Author: Don Kayembe

  • «ville morte» bien suivie à Kinshasa

    «ville morte» bien suivie à Kinshasa

    KIN 1-Les rues de Kinshasa sont quasiment désertes ce mardi. L’opposition et la société civile, hostiles au maintien au pouvoir de Joseph Kabila, ont appelé à une journée ville morte à travers tout le pays. Une journée symbolique où l’on commémore les chrétiens martyrs du 16 février 1992 qui avaient été massacrés par Mobutu alors qu’ils réclamaient plus de démocratie.

    On a rarement aussi bien circulé à Kinshasa. A sept heures ce mardi matin, le principal boulevard de la ville était désert, comme la plupart des routes d’accès au centre. Il y avait tout de même des bus Transco et Esprit de vie, les compagnies d’autobus du gouvernement. Et des fonctionnaires qui expliquent à RFI qu’on leur avait intimé l’ordre d’aller travailler. « On a eu du mal à avoir ce travail, on ne peut pas le perdre », témoigne l’un d’eux. Des directives, émanant de ministres eux-mêmes, avaient très clairement expliqué lundi que les absents seraient notés, voire même sanctionnés.

    Motos-taxis, vendeurs de rues, certains sont sortis très tôt le matin. « Nous, on vit au taux du jour. La majorité, l’opposition, ça ne nous dit rien », disent-ils. Une situation qui a provoqué même un débat, avenue du Commerce, du côté des travailleurs. Il y avait ceux qui pour qui cette situation était le résultat de l’appel de l’opposition et de la société civile. Une majorité. D’autres parlaient de la peur d’aller travailler ou d’ouvrir leur boutique. D’autres encore expliquaient que faute de transports, les gens n’avaient pas pu venir travailler.

    Du côté des autorités, on dément toute anormalité aujourd’hui. Tout juste admet-on la peur de voir l’opposition créer du désordre, mais, selon le gouvernement, au fur et à mesure que la journée avance, il pourra se rassurer. Et c’est vrai qu’au fil des heures, quelques boutiques ont commencé à ouvrir. La circulation a un peu repris, mais rien de comparable avec les autres jours.

    Un mot d’ordre inégalement suivi

    Ce mouvement est très inégalement suivi à travers le pays et la mobilisation est variable selon les quartiers. Si à Beni, le mot d’ordre est très peu suivi, à Goma, quelques quartiers, les plus contestataires, ont suivi le mouvement mais la circulation était quasi-normale dans le centre. Il y a même eu un peu d’afflux lors de l’arrivée des Léopards, l’équipe nationale venue célébrer la coupe du Chan. Les Léopards sont ensuite attendus à Bukavu. « C’est fait exprès pour perturber le mouvement » dénonce un activiste. Bukavu est justement la ville de l’Est du pays où le mouvement a été le plus suivi : boutiques fermées, quelques stations-services aussi, mais tout de même de la circulation en ville. A Lubumbashi, le mouvement est très inégalement suivi, et les sources sont très contradictoires.

    Quelques arrestations signalées

    A noter également des arrestations : six militants du mouvement citoyen la Lucha ont été arrêtés à Goma par la police. On n’en connait pas encore les raisons. Un opposant a été arrêté également à Uvira et son arrestation a été confirmée de sources sécuritaires. Et on parle d’arrestations d’autres activistes à Kinshasa, mais pas de confirmation officielle. « Il n’y a aucune raison d’arrêter qui que ce soit, il ne se passe rien », disait un responsable des services de sécurité.

    En revanche, la coupure du signal de RFI à Kinshasa et à Bukavu a été confirmée. Le gouvernement parle de mesures conservatoires prises notamment à Kinshasa par le gouvernement provincial.

    RFI

  • Et si Bemba revenait…

    Et si Bemba revenait…

    Jean Pierre Bemba- President de du MLC
    Jean Pierre Bemba- President de du MLC

    -Et si le chairman recouvrait sa liberté ? Kinshasa retient son souffle. Et tous les yeux se tournent vers La Haye, où, le 21 mars, l’on connaîtra le verdict de la CPI dans l’affaire Jean-Pierre Bemba.

    Détenu et poursuivi depuis 2008, l’ancien vice-président de la RD Congo, arrivé deuxième à la présidentielle de 2006, saura enfin s’il est innocenté des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis en Centrafrique entre 2002 et 2003 par les hommes du Mouvement de libération du Congo (MLC), alors groupe rebelle, dont il assurait le commandement.

    S’il est reconnu coupable, la vie reprendra son cours. Mais s’il est acquitté – « hypothèse la plus probable », selon la défense -, les cartes devraient être rebattues au sein de la classe politique. « Surtout du côté de l’opposition, où il y a déjà trop de prétendants au fauteuil présidentiel », tacle Henri Mova Sakanyi, secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), principale formation de la coalition au pouvoir.

    Futur chef de l’opposition ?

    Même si « un Bemba à nouveau libre, ce sont des suffrages en moins pour le camp Kabila dans l’ouest du pays », réputé favorable au leader du MLC, rétorque un proche de ce dernier. « Son acquittement l’érigerait en héros, et sa libération lui donnerait une nouvelle légitimité pour s’imposer comme le chef de l’opposition face au président Kabila. »

    Mais en l’absence de Bemba, de grandes figures de l’opposition se sont regroupées au sein du Front citoyen 2016, qui prône l’alternance démocratique. On y trouve entre autres Moïse Katumbi, qui en détient le leadership tacite, Vital Kamerhe, très populaire dans le Kivu (Est), et Félix Tshisekedi, le fils de l’opposant historique. Seraient-ils prêts à s’effacer devant Bemba ? Pas évident. « S’il est libéré, il y aura certes un élan de sympathie à son égard dans tout le pays, mais pour réexister politiquement il aura tout à gagner à se rallier à notre cause », estime un membre du Front. Tout dépendra, une fois de plus, des ego des uns et des autres…

    JA

  • Tshisekedi et Katumbi soutiennent la « journée ville morte » du 16 février

    Tshisekedi et Katumbi soutiennent la « journée ville morte » du 16 février

    etienne-moise-Après Moïse Katumbi, l’opposant historique congolais Étienne Tshisekedi, a déclaré lundi qu’il soutenait la “journée ville morte” en RD Congo fixée au 16 février par plusieurs plateformes de l’opposition pour exiger la tenue de la présidentielle dans les délais constitutionnels, soit d’ici fin 2016.

    Malgré la relance (timide) du processus électoral en RD Congo – avec notamment la reprogrammation au 26 mars de l’élection des gouverneurs dans les 21 nouvelles provinces -, l’opposition congolaise n’est pas rassurée. Elle craint toujours un « glissement » du calendrier électoral – entendre un report au-delà des délais constitutionnels. À quelque neuf mois de la présidentielle, initialement prévue le 27 novembre, rien ne garantit en effet le respect de cette échéance.

    Pour « mettre la pression sur les autorités », plusieurs plateformes d’opposition ont appelé les Congolais à observer le 16 février une « journée ville morte ». L’un des initiateurs de cette démarche, le député Martin Fayulu, très actif sur le terrain, a été interpellé et relâché dimanche à Kinshasa après avoir été tabassé. Une arrestation dénoncée notamment par le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme.

    Katumbi et Tshisekedi, même son de cloche

    Depuis l’Allemagne où il participait à la Munich Security Conference avec plusieurs leaders européens dont John Kerry, secrétaire d’État américain, et Manuel Valls, Premier ministre français, Moïse Katumbi, dernier gouverneur de l’ex-Katanga, dans le sud de la RD Congo, a lui aussi condamné dimanche « l’arrestation arbitraire » de Martin Fayulu, quelques heures après avoir appelé à son tour les Congolais à rester chez eux le 16 février.

    J.A

  • Fayulu maintient son appel à une journée ville-morte mardi

    Fayulu maintient son appel à une journée ville-morte mardi

    fayulu2-Martin Fayulu, leader de plusieurs plates-formes de l’opposition dont “Sauvons la RDC”, déclare dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux après sa libération que le mot d’ordre pour une journée ville-morte mardi 16 février 2016 à travers la RDC, était maintenue.

    Le député a été libéré et reconduit dimanche en fin d’après-midi à domicile, à Kinshasa, après quelques heures de détention dans les installations du renseignement militaire congolais.

    Il s’est plaint d’avoir fait l’objet de brutalité l’ayant laissé avec quelques égratignures en dépit de son immunité parlementaire.

    “Des militaires et agents de renseignement… cherchaient à étouffer la journée ville morte de mardi”, mais finalement “le gouvernement nous a fait une publicité”, affirme M. Fayulu.

    Le député explique que des militaires et agents de renseignement avaient fait irruption au siège parti de son parti, l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (Ecidé), sous-prétexte d’investiguer sur des troubles.

    Libéré, le députe de l’opposition se plaint que la Détection militaire des activités anti-patrie (Démiap) ait confisqué son véhicule, un téléphone portable (dont ils auraient copié tout le contenu), des documents, quatre chéquiers, près de 700 dollars qu’il avait sur lui au moment de son interpellation, et plus de mille tracts appelant à la grève générale mardi. Ces allégations n’avaient pas pu être confirmées lundi.

    Pour Fayulu, les services de sécurité font preuve de la politique de deux poids deux mesures car pour le même mardi 16 février, date de la commémoration des martyrs chrétiens tués en réclamant la démocratie sous Mobutu, le parti du président Joseph Kabila projette de tenir une marche et “personne ne les dérange”, dénonce M. Fayulu.

    Après sa libération, beaucoup d’autres leaders des partis de l’opposition lui ont exprimé leur solidarité et réitéré leur appel à la journée ville-morte.

    L’opposition soupçonne le président Kabila de vouloir rester au pouvoir au-delà de 2016 même si la Constitution le lui interdit, limitant le nombre de mandats présidentiels à deux.

    Une incertitude pèse sur la tenue des élections prévues cette année dont la présidentielle. Le président Kabila a convoqué un dialogue autour des élections. Mais une bonne partie de l’opposition refuse d’y prendre part.

    VOA

  • RDC: le scandale des détournements de paie de fonctionnaires s’étend

    RDC: le scandale des détournements de paie de fonctionnaires s’étend

    franc_congolais-De nouveaux détournements massifs de la paie de fonctionnaires ont été découverts en République démocratique du Congo. Cela fait plusieurs mois que des syndicalistes, sur demande du gouvernement, surveillent le déroulement de la paie des fonctionnaires de quatre ministères liés au secteur de la santé, de l’éducation et de la recherche. Ils avaient commencé par Kinshasa. La deuxième mission s’est déroulée dans les ex-provinces du Bandundu, Equateur, Kongo Central et les deux Kasais. Samedi, le ministre du Budget a révélé les premiers résultats devant des responsables des ministères concernés. Comme à Kinshasa, les montants sont faramineux.

    Sur trois mois, les montants détournés représentent tout de même 13,6 milliards de francs congolais. Soit près de 12,6 millions d’euros pour les cinq provinces ou ex-provinces. La palme revient pour le moment à l’Equateur avec 6,9 milliards de francs congolais détournés (environ 6,6 millions d’euros).

    Mais le contrôle n’a pas pu s’effectuer partout de la même manière. Il y a eu de l’obstruction de la part de certains responsables locaux, dénoncent les enquêteurs. Et leurs équipes sont parfois aussi, reconnaissent-ils, arrivées en retard sur les lieux, empêchant un contrôle optimal. C’est notamment le cas dans le nord Oubangi.

    Fonctionnaires fictifs ou décédés

    Si à Kinshasa, la majorité des détournements concernait les frais de fonctionnement, sur ces cinq provinces, la fraude se situe cette fois surtout au niveau du paiement des salaires de fonctionnaires : doublons, fonctionnaires fictifs ou décédés. Un cas édifiant a été relevé par le ministre du Budget au niveau de la division provinciale de la santé du Kongo Central : 547 agents avaient été ajoutés sur la liste des fonctionnaires à payer et 510 étaient fictifs.

    Le rôle des banques

    Cette deuxième mission de contrôle semble aussi révéler le rôle trouble des banques. Dans l’ex-Bandundu, au Kongo Central ou dans l’ancien Kasai Occidental, des établissements bancaires auraient soit retenu une partie des frais de fonctionnement de manière abusive, soit gardé pour leur compte les résidus des salaires et frais de fonctionnement non versés plutôt que de les rendre au trésor public.

    Poursuites judiciaires

    Si jusqu’ici pour ne pas gêner la suite de la mission de contrôle, disait-on, l’idée même de poursuites n’avait pas été envisagée, là, le gouvernement annonce des poursuites administratives et judiciaires contre les responsables. L’objectif principal étant d’épurer les listes des fonctionnaires pour permettre aux centaines de milliers qui ne sont toujours pas payés de recevoir enfin un salaire de l’Etat.

    Le rapporteur de la mission d’enquête, Jean-Baptiste Ndelu se dit satisfait.

    Nous avons atteint un objectif. Ainsi vraiment on mettra fin à ces réseaux et ça va jouer au bénéfice de la République.
    Jean-Baptiste Ndelu
    RFI
  • Zimbabwe: le retour à la terre des fermiers blancs

    Zimbabwe: le retour à la terre des fermiers blancs

    fermiers_-A la fin des années 1990, le Zimbabwe était le grenier à céréales du continent. Le pays comptait aussi parmi les premiers exportateurs de tabac au monde. Mais la confiscation des terres détenues par les agriculteurs blancs, lancée dans la violence il y a quinze ans, a mis le pays à genoux. Ces fermiers étaient 4 000 à la fin du siècle dernier, ils ne sont plus que 150 aujourd’hui. Leurs hectares ont été donnés le plus souvent à des soutiens du président Robert Mugabe. La plupart des bénéficiaires noirs ont laissé ces terres arables à l’abandon, soit par désintérêt, soit parce qu’ils n’avaient pas été choisis parmi les agriculteurs ayant le savoir-faire requis ou n’avaient pas les fonds et les moyens pour les exploiter. Aujourd’hui, avec la caution et même les encouragements du gouvernement de Mugabe, les Noirs sont de plus en plus nombreux à solliciter l’aide des Blanc qui acceptent volontiers de retourner à la terre. C’est le premier volet de notre série de reportages sur le Zimbabwe.

    De notre envoyé spécial à Beatrice, Nicolas Champeaux

    Les herbes sont hautes, les buissons touffus et les vieilles clôtures sont à terre. La nature a repris le dessus sur cette parcelle en périphérie de Beatrice, au Zimbabwe. Elle a été confisquée à un fermier blanc en 2003 et donnée à deux vétérans de la lutte pour la libération. « C’est la portion qui est exploitée par mes deux partenaires », explique au volant de son 4×4 Claude Dreyer, un agriculteur blanc âgé de 58 ans.

    Le partenariat commercial que Claude a noué ne porte que sur une partie des terres allouées à ses deux associés : « Pour rendre service, j’ai tout de même planté sur leur portion ce maïs qui arrive à peine aux genoux. Ce n’est pas irrigué, mais ça permet de nourrir un peu la communauté. » Ses deux partenaires noirs n’étaient pas parvenus à exploiter la terre parce qu’ils n’avaient pas les moyens de lever des fonds. Les invasions des fermes tenues par les agriculteurs commerciaux d’origine européenne ont été lancées au début des années 2000 dans la plus grande improvisation. Les deux associés ont donc cherché à s’associer avec un fermier blanc. D’après les termes du contrat de trois ans renouvelables, signé en avril 2015, Claude a l’usufruit d’une parcelle de 20 hectares. Selon le document, validé par le gouvernement, il peut les cultiver comme il l’entend, ses partenaires n’ont aucun droit de regard. En échange, il doit verser à ses deux associés une allocation mensuelle, indexée sur les profits. Claude s’est aussi engagé à aider ses partenaires, qui ont refusé de nous parler, à mieux exploiter les hectares qu’ils ont conservés.

    « Je m’engage dans une terre inconnue »

    En tout, Claude a investi un quart de million de dollars sur ses 20 hectares. « Vous allez voir, on arrive à mon projet, et là c’est autre chose, en plus vous avez de la chance, mes gens sont encore au travail », explique fièrement Claude, toujours au volant, à l’embouchure d’une piste cabossée.

    Alors que le soleil se couche, une quinzaine d’ouvriers agricoles, payés quatre dollars US la journée, vident des sacs de maïs à l’arrière d’un camion. Un contremaître remplit un tableau au stylo dans son cahier. Derrière le groupe se dressent, sur plusieurs hectares, des tiges de maïs aussi grandes qu’un basketteur du championnat américain NBA. « Ce champ fait partie de ma portion de la joint-venture (société commune NDLR). J’ai dû retaper tout le système d’irrigation sous-terrain », explique Claude avant de nous emmener sur une berge de la rivière Mupfure. Il nous montre, non sans fierté, les deux pompes qu’il a installées. L’une fonctionne à l’électricité, mais en raison des nombreuses coupures de courant, une autre tourne au diesel.

    Outre l’irrigation, Claude a aussi dépensé beaucoup d’argent pour débroussailler, acheter des équipements, des semences, et il emploie quarante saisonniers. Divorcé, remarié et père de quatre enfants, il a vendu sa maison pour financer cette aventure. « Je m’engage dans une terre inconnue, reconnaît Claude, le visage creusé de rides. J’ai vendu ma maison. Je n’aurais pas pu monter cette opération sans capital de départ. Les banques ne m’auraient jamais prêté d’argent, car la terre n’est pas à moi et parce que le contrat ne dure que trois ans renouvelables. J’espère dégager des profits d’ici deux ans. Mais je suis prêt à prendre ce risque, car je pense que c’est la marche à suivre pour le Zimbabwe. »

    Claude avait préalablement consulté le fermier blanc qui était propriétaire de ces terres et qui a été expulsé. « D’un point de vue éthique, je tenais à le voir, et il m’a donné son feu vert. Il m’a même aidé, il m’a indiqué où étaient enterrés certains canaux d’irrigation », se souvient notre hôte, cigarette au bec et sourire aux lèvres.

    Au retour de notre promenade, nous rencontrons Stoff Hawgood. Sa ferme jouxte les terres des deux associés de Claude. C’est lui qui l’avait introduit auprès d’eux. Stoff est heureux d’avoir joué le rôle d’entremetteur: « Je crois que les autorités commencent à comprendre qu’il y a au Zimbabwe des gens qui ont accès à la terre, mais qui sont sans ressource, et d’autre part des gens qui ont des ressources, mais qui n’ont pas accès à la terre. Le gouvernement essaie donc de faire en sorte que cette terre soit de nouveau rentable en autorisant les détenteurs de capitaux à accéder légalement à la terre pour relancer la production. »

    Un aveu d’échec du gouvernement Mugabe

    Le recours aux fermiers blancs, par le biais de ces joint-ventures, est un aveu d’échec de la part de la ZANU-PF au pouvoir, parti anti-impérialiste issu de la lutte pour l’indépendance. Le cas de Stoff Hawgood est, en soi, éclairant. Il emploie aujourd’hui quatre cents personnes, contre mille il y a une quinzaine d’années. En 2004, les autorités ont nationalisé les terres, et il a perdu le titre de propriété du demi-millier d’hectares acquis par ses parents en 1955, mais il n’a jamais été expulsé.

    En 2010, les autorités l’ont approché pour qu’il se mette en règle et postule pour pouvoir être l’occupant légal de la terre de ses parents. « Je fais pousser du soja, j’ai 200 hectares de maïs, 140 hectares de pommes de terres, ils donnent quarante tonnes de patates par hectare, et je produis dix mille litres de lait par jour. Les autorités ont dû voir que j’étais très productif et j’aide l’hôpital de campagne et les écoles, j’ai été sur cette ferme toute ma vie, j’ai beaucoup travaillé avec la communauté et je suis toujours resté à l’écart de la politique », explique Stoff avec conviction. Aujourd’hui, il continue d’investir avec parcimonie, mais il n’est pas prêt à prendre les mêmes risques que son ami Claude : « L’Etat a nationalisé les terres, nous ne pouvons plus convaincre nos banques de nous prêter de l’argent en leur disant que nous pouvons vendre en cas de coup dur. Et les agriculteurs ne veulent pas investir leurs deniers personnels ».

    Claude lui est prêt à ce sacrifice. « Je suis heureux de travailler avec ceux qui se sont vu octroyer des terres, c’est une expérience rafraîchissante. Selon moi, depuis le début, ces terres devaient revenir aux populations indigènes. On aurait pu éviter les violences auxquelles on a assisté. Entre l’indépendance en 1980 et les années 2000, les Blancs auraient dû prendre les devants, être plus coopératifs et proposer un accord avec le gouvernement. Les Blancs n’ont pas eu la bonne attitude », soupire Claude.

    Son ami Stoff n’est pas tout à fait d’accord : « Les Blancs ont commis l’erreur de se mêler de politique. Mais il est injuste de dire qu’ils n’ont rien fait pour corriger les inégalités héritées du passé. Je pense que tout le monde est fautif, on ne peut pas tout mettre sur le dos des Blancs, même s’ils auraient pu faire plus. De toute façon la réforme agraire est un processus. Les difficultés économiques du pays font qu’aujourd’hui tout le monde est prêt à se retrouver autour de la table et à identifier la marche à suivre. »

    Les autorités semblent sur la même longueur d’onde et assument pleinement ces partenariats entre les vétérans de la guerre de libération et les fermiers noirs. Ils résultent d’une décision du Conseil des ministres. Le gouvernement encourage même les fermiers blancs qui ont quitté le Zimbabwe à revenir au pays et à investir. C’est indéniablement un revirement.

    « Le Zimbabwe a besoin de l’expertise et des capitaux des fermiers blancs qui ont rejoint la diaspora et nous disons à tous ceux qui ont fui et qui sont attachés sentimentalement au Zimbabwe qu’ils peuvent revenir », a indiqué à RFI Christopher Mutsvangwa, ministre en charge des Vétérans. Joint au téléphone, il s’est aussi livré à une sorte de mea culpa : « La terre au Zimbabwe doit de nouveau être envisagée sous l’angle de la productivité. Cette terre par le passé a été prise en otage pour régler des comptes, mais au Zimbabwe, cette ère est révolue nous sommes passés à autre chose ». C’est un important revirement et peut-être le début d’un nouveau chapitre de l’histoire tumultueuse de la terre au Zimbabwe.

    RFI

  • Sport:Emmanuel Mudiay, de la guerre civile en RDC au All Star Game NBA

    Sport:Emmanuel Mudiay, de la guerre civile en RDC au All Star Game NBA

    Emmanuel-mudiay--A seulement 19 ans, Emmanuel Mudiay s’est imposé comme l’un des plus prometteurs meneurs de jeu de la NBA. Excellent ce 12 février 2016 lors du Rising Stars Challenge, l’épreuve opposant les meilleurs jeunes de la ligue nord-américaine de basket, le natif de Kinshasa a pourtant traversé un long périple, marqué par la guerre civile et un exil vers les Etats-Unis durant son enfance, avant de briller sur les parquets.

    Par notre correspondant au Canada, Romain Schué

    Avec un large sourire, Emmanuel Mudiay, légèrement gêné, s’excuse. A quelques heures du début du All Star Game NBA, installé au bord du terrain du Ricoh Coliseum de Toronto, lieu d’entraînement des jeunes pousses de la ligue nord-américaine de basket (NBA) sélectionnés pour le Rising Stars Challenge, le joueur de Denver se voit contraint de repousser un journaliste africain. Ce dernier souhaite en effet lui parler en français, une langue que ne maîtrise plus le natif de Kinshasa, arrivé aux Etats-Unis à l’âge de 5 ans. Le début d’une nouvelle vie.

    Installé dans la capitale de l’ex-Zaïre puis orphelin d’un père décédé peu de temps après sa naissance, le futur meneur de jeu a rapidement dû faire face à une nouvelle épreuve difficile : la guerre civile qui l’a contraint, avec ses deux grands frères et sa mère, à fuir la RDC pour le Texas.

    « Parfois, j’y repense, révèle le benjamin de la fratrie. Je sais ce qu’il s’est passé, mes frères, ma mère, ma famille m’en reparlent de temps en temps. Ce n’était pas de bons moments mais de mauvais souvenirs même pour nous tous. Mais aujourd’hui, heureusement, tout se passe bien. Mais je n’oublie rien ».

    La Chine avant la NBA

    Aux Etats-Unis, Emmanuel Mudiay n’a pas tardé à attirer l’œil des recruteurs. Dans la lignée de ses aînés, qui ont fréquenté différentes équipes de haut-niveau durant leurs études, le Congolais impressionne. Au point d’être rapidement sélectionné pour différents camps de détection réunissant les meilleurs athlètes au monde et de séduire les entraîneurs de la prestigieuse NBA.

    « Il a toujours été dans les cinq meilleurs joueurs du pays (chez les jeunes) », raconte Clint Capela, 21 ans. Le pivot suisse de Houston, d’origine congo-angolaise, a eu l’occasion de participer à deux camps, en 2011 et 2012, avec Mudiay avant de le retrouver en NBA et de partager le maillot de la sélection internationale lors de cette épreuve du Rising Stars Challenge. « A l’époque, il avait déjà une très bonne vision de jeu, un très bon tempo, ajoute Capela. C’est un meneur qui va vite et qui a déjà bien progressé, notamment au tir ».

    Mais alors que plusieurs universités prestigieuses lui font les yeux doux, Emmanuel Mudiay va faire un choix surprenant. Pour des « raisons personnelles » qu’il ne souhaite pas évoquer, le Congolais signe en 2014 son premier contrat professionnel en Chine, avec les Guangdong Southern Tigers. Douze matches et 18 points de moyenne plus tard, il prend pourtant la direction de la draft NBA, la session annuelle de recrutement des meilleurs jeunes joueurs.

    Plus fort que Jason Kidd ?

    Sélectionné au 7e rang par Denver en juin 2015 et titulaire depuis ses débuts en NBA  à l’automne dernier, Emmanuel Mudiay ne cesse d’étonner. Polyvalent et très complet (avec des moyennes de 11,4 points, 3,2 rebonds et 5,9 passes en 30 minutes), le leader des Nuggets dégage une maturité et une confiance rares, qu’il puise dans son passé.

    « J’ai seulement 19 ans, mais j’ai grandi sans mon père et j’ai vu ma mère tout donner pour nous élever, raconte-t-il. J’ai grandi plus rapidement. J’ai dû me prendre en mains. C’est pour ça que je me sens confiant. Aller en Chine m’a aidé. Ce fut une bonne décision et cela m’a rendu meilleur. Je travaille sans arrêt, je répète chaque jour les efforts pour progresser. Je fais tout pour être meilleur, c’est ce que l’on m’a enseigné ».

    « Il pourrait porter très haut le basket africain »

    Auteur de 17 points et 9 passes dès son premier match en novembre dernier, Mudiay n’a pas tardé à combler les observateurs. « Il sera meilleur que moi, prédisait fin 2015 dans le Denver Post Jason Kidd, l’ex-grand meneur de jeu de Dallas, de Phoenix et de New Jersey. Il est extrêmement doué et n’a pas peur de prendre des tirs importants. Le voir en action, c’est excitant. Peu de joueurs peuvent être le patron de leur équipe aussi jeunes ».

    « Il a une vraie intelligence de jeu, confirme l’ex-international français et ancien sélectionneur de la Côte d’Ivoire, Jacques Monclar. Son physique lui permet de s’opposer à des avions de chasse (sic) comme Russel Westbrook, John Wall ou Derrick Rose. Ils ont beaucoup de points communs. Il a le sens du jeu, le sens de la passe et il pourrait porter très haut le basket africain ».

    Il rêve de plusieurs titres NBA

    Evasif sur son intention de porter, un jour, le maillot de la RDC pour former un redoutable duo avec Bismack Biyombo, le massif pivot des Raptors de Toronto – « On verra, on va en discuter, mais je n’oublie pas mes origines. J’en suis fier », affirme-t-il – Emmanuel Mudiay se montre bien plus loquace pour évoquer son avenir en NBA.

    Même si Denver, une jeune équipe en pleine reconstruction, peine dans la Conférence Ouest pour accrocher une place en phase finale (playoffs), ce fan de Magic Johnson, le légendaire meneur des Lakers, rêve haut. Très haut : « L’équipe est dans un processus d’apprentissage, mais on progresse et tout se passe bien. Mon objectif, c’est de participer au grand All Star Game, d’être parmi les meilleurs. Quand tu arrives en NBA, c’est ton but. Mais mon rêve, ce n’est pas de gagner un titre NBA. C’est d’en gagner plusieurs ! »

  • Vidéo- Afrique: les chefs d’Etats qui ne s’accrochent pas au pouvoir

    Vidéo- Afrique: les chefs d’Etats qui ne s’accrochent pas au pouvoir

    ‘Afrique fait souvent parler d’elle pour ses chefs d’Etats qui refusent de quitter le pouvoir et modifient la Constitution pour conserver leur siège. Pourtant, de nombreux pays donnent l’exemple contraire avec des dirigeants qui cèdent le pouvoir au terme d’élections démocratiques et respectent la limitation des mandats. Découvrez les dans notre poster vidéo.

    RFI

  • RDC: retour sur l’arrestation et la libération du député Martin Fayulu

    RDC: retour sur l’arrestation et la libération du député Martin Fayulu

    Martin Fayulu-En République démocratique du Congo, l’un des principaux opposants, le député Martin Fayulu, a été arrêté en début d’après-midi au siège de son parti, Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé) à Kinshasa. Il a fini par être libéré dans la soirée et reconduit à son domicile.

    Je sors du bureau et je vois cinq militaires armés, ils viennent avec deux agents de la sécurité, ils disent ‘monsieur nous sommes venus ici parce qu’on nous a dit qu’il y a des troubles ici’, je dis mais vous avez vu des troubles ? Il n’y a pas de troubles (…) Ils ont commencé à me tabasser, ils m’ont blessé, regardez le sang… Ils m’ont insulté proprement

    C’est sous escorte militaire que le député d’opposition a été reconduit à son domicile, après avoir été détenu plusieurs heures, malgré son immunité parlementaire. Martin Fayulu était au siège de son parti pour préparer une campagne de sensibilisation sur la journée de protestation de mardi, quand il a été arrêté, dans des circonstances violentes qu’il a racontées à RFI.

    Conduit dans les locaux des renseignements militaires, Martin Fayulu a finalement été rejoint par son avocat. Sa libération, annoncée vers 20h30 par le porte-parole du gouvernement, n’a eu lieu qu’une heure plus tard.

    Selon Lambert Mendé, Martin Fayulu avait été arrêté pour incitation aux troubles à l’ordre public. « Une fois identifié en tant que député par un magistrat, il a été relâché » a expliqué le ministre de la Communication, qui précise qu’« un dossier a été ouvert, on verra les suites que l’Assemblée nationale donnera à l’affaire puisqu’il faut toujours que la justice ait l’autorisation de l’Assemblée pour poursuivre un député ».

    « Ils n’ont pas le droit »

    « Comment les militaires peuvent venir m’arrêter chez moi, au bureau, me tabasser ? Ils n’ont pas le droit de télécharger mes numéros privés, mes mails privés, mes SMS privés. Ils n’ont pas le droit, s’insurge Martin Fayulu. Je n’ai tué personne. Je n’ai pas enfreint la loi de la République. Nous avons fait une déclaration tous au niveau du Front citoyen, au niveau de la Dynamique, au niveau du G7, de la société civile. Nous appelons à la journée ville morte mardi 16. Mais c’est passé dans les radios, dans les télévisions. Alors ils me disent : vous avez des tracts. Ce ne sont pas des tracts, ce sont des documents pour appeler à la journée ville morte et ces documents sont signés. »

    Le président de l’UNC, Vital Kamerhe, qui s’était rendu sur les lieux de l’arrestation, l’a ensuite rejoint chez lui après sa libération pour lui faire part de sa solidarité. L’opposant réitère son appel à la mobilisation pour dire « non au troisième mandat ». Et nous ajoutons, précise-t-il : « Non à l’arbitraire. »

    Même au XXIe siècle, la Birmanie est en avance par rapport à nous. On ne doit pas comme ça aller prendre quelqu’un qui est dans son bureau pour essayer de nous faire peur à nous tous.

    Réactions

    L’envoyé spécial des Etats-Unis pour les Grands Lacs a exprimé sa préoccupation après cette arrestation. « Criminaliser l’opposition et toute voix dissidente ne peut que créer de l’instabilité », a déploré Tom Perriello sur Twitter.

    Le directeur du bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme s’est dit « très préoccupés par l’arrestation du leader national de l’opposition Martin Fayulu, (…) juste avant la convocation par l’opposition cette semaine. Pour nous, cela constitue un acte d’intimidation et confirme une restriction des libertés et l’espace politique ». « Sans un changement radical de la tendance répressive, il n’y aura pas l’espace politique nécessaire pour élections crédibles. Il faut respecter les libertés publiques consacrées par la constitution », a averti José Maria Aranaz

    Une inquiétude partagée par l’ONG Human Rights Watch. Pour Ida Sawyer, responsable de HRW pour la RDC, cette arrestation est un signe très inquiétant : « C’est le dernier cas de répression à l’encontre des opposants et des activistes de la société civile qui appellent au respect des délais constitutionnels dans le cadre de l’organisation des élections », explique-t-elle ajoutant que c’était un cas parmi plusieurs autres documentés par son organisation.

    Pour rappel, plusieurs plateformes de l’opposition et de la société civile accusent le gouvernement et la commission électorale de chercher à imposer le glissement du calendrier électoral pour permettre à Joseph Kabila qui termine son deuxième et dernier mandat constitutionnel de rester au pouvoir.

    RFI

  • La volonté d’organiser les élections dans les délais constitutionnels n’existe pas

    La volonté d’organiser les élections dans les délais constitutionnels n’existe pas

    Bureau d'election-En RDC, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a officiellement lancé, mercredi 10 février, son appel d’offres pour l’acquisition du matériel nécessaire à la révision du fichier électoral pour un montant d’environ 200 millions de dollars (autre annonce : l’élection des gouverneurs des nouvelles provinces qui aura lieu le 26 mars prochain). Le 10 février, c’était la ligne rouge du Front citoyen 2016 pour voir des avancées significatives dans l’organisation des élections. Ce regroupement de partis d’opposition et de la société civile estime que, malgré les annonces faites par la Commission électorale, la volonté d’organiser les élections dans les délais constitutionnels n’existe pas. Le Front citoyen appelle les Congolais à une journée ville morte le 16 février, et pourtant l’appel d’offres pour acquérir le matériel nécessaire au recensement est lancé. Une étape considérée comme cruciale par la Commission électorale.

    « On ne peut pas convoquer d’élections sans corps électoral », insiste-t-on du côté de la Commission électorale (Céni), d’où l’importance de cet appel d’offres.

    La Céni avait dénoncé en janvier, juste avant sa signature, un projet de contrat pour un marché par entente directe avec une société belge pour l’acquisition du matériel nécessaire à la révision du fichier électoral. Mais ce contrat, élaboré depuis plus de six mois, aurait été fait sans consulter l’assemblée plénière de la Céni. L’appel d’offres lancé hier, ouvert cette fois, a pour but d’identifier le meilleur opérateur pour répondre aux besoins de la Commission électorale. Selon le code de passation de marché, il faudra donc entre quatre et cinq mois pour désigner l’entreprise en question. Il est difficile de réduire ce délai, explique-t-on du côté de la Céni. La sélection finale interviendrait donc au mieux au mois de juin ou, au plus tard, début juillet.

    En revanche, précise la Céni, il serait possible avec plus de moyens, notamment en termes financiers et logistiques, de raccourcir la durée de l’opération de révision du fichier électoral. Or, selon la Constitution, le corps électoral doit être convoqué trois mois avant la fin du mandat du président. Pour respecter ce délai, il devrait l’être avant la fin du mois de septembre. Il faudrait donc qu’en trois ou quatre mois, le matériel soit livré et la révision terminée. Mission impossible ? On ne peut pas convoquer d’élection sans corps électoral, répète la Céni.

    Le Front citoyen 2016 appelle à une journée ville morte

    Malgré cette annonce d’appel d’offres, le Front citoyen 2016 estime que la volonté d’organiser les élections dans les délais constitutionnels n’existe pas. Dans une déclaration lue le 10 février par le doyen Charles Mwando Nsimba, président de l’Union nationale des démocrates fédéralistes (Unadef), le Front citoyen appelle à une journée ville morte, le 16 février prochain. « La démocratie est de nouveau menacée et le processus électoral est délibérément retardé par des velléités dictatoriales et des tentatives malveillantes de violer notre Constitution. Congolaises et Congolais, nous, Dynamique de l’opposition, G7, Front Anti-Dialogue, organisation de la société civile, lançons le présent appel pour que, tous, partout où nous nous trouvons, nous manifestions notre attachement à la Constitution de notre pays en observant une journée ville morte le 16 février 2016. Une journée pour honorer la mémoire de nos citoyens, victimes de la barbarie du 16 février 1992, rappeler à Joseph Kabila qu’il est le garant de notre Constitution et qu’il est de ce fait tenu de la respecter, dire non au glissement, dire non au troisième mandat, dire non à la présidence à vie, dire oui à l’organisation de l’élection présidentielle dans les délais constitutionnels ».

    RFI