Author: Don Kayembe

  • Les éléments qui dérangent Ouattara et Paris dans le documentaire de Canal+

    Les éléments qui dérangent Ouattara et Paris dans le documentaire de Canal+

    bombardement-bouake-Qu’est-ce qui dérange tant l’Etat français et le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara dans l’enquête de Spécial Investigation interdite de diffusion sur le bouquet Afrique de Canal+ lundi dernier? Plusieurs éléments:

    1. Les déclarations du général De Malaussène (Force Licorne et commandement français en 2004-2005) sont un élément nouveau: « Je ne crois pas une seconde que ce soit Gbagbo qui ait donné l’ordre à ces pilotes biélorusses de tirer sur les soldats français. Je n’y crois pas une seconde. Je ne peux pas m’empêcher de penser que cette affaire est extrêmement trouble, que l’on ne veut pas savoir qui a donné l’ordre de tirer sur les soldats français.» Et le général de poursuivre: « La chaine de commandement française a fonctionné comme elle le souhaitait. On revient à la question de fond: Pourquoi on a laissé partir les pilotes et pourquoi on ne les a pas arrêtés pour savoir qui était le premier donneur d’ordre. On n’a pas voulu le savoir, ou alors on le sait et on n’a pas voulu le diffuser.»

    2. Le témoignage du traducteur Ouraga est un élément nouveau. Les pilotes biélorusses étaient entre les mains de l’armée française, au Gatl, entre le 07 et le 11 novembre 2004.

    3. Les images déclassifiées qui prouvent que l’armée française a filmé les pilotes des Sukhoi à leur atterrissage après le bombardement de la base française, sans les interpeller, sont un élément nouveau.

    4. Les déclarations sous serment devant les juges d’instruction français du ministre de l’intérieur togolais à l’époque des faits, François Boko, sont un élément nouveau: « Nous avions l’intime conviction qu’ils [les pilotes biélorusses] avaient bombardé la position française et c’est ainsi que nous avons sollicité à la fois la Dgse et le Sctip qui ont demandé à Paris la conduite à tenir. Les instructions données étaient de ne rien faire par rapport à ces biélorusses.»

    5. Les déclarations de David Senat, conseiller juridique de Michèle Alliot-Marie au ministère de la Défense, sont un élément nouveau: il contredit frontalement Alliot-Marie, qui avait affirmé que c’est le cadre juridique (l’absence de mandat d’arrêt international) qui n’aurait pas permis l’interpellation des pilotes: « Ni au moment du bombardement le 6 novembre, ni après du 16 novembre au mois de décembre, c’est à dire au moment où les pilotes ont été libérés.  Je n’ai pas été informé de ces événements (…) L’analyse juridique n’a pas été faite. Par personne. Ni requise. C’était purement politique.»

    6. Les déclarations de l’avocat des familles des soldats tués sont un élément nouveau.

    et aussi,

    7. Alassane Dramane Ouattara, pour la première fois, est présenté officiellement par Canal+ comme le chef de la rébellion, et non plus la marionnette Soro.

    En fait, tout est dérangeant dans ce reportage. L’opération Dignité menée par l’armée ivoirienne les 4 et 5 novembre 2004 avait causé la débandade totale chez les rebelles. Le bombardement jamais élucidé jusqu’ici de la base des soldats français le 6 novembre 2004 avait permis à Paris de retourner in extremis la situation en faveur des hommes de Ouattara, qu’elle soutenait.

    Comme le dit Edwige, la mère du soldat français David dans le reportage: « Mon fils n’est pas mort pour la France. Il a été sacrifié par la France.»

    (LIDER News)

  • Quelle durée de mandat pour les présidents africains actuels ?

    Quelle durée de mandat pour les présidents africains actuels ?

    AFRIQUE- NATIONALITE-Quelle longévité politique pour les présidents africains actuels ?

    Le continent compte quelques-uns des plus anciens chefs d’Etat du monde.

    Teodoro Obiang Nguema Mbasogo et José Eduardo dos Santo sont au pouvoir depuis plus de 30 ans.

    Mais l’Afrique est en perpétuel renouveau. Sur le continent, 25 présidents sont restés à la tête de l’Etat pour un mandat de cinq ans ou moins. Et une douzaine de chefs d’Etat ont été nouvellement élus ces deux dernières années.

    Avec notre carte interactive, découvrez combien de temps chaque président a gardé le pouvoir.

    Longévité politique

    Utilisez votre souris pour en savoir plus !

    Première année de mandat
    Pays
    1979 Guinée équatoriale – Teodoro Obiang Nguema Mbasogo
    1979 Angola – José Eduardo dos Santos
    1982 Cameroun – Paul Biya
    1979 – 92 1997 Congo – Denis Sassou Nguesso
    1986Ouganda – Yoweri Museveni
    1987 Zimbabwe – Robert Mugabe
    1989Soudan – Omar el-Béchir
    1990Tchad – Idriss Déby Itno
    1991Erythrée – Issayas Afewerki
    1994 Gambie – Yahya Jammeh
    1975 – 91 2011 São Tomé and Príncipe – Manuel Pinto da Costa
    1999 Djibouti – Ismaïl Omar Guelleh
    1999 Algérie – Abdelaziz Bouteflika
    2000 Rwanda – Paul Kagame
    2001 RDC – Joseph Kabila
    2004 Seychelles – James Michel
    2005 Togo – Faure Gnassingbé
    2005 Burundi – Pierre Nkurunziza
    2006 Liberia – Ellen Johnson Sirleaf
    2006 Bénin – Thomas Boni Yayi
    2007 Sierra Leone – Ernest Bai Koroma
    2008 Botswana – Ian Khama
    2009 Afrique du Sud – Jacob Zuma
    2009 Mauritanie – Mohamed Ould Abdel Aziz
    2009 Gabon – Ali Bongo Ondimba
    2010 Côte d’Ivoire – Alassane Ouattara

    2010 Guinée – Alpha Condé

    2011 Niger – Mahamadou Issoufou

    2011 Comores – Ikililou Dhoinine

    2011 Soudan du Sud – Salva Kiir Mayardit

    2011 CapeVert – Jorge Carlos Fonseca

     2015 Nigeria – Muhammadu Buhari

    2012 Sénégal – Macky Sall

    2012 Ghana – John Dramani Mahama

    2012 Somalie – Hassan Cheikh Mohamoud

    2013 Kenya – Uhuru Kenyatta

    2013 Mali – Ibrahim Boubacar Keïta

    2013 Ethiopie – Mulatu Teshome

    2014 Centrafrique – Catherine Samba-Panza

    2014 Madagascar – Hery Rajaonarimampianina

    2014 Malawi – Peter Mutharika

    2014 Egypte – Abdel Fattah al-Sissi

    2014 Guinée-Bissau – José Mário Vaz

    2014 Tunisie – Beji Caïd Essebsi

    2015 Mozambique – Filipe Nyusi

    2015 Zambie – Edgar Lungu

    2015 Namibie – Hage Geingob

    2015 Maurice – Ameenah Gurib-Fakim

    2015 Tanzanie – John Magufuli

    2015 Burkina Faso – Roch Marc Christian Kaboré

    (voa)

  • RDC: l’élection des gouverneurs des nouvelles provinces fixée au 26 mars

    RDC: l’élection des gouverneurs des nouvelles provinces fixée au 26 mars

    Bureau de la  CENI
    Bureau de la CENI

    -Après deux reports, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a annoncé mercredi avoir fixé au 26 mars l’organisation de l’élection des gouverneurs dans les nouvelles provinces de la RD Congo. Celles-ci sont actuellement gérées par des commissaires spéciaux nommés par Kinshasa.

    Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ? Initialement prévue le 31 août, puis repoussée au 6 octobre 2015 avant d’être reportée sine die, l’élection des gouverneurs dans les 21 nouvelles provinces de la RD Congo, issues du dernier découpage territorial, aura finalement lieu le 26 mars. L’annonce a été faite, le 10 février, au cours d’une « journée électorale » organisée à Kinshasa par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

    Des résultats le 12 avril 

    Les potentiels candidats ont jusqu’au 20 février pour déposer leurs dossiers et la publication des résultats de ce scrutin est attendue au 12 avril. Si ce nouveau chronogramme est respecté, ce sera la fin du mandat des « commissaires spéciaux » nommés par le gouvernement congolais pour gérer ces nouvelles provinces.

    La Ceni a également annoncé le lancement d’un appel d’offres pour l’achat des kits d’enrôlement des électeurs, le fichier électoral actuel étant, de l’avis de tous les observateurs, corrompu. Mais la révision sera-t-elle complète ou partielle ? La question divise encore la classe politique.

    J.A

  • RDC : la production de cuivre chute.

    RDC : la production de cuivre chute.

    Katanga-Usine-cuivre_TFM-La production est passée sous le seuil du million de tonnes, selon les chiffres de la Chambre des mines congolaise publiés mercredi.

    La quantité de cuivre extraite est de 995.805 tonnes, soit une baisse de 3,3%.

    La Chambre des Mines estime que la RDC a “plutôt bien résisté jusqu’à présent” à la chute des prix des métaux et matières premières sur le marché international en 2015. Mais elle prédit que l’activité économique du pays sera “fortement impactée en 2016”.

    Selon ses chiffres, la production de cuivre a reculé de près de 12% en glissement annuel au quatrième trimestre.

    Grand producteur de minerais, la République démocratique du Congo était en 2014 le cinquième pays producteur de cuivre au monde, et le premier d’Afrique, selon l’USGS, le bureau géologique du gouvernement américain.

    Le cobalt et l’or en forte progression

    Image caption La production du cobalt en hausse

    En dehors du cuivre, le pays enregistre une augmentation de la production d’autres métaux. La production du cobalt dont la RDC dispose des premières réserves mondiales, a progressé de 3,6% en 2015 pour s’établir à 66.915 t.

    La production légale d’or, qui était presque nulle en 2011, a crû de 30,4% en 2015 pour atteindre 25,5 t, indique pour sa part la Fédération des entreprises du Congo (FEC), dont dépend la Fédération congolaise des mines.

    BBC

  • Wumela vs Yebela, qui remportera la guerre des hashtags ?

    Wumela vs Yebela, qui remportera la guerre des hashtags ?

    twittercloud-Sur la twittosphère congolaise, deux hashtags s’affrontent : #wumela pour ceux qui souhaitent le maintien du président Joseph Kabila au pouvoir et #yebela utilisé par les adeptes de l’alternance démocratique en RD Congo. Zoom sur une guerre digitale bien entamée.

    Pour certains twittos, il n’y a pas match : #yebela (sache-le, en lingala) a déjà remporté la partie face à #wumela (restez longtemps), le hashtag des pro-Kabila. Vraiment ?

    L’écart entre les deux mots-clés est certes criant, mais il est encore (trop) tôt pour siffler la fin d’un duel qui ne fait que commencer. En tout cas, c’est ce qu’estiment, sur le site de micro-blogging, les chantres du prolongement du deuxième et dernier mandat constitutionnel du président congolais Joseph Kabila.

    Selon Twitonomy, un outil d’analyse qui offre une photographie précise des usages des uns et des autres sur Twitter, plus de 170 messages  utilisant le hashtag #wumela ont été postés ces dernières heures. Alors que début février on ne comptait qu’entre 3 et 9 tweets par jour, la  barre des 400 tweets a été dépassée en moins de 10 jours.

    Au total, 418 tweets publiés depuis 116 villes différentes ont été partagés depuis début février via #wumela, atteignant potentiellement 1 845 958 utilisateurs sur Twitter, selon les chiffres que nous avons recueillis auprès de Twitonomy. Mais parmi les twittos les plus actifs utilisant ce hashtag, on compte indistinctement ceux qui soutiennent mordicus le maintien de Joseph Kabila…

    … et d’autres qui se contentent de partager ou commenter les informations via le mot-clé. C’est le cas notamment de Oliver Diansosa qui explique à qui veut l’entendre que « wumela » est avant tout une « expression en vogue » dans la capitale de la RD Congo, et s’emploie pour exprimer « sa gratitude » envers une personne qui vous a rendu service et « l’encourager » à faire davantage.  Ce juriste et analyste politique, basé à Kinshasa, avec ses 13 mentions de #wumela depuis le début du mois de février, figure dans le top 5 des utilisateurs les plus actifs utilisant ce qui est devenu le slogan des pro-Kabila.

    Les 5 twittos les plus actifs utilisant #wumela

    Capture d'écran/Twitonomy

    #yebela très loin devant #wumela

    En face, les anti-Kabila sont de loin les plus actifs sur Twitter. Le hashtag yebela qui sonne comme un avertissement contre toute tentative de prolongation du mandat du président sortant, a enregistré depuis début février 2 172 tweets pouvant toucher potentiellement 5 618 736 utilisateurs sur le site au petit oiseau bleu, selon Twitonomy. Soit cinq fois plus que les messages postés avec le mot-clé rival wumela.

    Même écart côté utilisateurs. Alors qu’avec #wumela, les twittos les plus actifs n’ont mentionné qu’entre 28 et 10 fois leur hashtag étiqueté pro-Kabila, ceux utilisant #yebela ont fait référence à ce mot-clé entre 115 et 41 fois. Des tweets anti-Kabila partis depuis 361 villes différentes à travers le monde, selon Twitonomy.

    Les 5 twittos les plus actifs utilisant #wumela

    Capture d'écran/Twitonomy

    (Jeune Afrique)

  • Christopher Ngoy transféré de la prison à l’hôpital

    Christopher Ngoy transféré de la prison à l’hôpital

    christopher-Un militant associatif congolais incarcéré et poursuivi pour atteinte à la sûreté de l’État a été admis dans un centre médical spécialisé de Kinshasa pour y recevoir des soins après la dégradation de son état de santé, rapporte l’AFP.

    Selon son avocat et une source médicale, Christopher Ngoy, que les autorités tiennent pour l’un des principaux organisateurs des émeutes de janvier 2015 à Kinshasa, a été transféré lundi dans cette structure hospitalière du nord de la capitale de la République démocratique du Congo.

    M. Ngoy est arrivé en fin d’après-midi lundi et a été “stabilisé”, selon la source médicale.

    “Le premier diagnostic est l’hypertension”, a précisé Me Patrick Ngoy, son fils et avocat, mais d’autres examens sont en cours.

    M. Ngoy est apparu très affaibli et parlant difficilement alors qu’il subissait une transfusion sanguine dans sa chambre.

    Arrêté le 21 janvier 2015, M. Ngoy a été détenu au secret pendant près de trois semaines avant d’être déferré à la justice et de se faire signifier son inculpation pour dix chefs d’accusation, dont le plus grave est celui d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État.

    Selon Me Patrick Ngoy, M. Ngoy, président d’une petite association de défense des droits de l’Homme, refuse depuis le mois d’août de comparaître devant ses juges à l’absence de la presse, à qui le tribunal interdit de couvrir le procès.

    Me Ngoy dit avoir intenté une action auprès de la plus haute instance judiciaire du pays afin d’obtenir l’ouverture du procès aux médias.

    Christopher Ngoy comme l’un des principaux animateurs des manifestations lancées le 19 janvier 2015 à Kinshasa et dans d’autres villes du pays contre un projet de loi électorale controversé.

    Violemment réprimées par les forces de l’ordre, les manifestations avaient rapidement viré à l’émeute et aux pillages jusqu’au 22 janvier, faisant quelques dizaines de morts.

    Les contestataires dénonçaient initialement une disposition de ce texte qui aurait permis de prolonger le mandat du président Joseph Kabila au-delà de décembre 2016, date de la fin de son deuxième quinquennat, alors que la Constitution lui interdit de briguer un nouveau mandat.

    Avec AFP

  • Chan 2016: à Kinshasa, le retour gâché des héros congolais

    Chan 2016: à Kinshasa, le retour gâché des héros congolais

    leopard retour-Auréolés de leur sacre lors du Championnat d’Afrique des nations 2016 (Chan), les Congolais sont rentrés lundi 8 février au pays en héros. Un accueil officiel a été organisé à l’aéroport avec le président de l’Assemblée nationale et le ministre des Sports de RDC. Même si l’information était restée confidentielle, aucune annonce ou message à la radio, ils étaient des dizaines de milliers sur la route de l’aéroport à attendre leur équipe. Mais malheureusement, très peu ont pu voir les joueurs ou même la coupe.

    L’avion vient tout juste d’atterrir, et le premier des héros acclamé par la foule, c’est l’entraîneur des Léopards, Florent Ibenge. « Ibenge ! Ibenge ! Ibenge ! », scande l’assemblée à la vue du sélectionneur. « C’est une journée merveilleuse pour nous ! C’est vraiment une expression de joie », s’enthousiasme un supporter.

    Cohue et bousculade à l’aéroport. Le personnel, les forces de sécurité, tout le monde veut prendre en photo les joueurs qui ont du mal à se frayer un passage. Ils finissent par embarquer dans un camion ouvert sur les côtés. C’est le moment tant attendu. Ils prennent la pose, enchaînent les photos et serrent des mains. Mais le bain de foule n’ira pas au-delà du périmètre de l’aéroport.

    On ne comprend pas, la police prive la population de la joie de vivre et de voir la coupe…
    Les Kinois ne cachent pas leur déception

    Sur ordre de la police, le convoi part en trombe. Presque immédiatement, les supporters frustrés et issus des quartiers populaires entonnent des chants hostiles au chef de l’Etat ainsi qu’au commissaire provincial de la police, le général Kanyama.

    Sur la route qui mène au centre-ville, une véritable marée humaine se forme et tente un temps de rattraper le convoi. En vain. « Policiers, Kabila avait dit que si on gagne, vous ne ferez de mal à personne, vous ne dérangerez personne », interpellent des jeunes s’adressant aux forces de l’ordre sur leur passage.


    ■ Goma attend toujours ses héros

    Ils y sont peut-être pour quelque chose dans la victoire de la République démocratique du Congo face au Mali (3-0) en finale du Chan 2016. Les habitants de l’est de la RDC se sont mobilisés. Ils sont nombreux à avoir fait le voyage jusqu’à Kigali en bus pour soutenir leur équipe. Comme les résidents de Goma. La ville a en effet vécu 24 heures de fièvre et de liesse. Malheureusement, les Léopards ne se sont pas rendus à Goma pour faire la fête.

    RFI

  • Les Léopards de la RDC victorieux des Aigles du Mali – La résurrection du Colosse aux pieds d’argile

    Les Léopards de la RDC victorieux des Aigles du Mali – La résurrection du Colosse aux pieds d’argile

    rdc 1-Les Léopards de la RDC victorieux des Aigles du Mali

    La résurrection du Colosse aux pieds d’argile

    ‘‘Interprétations’’ et ‘‘Leçons spirituelles’’ de la finale du CHAN 2016

    ‘‘La plus grande victoire, c’est la victoire sur soi’’ Platon

     

    Il existe, en réalité, deux types de rêves qu’un être humain peut normalement vivre. Ceux-ci sont d’essence tout à fait particulière. Il y a, d’une part, le rêve onirique. C’est le plus connu de tous car il est, en fait, le plus souvent expérimenté. Ce type de rêve se déroule, le plus naturellement, lors du sommeil.

    Et, d’autre part, l’être humain est très souvent confronté au rêve éveillé. Il se déroule généralement pendant que le commun des mortels est physiquement en état d’éveil. En réalité, il se déroule pendant que ce dernier est pleinement conscient de ce qu’il entoure, des éléments de son environnement immédiat. Ce type de rêve est, souvent, négligé voire même méconnu. L’humain n’en a pas toujours conscience. Pourtant, il recèle une importance capitale autant que le rêve onirique (songe).

    Derrière chaque événement vécu pendant que l’on dort ou se déroulant pendant que l’on est conscient, il y a toujours un message important à retenir. Il y a, en effet, une leçon propre sans doute destinée à l’être humain. Par conséquent, quelle que soit sa nature ou sa qualité, un rêve – qu’il soit d’essence évidemment onirique ou éveillée – mérite toujours d’être interprété. Il doit toujours être décrypté dans l’intention de mieux comprendre le message qu’il recèle et véhicule au principal intéressé.

    Cet exercice d’interprétation du rêve s’applique naturellement à la consécration des Braves Léopards de la République démocratique du Congo lors de la finale du CHAN 2016. Dans l’état physique, les amateurs du ballon rond, d’ailleurs scotchés à leurs téléviseurs, ont vécu tout à fait en direct la brillante prestation livrée par la sélection congolaise de football pour se hisser à la plus haute marche du podium aux dépens des Aigles du Mali. Cet événement footballistique continental qui réunit les équipes africaines qualifiées, s’est tenu au Rwanda, pays limitrophe de la RDC. Se déroulant à Kigali, le ‘‘siège’’ du pouvoir politique et administratif, devant les officiels rwandais, cette finale qui a vu couronner les Léopards de la RDC, recèle à vrai dire un message fort dont l’importance ne saurait être saisie qu’à l’aune des symboles manifestement mis en relief.

    Dans ce couronnement magique des ‘‘Léopards’’ de la République démocratique du Congo, y a-t-il réellement l’intervention ou la main du hasard ?

    Ce qui est sûr et certain, il y a, dans cette consécration continentale des footballeurs congolais, beaucoup de symboles. Ce qui est clair, il existe beaucoup de clins d’yeux. Il y a, en effet, beaucoup de messages subliminaux à décrypter.

    Pour ce faire, il y a lieu de relever, d’abord, le parcours insolite des Braves Léopards. En effet, au cours de ce CHAN 2016, la sélection congolaise de football a directement eu à se mesurer avec quelques Nations qui sont de loin ou de près liées à la situation dramatique de la République démocratique du Congo depuis le déclenchement de la guerre dite ‘‘d’agression’’ et ‘‘de partition’’ en 1996. Les footballeurs congolais qui n’ont point démérité, ont eu à affronter successivement et, surtout, à vaincre dans leur cheminement jusqu’en finale les Walya d’Éthiopie (les Bouquetins d’Abyssinie), les Palancas Negras (les Antilopes ou les Gazelles noires) de l’Angola et les Amavuli (Abeilles) du Rwanda. Dans cette compétition relevée, les Congolais ont, également, croisé le fer avec les fameux Lions indomptables du Cameroun et les durs Éléphants (Syli) de la Guinée-Conakry.

    Chose certaine, le CHAN 2016 peut être résumé à un conte africain mettant en relief les animaux et dont la puissance morale cache assurément un message symbolique ou subliminal. Cette compétition représente, allégoriquement parlant, un fruit dont l’intérieur est souvent garni d’une coque. Celle-ci présente cette particularité et cette singularité de cacher la graine ou de protéger le noyau symbolisant la ‘‘renaissance’’ ou la ‘‘vérité existentielle’’ à découvrir et à s’en servir pour son épanouissement.

    Chose certaine, eu égard au parcours de la sélection nationale congolaise, la victoire des Léopards sur les Bouquetins d’Éthiopie ainsi que les Abeilles du Rwanda signifie spirituellement la fin de l’agression ‘‘physique’’ rwandaise sur la RDC[i]. Le fait que le chef de l’État rwandais Paul Kagamé ait, en personne, remis à la sélection congolaise une médaille de mérite, d’ailleurs délivrée par la Confédération africaine de football (CAF), pour sa participation à la finale de Kigali, est un geste qui augure un nouveau chapitre dans la région des Grands Lacs. Cette nouvelle ère, que d’aucuns espèrent, est placée autant sous le signe de la paix et de l’harmonie que sous le sceau de la fraternité et de la solidarité. Ce qui implique logiquement une véritable coopération entre partenaires de la même sous-région, et ce à tous les niveaux.

    Par conséquent, dans un avenir plus ou moins proche, il n’est pas exclu que l’Afrique et le Monde assistent au retour de meilleurs sentiments entre ces deux États voisins. Il n’est pas exclu que la Planète Terre assiste à des rapprochements spectaculaires entre ces deux Nations africaines dont l’inimitié profonde n’est pas, à vrai dire, une vue de l’esprit. Si jamais elle se produisait, une telle dynamique serait, bien entendu, une bonne nouvelle pour la paix et la sécurité en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs devenue malheureusement le ventre mou du Continent en dépit de ses immenses richesses. Cela est d’autant plus vrai qu’un ‘‘tel événement dépend de la stricte volonté des acteurs en conflit’’.

    Toutefois, dans la victoire des Léopards sur les Antilopes angolaises, il faut surtout voir la chute prévisible et même programmée du régime de Joseph Kabila Kabange. Force est, d’ailleurs, de souligner que le coup d’État du 16 janvier 2001 réalisé par ce mercenaire à la solde exclusive des intérêts anticongolais et ayant emporté sous d’autres cieux Mzee Laurent-Désiré Kabila, a été favorisé par la double intervention militaire angolaise et zimbabwéenne. Donc, dans cette victoire des Léopards, il faut [entre]voir le retour tant attendu du ‘‘Géant endormi’’, donc en état d’hibernation[ii].

    Par ailleurs, ce CHAN 2016 a permis à la sélection nationale congolaise de se frotter aux équipes nationales du Cameroun et de la Guinée-Conakry. Ce qui n’est pas sans rappeler les classiques footballistiques des années soixante et soixante-dix ayant fait vibrer des générations entières. Il y a, certes, là une bonne prédiction pour l’avenir. Cela revient à dire que les Congolais connaîtraient bientôt des périodes mémorables de fastes. Comparativement aux années soixante et soixante-dix au cours desquelles le pays excellait, ceux-ci connaîtraient des moments de prospérité et de grandeur. Ils disposeraient, en fait, d’un revenu décent et d’un travail fort rémunérateur.

    Ensuite, il convient de s’attarder, quelque peu, sur la symbolique de l’Aigle, d’ailleurs présente dans cette compétition sportive africaine. L’Aigle représente la majesté, le pouvoir de domination par sa capacité à surplomber les airs et surtout à contempler le soleil sans se brûler les yeux. De ce fait, cet animal mythique  symbolise la force ou l’empire hégémonique.

    Dans un rêve, le léopard signifie la colère qui bouillonne à l’intérieur. Il est ce feu qui ne cesse point de consumer. Il est la soif inextinguible d’en découdre violemment. Cette bête féroce incarne la volonté d’en finir coûte que coûte avec un adversaire, a fortiori un gibier ou une proie totalement à sa merci. Cet animal mythique symbolise par voie de conséquence la crainte, la trouille qu’il inspire aux autres animaux de la jungle.

    Contrairement au roi lion, par nature plus pausé et plus calme, majestueux dans sa posture, qui ne tue pas par simple plaisir, qui n’attaque pas pour attaquer, le léopard suscite indéfiniment la peur dans la forêt. En effet, ce fauve opportuniste et solitaire est réputé toujours attaquer sa proie, et ce dans n’importe quelle circonstance. Qu’il ait par conséquent faim ou pas, qu’il ait vraiment mangé ou pas, il fonce directement et toujours sur la proie qui constitue son régal.

    Dans cette fable africaine du CHAN 2016, il est un fait indéniable que les Léopards de la RDC ont, très brillamment, vaincu en finale les Aigles du Mali. Cependant, dans le processus de rêve éveillé manifestement vécu par les Congolais, l’Aigle dépecé par le Léopard n’est pas, à vrai dire, le Mali. En effet, cet État africain n’a visiblement pas de contentieux avec la République démocratique du Congo. Par conséquent, l’Aigle vaincu par ce félin impitoyable est, symboliquement, la Superpuissance américaine dont l’emblème est, à vrai dire, ‘‘l’Aigle royal’’.

    En effet, depuis septembre 1996, la République démocratique du Congo est l’objet d’une agression physique de son territoire. Cette attaque est fomentée par les États-Unis d’Amérique dans l’intention malveillante de réduire en charpie sa souveraineté internationale et son indépendance nationale. Aussi est-elle manigancée, orchestrée, dans le dessein de piller toutes ses richesses, de détruire sa population autochtone et de démembrer son territoire physique au profit exclusif des forces d’agression, à titre de butin de guerre.

    Donc, cette victoire symbolique du Léopard sur l’Aigle impérial, dominateur, signifie spirituellement la fin réelle de l’agression physique de la République démocratique du Congo parrainée par les États-Unis et sous-traitée par le Rwanda. Aussi signifie-t-elle le revers cuisant de la Superpuissance américaine dans sa tentative d’assujettir à son hégémonie malveillante la volonté farouche des Congolaises et des Congolais. Le fait même que cette victoire brillante et convaincante du Léopard impitoyable sur l’Aigle impérial soit acquise à Kigali est, en soi, déjà une prémonition.

    Enfin, la brillante victoire des Léopards de la RDC sur les Aigles du Mali repose, en réalité, sur quatre dimensions qu’il sied de ne pas négliger. Ces quatre paramètres sont totalement mis en lumière par le rêve éveillé certainement vécu par l’ensemble des Congolais. Donc, c’est sur ces quatre facteurs importants que repose dorénavant la force incommensurable de la RDC.

    Il s’agit, primo, de la jeunesse. C’est un paramètre dont le dynamisme doit être pris sérieusement en compte dans la construction de la Nation et de l’État. D’aucuns ne peuvent ignorer que la jeunesse congolaise est vraiment pleine d’idées et de vitalité. Il suffit simplement de lui faire confiance et de lui donner des moyens adéquats pour faire éclore tout son potentiel, toute son intelligence. Jean-Florent Ibenge Ikwange, à titre d’entraîneur, l’a très bien compris. Il a fait confiance à Elia Meschak, âgé de 18 ans. Celui-ci a su saisir la perche et, par conséquent, fait ses preuves. Ce jeune joueur est pratiquement devenu la figure de proue, l’incarnation évidente de cette jeunesse dynamique et entreprenante.

    Secundo, la République démocratique du Congo ne peut aucunement se relever sans sa diaspora. Celle-ci est une composante extérieure de la Nation sur laquelle le pays tout entier doit résolument compter. Le parfait symbole de cette vérité est, certes, l’entraîneur Jean-Florent Ibenge Ikwange qui a réellement vécu toute sa jeunesse en France, toute son adolescence et, surtout, une très bonne partie de son âge adulte à Lille (Département du Nord).

    En d’autres termes, il s’agit d’une diaspora entreprenante et responsable. Il n’est pas du tout question d’aventuriers et d’opportunistes qui viennent plutôt sucer le pays, spolier la Nation à l’image des cadres manducratiques de l’AFDL historique indexés, d’ailleurs, par Mzee Laurent-Désiré Kabila. Il est, en réalité, question d’individus qui disposent pratiquement d’une vision à long terme, laquelle permet de faire rayonner sous d’autres cieux le pays. En fait, il est question d’individus indubitablement dotés d’une démarche permettant littéralement d’inscrire le pays sur la voie du progrès et du développement, de la prospérité et de la sécurité.

    Tertio, sans ‘‘l’harmonie et la concorde’’, ‘‘la solidarité et la fraternité’’, la République démocratique du Congo demeure à tout point de vue un pays vulnérable, totalement faible. Cette vérité limpide est personnifiée par l’avant-centre des Léopards nommé Bolingi. Force est de constater que ce joueur exceptionnel a pesé de tout son poids dans les matchs décisifs. Entre autres en demi-finale contre les Éléphants (Syli) de la Guinée-Conakry et en finale contre les Aigles du Mali. Ce nom est une déclinaison de Bolingo qui signifie en lingala ‘‘Amour’’. En d’autres termes, il appartient, certes, aux Congolais de s’ouvrir franchement le cœur, de se parler sans arrière-pensée afin de ‘‘bâtir un pays plus beau qu’avant’’ comme, d’ailleurs, le recommande voire l’oblige l’hymne national qu’est le ‘‘Debout Congolais’’. Dans le cas contraire, il ne reste plus qu’à mettre la clef sous le paillasson.

    Quarto, le résultat du match obtenu par les Congolais aux dépens des Maliens est de trois buts à zéro. Spirituellement, le chiffre trois renvoie à la trinité ou à la stabilité dont le symbole ésotérique est le triangle, généralement associé à un œil représenté au milieu. Par cette forme géométrique, ce chiffre très spirituel représente la totalité (l’espace) et la permanence (le temps). Ce qui revient très naturellement à dire que le score brillamment réussi par les onze Congolais préfigure l’ordre démocratique et la stabilité politique que les Congolais appellent de tous leurs vœux.

    Par ailleurs, il importe de mentionner que cette finale de football s’est déroulée sans la présence effective du chef de l’État Joseph Kabila Kabange, d’ailleurs en porte-à-faux avec la jeunesse. Donc, cette absence consacre réellement la consommation du divorce entre un président de la République qui, chose ahurissante, menace toute la population de ne point célébrer la victoire de sa sélection et la jeunesse. Donc, en boycottant cette finale du CHAN 2016, acte s’apparentant à une réelle démission, l’imposteur Joseph Kabila Kabange qui n’a jamais, véritablement, incarné la Nation congolaise, ne s’est pas tiré une balle dans le pied. Ce plus haut dirigeant politique et gouvernemental à la tête de la République démocratique du Congo s’est, plutôt, tiré une balle en pleine tête. Il s’agit, certes, là d’un cas de suicide éminemment politique. Du jamais vu !

    Force est de constater que cette partie ultime du CHAN 2016 qui voit la consécration des Léopards de la RDC, s’est déroulée en ‘‘présence’’ du Katangais Moïse Katumbi Chapwe. Dans son déplacement à Kigali, celui-ci était accompagné de Vital Kamerhe de l’UNC. S’agit-il vraiment d’une prémonition ? En effet, le gouverneur honoraire du Katanga, dont les plus hautes ambitions à la magistrature suprême du pays sont un secret de polichinelle, a, tout à fait, redoré le blason national avec les performances sportives inégalées de la prestigieuse équipe du Tout-Puissant Englebert Mazembe sur les plans africain et mondial.

    À bon entendeur salut !

    Joël Asher Lévy-Cohen

    Journaliste indépendant

    [i] Il est à noter que l’Éthiopie a, naguère, fait partie intégrante de la fameuse coalition de conscience africaine qui a brutalement démantelé la régime de la Conférence nationale souveraine (CNS) et par conséquent fait tomber le pouvoir monarchique du Maréchal-président Mobutu Sese Seko du Zaïre. Celle-ci était composée, outre les trois États limitrophes de la RDC (le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi), de l’Angola, de la Zambie, du Zimbabwe, de l’Érythrée, de l’Éthiopie, des forces armées rebelles du SPLA (Sud-Soudan) de John Garang et des mercenaires somaliens et sud-africains.

    [ii] Commentaires de Rigobert Narcisse Kilu sur la toile Internet.

  • RWANDA :: CHAN 2016, Kigali : Cest leau qui manque le plus aux reporters

    RWANDA :: CHAN 2016, Kigali : Cest leau qui manque le plus aux reporters

    Penuried-eau a Kigali-Dans la capitale rwandaise, les robinets ne laissent couler le précieux liquide que de façon sporadique.

    A cause des problèmes d’eau, Raphael Happi et Guy Suffo, deux photographes camerounais venus couvrir la quatrième édition du CHAN ont déjà changé d’hôtel à trois reprises, depuis leur arrivée à Kigali, le 14 janvier 2016. Dans plusieurs hôtels et guest houses de la ville, les robinets ne laissent couler le précieux liquide que de façon sporadique (parfois quelques minutes par jour), pourrissant ainsi la vie aux reporters.

    Arrivé le dimanche 17 janvier dans la capitale rwandaise, Lindovi Ndjio, journaliste au quotidien La Nouvelle Expression et Lionel Emani Tchokonté, de la Radio Tiemeni Siantou (RTS) vivent le même calvaire dans une résidence qui les a accueillis au quartier « Démarrage », tout juste en face du Stade Amahoro de Kigali. « Pendant deux jours, je n’ai pas pu me laver à cause des problèmes d’eau. Il y a trop de coupure ici », confie Lindovi. Si Guy Roger Obama, logé au Centre catholique Christus ne souffre pas de ces coupures permanentes, il se plaint de la qualité du liquide issu du forage prévu par la structure chrétienne. « Parfois, la couleur est inquiétante. On ne peut avoir le courage de la boire, on ne peut que l’utiliser pour se laver », indique le journaliste de Magic FM, radio basée à Yaoundé.

    Les habitants de Kigali semblent déjà habitués à ces coupures récurrentes. C’est pour cette raison que la plupart des maisons ou hôtels prévoient toujours des fûts pour des réserves. Mais en général, les quantités gardées peinent à satisfaire tout le monde.
     (Camer-sport)

  • La CPI présente ses excuses pour une terrible erreur

    La CPI présente ses excuses pour une terrible erreur

    Gbagbo- ble-Des noms de témoins protégés ont, par inadvertance, été révélés par la Cour.

    Le juge Cuno Tarfusser, qui préside la chambre de la Cour pénale internationale (CPI) chargée de juger l’ex-président de Côte-d’Ivoire, Laurent Gbagbo, au pouvoir jusqu’au 11 avril 2011, et son ancien bras droit, Charles Blé Goudé – surnommé le “général de la rue” pour son influence sur les milices de jeunes gbagbistes – a présenté lundi ses excuses pour la terrible erreur faite par son tribunal vendredi dernier. Les deux hommes sont poursuivis pour crimes contre l’humanité.

    Huis clos avec micros

    Vendredi dernier, le juge Tarfusser avait ordonné le huis clos, à la demande du procureur Eric McDonald, pour évoquer le cas de témoins protégés.

    Il s’agit de personnes qui ont accepté de témoigner sur le système Gbagbo, qu’ils ont connu de l’intérieur, en échange d’une protection de la CPI, leur témoignage mettant leur vie en danger. Le bureau du procureur leur garantit notamment l’anonymat.

    Le procureur s’est inquiété du cas de quatre repentis – qui furent proches des accusés – dont certains blogueurs, indiquait Eric McDonald, cherchent à percer l’anonymat. Et le procureur, se croyant à l’abri du huis clos, de citer les identités de ces quatre témoins protégés. Las, les micros reliant la salle d’audience à la chaîne publique de la CPI n’étaient pas fermés! En quelques minutes, les noms des quatre repentis ont alors été diffusés sur les réseaux sociaux et sur YouTube.

    La CPI a promis “une enquête” pour déterminer les responsables de cette faute. En attendant, les réactions hostiles aux témoins protégés ne se sont pas fait attendre.

    Deux d’entre eux ayant réagi publiquement, nous pouvons citer leurs noms. Il s’agit de l’ancien chef d’état major de l’armée de Laurent Gbagbo, le général Philippe Mangou. Ce dernier a réagi auprès de médias en ligne ivoiriens.

    Si encourager Monsieur Laurent Gbagbo, le 11 mars 2011, à démissionner, au moment où lui-même demandait mon avis sur la question, pendant que l’armée était à court de munitions (…), que les Ivoiriens mouraient et qu’ils ne pouvaient ni manger ni se soigner, c’est trahir, alors j’ai trahi.”

    Famille menacée

    Un autre des témoins protégés, l’ex-bras droit de Blé Goudé, surnommé Sam l’Africain, s’est justifié auprès d’un autre média ivoirien, Inter.

    Il a expliqué qu’un mandataire de la CPI était venu le voir en prison parce qu’il était co-auteur de crimes durant la crise ivoirienne, afin de lui poser des questions sur son rôle durant la crise. “A ces questions, il faut qu’on réponde. Donc, c’est normal que je sois un témoin de la CPI”, avant d’assurer qu’il n’allait pas à la CPI pour témoigner contre Laurent Gbagbo. “Je suis un témoin de la crise ivoirienne, mais je ne suis pas un témoin contre quelqu’un ni pour quelqu’un. J’ai répondu pour les faits que j’ai vécu, alors pourquoi ces scandales?!”, s’est-il indigné. Et de demander qu’on cesse de menacer sa famille en Côte-d’Ivoire.

    Le juge Tarfusser s’était fait connaître lorsqu’il avait fait arrêter l’avocat de Jean-Pierre Bemba, Me Aimé Kilolo, un de ses collaborateurs, un témoin et un parlementaire congolais du parti de M. Bemba, en novembre 2013, pour “atteinte à l’administration de la justice”. Accusés de subornation de témoins, ils furent détenus jusqu’en janvier 2015 et leur procès a commencé en septembre dernier.

    Lalibre