Author: Don Kayembe

  • Camille Bordas fait son jeune homme

    Camille Bordas fait son jeune homme

    Isidore et les autres, de Camille Bordas, Inculte, 414 p., 19,90 €.

    Sur le plan scolaire, les cinq premiers enfants de la famille Mazal peuvent être considérés comme des surdoués. Ils remplissent des dossiers de candidature en classe prépa quand les enfants de leur âge sont encore au collège. Ils cherchent un nouveau sujet de thèse à peine leur premier doctorat obtenu. Rien ne leur plaît tant, lorsqu’ils sont réunis, que d’organiser une « soirée condescendance ». Quoi de plus drôle, eneffet, que de pointer l’étroitesse d’esprit de ceux qui n’ont jamais lu Aristote, Deleuze et Bourdieu ? Ou de relever les naïvetés et maladresses d’un photographe amateur qui ne connaîtrait pas en détail l’histoire de l’art ? Sûrs de leur bon goût comme de leur intelligence, ils ne doutent pas un instant de leur capacité à réussir leur vie. Aucune difficulté ne devrait leur résister, puisqu’ils ont toutes les clés pour comprendre le monde qui les entoure. Encore faudrait-il, bien sûr, qu’ils y prêtent attention. Le réel, on s’en doute, va se rappeler à eux avec brutalité.

    La satire pourrait s’annoncer féroce. Elle est, sous la plume de Camille Bordas, douce-amère. Comme si l’auteure réévaluait, plutôt qu’elle ne les reniait, des codes et des valeurs qu’elle avait elle-même, un temps, adoptés. Ni anti-intellectualiste ni empreint d’excessifs bons sentiments, Isidore et les autres est tout simplement un roman vivifiant. Un texte en apparence léger, qui ausculte pourtant avec une généreuse lucidité la façon dont chacun des personnages – chacun de nous, aussi bien – organise le passage des livres à la vie, et inversement. Si la culture académique et sa prétention à tout expliquer sont égratignées, la tonalité du roman n’est en rien désenchantée. Le tableau que la jeune romancière (née en 1987) brosse de cette famille d’intellectuels névrosés, mal à l’aise avec les émotions, est suffisamment impressionniste…

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  • Les guerres perdues de Rabih Alameddine

    Les guerres perdues de Rabih Alameddine

    L’Ange de l’histoire (The Angel of History), de Rabih Alameddine, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nicolas Richard, Les Escales, 388 p., 21,90 €.

    A Paris, au printemps 1940, quelques mois avant de se donner la mort, Walter Benjamin rédige ce qui deviendra Sur le concept d’histoire, une suite d’aphorismes parmi lesquels l’emblématique évocation du tableau de Paul Klee, Angelus Novus (1920) : « Il représente un ange (…). Ses yeux sont écarquillés, sa bouche ouverte, ses ailes déployées. C’est à cela que doit ressembler l’ange de l’histoire. Il a le visage tourné vers le passé. Là où nous apparaît une chaîne d’événements, il ne voit, lui, qu’une seule et unique catastrophe, qui ne cesse d’amonceler ruines sur ruines et les jette à ses pieds. »

    Cette vision d’apocalypse semble avoir été écrite pour Rabih Alameddine, né en 1959 et auteur, notamment de Hakawati (Flammarion, 2009), qui pourrait bien s’en être inspiré pour son nouveau roman. Jusqu’au titre de celui-ci, L’Ange de l’histoire, que l’écrivain libano-américain a choisi pour ce récit, hanté par le passé et absolument désespéré, d’une existence placée sous le sceau de la mort, de l’ostracisme et de l’exil.

    L’histoire en question se déroule au cours d’une seule et unique nuit, aux urgences d’un hôpital psychiatrique de San Francisco où s’est rendu Jacob, un poète d’origine yéménite établi en Californie, violemment ébranlé par les dernières et insoutenables images qui lui sont parvenues de son Moyen-Orient natal – en particulier celles d’une enfant syrienne de 3 ans, mortellement blessée et dont les derniers mots – « Je vais tout raconter à Dieu » – l’ont ravagé.

    Pages pudiques

    Plus encore, ce sont les échos d’une autre guerre qui viennent peupler la nuit du poète : l’épidémie de sida dont l’assaut a emporté ses amis, notamment Doc, son grand amour, qu’il ne se…

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  • Denis Soula dans la peau de deux femmes

    Denis Soula dans la peau de deux femmes

    Deux femmes, de Denis Soula, Joëlle Losfeld, 120 p., 12,50 €.

    C’est la chronique de deux vies qui n’ont d’autre choix que de s’accommoder de la mort. L’une a vécu celle de sa fille, l’autre – tireuse d’élite – la donne au quotidien. Deux femmes confronte l’existence à sa fin, histoire de voir ce qu’il en reste lorsque les malheurs s’y empilent. Denis Soula poursuit son exploration de la vie intérieure de personnages féminins, à laquelle Mektoub et Les Frangines (Joëlle Losfeld, 2012 et 2015), ses deux précédents romans, avaient déjà ouvert la voie. Il en confie cette fois les rênes à deux narratrices dont les parcours croisés se heurtent à la même question existentielle : que reste-t-il de bon à vivre lorsqu’on a été traversé par des drames ?

    Un regard littéraire empathique et engagé

    « Je suis en jupe, le vent cingle mes jambes. » Denis Soula change de genre, comme d’autres changent de nom, et écrit l’histoire des femmes comme s’il les était toutes. Deux femmes déploie une écriture que le féminin rend universelle. Un regard littéraire empathique et engagé, qui guide tout autant le propos que la dramaturgie. Les héroïnes de Deux femmes parlent peu, l’auteur prend donc le parti – par une narration aux tonalités de journal intime – de les comprendre de l’intérieur. « La plupart du temps, je reste en tête à tête avec ma peine (…). Je réponds, mais c’est de l’automatique, du congelé. »

    La première narratrice (celle des chapitres impairs) est une mère qui s’accroche à la fille qui lui reste. L’écriture nous transporte dans son quotidien rétréci où résonnent, sans cesse, la perte et « les solitudes » des endeuillés. Pour faire face et « occuper le champ de bataille », l’héroïne s’appuie sur les quelques béquilles qui rendent la vie supportable. Parmi elles, la musique, remède à tout, et la moto – pour…

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  • Exposition : vivacité des arts japonais sous l’ère Meiji

    Exposition : vivacité des arts japonais sous l’ère Meiji

    On le découvre sur une photographie datée du 8 octobre 1873, assis dans un fauteuil Louis XVI en tenue militaire occidentale, pantalon et veste ajustés à galons, raie sur le côté, fine moustache, sabre à la ceinture, un bicorne posé près de lui. C’est l’une des très rares représentations photographiques de l’empereur Mutsuhito (1852-1912), dont le règne, de 1867 à 1912, se traduisit par une transformation tellement radicale du Japon qu’on lui a donné le nom d’ère « Meiji » (« politique de la lumière »). Cette photographie figure en ouverture de l’exposition « Meiji, splendeurs du Japon impérial », présentée au Musée national des arts asiatiques-Guimet, à Paris, à l’occasion des 150 ans du début de cette période. Une époque d’ouverture du pays sans précédent, après deux cent cinquante ans de repli sur soi, qui s’accompagne de bouleversements dans tous les domaines – politique, économique, sociétal, religieux, culturel, artistique.

    « Le Japon devenu empire se dotera d’un Parlement, d’un code civil de droit romain, d’une conscription mettant à bas les reliques de l’antique système des samouraïs, interdira le port du sabre, encouragera l’adoption du costume occidental, s’industrialisera à une vitesse étonnante, changera l’aspect de ses villes… », expose Sophie Makariou, présidente du Musée Guimet et commissaire de l’exposition, avec le conservateur Michel Maucuer. Le pays entend désormais faire rayonner ses talents à travers le monde, et les artistes ont pour mission d’exalter sa puissance créatrice. Un goût pour le « japonisme », alimenté par les récits d’écrivains-voyageurs tel Pierre Loti (1850-1923) et par les industriels collectionneurs comme Emile Guimet (1836-1918) ou Henri Cernuschi (1821-1896), se manifeste alors en Occident.

    Plus de trois cents pièces – porcelaines, céramiques, étoffes, laques, peintures, sculptures, meubles – témoignant de cette virtuosité ont été réunies grâce à de nombreux prêts, une part venant des…

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  • G5 Sahel: des projets de développement et de stabilisation annoncés au Niger

    G5 Sahel: des projets de développement et de stabilisation annoncés au Niger


    Par
    RFI

    Publié le 31-10-2018
    Modifié le 31-10-2018 à 09:54

    Comment stabiliser et développer les régions à risque dans les pays du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) ? Experts, ministres et partenaires au développement se sont penchés sur cette question à Niamey. Des projets de plusieurs milliards de francs CFA verront bientôt le jour dans ces zones.

    La réunion de Niamey a permis aux participants de mieux découvrir l’Alliance Sahel, un groupe de partenaires dédié au développement et composé de 12 membres. « La réunion de ce matin a abouti, affirme Mikailou Sidibé, expert en infrastructures du G5 Sahel. Les ministres ont positivement accueilli le document qui est accepté pour qu’on voit les résultats avant la fin de l’année. »

    Pour stabiliser et développer les zones à risque du G5 Sahel, une quarantaine de projets d’une valeur de 90 millions d’euros ont été identifiés. « Il s’agit très concrètement de redonner en quelque sorte aux populations à travers ces projets espoir en l’avenir, explique Jean-Marc Gravellini, le responsable l’Unité de coordination de l’Alliance Sahel. Donc la mission que nous avons avec le G5, c’est de faire en sorte que, d’une manière générale, ces projets puissent s’exécuter rapidement ».

    Principal bailleur de fonds, l’Union européenne travaille activement avec le G5 Sahel dans le cadre de la préparation de la conférence de Nouakchott. « Nous travaillons ensemble pour que la conférence du 6 décembre, qui va avoir lieu en Mauritanie à Nouakchott, soit toute en succès, et à laquelle des projets importants doivent être approuvés pour le besoin des populations, pour la stabilité », assure Angel Losada, envoyé spécial de l’Union européenne au Sahel.

    Plusieurs grands projets transfrontaliers dans le Gourma sont déjà en exécution.

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  • Le Japon de l’ère Meiji expose ses splendeurs à Paris

    Le Japon de l’ère Meiji expose ses splendeurs à Paris

    Portfolio

    LE MONDE |


    • Mis à jour le

    Intitulée « Meiji, splendeurs du Japon impérial (1868-1912) », l’exposition – qui a lieu, jusqu’au 14 janvier 2019, au Musée national des arts asiatiques-Guimet (MNAAG) à Paris – réunit près de 350 objets conservés sous et depuis le règne de l’empereur Mutsuhito. Un choix de pièces d’orfèvrerie, de textiles, de peintures, de céramiques et de photographies révèle la richesse et la diversité de la création artistique à cette période, qui s’étend sur une durée de quarnate-quatre ans. En voici un aperçu en images commentées par Michel Maucuer, conservateur à la section Japon du Musée national des arts asiatiques-Guimet (MNAAG).

    Lire la critique (en édition abonnés) : Vivacité des arts japonais sous l’ère Meiji

    Chargement en cours…

    Uchida Kuichi (1844-1875) : « Mutsuhito, l’empereur Meiji » ‒ épreuve sur papier albuminé, colorée ‒ Japon, 8 octobre 1873

    « Ce portrait est connu à titre posthume sous le nom de Meiji. C’est une rare photographie officielle de l’empereur ‒ qui a accédé au trône en 1867, à l’âge de 15 ans ‒ , bien sûr orchestrée et mise en scène : il pose vêtu d’un costume militaire occidental. Cela signifie la fin du pouvoir des “shoguns”. L’uniforme est ici le signe de la modernité. »


    RMN-GP (MNAAG, PARIS)

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  • Abdellatif Kechiche visé par une plainte pour agression sexuelle : une enquête ouverte

    Abdellatif Kechiche visé par une plainte pour agression sexuelle : une enquête ouverte

    Les faits se seraient déroulés dans la nuit du 23 au 24 juin. Ils font désormais l’objet d’une enquête pour agression sexuelle ouverte contre le réalisateur français Abdellatif Kechiche. Confirmant une information publiée mardi 31 octobre par BFM-TV, une source proche du dossier a indiqué au Monde qu’à la suite d’une plainte déposée le 6 octobre contre le réalisateur, « une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris du chef d’agression sexuelle ».

    D’après les informations de BFM-TV, la plainte en question a été déposée par une actrice de 29 ans qui affirme avoir été agressée sexuellement alors qu’elle s’était endormie, dans un appartement du 20e arrondissement de Paris où elle avait dîné plus tôt dans la soirée avec Abdellatif Kechiche et l’un de ses amis. C’est en se réveillant qu’elle dit avoir vu que son pantalon était ouvert et qu’elle subissait des attouchements de la part du réalisateur.

    L’avocat d’Abdellatif Kechiche, Palme d’or en 2013 pour La vie d’Adèle, a déclaré à BFM-TV que ce dernier contestait « catégoriquement la véracité de ces accusations ». L’enquête a été confiée au deuxième district de police judiciaire (DPJ), qui couvre le Nord et l’Est de Paris.

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  • Elections en RDC: un sondage favorable à Félix Tshisekedi

    Elections en RDC: un sondage favorable à Félix Tshisekedi


    Par
    RFI

    Publié le 31-10-2018
    Modifié le 31-10-2018 à 07:36

    Le Bureau d’études, de recherches et de consulting international (BERCI) et le Groupe d’études sur le Congo, de l’Université de New York, ont publié mardi 30 octobre un nouveau sondage sur les élections prévues en RDC, le 23 décembre prochain.

    Le sondage a été réalisé du 29 septembre au 15 octobre sur un échantillon de 1179 personnes âgées de 18 ans et plus et réparties dans les 26 provinces du pays. Soit après la publication de la liste des 21 candidats admis à concourir pour la présidentielle. Pour les auteurs du rapport, cette publication « a bouleversé la scène politique congolaise » au profit de Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe.

    Moise Katumbi et Jean-Pierre Bemba restent en tête dans la liste des personnalités politiques les plus populaires, selon ce sondage, et une large majorité de personnes interrogées désapprouvent l’invalidation de leurs candidatures. Mais ces deux poids lourds écartés, c’est désormais Félix Tshisekedi qui arriverait en tête des intentions de vote : 36% avec une progression dans l’ouest et le sud-est de la RDC, selon cette enquête d’opinion.

    Il est suivi de Vital Kamerhe à 17%, qui consoliderait sa position dans les Kivus et la Province orientale. Le candidat choisi par Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadari arriverait 3e avec 16% des intentions de vote devant Martin Fayulu et Freddy Matungulu.

    Dans ce sondage, 76 % des personnes interrogées disent avoir « une bonne opinion » de l’opposition et presque autant – 70 % – se disent favorables à une candidature unique pour cette opposition, soit 13 % de plus qu’en juillet. A en croire ce sondage en revanche, et malgré sa décision de ne pas se représenter, le président Kabila voit sa cote de popularité baisser : 18 % d’opinions favorables contre 21 % en juillet dernier : 57 % des sondés n’approuveraient pas le choix d’Emmanuel Ramazani Shadary comme candidat, selon cette enquête.

    Pour ce qui concerne les législatives, le sondage note là aussi une progression de l’UDPS au détriment notamment du MLC de Jean-Pierre Bemba. Cela pourrait s’expliquer « par le désenchantement de la population qui après avoir été enthousiasmée » par l’acquittement de Jean-Pierre Bemba, « a été déçue par l’invalidation » de sa candidature, analysent les auteurs du sondage.

    Méfiance vis-à-vis du processus électoral

    Au-delà des intentions de vote, il en ressort une grande méfiance vis-à-vis du processus électoral, notamment vis-à-vis de la commission électorale. Elle persiste au fil des sondages : 64 % des personnes interrogées ne croient pas en la capacité de cette commission à « organiser des élections libres et transparentes ». Quant à son président Corneille Nangaa, sa cote de popularité a considérablement chuté, selon ce sondage : 74 % d’opinion défavorable contre 38 % il y a deux ans.

    Objet de doutes également : la machine à voter. Sept personnes interrogées sur dix ne souhaitent pas qu’elle soit utilisée. Presque autant de personnes interrogées souhaiteraient une révision du fichier électoral pour corriger ses irrégularités et notamment la question des personnes enrôlées sans empreintes.

    Pour autant, les deux tiers des sondés ne sont pas favorables à un report du scrutin. Ils se disent en revanche prêts à 56 % à participer à une manifestation si les élections sont « retardées » ou « truquées ». C’est 17 % de plus qu’en juillet.

    Des sondés qui dans leur majorité ne font pas confiance aux cours et tribunaux pour trancher d’éventuels litiges issus des élections. Une méfiance vis-à-vis du processus électoral qui hypothèque leur vision du futur de la RDC : six sondés sur dix se déclarent pessimistes pour l’avenir du pays pour les cinq prochaines années.

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  • Nigeria: affrontements à Abuja entre manifestants chiites et forces de l’ordre

    Nigeria: affrontements à Abuja entre manifestants chiites et forces de l’ordre


    Par
    RFI

    Publié le 31-10-2018
    Modifié le 31-10-2018 à 05:30

    La police nigériane est en alerte rouge suite aux heurts entre manifestants chiites et  forces de l’ordre. Depuis ce week-end, au moins 6 personnes ont été tuées par des tirs à balles réelles dans la banlieue d’Abuja. Et mardi, la capitale fédérale a connu épisode de confrontations violentes. Cette fois c’était à Wuse 2, un quartier à la fois commercial et résidentiel au cœur d’Abuja. La police nigériane déclare avoir arrêté 400 suspects notamment présumés lanceurs de pierre ou porteurs de cocktail Molotov. Ces 400 suspects et les autres manifestants se réclament du Mouvement islamique du Nigeria. Ils exigent la libération de leur leader Ibrahim Zakzaky, en détention depuis près de 3 ans, et ce malgré une décision d’un tribunal fédéral ordonnant sa libération.
     

    Selon Jimoh Moshood le porte-parole de la police nigériane, les 400 suspects arrêtés mardi devraient être poursuivis pour actes de terrorisme. La plupart d’entre eux ont été interpellés, toujours d’après la police, suite à des actes de violence présumés : jets de pierre contre des agents ou des véhicules, transport de bouteilles en plastique remplies de carburant.

    D’ailleurs, ces arrestations ont été menées en majorité par des policiers. L’armée nigériane n’est plus en première ligne depuis hier dans la gestion de ces marches organisées par les chiites. L’armée a déclaré avoir tué trois manifestants samedi dernier et trois autres lundi. Elle invoque la légitime défense de soldats « face aux armes à feu et aux cocktails Molotov, maniés par des membres de l’organisation chiite ».

    Le Mouvement islamique du Nigeria dément toujours cette version officielle. Son porte-parole Ibrahim Musa assure que les soldats avaient tiré sur des manifestants pacifiques. Selon lui, 21 personnes, membres ou proches de son mouvement, ont perdu la vie durant la seule journée de lundi.

    En qualifiant de terroristes les suspects se réclamant de cette organisation chiite, le gouvernement fédéral confirme ainsi qu’il n’entend pas dialoguer avec le Mouvement islamique du Nigeria.

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  • Guinée: le chef de l’opposition Cellou Dalein Diallo empêché de manifester

    Guinée: le chef de l’opposition Cellou Dalein Diallo empêché de manifester


    Par
    RFI

    Publié le 31-10-2018
    Modifié le 31-10-2018 à 04:54

    C’est une journée mouvementée que le chef de l’opposition guinéenne a passée mardi 30 octobre. Les forces de police ont investi les alentours de son domicile dans le quartier de Dixinn, proche de la banlieue de Conakry, pour l’empêcher, lui et ses camarades de l’opposition, de prendre la tête d’un cortège pour une marche non autorisée par les autorités guinéennes.

    Un dispositif sécuritaire compact avait barricadé la résidence du chef de l’opposition Cellou Dalein Diallo pour l’empêcher de rejoindre ses troupes dans la rue.

    Il n’a pas du tout été surpris, explique-t-il : « Je me suis réveillé avec tout le quartier complètement investi par les forces de l’ordre lourdement armées interdisant toute sortie et toute entrée à mon domicile. Ma liberté de mouvement est complètement bridée aujourd’hui, je n’ai pas le droit de sortir. »

    Le chef de l’opposition reproche à Alpha Condé le non-respect, selon lui, des dispositions de la Constitution, notamment les marches. « Les manifestations sont autorisées par la Constitution de la République, mais Alpha (Condé), il s’en fout de la Constitution, il s’en fout des lois, il s’en fout des accords politiques, il s’en fout de la vérité. Il est en train de préparer son 3e mandat par la force. »

    Le chef des unités d’intervention de la police nie avoir confiné le chef de l’opposition, mais plutôt pour assurer sa sécurité à son domicile. « Je voudrais rectifier, ce n’est pas un confinement, a affirmé le colonel Ansoumane Camara, c’est une sécurisation du domicile du chef de file de l’opposition, c’est ce qui justifie le dispositif de ce matin, ce n’est rien d’autre. Plus de 10 ans qu’il est ministre de la République, plus de 3 ans Premier ministre, actuellement député de la République, chef de file de l’opposition, ce n’est pas n’importe qui. »

    Par ailleurs ce mardi, après cette marche avortée de l’opposition, un jeune manifestant a été tué à Conakry lors de heurts avec les forces de l’ordre. En Guinée, le nombre d’opposants tués dans les manifestations politiques est de 98, selon l’opposition et les décomptes de la presse.

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