Author: Don Kayembe

  • BrĂ©sil: gardĂ© Ă  vue, Lula rĂ©agit, Rousseff dĂ©nonce une interpellation «inutile»

    Brésil: gardé à vue, Lula réagit, Rousseff dénonce une interpellation «inutile»

    LULA-C’est un dossier tentaculaire et qui pourrait bien coĂ»ter leur carriĂšre Ă  un nombre considĂ©rable de politiciens brĂ©siliens. L’opĂ©ration « lavage rapide » lancĂ©e en 2014 par la police brĂ©silienne n’est qu’un volet du scandale qui frappe la compagnie nationale de pĂ©trole Petrobras. Mais il s’agit lĂ  du volet le plus complexe et qui touche certainement les personnes les plus connues de la scĂšne politique. Luis Inacio Lula da Silva, plus connu sous le nom de Lula, ancien chef d’Etat brĂ©silien, en fait partie. Il a Ă©tĂ© emmenĂ© ce vendredi matin pour ĂȘtre entendu par les enquĂȘteurs pendant que son domicile faisait l’objet d’une perquisition. Alors qu’est-ce que l’affaire Petrobras et cette enquĂȘte « lavage rapide » ?

    L’ancien prĂ©sident brĂ©silien Luiz Inacio Lula da Silva a affirmĂ© ne pas craindre la justice et clamĂ© son indignation vendredi aprĂšs avoir Ă©tĂ© interrogĂ© dans les locaux de la police fĂ©dĂ©rale situĂ©s Ă  l’aĂ©roport de Congonhas, Ă  SĂŁo Paulo. Une interpellation qui intervient dans le cadre de l’enquĂȘte sur le scandale de corruption Petrobras qui bouleverse la classe politique brĂ©silienne depuis plusieurs mois.

    « Je me suis senti prisonnier ce matin », a dĂ©clarĂ© Lula au siĂšge du Parti des travailleurs (PT) devant des dizaines de militants agitant les drapeaux rouges du parti et des banderoles de soutien Ă  Lula. « S’ils voulaient m’entendre, il fallait juste me convoquer et j’y allais. Je ne dois rien [Ă  personne] et je ne crains pas » la justice, a soulignĂ© l’ancien chef d’Etat, reprenant le proverbe brĂ©silien : « qui ne doit rien, ne craint rien ». L’ancienne icĂŽne de gauche qui a gouvernĂ© le BrĂ©sil de 2003 Ă  2010 a qualifiĂ© la perquisition Ă  son domicile, puis son transfert au siĂšge de la police, de « show mĂ©diatique plutĂŽt qu’une enquĂȘte sĂ©rieuse ».

    Les procureurs « ont rallumĂ© la flamme qui m’habite ! La lutte continue ! », a lancĂ© Lula comme un dĂ©fi, faisant part Ă  plusieurs reprises de son « indignation » face Ă  ceux qui « veulent criminaliser le Parti des travailleurs, criminaliser Lula » par crainte que le PT reste au pouvoir. « Je ne sais pas si je serai candidat en 2018 » Ă  la prĂ©sidence, a-t-il lancĂ©, promettant toutefois de parcourir le pays en dĂ©fense du parti qu’il a fondĂ© en 1980, vers la fin de la dictature.

    Soutiens politiques

    Le prĂ©sident vĂ©nĂ©zuĂ©lien, le socialiste Nicolas Maduro, lui a apportĂ© son soutien via Twitter: « De cette attaque misĂ©rable tu sortiras plus fort, le Venezuela t’embrasse ». L’actuelle prĂ©sidente, Dilma Rousseff, s’est indignĂ©e de l’interpellation « inutile » de son mentor, dans un communiquĂ©. « Je fais part de mon dĂ©saccord complet sur le fait qu’un ex-prĂ©sident de la RĂ©publique, qui a comparu volontairement Ă  plusieurs reprises pour ĂȘtre interrogĂ© par les autoritĂ©s compĂ©tentes, soit maintenant soumis Ă  une interpellation inutile en vue d’un interrogatoire », a dĂ©clarĂ© Mme Rousseff dans un communiquĂ©.

    Le « respect de la Constitution est la seule voie sĂ»re pour le bon exercice des fonctions publiques et le respect des droits individuels », a poursuivi la prĂ©sidente, ajoutant que son « gouvernement a assurĂ© l’autonomie des organismes responsables des enquĂȘtes sur la corruption, mais [a] toujours exigĂ© le respect de la loi et des droits de tous ceux qui font l’objet d’une enquĂȘte ». « Il est nĂ©cessaire que les enquĂȘtes se poursuivent pour punir ceux qui doivent ĂȘtre punis, mais dans un cadre rĂ©publicain et dĂ©mocratique », a insistĂ© la chef de l’Etat.

    « Faveurs »

    Selon le procureur Carlos Fernando dos Santos Lima de l’Etat du Parana (sud), en charge de l’enquĂȘte, l’ex-chef d’Etat a bĂ©nĂ©ficiĂ© de « beaucoup de faveurs » de la part de grandes entreprises du bĂątiment accusĂ©es de corruption dans le scandale Petrobras. « Les faveurs sont nombreuses et difficiles Ă  quantifier », mais « personne n’est au-dessus de la loi dans ce pays », a martelĂ© devant la presse le procureur, qui n’envisage pas de demander l’incarcĂ©ration de l’ancien chef d’Etat Ă  l’heure actuelle.

    Aujourd’hui, on analyse les preuves qui montrent que l’ex-prĂ©sident Lula da Silva et sa famille ont reçu des avantages pour, Ă©ventuellement, attribuer des faveurs en retour. Tout ça c’est encore une hypothĂšse dans notre enquĂȘte, il y a des preuves de paiements et d’avantages – sans qu’on puisse expliquer pourquoi. 60% des donations de l’Institut Lula ont Ă©tĂ© payĂ©s par les cinq groupes de BTP auxquels la justice s’intĂ©resse dans opĂ©ration nommĂ©e Lava Jato, sur le scandale Ă  Petrobras ; 47% des confĂ©rences de Lula ont aussi Ă©tĂ© rĂ©munĂ©rĂ©es par ces cinq groupes. Nous avons vu que les groupes OAS et Odebrecht ont obtenu des faveurs pour un site rural, dont on recherche le propriĂ©taire mais on pense qu’il s’agit de Monsieur Luiz Igncio (Lula). Il est aussi certain que ces groupes ont rĂ©alisĂ© des travaux dans son appartement triplex Ă  GuarujĂĄ (Ă  la cĂŽte de SĂŁo Paulo). Nous enquĂȘtons aussi sur la possibilitĂ© que d’autres membres de la famille Lula aient reçu de l’argent. C’est le moment d’ĂȘtre rĂ©publicains. Personne au BrĂ©sil n’est au-dessus des lois.
     Lula a subi « une violence juridique », a dĂ©noncĂ© son avocat, Cristiano Zanin Martins. « Rien ne justifie cette urgence. C’est un affront Ă  la Constitution », a-t-il soulignĂ©. L’ex-prĂ©sident a Ă©tĂ© interrogĂ© sur un appartement triplex, une maison de campagne et des confĂ©rences « qui sont des sujets connus pour lesquels il a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© interrogĂ© et a dĂ©jĂ  rĂ©pondu », a poursuivi l’avocat, soulignant que Lula « avait le droit de se taire mais a quand mĂȘme rĂ©pondu ».

    Un scandale sans fin

    Avec des acteurs du monde Ă©conomique et des membres de formation politique faisant partie de la coalition au pouvoir, le scandale Petrobras a tous les ingrĂ©dients pour faire vaciller un gouvernement. Et c’est bien ce qui pourrait arriver Ă  Dilma Rousseff, qui fait l’objet d’accusations d’une partie de la classe politique.

    L’opĂ©ration « Lava Jato » – « lavage rapide » – lancĂ©e il y a de deux ans enquĂȘte sur un vaste systĂšme de corruption montĂ© au sein de la compagnie pĂ©troliĂšre. Une affaire de pot-de-vin, de favoritisme qui aurait coĂ»tĂ© Ă  Petrobras selon les enquĂȘteurs au moins deux milliards de dollars.

    Petrobras et les géants du bùtiment et des travaux publics au Brésil auraient formé un cartel leur permettant de se partager un marché trÚs lucratif tout en procédant à des surfacturations. En contrepartie de ces faveurs, la coalition gouvernementale de centre-gauche aurait touché des pots-de-vin qui auraient à leur tour servi soit à financer des campagnes électorales soit à enrichir des politiciens.

    Des PDG, des hommes politiques, des intermĂ©diaires et de nombreux hauts responsables du secteur privĂ© et public sont dĂ©jĂ  en prison dans le cadre de cette affaire. Et dĂ©sormais c’est l’ancien prĂ©sident Lula qui est visĂ©. Lula, mais Ă©galement sa femme et son fils dont les noms revenaient rĂ©guliĂšrement dans la presse ces derniers mois.

    RFI

  • l’opposition lance une campagne de dĂ©sobĂ©issance civile

    l’opposition lance une campagne de dĂ©sobĂ©issance civile

    -La Coalition des Congolais pour la transition (CCT), plate-forme d’opposition, a lancĂ© une campagne de dĂ©sobĂ©issance civile pour contraindre le gouvernement Ă  respecter la Constitution qui limite Ă  deux le nombre des mandats prĂ©sidentiels et exige la tenue de l’élection prĂ©sidentielle avant novembre 2016.

    Le début de la campagne est fixé au 3 mars 2016, a déclaré Emery Damien Kalwira, président de la plate-forme, interviewé par VOA Afrique.

    “Les Congolais mobilisĂ©s aux cĂŽtĂ©s d’autres forces vives de la RĂ©publique, aux cĂŽtĂ©s de la CCT, vont s’illustrer par des actes de dĂ©sobĂ©issance en Ă©mettant toute sorte de bruits, (en faisant) toute sorte de dĂ©sordres
 en sifflant ainsi la fin du rĂ©gime de M. Kabila, la fin de la cruautĂ©, des arrestations, de la rĂ©pression et en sonnant enfin le dĂ©marrage d’une vraie dĂ©mocratie”, a dĂ©clarĂ© M. Kalwira.

    La CCT assure ĂȘtre avec d’autres forces politiques dans cette campagne. Elle soutient, selon son prĂ©sident, que la campagne qui durera un mois, constitue une pĂ©riode durant laquelle les Congolais sont appelĂ©s Ă  manifester plus de  à l’endroit des forces de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© “pour leur montrer qu’elles sont aussi victimes du pouvoir de Kabila”, a prĂ©cisĂ© M. Kalwira.

    “Nous sommes convaincus que les Congolais vont encore prouver Ă  M. Kabila que c’est eux le patron, c’est le peuple congolais qui est le propriĂ©taire du pouvoir, pas les politiques”, a-t-il affirmĂ©.

    Le climat politique est tendu en RDC oĂč l’élection prĂ©sidentielle devant se tenir avant la fin novembre est incertaine.

    L’opposition accuse le prĂ©sident Joseph Kabila de manƓuvres pour rester au pouvoir malgrĂ© la Constitution qui limite Ă  deux le nombre des mandats prĂ©sidentiels.

    VOA

  • Le rĂ©publicain Ben Carson se met en retrait de la course Ă  la Maison Blanche

    Le républicain Ben Carson se met en retrait de la course à la Maison Blanche

    ben carson6-Le neurochirurgien Ă  la retraite a annoncĂ© mercredi qu’il ne voyait pas d’avenir Ă  sa candidature aux primaires rĂ©publicaines pour la Maison Blanche.

    Ben Carson a aussi annoncĂ© qu’il ne participerait pas au prochain dĂ©bat tĂ©lĂ©visĂ©.

    “J’ai dĂ©cidĂ© de ne pas participer au dĂ©bat prĂ©sidentiel rĂ©publicain sur Fox News demain soir”, a dĂ©clarĂ© Ben Carson dans un communiquĂ©. “Je ne vois pas de chemin politique pour continuer, aprĂšs les rĂ©sultats des primaires d’hier soir”, a-t-il ajoutĂ©, dĂ©clarant implicitement qu’il jetait l’Ă©ponge aprĂšs dix mois de campagne.

    Avec AFP

  • L’Afrique: porte d’entrĂ©e et de transit du trafic de drogue

    L’Afrique: porte d’entrĂ©e et de transit du trafic de drogue

    liberia-drogue-france_0-L’organe international de contrĂŽle des stupĂ©fiants prĂ©sente son rapport pour l’annĂ©e 2015. Une donnĂ©e connue de longue date se confirme : l’Afrique est bel et bien une porte d’entrĂ©e, une zone de transit pour tous types de drogues qui sont ensuite acheminĂ©es vers les Etats-Unis, l’Europe et l’Asie. Fait nouveau, le continent devient aussi une zone de fabrication de drogues de synthĂšses.

    Avec notre correspondant Ă  Dakar, Guillaume Thibault

    CocaĂŻne Ă  l’Ouest, hĂ©roĂŻne Ă  l’Est, drogues de synthĂšse et marijuana partout. Le continent africain est toujours une porte d’entrĂ©e pour tous types de drogues. « Le trafic de cocaĂŻne demeure une prĂ©occupation majeure », pointe le rapport. La GuinĂ©e-Bissau, la Gambie ou encore le nord du Mali sont des zones d’arrivĂ©es et de transit connues, mais, signe que ce dossier est ultrasensible, aucun de ces pays n’est citĂ© dans le rapport. Seul le Cap-Vert est prĂ©sentĂ© comme une plaque tournante du trafic de cocaĂŻne, une demi-tonne a Ă©tĂ© saisie.

    Dans ce rapport, aucun lien n’est Ă©tabli entre les cartels d’AmĂ©rique latine et les groupes jihadistes prĂ©sents en Afrique de l’ouest. De plus, il ne donne aucun dĂ©tail sur l’argent gĂ©nĂ©rĂ© par ce trafic.

    Changement de méthode

    Les trafiquants d’AmĂ©rique latine ont changĂ© de mĂ©thode. Moins de grosses cargaisons, c’est via des colis plus petits que la cocaĂŻne est acheminĂ©e en Afrique, notamment de l’Ouest. La multiplication des vols commerciaux depuis le BrĂ©sil explique en partie cette augmentation : 120 kilos saisis Ă  Lagos en 2014, 286 kilos Ă  LomĂ©.

    Autre Ă©lĂ©ment, la confirmation que l’Afrique, notamment de l’Est est une zone de transit de l’hĂ©roĂŻne. Les saisies ont fortement augmentĂ© en Tanzanie, au Kenya, en Egypte. Dans ce dernier pays, 260 kilos ont Ă©tĂ© saisis en 2013 et plus de 600 kilos en 2014.

    Dernier point qui inquiĂšte, l’Afrique de l’Ouest, notamment au Nigeria, en CĂŽte d’Ivoire et GuinĂ©e, est devenue une zone de fabrication de drogues de synthĂšse. Dix laboratoires ont Ă©tĂ© dĂ©mantelĂ©s l’an dernier. Plus de 100 kilos de mĂ©thamphĂ©tamine en provenance du Mali ont Ă©tĂ© saisis au SĂ©nĂ©gal.

    Pour fabriquer ces drogues, il faut des produits chimiques, par exemple de l’éphĂ©drine. Des produits lĂ©gaux et qui sont importĂ©s en toute lĂ©galitĂ© sur le continent africain. Pour le moment, les contrĂŽles pour savoir quelle est la destination finale de ses produits sont insuffisants.

    Enfin, le continent africain reste une terre trĂšs fertile pour la production de marijuana. L’herbe pousse en effet partout et trĂšs bien. MalgrĂ© les efforts des autoritĂ©s, le Maroc est considĂ©rĂ© comme l’un des premiers producteurs de cannabis au monde. Et une production importante rime avec consommation. Au Maroc, l’usage de cannabis concerne 12,4 % des personnes ĂągĂ©s de 15 Ă  64 ans, un chiffre beaucoup plus Ă©levĂ© que le niveau mondial qui est de 3,9%.

    L’organe note qu’il y a une apparition de centres illicites de production et de transformation de drogues.
    Erik Van Der Veen
    RFI
  • Inondations en RDC: le gouvernement et les Nations unies se disent mobilisĂ©s

    Inondations en RDC: le gouvernement et les Nations unies se disent mobilisés

    Kin-inondation-Le bilan est lourd en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, aprĂšs cinq mois d’inondations. Plus de 500 000 personnes impactĂ©es, des dizaines de milliers de maisons endommagĂ©es ou dĂ©truites. 11 des 26 provinces du pays ont Ă©tĂ© touchĂ©es depuis octobre et les prĂ©visions mĂ©tĂ©orologiques ne sont pas bonnes, selon les Nations unies. En cause, le phĂ©nomĂšne El Niño. Du cĂŽtĂ© du gouvernement comme des Nations unies, on dit tout faire pour limiter les dĂ©gĂąts pour la population.

    Le gouvernement dit avoir mis en place une plateforme nationale de rĂ©duction des risques de catastrophe naturelle, une structure interministĂ©rielle chapeautĂ©e par le vice-Premier ministre en charge de l’IntĂ©rieur.

    Des Ă©quipes sont en train de sillonner les provinces touchĂ©es pour identifier les sites Ă  risque, explique le porte-parole du gouvernement Lambert MendĂ©, notamment le long du fleuve Congo et de ses affluents. L’objectif est d’identifier puis de dĂ©placer les populations qui pourraient ĂȘtre touchĂ©es Ă  l’avenir.

    Mais avant cela, il faut d’abord faire face Ă  l’urgence. Des dizaines de morts, 550 000 personnes touchĂ©es, 65 000 abris endommagĂ©s ou dĂ©truits, 5 000 hectares de culture ensevelis par les flots. La province la plus touchĂ©e, selon le bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies, c’est la nouvelle province Tshopo, dont la capitale est Kisangani : 400 000 sinistrĂ©s.

    Crainte des épidémies

    MĂȘme si du cĂŽtĂ© des Nations unies comme du gouvernement, on dit faire face, il y a encore des besoins en nourriture, en eau et en sanitaires, avec pour objectif d’Ă©viter l’Ă©pidĂ©mie de cholĂ©ra. « C’est ce qu’on redoute », dit l’Ocha, le bureau de l’ONU pour les affaires humanitaires.

    Mais au-delĂ  de l’urgence, des infrastructures ont Ă©galement Ă©tĂ© touchĂ©es. Les maisons, mais aussi des Ă©coles et des routes qu’il faudra consolider ou mĂȘme reconstruire. Les Nations unies disent qu’ils Ă©laborent un plan d’action avec des besoins chiffrĂ©s, mais la difficultĂ©, c’est que les agences, ONG ou mĂȘme les bailleurs sont dĂ©jĂ  trĂšs sollicitĂ©s pour rĂ©pondre aux autres situations d’urgence, notamment dans l’est du pays.

    Il y a une mobilisation sur le terrain pour rĂ©pondre Ă  tout cela, mais le nerf de la guerre, c’est l’argent. On est en train de frapper Ă  toutes les portes pour rĂ©unir les fonds nĂ©cessaires pour apporter des rĂ©ponses Ă  toutes ces situations.
    Sylvestre Ntumba Mudingayi, porte-parole du bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies
    RFI
  • Election des gouverneurs en RDC : sur 135 dossiers, seuls 76 jugĂ©s recevables

    Election des gouverneurs en RDC : sur 135 dossiers, seuls 76 jugés recevables

    CENI-En RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC), la Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante congolaise (CĂ©ni) a fait le tri et publiĂ© la liste des candidats pour l’élection des gouverneurs dans les 21 nouvelles provinces. Le scrutin aura lieu le 26 mars. Au dĂ©part, il y avait 135 candidatures, mais aprĂšs de nombreux dĂ©sistements et des rejets, au final 76 dossiers seulement sont jugĂ©s recevables sur fond de rĂšglements de compte au sein de la majoritĂ©, notamment aprĂšs le dĂ©part du G7 (sept partis qui avaient rejoint l’opposition).

    Suite au dépÎt de certaines candidatures, la majorité présidentielle avait vivement protesté auprÚs de la Commission électorale.

    « Il ne s’agit pas de manger ses propres fils, il s’agit de discipline de partis politiques », a encore prĂ©cisĂ©, ce lundi 29 fĂ©vrier, au matin, le porte-parole du gouvernement. Lambert MendĂ© – qui est aussi membre du bureau politique de la majoritĂ© – estime que ce n’est pas parce que leurs candidatures avaient Ă©tĂ© rejetĂ©es en interne que ces candidats avaient le droit de se prĂ©senter comme indĂ©pendants.

    La Commission Ă©lectorale lui donne raison et parle de candidatures illĂ©gales, affirmant que ces candidats auraient dĂ» signifier Ă  leurs partis d’origine leur dĂ©mission. Des candidats qui ont toutefois, rappelle la CĂ©ni, la possibilitĂ© de faire appel dans les 48 heures.

    Pour le G7 et l’ex-gouverneur de la province du Katanga, MoĂŻse Katumbi, certaines de ces candidatures auraient Ă©tĂ© rejetĂ©es par la Commission Ă©lectorale parce que ces personnalitĂ©s auraient Ă©tĂ© des proches.

    « C’est un signe que nous dĂ©rangeons », dit Christophe Lutundula, ancien vice-prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale et membre du G7. Ce dernier estime qu’en prenant cette dĂ©cision, la CĂ©ni a dĂ©montrĂ© qu’elle n’Ă©tait plus capable de mener sa mission en toute indĂ©pendance. « La CĂ©ni dĂ©montre qu’elle n’offre aucune garantie d’indĂ©pendance et d’impartialitĂ© aux compĂ©titeurs Ă©lectoraux. »

    Vingt-et-une candidatures rejetĂ©es, mais aussi trente-huit dĂ©sistements. Certains candidats se disaient victimes de pressions ou d’intimidations de la majoritĂ©. La CĂ©ni dit n’avoir reçu aucune information de la sorte.

    Le G7 prĂ©cise, par ailleurs, n’avoir dĂ©posĂ© aucune candidature au nom de la plateforme de ces sept partis d’opposition.

    rfi

  • Le gouverneur de la BCC, Deogratias Mutombo a 31 millions de dollars Ă  justifier

    Le gouverneur de la BCC, Deogratias Mutombo a 31 millions de dollars Ă  justifier

    DĂ©ogra-Mut-Dollars-«La Banque centrale a mis cette bagatelle somme Ă  la disposition de cette entreprise pour l’entretien, mĂȘme pas l’achat ou la rĂ©paration, de ses appareils de climatisation», se scandalise un quotidien kinois

    Les affaires de gouvernance Ă  la Banque Centrale du Congo -BCC- sont assez rares pour ĂȘtre soulignĂ©es. Le confrĂšre L’Observateur, rĂ©putĂ© pour sa ligne orthodoxe, a fait l’évĂ©nement mercredi 27 janvier en publiant un article sur une prĂ©sumĂ©e mal gouvernance Ă  la BCC. Il y est fait part d’un contrat d’entretien des splits passĂ© entre la Banque et la sociĂ©tĂ© SOFELEC. CoĂ»t de l’opĂ©ration: USD 31 millions. Et L’Observateur de faire une comparaison avec les sommes consacrĂ©es Ă  l’érection du siĂšge du gouvernement de la RĂ©publique, affirmant que ce montant est exactement celui qui a permis la construction de l’impressionnant Ă©difice situĂ© sur le boulevard du 30 juin, qui abrite aujourd’hui la plupart des ministĂšres de la RD-Congo. On peut aller loin dans les comparaisons: 31 millions de dollars reprĂ©sentent un avion Airbus A 320 au prix de Justin Kalumba ou 5 fois la somme recherchĂ©e pour la relance de la MIBA ou encore 30 mois d’évacuation des immondices Ă  Kinshasa. Le scandale est dĂ©sormais dans la presse.

    A en croire le quotidien de l’avenue Colonel Ebeya, commune de la Gombe, «la Banque centrale a mis cette bagatelle somme Ă  la disposition de cette entreprise pour l’entretien, mĂȘme pas l’achat ou la rĂ©paration, de ses appareils de climatisation». Constat d’un scandale qui met dans de sales draps le numĂ©ro 1 de la BCC, le gouverneur Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, contraint de se justifier. AfricaNews a tentĂ© d’avoir la version de la BCC mais le texto et l’appel adressĂ©s jeudi 28 janvier au chargĂ© de communication du gouverneur sont restĂ©s sans suite. Lors des derniĂšres rĂ©unions du gouvernement, il avait Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© la rĂ©duction du train de vie des institutions mais seule la Banque Centrale y a Ă©chappĂ©. Les autoritĂ©s ont constatĂ© qu’à la BCC, les dĂ©penses avaient plutĂŽt augmentĂ©. Ci-aprĂšs, l’article de L’Observateur.

    AfricaNews          

  • Grandeur et dĂ©clin de Kwame Nkrumah, pĂšre du panafricanisme

    Grandeur et déclin de Kwame Nkrumah, pÚre du panafricanisme

    Kwame Nkrumah 02_0-Il y a cinquante ans, le GhanĂ©en Kwame Nkrumah se faisait Ă©vincer de la prĂ©sidence de son pays par des militaires. Artisan de l’indĂ©pendance du Ghana, le leader dĂ©chu Ă©tait accusĂ© d’avoir ruinĂ© son pays. TombĂ© dans l’excĂšs de la mĂ©galomanie et le culte de la personnalitĂ©, l’homme n’en reste pas moins l’un des plus grands penseurs de l’unitĂ© africaine. Et si la radicalitĂ© de sa pensĂ©e panafricaniste, en avance sur son temps, Ă©tait la vĂ©ritable cause de sa chute ?

    Le 24 fĂ©vrier 1966, Kwame Nkrumah, premier prĂ©sident de la RĂ©publique du Ghana, est renversĂ© lors d’un coup d’Etat. L’armĂ©e ghanĂ©enne a profitĂ© de l’absence de ce dernier, en visite officielle en Chine, pour s’emparer du pouvoir. Le Ghana devient ainsi le septiĂšme pays en Afrique noire Ă  connaĂźtre le syndrome des coups d’Etat militaires depuis le dĂ©but des indĂ©pendances.

    Le mĂ©contentement contre le rĂ©gime grondait depuis plusieurs annĂ©es, comme en tĂ©moigne la multiplication des grĂšves et des manifestations Ă  travers le pays pour protester contre la pratique de plus en plus mĂ©galomaniaque et solitaire du pouvoir par le chef de l’Etat. A l’annonce du coup d’Etat, la population descend dans la rue pour faire la fĂȘte, allant jusqu’à traĂźner Ă  terre la statue du prĂ©sident qui s’élevait devant le Parlement.

    Pour expliquer ce coup de force, les putschistes Ă©voquent, pour leur part, la grave crise Ă©conomique ghanĂ©enne, une dette extĂ©rieure insupportable, l’épuisement des rĂ©serves nationales, les pĂ©nuries, le chĂŽmage, la dĂ©valuation de la monnaie ainsi que la dĂ©rive totalitaire du Convention People’s party (CPP) du prĂ©sident dĂ©chu. Certains voient dans ce putsch la main de puissances occidentales pour lesquelles le rapprochement du leader ghanĂ©en avec l’Union soviĂ©tique et la Chine, doublĂ© de son engagement pour l’unitĂ© panafricaine et le nationalisme Ă©conomique, le plaçait, de facto, dans le camp communiste. D’ailleurs, des documents du DĂ©partement d’Etat amĂ©ricain, dĂ©classifiĂ©s depuis, ont montrĂ© que le putsch avait Ă©tĂ© menĂ© par, comme l’a Ă©crit le sociologue et militant tiers-mondiste Jean Ziegler, « deux officiers subalternes, intimement liĂ©s Ă  l’Intelligence Service britannique ».

    Toujours est-il que, dĂ©clarĂ© persona non grata au Ghana par le Conseil de libĂ©ration qui s’établit Ă  la tĂȘte du gouvernement Ă  Accra, Nkrumah ne remettra plus les pieds de son vivant dans son propre pays. Il trouve asile en GuinĂ©e oĂč il restera jusqu’à la fin de ses jours, avant de mourir d’un cancer Ă  Bucarest en 1972.

    Retour sur un mythe

    La population ghanĂ©enne avait pourtant ovationnĂ© Kwame Nkrumah lorsque, en 1957, celui-ci avait arrachĂ© l’indĂ©pendance du pays aux colonisateurs britanniques, hissant le Ghana Ă  la souverainetĂ© internationale. Il Ă©tait extrĂȘmement populaire, jusqu’au moment oĂč son mythe a commencĂ© Ă  s’effriter sous la pression de la rĂ©alitĂ© du pouvoir, transformant l’homme providentiel en un « dictateur » honni, alors mĂȘme que sa pensĂ©e visionnaire sur l’intĂ©gration africaine commençait Ă  s’enraciner dans les esprits Ă  travers le continent, faisant de l’auteur de L’Afrique doit s’unir le symbole vivant du panafricanisme. C’est l’intellectuel kĂ©nyan Ali Mazrui qui rĂ©sume en une formule Ă©loquente le paradoxe de Nkrumah : « Il est devenu simultanĂ©ment un hĂ©ros africain et un dictateur ghanĂ©en ».

    Rien ne prĂ©disposait toutefois cet homme Ă©clairĂ©, soucieux de faire de la politique un moyen de libĂ©rer son peuple et unir l’ensemble du continent africain, Ă  finir sa carriĂšre nationale dans la tyrannie et la dĂ©chĂ©ance. NĂ© en 1909 dans une famille modeste dans un village du sud-ouest du Ghana qu’on appelait Ă  l’époque la CĂŽte d’Or, le jeune Kwame Nkrumah s’est Ă©levĂ© par la force de son intelligence et ses aspirations.

    Son premier cycle d’études terminĂ©, Nkrumah part en 1935 pour les Etats-Unis oĂč il fait des Ă©tudes d’Ă©conomie et de sociologie Ă  l’universitĂ© noire Lincoln, en Pennsylvanie. Il y dĂ©couvre, d’une part, les thĂšses socialistes (Marx, LĂ©nine) et, d’autre part, les auteurs noirs amĂ©ricains, tels que Marcus Garvey et W.E.B. Du Bois, dont la pensĂ©e pan-nĂ©griste et panafricaniste alimentent sa propre prise de conscience de nationaliste africain. DiplĂŽmĂ© en 1939, il publie son premier ouvrage Towards colonial freedom : c’est une analyse des ressorts du colonialisme occidental et en mĂȘme temps sa dĂ©nonciation en tant qu’outil d’oppression et d’exploitation.

    ParallĂšlement, le jeune Kwame se lance dans le militantisme et rejoint l’association des Ă©tudiants africains des Etats-Unis et du Canada, dont il devient le prĂ©sident. C’est le militantisme estudiantin qui le conduit ensuite en Angleterre oĂč il s’impose trĂšs vite comme un des hommes-clĂ©s du mouvement panafricain. A ce titre, il organise le 5e congrĂšs panafricain qui se tient Ă  Manchester en 1945.

    Son sĂ©jour en Angleterre est aussi l’occasion pour le jeune nationaliste panafricaniste de nouer des contacts avec la diaspora africaine, dont le Zambien Kenneth Kaunda, le Kenyan Jomo Kenyatta, le ZimbabwĂ©en Joshua Nkomo ainsi que le Tanzanien Julius Nyerere qui sont encore Ă©tudiants, mais qui vont bientĂŽt jouer des rĂŽles de premier plan dans le mouvement anti-colonial dans leurs pays respectifs, avant de prendre – pour certains – les rĂȘnes du pouvoir, une fois l’indĂ©pendance acquise. Nkrumah lui-mĂȘme ne tardera pas Ă  rentrer dans son pays, oĂč sa rĂ©putation de militant indĂ©pendantiste le prĂ©cĂ©dĂ©, faisant de son nom un synonyme de radicalisme aux yeux de l’administration coloniale de la Gold Coast.

    Kwame Nkrumah en 1960, aprÚs son élection à la présidence du Ghana. © Getty Images

    DĂšs son retour au pays natal en 1947, Nkrumah devient ainsi la bĂȘte noire des colonisateurs britanniques qui ne tarderont pas Ă  le jeter en prison pour agitation politique, faisant de ce militant quadragĂ©naire le hĂ©ros de la population ghanĂ©enne qui aspire Ă  la libertĂ© et Ă  l’indĂ©pendance. C’est ainsi que naĂźt le mythe de Nkrumah, symbole vivant du nationalisme africain Ă©clairĂ© qui choisit le chemin de la nĂ©gociation plutĂŽt que celui de la confrontation pour libĂ©rer son pays. Militant devenu leader du mouvement indĂ©pendantiste, Nkrumah crĂ©e son propre parti, le CPP, qui en 1952 remporte triomphalement les Ă©lections locales et entre dans le gouvernement colonial. Il participe, aux cĂŽtĂ©s des Britanniques, Ă  la gestion politique du pays, jusqu’à l’avĂšnement de l’indĂ©pendance 5 ans plus tard. Le 6 mars 1957, la CĂŽte d’Or se libĂšre du joug colonial sous le nom du Ghana, en hommage Ă  l’ancien empire ashanti. Le Ghana est le premier Etat indĂ©pendant de l’Afrique aprĂšs le Soudan en 1956. Nkrumah est son Premier ministre, puis prĂ©sident Ă  partir de l’introduction de la nouvelle Constitution en 1960.

    Les années Nkrumah

    ArrivĂ© au pouvoir, le GhanĂ©en n’abandonne pas pour autant ses idĂ©aux panafricanistes et s’intĂ©resse aux autres pays du continent plongĂ©s dans la lutte coloniale. « Le nationalisme africain ne se limite pas seulement Ă  la CĂŽte d’Or », affirme-t-il, rappelant lors des nombreuses rĂ©unions panafricanistes qu’il accueille dans son pays que la dĂ©colonisation nationale n’était pas la derniĂšre Ă©tape du combat anticolonial, mais le point de dĂ©part de la lutte pour une Afrique rĂ©unie.

    Sous son Ă©gide, dans les annĂ©es 1960, le Ghana est devenu le refuge trĂšs recherchĂ© des panafricanistes du monde entier, notamment celui des Africains-AmĂ©ricains dont les ouvrages avaient permis de structurer la pensĂ©e politique du futur prĂ©sident. Outre le cĂ©lĂšbre Docteur W.B. Du Bois Ă  qui il rend hommage en lui accordant la nationalitĂ© ghanĂ©enne, Nkrumah accueille des militants et intellectuels reconnus pour leur contribution Ă  la rĂ©flexion sur l’identitĂ© noire : la poĂ©tesse Maya Angelou, le militant Malcolm X, la communiste Vicki Holmes Garvin, l’essayiste Julius Mayfield pour ne citer que ceux-lĂ .

    ParallĂšlement, joignant l’idĂ©ologie Ă  l’action, le leader ghanĂ©en propose dĂšs 1958 une union fĂ©dĂ©rale Ă  la GuinĂ©e, mise au ban de la communautĂ© française pour avoir osĂ© dire « non » Ă  de Gaulle. En guise de soutien Ă  son ami le prĂ©sident SĂ©kou TourĂ©, il lui consent un prĂȘt de 25 millions de dollars lorsque la France coupe les ponts brutalement avec Conakry, suite Ă  la dĂ©claration d’indĂ©pendance de son ancienne colonie. En 1960, Nkrumah va encore plus loin, en inscrivant dans la Constitution du Ghana la possibilitĂ© d’un abandon de souverainetĂ© au profit d’une fĂ©dĂ©ration africaine, suivant ainsi dans les pas de SĂ©kou TourĂ© qui avait Ă©tĂ© le premier Africain Ă  avoir envisagĂ© une telle Ă©ventualitĂ©. En 1963, Nkrumah est l’un des pĂšres fondateurs de l’Organisation de l’Union africaine (OUA). Son discours Ă  la cĂ©rĂ©monie de la signature du traitĂ© crĂ©ant cette premiĂšre entitĂ© panafricaine Ă©blouit et fait peur Ă  la fois.

    « Je fais partie de ceux qui pensent, explique Amzat Bokhari-Yabara, auteur d’une histoire exhaustive du panafricanisme (1), que c’est la radicalitĂ© de la vision panafricaniste de Nkrumah appelant Ă  la crĂ©ation des Etats-Unis d’Afrique comme le seul rempart possible contre le nĂ©ocolonialisme et la poursuite de l’exploitation du continent par les grandes puissances, qui Ă©tait peut-ĂȘtre la vĂ©ritable cause de la ruine de ce grand homme, en avance sur son temps. Aujourd’hui encore, prĂšs de cinquante ans aprĂšs la disparition de Nkrumah, son idĂ©e de l’abandon de souverainetĂ© au profit d’une Union africaine fait dĂ©bat et divise les pays africains ».

    En pleine guerre froide, cette radicalitĂ© est perçue  par les ex-puissances coloniales comme une manoeuvre pour soumettre toute l’Afrique au communisme en l’arrachant Ă  leurs influences. A cette inquiĂ©tude, il faut sans doute ajouter la pĂ©nurie et le mĂ©contentement qui Ă©taient rĂ©els Ă  l’Ă©poque au Ghana, tout comme le culte de la personnalitĂ© paranoĂŻaque dans lequel Ă©tait tombĂ© le prĂ©sident ghanĂ©en dans les derniĂšres annĂ©es de son rĂšgne, justifiant aux yeux de ses adversaires, intĂ©rieurs comme extĂ©rieurs, le coup d’Etat du 24 fĂ©vrier 1966.

    « Cinquante ans aprĂšs le coup d’Etat, Nkrumah reste un grand Africain en raison de la portĂ©e visionnaire de son ambition panafricaine », affirme le checheur Bokhari-Yabaara. Sa rĂ©conciliation avec son pays natal est sans doute aussi Ă  l’oeuvre. L’audience retrouvĂ©e de son parti le CPP que dirige aujourd’hui sa fille Samia Nkrumah, en est peut-ĂȘtre le signe. »

    RFI

  • Ban Ki-moon : « Si le Dialogue est conforme Ă  la Constitution, il peut permettre d’apaiser les tensions 
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    Ban Ki-moon : « Si le Dialogue est conforme Ă  la Constitution, il peut permettre d’apaiser les tensions 
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    ban et kabila-Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon :
     
    Mesdames et Messieurs,
     
    J’arrive au terme de ma cinquiĂšme visite en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC) en tant que SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU. Une fois encore, je tiens Ă  remercier les autoritĂ©s et la population congolaises de leur accueil chaleureux. . La situation en RDC et dans, ensemble de la rĂ©gion des Grands Lacs reste au premier rang des prioritĂ©s des Nations Unies.
     
    Nous nous sommes employĂ©s Ă  nous acquitter du mieux possible de notre mandat de protection des civils et Ă  promouvoir un dialogue politique ouvert. La population de la RDC mĂ©rite de vivre en paix et en toute sĂ©curitĂ©. Je me fĂ©licite de l’annonce faite rĂ©cemment du renouvellement de la coopĂ©ration entre les Forces armĂ©es de la RDC et la Monusco dans le cadre de la lutte contre les ADF, les FDLR et d’autres groupes armĂ©s. Hier, je me suis rendu dans un camp pour 15.000 personnes dĂ©placĂ©es dans la province du Nord Kivu. Je suis trĂšs Ă©mu par tout ce que j’ai entendu et ce que j’ai vu. C’est une leçon d’humilitĂ© pour moi. En tant que SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, je vais Ă  la rencontre des plus vulnĂ©rables, des plus fragiles. Je veux ĂȘtre leur avocat, la voix de ceux qui n’en ont pas.
     
    Je pense que nous devons amĂ©liorer l’assistance humanitaire. C’est pourquoi je vais organiser le premier Sommet, humanitaire mondial Ă  Istanbul, en Turquie, au mois de mai. Je pense aussi que l’assistance humanitaire et le dĂ©veloppement doivent mieux travailler ensemble pour changer la vie des gens que j’ai rencontrĂ©s.
     
    Mesdames et messieurs les [représentants] des médias
     
    Aujourd’hui Ă  Kinshasa, j’ai eu l’occasion de rencontrer le PrĂ©sident Kabila. J’ai mĂȘme rencontrĂ© des responsables parlementaires ainsi que les reprĂ©sentants des parties politiques d’opposition et de la sociĂ©tĂ© civile. Je les ai exhortĂ©s Ă  s’engager dans un dialogue politique constructif, leur rappelant de placer les intĂ©rĂȘts de la population au centre de leurs dĂ©bats.
     
    Je les ai Ă©galement appelĂ©s Ă  tout mettre en Ɠuvre afin que les Ă©lections soient crĂ©dibles, inclusives et conformes Ă  la Constitution, le respect des droits de l’Homme de tous les individus est une condition essentielle Ă  la paix et Ă  la stabilitĂ©. Je suis prĂ©occupĂ© par lĂ©s restrictions croissantes de l’espace dĂ©mocratique et en particulier, celles qui sont imposĂ©es et aux membres de l’opposition, aux journalistes et aux reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile. La libertĂ© d’expression et d’association et le droit des rĂ©unions pacifiques sont indispensables Ă  une vie politique dynamique et Ă  la dĂ©mocratie.
     
    Mesdames et messieurs, ce matin, j’ai participĂ© Ă  la confĂ©rence sur les investissements du secteur privĂ© organisĂ©e sous les auspices du bureau de mon EnvoyĂ© spĂ©cial pour la rĂ©gion des Grands Lacs et de la ConfĂ©rence internationale sur la rĂ©gion des Grands Lacs.
     
    La RD Congo et la rĂ©gion possĂšdent un grand potentiel, elles connaissent une croissance Ă©conomique impressionnante, mais il reste encore Ă  faire pour amĂ©liorer les conditions de vie, dĂ©velopper l’emploi des jeunes, promouvoir la croissance pour tous, et ne laisser personne Ă  la traĂźne. Si nous’ parvenons Ă  tirer parti du potentiel du secteur privĂ©, en attirant les investissements dans la rĂ©gion des Grands Lacs, nous enverrons alors un message puissant, chargĂ© d’espoir et de promesses. Pour cela, le secteur privĂ© doit avoir l’assurance que les investissements ne seront pas menacĂ©s par des crises politiques et sĂ©curitaires majeures.
     
    Avant de quitter ce pays, je voudrais rendre hommage Ă  tous mes collĂšgues de l’ON U qui font preuve de dĂ©veloppement et de dĂ©termination. L’ONU est les organisations qui lui sont apparentĂ©es prennent l’engagement de continuer Ă  Ɠuvrer pour appuyer les aspirations du peuple congolais Ă  un avenir meilleur et pacifique. Je vous remercie.
    Question 1, Laurette Mandala/Africa TV : Monsieur Ban Ki-moon, vous avez pris part Ă  l’ouverture de la ConfĂ©rence sur les investissements du secteur privĂ© dans la rĂ©gion des Grands Lacs, aujourd’hui. Et vous le savez, cette rĂ©gion est encore en proie aux tensions dans certaines de ses parties. C’est le cas par exemple du Burundi, du Soudan du Sud et de la RD Congo. Et moi’, j’aimerais savoir comment les Nations Unies comptent-elles soutenir cette dynamique et la traduire en acte, pour que le peuple de la rĂ©gion des Grands Lacs vive enfin des retombĂ©es de ses efforts ? Et j’aimerais Ă©galement demander Ă  monsieur le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral sur le processus Ă©lectoral qui est presque bloquĂ© en ROC, et le dialogue semble Ă©galement grippĂ©, quel est le message que vous avez apportĂ© aux uns et aux autres, pour qu’il y ait ouverture?
     
    Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon] :
     
    [Concernant] la question qui portait sur le processus Ă©lectoral en RDC, je suis prĂ©occupĂ© par le retard intervenu dans le cadre du processus Ă©lectoral et le retard dans le calendrier Ă©lectoral. Il y a de plus en plus de tensions concernant le troisiĂšme mandat du PrĂ©sident Kabila. J’ai donc encouragĂ© toutes les parties prenantes Ă  convenir d’un calendrier Ă©lectoral consensuel. Le dialogue national qui a Ă©tĂ© proposĂ© par le prĂ©sident, si ce dialogue est un dialogue inclusif, un dialogue crĂ©dible, et si ce dialogue est conforme Ă  la Constitution, ce dialogue peut vĂ©ritablement permettre d’apaiser les tensions et partant, de crĂ©er un environnement favorable Ă  des Ă©lections pacifiques, transparentes et crĂ©dibles.
     
    Pour ce qui est des droits de l’Homme, les droits de l’Hommes doivent ĂȘtre respectĂ©s Ă  tout moment. Il est Ă©galement important que les droits fondamentaux, les libertĂ©s fondamentales, la libertĂ© de la presse, la libertĂ© d’expression, la libertĂ© de se rassembler, que toutes ces libertĂ©s soient respectĂ©es pendant la pĂ©riode Ă©lectorale. Je vous remercie.
     
    Vous avez Ă©galement posĂ© une autre question concernant la confĂ©rence Ă  laquelle j’ai participĂ© ce matin, la confĂ©rence sur les investissements du secteur privĂ© dans la rĂ©gion des Grands Lacs, cette confĂ©rence constitue une initiative trĂšs importante. La RD Congo a fait des progrĂšs socio-Ă©conomiques importants. Nous avons pu le constater. Cela Ă©tant, il y a des sujets de prĂ©occupation en matiĂšre de sĂ©curitĂ© et en matiĂšre de paix, surtout dans la partie Est du pays. Et je pense que cette confĂ©rence a Ă©tĂ© une confĂ©rence particuliĂšrement opportune. Il Ă©tait important que les dirigeants de la rĂ©gion des Grands Lacs puissent se rĂ©unir, et puissent commencer Ă  travailler sur l’Accord-cadre de paix, de sĂ©curitĂ© et de coopĂ©ration.
     
    Et comme je l’ai indiquĂ© ce matin, la RD Congo est un pays qui a des ressources naturelles abondantes, mais il est trĂšs important que l’on connaisse la RDC comme Ă©tant un pays oĂč, il existe des ressources humaines compĂ©tentes et Ă©duquĂ©es. Je pense par consĂ©quent que le fait d’avoir organisĂ© cette confĂ©rence pour attirer des investissements Ă©trangers, je pense que cela sera essentiel pour le dĂ©veloppement durable de ce pays, et c’est la raison pour laquelle j’ai participĂ© Ă  cette confĂ©rence aujourd’hui.
     
    Question 2 : Kelly Nkute/ Radio Okapi Monsieur le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, vous avez rencontrĂ© le chef de l’Etat, la classe politique congolaise, la sociĂ©tĂ© civile. Au regard de tous ces entretiens que vous avez eus avec eux, est-ce que vous ĂȘtes optimiste quant Ă  un consensus entre Congolais pour aller vers des Ă©lections apaisĂ©es? Et puis je voudrais aussi savoir si vous pensez que les opĂ©rations des FARDC soutenues par la MONUSCO, vont effectivement commencer d’ici lĂ ?,
     
    SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies [Ban Kimoon] : Je pense que j’ai dĂ©jĂ  rĂ©pondu Ă  la premiĂšre partie de votre question. Effectivement, j’ai rencontrĂ© le prĂ©sident Kabila, le Premier ministre, le ministre des Affaires Ă©trangĂšres, et pendant nos discussions, j’ai discutĂ© de toutes ces questions. J’ai discutĂ© de la façon dont les Nations Unies et le Gouvernement congolais peuvent travailler ensemble pour promouvoir la paix, la sĂ©curitĂ©, les droits de l’Homme et le dĂ©veloppement.
     
    Et comme vous l’avez indiquĂ©, j’ai Ă©galement eu une rencontre avec les reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile, j’ai Ă©galement eu une rencontre avec les dirigeants des partis de l’opposition, et avec les reprĂ©sentants de la majoritĂ© prĂ©sidentielle.
     
    J’ai Ă©coutĂ© les positions des uns et des autres. Et j’ai Ă©galement transmis toutes ces observations au chef de l’Etat. Il faut qu’il y ait un dialogue consensuel entre toutes les parties prenantes. Et j’ai encouragĂ© le prĂ©sident Ă  entreprendre n dialogue inclusif. Toutes les parties que j’ai rencontrĂ©es m’ont indiquĂ© qu’elles souhaitaient participer Ă  un dialogue inclusif. De toutes les façons, il n’y a pas d’autres solutions. La seule solution, c’est le dialogue inclusif.
     
    Pour ce qui est de la deuxiĂšme partie de votre question, comme je viens de l’indiquer dans mes propos liminaires, nous nous fĂ©licitons de la reprise de la coopĂ©ration entre les Forces armĂ©es congolaises et la Monusco. Nous avons discutĂ© de cette question assez longuement. Nous avons essayĂ© de voir comment est-ce que nous pouvons mieux coordonner, comment est-ce que nous pouvons mieux coopĂ©rer, comment est-ce que nous pouvons mieux contribuer, afin de pouvoir rĂ©pondre aux prĂ©occupations sĂ©curitaires. Nous sommes engagĂ©s Ă  continuer Ă  travailler avec le Gouvernement et les Forces [armĂ©es] de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo.
     
    Question 3 : Steve Wembi/ Agence Chine Nouvelle : Monsieur le SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral, la RD Congo est un pays qui a contribuĂ© avec les Casques bleus en Centrafrique. Et les jours qui sont passĂ©s, les Casques bleus de la RD Congo ont Ă©tĂ© Ă©jectĂ©s de ce pays, de la Mission de l’ONU en Centrafrique, alors qu’il y a d’autres pays, d’autres Casques bleus qui ont Ă©tĂ© accusĂ©s des mĂȘmes faits que les Casques bleus de la RD Congo. Pourquoi ce « deux poids deux mesures » ?
     
    Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon] :
     
    Nous avons rĂ©alisĂ© l’évaluation complĂšte des contingents. qui sont dĂ©ployĂ©s dans les diffĂ©rentes missions. AprĂšs cette Ă©valuation, nous avons constatĂ© que les troupes de la RD Congo en RĂ©publique Centrafricaine, qu’elles ne respectaient pas les normes nĂ©cessaires en matiĂšre de matĂ©riels, en matiĂšre de prĂ©paration et dans d’autres domaines Ă©galement.
     
    Les Nations Unies souhaiteraient remercier la RD Congo pour sa contribution Ă  la paix en RĂ©publique Centrafricaine, dans le cadre de la MISCA et dans le cadre de la MINUSCA. Et nous souhaitons continuer Ă  travailler en Ă©troite collaboration avec l’armĂ©e congolaise, afin d’amĂ©liorer ses performances, y compris en matiĂšre de respect des droits de l’Homme dans le cadre de diffĂ©rentes opĂ©rations. Des progrĂšs ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s. Beaucoup reste Ă  faire certes, mais je suis convaincu qu’il nous sera possible de continuer Ă  coopĂ©rer Ă  l’avenir.
     
    Pour ce qui est de cas de maltraitance et d’abus sexuels impliquant les troupes des Nation Unies, j’ai une politique de tolĂ©rance zĂ©ro. Et je voudrais que les pays fournisseurs de contingents, respectent pleinement les normes en matiĂšre d’obligation traditionnelle. Une norme que nous avons mise en place. Il est essentiel, il est essentiel, que les troupes des Nations Unies respectent les normes les plus Ă©levĂ©es en la matiĂšre. Je vous remercie.
     
    Question 4 : Mathy Musau/ Forum des As Monsieur Ban Kimoon, vous avez Ă©voquĂ© tout Ă  l’heure l’organisation de la confĂ©rence internationale humanitaire en mai prochain. AprĂšs avoir Ă©tĂ© Ă  Kitshanga, et vous connaissez la rĂ©alitĂ© des dĂ©placĂ©s de la RD Congo, comment comptez-vous pousser, si je peux le dire ainsi, les bailleurs de fonds Ă  rĂ©pondre favorablement dans le temps, pour apporter leurs contributions, afin de mettre en application le plan d’action humanitaire qui a Ă©tĂ© lancĂ© le mois dernier ?
     
    Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon]
     
    En tant que SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral, je me suis rendu dans des nombreux camps des rĂ©fugiĂ©s, ou Ă©galement dans des camps des dĂ©placĂ©s dans le monde entier, y compris dans des camps des rĂ©fugiĂ©s syriens ou d’autres camps au Moyen-Orient.  L’expĂ©rience que j’ai vĂ©cue hier, dans la rĂ©gion de Goma, mon expĂ©rience a Ă©tĂ© une expĂ©rience qui m’a emmenĂ©e vĂ©ritablement vers l’humilitĂ©. J’ai rencontrĂ© des milliers de personnes dĂ©placĂ©es, en particulier des enfants et des femmes qui vivent dans des camps pour personnes dĂ©placĂ©es.
     
    Vous savez probablement, que le nombre de personnes dĂ©placĂ©es, et que le nombre de rĂ©fugiĂ©s de par le monde, est d’environ 60 millions de personnes. Soixante millions, c’est vĂ©ritablement un chiffre sans prĂ©cĂšdent, C’est le chiffre le plus Ă©levĂ© depuis la fin de la deuxiĂšme .guerre mondiale. Et l’on peut dire que l’on est arrivĂ© Ă  une situation qui est trĂšs difficilement gĂ©rable. Les Nations Unies ont essayĂ© vĂ©ritablement de fournir une assistance humanitaire quotidienne pour sauver des vies.
     
    Nous avons distribuĂ© des denrĂ©es alimentaires, nous avons mis en place des infrastructures en matiĂšre d’assainissement, nous avons essayĂ© d’aider Ă  la construction d’écoles. Il faut bien sĂ»r Ă©normĂ©ment des fonds pour tout cela. Alors il y a de plus en plus des besoins, et ce que l’on peut dire, ce que la rĂ©ponse aux besoins humanitaires, la rĂ©action elle, est, de moins en moins importante, et nous nĂ© pouvons plus continuer de cette façon. Il faut vĂ©ritablement fournir une assistance humanitaire quotidienne Ă  tous les rĂ©fugiĂ©s.
     
    Et c’est la raisons pour laquelle, pour la premiĂšre fois dans l’histoire des Nations Unies, pour la premiĂšre fois en soixante-dix ans, nous avons dĂ©cidĂ© de convoquer un sommet humanitaire mondial. Ce sommet va se tenir Ă  Istanbul, le 23 et le 24 mai. Ce sommet n’a pas pour objectif de mobiliser des fonds. Notre objectif, notre premier objectif, c’est vĂ©ritablement de faire savoir aux dirigeants du monde quelle est la situation actuelle. Il faut qu’ils comprennent de quoi est-ce que l’on parle exactement. Combien de personnes ont vĂ©ritablement besoin d’une assistance humanitaire? Combien de vies est-ce que l’on peut sauver? Il fait vĂ©ritablement que l’on ait une approche structurĂ©e, une approche durable, une approche qui nous permettrait vĂ©ritablement de sauver des vies jour aprĂšs jour.
     
    Et ce que je voudrais, c’est une vĂ©ritable dĂ©termination de la part de dirigeants mondiaux, qu’ils viennent des pays dĂ©veloppĂ©s ou des pays en dĂ©veloppement. Hier, j’ai exhortĂ© les dirigeants mondiaux. Je leur ai dit qu’il fallait rĂ©duire au moins de moitiĂ© le nombre de personnes dĂ©placĂ©es d’ici Ă  2030. 2030 c’est Ă©galement la date butoir pour les objectifs de dĂ©veloppement durable. Donc d’ici Ă  2030, il faudra avoir rĂ©duit de moitiĂ© le nombre de personnes dĂ©placĂ©es. C’est une question complexe effectivement. Mais s’il y a volontĂ© politique, je pense que nous pouvons y arriver. Je compte sur la dĂ©termination de tous les dirigeants du monde. VoilĂ  quel est l’objectif de ce sommet humanitaire mondial. Je vous remercie.
     
    Question 5 : Pascal HĂ©ros! L’opinion de Paris : Monsieur le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, c’est certainement l’un de vos derniers dĂ©placements en Afrique. L’heure du bilan arrive. Quels sont les enjeux pour le continent africain alors que la situation sĂ©curitaire, et certainement politique, s’est aggravĂ©e ces derniĂšres annĂ©es et, quel est le bilan de toute l’action des Nations Unies sur le continent?
     
    Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon] :
     
    Ce n’est pas ma derniĂšre visite sur le continent africain. J’ai encore dix mois avant la fin de mon mandat. Effectivement, c’est ma derniĂšre annĂ©e de mandat en tant que SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral. Mais j’ai encore beaucoup de missions prĂ©vues. Je vais continuer Ă  me rendre dans les pays africains dans les 10 mois qui nous restent. C’est peut-ĂȘtre ma derniĂšre visite en RDC. Mais qui sait ? Peut-ĂȘtre que je vais revenir Ă  nouveau. S’il est nĂ©cessaire, je reviendrai Ă  nouveau. De toute façon, je suis disponible. Je suis disponible Ă  tout moment. Si je dois aller quelque part, je suis prĂȘt Ă  y aller. Et je ne mĂ©nagerai aucun effort Ă  ce sujet.
     
    La question que vous avez posĂ©e concernant les Nations Unies, c’est une question trĂšs vaste. A ce sujet, je voudrais dire aux journalistes que souvent, lorsqu’on parle de l’Afrique, on dit c’est un continent qui a besoin d’aide. Mais les leaders africains ont une vision. Une vision ‘sur le long terme. Le futur que nous voulons dans 35 ans. Et vous verrez que dans 35 ans, l’Afrique sera complĂštement diffĂ©rente.
     
    Nous savons tous qu’il y a de nombreuses crises. Et ces crises, si vous essayez de voir quelles sont les causes profondes de ces crises si vous essayez de vous attaquer aux causes profondes, alors lĂ  c’est autre chose. Alors bien sĂ»r, v.ous avez des catastrophes naturelles, des catastrophes naturelles qui ont causĂ© de nombreux dĂ©gĂąts, qui ont dĂ©truit des infrastructures, qui ont causĂ© de nombreux dĂ©cĂšs. Mais, si vous regardez la situation avec attention, je pense qu’il faut vĂ©ritablement que l’on parle de l’importance de la gouvernance, de la bonne gouvernance, d’une gouvernance transparente. Ce qui est important, c’est la bonne gouvernance. Il faut vĂ©ritablement que les dirigeants s’attellent Ă  mettre en place une bonne gouvernance.
     
    Vous vous rappellerez probablement que lors du dernier sommet de l’Union africaine en janvier dernier, j’ai soulevĂ© cette question. Et je m’adressais aux dirigeants africains. Et cela s’applique Ă  tout le monde. Je l’ai dit parce que j’étais au sommet de l’Union africaine. Mais j’aurais pu le dire ailleurs Ă©galement. J’ai dit aux dirigeants africains : « ne vous accrochez pas au pouvoir. Ecoutez la voix de vos citoyens, Ă©couter la voix du peuple, rĂ©pondez aux problĂšmes auxquels se heurtent vos populations respectives». Donc, ne vous accrochez pas au pouvoir. Et surtout mettez l’accent sur la bonne gouvernance. Il faut lutter contre la corruption. Il faut veiller Ă  ce qu’il n’y ait pas d’impunitĂ©. Il faut qu’il y ait Ă©tat de droit, qu’il y ait transparence, qu’il y ait bonne gouvernance.
     
    L’Afrique est un continent trĂšs riche en ressources naturelles, en ressources humaines. Comment utiliser ces ressources naturelles ? Comment utiliser ces ressources humaines ? Cela dĂ©pend des dirigeants. Il faut que les dirigeants montrent l’exemple, ce qu’il faut faire, il faut qu’ils donnent l’exemple. En donnant l’exemple, je pense que cela permettra d’accĂ©lĂ©rer les progrĂšs socioĂ©conomiques.  VoilĂ  le message que j’ai rĂ©itĂ©rĂ© Ă  plusieurs reprises depuis que je suis SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral. J’ai dit exactement la mĂȘme chose au sommet de l’Union africaine. Vous pouvez vĂ©rifier ma dĂ©claration de l’annĂ©e derniĂšre et ma dĂ©claration de cette annĂ©e. Et vous verrez que j’ai rĂ©itĂ©rĂ© plusieurs Ă©lĂ©ments.
     
    Il y a des sujets de prĂ©occupation. Il y Ă  des dĂ©fis Ă  relever sur le continent africain. Mais c’est un continent prometteur. Il y a de l’espoir. Et, les dirigeants ont adoptĂ© des programmes de dĂ©veloppement trĂšs ambitieux. Il y a 17 objectifs de dĂ©veloppement durable, des objectifs trĂšs ambitieux qui couvrent tous les Ă©lĂ©ments importants. Et en dĂ©cembre de l’annĂ©e derniĂšre, les dirigeants du monde ont adoptĂ© d’autres objectifs trĂšs ambitieux. Il s’agit de l’accord de Paris sur les changements climatiques. Et je pense que ces deux visions (raccord sur les changements climatiques et les objectifs de dĂ©veloppement durable) nous permettent Ă  nous tous, y compris les Africains, de voir quelles sont les possibilitĂ©s et d’Ɠuvrer pour un futur plus prospĂšre et un monde plus harmonieux, un monde oĂč personne ne sera Ă  la traĂźne.
     
    Je pense qu’il faut se rappeler que vous avez plus de 125 millions de personnes qui ont besoin d’une assistance humanitaire quotidienne, et cela va bien au-delĂ  de nos capacitĂ©s. Aucun pays du monde, quelles que soient ses ressources, quel que soit son pouvoir, ne peut gĂ©rer cela, aucune organisation, qu’il s’agisse des Nations Unies, l’organisation la plus lĂ©gitime dans le morde, aucune organisation ne peut agir seule, nous avons besoin de la coopĂ©ration et du soutien de tous, il faut par consĂ©quent de l’unitĂ© et il faut Ă©galement de la solidaritĂ©, la solidaritĂ© mondiale est nĂ©cessaire Ă  ce stade. Et aprĂšs, je suis sĂ»r que le futur de l’Afrique sera un futur beaucoup plus prospĂšre et beaucoup plus prometteur. Je vous remercie.
     
    Question 6, Rachel Kisita/ NumĂ©rica TĂ©lĂ©vision : Monsieur le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, vous rencontrez le Dr Denis Mukwege, vous immortalisez l’instant. Parmi les photos qui font la Une des mĂ©dias en ligne et des rĂ©seaux sociaux, il y a une photo sur laquelle vous faites un signe de croix avec votre main comme ça. Je suis journaliste, tout est communication. Le langage n’est pas que verbal. Ban Ki-moon, que veut dire ce geste?
     
    Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon] :
     
    J’admire profondĂ©ment et je respecte M. Mukwege. Je le connais depuis assez longtemps, je l’ai vu Ă  plusieurs reprises. C’est une personne qui a Ă©normĂ©ment d’empathie, une personne qui est engagĂ©e. Nous avons besoin d’avoir des personnes comme lui. Ce n’est pas nĂ©cessaire d’ĂȘtre un mĂ©decin. Vous pouvez ĂȘtre autre chose. Mais on a besoin de ce type d’engagement humanitaire, nous avons besoin de ce type d’esprit d’initiative. Il a traitĂ© et aidĂ© plus de 13.000 femmes, des femmes qui avaient Ă©tĂ© violĂ©es, des femmes qui avaient perdu toute dignitĂ© humaine. Et je pense par consĂ©quent qu’il faut qu’il soit admirĂ©, qu’il soit respectĂ© car c’est un vĂ©ritable symbole, le symbole de l’empathie. Il travaille pour aider les groupes vulnĂ©rables. En tant que SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies, je pense qu’il faut montrer l’exemple, mais il y a trĂšs peu de personnes qui montrent l’exemple. Et donc je pense qu’il faut vĂ©ritablement montrer aux dirigeants du monde qu’il y a Ă©normĂ©ment de personnes qui peuvent faire des choses. Vous avez des leaders de la sociĂ©tĂ© civile; vous avez des acteurs de la sociĂ©tĂ© civile qui agissent et je pense qu’il est possible pour tous de contribuer et d’aider les groupes vulnĂ©rables.
     
    Les Nations Unies sont engagĂ©es Ă  aider les groupes vulnĂ©rables, nous souhaitons protĂ©ger les droits de l’Homme de groupes vulnĂ©rables, des femmes, des jeunes filles, surtout dans les zones de conflit. Ce sont elles qui souffrent et c’est la raison pour Laquelle, hier, nous avons montrĂ© notre solidaritĂ©. Donc ce signe Ă©tait un signe de solidaritĂ©, notre solidaritĂ© pour les femmes, pour les groupes vulnĂ©rables, pour tous ceux dont nous devons protĂ©ger les droits. Et j’espĂšre qu’il y aura d’autres personnes comme M. Mukwege, qu’il y a d’autres personnes qui feront preuve de compassion et d’empathie comme lui.
    Je voue remercie.
    Le Phare
  • Nkurunziza et le Burundi sifflent et dĂ©signent nommĂ©ment Paul KagamĂ© comme l’« ennemi » du Burundi

    Nkurunziza et le Burundi sifflent et dĂ©signent nommĂ©ment Paul KagamĂ© comme l’« ennemi » du Burundi

    Mufocol Tshiyoyo
    Mufocol Tshiyoyo

    -VoilĂ  ce que ceux de Kinshasa devraient normalement faire. Et par oĂč il faut commencer en RD-Congo, c’est-Ă -dire se trouver un ennemi. Ce dernier doit ĂȘtre commun aux Congolais. C’est comme on le vit partout ailleurs. L’ennemi qui est dĂ©signĂ© est soit une idĂ©ologie (le communisme pour l’Occident capitaliste), soit un État Ă©tranger, mais un adversaire commun et unique Ă  tout le monde, de gauche, de droite ou du centre. Car, et ainsi dĂ©signĂ©, sa dĂ©signation rĂ©pond au besoin de mobilisation gĂ©nĂ©rale. On rassemble et Ă©duque civiquement le peuple derriĂšre l’idĂ©e d’appartenance Ă  une seule, unique et mĂȘme nation. C’est par cette voie qu’on lui souffle un esprit patriotique, le sens de la patrie. Che aurait dit : « Patria o muerte ».
    L’identitĂ© nationale se construit. Et elle est une Ɠuvre portĂ©e par des hommes, ceux qui se veulent « acteurs » de l’histoire d’une multitude. Etre congolais mĂ©rite que quelqu’un se consacre Ă  son idĂ©e Ă  son rĂȘve, Ă  son idĂ©al, lui donne son temps et se prive pour une certaine idĂ©e de vivre en commun. Et ici, j’accorde, moi, toute son importance Ă  l’idĂ©e d’un ennemi commun, parce qu’il aura comme effet de cimenter le peuple, de rassembler tout le monde, je dis bien et souligne tout le monde, surtout en ce moment oĂč la RD-Congo est appelĂ©e Ă  tirer des leçons de ses diffĂ©rents assujettissements. Je continue de croire en l’histoire comme une violence. Et elle l’est et le sera. Alors devant sa violence, un leadership irrĂ©ductible unit l’ensemble de son peuple face aux pĂ©rils. J’en appelle vivement au peuple et l’heure s’invite au rendez-vous.
    Et Ă  propos de la notion de l’ennemi en politique, Julien Freund, auteur d’une sorte de bible en science politique, « L’Essence du politique », Ă©crit, je cite : « [
] Il n’y a point de politique sans ennemi rĂ©el ou virtuel. Une pareille proposition risque [
] de choquer tous ceux qui rĂȘvent de la politique idĂ©ale, du gouvernement le meilleur et de la sociĂ©tĂ© la plus juste et la plus harmonieuse. C’est avec horreur qu’ils repousseront l’idĂ©e que l’inimitiĂ© est une prĂ©supposĂ© du politique », (Freund, 2004 :1).
    N’est-ce pas nous renseignent l’histoire et ailleurs ! L’ennemi est souvent Ă  l’extĂ©rieur. Il est autrui. Il vient de loin. On le fabrique. Les USA en ont fabriquĂ© et en fabriquent rĂ©guliĂšrement, notamment Bin Laden, Saddam, Kadhafi, ce fut Ă©galement le cas du le nĂšgre pour l’Occident hier, etc. Paul KagamĂ© et Museveni avaient et ont dĂ©signĂ© leur ennemi commun : la Rd-Congo. Mais que faisons nus Ă  la place ? Ceux de Kinshasa et sa fameuse opposition du systĂšme se distingue par un amateurisme criant. La RD-Congo a dĂ©jĂ  connu tout ce qui se dit et qui se fait au Congo. Il faut en inventer autre chose.
    Et pour ce qui de Nkurunziza, ce n’est pas que j’aime l’homme, que l’on cesse de me faire un faux procĂšs lĂ -dessus, mais nous sommes en guerre et nous le sommes contre Paul KagamĂ© et ses mercenaires dans la rĂ©gion. Je pense et je le dis que le temps de pleurnicher est rĂ©volu. Si Nkurunziza s’en prenait Ă  Paul KagamĂ©, j’affirme que l’homme et le Burundi ouvrent par- lĂ  la voie pour que les peuples dans la rĂ©gion se mobilisent contre un ennemi commun. Je me demande ce que nous, comme peuple, nous faisons.
    Je parle la langue du peuple. Et ce peuple revendique sa seconde et vĂ©ritable indĂ©pendance. « Le prix de l’homme baisse quand il n’a plus l’usage de sa liberté», a dit un jour le cĂ©lĂšbre vietnamien HĂŽ Chi Minh.

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    Mufoncol Tshiyoyo
    Le PrĂ©sident National du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle Mouvement Politico-militaire,
    mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com,
    004745007236, Facebook : Mufoncol Tshiyoyo