-L’année 2016 s’annonce chargée sur le plan électoral en Afrique. Sortie de crise possible en Centrafrique, troubles sur le calendrier en RDC, succession après les deux mandats constitutionnels du président sortant au Bénin et règne sans fin en Gambie, tour d’horizon des 16 présidentielles à venir.
Centrafrique : toujours dans l’attente des résultats du premier tour
Les résultats du premier tour des élections présidentielle et législatives qui s’est tenu le 30 décembre dernier sont toujours en cours de traitement. La mobilisation semble importante pour ce vote dont l’enjeu est immense. De la bonne tenue de ces scrutins dépend la fin d’une crise sans précédent qui a plongé le pays dans trois années de violences. Le dépouillement rencontre quelques difficultés liées à une organisation chaotique. Les premiers résultats très partiels de la présidentielle annoncés samedi 2 janvier donnaient une avance à l’outsider Faustin-Archange Touadéra, ex-Premier ministre de François Bozizé. Lundi 4 janvier, une vingtaine de candidats se sont associés pour dénoncer ce premier tour du scrutin présidentiel et législatif qu’ils ne jugent pas crédible. Ils réclament l’arrêt du processus électoral et une large concertation. Parmi les motifs de contestation, des défaillances logistiques, des problèmes de fraudes et d’irrégularités, disent-ils, qui sont susceptibles de nuire à la représentativité du scrutin. Le second tour a été initialement fixé au 31 janvier.
Ouganda : Yoweri Museveni bien parti pour rester (18 février)
Au pouvoir depuis 1986, le président Yoweri Museveni ambitionne de rempiler pour un nouveau mandat de cinq ans. Face à lui, son éternel rival Kizza Besigye, leader du Forum pour le changement démocratique (FDC). Les deux hommes s’opposeront pour la quatrième fois consécutive après les scrutins de 2001, 2006 et 2011. Mais cette fois, un troisième prétendant pourrait venir se mêler au traditionnel bras de fer : l’ancien Premier ministre Amama Mbabazi, passé à l’opposition en 2014. Bien que tous deux soient sur la ligne de départ, Besigye et Mbabazi ont un temps envisagé d’unir leurs forces dans une candidature unique. Le seul moyen d’entretenir le mince espoir de barrer la route à un président sortant qui s’est toujours imposé dès le premier tour. Ils seront au total huit prétendants à la magistrature suprême.
Niger : Mahamadou Issoufou pas à l’abri de l’alternance ? (21 février)
Parmi la dizaine de candidats qui ont déposé leur dossier de candidature à la date limite du samedi 2 janvier, on retrouve les quatre personnalités qui dominent la vie politique du Niger depuis des années. Au premier rang desquels, le président sortant Mahamadou Issoufou, bien placé pour conserver son poste face à une opposition minée par les ennuis judiciaires. C’est le cas notamment de l’ancien président du Parlement Hama Amadou, écroué depuis le 14 novembre dernier pour son implication présumée dans une affaire de trafic de bébés. Difficile dans ces conditions de mener sa campagne. Mais l’alternance n’est pas impossible, dans la mesure où elle pourrait bénéficier au chef de file de l’opposition Seïni Oumarou, ainsi qu’à l’ex-chef de l’Etat Mahamane Ousmane. Il s’agira en tout cas d’un scrutin à haut risque après la tentative de coup d’Etat présumée de décembre dernier.
Bénin : la fin de l’ère Boni Yayi (28 février)
Changement de tête au Bénin. Elu une première fois en 2006 puis réélu en 2011, le président Thomas Boni Yayi ne peut pas prétendre à un troisième mandat, conformément à la Constitution béninoise. Son Premier ministre depuis juin dernier, Lionel Zinsou, apparaît comme le grand favori pour prendre sa succession. Nouveau venu en politique, ce banquier franco-béninois au profil atypique ne revendique aucune appartenance politique, mais sera bien le candidat du parti au pouvoir. Son plus sérieux adversaire semble être l’homme d’affaires Patrice Talon. C’est la bête noire de l’actuel chef de l’Etat qui l’avait accusé d’empoisonnement en 2012 et de tentative de coup d’Etat l’année suivante. D’autres concurrents tels qu’Abdoulaye Bio Tchané, Pascal Koupaki, Robert Gbian ou encore Léhady Soglo, ne sont pas non plus à classer dans la catégorie des figurants.
Ils seront 25 postulants à prendre part au prochain scrutin présidentiel. En vertu d’un système de présidence tournante entre les îles de l’archipel (Anjouan, Grande-Comore, Mohéli), le président en poste Ikililou Dhoinine ne peut pas se représenter et son successeur sera forcément originaire de la Grande-Comore. Les trois candidats arrivés en tête à l’issue du premier tour participeront au second qui se tiendra le 18 avril. Contrairement à ce qui avait été annoncé par le ministère de l’Intérieur il y a six mois, les Comoriens résidant à l’étranger ne pourront pas voter, « pour des raisons techniques », a justifié le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) Ahmed Mohamed Djaza.
Congo-Brazzaville : Denis Sassou-Nguesso s’est préparé le terrain (20 mars)
D’abord prévue en juillet 2016, la présidentielle a été avancée par le président Denis Sassou-Nguesso au premier trimestre de l’année. En faisant récemment adopter aux forceps une nouvelle Constitution, l’actuel dirigeant, qui a déjà passé plus de trente ans à la tête du pays, a fait sauter tous les verrous (limite d’âge des candidats et du nombre de mandats) l’empêchant de briguer un troisième mandat. Et même s’il n’a pas encore officiellement annoncé sa candidature, son intention de se maintenir au pouvoir est claire aux yeux d’une opposition impuissante, malgré la forte mobilisation contre le projet de réforme constitutionnelle.
Tchad : la biométrie au secours de l’alternance ? (Fin du premier trimestre)
L’alternance à la tête du Tchad n’est pas qu’une chimère. L’opposition, notamment incarnée par Saleh Kebzabo, président de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR) et Ngarléjy Yorongar, le patron de la Fédération action pour la République (FAR), a placé ses espoirs dans la biométrie, un système censé permettre de lutter contre la fraude électorale. Elle parie également sur l’usure d’Idriss Déby Itno, en place depuis 1990. Un pari loin d’être gagné face à un dirigeant habitué à être réélu dès le premier tour.
Djibouti : l’opposition menace de boycotter le scrutin (avril)
Modifiée en 2010, la Constitution permet au président de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, de se présenter pour un quatrième mandat en avril prochain. Aux manettes depuis 1999, sa reconduction paraît acquise d’avance. D’autant que l’Union pour le salut national (USN), la coalition de sept partis d’opposition, désabusée par l’absence de dialogue avec le pouvoir, menace de boycotter l’élection. La perspective d’un scrutin serein est encore plus illusoire après les violences de décembre dernier qui ont conduit à l’arrestation de plusieurs membres de l’opposition.
São Tomé et Principe : le Premier ministre Patrice Trovoada n’est pas candidat (juillet)
Dans une grande interview bilan de son action de 12 mois à la tête du gouvernement, accordée le 29 décembre à la radio et télévision publique du pays, Patrice Trovoada met fin aux spéculations : il ne sera pas candidat à la présidentielle de 2016. Il ne souhaite pas renoncer à ses responsabilités de chef de gouvernement, a-t-il déclaré. « Je ne renoncerai à mes responsabilités que si je trouve quelqu’un, au sein de l’ADI, capable de prendre la relève », confiait-il déjà en février dernier à Jeune Afrique. Le leader de l’Action démocratique indépendante (ADI) avait été chassé du pouvoir en 2012 avant de faire un retour en force lors des législatives de 2014. L’actuel chef de l’Etat Manuel Pinto da Costa (79 ans), premier président après l’indépendance pendant quinze ans de régime de parti unique (1975-1991), est revenu au pouvoir vingt ans après par la voie des urnes en septembre 2011. Il aura la possibilité de se présenter à sa propre succession.
Gabon : Ali Bongo remet de l’ordre dans sa majorité (août)
En remaniant son gouvernement en septembre dernier, Ali Bongo s’était constitué une équipe censée lui assurer sa réélection. Mais quelques désertions sont venues gripper la machine à gagner. Notamment celle de Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, figure de l’opposition, qui, aussitôt recruté, a fait défection. Le fils d’Omar Bongo devra donc remettre de l’ordre dans sa turbulente majorité s’il veut tuer dans l’œuf les velléités d’alternance d’une opposition menée par l’ancien président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, et dopée par la crise pétrolière.
Cap-Vert : la fin de la cohabitation ? (date non déterminée)
Le président Jorge Carlos Fonseca attendra sans doute les résultats des législatives pour se prononcer sur son intention ou non de briguer un second mandat. Lors de ce premier scrutin, le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV) tentera de conserver la majorité face à la formation du président, le Mouvement pour la démocratie (MPD). Le PAICV tentera ensuite lors de la présidentielle de porter l’actuel Premier ministre José Maria Neves aux responsabilités et ainsi mettre fin à la cohabitation.
Zambie : retour aux urnes 20 mois après la dernière présidentielle (11 août)
Il y a bientôt un an, les Zambiens élisaient Edgar Lungu pour achever le mandat de Michael Sata décédé en cours de magistrature. En septembre prochain, les électeurs seront rappelés aux urnes pour désigner leur président ainsi que leurs députés.
Guinée équatoriale : Teodoro Obiang pas près de bouger
Ni l’affaire des présumés « biens mal acquis » qui vise notamment son fils, ni les accusations d’assassinats politiques et surtout pas la faible opposition ne semblent en mesure d’empêcher Teodoro Obiang Nguema de conserver les rênes du pouvoir. Un règne sans partage qui dure depuis trente-six ans, un record pour les chefs d’Etat africains en exercice.
Gambie : une parodie d’élection orchestrée par Yahya Jammeh (1er décembre)
Le 14 janvier prochain devrait démarrer la mise à jour des listes électorales en vue du scrutin présidentiel de la fin d’année. Une précaution qui paraît superflue, alors qu’il ne fait aucun doute que le fantasque et autocrate président gambien Yahya Jammeh sera reconduit à l’issue de la consultation. A pas encore 50 ans, le dictateur – au pouvoir depuis plus de vingt ans – entamera son cinquième mandat.
RDC : Joseph Kabila joue-t-il la montre ? (date incertaine)
L’incertitude règne en République démocratique du Congo alors qu’une dizaine de scrutins, dont la présidentielle, doivent avoir lieu en 2016. Le président Joseph Kabila doit théoriquement céder son poste en décembre prochain et n’a pas le droit de soumettre à nouveau sa candidature après ses deux mandats. Le chef de l’Etat a annoncé la tenue d’un « dialogue national » afin de garantir des « élections apaisées ». Il plaide également pour l’organisation d’un recensement général qui prendrait entre deux et quatre ans. Ses adversaires y voient un « piège », une manœuvre visant à prolonger son règne en retardant les élections.
Sans surprise, le président ghanéen John Dramani Mahama a été désigné en novembre dernier par son parti, le Congrès démocratique national (NDC), pour être candidat à sa succession. En 2012, il l’avait emporté de justesse sur Nana Akufo Addo, patron du Nouveau parti patriotique (NPP), la principale formation d’opposition. C’est un duel similaire qui s’annonce en 2016. Le candidat sortant aura fort à faire pour défendre un bilan plombé par le ralentissement de la croissance économique du pays et l’accroissement de la dette.
-Les quotidiens de Kinshasa reviennent sur les défis auxquels doit faire face la RDC en 2016, l’adhésion de Moïse Katumbi à l’opposition et les manifestations organisées à l’occasion de la commémoration de la journée consacrée aux martyrs de l’indépendance. Le Phare fait de l’élection présidentielle en 2016 le principal défi que doit relever le président de la RDC. Le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, a adressé à ses compatriotes trois messages successifs avant la fin de l’année 2015 : le 28 novembre, le 14 et le 31 décembre. A chacune de ces occasions, il a parlé de tout, sauf de ce qui préoccupe la majorité d’entre eux : l’élection présidentielle, qui devrait marquer l’expiration de son second mandat à la tête du pays, fait remarquer le quotidien.
Même si le dialogue s’affiche comme un défi politique majeur mais l’équivoque que les forces politiques et sociales acquises à l’alternance au sommet de l’Etat voudraient le voir levée, poursuit le quotidien kinois, c’est celle relative à son avenir politique, qui passe par les élections. «Moïse Katumbi s’affiche désormais opposant », titre La prospérité. « Je n’ai rejoint aucun parti politique d’opposition, je n’ai pas créé un parti politique d’opposition », a-t-il fait savoir, en précisant toutefois être membre du «Front citoyen2016 », une plateforme politique qui regroupe beaucoup de partis politiques de l’opposition et qui milite, cette plateforme, pour le respect strict de la Constitution, renseigne le journal.
Par ailleurs, face aux enjeux électoraux qui se profilent à l’horizon, Moïse Katumbi, acteur politique, soutient qu’il appartient à l’opposition de se préparer et d’envisager une candidature unique à la présidentielle de cette année 2016. Le phare, qui commente aussi cette actualité, indique que Moïse Katumbi, a franchi le Rubicon en clamant tout haut ce que tout le monde chuchotait tout bas depuis quelque temps, à savoir : sa rupture définitive avec le régime au pouvoir et son entrée dans l’opposition. Pour ce quotidien kinois, les signes avant-coureurs de ce revirement étaient visibles depuis ses déplacements en Europe où il a eu à s’entretenir à deux reprises avec Etienne Tshisekedi, et la présence de ses délégués aux différentes manifestations organisées le tour à tour par le G7 et du Front Citoyen2016 contre le dialogue, le glissement et la révision constitutionnelle.
Congo Nouveau consacre certaines pages à la création, par l’opposition congolaise, d’une nouvelle plate-forme dénommée : «Front des démocrates». Ce regroupement des sept partis et personnalités de l’opposition a pour objectif de mettre en commun des forces en vue de prochaines élections, se rassembler autour des valeurs prônées par l’opposition politique et forces vives pro-alternance politique et adopter des positions communes face aux enjeux de l’heure, renseigne le trihebdomadaire. La prospérité revient sur la commémoration de la journée des Martyrs de l’indépendance et l’appel pro-dialogue d’Henri Mova, secrétaire général du PPRD, au peuple congolais. Il trouve beaucoup de similitudes entre la situation de 1959 et les enjeux auxquels doit faire face la RDC, 57 ans plus tard. Il note que le combat de la pleine autodétermination bat encore son plein.
Le souvenir du martyre enduré par les héros du 4 janvier 1959 devrait, de l’avis de Mova, appeler à plus de sens de responsabilité. Surtout en ce moment où la jeune démocratie congolaise négocie un tournant historique de grande envergure avec des échéances électorales prochaines. D’où la nécessité d’aller au dialogue, rapporte le quotidien kinois.
-Les services de sécurité de RDC se disent inquiets par rapport aux informations faisant état d’infiltrations de rebelles burundais sur leur sol. Dans le territoire d’Uvira, l’armée et les autorités locales ont multiplié les opérations de sensibilisation auprès de la population pour signaler la présence de ces infiltrés. Il s’agit de quelque 70 km à surveiller. Une présence d’autant plus compliquée qu’il y a des groupes anciens comme les FNL du général Aloys Nzabampema, mais aussi des groupes nés depuis le début de la crise au Burundi. Une donnée qui rend également difficile une estimation de l’importance de ces différents groupes.
Pour la population du territoire d’Uvira, difficile de faire la distinction. Les habitants de la plaine de la Rusizi parlent indifféremment de FNL ou d’infiltrés confondant le groupe d’Aloys Nzabampema avec d’autres groupes burundais. Ils disent signaler régulièrement leur passage à l’armée comme à la Monusco. Mais ils arrivent souvent trop retard, disent-ils.
Les regards plus avertis, militaires, autorités locales, société civile, identifient des routes différentes de passage et des comportements bien spécifiques. Les FNL d’Aloys Nzabampema feraient des va-et-vient entre la frontière burundaise et les hauts et moyens plateaux pour des raisons de ravitaillement : le manioc et le sorgho sont pillés dans les champs des moyens plateaux. Et ils ne descendraient dans la plaine et iraient même jusqu’au Burundi que pour d’autres denrées.
Pour ce qui est de nouveaux groupes, plusieurs de ces observateurs avertis signalent une coopération entre le groupe FNL dissident de Nshuti Baranyanka, localisé dans la plaine de Fizi, et le groupe que les services de sécurité congolais attribuent à l’opposant Alexis Sinduhije et au putschiste Godefroid Niyombare. Ce groupe-là aurait installé depuis plusieurs mois un camp permanent sur les hauts plateaux, difficilement accessible pour l’armée congolaise.
Mouvements vers le Burundi
Pour entrer en République démocratique du Congo depuis le Rwanda ou le Burundi, disent ces observateurs, ils auraient plusieurs voies de passage et s’infiltreraient par petits groupes, moins de cinq, avec des sites d’escales. On peut voir des tentes apparaître et disparaître, rapportent des habitants des hauts plateaux.
Si depuis juillet, les mouvements allaient plutôt dans le sens de l’entrée en RDC, depuis deux mois, ces rebelles auraient amorcé le mouvement retour vers le Burundi.
-La directrice du Fonds monétaire international visite la première économie du continent depuis lundi. Premier exportateur de pétrole d’Afrique, le Nigeria a vu ses revenus diminuer drastiquement depuis l’année dernière puisque les cours de l’or noir ont perdu près de 60% de leur valeur. Mais pas de quoi susciter une demande d’aide auprès du FMI, a déclaré mardi Christine Lagarde.
Le pétrole, c’est près de 15% du Produit intérieur brut (PIB) du Nigeria et les trois quarts de ses recettes budgétaires. Alors forcément, quand les prix de l’or noir piquent du nez, les finances de l’Etat fondent.
Pour faire face à la diminution de ses devises étrangères, le Nigeria a dû dévaluer sa monnaie. Aujourd’hui, le taux d’inflation du pays frôle les 10%.
Une économie de plus en plus diversifiée
Pas de quoi affoler le FMI pour autant. Bien que le Nigeria soit très dépendant de l’or noir, il a su ces dernières années diversifier son économie. Aujourd’hui le secteur des services, dopé par les télécommunications, représente plus de la moitié du PIB du pays. Le Nigeria dénombre 140 millions de lignes mobiles contre 400 000 en 2001. Le secteur bancaire, la création musicale et le cinéma, avec Nollywood, tirent aussi la croissance.
L’industrie se développe également, mais souffre encore de faibles infrastructures du pays. Un secteur dans lequel compte investir le gouvernement qui a décidé cette année une augmentation de 20% des dépenses publiques pour stimuler la croissance.
-En RDC, les plateformes se créent les unes après les autres. Le Front citoyen 2016 est né après la Dynamique de l’opposition et le G7. Hier lundi 4 janvier, journée des martyrs de l’Indépendance, un nouveau regroupement a vu le jour : le Front des démocrates qui regroupe sept partis politiques et des personnalités de l’opposition. Mais ce foisonnement des plateformes de l’opposition inquiète quelques analystes de la scène politique congolaise.
Les objectifs du Front des démocrates sont les mêmes que ceux des autres plateformes de l’opposition : empêcher le président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat à la tête du pays, pas de révision de la Constitution et tenir les élections législatives et présidentielle en 2016. Au sein de cette nouvelle plateforme figurent des partis et des personnalités qui appartiennent aussi au Front citoyen 2016 et à la Dynamique de l’opposition.
Mais ce foisonnement des plateformes suscite chez certains des inquiétudes. Notamment des inquiétudes quant à l’efficacité des actions à mener, surtout lorsqu’arrivera le moment de décider d’une probable candidature unique de l’opposition pour la future présidentielle. Ce que réfute Jean-Lucien Busa, leader de la Convention des démocrates républicains (CDR) et porte-parole du Front des républicains : « Regardez les primaires dans les pays les plus avancés. Aux Etats-Unis, les démocrates, les républicains. Vous avez 7, 8[candidats] et puis l’élimination est facile. Donc le regroupement permet d’améliorer le choix des candidats et de pouvoir faciliter la sélection du candidat. »
Répondant à une question des journalistes lors de son entretien dimanche 3 janvier avec la presse à Lubumbashi, Moïse Katumbi, désormais opposant, a laissé entendre que des débats sont en cours au sein de l’opposition pour une possible candidature unique à la présidentielle de novembre prochain.
-Les caméras de surveillance ont fait leur apparition dans la ville de Kinshasa. Surpris par cette présence, les Kinois se sont mis à spéculer dans tous les sens. Les autorités de la police nationale rassurent, mais la suspicion demeure et se fait de plus en plus grande.
Célestin Kanyama, commissaire provincial de la capitale, parle du renforcement de la sécurité. Ce général de la Police nationale évoque les contraventions routières et le comportement incivique de certains habitants. Selon lui, cette vidéosurveillance est une très bonne chose et certains Kinois sont d’accord avec lui. « Moi, je trouve que c’est bon, nous devons nous adapter aux systèmes de sécurité d’ailleurs… » témoigne cet homme.
Mais ensuite se posent des problèmes pratiques somme la maintenance du réseau. « C’est ça le plus difficile. Acheter des caméras… mais la maintenance ?» s‘interroge cet autre Kinois selon lequel pour que la vidéosurveillance ait un bon résultat ilfaut prévoir un suivi.
Pourquoi poser des caméras de surveillance seulement maintenant ?
« C’est vraiment pour des raisons sécuritaires ou c’est pour cibler les lieux connus traditionnellement dans cette ville, comme des lieux de rassemblement de certaines personnes qui ne sont pas d’accord avec certaines choses, certaines pratiques que l’on dénonce jour et nuit dans ce pays » doute cet autre habitant de la capitale.
Autre question enfin : ce projet a-t-il été budgétisé ? « Si on regarde le budget de l’Etat on ne voit pas où cet élément figure. Et pourquoi ça ne vient que vers la fin de l’année 2015 et le début de l’année 2016 ? » interroge un autre Kinois.
Des sources généralement bien renseignées indiquent qu’il s’agit d’un réseau de surveillance confié à la Police nationale congolaise.
-L’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, a annoncé dimanche 3 janvier à Lubumbashi son appartenance à l’opposition politique. Au cours d’une conférence de presse, il a cependant précisé qu’il n’a rejoint aucune formation politique et n’a pas créé de parti politique.
Moïse Katumbi indique cependant appartenir au « Front citoyen 2016 ». Cette plateforme créée récemment regroupe des Congolais de la diaspora, des membres des organisations de la société civile, des confessions religieuses, des organisations politiques de l’opposition ainsi que des personnalités politiques qui militent pour le strict respect de la constitution.
« L’objectif du Front citoyen est d’abord d’insister sur les élections provinciales de 2016 et l’élection présidentielle de 2016 en respectant les délais constitutionnels et avoir le calendrier [électoral] le plus vite possible », explique M. Katumbi.
L’ancien gouverneur du Katanga qui a quitté le parti présidentiel en septembre dernier, affirme que des pourparlers sont menés pour avoir un candidat unique de l’opposition à la prochaine présidentielle.
« J’ai rencontré Félix Tshisekedi. J’ai rencontré beaucoup de personnes. J’ai aussi rencontré beaucoup d’opposants au niveau de la province du Katanga. Nous sommes en pourparlers pour avoir un candidat de l’opposition », explique-t-il.
Au sujet de l’identité de ce candidat, Moïse Katumbi dit que l’opposition va se décider.
« Ce n’est pas à moi de décider qui peut être le candidat de l’opposition. Au moment venu, l’opposition va elle-même proclamer son candidat », affirme-t-il.
Par ailleurs, M. Katumbi félicite les personnes qui ont participé à la rencontre sur l’île de Gorée.
« Le plus important pour moi est de féliciter ces gens qui ont participé à cette réunion du Front citoyen à l’île de Gorée. Et ils ne doivent même pas avoir peur. Ils sont libres d’aller n’importe où ils peuvent contribuer à notre pays. J’ai délégué quelqu’un qui était à l’île de Gorée. Moi j’étais au Japon [pour la coupe du monde des clubs]. Si j’étais au pays, j’allais être là aussi », fait-il savoir.
Selon les opposants qui ont pris part à cette rencontre de Gorée, cette réunion était axée sur les élections en Afrique subsaharienne.
Mais les autorités de Kinshasa rejettent cette explication. Le président de l’Assemblée nationale a affirmé le 15 décembre que ce groupe est allé au Sénégal apprendre des pratiques subversives afin de réfléchir sur les meilleures voies et moyens pour un soulèvement populaire en RDC.
-A cette fin de l’année 2015, l’évolution de l’activité économique en RDC est positive, quoi qu’il soit le reflet de la situation économique mondiale marquée par plusieurs mois de chute des cours des matières premières, et par un affaiblissement de l’activité économique internationale. Le choc de cette longue chute dont la fin est annoncée, par les économistes, pour avant le deuxième semestre 2016, est dur pour les pays extracteurs des produits miniers. Cette chute des prix est imputable à la contraction de la demande, essentiellement liée à la surproduction. La RDC, qui est un des pays producteurs miniers, cherche à redéployer son économie. Elle se lance vers de nouveaux débouchés plus porteurs, notamment dans l’agriculture avec une préférence pour l’agro-industrie.
Au plan intérieur, le niveau de l’activité économique subit une forte pression liée à cette perturbation des cours mondiaux. Entendu que les entreprises minières soient en réduction d’activités et que celles relevant du portefeuille public soient toujours en phase de leur mutation.
Au plan macroéconomique, le gouvernement, par la voix de son Premier ministre, est persuadé de se trouver sur la bonne voie, en prenant comme référentiel le boni de taux de croissance enregistré de 7,7%, qui est en recul de 1,3 point par rapport au taux annualisé de 10,5%.
S’il faut le souligner, ce fléchissement est dû aux aléas des activités du secteur minier : la chute des cours des métaux ferreux et non ferreux, principalement le cuivre, le cobalt et l’or sur le marché au cours de cette année finissante, a entrainé un ralentissement de l’activité économique avec comme corollaire la baisse de la croissance économique à 7,7% en 2015, au contraire des prévisions tablées sur 10,5%. Piliers du secteur minier, le cobalt et l’or ont enregistré des baisses significatives de l’ordre de 1,05 % et 1,24% de leurs valeurs. Ils se négociaient à 24.282,56 USD contre 25.607,06 USD la tonne.
Quant aux prix des produits pétroliers, ils ont également poursuivi les mêmes tendances baissières. Jusqu’au moment où nous mettons sous presse, la chute du prix du baril se poursuit inlassablement impactant sur les prévisions annualisées. A Londres, le baril se négocie à 30 USD !
UN SEUL BEMOL : LA DOLLARISATION
Malgré les remous ayant caractérisé la majeure partie de l’année 2015 du point de vue de comportement du marché mondial des matières premières, la situation empirique de ce marché n’a pas changé au cours de ce mois de décembre.
Le cours du cuivre a connu une légère hausse de 1,05% au 3 décembre. Quant au cobalt et l’or, ils ont néanmoins enregistré des baisses respectives de 1,05 % et 1,24% de leurs valeurs. Il en est de même pour les principales céréales qui ont tous accusé des baisses à l’exception du maïs qui a connu une hausse de +1,30%. Le riz et le blé ayant enregistré des baisses de moins 7,08% et -4,59%.
Cependant, un bémol dans cette observation sur la situation macroéconomique nationale, au plan fiduciaire, la RDC est marquée par une forte monétarisation économique. Une enquête de la Banque Mondiale a relevé que, pour 2015, les dépôts bancaires en monnaie étrangère dans le pays, représentent plus de 80% du total des dépôts bancaires. En outre, cette situation traduit un degré élevé de dollarisation, et ne prennent pas en compte les billets étrangers en circulation et hors circuit bancaire.
La difficulté d’estimer la taille exacte des liquidités étrangères en dehors du système bancaire est due à la fois à la faiblesse de l’appareil statistique du pays, à l’importance de l’économie informelle et aux mécanismes de circulation de la monnaie et de sa thésaurisation. Ce constat a été aussi fait par le gouvernement.
La dollarisation est utilisée pour libeller les prix des biens et services sur le marché intérieur, effectuer des paiements et constituer une épargne en laissant une marge limitée à la monnaie nationale.
Le volume exact des monnaies étrangères dans l’économie congolaise n’est pas connu ; le degré de pénétration des devises étrangères dans l’économie congolaise est difficile à évaluer. Un effort idoine à fournir serait un catalyseur pour remettre les choses dans l’ordre, promettent plusieurs experts du gouvernement.
DES ACTIONS ECONOMIQUES ENCOURAGEANTES
L’année 2015 a commencé sous des promesses aujourd’hui réalisées. Plusieurs infrastructures d’utilité publique, tant d’appui à l’économie et social, ont vu le jour. Les entreprises publiques transformées en sociétés commerciales, établissements et services publics sont dans une courbe ascendante. Depuis un peu plus d’une douzaine d’années, le pays n’avait pas une compagnie aérienne digne de ce nom. Congo Airways est la réponse nationale à ce besoin. Cette compagnie est sur une croissance importante : elle a acquis, grâce à une mobilisation financière et technique du gouvernement ainsi que d’autres parties prenantes, un outil de travail adapté à son cœur de métier qui est la desserte, par les voies aériennes, de tout le pays.
Concernant l’amélioration en fourniture d’électricité, la SNEL qui avait commencé l’année 2015 dans une situation technique difficile, à cause de l’amortissement fort avancé de ses matériels, commence à sortir la tête de l’eau. Petit à petit, le niveau technique acquis par cette société commerciale de l’Etat, ajoutée à l’expertise étrangère sous sa responsabilité se révèle : quoi qu’il y ait encore des perturbations éphémères de ses services à la clientèle, la SNEL est sur la bonne voie de relever le défi de services de qualité à tous les abonnés. La preuve, en cette fin de l’année, les populations de la capitale émettent des avis positifs. Le cas de ces deux entreprises se veut l’échantillon des autres entreprises transformées par la loi du 30 avril 2009.
Au cours de cette même année finissante, le pays a mis au point le raccordement avec le câble à fibre optique WACS. Ce raccordement permet aujourd’hui la connexion internet du pays avec le reste du monde.
C’est ainsi que la Société congolaise des postes et télécommunications (SCTP) amorce sa métamorphose avec l’appui du gouvernement, et elle semble être partie pour de nouvelles espérances économiques.
Il en est de même pour la Société congolaise des ports et des Transports (SCPT) qui, avec la nouvelle direction, travaille à pas de charge. Elle a relancé le trafic fluvial suspendu depuis plusieurs années en raison du vieillissement du matériel de travail.
Pendant son absence de trafic, cette société commerciale n’avait plus aucune flottille et avait laissé le privé s’introduire dans son domaine. Tous les analystes estiment que l’année 2015 est positive sur le plan économique ; elle ouvre la voie aux initiatives porteuses pour l’année 2016.