Author: Don Kayembe

  • Bolsonaro : une victoire nette, un programme radical mais flou

    Bolsonaro : une victoire nette, un programme radical mais flou

    A Sao Paulo, à Rio de Janeiro et dans la plupart des grandes villes du pays, à l’exception de la région du Nordeste, les résultats ont été salués de cris de joie, de coups de klaxons et de feux d’artifice lancés par une foule en liesse, vêtue de tee-shirts jaune et vert, couleurs du Brésil. Célébrations spontanées fêtant la victoire de Jair Bolsonaro, 63 ans : le candidat d’extrême droite, nostalgique de la dictature (1964-1985) et louangeur de tortionnaires a été élu, dimanche 28 octobre, président du géant d’Amérique latine avec 55 % des voix contre 45 % en faveur de son adversaire, Fernando Haddad, du Parti des travailleurs (PT, gauche).

    « Nous avons accompli la mission de sauver le Brésil », a lancé le militaire de réserve dans une vidéo retransmise sur Facebook depuis sa résidence de Rio de Janeiro, rappelant une campagne en faveur de « l’homme, de la femme, des enfants et de la Bible sacrée ».

    Promettant de respecter la Constitution, le président élu, qui prendra ses fonctions le 1er janvier, s’est ensuite attaqué à ses ennemis traditionnels : « le communisme, le socialisme et l’extrémisme ». Puis, après une séance de prière avec le pasteur évangélique Magno Malta, il a remercié Dieu d’être encore en vie, après l’attaque au couteau qu’il a subie le 6 septembre. S’imaginant un destin divin, il a alors conclu son discours d’une antienne : « Le Brésil au-dessus de tout et Dieu au-dessus de tous. »

    Phénomène social

    Considéré comme un choix nihiliste, le vote en faveur de Jair Bolsonaro exprime la colère d’un pays avide d’ordre et de changement. Voyant grimper la popularité de celui qui n’était encore qu’un député provocateur, raciste, homophobe et misogyne, le politologue André Singer s’interrogeait dès le mois de septembre 2016 dans la revue Piaui : « Que signifie cette option Bolsonaro ? Un anti-pétisme [sentiment contre le PT] radical ? Un appui au retour des militaires ?…

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  • Brésil : inquiétant retour du passé

    Brésil : inquiétant retour du passé

    Editorial du « Monde ». Le Brésil vient d’élire un président raciste, sexiste, homophobe et partisan de la torture. Ancien parachutiste, nostalgique d’une période dictatoriale (1964-1985) que l’on croyait à jamais révolue, Jair Bolsonaro est le premier militaire élu depuis l’accession au pouvoir, en 1946, de Gaspar Dutra.

    Avec une très large majorité (55,1 % des voix), le candidat d’extrême droite ferme une parenthèse de l’histoire brésilienne de treize années de gouvernements dirigés par le Parti des travailleurs (PT) de Lula, à laquelle s’ajoutent trente-trois ans d’alternance politique modérée entre le centre gauche et le centre droit. Qu’il s’agisse de l’élection de Sebastian Pinera au Chili, de Mauricio Macri en Argentine ou d’Ivan Duque en Colombie, les grandes consultations politiques d’Amérique latine vont dans un sens unilatéral que seule la victoire d’Andres Manuel Lopez Obrador au Mexique a pris à rebours. Hormis cette exception, le « tournant à gauche » du sous-continent a vécu.

    Au Brésil, la destitution de la présidente, Dilma Rousseff, en août 2016, la condamnation de son prédécesseur, Lula, en juillet 2017, puis son emprisonnement en avril 2018 et son interdiction de briguer un nouveau mandat sont autant d’événements qui s’inscrivent dans le contexte d’une droitisation de plus en plus marquée du plus grand pays d’Amérique du Sud.

    Lire aussi :   « Le Brésil est une jeune démocratie, la présidence Bolsonaro pourrait être un test »

    Aucune ambiguïté sur son extrémisme

    Le parcours du futur président ne souffre d’aucune ambiguïté sur son extrémisme. Elu député dès 1991, Jair Bolsonaro est ensuite accusé d’avoir tenté d’organiser des attentats afin d’attirer l’attention sur la faiblesse des salaires des militaires, ce qui lui vaut de passer quinze jours en prison. Il faut attendre la fin de la décennie 1990 pour que l’opinion publique découvre sa violence verbale.

    En plein Congrès, en 1999, il regrette que la dictature n’ait pas exécuté 30 000 personnes corrompues supplémentaires, dont le président de l’époque, Fernando Henrique Cardoso. Quatre ans plus tard, au cours d’un débat télévisé, il lance à la député PT Maria do Rosario qu’il ne la violerait jamais, car elle ne le méritait pas. Un propos qu’il répète, onze ans plus tard, dans les couloirs du Congrès, à l’adresse de celle qui est devenue entre-temps secrétaire aux droits de l’homme sous Dilma Rousseff.

    A 63 ans, Jair Bolsonaro est, de loin, le chef d’Etat de droite élu le plus extrémiste de l’histoire récente d’Amérique latine. Outre sa violence verbale, il se distingue avec une certaine constance par son racisme vis-à-vis des peuples indigènes et des Noirs, par sa misogynie et son culte des armes à feu. Cette rhétorique lui vaut rapidement d’être désigné par la presse comme le « Trump brésilien » ou le « Trump tropical ».

    Lire aussi :   Présidentielle au Brésil : une géographie très divisée sur le vote pour Bolsonaro

    Un ultranationalisme chimiquement pur

    La campagne électorale de 2018, loin de revigorer une démocratie malade, a accentué ses maux. Les discours de Jair Bolsonaro, faiblement articulés, se réduisent à un ultranationalisme chimiquement pur, totalitaire et vengeur. Le Brésil, invoqué dans quasiment toutes ses phrases, doit être libéré, selon lui, nettoyé et purifié des « délinquants » et des « rouges ». Toute sa capacité à gouverner dépendra désormais de la manière dont il s’y prendra pour rassembler autour de lui une majorité solide au Parlement, malgré ses orientations radicales. En cas de minorité, il présidera par décrets, comme il l’a déjà évoqué.

    Le Brésil vient s’ajouter à la liste déjà longue des pays qui ont basculé dans le national-populisme un peu partout dans le monde, donnant le sentiment qu’aucun continent n’est immunisé contre cette montée. Cette dynamique dangereuse va se traduire rapidement par des effets très concrets au Brésil.

    Ainsi, avec l’arrivée de M. Bolsonaro au palais du Planalto, à Brasilia, on doit s’attendre à un resserrement diplomatique spectaculaire avec Washington et un Donald Trump qui partage une même vision sur un certain nombre de sujets. Le nouveau chef d’Etat devrait s’aligner sur la position des Etats-Unis à propos d’Israël, mais aussi du Venezuela. Et puis, il a promis que, sous son mandat, le Brésil sortira de l’accord de Paris sur le climat et mettra un terme à l’agence brésilienne chargée du contrôle de la déforestation et de la démarcation des terres indigènes. Pour le Brésil, l’Amazonie et la planète, il s’agit d’un inquiétant retour du passé.

    Lire aussi :   Brésil : Bolsonaro, la victoire d’un illusionniste sans scrupule

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  • Après l’attentat de Pittsburgh, les juifs américains sous le choc

    Après l’attentat de Pittsburgh, les juifs américains sous le choc

    Thomas Holber, 63 ans, fait partie des vieilles familles juives qui s’installèrent dans la cité sidérurgique de Pittsburgh au milieu du XIXe siècle et y prospérèrent dans le quartier cossu de Squirrel Hill. Jusqu’à ce samedi matin 27 octobre, lorsque, au cri de « Tous les Juifs doivent mourir ! », Robert Bowers, 46 ans, est entré dans la synagogue de la congrégation Tree of Life (« arbre de vie ») et a assassiné, avec un fusil d’assaut et trois pistolets, 11 fidèles. « J’ai vu cela en Europe, en Union soviétique, mais je n’ai jamais pensé que cela arriverait en Amérique, s’afflige ce dentiste. Désormais, je regarderai derrière mon épaule et j’identifierai les sorties de secours. »

    L’attaque antisémite est la plus meurtrière ayant jamais eu lieu aux Etats-Unis. Le précédent le plus grave remonte à 1985, lorsqu’un homme avait tué quatre membres d’une même famille à Seattle, croyant à tort qu’ils étaient juifs. En 2014, un suprémaciste blanc avait ouvert le feu sur un centre communautaire juif du Kansas, tuant trois personnes. Mais jusqu’à présent, les juifs américains se sentaient protégés. « J’ai été très surprise que cela arrive dans un quartier aussi calme, aussi juif », confie l’étudiante Abigaïl Fowner, 18 ans, venue se recueillir à la mémoire des victimes. Un sentiment partagé par l’ancien rabbin de Tree of Life, Alvin Berkun, interrogé par le New York Times : « Les deux lieux les plus sûrs que je connaisse sont Squirrel Hill et Jérusalem. J’ai vécu aux deux endroits. »

    Dimanche soir, en se rendant sur les lieux du drame, on aurait voulu le croire. Une avenue commerçante, avec ses magasins et son centre communautaire juifs – dont la piscine avec ses quelques heures d’ouverture non mixte –, mais aussi des restaurants italiens, des commerces asiatiques et une énorme église protestante. Puis une rue arborée bordée de maisons bourgeoises, et sur la colline, en face de l’université Chatham, la synagogue. Un lieu jusque-là paisible.

    « La haine ne nous divisera jamais »

    La police a donné le nom des victimes. La plus âgée, Rose Mallinger, avait 97 ans. Lorsque les coups de feu ont retenti, un de ses amis a immédiatement pensé à elle : jamais elle ne manquait un service, arrivant toujours parmi les premiers. Elle a été emportée dans ce qui fut, selon le FBI, une boucherie. Les victimes étaient âgées – le plus jeune avait 54 ans –, notamment parce qu’en ce jour « normal » de shabbat, où aucune mesure de sécurité particulière n’avait été prise, seuls les membres les plus actifs et donc âgés de la communauté étaient présents.

    Pittsburgh a fait corps. Les policiers sont intervenus immédiatement – quatre ont été blessés –, à la différence de ce qui s’était passé pour le lycée de Floride en février (19 morts). « Ils ont couru sous le feu pour aider les autres », a salué le chef de la police, Scott Schubert. Une cérémonie œcuménique a été organisée dimanche après-midi, tandis que le maire de la ville, le démocrate Bill Peduto, a appelé au rassemblement : « Nous savons que la haine ne nous divisera jamais. » Cette attitude était patente, à 100 mètres de la synagogue, bouclée par la police : des fleurs et des mots de concorde avaient été déposés, tandis qu’on y croisait des juifs et des non-juifs venus se recueillir.

    Lire aussi :   Trump et la violence politique : lorsque le tribun affaiblit la parole du président

    Ce dimanche, chacun se rassemble… contre Donald Trump, accusé de faire passer l’extrême droite des paroles aux actes, alors que les « incidents antisémites » ont augmenté de 57 % en 2017 (1986 cas, selon l’Anti-Defamation League, association historique de lutte contre l’antisémitisme). « M. Trump encourage la frange des gens qui sont borderline », accuse Thomas Holber, qui rappelle qu’en 2017 à Charlottesville (Virginie), « des néonazis ont pu défiler à visage découvert » et que « Donald Trump a renvoyé dos à dos les deux camps », alors qu’un néonazi avait écrasé une militante de gauche avec sa voiture.

    « Je ne suis pas surprise »

    Joy Katz, juive new-yorkaise de gauche installée à Pittsburgh depuis neuf ans, avait senti le vent mauvais. « Je ne suis pas surprise. Cela arrive partout dans le monde. Je m’attendais à quelque chose de ce genre. » Cette écrivaine de 54 ans, professeure de poésie, dénonce la rhétorique de M. Trump. « Quand il dit “George Soros”, c’est un code pour désigner les juifs. Quand il dit “globalisme”, aussi. Par ses propos, il alimente les antisémites. »

    L’attentat de Pittsburgh s’inscrit dans une série interminable de fusillades de masse : contre une boîte gay d’Orlando (49 morts en 2016) ou une église noire de Caroline du Sud en 2015 (9 morts). La tuerie de la synagogue est-elle d’une même essence ? « Ce n’est pas très différent d’une tuerie dans une église. Pour moi, le crime est le même », hésite Joy Katz. La protestante Dawna Duff, professeure d’université venue se recueillir, est plus mitigée. « C’est comme dans une église, mais il y a quelque chose de différent, une histoire, une résonance différentes. » En réalité, l’angoisse est de savoir si les juifs américains sont rattrapés par l’antisémitisme qu’ils avaient cru – en partie – laisser derrière eux en franchissant l’Atlantique. « J’ai peur de dire que nous pourrions être au début de ce qui est arrivé à l’Europe, des attaques antisémites consistantes », a déclaré au New York Times le rabbin Marvin Hier, fondateur du centre Simon-Wiesenthal de Los Angeles.

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  • Vu d’Israël. De Pittsburgh à Paris, les mêmes ravages de la haine antisémite

    Vu d’Israël. De Pittsburgh à Paris, les mêmes ravages de la haine antisémite

    Publié le

    Ces dernières années, l’islamisme était identifié comme la première des menaces contre les Juifs dans le monde. Mais l’attentat d’un suprémaciste blanc contre une synagogue américaine montre que le danger réside avant tout dans la propagation de discours de haine venus de tous bords, analyse ce journal israélien de gauche.

    Entre 2012 et 2015, dans trois pays d’Europe, 13 personnes ont été assassinées lors d’attaques contre une école, un centre communautaire et un musée juifs, ainsi que contre une épicerie casher. Des actes perpétrés par des immigrés musulmans, ou des fils d’immigrés.

    Ce 27 octobre, 11 personnes ont été tuées dans la synagogue Arbre de vie, à Pittsburgh, par un Américain qui reprochait aux Juifs d’aider les immigrés. Une ironie du sort aussi cruelle que du temps où les Juifs étaient accusés à la fois d’être des parasites capitalistes et de dangereux communistes.

    Il est difficile de replacer un acte violent dans son contexte politique, et cela a souvent tendance à occulter ses significations plus profondes. Tout est politique, et il suffit de chercher assez longtemps pour trouver des raisons politiques de haïr les Juifs. Trop de contexte politique excuse la haine.

    La menace bien réelle de l’extrême droite

    Alors, comment replacer l’assassinat de Juifs en Europe et aux États-Unis dans un certain contexte quand les motivations politiques sont apparemment contradictoires ?

    En l’espace d’à peine six ans, la façon dont nous parlons de l’antisémitisme a rapidement évolué. Quand des Juifs ont été tués en Europe, nous avons évoqué la menace du terrorisme islamiste. À la suite de manifestations de sentiments judéophobes dans le parti travailliste de Jeremy Corbyn, au Royaume-Uni, et au sein de mouvements comme

    […]

    Anshel Pfeffer

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  • Ethiopie: HRW dénonce l’envoi de centaines de jeunes en camps de réhabilitation

    Ethiopie: HRW dénonce l’envoi de centaines de jeunes en camps de réhabilitation

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  • Actes de désespoir chez les enfants réfugiés sur l’île de Nauru

    Actes de désespoir chez les enfants réfugiés sur l’île de Nauru

    Les pédiatres s’inquiètent du déclin de la santé des mineurs interceptés par l’Australie et retenus sur l’île.

    Par Isabelle Dellerba Publié aujourd’hui à 10h55, mis à jour à 15h07

    Lecture 3 min.

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    Quel est ce mal qui ronge les enfants de réfugiés et de demandeurs d’asile relégués depuis cinq ans par l’Australie sur l’Etat insulaire de Nauru, dans le Pacifique ? Ces derniers mois, ils sont de plus en plus nombreux à souffrir de dépression, à se blesser volontairement, à tenter de suicider ou à présenter les symptômes du syndrome de résignation, une maladie psychologique rare et potentiellement fatale.

    La situation est à ce point alarmante que des dizaines d’organisations et de plus en plus d’élus australiens appellent le premier ministre, Scott Morrison, à évacuer les mineurs et leurs familles de l’île. Samedi 27 octobre, plusieurs milliers de personnes ont défilé à Sydney et Melbourne pour défendre la cause des réfugiés.

    Certains sont là-bas depuis l’été 2013, quand Canberra a durci sa politique migratoire pour sous-traiter les demandeurs d’asile interceptés en mer à des pays tiers, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et Nauru. Ils ne seront jamais autorisés à s’installer en Australie. Si cette politique a permis d’arrêter l’afflux de bateaux clandestins, elle a laissé dans les limbes quelque 3 000 demandeurs d’asile dont 626 sont encore sur l’île de Manus (Papouasie-Nouvelle-Guinée) et près de 650 sur celle de Nauru, la seule à accepter les enfants. Parmi eux, 83 % ont obtenu le statut de réfugiés mais la plupart désespèrent de trouver un pays qui les accueille définitivement.

    Lire aussi L’Australie ferme la controversée prison de réfugiés de l’Île Christmas

    « Je ne m’attendais pas à ce que leur santé physique et psychologique soit si mauvaise ni à ce qu’elle se détériore aussi rapidement », explique Beth O’Connor, psychiatre de Médecins sans frontières qui a passé neuf mois sur l’île avant que le 5 octobre, l’organisation ne soit brusquement expulsée par Nauru.

    Onde de choc

    Mme O’Connor s’inquiète en particulier pour les enfants, dont un « nombre significatif » souffre du syndrome de résignation. « Ils ne quittent plus leur lit, cessent de s’alimenter, de boire suffisamment, ne parlent plus, ne se lèvent plus pour leur toilette », décrit Beth O’Connor. Dans les cas les plus graves, ils sombrent dans un état comateux et doivent être nourris par voie intraveineuse. Au total, selon l’organisation australienne Asylum Seeker Resource Centre (ASRC), la moitié des enfants réfugiés sur l’île aurait besoin d’une prise en charge médicale urgente.

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  • Le Barça file une rouste historique au Real Madrid

    Le Barça file une rouste historique au Real Madrid

    L’info est à la une de la quasi-totalité de la presse espagnole, ce lundi 29 octobre. “Un carton mortel”, titre par exemple le quotidien sportif madrilène As. La veille, le Barcelona FC a littéralement assassiné le Real Madrid, lors du “clásico” de la Liga. Une défaite historique : 5-1, malgré l’absence de Lionel Messi, blessé, et grâce notamment au triplé de l’Uruguayen Luis Suárez. Certes, il reste 28 matchs à jouer, mais, se lamente As en première page, “Madrid est désormais neuvième, à sept points du Barça”.

    Il faut remonter à la fin de saison 1976/1977, il y a cinquante ans donc, pour retrouver le Real à un tel niveau. Dans son résumé du match, titré “Le Barça licencie Lopetegui”, As n’est pas tendre avec l’entraîneur madrilène, arrivé précipitamment il y a quatre mois et qui, avec son équipe, avait très mal débuté la saison : “Le coup de Lopetegui était un plan de sauvetage qui n’a jamais existé”.

    Julen Lopetegui devrait faire ses valises dès ce lundi. Le nom de l’ancien entraîneur de Chelsea, l’italien Antonio Conte, est le plus cité pour le remplacer. Mais, dimanche, ce n’était pas seulement une question de coach, selon As, qui ne mâche pas ses mots contre l’équipe du Real : “Une équipe sans enthousiasme ni jeu, distraite à l’arrière, impuissante dans la création et extrêmement faible devant”. Conclusions, toujours selon As : “Épitaphe” et “Débâcle” pour le club le plus titré d’Espagne.

    Source

    Souvent critique à l’égard des Galactiques (les stars du club) du Real Madrid, ce titre créé en 1967 se caractérise par une mise en page soignée et une iconographie d’une grande richesse. Il appartient au groupe Prisa, éditeur du quotidien

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  • Le Barça file une rouste historique au Real Madrid

    Le Barça file une rouste historique au Real Madrid

    L’info est à la une de la quasi-totalité de la presse espagnole, ce lundi 29 octobre. “Un carton mortel”, titre par exemple le quotidien sportif madrilène As. La veille, le Barcelona FC a littéralement assassiné le Real Madrid, lors du “clásico” de la Liga. Une défaite historique : 5-1, malgré l’absence de Lionel Messi, blessé, et grâce notamment au triplé de l’Uruguayen Luis Suárez. Certes, il reste 28 matchs à jouer, mais, se lamente As en première page, “Madrid est désormais neuvième, à sept points du Barça”.

    Il faut remonter à la fin de saison 1976/1977, il y a cinquante ans donc, pour retrouver le Real à un tel niveau. Dans son résumé du match, titré “Le Barça licencie Lopetegui”, As n’est pas tendre avec l’entraîneur madrilène, arrivé précipitamment il y a quatre mois et qui, avec son équipe, avait très mal débuté la saison : “Le coup de Lopetegui était un plan de sauvetage qui n’a jamais existé”.

    Julen Lopetegui devrait faire ses valises dès ce lundi. Le nom de l’ancien entraîneur de Chelsea, l’italien Antonio Conte, est le plus cité pour le remplacer. Mais, dimanche, ce n’était pas seulement une question de coach, selon As, qui ne mâche pas ses mots contre l’équipe du Real : “Une équipe sans enthousiasme ni jeu, distraite à l’arrière, impuissante dans la création et extrêmement faible devant”. Conclusions, toujours selon As : “Épitaphe” et “Débâcle” pour le club le plus titré d’Espagne.

    Source

    Souvent critique à l’égard des Galactiques (les stars du club) du Real Madrid, ce titre créé en 1967 se caractérise par une mise en page soignée et une iconographie d’une grande richesse. Il appartient au groupe Prisa, éditeur du quotidien

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  • Brésil : Bolsonaro, la victoire d’un illusionniste sans scrupule

    Brésil : Bolsonaro, la victoire d’un illusionniste sans scrupule

    Il faut être un sacré illusionniste pour réussir pareil tour de force. Avec à peine huit secondes de temps de parole quotidien sur les chaînes nationales, un parti ne disposant que de trois députés fédéraux et quasiment aucune trésorerie au lancement de la campagne présidentielle, Jair Bolsonaro a bouleversé en toute légalité un pays comme le Brésil, ses 208 millions d’habitants et les quelques certitudes qui lui restaient.

    L’homme siège depuis vingt-sept ans sur les bancs l’Assemblée nationale et n’a été à l’origine que de deux lois insignifiantes. La syntaxe approximative et une parole souvent éruptive, l’élu d’extrême droite s’était surtout fait connaître pour sa violence verbale et ses réactions outrancières. Longtemps, d’ailleurs, le futur président brésilien n’a pas été pris au sérieux, comparé même à un amuseur public plutôt nauséeux et nostalgique d’une période dictatoriale (1964-1985) que l’on croyait sortie des mémoires.

    On se gardera de faire des comparaisons alarmistes, comme rappeler la phrase malheureuse de Bertolt Brecht à l’endroit d’Adolf Hitler avant son accession au pouvoir (« Il ressemble à Charlie Chaplin en moins drôle »), mais il y a quelque chose de profondément inquiétant dans cette irrésistible ascension.

    Succès auprès des jeunes

    Le candidat Bolsonaro a réussi à se faire élire en jouant sur une formidable inversion des valeurs. Alors que les discours anticommunistes des militaires brésiliens auteurs du coup d’Etat se faisaient à leurs yeux, au nom de la démocratie, le discours bolsonariste se fait aujourd’hui au nom de la dictature. Un glissement sémantique qui porte en germe des tensions incalculables.

    Ces derniers mois, Jair Bolsonaro a affiché des positions conservatrices extrêmement dures, tout en faisant comprendre par ses allusions, ses gestes (l’index et le pouce pointés tel un revolver) et le choix de ses équipes (quatre généraux) l’attachement qu’il portait à cette junte militaire….

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  • « On voit bien que Bolsonaro est honnête » : jour de vote à Rio de Janeiro

    « On voit bien que Bolsonaro est honnête » : jour de vote à Rio de Janeiro

    La mer est forte, ce dimanche 28 octobre, sur la plage de Barra da Tijuca. « Brava », disent les Brésiliens – « méchante ». D’énormes rouleaux s’abattent sur la grève qui longe ce quartier chic de Rio, mais personne ne les entend, personne ne les regarde. Pour une fois, dans cette ville baignée par l’océan, la foule tourne le dos à l’horizon. Massés devant l’entrée d’un lotissement où l’on aperçoit une poignée de maisons individuelles, les partisans de Jair Bolsonaro attendent le résultat de l’élection présidentielle. Cela fait des heures qu’ils font le pied de grue devant la résidence de leur candidat et même, pour certains, des jours entiers, comme s’ils montaient la garde près du lourd portail de métal qui barre l’entrée.

    Le matin, les plus chanceux l’ont aperçu à son retour de l’école Rosa da Fonseca, où il a voté, très détendu malgré le gilet pare-balles dissimulé sous sa veste kaki. Un signe, un sourire et hop ! Jair Bolsonaro a disparu dans sa voiture, et sa voiture derrière la grille. Mais il en faut plus pour décourager les fans qui sont parfois venus de loin. Doria, par exemple, a fait quatre heures d’autocar depuis Teresopolis, au sud de Rio « parce que c’est très important d’être ici pour lui montrer qu’on le soutient. » « Il est notre espoir, notre seule issue », ajoute-t-elle.

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    Comme elle, les admirateurs de M. Bolsonaro ont sorti les couleurs du Brésil de leurs placards. Les trois quarts d’entre eux sont en jaune et vert, avec des bandeaux #elesim (« lui oui »), des inscriptions où il est question de leur champion, de Dieu, du Brésil.

    Pour ceux qui auraient oublié leur matériel, le petit commerce fait des affaires en or. On vend de tout, à Barra da Tijuca : des tee-shirts, des autocollants, des drapeaux, de la bière, des brochettes, et surtout du rêve. Un rêve qui, pour beaucoup de Brésiliens, fait peur, mais ces électeurs-là sont passés de l’autre côté du miroir, y compris ceux qui avaient voté pour Lula du temps de sa splendeur. « Nous allons gagner, j’en suis sûr, lance Wilson, un jeune homme radieux qui brandit un carton au nom du candidat d’extrême droite. Et c’est fantastique après toutes ces années de désillusion ! »

    « Pour eux, nous ne sommes pas tous égaux »

    A quelques kilomètres de là, au pied de la grande favela de Rocinha, l’ambiance est nettement moins festive. Il y a bien quelques drapeaux rouges du Parti des travailleurs, quelques bannières portant le nom de son candidat, Fernando Haddad, mais les électeurs qui circulent autour du bureau de vote installé dans un complexe sportif font plutôt grise mine. « Je vais voter pour Haddad, dit Fatima, sans s’arrêter. Des deux pires, c’est le meilleur. »

    Les électeurs font peu de commentaires, ils semblent avoir peur de donner leur nom et refusent d’être photographiés. Comme s’ils avaient déjà perdu. Comme s’ils étaient déjà menacés. Même Kike et Rocio, 16 et 18 ans, qui vendent des boissons fraîches dans une glacière en polystyrène. Le couple déclare fougueusement son rejet de l’extrême droite : « Bolsonaro n’est jamais venu dans la favela, il n’a rien fait pour nous. Il se moque des pauvres et veut enlever des droits aux travailleurs. Pour eux, nous ne sommes pas tous égaux. »

    Des gens modestes, il y en a pourtant beaucoup devant le domicile de Jair Bolsonaro. Les autres, les plus aisés, regardent du haut de leurs balcons ou sortent de leurs immeubles juste pour faire un tour, un verre à la main. « Vous voulez que je vous dise ? », demande Gilberto, 53 ans, chef d’entreprise. Il prend un air de conspirateur : « Bolsonaro, c’est un type mal dégrossi. Si j’avais le choix, je voterais pour quelqu’un d’autre. Mais là, on n’a rien d’autre à se mettre sous la dent. Je suis à fond pour lui. »

    Parmi les moins favorisés, certains n’avaient jamais mis les pieds sur ce front de mer huppé. Comme Claudio, un fonctionnaire de 42 ans qui ne veut pas donner son nom. « Dans mon milieu de travail, c’est plutôt Haddad qui tient la corde », dit-il. Ce costaud arbore une devise sur son tee-shirt camouflage : « Dieu au-dessus de tous et le Brésil au-dessus de tout. » Ce qui lui plaît, chez Jair Bolsonaro ? « Les valeurs. » Famille, patrie, sécurité. Sans oublier le rétropédalage de l’ancien militaire, qui a accepté d’atténuer certaines de ses vitupérations contre les LGBT. « C’était rétrograde », estime Claudio.

    Jacira aussi vote pour la « morale » du candidat : « On voit bien qu’il est honnête. » Elle est évangéliste, employée de maison, et elle est venue de Nilopolis, une ville au nord-ouest de Rio, avec sa mère atteinte d’alzheimer – mais qui a voté –, sa fille, sa sœur et son neveu.

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    Carnaval de l’angoisse

    On promène des enfants dans des poussettes, des vieux avec des déambulateurs et même une effigie de Lula en costume de bagnard, sur le capot d’une petite Jeep. Au sommet d’un immeuble voisin, la sono crache l’hymne du Brésil, encore et encore. « O Patria amada, idolatrada, salve saaaalve ! » A mesure qu’approche l’heure des premiers résultats, la présence policière s’accentue. Les forces de l’ordre ont investi toute une maison du lotissement, d’où ils entrent et sortent, finissant par refouler les badauds à l’extérieur d’un périmètre assez réduit, tandis que les pétards explosent de toutes parts.

    C’est le carnaval en octobre, mais un carnaval de l’angoisse et du ressentiment. Il faut écarter les drapeaux pour se frayer un passage, y compris un ou deux étendards aux couleurs d’Israël, pays cher au cœur de Jair Bolsonaro. Soudain, une seconde de flottement, suivie d’une rumeur sourde. Les premières estimations sont tombées, le candidat d’extrême droite l’a emporté. Cette fois, c’est la foule qui entonne l’hymne du pays, le visage tourné vers la résidence, toujours silencieuse, de son nouveau président. « Tu as gagné, capitaine ! On a gagné ! » Les gens s’embrassent, ils rient, ils sautent de joie. Plus personne ne fait attention à l’effigie de Lula, seule sur son capot. Il a reçu tellement de gifles qu’il a la tête toute de travers.

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