-En République démocratique du Congo (RDC), un deuxième cas de Covid-19 a eté confirmé. Une réunion d’urgence sur le coronavirus s’est tenue ce jeudi 12 mars. Des décisions ont été prises par les autorités, mais les mesures annoncées ne semblent pas rassurer les Kinois.
Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa
« Un deuxième cas de coronavirus a été confirmé en RDC. Il s’agit d’un sujet Camerounais. Il se trouve dans une institution hospitalière de la place pour une prise en charge. Le Ministère de la Santé exhorte une fois de plus à la population le respect strict d’hygiène », écrit le ministère de la Santé sur son compte Twitter.
Le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba a réuni jeudi 12 mars les autorités sanitaires, en tête le ministre de la Santé, mais aussi ceux de l’Intérieur, des Affaires étrangères, de la Défense, des Transports et des Sports. Des décisions ont été prises pour renforcer les mesures d’hygiène corporelle et surtout des mesures aux frontières. Des mesures qui sont loin de pourtant rassurer les Kinois.
Aux termes de la réunion, le ministre de la Santé, Dr Eteni Longondo, s’est voulu rassurant. Quelque 109 personnes ayant eu des contacts avec le premier cas ont été mis en quarantaine. « Le gouvernement a pris toutes les dispositions », a-t-il affirmé, ajoutant qu’a « ce stade le port du masque n’était pas nécessaire ».
Des fiches de renseignements ont été mises à disposition dans les aéroports pour une identification minutieuse des passagers. Des espaces d’accueil pour d’éventuels cas qui se déclareraient sont aménagés dans quelques hôpitaux de la capitale.
Mais la veille, le virologue, Jean-Jacques Muyembe, qui pilote la riposte contre l’épidémie d’Ebola, a émis des réserves sur la capacité des structures sanitaires à répondre aux urgences, en cas de propagation de la maladie.
Dans les rues de la capitale, les Kinois se disent également inquiets surtout avec l’apparition d’un deuxième cas. Ils jugent les mesures prises insuffisantes et estiment qu’elles devraient s’étendre notamment au secteur des transports urbains et aux écoles, pour limiter au maximum les contacts.
Par ailleurs, RFI a joint par téléphone, le premier cas de coronavirus en RDC, un Congolais âgé de 52 ans qui vivait en France. Celui-ci ne cesse de se plaindre des conditions de son isolement dans un hôpital sino-congolais où il dit ne pas être à l’abri des moustiques et de l’insalubrité. Autre affirmation de sa part : il n’a reçu aucun traitement depuis son isolement.
-Si 87 % des hommes ont accès à un téléphone portable en Afrique subsaharienne, les femmes ne sont que 74 % à en utiliser. Et les inégalités sont encore plus importantes dans l’usage des smartphones, prévient GSMA.
Détenir un téléphone n’a jamais été aussi facile – en 2018, 5,1 milliards d’être humains s’en sont servis pour téléphoner, s’informer, regarder des vidéos en streaming ou transférer de l’argent. Mais selon une étude publiée en mars par GSMA, qui représente les intérêts des opérateurs de téléphonie dans le monde, le mobile devient de plus en plus un marqueur d’inégalités entre les deux sexes.
Près de 74 % des femmes ont accès au téléphone portable en Afrique subsaharienne, expliquent les auteurs du rapport, selon lesquels le Kenya, l’Afrique du Sud et le Nigeria font figure de bons élèves, avec des taux d’accès des femmes au mobile de 86 % pour le Kenya et de 83 % pour les deux autres. Mais même au Nigeria et en Afrique du Sud, un écart de 7 points demeure entre les hommes et les femmes.
En Ouganda et au Mozambique, le fossé est abyssal : quand 84 % des hommes possèdent un téléphone portable en Ouganda, seulement 69 % des femmes en ont.
Le prix du smartphone, un frein pour les consommatrices
Si l’internet mobile se développe sur la plupart des marchés, 74 millions d’Africaines n’y ont toujours pas accès, une différence de 37 points avec les hommes. Or, dans les pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI), le smartphone est le principal vecteur de connexion, et l’outil de référence pour une large gamme de services, de l’information au paiement mobile.
Certaines utilisatrices se contentent d’exploitations sommaires, en ne profitant pas de tout l’éventail que propose internet et ses services mobiles, relève GSMA.
En Afrique, cette faible pénétration du smartphone s’explique par les coûts élevés tant de l’outil que des crédits internet, et par la difficulté de ces femmes à se familiariser avec la culture numérique. Les smartphones, dont les prix varient entre 100 et 200 euros pour les entrées de gammes, demeurent chers pour certains consommateurs, et a fortiori pour les consommatrices, pas toujours indépendantes financièrement. Au Sénégal par exemple, seules 26 % des femmes elles acquièrent un smartphone par leurs propres moyens, contre 68 % chez les hommes.
Des engagements pour réduire les inégalités
Des difficultés dont les opérateurs se disent conscients. En avril 2019, l’opérateur kényan Safaricom a lancé Neon Ray et Neon Nov, des appareils vendus une trentaine d’euros, pour permettre à ses clients de passer au smartphone.
à lire Rwanda : les Mara Phones d’Ashish Thakkar sont-ils vraiment africains ?
À la suite du rapport de GSMA, le groupe sud-africain MTN a réagi par la voix de son directeur général, Rob Shuter. « Si les écarts entre les hommes et les femmes dans l’accès au téléphone mobile ne sont pas résolus, les femmes risques d’être laissées pour compte alors que les sociétés et les économies se numérisent », a-t-il déclaré dans un communiqué le 6 mars, affirmant l’engagement de son groupe « à l’égard des principes d’autonomisation des femmes qui ont la capacité de transformer des vies à travers le continent ».
-Près de trois mois après un double incident qui avait privé d’internet une dizaine de pays africains, une nouvelle « coupure franche » intervenue sur un câble sous-marin international de fibre optique a été détectée dans la matinée ce mercredi 11 mars au large de la RDC.
« Et zut… nouvelle coupure franche enregistrée ce jour sur, le câble SAT3, toujours au large du Congo ». Sur le réseau social Twitter, Jean-Luc Vuillemin, directeur des réseaux et services internationaux d’Orange, ne cache pas son dépit.
Lui qui a l’habitude de chroniquer heure par heure les pannes et réparations d’Orange Marine, la filiale de l’opérateur français dédiée à la pose et la maintenance de câble internet sous-marins, vient d’annoncer qu’une nouvelle « coupure franche » est intervenue sur le câble de fibre optique South Africa Transit 3 (SAT-3) au large de la République démocratique du Congo.
Tout juste revenu de mission dans la zone, le navire câblier Léon Thévenin d’Orange Marine est réquisitionné pour intervenir sur la zone de l’incident.
Orange Marine à la réparation
C’est la deuxième fois en quelques semaines qu’un incident de ce type se produit sur le même câble quasiment dans le même lieu. La rupture se situe « toujours dans le canyon du fleuve [Congo] mais pas exactement au même endroit », précise Jean-Luc Vuillemin à Jeune Afrique.
Fin janvier, une double coupure sur le SAT-3 et son voisin WACS, avait été détectée à environ 300 kilomètres des côtes de la RDC, paralysant le trafic à travers une dizaine de pays du continent.
Positionné au Cap en Afrique du Sud, l’équipage du Léon Thévenin, avait déjà été chargée de réparer les deux incidents, s’autorisant une mission supplémentaire vers Tema au Ghana pour régler un défaut d’isolation sur le câble WACS. En un peu moins de trois semaines, soit le 26 février, les différentes pannes étaient réparées.
Précédents
Installés tous les deux au début des années 2000, le SAT-3 et le WACS n’en sont pas à leur première coupure. Les deux infrastructures télécoms sont la propriété d’un consortium mené par Telkom South Africa et composé initialement d’opérateurs internationaux comme Tata Communications, AT&T, BT, Orange, Verizon Vodafone ou encore BICS , aux côtés d’opérateurs africains comme Camtel, Angola Telecom, Ghana Telecommunications, Mauritius Telecom, Maroc Telecom ou Bénin Telecoms.
En 2009 puis 2011, les câbles ont été sectionnés au large des côtes béninoises. À chaque fois, l’accident a été causé par une ancre d’un navire qui a coupé l’installation.
-Près de 200 femmes de Lubumbashi se sont réunies mercredi 11 mars pour discuter de l’insécurité dans la ville. D’après les chiffres officiels, en moyenne chaque mois depuis le début de l’année, 150 femmes et filles ont subi un viol pendant un cambriolage. La rencontre, organisée par le Front commun pour le Congo local, avait pour intitulée : « Stop à l’insécurité dans le Haut-Katanga »
De notre correspondante à Lubumbashi, Denise Maheho
Si l’insécurité préoccupe toutes les femmes de la province, c’est surtout ces chiffres sur les cas de viol qui choquent. « Pour l’année 2020, de janvier à février, la statistique est de 315 victimes des violences et viol », informe Kabera Mugijinma, représentant du ministère des Droits de la femme et de l’enfance à Lubumbashi.
Ces victimes ont pour la plupart subi un viol lors de cambriolages. Pour Francine Muyumba, sénatrice et membre du Front commun pour le Congo, il faudrait que les femmes aient moins peur de dénoncer leurs agresseurs. « Ce sont ces femmes qui ont ces bandits dans leurs maisons, et ces bandits, après avoir volé, tué, violé des petites filles, rentrent dans ces maisons et les femmes ne les dénoncent pas ».
Christine Kimbilwe, syndicaliste au sein de la Gécamines affirme quant à elle, que l’insécurité est générée par la pauvreté. « Si nous commençons d’abord par gérer tous nos revenus, les entreprises payent mieux, on crée les emplois, vous verrez que l’insécurité va prendre fin ».
Dans leurs recommandations, les femmes réunies mercredi ont interpellé le gouvernement lui demandant d’améliorer les conditions de vie des forces de sécurité trop souvent obligées, selon elles, de s’en prendre à la population pour subsister.
-Charles Blé Goudé, l’ex-chef des Jeunes patriotes a été acquitté de crimes contre l’humanité en janvier 2019, tout comme Laurent Gbagbo, mais la procureure Fatou Bensouda a fait appel de cette décision en octobre. Cette procédure écrite précède de futures audiences d’appel, dont la date n’a pas encore été fixée. Dans leur réponse, les avocats de Charles Blé Goudé demandent aux juges de rejeter l’appel de la procureure et de confirmer l’acquittement de leur client.
Avec notre correspondante à La Haye,Stéphanie Maupas
Les avocats de Charles Blé Goudé, l’ex-leader des Jeunes patriotes de Côte d’Ivoire s’opposent sans surprise à la procureure. Elle demande aux juges d’annuler l’acquittement et de prononcer à la place un non-lieu. Les avocats avancent que personne n’a interféré dans l’enquête et que le gouvernement ivoirien a largement coopéré avec la Cour. L’accusation a eu trois ans pour présenter ses témoins, et pour les avocats, l’affaire est désormais bouclée.
Non-lieu ou acquittement ?
Pour les avocats de Charles Blé Goudé, la procureure reste floue sur ses intentions. Dans son mémoire, Fatou Bensouda demande aux juges de prononcer le non-lieu, mais sans qu’ils n’en tirent les conséquences. Elle veut décider elle-même des suites qu’elle donnera à l’affaire. Plus récemment, et pour convaincre les juges de ne pas lever les restrictions imposées à Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé suite à leur acquittement, elle avançait qu’elle pourrait « éventuellement » demander un nouveau procès. Reprendre tout simplement l’affaire à zéro.
Les avocats de Blé Goudé y voient une tactique pour éviter que la chambre d’appel ne confirme l’acquittement. Le non-lieu laisserait ouverte la possibilité d’un nouveau procès contre Charles Blé Goudé, devant la CPI ou la justice ivoirienne.
La République démocratique du Congo vient de confirmer son premier cas de coronavirus.
Le ministre congolais de la Santé a annoncé qu’un cas de coronavirus a été identifié à Kinshasa. Dans le même temps, plusieurs réunions de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ont été annulées.
Il s’agit du onzième pays africain à enregistrer des cas de Covid-19.
Le patient est un Congolais de cinquante-deux ans résidant en France, entré dans le pays dimanche.
Le patient présentait des symptômes à son arrivée, et a été immédiatement isolé grâce à des analyses cliniques.
Il est maintenant soigné dans un ancien centre Ebola à l’est de Kinshasa – réaménagé pour traiter le Covid-19.
Le ministère congolais de la santé tente maintenant de retrouver tous ceux avec qui il a voyagé et de les mettre en quarantaine – une tentative pour arrêter la propagation du virus.
Le ministre a appelé la population à rester calme et à se laver les mains plus souvent possible.
Les quatre principaux aéroports de la RDC ont renforcé la surveillance des voyageurs ayant des températures élevées – une pratique déjà en vigueur dans le cadre de la lutte contre le virus Ebola.La maladie – qui a débuté en Chine – a jusqu’à présent tué plus de 3 800 personnes.
Le ministre congolais de la Santé, Eteni Longondo, a annoncé qu’un patient atteint du coronavirus avait été identifié à Kinshasa. Il s’agit d’un Congolais de 52 ans, qui revenait de France. « Nous venons d’avoir la confirmation de ce cas par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) : le patient est arrivé à Kinshasa il y a deux jours et il était depuis suivi par les services médicaux », a déclaré à Jeune Afrique le Dr Eteni Longondo, ministre congolais de la Santé. « Il a été mis à l’isolement et nous recherchons les personnes qui ont été en contact avec lui », poursuit le ministre, qui a confirmé lors d’une conférence de presse la nationalité congolaise du patient, après avoir initialement évoqué « un patient belge ».
Cette annonce intervient alors que les autorités congolaises ont annoncé une série de mesures pour prévenir la propagation du virus, à l’issue du Conseil des ministres de vendredi. Plusieurs membres du gouvernement avaient à cette occasion proposé que les vols en provenance des pays européens et asiatiques touchés par l’épidémie soient suspendus.
« Plan stratégique national »
Le Conseil des ministres a finalement décidé que toute personne venant de France, d’Allemagne, d’Italie, d’Iran, d’Irak et de Chine « ne présentant aucun signe (fièvre, toux, rhume, céphalées, fatigue intense,…) sera isolée pendant 14 jours à domicile et suivie pendant 14 jours par l’équipe médicale en tenant compte des informations recueillies dans les fiches sanitaires des voyageurs ».
Par ailleurs, toute personne « présentant les symptômes [du coronavirus] à l’arrivée et considérée comme cas suspect sera transférée au site d’isolement et pris en charge par le ministère de la Santé ».
Lundi, le Dr Eteni Longondo, s’était toutefois voulu rassurant, affirmant que le plan stratégique national élaboré par le ministère de la Santé allait être « mis en pratique », avant d’insister sur le fait que « le plus important, c’est la préparation, en commençant par donner une bonne information pour ne pas créer la panique dans la population ».
Parmi les mesures déployées, un système de surveillance et d’identification des cas suspects grâce à des caméras thermiques, installées aux postes-frontières et aéroports du pays. Le ministère de la Santé prévoit en outre de « pré-positionner » dans les principales villes du pays des moyens de transports pour acheminer vers les laboratoires les échantillons prélevées sur les personnes présumées contaminées.
La SADC suspend réunions et sommets
La Communauté de développement de l’Afrique australe (Southern African Development Community – SADC) a de son côté pris la décision de suspendre plusieurs réunions prévues à l’agenda. Le sommet des chefs d’État des pays signataires de l’accord cadre d’Addis-Abeba – qui devait se tenir le 24 février et avait été reporté pour des raisons financières – pourrait de nouveau être reporté. Ou ne réunir les chefs d’État annoncés – Afrique du Sud, Angola, Burundi, Kenya, Ouganda, Rwanda, Congo, Centrafrique, Soudan, Soudan du Sud, Kenya, Tanzanie et Zambie – que via un système de visioconférence.
-La résidence du bandit Gédéon Kyungu, membre du PPRD (parti de Joseph Kabila), a été encerclée lundi sur ordre du gouverneur de la province. Il s’agissait de l’empêcher de mener à bien un projet de nouvelle attaque contre Lubumbashi, la capitale du cuivre au Katanga.
Lubumbashi est le théâtre, depuis la fin 2019, d’une recrudescence du grand banditisme, alors que ce dernier avait régréssé après la visite dans la ville du président Felix Tshisekedi. Ces violences font, logiquement, monter la tension dans la capitale du cuivre.
Déstabiliser le Katanga
Alors que la tension monte, depuis quelques mois, entre le président Tshisekedi – devenu chef de l’Etat en raison d’un accord avec Kabila et en l’absence de preuves de sa « victoire » électorale – et celui qui l’a fait roi – irrité de l’interpellation de plusieurs de ses proches – des politiciens katangais dénoncent à mots feutrés, des tentatives de susciter des affrontements entre Katangais et Kasaïens. Les deux alliés locaux de Félix Tshisekedi – Gabriel Kyungu (parti UNAFEC) et Jean-Claude Muyambo (SOCODE) – viennent de mettre en garde ceux qui attisent « l’incitation à la tribalisation au Katanga », y voyant, selon les mots de Me Muyambo, « une machination qui vise à déstabiliser le pouvoir du président Félix Tshisekedi ».
Selon Le Phare, qui cite les deux politiciens katangais, le sanguinaire bandit Gédéon, rallié depuis 2016 au camp Kabila, avait l’intention de profiter d’une marche des jeunes à Lubumbashi pour organiser une nouvelle attaque de la capitale katangaise lundi soir ou ce mardi. Il faut se rappeler que plusieurs attaques des « Bakata Katanga » (sécessionnistes katangais liés à Gédéon) dans cette ville ont été perpétrée après que des miliciens se soient infiltrés peu à peu dans la ville. Des attaques de ce type ont encore été observées le 11 juillet dernier, une autre en septembre et une troisième le 11 octobre, date anniversaire de la reddition de Gédéon.
Selon Le Phare, Gabriel Kyungu, ex-gouverneur du Grand Katanga, a donc alerté le gouverneur du Haut-Katanga (entité issue du découpage de la province en 2015) il y a quelques jours et ce dernier « s’est aussitôt organisé pour faire encercler la résidence de Gédéon Kyungu (NDLR: pas parent avec Gabriel Kyungu) afin de le neutraliser ». En outre, les manifestations publiques ont été interdites jusqu’à nouvel ordre.
La terreur du Nord-Katanga
Gédéon s’était fait connaître par la terreur qu’il faisait régner, avec ses hommes – largement issus des milices créées par le défunt Laurent Kabila qui, ne les finançant pas, les « força » à se payer sur la population – dans « le triangle de Mitwaba » (Nord-Katanga) au début des années 2000. Il s’était rendu aux Casques bleus en 2006 et, livré à la justice congolaise, avait été condamné à mort en 2009 – avant de s’évader en 2011 de la prison de la Kasapa dans des circonstances largement jugées suspectes.
Après de nouveaux ravages au Katanga – et l’adoption d’un discours sécessionniste – le bandit Gédéon avait « déposé les armes » le 11 octobre 2016, lors d’une cérémonie festive; il portait alors un T-shirt à l’effigie de Joseph Kabila. Selon Le Phare, il adhèrera à son parti PPRD en 2017. En tout cas, selon les informations de La Libre Afrique.be, à partir de mars 2017, les hommes de Gédéon ont été utilisés par le régime Kabila comme supplétifs pour combattre la rébellion « Kamina Nsapu » au Kasaï, qui avait entraîné une meurtrière répression.
Ses crimes
Depuis fin 2016, Gédéon vivait dans une villa du quartier Golf de Lubumbashi, logé et nourri aux frais de l’Etat. Cette sinécure a-t-elle pris fin avec le changement de Président?
En raison des accusations de crimes qui pèsent contre lui (notamment des actes de cannibalisme, visant à terroriser les villageois), il fait l’objet de sanctions de l’Union européenne depuis mai 2017 et de l’Onu depuis février 2018.
-En République démocratique du Congo (RDC), une dizaine de jours après la mort dans des conditions non encore élucidées du général Delphin Kahimbi, proche de l’ancien président congolais, de nombreuses questions se posent sur les enquêtes en cours.
En République démocratique du Congo (RDC), alors que l’enquête est officiellement entre les mains de la justice militaire depuis ce drame, les propos attribués au président Félix Tshisekedi lors du Conseil des ministres du 6 mars semblent indiquer qu’il aurait demandé à la Monusco de diligenter une enquête indépendante, ce que nie la mission de l’ONU dans le pays.
Les propos du président Tshisekedi étaient pourtant on ne peut plus clairs. Il avait informé les membres de son gouvernement, selon le compte-rendu du porte-parole du gouvernement, qu’il avait « décidé de diligenter une enquête indépendante à l’initiative de la Monusco ».
« Très bonne initiative » a salué le 9 mars un haut cadre du FCC [Front commun pour le Congo], en parlant d’une « décision de nature à instaurer la confiance sur les résultats de l’enquête en cours sur la disparition du général Delphin Kahimbi ». « Même le président Tshisekedi a parlé d’une mort par pendaison sans préciser si c’était le fait de lui-même ou d’une main autre que la sienne », a pointé cette source.
Problème, la Monusco assure n’avoir reçu aucune demande dans ce sens, mais son porte-parole reconnaît que la Mission de l’ONU a donné son « appui » à une enquête menée à l’initiative de la justice congolaise. « Nous avons apporté un soutien technique et scientifique à la demande des autorités congolaises, explique Mathias Gillmann, porte-parole de la mission onusienne. C’est une enquête menée par les autorités judiciaires nationales, non à l’initiative de la Mission [de l’ONU] mais à l’initiative des autorités congolaises et nous ne ferons aucun commentaire concernant une enquête qui est non seulement en cours, mais aussi diligenté et menée par les autorités nationales ».
Les investigations sont menées par la justice militaire et non par la Mission de l’ONU dans le pays qui n’a été sollicitée que pour des raisons techniques, confirme sur RFI le porte-parole du président congolais.
L’enquête a été confiée aux autorités congolaises compétentes et non à la Monusco… le concours de la Monusco a été requis sur les plans techniques et scientifiques et uniquement dans ces deux domaines.
-Le champion du monde en 2002, avec l’équipe du Brésil, a été arrêté en même temps que son frère. Ils nient avoir utilisé de faux documents d’identité pour entrer au Paraguay.
Selon la justice paraguayenne, ils ont reçu les faux documents lorsqu’ils ont atterri dans la capitale, Asuncion, mercredi.
La détention préventive des deux hommes a été confirmée samedi.
Un procureur paraguayen a estimé que les frères avaient été trompés.
N’empêche ils ont été interrogés par la police, qui a également mené une perquisition dans leur hôtel à Asuncion.
Ronaldinho risque une peine de prison pouvant aller jusqu’à six mois.
L’ancienne star du FC Barcelone a passé deux nuits dans une cellule de police, après s’être vu refuser la liberté sous caution, par une juge.
L’avocat des deux frères, Tarek Tuma, a qualifié leur détention préventive d’”irrationnelle, arbitraire et légère”.
En juillet 2019, les passeports brésilien et espagnol du meilleur joueur mondial en 2004 et 2005 auraient été confisqués pour non-paiement d’impôts et d’amendes.
Il lui était reproché aussi d’avoir construit illégalement dans une réserve naturelle au Brésil.
“Je respecte sa popularité sportive, mais la loi doit aussi être respectée. Peu importe qui vous êtes, la loi s’applique toujours”, a déclaré aux médias le ministre paraguayen de l’Intérieur, Euclides Acevedo.
Le vainqueur de la Coupe du monde 2002, âgé de 39 ans, s’était rendu au Paraguay pour la promotion d’un livre et une campagne en faveur des enfants défavorisés.
-Fort de sa “victoire” sur les “Combattants” qui, depuis quelques années, empêchaient la tenue de ses concerts notamment en Europe, le célèbre chanteur congolais se produira à Londres le 29 mars 2020.
Le chanteur congolais Fally Ipupa a pu se produire sur la scène de l’AccorHotels Arena le 28 février 2020 à Paris. Il a ainsi eu raison de ces fameux “Combattants”. Ce mouvement, constitué par des membres de la diaspora originaire de la République démocratique du Congo (RDC) et installée en Occident, est depuis quelques années le cauchemar des artistes congolais.
Le phénomène des “Combattants” date de 2006, expliquait Radio Okapi dans un article publié en 2012. “Plusieurs artistes musiciens de la RDC ne se produisent plus en Europe. Ils sont menacés par les Congolais vivant à l’étranger qui leur reprochent leur appartenance politique. La plupart d’entre eux ont participé aux campagnes électorales de Joseph Kabila de 2006 et de 2011. Ce jeudi 21 juin (2012), ils ne pourront pas aller se produire en Europe à l’occasion de la Fête internationale de la musique”.
“La détermination” et “le courage” des fans de Fally Ipupa
A l’instar d’autres grands noms de la musique congolaise, Fally Ipupa n’avait pu se produire en Europe depuis une décennie. C’est pourquoi, dès le lendemain du concert, l’artiste congolais se réjouissait et remerciait les “20 000 personnes” qui avait rendu “cette soirée du 28.02.2020 inoubliable” et saluait “(leur) détermination, (leur) courage, mais surtout (leur) amour (qui avaient) permis de réécrire une nouvelle histoire”. “Mes regrets les plus sincères à tous ceux et celles qui n’ont pas pu accéder à l’intérieur de la salle, ce n’est que partie remise”, poursuivait-il.Car en dépit de l’arrêté du 26 février 2020 de la préfecture de police interdisant toute manifestation aux abords du lieu du spectacle, situé dans le XIIe arrondissement de Paris, les “Combattants” n’ont pas renoncé à leur action.
Objectif atteint, en partie. Avec la fermeture de la gare de Lyon à Paris aux alentours de laquelle une trentaine de véhicules ont été brûlés, la perturbation du trafic des bus de la RATP (lignes 71, 29 et 64), mais aussi avec leurs barrages et leurs manœuvres d’intimidation, les “Combattants” ont réussi à empêcher quelques fans d’accéder à la salle de spectacle. Pourtant, les spectateurs ne se sont pas découragés en cherchant par tous les moyens à aller écouter leur idole. Comme cette jeune femme rencontrée dans le bus 64, qui avait déjà dû trouver un trajet alternatif, avant de poursuivre sa route et de s’entendre dire par d’autres fans que les accès à la salle étaient bloqués par les “Combattants”.
A la suite des incidents, rapportait l’AFP le 1er mars 2020, “au moins 71 personnes ont été interpellées pendant la soirée, ce qui a donné lieu à 52 gardes à vue”. De même, “à l’issue de ces gardes à vue, au moins quatre personnes seront jugées, soit très prochainement en comparution immédiate, soit ultérieurement via une convocation devant le tribunal”.
Le concert du 28 février 2020 s’apparente à une double performance à la fois artistique et symbolique. Outre le soutien de ses compatriotes, Fally Ipupa a été félicité par ses pairs africains. Notamment le célèbre groupe ivoirien Magic System qui soulignait “cette belle victoire au profit de la musique africaine”.
Une “victoire” puisqu’en 2017, la préfecture de police de Paris avait tout simplement annulé le concert de Fally Ipupa à La Cigale par crainte de débordements. Trois ans après, le rendez-vous de Bercy sonnait comme un défi. D’autant que Fally Ipupa avait rencontré certains “Combattants”, confiait-il, quelques jours avant l’événement, sur les antennes de France 24. “J’ai rencontré plusieurs ‘Combattants’ qui veulent juste combattre pour le bien de notre pays, (pas) pour boycotter les artistes musiciens. Aujourd’hui, il y a des ‘Combattants’ qui ont avancé dans leur combat, qui ont une autre vision de leur combat. Ils sont pour la reprise de la musique congolaise en France et en Europe, un peu partout”.
Le grand Papa Wemba, disparu en 2016, soulignait dans l’article de Radio Okapi sur le phénomène des “Combattants”, que les artistes étaient “pris au piège de la politico-politique”. “Mais j’ai toujours dit qu’on finira par fumer le calumet de la paix”, avait-il ajouté.
Le calumet de la paix a-t-il été fumé à Bercy ? Rien n’est moins sûr. Les méthodes des “Combattants” sont source de controverse, mais elles posent la problématique de la neutralité politique pour les artistes africains, dont certains se font le chantre de régimes abhorrés par leurs compatriotes. Les artistes congolais sont d’autant plus tiraillés qu’ils sont passés maîtres dans l’art de l’”atalaku” (“crieur” en lingala, l’une des principales langues parlées en RDC), à savoir faire l’éloge de quelqu’un en glissant son nom dans une chanson. Les noms des amis, des producteurs, des animateurs ou des politiques appréciés des interprètes, tout y passe. Cependant, au niveau politique, l’exercice peut se révéler périlleux.
“Je suis un artiste, comme l’église dans le village”
Fally Ipupa était ainsi interrogé à propos de l’opposant congolais Martin Fayulu, qui venait d’être déclaré candidat unique de l’opposition à la présidentielle de 2018, cité dans l’un de ses titres sur le plateau du journal Afrique de TV5.
“C’est ‘un vieux’ (terme affectueux, NDLR) qui m’a soutenu, depuis que j’ai commencé mon aventure en 2006 (…). Je suis très fier de lui (…), expliquait-il. C’est d’ailleurs très bien que les politiciens se mettent d’accord pour l’intérêt du pays. En tout cas, bonne chance à mon ‘vieux’ Martin Fayulu”. Dans la foulée, l’artiste précisait : “Je ne soutiens pas le politique parce que j’estime que je suis un artiste, comme l’église dans le village, même si j’ai des relations avec des politiciens. Je préfère pour l’instant chanter (…) Quand il y a des problèmes, j’arrive juste pour panser les plaies, pour ramener un peu d’amour”.
Fally Ipupa est, entre autres, ambassadeur de bonne volonté de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco). Par ailleurs, il avait annoncé qu’une partie des recettes du concert du 28 février irait à la fondation du Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la Paix 2018, qui soigne les femmes victimes de violences sexuelles en RDC. Après le concert de Bercy, Fally Ipupa attend donc ses nombreux fans le 29 mars 2020 à Londres.