Author: Don Kayembe

  • Biennales au Maroc : des artistes, des commissaires, du talent et pas d’argent

    Biennales au Maroc : des artistes, des commissaires, du talent et pas d’argent

    Aprùs l’annulation de la manifestation d’art contemporain de Marrakech, celle de Casablanca a connu une ouverture chaotique, faute de fonds.

    Les biennales d’art contemporain fleurissent au Maroc, mais elles tiennent difficilement la distance. La cuvĂ©e 2018 de celle de Marrakech, qui devait se tenir en fĂ©vrier, a ainsi Ă©tĂ© reportĂ©e sine die. Et c’est dans un chaos total que la quatriĂšme Ă©dition de la Biennale de Casablanca a Ă©tĂ© inaugurĂ©e, le 26 octobre.

    « Une minute de silence pour les artistes de la Biennale », a rĂ©clamĂ© le jour du vernissage le performeur Mehryl Levisse, relayant le malaise de ses confrĂšres. ArrivĂ©s quelques jours avant le coup d’envoi pour monter leurs projets, certains d’entre eux se sont retrouvĂ©s sans logement ni prise en charge de leurs frais de sĂ©jour. D’autres ont Ă©tĂ© contraints de revoir leurs ambitions artistiques Ă  la baisse faute de matĂ©riel technique. Les troublantes photos de la Tunisienne HĂ©la Ammar ont Ă©tĂ© imprimĂ©es et encadrĂ©es Ă  la va-vite. Le Franco-Marocain Mehdi-Georges Lahlou a dĂ» se rĂ©soudre Ă  ne prĂ©senter qu’une vidĂ©o de fin d’études
 Quant au duo germano-marocain Katrin Ströbel-Mohammed Laouli, il a finalement dĂ©cidĂ© de se retirer de la manifestation.

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    ExcĂ©dĂ©s par une situation « en contradiction avec les promesses faites », seize artistes avaient adressĂ© le 23 octobre un courrier rageur aux organisateurs. « Alors que vous nous avez annoncĂ© et [avez] officialisĂ© un programme assez ambitieux au dĂ©but, nous nous retrouvons aujourd’hui face Ă  un projet sans aucune aide Ă  la production », Ă©crivent-ils. Et de conclure : « Lorsque le budget n’est pas garanti, il est prĂ©fĂ©rable d’inviter moins d’artistes et d’exposer leurs Ɠuvres dans des conditions dĂ©centes – ou alors de ne tout simplement pas faire de biennale. »

    Retraits de sponsors

    Un air de dĂ©jĂ -vu
 MalgrĂ© la qualitĂ© des commissaires invitĂ©s et le niveau globalement bon des propositions artistiques, les Ă©vĂ©nements de Marrakech et de Casablanca ont Ă©tĂ© plombĂ©s par le dilettantisme de leurs organisateurs. LancĂ©e en 2004 par la Britannique Vanessa Branson – sƓur du patron de Virgin, Richard Branson – avec une modeste dotation d’environ 20 000 euros, la Biennale de Marrakech avait gagnĂ© en notoriĂ©tĂ© sans jamais atteindre la stabilitĂ© financiĂšre. Lasse de combler les pertes aprĂšs plusieurs Ă©ditions dĂ©ficitaires, la fondatrice, qui faisait dans le mĂȘme temps fructifier son hĂŽtel de luxe, le Riad El Fenn, avait passĂ© la main en 2014 Ă  l’architecte Amine Kabbaj. A charge pour lui de rendre la manifestation viable. En 2016, celle-ci affichait un budget de 1,3 million d’euros. Nonobstant son succĂšs public (prĂšs de 100 000 visiteurs) et critique, elle s’est achevĂ©e sur un dĂ©ficit de 300 000 euros. En cause, le retrait de quelques sponsors et des problĂšmes chroniques de gestion.

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    A Casablanca, le scĂ©nario est peu ou prou identique. Pour justifier les dysfonctionnements, Mostapha Romli, fondateur en 2012 de l’évĂ©nement, se retranche derriĂšre la perte, un mois avant le coup d’envoi de l’édition 2018, de son principal sponsor, l’agence d’évĂ©nementiel Casablanca Events et Animation. Cette sociĂ©tĂ© de droit privĂ© Ă  capitaux publics devait apporter environ 80 000 euros, soit la moitiĂ© du budget total. Le contrat devait ĂȘtre conclu dans le courant du mois d’aoĂ»t, mais d’aprĂšs la sociĂ©tĂ©, que nous avons contactĂ©e, rien n’avait Ă©tĂ© formalisĂ©.

    Autre point noir, dans les deux cas, l’absence d’appui public. La Biennale de Casablanca a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une aide de 18 000 euros du ministĂšre de la culture, mais n’a pas perçu un dirham de la municipalitĂ©, pourtant rĂ©guliĂšrement sollicitĂ©e. « A Marrakech, nous avions le patronage du roi mais pas d’argent public, confie de son cĂŽtĂ© Vanessa Branson. Tout reposait sur le secteur privĂ© et le bĂ©nĂ©volat. Nous arrivions par exemple Ă  obtenir des chambres d’hĂŽtel pour les invitĂ©s, mais il Ă©tait difficile de disposer de liquiditĂ©s pour payer les salaires. »

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    Abdellah Karroum, fondateur du centre d’art L’Appartement 22, Ă  Rabat, et commissaire en 2009 de la Biennale de Marrakech, va plus loin : « Le ministĂšre de la culture est simplement absent et ne compte aucun expert dans ses Ă©quipes. Loin de toute logique d’intĂ©rĂȘt commun, la Fondation nationale des musĂ©es [FNM] agit de maniĂšre totalement irresponsable et mĂ©prise les artistes et les experts locaux qui travaillent auprĂšs des publics et des rĂ©seaux marocains, africains et internationaux. »

    Rendez-vous porté par le pouvoir

    Cette mĂȘme fondation, directement liĂ©e au Palais, chapeaute la future Biennale de Rabat, avec une volontĂ© que rĂ©sume son prĂ©sident, Mehdi Qotbi : « avoir une Biennale qui marche avec un retentissement international ». Pour cela, la FNM promet de dĂ©bloquer 420 000 euros. Le reste du budget sera alimentĂ© par des partenaires privĂ©s, qui, pour plaire au roi, seront sans doute plus nombreux qu’à Marrakech ou Casablanca


    Ce nouveau rendez-vous portĂ© par le pouvoir a fait appel pour orchestrer sa premiĂšre Ă©dition, prĂ©vue en 2019, Ă  l’AlgĂ©rien Abdelkader Damani, directeur en France du Fonds rĂ©gional d’art contemporain Centre-Val de Loire, Ă  OrlĂ©ans, et co-commissaire de la Biennale de Dakar en 2014. Pour se distinguer des autres manifestations de ce type, celui-ci a invitĂ© uniquement des artistes femmes, une cinquantaine au total, notamment la cinĂ©aste marocaine Tala Hadid, l’artiste nigĂ©riane Marcia Kure et la chorĂ©graphe marocaine Bouchra Ouizguen. « On ne veut pas transformer la femme en sujet, mais faire un transfert de parole », assure-t-il, saluant au passage celles qui « sont seules Ă  tenir les Ă©quilibres et protĂ©ger de la folie des hommes ».

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    A Casablanca, une autre femme tente aussi de « tenir les Ă©quilibres ». La directrice artistique de cette Biennale 2018, la trĂšs respectĂ©e historienne de l’art et critique franco-camerounaise Christine Eyene, a tentĂ© avec flegme et bienveillance de rĂ©duire les dĂ©gĂąts. Et malgrĂ© un contexte peu propice, elle a dĂ©jĂ  signĂ© pour l’édition 2020, avec l’assurance de pouvoir choisir ses Ă©quipes. « Le Maroc a du potentiel, dit-elle, mais il faut engager les choses en amont et probablement chercher des fonds Ă  l’étranger. »

    Biennale internationale de Casablanca, « RĂ©cits des bords de l’eau », jusqu’au 2 dĂ©cembre dans diffĂ©rents lieux de Casablanca, Maroc, www.biennalecasablanca.org

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  • Une machination visait Ă  faire tomber le procureur Robert Mueller, qui enquĂȘte sur Donald Trump

    Une machination visait Ă  faire tomber le procureur Robert Mueller, qui enquĂȘte sur Donald Trump

    L’affaire oscille entre l’inquiĂ©tant et le saugrenu pour basculer franchement dans le ridicule. Une campagne de diffamation visant le procureur spĂ©cial Robert Mueller a Ă©tĂ© dĂ©jouĂ©e mardi 30 octobre, avant mĂȘme d’avoir Ă©tĂ© rĂ©ellement lancĂ©e. Son but aurait Ă©tĂ© de mĂȘler le nom de M. Mueller Ă  des accusations d’agressions sexuelles dans le but de l’affaiblir dans son travail d’enquĂȘte sur les possibles liens entre Moscou et des individus liĂ©s Ă  la campagne prĂ©sidentielle de Donald Trump en 2016.

    Cette entreprise marquĂ©e du sceau de l’amateurisme le plus effarant semble avoir Ă©tĂ© orchestrĂ©e par des personnalitĂ©s douteuses, grenouillant Ă  l’extrĂȘme droite des rĂ©seaux sociaux et connues pour divers Ă©pisodes passĂ©s mĂȘlant dĂ©sinformation, soif de mĂ©diatisation, thĂ©orie conspirationniste et litiges divers. S’y ajoutent dans ce cas-ci de faux comptes LinkedIn de professionnels du renseignement – l’un d’entre eux illustrĂ© par un portrait de l’acteur allemand Christopher Waltz –, une officine d’intelligence Ă©conomique qui s’avĂ©rera parfaitement imaginaire et surtout de grosses sommes d’argent proposĂ©es Ă  d’anciennes collaboratrices supposĂ©es de M. Mueller contre de faux tĂ©moignages d’agressions sexuelles le concernant.

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    Le faux témoignage de « Lorraine Parsons »

    Tout commence pourtant de la maniĂšre la plus sĂ©rieuse qui soit : une demande formelle d’enquĂȘte envoyĂ©e mardi par le bureau du procureur spĂ©cial Robert Mueller, l’homme que les partisans les plus radicaux de Donald Trump rĂȘvent de voir tomber, Ă  la police fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine, le FBI. En cause, des allĂ©gations dont les Ă©quipes de M. Mueller avaient eu connaissance la semaine derniĂšre et selon lesquelles des femmes s’étaient vu proposer de l’argent pour porter des accusations fallacieuses Ă  son encontre.

    D’aprĂšs le New York Times, dĂšs le 17 octobre, une personne se prĂ©sentant comme Lorraine Parsons a commencĂ© Ă  entrer en contact avec des journalistes afin de leur faire part d’une offre de cette nature dont elle avait Ă©tĂ© rĂ©cemment la cible. Elle leur a notamment fait Ă©tat d’un premier appel Ă©mis par un certain Bill Christensen, dĂ©sireux d’obtenir des informations sur le procureur spĂ©cial M. Mueller, avec lequel elle dit avoir travaillĂ© au dĂ©but des annĂ©es 1970.

    Par la suite, ce M. Christensen lui aurait proposĂ©, toujours selon le New York Times, la somme de 50 000 dollars pour qu’elle porte des accusations de harcĂšlement sexuel et de harcĂšlement au travail contre M. Mueller. Le prix de ce mensonge Ă©tait assorti d’une prime de 10 000 dollars s’il Ă©tait profĂ©rĂ© dans des dĂ©lais brefs, d’aprĂšs les dĂ©clarations de Lorraine Parsons. Les journalistes contactĂ©s ne sont toutefois pas parvenus Ă  obtenir un tĂ©moignage verbal de la part de Mme Parsons et ses traces en ligne sont inexistantes, des Ă©lĂ©ments qui pourraient indiquer que la personne en question a eu recours Ă  un pseudonyme.

    Dans ses Ă©changes avec Lorraine Parsons, ce Bill Christensen dit travailler pour l’avocat et lobbyiste conservateur Jack Burkman, un individu qui s’est illustrĂ© au cours des derniĂšres annĂ©es par des thĂ©ories du complot fantaisistes conçues pour nuire au camp dĂ©mocrate et aux adversaires de Donald Trump. M. Burkman s’est notamment fait connaĂźtre par son adhĂ©sion Ă  une thĂšse conspirationniste imputant la mort de Seth Rich, un jeune employĂ© du parti dĂ©mocrate tuĂ© selon la police lors d’un vol Ă  main armĂ©e qui a mal tournĂ©, Ă  une machination de membres de « l’Etat profond » (« deep State »). Selon ce discours, qui a rencontrĂ© un certain Ă©cho, ses tueurs, Ă  la solde des ennemis de Donald Trump, auraient Ă©tĂ© chargĂ©s de punir un mauvais Ă©lĂ©ment susceptible de trahir son parti en rĂ©vĂ©lant des informations sensibles.

    ContactĂ© par le site d’information amĂ©ricain The Daily Beast, M. Burkman a un positionnement des plus contradictoires. Tout en niant son implication dans cette affaire d’achat de faux tĂ©moignage contre le procureur spĂ©cial Robert Mueller, il prĂ©tend disposer d’un tĂ©moin en mesure d’établir des faits de harcĂšlement sexuel le concernant et qu’il entend le prĂ©senter lors d’une confĂ©rence de presse prĂ©vue jeudi. Par le passĂ©, M. Burkman s’est dĂ©jĂ  couvert de ridicule en organisant de tels Ă©vĂ©nements censĂ©s prĂ©senter des tĂ©moins mystĂ©rieux porteurs de scandales mais qui ont systĂ©matiquement fait flop.

    DeuxiÚme tentative : le faux cabinet de Jacob Wohl

    Une autre tentative d’achat de faux tĂ©moignage a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e. Elle concerne cette fois une professeure de la facultĂ© de droit du Vermont, Jennifer Taub. Mme Taub a en effet affirmĂ© au site d’information du mensuel The Atlantic avoir reçu le 22 octobre un courrier Ă©lectronique lui demandant contre des sommes d’argent restant Ă  nĂ©gocier des informations compromettantes au sujet du passĂ© du procureur spĂ©cial Mueller. Or Mme Taub ne l’a jamais rencontrĂ©, dĂ©tail que semblait ignorer l’expĂ©diteur. Ce dernier se prĂ©sente sous le nom de Simon Frick et se dit employĂ© d’une officine de renseignement privĂ©e baptisĂ©e Surefire Intelligence.

    Photographies d’illustration reprĂ©sentant des poignĂ©es de mains costumĂ©es, des gratte-ciel et des silhouettes de businessmen Ă  contre-jour devant des baies vitrĂ©es aux stores baissĂ©s, slogans ciselĂ©s, le site Internet de cette firme a toutes les apparences de l’authenticitĂ©. Pourtant, l’entreprise Surefire Intelligence qui est entrĂ©e en relation avec Mme Taub n’existe pas. Sur le rĂ©seau social professionnel Linkedin, le Simon Frick ayant contactĂ© Mme Taub a pour photographie de profil un portrait de l’acteur austro-allemand Christopher Waltz, pourtant connu aux Etats-Unis pour son rĂŽle dans Django Unchained, le film de Quentin Tarantino.

    Le caractĂšre grossier de ce faux prend toute sa saveur Ă  mesure que l’on dĂ©couvre les autres profils LinkedIn liĂ©s au cabinet Surefire, aujourd’hui dĂ©sactivĂ©s, mais que les journalistes du site d’investigation Bellingcat ont pu consulter. La chef de bureau de l’officine Ă  Tel Aviv, Talia Yaniv, a le visage de la mannequin israĂ©lienne Bar Rafaeli. Son chef de bureau Ă  Washington a les traits de Jim Simpson, l’époux de l’actrice amĂ©ricaine Sigourney Weaver, et le portrait attribuĂ© Ă  son chef adjoint des opĂ©rations est en fait une photographie d’un pasteur Ă©tabli dans le Michigan. Surefire est donc une coquille vide, maladroitement maquillĂ©e, et que les enquĂȘteurs de Bellingcat n’ont eu aucun mal Ă  rattacher Ă  un agitateur d’extrĂȘme droite trĂšs actif sur Twitter, oĂč il se prĂ©sente comme « financier et commentateur politique ĂągĂ© de vingt ans » : Jacob Wohl. La photographie de profil d’un certain Matthew Cohen, le chef supposĂ© de Surefire, n’est d’ailleurs qu’une version assombrie d’un portrait de Jacob Wohl.

    M. Wohl, figure connue des communautĂ©s en ligne de l’extrĂȘme droite amĂ©ricaine, qui doit une partie de sa notoriĂ©tĂ© Ă  des retweets de Donald Trump, est aussi connu pour avoir lancĂ© Ă  la fin de son adolescence un hedge found aux activitĂ©s litigieuses. Il se trouve par ailleurs ĂȘtre, selon Daily Beast, un ami de Jack Burkman, le lobbyiste conspirationniste pour le compte duquel la premiĂšre proposition d’achat de faux tĂ©moignage contre le procureur spĂ©cial Robert Mueller a Ă©tĂ© formulĂ©e Ă  la personne qui s’est prĂ©sentĂ©e aux mĂ©dias amĂ©ricains comme Lorraine Parsons.

    Avant que l’affaire ne s’effondre et ne rĂ©vĂšle toute son ineptie, Jacob Wohl avait tentĂ© de mettre ceux qui le suivent sur Twitter en appĂ©tit en annonçant mardi un scandale Ă  venir concernant le procureur spĂ©cial Robert Mueller.

    Le mĂȘme jour, aprĂšs la demande d’enquĂȘte du FBI, la publication conservatrice The Gateway Pundit – dont M. Wohl est un collaborateur –, qui devait publier des documents censĂ©s accabler Robert Mueller, s’est finalement rĂ©tractĂ©e, affirmant examiner encore les piĂšces Ă  conviction vraisemblablement fallacieuses d’un scandale mort-nĂ©.

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  • Au Nigeria, la rĂ©pression de religieux chiites fait craindre un regain de violences

    Au Nigeria, la répression de religieux chiites fait craindre un regain de violences

    Afrique

    Au Nigeria, la répression de religieux chiites fait craindre un regain de violences

    Texte par FRANCE 24

    DerniĂšre modification : 31/10/2018

    Les forces de l’ordre nigĂ©rianes ont tirĂ© sur les manifestants d’un groupe religieux chiite, mardi, Ă  Abuja, alors qu’au moins six personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es dans une rĂ©pression brutale en trois jours.

    Les forces de l’ordre nigĂ©rianes ont tirĂ©, mardi 30 octobre, Ă  balles rĂ©elles sur les manifestants du Mouvement islamique du Nigeria (IMN), un groupe radical chiite, Ă  Abuja, faisant six blessĂ©s. En trois jours, au moins six personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es dans des circonstances similaires, lors de protestations organisĂ©es par l’IMN en soutien Ă  leur leader Ibrahim Zakzaky, emprisonnĂ© depuis prĂšs de trois ans.

    Selon le porte-parole du groupe islamiste, Ibrahim Musa, la manifestation avait dĂ©marrĂ© “pacifiquement” dans la capitale fĂ©dĂ©rale. “Alors que nous marchions vers le centre-ville, des policiers armĂ©s et d’autres forces de sĂ©curitĂ© ont tirĂ© Ă  balles rĂ©elles et des gaz lacrymogĂšnes sur nous”, a-t-il ajoutĂ©.

    L’armĂ©e a dĂ©clarĂ© avoir abattu les manifestants pour se dĂ©fendre contre une attaque menĂ©e par les membres de l’IMN, qui avaient selon elle usĂ© d’armes Ă  feu et de cocktails Molotov.

    >> À voir : le calvaire des rĂ©fugiĂ©s camerounais au Nigeria

    L’IMN a vivement dĂ©menti cette version officielle, assurant que les soldats avaient tirĂ© sur des manifestants pacifiques et tuĂ© 21 personnes durant la seule journĂ©e de lundi.

    Le leader du Mouvement islamique du Nigeria, Ibrahim Zakzaky, est incarcéré depuis les violentes manifestations qui avaient secoué Zaria, dans le nord du Nigeria, en décembre 2015.

    Des groupes de dĂ©fense des droits de l’Homme avaient alors accusĂ© les militaires d’avoir tuĂ© plus de 300 chiites durant ces manifestations et de les avoir ensuite enterrĂ©s dans des fosses communes, ce que l’armĂ©e a dĂ©menti. Depuis, la justice n’a toujours pas Ă©tĂ© rendue, selon Amnesty International.

    Le risque d’un nouveau scĂ©nario Ă  la Boko Haram

    Ibrahim Zakzaky conteste l’autoritĂ© d’Abuja depuis des annĂ©es et souhaite Ă©tablir un État islamique chiite Ă  l’iranienne dans un pays oĂč les musulmans sunnites sont trĂšs largement majoritaires.

    Depuis son arrestation, le sexagĂ©naire, qui est paralysĂ© et a perdu un Ɠil dans les violences de 2015, n’a Ă©tĂ© vu en public que deux fois. Fin 2016, un tribunal fĂ©dĂ©ral avait jugĂ© la dĂ©tention du leader chiite illĂ©gale et ordonnĂ© sa libĂ©ration. Mais cette dĂ©cision n’a jamais Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©e par les autoritĂ©s.

    En avril, au moins 115 personnes avaient Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es durant des marches de protestation Ă  Abuja. Les processions de l’IMN lors de la fĂȘte religieuse annuelle de l’Achoura ont Ă©galement souvent Ă©tĂ© sources de tensions avec les autoritĂ©s, comme en novembre 2016, lorsque 10 personnes avaient Ă©tĂ© tuĂ©es prĂšs de Kano (nord).

    >> À lire : les visages de la rĂ©sistance Ă  Boko Haram

    La rĂ©pression musclĂ©e des membres de l’IMN fait craindre Ă  certains observateurs une escalade de la violence, voire un scĂ©nario Ă  la Boko Haram. Le groupe jihadiste, qui mĂšne depuis neuf ans une sanglante insurrection dans le Nord-Est, contestait surtout au dĂ©part la mauvaise gouvernance et la corruption des autoritĂ©s.

    “Si nous remontons aux dĂ©buts de Boko Haram, ce sont les assassinats de personnes innocentes qui ont galvanisĂ© le recrutement. C’est ainsi que le terrorisme fonctionne”, a dĂ©clarĂ© Amaechi Nwokolo, analyste en sĂ©curitĂ© Ă  l’Institut romain d’Ă©tudes internationales d’Abuja.

    Avec AFP

    PremiĂšre publication : 31/10/2018

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  • Ghana: l’ex-patron de la FĂ©dĂ©ration Kwesi Nyantakyi suspendu Ă  vie

    Ghana: l’ex-patron de la FĂ©dĂ©ration Kwesi Nyantakyi suspendu Ă  vie

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  • Italie. Un calendrier Mussolini dans les kiosques, comme si de rien n’était

    Italie. Un calendrier Mussolini dans les kiosques, comme si de rien n’était

    Publié le

    Un matin, l’écrivain Paolo Giordano tombe nez Ă  nez, dans un kiosque, avec un calendrier Ă  l’effigie du Duce. Si la question d’un retour du fascisme resurgit rĂ©guliĂšrement dans le dĂ©bat italien, il lui semble qu’elle se pose aujourd’hui avec une acuitĂ© nouvelle. Quand, et comment, la prĂ©sence d’un tel calendrier est-elle devenue pire qu’acceptable : anodine ?

    Dimanche, gare de Rome-Termini, huit heures du matin. Les gens ont l’air plus dispos que d’habitude. L’effet du passage Ă  l’heure d’hiver, peut-ĂȘtre. J’entre dans un kiosque pour acheter de l’eau et des journaux. Il y a un peu d’attente Ă  la caisse.

    Dans un premier temps, je le remarque sans vraiment le reconnaĂźtre, comme si mon esprit se refusait Ă  enregistrer cette anomalie. C’est un mĂ©canisme cĂ©rĂ©bral assez courant, qui fait que l’on se refuse Ă  voir les choses quand elles apparaissent lĂ  oĂč l’on ne s’attendrait jamais Ă  les voir.

    Et pourtant cela ne fait pourtant aucun doute, il est bien là : entre le calendrier de la Juventus et celui de Mission impossible,

    […]

    Paolo Giordano

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  • ONU : Geir Pedersen nommĂ© nouvel Ă©missaire pour la Syrie

    ONU : Geir Pedersen nommé nouvel émissaire pour la Syrie

    Le diplomate norvĂ©gien Geir Pedersen a Ă©tĂ© nommĂ©, mercredi 31 octobre, comme nouvel Ă©missaire de l’ONU pour la Syrie. Il devient ainsi le quatriĂšme nĂ©gociateur chargĂ© de trouver une solution pacifique au conflit qui dure depuis 2011.

    Il prendra ses fonctions fin novembre, a prĂ©cisĂ© un porte-parole de l’ONU, et succĂ©dera Ă  l’Italo-SuĂ©dois Staffan de Mistura, qui avait annoncĂ© son dĂ©part en octobre aprĂšs quatre ans de travail infructueuses. M. Pedersen l’avait dĂ©jĂ  remplacĂ© en 2005 au Liban comme reprĂ©sentant personnel du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU dans le sud du Liban, avant de devenir coordinateur spĂ©cial de l’ONU pour le Liban jusqu’en 2008.

    Lire aussi :   Avec la rĂ©ouverture de sa frontiĂšre avec la Jordanie, Damas sort de l’isolement

    Actuellement ambassadeur de NorvĂšge en Chine, M. Pedersen avait auparavant reprĂ©sentĂ© son pays auprĂšs de l’ONU, entre 2012 et 2017. Diplomate chevronnĂ©, il a notamment participĂ© Ă  l’équipe norvĂ©gienne aux nĂ©gociations secrĂštes qui conduisirent en 1993 aux accords d’Oslo entre des nĂ©gociateurs israĂ©liens et palestiniens.M. Pedersen a Ă©galement reprĂ©sentĂ© son pays de 1998 Ă  2003 auprĂšs de l’AutoritĂ© palestinienne, aprĂšs avoir exercĂ© diverses responsabilitĂ©s entre 1995 et 1998 au ministĂšre des affaires Ă©trangĂšres norvĂ©gien.

    Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU Antonio Guterres avait informĂ© le Conseil de sĂ©curitĂ© de son intention de nommer M. Pedersen dans une lettre que l’AFP a pu consulter dans la nuit de mardi Ă  mercredi. « Je suis heureux de vous informer de mon intention d’annoncer la nomination de M. Geir O. Pedersen comme mon envoyĂ© spĂ©cial pour la Syrie. En prenant cette dĂ©cision, j’ai demandĂ© de nombreux avis, y compris celui du gouvernement de la RĂ©publique arabe de Syrie », a notamment Ă©crit M. Guterres.

    « Solution politique complÚte et crédible »

    « M. Pedersen va soutenir les parties syriennes en facilitant une solution politique complĂšte et crĂ©dible, en mesure de satisfaire les aspirations du peuple syrien », a-t-il ajoutĂ©. Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU remercie Ă©galement M. de Mistura pour ses « efforts » visant Ă  ramener la paix en Syrie.

    Du cĂŽtĂ© de l’opposition syrienne, le porte-parole du CNS (le ComitĂ© des nĂ©gociations syriennes, qui reprĂ©sente les principaux groupes d’opposition) Yahya Al-Aridi a estimĂ© que le changement d’émissaire n’aurait guĂšre d’impact sur le sort de son pays s’il n’y avait pas de volontĂ© internationale et de consensus sur une feuille de route politique.

    « Cet homme a de l’expĂ©rience, allant de l’Irak au Liban et aux Nations unies, a-t-il dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP. Nous espĂ©rons qu’il sera plus ferme et nommera immĂ©diatement les choses par leur nom. Davantage de cajoleries et d’apaisement, ce n’est pas ce dont le dossier syrien a besoin actuellement. »

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  • « Tant que NĂ©tanyahou est au pouvoir, aucun Etat du Golfe ne reconnaĂźtra IsraĂ«l »

    « Tant que Nétanyahou est au pouvoir, aucun Etat du Golfe ne reconnaßtra Israël »

    Les dirigeants israĂ©liens ont multipliĂ© ces derniers jours les dĂ©placements dans le Golfe, alors qu’aucun Etat de cette rĂ©gion n’entretient de relations diplomatiques avec l’Etat hĂ©breu. Vendredi 26 octobre, Benyamin NĂ©tanyahou s’est rendu Ă  Oman, Ă  l’invitation du sultan Qabous. La derniĂšre visite d’un premier ministre israĂ©lien dans ce pays remontait Ă  1996, avec Shimon PĂ©rĂšs. Au mĂȘme moment, la ministre des sports de son gouvernement, Miri Regev, assistait Ă  un tournoi de judo Ă  Abou Dhabi, avant de visiter la mosquĂ©e Cheikh Zayed, fiertĂ© des Emirats arabes unis.

    Le ballet des officiels israĂ©liens dans le Golfe s’est poursuivi lundi avec la venue Ă  DubaĂŻ du ministre des communications Ayoub Kara, Ă  l’occasion d’une confĂ©rence internationale sur la cybersĂ©curitĂ©. Enfin, Israel Katz, le ministre des transports du gouvernement NĂ©tanyahou, est attendu cette semaine Ă  Oman, lĂ  aussi pour une confĂ©rence internationale.

    Le politologue Ă©mirien Abdelkhaleq Abdullah, rencontrĂ© Ă  DubaĂŻ, dĂ©crypte pour Le Monde les dessous du mouvement de rapprochement entre l’Etat hĂ©breu et les monarchies du Golfe.

    Quel intĂ©rĂȘt le sultan Qabous d’Oman avait-il Ă  recevoir Benyamin NĂ©tanyahou ?

    La version officielle dit qu’il s’agit de faciliter la reprise du processus de paix. Mais ce n’est pas du tout crĂ©dible. Avec un idĂ©ologue de droite comme NĂ©tanyahou au pouvoir en IsraĂ«l, la porte de la paix est fermĂ©e Ă  double tour. Tout le monde le sait. Alors pourquoi Qabous s’est-il livrĂ© Ă  cette opĂ©ration ? Je pense qu’il y a des Ă©changes de renseignements entre IsraĂ«l et Oman. En atteste la composition de la dĂ©lĂ©gation qui accompagnait NĂ©tanyahou [le directeur du Mossad Yossi Cohen, le directeur du Conseil de sĂ©curitĂ© nationale Meir Ben-Shabbat et le gĂ©nĂ©ral Avi Bluth, conseiller militaire du chef du gouvernement].

    Oman a de bonnes relations avec l’Iran. M. NĂ©tanyahou est-il venu Ă  Mascate pour envoyer…

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  • Le photographe franco-haĂŻtien GĂ©rald Bloncourt est mort

    Le photographe franco-haïtien Gérald Bloncourt est mort

    Un soir de cet Ă©tĂ© Ă©touffant, comme nous regagnions le domicile parisien de GĂ©rald Bloncourt aprĂšs un pique-nique nocturne dans un jardin-potager du 12e arrondissement, nous passĂąmes devant les grilles d’un square oĂč s’étaient regroupĂ©s des jeunes Noirs. Affaibli par la maladie, notre ami s’était rĂ©signĂ© Ă  se dĂ©placer en chaise roulante.

    L’un aprĂšs l’autre, les jeunes se sont avancĂ©s vers lui pour lui serrer la main avec infiniment de respect en lui murmurant dans un sourire « kapon ». Kapon ? Quel mot Ă©trange ? Isabelle, la compagne de GĂ©rald Bloncourt, nous donna la clĂ©. « Petits, ces jeunes semaient le bazar dans le quartier, et GĂ©rald les sermonnait en les traitant de kapon, c’est-Ă -dire poltron en crĂ©ole, quand ils s’enfuyaient. Ils s’en souviennent bien : il Ă©tait le seul Ă  leur parler. »

    GĂ©rald Bloncourt est mort lundi 29 octobre Ă  91 ans, dans ce mĂȘme domicile parisien. Il Ă©tait surtout cela, un humaniste, avant d’ĂȘtre un photographe franco-haĂŻtien de gĂ©nie, un peintre talentueux et un poĂšte inspirĂ©. CommencĂ©e en 1948, au journal L’HumanitĂ©, puis comme indĂ©pendant, sa carriĂšre de reporter l’a amenĂ© Ă  arpenter les usines et les rues de Paris de l’aprĂšs-guerre. Un Paris populaire et prolĂ©taire, dont il se sentait proche. Parmi des milliers d’autres, ces clichĂ©s ont Ă©tĂ© rassemblĂ©s dans Le Paris de GĂ©rald Bloncourt (Ă©d. Parimagine, 2012), Le Regard engagĂ©. Parcours d’un franc-tireur de l’image (Ă©d. François Bourin, 2004) ou encore Les Prolos (Ă©d. Au nom de la mĂ©moire, Bezons, 2004).

    Les bidonvilles de l’Est parisien

    Puis un jour, alors qu’il photographiait le chantier de la tour Montparnasse Ă  la fin des annĂ©es 1960, il rencontra des ouvriers portugais. Il ne les quittera plus. Il dĂ©couvre alors les bidonvilles de l’Est parisien oĂč ces derniers vivent misĂ©rablement, les suit sur les routes de l’émigration depuis le Portugal, prend avec eux les trains qui passent par les…

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  • Matteo Salvini, homme fort de l’Italie et as des rĂ©seaux sociaux

    Matteo Salvini, homme fort de l’Italie et as des rĂ©seaux sociaux

    Publié le

    Le leader d’extrĂȘme droite s’est forgĂ© une image d’homme du peuple, qui parle franc et n’a pas froid aux yeux. Sur les rĂ©seaux sociaux, il communique abondamment, sur un ton simple et direct. C’est notamment dans une vidĂ©o en direct sur Facebook qu’il a choisi d’annoncer, le 1er novembre, l’abandon des poursuites qui pesaient contre lui.

    Et voilà comment on passe “des paroles aux actes”. “Quand on veut, on peut.” “PERSONNE ne peut se permettre de donner des leçons à l’Italie.”

    C’est le genre de formules et de hashtags qui ponctuent l’abondante communication de Matteo Salvini sur les rĂ©seaux sociaux. Le leader de la Ligue (extrĂȘme droite), devenu vice-Premier ministre et ministre de l’IntĂ©rieur, est aussi un habile communicateur, suivi par quelque 900 000 followers sur Twitter ; 840 000 sur Instagram et 3,2 millions de fans sur Facebook. “Chaque jour, observe Buzzfeed, il publie une rafale de messages sur les trois rĂ©seaux sociaux.”

    Ses publications se caractĂ©risent par des discours antimigrants, des articles sur la dĂ©linquance des immigrĂ©s et sa rengaine ‘l’Italie d’abord’, sans oublier des posts plus lĂ©gers et des photos de nourriture. Il s’en prend aux juges, aux ONG, Ă  des personnalitĂ©s

    […]

    Carole Lyon

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  • Russie : un adolescent se fait exploser dans une antenne locale des services de renseignement

    Russie : un adolescent se fait exploser dans une antenne locale des services de renseignement

    Un adolescent de 17 ans s’est fait exploser, mercredi 31 octobre, dans une antenne locale des services russes de renseignement intĂ©rieur (FSB) dans le nord du pays, blessant trois employĂ©s, selon les autoritĂ©s.

    L’attaque a eu lieu Ă  8 h 52, heure locale – 6 h 52 Ă  Paris – dans l’entrĂ©e du bĂątiment qui abrite l’antenne rĂ©gionale du FSB, l’hĂ©ritier du KGB soviĂ©tique, Ă  Arkhanguelsk, une ville Ă  un millier de kilomĂštres au nord de Moscou au bord de la mer Blanche.

    « Selon les premiĂšres informations, la personne qui est entrĂ©e dans le bĂątiment a sorti d’un sac un objet non identifiĂ© qui a explosĂ© dans ses mains, lui causant des blessures mortelles », a fait savoir le comitĂ© antiterroriste dans un communiquĂ©. « Trois employĂ©s du FSB ont reçu des blessures de divers degrĂ©s. »

    Le comitĂ© d’enquĂȘte, organe dĂ©pendant du Kremlin et chargĂ© des principales affaires, a annoncĂ© l’ouverture d’une enquĂȘte pour « acte terroriste », ainsi que pour « dĂ©tention illĂ©gale de munitions ».

    Il a identifiĂ© la personne dĂ©cĂ©dĂ©e comme « un rĂ©sident local de 17 ans, qui a introduit un engin explosif artisanal dans le bĂątiment ». Il s’agit d’un Ă©tudiant d’un Ă©tablissement technique local, MikhaĂŻl Zlobitski, a affirmĂ© Ă  l’Agence France-Presse un responsable des forces de l’ordre locales, sous le couvert de l’anonymat.

    Menace d’un groupe anarchiste

    Le ComitĂ© a publiĂ© sur son compte Twitter une photo tirĂ©e des images de vidĂ©osurveillance montrant un jeune homme aux cheveux courts, en manteau noir, dans le hall d’entrĂ©e d’un bĂątiment, la main dans son sac Ă  dos.

    Quelques minutes avant l’explosion, un message publiĂ© sur le compte Telegram d’un groupe anarchiste avait prĂ©venu que le siĂšge de l’antenne rĂ©gionale du FSB serait bientĂŽt la cible d’une « attaque terroriste ». L’auteur du message, qui s’est prĂ©sentĂ© comme ValĂ©rian Panov, a prĂ©cisĂ© en revendiquer la responsabilitĂ©. « J’ai dĂ©cidĂ© de le faire parce que le FSB est devenu fou. Ils inventent des affaires et torturent les gens », a-t-il expliquĂ© en estimant qu’il serait « trĂšs probablement tuĂ© dans l’explosion ». « Je vous souhaite un avenir radieux de communisme anarchiste », a-t-il ajoutĂ©.

    Des anarchistes russes ont, dans le passĂ©, perpĂ©trĂ© des attaques visant les autoritĂ©s en mettant le feu sur des voitures de police ou lançant des cocktails Molotov sur les locaux du parti au pouvoir Russie unie. Mais les attaques contre la police ou les services de sĂ©curitĂ© restent rares en Russie, sauf dans le Caucase du Nord, rĂ©gion majoritairement musulmane oĂč les autoritĂ©s font face Ă  des rebelles islamistes.

    Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré aux journalistes que le président russe Vladimir Poutine avait été informé de cette attaque, sans faire plus de commentaires.

    Lire aussi :   Le Russe Pavel Dourov, indéchiffrable créateur de Telegram

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