Author: Don Kayembe

  • Attendu a New York, Kabila au Kasaï pour un forum pour la paix

    Attendu a New York, Kabila au Kasaï pour un forum pour la paix

    Le Président Joseph Kabila à l’aéroport international de N’djili à Kinshasa, le 26/07/2017. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

    -Le président congolais Joseph Kabila est arrivé lundi dans la région du Kasaï, en proie à des violences depuis un an, pour participer à un forum pour “la paix” déjà décrié par l’opposition.

    M. Kabila doit présider mardi la séance d’ouverture de ce forum prévu pendant deux jours à Kananga, la principale ville du Kasaï, selon les organisateurs.

    Le Premier ministre, Bruno Tshibala, se trouve également à Kananga. “La paix est essentielle. Sans la paix on ne peut pas parler développement”, a-t-il déclaré lundi.

    Cette rencontre est un “mini congrès du PPRD” (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie – au pouvoir), a déclaré à l’AFP le député d’opposition Claudel Lubaya, affirmant avoir décliné une invitation à ce rendez-vous.

    Elie Mputu, un porte-parole du Rassemblement de l’opposition au Kasaï, a pour sa part exigé la présence du gouverneur du Kasaï central, Alex Kande, à ces assises.

    M. Kande, visé par une enquête administrative après l’éclatement des violences, est retenu à Kinshasa depuis février.

    Du côté de la majorité, l’Union des congolais pour le progrès (UPC) conditionne la bonne tenue du forum à la démission du gouverneur Kande. “Il est l’homme par qui le Kasaï se trouve secoué par la violence, son départ peut consoler tant soit peu les victimes”, a déclare son porte-parole, Job Kuyindama.

    Ancien havre de paix comparé aux turbulences qui secouent depuis 20 ans l’est du pays, le Kasaï s’est embrasé il y a un an après la mort en août 2016 du chef coutumier Kamuina Nsapu, qui s’était soulevé contre le pouvoir de Kinshasa.

    Ces violences entre forces de sécurité et milices Kamuina Nsapu ont fait plus de 3.000 morts, selon l’Eglise catholique, et 1,4 million de déplacés, selon les Nations unies. Deux experts de l’ONU y ont été tués en mars alors qu’ils enquêtaient sur ces violences.

    Avec AFP

  • Étienne Tshisekedi wa Mulumba : Le Martyr de la démocratie

    Étienne Tshisekedi wa Mulumba : Le Martyr de la démocratie

    -”Une dictature est en train de s’installer dans ce pays. Je vous demande de résister avec la dernière énergie”. Étienne Tshisekedi wa Mulumba, leader charismatique de l’UDPS et chef de file de l’opposition démocratique, Kinshasa-Limete, le 23 mai 1997.
    Par Joël Asher Lévy-Cohen *

     

    Dans le contexte des États vitrifiés par une dictature féroce, très souvent militaire, au service exclusif de puissants intérêts extérieurs, la démocratie africaine est, en réalité, une stratégie destinée à défaire le néocolonialisme en tant que filiation et, surtout, prolongement du régime colonial. C’est en fait une opération politique et idéologique dont l’objectif primordial consiste à recouvrer l’indépendance nationale du pays par la mise en place d’un système qui rend parfaitement la Souveraineté au Peuple pour que celui-ci ne soit plus réduit à la servitude. Cette démarche est profondément au cœur de l’entreprise politique du Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba et de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

    Axée substantiellement sur les droits fondamentaux de la personne humaine et les droits des Peuples à prendre en charge leur destin propre (à disposer d’eux-mêmes), cette idéologie trouve, très naturellement, sa consécration matérielle lors de la Conférence nationale souveraine (CNS) de 1992. En effet, l’édifice constitutionnel qui en est issu, s’articule autour du multipartisme et de la démocratie parlementaire. Ce qui donne, à n’en point douter, à l’ensemble du Peuple congolais la possibilité de choisir librement ses Représentants ou Délégués légitimes. Aussi s’articule-t-il autour de la typologie fédérale de l’État.

    Légitimité du pouvoir, régime multipartite et système parlementaire

    Pour feu le leader incontesté de l’UDPS Étienne Tshisekedi dont le combat politique remonte, en réalité, à la fin des années soixante, tout autour des années 1968-69[i], la démocratie en qualité de système politique signifie pertinemment la liberté. Celle-ci implique le choix par les Citoyens des Représentants qui incarnent, très profondément, leurs aspirations. Elle représente le choix éclairé, judicieux de l’idéologie porteuse de leurs attentes sans pression ou pesanteur de l’État.

     

    Cette liberté ne peut s’exercer que dans un cadre plural. Ce choix ne peut s’opérer que dans un univers politique ouvert où la concurrence est de mise. En d’autres termes, le régime multipartite en tant que support du système démocratique concourt, selon le Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba, au suffrage universel et, par voie de conséquence, à l’expression de la volonté populaire. Ce dernier l’interprète comme une assurance et un processus de légitimation des acteurs politiques. Il constitue, selon sa perception et sa vision, une garantie de l’accomplissement des vœux du Peuple par le biais de ses Représentants dûment élus ou désignés par leurs seuls et uniques pairs.

    Pour le Dr Tshisekedi, un élu ne l’est politiquement que dans la seule perspective de satisfaction des demandes populaires. En d’autres termes, un élu est, d’abord et avant tout, un serviteur du Peuple. Ce dernier n’est pas désigné par ses pairs citoyens pour défendre les intérêts corporatifs nationaux ou étrangers comme ce fut, assurément, le cas sous le néocolonialisme mobutien[ii]. Y compris sous le régime pseudo-nationaliste de Kinshasa, d’ailleurs, coopté pendant “l’épopée de la guerre dite de libération nationale de 1996-1997” par la fine fleur de la communauté financière et minière internationale.

     

    Par conséquent, l’on ne doit pas perdre de vue que feu le guérillero marxiste et maoïste Mzee Laurent-Désiré Kabila parrainé par des puissances extérieures a renversé moins le régime politique évanescent du Maréchal-despote Mobutu Sese Seko du Zaïre que la démocratie congolaise sustentée par les instruments de la CNS. Force est, d’ailleurs, de constater que les résolutions émises et dispositions constitutionnelles adoptées par les Délégués du Peuple et Représentants de la Nation dans cette Institution au cœur même de la vie politique étaient, pour avoir solennellement réaffirmé le nationalisme congolais fondé sur la loi Bakajika de 1961, totalement incompatibles avec le statut d’un maquisard révolutionnaire à la solde de puissants intérêts financiers et miniers. À cet effet, il y a lieu de souligner que le mercenaire Laurent-Désiré Kabila fut soutenu dans cette entreprise guerrière par la Belgique, les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada.

     

    Dans le cadre des agencements internationaux (la mondialisation des marchés), le rebelle affairiste Kabila est, donc, simplement perçu comme un gendarme par les tenants de l’ordre mondial, et ce au même titre que son sinistre prédécesseur. Il est regardé tout à fait naturellement comme un geôlier du Peuple congolais. Il est considéré rien que moins un surveillant [un cerbère] des intérêts stratégiques de l’oligarchie financière et minière mondiale. C’est pour défaut d’engagements auprès de ses parrains et alliés qu’une guerre fatale au pays lui est, malheureusement, imposée le 2 août 1998.

    C’est la raison fondamentale pour laquelle le Dr Étienne Tshisekedi s’est battu corps et âme pour l’avènement d’une véritable démocratie qui soit réellement la manifestation ou – [l’expression limpide] – de la volonté du Peuple congolais. Ce personnage politique s’est, en effet, toujours battu pour l’avènement d’un paysage démocratique incarné par des élus qui sont vraiment moins des pantins d’États ou de puissants intérêts étrangers que des Commis de la Nation. C’est cette exigence qu’il a toujours fait valoir – et ce à n’importe quel prix – devant n’importe quel interlocuteur national ou international.

     

    Cela est d’autant plus vrai que la légitimité des autorités politiques, administratives et gouvernementales de facto de la République démocratique du Congo procède tout à fait directement, – Ironie de l’Histoire –, non pas de la Nation congolaise (puisqu’elles se targuent d’être des nationalistes) mais malheureusement de l’étranger ! Il en est ainsi de Mobutu Sese Seko du Zaïre dont la mission consista à défaire l’indépendance des pays africains et du seigneur de guerre Laurent-Désiré Kabila dont le rôle majeur fut d’intégrer géopolitiquement la République démocratique du Congo dans la ceinture anti-islamiste. Ainsi en est-il de nos jours de Joseph Kabila Kabange dont la mission primordiale est d’étouffer tous azimuts le développement économique et le progrès social en Afrique au moyen de la rétrocession des richesses congolaises au profit des puissances exogènes.

     

    Aujourd’hui, les dirigeants de pacotille au sommet de la République démocratique du Congo sont maintenus superficiellement en vie voire instrumentalisés par des forces extranationales. Face à ce non-sens idéologique, à cette vraie parodie révolutionnaire, le célèbre Héraut du ‘‘Panafricanisme’’ et du ‘‘Nationalisme congolais’’, Patrice Emery Lumumba dont la mémoire politique est visiblement trahie, pratiquement déviée par des pseudo-héritiers, des soi-disant nationalistes à Kinshasa, préférerait sans l’ombre de doute retourner immédiatement dans sa dernière demeure. Tiens ! Tiens ! Ce fameux dirigeant sacrifié sur l’autel des intérêts colonialistes et impérialistes n’en a, d’ailleurs, jamais eu !

    Si elle porte dans ses germes fondateurs la liberté, la démocratie se cristallise au sein du Parlement. Elle s’y manifeste en tant que lieu sacré du combat politique. En effet, celui-ci est peuplé de véritables Commis de la Nation. C’est-à-dire : des Représentants qui incarnent la volonté populaire. À ce propos, le véritable rôle du Parlement dans un État consiste à encadrer l’action gouvernementale dont la mission primordiale est de mettre en demeure la politique de la Nation. C’est-à-dire : Une politique décidée par la population, le peuple assumant logiquement sa mission de souverain primaire.

     

    Cette politique est menée par un Premier ministre responsable devant ses pairs. C’est-à-dire : un Premier ministre responsable devant le Peuple qui l’a élu, qui s’est prononcé en sa faveur via le processus de suffrage universel. Ce droit de regard du Parlement sur les affaires gouvernementales exprime en réalité la Souveraineté de la Nation. C’est cette vision idéologique que voulait faire valoir le Dr Étienne Tshisekedi et que cherche à implanter l’UDPS afin que la République démocratique du Congo (RDC) recouvre sa totale liberté, assume son entière indépendance vis-à-vis des puissants intérêts autant politiques et économiques que financiers et militaires extérieurs.

    C’est, effectivement, la raison majeure pour laquelle la tristement célèbre Communauté internationale dont le phantasme idéologique est d’asservir, par procuration, le Peuple congolais, ne veut point du tout cautionner cette démarche politique et démocratique. Cela est d’autant plus vrai que cette dernière a pour corollaire immédiat d’extraire du régime d’exploitation coloniale et même impérialiste cet État géant d’Afrique centrale considéré à juste titre de grenier des matières premières. Ainsi, elle préfère résolument coopter toute une série d’acteurs politiques capables de perpétuer le calvaire national. La rébellion politico-militaire dans le Nord et dans l’Est de la RDC est-elle étrangère à cette macabre vocation ? La prolifération des seigneurs de guerre ‘‘sanguinaires’’ dans cette portion du pays est-elle par conséquent un fait anodin ?

    Fédéralisme, démocratie et développement

     
    Jetant son dévolu sur le régime fédéral, la CNS fait, en 1992, le choix de la démocratie institutionnelle, d’une part. En effet, le fédéralisme permet aux différentes Collectivités locales (États ou Provinces) de s’auto-organiser politiquement. Ce mode d’organisation leur permet de choisir leurs Représentants qui siègent aussi bien dans les Institutions publiques fédérales que fédérées en vue de défendre leurs intérêts primordiaux. Ce système comporte, en pratique, cette vertu fondamentale de rendre souverain chaque pan du territoire national.

    Et, d’autre part, en donnant la parole à la base, aux localités, le fédéralisme donne, en réalité, à chacun la possibilité de construire son développement. Il lui permet, surtout, d’être maître de son propre destin politique, culturel, social et économique. De ce fait, il s’oppose catégoriquement au modèle hégémonique du centre. Il rejette du revers de la main le mythe centralisateur. Il récuse le modèle uniformisateur qui nivelle tout par le haut et s’oppose farouchement à tout ‘‘particularisme’’ et toute notion d’autonomie.

     

    C’est en réalité ce type de fonctionnement des structures administratives et institutions publiques mettant un accent particulier sur l’autonomisation que recherchait, à n’en pas finir, le juriste Étienne Tshisekedi wa Mulumba. Pour le leader charismatique de l’UDPS, l’État est, dans ce nouveau régime administratif, réduit aux seules fonctions d’arbitrage et de coordonnateur. En principe, le rôle du pouvoir central consiste à fixer les règles de jeu entre les différentes entités structurelles qui composent l’État.

     

    Force est d’admettre que cette vision centralisatrice, certes adossée à l’uniformisation qui assure bien entendu l’hégémonie de l’État central, a indéniablement montré – et démontré – toutes ses limites abjectes avec le délire mobutiste. Après trente-deux ans de monocratie néocolonialiste incarnée politiquement par le tyran Mobutu Sese Seko du Zaïre sous la bannière inique du Mouvement populaire de la révolution (MPR), le bilan administratif et gouvernemental de la RDC en matière de développement à la fois humain et matériel est sans aucun doute catastrophique. Une grande majorité de la population vit quotidiennement sous le seuil de la pauvreté. Les infrastructures du pays sont quasiment inexistantes, etc.

     

    Il convient de relever que cette même conception et, surtout, cette même application du modèle administratif, d’ailleurs, datant de l’ère ‘‘mobutiste’’, pourtant fort connue pour sa défaillance, continuent malgré tout d’être respectées. Elles continuent, de nos jours, avec quelques retouches cosmétiques ou superficielles. Malgré tout avec les mêmes résultats. ‘‘Les mêmes causes produisent les mêmes effets’’, dit-on ou constate-t-on ! Qui dit mieux ?

    Ainsi, pour Étienne Tshisekedi wa Mulumba, un système politique et démocratique qui donne systématiquement et automatiquement la parole à la base populaire et aux entités locales est, en réalité, le gage du développement national. Cela est d’autant plus vrai que l’essor national est librement défini par les localités elles-mêmes. Il est défini en fonction de leurs aspirations fondamentales et non plus en fonction des desiderata émis par de puissants intérêts étrangers. Il importe de souligner que ceux-ci sont, par essence, incompatibles avec les attentes primordiales de la Communauté nationale. La preuve en est que les entreprises minières exploitées dans le camp gouvernemental aussi bien que dans les zones militairement occupées par la rébellion armée et les États agresseurs ne bénéficient nullement à la population.

     

    Partant de cette considération fondamentale et dans la seule et unique perspective de refondation de l’État et de la reconstruction nationale, le moment n’est-il pas venu de mettre sur pied en RDC une vraie démocratie ? Le moment n’est-il pas finalement venu d’asseoir un régime politique qui soit l’expression manifeste de la volonté nationale en vue de garantir le développement du pays ou le bien-être collectif ? Pour épargner des souffrances horribles et inutiles à la population, le moment n’est-il pas finalement venu d’asseoir un régime politico-institutionnel directement issu du suffrage universel et non pas bénéficiant de l’onction des puissances extérieures ?

     

    Il sied de mentionner qu’un tel système politique se doit, certes, d’incarner les intérêts sacrosaints de la population telle que le préconisait, d’ailleurs, de son vivant le leader de l’Opposition démocratique et légaliste Étienne Tshisekedi wa Mulumba depuis la création effective de l’UDPS le 15 février 1982.

     

    Joël Asher Lévy-Cohen

    Journaliste indépendant

     

    www.joelasherlevy.over-blog.com

    www.joelasherlevy.com

    [i] Période de durcissement du régime militaire mobutiste caractérisé par des exécutions politiques et le lynchage des étudiants au Campus universitaire de Lovanium à Kinshasa.

    [ii] Comme c’est présentement le cas sous le régime prédateur des mercenaires locaux ou étrangers.

  • Togo: Le Dernier des Gnassingbé- Faure Gnassingbé, cet Ancien Président du Togo

    Togo: Le Dernier des Gnassingbé- Faure Gnassingbé, cet Ancien Président du Togo

    -Faure Gnassingbé, cet Ancien Président du Togo

    Pierre S. Adjété

    Québec, Canada

    Essayeurs d’un autre avenir, les Togolais bougent vrai. Pour n’avoir su gouverner que par les Forces armées togolaises, claniques et antirépublicaines, Faure Gnassingbé vit ses derniers jours à la tête du Togo. C’est le consensus pour le retour immédiat à la République au Togo. C’est une évidence : rien n’est permanent, sauf le changement. Pour avoir toujours pensé que la répression brutale, la menterie et l’invouloir tiendront les Togolais sous sa domination pour toujours, Faure Gnassingbé va se rendre à l’évidence qu’aucune dictature n’est plus forte que son propre peuple.

     

    La mégalomanie constitutionnelle n’a aucune limite; c’est bien pour cela qu’existent les pouvoirs et les contre-pouvoirs. Certains vont devoir l’apprendre à leurs dépens. Ceux-là qui se sont emparés de tout un pays, envahis les consciences, déniés les cultures, élevés l’injustice et le culte de leur incompétence en dogme, tous ces Adowuinon vont devoir rendre tablier et restituer le Togo à la fierté des Togolaises et des Togolais, du Nord au Sud et partout où ils peuvent être.

     

    Au Togo, nous sommes en face d’une implacable dictature de père en fils. Comme un enfant gâté feignant l’inconscience et plaidant la grande ignorance, Faure Gnassingbé n’a de cesse de croire que le Togo est sa propriété privée. Non content d’être à la tête du pays au prix d’une tuerie de masse indescriptible entre février et avril 2005, à la mort de son père, Faure Gnassingbé ne parle que très rarement à ses concitoyens, et s’étonne qu’ils se plaignent de lui.

     

    Virevoltant d’incrédulité, la nomenklatura togolaise s’empare de la rue, s’illusionne d’une popularité, fait défiler tous les Adowuinon du pouvoir, du premier ministre jusqu’au président de la Cour constitutionnelle, en passant par de nombreux employés réquisitionnés par les déviances facturables de leurs patrons. Un concert pour la paix est même organisé, gratuitement, sans grand public. Jamais, le pouvoir togolais n’a osé organiser des marches de soutien en dehors de Lomé, la capitale togolaise, encore moins dans la diaspora comme c’est le cas aujourd’hui pour les forces républicaines. Aucune clientèle inhibitoire de l’imposture et de la dictature. Manifestement, c’est le glas final. Pour qui sonne-t-il?

     

    La tentation de l’impossible togolais

     

    C’est connu : « l’histoire est un progrès continu rythmé par certains sursauts grandioses ». C’est pour cela que l’heure de la fin a sonné d’un côté et celle du rassemblement des forces républicaines retentit fortement de l’autre. C’est bien pour cela que le régime de Faure Gnassingbé tire à sa fin et que de ce désespoir de tout un peuple naîtra une République nouvelle au service des populations qui n’ont jamais donné un seul mandat présidentiel crédible à ces gouvernants-ci.

     

    Il y a bien longtemps que « La tentation de l’impossible » s’était emparée des Togolaises et des Togolais. La démocratie pour la réconciliation et le développement a envahi le peuple togolais bien longtemps : entre servitude et souveraineté, le choix est désormais plus que clair. Les médias sociaux sont venus les amplifier.  Les individus s’y sont convertis pour mettre la pression sur les partis politiques qui ont fini par faire coalition. Seuls le parti présidentiel, le fameux Rpt-Unir et son clergé des Adowuinon trouvent que tout va qu’aucune réforme électorale n’est nécessaire au Togo, pas plus que ne le soit le vote de la Diaspora encore moins le retour à la Constitution de 1992.

     

    Désormais, face l’entêtement et à la tromperie de Faure Gnassingbé, au rendez-vous de la grande Histoire, les Togolais cherchent l’absolu : le départ pur et simple de Faure Gnassingbé qui n’a  d’ailleurs jamais prouvé qu’il pouvait assumer le Togo autrement que dans la continuité de l’imposture des cinquante dernières années. C’est écrit : « Il n’y a pas à blâmer ceux qui luttent; un des deux partis évidemment se trompe; le droit n’est pas comme le colosse de Rhodes, sur deux rivages à la fois, un pied dans la République, un pied dans le Gnassingbéland.» Le Togo est indivisible.

     

    La même Constitution immédiatement appliquée au profit de Faure Gnassingbé en 2005 s’applique désormais avec la même urgence à son départ en 2017. « Quoi qu’il en soit, même tombés, surtout tombés » à plusieurs tentatives, les Togolais accomplissent désormais l’assaut final fait de la nécessité sociale, de la convergence politique et de l’évolution objective du monde. Comme au Kenya, on annule l’ère d’imposture, et on recommence un fort Togo éthique.

    • 4 septembre 2017●
  • 20 ans après la mort de Mobutu, les Congolais ne l’ont pas oublié

    20 ans après la mort de Mobutu, les Congolais ne l’ont pas oublié

    -On l’appelait le roi du Zaïre. Mobutu Sese Seko, l’homme à la toque léopard, le tout-puissant maréchal, président de l’ex-Congo belge, a disparu il y a 20 ans jour pour jour. Il est décédé d’un cancer lors de son exil au Maroc, mettant fin à ses années de grandeur et de décadence. Mais aujourd’hui, en RDC, que reste-t-il de Mobutu ?

    Vingt ans déjà, mais les Congolais n’ont pas encore oublié le maréchal Mobutu, second président du pays après Joseph Kasa-Vubu. Pour les uns, c’était un grand président, un grand homme d’Etat : « Mobutu tout d’abord, c’est lui qui a pacifié ce pays. Il a unifié le pays, il a fait une armée nationale qui a fait la fierté de notre pays. C’est lui qui a intégré les Pygmées dans l’armée et dans la société ». « Ce fut un grand homme. Grand homme politique au cœur de l’Afrique, qui faisait effectivement la dignité de l’Afrique ».

    Pour d’autres, un homme au grand cœur : « Quand j’avais 12 ans, j’étais en première secondaire au lycée présidentiel. Il venait souvent. Il nous donnait à manger. On était bien ! Même pour la rentrée scolaire il nous donnait les cahiers et tout. On était bien ».

    Au Maroc, où le maréchal Mobutu est enterré, de nombreux membres de la communauté congolaise se sont rendus au cimetière chrétien de Rabat pour se recueillir sur sa sépulture. Hervé est venu spécialement de Kinshasa dans ce but. Il ne comprend pas que la dépouille de l’ancien président n’ait pas été rapatriée en RDC. « Comment quelqu’un qui a été si grand, qui a dirigé un grand pays comme le nôtre, peut rester en dehors de son pays pendant vingt ans ? », s’interroge-t-il. Et souhaite que « la famille et les autorités s’accordent pour faire venir cette sépulture à Kinshasa ».

    Mais, il y en a encore qui ne lui pardonneront pas d’avoir instauré un régime totalitariste : « Je dis qu’il était un dictateur, dans la mesure où il n’organisait aucune élection démocratique, il a confisqué la liberté de la presse durant tout son mandat. Je peux l’appeler dictateur ».

    Qu’importe, ses proches et ses anciens collaborateurs commémorent chaque année, à cette date, le triste anniversaire de la disparition du « père de l’authenticité zaïroise »

    Avec RFI