Author: Don Kayembe

  • Weah face à Boakai pour le second tour de l’élection présidentielle au Liberia

    Weah face à Boakai pour le second tour de l’élection présidentielle au Liberia

    -Le sénateur George Weah, légende du football africain, et le vice-président Joseph Boakai s’affronteront au second tour de la présidentielle au Liberia, aucun candidat n’ayant obtenu la majorité absolue au premier, a annoncé dimanche la Commission électorale.

    Cinq jours après le scrutin pour désigner le successeur d’Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue chef d’Etat en Afrique, selon les résultats portant sur plus de 95% des bureaux de vote, George Weah arrive en tête, avec quelque 572.000 voix, soit 39% des suffrages, nettement devant Jospeh Boakai, à 427.000, soit 29,1%.

    “Il n’y a plus de doute à présent” sur la nécessité d’un second tour, a déclaré le porte-parole de la Commission électorale nationale (NEC), Henry Flomo, lors de l’annonce de ces résultats partiels.

    Quelque 1,55 million de suffrages ont déjà été dépouillés, pour un taux de participation moyen de 74,5%, a précisé le président de la NEC, Jerome Korkoya, lors d’une conférence de presse.

    Les 18 autres candidats sont largement distancés.

    L’avocat et vétéran de la politique Charles Brumskine arrive en troisième position, avec 9,8% des suffrages, devant Alexander Cummings, ancien dirigeant de Coca-Cola pour l’Afrique, à 7,1%, suivi par le sénateur Prince Johnson, chef de milice pendant la guerre civile (1989-2003, quelque 250.000 morts), à 7%.

    Sur les 15 provinces du pays, George Weah faisait la course en tête dans 12, y compris celle de la capitale, Monrovia, dont il est sénateur depuis 2014 et qui concentre près de 40% des quelque 2,1 millions d’électeurs.

    Le vice-président paraît devoir s’imposer dans deux provinces, dont sa région natale de Lofa (nord), la quatrième en nombre d’électeurs, et M. Brumskine à Grand Bassa (centre).

    Selon la Constitution, le second tour est organisé le deuxième mardi qui suit l’annonce du résultat final.

    La présidente sortante, prix Nobel de la paix 2011, qui ne pouvait plus se représenter après deux mandats, a estimé le jour du vote que le Liberia était “prêt pour la transition”, la première d’un dirigeant élu à un autre dans ce pays “depuis trois générations”.

    Avec AFP

  • A Kinshasa, Zuma exprime son soutien au processus électoral en RDC

    A Kinshasa, Zuma exprime son soutien au processus électoral en RDC

    -Le président sud-africain Jacob Zuma a exprimé dimanche à Kinshasa son “soutien au processus électoral en cours en République démocratique du Congo” après une rencontre avec son homologue congolais Joseph Kabila, a annnoncé la présidence congolaise, alors que l’opposition en RDC accuse le président Kabila de vouloir se maintenir au pouvoir par tous les moyens.

    “Les deux chefs d’Etat ont réaffirmé leur détermination à consolider les acquis de la démocratie, de la stabilité, de la sécurité et de la prospérité en faveur des peuples de la région”, ajoute le communiqué de la présidence avant un sommet des chefs d’Etat sur la sécurité dans la région des Grands Lacs prévue jeudi à Brazzaville.

    Le chef de l’opposition congolaise, Félix Tshisekedi, a qualfiié de “forfaiture” cette semaine l’annonce du président de la Commission électorale, Corneille Nangaa, selon laquelle il n’y aurait pas d’élection avant 2019 pour la succession de M. Kabila.

    MM. Kabila et son “serviteur” Nangaa ont “déclaré la guerre au peuple congolais”, selon M. Tshisekedi dont la coalition veut une “transition sans Kabila” après le 31 décembre.

    Le second mandat de M. Kabila a pris fin le 20 décembre 2016. La Constitution ne lui permet pas de se représenter, mais l’autorise à rester au pouvoir jusqu’à l’installation d’un président élu.

    Un accord pouvoir-opposition du 31 décembre 2016 prévoyait des élections au plus tard en décembre 2017, délai qu’il est désormais impossible de tenir.

    Les autorités promettent depuis plusieurs semaine la publication d’un calendrier électoral, alors qu’une réunion d’évaluation du processus électoral se tient à Kinshasa jusqu’à mercredi.

    Avec AFP

  • Réunion sur le processus électoral, mais pas de calendrier en RDC

    Réunion sur le processus électoral, mais pas de calendrier en RDC

    -Les autorités congolaises ont lancé samedi à Kinshasa une réunion d’évaluation du processus électoral, alors que la Commission électorale vient de laisser entendre qu’il n’y aurait pas de scrutin avant 2019 pour remplacer le président Joseph Kabila.

    Aucun calendrier ne sera annoncé à l’issue de cette réunion tripartite – gouvernement, Commission électorale, Commission nationale de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSA) -, a indiqué à l’AFP le rapporteur de la commission électorale.

    “Mercredi, nous clôturons les travaux et la Commission électorale vous dira à quelle date elle publiera le calendrier”, a précisé à l’AFP le rapporteur, Jean-Pierre Kambala.

    Cela pourrait être une question de jours, poursuit-il, à l’unisson des responsables congolais qui répètent depuis des semaines que l’annonce du calendrier est imminente.

    Ce calendrier est réclamé avec insistance par la communauté internationale qui mise toujours sur l’application de l’accord pouvoir-opposition du 31 décembre 2016.

    Cet accord prévoyait l’organisation d’élections présidentielle, législatives et provinciales en une seule fois “au plus tard en décembre 2017” pour la succession de Joseph Kabila dont le deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016.

    La Constitution lui interdit de se représenter, mais l’autorise à rester en fonctions “jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu”.

    Le délai de fin 2017 est devenu impossible à tenir. La Commission électorale a aussi annoncé cette semaine qu’elle ne pourrait organiser des élections dans les 504 jours suivant la fin du recensement – soit pas avant début ou mi-2019.

    Violences dans le Kasaï, où le recensement doit durer au moins jusqu’en décembre, nettoyage du fichier électoral, adoption de nouvelles lois sur la répartition des sièges: les autorités invoquent plusieurs raisons pour le retard des élections et aussi leur coût.

    “Nous avons besoin de 1,335 milliard de dollars, dont 400 millions pour la révision du fichier,” a dit à l’AFP Jean-Pierre Kalamba.

    “Nous avons signé un projet d’appui au processus électoral congolais de 123 millions qui ne nous ont jamais été donnés”, répond-il à propos du financement de la communauté internationale.

    Le Rassemblement de l’opposition boycotte la “tripartite” lancée par le Premier ministre, Bruno Tshibala. Son président, Félix Tshisekedi, a estimé jeudi que le président Kabila et la Commission électorale avaient “déclaré la guerre au peuple congolais” après l’annonce du retard du scrutin.

    Le gouvernement “prend acte” de cette annonce et attend les conclusions de la tripartite, a indiqué son porte-parole, Lambert Mende, au site actualité.cd.

    Avec AFP

  • RDC – Bruno Tshibala : « L’UDPS n’appartient pas à une famille ! »

    RDC – Bruno Tshibala : « L’UDPS n’appartient pas à une famille ! »

    -De l’audace, Bruno Tshibala en a à revendre. Devenu Premier ministre, cet ancien compagnon de route de Tshisekedi rêve de reprendre les rênes du premier parti d’opposition. Peu lui importe qu’il en ait été exclu.

    Bruno Tshibala connaît bien la prison de Makala, à Kinshasa. Au cours de sa longue carrière d’opposant, il y a fait plus d’une quinzaine de séjours, ainsi qu’il aime à le rappeler. Le dernier, c’était il y a moins d’un an, pour avoir été l’un des organisateurs des violentes manifestations de septembre 2016. À l’époque, il s’agissait de protester contre le maintien au pouvoir de Joseph Kabila, dont il devenait évident que, contrairement à ce que prévoyait la Constitution, il ne quitterait pas son fauteuil de président le 19 décembre 2016.

    La répression avait fait plusieurs dizaines de morts (56, selon Human Rights Watch) et des dizaines de personnes avaient été arrêtées. Interpellé à l’aéroport de Ndjili le 9 octobre 2016 alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays, Bruno Tshibala avait passé sept semaines en détention.

    Depuis, le destin de cet homme de 61 ans a radicalement changé. Nommé Premier ministre le 7 avril dernier, l’ancien détenu parcourt désormais le monde escorté par la police. Joseph Kabila n’est plus ce président honni qu’il voulait renverser il y a encore quelques mois : « Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, c’est un homme de parole qui m’a étonné par son humilité et sa sincérité », explique-t‑il à Jeune Afrique, tout sourire derrière ses lunettes noires, lors d’une visite à Paris mi-septembre. Lui qui a tant de fois eu à subir les foudres de la justice de son pays estime même que celle-ci est « digne de confiance ».

    Militant de l’UDPS

    Le pouvoir congolais, qui cherchait depuis longtemps à l’attirer dans ses filets, peut se réjouir. Car l’homme qui tient désormais ce discours fut l’un des plus proches collaborateurs d’Étienne Tshisekedi, le charismatique leader de l’opposition décédé le 1er février. Juriste de formation, diplômé de l’université Marien-Ngouabi de Brazzaville, Bruno Tshibala fut un militant de la première heure de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

    Je crois que Tshisekedi me préparait à lui succéder

    Originaire du Kasaï, comme Tshisekedi, il gagne la confiance du « Vieux » dès les années 1980, à une époque où personne n’ose encore défier le dictateur Mobutu Sese Seko dans la rue. En janvier 1988, c’est lui qui a l’idée d’organiser le premier ­meeting public du parti, au pont Kasa-Vubu, à Kinshasa, pour rendre hommage aux premiers « martyrs » du mobutisme, exécutés non loin de là en 1966. Tshisekedi et plusieurs de ses lieutenants – dont Tshibala – sont arrêtés, ce qui contribuera grandement à sa réputation de courage et à sa popularité.

    Ces dernières années, alors qu’Étienne Tshisekedi s’isolait de plus en plus et que sa santé déclinait, il était l’un des rares cadres du parti à conserver un accès direct au chef. Il n’y avait guère que sa famille qui pouvait alors en dire autant. Bruno Tshibala y voit une marque de confiance, et même un signe pour l’avenir : « Je crois que Tshisekedi me préparait à lui succéder », dit-il. « Tshisekedi n’a jamais désigné de successeur, tempère Tharcisse Loseke, un ancien de l’UDPS pourtant proche de Tshibala. Il a toujours laissé les cadres se neutraliser entre eux. »

    Une prise de choix

    Quoi qu’il en soit, pour le pouvoir, qui cherche à désorganiser la maison Tshisekedi, Tshibala est une prise de choix. Il est encore dans une cellule à Makala, en fin d’année dernière, lorsque Joseph Kabila envoie un de ses représentants lui proposer la primature. « J’ai décliné parce que je n’avais pas de mandat pour accepter, explique l’intéressé. Il n’y avait pas [encore] eu d’accord entre le pouvoir et l’opposition. »

    Je sais qu’Étienne Tshisekedi n’aurait jamais désigné son fils Félix comme son dauphin

    Cette rencontre, vite ébruitée, trouble ses camarades, mais Tshibala est toujours fidèle à Tshisekedi lorsque est enfin trouvé un terrain d’entente, le 31 décembre 2016. L’accord signé ce jour-là prévoit que le chef de l’État reste en fonction malgré l’expiration de son mandat, mais qu’une élection devra être rapidement organisée pour lui trouver un successeur. Quant au poste de Premier ministre, il doit revenir à l’opposition, alors regroupée au sein du « Rassemblement ».

    Le pouvoir traîne les pieds, mais c’est la mort d’Étienne Tshisekedi qui achève le fragile édifice. Pour le remplacer, un tandem est désigné : Pierre Lumbi, un proche de l’ambitieux opposant Moïse Katumbi, la bête noire du régime, et Félix Tshisekedi, le fils du défunt chef de l’opposition. Tshibala, qui n’a pas été consulté, s’insurge. « Un groupe de gens proches de M. Katumbi s’est permis d’opérer une réforme inappropriée, illégale et inopportune du Rassemblement, clame-t‑il. Quant à Félix, je sais que son père, que j’ai côtoyé pendant plus de trente ans, ne l’aurait jamais désigné comme son dauphin. L’UDPS n’appartient pas à une famille ! »

    Menace du « doyen de l’opposition »

    Tshibala fonde alors une nouvelle faction du Rassemblement, ce qui lui vaut d’être exclu de l’UDPS par ses anciens camarades. Ces divisions font le jeu du pouvoir, qui s’empresse de nommer Tshibala à la primature. Son investiture, au Palais du peuple, le 16 mai, se fait sous les protestations assourdissantes des élus de l’opposition. Les Occidentaux – les Belges en tête – déplorent aussi ce choix et dénoncent le dévoiement d’un accord sur lequel ils avaient beaucoup misé.

    Mais il en faut plus pour doucher l’enthousiasme du nouveau Premier ministre. Malgré la grave crise économique que connaît la RD Congo, il se targue d’avoir fait revenir le pays à un « apaisement général ». « La situation est sous contrôle, y compris dans les Kasaïs, où les milices Kamwina Nsapu ont été démantelées », assure-t‑il.

    Son prochain défi ? Organiser un congrès de l’UDPS, dont il continue de se revendiquer, pour en reprendre le contrôle. Pour l’instant, les militants fidèles à Félix Tshisekedi lui interdisent tout accès au siège du parti, dans le quartier de Limete, à Kinshasa. Qu’à cela ne tienne. Tshibala, le « doyen de l’opposition », comme il aime à se définir, menace d’utiliser les pouvoirs de l’État pour mater ses alliés d’hier.


    Un budget très serré

    Avec 50 % d’inflation et une monnaie qui a perdu 30 % de sa valeur depuis le début de l’année, Bruno Tshibala n’a pas la tâche facile. « Nous avons hérité d’une situation économique très compliquée, reconnaît le Premier ministre congolais. C’est la conséquence directe de la baisse des cours des matières premières. » Pour faire face à cette situation, il dit miser avant tout sur la lutte contre la corruption et contre « ceux qui thésaurisent la monnaie ».

    On voit mal, cependant, comment le pays pourrait sortir de cette mauvaise passe sans l’appui budgétaire des bailleurs étrangers, comme le Fonds monétaire international (FMI). Or, en cette période sensible, ceux-ci sont peu enclins à faire confiance à Kinshasa, d’autant que la date des élections n’est pas connue. « Le scrutin à venir devrait coûter 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros), affirme Bruno Tshibala. Ce n’est pas une sinécure. Le gouvernement entend tout faire pour financer cette enveloppe. Mais si nous n’y arrivons pas, nous nous tournerons vers nos partenaires traditionnels. »


    Gouvernement présidentiel

    Depuis le départ de Matata Ponyo Mapon, en novembre 2016, Bruno Tshibala est le deuxième Premier ministre issu des rangs de l’opposition. Son prédécesseur, Samy Badibanga, n’avait pas réellement eu le temps de gouverner : à peine plus d’un mois après sa nomination, l’accord du 31 décembre était signé et prévoyait son remplacement. Ni Badibanga ni Tshibala n’ont eu les coudées franches pour former leur gouvernement : les postes clés ont été confiés à des membres du clan présidentiel.

    Avec J.A

  • Élections en RDC : le camp Kabila et la Ceni, même plan ou « coïncidence » de calendrier ?

    Élections en RDC : le camp Kabila et la Ceni, même plan ou « coïncidence » de calendrier ?

    -S’alignant presque sur la ligne de la Majorité présidentielle (MP), la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a laissé entendre que les élections reportées « au plus tard en décembre » auront finalement lieu en 2019. Connivence ou coïncidence ?

    Pour beaucoup à Kinshasa, Corneille Nangaa tâtonne. Après avoir confié, en privé et à plusieurs reprises, à ses nombreux interlocuteurs que les scrutins prévus d’ici la fin de l’année par l’accord de la Saint-Sylvestre ne seraient pas possibles avant novembre 2018, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) de la RDC vient de laisser entendre que ces élections sont finalement envisageables… en 2019. Soit plus de deux ans après la date initialement prévue par la Constitution pour leur organisation.

    Réélu en 2011 pour un second quinquennat à l’issue d’un scrutin présidentiel controversé, Joseph Kabila est en effet arrivé à la fin de son mandat en décembre 2016, sans que l’élection de son successeur ne soit organisée. Un compromis politique conclu in extremis, le 31 décembre dernier, avec l’opposition a prolongé son bail au Palais de la nation pour une année supplémentaire au moins, la présidentielle étant fixée par cet accord « au plus tard en décembre 2017 ».

    Quand la Ceni projetait les élections en 2018

    Mais, comme en 2016, le régime de Kinshasa met de nouveau en avant des contraintes sécuritaires et financières qui entraveraient, selon lui, le bon aboutissement du processus électoral dans les délais convenus : hier c’était la rébellion du M23 au Kivu, dans l’est du pays ; aujourd’hui c’est au tour de l’insurrection de Kamuina Nsapu au Kasaï. Dans cette région du centre du pays, l’enrôlement des électeurs a débuté en retard et ne pourrait se terminer qu’en janvier 2018, selon les prévisions de la Ceni.

    Malgré tout, lors de son récent séjour à Washington, début octobre, Corneille Nangaa dévoilait au Centre Afrique d’Atlantic Council les « grandes lignes » du calendrier électoral qu’il s’apprête à publier. Il était encore question de la possibilité d’organiser les trois élections (présidentielle, législatives et provinciales) au plus tard en novembre 2018, comme nous l’avions révélé.

    Une hypothèse qu’il avait déjà évoquée à Paris, au mois de juillet, lors des échanges organisés par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). « À la Cité de l’OUA, la Ceni avait déjà fait remarquer aux parties prenantes que la date idéale pour organiser les trois scrutins en une séquence était celle de novembre 2018 », répétait-il dans la foulée à Jeune Afrique.

    Quand la Ceni repousse le curseur

    Alors, comment en est-on arrivé à un calendrier qui projette les échéances électorales en 2019 ?

    « Corneille Nangaa ne fait que suivre les instructions de Norbert Basengezi, cadre du PPRD, qui est le vrai patron de la Ceni », répond Martin Fayulu, candidat déclaré à la présidentielle. Nangaa ne serait donc qu’un « serviteur » du régime de Kabila, comme l’a dit jeudi Félix Tshisekedi, président du Rassemblement de l’opposition, lors de sa conférence de presse à Kinshasa.

    Impossible pour eux d’expliquer autrement cet alignement de chronogramme entre la Ceni et un « plan » de la MP, relayé ces derniers jours dans les médias congolais, qui prévoyait aussi les élections « pas avant 2019 ».

    Du côté du camp de Kabila, on tente de relativiser. Un brin taquin, André Alain Atundu Liongo, porte-parole de la MP, explique les raisons de cette concordance de projet calendrier entre la Ceni et sa famille politique : « La vérité est que de deux côtés nous sommes doués de la raison pour aboutir aux mêmes conclusions. »

    Celui qui est également président du conseil d’administration de la Société nationale d’électricité (Snel), invite alors la classe politique, le Rassemblement compris, à « être humble par rapport aux données techniques qui ne dépendent de la volonté de personne ».

    Nous sommes en train de recréer les conditions de tension de fin 2016

    « En tout cas, nous, au sein de la MP, nous nous préparons désormais en fonction de ces délais », poursuit-il, dénonçant au passage « l’agitation de certains opposants qui ont trouvé en ce langage de vérité de la Ceni le prétexte d’instaurer un état d’exception en RDC, avec l’appui de certaines puissances étrangères ».

    Une transition sans Kabila est-elle possible ?

    Plusieurs voix s’élèvent à la fois au sein de la société civile et du Rassemblement pour exiger une « transition sans Kabila » si les élections n’ont pas lieu d’ici la fin de l’année.

    Est-ce possible ? « Nous sommes en train de recréer  les conditions de tension de fin 2016, car la Constitution donne devoir au peuple de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui se prend le pouvoir ou s’y maintenir par la force », regrette Martin Fayulu, leader de l’Engagement pour la citoyenne et le développement (Ecidé).

    Le ton monte également sur les réseaux sociaux. Sur son compte Twitter, Olivier Kamitatu, porte-parole de Moïse Katumbi, considère cette dernière sortie du président de la Ceni comme « un magistral bras d’honneur ».

    Sindika Dokolo, à la tête du mouvement citoyen Congolais debout, accuse, lui, Corneille Nangaa d’avoir « enclencher le détonateur ». « Les Congolais débout avec les forces politiques et citoyennes vont passer à l’action », prévient l’homme d’affaires et collectionneur d’œuvres d’art, gendre par ailleurs du désormais ex-président angolais Eduardo dos Santos.

    Réfutant toute connivence avec le camp Kabila, un proche de Corneille Nangaa parle de « coïncidence entre ce que la Ceni envisage et certain plan de la MP ». À l’en croire, rien n’est définitivement arrêté. « Il est possible de réduire ces délais, car un renforcement de nos moyens logistiques ou des décaissements des fonds plus soutenus, ça peut jouer sur les délais ! », tente-t-il de rassurer. Pas sûr que cela suffise à baisser la tension.

    J.A

  • “Kabila et son serviteur Corneille Nangaa ont déclaré la guerre aux congolais”, selon Félix Tshisekedi

    “Kabila et son serviteur Corneille Nangaa ont déclaré la guerre aux congolais”, selon Félix Tshisekedi

    -Le leader de l’opposition en République démocratique du Congo a réagi à l’annonce de la possible tenue des élections en mai 2019 par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

    Félix Tshisekedi a affirmé que le président Joseph Kabila et le président de la Commission électorale avaient “déclaré la guerre au peuple congolais”, en annonçant qu’il n’y aurait pas d’élection présidentielle avant 2019.

    “Devant cette énième forfaiture, Joseph Kabila et son serviteur Corneille Nangaa ont déclaré la guerre au peuple congolais et se sont de ce fait disqualifiés”, a indiqué Félix Tshisekedi, à l’issue d’une réunion de l’opposition à Kinshasa.

    Il faudra au moins 504 jours après la fin d’enrôlement pour arriver au jour de scrutin, selon le chef de la CENI, Corneille Nangaa.

    ” La CENI a besoin réellement de 621 jours mais après compression des jours, la CENI a besoin de 504 jours après la fin d’enrôlement pour arriver au jour de scrutin, ” soutient M. Nangaa dans un article posté sur le site internet de la CENI. Ce qui annoncerait une élection présidentielle, au mieux, début 2019.

    Joint par VOA Afrique, le president de la CENI, Corneille Nangaa, refuse de s’exprimer sur le calendrier électoral qui devrait être publié sous peu. Il consulte toujours la société civile et les différents acteurs du processus ou encore la Cenco.

    M.Nangaa estime que si les moyens financiers et techniques (notamment des avions gros porteurs) des partenaires sont mis en œuvre, ce délai de 504 peut être réduit.

    Selon l’accord politique du 31 décembre, la CENI devrait convenir avec le Conseil de suivi de l’accord et le gouvernement pour convenir de la date des élections. Une tripartite est annoncée pour les prochains jours en vue d’évaluer le processus. Mais déjà, le gouvernement et la CENI ont annoncé qu’un calendrier “réaliste” pourra être publié.

    Selon cet accord, les élections devraient se tenir avant fin 2017.

  • Concevoir la lutte, la mener contre et face aux élites anglo-saxonnes au Congo-Kinshasa

    Concevoir la lutte, la mener contre et face aux élites anglo-saxonnes au Congo-Kinshasa

    -Pas dans l’avenir, pas demain ou après-demain, pas quand il sera possible de contrôler les rouages de l’État congolais, comme nous l’entendons souvent. Pour nous, attendre uniquement ce moment-là, celui de la réappropriation du pouvoir réel par les Congolais, sonne tardif, ce serait tard. Car, sans victoire préalable et arrachée contre des adversaires bien désignés, le contrôle de l’appareil étatique de l’État congolais demeurera une illusion, même lointaine. C’est simple. L’ennemi ou l’adversaire reste invaincu. En conséquence, il ne se laissera jamais faire comme il ne laissera rien faire. Nous avons un réel problème celui de nous désigner un ennemi commun. Et nous savons que ce n’est pas du tout aisé. Pascal Gauchon dans le dernier numéro de la revue Conflits écrit à ce propos : « Désigner l’ennemi, [ce qui est], le fondement de l’action politique, n’est pas si simple… [Pendant la période dite de la Guerre froide, nous avons souvent entendu les Russes, après Athènes, déclarer] : “Tout ce qui n’est pas avec nous est contre nous.” Ami ou ennemi, il faut choisir et en assumer toutes les conséquences », (Editorial revue Conflits, n°15). Sommes-nous assez impuissants pour assumer « toutes les conséquences » dans le cadre d’un choix délibéré d’un ennemi à présenter à notre peuple ?

     

    L’Occident sous la houlette des élites anglo-saxonnes n’est pas avec nous, nous les peuples identifiés congolais. Et il n’a jamais été avec nous. Il ne le sera jamais, non plus. Notre histoire relationnelle avec lui ne le démentirait pas du tout. L’Occident n’a jamais été dans notre camp et en notre faveur. Croire le contraire se serait se tromper abominablement et faussé les prémisses d’une lecture essentielle et au service de l’homme congolais. Puisqu’il en est ainsi, nous nous demandons pourquoi ne pas lui rendre la pareil. Plus de langue de bois en se rappelant l’avertissement de Franz fanon qui, dans son texte fétiche « La mort de Lumumba : pouvions-nous faire autrement ? », nous avait pourtant averti : « Notre tort à nous, Africains, est d’avoir oublié que l’ennemi ne recule jamais sincèrement. Il ne comprend jamais. Il capitule, mais ne se convertit pas. Notre tort est d’avoir cru que l’ennemi avait perdu de sa combativité et de sa nocivité ». Les propos ci-dessus de Fanon resteront un leitmotiv qui sera souvent répété en vue de faciliter l’exercice de la controverse entre nous.

     

    Pour nous, la question qui se pose, et nous nous la posons nous-mêmes, consiste à savoir si c’était réellement possible, pour nous, c’est-à-dire la minorité qui a compris et qui se tient prête et s’expose en même temps à tous les sacrifices, de vaincre les élites anglo-saxonnes aujourd’hui, dans l’immédiat et au Congo-Kinshasa. Les Congolais ont inlassablement écrit que ce sera demain, après-demain, maïs il n’y aura jamais demain si le présent reste flou et ambiguë, hypothétique même. Pourquoi nous insistons sur l’immédiat et le présent ? Pourquoi nous disons qu’il faille les vaincre aujourd’hui ? C’est parce que nous ne les sous-estimons pas. Nous sommes bien conscients que tout ce qu’elles font et entreprennent, les élites anglo-saxonnes, obéit ou est fondé sur base d’un seul principe. Le Camerounais Mbo Bassong révèle que : « Le paradigme de l’Occident, [piloté par les élites anglosaxonnes], a pour but de contrôler la vélocité des autres et de les rendre en néant. […] Il est établi sur l’enjeu de la domination comme module d’être ». Alors, qu’est-ce que nous faisons dès lors que nous le savons ?
    Et puisque nous le savons et que nous sommes avertis, n’est-ce pas que c’est un avantage sur ces élites-adversaires ! Le fait même de le savoir devrait et doit impérativement nous amener à nous définir par rapport à elles. Les élites anglo-saxonnes nous traitent en adversaires. Même pas. Cheik Anta Diop avait trouvé la bonne formule : « Il faut savoir que l’adversaire vous tue intellectuellement, il vous tue moralement, avant de vous tuer physiquement. Mais c’est de cette manière que l’on a supprimé des groupes entiers. On vous nie en tant qu’être moral, on vous nie en tant qu’être culturel. On ferme les yeux, on ne voit pas les évidences. On compte sur votre complexe, sur votre aliénation, sur le conditionnement, les réflexes de subordination et sur tant de facteurs de ce genre. Et si nous ne savons pas nous émanciper d’une telle situation par nos propres moyens mais il n’y a pas de salut… nous menons et on mène contre nous le combat le plus violent. Plus violent même que celui qui a conduit à la disparition de certaines espèces. Et il faut justement que votre sagacité intellectuelle aille jusque-là », fin de citation.

    En un mot, c’est juste pour insister que nous n’existions pas, pas comme des peuples, passionnés de liberté et d’amour pour soi. C’est toujours les autres, oui ces Autres, qui parleraient en lieu et à notre place. Voilà pourquoi nous nous demandons comment des peuples qui n’ont pas droit à l’existence, qui ne seraient jamais rentrés comment peuples dans l’histoire de l’Occident pour l’Occident, des peuples à qui Donald Trump, et même lui, a trouvé bon à leur dire ce que lui, au nom de l’Amérique, pensait de l’Afrique. En plus, il le dit devant des supposés représentants africains assis pour l’écouter. Pour Donald Trump, son idée et son Afrique serait équivalente au Sida, à Ebola, à Boko Haram, aux terroristes, à la misère ; qu’elle était un continent où ses amis, des Américains, font des affaires, c’est-à-dire créent des guerres (comme affaires) et s’enrichissent. Bien que conscient de tous ces maux, Donald Trump invitait la misérable Afrique de combattre la Corée du Sud aux côtés de l’Amérique. Nous ne voyons toujours pas comment ces peuples puissent parler en toute tranquillité de « présidence », de « partis politiques », de la question relative au « pouvoir » au lieu d’inventer un modèle de lutte pour dire basta, assez. Ceux qui tiennent ce type de discours seraient-ils conscients de l’état avancé de leur aliénation ?

     

    Hô Chî Minh et ses amis, et nous pouvons encore en citer d’autres, le cas de Castro, de son frère et de Che qui, par le passé, s’étaient retrouvés dans la même situation que nous aujourd’hui, n’ont jamais cherché à contrôler les institutions du Vietnam qui étaient sous contrôle de l’adversaire. Avant tout, ils ont cherché à se déterminer par rapport aux autres, à leurs adversaires. Comment considérer les élites anglo-saxonnes en face de nous ? Elles nous traitent sauvagement en ennemis et adversaires, Pourquoi nous ne nous comporteront ainsi face à eux ? La minorité vietnamienne sous la brave de direction de Hô Chi Minh a imposé, et non de gaité de cœur, une guerre à son peuple. Elle l’a fait au nom du Vietnam pour des vietnamiennes et Vietnamiens. Ensuite, elle a imposé la même guerre aux élites dominantes que les congolais par complexe d’infériorité et séduction dénomment les « puissances » du monde. Non, la forme actuelle de la lutte n’est pas appropriée à la nature du combat qui nous est imposée. Et ici, nous tenons à souligner que notre présent discours ne s’adresse pas aux thuriféraires nègres de l’Occident et autres « nègres de maison ». C’est parce que le temps est venu pour que chacun apprenne à se mirer, à se regarder en face ainsi qu’à assumer sa véritable identité. Qui est-il pour le Congo-Kinshasa ?

     

    Pour nous le Congo-Kinshasa et son peuple, et nous n’avons pas d’amies et amis, car notre seule fraternité repose uniquement sur le Congo comme fondement. Ce texte s’adresse à tous ceux qui croient en la lutte comme redéfinition de notre identité, et aussi en la capacité du dépassement de l’homme congolais. Nous évoquons notre ami, l’écrivain et journaliste Serbo -suisse, Slobodan Despot, auteur du Le Miel, qui écrit notamment dans Antipress N° 97 du dimanche 8 octobre dernier : « La clef de toute souveraineté réside en l’individu et dans les ressources de son esprit. Et qu’a contrario, le désert des esprits rend futile toute tentative de résistance collective ». Justement pour nous inviter à puiser en nous toutes les ressources nécessaires à la lutte.

     

    Souvent, quand il nous arrive d’affirmer que nous, comme peuples du Congo, avons affaire aux élites anglo-saxonnes au Congo-Kinshasa, certains parmi nous croient nous apporter une contradiction en nous jetant narquoisement sur la figure le slogan selon lequel nous aurions de sérieux problèmes avec les USA. Effectivement, il y a un sérieux problème. Ce n’est pas l’homme politique français, qui est en même temps médecin et auteur, Bernard Debré, qui plus est un occidental, qui nous le contredira. En 1998, juste une année après le 17 mai1997, il publia « Le retour du Mwami, la vraie histoire des génocides rwandais ». Bernard Debré dans son livre informe ses lecteurs que des militaires américains furent tués au Kivu pendant la guerre de l’AFDL de 1997. Sauf que nous nous demandons comment serait-il possible quand le Congo-Kinshasa n’a jamais été officiellement en guerre contre les USA. Alors qui peut nous répondre, qui peut dire aux Congolais, leur apporter une explication plausible pourquoi des militaires américains sont morts au Congo ? Qu’est-ce qu’ils faisaient à l’est du Congo ? Ils s’exposaient en première ligne en se faisant passer pour le Rwanda ? Pour appuyer ce qui vient d’être dit, nous citons in extenso Debré : « D’ailleurs, pendant la guerre qui va bientôt éclater, des militaires américains seront tués. Leurs corps seront rapatriés discrètement grâce au concours des troupes françaises stationnées dans la région », (Debré, 1998 : 162). Si seulement c’est clair, et c’est tout à fait limpide, les militaires américains furent tués par des Congolais, des militaires de la DSP de Mobutu qui au début défendaient valablement les frontières de leur pays.  Le cynisme de l’Occident qui attaque un pays, lui impose une guerre alors que les élites compradores de ce pays ont toujours servi et loyalement la CIA et l’Occident. Mobutu n’avait-il pas obéi au doit à son Amérique ? Mais qui se souvient de sa phrase à Bill Richardson : « C’est comme ça que vous me remerciez après tous les loyaux services que je vous ai rendus ? ». Les nouveaux recrus de l’Occident qui font Paris, Bruxelles, USA, Washington, New York, et jamais Russie et Chine, pour ne citer que ces deux cas, refusent de croire à cette lapalissade. Ils n’apprennent et surtout ne veulent rien apprendre de leurs nouveaux « amis » (sic !)

     

    Aujourd’hui, les Anglo-saxons se livrent la guerre entre eux. The Guardian, un journal britannique, qui publie en outre en anglais, sous la plume de Long road, a diffussé sur son site un extrait du livre « America, Uganda and the War on Terror » published by Columbia Global Reports », dans lequel, les auteurs de l’article, anglophones par excellence, dénoncent le rôle de l’Amérique dans le génocide au Rwanda et au-delà, dans tout ce qui se passe au Congo-Kinshasa. L’article de The Guardian a pour titre « America’s secret role in the Rwandan genocide ». Les États-Unis impliqués dans le génocide rwandais. Et il y est clairement affirmé que « Le FPR de Paul Kagamé, soutenu par la CIA …Paul Kagamé, ancien élève de l’École de guerre de Fort Leavenworth (Kansas) soutenu par le clan Clinton et notamment par Madeleine Albright depuis toujours ». Dire que les USA sont supposés être un État démocratique. Où serait alors passée cette démocratie à l’américaine, tant vantée quand quelques individus, et non les institutions supposées démocratiques américaines, décident à titre individuel de soutenir et provoquer des guerres sans toutefois que la démocratie à l’américaine ne s’en offusquât ou exigeât des justifications à leurs citoyens. Où seraient en outre passés tous ces Congolais qui, au nom de leur « affection » pour le modèle américain, ont toujours vendu des mensonges aux masses populaires congolaises ? L’article The Guardian cite un autre français, le colonel Jacques Hogard. A l’époque, l’homme dirigeait un des trois groupements de l’Opération Turquoise qui dépose son témoignage qui accuse les USA de soutien au Rwanda pour signer son retour en Afrique. Pour leur retour en Afrique centrale, dans les Grands Lacs, la canaille anglo-saxonne fait payer cher aux Congolais. D’abord par humiliation, en nous faisant gérer par leurs mercenaires rwandais. Ensuite, par un autre génocide, congolais cette fois-ci. Les Anglais qui dénoncent les Américains sans se dénoncer eux-mêmes. Des Français qui combattent les Américains. Ils se battent entre eux et pour leurs intérêts. Allons-nous les regarder faire, observer leur combat, le laisser se battre entre eux, s’affronter sur le terrain au Congo-Kinshasa sans que les peuples du Congo puissent avoir et placer leur mot à dire. De manière forte, et pour qu’il soit définitivement entendu, nous disons ce que nous avons à dire. Georges Clemenceau disait, n’en déplaise à tous les mendiants congolais et autres sans position qui courent les rues de New York, Paris et Washington pour quémander de la pitié, “Il faut savoir ce que l’on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire ; quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire.”

     

    Nous terminons par la phrase suivante d’Allende : « L’histoire est avec nous ».

     

    Likambo oyo eza nde likambo ya mabele.

     

    Mufoncol Tshiyoyo  

    Le Président National du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle Mouvement Politico-militaire,
    mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com,
    004745007236, Facebook : Mufoncol Tshiyoyo

  • Élections en 2018 : les « grandes lignes » d’un calendrier électoral (très) attendu en RDC

    Élections en 2018 : les « grandes lignes » d’un calendrier électoral (très) attendu en RDC

    -Après son passage la semaine dernière au siège d’Atlantic Council à Washington, Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), a regagné dimanche soir Kinshasa où il compte publier incessamment le calendrier électoral tant attendu en RDC. En voici les « grandes lignes ».

    Visiblement serein et imperturbable, Corneille Nangaa est rentré dimanche 8 octobre à Kinshasa après un échange très musclé au centre Afrique de l’Atlantic Council à Washington. Il s’agissait d’un « briefing » sur les prévisions de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) en RDC, organisé le jeudi 5 octobre par ce think tank pro-républicain.

    En face du président de la Ceni congolaise, une vingtaine de personnalités triées sur le volet : responsables politiques américains, Elizabeth Jaffee du bureau Afrique du département d’État américain et Gregory Simpkings, directeur du sous-comité de la chambre des représentants sur l’Afrique, la santé globale et les droits de l’Homme, entres autres, mais aussi des personnalités de la société civile américaine (surtout) et congolaise.

    Tripartite d’abord, calendrier électoral ensuite

    Lors des discussions modérées par Bronwyn Bruton, directeur des programmes et études au centre Afrique d’Atlantic Council, Corneille Nangaa, accompagné de François Balumuene, ambassadeur congolais aux États-Unis, est revenu sur les enjeux du processus électoral en cours en RDC et les contraintes techniques, logistiques et financières – 528 millions de dollars pour les scrutins présidentiel, législatif et provincial – auxquelles la Ceni est confrontée. Mais « il n’a jamais indiqué que le calendrier électoral sera publié cette semaine », comme on a pu le lire sur le site d’Atlantic Council, souligne-t-on dans l’entourage du président de la Ceni.

    D’après nos informations, le calendrier électoral ne pourra être rendu public avant la deuxième réunion d’évaluation du processus électoral. Celle-ci est programmée ce jeudi 12 octobre entre la Ceni, le gouvernement et le Conseil national de suivi de l’accord (CNSA).

    L’accord dont la mise en oeuvre en cours est dénoncée par le Rassemblement de l’opposition et les évêques catholiques, médiateurs des pourparlers, avait prévu cette tripartite pour « unanimement apprécier le temps nécessaire pour le parachèvement [des] élections ».

    De janvier à novembre 2018 ?

    En attendant, quelques « grandes lignes » de ce calendrier tant attendu en RDC ont été révélées à la réunion d’Atlantic Council. Après recoupement avec des sources au sein de la Ceni, il en ressort que l’enrôlement des électeurs sera « clôturé en janvier [2018] au Kasaï ». Mais, « entre-temps, la consolidation des données du fichier électoral est déjà enclenchée », rassure-t-on du côté de la Ceni. Mais cette vérification pourrait s’étendre jusqu’au mois de février.

    Ce n’est qu’après que pourraient intervenir les « activités critiques du processus », celles qui nécessitent la fin de l’une pour déclencher le début de l’autre. À commencer par l’examen et l’adoption de la proposition ou du projet de loi sur la répartition des sièges.

    À ce stade, le président de la Ceni souhaite que tous les acteurs politiques, parlementaires compris, s’impliquent réellement pour l’aboutissement du processus. « Corneille Nangaa a effet expliqué qu’en réalité la plupart de ceux qui, à Kinshasa, exigent des élections n’en veulent pas », rapporte un autre participant à la réunion d’Atlantic Council.

    Viendra ensuite l’étape de l’ouverture des candidatures. « Avec plus de 600 partis, il faudra s’attendre à environ 28 000 candidats pour la députation nationale et un peu plus pour les élections provinciales », fait savoir à Jeune Afrique le président de la Ceni. C’est pourquoi, pour ce dernier, « la machine à voter n’est pas une proposition mais une option prise » pour faire face à cette situation. Une fois les candidatures enregistrées, la Ceni procédera à la « commande des matériels sensibles », notamment des bulletins de vote.

    Je ne suis pas allé à Washington pour convaincre qui que ce soit

    Nangaa a enfin rappelé ses trois options présentées aux politiques pour la tenue des scrutins : une seule élection – la présidentielle – en décembre 2017, deux élections – présidentielle et législatives – en mai 2018 ou trois élections – présidentielle, législatives et provinciales – en novembre 2018.

    L’accord de la Saint-Sylvestre, on le sait, a choisi le troisième cas de figure, mais en ramenant l’échéance « au plus tard en décembre 2017 ». Ce qui est « techniquement impossible » jure-t-on à la Ceni qui semble s’accrocher à son schéma initial. Le Rassemblement de l’opposition a déjà indiqué que si les élections n’ont pas lieu cette année, une « transition sans Kabila » doit être mise en place.

    À Washington, Corneille Nangaa s’est également évertué à « [démentir] les allégations selon lesquelles la violence actuelle [notamment dans le Kasaï, dans le centre du pays, NDRL] serait liée au processus électoral et à l’impossibilité d’organiser les élections », rapporte un autre participant à la réunion.

    Mais, à en croire le compte rendu publié sur le site internet d’Atlantic Council, pendant les échanges, les explications de Corneille Nangaa n’ont pas convaincu la plupart des invités.

    « Difficile d’en être autrement lorsque chacun a déjà ses appréhensions », commente un proche du président de la Ceni. Et Nangaa lui-même de conclure : « Je ne suis pas allé à Washington pour convaincre qui que ce soit, mais pour présenter les faits. »

    J.A

  • Élections en 2019 : les « grandes lignes » d’un calendrier électoral (très) attendu en RDC

    Élections en 2019 : les « grandes lignes » d’un calendrier électoral (très) attendu en RDC

    -Après son passage la semaine dernière au siège d’Atlantic Council à Washington, Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), a regagné dimanche soir Kinshasa où il compte publier incessamment le calendrier électoral tant attendu en RDC. En voici les « grandes lignes ».

    Visiblement serein et imperturbable, Corneille Nangaa est rentré dimanche 8 octobre à Kinshasa après un échange très musclé au centre Afrique de l’Atlantic Council à Washington. Il s’agissait d’un « briefing » sur les prévisions de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) en RDC, organisé le jeudi 5 octobre par ce think tank pro-républicain.

    En face du président de la Ceni congolaise, une vingtaine de personnalités triées sur le volet : responsables politiques américains, Elizabeth Jaffee du bureau Afrique du département d’État américain et Gregory Simpkings, directeur du sous-comité de la chambre des représentants sur l’Afrique, la santé globale et les droits de l’Homme, entres autres, mais aussi des personnalités de la société civile américaine (surtout) et congolaise.

    Tripartite d’abord, calendrier électoral ensuite

    Lors des discussions modérées par Bronwyn Bruton, directeur des programmes et études au centre Afrique d’Atlantic Council, Corneille Nangaa, accompagné de François Balumuene, ambassadeur congolais aux États-Unis, est revenu sur les enjeux du processus électoral en cours en RDC et les contraintes techniques, logistiques et financières – 528 millions de dollars pour les scrutins présidentiel, législatif et provincial – auxquelles la Ceni est confrontée. Mais « il n’a jamais indiqué que le calendrier électoral sera publié cette semaine », comme on a pu le lire sur le site d’Atlantic Council, souligne-t-on dans l’entourage du président de la Ceni.

    D’après nos informations, le calendrier électoral ne pourra être rendu public avant la deuxième réunion d’évaluation du processus électoral. Celle-ci est programmée ce jeudi 12 octobre entre la Ceni, le gouvernement et le Conseil national de suivi de l’accord (CNSA).

    L’accord dont la mise en oeuvre en cours est dénoncée par le Rassemblement de l’opposition et les évêques catholiques, médiateurs des pourparlers, avait prévu cette tripartite pour « unanimement apprécier le temps nécessaire pour le parachèvement [des] élections ».

    De janvier à novembre 2018 ?

    En attendant, quelques « grandes lignes » de ce calendrier tant attendu en RDC ont été révélées à la réunion d’Atlantic Council. Après recoupement avec des sources au sein de la Ceni, il en ressort que l’enrôlement des électeurs sera « clôturé en janvier [2018] au Kasaï ». Mais, « entre-temps, la consolidation des données du fichier électoral est déjà enclenchée », rassure-t-on du côté de la Ceni. Mais cette vérification pourrait s’étendre jusqu’au mois de février.

    Ce n’est qu’après que pourraient intervenir les « activités critiques du processus », celles qui nécessitent la fin de l’une pour déclencher le début de l’autre. À commencer par l’examen et l’adoption de la proposition ou du projet de loi sur la répartition des sièges.

    À ce stade, le président de la Ceni souhaite que tous les acteurs politiques, parlementaires compris, s’impliquent réellement pour l’aboutissement du processus. « Corneille Nangaa a effet expliqué qu’en réalité la plupart de ceux qui, à Kinshasa, exigent des élections n’en veulent pas », rapporte un autre participant à la réunion d’Atlantic Council.

    Viendra ensuite l’étape de l’ouverture des candidatures. « Avec plus de 600 partis, il faudra s’attendre à environ 28 000 candidats pour la députation nationale et un peu plus pour les élections provinciales », fait savoir à Jeune Afrique le président de la Ceni. C’est pourquoi, pour ce dernier, « la machine à voter n’est pas une proposition mais une option prise » pour faire face à cette situation. Une fois les candidatures enregistrées, la Ceni procédera à la « commande des matériels sensibles », notamment des bulletins de vote.

    Je ne suis pas allé à Washington pour convaincre qui que ce soit

    Nangaa a enfin rappelé ses trois options présentées aux politiques pour la tenue des scrutins : une seule élection – la présidentielle – en décembre 2017, deux élections – présidentielle et législatives – en mai 2018 ou trois élections – présidentielle, législatives et provinciales – en novembre 2018.

    L’accord de la Saint-Sylvestre, on le sait, a choisi le troisième cas de figure, mais en ramenant l’échéance « au plus tard en décembre 2017 ». Ce qui est « techniquement impossible » jure-t-on à la Ceni qui semble s’accrocher à son schéma initial. Le Rassemblement de l’opposition a déjà indiqué que si les élections n’ont pas lieu cette année, une « transition sans Kabila » doit être mise en place.

    À Washington, Corneille Nangaa s’est également évertué à « [démentir] les allégations selon lesquelles la violence actuelle [notamment dans le Kasaï, dans le centre du pays, NDRL] serait liée au processus électoral et à l’impossibilité d’organiser les élections », rapporte un autre participant à la réunion.

    Mais, à en croire le compte rendu publié sur le site internet d’Atlantic Council, pendant les échanges, les explications de Corneille Nangaa n’ont pas convaincu la plupart des invités.

    « Difficile d’en être autrement lorsque chacun a déjà ses appréhensions », commente un proche du président de la Ceni. Et Nangaa lui-même de conclure : « Je ne suis pas allé à Washington pour convaincre qui que ce soit, mais pour présenter les faits. »

    J.A

  • RDC : « A qui étaient destinées les armes de l’Antonov? »

    RDC : « A qui étaient destinées les armes de l’Antonov? »

    -Samedi 30 septembre, un Antonov se crashe à Nsélé, commune située à l’est du grand Kinshasa. A son bord, une dizaine de personnes et du matériel militaire. La raison du crash n’est pas encore officiellement connue mais pour notre spécialiste en aviation, « la piste d’une surcharge paraît être plausible. Si l’avion avait eu une avarie moteur mais qu’il n’avait pas été surchargé, il aurait pu faire demi-tour sur un moteur. Par contre, avec une surcharge, l’avion devient vite incontrôlable, c’est ce qui a dû se produire ».

    « Ce n’est pas la première fois qu’un crash de ce genre se produit », explique notre source, qu parle d’au moins trois autres crashes de ce genre « qui s’étallent sur plusieurs années. »

    Au moins trois accidents d’avions de transport militaires ont déjà eu lieu en RD Congo depuis 2000, confirme  dans une dépêche Gérard Godin, journaliste de l’agence Belga, fin connaisseur du monde aéronautique. Il cite « un Illiouchine 76 qui avait perdu sa porte ventrale en plein vol le 8 mai 2003 entre Kinshasa et Lubumbashi, faisant environ 200 morts. Le crash d’avion le plus meurtrier en RDC a eu lieu en janvier 1996: un Antonov avait raté son décollage de l’aéroport kinois de N’Dolo à cause de la surcharge et s’était écrasé sur un marché, faisant près de 350 morts », rappelle Gérard Godin.
    « Ces infos sont tout à fait exactes, renchérit notre spécialiste. Le troisième crash concerne un autre Antonov mais je ne peux plus citer la date. Mais il s’agissait encore d’un souci de surcharge », poursuit-il et il s’interroge : « Pourquoi l’armée congolaise, si elle doit ravitailler ses forces sur le front, utiliserait-elle ce type d’avion plus cher et qui peut emporter moins de charge, alors qu’elle dispose de Boeing 727 aménagés pour ce type de transport. Ce serait nettement moins cher (il n’y a que le kérosène à payer), plus sûr et plus rapide ? Ces avions sont en état de voler. Lors de la dernière visite de Kabila à Kananga, sur les images de son arrivée, on peut en découvrir un à l’arrière-plan. »
    En posant la question, notre homme a une piste en tête. « Peut-être que l’armement contenu dans l’appareil n’était pas destiné à l’armée régulière. Le plan de vol renseigne Bukavu comme destination du vol mais tous les spécialistes savent qu’une des spécificités de l’Antonov, qui est un peu le C-130 de l’ancien bloc de l’est, c’est qu’il peut atterrir un peu n’importe où. Il n’a pas besoin d’une vraie piste pour se poser. Or, au sud de Bukavu, il y a Minembwe, qui sert régulièrement de base de ravitaillement pour les troupes négatives comme les FDLR… D’autres terrains existent pour ravitailler les ADF. »

    Par Hubert Leclercq