Author: Don Kayembe

  • FELIX TSHISEKEDI – MOISE KATUMBI : DIALOGUE  A PARIS

    FELIX TSHISEKEDI – MOISE KATUMBI : DIALOGUE A PARIS

    katumbi-tshisekedi-Félix Tshisekedi, chargé des relations extérieures de l’UDPS qu’accompagnait Samy Badibanga, a rencontré jeudi 10 décembre 2015 à Paris, Moïse Katumbi, ancien Gouverneur de l’ex-Katanga passé récemment dans l’opposition. Selon les comptes rendus faits de cette rencontre, les deux personnes auraient échangé sur les stratégies à mettre en place pour obtenir une alternance politique aux élections de 2016. Ils ont partagé leur détermination à ce que l’élection présidentielle se tienne dans les délais constitutionnels.

    Toujours selon des journalistes présents à cet entretien, Tshisekedi fils et Katumbi ont affirmé leur rejet du dialogue national pour les élections apaisées. Les deux hommes ont également évoqué la possibilité de soutenir un candidat commun de l’opposition lors de l’élection présidentielle.

    Bien d’observateurs s’interrogent sur ce subit rapprochement entre l’UDPS, parti de l’opposition, et Moïse Katumbi qui vient de quitter la majorité. Il n’y a pas longtemps, en effet, l’UDPS se méfiait de Katumbi et du G7, estimant qu’il s’agissait d’une sorte de cheval de Troie du pouvoir envoyé au sein de l’opposition pour la torpiller. De tous les temps, d’ailleurs, Katumbi n’a jamais été en odeur de sainteté du côté de la 10ème rue/Limete.

    Qu’est-ce qui a donc pu rapprocher deux pôles diamétralement opposés et que rien d’objectif ne saurait les unir ? La question est d’autant plus intriguante que l’entretien de Paris a aussi tourné autour de la possibilité d’une candidature unique de l’opposition pour la présidentielle. On sait que l’UDPS n’a jamais transigé sur ce sujet, maintenant, contre vents et marrées, Etienne Tshisekedi comme seul candidat pour elle. Or, même s’il ne s’y est pas encore prononcé officiellement, bien de sources avancent que Moïse Katubi rêverait d’une candidature au même poste.

    Autre point d’interrogation : qu’est-ce qui peut rapprocher un Katumbi, qui est diamétralement opposé au dialogue, à l’UDPS qui s’est inscrite dans sa logique ? Cette question est aussi intéressante au regard de cette sorte de cacophonie au sein de l’UDPS d’où émanent des voix discordantes autour du dialogue, même si, officiellement, le parti tshisekediste y est engagé moyennant certaines conditions dont une médiation internationale. Félix Tshisekedi aurait-il roulé Moïse Katumbi en claironnant avec lui le refus du dialogue ?

    Enfin de compte, que représente politiquement Moïse Katumbi sur l’échiquier national pour que l’UDPS s’en rapproche ? Sans l’intention de nuire à sa personne, nous savons qu’en dehors du TP Mazembe, Katumbi n’a pas d’assise sociologique majeure pouvant faire de lui une force politique. De plus, à ce jour, Katumbi évolue en solo, se rapprochant de temps en temps de certains partis et regroupements politique comme l’UNAFEC de Kyungu Wa Kumwanza et le G7.K des rapprochements essentiellement opportunistes, car on ne les observe qu’à l’occasion de certains événements d’actualité qu’il exploite pour exprimer ses opinions.

    En un mot comme en mille, l’on constate que Katumbi et l’UDPS ont trop de points de divergences qui, tout à fait objectivement, ne peuvent pas permettre leur rapprochement. On assisterait donc à un dialogue des dupes entre le jour et la nuit. Katumbi charrie trop d’agendas cachés autour de lui pour prétendre défendre une cause donnée. A la limite on dirait qu’il n’a pas d’étoffe qui justifierait son utilité dans les tournants politiques que la RDC amorce.

    De son côté, Félix Tshisekedi pase pour un personnage à double visage. D’un côté, il est présenté, ou se fait présenter, comme un véritable fer de lance de l’UDPS, tandis que de l’autre il évolue en solo pour promouvoir ses ambitions personnelles en se servant du nom de son père et de la notoriété de l’UDPS. Sinon, on ne comprendrait pas pourquoi il s’est entiché de Samy Badibanga avec qui lui et l’UDPS étaient en froid depuis le sortir des élections de 2011.

    On se souvient, en effet, que Badibanga, aujourd’hui président du groupe parlement UDPS à l’Assemblée Nationale, avait été déclaré exclu du parti pour avoir refusé d’obtempérer au mot d’ordre de Tshisekedi qui avait demandé à tous les élus de son parti de ne pas siéger à l’Assemblée Nationale.

    Dans les deux cas, l’UDPS et Katumbi se seraient livré à un jeu de poker menteur que seul le proche avenir démontrera.

    Pascal Debré Mpoko

  • Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi s’unissent à Paris pour le départ de Joseph Kabila en 2016

    Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi s’unissent à Paris pour le départ de Joseph Kabila en 2016

    katumbi-tshisekedi-L’ancien gouverneur de l’ex-Katanga et le fils de l’opposant historique se sont rencontrés, ce jeudi 10 décembre à Paris. Ils veulent faire cause commune pour obtenir une élection présidentielle sans participation du président sortant, Joseph Kabila, et dans les délais constitutionnels. Ils ont également évoqué une candidature commune.

    Est-ce un tournant dans le marathon politique, qui doit mener à l’élection présidentielle congolaise en novembre 2016 ? Paris a été le théâtre, le 10 décembre, d’une rencontre entre deux personnalités influentes de l’opposition congolaise : Moïse Katumbi, ancien gouverneur de l’ex-Katanga, et Félix Tshisekedi, fils d’Étienne, le chef du principal parti d’opposition, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

    Les deux hommes se sont réunis pour une journée de discussion dans un discret hôtel du VIIIe arrondissement de la capitale française, à laquelle Jeune Afrique a pu assister en partie. En est ressorti un accord en plusieurs points, au premier rang desquels le refus du « dialogue national » annoncé par le président Joseph Kabila. Les deux hommes sont désormais convaincus qu’il s’agit d’une manœuvre du chef de l’État congolais pour obtenir un report de l’élection présidentielle, au-delà du délai constitutionnel de novembre 2016. Selon l’actuelle Constitution, le président sortant n’aura en effet pas le droit de se présenter à ce scrutin.

    L’objectif, c’est l’alternance en 2016, a expliqué Moïse Katumbi. Il faut un changement de régime et un changement de politique, a renchéri Tshisekedi

    « Nous voulons un calendrier consensuel qui donne la priorité à des élections présidentielles et législatives dans les délais constitutionnels et qui soient conformes aux standards internationaux », a expliqué Samy Badibanda, un proche de Félix Tshisekedi, également chef du groupe parlementaire « UDPS et alliés ». « Nous voulons aussi que le fichier électoral soit révisé conformément aux recommandations de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) », a-t-il ajouté.

    « L’objectif, c’est l’alternance en 2016 », a expliqué Moïse Katumbi. « Il faut un changement de régime et un changement de politique », a renchéri Félix Tshisekedi.

    Candidat commun

    Les deux hommes ont également évoqué la possibilité de soutenir un candidat commun lors de l’élection présidentielle, a précisé Samy Bandibanga. Mais ni l’identité, ni le mode de désignation de ce candidat n’a été précisé. Il est encore trop tôt, faisaient savoir les participants. « Tous les partis politiques qui veulent l’alternance sont les bienvenus parmi nous », a précisé Félix Tshisekedi.

    Cette rencontre réduit considérablement la portée du « dialogue national » voulu par le président Joseph Kabila. L’UDPS était la seule grande formation d’opposition qui avait accepté d’en discuter lors de rencontres à Venise et Ibiza. Mais après sa convocation par le président Joseph Kabila, le 28 novembre, Félix Tshisekedi avait renoncé à y participer, arguant que « la présence de la communauté internationale [était] une condition sine qua non de [sa] participation ». « Si c’est une initiative de la communauté internationale, nous ne sommes pas opposés contre, explique-t-il aujourd’hui. Mais un dialogue sous l’égide du seul Joseph Kabila, il n’en est pas question ».

    Pierre Boisselet– Jeune Afrique

  • Joseph Kabila est dans les cordes. Il n’a plus de soutien, meme au Katanga d’où il est originaire

    Joseph Kabila est dans les cordes. Il n’a plus de soutien, meme au Katanga d’où il est originaire

    DRC government_torture Kabila–  Pour Jean Omasombo, on est au bout des tentatives de Kabila pour rester au pouvoir.
    La multiplication des projets gouvernementaux congolais destinés à maintenir le président Kabila au pouvoir au-delà du terme de son second et dernier mandat en décembre 2016 a profondément ébranlé la société congolaise. Le dernier en date l’organisation d’un “ Dialogue national ” destiné à modifier le système électoral, a suscité une levée de boucliers (“La Libre” 1er décembre).

    Où tout cela mène-t-il le Congo ?
    Pour le comprendre, “La Libre Belgique” a interrogé le politologue Jean Omasombo, chercheur au Musée d’Afrique central à Tervuren et professeur à l’université de Kinshasa.
    Vu l’importance de l’opposition au projet de Dialogue de M. Kabila, celui-ci est-il enterré ?
    Même si le mot “dialogue” est aujourd’hui galvaudé au Congo, je pense qu’on finira par en avoir un, quel que soit le nom qu’on voudra lui donner. Mais cela nécessite qu’on sorte du schéma fixé par le président Kabila, au risque de vider l’Etat congolais de sa substance et de retourner à l’ère Mobutu.

    Expliquez-vous…
    Depuis 2013, Kabila cherche une issue lui permettant de rester au pouvoir. Avec ce schéma, on revient à Mobutu parceque, comme à cette époque, on ramène l’Etat aux intérêts et à la volonté de l’individu au pouvoir.
    Sa dernière démarche, amenant la mise en place forcée et non préparée de nouvelles provinces, a fini par lui coûter la décomposition de son camp politique, avec la sortie du G7 (NdlR : dissidents de la majorité présidentielle).
    Sur un autre dossier majeur, celui des élections locales, Kabila ne semble avoir ni la volonté, ni la capacité de les organiser. Alors que, selon la Constitution, il aurait dû lancer la décentralisation en 2009. Or il ne s’en est occupé qu’en 2015. Et sur les 21 “commissaires spéciaux” qu’il a nommés à la tête des 21 nouvelles provinces, quatorze sont de son parti, le PPRD, et sept de partis alliés…
    L’insistance du camp Kabila à organiser ce “Dialogue national” est sa dernière grosse manœuvre possible, après une série d’échecs.
    Quel type de dialogue est nécessaire ?
    Certaines des décisions récentes du pouvoir comme les 21 nouvelles provinces ont compliqué la marche du pays; ainsi l’Ituri ne veut pas revenir en arrière et cesser d’être une province, même s’il rejette les commissaires spéciaux. Dans ce contexte, il faut se recentrer sur le fondamental. L’impératif, aujourd’hui, est connu : la tenue de l’élection présidentielle, dans le cadre de la Constitution, avant la fin 2016.
    C’est la principale élection. Et elle peut être liée à l’élection des députés nationaux et à celle des députés provinciaux, ces derniers élisant indirectement les sénateurs nationaux et les exécutifs provinciaux. Cela permettrait d’asseoir les nouvelles provinces.
    Un cadre, qu’on peut appeler dialogue, est nécessaire pour éclaircir l’évolution politique, embrouillée par les décisions contradictories de ces dernières années et en raison de la faiblesse de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante), qui ne maîtrise plus rien.

    En quoi ce dialogue-là serait-il différent du “Dialogue national” de Kabila ?
    Ce dernier veut qu’on modifie la Constitution pour changer le mode électoral afin de survivre lui même. Il veut rattraper le retard qu’il a volontairement ou par incapacité fait prendre sur les exigences de la Constitution. Et l’opposition, qui s’étoffe, veut trouver sa force dans la rue, qui a clairement exprimé, lors des émeutes de janvier, son refus de voir Joseph Kabila se prolonger au pouvoir.
    Seule la Dynamique de l’opposition (NdlR : les principaux partis d’opposition, sauf l’UDPS) est peu favorable au dialogue, préférant s’appuyer sur l’opinion publique pour accélérer le processus de départ de Joseph Kabila. L’Eglise et le G7 devraient être favorables à une forme de dialogue. Tout comme la communauté internationale. Joseph Kabila est dans les cordes. Contrairement au président du Burundi, il n’a plus de soutien, même au Katanga d’où il est originaire.

    Quelles possibilités lui reste-t-il ?
    Vu le temps qui lui reste avant la fin 2016, il pourrait jouer là sa dernière partie. Sa course devient de plus en plus difficile mais, en même temps, il ne peut plus reculer : il n’a jamais préparé sa succession. Ses alliés ne sont que des appuis de circonstance, sans cohésion.
    Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, évoque de possibles violences…
    C’est parce que le camp presidential s’aperçoit que l’opinion publique ne lui est pas favorable. Lambert Mende a mis en avant le modèle rwandais de développement contre la démocratie; mais Kabila ne peut amener ni l’un ni l’autre.

    Que va-t-il arriver, maintenant ?
    Il y a trois issues possibles.
    1) Kabila arrive à mettre la Constitution de côté et à rester au pouvoir; c’est peu probable. 2)Un dialogue dans le cadre de la Constitution permet au pays d’avoir un nouveau Président fin 2016
    3) Il y a une confrontation entre les deux camps, qui amène la chute de Kabila.
    Joseph Kabila est dans les cordes.
    Contrairement au president du Burundi, il n’a plus de soutien, meme au Katanga d’où il est originaire […] Il pourrait jouer là sa dernière partie.
    Jean Omasombo, politologue et professeur à Kinshasa.
    MARTIN D’HAESE
    Entretien Marie-France Cros

  • Ce qu’il faut retenir de la visite de Saïd Djinnit en RDC

    Ce qu’il faut retenir de la visite de Saïd Djinnit en RDC

    Djinnit-L’envoyé spécial des Nations unies pour les Grands Lacs a fini ses quatre jours de consultations en République démocratique du Congo. Saïd Djinnit a rencontré des acteurs institutionnels, politiques, la société civile et a consacré cette dernière journée à rencontrer les représentants des Eglises. Il repart avec une palette d’avis qui devrait permettre au secrétaire général des Nations unies de confirmer ou non sa nomination comme co-facilitateur international du dialogue convoqué par Joseph Kabila.

    De l’avis des personnalités consultées, le principal enseignement que pourrait tirer Ban Ki-moon, c’est que la République démocratique du Congo pourrait être à la veille d’une crise majeure. La majorité elle-même l’a dit ouvertement lors de sa dernière conférence de presse : sans dialogue, il y a un risque de violences dans le pays à l’approche des élections, a dit son porte-parole. L’opposition et la société civile, qu’elles soient favorables à un dialogue ou non, parlent également de ce risque.

    Deuxième enseignement : une partie des acteurs politiques, l’UDPS en tête, font de cette co-facilitation internationale et de son implication dès la mise en place du comité préparatoire de ce dialogue une condition sine qua non de leur participation… mais aussi de la crédibilité des discussions.

    Troisième enseignement : des politiques, des membres de la société et notamment l’Eglise catholique insistent sur le respect des délais constitutionnels, là encore qu’ils se disent favorables au dialogue ou non. Il semble avoir compris, expliquent plusieurs participants à ses consultations. Ces personnalités rapportent que Said Djinnit aurait à la fois parlé d’un dialogue inclusif et franc comme d’une voie privilégiée par les Nations unies, mais l’envoyé spécial pour les Grands Lacs aurait également évoqué le contenu des dernières résolutions du Conseil de sécurité qui rappellent toute la nécessité de respecter les délais constitutionnels, et notamment pour la présidentielle.

    Parmi les personnalités consultées, il y a l’ancien vice-président Azarias Ruberwa. Le président de RCD s’est prononcé ouvertement pour le dialogue national, mais il insiste sur le fait que chacun, gouvernement, opposition et même la communauté internationale, doit faire preuve de bonne volonté pour éviter le pire au Congo :

    « Je pense que le problème du gouvernement, c’est de donner des garanties que la Constitution sera respectée. Le problème de l’opposition, c’est de venir au dialogue, bien sûr avec son cahier des charges, par rapport à des questions sur le fichier électoral, les nouveaux majeurs, comme on le dit ici, tous ces jeunes, des millions aujourd’hui, qui étaient mineurs en 2011, mais qui sont devenus majeurs. Mais aussi sur des questions comme la sécurisation du processus et le budget. Plus il y aura d’opposants qui participeront, plus ils vont constituer une garantie en eux-mêmes. Si le dialogue tourne dans le sens que l’on ne souhaite pas, on sera libre de quitter ou de ne pas signer. Mais ne pas aller au dialogue, ne pas donner des garanties du côté du pouvoir, ne pas participer pour l’opposition et la société civile et ne pas avoir la communauté internationale qui soutient ce dialogue, je pense que c’est une mauvaise stratégie, parce qu’il ne faut pas attendre qu’il y ait de casse pour dire “si l’on savait, on aurait pu dialoguer, et peut-être trouver un compromis”. Alors on va assumer devant l’Histoire », a déclaré Azarias Ruberwa.

    RFI

  • Dialogue : ce que Joseph Kabila attend de Saïd Djinnit

    Dialogue : ce que Joseph Kabila attend de Saïd Djinnit

    said_djinnit-Ban Ki-moon a dépêché mercredi à Kinshasa Saïd Djinnit, son envoyé spécial pour les Grands Lacs. Si le diplomate algérien n’est pas officiellement nommé facilitateur du nouveau dialogue politique convoqué par Joseph Kabila, Kinshasa espère tout de même qu’il ramènera l’opposition à la table des discussions.

    Saïd Djinnit parviendra-t-il à relancer le nouveau dialogue politique voulu par Joseph Kabila en RDC ? « Pour l’instant, il n’est pas là pour ça », s’empresse de préciser une source onusienne à Kinshasa. Le diplomate algérien, envoyé spécial du secrétaire général des Nations pour les Grands Lacs, est en effet arrivé le 2 novembre dans la capitale congolaise « pour s’entretenir avec le gouvernement et les autres parties prenantes afin de discuter des contours de ce dialogue » convoqué fin novembre par le président Joseph Kabila, ajoute un communiqué de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco).

    Autrement dit, Saïd Djinnit n’est pas encore officiellement le médiateur international de la crise politique congolaise. Ban Ki-moon l’a d’ailleurs envoyé dans la capitale congolaise pour voir s’il sera « à même de faciliter le dialogue national » à venir. Une perspective qui ne réjouit guère les frondeurs de la majorité au pouvoir. « On prend les mêmes et on recommence ? » s’est interrogé Olivier Kamitatu, l’un des leaders du G7, dénonçant une « ‘nkurunzization’  à pas lents de la RDC ». Allusion faite à l’absence ou presque de résultats de Saïd Djinnit dans la crise politique burundaise.

    La mission difficile de Djinnit

    « Dans tous les cas, on savait que le G7 allait réagir de cette manière, confie un proche du chef de l’État congolais. S’ils ont quitté la majorité, c’est parce qu’ils ne voulaient plus discuter. » En tout cas, du côté du camp présidentiel, la « pré-médiation » de Saïd Djinnit est plutôt bien vue.

    « Saïd Djinnit connaît toute la classe politique congolaise qu’il côtoie depuis quelques temps dans son rôle d’envoyé spécial pour les Grands Lacs », note notre source. « Mais Kinshasa ne s’opposerait pas non plus, poursuit-elle, à Ban Ki-moon s’il choisissait au final un nom parmi les trois autres qui circulent : José Eduardo dos Santos, le président angolais, Moustapha Niasse, le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies ».

    En attendant, c’est bien le diplomate algérien qui est rentré en jeu. En face de lui : le G7 et la Dynamique, deux principales coalitions de l’opposition, qui ont déjà annoncé qu’ils ne prendront pas part  au nouveau dialogue politique. Mais il y a aussi l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, qui continue à tergiverser. Des « gesticulations que Saïd Djinnit pourra sans doute calmer », espère la source proche de la présidence de la République, rappelant que « le dialogue convoqué par Kabila est aussi le fruit des pressions des opposants Étienne Tshisekedi et Vital Kamerhe. L’important pour nous, c’est d’aller au débat ».

    Un débat qui portera essentiellement sur le processus électoral complètement en panne à moins d’une année de l’organisation des législatives et de la présidentielle, initialement prévue le 27 novembre 2016. La mission de Saïd Djinnit, dans le rôle de conciliateur d’avant pourparlers, s’annonce difficile…

    Jeune Afrique

  • Paradoxe Matata : Il bancarise les autres mais se paye lui-même et son équipe en espèces

    Paradoxe Matata : Il bancarise les autres mais se paye lui-même et son équipe en espèces

    MATATA-Alors que les salaires du personnel de la Présidence de la République et ceux des cabinets ministériels, les émoluments des députés et sénateurs passent par les banques, révèle notre enquête, ceux du cabinet du Premier Ministre Matata Ponyo seraient payés au comptant à la caisse de la Primature. Qu’est-ce qui peut bien justifier l’inexistence des traces bancaires pour les chantres de la bancarisation ? Est-ce pour dissimiler la pléthore ou échapper à tout contrôle et maitrise de la masse salariale ?

    Selon le gouvernement, la bancarisation vise la maitrise de la masse salariale des agents et cadres de l’Administration publique ainsi que du personnel administratif et politique des institutions de l’état et le contrôle des effectifs autres fois gangrénés par l’existence des agents fictifs. Elle est  donc, un mode de paiement transparent qui alimente la restauration du réseau financier.

    Quel Paradoxe !

    C’est simplement inadmissible de constater que la Primature se soustraie de la bancarisation des salaires de son personnel dans un contexte où même les cabinets ministériels s’y conforment.

    Faire intervenir la paie des salaires de l’ensemble du personnel par les services de la Primature, fait revenir le gouvernement à la case de départ laissant planer les doutes sur les effectifs réels et la hauteur des salaires réels du personnel de Matata Ponyo.

    Ceci contredit la volonté maintes fois exprimée par le Premier Ministre de réussir le processus de bancarisation et de combattre avec la dernière énergie la pratique des listes fictives et la manipulation des billets de banque par les agents payeurs.

    Si pour les autres, la bancarisation de la paie permet d’afficher dans le monitoring les effectifs exacts, pourquoi pas la Primature en tant que centre d’impulsion de cette opération ? La réponse à cette question soulève la problématique des effectifs réels du cabinet du Premier Ministre.

    Quid des effectifs ?

    Si pour le Directeur de cabinet, ses deux adjoints ainsi que les 14 conseillers principaux, il existe un décret officiel rendu public, pour les autres membres du cabinet, notre rédaction n’a pas pu mettre la main dessus. Même sur le site officiel de la primature où les décrets du Premier Ministre sont publiés, il n’existe aucune trace . Quoi de plus normal de ne pas connaître le nombre exact de ces effectifs.

    L’article 3 du décret n° 12/022 du 17 juillet 2012  portant organisation et fonctionnement du Cabinet du Premier Ministre, ce dernier comprend : la Direction, les collèges de conseillers et les conseillers techniques spéciaux, les cellules, les secrétariat privé du PM et le service administratif.

    S’il faut comptabiliser ces effectifs, certains analystes avertis se permettent d’avancer un chiffre pas « en deçà de 600 agents » payés chaque mois par le trésor public aux frais des contribuables congolais. De quoi se faire une idée sur la hauteur de la masse salariale, du reste « non bancarisée ».

    Obligation de transparence

    Le personnel de la Primature est-il soumis au même barème que ceux des autres institutions ? D’après nos investigations les Conseillers de la Primature toucheraient plus que ceux de la Présidence. Zoom Eco y reviendra avec plus amples détails.

    Chantre de la bancarisation, artisan des performances macroéconomiques mondialement reconnues et récemment élevé au rang de Docteur Honoris Causa, Matata Ponyo se soustrait-il de l’obligation de transparence dans ce mode de paiement (bancarisation) qu’il impose pourtant aux autres ? Pour quel intérêt se prive-t-il de prêcher par l’exemple par la bancarisation de son propre cabinet ?

    Comment laisser passer sous silence cette situation ? Aux fins d’y apporter de l’éclairage, d’aucuns pensent qu’un contrôle parlementaire approprié soit initié ou alors que la Cour des Comptes devrait diligenter une enquête crédible.

    Les élus du peuple, le personnel de la Présidence de la République, les professeurs d’universités, médecins, militaires…sont-ils différents des hommes de Matata ? Qu’est-ce qui peut bien justifier cette situation ? Autant c’est paradoxal, autant c’est inadmissible quand bien même l’opération n’est pas juridiquement contraignante. A la Primature d’éclairer l’opinion publique.

    Avec Zoom Eco

  • L’ONU nomme Saïd Djinnit facilitateur du dialogue politique en RDC

    L’ONU nomme Saïd Djinnit facilitateur du dialogue politique en RDC

    said,kabila,etienne-Selon un communiqué daté d’hier mercredi 02 décembre 2015 et signé par Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République Démocratique du Congo et patron de la Monusco, Maman Sambo Sidikou, le numéro un des Nations Unies vient  de charger Saïd Djinnit, son Envoyé Spécial dans les Grands Lacs, d’une mission de bons offices auprès des autorités congolaises ainsi que de toutes les parties prenantes au Dialogue national, présentement plombé à la suite du refus de plusieurs forces politiques et sociales d’adhérer au schéma de sa convocation par le Chef de l’Etat. On apprend que ce haut fonctionnaire onusien séjourne à Kinshasa depuis hier.

                Selon les termes du même communiqué, Saïd Djinnit est chargé de la facilitation du Dialogue, en commençant par la claire définition de ses « contours ». Les observateurs notent que le Secrétaire général des Nations Unies vient ainsi de donner suite à la lettre lui adressée par le Chef de l’Etat congolais, il y a une dizaine de jours, et dont était porteur, à New York, Raymond Tshibanda, ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale. On rappelle que dans cette correspondance, Joseph Kabila demandait à Ban ki-Moon de choisir le facilitateur du Dialogue national sur une liste de quatre personnalités dont Kofi Annan (Secrétaire général honoraire de l’ONU), Eduardo Dos Santos (Président de l’Angola), Moustapha Niasse (Président de l’Assemblée Nationale du Sénégal) et Saïd Djinnit (son Envoyé Spécial dans les Grands Lacs).

    A l’heure où le projet de Dialogue National se trouve totalement bloqué, tous les regards sont tournés vers ce dernier pour le débloquer et sauver le processus électoral terriblement en péril.

    Espoirs permis pour la tenue du Dialogue

                En principe, Saïd Djinnit devrait être accepté aussi bien par le Chef de l’Etat congolais, qui n’est pas du tout opposé à une médiation internationale tant que celle-ci n’empiète pas sur la souveraineté nationale, que par toutes les forces politiques et sociales « pro » comme « anti » dialogue. A l’étape actuelle où il est chargé de consulter toutes « les parties prenantes » congolaises, il est permis de croire qu’il va recueillir leurs avis et considérations, concilier les points de vue avant de passer à la phase de l’organisation proprement dite du Dialogue.

                L’opinion congolaise, fort troublée par les divergences de vue entre le Président de la République et les forces politiques (UDPS) et sociales (Eglise catholique) acquises au principe de la participation au Dialogue national, attend du « Facilitateur » des Nations Unies une pré-médiation visant à les mettre d’accord autour des modalités de sa convocation, du Comité préparatoire, des matières à inscrire à l’ordre du jour, de ses objectifs, etc. C’est le lieu de signaler que les questions qui fâchent devraient porter sur le « parrainage » de ce forum (Kabila ou la Communauté internationale), la désignation d’un Comité préparatoire par le Chef de l’Etat, la proposition d’une réflexion autour d’un système électoral peu coûteux, le pilotage du bureau du Dialogue par une équipe mixte Majorité présidentielle/Opposition (Société civile exclue), le financement des élections, la sécurisation du processus électoral, les mesures individuelles de grâce en faveur des prisonniers politiques et d’opinions, l’audit du fichier électoral, le calendrier électoral, l’enrôlement de nouveaux majeurs, la recomposition de la Ceni, le respect de la Constitution, la libération des prisonniers politiques, etc.

                L’autre face de la mission de Saïd Djinnit devrait consister à convaincre le « camp du refus du Dialogue » (G7, Dynamique de l’Opposition) d’y prendre part, afin de préserver son caractère « inclusif ». Ici, il lui faudrait donner des garanties onusiennes à ceux qui soupçonnent le Chef de l’Etat de vouloir profiter du Dialogue pour faire réviser la Constitution dans le sens du déverrouillage de l’article 220 limitant les mandats présidentiels à deux et leur durée à cinq ans, du « glissement » (prolongation des mandats des membres actuels des institutions de la République au-delà de 2016) ou encore de la mise en place d’un gouvernement de transition, etc. Bref, une dure épreuve de restauration de la confiance entre Kabila et ceux qui le soupçonnent d’entretenir un agenda caché autour de ce forum attend Saïd Djinnit. Il lui appartient d’apporter la preuve aux Congolais qu’il se trouve réellement au-dessous de la mêlée et qu’il est indépendant vis-à-vis de toutes les « parties prenantes » à la crise congolaise.Toute erreur d’approche ou de jugement lui est interdite.

                            Kimp

  • RDC : violents affrontements entre policiers et supporters du TP Mazembe à Lubumbashi

    RDC : violents affrontements entre policiers et supporters du TP Mazembe à Lubumbashi

    FAN-POLICE-De violents affrontements, qui ont fait quatre blessés, ont opposé mardi pendant plusieurs heures à Lubumbashi des policiers aux supporters du TP Mazembe.

    Trois supporters et un policier ont été blessés, a déclaré à l’AFP dans la soirée le colonel Paul Kyungu Banza, chef-adjoint de la police de Lubumbashi, selon qui 17 personnes ont été arrêtées.

    Les heurts ont été provoqués par l’interdiction d’un match du TP Mazembe, à l’occasion duquel Moïse Katumbi, propriétaire du club et opposant politique de poids, devait s’adresser à la foule. Il s’agissait d’un match de préparation en vue de la Coupe du monde des clubs (qui se déroule au Japon à partir du 10 décembre) compétition pour laquelle l’équipe a gagné son billet en remportant  le 8 novembre la Ligue des champions d’Afrique.

    A 12h00 (11h00 GMT), la police a encerclé le stade où devait se jouer le match du club de Lubumbashi, capitale du Haut-Katanga depuis l’éclatement récent du Katanga en quatre nouvelles entités administratives.

    Une décision politique ?

    Des milliers de supporters qui affluaient vers le lieu ont été repoussés à coups de gaz lacrymogène, dont le matériel a été saisi pendant quelques instants par la police. Les affrontements ont dégénéré avec des jets de pierres et se sont poursuivis pendant plusieurs heures.

    Pour justifier la présence policière aux abords du stade, le colonel Kyungu Banza avait simplement déclaré dans l’après-midi que « le match entre les équipes A et B de TP Mazembe n'[était] pas autorisé par la mairie ».

    Interrogé par l’AFP, Moïse Katumbi a déploré l’interdiction du match. « On ne complote pas dans un stade, a-t-il dit, le football est apolitique. »

    (Jeune Afrique)