Author: Don Kayembe
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EN 2016, SEUL LE « PEUPLE » A LE DERNIER MOT EN RD-CONGO
-Quand les délégués d’un peuple s’approprient une « constitution », qui en effet est un droit qui leur est conféré pour gouverner ce même peuple, alors que la constitution en question ne leur reconnait plus aucune autorité, un quelconque pourvoir de représentation, le peuple qui est souverain, et au nom de son souverainisme, a le devoir de reprendre son droit, de retirer auprès de ceux qui cherchent en abuser, sa confiance. Pour ce faire, le peuple n’aura à faire référence à aucune constitution dès lors qu’il estime que cette dernière a cessé de répondre à sa mission première, celle d’assure sa protection. Même l’articule 64 à laquelle il est souvent fait allusion cesse d’influencer sa conduite même si cela paraît à son avantage. On ne peut décrier une constitution et au même moment faire appel à ses articles. Il y a risque de voir « Joseph Kabila », ses « députés » et autres « sénateurs » poursuivre à en revendiquer le statut de garant. Pour nous, la seule constitution valable qui existe après tentative de trahison reste la volonté souveraine du peuple. Elle est absolue. Et elle ne souffre d’aucune limitation par des lois dont l’absence se confirme.En 2016 le peuple de la RD-Congo reprend sa liberté, sa parole, la liberté de son mouvement et de ses actes. Tout débat constitutionnel et le juridisme à la congolaise qui s’en suit perdent leur essence. C’est pourquoi nous nous inscrivons en faux contre toute idée du provisoire. Elle sonne comme « une excuse du diable, [ainsi le disait l’anarchiste Saul Alinsky] pour demeurer et surtout pour se faire accepter ». Nous l’avions également dit en son temps en 1997 à l’entrée de l’AFDL.
Et la question qui revient souvent est celle de savoir ce qu’il y aurait ou il y a concrètement à faire face à un « pouvoir-os », qui est quand même soutenu par ses parrains et qui décide contre toute attente de rester au perchoir. Aucun parti politique, aucun groupement politique ou social ne peut prétendre à lui seul orienter la masse et l’instruire sauf si son leadership est animé par le sens de sacrifice suprême. La responsabilité de ce qu’il y a à faire repose non sur un parti politique quelconque mais sur un grand mouvement de masse, sur le peuple. J’entends par peuple, « c’est ce sur quoi s’exerce le pouvoir et qui n’a jamais eu la possibilité de l’exercer » (Michel Onfray).
Certains insisteront pour nous faire comprendre que des partis politiques existent pour remplir cette mission. Et ces partis savent mobiliser ce peuple. La seule différence que je constate est que son discours à cette masse ne menace ni les « maîtres », ni ses mercenaires ». Sinon, ces derniers auraient depuis interdit son expression. Comme Hô Chi Minh , il est temps de faire appel à l’union de la masse paysanne et de citadins habitant les villes à qui il faudra dire que la terre Congo, « mabele, likambo ya mabele », voudrait leur être arrachée. Et par la suite lui désigner nommément un adversaire unique contre lequel ce peuple devrait et doit se battre comme un seul homme, contre lequel il doit être mobilisé et mobilisable.
Un peuple qui se soulève sous instigation d’une action extérieure, une action conçue, financée, orientée et provoquée par des services et des agences étrangers, comme ce fut le cas depuis 1960 contre Lumumba et aujourd’hui encore des actions menées par les vitrines des services secrets étrangers ne seront et ne sont jamais d’aucune utilité pour un peuple qui attend longtemps et revendique son émancipation. Je refuse ici de recourir à l’usage du mot « libération » comme il a été galvaudé. Tout doit être conçu, mené et exécuté par des fils et des filles du Congo à la condition d’acceptant l’idée d’un coût à payer. Le prix à payer, on ne le demande jamais à un peuple. Le leadership l’assume et des fois paye à sa place ce prix pour entrainer l’effet domino, forcé ou volontaire. Je ne m’exprime pas sur le forcé mais des morts successifs aux Philippines d’un leadership préparé et prêt a conduit au départ de Marcos, à la trahison des siens et au sacrifice consenti par le peuple à qui l’exemple est enseigné. Le leadership meurt souvent à la place du peuple. On me dira qu’il n’y a pas de candidat à la mort. Dans ce cas, on passe à un soulèvement orienté.Comme conclusion, je cire Bryon dans son vers où il clamait : « Celui qui cherche à s’affranchir doit porter le premier coup».
Ainsi s’annonce l’an 2016….
Likambo ya mabele Likambo ya makila
Mufoncol Tshiyoyo
Le Président National du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle Mouvement Politico-militaire,
mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com,
004745007236, Facebook : Mufoncol Tshiyoyo -

Sénégal : Macky Sall, le président qui voulait réduire la durée de son mandat

Le président sénégalais Macky Sall –
AFP-Macky Sall l’a assuré : en mai, il soumettra à référendum son projet de passer du septennat au quinquennat. Une promesse qui tarde pourtant à se concrétiser, comme le montre la récente sortie du ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo, indiquant qu’aucune date n’a été encore retenue pour le scrutin.
Tandis que le syndicat des chefs d’État africains désireux de se maintenir au pouvoir au-delà du terme prévu rivalise d’ardeur pour réformer les dispositions constitutionnelles susceptibles de les en empêcher, le président sénégalais, lui, rame à contre-courant en décidant d’écourter de deux ans son mandat. Mais, face à une réforme encore largement virtuelle, certains observateurs finissent par s’interroger sur la sincérité de son engagement.
C’est en février 2012, à la veille du second tour de la présidentielle, que le candidat Macky Sall s’est engagé à réduire la durée du mandat présidentiel de sept à cinq ans et d’appliquer cette mesure à son premier mandat s’il était élu. Une promesse, maintes fois réitérée depuis, qui lui a valu de vibrants hommages de la part de l’Union européenne, de la Maison Blanche, de l’Élysée…
Une réforme critiquée
Pourtant, au Sénégal, la gestion de ce dossier par le chef de l’État est loin de provoquer l’enthousiasme. Dans les rangs du parti présidentiel, plusieurs cadres importants ont ainsi fait connaître leur opposition de principe à une telle réforme, à l’instar du député Moustapha Cissé Lô ou de l’ancien porte-parole du gouvernement, Oumar Youm. Quant à l’opposition, elle s’offusque des modalités et du calendrier de sa mise en œuvre. La réduction du mandat présidentiel devrait en effet être noyée dans un référendum portant sur un « paquet » de réformes institutionnelles. Et celui-ci ne sera soumis aux Sénégalais qu’en mai 2016, plus de quatre ans après le sacre de « Macky ».
À cinq mois de l’échéance, plusieurs incertitudes planent encore sur cette réforme tant attendue. La première tient à la position qu’adoptera le Conseil constitutionnel, que le chef de l’État est tenu de consulter avant de soumettre son projet au vote des Sénégalais. Or, selon certains juristes, l’orthodoxie pourrait inciter les cinq sages à désavouer l’initiative de Macky Sall : ce dernier a prêté serment sur la Constitution, laquelle fixe la durée du mandat présidentiel à sept ans ; la coutume voudrait donc que la réforme modifie la durée du mandat à venir et non celle de celui qui est en cours. Les plus sceptiques, à l’instar du politologue Babacar Justin Ndiaye, avancent même que « Macky Sall utilisera le Conseil pour maquiller un revirement qui lui serait trop préjudiciable si lui-même revenait ouvertement sur sa promesse ».
Nous ne disposons d’aucune information sur le contenu des mesures qui seront soumises à référendum », s’étonne Thierno Bocoum
Une hypothèse que rejette Thierno Bocoum, député de Rewmi (opposition) : « Une loi peut, par exception, être expressément rétroactive. En outre, rappelle-t-il, l’avis du Conseil est purement consultatif et ne saurait s’imposer au chef de l’État, qui a repris solennellement cette promesse électorale lors de sa première adresse à la nation. » Une lecture que semblait confirmer, en septembre, le conseiller juridique de Macky Sall, Ismaïla Madior Fall. « Il est difficile de trouver un rattachement juridique à cet engagement, expliquait alors le constitutionnaliste. Mais il s’agit d’une promesse qui a une base politique, symbolique, métajuridique. » Pour l’heure, le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi de la question.
Autre critique récurrente : le choix de la voie référendaire. « Le peuple s’est déjà prononcé sur cette promesse électorale en élisant Macky Sall à 65 % », considère un député de l’opposition. Tout comme Ismaïla Madior Fall, qui convient que « le référendum n’est pas une obligation », le parlementaire rappelle qu’en 2008 Abdoulaye Wade avait procédé à un allongement de la durée du mandat en passant par la voie parlementaire (qui nécessite l’approbation des trois cinquièmes des députés).
La troisième incertitude est relative aux contours du référendum, dont le passage du septennat au quinquennat ne devrait être qu’une disposition parmi d’autres. Pourquoi mêler une question simple, qui fait l’objet d’un large consensus, à un package de réformes institutionnelles susceptibles d’entraîner des clivages plus marqués ? « Nous ne disposons d’aucune information sur le contenu des mesures qui seront soumises à référendum », s’étonne Thierno Bocoum, qui juge cette opacité « antirépublicaine ».
À quand la concrétisation de cette promesse de campagne ?
Ultime motif d’insatisfaction : le calendrier tardif adopté par le chef de l’État, certains estimant que cette question aurait pu se régler dès 2012 par un vote du Parlement à la majorité qualifiée et que Macky Sall a repoussé l’échéance à dessein. Un conseiller présidentiel fait valoir que la priorité était de faire avancer les chantiers du plan Sénégal émergent (PSE) et non d’engager une campagne référendaire prématurée.
Cette absence de lisibilité pose un problème au sein de la classe politique. Au Parti socialiste, par exemple (membre de la coalition gouvernementale), on fait savoir que la question d’une candidature autonome à la prochaine présidentielle sera posée après le référendum. Ce qui signifie qu’en cas d’élection en février 2017 le parti d’Ousmane Tanor Dieng et de Khalifa Sall disposerait, au mieux, de neuf mois pour trancher la question, organiser éventuellement une primaire et faire campagne. Autant de préoccupations qui laissent de marbre l’entourage de Macky Sall. « La date du référendum est secondaire, élude un ministre. L’important, c’est qu’il revienne au peuple de décider. »
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États-Unis : Bill Cosby accusé d’agression sexuelle
-L’acteur américain est une nouvelle fois inculpé pour agression sexuelle, a annoncé le procureur adjoint du comté de Montgomery ce mercredi.Le show judiciaire continue. Avec pas moins de cinquante accusations contre lui pour des agressions sexuelles, une nouvelle femme vient de porter plainte contre Bill Cosby. Selon un communiqué des autorités du comté de Montgomery, le comédien américain est accusé d’avoir drogué et violé une femme en 2004.
Lors d’une conférence de presse, le procureur adjoint du comté de Montgomery, Kevin Steele, a annoncé que Bill Cosby est accusé « de crime d’agression sexuelle aggravée ». L’enquête menée aurait permis d’établir que les faits impliquaient « une relation » avec la victime, qui était employée de l’université de Temple. Toujours selon les déclarations du procureur adjoint, la jeune femme se serait rendue au domicile de Bill Cosby à Cheltenham, petite ville de la banlieue de Philadelphie, où elle aurait rejeté ses avances. Ce dernier lui aurait alors donné des pilules et du vin jusqu’à ce qu’elle perde conscience.
Cette accusation vient s’ajouter à une longue série d’accusations similaires que l’acteur âgé de 78 ans à toutes niées. Il a d’ailleurs engagé des poursuites contre sept d’entre elles pour diffamation.
Jean-Sébastien Josset- Jeune Afrique
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Burkina Faso: Roch Kaboré, président du changement dans la continuité
-Issu d’un processus électoral exemplaire, le nouveau président du Burkina Faso a prêté serment en présence de nombreux chefs d’Etats et de gouvernements de la sous-région. Premier président élu de l’histoire du Pays des hommes intègres marquée par de nombreux coups d’Etat, Roch Marc Christian Kaboré est pourtant un ex-baron du régime Compaoré qui a été renversé suite à une insurrection générale en 2014. Populaire et consensuel, l’homme saura-t-il se renouveler pour répondre aux aspirations de la jeunesse qui a mis à terre son ancien mentor ?Le palais de Kosyam a désormais un nouveau locataire. Vainqueur de l’élection présidentielle du 29 novembre qu’il a remportée dès le premier tour avec un score historique de 53%, le nouveau président du Burkina Faso a la réputation d’être un homme de dialogue, consensuel et capable de s’élever au-dessus des intérêts partisans. Cela tombe bien car du président Roch Marc Christian Kaboré qui prend les rênes du pouvoir 14 mois après la puissante insurrection populaire qui a renversé l’ancien régime et a poussé à la fuite son leader Blaise Compaoré, on attend qu’il réconcilie les Burkinabè et les aide à tourner l’une des pages les plus turbulentes de leur histoire.
Ce ne sera peut-être pas chose facile pour quelqu’un comme Roch Kaboré, 58 ans, qui est aussi marqué par le passé. Paradoxalement, l’insurrection d’octobre 2014 qui a profondément bouleversé la vie politique burkinabè, n’a pas permis de faire émerger des leaders politiques neufs, laissant le champ libre aux partis traditionnels. Aussi, le nouveau président que les Burkinabè ont élu n’a-t-il de nouveau que le nom.
Le président Kaboré n’est pas en effet un nouveau venu dans les allées du pouvoir au Burkina. Il est bien connu des populations pour avoir été un fidèle de l’autocrate Blaise Compaoré pendant trois décennies, occupant plusieurs fonctions importantes avant de quitter le navire tout juste dix mois avant qu’il ne coule définitivement. Un départ dicté essentiellement par opportunisme et par dépit, si l’on croit les détracteurs du nouveau président. L’homme avait en effet été progressivement écarté des instances décisionnelles du pays et du parti pour s’être opposé à la réélection anti-constitutionnelle du « Beau Blaise » en 2015, après l’avoir soutenue. C’est toute l’ambiguïté du nouvel homme fort d’Ouagadougou, issu de l’élite burkinabè qui gouverne le pays depuis l’indépendance. Renversée par la rue, puis rappelée au pouvoir par ceux-là mêmes qui l’avaient mise en cause, cette élite est condamnée à faire peau neuve pour ne pas retomber dans ses travers du passé. Des travers qui ont pour nom impunité, mal-gouvernance, corruption…
C’est donc en proposant le changement dans la continuité que Roch Kaboré s’est fait élire à la présidence. Pendant la campagne électorale, l’homme avait mis en avant sa longue expérience de la gestion des affaires de l’Etat, faisant habilement oublier sa proximité avec le régime déchu. Tout le monde apparemment n’avait pas oublié, puisque son rival le plus sérieux Zéphirin Diabré, venu deuxième à la présidentielle avec 21,65% des suffrages, a fait un tabac avec son slogan de campagne, « C’est même pipe, même tabac, même chose », accusant son adversaire de vouloir faire du Compaoré sans Compaoré. Un avertissement qui n’a pas empêché le président élu de remporter le scrutin par un « coup KO », comme on appelle une victoire électorale dès le premier tour en Afrique de l’Ouest.
Instinct de survie
Fin stratège, Roch Marc Christian Kaboré a appris la politique dans le berceau. Né en 1957, ce catholique pratiquant, issu de l’ethnie majoritaire du Burkina, les Mossis, est le fils d’un ancien ministre des Finances dans le premier gouvernement voltaïque (le Burkina s’appelait encore la Haute-Volta) après la colonisation. Si les récits de son père l’ont initié très tôt aux us et coutumes de la vie politique nationale, les premiers engagements personnels du jeune Kaboré datent du milieu des années 1970 lorsqu’il débarque en France pour poursuivre ses études universitaires. Il s’implique étroitement dans l’activisme syndical estudiantin, tout en préparant à l’université de Dijon une maîtrise en sciences économiques, puis un diplôme d’études supérieures spécialisées en (DESS) en gestion.
Séduit par les idées de la gauche radicale, le jeune homme milite, à son retour au pays en 1984, au sein du parti marxiste l’Union de lutte communiste reconstruite (ULC-R), qui avait soutenu la prise de pouvoir à Ouagadougou par Thomas Sankara. Proche du gouvernement révolutionnaire que dirige ce dernier, le futur président Kaboré se fait alors connaître en devenant à 27 ans le plus jeune directeur de la Banque internationale du Burkina (BIB). Mais après l’assassinat de Sankara, alors que les marxistes sont poursuivis par les hommes de Blaise Compaoré qui avaient pris le pouvoir, il se rallie opportunément au camp des putschistes. Il ira jusqu’à saluer publiquement la « rectification de la révolution » des nouveaux maîtres d’Ouaga, faisant ainsi preuve d’un grand instinct de survie qui n’est sans doute pas étranger au parcours exceptionnel que Roch Marc Kaboré a effectué depuis dans la vie politique burkinabè.
La carrière politique du nouveau président débute véritablement sous le régime Compaoré. Il collectionne les fonctions ministérielles (Transport, Communication, Plan, Finances) et accède à la primature en 1994. Il sera aussi député, Président de l’Assemblée nationale pendant 10 ans, tout en assurant la présidence du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti-Etat de Blaise Compaoré qui rafle toutes les élections. Considéré un temps comme dauphin de son mentor tout-puissant, il est progressivement marginalisé à partir de 2010 lorsque l’entourage proche de Compaoré prend les commandes du parti et organise la vie politique de façon mono-obsessionnelle pour faire aboutir le changement constitutionnel indispensable à la réélection de son chef.
Disgrâce et nouveaux défis
Sa disgrâce a été une chance pour Roch Kaboré qui a su la transformer en un formidable tremplin politique, créant son propre parti, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), en collaboration avec deux autres caciques du régime Compaoré, Salif Diallo et Simon Compaoré. Hommes de réseaux, le trio a mobilisé soutiens et ressources et a utilisé les mêmes méthodes qu’ils avaient expérimentées dans le CDP dont ils furent les principaux architectes dans les années 1990 et 2000, pour asseoir la popularité de leur nouvelle formation.
Le MPP est devenu une formidable machine à gagner les élections et a assuré la victoire de son poulain Roch Marc Christian Kaboré à la présidentielle de novembre 2015. Cette victoire est d’autant plus éclatante qu’elle a réussi à rassembler au-delà des clivages politiques (ancien régime et ses opposants) et socoio-géographiques (villages et villes) habituels. « Moins de deux ans après la création du MPP, nous nous retrouvons dans la position d’être le premier parti du Burkina Faso », s’est félicité le nouveau président, avant de rappeler que ce parti a été implanté « sur toute l’étendue du territoire national ». Suivie par l’Afrique toute entière, cette victoire a été saluée dans le monde entier comme un exemple de la démocratie en marche. Ami de la famille Kaboré, le chef de l’Etat de la Côte d’Ivoire Alassane Ouattara, fut l’un des premiers leaders internationaux à appeler le président élu pour le féliciter.
Malheureusement pour le MPP, les résultats des législatifs ont été moins glorieux, avec une plus grande atomisation du score qu’à la présidentielle. Avec 55 élus sur 127 sièges mis en concurrence, le parti présidentiel n’a pas réussi à obtenir la majorité absolue escomptée, obligeant sa direction à négocier avec les petits partis proches de sa sensibilité social-démocrate pour former une coalition pour gouverner le pays. C’est chose faite, si l’on croit Me Bénéwendé Sankara, le leader charismatique du parti sankariste UNIR, qui a confié à RFI qu’ « une majorité présidentielle composée de 55 députés MPP et de 14 députés des partis alliés dont le nôtre, soutiendra l’action du gouvernement au Parlement ».
Cette entente cordiale n’en révèle pas moins, comme l’écrit le chercheur Daniel Eizenga du Groupe de recherche sur le Sahel, les limites de la stratégie du MPP : « La politique burkinabè sera désormais plus compétitive. L’ère de Blaise Compaoré avec un Etat-parti dominant est derrière nous. Même si les principaux acteurs de la vie politique demeurent les mêmes, leurs stratégies pour gouverner sont appelées à évoluer. »
« Plus rien ne sera comme avant », répète à son tour Guy Hervé Kam, porte-parole de l’organisation de la société civile du Burkina Le Balai citoyen. « Les Burkinabè veulent plus de démocratie, plus de justice, fin de l’impunité et des inégalités sociales », déclare-t-il. Rappelant les promesses du candidat Roch Kaboré, il explique que les attentes sont immenses dans tous ces domaines. « La société civile attend le nouveau gouvernement au tournant, affirme-t-il. Nous espérons que dans les six mois qui suivent l’installation du nouveau président, le dossier de la nouvelle Constitution soit sur les rails. De même, pour le dossier sur le chômage des jeunes et last but not least le dossier de l’extradition de l’ancien président Compaoré pour qu’il soit interrogé par les tribunaux burkinabè. » « Notre système est tout à fait apte à le juger », souligne-t-il.
Si Guy Hervé Kam a été secoué par les rumeurs sur l’envoi des émissaires par le président élu à son prédécesseur pour le rassurer, il veut continuer de croire à la bonne volonté de Roch Kaboré. « C’est vraiment un homme de consensus, quelqu’un qui cherche des compromis plutôt que d’imposer sa décision. »
Et ses défauts : « Il en a trois : son passé, son passé et, encore et toujours, son passé », fuse la réponse.
(1) The Washington Post, 6 décembre 2015.
RFI
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RDC: les mouvements citoyens face aux services de renseignement
-En RDC, on savait une partie de l’opposition dans le collimateur de l’Agence nationale du renseignement (ANR) avec de nombreuses arrestations ces derniers mois. Aujourd’hui, les mouvements citoyens Lucha et Filimbi vont plus loin. Ils accusent les services de renseignements de s’être intéressés de près à la conférence dite « de Gorée », organisée à Dakar au Sénégal du 11 au 14 décembre 2015, en présence d’autres mouvements africains analogues comme « Y en a marre » du Sénégal ou le « Balai citoyen » du Burkina Faso. Lucha et Filimbi disent s’être procurés une note interne de l’ANR. Cette note qualifierait la conférence de Gorée de « consolidation d’une coalition de déstabilisation de la RDC à partir de Dakar ». Mais sa véracité est contestée par le gouvernement.C’est une note de cinq pages censément adressée par l’administrateur de l’ANR au président du Sénat. Sa tonalité est très politique : après une énumération des participants à la conférence de Gorée, cette dernière est décrite comme « une messe noire » ayant des buts inavoués, à savoir, « réfléchir sur les meilleurs moyens pour un soulèvement populaire en RDC, la constitution d’un front anti-dialogue et l’obtention des moyens financiers au fin d’actions de déstabilisation... »
Et le document de décliner les moyens d’y répondre, qui vont des mesures diplomatiques à prendre à l’encontre du sénégal, pays hôte de la réunion, à la campagne médiatique à mettre en oeuvre en RDC pour discréditer l’opposition et jusqu’à l’arrestation des participants congolais à leur retour au pays.
Les représentants des mouvements Lucha et Filimbi assurent que ce document émane vraiment des services de renseignement. Mais, du côté des autorités congolaises, on en réfute l’authenticité. Selon le porte-parole du gouvernement, cette note ne ressemble pas aux documents produits habituellement par l’ANR.
RFI
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RDC: les détenteurs de téléphones portables doivent s’identifier
-Encore une fois, le gouvernement de RDC exige des détenteurs des téléphones cellulaires de se faire identifier. La décision, annoncée dimanche à la télévision officielle, était censée prendre fin ce lundi soir. La société civile dénonce une restriction des droits des citoyens là où le porte-parole du gouvernement affirme que c’est dans le cadre de la prévention du terrorisme.« Tout numéro non enregistré sera suspendu aujourd’hui ». Le message est tombé lundi sur plusieurs portables. S’en est suivi une invitation : « Passez dans nos points de vente avec une pièce d’identité pour enregistrement ».
Les opérateurs de téléphones cellulaires ont été contraints d’inviter leurs clients à obtempérer à cette décision de l’Exécutif. Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, affirme que la mesure a été prise il y a trois ans. Les opérateurs de téléphones ont bénéficié d’un moratoire de deux ans. Lambert Mende évoque la lutte contre le terrorisme, prenant prétexte de la situation à Beni.
Vive protestation de l’opposition
Mais la société civile s’insurge contre cet alibi, comme l’explique maître Georges Kapiamba de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) : « Nous sentons qu’elle [cette décision] est totalement politique. Elle rentre dans la même logique qui avait prévalu au mois de janvier de l’année en cours où on a vu le gouvernement suspendre le fonctionnement des télécommunications, le fonctionnement d’internet ».
Dans l’opposition, on ne se doute pas que la décision est en rapport avec les actions prévues pour faire échec à un éventuel prolongement du mandat du président Joseph Kabila.
RFI
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RDC: les opposants dans le collimateur des services de sécurité
-Le coordonnateur du tout nouveau mouvement citoyen « Il est temps RDC-Quatrième voie », Jean-Marie Kalonji, a été enlevé par des hommes armés en plein boulevard du 30-Juin le 15 décembre. C’est seulement mercredi qu’il a été localisé dans les installations de l’Agence nationale des renseignements (ANR). Selon des sources proches du gouvernement, Jean-Marie Kalonji excellait dans la subversion en milieu estudiantin pour le compte de l’opposition, qui rejette ces accusations.Il est 13 heures le 15 décembre, boulevard du 30-Juin. A la hauteur de l’immeuble Gécamines, des hommes en armes circulant à bord d’une voiture embarquent de force un piéton. Tout juste le temps pour les compagnons de l’infortuné de constater que le véhicule 4×4 de couleur noire a été immatriculé à Kinshasa.
Jean-Marie Kalonji, le nom de la personne enlevée, est âgé de 29 ans et est surtout le coordonnateur d’un nouveau mouvement citoyen, « Il est temps RDC – Quatrième voie ». Au bout de plus d’une semaine de recherches intenses, son frère Pascal Kalonji le localise à l’ANR, mais assure n’avoir pas réussi à établir un contact avec lui.
Des activités subversives ?
Selon des sources proches du gouvernement contactées par RFI, l’intéressé était recherché pour des activités subversives, notamment le recrutement dans les milieux des étudiants pour le compte de l’opposition. « L’opposition n’a pas besoin d’aller recruter clandestinement », rétorque pour sa part l’opposant Vital Kamerhe, avant d’ajouter que l’opposition a lancé publiquement un appel au peuple congolais pour adhérer au Front citoyen 2016, un mouvement mis en place avec la société civile Filimbi et Lucha pour obtenir les élections présidentielles et législatives dans le délai constitutionnel.
RFI
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RDC : le chemin de l’incertitude
-En 2006, les Congolais écoutaient avec émotion le discours d’investiture de Joseph Kabila, premier président issu d’élections jugées crédibles en RDC.L’ex-Zaïre revenait enfin à la vie après une guerre civile qui avait fauché la vie de millions de Congolais, jeté la plupart d’entre eux sur le chemin de l’errance et plongé le pays dans une misère indescriptible.
Dans le même élan, un processus démocratique consensuel né des accords de Sun-City prenait forme. Les Congolais commençaient à se remettre au travail pour rebâtir un vaste pays saccagé par les guerres civiles post-indépendance, la barbarie du régime Mobutu et les atrocités des rébellions dites de libération qui ravagèrent le pays, de 1996 à 2002.
L’espoir fut hélas de courte durée. Le président Joseph Kabila qui bénéficiait d’une large adhésion populaire à son programme dit des « Cinq chantiers » n’est pas parvenu à traduire dans la réalité les immenses attentes liées à la bonne gouvernance, à la construction d’infrastructures et à l’amélioration des conditions de vie de ses compatriotes.
En panne de légitimité
Confrontée à la désillusion populaire, la majorité au pouvoir a vite pris conscience qu’elle ne pourrait plus se maintenir à travers un jeu démocratique franc et ouvert. Elle a levé l’option d’entamer lentement mais sûrement le périlleux périple de la mise en tombeau de la jeune démocratie.
Acte premier : modifier les règles électorales en allant d’un scrutin présidentiel à deux tours à celui à tour unique, à la veille de la présidentielle de 2011. La coalition au pouvoir espérait ainsi voir son champion rempiler face à une opposition qui ne réussissait pas à former un bloc uni.
Grâce à une machine électorale bien huilée par les fraudes massives décriées par tous les observateurs nationaux comme étrangers, Kabila s’offre alors non sans peine un second mandat à la tête du pays. Mandat qui peine à convaincre tant la corruption se généralise, le délabrement des infrastructures se poursuit et pire, l’insécurité endémique dans l’est du pays s’aggrave. En panne de légitimité, toute l’action gouvernementale est plongée dans une inanition fatidique.
Acte deux : asphyxier le cycle électoral, restreindre l’espace démocratique public et jouer la politique du pourrissement sécuritaire. À commencer par la non-organisation des élections locales et provinciales longtemps prévues et sensées faire évoluer la démocratie à la base, en passant par la recrudescence des intimidations des opposants et l’accaparement de l’espace médiatique national, Kabila et les siens semblent avoir tracé leur voie.
On ne fait pas d’élections dans un pays en guerre
L’est du Congo est encore écumé par des hordes de combattants locaux et étrangers qui opèrent en toute impunité, pillent les ressources naturelles, violent les femmes, incendient des villages, massacrent quotidiennement les populations sans qu’aucune réaction conséquente du pouvoir ne soit palpable. Rien sauf des discours du genre : « On ne fait pas d’élections dans un pays en guerre ».
Vers un nouvel ordre constitutionnel ?
Acte trois : embrigader la classe politique dans une logique de consensus pour le partage du pouvoir et, sans l’avouer, d’un nouvel ordre constitutionnel. Histoire aussi de remettre les compteurs à zéro. À travers les « concertations nationales » dont la suite est connue de tous et le futur « dialogue national ».
Sept partis de la majorité ont ouvertement demandé à Kabila de respecter la Constitution et de ne pas engager la nation sur une voie suicidaire. Et – c’est une première dans le pays -, l’ensemble de l’opposition politique vient de signer une déclaration commune rejetant toute manœuvre qui s’écartarait des dispositions de la Constitution en vigueur. Enfin plus significatif, la très influente Église catholique et de nombreuses organisations de la société civile projettent des « actions d’envergure » pour contraindre le pouvoir à ouvrir l’arène politique et à organiser la présidentielle dans les délais constitutionnels.
La majorité des Congolais ont pleinement conscience que le régime au pouvoir tient à s’y maintenir par tous les moyens, la Constitution ne donnant aucune chance à Kabila pour se représenter en 2016. Une détermination jusqu’au-boutiste qui fait pointer le spectre du retour à la dictature « ventrocentrique » et iconoclaste comme le pays l’a connue pendant les 32 ans du règne de Mobutu. Le peuple congolais se laissera-t-il mener à l’abattoir par un groupe d’individus aveuglés par leurs intérêts égoïstes ? L’histoire nous le dira.


