Author: Don Kayembe

  • Suisse. Après la victoire française, des Romands tiquent

    Suisse. Après la victoire française, des Romands tiquent

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    Les expatriés français ont fêté dimanche soir la victoire de leur équipe en Coupe du monde. Une joie exprimée sans retenue et qui a agacé de nombreux Suisses. Explications.

    La fièvre est montée le 15 juillet au soir en Suisse romande. Une masse de supporters français, drapeaux tricolores à la main, a fièrement entonné la Marseillaise à Lausanne pour célébrer le triomphe des Bleus en finale de Coupe du monde. Cette joie tapageuse a fait grincer quelques dents helvètes. Le grand voisin est accusé de patriotisme excessif. “J’en ai déjà marre, je n’arrive pas à les respecter”, admet @schweiz_fussba dans un tweet aux accents haineux.

    De nombreux internautes suisses ont une crainte profonde : entendre parler de cette deuxième étoile pendant de longues années. Le jour de la finale, l’humoriste Thomas Wiesel redoutait des débordements : “J’ai déjà honte d’une partie de mes compatriotes”, avait-il tweeté.

    “Grand frère embêtant”

    Beaucoup rêvaient d’une défaite de la France, au point de l’exprimer vigoureusement sur les réseaux sociaux. En 2006, un tee-shirt circulait avec inscrit dessus : “Je supporte deux équipes : la Suisse et n’importe quelle équipe qui battra la France.”

    Cet état d’esprit reste bien ancré, mais il est loin de faire l’unanimité. “On a mille fois le droit de vouloir une victoire croate. Dans ce cas, on parle de sport. Et pas de ‘sales frouzes’ et de ‘chouineries anti-françaises de base’”, lâche le comédien Frank Semelet sur Facebook.

    Plusieurs Suisses ont d’ailleurs mis de côté cette rivalité historique. “Certains reprochent aux Français de rappeler en permanence leur victoire en 1998, alors qu’ils n’en parlent jamais. La France, c’est le grand frère embêtant”, estime une Lausannoise de 26 ans, qui était devant l’écran géant à Ouchy. Sa présence était un “pied de nez” aux intolérants. Avec un espoir : que les frères ennemis cessent de se chamailler.

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  • À Zagreb, une foule en délire a accueilli l’équipe croate

    À Zagreb, une foule en délire a accueilli l’équipe croate

    “Nous, les Croates, on est vraiment fous, c’est inouï, jamais vécu, unique !” titre Sportske Novosti à sa une, le 17 juillet, sur une photo de la foule massée dans la capitale, la veille. Le quotidien sportif décrit l’accueil que quelque 550 000 personnes ont réservé à l’équipe nationale de retour en Croatie après sa défaite en demi-finale de la Coupe du monde. D’après Sportske Novosti, le bus qui transportait les “héros croates”, conduit par une femme vêtue d’un maillot à damier, a mis près de sept heures pour se frayer un chemin à travers la foule depuis l’aéroport jusqu’à la place Ban-Jelacic, dans le centre de Zagreb, où une grande fête était organisée.

    “Ils ont réuni le pays et se sont attiré la sympathie du monde grâce à leur jeu captivant”, écrit Sportske Novosti, qui fait l’éloge des joueurs, mais aussi des supporters croates :

    Ils ont fait un travail parfait dans les tribunes en renonçant à leurs habitudes. C’était un Mondial sans bagarres et les banderoles ne comportaient pas de connotation politique, bien que les dirigeants du pays, autour de la présidente croate, Kolinda Grabar Kitarovica, et le gouvernement, actuel et précédent, aient surfé sur la réussite de la sélection nationale.”

    Selon Sportske Novosti, les vice-champions du monde ont ravivé le culte des Damiers (surnom de l’équipe nationale croate), compromis par les affaires financières et politiques. “Malgré le goût amer d’une victoire ‘volée’ en raison des erreurs d’arbitrage (un penalty discutable), ils sont restés dignes”, estime le quotidien, avec un peu de regret pour “la fin inéluctable de la génération dorée du football croate, en raison de son âge”.

    Source

    Seul titre du pays consacré au sport, les “Nouvelles de sport” ont fêté leurs 60 ans en 2005. Très lu pour ses informations sur le foot, le journal revendique aussi son intérêt pour d’autres disciplines comme le basket dans lesquelles les sportifs

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  • Pourquoi l’Europe de l’Est n’aime pas les “Bleus”

    Pourquoi l’Europe de l’Est n’aime pas les “Bleus”

    Les Bulgares ont soutenu, corps et âme, l’équipe croate. Un engouement partagé par de nombreux Européens de l’Est qui ont surtout vu chez les Bleus trop de… Noirs. Leur déception est à l’avenant.

    Dimanche 15 juillet au soir à Sofia. Il est logique que les Croates soient tristes et abattus, écrit un chroniqueur du quotidien en ligne Dnevnik : ils viennent de perdre la finale contre l’équipe de France, un événement qualifié en Croatie “d’aussi important que l’indépendance du pays en 1991”. Ils peuvent d’autant plus l’être qu’ils ont, de l’avis général, très bien joué – et manqué un peu de chance. Mais pourquoi, poursuit l’auteur, cette même déception d’avoir raté le rendez-vous d’une vie semble partagée de façon aussi intense et intime par les supporters bulgares ? Il a fait chaud ce dimanche dans la capitale bulgare ; toutes les fenêtres étaient grandes ouvertes. “Et on entendait clairement les bordées d’injures et les cris de colère des spectateurs, après chaque but français”, poursuit-il.

    À part le sentiment partagé d’une vague appartenance balkanique (que les Croates récusent), la Bulgarie n’a jamais été proche de Zagreb, ce qui n’est pas le cas avec la France. Solidarité orthodoxe ? Surtout pas : les premiers sont orthodoxes, les seconds (fervents) catholiques. Pourquoi alors cet engouement pour les Croates ? Selon une carte, publiée par le quotidien croate Jutarnji List avant la finale, une écrasante majorité de pays européens allaient soutenir l’équipe de Luka Modric plutôt que les Bleus.

    Un racisme franc et décomplexé

    “Si la finale était sur le même principe que l’Eurovision, nous aurions déjà gagné”, écrivait le journal. Une carte intéressante : certains pays sont partagés, comme la Grèce ou le Portugal, mais la plupart apportent leur franc soutien aux joueurs au maillot à damier rouge et blanc. À l’exception notable de la Serbie voisine – cas très particulier –, dont le président Aleksandar Vucic a lui-même précisé qu’il soutenait inconditionnellement l’équipe russe lors du match contre les Croates. La “solidarité slave”, avancée par le journal pour expliquer cet engouement pour les “Vatreni” s’avère donc à géométrie variable.

    Un coup d’œil sur les réseaux sociaux bulgares apporte un début de réponse. L’arbitre de la finale, Néstor Pitana, y est souvent présenté comme le “meilleur joueur de l’équipe de France”. Mais ce n’est pas tout. Des photomontages de macaques tenant la Coupe du monde représentent les Bleus. Les commentaires sont à l’avenant, d’un racisme franc et décomplexé. Le leitmotiv ? L’équipe de France représente d’avantage l’Afrique que l’Hexagone. C’est une équipe d’immigrés à la différence des Croates qui, eux, sont de vrais Européens.

    La représentativité ethnique

    De manière encore plus troublante, au lendemain de la finale le quotidien populaire Standart de Sofia titrait en une : “L’Afrique exulte”, en précisant que 15 des 23 joueurs français étaient originaires du “continent noir”. Ce titre n’est pas passé inaperçu, bon nombre de commentateurs s’indignant que le journalisme bulgare “puisse tomber aussi bas”. D’autres ont néanmoins rappelé que de tels titres ont été produits par la presse française – et n’ont pas été jugés racistes. Dans un papier publié le 14 juillet, le très sérieux quotidien Sega de Sofia avait également abordé la question des étrangers dans l’équipe de France, en précisant que “seuls 6 des joueurs de Didier Deschamps sont des Européens pur jus”. Les autres auraient très bien pu jouer dans la sélection du Mali, de la RDC, du Cameroun, du Togo, de la Guinée, etc.

    Cette question de la mixité et, plus généralement, de la représentativité ethnique des sélections nationales n’est pas nouvelle – notamment pour ce qui concerne l’équipe de France (un Jean-Marie Le Pen se fendait de commentaires à l’avenant il y a encore quelques années). Il y a aussi la question du conflit de loyautés : comme dans le cas des joueurs kosovars dans l’équipe suisse. Dans ce rejet des Bleus (chez lesquels il y a décidément trop d’Africains), le chroniqueur de Dnevnik voit, lui, une “frustration typiquement balkanique” : un exutoire, et une façon de fermer les yeux face à ses propres problèmes et défauts en s’en prenant à cette bande de “noirpiots prétentieux”. Le problème, à en croire la carte de Jutarnji List, est que ce sentiment semble partagé dans bien d’autres pays de cette “autre Europe”, chère au hongrois Viktor Orbán, dans laquelle il y a bien trop d’immigrés et de moins en moins d’autochtones. Et que ce sont bien les premiers qui ont gagné.

    Alexandre Lévy

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  • Vu d’Italie. Mais pourquoi les Français nous ont-ils piqué la Joconde pour célébrer leur victoire ?

    Vu d’Italie. Mais pourquoi les Français nous ont-ils piqué la Joconde pour célébrer leur victoire ?

    Au soir de la victoire des Bleus, le musée du Louvre a tweeté un message de félicitations accompagné d’une photo de la Joconde… affublée du maillot de l’équipe de France. Indignation des internautes italiens devant cette “appropriation” du tableau de Léonard de Vinci.

    Très franchement, s’indigne Il Messaggero : “Pour célébrer leur victoire, les Français n’auraient-ils pas pu choisir un symbole à eux, plutôt qu’un symbole à nous ?”

    Comme de nombreux compatriotes, le journal romain réagit vivement à un tweet du musée du Louvre, au soir de la victoire des Bleus. En guise d’illustration de ses félicitations à l’équipe nationale, le célèbre musée publiait un montage de la Joconde affublée du maillot des Bleus.

    Sujet délicat s’il en est car, en Italie, on accepte mal de voir exposé à l’étranger le tableau de Léonard de Vinci – dont la rumeur veut qu’il ait été dérobé par Napoléon durant sa campagne d’Italie.

    “Gardez Carla Bruni, rendez-nous la Joconde”

    De fait, le tweet a attiré des centaines de commentaires furieux.

    “Elle est à nous !!!” s’exclame un internaute. “Vous râlez encore, douze ans plus tard, hein ?” ajoute un deuxième, en référence à la victoire italienne sur la France, lors de la Coupe du monde 2006. Ou encore : “Je vous en prie, gardez Carla Bruni et rendez-nous Mona Lisa”. D’autres, enfin, tweetent des photos de La Liberté guidant le peuple de Delacroix, ou le portrait de Napoléon de Jacques-Louis David, adjoints de commentaires tels que : “Ils ont des millions de tableaux, dont celui-ci, et ils choisissent quand même la Joconde ?” 

    Au point que le musée a été contraint de répondre sur Twitter, en italien dans le texte : “Pour information, la Joconde a été vendue par Léonard de Vinci au roi François Ier.”

    “Mais la question n’est pas de savoir à qui appartient la propriété matérielle du chef-d’œuvre, reprend Il Messaggero, mais à qui appartient sa propriété intellectuelle. Et la réponse est : aux Italiens, absolument.”

    Source

    Grand journal populaire romain, détenu par Montedison. Il a soutenu le maire progressiste lors des dernières élections municipales et opté depuis pour une opposition modérée à Berlusconi.

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  • Vu d’Irlande. Le Tour de France continue à séduire malgré les scandales

    Vu d’Irlande. Le Tour de France continue à séduire malgré les scandales

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    Armstrong, Contador, Froome – autant de stars du cyclisme que d’affaires de dopage. Un journaliste irlandais s’interroge sur la capacité du Tour à préserver sa popularité malgré l’image négative qui lui colle à la peau.

    “Nous serions même prêts à applaudir des robots, pour peu qu’ils aient l’air vaguement humains.” Brian O’Connor, de l’Irish Times, ne mâche pas ses mots au sujet des coureurs du Tour de France.

    Il est vrai que l’image de la compétition créée en 1903 s’est considérablement dégradée : “La réputation du cyclisme est depuis longtemps flétrie. Personne ne peut plus vraiment y croire, ce qui est injuste pour ceux qui sont honnêtes.” La décision de l’Union cycliste internationale (UCI) d’autoriser Christopher Froome, pourtant déclaré positif au salbutamol, à prendre part à la course ne plaide pas en sa faveur. Ce phénomène est

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  • Le secret pour rendre les Français plus forts

    Le secret pour rendre les Français plus forts

    Cette potion magique version 2018 que le druide sort de sa marmite fortifiera les Français fatigués, à en croire le dessinateur Chappatte. Que peut-il y avoir de mieux qu’une victoire en finale de la Coupe du monde de football, comme celle contre la Croatie dimanche 15 juillet, pour remonter le moral des troupes ?

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  • Coupe du monde. “L’Afrique savoure cette victoire comme la sienne”

    Coupe du monde. “L’Afrique savoure cette victoire comme la sienne”

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    Composée de nombreux joueurs aux racines africaines, l’équipe de France était massivement soutenue par les supporters du continent, qui fêtent aujourd’hui le titre de champion du monde.

    “La sixième équipe d’Afrique gagne le Mondial.” C’est ainsi que le site d’information sénégalais Rewmi titre son éditorial post-finale de Coupe du monde, remportée par les Bleus. “Dans ce dernier carré de Coupe du monde 100 % européen, l’équipe de France fait le bonheur d’un autre continent.” En remportant sa deuxième Coupe du monde à Moscou sur le score de 4-2 contre la Croatie, la France porte avec elle sur le toit du monde une bonne partie du continent africain.

    Déçus par l’élimination rapide des équipes marocaine, sénégalaise, nigériane, égyptienne et tunisienne, les supporters ont rabattu leurs espoirs sur les Bleus, dont 14

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    Sidy Yansané

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  • Vu du Royaume-Uni. Paul Pogba restera-t-il au sommet  ?

    Vu du Royaume-Uni. Paul Pogba restera-t-il au sommet  ?

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    Paul Pogba vient de conclure une Coupe du monde réussie de la meilleure des manières, avec un but en finale. Le milieu de terrain répond enfin aux attentes placées en lui, constate The Times, qui s’interroge sur la durée de cet état de grâce.

    “C’était le moment dont Pogba rêvait lorsqu’il a commencé à jouer au foot, jeune garçon, à Roissy-en-Brie, dans la banlieue de Paris”, relate The Times, cette 59e minute de la finale de la Coupe du monde 2018 : “Le ballon atterrit dans ses pieds à l’entrée de la surface de réparation, via Mbappé et Griezmann, Pogba envoie une frappe du droit. Le ballon est contré par Lovren et, lorsqu’il repart, Pogba frappe de nouveau – cette fois du gauche.”

    La suite, désormais, est connue de tous : “La balle vole devant Subasic, les filets tremblent, le public rugit, la France mène 3 à 1 et Pogba court pour aller célébrer son but. Déjà auteur d’une passe sublime pour Mbappé au début de l’action, le milieu de Manchester United marque aussi sa conclusion.

    Si le sportif est pétri de talent et qu’on “lui rappelle fréquemment qu’il appartient aux joueurs qui tutoient les sommets”, souligne The Times, il est aussi l’objet de critiques récurrentes au Royaume-Uni. “Son talent est sublime, mais sa solidité fluctue”, juge le quotidien britannique.

    The Times doit pourtant s’incliner devant le tournoi de Paul Pogba :

    Lors de cette Coupe du monde, Pogba a été excellent la majeure partie du temps – remarquable par moments, mais avant tout sensible et discipliné au côté de Kanté, au milieu.”

    Celui à qui l’on reprochait son extravagance et ses coupes de cheveux a réalisé un Mondial sobre, sérieux, discipliné et efficace. Le quotidien londonien de conclure : “Dans le football, il n’y a presque pas le temps de s’arrêter et d’admirer le travail réalisé : à un acte génial s’enchaîne toujours un autre, exactement comme Pogba l’a fait dimanche. Avec cette merveilleuse démonstration de l’étendue de ses compétences, Pogba a enfin atteint les sommets. Le défi est désormais d’y rester.”

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  • Coupe du monde. Pourquoi il faut dire merci aux Pussy Riot

    Coupe du monde. Pourquoi il faut dire merci aux Pussy Riot

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    La brève interruption de la finale France-Croatie, dimanche 15 juillet, par des membres du groupe contestataire russe aura été la seule “​prise de position marquante sur le régime russe pendant la Coupe du monde”, estime The New Yorker.

    “Contrairement aux JO de 2014, à Sotchi, au cours desquels les Pussy Riot ont aussi manifesté, la Coupe du monde n’a guère donné lieu à des critiques ou à des réflexions parmi les politiques ou les médias occidentaux”, constate The New Yorker. L’irruption sur la pelouse de quatre activistes en pleine finale France-Croatie n’en est que plus notable pour le prestigieux magazine américain.

    Survenue à la 52e minute de la rencontre, l’action a été revendiquée par les Pussy Riot. Des membres de ce groupe contestataire, que l’on qualifie communément de “féministe punk”, s’étaient rendus célèbres en 2012 en entonnant un retentissant “Vierge Marie délivre-nous de Poutine” devant l’autel de la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou.

    Une filiation poétique

    Dans ses déclarations diffusées dimanche 15 juillet sur les réseaux sociaux, le groupe affirme s’être inspiré pour son action à la Coupe du monde d’un personnage de “policier céleste” imaginé par le poète et artiste russe Dmitri Prigov, mort il y a tout juste onze ans. Par opposition à cette figure du “policier idéal, de l’autorité suprême, juste”, les Pussy Riot ont voulu mettre en lumière celle, bien réelle selon les activistes, du “policier terrestre” russe. Ainsi qu’on peut le lire, en anglais, sur le compte Twitter du groupe :

    Le policier céleste protégera un bébé dans son sommeil, tandis que le policier terrestre persécute les prisonniers politiques et emprisonne des gens pour avoir partagé et liké des posts sur les réseaux sociaux.”

    “La Coupe du monde nous a rappelé la possibilité d’un policier céleste dans la magnifique Russie de l’avenir, poursuit le communiqué, mais le policier terrestre, qui intervient dans le jeu tous les jours et ne respecte aucune règle, détruit notre monde.”

    Une “image de l’arbitraire”

    Comme le souligne Masha Gessen, la journaliste russo-américaine qui signe l’article du New Yorker, les membres des Pussy Riot sont ainsi devenus “les seules personnes à prendre nettement position en ce qui concerne le régime russe pendant la Coupe du monde”.

    Avant de conclure :

    Ils ont aussi créé, sur l’une des plus grandes scènes du monde, une image de l’arbitraire, celui-là même que 150 millions de Russes subissent au quotidien.”

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  • Non, le monde entier ne se réjouit pas de la victoire des Bleus

    Non, le monde entier ne se réjouit pas de la victoire des Bleus

    D’accord, d’accord, la France a gagné. Mais était-ce bien mérité ? N’est-ce pas un peu grâce à nous ? Et d’ailleurs, est-ce si important ? Dans de nombreux journaux étrangers, la victoire des Bleus fait grincer des dents.

    “La France a été la meilleure équipe, cela ne fait aucun doute”, admet du bout des lèvres The Irish Times. “Mais si vous n’êtes pas français, les émotions suscitées par cette finale sont davantage de l’ordre du peu mémorable que de l’inoubliable.”

    Pour le quotidien de Dublin, la sélection de Didier Deschamps inspire, “avec réticence”, “du respect plutôt que de l’admiration, de la stupéfaction et de la tendresse”. Et le journal irlandais d’enfoncer le clou, en usant d’une métaphore équestre : “On peut dire que si la France n’a pas eu vraiment à se dépasser pendant cette Coupe du monde, c’est parce qu’elle était tout simplement trop forte. Mais si la plus prestigieuse compétition footballistique peut être gagnée au petit galop, c’est qu’il y a peut-être un problème avec la course.”

    “Un penalty discutable a fait basculer la finale”

    De l’autre côté de la mer d’Irlande, l’emballement n’est pas non plus de mise. “L’arbitrage vidéo a détruit la finale”, se morfond The Scotsman. “Les Croates sont en droit de se demander comment la VAR, un système créé pour éliminer les erreurs d’arbitrage, a pu, en moins de dix-huit minutes, se tromper de la sorte. D’abord en validant un but entaché d’une probable position de hors-jeu, et ensuite en accordant un penalty extrêmement douteux.” Le journal d’Edimbourg, s’il salue une équipe solide dotée de fabuleux (jeunes) joueurs, assure dans la foulée que ces Bleus-là “ne seront certainement pas appréciés au-delà des frontières du pays”.
    Même analyse en Belgique : pour De Standaard, le quotidien de référence néerlandophone, la main d’Ivan Perisic dans la surface de réparation était “un cas limite”, et c’est ce “penalty discutable qui a fait basculer la finale”. “‘Volé’, c’est sans doute un peu fort, écrit le journal, mais en tout cas on ne peut pas dire que le titre de champion du monde de la France est vraiment mérité.”

    La France n’a clairement pas donné le meilleur d’elle-même, ajoute La Libre Belgique, qui a vu des Bleus “pas emballants, cyniques”, et glisse :

    Les plus caustiques diront que les Français n’ont jamais autant couru vers l’avant qu’au moment d’aller embrasser l’un des quatre buteurs de l’après-midi”.

    Plus généralement, la presse belge a surtout choisi de parler d’autre chose. Fait assez rare dans le pays, les quotidiens francophones et flamands consacrent leurs unes à un même sujet : l’accueil triomphal des Diables rouges sur la Grand-Place de Bruxelles, au lendemain de leur victoire en petite finale.

    “La très grande majorité des Italiens soutenait le camp adverse”

    C’est d’ailleurs aussi ce que fait le journal italien Tuttosport, qui titre, pour le sixième jour consécutif, sur le transfert de Cristiano Ronaldo à la Juventus de Turin.

    Bon joueur, le Corriere dello Sport salue les prouesses de Didier Deschamps, tout en précisant que le héros du jour est un sélectionneur à l’italienne”. “Nous pourrions le considérer comme l’un des nôtres, assure le journal sportif, si on garde à l’esprit les cinq saisons qu’il a passées au sein de la Juventus, en tant que joueur, et le passage de série B en série A [qu’il a accompagné en tant qu’entraîneur, lors de la saison 2006-2007]”.

    Pour La Gazzetta dello Sport, c’est carrément toute la victoire qui est “à l’italienne”, puisque c’est indubitablement la carrière transalpine de Didier Deschamps qui lui a permis d’acquérir “l’art italien de la défense et de la tactique”.

    Enfin, dans son éditorial, le directeur du Corriere dello Sport tâche de prendre acte.

    La France est donc championne du monde pour la deuxième fois en vingt ans. Le grand rêve d’un petit pays [la Croatie] ne s’est pas réalisé. Mauvaise pioche également pour une très large majorité des Italiens – dont votre serviteur –, qui, au cours de cette finale pauvre en tactique et déterminée par les circonstances, soutenait le camp adverse.”

    Mais “il faut tout de même admettre que le succès des Français est mérité”.

    Carole Lyon et Sasha Mitchell

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