-Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon :
Â
Mesdames et Messieurs,
Â
Jâarrive au terme de ma cinquiĂšme visite en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC) en tant que SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de lâONU. Une fois encore, je tiens Ă remercier les autoritĂ©s et la population congolaises de leur accueil chaleureux. . La situation en RDC et dans, ensemble de la rĂ©gion des Grands Lacs reste au premier rang des prioritĂ©s des Nations Unies.
Â
Nous nous sommes employĂ©s Ă nous acquitter du mieux possible de notre mandat de protection des civils et Ă promouvoir un dialogue politique ouvert. La population de la RDC mĂ©rite de vivre en paix et en toute sĂ©curitĂ©. Je me fĂ©licite de lâannonce faite rĂ©cemment du renouvellement de la coopĂ©ration entre les Forces armĂ©es de la RDC et la Monusco dans le cadre de la lutte contre les ADF, les FDLR et dâautres groupes armĂ©s. Hier, je me suis rendu dans un camp pour 15.000 personnes dĂ©placĂ©es dans la province du Nord Kivu. Je suis trĂšs Ă©mu par tout ce que jâai entendu et ce que jâai vu. Câest une leçon dâhumilitĂ© pour moi. En tant que SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, je vais Ă la rencontre des plus vulnĂ©rables, des plus fragiles. Je veux ĂȘtre leur avocat, la voix de ceux qui nâen ont pas.
Â
Je pense que nous devons amĂ©liorer lâassistance humanitaire. Câest pourquoi je vais organiser le premier Sommet, humanitaire mondial Ă Istanbul, en Turquie, au mois de mai. Je pense aussi que lâassistance humanitaire et le dĂ©veloppement doivent mieux travailler ensemble pour changer la vie des gens que jâai rencontrĂ©s.
Â
Mesdames et messieurs les [représentants] des médias
Â
Aujourdâhui Ă Kinshasa, jâai eu lâoccasion de rencontrer le PrĂ©sident Kabila. Jâai mĂȘme rencontrĂ© des responsables parlementaires ainsi que les reprĂ©sentants des parties politiques dâopposition et de la sociĂ©tĂ© civile. Je les ai exhortĂ©s Ă sâengager dans un dialogue politique constructif, leur rappelant de placer les intĂ©rĂȘts de la population au centre de leurs dĂ©bats.
Â
Je les ai Ă©galement appelĂ©s Ă tout mettre en Ćuvre afin que les Ă©lections soient crĂ©dibles, inclusives et conformes Ă la Constitution, le respect des droits de lâHomme de tous les individus est une condition essentielle Ă la paix et Ă la stabilitĂ©. Je suis prĂ©occupĂ© par lĂ©s restrictions croissantes de lâespace dĂ©mocratique et en particulier, celles qui sont imposĂ©es et aux membres de lâopposition, aux journalistes et aux reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile. La libertĂ© dâexpression et dâassociation et le droit des rĂ©unions pacifiques sont indispensables Ă une vie politique dynamique et Ă la dĂ©mocratie.
Â
Mesdames et messieurs, ce matin, jâai participĂ© Ă la confĂ©rence sur les investissements du secteur privĂ© organisĂ©e sous les auspices du bureau de mon EnvoyĂ© spĂ©cial pour la rĂ©gion des Grands Lacs et de la ConfĂ©rence internationale sur la rĂ©gion des Grands Lacs.
Â
La RD Congo et la rĂ©gion possĂšdent un grand potentiel, elles connaissent une croissance Ă©conomique impressionnante, mais il reste encore Ă faire pour amĂ©liorer les conditions de vie, dĂ©velopper lâemploi des jeunes, promouvoir la croissance pour tous, et ne laisser personne Ă la traĂźne. Si nousâ parvenons Ă tirer parti du potentiel du secteur privĂ©, en attirant les investissements dans la rĂ©gion des Grands Lacs, nous enverrons alors un message puissant, chargĂ© dâespoir et de promesses. Pour cela, le secteur privĂ© doit avoir lâassurance que les investissements ne seront pas menacĂ©s par des crises politiques et sĂ©curitaires majeures.
Â
Avant de quitter ce pays, je voudrais rendre hommage Ă tous mes collĂšgues de lâON U qui font preuve de dĂ©veloppement et de dĂ©termination. LâONU est les organisations qui lui sont apparentĂ©es prennent lâengagement de continuer Ă Ćuvrer pour appuyer les aspirations du peuple congolais Ă un avenir meilleur et pacifique. Je vous remercie.
Question 1, Laurette Mandala/Africa TV : Monsieur Ban Ki-moon, vous avez pris part Ă lâouverture de la ConfĂ©rence sur les investissements du secteur privĂ© dans la rĂ©gion des Grands Lacs, aujourdâhui. Et vous le savez, cette rĂ©gion est encore en proie aux tensions dans certaines de ses parties. Câest le cas par exemple du Burundi, du Soudan du Sud et de la RD Congo. Et moiâ, jâaimerais savoir comment les Nations Unies comptent-elles soutenir cette dynamique et la traduire en acte, pour que le peuple de la rĂ©gion des Grands Lacs vive enfin des retombĂ©es de ses efforts ? Et jâaimerais Ă©galement demander Ă monsieur le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral sur le processus Ă©lectoral qui est presque bloquĂ© en ROC, et le dialogue semble Ă©galement grippĂ©, quel est le message que vous avez apportĂ© aux uns et aux autres, pour quâil y ait ouverture?
Â
Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon] :
Â
[Concernant] la question qui portait sur le processus Ă©lectoral en RDC, je suis prĂ©occupĂ© par le retard intervenu dans le cadre du processus Ă©lectoral et le retard dans le calendrier Ă©lectoral. Il y a de plus en plus de tensions concernant le troisiĂšme mandat du PrĂ©sident Kabila. Jâai donc encouragĂ© toutes les parties prenantes Ă convenir dâun calendrier Ă©lectoral consensuel. Le dialogue national qui a Ă©tĂ© proposĂ© par le prĂ©sident, si ce dialogue est un dialogue inclusif, un dialogue crĂ©dible, et si ce dialogue est conforme Ă la Constitution, ce dialogue peut vĂ©ritablement permettre dâapaiser les tensions et partant, de crĂ©er un environnement favorable Ă des Ă©lections pacifiques, transparentes et crĂ©dibles.
Â
Pour ce qui est des droits de lâHomme, les droits de lâHommes doivent ĂȘtre respectĂ©s Ă tout moment. Il est Ă©galement important que les droits fondamentaux, les libertĂ©s fondamentales, la libertĂ© de la presse, la libertĂ© dâexpression, la libertĂ© de se rassembler, que toutes ces libertĂ©s soient respectĂ©es pendant la pĂ©riode Ă©lectorale. Je vous remercie.
Â
Vous avez Ă©galement posĂ© une autre question concernant la confĂ©rence Ă laquelle jâai participĂ© ce matin, la confĂ©rence sur les investissements du secteur privĂ© dans la rĂ©gion des Grands Lacs, cette confĂ©rence constitue une initiative trĂšs importante. La RD Congo a fait des progrĂšs socio-Ă©conomiques importants. Nous avons pu le constater. Cela Ă©tant, il y a des sujets de prĂ©occupation en matiĂšre de sĂ©curitĂ© et en matiĂšre de paix, surtout dans la partie Est du pays. Et je pense que cette confĂ©rence a Ă©tĂ© une confĂ©rence particuliĂšrement opportune. Il Ă©tait important que les dirigeants de la rĂ©gion des Grands Lacs puissent se rĂ©unir, et puissent commencer Ă travailler sur lâAccord-cadre de paix, de sĂ©curitĂ© et de coopĂ©ration.
Â
Et comme je lâai indiquĂ© ce matin, la RD Congo est un pays qui a des ressources naturelles abondantes, mais il est trĂšs important que lâon connaisse la RDC comme Ă©tant un pays oĂč, il existe des ressources humaines compĂ©tentes et Ă©duquĂ©es. Je pense par consĂ©quent que le fait dâavoir organisĂ© cette confĂ©rence pour attirer des investissements Ă©trangers, je pense que cela sera essentiel pour le dĂ©veloppement durable de ce pays, et câest la raison pour laquelle jâai participĂ© Ă cette confĂ©rence aujourdâhui.
Â
Question 2 : Kelly Nkute/ Radio Okapi Monsieur le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, vous avez rencontrĂ© le chef de lâEtat, la classe politique congolaise, la sociĂ©tĂ© civile. Au regard de tous ces entretiens que vous avez eus avec eux, est-ce que vous ĂȘtes optimiste quant Ă un consensus entre Congolais pour aller vers des Ă©lections apaisĂ©es? Et puis je voudrais aussi savoir si vous pensez que les opĂ©rations des FARDC soutenues par la MONUSCO, vont effectivement commencer dâici lĂ ?,
Â
SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies [Ban Kimoon] : Je pense que jâai dĂ©jĂ rĂ©pondu Ă la premiĂšre partie de votre question. Effectivement, jâai rencontrĂ© le prĂ©sident Kabila, le Premier ministre, le ministre des Affaires Ă©trangĂšres, et pendant nos discussions, jâai discutĂ© de toutes ces questions. Jâai discutĂ© de la façon dont les Nations Unies et le Gouvernement congolais peuvent travailler ensemble pour promouvoir la paix, la sĂ©curitĂ©, les droits de lâHomme et le dĂ©veloppement.
Â
Et comme vous lâavez indiquĂ©, jâai Ă©galement eu une rencontre avec les reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile, jâai Ă©galement eu une rencontre avec les dirigeants des partis de lâopposition, et avec les reprĂ©sentants de la majoritĂ© prĂ©sidentielle.
Â
Jâai Ă©coutĂ© les positions des uns et des autres. Et jâai Ă©galement transmis toutes ces observations au chef de lâEtat. Il faut quâil y ait un dialogue consensuel entre toutes les parties prenantes. Et jâai encouragĂ© le prĂ©sident Ă entreprendre n dialogue inclusif. Toutes les parties que jâai rencontrĂ©es mâont indiquĂ© quâelles souhaitaient participer Ă un dialogue inclusif. De toutes les façons, il nây a pas dâautres solutions. La seule solution, câest le dialogue inclusif.
Â
Pour ce qui est de la deuxiĂšme partie de votre question, comme je viens de lâindiquer dans mes propos liminaires, nous nous fĂ©licitons de la reprise de la coopĂ©ration entre les Forces armĂ©es congolaises et la Monusco. Nous avons discutĂ© de cette question assez longuement. Nous avons essayĂ© de voir comment est-ce que nous pouvons mieux coordonner, comment est-ce que nous pouvons mieux coopĂ©rer, comment est-ce que nous pouvons mieux contribuer, afin de pouvoir rĂ©pondre aux prĂ©occupations sĂ©curitaires. Nous sommes engagĂ©s Ă continuer Ă travailler avec le Gouvernement et les Forces [armĂ©es] de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo.
Â
Question 3 : Steve Wembi/ Agence Chine Nouvelle : Monsieur le SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral, la RD Congo est un pays qui a contribuĂ© avec les Casques bleus en Centrafrique. Et les jours qui sont passĂ©s, les Casques bleus de la RD Congo ont Ă©tĂ© Ă©jectĂ©s de ce pays, de la Mission de lâONU en Centrafrique, alors quâil y a dâautres pays, dâautres Casques bleus qui ont Ă©tĂ© accusĂ©s des mĂȘmes faits que les Casques bleus de la RD Congo. Pourquoi ce « deux poids deux mesures » ?
Â
Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon] :
Â
Nous avons rĂ©alisĂ© lâĂ©valuation complĂšte des contingents. qui sont dĂ©ployĂ©s dans les diffĂ©rentes missions. AprĂšs cette Ă©valuation, nous avons constatĂ© que les troupes de la RD Congo en RĂ©publique Centrafricaine, quâelles ne respectaient pas les normes nĂ©cessaires en matiĂšre de matĂ©riels, en matiĂšre de prĂ©paration et dans dâautres domaines Ă©galement.
Â
Les Nations Unies souhaiteraient remercier la RD Congo pour sa contribution Ă la paix en RĂ©publique Centrafricaine, dans le cadre de la MISCA et dans le cadre de la MINUSCA. Et nous souhaitons continuer Ă travailler en Ă©troite collaboration avec lâarmĂ©e congolaise, afin dâamĂ©liorer ses performances, y compris en matiĂšre de respect des droits de lâHomme dans le cadre de diffĂ©rentes opĂ©rations. Des progrĂšs ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s. Beaucoup reste Ă faire certes, mais je suis convaincu quâil nous sera possible de continuer Ă coopĂ©rer Ă lâavenir.
Â
Pour ce qui est de cas de maltraitance et dâabus sexuels impliquant les troupes des Nation Unies, jâai une politique de tolĂ©rance zĂ©ro. Et je voudrais que les pays fournisseurs de contingents, respectent pleinement les normes en matiĂšre dâobligation traditionnelle. Une norme que nous avons mise en place. Il est essentiel, il est essentiel, que les troupes des Nations Unies respectent les normes les plus Ă©levĂ©es en la matiĂšre. Je vous remercie.
Â
Question 4 : Mathy Musau/ Forum des As Monsieur Ban Kimoon, vous avez Ă©voquĂ© tout Ă lâheure lâorganisation de la confĂ©rence internationale humanitaire en mai prochain. AprĂšs avoir Ă©tĂ© Ă Kitshanga, et vous connaissez la rĂ©alitĂ© des dĂ©placĂ©s de la RD Congo, comment comptez-vous pousser, si je peux le dire ainsi, les bailleurs de fonds Ă rĂ©pondre favorablement dans le temps, pour apporter leurs contributions, afin de mettre en application le plan dâaction humanitaire qui a Ă©tĂ© lancĂ© le mois dernier ?
Â
Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon]
Â
En tant que SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral, je me suis rendu dans des nombreux camps des rĂ©fugiĂ©s, ou Ă©galement dans des camps des dĂ©placĂ©s dans le monde entier, y compris dans des camps des rĂ©fugiĂ©s syriens ou dâautres camps au Moyen-Orient. LâexpĂ©rience que jâai vĂ©cue hier, dans la rĂ©gion de Goma, mon expĂ©rience a Ă©tĂ© une expĂ©rience qui mâa emmenĂ©e vĂ©ritablement vers lâhumilitĂ©. Jâai rencontrĂ© des milliers de personnes dĂ©placĂ©es, en particulier des enfants et des femmes qui vivent dans des camps pour personnes dĂ©placĂ©es.
Â
Vous savez probablement, que le nombre de personnes dĂ©placĂ©es, et que le nombre de rĂ©fugiĂ©s de par le monde, est dâenviron 60 millions de personnes. Soixante millions, câest vĂ©ritablement un chiffre sans prĂ©cĂšdent, Câest le chiffre le plus Ă©levĂ© depuis la fin de la deuxiĂšme .guerre mondiale. Et lâon peut dire que lâon est arrivĂ© Ă une situation qui est trĂšs difficilement gĂ©rable. Les Nations Unies ont essayĂ© vĂ©ritablement de fournir une assistance humanitaire quotidienne pour sauver des vies.
Â
Nous avons distribuĂ© des denrĂ©es alimentaires, nous avons mis en place des infrastructures en matiĂšre dâassainissement, nous avons essayĂ© dâaider Ă la construction dâĂ©coles. Il faut bien sĂ»r Ă©normĂ©ment des fonds pour tout cela. Alors il y a de plus en plus des besoins, et ce que lâon peut dire, ce que la rĂ©ponse aux besoins humanitaires, la rĂ©action elle, est, de moins en moins importante, et nous nĂ© pouvons plus continuer de cette façon. Il faut vĂ©ritablement fournir une assistance humanitaire quotidienne Ă tous les rĂ©fugiĂ©s.
Â
Et câest la raisons pour laquelle, pour la premiĂšre fois dans lâhistoire des Nations Unies, pour la premiĂšre fois en soixante-dix ans, nous avons dĂ©cidĂ© de convoquer un sommet humanitaire mondial. Ce sommet va se tenir Ă Istanbul, le 23 et le 24 mai. Ce sommet nâa pas pour objectif de mobiliser des fonds. Notre objectif, notre premier objectif, câest vĂ©ritablement de faire savoir aux dirigeants du monde quelle est la situation actuelle. Il faut quâils comprennent de quoi est-ce que lâon parle exactement. Combien de personnes ont vĂ©ritablement besoin dâune assistance humanitaire? Combien de vies est-ce que lâon peut sauver? Il fait vĂ©ritablement que lâon ait une approche structurĂ©e, une approche durable, une approche qui nous permettrait vĂ©ritablement de sauver des vies jour aprĂšs jour.
Â
Et ce que je voudrais, câest une vĂ©ritable dĂ©termination de la part de dirigeants mondiaux, quâils viennent des pays dĂ©veloppĂ©s ou des pays en dĂ©veloppement. Hier, jâai exhortĂ© les dirigeants mondiaux. Je leur ai dit quâil fallait rĂ©duire au moins de moitiĂ© le nombre de personnes dĂ©placĂ©es dâici Ă 2030. 2030 câest Ă©galement la date butoir pour les objectifs de dĂ©veloppement durable. Donc dâici Ă 2030, il faudra avoir rĂ©duit de moitiĂ© le nombre de personnes dĂ©placĂ©es. Câest une question complexe effectivement. Mais sâil y a volontĂ© politique, je pense que nous pouvons y arriver. Je compte sur la dĂ©termination de tous les dirigeants du monde. VoilĂ quel est lâobjectif de ce sommet humanitaire mondial. Je vous remercie.
Â
Question 5 : Pascal HĂ©ros! Lâopinion de Paris : Monsieur le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, câest certainement lâun de vos derniers dĂ©placements en Afrique. Lâheure du bilan arrive. Quels sont les enjeux pour le continent africain alors que la situation sĂ©curitaire, et certainement politique, sâest aggravĂ©e ces derniĂšres annĂ©es et, quel est le bilan de toute lâaction des Nations Unies sur le continent?
Â
Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon] :
Â
Ce nâest pas ma derniĂšre visite sur le continent africain. Jâai encore dix mois avant la fin de mon mandat. Effectivement, câest ma derniĂšre annĂ©e de mandat en tant que SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral. Mais jâai encore beaucoup de missions prĂ©vues. Je vais continuer Ă me rendre dans les pays africains dans les 10 mois qui nous restent. Câest peut-ĂȘtre ma derniĂšre visite en RDC. Mais qui sait ? Peut-ĂȘtre que je vais revenir Ă nouveau. Sâil est nĂ©cessaire, je reviendrai Ă nouveau. De toute façon, je suis disponible. Je suis disponible Ă tout moment. Si je dois aller quelque part, je suis prĂȘt Ă y aller. Et je ne mĂ©nagerai aucun effort Ă ce sujet.
Â
La question que vous avez posĂ©e concernant les Nations Unies, câest une question trĂšs vaste. A ce sujet, je voudrais dire aux journalistes que souvent, lorsquâon parle de lâAfrique, on dit câest un continent qui a besoin dâaide. Mais les leaders africains ont une vision. Une vision âsur le long terme. Le futur que nous voulons dans 35 ans. Et vous verrez que dans 35 ans, lâAfrique sera complĂštement diffĂ©rente.
Â
Nous savons tous quâil y a de nombreuses crises. Et ces crises, si vous essayez de voir quelles sont les causes profondes de ces crises si vous essayez de vous attaquer aux causes profondes, alors lĂ câest autre chose. Alors bien sĂ»r, v.ous avez des catastrophes naturelles, des catastrophes naturelles qui ont causĂ© de nombreux dĂ©gĂąts, qui ont dĂ©truit des infrastructures, qui ont causĂ© de nombreux dĂ©cĂšs. Mais, si vous regardez la situation avec attention, je pense quâil faut vĂ©ritablement que lâon parle de lâimportance de la gouvernance, de la bonne gouvernance, dâune gouvernance transparente. Ce qui est important, câest la bonne gouvernance. Il faut vĂ©ritablement que les dirigeants sâattellent Ă mettre en place une bonne gouvernance.
Â
Vous vous rappellerez probablement que lors du dernier sommet de lâUnion africaine en janvier dernier, jâai soulevĂ© cette question. Et je mâadressais aux dirigeants africains. Et cela sâapplique Ă tout le monde. Je lâai dit parce que jâĂ©tais au sommet de lâUnion africaine. Mais jâaurais pu le dire ailleurs Ă©galement. Jâai dit aux dirigeants africains : « ne vous accrochez pas au pouvoir. Ecoutez la voix de vos citoyens, Ă©couter la voix du peuple, rĂ©pondez aux problĂšmes auxquels se heurtent vos populations respectives». Donc, ne vous accrochez pas au pouvoir. Et surtout mettez lâaccent sur la bonne gouvernance. Il faut lutter contre la corruption. Il faut veiller Ă ce quâil nây ait pas dâimpunitĂ©. Il faut quâil y ait Ă©tat de droit, quâil y ait transparence, quâil y ait bonne gouvernance.
Â
LâAfrique est un continent trĂšs riche en ressources naturelles, en ressources humaines. Comment utiliser ces ressources naturelles ? Comment utiliser ces ressources humaines ? Cela dĂ©pend des dirigeants. Il faut que les dirigeants montrent lâexemple, ce quâil faut faire, il faut quâils donnent lâexemple. En donnant lâexemple, je pense que cela permettra dâaccĂ©lĂ©rer les progrĂšs socioĂ©conomiques. VoilĂ le message que jâai rĂ©itĂ©rĂ© Ă plusieurs reprises depuis que je suis SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral. Jâai dit exactement la mĂȘme chose au sommet de lâUnion africaine. Vous pouvez vĂ©rifier ma dĂ©claration de lâannĂ©e derniĂšre et ma dĂ©claration de cette annĂ©e. Et vous verrez que jâai rĂ©itĂ©rĂ© plusieurs Ă©lĂ©ments.
Â
Il y a des sujets de prĂ©occupation. Il y Ă des dĂ©fis Ă relever sur le continent africain. Mais câest un continent prometteur. Il y a de lâespoir. Et, les dirigeants ont adoptĂ© des programmes de dĂ©veloppement trĂšs ambitieux. Il y a 17 objectifs de dĂ©veloppement durable, des objectifs trĂšs ambitieux qui couvrent tous les Ă©lĂ©ments importants. Et en dĂ©cembre de lâannĂ©e derniĂšre, les dirigeants du monde ont adoptĂ© dâautres objectifs trĂšs ambitieux. Il sâagit de lâaccord de Paris sur les changements climatiques. Et je pense que ces deux visions (raccord sur les changements climatiques et les objectifs de dĂ©veloppement durable) nous permettent Ă nous tous, y compris les Africains, de voir quelles sont les possibilitĂ©s et dâĆuvrer pour un futur plus prospĂšre et un monde plus harmonieux, un monde oĂč personne ne sera Ă la traĂźne.
Â
Je pense quâil faut se rappeler que vous avez plus de 125 millions de personnes qui ont besoin dâune assistance humanitaire quotidienne, et cela va bien au-delĂ de nos capacitĂ©s. Aucun pays du monde, quelles que soient ses ressources, quel que soit son pouvoir, ne peut gĂ©rer cela, aucune organisation, quâil sâagisse des Nations Unies, lâorganisation la plus lĂ©gitime dans le morde, aucune organisation ne peut agir seule, nous avons besoin de la coopĂ©ration et du soutien de tous, il faut par consĂ©quent de lâunitĂ© et il faut Ă©galement de la solidaritĂ©, la solidaritĂ© mondiale est nĂ©cessaire Ă ce stade. Et aprĂšs, je suis sĂ»r que le futur de lâAfrique sera un futur beaucoup plus prospĂšre et beaucoup plus prometteur. Je vous remercie.
Â
Question 6, Rachel Kisita/ NumĂ©rica TĂ©lĂ©vision : Monsieur le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, vous rencontrez le Dr Denis Mukwege, vous immortalisez lâinstant. Parmi les photos qui font la Une des mĂ©dias en ligne et des rĂ©seaux sociaux, il y a une photo sur laquelle vous faites un signe de croix avec votre main comme ça. Je suis journaliste, tout est communication. Le langage nâest pas que verbal. Ban Ki-moon, que veut dire ce geste?
Â
Secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-moon] :
Â
Jâadmire profondĂ©ment et je respecte M. Mukwege. Je le connais depuis assez longtemps, je lâai vu Ă plusieurs reprises. Câest une personne qui a Ă©normĂ©ment dâempathie, une personne qui est engagĂ©e. Nous avons besoin dâavoir des personnes comme lui. Ce nâest pas nĂ©cessaire dâĂȘtre un mĂ©decin. Vous pouvez ĂȘtre autre chose. Mais on a besoin de ce type dâengagement humanitaire, nous avons besoin de ce type dâesprit dâinitiative. Il a traitĂ© et aidĂ© plus de 13.000 femmes, des femmes qui avaient Ă©tĂ© violĂ©es, des femmes qui avaient perdu toute dignitĂ© humaine. Et je pense par consĂ©quent quâil faut quâil soit admirĂ©, quâil soit respectĂ© car câest un vĂ©ritable symbole, le symbole de lâempathie. Il travaille pour aider les groupes vulnĂ©rables. En tant que SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies, je pense quâil faut montrer lâexemple, mais il y a trĂšs peu de personnes qui montrent lâexemple. Et donc je pense quâil faut vĂ©ritablement montrer aux dirigeants du monde quâil y a Ă©normĂ©ment de personnes qui peuvent faire des choses. Vous avez des leaders de la sociĂ©tĂ© civile; vous avez des acteurs de la sociĂ©tĂ© civile qui agissent et je pense quâil est possible pour tous de contribuer et dâaider les groupes vulnĂ©rables.
Â
Les Nations Unies sont engagĂ©es Ă aider les groupes vulnĂ©rables, nous souhaitons protĂ©ger les droits de lâHomme de groupes vulnĂ©rables, des femmes, des jeunes filles, surtout dans les zones de conflit. Ce sont elles qui souffrent et câest la raison pour Laquelle, hier, nous avons montrĂ© notre solidaritĂ©. Donc ce signe Ă©tait un signe de solidaritĂ©, notre solidaritĂ© pour les femmes, pour les groupes vulnĂ©rables, pour tous ceux dont nous devons protĂ©ger les droits. Et jâespĂšre quâil y aura dâautres personnes comme M. Mukwege, quâil y a dâautres personnes qui feront preuve de compassion et dâempathie comme lui.
Je voue remercie.
Le Phare