Author: Don Kayembe

  • Teodoro Petkoff, figure de la gauche vénézuélienne, est mort à 86 ans

    Teodoro Petkoff, figure de la gauche vénézuélienne, est mort à 86 ans

    Jeune communiste, il a notamment participé à la résistance au Vénézuela contre la dictature du général Marcos Pérez Jimenez.

    Par Paulo A. Paranagua Publié hier à 22h59, mis à jour à 01h26

    Lecture 3 min.

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    Personnalité de la politique au Venezuela pendant six décennies, Teodoro Petkoff, décédé le mercredi 31 octobre, à l’âge de 86 ans, est parvenu à réinventer sa vie plusieurs fois et à réorienter la gauche par la même occasion. Jeune communiste, il participe à la résistance contre la dictature du général Marcos Pérez Jimenez (1952-1958). Ensuite, il est de ceux qui ont lancé le Parti communiste vénézuélien (PCV) dans la lutte armée, alors qu’un président social-démocrate, Romulo Betancourt (1959-1964), avait été élu avec un large soutien. Il est aussi un des premiers à reconnaître que la guérilla était une impasse.

    En 1968, il condamne l’invasion soviétique en Tchécoslovaquie et provoque une polémique qui l’amène, trois ans plus tard, à fonder le Mouvement pour le socialisme (MAS). Lorsque ce parti soutient la candidature du lieutenant-colonel Hugo Chavez à la présidence, en 1998, il s’en écarte car il ne fait pas confiance au militaire putschiste. Le journaliste prend désormais la relève du militant, pour décrypter le chavisme, mais aussi pour critiquer vertement les écarts de l’opposition.

    Teodoro Petkoff était né le 3 janvier 1932 à Maracaibo, capitale pétrolière du Venezuela. Le père, Petko Petkoff, était un communiste bulgare, réfugié au Venezuela avec son épouse, Ida Malec, une juive polonaise, médecin douée pour les langues, passée par la Sorbonne. Leur fils aîné dévore les livres et découvre Les Misérables de Victor Hugo. A Caracas, il fait des études universitaires d’économie et propose au journal du PCV d’écrire la chronique sportive : il est fan de baseball.

    La dictature de Pérez Jimenez n’est pas tendre pour les clandestins : le jeune homme subit la torture et fait ses premiers séjours en prison – il y en aura six, dont un de trois ans, au cours duquel il apprend le français et l’anglais. L’avènement de la démocratie, en 1958, ne calme pas les esprits, car la jeunesse radicalisée rêve d’imiter Fidel Castro à Cuba. Le PCV et La Havane se lancent donc dans le maquis. Les principaux exploits de Petkoff sont deux évasions spectaculaires ; l’une individuelle, en 1963, en descendant sept étages de l’hôpital militaire par une corde ; l’autre collective, en 1967, grâce à un tunnel creusé de l’extérieur jusqu’à la cellule où se trouvent des dirigeants du PCV.

    Critique sévère du castrisme

    Son autocritique de la stratégie castriste est sévère :

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  • Cortège de migrants : 2 000 Salvadoriens en route vers les Etats-Unis ; Trump veut déployer 15 000 soldats à la frontière

    Cortège de migrants : 2 000 Salvadoriens en route vers les Etats-Unis ; Trump veut déployer 15 000 soldats à la frontière

    Près de 2 000 Salvadoriens ont quitté la capitale San Salvador, mercredi 31 octobre, avec l’intention de se rendre aux Etats-Unis. Ce départ est inspiré par l’exemple des milliers de migrants Honduriens, partis il y a deux semaines de San Pedro Sula, qui ont déjà pu franchir la frontière avec le Mexique et se dirigent vers la frontière américaine.

    Lire aussi :   Le Honduras, un pays « pris en étau entre pauvreté extrême et ultraviolence »

    Mais à quelques jours des élections de mi-mandat, le président des Etats-Unis, Donald Trump, refuse d’accueillir ces migrant sur le sol américain. Depuis les jardins de la Maison Blanche, mercredi, il a annoncé un renforcement de la présence militaire à la frontière avec le Mexique :

    « En ce qui concerne la caravane, notre armée est déployée. Nous en avons environ 5 000, nous irons jusqu’à 10 000 ou 15 000 soldats. »

    Les migrants salvadoriens, qui disent fuir le chômage, la misère et la violence des bandes criminelles dans leur pays, se sont répartis en deux cortèges. Un premier groupe a quitté San Salvador avant l’aube après avoir campé sur place, le second dans le courant de la matinée. Ils ont pris la direction de la frontière avec le Guatemala, qu’ils doivent traverser avant d’arriver au Mexique.

    « Ici, il n’y a pas d’espoir »

    « Nous partons parce qu’ici il y a beaucoup de pauvreté et de délinquance », explique María Cortez, 36 ans, qui a entrepris le voyage avec son mari Jonas et cinq enfants âgés de 3 à 19 ans. Pour Anthony Guevera, un autre migrant présent dans le cortège :

    « Ici, il n’y a pas d’espoir. Je suis au chômage depuis février, ma femme n’a pas d’emploi depuis le mois de mai… C’est ce qui nous a décidés à partir. »

    Les migrants reçoivent en chemin des dons en vivres de communautés catholiques ou d’organisations de la société civile. Ils sont également à l’affût de camions dont les chauffeurs accepteraient de les transporter quelques kilomètres. Une précédente « caravane » d’un demi-millier de migrants a déjà quitté le Salvador dimanche dernier et a pu franchir lundi soir sans encombre la frontière entre le Guatemala et le Mexique, selon des sources officielles.

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  • Au Brésil, l’inquiétante fusion des ministères de l’agriculture et de l’environnement

    Au Brésil, l’inquiétante fusion des ministères de l’agriculture et de l’environnement

    Le ministère de l’environnement brésilien a exprimé sa « surprise » et sa « préoccupation » mercredi 31 octobre, au lendemain de l’annonce qu’il fusionnerait avec le ministère de l’agriculture après l’entrée en fonction du gouvernement de Jair Bolsonaro, en janvier 2019.

    A l’issue d’une réunion du président élu d’extrême droite Jair Bolsonaro et de ses proches conseillers à Rio de Janeiro, mardi 30 octobre, le député Onyx Lorenzoni, présenté comme le futur chef du gouvernement, a confirmé que « l’agriculture et l’environnement feront partie du même ministère ».

    « Nous avons reçu avec surprise et préoccupation la nouvelle de la fusion avec le ministère de l’agriculture », a écrit dans un communiqué Edson Duarte, l’actuel ministre de l’environnement du président conservateur Michel Temer. Le Brésil détient notamment 60 % de la forêt amazonienne, avec une biodiversité d’une grande richesse. Mais l’Amazonie a perdu 20 % de sa surface ces 50 dernières années en raison d’une déforestation contre laquelle Brasilia doit lutter.

    Les écologistes brésiliens considèrent que cette fusion reviendrait à sacrifier la protection de l’environnement aux intérêts du puissant lobby de l’agro-business, qui soutient ouvertement le président Jair Bolsonaro. Cette mesure inquiéterait même des représentants de ce lobby, qui craignent des sanctions commerciales de pays étrangers sur les exportations brésiliennes de viande ou de soja, deux productions à fort impact environnemental.

    Lire aussi :   Au Brésil, des Indiens prennent les armes pour sauver l’Amazonie

    « Possibles représailles »

    L’écologiste Marina Silva, ex-ministre de l’environnement et candidate à la présidentielle, a qualifié cette fusion de « désastre », estimant sur Twitter qu’« une ère tragique s’ouvre où la protection de l’environnement est égale à zéro ».

    Un nouveau ministère résultant d’une fusion « aurait des difficultés opérationnelles », ajoute le ministre Edson Duarte, et « l’économie nationale en pâtirait, particulièrement l’agro-business, face à de possibles représailles commerciales de la part de pays importateurs ».

    Les deux ministères « ont chacun leur propre ordre du jour », ajoute M. Duarte. Une fusion rendrait plus difficile, selon les experts, le redémarrage dont la huitième économie mondiale a besoin. Cette fusion s’explique en partie par le fait que Jair Bolsonaro a décidé de réduire de moitié, de 29 à 15, le nombre de ministères afin d’alléger le poids de l’Etat.

    Mais le futur président n’a jamais montré d’intérêt pour la protection de l’environnement. Dans son programme électoral, on ne trouvait aucune mention de l’Amazonie, de la déforestation ou du réchauffement climatique. Il a aussi laissé entendre qu’il pourrait, dans certaines circonstances, annoncer un retrait du Brésil de l’accord de Paris sur le climat.

    Lire aussi :   Elections au Brésil : le bulldozer comme programme écologique pour Jair Bolsonaro

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  • Football : Canal + reprend les droits du championnat anglais à RMC Sport

    Football : Canal + reprend les droits du championnat anglais à RMC Sport

    La Premier League, le championnat anglais de football, est de retour sur Canal + pour les trois prochaines saisons. Le président du directeur du groupe Canal, Maxime Saada, l’a annoncé, mercredi 31 octobre, sur son compte Twitter. Canal+ proposera ainsi sur ses antennes et sur l’option « myCanal » les 380 matches du championnat anglais dès août 2019.

    La chaîne cryptée l’a notamment emporté face à RMC Sport, l’actuel détenteur des droits. Le groupe Altice, détenu par Patrick Drahi, avait empoché la Premier League à la surprise générale en 2015, pour trois saisons.

    Incertitude chez RMC

    C’est donc un joli coup réalisé par le groupe Canal + affaibli ces derniers mois par la perte des droits de la Ligue 1, à partir de 2020, et de la Ligue des champions depuis cette saison. En revanche l’incertitude demeure désormais du côté de RMC Sport qui, en matière de football, ne détiendra plus la saison prochaine que les droits de la Ligue des champions et de la Ligue Europa.

    Dans un communiqué diffusé mercredi, SFR « annonce travailler dès ce soir avec le groupe Canal + dans l’esprit des accords trouvés autour de la Champions League, afin de permettre aux abonnés RMC Sport de continuer à vivre la Premier League anglaise sur ses antennes après l’été 2019 ». Le groupe fait référence à l’offre lancée à la mi-septembre qui permet pour 40 euros par mois d’avoir Canal +, BeIN Sports et Canal + pour suivre la Ligue 1 et les championnats européens.

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  • Neymar risque jusqu’à six ans de prison pour son transfert au FC Barcelone, selon un magistrat espagnol

    Neymar risque jusqu’à six ans de prison pour son transfert au FC Barcelone, selon un magistrat espagnol

    Le magistrat espagnol qui devait juger Neymar pour les présumées irrégularités de son transfert au FC Barcelone, en 2013, estime que le joueur encourt jusqu’à six ans de prison et que trois juges doivent donc présider son procès, a appris l’AFP de sources judiciaires, mercredi 31 octobre.

    Le footballeur brésilien, ses parents, le président du FC Barcelone, Josep Maria Bartomeu, et son prédécesseur à la tête du club, Sandro Rosell, sont en attente de ce procès en Espagne, pour le présumé délit de « corruption » lors du recrutement de Neymar par le Barça en 2013.

    Bartomeu, Rosell et le FC Barcelone devront en outre répondre du délit d’« escroquerie », tout comme l’ancien club de Neymar au Brésil, Santos, et son ex-président, Odilio Rodrigues Filho. L’affaire avait été déclenchée par une plainte du groupe brésilien DIS, ancien détenteur d’une partie des droits du joueur, s’estimant lésé dans l’opération.

    Le juge José Maria Vazquez Honrubia a considéré mercredi que selon l’accusation présentée par DIS pour « corruption dans les affaires » et « escroquerie », « la peine pouvant être imposée en principe [à Neymar] pourrait être de quatre à six ans », selon une ordonnance à laquelle l’AFP a eu accès.

    Un procès une nouvelle fois retardé

    La peine encourue étant supérieure à cinq ans, le juge considère que ce sont trois juges qui devront présider le procès du footballeur. Il a donc saisi la chambre pénale de l’Audience nationale, juridiction réservée aux cas ayant une importance nationale ou internationale.

    Dans la pratique, sa décision retarde encore davantage l’éventuel procès. En mai 2017, la justice espagnole avait conclu que Neymar devait être jugé mais aucune date de procès n’avait encore été fixée.

    Dans un premier temps, le FC Barcelone avait chiffré officiellement le transfert de Neymar à 57,1 millions d’euros – 40 millions pour la famille de Neymar et 17,1 millions pour Santos – mais la justice espagnole a calculé qu’il avait été au moins de 83 millions d’euros.

    DIS, qui avait touché 6,8 millions d’euros sur les 17,1 reçus par Santos, a estimé que le Barça et Neymar s’étaient alliés pour cacher le véritable montant du faramineux transfert.

    Le parquet a réclamé une peine de deux ans d’emprisonnement à l’encontre de Neymar qui, dans sa déposition devant le juge, avait plaidé qu’il ne faisait que jouer au foot et accordait une confiance aveugle à son père, également son agent.

    Lire aussi :   Neymar senior : mon fils, ma bataille, mes contrats

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  • Neymar risque jusqu’à six ans de prison pour son transfert au FC Barcelone, selon un magistrat espagnol

    Neymar risque jusqu’à six ans de prison pour son transfert au FC Barcelone, selon un magistrat espagnol

    Le magistrat espagnol qui devait juger Neymar pour les présumées irrégularités de son transfert au FC Barcelone, en 2013, estime que le joueur encourt jusqu’à six ans de prison et que trois juges doivent donc présider son procès, a appris l’AFP de sources judiciaires, mercredi 31 octobre.

    Le footballeur brésilien, ses parents, le président du FC Barcelone, Josep Maria Bartomeu, et son prédécesseur à la tête du club, Sandro Rosell, sont en attente de ce procès en Espagne, pour le présumé délit de « corruption » lors du recrutement de Neymar par le Barça en 2013.

    Bartomeu, Rosell et le FC Barcelone devront en outre répondre du délit d’« escroquerie », tout comme l’ancien club de Neymar au Brésil, Santos, et son ex-président, Odilio Rodrigues Filho. L’affaire avait été déclenchée par une plainte du groupe brésilien DIS, ancien détenteur d’une partie des droits du joueur, s’estimant lésé dans l’opération.

    Le juge José Maria Vazquez Honrubia a considéré mercredi que selon l’accusation présentée par DIS pour « corruption dans les affaires » et « escroquerie », « la peine pouvant être imposée en principe [à Neymar] pourrait être de quatre à six ans », selon une ordonnance à laquelle l’AFP a eu accès.

    Un procès une nouvelle fois retardé

    La peine encourue étant supérieure à cinq ans, le juge considère que ce sont trois juges qui devront présider le procès du footballeur. Il a donc saisi la chambre pénale de l’Audience nationale, juridiction réservée aux cas ayant une importance nationale ou internationale.

    Dans la pratique, sa décision retarde encore davantage l’éventuel procès. En mai 2017, la justice espagnole avait conclu que Neymar devait être jugé mais aucune date de procès n’avait encore été fixée.

    Dans un premier temps, le FC Barcelone avait chiffré officiellement le transfert de Neymar à 57,1 millions d’euros – 40 millions pour la famille de Neymar et 17,1 millions pour Santos – mais la justice espagnole a calculé qu’il avait été au moins de 83 millions d’euros.

    DIS, qui avait touché 6,8 millions d’euros sur les 17,1 reçus par Santos, a estimé que le Barça et Neymar s’étaient alliés pour cacher le véritable montant du faramineux transfert.

    Le parquet a réclamé une peine de deux ans d’emprisonnement à l’encontre de Neymar qui, dans sa déposition devant le juge, avait plaidé qu’il ne faisait que jouer au foot et accordait une confiance aveugle à son père, également son agent.

    Lire aussi :   Neymar senior : mon fils, ma bataille, mes contrats

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  • Football : les cartons rouges de l’ex-arbitre Tony Chapron

    Football : les cartons rouges de l’ex-arbitre Tony Chapron

    C’est l’histoire d’un arbitre pas comme les autres auquel on a pourtant fait porter tous les maux de sa corporation : autoritarisme, psychorigidité, incompétence. Que Tony Chapron ait distribué en moyenne moins de cartons que ses confrères, qu’il ait été bien noté et ait accédé au statut international n’a en rien infléchi la détestation dont il a fait l’objet.

    Lui-même a semblé contribuer à ce statut de bouc émissaire : après plusieurs saisons discrètes, il a été l’auteur d’une sortie fracassante avec son « tacle » sur le Nantais Diego Carlos lors de Nantes-PSG en janvier.

    Lire aussi :   Football : derrière le « procès » de Tony Chapron, un mépris des arbitres

    Contrairement à Zinédine Zidane, qui lui aussi mit fin à sa carrière d’un ultime geste absurde, Tony Chapron n’assista pas à un défilé d’éditorialistes, de politiques et de philosophes pour le défendre. Il fut même lâché par sa hiérarchie et la Fédération qui le priva, en alourdissant sa suspension en appel, d’un dernier match pour clore ses quatorze saisons en Ligue 1.

    Dans le vif de l’arbitrage

    Enfin Libre !, qui sort le 7 novembre (éd. Arthaud), n’est pas une autobiographie. L’auteur n’y raconte que sa vie d’arbitre, livrant à la fois des réflexions sur l’exercice de l’arbitrage, ce passionnant sacerdoce, et un éclairage cru sur les coulisses de sa profession. L’ouvrage est conforme à l’homme, réputé intelligent, mais véritable aimant à polémiques.

    La dernière partie est ainsi consacrée à des « propositions pour l’avenir », qui méritent discussion. Auparavant, l’ouvrage évoque les relations avec les joueurs, entraîneurs et dirigeants et s’attache à démonter les « préjugés » sur sa corporation : manque de psychologie, impunité, corruption, etc.

    Lire aussi :   Football amateur : le sacerdoce du sifflet

    Il abandonne un peu sa posture défensive quand il entre dans le vif du rapport aux règles, de leur application, de leur interprétation ou de leurs changements avortés. Mais on retiendra surtout le réquisitoire contre les instances de l’arbitrage, à commencer par la Direction
    technique de l’arbitrage (DTA), dirigée, depuis 2013, par Pascal Garibian.

    « Parole muselée »

    Le mutisme des arbitres est un reproche souvent entendu à leur encontre, et les intéressés sont les premiers à le déplorer… en off, car il résulte de l’interdiction de s’exprimer sans l’aval de leur organe de tutelle.

    Le propos de Chapron est que, s’il s’agit d’une (mauvaise) stratégie de communication, c’est surtout une méthode de management néfaste. Car cette « parole muselée » des arbitres d’élite permettrait de les maintenir dans une position de stricte subordination.

    Tony Chapron décrit un système dans lequel les performances passent après les gages de soumission à l’autorité. La notation, réformée par Pascal Garibian, permet de corriger le classement technique d’un arbitre au travers de ce qui est qualifié de « note de
    vie scolaire »
    inventée « pour évaluer le degré de docilité » : « On se pare d’instruments pour justifier cette note : la rigueur administrative, le suivi médical, la disponibilité, etc. C’est le concours de l’élève le plus zélé. »

    Saïd Enjimmi et Stéphane Lannoy paieront ainsi des entretiens critiques par des classements inhabituellement médiocres dans leur carrière, estime leur confrère. Lui-même attribue son statut de réfractaire à son expérience de syndicaliste au sein du Syndicat des
    arbitres français de l’élite (SAFE), initiateur de plusieurs frondes, notamment en 2011.

    « Eviter l’hallali »

    Ce management autoritaire du corps arbitral œuvre contre la solidarité en son sein, avance Chapron, et favorise les visées carriéristes. Le tableau qu’il dresse des rivalités, des trahisons et des calculs n’est guère flatteur. D’autant qu’en privilégiant les profils lisses – Benoît Bastien et Clément Turpin y sont décrits en favoris de l’institution –, la DTA nuirait à l’émergence d’arbitres de niveau international, à forte personnalité.

    « L’arbitre ne peut qu’éviter l’hallali », écrit l’auteur. Cela n’aura pas été son cas, lui qui aura connu une ultime mortification dans les manœuvres de la DTA et de la Fédération pour lui refuser le titre de meilleur arbitre de la saison, décerné par le suffrage de ses pairs aux
    trophées de l’UNFP, en signe de solidarité.

    Le propos n’échappe pas aux travers de l’exercice, entre tendance à l’autojustification et désir de revanche. Mais Tony Chapron a le mérite de nourrir sur l’arbitrage un débat dont la pauvreté est d’ordinaire consternante.

    Désormais consultant pour Canal+, il est exposé – comme d’autres avant lui – au piège de la critique systématique de ses anciens collègues. Lui qui cite Sur la télévision de Pierre Bourdieu ne peut ignorer que telle est la demande de ce média.

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  • Insécurité, transition, Jammeh…: une étude a ausculté la société gambienne

    Insécurité, transition, Jammeh…: une étude a ausculté la société gambienne


    Par
    RFI

    Publié le 31-10-2018
    Modifié le 31-10-2018 à 17:57

    Des chercheurs gambiens ont révélé mercredi 31 octobre les résultats d’une des rares enquêtes d’opinion réalisées dans le pays. L’étude est menée par Afrobaromètre, un réseau d’enquête et de recherche dirigé en Afrique, en collaboration avec le centre de recherche de l’université de Gambie. 1200 personnes représentatives de la population gambienne ont été interrogées dans tout le pays entre juillet et août dernier, pour parler de la transition, du désir de justice ou encore de la sécurité. Des données très précieuses pour le pays.

    Jusqu’à présent, la Gambie manquait cruellement de telles données. Comme l’explique Nyimasata Camara, enseignante en sciences politiques, il était très compliqué d’effectuer de telles études sous Jammeh : « Dans le passé, les gens pensaient que ceux qui posaient des questions sur la gouvernance étaient des espions. Et lorsque des collègues ont voulu mener une étude similaire, ils ont eu des problèmes et ont été arrêtés. Donc personne ne s’est investi dans ces recherches. En conséquence, à l’université, nous ne disposons pas de beaucoup de données produites localement. »

    Selon cette enquête, plus d’un quart de la population possède dans sa famille une victime de violation des droits de l’homme. Mais moins de la moitié des Gambiens a confiance dans la commission Vérité, réconciliation et réparations.

    Pour le responsable local du projet, Sait Matty Jaw, les Gambiens sont partagés sur la façon d’obtenir justice : « Il y a un fort désir de justice, et pour une grande partie de la population, quels que soient les résultats de la commission, ceux qui ont commis des violations des droits de l’homme doivent être jugés. Mais les gens sont divisés autour de l’extradition de Jammeh pour qu’il soit jugé en Gambie. »

    Une autre question qui divise, selon le chercheur Ensa Kujabi, c’est la présence des forces de la Cédéao dans le pays : « Un peu plus de 50% de la population souhaite leur maintien, et environ 46% demandent leur départ. Et les habitants du Foni, la région de l’ancien président, ont vraiment exprimé leur rejet face à la présence des soldats de la Cédéao. »

    D’autres résultats, portant davantage sur la politique locale, seront dévoilés le mois prochain.

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  • Cyclisme: le Colombien Darwin Atapuma arrive dans une équipe française

    Cyclisme: le Colombien Darwin Atapuma arrive dans une équipe française

    Par




    Darwin Atapuma, grimpeur colombien qui courait depuis deux ans pour l’équipe UAE Team Emirates, arrive dans l’équipe française Cofidis. Agé de 30 ans, Atapuma s’est déjà classé dans les dix premiers d’un grand tour cycliste (9e du Giro 2016) et a notamment pris la deuxième place d’une étape au sommet de l’Izoard durant le Tour de France 2017.

    « C’est le maillon qui nous a manqué ces dernières années », estime le manager de l’équipe nordiste de cyclisme, Cédric Vasseur, à propos de l’arrivée du Colombien Darwin Atapuma. « Nous avons trouvé en lui le coureur susceptible de s’illustrer sur les sommets à plus de 2000 mètres comme ce sera le cas à plusieurs reprises lors de la prochaine Grande Boucle », ajoute-t-il. En 2019, le Tour de France comptera 5 arrivées en altitude.

    En 2018, le Colombien au gabarit de grimpeur (1,67 m pour 59 kg) a couru et terminé le Tour d’Italie (Giro) et le Tour de France. Champion de Colombie en 2008, le grimpeur a notamment intégré le Top 10 du Giro 2016 (9e) et remporté des étapes sur le Tour de Suisse, le Tour de Pologne et le Tour du Trentin.

    Très en vue lors du Tour d’Espagne 2016

    En 2016, c’est au Tour d’Espagne que Darwin Atapuma s’est illustré en portant quatre journées le maillot de meilleur grimpeur. « Le vélo c’est comme ça. Je suis arrivé ici après avoir beaucoup travaillé et ce maillot de meilleur grimpeur est une grande récompense pour moi et pour mon équipe, car nous sommes venus avec de l’envie. Beaucoup de batailles ont eu lieu, j’ai franchi beaucoup d’obstacles et je suis enfin récompensé. J’ai attaqué dans le final, j’ai tenté le tout pour le tout. Je ne pensais franchement pas pouvoir prendre la tunique de leader », avait-il déclaré à l’époque. Depuis son arrivée dans l’équipe BMC en 2014, Darwin Atapuma était à la recherche d’un grand résultat. La même année, il avait aussi remporté une victoire au Tour de Suisse.

    Mais Darwin Atapuma a aussi vécu des moments difficiles. En 2014, il avait pris le départ de son premier Tour de France, où il devait épauler Tejay van Garderen en montagne. Il avait chuté lors de la septième étape et souffrait d’une fracture d’un fémur qui l’avait contraint à stopper sa saison.

    En 2013, juste avant le début de saison, deux agresseurs armés d’un couteau avaient par ailleurs tenté de lui voler son vélo à l’entraînement. Il avait été blessé à la main et avait dû observer une période de repos d’une dizaine de jours.

    Les coureurs colombiens ont souvent dû s’exiler dans des formations étrangères pour courir les grands Tours en Europe. Aucune équipe colombienne ne dispose d’un budget suffisamment important pour appartenir à la première division du peloton.

    Chronologie et chiffres clés

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  • Soudan du Sud: retour de Riek Machar à Juba

    Soudan du Sud: retour de Riek Machar à Juba


    Par
    RFI

    Publié le 31-10-2018
    Modifié le 31-10-2018 à 17:42

    Le chef rebelle Riek Machar, ennemi juré du président Salva Kiir, est de retour à Juba, plus de deux ans après sa fuite du pays. Près de trois semaines après l’accord signé à Addis-Abeba, une cérémonie se tient ce mercredi à Juba. Dans la capitale, des milliers de personnes rassemblées notamment sur la place « Freedom Square ». Sur place également, des représentants du gouvernement, de l’opposition, de la communauté internationale et plusieurs leaders régionaux.

    En juillet 2016, alors que Riek Machar était vice-président, des combats avaient éclaté à Juba entre ses hommes et l’armée. Et le chef rebelle avait dû fuir la ville, à pied jusqu’au Congo.

    Riek Machar revient donc dans la capitale. Pas d’information sur son séjour, mais en principe il n’est pas censé rester, selon l’accord de paix de septembre. Il ne redeviendra vice-président qu’après la période de pré-transition qui doit durer huit mois.

    Il y a encore quelques jours, sa présence aujourd’hui était d’ailleurs encore incertaine. Il avait exigé trois choses avant de participer : la libération des détenus politiques et prisonniers de guerre, la levée de l’état d’urgence et une liberté de mouvement pour les partis d’opposition. Certains prisonniers ont été relâchés, mais il y en a encore d’autres. Pour le reste, rien n’indique que le gouvernement ait accédé à ses requêtes.

    Il n’empêche Riek Machar est bien là. Son porte-parole, Lam Paul Gabriel, a déclaré qu’il dirigeait une petite délégation, mais qu’il était là sans sa sécurité rapprochée. Ce retour est un signe de son engagement en faveur de la paix, dit-il. Selon le major-général Lul Ruai, porte-parole de l’armée, cette cérémonie est une indication claire que l’application de l’accord de paix a commencé.

    Une application pourtant très difficile : pouvoir et rebelles s’affrontent encore régulièrement sur le terrain. Cette semaine, le Programme alimentaire mondial (PAM) a déclaré que la violence bloquait la distribution de l’aide humanitaire. Et l’accord est mis en place très lentement, certaines échéances n’ont d’ailleurs pas été respectées.

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