Author: Don Kayembe

  • Football : les cartons rouges de l’ex-arbitre Tony Chapron

    Football : les cartons rouges de l’ex-arbitre Tony Chapron

    C’est l’histoire d’un arbitre pas comme les autres auquel on a pourtant fait porter tous les maux de sa corporation : autoritarisme, psychorigidité, incompétence. Que Tony Chapron ait distribué en moyenne moins de cartons que ses confrères, qu’il ait été bien noté et ait accédé au statut international n’a en rien infléchi la détestation dont il a fait l’objet.

    Lui-même a semblé contribuer à ce statut de bouc émissaire : après plusieurs saisons discrètes, il a été l’auteur d’une sortie fracassante avec son « tacle » sur le Nantais Diego Carlos lors de Nantes-PSG en janvier.

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    Contrairement à Zinédine Zidane, qui lui aussi mit fin à sa carrière d’un ultime geste absurde, Tony Chapron n’assista pas à un défilé d’éditorialistes, de politiques et de philosophes pour le défendre. Il fut même lâché par sa hiérarchie et la Fédération qui le priva, en alourdissant sa suspension en appel, d’un dernier match pour clore ses quatorze saisons en Ligue 1.

    Dans le vif de l’arbitrage

    Enfin Libre !, qui sort le 7 novembre (éd. Arthaud), n’est pas une autobiographie. L’auteur n’y raconte que sa vie d’arbitre, livrant à la fois des réflexions sur l’exercice de l’arbitrage, ce passionnant sacerdoce, et un éclairage cru sur les coulisses de sa profession. L’ouvrage est conforme à l’homme, réputé intelligent, mais véritable aimant à polémiques.

    La dernière partie est ainsi consacrée à des « propositions pour l’avenir », qui méritent discussion. Auparavant, l’ouvrage évoque les relations avec les joueurs, entraîneurs et dirigeants et s’attache à démonter les « préjugés » sur sa corporation : manque de psychologie, impunité, corruption, etc.

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    Il abandonne un peu sa posture défensive quand il entre dans le vif du rapport aux règles, de leur application, de leur interprétation ou de leurs changements avortés. Mais on retiendra surtout le réquisitoire contre les instances de l’arbitrage, à commencer par la Direction
    technique de l’arbitrage (DTA), dirigée, depuis 2013, par Pascal Garibian.

    « Parole muselée »

    Le mutisme des arbitres est un reproche souvent entendu à leur encontre, et les intéressés sont les premiers à le déplorer… en off, car il résulte de l’interdiction de s’exprimer sans l’aval de leur organe de tutelle.

    Le propos de Chapron est que, s’il s’agit d’une (mauvaise) stratégie de communication, c’est surtout une méthode de management néfaste. Car cette « parole muselée » des arbitres d’élite permettrait de les maintenir dans une position de stricte subordination.

    Tony Chapron décrit un système dans lequel les performances passent après les gages de soumission à l’autorité. La notation, réformée par Pascal Garibian, permet de corriger le classement technique d’un arbitre au travers de ce qui est qualifié de « note de
    vie scolaire »
    inventée « pour évaluer le degré de docilité » : « On se pare d’instruments pour justifier cette note : la rigueur administrative, le suivi médical, la disponibilité, etc. C’est le concours de l’élève le plus zélé. »

    Saïd Enjimmi et Stéphane Lannoy paieront ainsi des entretiens critiques par des classements inhabituellement médiocres dans leur carrière, estime leur confrère. Lui-même attribue son statut de réfractaire à son expérience de syndicaliste au sein du Syndicat des
    arbitres français de l’élite (SAFE), initiateur de plusieurs frondes, notamment en 2011.

    « Eviter l’hallali »

    Ce management autoritaire du corps arbitral œuvre contre la solidarité en son sein, avance Chapron, et favorise les visées carriéristes. Le tableau qu’il dresse des rivalités, des trahisons et des calculs n’est guère flatteur. D’autant qu’en privilégiant les profils lisses – Benoît Bastien et Clément Turpin y sont décrits en favoris de l’institution –, la DTA nuirait à l’émergence d’arbitres de niveau international, à forte personnalité.

    « L’arbitre ne peut qu’éviter l’hallali », écrit l’auteur. Cela n’aura pas été son cas, lui qui aura connu une ultime mortification dans les manœuvres de la DTA et de la Fédération pour lui refuser le titre de meilleur arbitre de la saison, décerné par le suffrage de ses pairs aux
    trophées de l’UNFP, en signe de solidarité.

    Le propos n’échappe pas aux travers de l’exercice, entre tendance à l’autojustification et désir de revanche. Mais Tony Chapron a le mérite de nourrir sur l’arbitrage un débat dont la pauvreté est d’ordinaire consternante.

    Désormais consultant pour Canal+, il est exposé – comme d’autres avant lui – au piège de la critique systématique de ses anciens collègues. Lui qui cite Sur la télévision de Pierre Bourdieu ne peut ignorer que telle est la demande de ce média.

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  • Insécurité, transition, Jammeh…: une étude a ausculté la société gambienne

    Insécurité, transition, Jammeh…: une étude a ausculté la société gambienne


    Par
    RFI

    Publié le 31-10-2018
    Modifié le 31-10-2018 à 17:57

    Des chercheurs gambiens ont révélé mercredi 31 octobre les résultats d’une des rares enquêtes d’opinion réalisées dans le pays. L’étude est menée par Afrobaromètre, un réseau d’enquête et de recherche dirigé en Afrique, en collaboration avec le centre de recherche de l’université de Gambie. 1200 personnes représentatives de la population gambienne ont été interrogées dans tout le pays entre juillet et août dernier, pour parler de la transition, du désir de justice ou encore de la sécurité. Des données très précieuses pour le pays.

    Jusqu’à présent, la Gambie manquait cruellement de telles données. Comme l’explique Nyimasata Camara, enseignante en sciences politiques, il était très compliqué d’effectuer de telles études sous Jammeh : « Dans le passé, les gens pensaient que ceux qui posaient des questions sur la gouvernance étaient des espions. Et lorsque des collègues ont voulu mener une étude similaire, ils ont eu des problèmes et ont été arrêtés. Donc personne ne s’est investi dans ces recherches. En conséquence, à l’université, nous ne disposons pas de beaucoup de données produites localement. »

    Selon cette enquête, plus d’un quart de la population possède dans sa famille une victime de violation des droits de l’homme. Mais moins de la moitié des Gambiens a confiance dans la commission Vérité, réconciliation et réparations.

    Pour le responsable local du projet, Sait Matty Jaw, les Gambiens sont partagés sur la façon d’obtenir justice : « Il y a un fort désir de justice, et pour une grande partie de la population, quels que soient les résultats de la commission, ceux qui ont commis des violations des droits de l’homme doivent être jugés. Mais les gens sont divisés autour de l’extradition de Jammeh pour qu’il soit jugé en Gambie. »

    Une autre question qui divise, selon le chercheur Ensa Kujabi, c’est la présence des forces de la Cédéao dans le pays : « Un peu plus de 50% de la population souhaite leur maintien, et environ 46% demandent leur départ. Et les habitants du Foni, la région de l’ancien président, ont vraiment exprimé leur rejet face à la présence des soldats de la Cédéao. »

    D’autres résultats, portant davantage sur la politique locale, seront dévoilés le mois prochain.

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  • Cyclisme: le Colombien Darwin Atapuma arrive dans une équipe française

    Cyclisme: le Colombien Darwin Atapuma arrive dans une équipe française

    Par




    Darwin Atapuma, grimpeur colombien qui courait depuis deux ans pour l’équipe UAE Team Emirates, arrive dans l’équipe française Cofidis. Agé de 30 ans, Atapuma s’est déjà classé dans les dix premiers d’un grand tour cycliste (9e du Giro 2016) et a notamment pris la deuxième place d’une étape au sommet de l’Izoard durant le Tour de France 2017.

    « C’est le maillon qui nous a manqué ces dernières années », estime le manager de l’équipe nordiste de cyclisme, Cédric Vasseur, à propos de l’arrivée du Colombien Darwin Atapuma. « Nous avons trouvé en lui le coureur susceptible de s’illustrer sur les sommets à plus de 2000 mètres comme ce sera le cas à plusieurs reprises lors de la prochaine Grande Boucle », ajoute-t-il. En 2019, le Tour de France comptera 5 arrivées en altitude.

    En 2018, le Colombien au gabarit de grimpeur (1,67 m pour 59 kg) a couru et terminé le Tour d’Italie (Giro) et le Tour de France. Champion de Colombie en 2008, le grimpeur a notamment intégré le Top 10 du Giro 2016 (9e) et remporté des étapes sur le Tour de Suisse, le Tour de Pologne et le Tour du Trentin.

    Très en vue lors du Tour d’Espagne 2016

    En 2016, c’est au Tour d’Espagne que Darwin Atapuma s’est illustré en portant quatre journées le maillot de meilleur grimpeur. « Le vélo c’est comme ça. Je suis arrivé ici après avoir beaucoup travaillé et ce maillot de meilleur grimpeur est une grande récompense pour moi et pour mon équipe, car nous sommes venus avec de l’envie. Beaucoup de batailles ont eu lieu, j’ai franchi beaucoup d’obstacles et je suis enfin récompensé. J’ai attaqué dans le final, j’ai tenté le tout pour le tout. Je ne pensais franchement pas pouvoir prendre la tunique de leader », avait-il déclaré à l’époque. Depuis son arrivée dans l’équipe BMC en 2014, Darwin Atapuma était à la recherche d’un grand résultat. La même année, il avait aussi remporté une victoire au Tour de Suisse.

    Mais Darwin Atapuma a aussi vécu des moments difficiles. En 2014, il avait pris le départ de son premier Tour de France, où il devait épauler Tejay van Garderen en montagne. Il avait chuté lors de la septième étape et souffrait d’une fracture d’un fémur qui l’avait contraint à stopper sa saison.

    En 2013, juste avant le début de saison, deux agresseurs armés d’un couteau avaient par ailleurs tenté de lui voler son vélo à l’entraînement. Il avait été blessé à la main et avait dû observer une période de repos d’une dizaine de jours.

    Les coureurs colombiens ont souvent dû s’exiler dans des formations étrangères pour courir les grands Tours en Europe. Aucune équipe colombienne ne dispose d’un budget suffisamment important pour appartenir à la première division du peloton.

    Chronologie et chiffres clés

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  • Soudan du Sud: retour de Riek Machar à Juba

    Soudan du Sud: retour de Riek Machar à Juba


    Par
    RFI

    Publié le 31-10-2018
    Modifié le 31-10-2018 à 17:42

    Le chef rebelle Riek Machar, ennemi juré du président Salva Kiir, est de retour à Juba, plus de deux ans après sa fuite du pays. Près de trois semaines après l’accord signé à Addis-Abeba, une cérémonie se tient ce mercredi à Juba. Dans la capitale, des milliers de personnes rassemblées notamment sur la place « Freedom Square ». Sur place également, des représentants du gouvernement, de l’opposition, de la communauté internationale et plusieurs leaders régionaux.

    En juillet 2016, alors que Riek Machar était vice-président, des combats avaient éclaté à Juba entre ses hommes et l’armée. Et le chef rebelle avait dû fuir la ville, à pied jusqu’au Congo.

    Riek Machar revient donc dans la capitale. Pas d’information sur son séjour, mais en principe il n’est pas censé rester, selon l’accord de paix de septembre. Il ne redeviendra vice-président qu’après la période de pré-transition qui doit durer huit mois.

    Il y a encore quelques jours, sa présence aujourd’hui était d’ailleurs encore incertaine. Il avait exigé trois choses avant de participer : la libération des détenus politiques et prisonniers de guerre, la levée de l’état d’urgence et une liberté de mouvement pour les partis d’opposition. Certains prisonniers ont été relâchés, mais il y en a encore d’autres. Pour le reste, rien n’indique que le gouvernement ait accédé à ses requêtes.

    Il n’empêche Riek Machar est bien là. Son porte-parole, Lam Paul Gabriel, a déclaré qu’il dirigeait une petite délégation, mais qu’il était là sans sa sécurité rapprochée. Ce retour est un signe de son engagement en faveur de la paix, dit-il. Selon le major-général Lul Ruai, porte-parole de l’armée, cette cérémonie est une indication claire que l’application de l’accord de paix a commencé.

    Une application pourtant très difficile : pouvoir et rebelles s’affrontent encore régulièrement sur le terrain. Cette semaine, le Programme alimentaire mondial (PAM) a déclaré que la violence bloquait la distribution de l’aide humanitaire. Et l’accord est mis en place très lentement, certaines échéances n’ont d’ailleurs pas été respectées.

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  • Biennales au Maroc : des artistes, des commissaires, du talent et pas d’argent

    Biennales au Maroc : des artistes, des commissaires, du talent et pas d’argent

    Après l’annulation de la manifestation d’art contemporain de Marrakech, celle de Casablanca a connu une ouverture chaotique, faute de fonds.

    Les biennales d’art contemporain fleurissent au Maroc, mais elles tiennent difficilement la distance. La cuvée 2018 de celle de Marrakech, qui devait se tenir en février, a ainsi été reportée sine die. Et c’est dans un chaos total que la quatrième édition de la Biennale de Casablanca a été inaugurée, le 26 octobre.

    « Une minute de silence pour les artistes de la Biennale », a réclamé le jour du vernissage le performeur Mehryl Levisse, relayant le malaise de ses confrères. Arrivés quelques jours avant le coup d’envoi pour monter leurs projets, certains d’entre eux se sont retrouvés sans logement ni prise en charge de leurs frais de séjour. D’autres ont été contraints de revoir leurs ambitions artistiques à la baisse faute de matériel technique. Les troublantes photos de la Tunisienne Héla Ammar ont été imprimées et encadrées à la va-vite. Le Franco-Marocain Mehdi-Georges Lahlou a dû se résoudre à ne présenter qu’une vidéo de fin d’études… Quant au duo germano-marocain Katrin Ströbel-Mohammed Laouli, il a finalement décidé de se retirer de la manifestation.

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    Excédés par une situation « en contradiction avec les promesses faites », seize artistes avaient adressé le 23 octobre un courrier rageur aux organisateurs. « Alors que vous nous avez annoncé et [avez] officialisé un programme assez ambitieux au début, nous nous retrouvons aujourd’hui face à un projet sans aucune aide à la production », écrivent-ils. Et de conclure : « Lorsque le budget n’est pas garanti, il est préférable d’inviter moins d’artistes et d’exposer leurs œuvres dans des conditions décentes – ou alors de ne tout simplement pas faire de biennale. »

    Retraits de sponsors

    Un air de déjà-vu… Malgré la qualité des commissaires invités et le niveau globalement bon des propositions artistiques, les événements de Marrakech et de Casablanca ont été plombés par le dilettantisme de leurs organisateurs. Lancée en 2004 par la Britannique Vanessa Branson – sœur du patron de Virgin, Richard Branson – avec une modeste dotation d’environ 20 000 euros, la Biennale de Marrakech avait gagné en notoriété sans jamais atteindre la stabilité financière. Lasse de combler les pertes après plusieurs éditions déficitaires, la fondatrice, qui faisait dans le même temps fructifier son hôtel de luxe, le Riad El Fenn, avait passé la main en 2014 à l’architecte Amine Kabbaj. A charge pour lui de rendre la manifestation viable. En 2016, celle-ci affichait un budget de 1,3 million d’euros. Nonobstant son succès public (près de 100 000 visiteurs) et critique, elle s’est achevée sur un déficit de 300 000 euros. En cause, le retrait de quelques sponsors et des problèmes chroniques de gestion.

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    A Casablanca, le scénario est peu ou prou identique. Pour justifier les dysfonctionnements, Mostapha Romli, fondateur en 2012 de l’événement, se retranche derrière la perte, un mois avant le coup d’envoi de l’édition 2018, de son principal sponsor, l’agence d’événementiel Casablanca Events et Animation. Cette société de droit privé à capitaux publics devait apporter environ 80 000 euros, soit la moitié du budget total. Le contrat devait être conclu dans le courant du mois d’août, mais d’après la société, que nous avons contactée, rien n’avait été formalisé.

    Autre point noir, dans les deux cas, l’absence d’appui public. La Biennale de Casablanca a bénéficié d’une aide de 18 000 euros du ministère de la culture, mais n’a pas perçu un dirham de la municipalité, pourtant régulièrement sollicitée. « A Marrakech, nous avions le patronage du roi mais pas d’argent public, confie de son côté Vanessa Branson. Tout reposait sur le secteur privé et le bénévolat. Nous arrivions par exemple à obtenir des chambres d’hôtel pour les invités, mais il était difficile de disposer de liquidités pour payer les salaires. »

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    Abdellah Karroum, fondateur du centre d’art L’Appartement 22, à Rabat, et commissaire en 2009 de la Biennale de Marrakech, va plus loin : « Le ministère de la culture est simplement absent et ne compte aucun expert dans ses équipes. Loin de toute logique d’intérêt commun, la Fondation nationale des musées [FNM] agit de manière totalement irresponsable et méprise les artistes et les experts locaux qui travaillent auprès des publics et des réseaux marocains, africains et internationaux. »

    Rendez-vous porté par le pouvoir

    Cette même fondation, directement liée au Palais, chapeaute la future Biennale de Rabat, avec une volonté que résume son président, Mehdi Qotbi : « avoir une Biennale qui marche avec un retentissement international ». Pour cela, la FNM promet de débloquer 420 000 euros. Le reste du budget sera alimenté par des partenaires privés, qui, pour plaire au roi, seront sans doute plus nombreux qu’à Marrakech ou Casablanca…

    Ce nouveau rendez-vous porté par le pouvoir a fait appel pour orchestrer sa première édition, prévue en 2019, à l’Algérien Abdelkader Damani, directeur en France du Fonds régional d’art contemporain Centre-Val de Loire, à Orléans, et co-commissaire de la Biennale de Dakar en 2014. Pour se distinguer des autres manifestations de ce type, celui-ci a invité uniquement des artistes femmes, une cinquantaine au total, notamment la cinéaste marocaine Tala Hadid, l’artiste nigériane Marcia Kure et la chorégraphe marocaine Bouchra Ouizguen. « On ne veut pas transformer la femme en sujet, mais faire un transfert de parole », assure-t-il, saluant au passage celles qui « sont seules à tenir les équilibres et protéger de la folie des hommes ».

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    A Casablanca, une autre femme tente aussi de « tenir les équilibres ». La directrice artistique de cette Biennale 2018, la très respectée historienne de l’art et critique franco-camerounaise Christine Eyene, a tenté avec flegme et bienveillance de réduire les dégâts. Et malgré un contexte peu propice, elle a déjà signé pour l’édition 2020, avec l’assurance de pouvoir choisir ses équipes. « Le Maroc a du potentiel, dit-elle, mais il faut engager les choses en amont et probablement chercher des fonds à l’étranger. »

    Biennale internationale de Casablanca, « Récits des bords de l’eau », jusqu’au 2 décembre dans différents lieux de Casablanca, Maroc, www.biennalecasablanca.org

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  • Une machination visait à faire tomber le procureur Robert Mueller, qui enquête sur Donald Trump

    Une machination visait à faire tomber le procureur Robert Mueller, qui enquête sur Donald Trump

    L’affaire oscille entre l’inquiétant et le saugrenu pour basculer franchement dans le ridicule. Une campagne de diffamation visant le procureur spécial Robert Mueller a été déjouée mardi 30 octobre, avant même d’avoir été réellement lancée. Son but aurait été de mêler le nom de M. Mueller à des accusations d’agressions sexuelles dans le but de l’affaiblir dans son travail d’enquête sur les possibles liens entre Moscou et des individus liés à la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016.

    Cette entreprise marquée du sceau de l’amateurisme le plus effarant semble avoir été orchestrée par des personnalités douteuses, grenouillant à l’extrême droite des réseaux sociaux et connues pour divers épisodes passés mêlant désinformation, soif de médiatisation, théorie conspirationniste et litiges divers. S’y ajoutent dans ce cas-ci de faux comptes LinkedIn de professionnels du renseignement – l’un d’entre eux illustré par un portrait de l’acteur allemand Christopher Waltz –, une officine d’intelligence économique qui s’avérera parfaitement imaginaire et surtout de grosses sommes d’argent proposées à d’anciennes collaboratrices supposées de M. Mueller contre de faux témoignages d’agressions sexuelles le concernant.

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    Le faux témoignage de « Lorraine Parsons »

    Tout commence pourtant de la manière la plus sérieuse qui soit : une demande formelle d’enquête envoyée mardi par le bureau du procureur spécial Robert Mueller, l’homme que les partisans les plus radicaux de Donald Trump rêvent de voir tomber, à la police fédérale américaine, le FBI. En cause, des allégations dont les équipes de M. Mueller avaient eu connaissance la semaine dernière et selon lesquelles des femmes s’étaient vu proposer de l’argent pour porter des accusations fallacieuses à son encontre.

    D’après le New York Times, dès le 17 octobre, une personne se présentant comme Lorraine Parsons a commencé à entrer en contact avec des journalistes afin de leur faire part d’une offre de cette nature dont elle avait été récemment la cible. Elle leur a notamment fait état d’un premier appel émis par un certain Bill Christensen, désireux d’obtenir des informations sur le procureur spécial M. Mueller, avec lequel elle dit avoir travaillé au début des années 1970.

    Par la suite, ce M. Christensen lui aurait proposé, toujours selon le New York Times, la somme de 50 000 dollars pour qu’elle porte des accusations de harcèlement sexuel et de harcèlement au travail contre M. Mueller. Le prix de ce mensonge était assorti d’une prime de 10 000 dollars s’il était proféré dans des délais brefs, d’après les déclarations de Lorraine Parsons. Les journalistes contactés ne sont toutefois pas parvenus à obtenir un témoignage verbal de la part de Mme Parsons et ses traces en ligne sont inexistantes, des éléments qui pourraient indiquer que la personne en question a eu recours à un pseudonyme.

    Dans ses échanges avec Lorraine Parsons, ce Bill Christensen dit travailler pour l’avocat et lobbyiste conservateur Jack Burkman, un individu qui s’est illustré au cours des dernières années par des théories du complot fantaisistes conçues pour nuire au camp démocrate et aux adversaires de Donald Trump. M. Burkman s’est notamment fait connaître par son adhésion à une thèse conspirationniste imputant la mort de Seth Rich, un jeune employé du parti démocrate tué selon la police lors d’un vol à main armée qui a mal tourné, à une machination de membres de « l’Etat profond » (« deep State »). Selon ce discours, qui a rencontré un certain écho, ses tueurs, à la solde des ennemis de Donald Trump, auraient été chargés de punir un mauvais élément susceptible de trahir son parti en révélant des informations sensibles.

    Contacté par le site d’information américain The Daily Beast, M. Burkman a un positionnement des plus contradictoires. Tout en niant son implication dans cette affaire d’achat de faux témoignage contre le procureur spécial Robert Mueller, il prétend disposer d’un témoin en mesure d’établir des faits de harcèlement sexuel le concernant et qu’il entend le présenter lors d’une conférence de presse prévue jeudi. Par le passé, M. Burkman s’est déjà couvert de ridicule en organisant de tels événements censés présenter des témoins mystérieux porteurs de scandales mais qui ont systématiquement fait flop.

    Deuxième tentative : le faux cabinet de Jacob Wohl

    Une autre tentative d’achat de faux témoignage a été révélée. Elle concerne cette fois une professeure de la faculté de droit du Vermont, Jennifer Taub. Mme Taub a en effet affirmé au site d’information du mensuel The Atlantic avoir reçu le 22 octobre un courrier électronique lui demandant contre des sommes d’argent restant à négocier des informations compromettantes au sujet du passé du procureur spécial Mueller. Or Mme Taub ne l’a jamais rencontré, détail que semblait ignorer l’expéditeur. Ce dernier se présente sous le nom de Simon Frick et se dit employé d’une officine de renseignement privée baptisée Surefire Intelligence.

    Photographies d’illustration représentant des poignées de mains costumées, des gratte-ciel et des silhouettes de businessmen à contre-jour devant des baies vitrées aux stores baissés, slogans ciselés, le site Internet de cette firme a toutes les apparences de l’authenticité. Pourtant, l’entreprise Surefire Intelligence qui est entrée en relation avec Mme Taub n’existe pas. Sur le réseau social professionnel Linkedin, le Simon Frick ayant contacté Mme Taub a pour photographie de profil un portrait de l’acteur austro-allemand Christopher Waltz, pourtant connu aux Etats-Unis pour son rôle dans Django Unchained, le film de Quentin Tarantino.

    Le caractère grossier de ce faux prend toute sa saveur à mesure que l’on découvre les autres profils LinkedIn liés au cabinet Surefire, aujourd’hui désactivés, mais que les journalistes du site d’investigation Bellingcat ont pu consulter. La chef de bureau de l’officine à Tel Aviv, Talia Yaniv, a le visage de la mannequin israélienne Bar Rafaeli. Son chef de bureau à Washington a les traits de Jim Simpson, l’époux de l’actrice américaine Sigourney Weaver, et le portrait attribué à son chef adjoint des opérations est en fait une photographie d’un pasteur établi dans le Michigan. Surefire est donc une coquille vide, maladroitement maquillée, et que les enquêteurs de Bellingcat n’ont eu aucun mal à rattacher à un agitateur d’extrême droite très actif sur Twitter, où il se présente comme « financier et commentateur politique âgé de vingt ans » : Jacob Wohl. La photographie de profil d’un certain Matthew Cohen, le chef supposé de Surefire, n’est d’ailleurs qu’une version assombrie d’un portrait de Jacob Wohl.

    M. Wohl, figure connue des communautés en ligne de l’extrême droite américaine, qui doit une partie de sa notoriété à des retweets de Donald Trump, est aussi connu pour avoir lancé à la fin de son adolescence un hedge found aux activités litigieuses. Il se trouve par ailleurs être, selon Daily Beast, un ami de Jack Burkman, le lobbyiste conspirationniste pour le compte duquel la première proposition d’achat de faux témoignage contre le procureur spécial Robert Mueller a été formulée à la personne qui s’est présentée aux médias américains comme Lorraine Parsons.

    Avant que l’affaire ne s’effondre et ne révèle toute son ineptie, Jacob Wohl avait tenté de mettre ceux qui le suivent sur Twitter en appétit en annonçant mardi un scandale à venir concernant le procureur spécial Robert Mueller.

    Le même jour, après la demande d’enquête du FBI, la publication conservatrice The Gateway Pundit – dont M. Wohl est un collaborateur –, qui devait publier des documents censés accabler Robert Mueller, s’est finalement rétractée, affirmant examiner encore les pièces à conviction vraisemblablement fallacieuses d’un scandale mort-né.

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  • Au Nigeria, la répression de religieux chiites fait craindre un regain de violences

    Au Nigeria, la répression de religieux chiites fait craindre un regain de violences

    Afrique

    Au Nigeria, la répression de religieux chiites fait craindre un regain de violences

    Texte par FRANCE 24

    Dernière modification : 31/10/2018

    Les forces de l’ordre nigérianes ont tiré sur les manifestants d’un groupe religieux chiite, mardi, à Abuja, alors qu’au moins six personnes ont été tuées dans une répression brutale en trois jours.

    Les forces de l’ordre nigérianes ont tiré, mardi 30 octobre, à balles réelles sur les manifestants du Mouvement islamique du Nigeria (IMN), un groupe radical chiite, à Abuja, faisant six blessés. En trois jours, au moins six personnes ont été tuées dans des circonstances similaires, lors de protestations organisées par l’IMN en soutien à leur leader Ibrahim Zakzaky, emprisonné depuis près de trois ans.

    Selon le porte-parole du groupe islamiste, Ibrahim Musa, la manifestation avait démarré “pacifiquement” dans la capitale fédérale. “Alors que nous marchions vers le centre-ville, des policiers armés et d’autres forces de sécurité ont tiré à balles réelles et des gaz lacrymogènes sur nous”, a-t-il ajouté.

    L’armée a déclaré avoir abattu les manifestants pour se défendre contre une attaque menée par les membres de l’IMN, qui avaient selon elle usé d’armes à feu et de cocktails Molotov.

    >> À voir : le calvaire des réfugiés camerounais au Nigeria

    L’IMN a vivement démenti cette version officielle, assurant que les soldats avaient tiré sur des manifestants pacifiques et tué 21 personnes durant la seule journée de lundi.

    Le leader du Mouvement islamique du Nigeria, Ibrahim Zakzaky, est incarcéré depuis les violentes manifestations qui avaient secoué Zaria, dans le nord du Nigeria, en décembre 2015.

    Des groupes de défense des droits de l’Homme avaient alors accusé les militaires d’avoir tué plus de 300 chiites durant ces manifestations et de les avoir ensuite enterrés dans des fosses communes, ce que l’armée a démenti. Depuis, la justice n’a toujours pas été rendue, selon Amnesty International.

    Le risque d’un nouveau scénario à la Boko Haram

    Ibrahim Zakzaky conteste l’autorité d’Abuja depuis des années et souhaite établir un État islamique chiite à l’iranienne dans un pays où les musulmans sunnites sont très largement majoritaires.

    Depuis son arrestation, le sexagénaire, qui est paralysé et a perdu un œil dans les violences de 2015, n’a été vu en public que deux fois. Fin 2016, un tribunal fédéral avait jugé la détention du leader chiite illégale et ordonné sa libération. Mais cette décision n’a jamais été exécutée par les autorités.

    En avril, au moins 115 personnes avaient été arrêtées durant des marches de protestation à Abuja. Les processions de l’IMN lors de la fête religieuse annuelle de l’Achoura ont également souvent été sources de tensions avec les autorités, comme en novembre 2016, lorsque 10 personnes avaient été tuées près de Kano (nord).

    >> À lire : les visages de la résistance à Boko Haram

    La répression musclée des membres de l’IMN fait craindre à certains observateurs une escalade de la violence, voire un scénario à la Boko Haram. Le groupe jihadiste, qui mène depuis neuf ans une sanglante insurrection dans le Nord-Est, contestait surtout au départ la mauvaise gouvernance et la corruption des autorités.

    “Si nous remontons aux débuts de Boko Haram, ce sont les assassinats de personnes innocentes qui ont galvanisé le recrutement. C’est ainsi que le terrorisme fonctionne”, a déclaré Amaechi Nwokolo, analyste en sécurité à l’Institut romain d’études internationales d’Abuja.

    Avec AFP

    Première publication : 31/10/2018

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  • Ghana: l’ex-patron de la Fédération Kwesi Nyantakyi suspendu à vie

    Ghana: l’ex-patron de la Fédération Kwesi Nyantakyi suspendu à vie

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  • Italie. Un calendrier Mussolini dans les kiosques, comme si de rien n’était

    Italie. Un calendrier Mussolini dans les kiosques, comme si de rien n’était

    Publié le

    Un matin, l’écrivain Paolo Giordano tombe nez à nez, dans un kiosque, avec un calendrier à l’effigie du Duce. Si la question d’un retour du fascisme resurgit régulièrement dans le débat italien, il lui semble qu’elle se pose aujourd’hui avec une acuité nouvelle. Quand, et comment, la présence d’un tel calendrier est-elle devenue pire qu’acceptable : anodine ?

    Dimanche, gare de Rome-Termini, huit heures du matin. Les gens ont l’air plus dispos que d’habitude. L’effet du passage à l’heure d’hiver, peut-être. J’entre dans un kiosque pour acheter de l’eau et des journaux. Il y a un peu d’attente à la caisse.

    Dans un premier temps, je le remarque sans vraiment le reconnaître, comme si mon esprit se refusait à enregistrer cette anomalie. C’est un mécanisme cérébral assez courant, qui fait que l’on se refuse à voir les choses quand elles apparaissent là où l’on ne s’attendrait jamais à les voir.

    Et pourtant cela ne fait pourtant aucun doute, il est bien là : entre le calendrier de la Juventus et celui de Mission impossible,

    […]

    Paolo Giordano

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  • ONU : Geir Pedersen nommé nouvel émissaire pour la Syrie

    ONU : Geir Pedersen nommé nouvel émissaire pour la Syrie

    Le diplomate norvégien Geir Pedersen a été nommé, mercredi 31 octobre, comme nouvel émissaire de l’ONU pour la Syrie. Il devient ainsi le quatrième négociateur chargé de trouver une solution pacifique au conflit qui dure depuis 2011.

    Il prendra ses fonctions fin novembre, a précisé un porte-parole de l’ONU, et succédera à l’Italo-Suédois Staffan de Mistura, qui avait annoncé son départ en octobre après quatre ans de travail infructueuses. M. Pedersen l’avait déjà remplacé en 2005 au Liban comme représentant personnel du secrétaire général de l’ONU dans le sud du Liban, avant de devenir coordinateur spécial de l’ONU pour le Liban jusqu’en 2008.

    Lire aussi :   Avec la réouverture de sa frontière avec la Jordanie, Damas sort de l’isolement

    Actuellement ambassadeur de Norvège en Chine, M. Pedersen avait auparavant représenté son pays auprès de l’ONU, entre 2012 et 2017. Diplomate chevronné, il a notamment participé à l’équipe norvégienne aux négociations secrètes qui conduisirent en 1993 aux accords d’Oslo entre des négociateurs israéliens et palestiniens.M. Pedersen a également représenté son pays de 1998 à 2003 auprès de l’Autorité palestinienne, après avoir exercé diverses responsabilités entre 1995 et 1998 au ministère des affaires étrangères norvégien.

    Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres avait informé le Conseil de sécurité de son intention de nommer M. Pedersen dans une lettre que l’AFP a pu consulter dans la nuit de mardi à mercredi. « Je suis heureux de vous informer de mon intention d’annoncer la nomination de M. Geir O. Pedersen comme mon envoyé spécial pour la Syrie. En prenant cette décision, j’ai demandé de nombreux avis, y compris celui du gouvernement de la République arabe de Syrie », a notamment écrit M. Guterres.

    « Solution politique complète et crédible »

    « M. Pedersen va soutenir les parties syriennes en facilitant une solution politique complète et crédible, en mesure de satisfaire les aspirations du peuple syrien », a-t-il ajouté. Le secrétaire général de l’ONU remercie également M. de Mistura pour ses « efforts » visant à ramener la paix en Syrie.

    Du côté de l’opposition syrienne, le porte-parole du CNS (le Comité des négociations syriennes, qui représente les principaux groupes d’opposition) Yahya Al-Aridi a estimé que le changement d’émissaire n’aurait guère d’impact sur le sort de son pays s’il n’y avait pas de volonté internationale et de consensus sur une feuille de route politique.

    « Cet homme a de l’expérience, allant de l’Irak au Liban et aux Nations unies, a-t-il déclaré à l’AFP. Nous espérons qu’il sera plus ferme et nommera immédiatement les choses par leur nom. Davantage de cajoleries et d’apaisement, ce n’est pas ce dont le dossier syrien a besoin actuellement. »

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