Author: Don Kayembe

  • Kenya : le pape termine sa visite en fustigeant l’injustice, le tribalisme et la corruption

    Kenya : le pape termine sa visite en fustigeant l’injustice, le tribalisme et la corruption

    pape 1-Le pape François a dénoncé, vendredi 27 novembre, “l’injustice atroce” que représentent les grands bidonvilles des mégapoles africaines, fruits de la corruption et de l’accaparement au profit de quelques uns.

    François s’exprimait à l’église de Saint-Joseph Travailleur, tenue par les jésuites, dans l’immense bidonville pollué de Kangemi à Nairobi, où s’entassent plus de 100 000 personnes et où se concentrent les dégradations environnementales et humaines qu’il a dénoncées jeudi devant l’ONU.

    “Comment ne pas dénoncer les injustices que vous subissez ? L’atroce injustice de la marginalisation urbaine se manifeste par les blessures provoquées par les minorités qui concentrent le pouvoir, la richesse et gaspillent de façon égoïste, tandis que des majorités toujours croissantes sont obligées de se réfugier dans des périphéries abandonnées, contaminées, marginalisées”, a lancé François avec force.

    Devant une foule qui lui a réservé un accueil ému, le pape a aussi dénoncé “de nouvelles formes de colonialisme” qui font des pays africains “les pièces d’un mécanisme, les parties d’un engrenage gigantesque” et les soumettent à diverses “pressions pour que soient adoptées des politiques de marginalisation, comme celle de la réduction de la natalité”.

    “Chair à canon”

    Des politiques visant selon lui à “légitimer le modèle de distribution actuel où une minorité se croit le droit de consommer dans une proportion qu’il serait impossible de généraliser”.

    François a fustigé “le manque d’accès aux infrastructures et aux services de base”, condamné “l’injuste distribution de la terre qui conduit des familles entières à payer des loyers exorbitants” et “l’accaparement de terres par des ‘promoteurs privés’ sans visage qui vont jusqu’à vouloir s’approprier la cour des écoles de vos enfants !”.

    “L’hostilité que subissent les quartiers populaires s’aggrave lorsque les organisations criminelles, au service d’intérêts économiques ou politiques, utilisent des enfants et des jeunes comme ‘chair à canon’ pour leurs affaires entachées de sang”, a-t-il poursuivi.

    Alors qu’une religieuse du bidonville avait déploré que seulement 4 % du clergé de Nairobi travaille dans les bidonvilles où survit plus de la moitié des habitants de la capitale, François a appelé “tous les chrétiens, en particulier les pasteurs (…) à s’impliquer”.

    La corruption, “ça vous mange de l’intérieur”

    François s’est rendu ensuite au stade de Kasarani, à 22 km de là, où quelque 50 000 jeunes Kényans lui ont réservé un accueil festif. “Je vous invite, vous tous, à vous prendre par la main contre le tribalisme et à dire: ‘Nous sommes une Nation’!”, a déclaré le pape.

    Jorge Bergoglio a aussi souligné que la corruption qui gangrène le Kenya et de nombreux pays d’Afrique est “une route qui ne conduit pas à la vie mais à la mort”.

    “C’est comme le sucre, c’est doux, on aime ça, c’est facile, mais ça vous mange de l’intérieur. A la fin (…), vous ou votre pays finissez diabétiques”, a-t-il expliqué, notant que la corruption était partout, “même au Vatican”.

    “Chaque fois que vous empochez un pot-de-vin, vous détruisez votre coeur et votre personnalité et vous détruisez votre pays. S’il vous plaît, ne développez pas ce goût pour ce sucre qu’on appelle corruption”, leur a-t-il demandé. “Si vous ne voulez pas de corruption dans votre pays, commencez maintenant vous-mêmes” à la refuser.

    Recrutement des jeunes

    François a aussi abordé le recrutement des jeunes par des groupes armés extrémistes, notamment jihadistes.

    “Comment les faire revenir ? D’abord, il faut se demander pourquoi des jeunes pleins d’idéaux acceptent de se radicaliser. Ils perdent leurs amis, leur tribu, leur pays. Ils laissent derrière eux leur vie pour apprendre à tuer”.

    “Si un jeune homme ou une jeune fille n’a pas de travail, ne peut étudier, que peut-il – ou elle – faire ? Une vie de délinquance, la drogue, voire le suicide ou se laisser attirer sur ce mauvais chemin”, a-t-il argumenté.

    “La première chose à faire pour empêcher un jeune d’être recruté est l’éducation et le travail (…) sinon l’idée s’insinue en lui”. Il a appelé les jeunes à la prière : “Dieu est bien plus fort que toute campagne de recrutement”, a-t-il expliqué.

    Un court vol l’emmènera ensuite en Ouganda, deuxième étape de son voyage africain, où il atterrira dans l’après-midi sur l’aéroport d’Entebbe. Il rencontrera le président Yoweri Museveni, la classe politique et le corps diplomatique et prononcera le premier discours de son séjour d’un jour et demi dans ce pays au passé tragique de guerres, de violences et de dictatures, avec un taux particulièrement élevé de victimes du sida.

    Avec AFP

  • Me Tshibangu après sa sortie de prison : « Aujourd’hui, le droit a vaincu l’arbitraire »

    Me Tshibangu après sa sortie de prison : « Aujourd’hui, le droit a vaincu l’arbitraire »

    me tshibanguLibéré le mardi 24 novembre 2015 vers 17h00, après avoir passé plus de sept semaines dans la Prison centrale de Makala, Me Tshibangu Kalala est vite sorti du bois pour donner sa part de vérité sur l’affaire qui a causé son incarcération.

     Aux chevaliers de la plume qui l’ont approché dans sa résidence de la concession Utexafrica, cet avocat congolais qui a ficelé un dossier judiciaire en béton devant permettre à son pays, la RDC, de gagner son procès contre l’Ouganda devant la Cour internationale de Justice, et de s’attendre au paiement des milliards de dollars de dommages et intérêts, n’est pas allé par le dos de la cuillère pour qualifier d’arbitraire, son arrestation intervenue le mardi 29 septembre 2015.

     Sa version contredit celle relatée par le ministre de la Justice, lors de son intervention à l’Assemblée nationale suite à la question orale du député national, Toussaint Alonga.

    Me Tshibangu s’est dit dupé par son client, le gouvernement congolais qui, selon lui, n’a pas rempli sa part de contrat dans le dossier judicaire RDC – Ouganda devant la Cour Internationale de Justice.

     DECLARATION DE ME TSHIBANGU KALALA

     1. L’opération  d’arrestation et de détention arbitraires pendant sept (7) semaines dont j’ai été victime depuis le mardi 29 septembre dernier a pris fin le mardi 24 novembre à 16h58 minutes. Dès le début, j’ai pris la décision de rester en prison, dans l’honneur et la dignité, et de refuser la liberté dans la honte et la lâcheté qui m’était proposée par le Ministre de la Justice.

     2. Au-delà de ma situation personnelle, ma résistance farouche contre les abus de pouvoir avait un sens plus global. Il faut faire respecter dans notre pays, par les autorités publiques:

     1°) l’indépendance et le prestige social de la profession d’avocat,

    2°) les droits de l’avocat et les obligations de son client, même si celui-ci est l’Etat congolais, 30) la devise de la République (Justice-Paix-Travail),

    4°) l’Etat de droit,

    5°) la Constitution et les lois de la République et ainsi que 6°) les droits de l’homme et les libertés fondamentales. Un Congolais qui a travaillé pour le pays doit être correctement rémunéré par le Gouvernement.

     3. Je profite de cette occasion, et de la situation injuste que je viens de traverser, pour dire à tous les Congolais que les fondateurs de la RDC à Berlin en 1885 ont agi au nom de Dieu- Tout-Puissant pour créer notre pays. Notre pays est donc un grand projet divin. Le peuple congolais est également, dans son -unité et sa diversité, un grand projet divin. Ainsi., tous les dirigeants politiques qui, profitant d’une parcelle du pouvoir politique qu’ils exercent, se permettent de ridiculiser la RDC et de violer la dignité et les droits des Congolais, de se servir eux-mêmes au lieu d servir la République et le peuple, d’avoir la jalousie et la haine comme méthode dé gestion des affaires publiques, travaillent clairement contre le projet divin que je viens d’indiquer. Dieu lui-même ne manquera pas de les aveugler et de les punir.

     4. Aujourd’hui, le droit a vaincu l’arbitraire, le bien l’a emporté sur le mal, la vérité triomphé sur les contre-vérités, la lumière de la justice et de l’honnêteté. a chassé les ténèbres de la jalousie; de la haine et de la méchanceté.

     5. J’ai refusé, pendant deux ans, de restituer au Gouvernement congolais les pièces du dossier judiciaire dans l’affaire qui oppose notre pays à l’Ouganda devant la Cour Internationale de Justice à a Haye aux Pays-Bas. Je l’ai fait en application – de l’article 77, alinéa 2 de la loi sur le barreau qui permet à un avocat de ne pas remettre à son client les pièces du dossier judiciaire obtenues par ses prestations jusqu’à ce que ce client paie se honoraires. Mais, des individus méchants et mal intentionnés ont même prétendu que j’avais déjà vendu ces pièces à l’Ouganda contre plusieurs millions de dollars. Et que c’est pour cette raison que je refuse de les remettre au Gouvernement pour sortir de la prison, Ils ont même parlé de haute trahison dans mon chef.

     6. Moi, je n’ai jamais été un pro-ougandais. Je viens donc de remettre ces pièces au Gouvernement de la République pour lui permettre d’assurer la défense des intérêts de notre peuple devant la Cour Internationale de Justice. Ces pièces portent le sang, les douteurs et les souffrances du peuple de Kisangani, de l’Ituri, de Beni, de Butembo et d’ailleurs. Elles portent également le sang de nos vaillants soldats des FARDC. J’ai conçu et fabriqué une grande partie de ces pièces. J’ai obtenu d’autres pièces par mes recherches personnelles. Je connais donc le code secret de toutes ces pièces. Je les avais donc bien conservées dans l’intérêt supérieur de notre pays.

    7. J’ose espérer que ceux qui vont utiliser ces documents devant la Cour Internationale de Justice sauront détecter le message profond qui se cache dans ces pièces en vue d’assurer une meilleure défense des intérêts de notre peuple. Je leur souhaite plein succès.

     8. Après quelques examens médicaux à l’étranger, je m’exprimerai plus longuement -devant la presse nationale pour éclairer davantage l’opinion publique sur cette triste affaire.

     9. Pour terminer, je tiens à présenter mes profonds remerciements aux personnes et organisations qui m’ont apporté leur soutien et leur solidarité pendant ma détention à la Prison centrale de Makala. Je peux citer, parmi tant d’autres, tous les avocats congolais dans leurs barreaux respectifs, le collectif d’avocats chargés de ma défense, tous les avocats belges, l’association ACAJ, le Bureau, conjoint des droits de l’homme de la MONUSCO, le CICR (qui a pris mon cas en charge), la Fondation Bill Clinton pour la Paix, la VSV, les députés Toussaint Alonga et Emery Okundji qui ont porté le débat sur ma situation l’Assemblée nationale, Maître Emery Mukendi Wafwana, qui m’a montré l’importance de l’amitié et de, la fraternité et mes amis du Rotary Club Kinshasa.

     10. Mes remerciements vont spécialement au Bâtonnier Edouard Mukendi Kalambayi, du Barreau de Kinshasa/ Gombe, et .à Maître Célestin Tunda ya Kasende qui n’ont épargné aucun effort, en tant que facilitateurs, en vue de trouver une solution juste et équitable du conflit qui m’opposait au Ministre de la Justice.

     11. Enfin, je remercie mon épouse, ma famille, mes parents et tous mes amis qui m’ont soutenu tout au long de ma détention à la Prison centrale de Makala.

     Je vous remercie

  • Forum des As : «Etienne Tshisekedi conduira la délégation de l’UDPS et alliés au dialogue»

    Forum des As : «Etienne Tshisekedi conduira la délégation de l’UDPS et alliés au dialogue»

    Etienne Tshisekedi, candidat  # 11
    Etienne Tshisekedi, candidat # 11

    -Revue de presse kinoise de lundi 23 novembre 2015.

    La presse kinoise s’intéresse ce lundi 23 novembre au dialogue politique prôné par le chef de l’Etat en juin dernier, à l’issue des consultations nationales.

    Forum des As annonce à la une : «Etienne Tshisekedi conduira la délégation de l’UDPS et alliés au dialogue.»

    Le « lider maximo » va boucler ses valises le jour même où sera convoqué le Dialogue pour venir conduire lui-même la délégation de l’UDPS et les forces de changement à ce forum, rapporte le quotidien qui cite Bruno Mavungu, le secrétaire général de l’UDPS. Bruno Mavungu l’a dit samedi 21 novembre, au meeting du parti où les militants étaient venus en masse l’écouter, relate Forum des As.

    Pendant près de 40 minutes, Bruno Mavungu a expliqué aux militants que seul le dialogue aidera le pays à résoudre la crise à laquelle il fait face. «Ceux qui refusent d’aller au dialogue n’ont pas de solution aux problèmes que connait le pays. L’UDPS va au dialogue pour rencontrer Kabila. Ce sera Kabila-Tshisekedi», poursuit le quotidien.

    Le quotidien note que Mavungu pense que la solution viendra de ce face-à-face avec Kabila, et non avec la Tripartite (Majorité-CENI-Opposition) comme le recommandent certains opposants.

    Le Phare, revient aussi sur le meeting de l’UDPS et écrit : «Mavungu muet sur l’ultimatum d’Etienne Tshisekedi.»
    Le président national de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) avait lancé, à partir de Bruxelles, un ultimatum au Secrétaire Général de l’ONU pour la convocation urgente du dialogue politique entre Congolais au plus tard le 30 novembre 2015, rappelle le journal qui note qu’Etienne Tshisekedi avait prévenu que si cela n’était pas fait après l’expiration de ce délai, son parti se désengagerait automatiquement de ce forum.

    Pour le journal, la «base» était chauffée à blanc à la suite des informations faisant état d’une rupture imminente de contacts entre l’UDPS et la Majorité présidentielle. Elle s’attendait à un message fort, annonciateur des actions à mener dans l’hypothèse de la non-convocation du Dialogue national avant le 30 novembre.

    Mais, poursuit le quotidien, la déception se lisait sur de nombreux visages car, tout au long de son adresse, Bruno Mavungu est resté muet sur le délai butoir du 30 novembre 2015. En dépit du fait que dans la foule, certains combattants scandaient «Etikali 9 jours !!!» (NDLR : il reste 9 jours), le Secrétaire général de l’UDPS s’est gardé de risquer le moindre commentaire sur le sujet.

    Son intervention s’est plutôt transformée en un violent réquisitoire contre les anti-dialogue, qui se recrutent, selon lui, aussi bien au sein du G7 et que de la Dynamique de l’Opposition. Mavungu a tiré à boulets rouges sur le président de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise), Vital Kamerhe, qu’il a accusé d’instrumentaliser plusieurs médias pour diaboliser l’UDPS et la famille biologique de son président, Etienne Tshisekedi.

    Le Potentiel révèle que le dialogue pourrait se dérouler sous la facilitation internationale.

    Dans sa machette : «Dialogue, Kabila sollicite l’implication de l’Onu», le journal indique que le Président de la République a saisi le secrétaire général de l’ONU à travers son émissaire Raymond Tshibanda, afin d’obtenir l’implication de la communauté internationale dans la tenue du dialogue national.

    Facilitation ou médiation, peu importe la forme, écrit le journal qui croit savoir que le chef de l’Etat est «déterminé à ratisser large et voudrait montrer patte blanche dans un contexte où il est soupçonné de jouer son va-tout afin de rempiler à travers un glissement du processus électoral.»

    Pendant ce temps, L’Avenir revient sur la position des deux députés nationaux de l’opposition. Pour le journal, «Bitakwira et Mbikayi disent non à l’ingérence occidentale.»

    L’Avenir estime que ces deux élus nationaux ont en commun la fibre patriotique, le nationalisme, l’opposition citoyenne, la non-ingérence dans les affaires internes de la République Démocratique du Congo et la nécessité d’un dialogue franc.

    Ces anciens membres du Groupe parlementaire UNC et Alliés, tous démissionnaires en raison de la condescendance des chefs du parti et président du Groupe parlementaire, Justin Bitakwira à la tête de l’opposition citoyenne et Steve Mbikayi à la tête de la nouvelle classe politique et sociale, comptent signer une charte dans leur lutte politique.

    A en croire L’Avenir, les deux forces politiques de l’opposition pensent que la seule possibilité de sauver la RD Congo est le dialogue congolais, que toutes les forces y prennent part, à une seule condition : pas des mains extérieures, car soutiennent-ils, «55 ans aprèsl’indépendance c’est assez d’être manipulés par l’extérieur qui ne voit que ses propres intérêts».

    «Plus le temps passe, Azarias Ruberwa craint la dévaluation du Dialogue !», c’est ce qu’écrit La Prospérité à la une.

    C’est déjà maintenant qu’il faut convoquer le dialogue, demain sera tard, pense Azarias Ruberwa, cité par le quotidien.
    Le président du RCD estime que c’est très ahurissant de soutenir une idée et ne pas la concrétiser.

    «Si le dialogue n’est pas convoqué illico presto, l’idée même du dialogue va se dévaluer. Pourtant, plusieurs questions auraient pu être réglées», déplore Ruberwa, qui soutient que dans l’état actuel des choses, un troisième mandat poserait un problème sérieux au pays.Mais, la crainte du glissement ne peut pas justifier le refus d’aller au dialogue.

    Une chose est certaine, écrit La Prospérité : le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) va participer au dialogue pour éviter qu’une crise majeure ne frappe le pays. Le contexte régional, caractérisé par la situation de crise dans laquelle le Président Pierre Nkurunziza a plongé son pays, le Burundi, doit faire réfléchir les acteurs politiques congolais, avertit le quotidien.

  • Mali:Attaque du Radisson : au moins 19 morts et deux assaillants tués selon IBK, trois suspects recherchés

    Mali:Attaque du Radisson : au moins 19 morts et deux assaillants tués selon IBK, trois suspects recherchés

    Le président Keïta doit se rendre sur le site de cet hôtel samedi, au lendemain de l’attaque djihadiste qui a ensanglanté Bamako. L’Etat d’urgence et un deuil national de trois jours ont été décrétés.

    Le Mali recherchait activement trois suspects au lendemain de la prise d’otages dans un grand hôtel de Bamako, qui a été revendiquée par le groupe jihadiste de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, en coopération avec Al-Qaïda.

    Dans un discours à la Nation diffusé par la télévision publique dans la nuit de vendredi 20 à samedi 21 novembre, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a fait état d’un bilan de 19 morts et de sept blessés, et deux assaillants tués. “Le terrorisme ne passera pas”, a-t-il assuré.

    Un bilan confirmé samedi par le ministre de la Sécurité intérieure, le colonel Salif Traoré, et son collègue de la Défense, Tièman Hubert Coulibaly, lors d’une conférence de presse commune. Au total, a dit le colonel Traoré, il a été dénombré parmi les morts “18 clients, deux terroristes, un personnel des forces spéciales maliennes”, un bilan “définitif” selon lui.

    Une source militaire malienne avait fait état auparavant d’au moins 27 morts parmi les quelque 170 résidents et employés de l’hôtel Radisson Blu présents au moment de l’attaque et d’”au moins trois terroristes tués ou qui se sont fait exploser”.

    “Nous recherchons activement trois suspects qui pourraient être impliqués dans l’attaque vendredi de l’hôtel Radisson”, a déclaré samedi à l’AFP une source de sécurité malienne qui participe à l’enquête, refusant cependant de fournir des précisions “pour ne pas gêner” les investigations.

    De même source, l’établissement “est actuellement totalement sous contrôle”. Un important dispositif de sécurité y demeurait en place, selon des journalistes de l’AFP. Le président Keïta doit se rendre sur le site samedi, selon une source policière malienne.

    Parmi les morts, 13 étrangers

    Parmi les morts, il y a au moins 13 étrangers de cinq nationalités différentes :

    – Six Russes. Ils étaient employés de l’entreprise de fret aérien Volga-Dnepr, a annoncé le ministère russe des Affaires étrangères, et viendraient tous de la région d’Oulianovsk, où se trouve le siège de la compagnie, selon l’agence Interfax, citant les autorités de la région.

    – Trois Chinois. L’entreprise publique chinoise China Railway Construction a confirmé la mort de trois de ses cadres qui étaient en visite au Mali pour discuter de projets de coopération avec des gouvernements africains.

    – Deux Belges. L’un d’eux, Geoffrey Dieudonné, 39 ans, était haut fonctionnaire au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ont annoncé les autorités belges. L’identité de la deuxième victime n’a pas été divulguée.

    – Une Américaine. Le décès d’Anita Ashok Datar a été annoncé par le département d’Etat, sans plus de précisions.

    – Un Sénégalais. Il était employé d’une société pétrolière, d’après le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye.

    Renforcement de la sécurité

    Le gouvernement malien a instauré l’état d’urgence pour 10 jours à compter de vendredi minuit, lors d’un Conseil des ministres extraordinaire présidé par le chef de l’Etat, rentré précipitamment d’un sommet de pays du Sahel au Tchad en raison de l’attaque.

    Cette mesure “permettra de renforcer les moyens juridiques des autorités administratives et compétentes” dans la recherche “des terroristes qui seraient en cavale et d’éventuels complices”, selon un communiqué officiel.

    Un deuil national de trois jours sera observé à partir de lundi.

    Après s’être calfeutrés chez eux vendredi, par crainte pour leur sécurité ou sur recommandation de leurs employeurs, de nombreux Bamakois avaient renoué samedi avec leurs activités habituelles : la circulation semblait normale, les commerces avaient rouvert et dans certains quartiers, des jeunes jouaient au football sur des terrains nus…

    Un renforcement discret de la sécurité était cependant constaté devant certaines mairies et banques, mais plus important aux environs de certains hôtels, selon des journalistes de l’AFP et des résidents. Cette attaque rappelle la prise d’otages du 7 août dans un hôtel à Sévaré (centre), qui avait fait 13 morts.

    Certains anciens otages sont retournés samedi à l’hôtel Radisson pour récupérer des effets personnels. C’est le cas du chanteur guinéen Sékouba Bambino Diabaté, qui a répété devant la presse ne pas avoir vu les assaillants mais les avoir entendus parler anglais entre eux.

    Les assaillants étaient “à pied”, selon un témoin

    Tambakoye Diarra, employé du Radisson, a assuré avoir discuté avec des vigiles blessés selon lesquels les assaillants “ne sont pas venus en voiture, ils étaient à pied”, et raconté comment lui-même a aidé les forces maliennes – appuyées par des Français, des Onusiens et des Américains – “à infiltrer l’hôtel” pour en évacuer les otages.

    Le 7 mars, le premier attentat anti-occidental meurtrier à Bamako, visant un bar-restaurant, avait coûté la vie à cinq personnes, dont un Français et un Belge. Il avait déjà été revendiqué par Al-Mourabitoune.

    Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ils en ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit.

    Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères. Les attaques jihadistes se sont étendues depuis le début de l’année vers le centre, puis le sud du pays.

    Avec AFP

  • Le pape François en Afrique : le voyage le plus risqué de son pontificat

    Le pape François en Afrique : le voyage le plus risqué de son pontificat

    pape-Alors que le jihadisme déstabilise le nord du continent africain, le pape François se rend à partir de mercredi au Kenya, en Ouganda et en Centrafrique. Un voyage risqué qui lui tient à cœur.

    En papamobile découverte dans les rues de Nairobi, Kampala ou Bangui, d’un bidonville à une mosquée : le pape François se rend mercredi 25 novembre dans trois pays d’Afrique – Kenya, Ouganda, Centrafrique -, pour le voyage le plus risqué de son pontificat.

    C’est un message de paix, de justice sociale et de dialogue entre islam et christianisme que Jorge Bergoglio, 78 ans, veut appporter en cinq jours très denses, pour son premier séjour sur le continent noir, du 25 au 30 novembre.

    Le voyage s’inscrit dans le contexte tendu des attentats de Paris et de la prise d’otages de l’hôtel de Bamako, alors que le jihadisme déstabilise le nord du continent africain.

    Lors de ce onzième déplacement à l’étranger, il enchaînera les visites de terrain et prononcera 19 discours. Il entendra de nombreux témoignages -enfants soldats, victimes du sida, etc. – victimes des guerres et de la pauvreté.

    Ouverture d’une “porte sainte” à Bangui

    Un moment très attendu est l’ouverture le dimanche 29 novembre d’une “porte sainte” dans la cathédrale de Bangui, anticipant symboliquement de dix jours pour l’Afrique l’ouverture officielle à Rome du “Jubilé de la miséricorde”. Ce Jubilé (ou Année sainte) est censé apporter le pardon et la réconciliation dans le monde catholique et au delà.

    “S’il ouvre la Porte sainte à Bangui, pour la première fois, un jubilé commencera en périphérie. C’est la meilleure synthèse du magistère de ce pape, toujours aux côtés des pauvres”, a commenté à l’AFP le père Giulio Albanese, expert de Radio Vatican sur l’Afrique.

    Même si le Vatican assure que le programme à Bangui est maintenu, les violences entre milices musulmane et chrétienne et l’insécurité pourraient contraindre le pontife à réviser ses projets au dernier moment.

    Le commandant de la Gendarmerie vaticane, Domenico Giani, interrogé sur la chaîne catholique italienne TV2000, a reconnu vendredi que le programmee pourrait subir quelques “modifications” en fonction des impératifs de sécurité.

    Quelques heures à l’aéroport de Bangui ?

    Catherine Samba-Panza, présidente de transition, pourrait annoncer ce changement, à la veille de la visite, selon une source informée. L’étape centrafricaine pourrait être concentrée en quelques heures sur l’aéroport de Bangui, que la force française Sangaris sécurise.

    Les autres étapes à la grande mosquée, au coeur de la dangereuse enclave musulmane du PK5, ainsi qu’à un centre de déplacés, au grande stade Boganda et à la cathédrale seraient alors annulées.

    “Pour le pape, une annulation de l’étape serait une défaite. Il a d’abord pensé à la Centrafrique quand il a pensé à un voyage en Afrique”, confie un proche collaborateur.

    Pour des centaines de milliers de Centrafricains, mais aussi Congolais ou Camerounais attendus, une annulation serait une déception amère.

    Auparavant, François se rend en Afrique anglophone, au Kenya et en Ouganda, deux pays où 32 et 47 % de la population sont catholiques, et où l’islamisme des shebab somaliens est aux portes.

    Bidonville de Kangemi

    Au Kenya, que Jean Paul avait visité trois fois, comme en Ouganda, premier pays africain visité par un pape (Paul VI) en 1964, François devrait lancer un message fort contre l’inégalité et la corruption qui gangrène la société, la classe politique et juqu’à l’Eglise.

    Il se rendra dans le grand bidonville de Kangemi à Nairobi, où il rencontrera les mouvements populaires engagés contre la pauvreté, et dans un centre caritatif à Nalukolongo en Ouganda.

    “Le problème de l’exclusion sociale est fragrant dans ces deux pays. Au Kenya, 75 % de la richesse est détenue par 1 % de la population”, a relevé le père Albanese.

    A Nairobi, son discours devant le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et l’ONU-Habitat est très attendu à quelques jours de l’ouverture à Paris de la COP21, la conférence internationale sur le climat. Le pape est à l’avant-garde d’un combat pour un développement intégral et respectueux de la nature.

    En Ouganda, il honorera tous les martyrs chrétiens victimes de toutes sortes d’exploitations en Afrique : religieuse, culturelle, politique, sexuelle.

    Au sanctuaire de Namugongo, il célèbrera une messe commémorant les premiers saints africains, 22 jeunes martyrs chrétiens, dont Charles Lwanga, brûlés vifs à la fin du XIXème siècle sur ordre du roi Mwanga dont ils étaient les pages et qui avaient refusé de devenir ses esclaves sexuels. Ils avaient été canonisés par Paul VI.

    Avec AFP