Author: Don Kayembe

  • Polémique sur la gestion d’avoirs libyens en Belgique

    Polémique sur la gestion d’avoirs libyens en Belgique

    Le gouvernement de Charles Michel est de plus en plus embarrassé par les révélations sur le possible financement par la Belgique de milices libyennes, impliquées notamment dans le trafic d’êtres humains. L’affaire, sur laquelle enquête le juge d’instruction bruxellois Michel Claisse depuis plusieurs mois, est liée au dégel de 14,1 milliards d’euros placés sur des comptes en Belgique et bloqués depuis une résolution de mars 2011 du Comité de sanctions des Nations unies.

    Ces montants appartenaient au fonds souverain Libyan Investment Authority (LIA), créé en 2006, lié au colonel Mouammar Kadhafi, tué en octobre 2011, et qui gérait quelque 60 milliards d’actifs. Problème : les autorités belges n’auraient pas bloqué les intérêts et dividendes produits par les montants de ces comptes, soit de 3 à 5 milliards depuis 2012.

    « Au vu de l’instabilité… »

    L’affaire avait démarré à la suite d’un conflit entre le prince Laurent de Belgique et Tripoli. Le frère cadet du roi Philippe voulait récupérer 48 millions d’euros investis dans un projet visant à lutter contre la désertification en Libye. Tripoli avait rompu unilatéralement le contrat signé en 2008. Ce sont les avocats du prince qui ont, au départ, enquêté sur les avoirs gelés en Belgique et mis au jour la disparition de montants importants, ce qui a entraîné l’ouverture de la procédure judiciaire.

    A qui a bénéficié l’argent reparti en Libye avec l’aval de la Belgique ? Plus que probablement au fonds d’investissement LIA. On ignore toutefois à qui les fonds ont été finalement alloués. Les responsables gouvernementaux belges sont muets mais un rapport final des Nations unies, publié en septembre et consacré aux sanctions évoquait, pour sa part, le rôle possible de Bruxelles dans des trafics d’armes destinées à diverses factions actives, notamment, dans la traite de migrants et de prostituées.

    Le rapport estime que « le fait de mettre les intérêts et autres…

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  • La plus grande statue du monde inaugurée en Inde

    La plus grande statue du monde inaugurée en Inde

    La plus grande statue du monde vient d’être inaugurée en Inde. Avec 240 mètres de hauteur en incluant la base et 180 mètres sans, (plus de deux fois la statue de la Liberté), elle dépasse la statue du Bouddha du temple de la Source, dans le Henan, en Chine (128 mètres). Elle se trouve dans l’Etat de Gujarat, en Inde, et représente l’un des pères fondateurs du pays : Vallabhbhai Patel. Ministre de l’intérieur en 1947 dans le premier gouvernement de l’Inde indépendante, Patel était parvenu à unifier le territoire en ralliant des centaines d’Etats princiers à l’Inde. Comme Nehru et Gandhi, il est un des héros nationaux indiens, que l’actuel premier ministre, Narendra Modi, tente ainsi de s’approprier. Ce gigantisme patriotique n’est pas dénué de paradoxes. La statue a, en partie, été fabriquée par une entreprise chinoise…

    Le Monde.fr avec Reuters

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  • Jamal Khashoggi a été étranglé puis « démembré » au consulat saoudien, selon le procureur d’Istanbul

    Jamal Khashoggi a été étranglé puis « démembré » au consulat saoudien, selon le procureur d’Istanbul

    Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été tué par « strangulation » au consulat de son pays à Istanbul, le 2 octobre, a précisé, mercredi, le procureur d’Istanbul.

    Irfan Fidan, confirmant des informations qui avaient déjà fuité dans la presse turque, a ajouté dans un communiqué que les assassins de M. Khashoggi s’étaient débarrassés de son corps après l’avoir « démembré ».

    Lire aussi :   De la disparition à la crise diplomatique : l’affaire Khashoggi en quatre dates

    Le bureau du procureur a, en outre, affirmé que la visite à Istanbul du procureur général saoudien, Sheikh Saud Al-Mojeb, le 30 octobre, dans le cadre de l’enquête, « n’a pas donné de résultat concret ».

    Irfan Fidan a confirmé que l’assassinat du journaliste a été prémédité, ce qu’avait déjà déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan,

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  • Italie. Où nous entraîne le bras de fer du gouvernement avec l’UE ?

    Italie. Où nous entraîne le bras de fer du gouvernement avec l’UE ?

    Publié le

    Les alertes des marchés, de la Commission européenne et des agences de notation se multiplient. Mais le gouvernement populiste italien assure qu’il gardera son cap. Il refuse de revoir son budget, qui prévoit 2,4 % de déficit, soit trois fois plus qu’attendu par Bruxelles.

    Dans un film splendide de Wolfgang Petersen sorti il y a près de vingt ans, En pleine tempête, un groupe de pêcheurs rompus à la navigation sur des mers agitées, après une partie de pêche exceptionnelle, se trouve confronté à un problème technique banal : la machine qui fabrique la glace indispensable pour garder le poisson au frais tombe en panne. Ils doivent alors choisir entre un itinéraire sûr, qui les ramènerait sains et saufs à bon port, mais avec le contenu de leurs filets avarié, et un autre plus rapide, mais dangereux à cause de la tempête qui s’annonce.

    Les marins optent pour le second, et ils finissent par sombrer. Leur expérience de marins habitués aux incertitudes de la mer, leur amour pour leurs familles qui les attendent sur la terre ferme, mais aussi leur simple instinct de survie auraient

    […]

    Marcello Sorgi

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  • Fair-play financier : la croisade du patron de la Liga contre le PSG

    Fair-play financier : la croisade du patron de la Liga contre le PSG

    Javier Tebas est en croisade. Le bouillonnant président de la Liga, la ligue professionnelle de football espagnole, a profité de sa présence à Paris, mardi 30 octobre à l’occasion d’une conférence au Sport Innovation Summit, pour rencontrer plusieurs journaux, dont Le Monde, et poursuivre sa guerre ouverte contre le Paris-Saint-Germain qu’il accuse de tricher avec les règles du fair-play financier.

    « Le fair-play financier (FPF) dit que quand tu triches, tu dois être exclu. Je ne peux rien dire de plus. C’est pour ça qu’on a le FPF », répète-t-il depuis plusieurs mois. Mais il le jure : son combat n’a rien de personnel. « Ce n’est pas moi qui le dit. Mais l’UEFA (Union des associations européennes de football). L’UEFA a déjà ouvert une enquête, a obligé le PSG à vendre des joueurs pour 60 millions d’euros. Une deuxième instance a décidé que ce n’était pas suffisant et qu’il fallait étudier et corriger les contrats de sponsoring comme celui avec QTA [l’office du tourisme du Qatar], qui n’est pas réel. Ils ont dit que les prix des sponsors n’étaient pas corrects. C’est mot par mot ce qu’ils ont écrit»

    L’instance européenne a ouvert une enquête en septembre 2017 sous la pression de plusieurs places fortes du football européen, notamment en Espagne (FC Barcelone, Real Madrid), où a évolué pendant quatre saisons le Brésilien Neymar, avant d’être recruté par Paris contre 222 millions d’euros, un record. Somme à laquelle il fallait ajouter le montage financier – 180 millions d’euros – pour l’acquisition, sous la forme d’un prêt, de Kylian Mbappé. L’enquête de l’ICFC, l’instance chargée du contrôle financier des clubs de l’UEFA, avait dans un premier temps été close en juin, avant d’être rouverte un mois plus tard.

    Lire aussi :   Fair-play financier : le PSG va subir une enquête plus approfondie de l’UEFA

    « Pas une fixation sur le PSG »

    Il régnait comme une ambiance de fronde anti-PSG dans les locaux du Medef, dans le 7e arrondissement à Paris, où se déroulait le Sport Innovation Summit. Le président de l’Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, a fait irruption dans l’auditorium et adressé un petit sourire de connivence, le pouce levé, à son homologue et rival marseillais, Jacques-Henri Eyraud, qui débattait avec Javier Tebas.

    Les oreilles du patron qatari du club parisien, Nasser el-Khelaïfi, ont dû siffler, bien que Javier Tebas assure « ne pas faire une fixation sur le PSG » Il dit avoir « dénoncé Manchester City », qui a dépensé 976 millions d’euros pour constituer son effectif actuel. « Nous regardons ce qui se passe dans d’autres clubs en Europe. Le PSG est le cas le plus flagrant, le plus visible. »

    Javier Tebas opère toutefois une distinction et estime que les deux clubs, ces « parvenus » du ballon rond, l’un détenu depuis 2011 par le fonds Qatar sports Investments (QSI), l’autre par cheikh Mansour d’Abou Dhabi (Emirats arabes unis) depuis 2008, ont un modèle différent : « Le PSG a été plus loin avec des sponsors qui n’en sont pas, comme QTA. Manchester City est plus dans une gestion de groupe », estime l’avocat de formation.

    Selon lui, ces deux « nouveaux riches » sont « sans doute » responsables de l’inflation du prix des transferts qui touche le football européen : « Dans n’importe quel secteur économique, il y a deux type d’inflation : la bonne et la mauvaise. Si les salaires des joueurs, le prix de leur transfert, suivent la courbe des montants des droits TV, c’est normal. L’inflation devient mauvaise quand son origine ne vient pas de l’industrie, du business du football mais du gaz ou du pétrole ! Cela oblige les autres clubs, qui n’ont pas l’appui d’Etats, à augmenter les montants de salaires à cause de l’argent qui n’est pas généré par le secteur. »

    « J’écoute seulement ma femme et pas tout le temps »

    Pis, selon lui, la position de Nasser el-Khelaïfi, à la fois président du PSG et de la chaîne Bein Sports diffuseur de compétitions de l’UEFA dans certains pays, serait le signe d’un conflit d’intérêt : « Les règles de bonne gouvernance et de transparence de toute organisation et entreprise dans le monde détermineraient que nous sommes confrontés à un conflit d’intérêts. »

    En août, en marge du tirage au sort de la Ligue des champions, le patron du PSG lui a intimé en public de cesser ses critiques. « Mais j’écoute seulement ma femme et pas tout le temps », plaisante l’Espagnol.

    Le truculent dirigeant insiste. Il ne défend pas les intérêts des deux grands clubs espagnols, le Real Madrid et le FC Barcelone, et le transfert de Neymar du club catalan vers le PSG à l’été 2017 n’a pas été le déclencheur de sa croisade contre le PSG : « Au mois de mars 2017, cinq mois avant le transfert de Neymar au PSG, j’ai eu une réunion dans mon bureau, à Madrid, avec Nasser [Al-Khelaïfi, président du PSG] et je lui ai dit que j’allais dénoncer ces irrégularités que j’ai évoquées. »

    « En privé, beaucoup de gens me soutiennent »

    Se posant en défenseur de « l’équilibre économique » et de « l’industrie du football en Europe », Javier Tebas dit se « fier » à l’UEFA et au FPF. Mais il prévient : « on verra si je fais encore confiance après les enquêtes. J’aimerais que les procédures aillent plus vite. » Il dit attendre de l’UEFA qu’elle « suive les règles du FPF et que les sanctions soient celles qui correspondent aux règlements. »

    Lire aussi :   Ligue 1 : le PSG découvre l’austérité et fait confiance à son centre de formation

    Le président de la Liga assure que plusieurs clubs, dont la Juventus Turin, se sont ralliés à sa cause. « En privé, beaucoup de gens me soutiennent. En public, moins, se gausse-t-il. C’est dur pour les clubs de l’affirmer publiquement par rapport au système. Mais cela ne me préoccupe pas. Si j’étais seul, je ferais la même chose. »

    Sur tous les fronts, Javier Tebas a toutefois décidé d’un peu lever le pied en cédant son siège au Conseil stratégique du football de l’UEFA. « Je considère que je ne pouvais rien apporter. C’est un organe qui n’a pas la capacité de décision. J’y perdais mon temps », lâche-t-il, hilare, avant de mettre un terme à sa tournée médiatique en France et de reprendre son avion pour mener vers d’autres cieux sa croisade anti-PSG.

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  • Midterms : à Las Vegas, l’âpre combat des militants latinos contre l’abstention

    Midterms : à Las Vegas, l’âpre combat des militants latinos contre l’abstention

    S’il avait voulu mobiliser davantage la communauté latino, Donald Trump ne s’y serait pas pris autrement. Ce mardi matin 30 octobre, à une semaine des élections de mi-mandat, la brigade du Culinary Workers Union, le puissant syndicat des employés de l’hôtellerie à Las Vegas, se prépare à la dernière ligne droite de la campagne. Au local 226, les militants roulent les affiches et plient les brochures qu’ils vont aller distribuer dans les quartiers pour inciter au vote. La plupart ne savent pas encore que, quelques heures plus tôt, le président américain a fait savoir qu’il veut revenir sur le droit du sol, l’un des principes fondamentaux de la citoyenneté américaine.

    Harry Grill, le directeur politique du Culinary Union, annonce les consignes du jour et les performances de la veille : « Cinquante-six déplacements, notre record », lance-t-il sous les vivats – soit cinquante-six trajets effectués par les syndicalistes pour amener des électeurs aux bureaux de vote anticipé, ouverts dans toute la ville pour éviter les files d’attente le 6 novembre. Selon un décompte du 30 octobre, plus de 417 000 électeurs ont déjà voté dans l’Etat, soit un tiers des inscrits. Le nombre de votants enregistrés démocrates dépasse de 28 000 celui des républicains.

    « Frustrations »

    Mais aujourd’hui, Harry Grill a un message supplémentaire à faire passer. « Trump veut faire en sorte que les enfants nés ici ne puissent pas devenir citoyens américains si leurs parents sont arrivés sans papiers, annonce-t-il. C’est une insulte, une injure au rêve américain. » La salle reste silencieuse, incrédule. « Je suis tellement en colère, intervient Yvanna Cancela, 31 ans, qui siège au sénat du Nevada depuis deux ans. Et triste. Ce matin, j’ai pleuré. » Plutôt que se laisser abattre, le directeur de campagne appelle à faire de la menace un argument : « Si ça, ça ne mobilise pas le vote latino, je ne sais pas ce qu’il faut. »

    Tous…

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  • Anniversaire de l’insurrection au Burkina Faso: des marcheurs demandent des comptes

    Anniversaire de l’insurrection au Burkina Faso: des marcheurs demandent des comptes


    Par
    RFI

    Publié le 31-10-2018
    Modifié le 31-10-2018 à 15:05

    Fin octobre 2014, une insurrection populaire chassait l’ex-président Blaise Compaoré du pouvoir. A Ouagadougou, une cérémonie officielle a lieu ce mercredi pour rappeler l’évènement historique. En parallèle, une marche était organisée par plusieurs organisations de la société civile pour faire savoir que les attentes en matière judiciaire ne sont toujours pas satisfaites, quatre ans après la transition au sommet de l’Etat.

    Ils étaient quelques milliers de manifestants dans les rues de la capitale pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une remise en cause des acquis de l’insurrection populaire d’octobre 2014. « Aujourd’hui, il y a des projets de loi qui sont en cours qui essaient de pénaliser le fait de participer à un mouvement insurrectionnel. Un élément comme ça, c’est déjà grave. Parce que c’est grâce à l’insurrection que le MPP [Mouvement du peuple pour le progrès, ndlr] est au pouvoir aujourd’hui », explique un homme venu défiler.

    « Je pense que si les gens se sont insurgés, c’était dans l’espoir d’avoir des meilleures conditions de vie. Regardez, ce qu’on vit aujourd’hui. La situation s’est détériorée », regrette amèrement cet autre manifestant.

    Selon Chrysogone Zougmoré, président du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples, quatre ans après la chute de Blaise Compaoré, ni le traitement judiciaire des dossiers de crimes de sang et crimes économiques, ni les conditions de vie des populations n’ont évolué : « La prise en charge effective totale des blessés : ce point de notre plateforme reste encore largement insatisfait. Les attentes du peuple se sont prolongées d’une année supplémentaire s’agissant des nombreux crimes de sang restés impunis. »

    Les organisateurs de la marche entendent poursuivre la lutte pour un véritable changement en faveur du peuple burkinabè.

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  • « Devil’s Relics », l’intrigante incursion de Maître Gims dans le manga

    « Devil’s Relics », l’intrigante incursion de Maître Gims dans le manga

    « Pour ceux qui me suivent, un rêve de gosse fan de manga est en train de se réaliser… » C’est ainsi que le rappeur Maître Gims a annoncé sur Instagram, en juillet 2017, qu’il se lançait dans la réalisation d’un manga. Une annonce qui, assez tôt, a suscité un brin de suspicion et beaucoup de moqueries. Un nom, Devil’s Relics, et une date de sortie du premier tome, le 31 octobre, ont été précisés quelques mois plus tard.

    Mais l’artiste aux plus de cinq millions d’albums vendus en France en a vu d’autres, lui qui affronte régulièrement des critiques à propos de sa musique trop commerciale ou trop variété pour une partie du rap francophone. « Son assurance insolente agace plus d’un de ses concurrents », décrivait un portrait du Monde d’avril dernier qui lui était consacré.

    Pourtant, c’est avec une certaine humilité que Maître Gims s’est présenté en juillet devant le public de Japan Expo, la grand-messe française du manga, pour défendre son projet. Car s’il est le concepteur de l’idée originale avec son jeune frère Darcy, il a dû s’entourer pour la réaliser.

    Quatre auteurs sur la couverture

    Sur la couverture, deux éditeurs – Glénat et Fayard – et quatre noms : ceux de Gims et de son frère épaulés par l’auteur français Jean-David Morvan, qui a signé notamment les BD Nomad et Sillage, et celui de Yoshiyasu Tamura. Formé dans les écuries de la maison d’édition japonaise Shueisha, celui-ci avait quelque peu délaissé sa carrière de mangaka pour se consacrer à la peinture et enseigner en Italie.

    « Cette idée de manga, je l’avais depuis une quinzaine d’années. Mais Darcy, qui est encore plus fan de manga que moi, m’a permis de reprendre et terminer l’histoire », expliquait Maître Gims au public de Japan Expo. L’idée lui trotte dans la tête pendant ses études de graphisme, lui qui aime le dessin. En parallèle, sa carrière avec le groupe parisien Sexion d’Assaut commence à décoller ; il abandonne l’école et met ce projet de côté « par manque de temps ». C’est à Fayard, qui a édité en 2015 son autobiographie Vise le soleil, que le rappeur trentenaire fait part de son envie de créer un manga. La maison d’édition, qui ne publie pas de manga, contacte Glénat avec qui elle a l’habitude de coéditer certains ouvrages.

    « Nous avons accepté de rencontrer Maître Gims et Darcy en janvier 2017. Ils se sont présentés avec un univers complet et toute une galerie de personnages. Certes, ce n’était pas construit comme un manga, mais nous avons pris conscience qu’il s’agissait d’un projet sérieux, pas d’une tocade », défend Erwan Roux, directeur éditorial adjoint et responsable de la création française en manga chez Glénat. Une décision qui n’est pas anodine : Glénat, l’un des plus gros acteurs du manga en France, est l’éditeur de One Piece et Dragon Ball, des blockbusters de la BD japonaise, et des références sacrées pour les amateurs de manga. Pour autant, elle s’est lancée depuis peu dans le manga made in France. Glénat reconnaît toutefois qu’il est assez rare qu’un projet soit simplement accepté sur un seul concept et sans scénario. Maître Gims aurait-il eu les mêmes chances sans notoriété ? Lui-même évoque cette question en conférence sans y répondre.

    Une ambiance à la « Ken le survivant »

    Pour travailler avec Maître Gims, Glénat fait d’abord appel à Jean-David Morvan pour le scénario. L’auteur, familier du Japon et de l’industrie du manga, recommande pour le dessin M. Tamura, l’une de ses connaissances. Entre les quatre, la sauce prend, explique Maître Gims :

    « Tamura a l’ADN du manga, ce n’est pas mon cas. Il était important qu’un homme comme lui soit dans la boucle. Je lui propose des planches, des dessins, puis lui rajoute sa touche, sa magie. […] Je suis tombé amoureux de son dessin. »

    Lors de la conférence à la Japan Expo, le rappeur a eu à cœur de prouver sa passion ancienne pour le 9e art nippon, avançant les inspirations de Devil’s Relics. « Pour le dessin, c’est comme Vagabond ou L’Habitant de l’infini. Au niveau technique, intrigue et scènes de combat, on se rapproche de Hunter X Hunter », résume-t-il citant des œuvres majeures du manga de samouraï des années 1990 et un shonen nekketsu, manga d’aventures pour adolescents, des plus emblématiques. Pour l’atmosphère, le chanteur décrit « un dessin réaliste, une ambiance comme dans Ken le survivant, où le désespoir est total ».

    En ouvrant le premier tome, les lecteurs font connaissance avec Kaïs, le héros, un jeune homme qui tente de survivre dans un monde dystopique, désolé et inique où le nombre de laissés-pour-compte est grandissant et les autorités corrompues. Extrêmement fort physiquement, le jeune homme gagne quelques billets dans des combats clandestins pour aider sa tante qui l’a élevé, malgré son dégoût pour la violence. Il peut toutefois compter sur l’amitié de son amie Milena et l’admiration du jeune Magnum.

    Une mécanique huilée

    Dès les premières pages, le ton est donné : il s’agit bien d’un manga d’aventures sombre et de combat. Yoshiyasu Tamura exécute un dessin racé et nerveux ; chaque personnage a d’ores et déjà un style et une personnalité distincts. Kaïs est un personnage plutôt froid auquel il est difficile de s’identifier, bien que les auteurs commencent à l’ébrécher et donnent l’espoir de plus de sentiment. Les 190 premières pages visent avant tout à poser un décor, et il faudra attendre le tome 2 pour voir quelles perspectives offre l’histoire, ce qui n’est pas si rare dans le manga.

    Pour atteindre ce résultat et envisager de délivrer trois tomes par an, une mécanique huilée s’est mise en place autour des éditeurs de Glénat. « Pour chaque tome, nous faisons une grosse réunion tous ensemble dans nos locaux qui peut durer plusieurs heures. Darcy et Gims expliquent la trame narrative, et nous les aidons pour que cela colle au style shonen qu’ils veulent insuffler, détaille Erwan Roux. Ensuite, Jean-David Morvan adapte cette trame en script. Une fois que celui-ci est validé par les frères et Glénat, nous traduisons en japonais le script pour ensuite l’envoyer à M. Tamura, qui réalise le dessin avec ses assistants. » Le responsable éditorial assure :

    « Maître Gims et Darcy s’impliquent à n’importe quelle étape pour répondre aux questions, donner des détails sur les décors, les tenues, résoudre des ambiguïtés. »

    Des références aux mangas dans sa musique

    Si la démarche de Maître Gims a pu intriguer les lecteurs de manga, les fans du rappeur n’ont pas forcément été étonnés par ce projet. Celui-ci s’est souvent exprimé sur sa passion pour One Piece ou Naruto, des locomotives du manga qu’il affirmait suivre religieusement, en lisant des copies pirates pour ne pas avoir à attendre une sortie française tardive. A Canal+, il expliquait en 2013 à propos de ces séries :

    « Je m’inspire pas mal des mangas… ça m’inspire tout ça, toute cette folie, ce monde déconnecté. Parce que je suis un peu perché, je suis un geek, quoi. »

    Ça et là, plusieurs de ses titres comportent des références et des clins d’œil aux héros de fiction japonais. Ainsi, Wati Bon Son de Sexion d’Assaut mentionne le village de l’apprenti ninja Naruto : « Paris, c’est Konoha, bande d’imbéciles, voilà les ninjas. » L’un de ses surnoms, Meugiwara, est d’ailleurs à rapprocher de celui du héros de One Piece Luffy Mugiwara.

    L’ancien pilier de la Sexion d’Assaut n’a pas besoin de percer dans le manga pour connaître notoriété et fortune, mais Glénat et Fayard ont décidé de faire de la sortie de Devil’s Relics un gros lancement, à plus de 50 000 exemplaires. Une telle tête d’affiche pourrait aussi garantir de belles ventes, comme cela a été le cas pour l’éditeur novice en manga Michel Lafon avec Ki & Hi, du très populaire youtubeur Kevin Tran. Gageons que, de son côté, Maître Gims appliquera pour le manga sa philosophie en matière de réussite musicale : « Si ça ne marchait pas pour moi, j’aurais vraiment mal vécu les critiques. Mais en fait, là, ça ne m’atteint pas. La seule chose qui m’intéresse, c’est : “Est-ce que les gens aiment ce que je fais ou non ?” »

    « Devil’s Relics », de Darcy, Maître Gims, Yoshiyasu Tamura, Jean-David Morvan, Editions Glénat et Fayard, tome 1, 192 pages, 6,90 euros.

    Portrait :   Maître Gims à l’école de la variété

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  • « Le Funeste Destin du docteur Frankenstein » : et Mary Shelley créa un monstre

    « Le Funeste Destin du docteur Frankenstein » : et Mary Shelley créa un monstre

    Arte, mercredi 31 octobre à 23 h 05, documentaire

    Ils avaient l’habitude de jouer à se faire peur. La nuit était une sorte de cours de récréation durant laquelle la très jeune Mary Shelley, son mari Percy Shelley, et leur ami Lord Byron se contaient des fables allemandes de revenants autour d’un grand feu de bois. Un soir de 1816, ils se lancent un défi : écrire une histoire d’épouvante, la plus terrifiante possible.

    Lire la critique du film « Mary Shelley » :   La genèse convenue d’un monstre

    Mary, 18 ans, sèche : ses feuilles ­restent désespérément blanches. Puis, comme dans un rêve éveillé, elle imagine un récit fou : l’histoire d’un médecin obsédé par la science. Elle écrit les aventures de Victor Frankenstein, un chirurgien de génie, bel homme sensible qui cherche la réponse à une question existentielle : comment « donner la vie à un corps inanimé » ?

    « Une étincelle d’existence »

    A partir de morceaux de cadavres récupérés dans les cimetières ou dans les abattoirs, le docteur assemble un être. Et après un long ­labeur, voilà Victor Frankenstein qui « introduit une étincelle d’existence » dans cette matière inerte. En 1818, la jeune romancière publie dans l’anonymat le plus total Frankenstein ou le Prométhée moderne. Elle venait d’inventer deux personnages, le créateur et la ­créature, qui allaient façonner la science-fiction et devenir un des mythes de la culture populaire.

    C’est ce que décrit avec pertinence Le Funeste Destin du docteur Frankenstein. Ce documentaire montre comment l’auteure anglaise est arrivée à imaginer un conte d’une force et d’une modernité déroutantes alors même qu’il date d’il y a deux siècles. A travers des images de films comme le célèbre Frankenstein (1931), de James Whale avec Boris Karloff dans le rôle du monstre, le documentaire donne la parole à de passionnants connaisseurs britanniques de cette œuvre ; mais aussi à des Français tels que l’écrivain Jean-Claude Carrière et le chirurgien Laurent Lantieri, spécialiste de la greffe. Tous expliquent en quoi le roman a anticipé, voire contribué, aux avancées de la médecine.

    Le roman interroge les hommes confrontés au progrès de la science. A l’heure de l’intelligence artificielle où on cherche à créer un être doté d’une conscience, une phrase revient en tête, celle que prononce le monstre à Victor Frankenstein : « Maudit, maudit créateur ! Pourquoi est-ce que je vis ? » Il faudra un jour trouver une réponse.

    Le Funeste Destin du docteur Frankenstein, de Jean Froment et Jérôme Perrault (Fr., 2018, 54 min). www.arte.tv

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