Author: Don Kayembe

  • RDC : faut-il réduire l’effectif de la Monusco?

    RDC : faut-il réduire l’effectif de la Monusco?

    Monusco-Faut-il réduire l’effectif de la mission de l’ONU en République démocratique du Congo ? Et de combien de Casques bleus ? Dans une période préélectorale tendue, le débat est ouvert, non sans arrière-pensées politiciennes…

    C’est classique après les réveillons de fin d’année : l’obsession est au dégraissage. Cette année, la diète ne semble pas concerner la seule surcharge pondérale. Elle pourrait s’appliquer aux missions de maintien de la paix, comme la Monusco, la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo. S’il y a débat entre New York et Kinshasa, ce n’est peut-être pas tant sur le principe de la réduction de l’effectif des Casques bleus que sur son ampleur. Faites vos jeux…

    Mardi 5 janvier, le secrétaire général des Nations unies suggérait dans un rapport le départ de 1 700 hommes en mission pour la Monusco, après le retrait, en mars dernier, de 2 000 soldats onusiens. Évoquant, sur un ton pessimiste, l’augmentation du nombre d’incidents sécuritaires et des violations des droits de l’homme en RDC, Ban Ki-moon ne s’en dit pas moins convaincu qu’une Monusco dégraissée aura la capacité d’accomplir sa mission.

    Dans cette perspective – laquelle sera discutée d’ici le renouvellement, en mars, du mandat de la mission –, les autorités congolaises se sentiraient-elles dépouillées, voire abandonnées ? Pas le moins du monde. C’est au contraire une diète plus radicale que demande Kinshasa, avec un retrait progressif de la force onusienne, en commençant par le départ d’un tiers des Casques bleus de son territoire, soit 6000 à 7000 hommes…

    Le torchon brûle

    C’est que le torchon brûle entre le gouvernement de la RDC et une bonne partie de la frange occidentale de la communauté internationale. La pomme de discorde ? Les conditions de l’organisation de la prochaine élection présidentielle, avec en toile de fond de la toile de fond, la candidature éventuelle du sortant. Or, Ban Ki-moon propose, à l’occasion de la réduction d’effectif, de réorienter la Monusco vers davantage de tâches de police dédiées à la tenue du scrutin. Joseph Kabilapréférerait-il laver le linge politique sale à l’abri des regards onusiens ? Comme pour faire diversion, les pourfendeurs de la mission de maintien de la paix ont beau jeu de dire qu’elle (la mission) ne la maintient guère (la paix)…

    Mais qui peut dire si la situation n’aurait pas été plus tragique en l’absence de la Monusco, cette force arrivée en RDC il y a 15 ans sous le sigle de Monuc ?

    Selon de mauvaises langues, donc, Ban Ki-moon aurait dû dire que la réduction des effectifs de la Monusco ne l’empêchera pas de… ne pas accomplir sa mission. Malgré le renforcement du mandat de la force de l’ONU, en 2013 – mandat devenu « offensif » –, celle-ci peine à empêcher les violences, notamment dans l’Est où continuent de sévir certains groupes armés comme les rebelles ougandais de l’ADF.

    Mais en réalité qui peut dire si la situation n’aurait pas été plus tragique en l’absence de la Monusco, cette force arrivée en RDC il y a 15 ans sous le sigle de Monuc ? Ban Ki-moon doit composer avec des impératifs budgétaires, des humeurs politiciennes et des incompréhensions populaires, quand surgissent des accusations d’abus sexuels perpétrés par des « soldats de la paix », comme en République centrafricaine…

    Pour l’heure, et peut-être pour rassurer ces opinions qui s’entendent dire que les forces internationales sont trop intrusives, l’heure est à l’africanisation de la Monusco. C’est le général sud-africain Derrick Mbuyiselo Mgwebi qui va reprendre le commandement des troupes de l’ONU en République démocratique du Congo, en remplacement du Brésilien Carlos Alberto dos Santos Cruz. Mais Joseph Kabila ne préférerait-il pas, sans doute, qu’il soit congolais ?…

    Jeune Afrique

    Damien Glez

  • Football : Patrice Carteron quitte le TP Mazembe, champion d’Afrique en titre

    Football : Patrice Carteron quitte le TP Mazembe, champion d’Afrique en titre

    Patrice-carteron TP MAZEMBE-Le Français Patrice Carteron n’est plus l’entraîneur du TP Mazembe. En fin de contrat le 23 décembre dernier, l’ancien sélectionneur du Mali, qui n’avait pas écarté l’hypothèse de prolonger l’aventure en RDC, est libre.

    Même si l’escapade japonaise du TP Mazembe lors du championnat du monde des clubs n’a pas été une franche réussite (deux défaites), Patrice Carteron (45 ans), en poste depuis juin 2013, peut quitter le banc des Corbeaux avec la satisfaction d’avoir conduit le club de Moïse Katumbi à un 5e  sacre en Ligue des Champions, l’automne dernier face à l’USM Alger (2-1, 2-0), après avoir remporté deux fois le titre national (2013, 2014) et la Super Coupe de RDC (2013, 2014).

    Moïse Katumbi aurait aimé poursuivre l’aventure avec le Français au moins jusqu’au mois de février, date à laquelle le TP Mazembe disputera à Lubumbashi la finale de la Super Coupe d’Afrique face aux tunisiens de l’Étoile du Sahel. Mais après plusieurs conversations téléphoniques, les deux hommes ont décidé de mettre un terme à leur collaboration, alors que la reprise de l’entraînement des Corbeaux est fixée au 11 janvier prochain, en l’absence des trois internationaux congolais (Kimwaki, Bokadi et Bolingi) retenus par Florent Ibenge pour participer au championnat d’Afrique des nations (CHAN) au Rwanda (16 janvier-7 février).

    Plusieurs sollicitations

    Carteron, qui est désormais libre de tout engagement, avait rencontré la semaine dernière à Tunis les dirigeants du Club Africain, lesquels semblant finalement s’orienter vers le recrutement du serbe Milovan Rajevac. Il avait également été sollicité ces dernières semaines par des clubs en Égypte (Zamalek), en Arabie Saoudite et aux Émirats Arabes Unis.

    Le TP Mazembe, en plus du départ de Carteron, devrait perdre un de ses meilleurs joueurs, le Tanzanien Mbwana Ally Samata, en contacts très avancés avec Genk (Belgique). Son compatriote Thomas Ulimwengu, l’Ivoirien Roger Assalé et le Zambien Rainford Kalaba sont également cités parmi les possibles partants. Des départs qui ne sont pas forcément étrangers au climat politique tendu qui règne à Lubumbashi autour de Katumbi, dont la candidature à la prochaine élection présidentielle semble de plus en plus probable.

    Jeune Afrique

  • États-Unis : critiquée pour sa surveillance des musulmans, la police de New York se réforme

    États-Unis : critiquée pour sa surveillance des musulmans, la police de New York se réforme

    Musulman ny-Dans le cadre de la lutte antiterroriste, la police new-yorkaise a annoncé jeudi la mise en place de réformes afin de traiter d’une manière plus équitable les musulmans.

    À New York, la surveillance des musulmans dans le cadre de la lutte antiterroriste a connu de nombreuses dérives. Pour y mettre un terme, la police de New York a annoncé jeudi 7 janvier plusieurs réformes dans le cadre d’un accord négocié avec deux organisations de défense des droits civils. Ces dernières affirmaient que la police stigmatisait certaines communautés religieuses et que certaines activités religieuses et politiques faisaient l’objet d’une surveillance policière injustifiée. Elles évoquaient des mosquées, des bibliothèques, des institutions ou des restaurants.

    Le maire de New York, Bill de Blasio, nommera en consultation avec le chef de la police, un avocat indépendant, qui participera à un comité consultatif au sein de la police. Il sera informé des ouvertures et fermetures d’enquêtes antiterroristes. Les effectifs policiers vont quant à eux recevoir des directives supplémentaires, notamment pour inclure « explicitement la politique de la police contre le profilage religieux ». Les enquêtes préliminaires ne pourront pas durer plus de 18 mois et les enquêtes plus de trois ans.

    « Message fort »

    Du côté des avocats des droits civiques, la nouvelle est accueillie avec satisfaction après plus d’un an de négociations et dont les termes doivent encore être acceptés par un juge. L’association de défense des libertés American Civil Liberties Union (ACLU) a parlé d’un accord « décisif », qui selon Hina Shamsi, directrice des questions de sécurité nationale au sein de l’organisation, introduit « des contraintes nécessaires contre la surveillance discriminatoire et injustifiée des musulmans ». Et d’ajouter : « À une époque d’hystérie rampante et de préjugés antimusulmans dans tout le pays, cet accord avec la plus importante force de police du pays envoie un message fort ».

    Le chef de la police Bill Bratton a, lui, évoqué « le dernier pas dans nos efforts continus pour construire et maintenir la confiance avec la communauté musulmane de la ville et tous les New-Yorkais ».

    Jeune Afrique

  • Groupes armés et autres milices pullulent (encore) dans l’est de la RDC

    Groupes armés et autres milices pullulent (encore) dans l’est de la RDC

    M23 rebels train in the Democratic Republic of the Congo.-Deux ans après la défaite de la rébellion du M23, l’est de la RDC regorge toujours de nombreux groupes armés et milices, pour la plupart fragmentés à la suite de redditions partielles ou d’alliances brisées. Une situation qui ne favorise pas un éventuel retour à la paix.

    Décidément, les bruits de bottes et de kalachnikov ne cessent de se faire entendre dans l’est de la RDC. De l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), qui a mis fin à 32 ans de régime de Mobutu en 1997, au Mouvement du 23-Mars (M23), vaincu fin novembre 2013, les rébellions se succèdent à un rythme effréné dans le Nord et le Sud-Kivu depuis deux décennies.

    À côté de groupes armés plus ou moins structurés, plusieurs autres – souvent sans hiérarchie établie ni objectifs militaires ou politiques bien définis – ont également fait leur apparition au fil des années. On y trouve des milices d’autodéfense ou à caractère ethnique, parfois utilisées comme supplétifs par l’armée (certaines factions Maï-Maï et Raïa Mutumboki notamment), mais aussi des groupes ougandais (Forces démocratiques alliées, ADF), rwandais (Forces de libération du Rwanda, FDLR) ou encore burundais (Forces nationales de libération du Burundi, FNL), voire de micro-milices locales constituées d’au moins 20 combattants.

    Une récente étude publiée fin 2015 par le Groupe de recherche sur le Congo (GEC) a pu identifier les « zones d’influence » de plusieurs groupes armés et milices dans le Nord et le Sud-Kivu, deux ans après la victoire de l’armée congolaise sur le M23. « Au moins 70 groupes armés sont actifs dans l’est de la RDC », affirment les chercheurs Jason K. Stearns et Christoph Vogel qui se fondent essentiellement sur leurs recherches effectuées sur le terrain.

    Quels sont les groupes les plus dangereux ?

    « L’ensemble de ces groupes armés représente moins de danger pour Kinshasa qu’un mouvement armé fort et cohérent comme ce fut le cas du M23 », explique àJeune Afrique Christoph Vogel, l’un des auteurs de l’étude du GEC. « Mais la prolifération de ces groupes armés constitue une source d’insécurité pour les populations locales et aussi un défi opérationnel pour l’armée congolaise », précise le chercheur.

    À l’en croire, les FDLR demeurent « le groupe potentiellement plus dangereux », avec ses combattants estimés entre 1 000 et 2 500 hommes. Incapables depuis 2001 de mener des raids sur le Rwanda d’où ils sont originaires, les combattants des FDLR multiplient des attaques sur le sol congolais à l’instar de celle qui a fait 14 morts dans la nuit de 6 au 7 janvier à Miriki, localité située au nord de Goma.

    « Les miliciens Raïa Mutomboki et Nyatura constituent également une menace majeure » contre le retour de la paix dans l’est de la RDC, souligne Christoph Vogel. Il en est de même des rebelles ougandais de l’ADF, responsables présumés des massacres à répétition dans le territoire de Beni, et des autres milices locales actives dans la même zone. Alors que les insurgés burundais du FNL eux, dirigés par un certain Nzabampema, excellent dans le vol de bétail et multiplient des raids transfrontaliers à partir de leur base située dans la plaine de la Rusisi, selon le rapport du GEC.

    Tendance à la fragmentation

    En deux décennies d’instabilité dans le Nord et le Sud-Kivu, des groupes armés et milices ont de plus en plus tendance à se fragmenter : ils étaient moins de 30 en 2008, ils sont aujourd’hui au moins 70.

    « L’échec ou l’absence des programmes de démobilisation ont provoqué l’éclatement des groupes armés en plusieurs factions », notent les chercheurs du GEC. Un avis partagé par une source onusienne présente dans l’est de la RDC.

    Le processus de paix a forgé une armée congolaise hétéroclite

    Après la fin de la rébellion du M23, trois groupes ou coalitions ont éclaté chacun en deux groupuscules ou plus. C’est le cas des miliciens Nyatura par exemple, ou des Nduma Défense du Congo (NDC), fractionnées en deux branches armées distinctes : NDC rénové du commandant Guidon et NDC/Sheka. Les redditions partielles des combattants et les coalitions brisées ont également fait exploser les Raïa Mutomboki en plusieurs factions (voir la carte ci-dessus).

    Ainsi, « le processus de paix a forgé une armée congolaise hétéroclite constituée d’anciens belligérants », dénonce l’étude. Des « postes juteux » dans l’Est, riche en ressources naturelles, ont souvent été attribués aux ex-chefs rebelles qui déposent les armes. En conséquence : les officiers mécontents de leur situation font défection pour créer des milices armées sur le terrain. Une approche finalement abandonnée par Kinshasa qui semble privilégier désormais « l’intégration au cas par cas » des anciens combattants rebelles.

    Jeune Afrique

  • Ban Ki-moon recommande une nouvelle réduction des effectifs de la Monusco

    Ban Ki-moon recommande une nouvelle réduction des effectifs de la Monusco

    Ban Ki Mun et MONUCla-Dans un rapport rendu public mardi, l’ONU envisage de réduire à nouveau les effectifs de la force des Nations unies en République Démocratique du Congo (Monusco). Une proposition qui sera examinée la semaine prochaine par le Conseil de sécurité.

    Dans un rapport transmis au Conseil de sécurité, daté du 24 décembre et publié le 5 janvier, le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, « recommande une nouvelle réduction de 1700 membres du personnel militaire de la Monusco. Au mois de mars dernier, les effectifs de la mission des Nations unies avaient déjà été réduits de 2000 hommes, sur près de 20 000 soldats autorisés.

    Pour le Secrétaire général, cette nouvelle réduction « pourrait être envisagée sans compromettre la capacité de la Mission de s’acquitter de son mandat de protection des civils, notamment la neutralisation des groupes armés ». Car, à terme, l’objectif reste le même : le « retrait graduel et progressif de la Monusco (…) en évitant une résurgence de l’instabilité ou une reprise du conflit ».

    Renforcer la composante police

    Ban Ki-moon suggère également de renforcer composante police de la Monusco « étant donné qu’il est de plus en plus difficile d’assurer le maintien de l’ordre dans le contexte du processus électoral ».

    À ce titre, le Secrétaire général s’est dit « profondément troublé par la montée des tensions politiques dans le contexte du processus électoral, par l’augmentation du nombre d’incidents en matière de sécurité et par les violations des droits de l’homme qui risquent de déboucher sur des troubles civils et des violences généralisées si des mesures ne sont pas prises pour apaiser les tensions. »

    Des propositions qui seront examinées par le Conseil de sécurité

    Il encourage donc le président Joseph Kabila « à multiplier les contacts avec les parties prenantes, toutes formations politiques confondues, et à engager un dialogue national visant à instaurer un consensus sur le processus électoral en cours« .

    L’ensemble de ces propositions seront examinées la semaine prochaine par le Conseil de sécurité qui doit renouveler le mandat de la mission des Nations unies avant la fin du mois de mars.

    Jeune Afrique

  • Joseph Kabila : 2016 ne se fera pas sans lui

    Joseph Kabila : 2016 ne se fera pas sans lui

    kabila 1-Dresser la liste des personnalités qui marqueront l’Afrique en cette année qui débute est un exercice périlleux, même si les élections, les crises dont l’épilogue se fait attendre ou les événements sportifs et culturels mettront certainement en avant des protagonistes bien connus. Jeune Afrique vous propose une liste non-exhaustive. Parmi eux, Joseph Kabila, président de la RDC.

    « Une énigme enveloppée de mystère », disait de lui Jacques Chirac. À 44 ans, Joseph Kabila cultive plus que jamais sa nature profonde : secrète, imprévisible, déroutante – impénétrable, y compris pour son proche entourage. Où sera-t-il, que fera-t-il dans un an, au terme d’une année 2016 perçue comme celle de tous les dangers dans ce pays-continent de 80 millions d’habitants ? Pour ses opposants, qui n’ont en commun que l’impatience de le voir rendre le pouvoir, en novembre prochain, comme pour la communauté internationale, dont l’unique antienne est le respect des échéances constitutionnelles, il va de soi que le fils du Mzee aura rejoint le rayon des jeunes retraités de l’Histoire.

    Reste que le processus électoral est en panne : calendrier global dépassé, fichier corrompu, insuffisance des moyens financiers, résidus d’insécurité préoccupants dans l’Est et au nord du Katanga – autant de raisons objectives pour souscrire à ce « dialogue national politique inclusif » que Kabila appelle de ses vœux. Regroupés au sein du Front citoyen 2016, les leaders de l’opposition s’y refusent et menacent de recourir à la désobéissance civile – autant dire à l’épreuve de force – pour conjurer tout « glissement » du calendrier. Joseph Kabila, lui, joue la carte du nationalisme, des grands travaux, des forces de sécurité qui lui sont très largement acquises et des Églises du réveil, sans rien dévoiler de ses intentions. Persuadé que, quelle que soit l’issue de l’année qui s’ouvre, elle ne s’écrira pas sans lui, ni contre lui.

    François Soudan

  • «Ils feront l’Afrique en 2016»

    «Ils feront l’Afrique en 2016»

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    Jeune Afrique

  • Les grands rendez-vous électoraux en Afrique en 2016

    Les grands rendez-vous électoraux en Afrique en 2016

    Elections- Un bureau de vote en RDC
    Elections- Un bureau de vote en RDC

    -L’année 2016 s’annonce chargée sur le plan électoral en Afrique. Sortie de crise possible en Centrafrique, troubles sur le calendrier en RDC, succession après les deux mandats constitutionnels du président sortant au Bénin et règne sans fin en Gambie, tour d’horizon des 16 présidentielles à venir.

    Centrafrique : toujours dans l’attente des résultats du premier tour

    Les résultats du premier tour des élections présidentielle et législatives qui s’est tenu le 30 décembre dernier sont toujours en cours de traitement. La mobilisation semble importante pour ce vote dont l’enjeu est immense. De la bonne tenue de ces scrutins dépend la fin d’une crise sans précédent qui a plongé le pays dans trois années de violences. Le dépouillement rencontre quelques difficultés liées à une organisation chaotique. Les premiers résultats très partiels de la présidentielle annoncés samedi 2 janvier donnaient une avance à l’outsider Faustin-Archange Touadéra, ex-Premier ministre de François Bozizé. Lundi 4 janvier, une vingtaine de candidats se sont associés pour dénoncer ce premier tour du scrutin présidentiel et législatif qu’ils ne jugent pas crédible. Ils réclament l’arrêt du processus électoral et une large concertation. Parmi les motifs de contestation, des défaillances logistiques, des problèmes de fraudes et d’irrégularités, disent-ils, qui sont susceptibles de nuire à la représentativité du scrutin. Le second tour a été initialement fixé au 31 janvier.

    Ouganda : Yoweri Museveni bien parti pour rester (18 février)

    Au pouvoir depuis 1986, le président Yoweri Museveni ambitionne de rempiler pour un nouveau mandat de cinq ans. Face à lui, son éternel rival Kizza Besigye, leader du Forum pour le changement démocratique (FDC). Les deux hommes s’opposeront pour la quatrième fois consécutive après les scrutins de 2001, 2006 et 2011. Mais cette fois, un troisième prétendant pourrait venir se mêler au traditionnel bras de fer : l’ancien Premier ministre Amama Mbabazi, passé à l’opposition en 2014. Bien que tous deux soient sur la ligne de départ, Besigye et Mbabazi ont un temps envisagé d’unir leurs forces dans une candidature unique. Le seul moyen d’entretenir le mince espoir de barrer la route à un président sortant qui s’est toujours imposé dès le premier tour. Ils seront au total huit prétendants à la magistrature suprême.

    Niger : Mahamadou Issoufou pas à l’abri de l’alternance ? (21 février)

    Parmi la dizaine de candidats qui ont déposé leur dossier de candidature à la date limite du samedi 2 janvier, on retrouve les quatre personnalités qui dominent la vie politique du Niger depuis des années. Au premier rang desquels, le président sortant Mahamadou Issoufou, bien placé pour conserver son poste face à une opposition minée par les ennuis judiciaires. C’est le cas notamment de l’ancien président du Parlement Hama Amadou, écroué depuis le 14 novembre dernier pour son implication présumée dans une affaire de trafic de bébés. Difficile dans ces conditions de mener sa campagne. Mais l’alternance n’est pas impossible, dans la mesure où elle pourrait bénéficier au chef de file de l’opposition Seïni Oumarou, ainsi qu’à l’ex-chef de l’Etat Mahamane Ousmane. Il s’agira en tout cas d’un scrutin à haut risque après la tentative de coup d’Etat présumée de décembre dernier.

    Bénin : la fin de l’ère Boni Yayi (28 février)

    Changement de tête au Bénin. Elu une première fois en 2006 puis réélu en 2011, le président Thomas Boni Yayi ne peut pas prétendre à un troisième mandat, conformément à la Constitution béninoise. Son Premier ministre depuis juin dernier, Lionel Zinsou, apparaît comme le grand favori pour prendre sa succession. Nouveau venu en politique, ce banquier franco-béninois au profil atypique ne revendique aucune appartenance politique, mais sera bien le candidat du parti au pouvoir. Son plus sérieux adversaire semble être l’homme d’affaires Patrice Talon. C’est la bête noire de l’actuel chef de l’Etat qui l’avait accusé d’empoisonnement en 2012 et de tentative de coup d’Etat l’année suivante. D’autres concurrents tels qu’Abdoulaye Bio Tchané, Pascal Koupaki, Robert Gbian ou encore Léhady Soglo, ne sont pas non plus à classer dans la catégorie des figurants.

     

    Le Béninois Thomas Boni Yayi cèdera sa place en février prochain. © © AFP PHOTO / POOL / MUJAHID SAFODIEN

    Pléthore de candidats aux Comores (21 février)

    Ils seront 25 postulants à prendre part au prochain scrutin présidentiel. En vertu d’un système de présidence tournante entre les îles de l’archipel (Anjouan, Grande-Comore, Mohéli), le président en poste Ikililou Dhoinine ne peut pas se représenter et son successeur sera forcément originaire de la Grande-Comore. Les trois candidats arrivés en tête à l’issue du premier tour participeront au second qui se tiendra le 18 avril. Contrairement à ce qui avait été annoncé par le ministère de l’Intérieur il y a six mois, les Comoriens résidant à l’étranger ne pourront pas voter, « pour des raisons techniques », a justifié le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) Ahmed Mohamed Djaza.

    Congo-Brazzaville : Denis Sassou-Nguesso s’est préparé le terrain (20 mars)

    D’abord prévue en juillet 2016, la présidentielle a été avancée par le président Denis Sassou-Nguesso au premier trimestre de l’année. En faisant récemment adopter aux forceps une nouvelle Constitution, l’actuel dirigeant, qui a déjà passé plus de trente ans à la tête du pays, a fait sauter tous les verrous (limite d’âge des candidats et du nombre de mandats) l’empêchant de briguer un troisième mandat. Et même s’il n’a pas encore officiellement annoncé sa candidature, son intention de se maintenir au pouvoir est claire aux yeux d’une opposition impuissante, malgré la forte mobilisation contre le projet de réforme constitutionnelle.

    Tchad : la biométrie au secours de l’alternance ? (Fin du premier trimestre)

    L’alternance à la tête du Tchad n’est pas qu’une chimère. L’opposition, notamment incarnée par Saleh Kebzabo, président de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR) et Ngarléjy Yorongar, le patron de la Fédération action pour la République (FAR), a placé ses espoirs dans la biométrie, un système censé permettre de lutter contre la fraude électorale. Elle parie également sur l’usure d’Idriss Déby Itno, en place depuis 1990. Un pari loin d’être gagné face à un dirigeant habitué à être réélu dès le premier tour.

    Le président tchadien Idriss Déby devant le palais de l’Elysée à Paris, le 5 octobre 2015. © AFP PHOTO / STEPHANE DE SAKUTIN

    Djibouti : l’opposition menace de boycotter le scrutin (avril)

    Modifiée en 2010, la Constitution permet au président de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, de se présenter pour un quatrième mandat en avril prochain. Aux manettes depuis 1999, sa reconduction paraît acquise d’avance. D’autant que l’Union pour le salut national (USN), la coalition de sept partis d’opposition, désabusée par l’absence de dialogue avec le pouvoir, menace de boycotter l’élection. La perspective d’un scrutin serein est encore plus illusoire après les violences de décembre dernier qui ont conduit à l’arrestation de plusieurs membres de l’opposition.

    São Tomé et Principe : le Premier ministre Patrice Trovoada n’est pas candidat (juillet)

    Dans une grande interview bilan de son action de 12 mois à la tête du gouvernement, accordée le 29 décembre à la radio et télévision publique du pays, Patrice Trovoada met fin aux spéculations : il ne sera pas candidat à la présidentielle de 2016. Il ne souhaite pas renoncer à ses responsabilités de chef de gouvernement, a-t-il déclaré. « Je ne renoncerai à mes responsabilités que si je trouve quelqu’un, au sein de l’ADI, capable de prendre la relève », confiait-il déjà en février dernier à Jeune Afrique. Le leader de l’Action démocratique indépendante (ADI) avait été chassé du pouvoir en 2012 avant de faire un retour en force lors des législatives de 2014. L’actuel chef de l’Etat Manuel Pinto da Costa (79 ans), premier président après l’indépendance pendant quinze ans de régime de parti unique (1975-1991), est revenu au pouvoir vingt ans après par la voie des urnes en septembre 2011. Il aura la possibilité de se présenter à sa propre succession.

    Gabon : Ali Bongo remet de l’ordre dans sa majorité (août)

    En remaniant son gouvernement en septembre dernier, Ali Bongo s’était constitué une équipe censée lui assurer sa réélection. Mais quelques désertions sont venues gripper la machine à gagner. Notamment celle de Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, figure de l’opposition, qui, aussitôt recruté, a fait défection. Le fils d’Omar Bongo devra donc remettre de l’ordre dans sa turbulente majorité s’il veut tuer dans l’œuf les velléités d’alternance d’une opposition menée par l’ancien président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, et dopée par la crise pétrolière.

    Ali Bongo. © PHOTO/POOL/BART MAAT

    Cap-Vert : la fin de la cohabitation ? (date non déterminée)

    Le président Jorge Carlos Fonseca attendra sans doute les résultats des législatives pour se prononcer sur son intention ou non de briguer un second mandat. Lors de ce premier scrutin, le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV) tentera de conserver la majorité face à la formation du président, le Mouvement pour la démocratie (MPD). Le PAICV tentera ensuite lors de la présidentielle de porter l’actuel Premier ministre José Maria Neves aux responsabilités et ainsi mettre fin à la cohabitation.

    Zambie : retour aux urnes 20 mois après la dernière présidentielle (11 août)

    Il y a bientôt un an, les Zambiens élisaient Edgar Lungu pour achever le mandat de Michael Sata décédé en cours de magistrature. En septembre prochain, les électeurs seront rappelés aux urnes pour désigner leur président ainsi que leurs députés.

    Guinée équatoriale : Teodoro Obiang pas près de bouger

    Ni l’affaire des présumés « biens mal acquis » qui vise notamment son fils, ni les accusations d’assassinats politiques et surtout pas la faible opposition ne semblent en mesure d’empêcher Teodoro Obiang Nguema de conserver les rênes du pouvoir. Un règne sans partage qui dure depuis trente-six ans, un record pour les chefs d’Etat africains en exercice.

    Gambie : une parodie d’élection orchestrée par Yahya Jammeh (1er décembre)

    Le 14 janvier prochain devrait démarrer la mise à jour des listes électorales en vue du scrutin présidentiel de la fin d’année. Une précaution qui paraît superflue, alors qu’il ne fait aucun doute que le fantasque et autocrate président gambien Yahya Jammeh sera reconduit à l’issue de la consultation. A pas encore 50 ans, le dictateur – au pouvoir depuis plus de vingt ans – entamera son cinquième mandat.

    RDC : Joseph Kabila joue-t-il la montre ? (date incertaine)

    L’incertitude règne en République démocratique du Congo alors qu’une dizaine de scrutins, dont la présidentielle, doivent avoir lieu en 2016. Le président Joseph Kabila doit théoriquement céder son poste en décembre prochain et n’a pas le droit de soumettre à nouveau sa candidature après ses deux mandats. Le chef de l’Etat a annoncé la tenue d’un « dialogue national » afin de garantir des « élections apaisées ». Il plaide également pour l’organisation d’un recensement général qui prendrait entre deux et quatre ans. Ses adversaires y voient un « piège », une manœuvre visant à prolonger son règne en retardant les élections.

    Le chef de l’Etat congolais Joseph Kabila ne semble pas prêt à lâcher le pouvoir. © AFP PHOTO / CARL DE SOUZA

    Ghana : un remake de 2012 ? (date non déterminée)

    Sans surprise, le président ghanéen John Dramani Mahama a été désigné en novembre dernier par son parti, le Congrès démocratique national (NDC), pour être candidat à sa succession. En 2012, il l’avait emporté de justesse sur Nana Akufo Addo, patron du Nouveau parti patriotique (NPP), la principale formation d’opposition. C’est un duel similaire qui s’annonce en 2016. Le candidat sortant aura fort à faire pour défendre un bilan plombé par le ralentissement de la croissance économique du pays et l’accroissement de la dette.

    Carte intéractive:

     

    RFI

  • Election présidentielle: le grand défi de Kabila»

    Election présidentielle: le grand défi de Kabila»

    Kabila-Les quotidiens de Kinshasa reviennent sur les défis  auxquels doit faire face la RDC en 2016, l’adhésion de Moïse Katumbi à l’opposition  et les manifestations organisées à l’occasion de la commémoration de la journée consacrée aux  martyrs de l’indépendance.
    Le Phare fait de l’élection présidentielle en 2016 le principal défi que doit relever le président de la RDC. Le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, a adressé à ses compatriotes trois messages successifs avant la fin de l’année 2015 : le 28 novembre, le 14 et le 31 décembre. A chacune de ces occasions, il a parlé de tout, sauf de ce qui préoccupe la majorité d’entre eux : l’élection présidentielle, qui devrait marquer l’expiration de son second mandat à la tête du pays, fait remarquer le quotidien.

    Même si  le dialogue s’affiche comme un défi politique majeur mais l’équivoque que les forces politiques et sociales acquises à l’alternance au sommet de l’Etat voudraient le voir levée, poursuit le quotidien kinois, c’est celle relative à son avenir politique, qui passe par les élections.
    «Moïse Katumbi s’affiche désormais opposant », titre La prospérité. « Je n’ai rejoint aucun parti politique d’opposition, je n’ai pas créé un parti politique d’opposition », a-t-il fait savoir, en précisant toutefois être membre du «Front citoyen2016 », une plateforme politique qui regroupe beaucoup de partis politiques de l’opposition et qui milite, cette plateforme, pour le respect strict de la Constitution, renseigne le journal.
    Par ailleurs, face aux enjeux électoraux qui se profilent à l’horizon, Moïse Katumbi, acteur politique, soutient qu’il appartient à l’opposition de se préparer et d’envisager une candidature unique à la présidentielle de cette année 2016.
    Le phare, qui commente aussi cette actualité, indique que  Moïse Katumbi, a franchi le Rubicon en clamant tout haut ce que tout le monde chuchotait tout bas depuis quelque temps, à savoir : sa rupture définitive avec le régime au pouvoir et son entrée dans l’opposition.  Pour ce quotidien kinois, les signes avant-coureurs de ce revirement étaient visibles depuis ses déplacements en Europe où il a eu à s’entretenir à deux reprises avec Etienne Tshisekedi, et la présence de ses délégués aux différentes manifestations organisées le tour à tour par le G7 et du Front Citoyen2016 contre le dialogue, le glissement et la révision constitutionnelle.
    Congo Nouveau consacre certaines pages à la création, par l’opposition congolaise, d’une nouvelle plate-forme dénommée : «Front des démocrates».  Ce regroupement  des sept partis et personnalités de l’opposition a pour objectif de mettre en commun des forces en vue de prochaines élections, se rassembler autour des valeurs prônées par l’opposition politique et forces vives  pro-alternance politique et adopter des positions communes  face aux enjeux de l’heure, renseigne le trihebdomadaire.
    La prospérité revient sur la commémoration de la journée des Martyrs de l’indépendance et l’appel pro-dialogue d’Henri Mova, secrétaire général du PPRD, au peuple congolais. Il  trouve beaucoup de similitudes entre la situation de 1959 et les enjeux auxquels doit faire face la RDC, 57 ans plus tard. Il note que le combat de la pleine autodétermination bat encore son plein.
    Le souvenir du martyre enduré par les héros du 4 janvier 1959 devrait, de l’avis de Mova,  appeler à plus de sens de responsabilité.  Surtout en ce moment où la jeune démocratie congolaise négocie un tournant historique de grande envergure avec des échéances électorales prochaines. D’où la nécessité d’aller au dialogue, rapporte le quotidien kinois.

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