Author: Don Kayembe

  • Après le désaveu en Hesse, Angela Merkel cède la présidence de la CDU

    Après le désaveu en Hesse, Angela Merkel cède la présidence de la CDU

    Le parti chrétien-démocrate (CDU) de la chancelière a subi un nouveau revers de taille lors du scrutin régional dans le Land de Hesse le dimanche 28 octobre : il n’a obtenu que 27 % des voix – en baisse de 11 points par rapport à 2013. Le Parti social-démocrate (SPD), qui gouverne avec elle à Berlin, s’effondre lui aussi avec 19,8 % (contre 30,7 % il y a cinq ans). Les Verts réalisent un score historique (19,8 %), tandis que le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) entre au Parlement régional, avec 13,1 %. L’AfD siège désormais dans tous les Länder du pays.

    Après un tel désaveu, Angela Merkel a annoncé ce lundi 29 octobre devant les instances dirigeantes de son parti ne plus être candidate à sa propre succession à la présidence de la CDU lors du prochain congrès, qui se tiendra à Hambourg en décembre, relate Der Spiegel.

    Reste à savoir ce que cela représente pour son mandat de chancelière”, souligne l’hebdomadaire, rappelant qu’elle a toujours estimé que “les deux fonctions devaient être dans une seule main pour pouvoir former un gouvernement stable”.

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  • Budget italien : guerre des nerfs entre Rome et Bruxelles

    Budget italien : guerre des nerfs entre Rome et Bruxelles

    Ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle, mais le gouvernement italien aura tout fait, durant le week-end, pour persuader l’opinion du contraire. Vendredi 26 octobre, l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a maintenu la note de la dette souveraine italienne, mais assorti cette décision d’une « perspective négative ». Autrement dit, sans une sérieuse inflexion politique, l’Italie court le risque d’une dégradation la prochaine fois que l’agence se penchera sur son cas. Tout au plus a-t-elle obtenu un léger sursis lui permettant de rester deux niveaux au-dessus de la zone de « non-investissement ».

    Le président du conseil, Giuseppe Conte, a qualifié cette décision de « correcte », assurant que, bientôt, « les marchés comprendront le bien-fondé de [ces] mesures ». De son côté, son vice-premier ministre, Luigi Di Maio, après avoir constaté que l’Italie n’avait pas été dégradée, a balayé les réserves de S&P et assuré que « le gouvernement ne s’arrêtera pas ».

    Pourtant, une semaine après la décision de Moody’s, qui avait placé la dette italienne sur la dernière marche avant l’enfer des « junk bonds » (obligations pourries), la nouvelle n’a vraiment rien de rassurant. Les explications accompagnant l’annonce sont accablantes : même si les réserves de l’agence s’expriment en des termes mesurés et raisonnables, S&P dresse un véritable réquisitoire contre la politique suivie par le gouvernement Conte, qui « risque d’affaiblir la performance de croissance de l’Italie ».

    Extrême fébrilité sur les marchés

    Le point sur lequel S&P s’avère le plus critique est la volonté de revenir sur la réforme des retraites (loi Fornero) adoptée en 2011. Cette décision « risque d’inverser les effets de la précédente réforme », au point de « menacer, à long terme, la soutenabilité des comptes publics ». Pour finir, l’agence assène que ces choix politiques devraient…

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  • Le Sri Lanka s’enfonce dans la crise politique

    Le Sri Lanka s’enfonce dans la crise politique

    Depuis vendredi 26 octobre, le Sri Lanka a deux premiers ministres et pas de gouvernement. Cette petite île de l’océan Indien s’enfonce dans une crise politique et constitutionnelle depuis la nomination surprise par le président Maithripala Sirisena de l’ancien homme fort du pays, Mahinda Rajapakse. Le premier ministre sortant, Ranil Wickremesinghe, refuse de lui céder sa place et occupait toujours, lundi matin, sa résidence officielle.

    Ce dernier espérait restaurer sa légitimité lors d’un vote de confiance au Parlement, jusqu’à ce que le président sri-lankais lui barre la route en décidant samedi de suspendre toute réunion des 225 députés jusqu’au 16 novembre. Une suspension qui, selon plusieurs analystes, pourrait donner au nouveau premier ministre un temps précieux pour rassembler une majorité.

    Le président du Parlement, Karu Jayasuriya, issu du même parti que le chef du gouvernement sortant, a estimé, dimanche, qu’il ne pouvait pas être remplacé tant qu’un autre candidat ne pouvait justifier d’une majorité parlementaire et a mis en garde contre les « conséquences sérieuses et indésirables » d’une suspension des travaux de la Chambre. Dimanche, des gardes du corps d’un ministre du gouvernement déchu ont tiré sur des partisans du président, faisant un mort et deux blessés.

    « Coup antidémocratique », décision « anticonstitutionnelle » comme le dénoncent les partisans du premier ministre congédié, ou simple « changement politique » dans « l’intérêt du peuple et du pays » comme le soutient le président ? Difficile de trouver une réponse claire dans la Constitution du pays, maintes fois amendée, et dont l’interprétation évolue au gré des circonstances et du pouvoir en place. Cette crise est aussi celle du système politique sri-lankais, à mi-chemin entre régime parlementaire et régime présidentiel.

    L’annonce de la nomination a pris de court le Sri Lanka. Le Parlement n’a pas été consulté…

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  • Gab, le « Twitter d’extrême droite » fréquenté par le terroriste de Pittsburgh

    Gab, le « Twitter d’extrême droite » fréquenté par le terroriste de Pittsburgh

    Robert Bowers, identifié par les autorités comme l’auteur de l’attentat terroriste qui a fait samedi 27 octobre onze morts dans une synagogue de Pittsburgh (Pennsylvanie), avait une vie en ligne très active. Mais il ne fréquentait pas que les réseaux sociaux classiques : il était également présent sur Gab, un clone de Twitter prisé de l’extrême droite anglophone, sur lequel il avait publié, quelques heures avant d’attaquer la synagogue, plusieurs messages antisémites.

    Gab est bien connu dans les sphères de « l’alt-right ». Ce réseau social, sur lequel il n’existe quasiment aucune modération, a attiré depuis sa création en 2016 toutes les grandes « stars » de l’extême droite américaine, comme le conspirationniste Alex Jones ou Mike Cernovich. Depuis ce 28 octobre, le site est inaccessible : son hébergeur, Joyent, a annoncé qu’il couperait son accès ce lundi – et PayPal a annoncé qu’il ne fournirait plus ses services au site.

    « Gab est attaqué », écrit le site dans un communiqué sur sa page d’accueil. « Nous avons été systématiquement bloqués sur les magasins d’applications, par les hébergeurs, et des services de paiement. Nous avons été diffamés par la presse parce que nous défendons la liberté d’expression et la liberté individuelle », affirme le site, qui accueille aussi de nombreux comptes néo-nazis.

    Lire aussi :   Que sait-on de Robert Bowers, le suspect de la fusillade dans la synagogue de Pittsburgh ?

    Un réseau social riche mais pas si actif

    Ces derniers mois, le site avait déjà connu d’importants problèmes. Début août, Microsoft avait menacé de couper son accès à Azure, une infrastructure technique de l’entreprise utilisée par Gab. Microsoft demandait le retrait de plusieurs messages antisémites qui appelaient à la violence, pour lesquels une plainte avait été déposée. L’auteur des messages les a finalement supprimés, mais l’affaire avait montré la fragilité technique et juridique du réseau social. Andrew Torba, son créateur, avait mis à profit la situation pour demander à ses utilisateurs de participer au financement de l’entreprise, pour que Gab puisse « devenir l’anti-Silicon Valley » et « construire immédiatement sa propre infrastructure ».

    Car ce qui distingue Gab de la plupart des autres plateformes de l’extrême droite américaine, c’est sa relative santé financière. Alors qu’une bonne dizaine d’autres réseaux sociaux « alternatifs » ont fermé faute d’argent ou d’utilisateurs (PewTube, Wrongthink, Hatreon…), Gab a, en théorie, de solides réserves d’argent.

    Levées de fonds

    Le site revendique plus de 2 000 utilisateurs de sa version « pro », assez selon le site pour couvrir ses frais de fonctionnement. Et surtout, le site a levé des sommes importantes en recourant à plusieurs outils de levée de fonds. Après la manifestation de Charlottesville, il y a un an, le site avait levé 500 000 dollars en financement participatif, portant son trésor de guerre à un million de dollars. En début d’année, il a annoncé une levée de fonds par cryptomonnaies (Initial Coin Offering, ICO), et affirme avoir déjà plus de 5 millions de dollars d’actions réservées, sur un total espéré de dix millions.

    Pourtant, si Gab est à l’abri du besoin, il plafonne à quelques centaines de milliers d’utilisateurs, et les messages les plus populaires sur la plateforme ne cumulent qu’une poignée de commentaires et de partages. A l’exception du conspirationniste Alex Jones, les « stars » de Gab n’y sont pas franchement actives. La personnalité de l’alt-right Milo Yiannopoulos, banni de Twitter, n’y publie que très rarement. Mike Cernovich en est absent depuis un an. « Gab a parfois des allures de ville fantôme », résumait dans un article récent le site spécialisé Wired.

    Lire aussi :   Gab, Hatreon, PewTube… les réseaux sociaux d’extrême droite américains sont en difficulté

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  • Silence pour « la maison des sons » du compositeur Pierre Henry

    Silence pour « la maison des sons » du compositeur Pierre Henry

    Vue de l’extérieur, la grande maison sise au 32, rue de Toul, dans le 12e arrondissement de Paris, ne se distingue guère des autres bâtisses érigées dans le quartier au début du XXe siècle. Pourtant, au-dessus de la sonnette, à gauche d’un portail noir, une petite plaque prend aujourd’hui une valeur historique : « SON-RE Pierre Henry ». Quinze mois après la mort du compositeur (le 5 juillet 2017, à l’âge de 89 ans), elle constitue toujours la seule indication du lieu qui fut à la fois sa demeure et son studio (« SON-RE » signifiant « son et recherche électro-acoustique »).

    Une plaque nullement commémorative, comme on en trouve à Paris pour perpétuer le séjour d’un artiste de renom ; juste une adresse pour La Poste. Enfin, plus pour longtemps. Dans la cour et dans la maison, les cartons sont légion. Le 31 octobre, Isabelle ­Warnier – veuve de Pierre Henry – rendra les clés de la demeure louée depuis 1971. Ensuite, le bâtiment sera sans doute rasé pour faire place à un immeuble.

    Déco très spéciale

    Partout, on s’active. Bernadette Mangin, l’assistante musicale de Pierre Henry pendant trente-cinq ans, a aménagé la bibliothèque en bureau de la dernière heure. Près d’elle, une jeune femme dresse un inventaire sur ordinateur. Ailleurs, d’autres auxiliaires du déménagement emballent les créations plastiques du compositeur, ces tableaux hétérogènes à la Arman confectionnés avec diverses pièces, liées ou non à la musique.

    Quelques vestiges de cette déco très spéciale subsistent dans l’escalier (collage avec les différents membres de la famille de Pierre Schaeffer, l’inventeur de la musique concrète), sur un mur (chaussons utilisés par Isabelle Warnier, du temps où elle dansait dans la compagnie de Janine Charrat) ou sur un plafond (affiches de concerts). Et, témoignage plus précieux encore de sa frénésie créatrice, la sonothèque du musicien trône toujours dans plusieurs pièces, en attendant son transfert à…

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  • La diplomatie par le sport de l’Arabie saoudite à l’épreuve du meurtre de Jamal Khashoggi

    La diplomatie par le sport de l’Arabie saoudite à l’épreuve du meurtre de Jamal Khashoggi

    Ils sont venus à Paris ferrailler pour le trône de numéro 1 mondial. Mais c’est au sujet d’un autre royaume que Rafael Nadal et Novak Djokovic ont été tenus de s’expliquer, dimanche 28 octobre. Avant l’ouverture du Masters 1 000 de Paris-Bercy, les numéros 1 et 2 mondiaux du tennis masculin ont répondu – pour le moins gênés – à des questions portant sur leur participation à une rencontre d’exhibition programmée pour la fin décembre à Djedda, en Arabie saoudite.

    En cette période de vacance du circuit mondial, ce type de matchs dans des pays prêts à y mettre le prix est monnaie courante. Et les meilleurs joueurs du monde n’hésitent pas à courir le cachet durant l’intersaison. Ces dernières années, Nadal et Federer ont ainsi disputé des rencontres promouvant le modeste mais lucratif tournoi de Doha – sur un tapis volant – offrant à l’organisateur qatari de jolis clichés promotionnels.

    Au moment où il a été signé, le contrat liant Nadal, Djokovic et le royaume saoudien n’avait pas l’odeur de soufre qu’il véhicule aujourd’hui. C’était avant le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi dans l’enceinte du consulat saoudien d’Istanbul. Selon des responsables turcs, cet opposant a été victime d’un meurtre soigneusement planifié et perpétré par une équipe d’agents venus de Ryad.

    Lire aussi :   De la disparition à la crise diplomatique : l’affaire Khashoggi en quatre dates

    Le 7 octobre, quelques jours après la disparition de Jamal Khashoggi et alors que des rumeurs commençaient à lier celle-ci à l’Arabie saoudite, Rafael Nadal et Novak Djokovic ont chacun publié un tweet promotionnel – chose courante dans ce genre de contrat – vantant le pays.

    « On est en train d’évaluer la situation »

    Conscients de l’image que renverrait la tenue d’une telle rencontre dans la ville royale de Djedda, les agents des joueurs s’activent désormais en coulisse pour tenter de rétropédaler. Mais le contrat – il est question d’un million de dollars par joueur – étant directement signé avec l’Autorité générale du sport saoudien, l’affaire est ardue.

    D’où un difficile exercice d’équilibriste. « Quand ce type de choses se produit, c’est catastrophique, c’est terrible. Un journaliste a perdu la vie. Et je sais que des choses horribles se sont passées à l’intérieur de ce consulat, a reconnu Rafael Nadal. Donc on est en train d’évaluer la situation et on espère que les choses vont s’éclaircir le plus vite possible. »

    Plus prudent encore, Novak Djokovic s’est retranché derrière son « apolitisme » pour ne pas piper mot quant au fond de l’affaire. « Malheureusement, on s’est retrouvés tous les deux attirés dans cette situation, a-t-il déploré, précisant que l’engagement avait été conclu voici plus d’un an pour préparer la saison. C’était une décision tennistique, professionnelle, à l’époque. Maintenant, je suis conscient de ce qui se passe avec l’Arabie saoudite. Quand on voit quelque chose de ce genre, bien entendu, on a un ressenti. Mais je ne peux pas vous en dire davantage. »

    Ayant pour coutume de « rester professionnel et de respecter les gens vis-à-vis desquels [il s’est] engagé », le Joker attend « plus d’informations sur ce qui se passe, afin de pouvoir prendre une décision rationnelle pour savoir s’il convient d’y aller ou pas ».

    Pressions d’Amnesty International

    Autre sport, mêmes interrogations. Amnesty International a pressé, samedi, la Juventus Turin et le Milan AC de boycotter la Supercoupe d’Italie, dont la délocalisation en janvier 2019 à Ryad avait été annoncée en grande pompe en juin par l’Autorité générale du sport saoudien. Une pratique habituelle dans nombre de championnats européens – la France a ainsi disputé son trophée des champions à Shenzhen, en Chine, cette année.

    Selon plusieurs médias italiens, l’accord entre l’Arabie saoudite et la Ligue nationale professionnelle Série A (Lega Serie A) rapportera sept millions d’euros – que se partageront les deux clubs et la Ligue. Après la Libye, la Chine, les Etats-Unis et le Qatar, l’Italie a choisi Ryad pour héberger les éditions 2018-2019 et 2020 de sa « Supercoppa ».

    Cette décision a été regrettée par le dernier ministre des sports italien – l’actuel gouvernement Conte a supprimé le poste –, Luca Lotti (centre gauche). Ce dernier s’est ému sur Facebook de « la nouvelle terrifiante de la mort horrible » du journaliste Khashoggi et a appelé à « empêcher le football italien d’écrire une page sombre » de son histoire.

    « Même avant le meurtre de Jamal Khashoggi, l’Arabie saoudite présentait un épouvantable bilan à propos des droits de l’homme, a rappelé le responsable de la section politique d’Amnesty International au Royaume-Uni, Allan Hogarth. Les grands clubs, comme la Juventus et l’AC Milan, doivent comprendre que leur participation à des événements sportifs dans ce pays pourrait être considérée comme une caution sportive. »

    Levier de communication

    Depuis 2016, le sport est l’un des leviers de communication sur lequel s’appuie l’Arabie saoudite pour essayer de casser son image de pays conservateur. A la suite du prince héritier Mohammed Ben Salman, le pays a multiplié les initiatives – illustrées notamment par l’ouverture des stades de football aux femmes – liées au sport.

    « Toutes ces initiatives visent à augmenter l’influence saoudienne, analyse James Dorsey, chercheur à l’Ecole d’études internationales S. Rajaratnam à Singapour. Ils se servent du sport pour des raisons politiques, et ça a augmenté ces dernières années. »

    Outre le match Nadal-Djokovic, d’ici à la fin de l’année, un combat de catch organisé par la surpuissante WWE (World Wrestling Entertainment), suivi d’une étape du Tour européen de golf doivent se dérouler dans le royaume saoudien. Des engagements sur le long terme – les contrats courent sur plusieurs années – à même d’offrir des retombées positives au pays.

    Les exemples ne manquent pas dans l’histoire de régimes autoritaires utilisant le sport comme levier de communication. Difficile d’offrir une image plus ouverte que celle d’un stade plein acclamant des athlètes du monde entier. La dernière Coupe du monde, en Russie, a ainsi servi au « soft power » de Vladimir Poutine.

    Et quand les dizaines de milliers de supporteurs du stade de Ryad célèbrent Neymar et consorts, le 16 octobre, lors de la délocalisation de la rencontre amicale Brésil-Argentine, « c’est le même mécanisme qui s’opère », estime James Dorsey. Pour lui, les sportifs, Nadal et Djokovic en tête, « ne devraient pas ignorer ce qu’implique de jouer ce jeu, quitte à perdre de l’argent ».

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  • Plus de 3000 participants pour la première édition du Monde Festival à Montréal

    Plus de 3000 participants pour la première édition du Monde Festival à Montréal

    Faire dialoguer Français et Québécois à propos de quelques-unes des thématiques qui animent le débat public des deux côtés de l’Atlantique ; confronter les points de vue : tel était l’objectif du premier Monde Festival Montréal organisé conjointement par Le Monde et Le Devoir. Pari réussi : vendredi 26 octobre, donc en une journée, plus de 3 000 personnes ont rempli deux salles du splendide Musée des beaux-arts, pour assister à une dizaine de tables rondes portant sur des sujets comme la laïcité, le féminisme, les musées, l’intelligence artificielle, le passé colonial, l’exception culturelle, le climat, l’éducation. Les discussions ont été denses et joyeuses. Parfois âpres.

    Consensuels, les Québécois ? « Nous aussi on s’engueule ! », revendique une festivalière de 47 ans. Lors de la première table ronde de la journée, consacrée aux réformes sociétales, l’ex-ministre Christiane Taubira a d’ailleurs démontré qu’au niveau institutionnel, le « dissensus français » est aussi très québécois : la loi sur le mariage pour les couples de même sexe a été adoptée ici par 158 voix contre 133 en 2005, et en France par 331 voix contre 225 en 2013. Seule différence notable : les opposants au projet de loi ne sont pas descendus dans la rue. « On ne peut pas manifester au Québec, il fait trop froid pendant six mois de l’année ! Que pensez-vous de cet aspect météo du débat ? », se risque un homme dans le public, faisant éclater de rire l’ancienne garde des sceaux. Elle aussi assure le spectacle avec son sens de la formule : « Mon utérus n’a rien à voir avec mes choix politiques ! » Le public montréalais n’est pas en reste quand il s’agit d’applaudir ou de désapprouver les interventions.

    Différences culturelles

    A la sortie de la magnifique salle Bourgie du musée, les festivaliers échangent leurs impressions. Maxime, qui cherche un emploi après avoir terminé ses études de communication, a la double-nationalité franco-québécoise : « Je trouve ça fascinant de voir comment nos différences culturelles se traduisent dans la politique. » La longue file d’attente qui serpente avant le débat sur la laïcité démontre qu’il n’est pas le seul.

    Maryse, la soixantaine, « fervente lectrice du Devoir », sort de la table ronde sur « le féminisme après #metoo. » « #moiaussi ! », nous reprend-elle. Ici, on ne rigole pas avec les anglicismes. « Les Français se battent moins que les Québécois pour leur langue », résume Claudine Lepage, la sénatrice représentant les Français établis hors de France, lors de la table ronde consacrée à l’exception culturelle francophone.

    Autre différence apparue lors du débat « A quoi ça sert un musée ? » opposant l’hôte de ces lieux, Nathalie Bondil, la directrice du Musée des beaux-arts, au président du MuCEM de Marseille, Jean-François Chougnet. « Au départ, explique ce dernier, je regardais bizarrement le concept d’“art thérapie” créé par Nathalie. Mais si vous aviez vu la tête de nos collègues français du Louvre quand elle le leur a présenté ! Ça m’a donné envie de m’y intéresser. » Le grain de folie québécois allégerait ainsi la lourdeur des institutions.

    Pas de critique publique du mouvement #metoo au Québec, pas de « tribune Deneuve », allusion à la tribune publiée dans Le Monde en janvier dernier et cosignée par cent femmes défendant « la liberté d’importuner ». Ici, une pétition intitulée « Et maintenant » exhortait au contraire les Québécois à aller plus loin. « Il ne faut pas s’arrêter à : est-ce qu’elle a dit oui ou non ?, expose la jeune Mélanie Lemay, qui a fondé, bien avant #metoo, le mouvement Québec contre les violences sexuelles. Il faut que les jeunes filles puissent se percevoir comme des puissances désirantes. » A quoi Diane Guilbault, la présidente de l’organisme Pour les droits des femmes du Québec, ajoutait : « La tribune Deneuve a beaucoup fait rigoler ici. On se disait ah ben ça, c’est bien la France. »

    Ensemble

    Certains sujets, comme le climat, n’ont pas fait débat. « L’accord de Paris, s’il était respecté, nous conduirait à une augmentation de la température de trois degrés. Même pas le minimum vital pour garantir la survie de l’humanité », alertait Delphine Batho, ancienne ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie et aujourd’hui présidente de Génération écologie. « Peut-on faire confiance au marché pour s’autoréguler ? » s’interrogeait François Delorme, professeur à l’université de Sherbrooke et expert du GIEC, avant de conclure : « On est sur un bateau en fin de croisière, avec des gens sur le pont qui boivent du champagne. Le capitaine du bateau voit le glacier dans lequel on se dirige. C’est lui, le garant du bien commun. Si le capitaine ne fait pas son travail, il faut changer de capitaine, faire pression sur lui, ou descendre dans les bateaux pneumatiques et prendre les choses en main. »

    Marie-Françoise, une festivalière française retraitée, venue rendre visite à des amis québécois, fait la queue pour la conférence sur le passé colonial : « C’est agréable d’être débarrassée du climat sécuritaire qui règne en France. Regardez : il n’y a pas cinquante portiques pour entrer dans la salle ! » Elle est pressée d’entendre l’écrivaine Alice Zeniter et l’historien Benjamin Stora. Ses amis, au contraire, trépignent d’entendre les militants autochtones Michèle Audette et Stanley Vollant, que Marie-Françoise ne connaît pas même de nom. C’est bien là l’une des premières vertus de ce Monde Festival Montréal : faire découvrir, aux uns et aux autres, des grandes voix. Et tirer des fils, de part et d’autre de l’Atlantique, entre deux peuples qui ont, décidément, beaucoup à apprendre l’un de l’autre.

    Sur le Web : www.lemonde.fr/festival/montreal.html

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  • Philharmonie de Paris : l’essence de la comédie musicale

    Philharmonie de Paris : l’essence de la comédie musicale

    Le critique N. T. Binh et le scénographe Pierre Giner soulignent la nature d’un genre qui ne cesse de disparaître et de renaître.

    Par Thomas Sotinel Publié aujourd’hui à 09h57, mis à jour à 12h22

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    De prime abord, le titre qu’a choisi l’écrivain et critique N. T. Binh, commissaire de l’exposition qui a ouvert le 18 octobre à la Philharmonie de Paris, pour célébrer le musical, fait un peu tiquer. En regardant le mur d’affiches qui accueille le visiteur, par exemple. West Side Story, Dancer in the Dark sont des tragédies. La Mélodie du bonheur et Cabaret se concluent sur le triomphe du nazisme… Reste qu’il est à peu près inévitable – à moins de bénéficier d’une santé morale hors du commun – de sortir de meilleure humeur de « Comédies musicales, la joie de vivre du cinéma » qu’on y est entré.

    La débauche d’énergie que déploient les artistes à l’écran et les techniciens (le métier d’opérateur ne devait pas être de tout repos sous la direction de Busby Berkeley), le plaisir d’entendre les ­mélodies de Cole Porter, Leonard Bernstein ou Michel Legrand, de découvrir les dessins des costumes de Cyd Charisse pour Tous en scène (Vincente Minnelli, 1953) sont inévitablement contagieux. N. T. Binh fait remarquer que les seuls moments de bonheur du personnage qu’incarne Björk dans le musical de Lars Von Trier sont ceux où elle chante et danse.

    Sur l’immense écran de 24 mètres de large autour duquel le commissaire et le scénographe Pierre ­Giner ont conçu l’exposition, une séquence vient donner raison au premier. Sur les panneaux centraux du dispositif, on voit Fred Astaire et Ginger Rogers danser Cheek to Cheek (extrait de Top Hat/Le Danseur du dessus, Mark Sandrich, 1935) ; presque insidieusement, viennent se glisser deux autres extraits. L’un de La Ligne verte, de Frank Darabont (1999) : on y voit un condamné à mort (Michael Clarke Duncan) demander comme ultime faveur de voir un film, le premier de sa vie, ce sera Top Hat, et des larmes coulent sur ses joues (un moment insupportable de sentimentalisme dans le film qui devient ici émouvant puisque parfaitement adapté au culte que célèbre l’exposition).

    Parcourir la planète musicale

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  • Primero d’Agosto et Zamalek rois d’Afrique

    Primero d’Agosto et Zamalek rois d’Afrique

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    Les deux clubs ont remporté la Coupe d’Afrique des clubs champions de Hand-Ball.

    Primero d’Agosto chez les Dames et le Zamalek d’Égypte chez les Hommes ont défait respectivement le Petro de Luanda (25-21) et Al Ahly du Caire (27-25) lors de la finale de la 40è édition de la Coupe d’Afrique des clubs champions de Hand-Ball.

    Les deux clubs, déjà tenants des titres se succèdent à eux-mêmes après un tournoi très disputé à Abidjan, la capitale économique ivoirienne.

    Primero d’Agosto de Luanda, quadruple champion d’Afrique s’est retrouvé dans un classico bien connu des férus de Hand-Ball.

    Une finale chez les Dames qui les opposait à leur “éternelles rivales” du Petro de Luanda.

    Le derby entre club angolais a tourné à l’avantage du Primero lors d’une rencontre à suspense marquée par quatre parités 2-2 (5è), 3-3 (7è), 6-6 (13è) et 7-7(14è).

    Le Primero d’Agosto s’est finalement imposé 25-21, raflant ainsi son cinquième titre d’affilée.

    Chez les Hommes, le Zamalek a eu un début de match assez hésitant face à Al Ahly qui a joué sans complexe avec une débauche importante d’énergie.

    Cette stratégie ne sera pas payante puisqu’en seconde période, les joueurs trop épuisés n’ont pas pu faire face au retour du Zamalek qui remporte le gain de la rencontre.

    Le club du Caire décroche son septième titre continental (27-25) au terme d’une finale âprement disputée de bout en bout.

    A lire aussi : Can Hand Ball: le Gabon s’offre une victoire en ouverture

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  • Exposition : Julian Schnabel à Orsay, la recherche du spectaculaire

    Exposition : Julian Schnabel à Orsay, la recherche du spectaculaire

    Correspondances était le nom de code baudelairien d’expositions qui confrontaient des artistes vivants aux collections du Musée d’Orsay. Le principe avait été établi par Serge Lemoine, qui dirigea l’établissement de 2001 à 2008. Annette Messager, Ellsworth Kelly, Pierre Soulages, Bertrand Lavier ou Christian Boltanski furent de ses invités. Fâcheusement abandonné par son successeur, ce bon usage est aujourd’hui restauré par Laurence des Cars, directrice d’Orsay depuis 2017, et c’est une heureuse nouvelle.

    Fallait-il néanmoins ouvrir cette série avec Julian Schnabel ? Né en 1951 à Brooklyn, l’artiste américain fut une gloire des années 1980. Ses « plate paintings », tableaux hérissés de débris de vaisselles recouverts par d’épaisses touches de couleur, passaient pour une manifestation exemplaire de ce que l’on appelait postmodernisme, du retour à la peinture et même de la résurrection du baroque. On le vit alors dans les lieux où il fallait exposer : les galeries de Mary Boone, Leo Castelli, Yvon Lambert et Bruno Bischofberger, le Stedelijk Museum d’Amsterdam, la Kunsthalle de Düsseldorf, le Centre Pompidou, le CAPC de Bordeaux.

    C’est à l’occasion de la prochaine sortie de son film « At Eternity’s Gate » en France que Julian Schnabel est invité à Orsay

    Puis l’engouement tomba, à la fin de la décennie. Un film sur Jean-Michel Basquiat, sorti en 1996, marqua le début d’une deuxième vie de réalisateur. At Eternity’s Gate, consacré aux derniers jours de Van Gogh, a été projeté pour la première fois à la dernière Mostra de Venise. C’est aussi à l’occasion de la prochaine sortie du film en France que Schnabel est invité à Orsay.

    On aimerait écrire que son exposition annonce brillamment le retour de l’art contemporain à Orsay. Mais son principal intérêt est d’expliquer pourquoi le peintre Schnabel a vite lassé : parce qu’il n’allait pas au-delà d’effets visuels ostensiblement étendus à de vastes surfaces. Ses…

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