympiques 2024 de Paris.

    Les Jeux Africains 2023 (JA2023) au Ghana, ce n’est plus qu’une formalité ou presque. En janvier 2019, les chefs d’Etats et de gouvernements du continent se réuniront sous l’égide de l’Union africaine. Ils y étudieront entre autre le rapport adopté par les ministres de la Jeunesse et des Sports, rassemblés le 25 octobre 2018 à Alger.

    Ce document propose notamment que ces « Jeux olympiques de l’Afrique » aient lieu pour la première fois au Ghana, plus précisément à Accra, à Kumasi et à Cape Coast.

    A noter que la candidature ghanéenne a été préférée à celle de l’Egypte, cette dernière ne remplissant visiblement pas tous les critères requis, d’après les experts réunis du 21 au 24 octobre à Alger.

    Le Ghana affiche ses ambitions

    Le trio Accra-Kumasi-Cape Coast va donc succéder à Brazzaville en 1965 et 2015, Bamako en 1969, Lagos en 1973, Alger en 1978 et 2007, Nairobi en 1987, Le Caire en 1991, Harare en 1995, Johannesburg en 1999, Abuja en 2003 et Maputo en 2011. Quant aux Jeux Africains 2019, en partie qualificatifs pour les Jeux olympiques 2020, ils sont censés avoir lieu à Casablanca.

    Pour cette 13e édition, les autorités ghanéennes affichent leurs ambitions. Elles estiment « qu’il s’agit d’une occasion unique de réécrire le script du sport du Ghana pour le siècle à venir », s’enflamme ainsi le secrétaire d’Etat Curtis Perry Kwabla Okudzeto, dans un communiqué daté du 26 octobre.

    Un passage censé être incontournable vers Paris 2024

    « Ces Jeux seront également utilisés en tant que qualifications dans plusieurs disciplines pour les Jeux olympiques à Paris, en 2024 », souligne le document.

    De fait, ces Jeux Africains pourraient être les premiers à servir à grande échelle de tremplin pour les Jeux d’été. Par le passé, un désaccord persistant entre l’Union Africaine, propriétaire de cet événement multidisciplinaire qui a lieu tous les quatre ans, et l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (ACNOA), émanation du Comité international olympique (CIO), avait empêché que les JA soient un passage incontournable vers les JO.

    L’UA et l’ACNOA ont trouvé un terrain d’entente en février 2018. Mais un peu tard pour que Casablanca 2019 compte grandement en vue de Tokyo 2020.

    Chronologie et chiffres clés

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  • Sommet des droits humains à Paris: Mudawi Ibrahim, activiste au Soudan

    Sommet des droits humains à Paris: Mudawi Ibrahim, activiste au Soudan


    Par
    RFI

    Publié le 29-10-2018
    Modifié le 29-10-2018 à 12:17

    Pendant trois jours, 150 militants se réunissent à Paris pour participer au Sommet mondial des droits humains, un rendez-vous qui vise à dresser un bilan de l’environnement dans lequel travaillent les défenseurs des droits de l’homme. C’est aussi un lieu d’échange pour évoquer les obstacles du moment : dénigrement et diffamation, rétrécissement des espaces de la société civile… Exemple au Soudan, où l’activiste Mudawi Ibrahim Adam a été emprisonné à plusieurs reprises dans l’exercice de son travail.

    A l’origine, Mudawi Ibrahim Adam enseigne l’ingénierie à l’université de Khartoum. Mais son engagement prend souvent le dessus. « Depuis tout petit, assure-t-il, je suis sensible aux injustices. » A travers son ONG, le Sudan Social Development Organization (Sudo), créée en 2001, il recense de nombreux cas de violations des droits humains au Darfour. Et signale des cas de détentions arbitraires. Un travail qui permet, en 2003, d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation au Darfour.

    Emprisonné à plusieurs reprises à cause de son engagement, Mudawi Ibrahim raconte être la cible des autorités, tout comme des groupes armés. « J’ai traversé des périodes difficiles. J’ai été emprisonné plusieurs fois. Je suis un défenseur des droits de l’homme innocent. Je ne suis pas un  criminel. J’essaie de faire comprendre au gouvernement qu’en tant que militant des droits humains, je suis censé être protégé, car les autorités ont signé des conventions il y a vingt ans », raconte-t-il.
     
    Malgré l’intimidation, et cette pression permanente, Mudawi Ibrahim diversifie ses combats : il mène une veille sur les problématiques de l’accès à l’eau potable, d’assainissement et de santé, le tout avec un réseau de partenaires, qui travaillent dans la discrétion absolue. « Cela ne se limite pas à un engagement personnel. Nous travaillons au sein des communautés, et cela permet au gens de se rapprocher de notre organisation de manière plus spontanée. »


    L’adoption au Nigeria d’une loi en 2014 réprimant les mariages homosexuels a créé un climat général hostile aux minorités sexuelles. Climat hostile également pour les organisations qui tentent de faire valoir leurs droits fondamentaux. Climat que subi au quotidien Judith Nudkwu, militante nigériane des droits des LGBT. Témoignage.

    « Deux homosexuels qui se marient risquent jusqu’à 14 ans de prison. Cette loi est aussi contraignante pour les organisations de défense des LGBT. Depuis que cette loi est entrée en vigueur, il nous est impossible de travailler au grand jour. Notamment parce que la société est elle-même très hostile à ce sujet. Le Nigeria est un pays très religieux. Les gens estiment qu’il s’agit d’un crime. En tant que militant des droits de l’homme, pour travailler dans ce domaine, il faut faire preuve d’une très grande discrétion pour éviter d’attirer l’attention. Par exemple, lorsque nous menons des activités de sensibilisation sur des questions précises, il est très difficile de contacter des homosexuels, car ils sont méfiants : ils ont peur de la loi et craignent pour leur sécurité. C’est compliqué pour nous militants, d’entrer en contact avec les personnes que nous voulons aider, afin notamment de les inviter à des formations. Il faut souvent faire du bouche à oreille pour mobiliser mener nos activités. »

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  • Colis piégés aux Etats-Unis : Twitter s’excuse d’avoir laissé en ligne des menaces du suspect

    Colis piégés aux Etats-Unis : Twitter s’excuse d’avoir laissé en ligne des menaces du suspect

    « Hey Twitter, tu te souviens quand j’avais signalé ce type qui m’avait menacée après mon passage sur Fox News, et que tu m’avais répondu que tu ne trouvais pas la menace sérieuse ? Eh bien devine quoi : c’est le type qui a envoyé des bombes à de hauts politiciens ! » Ce message sarcastique a été publié sur le réseau social vendredi 26 octobre, peu après l’arrestation de Cesar Sayoc dans l’affaire des colis piégés envoyés à des personnalités anti-Trump.

    Le compte Twitter attribué au suspect,@hardrock2016, a alors fait surface, et Rochelle Ritchie, ancienne attachée de presse des démocrates à la Chambre des représentants, s’est souvenue avoir reçu quelques jours plus tôt des menaces de mort de la part de ce même compte.

    Mme Ritchie avait signalé ce message au réseau social, qui avait finalement décidé de laisser le message en ligne. « Nous avons analysé votre signalement avec attention et conclu qu’il n’y avait pas de violation de nos règles », lui avait répondu Twitter.

    Le réseau social américain a fini par reconnaître « une erreur », après l’arrestation de Cesar Sayoc. « Le tweet violait clairement nos règles et aurait dû être supprimé. Nous sommes profondément désolés pour cette erreur », a écrit Twitter le 26 octobre.

    D’autres personnalités menacées sur Twitter

    D’autant que les menaces reçues par Rochelle Ritchie n’étaient pas isolées : le compte@hardrock2016 avait envoyé des messages similaires à d’autres personnalités anti-Trump, comme l’ancien vice-président américain Joe Biden – qui avait reçu un colis piégé –, l’acteur Jim Carrey, ou encore la journaliste du New York Times Sarah Jeong, parmi d’autres. Ce compte a été supprimé par Twitter peu après l’arrestation du suspect.

    Cette affaire, comme beaucoup d’autres, illustre une nouvelle fois la difficulté qu’a Twitter à modérer son réseau social. Malgré les avalanches d’annonces ces dernières années visant à faire de cette plate-forme un espace de discussion plus « sain », Twitter a échoué à supprimer une menace de mort signalée par la personne ciblée – et n’a réagi que lorsque l’auteur de ce message a fait les gros titres. Malgré les efforts annoncés par Twitter, les messages de haine, les menaces et le harcèlement parviennent à subsister sur le réseau social.

    Lire aussi :   Twitter ajoute une nouvelle règle contre les « discours déshumanisants »

    Lire aussi :   Publicité ou responsabilité, le dilemme de Twitter

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  • Gabon: pourquoi l’opposition n’a pas réussi à mobiliser

    Gabon: pourquoi l’opposition n’a pas réussi à mobiliser


    Par
    RFI

    Publié le 29-10-2018
    Modifié le 29-10-2018 à 11:46

    Le Gabon est dans l’attente des résultats du second tour des législatives. Mais dans tous les cas, le PDG au pouvoir est déjà assuré d’avoir la majorité absolue à l’Assemblée nationale. L’opposition est quasiment battue partout.

    L’un des phénomènes marquants de ces élections au Gabon est le faible taux de participation même si le Centre national des élections n’a pas encore publié de chiffre global. Et il n’y a pas eu de sursaut lors du second tour. L’opposition n’a pas réussi à remobiliser son électorat potentiel.

    Dans le quartier populaire de Nkembo par exemple, beaucoup d’électeurs ont fait le choix de ne pas aller voter. Au premier tour, comme au second. Par dépit, par résignation. « Que je vote ou pas, c’est toujours pareil. En 2016, nous sommes beaucoup à avoir voté pour Jean Ping. On sait ce qui s’est passé à la fin. Donc ça ne va pas changer. Personnellement, je ne vais plus jamais voter », explique dépité, Warren, quand Sophie, elle, s’insurge : « On veut des écoles, on veut des routes. Vous voyez ici, depuis, six mois il n’y a pas d’eau, mais nous payons les factures de la SEEG [la Société d’Energie et d’Eau du Gabon, ndlr]. Il y a un problème. Après on va nous dire que ce pays est un pays démocratique, mais non, ça va pas. C’est pas possible. On va voter sur quelle base ? On va voter quel député ? Ils vont aller défendre quoi ? Qu’on laisse le pays au PDG, ils font de ce pays ce qu’ils veulent ! »

    Nous avons échoué à convaincre nos électeurs de se déplacer pour voter, reconnaît Anges Kevin Nzigou qui fait partie des nouveaux visages de l’opposition.

    A 32 ans, il a été battu dès le 1er tour  dans le 6e arrondissement. « Je pense que les Gabonais ont rejeté la classe politique, opposition et majorité de manière confondue, les gens pensent que c’est un jeu auquel participent les hommes politiques et pour lesquels ils sont les premiers perdants. Donc ils préfèrent laisser les politiciens entre eux, faire le jeu qu’ils ont l’habitude de faire. Donc c’est une véritable claque et ça c’est le message de ces élections », analyse-t-il.

    Dans la capitale la participation oscille entre 14,59 et 34,47 %.

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  • La résilience du cinéma portugais

    La résilience du cinéma portugais

    Jamais, même dans ces dernières années où la politique culturelle fut des plus hasardeuses, le cinéma portugais ne s’est laissé abattre. Que la droite réforme son mode de financement et le laisse exsangue en 2012 – qualifiée d’« année zéro » – ou que les opérateurs du câble usent de leur pouvoir pour orienter les choix en 2014, les réalisateurs portugais ont su préserver leur « artisanat », si prisé dans les grands festivals étrangers. L’édition 2018 de DocLisboa, festival de films documentaires qui s’est achevé le 28 octobre, n’a pas dérogé à la règle : la compétition internationale comptait plusieurs premières mondiales, « signe que les cinéastes nous font confiance et veulent dévoiler ici leurs œuvres », se réjouit Cintia Gil, codirectrice du festival avec Davide Oberto.

    Quant à la compétition de films portugais, elle portait la marque d’une résistance à l’industrie culturelle que promeut la gauche, au pouvoir depuis 2015. « Dans le budget culture présenté il y a quelques jours, le mot “tourisme” apparaît autant que le mot “cinéma”, poursuit Cintia Gil. L’idée de la circulation des films est corrélée au désir d’exporter une image du Portugal, et d’attirer des investissements. » Le codirecteur de DocLisboa ironise : « C’est comme une publicité, en moins cher ! On attend juste une véritable politique du cinéma… » Comme un clin d’œil, l’un des films de la compétition, Alis Ubbo, de Paulo Abreu, est une plongée hypnotisante dans la frénésie touristique de la capitale : omniprésents, les audioguides fournissent la bande sonore à cet étrange film en forme de clip.

    La fréquentation en salle n’est que de 15,6 millions d’entrées pour 10,3 millions d’habitants

    De fait, Lisbonne a changé. Le quartier tranquille où Joao Cesar Monteiro (1939-2003) a tourné son dernier film, Va et vient (2003), est devenu un lieu de promenade chic et branché avec son bar à glaces gastronomique, d’un…

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  • Joao Matos, producteur : « Le public a perdu la culture d’aller en salle »

    Joao Matos, producteur : « Le public a perdu la culture d’aller en salle »

    Joao Matos, cofondateur de Terratreme et producteur de films d’auteur depuis 2000, déplore le rétrécissement du public portugais.

    2012 a été « l’année zéro » pour le cinéma portugais, à court de financement. En six ans, la situation s’est-elle améliorée ?

    Au Portugal, le cinéma est désormais financé par une taxe acquittée par les opérateurs du câble et les chaînes de télévision. Ceux-ci ont d’abord revendiqué un droit de regard en contrepartie de leur financement : en 2014, la commission chargée de sélectionner les films était sous l’influence de lobbys qui considèrent le cinéma comme un produit. La profession s’est battue pour que l’ICA, l’équivalent du Centre national du cinéma français, retrouve son indépendance et désigne les membres de cette commission. Mais nous devons rester vigilants. Par ailleurs, la politique de la télévision publique portugaise, la RTP, n’est pas lisible : une année, elle peut soutenir huit longs-métrages, et une autre, elle peut mettre 2 millions d’euros dans un seul projet.

    L’argent de l’Etat ne suffit pas ?

    Non, et nous nous tournons souvent vers des coproductions à l’étranger. Les films gagnent en visibilité dans les festivals. Mais cet artisanat prend du temps : un film de Tiago Hespanha, Campo, vainqueur du prix First Look à Locarno cette année, est en développement depuis 2014 et sortira en 2019. L’une de mes associées, Susana Nobre, qui est aussi réalisatrice, a travaillé comme formatrice auprès de demandeurs d’emploi pendant qu’elle tournait un documentaire sur les chômeurs, Active Life (2013) : son salaire lui a permis de finaliser son film.

    Quelle est la visibilité de vos films au Portugal ?

    Faible. Le public a un peu perdu la culture d’aller en salle pour les films d’auteur. Et l’école ne fait pas le travail d’emmener les élèves au cinéma. Avant, à Terratreme, on montrait nos films à des jeunes, dans…

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