Author: Don Kayembe

  • En RDC, le gouvernement envisage de reculer l’âge de la retraite

    En RDC, le gouvernement envisage de reculer l’âge de la retraite

    Immeuble-Gouvernement-En RDC, l’âge de la retraite pourrait passer de 55 à 65 ans. Pascal Isumbisho, le ministre de la Fonction publique, l’a annoncé à l’ouverture d’un séminaire sur la modernisation de l’administration publique.

    La proposition vient du ministre de la Fonction publique : en RDC, l’âge de la retraite pourrait passer de 55 ans à 65 ans. Pascal Isumbisho n’a pas donné les raisons pour ce changement envisagé, mais selon lui, le texte, qui est en examen au Parlement, propose le changement de système.

    Le fonctionnaire devrait désormais contribuer à sa propre retraite pendant qu’il est encore actif. Il est donc question de créer une caisse de pension qui permettrait d’assurer une retraite dans des conditions plus ou moins acceptables.

    300 nouveaux fonctionnaires

    Les rémunérations dans la fonction publique sont parmi les plus faibles. Et il y a quelques années, ces rémunérations étaient même hypothétiques. Les fonctionnaires ont d’ailleurs été exclus du régime de sécurité sociale. C’est l’Etat qui leur assure la rente de survie tout au long de leur retraite.

    Et faute de moyen financier, l’Etat congolais n’a pas envoyé des fonctionnaires à la retraite depuis plusieurs années. Les effectifs ont gonflé. 300 jeunes viennent encore d’intégrer l’appareil de l’Etat depuis quelques jours.

    RFI

  • RDC : une note de l’ANR sur la réunion de Gorée fait polémique

    RDC : une note de l’ANR sur la réunion de Gorée fait polémique

    opposants_goree-L’opposition congolaise dénonce un rapport de l’Agence nationale de renseignements (ANR) qui décrit leur rencontre au Sénégal comme « une coalition de déstabilisation de la RDC ». Une note jugée « scandaleuse et mensongère » par les participants.

    C’est une note de l’Agence nationale de renseignements (ANR) qui passe mal. Un rapport de l’agence sur une réunion d’opposants politiques dans l’île de Gorée au Sénégal a été envoyé au Président du Sénat congolais… et son contenu fait grincer des dents. Retour en arrière. Du 11 au 15 décembre dernier, une quarantaine de leaders politiques et membres de mouvements citoyens de l’opposition et de la société civile, avaient choisi de se réunir à Dakar pour discuter du blocage du processus électoral et des élections de 2016. Une réunion qui n’a pas été du goût des autorités congolaises qui ont aussitôt accusé ces opposants de vouloir « déstabiliser les institutions du pays ». Kinshasa s’en était même ouvert à Dakar, « un pays frère et ami », pour protester contre l’organisation d’une telle manifestation au Sénégal. Présents sur île de Gorée, on trouvait la fine fleur de l’opposition congolaise : Félix Tshisekedi et Samy Badibanga pour l’UDPS, Vital Karmerhe pour l’UNC, Eve Bazaiba pour le MLC ou encore Martin Fayulu des FAC et Olivier Kamitatu pour le G7.

    La note des services de renseignements congolais (ANR), envoyée au Président du Sénat, a fait bondir l’opposition. Il faut dire dans le document qui a fuité, la réunion est qualifiée de « coalition de déstabilisation de la RDC à partir de Dakar sous la supervision des parrains étrangers » – voir l’intégralité de la note. L’ANR y dresse une liste des participants (avec bons nombres d’erreurs) et affirme que la rencontre de Gorée avait pour objectif de « constituer un front anti-dialogue et mettre sur pied des structures subversives ». Plus inquiétant, les services congolais affirment vouloir « pénétrer ce groupe d’opposants en vue de son implosion, prendre en charge les participants dès leur retour du Sénégal et doter la Police nationale congolaise en armes non létales et en matériels anti-émeutes pour faire face aux manifestations éventuelles ».

    « Police politique » ?

    Le rapport de l’ANR est jugé « scandaleux » par la Lucha, l’un des mouvements citoyens participant à la rencontre de Gorée. Le document prouve, selon ces activistes, que l’ANR est bien devenue « une police politique au service du régime ». La Lucha dénonce également « l’amateurisme » de l’Agence nationale de renseignements : « le rapport invente des bailleurs et des participants à la réunion ». Pour ce mouvement, les services congolais se seraient tout simplement renseignés… sur internet et sur Facebook. Eve Bazaïba, au nom de la Dynamique de l’opposition, a également dénoncé la note de l’ANR, qualifiant ces allégations de « mensongères ». Un rapport qui « met à nu la collusion avérée entre l’ANR et le régime en place contre l’opposition politique congolaise » et de rappeler que « conformément à l’article 8 de la Constitution, l’opposition politique est reconnue en RDC ». Le patron de l’ANR, le très redouté Kalev Mutondo, n’a pas réagi à la note de son agence publiée dans la presse et les autorités doutent de son authenticité.

    Christophe RIGAUD

    – See more at: http://fr.africatime.com/republique_democratique_du_congo/articles/rdc-une-note-de-lanr-sur-la-reunion-de-goree-fait-polemique#sthash.7ZWlQU5z.dpuf

  • Rwanda : Washington déçu par la décision de Paul Kagame de se représenter

    Rwanda : Washington déçu par la décision de Paul Kagame de se représenter

    kagame-obama-Les Etats-Unis se sont dit samedi “profondément déçus” par la décision du président rwandais sortant Paul Kagame de briguer un troisième mandat et de potentiellement diriger le pays jusqu’en 2034.

    Washington et l’Union Européenne ont exprimé à plusieurs reprises leur profonde inquiétude et ont appelé M. Kagame à quitter le pouvoir en 2017.

    « Avec cette décision, le président Kagame rate une occasion historique de renforcer et consolider les institutions démocratiques que le peuple rwandais s’est échiné à bâtir depuis plus de 20 ans », a déclaré samedi le porte-parole du département d’Etat américain, John Kirby, dans un communiqué.

    M. Kagame, 58 ans, avait annoncé jeudi soir qu’il se représenterait à la présidentielle en 2017, comme l’y autorise la nouvelle constitution approuvée massivement (98,4% des votants) par ses concitoyens lors d’un référendum le 18 décembre.

    M. Kagame est l’homme fort du pays depuis juillet 1994: à l’époque, sa rébellion du FPR avait chassé de Kigali les extrémistes hutu et mis fin au génocide qu’ils avaient déclenché trois mois auparavant (800.000 morts, essentiellement membres de la minorité tutsi).

    Ce Tutsi anglophone est crédité de la stabilité du Rwanda, qu’il a remis sur pieds avec un programme volontariste de développement économique.

    Mais celui qui, en 2010, avait laissé entendre que ce serait un échec pour lui s’il ne trouvait personne pour le remplacer avant la fin de son mandat actuel, est depuis accusé de verser de plus en plus dans une dérive autocratique.

    « Les Etats-Unis estiment que les changements de pouvoir respectant la constitution sont essentiels aux démocraties solides et que les efforts de dirigeants sortants visant à changer les règles pour se maintenir au pouvoir affaiblissent les institutions démocratiques », a ajouté M. Kirby dans son communiqué.

    « Les changements qui favorisent un individu au détriment du principe de transition démocratique nous inquiètent particulièrement », a-t-il encore dit, appelant « le gouvernement rwandais à garantir et protéger le droit de ses citoyens à exercer leur liberté d’expression, de conscience et de réunion pacifique – les caractéristiques des vraies démocraties ».

    La nouvelle Constitution continue de limiter à deux le nombre de mandats présidentiels, tout en abaissant sa durée de sept à cinq ans. Mais elle stipule aussi que la réforme n’entrera en vigueur qu’après un nouveau septennat transitoire, entre 2017 et 2024. Le président sortant est éligible pour ce septennat transitoire, de même qu’aux deux quinquennats suivants.

    Elu en 2003 et réélu en 2010 avec plus de 90% des voix à chaque fois, M. Kagame avait indiqué que sa décision de se représenter en 2017 – date limite de son dernier mandat selon la Constitution non révisée – dépendrait des résultats du référendum.

    Comme M. Kagame, plusieurs dirigeants africains ont récemment levé ou tenté de lever les limitations constitutionnelles du nombre de mandats, parfois au prix de mouvements de contestations, notamment au Burundi voisin, plongé dans une violente crise depuis plus de huit mois.

    Jeune Afrique

  • VIDEO de l’attaque en France: un automobiliste fonce sur des militaires postés devant la grande mosquée de Valence

    VIDEO de l’attaque en France: un automobiliste fonce sur des militaires postés devant la grande mosquée de Valence


    Un forcené a foncé sur les soldats qui gardaient une mosquée à Valence, en France

    Un homme a foncé vendredi au volant de sa voiture sur quatre soldats en faction devant la grande mosquée de Valence, provoquant une riposte des militaires qui ont blessé le chauffeur, dont les motivations restaient inconnues, sur fond de crainte de nouveaux attentats.

    Acte terroriste ou geste d’un déséquilibré: les enquêteurs tentaient samedi d’établir pourquoi un automobiliste a foncé la veille sur quatre militaires en faction devant la mosquée de Valence (Drôme), avant d’être maîtrisé. Sérieusement blessé au bras et à la jambe, cet homme de 29 ans, originaire de Bron (banlieue lyonnaise) et inconnu des services de police, a été hospitalisé à Valence pour y être opéré. “Son pronostic vital n’est pas engagé”, selon les ministères de la Défense et de l’Intérieur.

    Des menaces proférées envers les militaires ?

    Hospitalisé sous le régime de la garde à vue, il sera entendu par les enquêteurs de la police judiciaire de Lyon “dès que son état médical le permettra, peut-être dès (ce) samedi”, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier. Les auditions de témoins, du voisinage et de la famille, entamées vendredi se poursuivaient samedi. Les militaires en faction étaient-ils la cible visée ? Ou était-ce la mosquée, l’une des plus importantes de la région ? Selon une source proche de l’enquête, un témoin dit avoir entendu le conducteur tenir des propos menaçants à l’encontre des militaires visés, ce que ces derniers ne confirment pas. Jusqu’ici la section antiterroriste du parquet de Paris ne s’est pas saisie du dossier qui reste donc du ressort du parquet de Valence. Le procureur de la République à Valence, Alex Perrin, devait toutefois faire le point de l’affaire en fin de matinée avec le parquet de Paris pour en avoir confirmation.

    “Sanction psychiatrique ou pénale”

    Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian a salué depuis Amman (Jordanie) le “sang-froid” des quatre militaires en faction devant la mosquée. Appartenant au 93e régiment d’artillerie de montagne de Varces (Isère), ils doivent leur maîtrise à leur expérience sur les théâtres d’opérations extérieures, a relevé le ministre.

    En marge d’une tournée de Nouvel An auprès des soldats déployés au Proche-Orient, M. Le Drian a notamment loué le soldat blessé, le 1ère classe Roland, pour sa “maîtrise de l’usage du feu”. Le Premier ministre, Manuel Valls, a apporté son “soutien aux militaires attaqués”.


    Dans un communiqué, le Recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a dénoncé l’acte d’un “individu déséquilibré, à tout le moins irresponsable” qui a “déshonoré la communauté musulmane en laissant libre cours à ses pulsions criminelles délirantes”. Il a condamné cette “lâche agression” qui “mérite une sanction psychiatrique ou pénale à la mesure du désordre initial de l’esprit de cet individu”.

    Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a lui aussi condamné “avec la plus grande fermeté cette agression lâche” et réitéré “son appel à la sérénité et à la vigilance”. Selon l’un des imams de la mosquée de Valence, Abdallah Dliouah, “la mosquée n’avait jamais reçu de menaces”. L’agresseur était inconnu des responsables de la mosquée. Vendredi, vers 14H30, au volant d’un break rouge immatriculé en Savoie et appartenant à son épouse, le jeune homme d’origine maghrébine a foncé à deux reprises sur quatre soldats en faction devant la grande mosquée, provoquant une riposte des militaires.

    Le 1ère classe Roland avait alors été percuté par le véhicule au genou et au tibia.

    Encerclant la voiture et après les sommations d’usage, les soldats ont fait feu, blessant le conducteur, dont le véhicule criblé de balles finissait sa course dans un fossé.

    Un fidèle, âgé de 72 ans, a aussi été légèrement blessé à une jambe par une balle perdue. Secouru par l’un des soldats, il a été “hospitalisé et opéré”, selon le maire de Valence, Nicolas Daragon.

    Près de 10.000 militaires sont déployés en France dans le cadre de l’opération Sentinelle de sécurisation des lieux sensibles mise en place après les attentats parisiens de janvier 2015.

    RTL

  • EN 2016, SEUL LE « PEUPLE » A LE DERNIER MOT EN RD-CONGO

    EN 2016, SEUL LE « PEUPLE » A LE DERNIER MOT EN RD-CONGO

    Tshiyoyo Mufoncol-Quand les délégués d’un peuple s’approprient une « constitution », qui en effet est un droit qui leur est conféré pour gouverner ce même peuple, alors que la constitution en question ne leur reconnait plus aucune autorité, un quelconque pourvoir de représentation, le peuple qui est souverain, et au nom de son souverainisme, a le devoir de reprendre son droit, de retirer auprès de ceux qui cherchent en abuser, sa confiance. Pour ce faire, le peuple n’aura à faire référence à aucune constitution dès lors qu’il estime que cette dernière a cessé de répondre à sa mission première, celle d’assure sa protection. Même l’articule 64 à laquelle il est souvent fait allusion cesse d’influencer sa conduite même si cela paraît à son avantage. On ne peut décrier une constitution et au même moment faire appel à ses articles. Il y a risque de voir « Joseph Kabila », ses « députés » et autres « sénateurs » poursuivre à en revendiquer le statut de garant. Pour nous, la seule constitution valable qui existe après tentative de trahison reste la volonté souveraine du peuple. Elle est absolue. Et elle ne souffre d’aucune limitation par des lois dont l’absence se confirme.

    En 2016 le peuple de la RD-Congo reprend sa liberté, sa parole, la liberté de son mouvement et de ses actes. Tout débat constitutionnel et le juridisme à la congolaise qui s’en suit perdent leur essence. C’est pourquoi nous nous inscrivons en faux contre toute idée du provisoire. Elle sonne comme « une excuse du diable, [ainsi le disait l’anarchiste Saul Alinsky] pour demeurer et surtout pour se faire accepter ». Nous l’avions également dit en son temps en 1997 à l’entrée de l’AFDL.

    Et la question qui revient souvent est celle de savoir ce qu’il y aurait ou il y a concrètement à faire face à un « pouvoir-os », qui est quand même soutenu par ses parrains et qui décide contre toute attente de rester au perchoir. Aucun parti politique, aucun groupement politique ou social ne peut prétendre à lui seul orienter la masse et l’instruire sauf si son leadership est animé par le sens de sacrifice suprême. La responsabilité de ce qu’il y a à faire repose non sur un parti politique quelconque mais sur un grand mouvement de masse, sur le peuple. J’entends par peuple, « c’est ce sur quoi s’exerce le pouvoir et qui n’a jamais eu la possibilité de l’exercer » (Michel Onfray).

    Certains insisteront pour nous faire comprendre que des partis politiques existent pour remplir cette mission. Et ces partis savent mobiliser ce peuple. La seule différence que je constate est que son discours à cette masse ne menace ni les « maîtres », ni ses mercenaires ». Sinon, ces derniers auraient depuis interdit son expression. Comme Hô Chi Minh , il est temps de faire appel à l’union de la masse paysanne et de citadins habitant les villes à qui il faudra dire que la terre Congo, « mabele, likambo ya mabele », voudrait leur être arrachée. Et par la suite lui désigner nommément un adversaire unique contre lequel ce peuple devrait et doit se battre comme un seul homme, contre lequel il doit être mobilisé et mobilisable.
    Un peuple qui se soulève sous instigation d’une action extérieure, une action conçue, financée, orientée et provoquée par des services et des agences étrangers, comme ce fut le cas depuis 1960 contre Lumumba et aujourd’hui encore des actions menées par les vitrines des services secrets étrangers ne seront et ne sont jamais d’aucune utilité pour un peuple qui attend longtemps et revendique son émancipation. Je refuse ici de recourir à l’usage du mot « libération » comme il a été galvaudé. Tout doit être conçu, mené et exécuté par des fils et des filles du Congo à la condition d’acceptant l’idée d’un coût à payer. Le prix à payer, on ne le demande jamais à un peuple. Le leadership l’assume et des fois paye à sa place ce prix pour entrainer l’effet domino, forcé ou volontaire. Je ne m’exprime pas sur le forcé mais des morts successifs aux Philippines d’un leadership préparé et prêt a conduit au départ de Marcos, à la trahison des siens et au sacrifice consenti par le peuple à qui l’exemple est enseigné. Le leadership meurt souvent à la place du peuple. On me dira qu’il n’y a pas de candidat à la mort. Dans ce cas, on passe à un soulèvement orienté.

    Comme conclusion, je cire Bryon dans son vers où il clamait : « Celui qui cherche à s’affranchir doit porter le premier coup».

    Ainsi s’annonce l’an 2016….

    Likambo ya mabele Likambo ya makila

    Mufoncol Tshiyoyo
    Le Président National du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle Mouvement Politico-militaire,
    mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com,
    004745007236, Facebook : Mufoncol Tshiyoyo

  • Sénégal : Macky Sall, le président qui voulait réduire la durée de son mandat

    Sénégal : Macky Sall, le président qui voulait réduire la durée de son mandat

    Le président sénégalais Macky Sall - AFP
    Le président sénégalais Macky Sall –
    AFP

    -Macky Sall l’a assuré : en mai, il soumettra à référendum son projet de passer du septennat au quinquennat. Une promesse qui tarde pourtant à se concrétiser, comme le montre la récente sortie du ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo, indiquant qu’aucune date n’a été encore retenue pour le scrutin.

    Tandis que le syndicat des chefs d’État africains désireux de se maintenir au pouvoir au-delà du terme prévu rivalise d’ardeur pour réformer les dispositions constitutionnelles susceptibles de les en empêcher, le président sénégalais, lui, rame à contre-courant en décidant d’écourter de deux ans son mandat. Mais, face à une réforme encore largement virtuelle, certains observateurs finissent par s’interroger sur la sincérité de son engagement.

    C’est en février 2012, à la veille du second tour de la présidentielle, que le candidat Macky Sall s’est engagé à réduire la durée du mandat présidentiel de sept à cinq ans et d’appliquer cette mesure à son premier mandat s’il était élu. Une promesse, maintes fois réitérée depuis, qui lui a valu de vibrants hommages de la part de l’Union européenne, de la Maison Blanche, de l’Élysée…

    Une réforme critiquée

    Pourtant, au Sénégal, la gestion de ce dossier par le chef de l’État est loin de provoquer l’enthousiasme. Dans les rangs du parti présidentiel, plusieurs cadres importants ont ainsi fait connaître leur opposition de principe à une telle réforme, à l’instar du député Moustapha Cissé Lô ou de l’ancien porte-parole du gouvernement, Oumar Youm. Quant à l’opposition, elle s’offusque des modalités et du calendrier de sa mise en œuvre. La réduction du mandat présidentiel devrait en effet être noyée dans un référendum portant sur un « paquet » de réformes institutionnelles. Et celui-ci ne sera soumis aux Sénégalais qu’en mai 2016, plus de quatre ans après le sacre de « Macky ».

    À cinq mois de l’échéance, plusieurs incertitudes planent encore sur cette réforme tant attendue. La première tient à la position qu’adoptera le Conseil constitutionnel, que le chef de l’État est tenu de consulter avant de soumettre son projet au vote des Sénégalais. Or, selon certains juristes, l’orthodoxie pourrait inciter les cinq sages à désavouer l’initiative de Macky Sall : ce dernier a prêté serment sur la Constitution, laquelle fixe la durée du mandat présidentiel à sept ans ; la coutume voudrait donc que la réforme modifie la durée du mandat à venir et non celle de celui qui est en cours. Les plus sceptiques, à l’instar du politologue Babacar Justin Ndiaye, avancent même que « Macky Sall utilisera le Conseil pour maquiller un revirement qui lui serait trop préjudiciable si lui-même revenait ouvertement sur sa promesse ».

    Nous ne disposons d’aucune information sur le contenu des mesures qui seront soumises à référendum », s’étonne Thierno Bocoum

    Une hypothèse que rejette Thierno Bocoum, député de Rewmi (opposition) : « Une loi peut, par exception, être expressément rétroactive. En outre, rappelle-t-il, l’avis du Conseil est purement consultatif et ne saurait s’imposer au chef de l’État, qui a repris solennellement cette promesse électorale lors de sa première adresse à la nation. » Une lecture que semblait confirmer, en septembre, le conseiller juridique de Macky Sall, Ismaïla Madior Fall. « Il est difficile de trouver un rattachement juridique à cet engagement, expliquait alors le constitutionnaliste. Mais il s’agit d’une promesse qui a une base politique, symbolique, métajuridique. » Pour l’heure, le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi de la question.

    Autre critique récurrente : le choix de la voie référendaire. « Le peuple s’est déjà prononcé sur cette promesse électorale en élisant Macky Sall à 65 % », considère un député de l’opposition. Tout comme Ismaïla Madior Fall, qui convient que « le référendum n’est pas une obligation », le parlementaire rappelle qu’en 2008 Abdoulaye Wade avait procédé à un allongement de la durée du mandat en passant par la voie parlementaire (qui nécessite l’approbation des trois cinquièmes des députés).

    La troisième incertitude est relative aux contours du référendum, dont le passage du septennat au quinquennat ne devrait être qu’une disposition parmi d’autres. Pourquoi mêler une question simple, qui fait l’objet d’un large consensus, à un package de réformes institutionnelles susceptibles d’entraîner des clivages plus marqués ? « Nous ne disposons d’aucune information sur le contenu des mesures qui seront soumises à référendum », s’étonne Thierno Bocoum, qui juge cette opacité « antirépublicaine ».

    À quand la concrétisation de cette promesse de campagne ? 

    Ultime motif d’insatisfaction : le calendrier tardif adopté par le chef de l’État, certains estimant que cette question aurait pu se régler dès 2012 par un vote du Parlement à la majorité qualifiée et que Macky Sall a repoussé l’échéance à dessein. Un conseiller présidentiel fait valoir que la priorité était de faire avancer les chantiers du plan Sénégal émergent (PSE) et non d’engager une campagne référendaire prématurée.

    Cette absence de lisibilité pose un problème au sein de la classe politique. Au Parti socialiste, par exemple (membre de la coalition gouvernementale), on fait savoir que la question d’une candidature autonome à la prochaine présidentielle sera posée après le référendum. Ce qui signifie qu’en cas d’élection en février 2017 le parti d’Ousmane Tanor Dieng et de Khalifa Sall disposerait, au mieux, de neuf mois pour trancher la question, organiser éventuellement une primaire et faire campagne. Autant de préoccupations qui laissent de marbre l’entourage de Macky Sall. « La date du référendum est secondaire, élude un ministre. L’important, c’est qu’il revienne au peuple de décider. »

    Mehdi Ba

  • États-Unis : Bill Cosby accusé d’agression sexuelle

    États-Unis : Bill Cosby accusé d’agression sexuelle

    cosby--L’acteur américain est une nouvelle fois inculpé pour agression sexuelle, a annoncé le procureur adjoint du comté de Montgomery ce mercredi.

    Le show judiciaire continue. Avec pas moins de cinquante accusations contre lui pour des agressions sexuelles, une nouvelle femme vient de porter plainte contre Bill Cosby. Selon un communiqué des autorités du comté de Montgomery, le comédien américain est accusé d’avoir drogué et violé une femme en 2004.

    Lors d’une conférence de presse, le procureur adjoint du comté de Montgomery, Kevin Steele, a annoncé que Bill Cosby est accusé « de crime d’agression sexuelle aggravée ». L’enquête menée aurait permis d’établir que les faits impliquaient « une relation » avec la victime, qui était employée de l’université de Temple.  Toujours selon les déclarations du procureur adjoint, la jeune femme se serait rendue au domicile de Bill Cosby à Cheltenham, petite ville de la banlieue de Philadelphie, où elle aurait rejeté ses avances. Ce dernier lui aurait alors donné des pilules et du vin jusqu’à ce qu’elle perde conscience.

    Cette accusation vient s’ajouter à une longue série d’accusations similaires que l’acteur âgé de 78 ans à toutes niées. Il a d’ailleurs engagé des poursuites contre sept d’entre elles pour diffamation.

    Jean-Sébastien Josset- Jeune Afrique

  • Burkina Faso: Roch Kaboré, président du changement dans la continuité

    Burkina Faso: Roch Kaboré, président du changement dans la continuité

    BURKINA-POLITICS_0-Issu d’un processus électoral exemplaire, le nouveau président du Burkina Faso a prêté serment en présence de nombreux chefs d’Etats et de gouvernements de la sous-région. Premier président élu de l’histoire du Pays des hommes intègres marquée par de nombreux coups d’Etat, Roch Marc Christian Kaboré est pourtant un ex-baron du régime Compaoré qui a été renversé suite à une insurrection générale en 2014. Populaire et consensuel, l’homme saura-t-il se renouveler pour répondre aux aspirations de la jeunesse qui a mis à terre son ancien mentor ?

    Le palais de Kosyam a désormais un nouveau locataire. Vainqueur de l’élection présidentielle du 29 novembre qu’il a remportée dès le premier tour avec un score historique de 53%, le nouveau président du Burkina Faso a la réputation d’être un homme de dialogue, consensuel et capable de s’élever au-dessus des intérêts partisans. Cela tombe bien car du président Roch Marc Christian Kaboré qui prend les rênes du pouvoir 14 mois après la puissante insurrection populaire qui a renversé l’ancien régime et a poussé à la fuite son leader Blaise Compaoré, on attend qu’il réconcilie les Burkinabè et les aide à tourner l’une des pages les plus turbulentes de leur histoire.

    Ce ne sera peut-être pas chose facile pour quelqu’un comme Roch Kaboré, 58 ans, qui est aussi marqué par le passé. Paradoxalement, l’insurrection d’octobre 2014 qui a profondément bouleversé la vie politique burkinabè, n’a pas permis de faire émerger des leaders politiques neufs, laissant le champ libre aux partis traditionnels. Aussi, le nouveau président que les Burkinabè ont élu n’a-t-il de nouveau que le nom.

    Le président Kaboré n’est pas en effet un nouveau venu dans les allées du pouvoir au Burkina. Il est bien connu des populations pour avoir été un fidèle de l’autocrate Blaise Compaoré pendant trois décennies, occupant plusieurs fonctions importantes avant de quitter le navire tout juste dix mois avant qu’il ne coule définitivement. Un départ dicté essentiellement par opportunisme et par dépit, si l’on croit les détracteurs du nouveau président. L’homme avait en effet été progressivement écarté des instances décisionnelles du pays et du parti pour s’être opposé à la réélection anti-constitutionnelle du « Beau Blaise » en 2015, après l’avoir soutenue. C’est toute l’ambiguïté du nouvel homme fort d’Ouagadougou, issu de l’élite burkinabè qui gouverne le pays depuis l’indépendance. Renversée par la rue, puis rappelée au pouvoir par ceux-là mêmes qui l’avaient mise en cause, cette élite est condamnée à faire peau neuve pour ne pas retomber dans ses travers du passé. Des travers qui ont pour nom impunité, mal-gouvernance, corruption…

    C’est donc en proposant le changement dans la continuité que Roch Kaboré s’est fait élire à la présidence. Pendant la campagne électorale, l’homme avait mis en avant sa longue expérience de la gestion des affaires de l’Etat, faisant habilement oublier sa proximité avec le régime déchu. Tout le monde apparemment n’avait pas oublié, puisque son rival le plus sérieux Zéphirin Diabré, venu deuxième à la présidentielle avec 21,65% des suffrages, a fait un tabac avec son slogan de campagne, « C’est même pipe, même tabac, même chose », accusant son adversaire de vouloir faire du Compaoré sans Compaoré. Un avertissement qui n’a pas empêché le président élu de remporter le scrutin par un « coup KO », comme on appelle une victoire électorale dès le premier tour en Afrique de l’Ouest.

    Instinct de survie

    Fin stratège, Roch Marc Christian Kaboré a appris la politique dans le berceau. Né en 1957, ce catholique pratiquant, issu de l’ethnie majoritaire du Burkina, les Mossis, est le fils d’un ancien ministre des Finances dans le premier gouvernement voltaïque (le Burkina s’appelait encore la Haute-Volta) après la colonisation. Si les récits de son père l’ont initié très tôt aux us et coutumes de la vie politique nationale, les premiers engagements personnels du jeune Kaboré datent du milieu des années 1970 lorsqu’il débarque en France pour poursuivre ses études universitaires. Il s’implique étroitement dans l’activisme syndical estudiantin, tout en préparant à l’université de Dijon une maîtrise en sciences économiques, puis un diplôme d’études supérieures spécialisées en (DESS) en gestion.

    Séduit par les idées de la gauche radicale, le jeune homme milite, à son retour au pays en 1984, au sein du parti marxiste l’Union de lutte communiste reconstruite (ULC-R), qui avait soutenu la prise de pouvoir à Ouagadougou par Thomas Sankara. Proche du gouvernement révolutionnaire que dirige ce dernier, le futur président Kaboré se fait alors connaître en devenant à 27 ans le plus jeune directeur de la Banque internationale du Burkina (BIB). Mais après l’assassinat de Sankara, alors que les marxistes sont poursuivis par les hommes de Blaise Compaoré qui avaient pris le pouvoir, il se rallie opportunément au camp des putschistes. Il ira jusqu’à saluer publiquement la « rectification de la révolution » des nouveaux maîtres d’Ouaga, faisant ainsi preuve d’un grand instinct de survie qui n’est sans doute pas étranger au parcours exceptionnel que Roch Marc Kaboré a effectué depuis dans la vie politique burkinabè.

    La carrière politique du nouveau président débute véritablement sous le régime Compaoré. Il collectionne les fonctions ministérielles (Transport, Communication, Plan, Finances) et accède à la primature en 1994. Il sera aussi député, Président de l’Assemblée nationale pendant 10 ans, tout en assurant la présidence du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti-Etat de Blaise Compaoré qui rafle toutes les élections. Considéré un temps comme dauphin de son mentor tout-puissant, il est progressivement marginalisé à partir de 2010 lorsque l’entourage proche de Compaoré prend les commandes du parti et organise la vie politique de façon mono-obsessionnelle pour faire aboutir le changement constitutionnel indispensable à la réélection de son chef.

    Disgrâce et nouveaux défis

    Sa disgrâce a été une chance pour Roch Kaboré qui a su la transformer en un formidable tremplin politique, créant son propre parti, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), en collaboration avec deux autres caciques du régime Compaoré, Salif Diallo et Simon Compaoré. Hommes de réseaux, le trio a mobilisé soutiens et ressources et a utilisé les mêmes méthodes qu’ils avaient expérimentées dans le CDP dont ils furent les principaux architectes dans les années 1990 et 2000, pour asseoir la popularité de leur nouvelle formation.

    Le MPP est devenu une formidable machine à gagner les élections et a assuré la victoire de son poulain Roch Marc Christian Kaboré à la présidentielle de novembre 2015. Cette victoire est d’autant plus éclatante qu’elle a réussi à rassembler au-delà des clivages politiques (ancien régime et ses opposants) et socoio-géographiques (villages et villes) habituels. « Moins de deux ans après la création du MPP, nous nous retrouvons dans la position d’être le premier parti du Burkina Faso », s’est félicité le nouveau président, avant de rappeler que ce parti a été implanté « sur toute l’étendue du territoire national ». Suivie par l’Afrique toute entière, cette victoire a été saluée dans le monde entier comme un exemple de la démocratie en marche. Ami de la famille Kaboré, le chef de l’Etat de la Côte d’Ivoire Alassane Ouattara, fut l’un des premiers leaders internationaux à appeler le président élu pour le féliciter.

    Malheureusement pour le MPP, les résultats des législatifs ont été moins glorieux, avec une plus grande atomisation du score qu’à la présidentielle. Avec 55 élus sur 127 sièges mis en concurrence, le parti présidentiel n’a pas réussi à obtenir la majorité absolue escomptée, obligeant sa direction à négocier avec les petits partis proches de sa sensibilité social-démocrate pour former une coalition pour gouverner le pays. C’est chose faite, si l’on croit Me Bénéwendé Sankara, le leader charismatique du parti sankariste UNIR, qui a confié à RFI qu’ « une majorité présidentielle composée de 55 députés MPP et de 14 députés des partis alliés dont le nôtre, soutiendra l’action du gouvernement au Parlement ».

    Cette entente cordiale n’en révèle pas moins, comme l’écrit le chercheur Daniel Eizenga du Groupe de recherche sur le Sahel, les limites de la stratégie du MPP : « La politique burkinabè sera désormais plus compétitive. L’ère de Blaise Compaoré avec un Etat-parti dominant est derrière nous. Même si les principaux acteurs de la vie politique demeurent les mêmes, leurs stratégies pour gouverner sont appelées à évoluer. »

    « Plus rien ne sera comme avant », répète à son tour Guy Hervé Kam, porte-parole de l’organisation de la société civile du Burkina Le Balai citoyen. « Les Burkinabè veulent plus de démocratie, plus de justice, fin de l’impunité et des inégalités sociales », déclare-t-il. Rappelant les promesses du candidat Roch Kaboré, il explique que les attentes sont immenses dans tous ces domaines. « La société civile attend le nouveau gouvernement au tournant, affirme-t-il. Nous espérons que dans les six mois qui suivent l’installation du nouveau président, le dossier de la nouvelle Constitution soit sur les rails. De même, pour le dossier sur le chômage des jeunes et last but not least le dossier de l’extradition de l’ancien président Compaoré pour qu’il soit interrogé par les tribunaux burkinabè. » « Notre système est tout à fait apte à le juger », souligne-t-il.

    Si Guy Hervé Kam a été secoué par les rumeurs sur l’envoi des émissaires par le président élu à son prédécesseur pour le rassurer, il veut continuer de croire à la bonne volonté de Roch Kaboré. « C’est vraiment un homme de consensus, quelqu’un qui cherche des compromis plutôt que d’imposer sa décision. »

    Et ses défauts : « Il en a trois : son passé, son passé et, encore et toujours,  son passé », fuse la réponse.


    (1) The Washington Post, 6 décembre 2015.

    RFI

  • RDC: les mouvements citoyens face aux services de renseignement

    RDC: les mouvements citoyens face aux services de renseignement

    LUCHA_0-En RDC, on savait une partie de l’opposition dans le collimateur de l’Agence nationale du renseignement (ANR) avec de nombreuses arrestations ces derniers mois. Aujourd’hui, les mouvements citoyens Lucha et Filimbi vont plus loin. Ils accusent les services de renseignements de s’être intéressés de près à la conférence dite « de Gorée », organisée à Dakar au Sénégal du 11 au 14 décembre 2015, en présence d’autres mouvements africains analogues comme « Y en a marre » du Sénégal ou le « Balai citoyen » du Burkina Faso. Lucha et Filimbi disent s’être procurés une note interne de l’ANR. Cette note qualifierait la conférence de Gorée de « consolidation d’une coalition de déstabilisation de la RDC à partir de Dakar ». Mais sa véracité est contestée par le gouvernement.

    C’est une note de cinq pages censément adressée par l’administrateur de l’ANR au président du Sénat. Sa tonalité est très politique : après une énumération des participants à la conférence de Gorée, cette dernière est décrite comme « une messe noire » ayant des buts inavoués, à savoir, « réfléchir sur les meilleurs moyens pour un soulèvement populaire en RDC, la constitution d’un front anti-dialogue et l’obtention des moyens financiers au fin d’actions de déstabilisation... »

    Et le document de décliner les moyens d’y répondre, qui vont des mesures diplomatiques à prendre à l’encontre du sénégal, pays hôte de la réunion, à la campagne médiatique à mettre en oeuvre en RDC pour discréditer l’opposition et jusqu’à l’arrestation des participants congolais à leur retour au pays.

    Les représentants des mouvements Lucha et Filimbi assurent que ce document émane vraiment des services de renseignement. Mais, du côté des autorités congolaises, on en réfute l’authenticité. Selon le porte-parole du gouvernement, cette note ne ressemble pas aux documents produits habituellement par l’ANR.

    RFI