Author: Don Kayembe

  • Marion Siéfert met l’enfance à nu

    Marion Siéfert met l’enfance à nu

    Elle n’a pas l’air, comme ça, ­Marion Siéfert, longue liane brune et gracieuse, tête bien faite et tête bien pleine, mais elle est gonflée. Ne pas trop se fier à sa douceur, son calme apparent. Quand elle était petite, dans son enfance traversée par le théâtre, elle s’est passionnée pour les sorcières. Vingt ans plus tard, à 31 ans, elle signe son deuxième spectacle, Le Grand Sommeil, qui plonge dans la face cachée de l’enfance, avec ses fantasmes, ses peurs, son anarchie, sa cruauté, son rapport au corps et même, oui, son obscénité.

    « J’ai toujours voulu écrire, jouer, raconter des histoires, mais très vite, j’ai été heurtée par les rôles féminins dans le théâtre classique. » La jeune femme fait des études littéraires brillantes, découvre la littérature et la poésie allemandes, qui l’ont « beaucoup marquée », et part à Berlin, au tournant de l’année 2010. « Là, j’ai vu tout ce que l’on pouvait voir à l’époque, une autre vision du théâtre, beaucoup plus performative, avec des femmes fortes, qui prenaient la parole, comme celles du collectif She She Pop, l’actrice Sophie Rois ou la metteuse en scène Monika Gintersdorfer. »

    Fantômette des années 2.0

    Marion Siéfert va se former à l’Institut théâtral de Giessen, une école qui a peu à voir avec les conservatoires français. « Le travail y est très libre, très axé sur la création contemporaine, à la fois théorique et pratique. Là-bas, je n’ai plus été stigmatisée comme “intello”, et je n’ai plus eu besoin de cacher que j’avais fait de la philosophie, de la musicologie et de la littérature allemande. »

    C’est à Giessen que Marion Siéfert crée son premier spectacle, un objet scénique déjà très culotté, qui s’appelle Deux ou trois choses que je sais de vous, tourne en France pendant la saison 2018-2019, et où, vêtue comme une sorte de ­Fantômette des années 2.0, elle joue, via Facebook, avec la vie privée de ses spectateurs. Pour Le Grand Sommeil, elle a travaillé, au fil de longues improvisations, avec sa cousine Jeanne, qui avait alors 11 ans, avec le désir de « libérer une énergie explosive et drôle ». Sur scène, Jeanne est incarnée par l’étonnante danseuse-performeuse Helena de Laurens. Et ce n’est pas triste.

    Article réalisé dans le cadre d’un partenariat avec le Festival d’automne à Paris.

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  • Crash en Indonésie : l’une des boîtes noires récupérée

    Crash en Indonésie : l’une des boîtes noires récupérée

    L’une des deux boîtes noires de l’avion de la compagnie indonésienne Lion Air qui s’est abîmé en mer lundi avec 189 personnes à bord a été retrouvée, a annoncé jeudi 1er novembre le patron du comité national de la sécurité des transports. Les circonstances de l’accident devraient ainsi être éclaircies.

    « Nous avons trouvé l’une des boîtes noires », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Soerjanto Tjahjono. « Nous ne savons pas si c’est le FDR (qui enregistre les paramètres de vol) ou le CVR (qui enregistre les sons dans le cockpit). »

    L’armée indonésienne avait annoncé mercredi avoir peut-être localisé l’épave de l’avion. Pour récupérer les deux boîtes noires de l’appareil, un millier de personnes ont été mobilisées, dont des dizaines de plongeurs, de même que des hélicoptères et des bateaux.

    Lire aussi :   La réputation de Lion Air ternie par le crash au large de l’Indonésie de l’un de ses Boeing

    Le Boeing 737 MAX 8 de Lion Air, entré en service il y a seulement quelques mois, a disparu en mer de Java lundi. Peu auparavant, l’équipage avait demandé au contrôle aérien l’autorisation de revenir à Djakarta, son point de départ. Il avait pour destination Pangkal Pingang, localité de transit pour les touristes désireux de profiter des plages de l’île voisine de Belitung. Les autorités ont exclu la possibilité de retrouver des survivants.

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  • La sélection littéraire du « Monde »

    La sélection littéraire du « Monde »

    LES CHOIX DE LA MATINALE

    Cette semaine, la rédaction du « Monde des livres » vous propose de vous plonger dans le Charlie Hebdo d’avant la barbarie du 7 janvier 2015, raconté par Luz, ou d’explorer le lien entre peine capitale et construction de l’Etat.

    BD. « Indélébiles », de Luz

    Il semble inconcevable d’écrire un livre sur Charlie Hebdo sans parler du 7 janvier 2015. Luz l’a fait, pourtant. Membre de la rédaction du magazine satirique pendant plus de vingt ans, le dessinateur échappa aux balles des frères Kouachi pour avoir été en retard à la conférence de rédaction. Dans Catharsis, sorti quatre mois après l’attentat (Futuropolis), il avait relaté son quotidien de miraculé, sans jamais verser dans le pathos, préférant user du seul levier en sa possession : l’humour.

    Si l’on y rit autant, le propos est tout autre dans Indélébiles, puisqu’il s’agit de raconter l’aventure collective – et joyeusement foutraque – qui précéda la barbarie. Les belles années, en somme. Les copains, la déconnade à plein tube, le bonheur de dessiner.

    En vingt-trois ans de Charlie – qu’il a quitté en mai 2015 – Luz a accumulé d’innombrables anecdotes, souvent rapportées ici avec autodérision. L’ancien « puceau tourangeau » monté à la capitale dans l’espoir de placer des dessins au Canard enchaîné s’amuse, et nous amuse, à ressusciter une rédaction vouée au traitement caustique de l’actualité, où se mêlent les anciens (Gébé, Cabu, Wolinski…) et les sales gosses, comme lui ou Charb.

    Volontairement, Luz n’évoque pas les tensions et les engueulades au sein de la rédaction, pour se concentrer sur la question du dessin, sujet d’harmonie, auquel il attribue un rôle de personnage à part entière ; de vieux pote indéfectible, incarné par les taches ineffaçables d’encre de Chine qui maculent ses doigts, ou par ces bouts de gomme usée ayant appartenu aux confrères assassinés, conservés comme de précieuses reliques. Frédéric Potet

    « Indélébiles », de Luz, Futuropolis, 320 p., 24 € (en librairie le 2 novembre).

    HISTOIRE. « Condamner à mort au Moyen Age », de Claude Gauvard

    Dans cet ouvrage longtemps attendu, Claude Gauvard invite à revoir nos préjugés, à commencer par la fréquence des exécutions capitales au Moyen Age, qui étaient rares : une tous les quatre ans à Lyon et, dans les cas extrêmes que sont la Normandie ou le Comtat Venaissin, une par an. A la peine capitale, le Moyen Age préfère une mort symbolique, le bannissement ou l’amende, voire la composition entre les parties, hors du tribunal.

    Mais la force singulière de l’ouvrage réside avant tout dans le lien puissamment noué entre peine de mort et construction étatique en France. L’historienne identifie un basculement essentiel entre les XIIIe et XVe siècles : condamner à mort devient un « acte rendu pour réparer l’offense que le crime et le criminel ont faite au roi et à la chose publique » plus qu’à la victime. Elle n’est pas une vengeance. Et la repentance ouvre la voie vers la grâce royale.

    Claude Gauvard répète ici sa conviction profonde : ce n’est pas par la force, mais par la miséricorde et le droit que l’Etat est né au Moyen Age. La peine de mort en est le parfait exemple : c’est par les lettres de rémission qu’il accorde aux condamnés à mort, et par la réglementation toujours plus savante des exécutions par le Parlement de Paris, que le roi assoit progressivement l’idée que la peine capitale est un monopole d’Etat. Marie Dejoux

    « Condamner à mort au Moyen Age », de Claude Gauvard, PUF, 368 p., 24 €.

    ROMAN. « Isidore et les autres », de Camille Bordas

    Sur le plan scolaire, les cinq premiers enfants de la famille Mazal peuvent être considérés comme des surdoués. Ils remplissent des dossiers de candidature en classe prépa quand les enfants de leur âge sont encore au collège. Ils cherchent un nouveau sujet de thèse à peine leur premier doctorat obtenu. Sûrs de leur bon goût comme de leur intelligence, ils ne doutent pas un instant de leur capacité à réussir leur vie.

    Aucune difficulté ne devrait leur résister, puisqu’ils ont toutes les clés pour comprendre le monde qui les entoure. Encore faudrait-il, bien sûr, qu’ils y prêtent attention. Le réel, on s’en doute, va se rappeler à eux avec brutalité.

    C’est Isidore, le sixième enfant de la fratrie, 11 ans au début du roman, qui observe et essaie de comprendre les agissements des membres de sa famille. Contrairement à ses frères et sœurs, il n’a sauté aucune classe. Mais sa scolarité se déroule sans encombre. Un enfant normal, en somme. Ce qui suffit à le rendre différent. Et à justifier la spontanéité et la sensibilité dont il est le seul à faire preuve chez les Mazal. Sa parole bienveillante et futée dope le récit, en lui conférant énergie et naturel.

    Ecrit en anglais par la française Camille Bordas, qui vit à Chicago (Illinois), et traduit par elle-même, Isidore et les autres crée une merveilleuse figure d’adolescent, tout en auscultant avec une généreuse lucidité la façon dont chacun des personnages – chacun de nous, aussi bien – organise le passage des livres à la vie, et inversement. Florence Bouchy

    « Isidore et les autres », de Camille Bordas, Inculte, 414 p., 19,90 €.

    PHILOSOPHIE. « Devant la beauté de la nature », d’Alexandre Lacroix

    La nature, objet de tant de nos angoisses aujourd’hui, peut-elle demeurer une cause d’émerveillement ? La beauté s’offre autour de nous avec profusion, et nous vivons en somnambules. Tel est le point de départ de l’enquête philosophique qu’Alexandre Lacroix consacre à une question à la fois centrale et peu fréquentée : celle de la place qu’occupe dans nos vies la splendeur du monde.

    Devant la beauté de la nature se présente comme une courbe tracée entre le saisissement intime face à la nature et la question métaphysique de notre place en elle. Courbe qui prend aussi la forme d’un voyage à travers les souvenirs de l’auteur. Progressivement, se construit une théorie en éclats, faite de bribes d’histoire des idées philosophiques et scientifiques reliées par l’interrogation continue de l’auteur sur sa propre expérience.

    Une théorie ainsi dirigée autant vers la connaissance que vers une tentative de définition d’un bon usage de la nature. Non seulement, l’humanité met aujourd’hui la nature en danger, mais elle prend le risque de s’étioler en s’éloignant de cette « source » inépuisable, qui « surgit sans arrêt autour de nous ». Sa promenade savante à travers les idées et les sensations nous plonge dans ce flux à mesure qu’elle nous le fait connaître ; elle a la douceur un peu déchirante, et l’élan, de retrouvailles. Florent Georgesco

    « Devant la beauté de la nature », d’Alexandre Lacroix, Allary, 444 p., 22,90 €.

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  • Un procès met à nu les critères d’admission plus ou moins avouables de Harvard

    Un procès met à nu les critères d’admission plus ou moins avouables de Harvard

    LETTRE DE NEW YORK

    Avis aux jeunes prodiges : il vous reste deux jours pour déposer votre candidature à Harvard. Et le Wall Street Journal vous donne en « une » quelques conseils pour réussir : déménagez dans les montagnes perdues du Montana – l’université a bien du mal à recruter dans les campagnes américaines – ; soyez très pauvre – et vous augmenterez la diversité de la prestigieuse école de Cambridge (Massachusetts) – ; ou au contraire très riche – afin que vos parents puissent être de généreux donateurs. Surtout, intéressez-vous aux humanités, plus qu’à la science que l’on peut étudier au MIT voisin. Enfin, si vous êtes un champion de hockey, vous avez toutes les chances d’être admis.

    La raison de cet article du quotidien économique ? La tenue, depuis le 15 octobre à Boston, du procès contre le processus d’admission de Harvard, accusé de discriminer les étudiants d’origine asiatique.

    L’affaire, qui tient en haleine l’élite américaine, a forcé l’avocat du campus, Bill Lee (promotion Harvard 1972) à dévoiler les secrets de l’université en la matière. « Je n’ai pas révélé la recette du Coca-Cola », a-t-il assuré. Il n’empêche, on en sait désormais beaucoup plus sur les méthodes de Harvard.

    La sélection est sévère, seuls 2 022 étudiants ont été admis en 2017 sur 43 000 postulants. Tous ont d’excellents scores académiques, et il faut donc trouver d’autres critères pour les départager. Certains, évidents, portent sur le caractère du candidat – social, extraverti mais pas trop, extraordinaire forcément. D’autres sont moins avouables : il existe une liste de candidats « dans l’intérêt du doyen » (on dirait les pistonnés en français) ainsi qu’une « liste Z », celle des candidats qui n’ont pas tout à fait le niveau. Bref un labyrinthe plus ou moins recommandable dont les aspirants rêvent de trouver l’issue.

    Un modèle d’« affirmative action »

    Le sujet officiel est ailleurs, il s’agit de savoir si Harvard…

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  • Qui est le Mouvement islamique du Nigeria?

    Qui est le Mouvement islamique du Nigeria?


    Par
    RFI

    Publié le 01-11-2018
    Modifié le 01-11-2018 à 05:15

    La tension est redescendue de plusieurs crans à Abuja et dans certaines de ses banlieues. Le Mouvement islamique du Nigeria a cessé ses processions dans les rues de la capitale fédérale. Mais la bataille se poursuit sur le nombre des victimes suite aux heurts entre certains membres de cette organisation chiite et les forces de sécurité nigérianes. Le Mouvement islamique du Nigeria dresse un bilan de 42 morts dans son camp. Un nombre que ni la police ni l’armée nigériane n’ont confirmé jusqu’à présent. Les heurts de ces 3 derniers jours marquent un nouvel épisode sanglant depuis le début des années 1980 et l’irruption d’une branche chiite dans la communauté musulmane du Nigeria. Qui est ce mouvement islamique du Nigeria ?
     

    Ibrahim El-Zakzaky est la figure charismatique du Mouvement islamique du Nigeria. A la fin des années 1970, il s’éloigne des Frères musulmans, une organisation transnationale sunnite. Inspiré par la révolution iranienne de 1979, Ibrahim El-Zakzaky lance le MIN, première organisation à se revendiquer au grand jour du chiisme musulman au Nigeria.

    Rêvant d’instaurer une République islamique, El-Zakzaky ouvre les portes de son mouvement à des sunnites. Le mouvement islamique se choisit comme base la ville de Zaria, anciennement Zazzau, l’une des 7 Cités-États haoussa.

    Dès ses premiers pas, cette organisation religieuse inquiète Abuja. Car Le MIN séduit : des processions annuelles dans les rues de Zaria mais aussi de Sokoto, Kano et de Kaduna. Des marches spectaculaires et martiales conjuguées à un discours prônant la non-violence.

    Résultat : le nombre des fidèles s’accroît jusqu’à dépasser plusieurs dizaines de milliers. Une situation inacceptable pour certains musulmans sunnites locaux. Boko Haram cible Ibrahim El-Zakzaky comme l’un de ses principaux ennemis.

    Le refus constant du Mouvement islamique de reconnaître l’Etat fédéral va provoquer plusieurs destructions de centre religieux chiites durant ces 20 dernières années, ouvrant un cycle chronique de heurts sanglants comme Abuja et ses banlieues viennent de vivre ces derniers jours.

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  • Soudan du Sud: Machar et Kiir ensemble à la cérémonie pour la paix

    Soudan du Sud: Machar et Kiir ensemble à la cérémonie pour la paix


    Par
    RFI

    Publié le 01-11-2018
    Modifié le 01-11-2018 à 05:14

    Une grande cérémonie pour la paix a été organisée mercredi 31 octobre au Soudan du Sud. Le président Salva Kiir a invité les groupes rebelles, les leaders régionaux et la communauté internationale pour célébrer la signature de l’accord de paix du 12 septembre, conclu à Addis-Abeba. La journée a été marquée par la venue du chef rebelle Riek Machar, ennemi juré du chef de l’Etat et en exil depuis plus de deux ans. Devant leur peuple, les deux hommes ont donné des gages de bonne volonté.

    « Que la paix soit sur vous », déclare Riek Machar à la tribune, devant des milliers de personnes venues pour célébrer la paix. L’image du chef rebelle, fuyant Juba à pied alors que les combats entre ses hommes et l’armée faisaient rage a changé. C’est en dignitaire qu’il a été accueilli et en homme de paix qu’il s’est présenté : « Nous avions accueilli favorablement la décision de l’IGAD, en juillet 2017, de relancer le processus de négociation. J’avais aussitôt mis sur pied une délégation de paix pour nous engager dans ce processus de haut niveau. »

    Riek Machar s’est aussi adressé à Salva Kiir lui demandant de libérer les prisonniers, de lever l’état d’urgence ou encore d’accorder la liberté de mouvement et d’expression aux partis l’opposition. Le chef de l’Etat s’est alors à son tour adressé à la foule. « Je veux rappeler devant vous tous que la guerre est terminée, a affirmé Salva Kiir. Riek Machar et moi-même, ainsi que tous les leaders d’opposition avons décidé de nous pardonner. Et nous avons décidé, en toute conscience, de faire avancer le pays, à travers un processus de guérison. »

    Le président Kiir a joint le geste à la parole. Il a annoncé la libération de deux proches du chef rebelle. James Gatdet Dak, condamné à mort par pendaison en février et William John Endley, un Sud-Africain, colonel à la retraite, condamné à mort pour conspiration, livraison d’armes et espionnage.

    On verra si cette journée aura des effets sur le long terme. En effet, il reste d’autres détenus politiques, des combats éclatent toujours sur le terrain, et l’accord de paix peine à être appliqué.

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  • Elections en RDC: quid des observateurs?

    Elections en RDC: quid des observateurs?


    Par
    RFI

    Publié le 01-11-2018
    Modifié le 01-11-2018 à 04:33

    Les observateurs électoraux se préparent en RDC à moins de 2 mois maintenant du scrutin prévu le 23 décembre. La Symocel, organisme de la société civile d’observation citoyenne des élections, a commencé cette semaine la formation de ses équipes. L’occasion de faire le point. Combien et qui devraient être les observateurs nationaux et internationaux sur le terrain pour s’assurer du bon déroulement de ces élections ?

    Du côté des observateurs internationaux, il y a ceux qui ont été officiellement invités : l’Union africaine, qui enverra donc une mission (reste à en définir la taille et la durée) ; l’OIF a également été sollicitée.

    Puis il y a ceux qui n’ont pas été invités. L’Union européenne notamment, elle avait pourtant manifesté son intérêt dès le mois de juin, sans suite à l’heure actuelle. Les délais ne lui permettent plus d’organiser une mission selon ses critères. Elle n’observera pas le scrutin. « On ne va pas inviter des gens qui nous ont placés sous sanctions », aurait déclaré le président Kabila au Conseil de sécurité, selon plusieurs sources diplomatiques.

    Toujours à l’international, l’ONG américaine Centre Carter prévoit une soixantaine d’observateurs africains, américains et européens, mais reste depuis des semaines dans l’attente d’une invitation officielle, pourtant promise par la Céni. L’ONG pourrait être obligée de réduire la voilure faute de temps.

    C’est donc au niveau national que les observateurs devraient être les plus nombreux : 40 000 environ pour la Commission justice et paix de l’église catholique, plus de 20 000 pour la Symocel. Mais ces derniers restent soumis à une procédure d’accréditation fixée par la Céni, entre le 8 novembre et le 10 décembre. Avec le risque que les observateurs de longue durée ne puissent donc pas suivre l’ensemble de la campagne qui doit débuter le 22 novembre. « Un moyen de limiter l’observation », redoute un expert.

    Une crainte d’autant plus présente que la Symocel, déjà présente sur le terrain au moment de l’enregistrement des électeurs et du dépôt des candidatures, dit avoir déjà essuyé des refus d’accréditation dans plusieurs provinces cette année ce qui a limité son accès à certaines informations indispensables pour mener à bien sa mission.

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  • Plus d’un million de Vénézuéliens arrivés en Colombie depuis le début de l’année

    Plus d’un million de Vénézuéliens arrivés en Colombie depuis le début de l’année

    Plus d’un million de Vénézuéliens sont arrivés en Colombie pendant les neuf premiers mois de 2018, a recensé mercredi 31 octobre l’autorité migratoire Migración Colombia dans un communiqué. « Un peu plus de 676 000 sont partis vers des pays tiers, principalement l’Équateur, le Pérou, le Chili, les États-Unis et le Mexique. »

    Lire aussi :   L’Amérique latine face au flux de migrants vénézuéliens

    Il y a plus de 1,032 million de Vénézuéliens en Colombie, dont 573 000 régularisés, 217 000 en situation irrégulière et 240 000 en cours de régularisation, selon ce communiqué.

    « La situation des migrants vénézuéliens est bien plus qu’un simple chiffre », a dit le directeur de Migración Colombia, Christian Krüger, cité dans le communiqué. Selon l’ONU, près de 1,9 million de personnes ont quitté le Venezuela depuis 2015, fuyant la crise économique et politique. Chaque jour, quelque 5 000 citoyens abandonnent le pays pétrolier, formant le plus important déplacement de population dans l’histoire récente de l’Amérique latine.

    Des relations gelées

    Le président colombien Ivan Duque a estimé fin septembre que l’arrivée d’un million de migrants vénézuéliens pourrait coûter cette année 0,5% au PIB national, soit environ 1 348 millions de dollars. Il a prévenu que la Colombie n’a pas la capacité de faire face seule à cette situation.

    Lire aussi :   A la frontière entre le Venezuela et la Colombie, la contrebande règne

    Réticent à reconnaître la vague migratoire, le président vénézuélien Nicolas Maduro a demandé à l’ONU de « justifier » ses statistiques.

    Les relations entre la Colombie et le Venezuela sont pratiquement gelées depuis le mandat de l’ancien président colombien Juan Manuel Santos (2010-18).

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  • Human Rights Watch dénonce les violences contre les femmes en Corée du Nord

    Human Rights Watch dénonce les violences contre les femmes en Corée du Nord

    Neuf hommes seulement ont été condamnés pour viol en Corée du Nord en 2009, sept en 2011 et cinq en 2015, selon les chiffres donnés en 2017 par Pyongyang à un comité des Nations unies (ONU) chargé de surveiller la discrimination contre les femmes.

    « Alors que les officiels nord-coréens semblent penser que des chiffres si ridiculement bas démontrent que leur pays est un paradis libre de toute violence, ces statistiques sont surtout une condamnation sans appel de leur incapacité totale à s’attaquer à la violence sexuelle dans le pays », s’alarme l’ONG Human Rights Watch (HRW) dans un nouveau rapport sur la violence sexuelle contre les femmes par les hommes en position d’autorité en Corée du Nord.

    Intitulé « You Cry at Night, but Don’t Know Why » (« tu pleures la nuit sans savoir pourquoi »), le rapport de 86 pages repose sur le témoignage d’une centaine de défecteurs nord-coréens, essentiellement des femmes, mais aussi des officiels.

    Comportements de prédation dans la police

    Il confirme la prévalence de comportements de prédation dans la police et les forces de sécurité vis-à-vis des femmes qui se font arrêter pour contrebande, notamment entre la Corée et Nord et la Chine, ainsi que le harcèlement sexuel très fréquent des gardiens ou des responsables des marchés libres envers les commerçantes. Ces pratiques avaient déjà été évoquées dans le rapport de février 2014 de la commission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits de l’homme en Corée du Nord qui appelait à saisir la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité.

    Lire des extraits du rapport de 2014 :   « Des crimes contre l’humanité sont actuellement commis » en Corée du Nord

    Les défecteurs et les commerçants sur les marchés forment deux populations particulièrement « féminines », résultat des espaces croissants d’autonomie qu’ont pu s’aménager les Nord-Coréennes au gré du délitement des structures d’Etat et de la montée de l’économie parallèle depuis la fin des années 1990. Près de 80 % des quelque 30 000 défecteurs nord-coréens enregistrés en Corée du Sud, qu’ils ont gagnée via des pays tiers, sont par exemple des femmes.

    Environ 400 marchés libres sont approuvés par le gouvernement à travers la Corée du Nord, faisant travailler plus d’un million de commerçant(e) s et de gestionnaires. HRW a ainsi recueilli le témoignage de quatre marchandes victimes de harcèlement sexuel par des responsables ou par des gardes sur ces marchés, ainsi que de dix-sept femmes ayant subi de graves abus sexuels par la police alors qu’elles se déplaçaient pour leur travail.

    Pots-de-vin

    Les restrictions portant sur le déplacement des personnes, notamment dans les zones frontalières, ainsi que le commerce, sont telles en Corée du Nord que la sollicitation de pots-de-vin est généralisée. « Pour les femmes, les pots-de-vin incluent l’abus sexuel, les violences et le viol », note HRW.

    Celles-ci ne réalisent souvent qu’elles ont été victimes de viol ou d’agression en Corée du Nord qu’après avoir fait défection. Elles n’ont dans la majorité des cas pas conscience de la possibilité d’un recours juridique, ni confiance dans la loi ou dans la police de leur pays au moment des faits, toute démarche étant susceptible d’entraîner d’autres abus de nature souvent sexuelle.

    « Les jours où ils en avaient envie, les gardes du marché ou les fonctionnaires de police pouvaient me demander de les suivre dans une pièce vide à l’extérieur du marché, ou un autre endroit qu’ils choisissaient. Que pouvions-nous faire ? Ils nous considèrent comme des objets sexuels, nous [les femmes] sommes à la merci des hommes », explique ainsi l’une de ces négociantes, Oh Jung Hee, qui achetait et revendait du tissu dans la ville de Hyesan, près de la frontière chinoise, jusqu’à sa fuite en 2014.

    Lire l’entretien avec le sous-directeur de HRW en Asie :   Corée du Nord : « Les droits de l’homme ne peuvent pas être laissés de côté »

    « Cela arrive si souvent que personne ne pense que c’est un gros problème. Les hommes qui agressent sexuellement les femmes ne pensent pas que ce soit mal et nous [les femmes] non plus. Nous ne nous rendons même pas compte que nous sommes en colère. Mais nous sommes des humains et il y a un impact. Alors parfois, cela vient de nulle part, tu pleures la nuit et tu ne sais pas pourquoi », poursuit-elle.

    Abus systématiques

    Les hommes nord-coréens ayant occupé des postes de responsabilité dans les forces de police, la police secrète, le parti et le système carcéral, sont particulièrement enclins à ce genre de comportements, malgré les lois qui punissent en théorie ces crimes.

    Plusieurs défecteurs confirment ainsi ces abus systématiques. Un ancien agent de haut rang de la police secrète ayant fait défection, Goh Myun Chu, a ainsi déclaré à HRW qu’il rejoignait une fois par mois trois ou quatre de ses collègues dans une chambre d’hôtel à Pyongyang à la fin des années 2000 pour faire la fête. Tard dans la nuit, les agents choisissaient alors leurs actrices préférées dans les films qu’ils avaient regardés.

    « Nous demandions au personnel de l’hôtel de nous les amener. Celles que nous avions sélectionnées étaient dans l’heure devant la porte de notre chambre. Aucune ne s’est jamais refusée à nous. A l’époque, je m’imaginais qu’elles étaient tout naturellement heureuses que nous les ayons choisies. Nous étions puissants, influents. On les payait. Et elles savaient que si elles nous plaisaient bien, alors celles qui avaient un problème ou voulaient une faveur pouvaient compter sur nous. »

    Lire aussi :   Harcèlement sexuel : Lee Eun-eui, ancienne de Samsung et pionnière de #metoo en Corée du Sud

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  • Maurice: le discours sur la place des minorités prend un ton revendicatif

    Maurice: le discours sur la place des minorités prend un ton revendicatif


    Par
    RFI

    Publié le 01-11-2018
    Modifié le 01-11-2018 à 02:20

    Une voix autorisée de l’Eglise remet en question le statut minoritaire des créoles, soit la population chrétienne de descendance africaine. Elle estime que ce groupe ethnique est sous-représenté, voire « discriminé » dans les administrations publiques et semi-publiques.

    Depuis que le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale a critiqué Maurice pour son manque d’engagement en matière d’égalité des chances pour tous, l’Eglise fait entendre sa voix pour réclamer une meilleure représentation des créoles dans les administrations.

    Le père Maurice Labour, dont le franc-parler dérange, estime que « la minorité d’hier n’est plus la minorité d’aujourd’hui ». Une façon de dire que la communauté hindoue n’est plus si majoritaire et qu’elle doit céder des parts. Après lui, c’est au tour du cardinal Maurice Piat, une voix respectée dans l’île, de prendre position.

    Sur le site internet de l’Eglise, il écrit que « la discrimination ethnique dans les administrations publiques et paraétatiques existe, mais c’est une discrimination qui est très difficile à prouver mais parce qu’elle prend soin de ne jamais laisser de trace écrite. Elle prend des formes déguisées qui ont pour but de décourager des personnes de certaines communautés à rester dans les emplois, écoles, administrations où ils ont été employés ou admis légalement. »

    Le cardinal Maurice Piat, appelle alors à un recensement ethnique de la population qui « pourrait aider à vérifier qu’il y a, dans des lieux sensibles comme les hôpitaux, la police, les écoles, les prisons, des personnes de communautés diverses pour sécuriser tout le monde. »

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