Author: Don Kayembe

  • RDC : L’ambassadrice américaine à l’ONU à Kinshasa le 21 octobre

    RDC : L’ambassadrice américaine à l’ONU à Kinshasa le 21 octobre

    U.S. President Donald Trump talks with U.S. Ambassador to the U.N. Nikki Haley as they attend a session on reforming the United Nations at U.N. Headquarters in New York, U.S., September 18, 2017. REUTERS/Lucas Jackson

    -La République démocratique du Congo n’en démord pas, elle est candidate à un siège au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Une position qui, notamment, au vu des innombrables critiques sur les violences perpétrées en RDC par les forces de l’ordre contre les populations civiles flirte avec le surréalisme ou le cynisme. Une lecture qui ne semble pas correspondre à la lecture de plusieurs pays africains qui soutiennent cette candidature.

    Les Etats-Unis ont d’ailleurs critiqué mercredi dernier, ces pays africains, affirmant que cela enflammerait encore le conflit dans ce pays.

    Le Conseil, basé à Genève, enquête actuellement sur les atrocités qui ont été commises en République démocratique du Congo par les forces armées du pays et des milices dans la région du Kasaï, où plus de 80 fosses communes ont été découvertes et deux experts des Nations unies exécutés. La situation de plusieurs opposants contraints à l’exil, emprisonnés ou subissant des pressions psychologiques intolérables comme Gabriel Kyungu wa Kumwanza dont la demeure est constamment sous contrôle policier (voir illustration ci dessous) est aussi régulièrement évoquée.

    « Un manquement au droit de l’homme »

    Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, a jugé que le soutien à la candidature de la RDC était « un manquement inexcusable » à la promotion des droits de l’homme par les pays africains.

    « Quand des pays du groupe Afrique avancent la candidature d’un pays comme la République démocratique du Congo pour qu’il devienne membre du Conseil des droits de l’homme, cela n’affaiblit pas seulement cette institution – mais alimente également le conflit qui provoque tant de souffrances sur ce continent », a déclaré Mme Haley qui est attendue le 21 octobre à Kinshasa.

    Le Conseil des droits de l’homme peut être un atout pour le continent si les pays africains proposent des candidats « crédibles », a encore déclaré Mme Haley.

    Le souvenir de Bill Richardson

    Une visite espérée, même si le contexte est bien différent, par nombre d’opposants au régime Kabila qui se souviennent de la visite de l’ambassadeur américain à l’ONU Bill Richardson, à la fin du règne du maréchal Mobutu. L’ambassadeur américain n’y était pas allé avec le dos de la cuiller pour montrer le chemin de l’exil à un Mobutu malade et qui ne régnait déjà plus que sur une partie de son Zaïre. « Les temps et les acteurs ont changé », explique un opposant. « On peut penser que Mme Haley, dont on connaît le caractère bien trempé, sera ferme avec le président Kabila. On n’est pas naïfs, on sait que le Kabila de 2017 n’est pas le Mobutu de 1997. Mais les Etats-Unis ont démontré qu’ils n’avaient pas perdu notre pays de vue. Si Mme Haley vient à Kinshasa, ce n’est pas pour faire des emplettes. Son discours à l’annonce du soutien des autres Etats africains à la candidature de la RDC au conseil des droits de l’homme, montre son engagement et sa détermination face à un pouvoir voyou. »

    L’Assemblée générale de l’ONU doit voter en octobre pour pourvoir des sièges de ce Conseil fort de 47 membres.

    Le groupe de pays africains s’est mis d’accord pour proposer outre la RDC, l’Angola, le Nigeria et le Sénégal pour occuper les quatre sièges alloués au continent.

    L’élection l’année dernière de l’Arabie saoudite et de la Chine au Conseil, en dépit de preuves de violations des droits de l’homme, avait également suscité des critiques.

    Par Hubert Leclercq

  • Crise au Congo: Charles Michel en long tête-à-tête avec le président Kabila à New York

    Crise au Congo: Charles Michel en long tête-à-tête avec le président Kabila à New York

    -Le Premier ministre belge a longuement rencontré le président congolais, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, à New York. Les élections et le futur du président étaient vraisemblablement au menu des discussions, à huis clos. La rencontre a été qualifiée par l’entourage de Charles Michel d’« instructive et utile ».

    Charles Michel a eu un long entretien en tête-à-tête avec le président congolais Joseph Kabila, vendredi après-midi, dans un prestigieux hôtel de Manhattan. L’entrevue a duré une heure et quart et a été qualifiée par son entourage de « instructive et utile ». Le Premier ministre, tout comme son interlocuteur, se sont refusés à dévoiler «  à chaud  » le contenu de leur conversation, forcément délicate dès lors que la situation sécuritaire au Congo est tendue à l’extrême tandis que le calendrier électoral va «  de glissement en glissement  » et que le président élu n’a toujours pas fait connaître son intention de quitter le pouvoir après les deux mandats autorisés par la Constitution.

    C’était la première rencontre entre les deux hommes, sans aucun conseiller, depuis un seul autre contact bilatéral entre le Premier ministre et le président, en marge du sommet de la Francophonie à Dakar, il y a trois ans. Charles Michel avait cependant rencontré Kabila auparavant, lorsque l’actuel Premier ministre belge était en charge de la Coopération au développement.

    Un premier contact établi par Charles Michel

    Joseph Kabila, qui porte désormais une solide barbe, est arrivé jeudi à New York, en provenance du Kasaï. Il doit prononcer son discours devant l’Assemblée générale ce samedi. Le projet de l’entrevue belgo-congolaise au sommet avait été évoqué lors d’un échange téléphonique entre Charles Michel et le président de la RDC, apprend-on. Ce contact avait été établi par le Premier ministre. Charles Michel avait sollicité le soutien de Kabila, cet été, pour rapatrier du Congo des moyens militaires belges (armes, munitions, véhicules…) bloqués depuis de mois sur place après que le Congo avait rompu la coopération militaire avec la Belgique. Cette rupture avait été justifiée à Kinshasa par des critiques émises par le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, sur le choix du nouveau Premier ministre congolais. De son côté la mission de maintien de la paix de l’ONU au Congo avait refusé de se charger de cette mission, affirmant qu’elle n’entrait pas dans son mandat.

    Une réunion à huis clos de tous les «  envoyés spéciaux  » chargés de la région s’est tenue cette semaine à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Dans les couloirs des Nations unies, il se dit que l’un des « paramètres » de la délicate situation au Congo concerne le sort – la sécurité ! – du président : comment garantir celle-là pour le convaincre de s’effacer ? On rappelle que son père a fini assassiné, tandis que d’autres ex-dirigeants africains ont trouvé un refuge sûr dans des pays voisins. En Côte d’Ivoire par exemple, pour l’ex-président burkinabé Compaoré, ou en en Guinée équatoriale pour le gambien Jammeh. Le sort des avoirs fait également partie de «  l’équation  ».

    « Il faudrait convenir d’un cadre solide de sortie », indique une source proche du dossier. Bien sûr, l’initiative devrait émaner des acteurs régionaux, africains, plutôt que des « parrains » européens, occidentaux. Ceux-ci devraient davantage se mobiliser pour favoriser une sortie de crise, estime-t-on, d’autant qu’un risque de contagion n’est jamais à exclure, s’agissant du Congo, un pays qui partage ses frontières avec neuf pays !

    Kabila pourrait être tenté de rester au pouvoir

    Problème, comme le relève la source occidentale : « Les leaders régionaux sont eux-mêmes concernés par ce que l’on reproche à Kabila » (NDLR : de s’accrocher au pouvoir). Avec une opposition divisée et revancharde, une communauté internationale en ordre dispersé et les Etats-Unis de Trump désintéressés, le président Kabila, au pouvoir depuis janvier 2001, pourrait être tenté d’encore rester, malgré les risques de chaos, analyse-t-on. « Le moins mauvais choix, c’est donc les élections », reprend la source.

    Dans son discours officiel à la tribune de l’Assemblée, Charles Michel a mis surtout l’accent sur la « situation sécuritaire » qui « s’est fortement dégradée » au Congo et la crise humanitaire, « préoccupante ». Sans rien dire précisément, Charles Michel a affirmé que « nous ne pouvons pas abandonner la RDC. Nous devons au contraire l’accompagner pour qu’elle puisse s’ancrer dans un processus démocratique irréversible au moyen notamment de l’organisation d’élections honnêtes, transparentes et inclusives ». « Je verrai les détails avec lui (Joseph Kabila) », avait dit au Soir Charles Michel dans la foulée de son discours.

  • l’entourage de Kabila « surpris » par la demande de nouvelles sanctions américaines

    l’entourage de Kabila « surpris » par la demande de nouvelles sanctions américaines

    -Dans une correspondance adressée mardi à Donald Trump, sept sénateurs américains exhortent le président de leur pays à s’impliquer davantage dans la recherche d’une solution à la crise en RDC. L’une des pistes avancées : de nouvelles sanctions contre le régime de Joseph Kabila. Kinshasa se dit « surpris ».

    Ils sont tous démocrates et se disent préoccupés par la situation politique et sécuritaire en RDC. Autour de Cory Booker, élu du New Jersey et représentant principal de son parti au sein du sous-comité sur l’Afrique du Sénat américain, six autres sénateurs des États-Unis ont adressé, ce mardi 3 octobre, une lettre au président Donald Trump.

    Dans cette correspondance, les sénateurs Cory Booker, Ben Cardin (Maryland), Dick Durbin (Illinois), Chris Coons (Delaware), Sherrod Brown (Ohio), Elizabeth Warren et Edward Markey (Massachusetts) rappellent au chef de l’État américain les raisons, selon eux, de l’aggravation de la crise actuelle en RDC : le non-respect par le président Joseph Kabila de la lettre et de l’esprit de l’accord de la Saint-Sylvestre. Un compromis politique signé in extremis le 31 décembre 2016 entre le camp présidentiel et l’opposition politique.

    Il était alors question d’organiser les élections d’ici la fin de l’année et de cogérer la période préélectorale. Seulement, lors de l’application de l’accord, Joseph Kabila, dont le second mandat constitutionnel est arrivé à terme le 19 décembre dernier, a choisi de nommer les dissidents du Rassemblement de l’opposition à la fois à la tête du gouvernement et du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA).

    Un geste considéré comme une provocation, qui s’est attiré des critiques des évêques catholiques, médiateurs de ces derniers pourparlers, mais aussi des partenaires internationaux qui continent d’appeler à l’application « intégrale » de l’accord trouvé. Pis, la possibilité d’organiser les scrutins d’ici décembre ne tiendrait plus qu’à un miracle.

    Si Kabila ne respecte pas l’accord, les États-Unis devraient recourir aux sanctions

    Kabila de nouveau pointé du doigt

    Pour les sénateurs américains auteurs de la lettre adressée à Trump, le responsable de cette situation est bien connu : Joseph Kabila. Ils accusent le chef de l’État congolais de n’avoir pas voulu appliquer « de bonne foi » l’accord de la Saint-Sylvestre.

    Ces élus américains dressent également un tableau sombre de la situation sécuritaire en RDC : graves violations des droits de l’homme dans le Kasaï, imputables notamment aux forces gouvernementales et à des milices pro-gouvernementales, troubles dans le Tanganyika où l’on compte « 500 000 déplacés supplémentaires », recrudescence des violences dans le Kivu, répression des manifestants pacifiques à Kinshasa et dans les autres villes du pays…

    Avant que toute la région ne s’embrase, ces sénateurs prient Donald Trump de nommer un successeur à James Swan, parti en retraite, au poste d’ambassadeur des États-Unis en RDC. D’autant que, pour l’instant, c’est Dennis Hankins, ambassadeur américain en Guinée, qui chapeaute aussi la représentation diplomatique américaine à Kinshasa en tant que chargé d’affaires.

    Il est également demandé à Trump de désigner un secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines, mais aussi un administrateur adjoint chargé de l’Afrique au sein de l’USAID.

    Selon les sénateurs américains, sans des responsables permanents à ces postes stratégiques, la politique africaine des États-Unis, mais aussi tous les efforts diplomatiques que le pays pourrait déployer, ne produiront pas d’effets escomptés.

    En attendant, ils sollicitent auprès de Donald Trump le recours à des mesures coercitives pour contraindre le régime de Kinshasa. « Si le gouvernement [congolais] refuse de respecter l’esprit et la lettre de l’accord [de la Saint-Sylvestre], les États-Unis devraient utiliser les moyens dont nous disposons, notamment l’adoption des sanctions », soutiennent les sept sénateurs dans leur missive.

     

     

    Nous avons l’impression que ces sénateurs américains ne nous écoutent pas

    Dans l’entourage du président Kabila, c’est l’incompréhension. D’autant que, par l’entremise de Mer Security and Communication System, une entreprise israélienne, Kinshasa avait renforcé ces derniers mois des actions de lobbying auprès des instances américaines.

    Raymond Tshibanda, ancien chef de la diplomatie congolaise, a même été nommé « envoyé spécial » sur place. Et Barnabé Kikaya Bin Karubi, le conseiller diplomatique du chef de l’État, confie à Jeune Afrique avoir rencontré à plusieurs reprises trois des sénateurs signataires de cette « lettre assortie de menaces de sanctions ».

    « Nous sommes surpris par le fait qu’ils reviennent sur un argumentaire dépassé, alors que nous avons eu à les expliquer de long en large la situation réelle, politique et sécuritaire, en RDC », dit-t-il. « Nous avons l’impression qu’ils ne nous écoutent pas, déplore le diplomate. C’est très inquiétant s’ils se contentent de ce que leur disent des opposants intéressés qui ne cherchent qu’en découdre avec le pouvoir en place à Kinshasa. »

    L’ambassadrice américaine Nikki Haley attendue à Kinshasa

    Quant à la situation sécuritaire épinglée dans la lettre, elle serait depuis « maîtrisée » dans le Kasaï, jure Kikaya qui en veut pour preuve « l’enrôlement des électeurs qui se poursuit » dans cette partie centrale du pays.

    « Les procès des fouteurs de troubles s’y poursuivent. Le FBI et la justice suédoise travaillent déjà avec nous pour élucider le meurtre de deux experts onusiens [l’Américain Sharp et la Suédoise Zaida Catalán assassiné en mars dans le Kasaï, NDRL] », poursuit ce proche de Kabila qui regrette qu’ « on ne retrouve nulle part ces évolutions de la situation dans la lettre des sénateurs ». Celle-ci, nuance Kikaya, « n’engage que ses signataires ».

    « Nous, à Kinshasa, nous attendons au cours de ce mois d’octobre Nikki Haley, la représentante permanente des États-Unis aux Nations unies, le seul haut responsable américain qui s’est prononcé à plusieurs reprises sur la situation en RDC », indique le diplomate congolais. « Si de nouvelles sanctions américaines tombent sur nous, ce serait un très mauvais signal », grimace pour sa part un ancien ministre.

    Côté opposition, l’on se réjouit en revanche de cette sortie des sénateurs américains. Olivier Kamitatu, porte-parole de l’opposant Moïse Katumbi, y voit une « nouvelle salve du Congrès américain qui invite Donald Trump à adopter des mesures pour la mise en œuvre de l’accord de la Cenco et le départ de Kabila ». D’autant que le Rassemblement, la principale plateforme de l’opposition congolaise, ne plaide désormais qu’en faveur d’une transition sans le président actuel.

    J.A.

  • Passeportgate en RDC : She Okitundu doit s’expliquer à l’Assemblée nationale

    Passeportgate en RDC : She Okitundu doit s’expliquer à l’Assemblée nationale

    -Léonard She Okitundu, vice-Premier ministre congolais en charge des Affaires étrangères, est attendu ce lundi à l’Assemblée nationale pour expliquer la motivation de la décision de son gouvernement d’invalider les passeports semi-biométriques en RD Congo. Une mesure qui a déjà contraint l’Union européenne à réagir.

    C’est en son nom que le communiqué officiel controversé avait été signé. Deux semaines après la publication de cette mesure décriée qui invalide les passeports semi-biométriques en RD Congo, Léonard She Okitundu, chef de la diplomatie congolaise, est appelé à répondre ce 2 octobre à la question orale avec débat introduite par le député Juvénal Munubo Mubi, cadre de l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe.

    Initialement prévue le 27 septembre, cette plénière avait finalement été reportée sur demande du vice-ministre des Affaires étrangères, Agée Matembo Toto, prétextant alors l’absence à Kinshasa de Léonard She Okitundu. Ce dernier est de retour au pays.

    « Sa défense restera sur la ligne tracée par le gouvernement », lâche une source diplomatique congolaise. Vendredi en effet, son collègue José Makila, vice-Premier ministre en charge des Transports et Voies de communication « a confirmé l’exigence éditée par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) pour tous les voyageurs de disposer obligatoirement d’un passeport biométrique », peut-on lire dans le compte-rendu du conseil des ministres, sans d’amples précisions.

    Mise au point et décision de l’UE

    Quelques jours plus tôt, dans une autre « mise au point », le gouvernement a soutenu que « certaines puissances étrangères ont déjà annoncé qu’au mois de novembre 2017, les détenteurs des passeports semi-biométriques ne pourront plus accéder sur leurs territoires ». Là encore, sans citer un seul pays qui aurait pris cette décision. C’est d’ailleurs « suite à des insinuations infondées » et pour lever tout équivoque que la délégation de l’Union européenne à Kinshasa a publié vendredi une déclaration « en accord avec les chefs de mission des pays membres de l’UE en RDC ».

    Il n’y a jamais eu de remise en cause de la validité d’un passeport congolais

    « Les passeports semi-biométriques congolais ont toujours été acceptés en espace Schengen, tout comme les passeports biométriques depuis la fin 2015, rappelle le communiqué de l’UE. Il n’y a jamais eu de remise en cause, pour quelques raison que ce soit, de la validité d’un passeport congolais, sauf naturellement, quand il était établi qu’il était frauduleux ou contrefait. »

    « Dans l’espace Schengen même circulent légalement des passeports électroniques (appelés semi-biométriques en RDC) et biométriques », poursuit le texte. Traduction : « Pour nous, les véritables raisons de la décision du gouvernement congolais sont à chercher ailleurs », commente un diplomate occidental basé à Kinshasa.

    Mais en attendant, cette mesure, bien que controversée, « conduit à suspendre, jusqu’à nouvel ordre, l’émission des vignettes visa sur les passeports semi-biométriques congolais », annonce l’UE qui justifie sa sentence par la « durée de validité du passeport : un visa ne peut être que émis sur un passeport disposant au moins de trois mois de validité ». D’autant que les passeports semi-biométriques congolais n’auront plus cours légal en RD Congo dès le 16 octobre, comme l’a décidé Kinshasa.

    Vers un retrait de la décision de Kinshasa ?

    Pour Juvénal Munubo, auteur de la question orale, la bataille n’est pourtant pas perdue. Loin de là. « La décision de l’UE est liée à celle du gouvernement congolais. Il suffit d’obtenir le retrait de la mesure invalidant les passeports semi-biométriques et les choses rentreront à la normale », estime le député, « bien déterminé » à « aller jusqu’au bout de [sa] démarche ».

    « Comme l’UE l’a démontré, les raisons avancées par le gouvernement ne tiennent pas debout. Même au niveau de l’OACI, nous n’avons pas relevé aucune interdiction formelle, encore moins de prohibition récente, qui frapperaient les passeports semi-biométrique », explique l’élu de Walikale, dans le Nord-Kivu.

    Dans l’entourage de She Okitundu, « on réfléchit » encore sur la ligne de défense. Surtout sur des « options » à lever lors du débat à l’Assemblée nationale. D’après nos informations, le vice-Premier ministre ne serait pas opposé à l’idée d’apporter quelques « aménagements » à la mesure. Pas sûr que cela suffise à calmer les esprits.

    J.A

  • Le Conseil des droits de l’homme tance les autorités de Kinshasa

    Le Conseil des droits de l’homme tance les autorités de Kinshasa

    -À l’occasion de la remise de son rapport annuel sur la République démocratique du Congo, le Conseil des droits de l’homme a vertement critiqué mardi l’apathie de Kinshasa dans la lutte contre l’impunité des crimes commis par les forces de sécurité congolaises. L’instance onusienne en a également profité pour dénoncer le non-respect des clauses de l’Accord du 31 décembre 2016.

    Un pays en proie à un indicible chaos, avec une myriade de milices et de groupes armés, où près de 3,8 millions de personnes ont dû fuir leurs foyers. La haut-commissaire adjointe aux droits de l’homme, Kate Gilmore, n’y est pas allée de main morte pour dénoncer la situation actuelle en République démocratique du Congo. Une présentation assortie d’une critique au vitriol du manque « d’enquêtes crédibles, impartiales et indépendantes sur les sérieuses violations des droits de l’homme commises par les forces de sécurité et de défense congolaises ».

    Entre autres griefs, Kate Gilmore a regretté le peu de diligence des autorités pour enquêter sur les 87 fosses communes découvertes dans le Kasaï, malgré les informations transmises à Kinshasa par la force onusienne en RDC (Monusco). Le conflit en cours dans cette région est « l’une des pires crises des droits humains dans le monde », a-t-elle dénoncé lors de son discours. Un drame quotidien, dont le prix humain ne cesse de s’alourdir : environ 5 000 morts et 1,6 million de réfugiés et de déplacés en l’espace d’un an. « Il n’y a pas de solution militaire à cette crise (…). Rien ne peut justifier la tragédie humaine, qui se déroule sous nos yeux », a renchéri pour sa part Maman Sidikou, chef de la Monusco.

    La situation actuelle, « antithèse » de l’esprit de l’Accord de la Saint Sylvestre

    Concernant la situation politique en RDC, l’instance onusienne est revenue sur les avancées de l’Accord de la Saint-Sylvestre, signé le 31 décembre 2016, qui représentaient alors « un réel espoir pour que le processus électoral suive son cours et apporte la stabilité politique désirée ». Las, l’actuelle situation du pays représente « l’antithèse » de l’esprit de l’Accord, juge Kate Gilmore. Ce dont témoignerait « le retard dans l’annonce d’une date des élections » et le triplement du nombre de prisonniers politiques au cours des douze derniers mois – dont la libération figurait pourtant parmi les mesures de décrispation prévues par le texte. Autant d’éléments qui démontrent selon le Conseil des droits de l’homme « l’absence de volonté de mener le processus démocratique de façon pacifique ».

    « Un tableau tellement sombre »

    Présente à la réunion, la ministre congolaise des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, a fustigé « un tableau sur les droits de l’homme tellement sombre que l’on donne l’impression qu’il n’y a plus d’espace pour respirer en République démocratique du Congo ». « Et pourtant, on y respire, on y exerce des activités économiques, des enfants vont à l’école, les ONG exercent leurs activités, et même près de 600 partis politiques et une soixantaine de chaînes de télévision fonctionnent en toute liberté », a-t-elle énuméré.

    À propos du processus électorale, la ministre a spécifié que « 42 millions d’électeurs sur 45 millions attendus » ont été enrôlés, tandis que les opérations d’enrôlement ont débuté dans les deux Kasaï pour une durée de trois mois. Elle en a également profité pour rappeler l’engagement exprimé par le président Joseph Kabila à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies que « les élections auront bel et bien lieu ».

    J.A