Author: Don Kayembe

  • Le Barça file une rouste historique au Real Madrid

    Le Barça file une rouste historique au Real Madrid

    L’info est à la une de la quasi-totalité de la presse espagnole, ce lundi 29 octobre. “Un carton mortel”, titre par exemple le quotidien sportif madrilène As. La veille, le Barcelona FC a littéralement assassiné le Real Madrid, lors du “clásico” de la Liga. Une défaite historique : 5-1, malgré l’absence de Lionel Messi, blessé, et grâce notamment au triplé de l’Uruguayen Luis Suárez. Certes, il reste 28 matchs à jouer, mais, se lamente As en première page, “Madrid est désormais neuvième, à sept points du Barça”.

    Il faut remonter à la fin de saison 1976/1977, il y a cinquante ans donc, pour retrouver le Real à un tel niveau. Dans son résumé du match, titré “Le Barça licencie Lopetegui”, As n’est pas tendre avec l’entraîneur madrilène, arrivé précipitamment il y a quatre mois et qui, avec son équipe, avait très mal débuté la saison : “Le coup de Lopetegui était un plan de sauvetage qui n’a jamais existé”.

    Julen Lopetegui devrait faire ses valises dès ce lundi. Le nom de l’ancien entraîneur de Chelsea, l’italien Antonio Conte, est le plus cité pour le remplacer. Mais, dimanche, ce n’était pas seulement une question de coach, selon As, qui ne mâche pas ses mots contre l’équipe du Real : “Une équipe sans enthousiasme ni jeu, distraite à l’arrière, impuissante dans la création et extrêmement faible devant”. Conclusions, toujours selon As : “Épitaphe” et “Débâcle” pour le club le plus titré d’Espagne.

    Source

    Souvent critique à l’égard des Galactiques (les stars du club) du Real Madrid, ce titre créé en 1967 se caractérise par une mise en page soignée et une iconographie d’une grande richesse. Il appartient au groupe Prisa, éditeur du quotidien

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  • Le Barça file une rouste historique au Real Madrid

    Le Barça file une rouste historique au Real Madrid

    L’info est à la une de la quasi-totalité de la presse espagnole, ce lundi 29 octobre. “Un carton mortel”, titre par exemple le quotidien sportif madrilène As. La veille, le Barcelona FC a littéralement assassiné le Real Madrid, lors du “clásico” de la Liga. Une défaite historique : 5-1, malgré l’absence de Lionel Messi, blessé, et grâce notamment au triplé de l’Uruguayen Luis Suárez. Certes, il reste 28 matchs à jouer, mais, se lamente As en première page, “Madrid est désormais neuvième, à sept points du Barça”.

    Il faut remonter à la fin de saison 1976/1977, il y a cinquante ans donc, pour retrouver le Real à un tel niveau. Dans son résumé du match, titré “Le Barça licencie Lopetegui”, As n’est pas tendre avec l’entraîneur madrilène, arrivé précipitamment il y a quatre mois et qui, avec son équipe, avait très mal débuté la saison : “Le coup de Lopetegui était un plan de sauvetage qui n’a jamais existé”.

    Julen Lopetegui devrait faire ses valises dès ce lundi. Le nom de l’ancien entraîneur de Chelsea, l’italien Antonio Conte, est le plus cité pour le remplacer. Mais, dimanche, ce n’était pas seulement une question de coach, selon As, qui ne mâche pas ses mots contre l’équipe du Real : “Une équipe sans enthousiasme ni jeu, distraite à l’arrière, impuissante dans la création et extrêmement faible devant”. Conclusions, toujours selon As : “Épitaphe” et “Débâcle” pour le club le plus titré d’Espagne.

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    Souvent critique à l’égard des Galactiques (les stars du club) du Real Madrid, ce titre créé en 1967 se caractérise par une mise en page soignée et une iconographie d’une grande richesse. Il appartient au groupe Prisa, éditeur du quotidien

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  • Brésil : Bolsonaro, la victoire d’un illusionniste sans scrupule

    Brésil : Bolsonaro, la victoire d’un illusionniste sans scrupule

    Il faut être un sacré illusionniste pour réussir pareil tour de force. Avec à peine huit secondes de temps de parole quotidien sur les chaînes nationales, un parti ne disposant que de trois députés fédéraux et quasiment aucune trésorerie au lancement de la campagne présidentielle, Jair Bolsonaro a bouleversé en toute légalité un pays comme le Brésil, ses 208 millions d’habitants et les quelques certitudes qui lui restaient.

    L’homme siège depuis vingt-sept ans sur les bancs l’Assemblée nationale et n’a été à l’origine que de deux lois insignifiantes. La syntaxe approximative et une parole souvent éruptive, l’élu d’extrême droite s’était surtout fait connaître pour sa violence verbale et ses réactions outrancières. Longtemps, d’ailleurs, le futur président brésilien n’a pas été pris au sérieux, comparé même à un amuseur public plutôt nauséeux et nostalgique d’une période dictatoriale (1964-1985) que l’on croyait sortie des mémoires.

    On se gardera de faire des comparaisons alarmistes, comme rappeler la phrase malheureuse de Bertolt Brecht à l’endroit d’Adolf Hitler avant son accession au pouvoir (« Il ressemble à Charlie Chaplin en moins drôle »), mais il y a quelque chose de profondément inquiétant dans cette irrésistible ascension.

    Succès auprès des jeunes

    Le candidat Bolsonaro a réussi à se faire élire en jouant sur une formidable inversion des valeurs. Alors que les discours anticommunistes des militaires brésiliens auteurs du coup d’Etat se faisaient à leurs yeux, au nom de la démocratie, le discours bolsonariste se fait aujourd’hui au nom de la dictature. Un glissement sémantique qui porte en germe des tensions incalculables.

    Ces derniers mois, Jair Bolsonaro a affiché des positions conservatrices extrêmement dures, tout en faisant comprendre par ses allusions, ses gestes (l’index et le pouce pointés tel un revolver) et le choix de ses équipes (quatre généraux) l’attachement qu’il portait à cette junte militaire….

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  • « On voit bien que Bolsonaro est honnête » : jour de vote à Rio de Janeiro

    « On voit bien que Bolsonaro est honnête » : jour de vote à Rio de Janeiro

    La mer est forte, ce dimanche 28 octobre, sur la plage de Barra da Tijuca. « Brava », disent les Brésiliens – « méchante ». D’énormes rouleaux s’abattent sur la grève qui longe ce quartier chic de Rio, mais personne ne les entend, personne ne les regarde. Pour une fois, dans cette ville baignée par l’océan, la foule tourne le dos à l’horizon. Massés devant l’entrée d’un lotissement où l’on aperçoit une poignée de maisons individuelles, les partisans de Jair Bolsonaro attendent le résultat de l’élection présidentielle. Cela fait des heures qu’ils font le pied de grue devant la résidence de leur candidat et même, pour certains, des jours entiers, comme s’ils montaient la garde près du lourd portail de métal qui barre l’entrée.

    Le matin, les plus chanceux l’ont aperçu à son retour de l’école Rosa da Fonseca, où il a voté, très détendu malgré le gilet pare-balles dissimulé sous sa veste kaki. Un signe, un sourire et hop ! Jair Bolsonaro a disparu dans sa voiture, et sa voiture derrière la grille. Mais il en faut plus pour décourager les fans qui sont parfois venus de loin. Doria, par exemple, a fait quatre heures d’autocar depuis Teresopolis, au sud de Rio « parce que c’est très important d’être ici pour lui montrer qu’on le soutient. » « Il est notre espoir, notre seule issue », ajoute-t-elle.

    Suivez en direct   les réactions à l’élection de Jair Bolsonaro à la présidence du Brésil

    Comme elle, les admirateurs de M. Bolsonaro ont sorti les couleurs du Brésil de leurs placards. Les trois quarts d’entre eux sont en jaune et vert, avec des bandeaux #elesim (« lui oui »), des inscriptions où il est question de leur champion, de Dieu, du Brésil.

    Pour ceux qui auraient oublié leur matériel, le petit commerce fait des affaires en or. On vend de tout, à Barra da Tijuca : des tee-shirts, des autocollants, des drapeaux, de la bière, des brochettes, et surtout du rêve. Un rêve qui, pour beaucoup de Brésiliens, fait peur, mais ces électeurs-là sont passés de l’autre côté du miroir, y compris ceux qui avaient voté pour Lula du temps de sa splendeur. « Nous allons gagner, j’en suis sûr, lance Wilson, un jeune homme radieux qui brandit un carton au nom du candidat d’extrême droite. Et c’est fantastique après toutes ces années de désillusion ! »

    « Pour eux, nous ne sommes pas tous égaux »

    A quelques kilomètres de là, au pied de la grande favela de Rocinha, l’ambiance est nettement moins festive. Il y a bien quelques drapeaux rouges du Parti des travailleurs, quelques bannières portant le nom de son candidat, Fernando Haddad, mais les électeurs qui circulent autour du bureau de vote installé dans un complexe sportif font plutôt grise mine. « Je vais voter pour Haddad, dit Fatima, sans s’arrêter. Des deux pires, c’est le meilleur. »

    Les électeurs font peu de commentaires, ils semblent avoir peur de donner leur nom et refusent d’être photographiés. Comme s’ils avaient déjà perdu. Comme s’ils étaient déjà menacés. Même Kike et Rocio, 16 et 18 ans, qui vendent des boissons fraîches dans une glacière en polystyrène. Le couple déclare fougueusement son rejet de l’extrême droite : « Bolsonaro n’est jamais venu dans la favela, il n’a rien fait pour nous. Il se moque des pauvres et veut enlever des droits aux travailleurs. Pour eux, nous ne sommes pas tous égaux. »

    Des gens modestes, il y en a pourtant beaucoup devant le domicile de Jair Bolsonaro. Les autres, les plus aisés, regardent du haut de leurs balcons ou sortent de leurs immeubles juste pour faire un tour, un verre à la main. « Vous voulez que je vous dise ? », demande Gilberto, 53 ans, chef d’entreprise. Il prend un air de conspirateur : « Bolsonaro, c’est un type mal dégrossi. Si j’avais le choix, je voterais pour quelqu’un d’autre. Mais là, on n’a rien d’autre à se mettre sous la dent. Je suis à fond pour lui. »

    Parmi les moins favorisés, certains n’avaient jamais mis les pieds sur ce front de mer huppé. Comme Claudio, un fonctionnaire de 42 ans qui ne veut pas donner son nom. « Dans mon milieu de travail, c’est plutôt Haddad qui tient la corde », dit-il. Ce costaud arbore une devise sur son tee-shirt camouflage : « Dieu au-dessus de tous et le Brésil au-dessus de tout. » Ce qui lui plaît, chez Jair Bolsonaro ? « Les valeurs. » Famille, patrie, sécurité. Sans oublier le rétropédalage de l’ancien militaire, qui a accepté d’atténuer certaines de ses vitupérations contre les LGBT. « C’était rétrograde », estime Claudio.

    Jacira aussi vote pour la « morale » du candidat : « On voit bien qu’il est honnête. » Elle est évangéliste, employée de maison, et elle est venue de Nilopolis, une ville au nord-ouest de Rio, avec sa mère atteinte d’alzheimer – mais qui a voté –, sa fille, sa sœur et son neveu.

    Lire aussi :   Bolsonaro ou la revanche du « Brésilien moyen »

    Carnaval de l’angoisse

    On promène des enfants dans des poussettes, des vieux avec des déambulateurs et même une effigie de Lula en costume de bagnard, sur le capot d’une petite Jeep. Au sommet d’un immeuble voisin, la sono crache l’hymne du Brésil, encore et encore. « O Patria amada, idolatrada, salve saaaalve ! » A mesure qu’approche l’heure des premiers résultats, la présence policière s’accentue. Les forces de l’ordre ont investi toute une maison du lotissement, d’où ils entrent et sortent, finissant par refouler les badauds à l’extérieur d’un périmètre assez réduit, tandis que les pétards explosent de toutes parts.

    C’est le carnaval en octobre, mais un carnaval de l’angoisse et du ressentiment. Il faut écarter les drapeaux pour se frayer un passage, y compris un ou deux étendards aux couleurs d’Israël, pays cher au cœur de Jair Bolsonaro. Soudain, une seconde de flottement, suivie d’une rumeur sourde. Les premières estimations sont tombées, le candidat d’extrême droite l’a emporté. Cette fois, c’est la foule qui entonne l’hymne du pays, le visage tourné vers la résidence, toujours silencieuse, de son nouveau président. « Tu as gagné, capitaine ! On a gagné ! » Les gens s’embrassent, ils rient, ils sautent de joie. Plus personne ne fait attention à l’effigie de Lula, seule sur son capot. Il a reçu tellement de gifles qu’il a la tête toute de travers.

    Participez :   Vous êtes Brésilien et vivez en France. Comment réagissez-vous à l’élection de Bolsonaro ?

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  • Après le désaveu en Hesse, Angela Merkel cède la présidence de la CDU

    Après le désaveu en Hesse, Angela Merkel cède la présidence de la CDU

    Le parti chrétien-démocrate (CDU) de la chancelière a subi un nouveau revers de taille lors du scrutin régional dans le Land de Hesse le dimanche 28 octobre : il n’a obtenu que 27 % des voix – en baisse de 11 points par rapport à 2013. Le Parti social-démocrate (SPD), qui gouverne avec elle à Berlin, s’effondre lui aussi avec 19,8 % (contre 30,7 % il y a cinq ans). Les Verts réalisent un score historique (19,8 %), tandis que le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) entre au Parlement régional, avec 13,1 %. L’AfD siège désormais dans tous les Länder du pays.

    Après un tel désaveu, Angela Merkel a annoncé ce lundi 29 octobre devant les instances dirigeantes de son parti ne plus être candidate à sa propre succession à la présidence de la CDU lors du prochain congrès, qui se tiendra à Hambourg en décembre, relate Der Spiegel.

    Reste à savoir ce que cela représente pour son mandat de chancelière”, souligne l’hebdomadaire, rappelant qu’elle a toujours estimé que “les deux fonctions devaient être dans une seule main pour pouvoir former un gouvernement stable”.

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  • Budget italien : guerre des nerfs entre Rome et Bruxelles

    Budget italien : guerre des nerfs entre Rome et Bruxelles

    Ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle, mais le gouvernement italien aura tout fait, durant le week-end, pour persuader l’opinion du contraire. Vendredi 26 octobre, l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a maintenu la note de la dette souveraine italienne, mais assorti cette décision d’une « perspective négative ». Autrement dit, sans une sérieuse inflexion politique, l’Italie court le risque d’une dégradation la prochaine fois que l’agence se penchera sur son cas. Tout au plus a-t-elle obtenu un léger sursis lui permettant de rester deux niveaux au-dessus de la zone de « non-investissement ».

    Le président du conseil, Giuseppe Conte, a qualifié cette décision de « correcte », assurant que, bientôt, « les marchés comprendront le bien-fondé de [ces] mesures ». De son côté, son vice-premier ministre, Luigi Di Maio, après avoir constaté que l’Italie n’avait pas été dégradée, a balayé les réserves de S&P et assuré que « le gouvernement ne s’arrêtera pas ».

    Pourtant, une semaine après la décision de Moody’s, qui avait placé la dette italienne sur la dernière marche avant l’enfer des « junk bonds » (obligations pourries), la nouvelle n’a vraiment rien de rassurant. Les explications accompagnant l’annonce sont accablantes : même si les réserves de l’agence s’expriment en des termes mesurés et raisonnables, S&P dresse un véritable réquisitoire contre la politique suivie par le gouvernement Conte, qui « risque d’affaiblir la performance de croissance de l’Italie ».

    Extrême fébrilité sur les marchés

    Le point sur lequel S&P s’avère le plus critique est la volonté de revenir sur la réforme des retraites (loi Fornero) adoptée en 2011. Cette décision « risque d’inverser les effets de la précédente réforme », au point de « menacer, à long terme, la soutenabilité des comptes publics ». Pour finir, l’agence assène que ces choix politiques devraient…

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  • Le Sri Lanka s’enfonce dans la crise politique

    Le Sri Lanka s’enfonce dans la crise politique

    Depuis vendredi 26 octobre, le Sri Lanka a deux premiers ministres et pas de gouvernement. Cette petite île de l’océan Indien s’enfonce dans une crise politique et constitutionnelle depuis la nomination surprise par le président Maithripala Sirisena de l’ancien homme fort du pays, Mahinda Rajapakse. Le premier ministre sortant, Ranil Wickremesinghe, refuse de lui céder sa place et occupait toujours, lundi matin, sa résidence officielle.

    Ce dernier espérait restaurer sa légitimité lors d’un vote de confiance au Parlement, jusqu’à ce que le président sri-lankais lui barre la route en décidant samedi de suspendre toute réunion des 225 députés jusqu’au 16 novembre. Une suspension qui, selon plusieurs analystes, pourrait donner au nouveau premier ministre un temps précieux pour rassembler une majorité.

    Le président du Parlement, Karu Jayasuriya, issu du même parti que le chef du gouvernement sortant, a estimé, dimanche, qu’il ne pouvait pas être remplacé tant qu’un autre candidat ne pouvait justifier d’une majorité parlementaire et a mis en garde contre les « conséquences sérieuses et indésirables » d’une suspension des travaux de la Chambre. Dimanche, des gardes du corps d’un ministre du gouvernement déchu ont tiré sur des partisans du président, faisant un mort et deux blessés.

    « Coup antidémocratique », décision « anticonstitutionnelle » comme le dénoncent les partisans du premier ministre congédié, ou simple « changement politique » dans « l’intérêt du peuple et du pays » comme le soutient le président ? Difficile de trouver une réponse claire dans la Constitution du pays, maintes fois amendée, et dont l’interprétation évolue au gré des circonstances et du pouvoir en place. Cette crise est aussi celle du système politique sri-lankais, à mi-chemin entre régime parlementaire et régime présidentiel.

    L’annonce de la nomination a pris de court le Sri Lanka. Le Parlement n’a pas été consulté…

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  • Gab, le « Twitter d’extrême droite » fréquenté par le terroriste de Pittsburgh

    Gab, le « Twitter d’extrême droite » fréquenté par le terroriste de Pittsburgh

    Robert Bowers, identifié par les autorités comme l’auteur de l’attentat terroriste qui a fait samedi 27 octobre onze morts dans une synagogue de Pittsburgh (Pennsylvanie), avait une vie en ligne très active. Mais il ne fréquentait pas que les réseaux sociaux classiques : il était également présent sur Gab, un clone de Twitter prisé de l’extrême droite anglophone, sur lequel il avait publié, quelques heures avant d’attaquer la synagogue, plusieurs messages antisémites.

    Gab est bien connu dans les sphères de « l’alt-right ». Ce réseau social, sur lequel il n’existe quasiment aucune modération, a attiré depuis sa création en 2016 toutes les grandes « stars » de l’extême droite américaine, comme le conspirationniste Alex Jones ou Mike Cernovich. Depuis ce 28 octobre, le site est inaccessible : son hébergeur, Joyent, a annoncé qu’il couperait son accès ce lundi – et PayPal a annoncé qu’il ne fournirait plus ses services au site.

    « Gab est attaqué », écrit le site dans un communiqué sur sa page d’accueil. « Nous avons été systématiquement bloqués sur les magasins d’applications, par les hébergeurs, et des services de paiement. Nous avons été diffamés par la presse parce que nous défendons la liberté d’expression et la liberté individuelle », affirme le site, qui accueille aussi de nombreux comptes néo-nazis.

    Lire aussi :   Que sait-on de Robert Bowers, le suspect de la fusillade dans la synagogue de Pittsburgh ?

    Un réseau social riche mais pas si actif

    Ces derniers mois, le site avait déjà connu d’importants problèmes. Début août, Microsoft avait menacé de couper son accès à Azure, une infrastructure technique de l’entreprise utilisée par Gab. Microsoft demandait le retrait de plusieurs messages antisémites qui appelaient à la violence, pour lesquels une plainte avait été déposée. L’auteur des messages les a finalement supprimés, mais l’affaire avait montré la fragilité technique et juridique du réseau social. Andrew Torba, son créateur, avait mis à profit la situation pour demander à ses utilisateurs de participer au financement de l’entreprise, pour que Gab puisse « devenir l’anti-Silicon Valley » et « construire immédiatement sa propre infrastructure ».

    Car ce qui distingue Gab de la plupart des autres plateformes de l’extrême droite américaine, c’est sa relative santé financière. Alors qu’une bonne dizaine d’autres réseaux sociaux « alternatifs » ont fermé faute d’argent ou d’utilisateurs (PewTube, Wrongthink, Hatreon…), Gab a, en théorie, de solides réserves d’argent.

    Levées de fonds

    Le site revendique plus de 2 000 utilisateurs de sa version « pro », assez selon le site pour couvrir ses frais de fonctionnement. Et surtout, le site a levé des sommes importantes en recourant à plusieurs outils de levée de fonds. Après la manifestation de Charlottesville, il y a un an, le site avait levé 500 000 dollars en financement participatif, portant son trésor de guerre à un million de dollars. En début d’année, il a annoncé une levée de fonds par cryptomonnaies (Initial Coin Offering, ICO), et affirme avoir déjà plus de 5 millions de dollars d’actions réservées, sur un total espéré de dix millions.

    Pourtant, si Gab est à l’abri du besoin, il plafonne à quelques centaines de milliers d’utilisateurs, et les messages les plus populaires sur la plateforme ne cumulent qu’une poignée de commentaires et de partages. A l’exception du conspirationniste Alex Jones, les « stars » de Gab n’y sont pas franchement actives. La personnalité de l’alt-right Milo Yiannopoulos, banni de Twitter, n’y publie que très rarement. Mike Cernovich en est absent depuis un an. « Gab a parfois des allures de ville fantôme », résumait dans un article récent le site spécialisé Wired.

    Lire aussi :   Gab, Hatreon, PewTube… les réseaux sociaux d’extrême droite américains sont en difficulté

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  • Silence pour « la maison des sons » du compositeur Pierre Henry

    Silence pour « la maison des sons » du compositeur Pierre Henry

    Vue de l’extérieur, la grande maison sise au 32, rue de Toul, dans le 12e arrondissement de Paris, ne se distingue guère des autres bâtisses érigées dans le quartier au début du XXe siècle. Pourtant, au-dessus de la sonnette, à gauche d’un portail noir, une petite plaque prend aujourd’hui une valeur historique : « SON-RE Pierre Henry ». Quinze mois après la mort du compositeur (le 5 juillet 2017, à l’âge de 89 ans), elle constitue toujours la seule indication du lieu qui fut à la fois sa demeure et son studio (« SON-RE » signifiant « son et recherche électro-acoustique »).

    Une plaque nullement commémorative, comme on en trouve à Paris pour perpétuer le séjour d’un artiste de renom ; juste une adresse pour La Poste. Enfin, plus pour longtemps. Dans la cour et dans la maison, les cartons sont légion. Le 31 octobre, Isabelle ­Warnier – veuve de Pierre Henry – rendra les clés de la demeure louée depuis 1971. Ensuite, le bâtiment sera sans doute rasé pour faire place à un immeuble.

    Déco très spéciale

    Partout, on s’active. Bernadette Mangin, l’assistante musicale de Pierre Henry pendant trente-cinq ans, a aménagé la bibliothèque en bureau de la dernière heure. Près d’elle, une jeune femme dresse un inventaire sur ordinateur. Ailleurs, d’autres auxiliaires du déménagement emballent les créations plastiques du compositeur, ces tableaux hétérogènes à la Arman confectionnés avec diverses pièces, liées ou non à la musique.

    Quelques vestiges de cette déco très spéciale subsistent dans l’escalier (collage avec les différents membres de la famille de Pierre Schaeffer, l’inventeur de la musique concrète), sur un mur (chaussons utilisés par Isabelle Warnier, du temps où elle dansait dans la compagnie de Janine Charrat) ou sur un plafond (affiches de concerts). Et, témoignage plus précieux encore de sa frénésie créatrice, la sonothèque du musicien trône toujours dans plusieurs pièces, en attendant son transfert à…

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  • La diplomatie par le sport de l’Arabie saoudite à l’épreuve du meurtre de Jamal Khashoggi

    La diplomatie par le sport de l’Arabie saoudite à l’épreuve du meurtre de Jamal Khashoggi

    Ils sont venus à Paris ferrailler pour le trône de numéro 1 mondial. Mais c’est au sujet d’un autre royaume que Rafael Nadal et Novak Djokovic ont été tenus de s’expliquer, dimanche 28 octobre. Avant l’ouverture du Masters 1 000 de Paris-Bercy, les numéros 1 et 2 mondiaux du tennis masculin ont répondu – pour le moins gênés – à des questions portant sur leur participation à une rencontre d’exhibition programmée pour la fin décembre à Djedda, en Arabie saoudite.

    En cette période de vacance du circuit mondial, ce type de matchs dans des pays prêts à y mettre le prix est monnaie courante. Et les meilleurs joueurs du monde n’hésitent pas à courir le cachet durant l’intersaison. Ces dernières années, Nadal et Federer ont ainsi disputé des rencontres promouvant le modeste mais lucratif tournoi de Doha – sur un tapis volant – offrant à l’organisateur qatari de jolis clichés promotionnels.

    Au moment où il a été signé, le contrat liant Nadal, Djokovic et le royaume saoudien n’avait pas l’odeur de soufre qu’il véhicule aujourd’hui. C’était avant le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi dans l’enceinte du consulat saoudien d’Istanbul. Selon des responsables turcs, cet opposant a été victime d’un meurtre soigneusement planifié et perpétré par une équipe d’agents venus de Ryad.

    Lire aussi :   De la disparition à la crise diplomatique : l’affaire Khashoggi en quatre dates

    Le 7 octobre, quelques jours après la disparition de Jamal Khashoggi et alors que des rumeurs commençaient à lier celle-ci à l’Arabie saoudite, Rafael Nadal et Novak Djokovic ont chacun publié un tweet promotionnel – chose courante dans ce genre de contrat – vantant le pays.

    « On est en train d’évaluer la situation »

    Conscients de l’image que renverrait la tenue d’une telle rencontre dans la ville royale de Djedda, les agents des joueurs s’activent désormais en coulisse pour tenter de rétropédaler. Mais le contrat – il est question d’un million de dollars par joueur – étant directement signé avec l’Autorité générale du sport saoudien, l’affaire est ardue.

    D’où un difficile exercice d’équilibriste. « Quand ce type de choses se produit, c’est catastrophique, c’est terrible. Un journaliste a perdu la vie. Et je sais que des choses horribles se sont passées à l’intérieur de ce consulat, a reconnu Rafael Nadal. Donc on est en train d’évaluer la situation et on espère que les choses vont s’éclaircir le plus vite possible. »

    Plus prudent encore, Novak Djokovic s’est retranché derrière son « apolitisme » pour ne pas piper mot quant au fond de l’affaire. « Malheureusement, on s’est retrouvés tous les deux attirés dans cette situation, a-t-il déploré, précisant que l’engagement avait été conclu voici plus d’un an pour préparer la saison. C’était une décision tennistique, professionnelle, à l’époque. Maintenant, je suis conscient de ce qui se passe avec l’Arabie saoudite. Quand on voit quelque chose de ce genre, bien entendu, on a un ressenti. Mais je ne peux pas vous en dire davantage. »

    Ayant pour coutume de « rester professionnel et de respecter les gens vis-à-vis desquels [il s’est] engagé », le Joker attend « plus d’informations sur ce qui se passe, afin de pouvoir prendre une décision rationnelle pour savoir s’il convient d’y aller ou pas ».

    Pressions d’Amnesty International

    Autre sport, mêmes interrogations. Amnesty International a pressé, samedi, la Juventus Turin et le Milan AC de boycotter la Supercoupe d’Italie, dont la délocalisation en janvier 2019 à Ryad avait été annoncée en grande pompe en juin par l’Autorité générale du sport saoudien. Une pratique habituelle dans nombre de championnats européens – la France a ainsi disputé son trophée des champions à Shenzhen, en Chine, cette année.

    Selon plusieurs médias italiens, l’accord entre l’Arabie saoudite et la Ligue nationale professionnelle Série A (Lega Serie A) rapportera sept millions d’euros – que se partageront les deux clubs et la Ligue. Après la Libye, la Chine, les Etats-Unis et le Qatar, l’Italie a choisi Ryad pour héberger les éditions 2018-2019 et 2020 de sa « Supercoppa ».

    Cette décision a été regrettée par le dernier ministre des sports italien – l’actuel gouvernement Conte a supprimé le poste –, Luca Lotti (centre gauche). Ce dernier s’est ému sur Facebook de « la nouvelle terrifiante de la mort horrible » du journaliste Khashoggi et a appelé à « empêcher le football italien d’écrire une page sombre » de son histoire.

    « Même avant le meurtre de Jamal Khashoggi, l’Arabie saoudite présentait un épouvantable bilan à propos des droits de l’homme, a rappelé le responsable de la section politique d’Amnesty International au Royaume-Uni, Allan Hogarth. Les grands clubs, comme la Juventus et l’AC Milan, doivent comprendre que leur participation à des événements sportifs dans ce pays pourrait être considérée comme une caution sportive. »

    Levier de communication

    Depuis 2016, le sport est l’un des leviers de communication sur lequel s’appuie l’Arabie saoudite pour essayer de casser son image de pays conservateur. A la suite du prince héritier Mohammed Ben Salman, le pays a multiplié les initiatives – illustrées notamment par l’ouverture des stades de football aux femmes – liées au sport.

    « Toutes ces initiatives visent à augmenter l’influence saoudienne, analyse James Dorsey, chercheur à l’Ecole d’études internationales S. Rajaratnam à Singapour. Ils se servent du sport pour des raisons politiques, et ça a augmenté ces dernières années. »

    Outre le match Nadal-Djokovic, d’ici à la fin de l’année, un combat de catch organisé par la surpuissante WWE (World Wrestling Entertainment), suivi d’une étape du Tour européen de golf doivent se dérouler dans le royaume saoudien. Des engagements sur le long terme – les contrats courent sur plusieurs années – à même d’offrir des retombées positives au pays.

    Les exemples ne manquent pas dans l’histoire de régimes autoritaires utilisant le sport comme levier de communication. Difficile d’offrir une image plus ouverte que celle d’un stade plein acclamant des athlètes du monde entier. La dernière Coupe du monde, en Russie, a ainsi servi au « soft power » de Vladimir Poutine.

    Et quand les dizaines de milliers de supporteurs du stade de Ryad célèbrent Neymar et consorts, le 16 octobre, lors de la délocalisation de la rencontre amicale Brésil-Argentine, « c’est le même mécanisme qui s’opère », estime James Dorsey. Pour lui, les sportifs, Nadal et Djokovic en tête, « ne devraient pas ignorer ce qu’implique de jouer ce jeu, quitte à perdre de l’argent ».

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