Author: Don Kayembe

  • Inondations en RDC: le gouvernement et les Nations unies se disent mobilisés

    Inondations en RDC: le gouvernement et les Nations unies se disent mobilisés

    Kin-inondation-Le bilan est lourd en République démocratique du Congo, après cinq mois d’inondations. Plus de 500 000 personnes impactées, des dizaines de milliers de maisons endommagées ou détruites. 11 des 26 provinces du pays ont été touchées depuis octobre et les prévisions météorologiques ne sont pas bonnes, selon les Nations unies. En cause, le phénomène El Niño. Du côté du gouvernement comme des Nations unies, on dit tout faire pour limiter les dégâts pour la population.

    Le gouvernement dit avoir mis en place une plateforme nationale de réduction des risques de catastrophe naturelle, une structure interministérielle chapeautée par le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur.

    Des équipes sont en train de sillonner les provinces touchées pour identifier les sites à risque, explique le porte-parole du gouvernement Lambert Mendé, notamment le long du fleuve Congo et de ses affluents. L’objectif est d’identifier puis de déplacer les populations qui pourraient être touchées à l’avenir.

    Mais avant cela, il faut d’abord faire face à l’urgence. Des dizaines de morts, 550 000 personnes touchées, 65 000 abris endommagés ou détruits, 5 000 hectares de culture ensevelis par les flots. La province la plus touchée, selon le bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies, c’est la nouvelle province Tshopo, dont la capitale est Kisangani : 400 000 sinistrés.

    Crainte des épidémies

    Même si du côté des Nations unies comme du gouvernement, on dit faire face, il y a encore des besoins en nourriture, en eau et en sanitaires, avec pour objectif d’éviter l’épidémie de choléra. « C’est ce qu’on redoute », dit l’Ocha, le bureau de l’ONU pour les affaires humanitaires.

    Mais au-delà de l’urgence, des infrastructures ont également été touchées. Les maisons, mais aussi des écoles et des routes qu’il faudra consolider ou même reconstruire. Les Nations unies disent qu’ils élaborent un plan d’action avec des besoins chiffrés, mais la difficulté, c’est que les agences, ONG ou même les bailleurs sont déjà très sollicités pour répondre aux autres situations d’urgence, notamment dans l’est du pays.

    Il y a une mobilisation sur le terrain pour répondre à tout cela, mais le nerf de la guerre, c’est l’argent. On est en train de frapper à toutes les portes pour réunir les fonds nécessaires pour apporter des réponses à toutes ces situations.
    Sylvestre Ntumba Mudingayi, porte-parole du bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies
    RFI
  • Election des gouverneurs en RDC : sur 135 dossiers, seuls 76 jugés recevables

    Election des gouverneurs en RDC : sur 135 dossiers, seuls 76 jugés recevables

    CENI-En République démocratique du Congo (RDC), la Commission électorale nationale indépendante congolaise (Céni) a fait le tri et publié la liste des candidats pour l’élection des gouverneurs dans les 21 nouvelles provinces. Le scrutin aura lieu le 26 mars. Au départ, il y avait 135 candidatures, mais après de nombreux désistements et des rejets, au final 76 dossiers seulement sont jugés recevables sur fond de règlements de compte au sein de la majorité, notamment après le départ du G7 (sept partis qui avaient rejoint l’opposition).

    Suite au dépôt de certaines candidatures, la majorité présidentielle avait vivement protesté auprès de la Commission électorale.

    « Il ne s’agit pas de manger ses propres fils, il s’agit de discipline de partis politiques », a encore précisé, ce lundi 29 février, au matin, le porte-parole du gouvernement. Lambert Mendé – qui est aussi membre du bureau politique de la majorité – estime que ce n’est pas parce que leurs candidatures avaient été rejetées en interne que ces candidats avaient le droit de se présenter comme indépendants.

    La Commission électorale lui donne raison et parle de candidatures illégales, affirmant que ces candidats auraient dû signifier à leurs partis d’origine leur démission. Des candidats qui ont toutefois, rappelle la Céni, la possibilité de faire appel dans les 48 heures.

    Pour le G7 et l’ex-gouverneur de la province du Katanga, Moïse Katumbi, certaines de ces candidatures auraient été rejetées par la Commission électorale parce que ces personnalités auraient été des proches.

    « C’est un signe que nous dérangeons », dit Christophe Lutundula, ancien vice-président de l’Assemblée nationale et membre du G7. Ce dernier estime qu’en prenant cette décision, la Céni a démontré qu’elle n’était plus capable de mener sa mission en toute indépendance. « La Céni démontre qu’elle n’offre aucune garantie d’indépendance et d’impartialité aux compétiteurs électoraux. »

    Vingt-et-une candidatures rejetées, mais aussi trente-huit désistements. Certains candidats se disaient victimes de pressions ou d’intimidations de la majorité. La Céni dit n’avoir reçu aucune information de la sorte.

    Le G7 précise, par ailleurs, n’avoir déposé aucune candidature au nom de la plateforme de ces sept partis d’opposition.

    rfi

  • Le gouverneur de la BCC, Deogratias Mutombo a 31 millions de dollars à justifier

    Le gouverneur de la BCC, Deogratias Mutombo a 31 millions de dollars à justifier

    Déogra-Mut-Dollars-«La Banque centrale a mis cette bagatelle somme à la disposition de cette entreprise pour l’entretien, même pas l’achat ou la réparation, de ses appareils de climatisation», se scandalise un quotidien kinois

    Les affaires de gouvernance à la Banque Centrale du Congo -BCC- sont assez rares pour être soulignées. Le confrère L’Observateur, réputé pour sa ligne orthodoxe, a fait l’événement mercredi 27 janvier en publiant un article sur une présumée mal gouvernance à la BCC. Il y est fait part d’un contrat d’entretien des splits passé entre la Banque et la société SOFELEC. Coût de l’opération: USD 31 millions. Et L’Observateur de faire une comparaison avec les sommes consacrées à l’érection du siège du gouvernement de la République, affirmant que ce montant est exactement celui qui a permis la construction de l’impressionnant édifice situé sur le boulevard du 30 juin, qui abrite aujourd’hui la plupart des ministères de la RD-Congo. On peut aller loin dans les comparaisons: 31 millions de dollars représentent un avion Airbus A 320 au prix de Justin Kalumba ou 5 fois la somme recherchée pour la relance de la MIBA ou encore 30 mois d’évacuation des immondices à Kinshasa. Le scandale est désormais dans la presse.

    A en croire le quotidien de l’avenue Colonel Ebeya, commune de la Gombe, «la Banque centrale a mis cette bagatelle somme à la disposition de cette entreprise pour l’entretien, même pas l’achat ou la réparation, de ses appareils de climatisation». Constat d’un scandale qui met dans de sales draps le numéro 1 de la BCC, le gouverneur Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, contraint de se justifier. AfricaNews a tenté d’avoir la version de la BCC mais le texto et l’appel adressés jeudi 28 janvier au chargé de communication du gouverneur sont restés sans suite. Lors des dernières réunions du gouvernement, il avait été décidé la réduction du train de vie des institutions mais seule la Banque Centrale y a échappé. Les autorités ont constaté qu’à la BCC, les dépenses avaient plutôt augmenté. Ci-après, l’article de L’Observateur.

    AfricaNews          

  • Grandeur et déclin de Kwame Nkrumah, père du panafricanisme

    Grandeur et déclin de Kwame Nkrumah, père du panafricanisme

    Kwame Nkrumah 02_0-Il y a cinquante ans, le Ghanéen Kwame Nkrumah se faisait évincer de la présidence de son pays par des militaires. Artisan de l’indépendance du Ghana, le leader déchu était accusé d’avoir ruiné son pays. Tombé dans l’excès de la mégalomanie et le culte de la personnalité, l’homme n’en reste pas moins l’un des plus grands penseurs de l’unité africaine. Et si la radicalité de sa pensée panafricaniste, en avance sur son temps, était la véritable cause de sa chute ?

    Le 24 février 1966, Kwame Nkrumah, premier président de la République du Ghana, est renversé lors d’un coup d’Etat. L’armée ghanéenne a profité de l’absence de ce dernier, en visite officielle en Chine, pour s’emparer du pouvoir. Le Ghana devient ainsi le septième pays en Afrique noire à connaître le syndrome des coups d’Etat militaires depuis le début des indépendances.

    Le mécontentement contre le régime grondait depuis plusieurs années, comme en témoigne la multiplication des grèves et des manifestations à travers le pays pour protester contre la pratique de plus en plus mégalomaniaque et solitaire du pouvoir par le chef de l’Etat. A l’annonce du coup d’Etat, la population descend dans la rue pour faire la fête, allant jusqu’à traîner à terre la statue du président qui s’élevait devant le Parlement.

    Pour expliquer ce coup de force, les putschistes évoquent, pour leur part, la grave crise économique ghanéenne, une dette extérieure insupportable, l’épuisement des réserves nationales, les pénuries, le chômage, la dévaluation de la monnaie ainsi que la dérive totalitaire du Convention People’s party (CPP) du président déchu. Certains voient dans ce putsch la main de puissances occidentales pour lesquelles le rapprochement du leader ghanéen avec l’Union soviétique et la Chine, doublé de son engagement pour l’unité panafricaine et le nationalisme économique, le plaçait, de facto, dans le camp communiste. D’ailleurs, des documents du Département d’Etat américain, déclassifiés depuis, ont montré que le putsch avait été mené par, comme l’a écrit le sociologue et militant tiers-mondiste Jean Ziegler, « deux officiers subalternes, intimement liés à l’Intelligence Service britannique ».

    Toujours est-il que, déclaré persona non grata au Ghana par le Conseil de libération qui s’établit à la tête du gouvernement à Accra, Nkrumah ne remettra plus les pieds de son vivant dans son propre pays. Il trouve asile en Guinée où il restera jusqu’à la fin de ses jours, avant de mourir d’un cancer à Bucarest en 1972.

    Retour sur un mythe

    La population ghanéenne avait pourtant ovationné Kwame Nkrumah lorsque, en 1957, celui-ci avait arraché l’indépendance du pays aux colonisateurs britanniques, hissant le Ghana à la souveraineté internationale. Il était extrêmement populaire, jusqu’au moment où son mythe a commencé à s’effriter sous la pression de la réalité du pouvoir, transformant l’homme providentiel en un « dictateur » honni, alors même que sa pensée visionnaire sur l’intégration africaine commençait à s’enraciner dans les esprits à travers le continent, faisant de l’auteur de L’Afrique doit s’unir le symbole vivant du panafricanisme. C’est l’intellectuel kényan Ali Mazrui qui résume en une formule éloquente le paradoxe de Nkrumah : « Il est devenu simultanément un héros africain et un dictateur ghanéen ».

    Rien ne prédisposait toutefois cet homme éclairé, soucieux de faire de la politique un moyen de libérer son peuple et unir l’ensemble du continent africain, à finir sa carrière nationale dans la tyrannie et la déchéance. Né en 1909 dans une famille modeste dans un village du sud-ouest du Ghana qu’on appelait à l’époque la Côte d’Or, le jeune Kwame Nkrumah s’est élevé par la force de son intelligence et ses aspirations.

    Son premier cycle d’études terminé, Nkrumah part en 1935 pour les Etats-Unis où il fait des études d’économie et de sociologie à l’université noire Lincoln, en Pennsylvanie. Il y découvre, d’une part, les thèses socialistes (Marx, Lénine) et, d’autre part, les auteurs noirs américains, tels que Marcus Garvey et W.E.B. Du Bois, dont la pensée pan-négriste et panafricaniste alimentent sa propre prise de conscience de nationaliste africain. Diplômé en 1939, il publie son premier ouvrage Towards colonial freedom : c’est une analyse des ressorts du colonialisme occidental et en même temps sa dénonciation en tant qu’outil d’oppression et d’exploitation.

    Parallèlement, le jeune Kwame se lance dans le militantisme et rejoint l’association des étudiants africains des Etats-Unis et du Canada, dont il devient le président. C’est le militantisme estudiantin qui le conduit ensuite en Angleterre où il s’impose très vite comme un des hommes-clés du mouvement panafricain. A ce titre, il organise le 5e congrès panafricain qui se tient à Manchester en 1945.

    Son séjour en Angleterre est aussi l’occasion pour le jeune nationaliste panafricaniste de nouer des contacts avec la diaspora africaine, dont le Zambien Kenneth Kaunda, le Kenyan Jomo Kenyatta, le Zimbabwéen Joshua Nkomo ainsi que le Tanzanien Julius Nyerere qui sont encore étudiants, mais qui vont bientôt jouer des rôles de premier plan dans le mouvement anti-colonial dans leurs pays respectifs, avant de prendre – pour certains – les rênes du pouvoir, une fois l’indépendance acquise. Nkrumah lui-même ne tardera pas à rentrer dans son pays, où sa réputation de militant indépendantiste le précédé, faisant de son nom un synonyme de radicalisme aux yeux de l’administration coloniale de la Gold Coast.

    Kwame Nkrumah en 1960, après son élection à la présidence du Ghana. © Getty Images

    Dès son retour au pays natal en 1947, Nkrumah devient ainsi la bête noire des colonisateurs britanniques qui ne tarderont pas à le jeter en prison pour agitation politique, faisant de ce militant quadragénaire le héros de la population ghanéenne qui aspire à la liberté et à l’indépendance. C’est ainsi que naît le mythe de Nkrumah, symbole vivant du nationalisme africain éclairé qui choisit le chemin de la négociation plutôt que celui de la confrontation pour libérer son pays. Militant devenu leader du mouvement indépendantiste, Nkrumah crée son propre parti, le CPP, qui en 1952 remporte triomphalement les élections locales et entre dans le gouvernement colonial. Il participe, aux côtés des Britanniques, à la gestion politique du pays, jusqu’à l’avènement de l’indépendance 5 ans plus tard. Le 6 mars 1957, la Côte d’Or se libère du joug colonial sous le nom du Ghana, en hommage à l’ancien empire ashanti. Le Ghana est le premier Etat indépendant de l’Afrique après le Soudan en 1956. Nkrumah est son Premier ministre, puis président à partir de l’introduction de la nouvelle Constitution en 1960.

    Les années Nkrumah

    Arrivé au pouvoir, le Ghanéen n’abandonne pas pour autant ses idéaux panafricanistes et s’intéresse aux autres pays du continent plongés dans la lutte coloniale. « Le nationalisme africain ne se limite pas seulement à la Côte d’Or », affirme-t-il, rappelant lors des nombreuses réunions panafricanistes qu’il accueille dans son pays que la décolonisation nationale n’était pas la dernière étape du combat anticolonial, mais le point de départ de la lutte pour une Afrique réunie.

    Sous son égide, dans les années 1960, le Ghana est devenu le refuge très recherché des panafricanistes du monde entier, notamment celui des Africains-Américains dont les ouvrages avaient permis de structurer la pensée politique du futur président. Outre le célèbre Docteur W.B. Du Bois à qui il rend hommage en lui accordant la nationalité ghanéenne, Nkrumah accueille des militants et intellectuels reconnus pour leur contribution à la réflexion sur l’identité noire : la poétesse Maya Angelou, le militant Malcolm X, la communiste Vicki Holmes Garvin, l’essayiste Julius Mayfield pour ne citer que ceux-là.

    Parallèlement, joignant l’idéologie à l’action, le leader ghanéen propose dès 1958 une union fédérale à la Guinée, mise au ban de la communauté française pour avoir osé dire « non » à de Gaulle. En guise de soutien à son ami le président Sékou Touré, il lui consent un prêt de 25 millions de dollars lorsque la France coupe les ponts brutalement avec Conakry, suite à la déclaration d’indépendance de son ancienne colonie. En 1960, Nkrumah va encore plus loin, en inscrivant dans la Constitution du Ghana la possibilité d’un abandon de souveraineté au profit d’une fédération africaine, suivant ainsi dans les pas de Sékou Touré qui avait été le premier Africain à avoir envisagé une telle éventualité. En 1963, Nkrumah est l’un des pères fondateurs de l’Organisation de l’Union africaine (OUA). Son discours à la cérémonie de la signature du traité créant cette première entité panafricaine éblouit et fait peur à la fois.

    « Je fais partie de ceux qui pensent, explique Amzat Bokhari-Yabara, auteur d’une histoire exhaustive du panafricanisme (1), que c’est la radicalité de la vision panafricaniste de Nkrumah appelant à la création des Etats-Unis d’Afrique comme le seul rempart possible contre le néocolonialisme et la poursuite de l’exploitation du continent par les grandes puissances, qui était peut-être la véritable cause de la ruine de ce grand homme, en avance sur son temps. Aujourd’hui encore, près de cinquante ans après la disparition de Nkrumah, son idée de l’abandon de souveraineté au profit d’une Union africaine fait débat et divise les pays africains ».

    En pleine guerre froide, cette radicalité est perçue  par les ex-puissances coloniales comme une manoeuvre pour soumettre toute l’Afrique au communisme en l’arrachant à leurs influences. A cette inquiétude, il faut sans doute ajouter la pénurie et le mécontentement qui étaient réels à l’époque au Ghana, tout comme le culte de la personnalité paranoïaque dans lequel était tombé le président ghanéen dans les dernières années de son règne, justifiant aux yeux de ses adversaires, intérieurs comme extérieurs, le coup d’Etat du 24 février 1966.

    « Cinquante ans après le coup d’Etat, Nkrumah reste un grand Africain en raison de la portée visionnaire de son ambition panafricaine », affirme le checheur Bokhari-Yabaara. Sa réconciliation avec son pays natal est sans doute aussi à l’oeuvre. L’audience retrouvée de son parti le CPP que dirige aujourd’hui sa fille Samia Nkrumah, en est peut-être le signe. »

    RFI

  • Ban Ki-moon : « Si le Dialogue est conforme à la Constitution, il peut permettre d’apaiser les tensions … »

    Ban Ki-moon : « Si le Dialogue est conforme à la Constitution, il peut permettre d’apaiser les tensions … »

    ban et kabila-Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon :
     
    Mesdames et Messieurs,
     
    J’arrive au terme de ma cinquième visite en République démocratique du Congo (RDC) en tant que Secrétaire général de l’ONU. Une fois encore, je tiens à remercier les autorités et la population congolaises de leur accueil chaleureux. . La situation en RDC et dans, ensemble de la région des Grands Lacs reste au premier rang des priorités des Nations Unies.
     
    Nous nous sommes employés à nous acquitter du mieux possible de notre mandat de protection des civils et à promouvoir un dialogue politique ouvert. La population de la RDC mérite de vivre en paix et en toute sécurité. Je me félicite de l’annonce faite récemment du renouvellement de la coopération entre les Forces armées de la RDC et la Monusco dans le cadre de la lutte contre les ADF, les FDLR et d’autres groupes armés. Hier, je me suis rendu dans un camp pour 15.000 personnes déplacées dans la province du Nord Kivu. Je suis très ému par tout ce que j’ai entendu et ce que j’ai vu. C’est une leçon d’humilité pour moi. En tant que Secrétaire général, je vais à la rencontre des plus vulnérables, des plus fragiles. Je veux être leur avocat, la voix de ceux qui n’en ont pas.
     
    Je pense que nous devons améliorer l’assistance humanitaire. C’est pourquoi je vais organiser le premier Sommet, humanitaire mondial à Istanbul, en Turquie, au mois de mai. Je pense aussi que l’assistance humanitaire et le développement doivent mieux travailler ensemble pour changer la vie des gens que j’ai rencontrés.
     
    Mesdames et messieurs les [représentants] des médias
     
    Aujourd’hui à Kinshasa, j’ai eu l’occasion de rencontrer le Président Kabila. J’ai même rencontré des responsables parlementaires ainsi que les représentants des parties politiques d’opposition et de la société civile. Je les ai exhortés à s’engager dans un dialogue politique constructif, leur rappelant de placer les intérêts de la population au centre de leurs débats.
     
    Je les ai également appelés à tout mettre en œuvre afin que les élections soient crédibles, inclusives et conformes à la Constitution, le respect des droits de l’Homme de tous les individus est une condition essentielle à la paix et à la stabilité. Je suis préoccupé par lés restrictions croissantes de l’espace démocratique et en particulier, celles qui sont imposées et aux membres de l’opposition, aux journalistes et aux représentants de la société civile. La liberté d’expression et d’association et le droit des réunions pacifiques sont indispensables à une vie politique dynamique et à la démocratie.
     
    Mesdames et messieurs, ce matin, j’ai participé à la conférence sur les investissements du secteur privé organisée sous les auspices du bureau de mon Envoyé spécial pour la région des Grands Lacs et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.
     
    La RD Congo et la région possèdent un grand potentiel, elles connaissent une croissance économique impressionnante, mais il reste encore à faire pour améliorer les conditions de vie, développer l’emploi des jeunes, promouvoir la croissance pour tous, et ne laisser personne à la traîne. Si nous’ parvenons à tirer parti du potentiel du secteur privé, en attirant les investissements dans la région des Grands Lacs, nous enverrons alors un message puissant, chargé d’espoir et de promesses. Pour cela, le secteur privé doit avoir l’assurance que les investissements ne seront pas menacés par des crises politiques et sécuritaires majeures.
     
    Avant de quitter ce pays, je voudrais rendre hommage à tous mes collègues de l’ON U qui font preuve de développement et de détermination. L’ONU est les organisations qui lui sont apparentées prennent l’engagement de continuer à œuvrer pour appuyer les aspirations du peuple congolais à un avenir meilleur et pacifique. Je vous remercie.
    Question 1, Laurette Mandala/Africa TV : Monsieur Ban Ki-moon, vous avez pris part à l’ouverture de la Conférence sur les investissements du secteur privé dans la région des Grands Lacs, aujourd’hui. Et vous le savez, cette région est encore en proie aux tensions dans certaines de ses parties. C’est le cas par exemple du Burundi, du Soudan du Sud et de la RD Congo. Et moi’, j’aimerais savoir comment les Nations Unies comptent-elles soutenir cette dynamique et la traduire en acte, pour que le peuple de la région des Grands Lacs vive enfin des retombées de ses efforts ? Et j’aimerais également demander à monsieur le Secrétaire général sur le processus électoral qui est presque bloqué en ROC, et le dialogue semble également grippé, quel est le message que vous avez apporté aux uns et aux autres, pour qu’il y ait ouverture?
     
    Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon] :
     
    [Concernant] la question qui portait sur le processus électoral en RDC, je suis préoccupé par le retard intervenu dans le cadre du processus électoral et le retard dans le calendrier électoral. Il y a de plus en plus de tensions concernant le troisième mandat du Président Kabila. J’ai donc encouragé toutes les parties prenantes à convenir d’un calendrier électoral consensuel. Le dialogue national qui a été proposé par le président, si ce dialogue est un dialogue inclusif, un dialogue crédible, et si ce dialogue est conforme à la Constitution, ce dialogue peut véritablement permettre d’apaiser les tensions et partant, de créer un environnement favorable à des élections pacifiques, transparentes et crédibles.
     
    Pour ce qui est des droits de l’Homme, les droits de l’Hommes doivent être respectés à tout moment. Il est également important que les droits fondamentaux, les libertés fondamentales, la liberté de la presse, la liberté d’expression, la liberté de se rassembler, que toutes ces libertés soient respectées pendant la période électorale. Je vous remercie.
     
    Vous avez également posé une autre question concernant la conférence à laquelle j’ai participé ce matin, la conférence sur les investissements du secteur privé dans la région des Grands Lacs, cette conférence constitue une initiative très importante. La RD Congo a fait des progrès socio-économiques importants. Nous avons pu le constater. Cela étant, il y a des sujets de préoccupation en matière de sécurité et en matière de paix, surtout dans la partie Est du pays. Et je pense que cette conférence a été une conférence particulièrement opportune. Il était important que les dirigeants de la région des Grands Lacs puissent se réunir, et puissent commencer à travailler sur l’Accord-cadre de paix, de sécurité et de coopération.
     
    Et comme je l’ai indiqué ce matin, la RD Congo est un pays qui a des ressources naturelles abondantes, mais il est très important que l’on connaisse la RDC comme étant un pays où, il existe des ressources humaines compétentes et éduquées. Je pense par conséquent que le fait d’avoir organisé cette conférence pour attirer des investissements étrangers, je pense que cela sera essentiel pour le développement durable de ce pays, et c’est la raison pour laquelle j’ai participé à cette conférence aujourd’hui.
     
    Question 2 : Kelly Nkute/ Radio Okapi Monsieur le Secrétaire général, vous avez rencontré le chef de l’Etat, la classe politique congolaise, la société civile. Au regard de tous ces entretiens que vous avez eus avec eux, est-ce que vous êtes optimiste quant à un consensus entre Congolais pour aller vers des élections apaisées? Et puis je voudrais aussi savoir si vous pensez que les opérations des FARDC soutenues par la MONUSCO, vont effectivement commencer d’ici là?,
     
    Secrétaire général des Nations Unies [Ban Kimoon] : Je pense que j’ai déjà répondu à la première partie de votre question. Effectivement, j’ai rencontré le président Kabila, le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, et pendant nos discussions, j’ai discuté de toutes ces questions. J’ai discuté de la façon dont les Nations Unies et le Gouvernement congolais peuvent travailler ensemble pour promouvoir la paix, la sécurité, les droits de l’Homme et le développement.
     
    Et comme vous l’avez indiqué, j’ai également eu une rencontre avec les représentants de la société civile, j’ai également eu une rencontre avec les dirigeants des partis de l’opposition, et avec les représentants de la majorité présidentielle.
     
    J’ai écouté les positions des uns et des autres. Et j’ai également transmis toutes ces observations au chef de l’Etat. Il faut qu’il y ait un dialogue consensuel entre toutes les parties prenantes. Et j’ai encouragé le président à entreprendre n dialogue inclusif. Toutes les parties que j’ai rencontrées m’ont indiqué qu’elles souhaitaient participer à un dialogue inclusif. De toutes les façons, il n’y a pas d’autres solutions. La seule solution, c’est le dialogue inclusif.
     
    Pour ce qui est de la deuxième partie de votre question, comme je viens de l’indiquer dans mes propos liminaires, nous nous félicitons de la reprise de la coopération entre les Forces armées congolaises et la Monusco. Nous avons discuté de cette question assez longuement. Nous avons essayé de voir comment est-ce que nous pouvons mieux coordonner, comment est-ce que nous pouvons mieux coopérer, comment est-ce que nous pouvons mieux contribuer, afin de pouvoir répondre aux préoccupations sécuritaires. Nous sommes engagés à continuer à travailler avec le Gouvernement et les Forces [armées] de la République démocratique du Congo.
     
    Question 3 : Steve Wembi/ Agence Chine Nouvelle : Monsieur le Secrétaire Général, la RD Congo est un pays qui a contribué avec les Casques bleus en Centrafrique. Et les jours qui sont passés, les Casques bleus de la RD Congo ont été éjectés de ce pays, de la Mission de l’ONU en Centrafrique, alors qu’il y a d’autres pays, d’autres Casques bleus qui ont été accusés des mêmes faits que les Casques bleus de la RD Congo. Pourquoi ce « deux poids deux mesures » ?
     
    Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon] :
     
    Nous avons réalisé l’évaluation complète des contingents. qui sont déployés dans les différentes missions. Après cette évaluation, nous avons constaté que les troupes de la RD Congo en République Centrafricaine, qu’elles ne respectaient pas les normes nécessaires en matière de matériels, en matière de préparation et dans d’autres domaines également.
     
    Les Nations Unies souhaiteraient remercier la RD Congo pour sa contribution à la paix en République Centrafricaine, dans le cadre de la MISCA et dans le cadre de la MINUSCA. Et nous souhaitons continuer à travailler en étroite collaboration avec l’armée congolaise, afin d’améliorer ses performances, y compris en matière de respect des droits de l’Homme dans le cadre de différentes opérations. Des progrès ont été réalisés. Beaucoup reste à faire certes, mais je suis convaincu qu’il nous sera possible de continuer à coopérer à l’avenir.
     
    Pour ce qui est de cas de maltraitance et d’abus sexuels impliquant les troupes des Nation Unies, j’ai une politique de tolérance zéro. Et je voudrais que les pays fournisseurs de contingents, respectent pleinement les normes en matière d’obligation traditionnelle. Une norme que nous avons mise en place. Il est essentiel, il est essentiel, que les troupes des Nations Unies respectent les normes les plus élevées en la matière. Je vous remercie.
     
    Question 4 : Mathy Musau/ Forum des As Monsieur Ban Kimoon, vous avez évoqué tout à l’heure l’organisation de la conférence internationale humanitaire en mai prochain. Après avoir été à Kitshanga, et vous connaissez la réalité des déplacés de la RD Congo, comment comptez-vous pousser, si je peux le dire ainsi, les bailleurs de fonds à répondre favorablement dans le temps, pour apporter leurs contributions, afin de mettre en application le plan d’action humanitaire qui a été lancé le mois dernier ?
     
    Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon]
     
    En tant que Secrétaire Général, je me suis rendu dans des nombreux camps des réfugiés, ou également dans des camps des déplacés dans le monde entier, y compris dans des camps des réfugiés syriens ou d’autres camps au Moyen-Orient.  L’expérience que j’ai vécue hier, dans la région de Goma, mon expérience a été une expérience qui m’a emmenée véritablement vers l’humilité. J’ai rencontré des milliers de personnes déplacées, en particulier des enfants et des femmes qui vivent dans des camps pour personnes déplacées.
     
    Vous savez probablement, que le nombre de personnes déplacées, et que le nombre de réfugiés de par le monde, est d’environ 60 millions de personnes. Soixante millions, c’est véritablement un chiffre sans précèdent, C’est le chiffre le plus élevé depuis la fin de la deuxième .guerre mondiale. Et l’on peut dire que l’on est arrivé à une situation qui est très difficilement gérable. Les Nations Unies ont essayé véritablement de fournir une assistance humanitaire quotidienne pour sauver des vies.
     
    Nous avons distribué des denrées alimentaires, nous avons mis en place des infrastructures en matière d’assainissement, nous avons essayé d’aider à la construction d’écoles. Il faut bien sûr énormément des fonds pour tout cela. Alors il y a de plus en plus des besoins, et ce que l’on peut dire, ce que la réponse aux besoins humanitaires, la réaction elle, est, de moins en moins importante, et nous né pouvons plus continuer de cette façon. Il faut véritablement fournir une assistance humanitaire quotidienne à tous les réfugiés.
     
    Et c’est la raisons pour laquelle, pour la première fois dans l’histoire des Nations Unies, pour la première fois en soixante-dix ans, nous avons décidé de convoquer un sommet humanitaire mondial. Ce sommet va se tenir à Istanbul, le 23 et le 24 mai. Ce sommet n’a pas pour objectif de mobiliser des fonds. Notre objectif, notre premier objectif, c’est véritablement de faire savoir aux dirigeants du monde quelle est la situation actuelle. Il faut qu’ils comprennent de quoi est-ce que l’on parle exactement. Combien de personnes ont véritablement besoin d’une assistance humanitaire? Combien de vies est-ce que l’on peut sauver? Il fait véritablement que l’on ait une approche structurée, une approche durable, une approche qui nous permettrait véritablement de sauver des vies jour après jour.
     
    Et ce que je voudrais, c’est une véritable détermination de la part de dirigeants mondiaux, qu’ils viennent des pays développés ou des pays en développement. Hier, j’ai exhorté les dirigeants mondiaux. Je leur ai dit qu’il fallait réduire au moins de moitié le nombre de personnes déplacées d’ici à 2030. 2030 c’est également la date butoir pour les objectifs de développement durable. Donc d’ici à 2030, il faudra avoir réduit de moitié le nombre de personnes déplacées. C’est une question complexe effectivement. Mais s’il y a volonté politique, je pense que nous pouvons y arriver. Je compte sur la détermination de tous les dirigeants du monde. Voilà quel est l’objectif de ce sommet humanitaire mondial. Je vous remercie.
     
    Question 5 : Pascal Héros! L’opinion de Paris : Monsieur le Secrétaire général, c’est certainement l’un de vos derniers déplacements en Afrique. L’heure du bilan arrive. Quels sont les enjeux pour le continent africain alors que la situation sécuritaire, et certainement politique, s’est aggravée ces dernières années et, quel est le bilan de toute l’action des Nations Unies sur le continent?
     
    Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon] :
     
    Ce n’est pas ma dernière visite sur le continent africain. J’ai encore dix mois avant la fin de mon mandat. Effectivement, c’est ma dernière année de mandat en tant que Secrétaire général. Mais j’ai encore beaucoup de missions prévues. Je vais continuer à me rendre dans les pays africains dans les 10 mois qui nous restent. C’est peut-être ma dernière visite en RDC. Mais qui sait ? Peut-être que je vais revenir à nouveau. S’il est nécessaire, je reviendrai à nouveau. De toute façon, je suis disponible. Je suis disponible à tout moment. Si je dois aller quelque part, je suis prêt à y aller. Et je ne ménagerai aucun effort à ce sujet.
     
    La question que vous avez posée concernant les Nations Unies, c’est une question très vaste. A ce sujet, je voudrais dire aux journalistes que souvent, lorsqu’on parle de l’Afrique, on dit c’est un continent qui a besoin d’aide. Mais les leaders africains ont une vision. Une vision ‘sur le long terme. Le futur que nous voulons dans 35 ans. Et vous verrez que dans 35 ans, l’Afrique sera complètement différente.
     
    Nous savons tous qu’il y a de nombreuses crises. Et ces crises, si vous essayez de voir quelles sont les causes profondes de ces crises si vous essayez de vous attaquer aux causes profondes, alors là c’est autre chose. Alors bien sûr, v.ous avez des catastrophes naturelles, des catastrophes naturelles qui ont causé de nombreux dégâts, qui ont détruit des infrastructures, qui ont causé de nombreux décès. Mais, si vous regardez la situation avec attention, je pense qu’il faut véritablement que l’on parle de l’importance de la gouvernance, de la bonne gouvernance, d’une gouvernance transparente. Ce qui est important, c’est la bonne gouvernance. Il faut véritablement que les dirigeants s’attellent à mettre en place une bonne gouvernance.
     
    Vous vous rappellerez probablement que lors du dernier sommet de l’Union africaine en janvier dernier, j’ai soulevé cette question. Et je m’adressais aux dirigeants africains. Et cela s’applique à tout le monde. Je l’ai dit parce que j’étais au sommet de l’Union africaine. Mais j’aurais pu le dire ailleurs également. J’ai dit aux dirigeants africains : « ne vous accrochez pas au pouvoir. Ecoutez la voix de vos citoyens, écouter la voix du peuple, répondez aux problèmes auxquels se heurtent vos populations respectives». Donc, ne vous accrochez pas au pouvoir. Et surtout mettez l’accent sur la bonne gouvernance. Il faut lutter contre la corruption. Il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas d’impunité. Il faut qu’il y ait état de droit, qu’il y ait transparence, qu’il y ait bonne gouvernance.
     
    L’Afrique est un continent très riche en ressources naturelles, en ressources humaines. Comment utiliser ces ressources naturelles ? Comment utiliser ces ressources humaines ? Cela dépend des dirigeants. Il faut que les dirigeants montrent l’exemple, ce qu’il faut faire, il faut qu’ils donnent l’exemple. En donnant l’exemple, je pense que cela permettra d’accélérer les progrès socioéconomiques.  Voilà le message que j’ai réitéré à plusieurs reprises depuis que je suis Secrétaire général. J’ai dit exactement la même chose au sommet de l’Union africaine. Vous pouvez vérifier ma déclaration de l’année dernière et ma déclaration de cette année. Et vous verrez que j’ai réitéré plusieurs éléments.
     
    Il y a des sujets de préoccupation. Il y à des défis à relever sur le continent africain. Mais c’est un continent prometteur. Il y a de l’espoir. Et, les dirigeants ont adopté des programmes de développement très ambitieux. Il y a 17 objectifs de développement durable, des objectifs très ambitieux qui couvrent tous les éléments importants. Et en décembre de l’année dernière, les dirigeants du monde ont adopté d’autres objectifs très ambitieux. Il s’agit de l’accord de Paris sur les changements climatiques. Et je pense que ces deux visions (raccord sur les changements climatiques et les objectifs de développement durable) nous permettent à nous tous, y compris les Africains, de voir quelles sont les possibilités et d’œuvrer pour un futur plus prospère et un monde plus harmonieux, un monde où personne ne sera à la traîne.
     
    Je pense qu’il faut se rappeler que vous avez plus de 125 millions de personnes qui ont besoin d’une assistance humanitaire quotidienne, et cela va bien au-delà de nos capacités. Aucun pays du monde, quelles que soient ses ressources, quel que soit son pouvoir, ne peut gérer cela, aucune organisation, qu’il s’agisse des Nations Unies, l’organisation la plus légitime dans le morde, aucune organisation ne peut agir seule, nous avons besoin de la coopération et du soutien de tous, il faut par conséquent de l’unité et il faut également de la solidarité, la solidarité mondiale est nécessaire à ce stade. Et après, je suis sûr que le futur de l’Afrique sera un futur beaucoup plus prospère et beaucoup plus prometteur. Je vous remercie.
     
    Question 6, Rachel Kisita/ Numérica Télévision : Monsieur le Secrétaire général, vous rencontrez le Dr Denis Mukwege, vous immortalisez l’instant. Parmi les photos qui font la Une des médias en ligne et des réseaux sociaux, il y a une photo sur laquelle vous faites un signe de croix avec votre main comme ça. Je suis journaliste, tout est communication. Le langage n’est pas que verbal. Ban Ki-moon, que veut dire ce geste?
     
    Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon] :
     
    J’admire profondément et je respecte M. Mukwege. Je le connais depuis assez longtemps, je l’ai vu à plusieurs reprises. C’est une personne qui a énormément d’empathie, une personne qui est engagée. Nous avons besoin d’avoir des personnes comme lui. Ce n’est pas nécessaire d’être un médecin. Vous pouvez être autre chose. Mais on a besoin de ce type d’engagement humanitaire, nous avons besoin de ce type d’esprit d’initiative. Il a traité et aidé plus de 13.000 femmes, des femmes qui avaient été violées, des femmes qui avaient perdu toute dignité humaine. Et je pense par conséquent qu’il faut qu’il soit admiré, qu’il soit respecté car c’est un véritable symbole, le symbole de l’empathie. Il travaille pour aider les groupes vulnérables. En tant que Secrétaire général des Nations Unies, je pense qu’il faut montrer l’exemple, mais il y a très peu de personnes qui montrent l’exemple. Et donc je pense qu’il faut véritablement montrer aux dirigeants du monde qu’il y a énormément de personnes qui peuvent faire des choses. Vous avez des leaders de la société civile; vous avez des acteurs de la société civile qui agissent et je pense qu’il est possible pour tous de contribuer et d’aider les groupes vulnérables.
     
    Les Nations Unies sont engagées à aider les groupes vulnérables, nous souhaitons protéger les droits de l’Homme de groupes vulnérables, des femmes, des jeunes filles, surtout dans les zones de conflit. Ce sont elles qui souffrent et c’est la raison pour Laquelle, hier, nous avons montré notre solidarité. Donc ce signe était un signe de solidarité, notre solidarité pour les femmes, pour les groupes vulnérables, pour tous ceux dont nous devons protéger les droits. Et j’espère qu’il y aura d’autres personnes comme M. Mukwege, qu’il y a d’autres personnes qui feront preuve de compassion et d’empathie comme lui.
    Je voue remercie.
    Le Phare
  • Nkurunziza et le Burundi sifflent et désignent nommément Paul Kagamé comme l’« ennemi » du Burundi

    Nkurunziza et le Burundi sifflent et désignent nommément Paul Kagamé comme l’« ennemi » du Burundi

    Mufocol Tshiyoyo
    Mufocol Tshiyoyo

    -Voilà ce que ceux de Kinshasa devraient normalement faire. Et par où il faut commencer en RD-Congo, c’est-à-dire se trouver un ennemi. Ce dernier doit être commun aux Congolais. C’est comme on le vit partout ailleurs. L’ennemi qui est désigné est soit une idéologie (le communisme pour l’Occident capitaliste), soit un État étranger, mais un adversaire commun et unique à tout le monde, de gauche, de droite ou du centre. Car, et ainsi désigné, sa désignation répond au besoin de mobilisation générale. On rassemble et éduque civiquement le peuple derrière l’idée d’appartenance à une seule, unique et même nation. C’est par cette voie qu’on lui souffle un esprit patriotique, le sens de la patrie. Che aurait dit : « Patria o muerte ».
    L’identité nationale se construit. Et elle est une œuvre portée par des hommes, ceux qui se veulent « acteurs » de l’histoire d’une multitude. Etre congolais mérite que quelqu’un se consacre à son idée à son rêve, à son idéal, lui donne son temps et se prive pour une certaine idée de vivre en commun. Et ici, j’accorde, moi, toute son importance à l’idée d’un ennemi commun, parce qu’il aura comme effet de cimenter le peuple, de rassembler tout le monde, je dis bien et souligne tout le monde, surtout en ce moment où la RD-Congo est appelée à tirer des leçons de ses différents assujettissements. Je continue de croire en l’histoire comme une violence. Et elle l’est et le sera. Alors devant sa violence, un leadership irréductible unit l’ensemble de son peuple face aux périls. J’en appelle vivement au peuple et l’heure s’invite au rendez-vous.
    Et à propos de la notion de l’ennemi en politique, Julien Freund, auteur d’une sorte de bible en science politique, « L’Essence du politique », écrit, je cite : « […] Il n’y a point de politique sans ennemi réel ou virtuel. Une pareille proposition risque […] de choquer tous ceux qui rêvent de la politique idéale, du gouvernement le meilleur et de la société la plus juste et la plus harmonieuse. C’est avec horreur qu’ils repousseront l’idée que l’inimitié est une présupposé du politique », (Freund, 2004 :1).
    N’est-ce pas nous renseignent l’histoire et ailleurs ! L’ennemi est souvent à l’extérieur. Il est autrui. Il vient de loin. On le fabrique. Les USA en ont fabriqué et en fabriquent régulièrement, notamment Bin Laden, Saddam, Kadhafi, ce fut également le cas du le nègre pour l’Occident hier, etc. Paul Kagamé et Museveni avaient et ont désigné leur ennemi commun : la Rd-Congo. Mais que faisons nus à la place ? Ceux de Kinshasa et sa fameuse opposition du système se distingue par un amateurisme criant. La RD-Congo a déjà connu tout ce qui se dit et qui se fait au Congo. Il faut en inventer autre chose.
    Et pour ce qui de Nkurunziza, ce n’est pas que j’aime l’homme, que l’on cesse de me faire un faux procès là-dessus, mais nous sommes en guerre et nous le sommes contre Paul Kagamé et ses mercenaires dans la région. Je pense et je le dis que le temps de pleurnicher est révolu. Si Nkurunziza s’en prenait à Paul Kagamé, j’affirme que l’homme et le Burundi ouvrent par- là la voie pour que les peuples dans la région se mobilisent contre un ennemi commun. Je me demande ce que nous, comme peuple, nous faisons.
    Je parle la langue du peuple. Et ce peuple revendique sa seconde et véritable indépendance. « Le prix de l’homme baisse quand il n’a plus l’usage de sa liberté», a dit un jour le célèbre vietnamien Hô Chi Minh.

    LikamboyamabeleLikamboyamakila

    Mufoncol Tshiyoyo
    Le Président National du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle Mouvement Politico-militaire,
    mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com,
    004745007236, Facebook : Mufoncol Tshiyoyo

  • Les congolais d’origine ayant contracté une autre nationalité ne perdront plus leur nationalité congolaise

    Les congolais d’origine ayant contracté une autre nationalité ne perdront plus leur nationalité congolaise

    Antoine-Boyamba-La notion de nationalité congolaise, “une et exclusive”, pourrait bientôt disparaître.

    Suivant une disposition adoptée par les concertations nationales, le gouvernement de cohésion nationale prépare une loi modifiant cette disposition constitutionnelle, a annoncé à TOP CONGO FM, Antoine Boyamba.

    “Ce gouvernement a été formé pour appliquer les résolutions des concertations nationales et une des résolutions de ces concertations préconise l’irrévocabilité de la nationalité congolaise”, rappelle le vice ministre des congolais de l’étranger.

    “Tous ceux qui sont nés congolais ou ont des ascendances congolaises ne pourront ainsi plus être déchus de la nationalité quel que soit le problème qu’ils posent à leur pays”.

    Pour le vice-ministre, “on ne peut pas enlever à quelqu’un ses origines, il est grand temps que le Congo rallie la plupart des pays forts à travers le monde. Le cas d’israël qui bénéficie beaucoup de sa diaspora est le plus évident. Autour de nous, les Rwanda, Congo-Brazzaville, Angola, Zambie, etc…, sont des pays où cette chose fonctionne”.

    Antoine Boyamba annonce que le gouvernement va bientôt déposer un projet de loi, “j’espère déjà à la session du mois de mars”.

    Il faudra pour cela que la constitution soit révisée, reconnaît le vice-ministre, “cela demande que l’article 10 soit révisé soit par référendum soit par les 3/5 du parlement. L’article 10 uniquement et pas l’article 220”, de bien préciser Antoine Boyamba.

    TopCongo

  • le camp Kabila confronté à une nouvelle fronde

    le camp Kabila confronté à une nouvelle fronde

    aubin-joseph-augustin-Selon une requête adressée mardi à la Ceni, la Majorité présidentielle (MP), coalition au pouvoir en RD Congo, réclame le “retrait des candidatures des partis politiques et personnalités membres de la MP” qui n’ont pas obtenu “quitus de [leur] famille politique” pour se présenter à l’élection des gouverneurs dans les nouvelles provinces.

    La Majorité présidentielle (MP) semble s’acheminer vers une nouvelle crise en RD Congo. Après le départ de sept partis (G7) et de Moïse Katumbi, le dernier gouverneur de la province minière de l’ex-Katanga, la coalition au pouvoir semble être aux prises avec une nouvelle rébellion interne.

    Dans une requête adressée le 23 février au bureau de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), dont Jeune Afrique a pu consulter une copie, Aubin Minaku, chef de la coalition au pouvoir, a rejeté le dépôt des candidatures pour l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs dans les 21 nouvelles provinces de certains « membres des partis et personnalités politiques de la MP » qui n’ont pas obtenu le « quitus de [leur] famille politique ».

    Dans le collimateur du secrétaire général de la MP, « l’on retrouve entre autres 10 des 14 candidats du camp présidentiel qui ont choisi de déposer leur candidature en qualité d’indépendants dans le Tanganyika, le Haut-Lomami, le Lualaba et le Haut-Katanga, quatre nouvelles provinces de l’ex-Katanga », confie une source proche du dossier.

    Vers l’annulation de ces candidatures ?

    Dans son courrier, la MP rappelle qu’elle « s’est fait l’honneur de déposer les listes de ses candidats gouverneurs et vice-gouverneurs [le 10 février] à travers le provinces concernées » et que toutes les autres candidatures déposées après cette date et celles qui « ne sont pas soutenues par des mandats et procurations politiques de la famille politique (…) tombent caduques ».

    La coalition au pouvoir exige enfin que les nouveaux frondeurs, qui « prétextent devenir indépendants » prouvent leur départ de la coalition au pouvoir pour concourir. Et peu importe si le président Joseph Kabila lui-même, autorité morale de la MP, s’est toujours présenté à la présidentielle comme « candidat indépendant ».

    Jeune Afrque- Trésor Kibangula

  • Blaise Compaoré est citoyen ivoirien et devrait échapper à la justice

    Blaise Compaoré est citoyen ivoirien et devrait échapper à la justice

    ????????????????????????????????????

    -C’est désormais officiel : Blaise Compaoré, l’ancien président burkinabè, est Ivoirien. Son décret de naturalisation, signé de la main du président Alassane Ouattara, est daté de novembre 2014, soit seulement un mois après la chute de l’ancien président. Ce décret a été publié au Journal officiel en janvier 2016. L’ancien président du Burkina Faso est exilé en Côte d’Ivoire depuis qu’il a été chassé du pouvoir. Blaise Compaoré fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour son implication présumée dans la mort de l’ancien chef d’Etat Thomas Sankara. Il devrait donc devrait échapper à la justice car il ne peut pas être extradé.

    Le décret numéro 2014-701 ne fait qu’une vingtaine de lignes. Signé d’Alassane Ouattara, il annonce sobrement, que suite à sa demande, Blaise Compaoré, né en 1951 à Ouagadougou, est naturalisé ivoirien. Le décret suivant annonce, lui, la naturalisation de François Compaoré, le frère de l’ancien président burkinabè.

    Les textes sont datés du 17 novembre 2014, soit à peine plus de quinze jours après la chute de l’ex-chef d’Etat et son exil à Abidjan. Mais ils sont entrés en vigueur au lendemain de leur publication, le 18 janvier 2016.

    Ces naturalisations interviennent donc un mois seulement après l’émission d’un mandat d’arrêt international par la justice du Burkina Faso contre l’ancien président du pays. Celui-ci est inculpé pour son rôle présumé dans l’assassinat de l’ancien président du Burkina Faso Thomas Sankara en 1987 lors d’un coup d’Etat qui porta Blaise Compaoré au pouvoir. De plus, il est impliqué d’attentat contre la sûreté de l’Etat, complicité d’assassinat et complicité de recel de cadavre.

    Les autorités ivoiriennes ne souhaitent pas commenter ces informations. « C’est une affaire strictement personnelle », réagit ainsi une source.

    Blaise Compaoré devrait donc devrait échapper à la justice du pays qu’il a dirigé pendant de longues années. Etant donné les liens d’amitié entre Blaise Compaoré et Alassane Ouattara, une extradition semblait peu probable, après cette naturalisation, elle l’est encore moins.

    « Lamentable »

    En tout cas, la nouvelle fait débat à Ouagadougou. Si certains partisans de l’ancien président n’y voient aucun inconvénient, d’autres par contre, ses adversaires, qualifient d’acte « honteux » de celui qui a dirigé le Burkina Faso pendant 27 ans.

    Pour Pascal Zaida, secrétaire exécutif du mouvement populaire des jeunes, un mouvement qui avait soutenu le projet de référendum défendu par les partisans de l’ancien président, il sera difficile pour Blaise Compaoré de se présenter devant une justice à deux vitesses. « Nous estimons que d’un point de vue légal, c’est normal, il peut avoir la nationalité, ce n’est pas interdit. Maintenant, vous savez que nous sommes dans un pays où sous la transition, il y avait la justice des vainqueurs, et c’est cette même justice qui prévaut aujourd’hui. Si les autorités actuelles peuvent lui garantir une justice impartiale et équitable, je ne vois pas pourquoi il ne viendra pas y répondre. Mais par contre, si c’est pour faire encore la justice des vainqueurs, il a bien entendu raison de prendre la nationalité ivoirienne. »

    La stabilité du pays reste la priorité

    De l’autre côté, les mouvements qui ont mené la lutte contre le régime de Blaise Compaoré, se disent affligés par cette décision de l’ancien président burkinabè de se réfugier sous une autre nationalité. « En un mot comme en mille, c’est tout simplement lamentable. Il l’a fait pour échapper à la justice de son pays, parce qu’il sait que la Côte d’Ivoire n’extrade pas ses ressortissants. Mais ceci est terriblement honteux. Il jette l’opprobre sur lui-même et sur tous ceux qui sont liés à lui », déplore Ismaël Diallo, coordonnateur du Front de renforcement de la citoyenneté.

    A moins de renoncer à la nationalité burkinabè, poursuit Ismaël Diallo, Blaise Compaoré « n’échappera pas éternellement à la justice de son pays ».

    Mais, à Ouagadougou, on estime, presque résigné, que l’urgence est ailleurs. L’important pour la stabilité du pays, c’est surtout de neutraliser les anciens membres de l’ex-régiment de sécurité présidentielle, déclarait ainsi Alpha Barry lundi lors de sa visite à Abidjan. Après l’extradition de Moussa Niébé, considéré comme un des fidèles de Blaise Compaoré. Le ministre burkinabè des Affaires étrangères assurait qu’Alassane Ouattara s’était engagé à aider le Burkina Faso à arrêter les ex-soldats du RSP.

    «Rambo», pilier de l’ex-RSP, extradé de Côte d’Ivoire

    Quand on regarde les conditions de naturalisation en droit ivoirien, on se rend compte qu’il y a quand même une condition de durée que ni Blaise Compaoré, ni son frère, ne remplissent
    Guy Hervé Kam

    rfi