Author: Don Kayembe

  • Ballon d’or : Platini vote Varane au nom d’une certaine tradition

    Ballon d’or : Platini vote Varane au nom d’une certaine tradition

    Michel Platini a soulevé trois fois le Ballon d’or dans sa carrière de joueur (1983, 1984 et 1985). Ce qui lui accorde une certaine autorité sur la question quand il s’agit de formuler son souhait concernant le vainqueur de l’édition 2018, qui sera désigné le 3 décembre. Et le cœur de l’ancien buteur bat plutôt pour un défenseur : le Français Raphaël Varane (25 ans). « Il y a un seul joueur qui a gagné une Coupe d’Europe et la Coupe du monde, c’est Varane, a plaidé Michel Platini au micro de RMC Info, mardi soir. D’habitude il y a toujours le débat Ronaldo-Messi, mais cette année il n’y en a qu’un qui a gagné tout ça, il s’appelle Varane. »

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    Michel Platini défend ici une certaine tradition du Ballon d’or, celle qui prévalait avant le règne commun de Ronaldo et Messi, vainqueurs des dix dernières éditions. Pour Platini, la question n’est pas de savoir quel est le meilleur joueur du monde, mais bien quel est celui qui a marqué la saison. « Les résultats c’est la seule chose objective, tout le reste c’est du subjectif, estime-t-il. On peut avoir des avis par rapport à Griezmann, Mbappé, Lloris, Modric… Mais le seul qui a tout gagné cette année, c’est Raphaël Varane. »

    Pour rappel, le critère numéro un pour l’attribution du Ballon d’or reste « les performances du joueur et son palmarès sur l’année ». Et le palmarès parle pour Raphaël Varane comme il plaidait pour les deux derniers défenseurs honorés, Fabio Cannavaro en 2006 (champion du monde avec l’Italie) et Matthias Sammer (champion d’Europe avec l’Allemagne).

    Sauf que le trophée créé par le magazine France Football en 1956 a changé de nature ces dernières années. Entre 2010 et 2015, il a fusionné avec le prix du meilleur joueur FIFA. A l’époque, les votes des sélectionneurs et des capitaines des 208 pays membres de la FIFA avaient privé le Néerlandais Wesley Sneijder (vainqueur de la Ligue des champions avec l’Inter Milan et vice-champion du monde avec les Pays-Bas) de la victoire au profit de Lionel Messi.

    Même chose trois ans plus tard. Le Français Franck Ribéry (lauréat de la Ligue des champions avec le Bayern Munich) terminait troisième derrière le duo Ronaldo-Messi. Avec le seul vote des journalistes, Sneijder et Ribéry auraient un Ballon d’or à poser sur leur cheminée.

    Soutenu aussi par Noël Le Graët

    Le retour à la version originelle – avec le seul panel des journalistes – serait-il la chance d’un défenseur comme Raphaël Varane qui ne peut pas mener campagne en enfilant les buts dans les dernières semaines avant le vote ? La question n’était pas d’actualité lors des deux dernières éditions. Fort de sa victoire à l’Euro avec le Portugal en 2016 et d’une nouvelle Ligue des champions avec le Real Madrid, Cristiano Ronaldo était intouchable.

    Raphaël Varane dispose d’un autre soutien de poids en la personne de Noël Le Graët. « Cette année, j’aimerais bien que ce soit lui. Les défenseurs sont rarement récompensés », expliquait le 10 octobre le président de la Fédération française de football. Une façon pour lui, aussi, de ne pas se positionner entre les deux stars offensives des Bleus : Antoine Griezmann et Kylian Mbappé.

    Le premier multiplie les entretiens avec les médias tel un candidat en campagne, le second n’a pas besoin de se raser pour y penser très fort. Dans le même temps, Varane ne semble pas ériger le Ballon d’or en obsession. « C’est une récompense individuelle, nous on joue un sport collectif… Si je ne le gagne pas, ce ne sera pas une déception », disait-il le 5 septembre avant Allemagne-France.

    Depuis, le joueur traverse une période plus délicate, à l’image du Real Madrid, et risque d’être éloigné des terrains jusqu’à la fin novembre en raison d’une blessure aux adducteurs. Dans le même temps, Cristiano Ronado enchaîne enfin les buts avec la Juventus Turin et vient d’accorder un entretien exclusif… à France Football. La parole risque de nouveau de ne pas être du côté de la défense le 3 décembre.

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  • Varengeville, un éden pour les jardins

    Varengeville, un éden pour les jardins

    Les journées des plantes, organisées les 27 et 28 octobre à Varengeville, en Seine-Maritime, se sont accommodées de ce temps si normand qui voit les quatre saisons se succéder… le même jour. Mais la singularité de cet événement (organisé par les bénévoles d’une association varengevillaise) ne résidait pas dans les caprices de la météorologie, mais dans le programme de visites de quatre jardins tout simplement exceptionnels. Dont celui du paysagiste Pascal Cribier, mort en novembre 2015, à qui une exposition rendait hommage dans l’ancienne école, qui accueillait également deux conférences dans l’esprit de ces « Entretiens de Varengeville » qu’il avait lui-même animés.

    Claude Monet est venu y peindre et Georges Braque s’y est tellement plu qu’il y a été enterré dans le cimetière marin qui surplombe la mer. De nombreuses villas sont venues se nicher là, au tournant du XIXe siècle, desservies par le chemin de fer arrivant à Dieppe. La physionomie unique des paysages – le mariage tourmenté de la mer et du ciel avec la blancheur des falaises et toutes les nuances de verts de la végétation – n’a pas eu de mal à attirer Juan Miro ou Victor Brauner, Louis Aragon ou André Breton. C’est dans les vallons de ce « climat » si particulier qu’ont été aménagés ces jardins qui comptent encore aujourd’hui parmi les plus beaux de l’Hexagone.

    Le plus ancien, probablement, est celui du Bois des Moutiers, commandé en 1898 par Guillaume Mallet, un banquier d’origine protestante influencé par la théosophie, une doctrine ésotérique. L’ensemble consitué par le manoir et les parties architecturées du jardin (terrasses, pergola, escalier…) a été dessiné par l’architecte britannique Edwin Lutyens, dans le style « Arts & Crafts », un mouvement artistique né dans l’Angleterre victorienne. La célèbre paysagiste anglaise Gertrud Jekyll y expérimenta pour la première fois en France ses fameuses mixed borders, collections colorées de plantes vivaces et saisonnières.

    Aujourd’hui, les jardins dessinés s’ordonnent autour de la maison et la prolongent, dans une succession de scènes, depuis un jardin blanc jusqu’à une terrasse à la vue saisissante. Une prairie vallonnée et arborée est prolongée par une forêt plantée de manière irrégulière, qui surplombe les fougères rares ou dialogue avec les massifs fleuris spectaculaires, notamment de rhododendrons. Avant l’effet de surprise de la vision de la mer à travers les arbres.

    Autre jardin tout aussi exceptionnel, celui du Vasterival, ancienne propriété du musicien Albert Roussel. Tel qu’on peut le voir aujourd’hui, il est l’aboutissement de cinquante années du travail opiniâtre de Greta Kvaal (1915-2009), que tout le monde appelle encore, à Varengeville comme à la Royal Horticultural Society de Londres, « la princesse Sturdza », du nom de son époux d’origine roumaine. Réussite absolue, plaisir du regard avec ses massifs fleuris quasiment tout au long de l’année, ce jardin, aujourd’hui sous la responsabilité de Didier Willery, se déploie autour d’une longue allée sinueuse engazonnée descendant vers la mer.

    La « Princesse », qui recevait toujours ses visiteurs avec un croc à trois dents à la main en guise de badine, aura enrichi l’art des jardins de son expérience pratique. C’est elle qui a introduit la taille en transparence des arbres et arbustes, ainsi que le mulchage, une technique qui consiste à protéger les plantations du gel avec un tapis de feuilles mortes, de compost et, par exemple, d’aiguilles de pin. Autre avantage de cet usage aujourd’hui largement répandu : permettre la réduction des arrosages, y compris en… Normandie, où il arrive que la sécheresse sévisse.

    Le troisième jardin, celui de l’Etang de l’Aunay, plus confidentiel mais tout aussi spectaculaire, appartient à Jean-Louis Dantec, un ancien marchand d’art haut en couleur tombé amoureux des variétés botaniques rares, qu’il collectionne comme d’autres les vases grecs ou les montres à complication. Ses compositions paysagères colorées mêlent les essences et les massifs floraux dans une débauche de formes et de couleurs époustouflantes. L’automne, tout particulièrement, met en valeur le feuillage des érables du Japon ou les écorces rouge orangé d’arbres à la peau de serpent. La circulation autour des plans d’eau, pourtant parfaitement entretenus, donne l’impression de pénétrer dans une nature un peu sauvage. Un jardin unique, comme son propriétaire.

    Dernier jardin qu’il était exceptionnellement possible de visiter : celui de Pascal Cribier lui-même. C’est trente années de travail de terrassement, d’essouchage, de plantation, d’élagage – surtout d’élagage – qu’il fallut à ce surdoué perfectionniste et à quelques proches amis pour transformer une « valleuse » ingrate et très humide en jardin d’éden. Depuis la baie vitrée panoramique de la maison, la vue porte au loin, vers un petit triangle de mer qui se découvre entre les arbres taillés à cet effet. Le regard du visiteur, ainsi guidé, emprunte celui du jardinier trop tôt disparu.

    Le Bois des Moutiers est ouvert au public du 15 mars au 15 novembre : boisdesmoutiers.com. Le Vasterival est accessible toute l’année (sauf le dimanche et les jours fériés), sur rendez-vous : vasterival.fr. Le jardin de l’Etang de Launay ne se visite qu’exceptionnellement. Le livre de Pascal Cribier, Itinéraires d’un jardinier (Xavier Barral éd.), récemment réédité, est disponible auprès de l’Association des amis de Pascal Cribier.

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  • Gabon: Barro Chambrier reconnaît sa défaite et dénonce «l’achat des consciences»

    Gabon: Barro Chambrier reconnaît sa défaite et dénonce «l’achat des consciences»


    Par
    RFI

    Publié le 31-10-2018
    Modifié le 31-10-2018 à 12:17

    Alexandre Barro Chambrier, un des leaders de l’opposition, donnait une conférence de presse mardi 30 octobre au lendemain de l’annonce des résultats provisoires du second tour des législatives qui confirment la victoire écrasante du Parti démocratique gabonais (PDG) d’Ali Bongo. Alexandre Barro Chambrier a dénoncé des fraudes massives, mais il n’engagera aucun recours contre la victoire au « forceps » de son adversaire du PDG. Le chef de file du parti Rassemblement héritage et modernité (RHM) demande par ailleurs au gouvernement de communiquer sur l’état de santé du président.

    « Le grand perdant de ces élections, c’est la démocratie », a déclaré mardi 30 octobre Alexandre Barro Chambrier. Le chef de file du RHM a donné une conférence de presse au lendemain de l’annonce des résultats provisoires qui confirme la victoire écrasante du PDG, le parti du président Ali Bongo.

    Alexandre Barro Chambrier a reconnu sa défaite dans le 4eme arrondissement de Libreville. Il n’engagera aucun recours pour ne pas perdre de temps. « J’étais l’un des principaux hommes à abattre. Donc tout a été mis en œuvre. C’est un esprit de règlement de comptes. Des moyens considérables ont été mis. Il y a eu une fraude généralisée, sur toute la circonscription, l’achat des consciences, des tentatives de racheter des scrutateurs avec la présence militaire massive. Cela s’est joué à 166 voix. Ils ont atteint leur objectif. Bien leur en fasse », a-t-il dit, amer.

    Cette défaite remet-elle en question son avenir politique ? « Je ne le pense pas, répond-t-il, mais nous verrons. C’est le plan du pouvoir de faire croire qu’une élection biaisée, ça veut dire que c’est la fin de quelqu’un. Mais ce n’est pas cette mascarade d’élection qui coupera notre élan de faire en sorte que nous poursuivions notre combat pour l’alternance politique au Gabon. »

    « C’est toujours la même chanson », rétorque de son côté un responsable du PDG. « Lorsque le pouvoir gagne, c’est toujours à cause de la fraude. Avait-il utilisé la fraude quand il a eu ses deux précédents mandats ? », ironise ce responsable du parti au pouvoir.

    Ali Bongo toujours à Riyad

    Lors de son point presse, Alexandre Barro Chambrier s’est par ailleurs interrogé sur la santé du président Ali Bongo. Selon la présidence gabonaise, le chef de l’Etat est toujours hospitalisé en Arabie saoudite à la suite d’un malaise dû à « une fatigue sévère ».

    « Ali Bongo, comme tout homme, a le droit d’être malade. C’est un malaise ou une maladie. Il est clair que si on n’a pas vu quelqu’un pendant une semaine, c’est qu’il y a quelque chose. Donc il a le droit d’être malade et les Gabonais ont le droit de savoir de quoi il souffre, comment les choses se déroulent. Ils ont le droit d’être informés, d’autant plus qu’il est à l’extérieur. C’est un problème de responsabilité du gouvernement qui malheureusement nous a habitués à fuir ses responsabilités. D’où toutes ces rumeurs parfois désolantes, mais effectivement le gouvernement gagnerait à être transparent, à être sincère et à donner des informations sur les possibilités qu’il puisse revenir au pays remplir les responsabilités qu’il est en devoir d’assumer. »

    Selon le porte-parole du gouvernement, Guy Bertrand Mapangou, « les informations données par la présidence sont fiables d’autant que le médecin personnel du chef de l’Etat se trouve à ses côtés, à l’hôpital du roi Fayçal ». « Le reste n’est que polémique stérile et politicienne », déclare le porte-parole du gouvernement.

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  • Le Salon international du livre d’Alger se met à l’heure chinoise

    Le Salon international du livre d’Alger se met à l’heure chinoise


    Par
    RFI

    Publié le 31-10-2018
    Modifié le 31-10-2018 à 12:10

    En Algérie, le Salon international du livre d’Alger (Sila) a ouvert ses portes mardi 30 octobre. Plus grand événement culturel du pays, le Sila accueille plus d’un millier d’exposants, dont plus de 700 éditeurs étrangers. Et pour cette 23e édition qui se tient jusqu’au 10 novembre au Palais des expositions des Pins maritimes à Alger, le pays à l’honneur est la Chine.

    La Chine et l’Algérie, ce sont 60 ans de relations diplomatiques et plus de 10 milliards de dollars d’échanges commerciaux. Mais il reste difficile d’avoir accès à la culture chinoise dans le pays. Alors sur le stand de la Chine, Sofiane, 32 ans, qui étudie et enseigne la langue chinoise, fait le plein de livres : « On ne peut pas trouver ce genre de produits dans les librairies algériennes. Ce n’est pas possible. Les livres qui existent ici, c’est-à-dire que les Chinois ramènent en Algérie, ce n’est pas assez varié par rapport aux livres qu’on peut trouver en France par exemple. »

    Si les stands les plus prisés restent ceux des livres universitaires, les maisons d’éditions chinoises ont réussi à attirer le public du Sila, notamment grâce aux nombreuses traductions. « Je pense qu’ils sont très curieux, surtout quand ils voient nos publications en langue arabe, confie Olivia, l’une des employées de Jelly Publishing House, une maison d’édition de Pékin. Ils sont très surpris que nous éditions de l’arabe. Ils sont particulièrement intéressés par nos livres illustrés, parce que les parents veulent acheter ces livres illustrés pour leurs jeunes enfants. »

    Plusieurs grands auteurs chinois sont attendus d’ici au 10 novembre, dont Mo Yan, prix Nobel de littérature en 2012.

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  • Singapore Airlines relance les vols très longue distance, avec un Singapour-New York sans escale

    Singapore Airlines relance les vols très longue distance, avec un Singapour-New York sans escale

    Il y a des Américains en short, des Asiatiques avec des enfants en bas âge, mais ce sont surtout des jeunes qui constituent l’essentiel des 123 passagers ayant embarqué mardi 23 octobre à bord du vol Singapore Airlines 022, pour rejoindre directement New York depuis Singapour. Un peu plus de dix jours après son lancement, mardi 10 octobre, la compagnie a confirmé son nouveau record du plus long vol commercial du monde : 16 700 kilomètres et 18 heures et 45 minutes sans escale. Le précédent appartenait à Qatar Airways, qui rallie d’une seule traite Auckland (Nouvelle-Zélande) depuis Doha en 17 heures et 40 minutes.

    Officiellement, « ce n’est pas pour le prestige », fait savoir Mak Swee Wah, vice-président en charge des relations commerciales de Singapore Airlines, que la compagnie a ouvert cette nouvelle route. A l’en croire, c’est uniquement parce que « les clients aimaient cela, car c’est un très bon produit ». Une demi-vérité. Il semble que la compagnie de la ville-Etat a eu du mal à digérer de s’être fait détrôner par sa rivale du Golfe.

    Entre 2004 et 2013, elle a régné sans partage avec sa ligne directe Singapour-New York opérée avec des Airbus A340. Mais la crise économique de 2009 puis la hausse des prix du pétrole ont obligé la compagnie à rendre les armes.

    Pas de classe économique, par précaution

    « Nous avons dû arrêter car ce n’était plus rentable », confirme M. Mak. La pérennité de cette nouvelle destination devra se confirmer sur la durée. De l’aveu même du vice-président de la compagnie, l’ouverture de cette nouvelle ligne « a été planifiée il y a deux ans, alors que le prix du pétrole était au plus bas », autour de 50 dollars le baril. Une époque révolue. Depuis quelques mois, les cours du brut sont repartis à la hausse. En un an, depuis 2017, ils ont augmenté de 40 % et le baril flirte désormais avec les 80 dollars.

    C’est une des raisons pour lesquelles, avant de reprendre ses liaisons…

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  • Le feuilleton. Accrochages

    Le feuilleton. Accrochages

    MOAB. Epopée en 22 chants, de Jean-Yves Jouannais, Grasset, 288 p., 19 €.

    Il y aurait deux façons de définir la matière d’un livre. La première consisterait à dire qu’il est la somme de tous les mots que l’auteur a ordonnés. La seconde, qu’il est la somme de tous les mots que l’auteur a ordonnés. A première vue, n’est-ce pas, la différence entre ces deux conceptions ne crève pas les yeux. Il est vrai qu’on a oublié une petite précision. On a négligé de préciser que, dans le second cas, les mots ordonnés par l’auteur ne sont pas de lui. Ainsi, un livre composé uniquement de citations, un livre fonctionnant sur le collage, entrerait dans la seconde catégorie – tout en étant néanmoins conforme à la définition de la première catégorie. En serait-il moins, pour autant, le livre d’un auteur ? Serait-il moins riche en intentions ? Moins percutant dans ses effets ? Moins cohérent ? L’acte consistant à choisir une phrase – parmi une infinité de phrases – n’est-il pas un geste aussi fort, à sa manière, que l’acte consistant à en forger une ? Avancer que copier c’est créer peut bien sûr être considéré comme un énoncé sujet à caution – mais en ce cas, cela reviendrait à nier un des fonctionnements essentiels de l’art, qui a toujours procédé par citation et montage.

    Prenons deux exemples : Le Bref Eté de l’anarchie, de Hans Magnus Enzensberger (Gallimard, 1975) et Stalingrad : description d’une bataille, d’Alexander Kluge (Gallimard, 1966). Ces deux ouvrages ont pour point commun d’être tous deux composés d’énoncés prélevés ailleurs – mais ils n’en sont pas moins signés d’un nom unique. J’emprunte moi-même ces deux exemples à la postface qu’a écrite Jean-Yves Jouannais à son propre livre, MOAB, exemples qu’il donne afin de signaler non sans une certaine humilité que l’Epopée en 22 chants qu’il nous offre n’est pas sans précédent.

    Donc,…

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  • Au Brésil, inquiétudes face à la hargne de Bolsonaro contre la presse

    Au Brésil, inquiétudes face à la hargne de Bolsonaro contre la presse

    Le soir de sa victoire, il s’est fait le défenseur des libertés. Celle « d’entreprendre, d’aller et venir, d’avoir des opinions politiques ou religieuses et celle d’informer ». Mais les mots volent. Vingt-quatre heures après son discours d’apaisement, Jair Bolsonaro, le candidat victorieux de l’extrême droite brésilienne, a retrouvé, lundi 29 octobre, sa hargne, attaquant ses opposants et menaçant la presse. En particulier, le quotidien Folha de Sao Paulo. « C’en est fini de la Folha de Sao Paulo », a osé le futur chef d’Etat, interrogé sur la chaîne Globo lundi soir.

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    Jair Bolsonaro hait ce quotidien centriste depuis toujours. Cette détestation s’est transformée en rage après la révélation de deux affaires par ses journalistes. L’une sur l’existence d’une employée fictive, depuis licenciée, l’autre sur un possible schéma de financement illégal de sa campagne : des entreprises alliées de M. Bolsonaro auraient souscrit des contrats pour la distribution massive de fausses informations afin de dénigrer le Parti des travailleurs (PT, gauche) et son candidat, Fernando Haddad.

    Qualifié d’entreprise mensongère, la Folha a essuyé diverses attaques de la part du militaire de réserve en campagne électorale. Lors de ses meetings, Jair Bolsonaro promettait notamment « un Brésil sans la Folha de Sao Paulo ». Ses troupes ont accompagné avec zèle ce mouvement. Peu avant le second tour, Luciano Hang, chef d’entreprise adorateur de Jair Bolsonaro, publiait sur Facebook une vidéo recouvrant le quotidien d’excréments en plastique avant de mettre le tout dans une poubelle. La journaliste auteure de l’enquête sur les fausses informations, elle, a reçu des menaces et vit désormais sous protection.

    « Le PT en est toujours resté aux mots »

    « Jair Bolsonaro a eu pendant la campagne une rhétorique extrêmement agressive. Mais nous pensions qu’une fois élu, il adopterait une autre posture, celle d’un chef d’Etat », commente Sergio Davila, directeur exécutif du journal.

    Le quotidien comme le reste de la presse brésilienne font régulièrement l’objet d’attaques, de la part du camp des « bolsonaristes » mais aussi du PT et de ses militants. Le groupe de presse Globo a ainsi récolté le qualificatif de « putschiste » pour avoir pris le parti de destituer la présidente de gauche Dilma Rousseff en 2016. « Mais le PT en est toujours resté aux mots », souligne M. Davila.

    Celui que l’on surnomme le « Trump tropical » prétend, lui, agir pour mettre sa menace à exécution. Il peut, une fois en fonctions, supprimer les sommes versées par l’Etat au quotidien pauliste pour les publicités institutionnelles. La disparition de ces fonds ne devrait pas menacer pas la survie du quotidien. « Notre entreprise est solide », affirme M. Davila. Mais l’attitude du futur chef de l’Etat inquiète. « Qu’attend-il de la presse ? Qu’elle ne publie que des informations en sa faveur ? », s’interroge le directeur du journal. Mardi, l’Abraji, association brésilienne du journalisme d’investigation, s’est dite préoccupée pour la liberté de la presse mais aussi pour la démocratie.

    Lire aussi :   Brésil : quelles sont les marges de manœuvre de Bolsonaro ?

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  • « Wanderlust » : petit bijou psy de la BBC

    « Wanderlust » : petit bijou psy de la BBC

    Netflix à la demande, série

    Toni Collette est une actrice à la virtuosité caméléonesque bien connue. Depuis sa révélation au public, grâce à l’attachant film Muriel’s Wedding (Muriel, 1994), de P. J. Hogan, l’Australienne n’a cessé d’en faire l’éclatante démonstration dans le cadre du cinéma d’auteur (le merveilleux Little Miss Sunshine, 2006, de Jonathan Dayton et Valerie Faris), ou hollywoodien, ainsi qu’à la télévision.

    La série United States of Tara (2009-2011), créée par Diablo Cody et produite par Steven Spielberg, lui donnait l’occasion d’incarner une mère de famille atteinte de troubles de la personnalité qui, au fil de ses crises, devenait une ado de 16 ans, un vétéran du Vietnam, une psychanalyste… Elle y était stupéfiante.

    Une petite ville « lambda »

    Dans Wanderlust (2018), série créée pour la BBC par le dramaturge Nick Payne d’après sa propre pièce du même nom, Toni Colette incarne aussi une psychanalyste – réelle cette fois – exerçant dans une petite ville britannique lambda proche de Manchester.

    Avec son mari professeur, elle constitue un couple aimant, mais qui s’ennuie au lit et décide de se livrer, en toute transparence, à des expérimentations sexuelles extraconjugales. La situation met de l’huile dans les rouages, mais tourne bientôt au vinaigre.

    Aidée par une consœur, elle va mettre au grand jour les ramifications souterraines et réprimées de sa crise identitaire savamment masquée derrière une vie de famille bobo, libérale, voire libertaire : alors que l’épisode 5 la montre face à sa psychothérapeute, le visage de l’actrice australienne passe de la placidité à la colère, du rire aux larmes. Ce talent expressif s’observe encore mieux à la fin de Wanderlust : en quelques secondes, et de manière plus fine, le visage de Toni Collette – qui a ce don et cette grâce d’être à la fois capable de laideur et de beauté – passe par des nuances chromatiques dignes du lever de soleil express dans Daphnis et Chloé, de Maurice Ravel…

    La famille dysfonctionnelle

    Mais, en dehors de ces moments qui la distinguent, la brillante soliste qu’est Toni Collette sait s’intégrer, sans faire de l’ombre, à une distribution d’excellents acteurs qui concourent au succès de cette très attachante série.

    La longue scène de l’avant-dernier épisode, dans le cabinet de la psychothérapeute (elle occupe la quasi-totalité de ses cinquante-six minutes), montre aussi la liberté de conception et de réalisation qu’autorise le genre sériel, qui permet le déplacement du poids et du rythme narratif de façon aussi excentrée qu’excentrique.

    « Wanderlust » pourrait être considérée non pas comme une série, mais comme un long film en six parties

    D’ailleurs, Wanderlust pourrait être considérée non pas comme une série, mais comme un long film en six parties, même si cette appellation est souvent requise, de manière irritante, par des cinéastes qui n’osent pas assumer de mettre les pieds dans le genre de la série télévisée.

    Parfaite telle quelle, même si sa conclusion ouvre le champ à une suite, on souhaite que ce bijou qu’est Wanderlust, variation inspirée sur l’inusable thème de la famille dysfonctionnelle, en reste au stade d’une minisérie, c’est-à-dire sans développement futur. Elle se tient très bien ainsi, en s’en cantonnant à ses six épisodes.

    Wanderlust, série créée par Nick Payne. Avec Toni Collette, Steven Mackintosh, Zawe Ashton, Joe Hurst, Emma D’Arcy, Celeste Dring, Royce Pierreson, William Ash, Jeremy Swift, Anastasia Hille, Sophie Okonedo (GB, 2018, 6 × 55-59 min). www.netflix.com

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  • Figures libres. Vainqueur par chaos

    Figures libres. Vainqueur par chaos

    La Sagesse espiègle, d’Alexandre Jollien, Gallimard, 224 p., 18 €.

    « Quand on philosophe, il faut descendre dans l’antique Chaos et se trouver bien là. » Wittgenstein l’a dit. Alexandre Jollien* le rappelle, mais il transforme la portée de cette proposition. Car la descente, pour lui, ne consiste pas à plonger sous les usages habituels des mots. Son chaos est celui des pulsions, des angoisses, de l’abandon, du mépris de soi. Et « philosopher » ne veut plus dire démontrer ou démonter des échafaudages conceptuels. C’est bien plus : s’extirper des tourments d’un corps atteint, accéder à une forme de sérénité. Bref, devenir sage.

    Mais comment ? En suivant quel chemin ? Au long d’une vingtaine d’années et d’une dizaine de livres, depuis Eloge de la faiblesse (Cerf, 1999) jusqu’à Vivre sans pourquoi (Seuil/L’Iconoclaste, 2015), en passant par Le Philo­sophe nu (Seuil, 2010), ces questions taraudent Alexandre Jollien. Il expérimente, tâtonne, tombe et repart, mettant ses pas dans ceux de Marc Aurèle, de Spinoza, de Nietzsche, de maîtres bouddhistes. Entre autres… Sa singularité : tenter de vivre leurs enseignements, au lieu de se contenter de les lire. Les exercices spirituels, pour lui, ne sont pas un genre littéraire, mais bien un entraînement réel, physique et affectif, une endurance quotidienne. Il désire la sagesse en acte, comme guérison, comme « grande santé », comme salut. Et il ne fait pas semblant.

    Ce qui explique l’attachement de multiples lecteurs. Si étranges en effet que soient ses itinéraires, ses expérimentations, parfois même ses découragements, tous sont marqués au sceau de la sincérité. Celle-ci prend dans son nouveau livre, La Sagesse espiègle, une teinte plus sombre que le titre ne le laisse supposer. Car elle n’est pas très joyeuse, cette descente dans la dépression, le désespoir, l’addiction sexuelle. Le chercheur de sagesse…

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  • Premier roman. Que croire en Irlande ?

    Premier roman. Que croire en Irlande ?

    Rien d’autre sur terre (Nothing on Earth), de Conor O’Callaghan, traduit de l’anglais (Irlande) par Mona de Pracontal, Sabine Wespieser, 272 p., 21 €.

    Une gamine, crasseuse, maigreuse et bien trop belle, débarque un soir chez un prêtre irlandais. Elle vient d’une drôle de famille, logée dans le pavillon-témoin d’un lotissement qui ne sort pas de terre. Ils avaient l’air d’être d’ici, mais comment ça ? En tout cas, maintenant, elle est sans voisins, sans famille, sans rien. Il y avait une mère, qui disparaît, la peut-être jumelle de la mère, qui disparaît aussi, et voilà le père, mettons professeur sans travail, qui vient de disparaître à son tour, juste comme s’ils changeaient de pièce. Disparus comme l’eau, comme l’électricité, comme la nourriture, naturellement et sans laisser de trace. Tout est normalement irréel, et il y a pourtant des bribes de réalité, des bains de soleil, une supérette, un dîner père-fille chez des voisins plus vides que nature, des ouvriers polonais amateurs de heavy metal, maisont-ils existé ? ­Surnage le nom d’un flic, Curtin, qui se confesse à la fin pour demander ou plutôt accorder pardon, comment savoir ? Des détails attestent la vérité de l’ensemble, on aimerait savoir à quoi croire.

    Tache de sang sur le matelas

    Impossible ! Tout ça est un récit de récit, un non-récit de non-récit. Il est, au final, raconté, comme confessé, par le prêtre. Ce prêtre qui n’a pas, qui ne pas, ça non. Lui, non, rien. Heureusement qu’il avait une vraie femme de ménage pour coucher la petite et lui expliquer, à lui curé, qu’elle a ses fleurs, sinon d’où viendrait la tache de sang sur le matelas repérée par les flics ? Mais la femme de ménage est rentrée chez elle au lieu de rester comme prévu. Et la gamine, que les gendarmes ont laissée dormir chez lui, a frappé à la chambre du Père (on frappe beaucoup dans ces maisons), elle a tambouriné, appelé. Comment ouvrirait-il, voyons, lui qui ne pas ?

    Elle…

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