Author: Don Kayembe

  • Joseph Kabila est dans les cordes. Il n’a plus de soutien, meme au Katanga d’où il est originaire

    Joseph Kabila est dans les cordes. Il n’a plus de soutien, meme au Katanga d’où il est originaire

    DRC government_torture Kabila–  Pour Jean Omasombo, on est au bout des tentatives de Kabila pour rester au pouvoir.
    La multiplication des projets gouvernementaux congolais destinés à maintenir le président Kabila au pouvoir au-delà du terme de son second et dernier mandat en décembre 2016 a profondément ébranlé la société congolaise. Le dernier en date l’organisation d’un “ Dialogue national ” destiné à modifier le système électoral, a suscité une levée de boucliers (“La Libre” 1er décembre).

    Où tout cela mène-t-il le Congo ?
    Pour le comprendre, “La Libre Belgique” a interrogé le politologue Jean Omasombo, chercheur au Musée d’Afrique central à Tervuren et professeur à l’université de Kinshasa.
    Vu l’importance de l’opposition au projet de Dialogue de M. Kabila, celui-ci est-il enterré ?
    Même si le mot “dialogue” est aujourd’hui galvaudé au Congo, je pense qu’on finira par en avoir un, quel que soit le nom qu’on voudra lui donner. Mais cela nécessite qu’on sorte du schéma fixé par le président Kabila, au risque de vider l’Etat congolais de sa substance et de retourner à l’ère Mobutu.

    Expliquez-vous…
    Depuis 2013, Kabila cherche une issue lui permettant de rester au pouvoir. Avec ce schéma, on revient à Mobutu parceque, comme à cette époque, on ramène l’Etat aux intérêts et à la volonté de l’individu au pouvoir.
    Sa dernière démarche, amenant la mise en place forcée et non préparée de nouvelles provinces, a fini par lui coûter la décomposition de son camp politique, avec la sortie du G7 (NdlR : dissidents de la majorité présidentielle).
    Sur un autre dossier majeur, celui des élections locales, Kabila ne semble avoir ni la volonté, ni la capacité de les organiser. Alors que, selon la Constitution, il aurait dû lancer la décentralisation en 2009. Or il ne s’en est occupé qu’en 2015. Et sur les 21 “commissaires spéciaux” qu’il a nommés à la tête des 21 nouvelles provinces, quatorze sont de son parti, le PPRD, et sept de partis alliés…
    L’insistance du camp Kabila à organiser ce “Dialogue national” est sa dernière grosse manœuvre possible, après une série d’échecs.
    Quel type de dialogue est nécessaire ?
    Certaines des décisions récentes du pouvoir comme les 21 nouvelles provinces ont compliqué la marche du pays; ainsi l’Ituri ne veut pas revenir en arrière et cesser d’être une province, même s’il rejette les commissaires spéciaux. Dans ce contexte, il faut se recentrer sur le fondamental. L’impératif, aujourd’hui, est connu : la tenue de l’élection présidentielle, dans le cadre de la Constitution, avant la fin 2016.
    C’est la principale élection. Et elle peut être liée à l’élection des députés nationaux et à celle des députés provinciaux, ces derniers élisant indirectement les sénateurs nationaux et les exécutifs provinciaux. Cela permettrait d’asseoir les nouvelles provinces.
    Un cadre, qu’on peut appeler dialogue, est nécessaire pour éclaircir l’évolution politique, embrouillée par les décisions contradictories de ces dernières années et en raison de la faiblesse de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante), qui ne maîtrise plus rien.

    En quoi ce dialogue-là serait-il différent du “Dialogue national” de Kabila ?
    Ce dernier veut qu’on modifie la Constitution pour changer le mode électoral afin de survivre lui même. Il veut rattraper le retard qu’il a volontairement ou par incapacité fait prendre sur les exigences de la Constitution. Et l’opposition, qui s’étoffe, veut trouver sa force dans la rue, qui a clairement exprimé, lors des émeutes de janvier, son refus de voir Joseph Kabila se prolonger au pouvoir.
    Seule la Dynamique de l’opposition (NdlR : les principaux partis d’opposition, sauf l’UDPS) est peu favorable au dialogue, préférant s’appuyer sur l’opinion publique pour accélérer le processus de départ de Joseph Kabila. L’Eglise et le G7 devraient être favorables à une forme de dialogue. Tout comme la communauté internationale. Joseph Kabila est dans les cordes. Contrairement au président du Burundi, il n’a plus de soutien, même au Katanga d’où il est originaire.

    Quelles possibilités lui reste-t-il ?
    Vu le temps qui lui reste avant la fin 2016, il pourrait jouer là sa dernière partie. Sa course devient de plus en plus difficile mais, en même temps, il ne peut plus reculer : il n’a jamais préparé sa succession. Ses alliés ne sont que des appuis de circonstance, sans cohésion.
    Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, évoque de possibles violences…
    C’est parce que le camp presidential s’aperçoit que l’opinion publique ne lui est pas favorable. Lambert Mende a mis en avant le modèle rwandais de développement contre la démocratie; mais Kabila ne peut amener ni l’un ni l’autre.

    Que va-t-il arriver, maintenant ?
    Il y a trois issues possibles.
    1) Kabila arrive à mettre la Constitution de côté et à rester au pouvoir; c’est peu probable. 2)Un dialogue dans le cadre de la Constitution permet au pays d’avoir un nouveau Président fin 2016
    3) Il y a une confrontation entre les deux camps, qui amène la chute de Kabila.
    Joseph Kabila est dans les cordes.
    Contrairement au president du Burundi, il n’a plus de soutien, meme au Katanga d’où il est originaire […] Il pourrait jouer là sa dernière partie.
    Jean Omasombo, politologue et professeur à Kinshasa.
    MARTIN D’HAESE
    Entretien Marie-France Cros

  • Ce qu’il faut retenir de la visite de Saïd Djinnit en RDC

    Ce qu’il faut retenir de la visite de Saïd Djinnit en RDC

    Djinnit-L’envoyé spécial des Nations unies pour les Grands Lacs a fini ses quatre jours de consultations en République démocratique du Congo. Saïd Djinnit a rencontré des acteurs institutionnels, politiques, la société civile et a consacré cette dernière journée à rencontrer les représentants des Eglises. Il repart avec une palette d’avis qui devrait permettre au secrétaire général des Nations unies de confirmer ou non sa nomination comme co-facilitateur international du dialogue convoqué par Joseph Kabila.

    De l’avis des personnalités consultées, le principal enseignement que pourrait tirer Ban Ki-moon, c’est que la République démocratique du Congo pourrait être à la veille d’une crise majeure. La majorité elle-même l’a dit ouvertement lors de sa dernière conférence de presse : sans dialogue, il y a un risque de violences dans le pays à l’approche des élections, a dit son porte-parole. L’opposition et la société civile, qu’elles soient favorables à un dialogue ou non, parlent également de ce risque.

    Deuxième enseignement : une partie des acteurs politiques, l’UDPS en tête, font de cette co-facilitation internationale et de son implication dès la mise en place du comité préparatoire de ce dialogue une condition sine qua non de leur participation… mais aussi de la crédibilité des discussions.

    Troisième enseignement : des politiques, des membres de la société et notamment l’Eglise catholique insistent sur le respect des délais constitutionnels, là encore qu’ils se disent favorables au dialogue ou non. Il semble avoir compris, expliquent plusieurs participants à ses consultations. Ces personnalités rapportent que Said Djinnit aurait à la fois parlé d’un dialogue inclusif et franc comme d’une voie privilégiée par les Nations unies, mais l’envoyé spécial pour les Grands Lacs aurait également évoqué le contenu des dernières résolutions du Conseil de sécurité qui rappellent toute la nécessité de respecter les délais constitutionnels, et notamment pour la présidentielle.

    Parmi les personnalités consultées, il y a l’ancien vice-président Azarias Ruberwa. Le président de RCD s’est prononcé ouvertement pour le dialogue national, mais il insiste sur le fait que chacun, gouvernement, opposition et même la communauté internationale, doit faire preuve de bonne volonté pour éviter le pire au Congo :

    « Je pense que le problème du gouvernement, c’est de donner des garanties que la Constitution sera respectée. Le problème de l’opposition, c’est de venir au dialogue, bien sûr avec son cahier des charges, par rapport à des questions sur le fichier électoral, les nouveaux majeurs, comme on le dit ici, tous ces jeunes, des millions aujourd’hui, qui étaient mineurs en 2011, mais qui sont devenus majeurs. Mais aussi sur des questions comme la sécurisation du processus et le budget. Plus il y aura d’opposants qui participeront, plus ils vont constituer une garantie en eux-mêmes. Si le dialogue tourne dans le sens que l’on ne souhaite pas, on sera libre de quitter ou de ne pas signer. Mais ne pas aller au dialogue, ne pas donner des garanties du côté du pouvoir, ne pas participer pour l’opposition et la société civile et ne pas avoir la communauté internationale qui soutient ce dialogue, je pense que c’est une mauvaise stratégie, parce qu’il ne faut pas attendre qu’il y ait de casse pour dire “si l’on savait, on aurait pu dialoguer, et peut-être trouver un compromis”. Alors on va assumer devant l’Histoire », a déclaré Azarias Ruberwa.

    RFI

  • Dialogue : ce que Joseph Kabila attend de Saïd Djinnit

    Dialogue : ce que Joseph Kabila attend de Saïd Djinnit

    said_djinnit-Ban Ki-moon a dépêché mercredi à Kinshasa Saïd Djinnit, son envoyé spécial pour les Grands Lacs. Si le diplomate algérien n’est pas officiellement nommé facilitateur du nouveau dialogue politique convoqué par Joseph Kabila, Kinshasa espère tout de même qu’il ramènera l’opposition à la table des discussions.

    Saïd Djinnit parviendra-t-il à relancer le nouveau dialogue politique voulu par Joseph Kabila en RDC ? « Pour l’instant, il n’est pas là pour ça », s’empresse de préciser une source onusienne à Kinshasa. Le diplomate algérien, envoyé spécial du secrétaire général des Nations pour les Grands Lacs, est en effet arrivé le 2 novembre dans la capitale congolaise « pour s’entretenir avec le gouvernement et les autres parties prenantes afin de discuter des contours de ce dialogue » convoqué fin novembre par le président Joseph Kabila, ajoute un communiqué de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco).

    Autrement dit, Saïd Djinnit n’est pas encore officiellement le médiateur international de la crise politique congolaise. Ban Ki-moon l’a d’ailleurs envoyé dans la capitale congolaise pour voir s’il sera « à même de faciliter le dialogue national » à venir. Une perspective qui ne réjouit guère les frondeurs de la majorité au pouvoir. « On prend les mêmes et on recommence ? » s’est interrogé Olivier Kamitatu, l’un des leaders du G7, dénonçant une « ‘nkurunzization’  à pas lents de la RDC ». Allusion faite à l’absence ou presque de résultats de Saïd Djinnit dans la crise politique burundaise.

    La mission difficile de Djinnit

    « Dans tous les cas, on savait que le G7 allait réagir de cette manière, confie un proche du chef de l’État congolais. S’ils ont quitté la majorité, c’est parce qu’ils ne voulaient plus discuter. » En tout cas, du côté du camp présidentiel, la « pré-médiation » de Saïd Djinnit est plutôt bien vue.

    « Saïd Djinnit connaît toute la classe politique congolaise qu’il côtoie depuis quelques temps dans son rôle d’envoyé spécial pour les Grands Lacs », note notre source. « Mais Kinshasa ne s’opposerait pas non plus, poursuit-elle, à Ban Ki-moon s’il choisissait au final un nom parmi les trois autres qui circulent : José Eduardo dos Santos, le président angolais, Moustapha Niasse, le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies ».

    En attendant, c’est bien le diplomate algérien qui est rentré en jeu. En face de lui : le G7 et la Dynamique, deux principales coalitions de l’opposition, qui ont déjà annoncé qu’ils ne prendront pas part  au nouveau dialogue politique. Mais il y a aussi l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, qui continue à tergiverser. Des « gesticulations que Saïd Djinnit pourra sans doute calmer », espère la source proche de la présidence de la République, rappelant que « le dialogue convoqué par Kabila est aussi le fruit des pressions des opposants Étienne Tshisekedi et Vital Kamerhe. L’important pour nous, c’est d’aller au débat ».

    Un débat qui portera essentiellement sur le processus électoral complètement en panne à moins d’une année de l’organisation des législatives et de la présidentielle, initialement prévue le 27 novembre 2016. La mission de Saïd Djinnit, dans le rôle de conciliateur d’avant pourparlers, s’annonce difficile…

    Jeune Afrique

  • Paradoxe Matata : Il bancarise les autres mais se paye lui-même et son équipe en espèces

    Paradoxe Matata : Il bancarise les autres mais se paye lui-même et son équipe en espèces

    MATATA-Alors que les salaires du personnel de la Présidence de la République et ceux des cabinets ministériels, les émoluments des députés et sénateurs passent par les banques, révèle notre enquête, ceux du cabinet du Premier Ministre Matata Ponyo seraient payés au comptant à la caisse de la Primature. Qu’est-ce qui peut bien justifier l’inexistence des traces bancaires pour les chantres de la bancarisation ? Est-ce pour dissimiler la pléthore ou échapper à tout contrôle et maitrise de la masse salariale ?

    Selon le gouvernement, la bancarisation vise la maitrise de la masse salariale des agents et cadres de l’Administration publique ainsi que du personnel administratif et politique des institutions de l’état et le contrôle des effectifs autres fois gangrénés par l’existence des agents fictifs. Elle est  donc, un mode de paiement transparent qui alimente la restauration du réseau financier.

    Quel Paradoxe !

    C’est simplement inadmissible de constater que la Primature se soustraie de la bancarisation des salaires de son personnel dans un contexte où même les cabinets ministériels s’y conforment.

    Faire intervenir la paie des salaires de l’ensemble du personnel par les services de la Primature, fait revenir le gouvernement à la case de départ laissant planer les doutes sur les effectifs réels et la hauteur des salaires réels du personnel de Matata Ponyo.

    Ceci contredit la volonté maintes fois exprimée par le Premier Ministre de réussir le processus de bancarisation et de combattre avec la dernière énergie la pratique des listes fictives et la manipulation des billets de banque par les agents payeurs.

    Si pour les autres, la bancarisation de la paie permet d’afficher dans le monitoring les effectifs exacts, pourquoi pas la Primature en tant que centre d’impulsion de cette opération ? La réponse à cette question soulève la problématique des effectifs réels du cabinet du Premier Ministre.

    Quid des effectifs ?

    Si pour le Directeur de cabinet, ses deux adjoints ainsi que les 14 conseillers principaux, il existe un décret officiel rendu public, pour les autres membres du cabinet, notre rédaction n’a pas pu mettre la main dessus. Même sur le site officiel de la primature où les décrets du Premier Ministre sont publiés, il n’existe aucune trace . Quoi de plus normal de ne pas connaître le nombre exact de ces effectifs.

    L’article 3 du décret n° 12/022 du 17 juillet 2012  portant organisation et fonctionnement du Cabinet du Premier Ministre, ce dernier comprend : la Direction, les collèges de conseillers et les conseillers techniques spéciaux, les cellules, les secrétariat privé du PM et le service administratif.

    S’il faut comptabiliser ces effectifs, certains analystes avertis se permettent d’avancer un chiffre pas « en deçà de 600 agents » payés chaque mois par le trésor public aux frais des contribuables congolais. De quoi se faire une idée sur la hauteur de la masse salariale, du reste « non bancarisée ».

    Obligation de transparence

    Le personnel de la Primature est-il soumis au même barème que ceux des autres institutions ? D’après nos investigations les Conseillers de la Primature toucheraient plus que ceux de la Présidence. Zoom Eco y reviendra avec plus amples détails.

    Chantre de la bancarisation, artisan des performances macroéconomiques mondialement reconnues et récemment élevé au rang de Docteur Honoris Causa, Matata Ponyo se soustrait-il de l’obligation de transparence dans ce mode de paiement (bancarisation) qu’il impose pourtant aux autres ? Pour quel intérêt se prive-t-il de prêcher par l’exemple par la bancarisation de son propre cabinet ?

    Comment laisser passer sous silence cette situation ? Aux fins d’y apporter de l’éclairage, d’aucuns pensent qu’un contrôle parlementaire approprié soit initié ou alors que la Cour des Comptes devrait diligenter une enquête crédible.

    Les élus du peuple, le personnel de la Présidence de la République, les professeurs d’universités, médecins, militaires…sont-ils différents des hommes de Matata ? Qu’est-ce qui peut bien justifier cette situation ? Autant c’est paradoxal, autant c’est inadmissible quand bien même l’opération n’est pas juridiquement contraignante. A la Primature d’éclairer l’opinion publique.

    Avec Zoom Eco

  • L’ONU nomme Saïd Djinnit facilitateur du dialogue politique en RDC

    L’ONU nomme Saïd Djinnit facilitateur du dialogue politique en RDC

    said,kabila,etienne-Selon un communiqué daté d’hier mercredi 02 décembre 2015 et signé par Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République Démocratique du Congo et patron de la Monusco, Maman Sambo Sidikou, le numéro un des Nations Unies vient  de charger Saïd Djinnit, son Envoyé Spécial dans les Grands Lacs, d’une mission de bons offices auprès des autorités congolaises ainsi que de toutes les parties prenantes au Dialogue national, présentement plombé à la suite du refus de plusieurs forces politiques et sociales d’adhérer au schéma de sa convocation par le Chef de l’Etat. On apprend que ce haut fonctionnaire onusien séjourne à Kinshasa depuis hier.

                Selon les termes du même communiqué, Saïd Djinnit est chargé de la facilitation du Dialogue, en commençant par la claire définition de ses « contours ». Les observateurs notent que le Secrétaire général des Nations Unies vient ainsi de donner suite à la lettre lui adressée par le Chef de l’Etat congolais, il y a une dizaine de jours, et dont était porteur, à New York, Raymond Tshibanda, ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale. On rappelle que dans cette correspondance, Joseph Kabila demandait à Ban ki-Moon de choisir le facilitateur du Dialogue national sur une liste de quatre personnalités dont Kofi Annan (Secrétaire général honoraire de l’ONU), Eduardo Dos Santos (Président de l’Angola), Moustapha Niasse (Président de l’Assemblée Nationale du Sénégal) et Saïd Djinnit (son Envoyé Spécial dans les Grands Lacs).

    A l’heure où le projet de Dialogue National se trouve totalement bloqué, tous les regards sont tournés vers ce dernier pour le débloquer et sauver le processus électoral terriblement en péril.

    Espoirs permis pour la tenue du Dialogue

                En principe, Saïd Djinnit devrait être accepté aussi bien par le Chef de l’Etat congolais, qui n’est pas du tout opposé à une médiation internationale tant que celle-ci n’empiète pas sur la souveraineté nationale, que par toutes les forces politiques et sociales « pro » comme « anti » dialogue. A l’étape actuelle où il est chargé de consulter toutes « les parties prenantes » congolaises, il est permis de croire qu’il va recueillir leurs avis et considérations, concilier les points de vue avant de passer à la phase de l’organisation proprement dite du Dialogue.

                L’opinion congolaise, fort troublée par les divergences de vue entre le Président de la République et les forces politiques (UDPS) et sociales (Eglise catholique) acquises au principe de la participation au Dialogue national, attend du « Facilitateur » des Nations Unies une pré-médiation visant à les mettre d’accord autour des modalités de sa convocation, du Comité préparatoire, des matières à inscrire à l’ordre du jour, de ses objectifs, etc. C’est le lieu de signaler que les questions qui fâchent devraient porter sur le « parrainage » de ce forum (Kabila ou la Communauté internationale), la désignation d’un Comité préparatoire par le Chef de l’Etat, la proposition d’une réflexion autour d’un système électoral peu coûteux, le pilotage du bureau du Dialogue par une équipe mixte Majorité présidentielle/Opposition (Société civile exclue), le financement des élections, la sécurisation du processus électoral, les mesures individuelles de grâce en faveur des prisonniers politiques et d’opinions, l’audit du fichier électoral, le calendrier électoral, l’enrôlement de nouveaux majeurs, la recomposition de la Ceni, le respect de la Constitution, la libération des prisonniers politiques, etc.

                L’autre face de la mission de Saïd Djinnit devrait consister à convaincre le « camp du refus du Dialogue » (G7, Dynamique de l’Opposition) d’y prendre part, afin de préserver son caractère « inclusif ». Ici, il lui faudrait donner des garanties onusiennes à ceux qui soupçonnent le Chef de l’Etat de vouloir profiter du Dialogue pour faire réviser la Constitution dans le sens du déverrouillage de l’article 220 limitant les mandats présidentiels à deux et leur durée à cinq ans, du « glissement » (prolongation des mandats des membres actuels des institutions de la République au-delà de 2016) ou encore de la mise en place d’un gouvernement de transition, etc. Bref, une dure épreuve de restauration de la confiance entre Kabila et ceux qui le soupçonnent d’entretenir un agenda caché autour de ce forum attend Saïd Djinnit. Il lui appartient d’apporter la preuve aux Congolais qu’il se trouve réellement au-dessous de la mêlée et qu’il est indépendant vis-à-vis de toutes les « parties prenantes » à la crise congolaise.Toute erreur d’approche ou de jugement lui est interdite.

                            Kimp

  • RDC : violents affrontements entre policiers et supporters du TP Mazembe à Lubumbashi

    RDC : violents affrontements entre policiers et supporters du TP Mazembe à Lubumbashi

    FAN-POLICE-De violents affrontements, qui ont fait quatre blessés, ont opposé mardi pendant plusieurs heures à Lubumbashi des policiers aux supporters du TP Mazembe.

    Trois supporters et un policier ont été blessés, a déclaré à l’AFP dans la soirée le colonel Paul Kyungu Banza, chef-adjoint de la police de Lubumbashi, selon qui 17 personnes ont été arrêtées.

    Les heurts ont été provoqués par l’interdiction d’un match du TP Mazembe, à l’occasion duquel Moïse Katumbi, propriétaire du club et opposant politique de poids, devait s’adresser à la foule. Il s’agissait d’un match de préparation en vue de la Coupe du monde des clubs (qui se déroule au Japon à partir du 10 décembre) compétition pour laquelle l’équipe a gagné son billet en remportant  le 8 novembre la Ligue des champions d’Afrique.

    A 12h00 (11h00 GMT), la police a encerclé le stade où devait se jouer le match du club de Lubumbashi, capitale du Haut-Katanga depuis l’éclatement récent du Katanga en quatre nouvelles entités administratives.

    Une décision politique ?

    Des milliers de supporters qui affluaient vers le lieu ont été repoussés à coups de gaz lacrymogène, dont le matériel a été saisi pendant quelques instants par la police. Les affrontements ont dégénéré avec des jets de pierres et se sont poursuivis pendant plusieurs heures.

    Pour justifier la présence policière aux abords du stade, le colonel Kyungu Banza avait simplement déclaré dans l’après-midi que « le match entre les équipes A et B de TP Mazembe n'[était] pas autorisé par la mairie ».

    Interrogé par l’AFP, Moïse Katumbi a déploré l’interdiction du match. « On ne complote pas dans un stade, a-t-il dit, le football est apolitique. »

    (Jeune Afrique)

  • Un journal tchadien révèle comment le Magazine Jeune Afrique escroque les Chefs d’Etat Africains

    Un journal tchadien révèle comment le Magazine Jeune Afrique escroque les Chefs d’Etat Africains

    Mitterrand-Depuis presque un demi siècle, des générations entières d’Africains subissent la tyrannie, le mépris de M. Béchir Ben Yahmed et de son groupe de presse, et ce n’est pas fini, car ses rejetons sont là à l’œuvre et travaillent à pérenniser l’œuvre de colonisation de nos esprits et de dépouillement de nos deniers publics. Qu’a-t-il apporté ce groupe de presse aux Africains ? La question mérite d’être posée, tellement cette famille s’est enrichie plus que de raison sur le dos des Africains. Bras armé de la françafrique, la ligne éditoriale du « sac à merde » comme l’a qualifié un homme politique malien, s’est toujours alignée sur les positions néocolonialistes françaises. Les violons s’accordaient régulièrement entre BBY et Jacques Foccart qui révéla dans ses mémoires qu’il avait un rituel d’un dîner par mois avec le propriétaire de J.A. La complicité entre les deux hommes était telle qu’à sa mort, Jacques Foccart désigna BBY comme son légataire testamentaire universel. Que peuvent attendre les Africains du légataire de Foccart ? Que peut-il leur offrir ? A part, les maintenir autant et aussi longtemps que possible dans les liens du pacte colonial ?

    « BBY devenait le gardien et, en fait, l’agent de commercialisation des mémoires de l’homme ayant, outre des opérations telles que le débarquement des mercenaires en 1977 au Bénin, perpétué la présence néocoloniale de la France dans ses ex colonies et ainsi permis à la France de partir pour mieux rester » releva Antoine Glaser. Le groupe JA faisait bel et bien partie du réseau Foccart.

    BBY a-t-il convaincu de son indépendance ?

    Ou bien a-t-il tout simplement réussi à convaincre qu’il était un sous fifre de la Françafrique, informé, managé et exécutant toutes les missions qui pouvaient aller de la terreur médiatique à la mise à mort, programmées dans les sous-sols de la Foccardie, puis de ses successeurs ; l’empire JA puise ici sa source et le fondement de sa puissance ; une puissance dont l’expression première est sa capacité de nuisance, sa détermination à salir, à insulter les dirigeants et Chefs d’Etat de la seule Afrique Noire. Car de mémoire d’homme, on n’a jamais vu BBY traiter ou qualifier un Chef d’Etat arabe, de dictateur, de tueur, et pourtant certains ont instauré de monstrueuses tyrannies qui, pour le moins, n’ont rien à envier à toutes les « dictatures » africaines qu’il n’a cesse de dénoncer et de brocarder en des termes orduriers et racistes.

    « Aboul le fric » est la devise du groupe, les Chefs d’Etat Africains doivent payer pour qu’on les épargne, s’ils refusent, ils se font descendre, et leur entourage de souligner le tirage de J.A. à X…Exemplaires, de prévenir que leur avidité non satisfaite se transformerait en haine et en poursuite infernale contre eux ; alors de grâce, payez pour avoir la paix, payez pour qu’il vous lèche les bottes, plutôt que de le voir vous déverser sa bile. C’est le discours qu’on entend régulièrement dans les couloirs des présidences africaines.

    Ainsi donc, à cette opération de chantage bien menée, s’ajoute une escroquerie qui consiste en ce que chaque semaine, le journal est vendu deux fois ; une première fois à l’annonceur – Chef d’Etat ou homme politique – puis une seconde fois au pauvre lecteur que nous sommes qui, perdons notre temps à acheter et à enrichir depuis plus de 60 ans une famille qui n’a aucune considération pour nous si ce n’est que de s’appliquer à vider les poches de nos responsables sans aucun scrupule.

    Quoi de plus convaincant que des exemples concrets, entrons donc dans les égouts du journal et faisons la lumière sur ses pratiques douteuses. Du Cameroun au Gabon, en passant par la Côte d’Ivoire, le Sénégal, tout le monde est logé à la même enseigne ; seule la rapide docilité de certains à allonger le blé aux journalistes commerciaux de J.A, explique la différence de traitement.

    C’est ainsi qu’aux dossiers incendiaires dont le but est de maintenir la pression plutôt que d’informer, succéderont des reportages qui sont, en fait, des publi-reportages de même que l’enquête journalistique est en fait une quête publicitaire. Aujourd’hui, JA fait face dans l’arène médiatique à une presse privée africaine qui devient très audacieuse et dynamique, vous comprendrez pourquoi la vénalité de cette famille la pousse au chantage, aux menaces dans leur course de rattrapage. Véritable outil de propagande, l’hebdomadaire n’accepte ni la concurrence ni le refus d’adhérer à ses idées mercantiles. Exemples :

    Le Cameroun

    Un contrat portant sur la somme de 650 millions de FCFA à verser chaque année permet au régime de Paul Biya de bénéficier d’un traitement de faveur. Le Gouvernement paya sans râler pendant 4 ans, puis en a eu marre, surtout que l’impact positif des articles de JA n’a jamais été prouvé, de même que les retombées en termes d’image sont une belle arnaque et personne n’y croit. Aussi, malgré plusieurs relances, on fit la sourde oreille à Yaoundé. Pendant ce temps, à Paris, la famille BY affute ses couteaux, et pond un dossier sur les 50 personnalités qui comptent en Afrique et, bien entendu, Paul BIYA est zappé et sérieusement critiqué sur tous les angles.

    Le Gabon

    Véritable vache à lait, le Gabon a toujours les plus lourdes factures au groupe JA. Selon les anciens du journal, Bongo assurait les fins de mois de l’hebdomadaire à lui tout seul. Il serait fastidieux de lister 40 ans de collaboration fructueuse ; aussi citons les scandales encore fumants comme celui souligné par la Lettre du Continent : Le groupe Jeune Afrique a édité, via sa régie publicitaire Difcom dirigée par Danièle Ben Ahmed, un bon de commande à l’attention de la présidence de la République gabonaise pour la réalisation d’un guide “Ecofinance” sur le « +Gabon ». Mais, selon la même Lettre confidentielle, depuis cette date, il n’y a aucun retour du côté gabonais. Le directeur exécutif de la rédaction, Marwane Ben Yahmed, fils de BBY, a donc enfilé sa casquette de VRP. Il est monté au créneau pour rappeler à la ministre gabonaise de la communication, Laure Olga Gondjout, la “longue collaboration” entre Jeune Afrique et l’ancien président Omar Bongo Ondimba… Des menaces à peine voilées.

    Le Sénégal

    La presse sénégalaise s’offusque régulièrement des sommes astronomiques dépensées pour fermer la bouche au journal J.A. qui n’a pas bonne presse malgré le fait que de nombreux sénégalais aient travaillé dans la maison. De vives tensions avaient opposé le régime de Diouf à BBY au sujet de la couverture de la crise qui a opposé le Sénégal à la Mauritanie en 1989. Les premiers papiers de JA étaient une véritable lapidation médiatique du régime de Diouf. L’élite sénégalaise avait bien compris le message, BBY avait choisi le camp de ses frères arabes. Le régime de Diouf paniqua et envoya une délégation pour négocier à coups de millions, non pas le respect de la Vérité ou une certaine éthique professionnelle dont le journal n’en a que faire, mais plutôt un équilibre dans la présentation des évènements. Le Sénégal avait parfaitement à l’esprit le racisme du propriétaire de l’hebdomadaire mais aussi la connaissance de l’octroi de licences de pêche à certains responsables du groupe par le régime de Ould TAYA.

    Le Tchad

    On peut dire que le cas du Tchad peut se résumer à la personne du président Habré, à son combat contre Khadafi et à la position de BBY. La façon dont BBY, un vieillard de 83 ans s’occupe personnellement, avec une haine féroce, à démolir l’image de Hissein Habré (HH), a poussé ses propres collaborateurs à s’interroger sur cette attitude.

    Au début, était le contrat qui le liait à Kadhafi, conclu pour accompagner et maquiller la politique expansionniste de la Libye au Tchad et dans la sous-région. Toutefois, les milliards encaissés par la famille BY n’expliquaient pas toute cette folie en continu depuis plus de 30 ans. Le 14 juillet 1988, le président HH fut l’invité d’honneur de la fête nationale française, durant sa visite à Paris dans le cadre de ces festivités BBY adressa une invitation au Président HH au siège de J.A. Ce dernier déclina l’invitation. Le Roi Béchir le prit très mal, lui qui se considérait comme l’égal de ces Excellences, selon les confidences d’anciens de la maison. Un coin du voile fut levé grâce à une grande dame de la politique sénégalaise, ancienne ministre, elle donna une clé pour comprendre la haine qu’il éprouvait pour HH.

    BBY avait été profondément traumatisé par les évènements Tchado-libyens. Elle expliqua que « lors de la chute de Ouadi-Doum, elle était en train de dîner avec le couple Ben Yahmed dans leur domicile ; les télévisions françaises étaient déchaînées sur l’actualité brulante de l’heure à savoir, la totale déconfiture de la puissante armée libyenne ; des milliers de soldats libyens venaient d’être faits prisonniers par l’armée nationale tchadienne, tout l’état major libyen avait été fait prisonnier et quelques instants plus tard, les images de soldats libyens menottés, certains assis, d’autres à genoux, défilèrent sur les écrans … Silence lourd et pesant, BBY blême, accuse le coup, au bord des larmes, il contient difficilement son émotion, sa rage plutôt; il se sent humilié jusqu’au plus profond de son être.

    D’une voix éteinte, oubliant qu’il n’était pas seul, il balbutie : « Jamais, jamais des Noirs n’ont mis à genoux des Arabes. Comment ont-ils osé ? Je consacrerai ma vie à le leur faire regretter amèrement …. » Et c’est ainsi que le Président Hissein Habré paie depuis plus de 30 ans, pour le courage qu’il a eu d’affronter Khadafi, d’avoir mobilisé son peuple, son armée pour mettre fin à une barbarie sans nom. Des troupes libyennes ont semé la terreur, envahi le pays, commis des crimes horribles, il est vrai avec la complicité active d’hommes politiques tchadiens. Malgré cette horrible réalité vécue par le peuple tchadien, l’esprit enfiévré et raciste de BBY n’a enregistré que la dernière séquence pour monter son propre film pour nourrir et alimenter sa haine et son désir de vengeance qu’il lèguera à ses fils déjà positionnés pour pomper à leur tour l’argent des Africains.

    A cette vanité raciste, il faut ajouter qu’il lui revient de brasser du vent pour la françafrique à laquelle il appartient ; d’où son engagement inlassable dans l’affaire HH qui lui permet, par ailleurs, d’en imposer au désormais sur-liquide Deby qui arrose abondamment les différents envoyés spéciaux de J.A. A fonds perdus, vue sa désastreuse image tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Le pauvre ! Avec les catastrophiques résultats du Tchad, dernier du peloton dans plusieurs domaines, avec l’échec du Projet Pétrole, les rapaces de J.A. auraient de quoi écrire pendant 30 ans.

    La Mauritanie

    C’est François Soudan qui a le dossier Mauritanie, lui qui dit : On aurait des racines dans ce pays. L’équipe de J.A. a joué à fonds la carte Ould Taya en dressant un portrait très flatteur : « A 62 ans, Ould TAYA est plus habile, plus déterminé que jamais… » et invitant les lecteurs à ne jamais le sous estimer…. Puis c’est le coup d’Etat de Mohammed El Vall , le nouveau Président après avoir fait refouler François Soudan, temporise et sort son chéquier, du coup virage à 90° pour nos experts pour qui selon le bon mot du journaliste Hugueux « l’analyse du contenu de J.A. atteste une souplesse d’échine que ne renierait pas le plus talentueux des contorsionnistes. Quand l’appel de titre devient appel de fonds. » (Nous vous invitons à lire l’ouvrage du journaliste). Le coup d’Etat en Mauritanie est donc une divine surprise pour J.A. (500.000 euros encaissés selon la presse). Quant au pauvre Ould TAYA, il est perçu désormais comme « timide, distant, cassant, enfermé dans une logique sécuritaire et fonçant dans le mur … ».

    Le Rwanda

    Pendant longtemps, le régime de Juvenal Habiarimana a signé les contrats publicitaires les plus importants, J.A. a fait des affaires en or avec les auteurs du génocide. Désormais, on fait la cour à Kagamé, signature d’un contrat de 350 000 dollars, Francois Soudan exalte Paul Kagamé, désormais décrit comme ayant fait de son pays un paradis sécuritaire etc.

    Ainsi dans le royaume de J.A, la boussole qui guide la ligne éditoriale a pour balancier l’appétit de l’argent. Lequel explique que la somme des sujets tenus à distance est égale à celle des non sujets matraqués en permanence. C’est la parfaite illustration de la coïncidence entre les intérêts des dictatures avec ceux de l’information comme l’ont souligné avec pertinence des journalistes camerounais. Les journalistes de J.A. bombent le torse, arrogants, ils ont le droit de se croire puissants et de travailler à la légende dorée de leur indépendance… Personne n’est dupe.

    Quelques esprits pourraient néanmoins ne pas croire au racisme de BBY, pour se faire une idée, écoutons les journalistes africains noirs qui ont travaillé avec lui pendant parfois de longues années et qu’il a foutu à la porte ou poussé à la démission ou bien qui ont préféré partir (comme Marie Roger BILOA ou Blaise Pascal TALLA).

    Le journaliste Jean Baptiste PLACCA a eu un clash avec BBY au sujet de Nelson Mandela, plus précisément, lors de la libération de Mandela et de la couverture de l’évènement du siècle. BBY refuse d’envoyer un reporter couvrir ce qui est pour lui un non évènement. On peut le faire depuis Paris maintient-il. Son collaborateur est choqué, le Roi Béchir est nu, sa face hideuse explose au grand jour, M. Placca quitte le groupe JA.

    Francis KPATINDE, journaliste depuis 19 ans à J.A. assiste, ce jour de novembre 2004, à une conférence de rédaction à laquelle prend part l’ancien journaliste français Henri Marque (RTL), ami de Ben Yahmed et invité par ce dernier à assister aux débats de son équipe. M. Marque déclare sans sourciller que la «paresse est congénitale chez les Africains.»

    Outré, Kpatindé juge ces propos inadmissibles et dénonce le racisme du vieil ami de son patron, lequel ami menace de quitter les lieux si l’impertinent Noir ne présente pas ses excuses. «Jamais de la vie !», répond Kpatindé face à l’insistance de son «boss» qui tient à ses relations avec Henri Marque. BBY prend la chicotte et les coups pleuvent sur Kpatindé ; réprimandes, harcèlements, retraits de rubriques, et voilà que le journaliste béninois présente sa lettre de démission à BBY. En voici un extrait :

    « … Votre ire s’est accrue, en novembre dernier, après ma réaction, en conférence de rédaction, contre les propos racistes – à l’égard des Africains – de l’un de vos collaborateurs. Au lieu de m’apporter votre soutien, vous avez semblé prendre le parti de l’intéressé. Il est évident que je ne puis accepter cette façon de faire et le harcèlement continu dont je fais l’objet depuis plusieurs mois. Je me réserve donc le droit de donner une suite à ces comportements pour le moins inadmissibles au sein d’une entreprise qui tire profit, plus que de raison, de l’Afrique. »

    Que dire du journaliste SENNEN qui, ravagé par un cancer de l’intestin en phase terminale, recevait de BBY, sur son lit de mort à l’hôpital, des lettres de mises à pied pour causes d’absences prolongées… !

    Ou encore du journaliste Sénégalais Elimane Fall, jeté, repris, rejeté, cent fois humilié. La machine à broyer de BBY tourne à plein régime et pour lui, les Noirs ne connaissent que la chicotte. Cela s’applique dans le cadre professionnel avec ses employés africains qui lui doivent obéissance, soumission et doivent s’exécuter et surtout la fermer et garder yeux et tête baissés.

    C’est la conception coloniale du « BOYE » noir, homme à tout faire, que dis-je, bête de somme. Illustration : Vous êtes journaliste, diplômé, connaissant votre travail et le faites sérieusement. Mais, BBY exige que vous vous transformiez en agent collecteur de bons de commande auprès d’entreprises africaines, auprès d’hommes politiques dans le pays où vous êtes en mission. Au besoin, une ridicule petite commission est concédée pour justifier cette substantielle et unilatérale modification de votre contrat de travail. Mais vous estimez ne pas être intéressé par cette commission n’ayant pas une formation de commercial ; Comme s’exprimait ainsi Francis Kpatindé dans sa lettre précitée : «….Laissez-moi, vous rappeler une de vos correspondances dans laquelle vous me proposiez 5% de commission si, au cours de mes voyages, je vous ramenais des contrats commerciaux et des actionnaires. Je peux également citer ces étranges correspondances, auxquelles je n’ai jamais donné suite, d’une responsable de l’entreprise me demandant de lui faire parvenir des listes de prospects pour l’actionnariat et l’abonnement patrimoine. J’ai, bien entendu, les moyens de prouver ce que j’avance. »

    L’extraordinaire imagination de BBY ferait des jaloux.

    Des articles payés rubis sur ongle font suite à des insertions publicitaires d’entreprises, mais aussi des abonnements à tarifs spéciaux, sans compter des achats d’actions du groupe. Constatons que presque tous les Chefs d’Etat africains, beaucoup d’hommes politiques opposants ou non, des chefs d’entreprise ont été démarchés pour acheter des actions, et bien sûr l’arnaque consiste à ne pas être considéré comme un actionnaire normal à qui les résultats de la société sont communiqués et qui peut légitimement s’attendre à toucher des dividendes de l’empire BBY. Mais, il ne faut pas rêver !

    Selon, le Canard Enchainé, le bouchon a été même poussé plus loin quand un chef d’entreprise tunisien ayant acquis, sur injonction de la présidence de son pays, des actions du groupe, exprima par écrit, le souhait de les revendre après 10 ans, BBY refuse et lui répond : « Comme vous le savez l’achat des 263 actions l’ont été dans le cadre d’un achat fait par 41 sociétés tunisiennes à la demande de la présidence tunisienne (Ben Ali). Cet achat a été coordonné et centralisé par les deux directeurs de cabinet respectifs. Donc pour la revente, vous devez suivre la même procédure à rebours. » Incroyable, non seulement les dictatures africaines amies de BBY obligent leurs sociétés à acheter des actions du groupe J.A. pour renflouer leur caisse, opération financière en pure perte puisqu’aucun dividende ne vous est jamais versé, mais en plus impossible de revendre les foutues actions, même à vil prix ! Y a-t-il une posture plus déshonorante que celle-ci ?

    Le groupe a pourtant une situation florissante, une affaire extrêmement rentable, qui ne peut être que rentable vu ses méthodes managériales sui generis. La preuve c’est qu’aucun des fils de BBY n’a essayé de faire ses preuves dans une autre activité, pourquoi aller vers l’inconnu quand on a une mine d’or entre les mains, et qu’il suffit d’en faire une affaire familiale pour en garder tous les bénéfices.

    Imaginez une seconde, la razzia que fait ce journal sur les comptes de nos pauvres Etats : La grande interview-propagande politique d’un Président tourne autour de 800.000 euros selon les finances du pays, 940.000 euros pour la Guinée Equatoriale, plus la collecte d’insertions publicitaires à 10.000 euros la page ; toutes les entreprises du pays y passent et l’envoyé spécial de J.A. y veille avec le Cabinet présidentiel ; et, en plus l’abonnement spécial obligatoire pour les entreprises, et encore l’achat d’actions qui ne produiront aucun versement de dividendes.

    Sans compter ce qui pourrait figurer dans le livre Guinness des idées les plus diaboliques, à savoir : l’abonnement à vie à Jeune Afrique avec la touche spéciale c’est-à-dire que l’abonnement est transmissible avec votre héritage à vos enfants. Il fallait y penser. N’oublions pas les fameux Atlas, revues touristiques qui coûtent au bas mot 100.000 euros tirés à un nombre important d’exemplaires, faites le calcul !

    Ce n’est pas fini, il arrive que les experts de J.A. vous tiennent la main pour écrire, comme par exemple, le président Obiang Nguéma de Guinée Equatoriale pour son livre « My life for my People » !

    Constatez la saignée à blanc de nos Etats par des donneurs de leçons sans égal. Que pensent les institutions internationales préoccupées par la bonne gouvernance de ces dépenses inappropriées ? Tout cet argent dépensé à engraisser des maîtres chanteurs, aurait pu être plus judicieusement utilisé ! Il est vrai que le groupe est un démembrement de la Françafrique, entre copains, c’est toujours le renvoi d’ascenseur.

    De plus, la fragilité des pouvoirs en Afrique dope les actions de communication, c’est en quelque sorte leur terreau fertile.

    Les rares visites de BBY sur le continent Noir sont à relever, cela participe de la distance nécessaire qu’il met pour contenir, loin de lui, les responsables africains qu’il méprise et avec qui, il ne souhaite partager aucune familiarité, ne parlons pas d’amitié.

    Dans cette logique, il refuse leurs médailles mais accepte leurs chèques. Il n’est pas question pour S Y Béchir de se rabaisser au niveau d’un roitelet nègre. Quelques petites exceptions, il lui est arrivé d’aller quémander le président Houphouet à domicile ainsi que le président Bongo quand les temps étaient cailloux pour lui. Récemment, il était prêt à abandonner son actionnaire Ouattara pour se rendre à Abidjan sceller une réconciliation avec Gbagbo et faire main basse sur un pactole, mais les conditions fixées par Gbagbo furent jugées trop draconiennes. Au Sénégal, il avait obtenu un crédit bancaire pour renflouer les caisses de J.A. avec l’aval du président Diouf, la presse sénégalaise rappelle souvent au propriétaire de J.A. qu’il n’a pas remboursé le prêt consenti.

    C’est ainsi que la terreur médiatique qu’il inspire, son appartenance d’abord au Réseau Foccart, puis à la Françafrique lui a permis, malgré les insultes régulières, les diffamations multiples et ce pendant plus de 60 ans, excusez du peu, de n’avoir eu aucune plainte dirigée contre lui et jugée. Absolument renversant. La seule exception est la plainte introduite par les avocats du président Hissein Habré pour un faux grossier à savoir, une pseudo interview que leur aurait accordée l’ancien président Tchadien.

    BBY a estimé que cette initiative relevait de l’audace et qu’il ne devait pas permettre à d’autres de suivre cet exemple. D’où les multiples gesticulations de ses avocats pour demander aux réseaux françafricains de ne pas oublier de lui renvoyer l’ascenseur, à lui membre de la confrérie au nom des bons et loyaux services rendus pour servir les intérêts de la France. La décision de justice rendue mérite le détour : le juge français a déclaré que « le président Hissein Habré n’apportait pas la preuve qu’il n’a pas accordé d’interview à J.A. et BBY aussi, n’a pas pu apporter la preuve que HH leur a accordé une interview…!». Tout le monde a compris, car, la charge de la preuve incombait bien à J.A. qui a prétendu que Hissein Habré leur avait donné une interview ; et, tous les journalistes le savent, dans un cas pareil, on a des courriers, des échanges, des supports audio même pour une interview dans un journal. Or, JA et Ben Yahmed n’avaient rien. Pour les sortir du pétrin, le renvoi d’ascenseur avait fonctionné avec des grincements bruyants. Partie remise ?

    BBY est un habitué des sollicitations pour le tirer d’un pétrin, selon la presse française, les arriérés de son groupe à l’URSSAF étaient astronomiques, il demanda une faveur au PM d’alors, français Balladur qui la lui accorda. Il en sera ainsi avec les prud’hommes dans le cas des conflits avec ses employés. On peut relever que la presse française ne s’intéresse pas beaucoup à lui, mais ne l’épargne guère à l’occasion. Toutefois, l’arrogant BBY la joue balle à terre et adopte un profil très bas et évite la confrontation avec les journalistes français, comme on dit chez nous « les grenouilles ne sautillent pas dans l’eau chaude. »

    Le mépris, le manque de considération de J.A. se constate quand Deby se fait interviewer en casquant plus 300 millions de F CFA et insulte copieusement les rebelles tchadiens en les traitant de mercenaires.

    Le représentant des rebelles et porte parole M. Acheikh Ibn Oumar écrit un droit de réponse qui, selon les règles professionnelles, devait être publié dans le journal. Niet catégorique de J.A, on balance le droit de réponse sur le site du journal, le temps d’une rose et basta. Aucune indignation de la part de l’intéresse qui ne dénonce pas ce mauvais traitement, s’en accommode même. C’est normal que BBY tienne toujours sa chicotte à la main, si chacun (et tout le monde) baisse yeux et tête.

    Toujours sur le Tchad, et le refus de publier les droits de réponse à lui envoyés par les avocats de Habré; ceux-ci dénoncèrent cette attitude et firent publier dans d’autres médias les droits de réponse en question, provoquant la fureur de BBY et quelques insultes avec les responsables des journaux ayant publié les droits de réponse. Des méthodes de mafiosi en fin de compte. Selon BBY, à ses insultes, il ne faut ni opposer une plainte, ni exercer un droit de réponse et pire, il ne faut pas non plus tenter de réagir par d’autres voies ! Est-ce le comportement de quelqu’un qui respecte les gens ou est-ce le comportement d’un maître vis-à-vis de ses valets ?

    Le racisme de BBY a explosé, aussi, en ce qui concerne la Tunisie de Ben Ali. BBY est tunisien, cela lui suffisait à lui et ses enfants pour dire « Touche pas à mon pays ». Ainsi, parlait Zyad Liman, fils de la femme de BBY, lors d’une émission sur TV5 à propos de la modification constitutionnelle faite par Ben Ali pour s’assurer une présidence à vie : « D’abord, le régime de Ben Ali réunit autour de lui la majorité des Tunisiens qui ne sont pas intéressés par d’autres questions, le régime leur offre une vie bien meilleure à celle d’autres pays. De plus, je m’interdis de dire du mal d’un pays qui est le mien et dont je détiens le passeport même si ma mère est savoyarde. » Dans ces quelques mots, tout a été dit. Le fils de Ben Yahmed a une conception bien curieuse du journalisme indépendant ! Il n’a pas démérité de son père adoptif. Mais ne nous laissons pas divertir par ce camouflage. Des solides liens d’argent unissaient BBY et Ben Ali.

    Ainsi, dans un article du 17 février, le journal « Le Monde » monte au créneau et accuse BBY et son équipe « d’avoir abondamment contribué à empêcher de connaître le vrai régime de Ben Ali. Ils n’ont jamais consacré des dossiers comme ils le faisaient sur Mobutu et Kabila fils. » N’est ce pas édifiant?

    Et la presse française de poursuivre, « BBY était subjugué par Leila Ben Ali qu’il a dépeint en 2009 comme une femme politique énergique, déterminée et fonceuse, elle est la générosité discrète, percutante d’esprit, d’humour et d’humanisme ». En fait constate, le Canard Enchaîné, JA a habilement oscillé entre flagornerie et critique mouchetée de courtisan. Par rapport à la situation économique tunisienne en 2009, JA écrivait : « Le pays jouit d’une paix sociale. On l’a dit et répété depuis plus de 20 ans, la liste des progrès réalisés ne cesse de s’allonger ».

    La saga de BBY a permis de prendre conscience qu’un groupe de presse, c’est capital pour décrocher des commandes de toutes sortes. C’est malheureusement ce que beaucoup de personnes ont retenu et le créneau suscite aujourd’hui beaucoup d’intérêt auprès d’hommes d’affaires, chanteurs, avocats, etc… qui espèrent ainsi imiter l’équipe de JA et s’enrichir les doigts de pieds en éventail. BBY mérite t-il d’être copié ? Lui qui, répondant à une remarque sur l’absence d’une ligne éditoriale dans son journal, a rétorqué « les cimetières sont pleins de journaux qui en avaient ! ». En 2010, il revendiquait 60.000 exemplaires distribués en France et à l’étranger (combien d’invendus ?), autrement dit une dégringolade, une perte d’audience et de crédibilité constantes, le torchon ne fait plus recette. Il était temps !

    Certains anciens de l’hebdomadaire surnomment BBY, le Gourou, l’assimilent à un roi ayant sa cour, ses bouffons et ses esclaves ; toujours est-il que le personnage à la peau fripée et submergée de millions de rides porte sur lui les affres du temps et de toutes ses forfaitures, compromissions, trahisons, inscrites comme des scarifications indélébiles.

    Ayons le courage de dire STOP, de ne plus dépenser notre CFA dévaluée à enrichir une famille qui a bâti une fortune colossale en nous exploitant sans honte tout en affichant son souverain mépris. A la jeunesse africaine de s’interroger sur ce que peut bien apporter la plume d’un homme qui, du haut de toute son expérience politique, a assumé haut et fort que la libération de Nelson Mandela ne représentait pas un évènement assez important pour qu’il daigne envoyer un seul reporter.

    La meilleure réponse à cette attitude raciste, c’est d’arrêter de l’enrichir, de prendre conscience que son appétit de notre argent, lui a apporté puissance et arrogance mais que notre soumission nous a, en même temps, et par ricochet, avili.

    Le groupe de BBY, selon les mots de Lapham « apprend à réagir avec la souplesse accommodante d’un majordome anglais qui apporte des toasts beurrés au Prince de Galles ». C’est nous, les princes ! Alors, les majordomes, on peut les virer ou en changer, n’est ce pas ?

    Iciabidjan.com

  • le dialogue national voulu par Joseph Kabila ne convainc pas

    le dialogue national voulu par Joseph Kabila ne convainc pas

    udps-L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) s’est dit mardi à Kinshasa frileuse au sujet du dialogue national convoqué par le président Joseph Kabila en vue d’élections apaisées en RDC.

    « La présence de la communauté internationale est la condition sine qua non de notre participation au dialogue. Si nous ne voyons pas cette présence, nous resterons frileux, donc nous n’irons pas à ce dialogue qui serait une sorte de piège », a déclaré Félix Tshisekedi.

    « Ce n’est pas à Joseph Kabila seul de décider de la manière dont les choses devront se faire », a ajouté le secrétaire national aux Relations extérieures de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti d’opposition historique en RDC.

    Le chef de l’État congolais avait décidé lundi de confier conjointement à la majorité et à l’opposition la modération du dialogue national qu’il a convoqué en vue d’élections apaisées, après avoir annoncé la convocation de ce forum politique qu’il veut inclusif. Selon ce schéma, la communauté internationale serait appelée à jouer un rôle de facilitateur en cas de difficulté majeure.

    Les autres composantes de l’opposition refusent le dialogue

    « Lors du pré-dialogue nous avons convenu (UDPS et Majorité) que les choses allaient s’articuler autour d’un facilitateur désigné par la communauté internationale », a expliqué le secrétaire adjoint de l’UDPS et fils du président de ce parti, Étienne Tshisekedi.

    En juin, l’UDPS avait fait volte-face en déclarant être prête à participer au dialogue envisagé par Joseph Kabila, à condition que celui-ci se tienne sous l’égide de la communauté internationale. Mais la plupart des autres composantes de l’opposition refuse ce dialogue, y voyant une manœuvre du président pour contourner l’interdiction constitutionnelle qui lui est faite de se représenter en 2016.

    « Harmoniser les vues »

    Dans un communiqué publié mardi, une des principales ONG congolaises, la Voix des sans voix pour les droits de l’homme (VSV), a également demandé à Joseph Kabila de faire appel rapidement à un facilitateur international susceptible de prendre contact avec tous les partis politiques qui refusent [de participer au] dialogue.

    L’objectif : harmoniser les vues et définir un agenda commun, précis et clair afin de les convaincre à y prendre part. « Il faut retirer de l’agenda du dialogue […] toutes les matières qui suscitent des craintes et autres appréhensions consécutives à la violation de la Constitution », ajoute la VSV.

    (Jeune Afrique)

  • Washington à Kagame : “personne n’est indispensable”

    Washington à Kagame : “personne n’est indispensable”

    Paul Kagame- Coupable
    Paul Kagame- Coupable

    -L’ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Power, a exhorté très fermement le président rwandais à ne pas briguer un troisième mandat.

    Le Rwanda “doit donner un exemple de bonne gouvernance”, a-t-elle affirmé lors d’une conférence de presse pour présenter le programme de la présidence américaine du Conseil de sécurité en décembre. C’est “extrêmement important”, a-t-elle estimé.

    “Nous souhaitons que le président Kagame se retire à la fin de son mandat”, a-t-elle ajouté, en l’appelant à “tenir sa promesse… (de) laisser une nouvelle génération de dirigeants conduire le pays lors d’une nouvelle phase”.

    Plus généralement, Samantha Power a jugé “très inquiétante” la tendance des dirigeants africains à vouloir se maintenir au pouvoir au-delà de leurs mandats.

    Les Etats-Unis avaient condamné la semaine dernière une décision du parlement rwandais réformant la Constitution pour permettre à Paul Kagame de se présenter pour un troisième mandat.

    Un porte-parole du département d’Etat avait prévenu que les liens entre Washington et le Rwanda, un ancien allié avec qui les relations se sont tendues, pourraient être revus.

    Les sénateurs rwandais ont adopté, après les députés fin octobre, une modification de la Constitution permettant au président de se représenter en 2017 et de potentiellement diriger le pays jusqu’en 2034.

    Cette réforme doit encore être soumise à un référendum mais elle devrait être validée, compte tenu de la faiblesse de l’opposition.

    Avec AFP

  • L’opposition se lève contre le “Dialogue”

    L’opposition se lève contre le “Dialogue”

    opposition-Annoncée début novembre par le président Kabilapour “la fin du mois”, l’ouverture du “Dialogue national” n’a pas encore eu lieu à Kinshasa. Samedi, néanmoins, le chef de l’Etat a confirmé à la télévision sa “convocation”, sans préciser ni son calendrier, ni qui le préparait.

    Une précédente annonce avait indiqué que ce Dialogue national servirait à discuter du calendrier électoral, impossible à respecter alors que rien n’a été fait pour le préparer et que les autorités en place multiplient les tentatives pour retarder les scrutins.

    Vote peu coûteux

    Samedi, M. Kabila a lancé : “Ne peut-on pas engager dès à présent une réflexion sur un système électoral avec des modalités de vote peu coûteuses, comme c’est le cas dans d’autres pays ?” Une phrase immédiatement interprétée, au Congo, comme la relance d’un projet, qui semblait abandonné, de rendre plusieurs élections indirectes – “donc plus facilement achetables”, souligne l’opp osition.

    Lundi soir, les principaux partis d’opposition etles dissidents de la majorité présidentielle ont publié un communiqué appelant les Congolais à se “lever” et “marcher” pour “sauver la démocratie et la Constitution”. Alors que l’UDPS “familiale”, soit Tshisekedi, semblait d’accord pour le Dialogue, car le parti s’est scindé sur cette question, M. Tshisekedi a affirmé mardi soir que sa formation “ne se [sentait] pas concernée par le Dialogue tel qu’annoncé par M. Kabila”.

    “Congédier le souverain primaire”

    Aux yeux des signataires, le président Kabila a”décidé de congédier purement et simplement le souverain primaire (le peuple) en lui arrachant le pouvoir de choisir son Président de la République au suffrage universel direct”. Ils y voient “une déclaration de guerre contre le peuple congolais”, un “véritable coup d’Etat constitutionnel”. “Tous les éléments de la haute trahison sont désormais réunis.”

    Et les partis signataires concluent : “Devant cette situation, que nous reste-t-il encore ? Sinon le choix de nous lever et de marcher !” Et d’annoncer “incessamment un chronogramme d’actions de grande envergure” car “la liberté s’arrache !”

    L’ASBL Aprodec, à Bruxelles, souligne de son côté que le projet de modifier la Constitution en vue d’organiser certaines élections au suffrage indirect viole la résolution 2211 du Conseil de sécurité de l’Onu, du 26 mars 2015, qui demande à Kinshasa de préparer les élections “dans les temps, en particulier la présidentielle et les législatives de novembre 2016″ et à toutes les parties d’”engager un dialogue politique ouvert sur les préparatifs des élections à venir, conformément à la Constitution”.

    Les dissidents de la majorité présidentielle et l’opposition ont déjà annoncé leur refus de participer au Dialogue, vu comme une tentative du chef de l’Etat de se soustraire à ses obligations constitutionnelles pour rester au pouvoir.

    Mardi, l’UDPS “familiale” a estimé que M. Kabila ne pouvait être “juge et partie” et donner “une quelconque orientation” au Dialogue. Elle pense que celui-ci “ne devrait ni sortir du cadre constitutionnel”, “ni (…) favoriser un glissement du calendrier électoral”.

    Jeudi dernier, l’Eglise catholique a appelé les Congolais à la “vigilance dans l’esprit de l’article 64 de la Constitution”, article qui préci se que “tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution”.
    (La Libre Belgique-MARIE-FRANCE CROS)