Author: Don Kayembe

  • Video: Hommage au Me Gerard Kamanda wa Kamanda

    Video: Hommage au Me Gerard Kamanda wa Kamanda

    Gérard Kamanda wa Kamanda est mort la nuit de mercredi à jeudi 21 janvier à Kinshasa dans la formation médicale Médecin de nuit, où il était admis depuis plus de trois semaines pour des soins de santé.
    Né en 1940, Gérard Kamanda wa Kamanda a été ministre des Affaires étrangère de l’ex-Zaïre à trois reprises en 1983, de 1995 à 1996 et de 1996 à 1997.

    Dans le Gouvernement de transition issu des accords de Sun City en Afrique du Sud, Gérard Kamanda wa Kamanda a occupé le poste du ministre de la Recherche scientifique.

  • NBA: Le Congolais Biyombo “Profiter seul de sa réussite est un échec”

    NBA: Le Congolais Biyombo “Profiter seul de sa réussite est un échec”

    Biyombo-Du haut de ses 2,06 mètres, le natif de Lubumbashi fait partie des jeunes joueurs africains qui font le plus parler d’eux dans la NBA, la principale ligue de basket-ball en Amérique du nord.

    “Début et carrière professionnelle”

    Bismack Biyombo Sumba a débuté sa carrière dans son pays natal. Il se souvient de l’époque où il n’avait pas des chaussures appropriées pour pratiquer le sport.

    Mais cela ne l’a pas empêché de rêver grand.

    Comme la plupart des gamins désireux d’exceller dans ce sport, il voulait jouer un jour en NBA.

    Il lui a toutefois fallu quelques années pour que ses rêvés deviennent réalité.

    Il avait 16 ans quand il a été repéré au cours d’un tournoi au Yémen par Mario Palma, ancien entraineur de l’Angola et de la Jordanie.

    Le congolais évolue d’abord en troisième, puis en première division espagnole.

    Bismack Biyombo rejoint par la suite la NBA et après avoir joué pour les Charlotte et signe en 2015 un contrat avec les Toronto Raptors.

    ” A l’aise à Toronto comme dans les Airs “

    ” Mon adaptation se passe très bien ” nous confie Bismack Biyombo, qui rappelle que l’ambition de son équipe est de gagner la NBA.

    L’équipe de Tonronto est actuellement deuxième de la conférence Est.

    L’équipe est en train de bien jouer, les choses marchent bien pour moi-même et pour l’équipe et nous avons des joueurs talentueux pour y arriver » se réjouit Bismack Biyombo.

    ” Profiter seul de sa réussite est un échec “

    Malgré son jeune âge, 23ans, le basketteur pense redonner aux autres ce que le basket lui a donné.

    Le pivot des Toronto Raptors estime que les africains qui réussissent à atteindre un niveau aussi élevé doivent aussi s’impliquer dans le développement du basket sur le continent.

    Il aime reprendre une phrase d’un de ses ” aînés “.

    ” Si les gens disent que vous êtes le seul de votre pays à avoir réussi et si vous n’aidez pas d’autres personnes à atteindre votre niveau au plus, c’est un échec. ”

    Pour Bismack Biyombo, d’autres basketteurs africains qui ont réussi dans la NBA doivent aider les autres surtout les jeunes sur le continent à développer leur talents et à atteindre eux aussi le haut niveau.

    “Les jeunes sont fatigués des promesses, il faut des actions concrètes afin de permettre à l’Afrique d’aller de l’avant ” , a martelé le Luchois.

    Depuis l’année dernière, le pivot des Toronto Raptors organise des camps d’entraînement regroupant des jeunes de Kinshasa, Lubumbashi, Goma, trois villes de la RDC (son pays d’origine).

    Il explique, entre autres, que le choix de Goma est de donner une image positive de cette région différente de celle projetée tout le temps par les media.

    L’objectif, selon le basketteur congolais est d’entraîner ces jeunes et de leur offrir des équipements.

    En effet, l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a été touché par des conflits armés et des rebellions.

    Bismack Biyombo se rappelle “quand j’ai commencé par jouer, je ne pouvais pas m’acheter de chaussures neuves “.

    Pour lui c’est important d’inspirer et de donner un meilleur avenir à ces jeunes, qui pour certains, sont des enfants de la rue.

    (BBC)

  • Quinze ans après sa mort, quel est l’héritage de Kabila père

    Quinze ans après sa mort, quel est l’héritage de Kabila père

    L. Kabila-Il y a 15 ans jour pour jour, les Congolais apprenaient la mort de Laurent-Désiré Kabila, assassiné, le 16 janvier 2001 par l’un de ses gardes rapprochés. Le choc est tel que les autorités mettent deux jours à confirmer officiellement la nouvelle. Son arrivée à la tête du Zaïre, 4 ans plus tôt avec l’aide du voisin rwandais, avait soulevé un immense espoir. Il était alors vu comme le « tombeur » du dictateur Mobutu Sese Seko. Aussitôt, il change d’ailleurs l’hymne national et redonne au pays son nom de République démocratique du Congo comme pour refermer symboliquement la longue parenthèse mobutiste. Mais finalement, quinze ans plus tard, que reste-t-il de son héritage ?

    Il se faisait appeler « le soldat du peuple » et aujourd’hui encore une partie des Congolais se souvient de Laurent-Désiré Kabila comme d’un « libérateur », celui qui a débarrassé le Congo du joug de la dictature de Mobutu d’abord puis s’est ensuite battu pour l’intégrité du pays. Un « nationaliste » dont la devise est encore visible dans les rues de Kinshasa, placardée sur des affiches à son effigie : « Ne jamais trahir le Congo ».

    « Dans toutes ses attitudes, tous ses discours, tous ses actes », se souvient un habitant de Kinshasa, « on sentait bien qu’il voulait vraiment que le Congolais soit indépendant et libre ». Libre, et aussi responsable de son destin renchérit cet autre habitant. « C’était un apôtre de l’auto-prise en charge du Congolais. Le Congolais doit se prendre en charge, ne pas attendre que son bien-être lui soit apporté par l’extérieur. Nous avons tout ici pour nous développer », reprend le kinois.

    Quinze ans plus tard, le kabilisme de Laurent-Désiré est toujours présent à travers le parti PK, les Patriotes kabilistes, mais il pèse peu sur l’échiquier politique. Le PK n’est pas représenté à l’Assemblée et n’est présent que dans 5 provinces sur 11. Quant à son président, Mwenze Kongolo, ex-ministre de la Justice sous Laurent-Désiré Kabila, il milite désormais dans l’opposition – il a récemment rejoint le Front citoyen – car il reproche à l’actuel président Joseph Kabila de n’avoir pas su entretenir « l’espoir qui était né » de son arrivée au pouvoir ni préserver ses réalisations, par exemple « le service national », qui était, selon lui, « un service très important parce qu’il donnait de l’espoir aux jeunes gens désœuvrés ». Ou encore, « le projet des cantines populaires, (dans lequel) le gouvernement vendait (de la nourriture) moins cher. Tout ça, déplore-t-il, n’a pas été entretenu du tout. Tout cela a été cassé. C’est ça notre lutte ».

    Bilan mitigé

    Pourtant, lorsque l’on interroge les historiens, le bilan qu’ils dressent des quatre petites années que Laurent-Désiré Kabila passe à la tête du pays est plus que mitigé. Filip Reyntens, professeur à l’université d’Anvers en Belgique, parle même d’un héritage « désastreux ». Et c’est peu dire à l’en croire que les espoirs de changement soulevés par le départ de Mobutu ont été rapidement déçus : « Le système qui a été mis en place était un profondément anti-démocratique, peu transparent et je pense que le système l’est resté jusqu’à aujourd’hui ».

    « Il est vrai, nuance Filip Reyntens, qu’à son arrivée au pouvoir en 1997, Laurent-Désiré Kabila trouve un Etat déliquescent, mais il n’a pas su commencer à reconstruire un minimum d’Etat. C’est peut-être compréhensible, poursuit-il, compte tenu de son passé. Un passé au maquis. Il n’a jamais pendant ce passé géré un Etat, ne savait probablement pas comment fonctionne un Etat et il a géré le Congo comme son maquis, tel qu’il l’a pratiqué fin des années 60 et début des années 70 ».

    Résultat : économiquement aussi bien que politiquement, pendant les 4 années où Laurent-Désiré Kabila est au pouvoir, la situation n’a fait qu’« empirer ».

    Avant la deuxième guerre du Congo

    En arrivant, il avait pourtant de bonnes intentions, estime le chercheur en sciences sociales Anicet Mobe. Il est imprégné d’idéaux marxistes, mais très vite, explique-t-il, il se heurte à l’appétit de ses parrains, autrement dit des pays qui lui ont permis de prendre les rênes du pays. « Les conditions dans lesquelles il a accédé au pouvoir ont d’emblée hypothéqué à la fois son engagement nationaliste et aussi ses choix économiques, estime Anicet Mobe parce que dès le départ, il a été obligé des contrats faramineux avec certaines sociétés minières anglo-saxonnes. Et surtout, par rapport à des pays comme le Rwanda et l’Ouganda ce n’était pas tellement des contrats en bonne et due forme, mais c’était surtout, le pillage systématique des ressources économiques au Congo ».

    Paradoxalement, Laurent-Désiré Kabila reste pourtant dans le cœur des Congolais comme celui qui a finalement dit « non » à la tutelle du voisin rwandais. Un revirement, qui, pensent certains, lui aurait peut-être coûté la vie. Et qui en tout cas a été l’élément déclencheur de la deuxième guerre du Congo. Une guerre dévastatrice, qui déstabilise profondément et pour longtemps l’est de la RDC et qui n’empêche pas, bien au contraire, le pillage des ressources du pays par ses voisins de se poursuivre par l’intermédiaire de nombreux groupes armés dont une partie sévit encore aujourd’hui.

  • Sénégal: vers la réduction du mandat du président Macky Sall?

    Sénégal: vers la réduction du mandat du président Macky Sall?

    Le président sénégalais Macky Sall - AFP
    Le président sénégalais Macky Sall –
    AFP

    -Au Sénégal, le président Macky Sall avait abordé la question de la révision de la Constitution lors de ces vœux le 31 décembre, et notamment la réduction de son mandat en cours de sept à cinq ans. Le débat politique est permanent sur cette question et ce projet de révision a été diffusé ce dimanche soir. L’objectif affiché par le chef de l’Etat est de renforcer la démocratie sénégalaise. Au total, ce sont quinze mesures qui sont proposées.

    Bien évidemment, l’article le plus important de ce projet de révision concerne la durée du mandat en cours du chef de l’Etat. Passer de sept à cinq ans était une des promesses phares du candidat Macky Sall. Voilà désormais la proposition de l’article 27 remanié : « La durée du mandat du président est de cinq ans. Cette disposition s’applique au mandat en cours. Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ». A l’image de la disposition prise par la transition au Burkina, il est ajouté : « Cet article ne peut faire l’objet de révision ». En cas de validation, l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel direct avec la majorité absolue ne pourra pas non plus être révisée. Le chef de l’état devra également avoir moins de 75 ans le jour du scrutin.

    Contrôle du gouvernement

    Autre point revu, la volonté d’un contrôle de l’action gouvernementale par l’Assemblée nationale. Ce sont les projets d’articles 81, 85 et 86 de la Constitution. En cas de validation, il est prévu que les ministres pourront être entendus à tout moment par l’Assemblée nationale. Concernant les propositions sur les droits et les devoirs des citoyens, c’est l’article 25 et le droit à un environnement sain, l’obligation de s’acquitter de ses obligations fiscales y sont notamment clairement définis.

    Un référendum ?

    Ce projet de révision doit désormais être soumis au Conseil constitutionnel. La validation ou non engagera la suite du processus qui pourrait aboutir à un référendum.

    (RFI)

  • Manifestation de commémoration de la répression de janvier 2015 empêchée A Kinshasa ,pas dans les provinces

    Manifestation de commémoration de la répression de janvier 2015 empêchée A Kinshasa ,pas dans les provinces

    police-51–Des manifestations appelées par l’opposition en commémoration des émeutes de 2015 contre une tentative de modifier de la loi électorale ont eu lieu dans différentes provinces, mais la police les a empêché de se tenir dans la capitale congolaise.

    A Kinshasa, l’opposition dénonce l’arrestation dplusieurs personnes mardi dans différents endroits où des conférences et des cultes devaient avoir lieu.

    Le Front citoyen, une plate-forme composée des acteurs de l’opposition et de la société civile, dénonce l’enlèvement et l’interpellation de certains de ses membres. Selon l’opposant Martin Fayulu, les acteurs et sympathisants du front citoyen voulaient célébrer la mémoire des victimes des manifestations du 19 janvier 2015. Il parle d’une centaine des cas d’arrestations.

    “On a commencé par enlever nos militants… On est parti intimider les prêtres… on a arrêté même des particuliers auprès de qui nous avions loué des salles pour animer nos conférences-débat”, se plaint M. Fayulu.

    Martin Fayulu au micro de Radio Top Congo


    Selon Jean-Lucien Mbusa, modérateur de la plate-forme la Dynamique de l’opposition, les forces de sécurité ont occupé les lieux depuis très tôt dans la matinée et ont empêché tout rassemblement, arrêtant des manifestants qui s’obstinaient à y rester.

    Une autre figure de l’opposition, Vital Kamerhe, soutient, lui, avoir demandé à ses partisans de ne pas céder à la provocation de la police qui avait fait irruption dans la salle où il devait tenir une conférence à Kinshasa.

    L’Inspecteur général de la police, le général Célestin Kanyama, a, pour sa part, démenti sur Radio Okapi toute action de la police contre des manifestants à Kinshasa.

    L’AFP estime par ailleurs à près de 5.000, les personnes qui ont pu manifester dans les provinces de l’Est.

    Le plus grand rassemblement de la journée a eu lieu à Bukavu, fief du troisième parti d’opposition, l’Union pour la Nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe, où les manifestants se sont rassemblés sur une place pour écouter divers orateurs venus dire “non” à un “troisième mandat” du président Joseph Kabila et exiger la tenue de la présidentielle en 2016, comme prévu par la Constitution.

    A Goma, capitale du Nord-Kivu (est), environ 400 personnes ont manifesté contre le pouvoir dans le calme, selon un autre journaliste de l’AFP.

    A Lubumbashi (sud-est), deuxième ville du pays, l’armée a dispersé à la mi-journée quelques 300 personnes réunies à l’appel de l’opposition pour prier dans la rue pour les quelques dizaines de personnes tuées entre le 19 et le 22 janvier 2015 lors de violences provoquées par l’examen au Parlement d’un projet de loi électorale contesté.

    Un correspondant de l’AFP qui couvrait cette manifestation et un journaliste de Radio Okapi (la radio de l’ONU en RDC) ont été molestés par des soldats et retenus pendant plusieurs heures avant d’être relâchés.

    L’opposition a appelé ces manifestations pour commémorer les émeutes qui ont lieu un an plus tôt, opposées à des tentatives de modifier la loi électorale et la Constitution.  Quarante personnes étaient tuées au cours ces violences de 2015.

    VOA

  • Est-ce la diaspora qui sauvera le Congo ou l’inverse ?

    Est-ce la diaspora qui sauvera le Congo ou l’inverse ?

    Kinshasa-« Ah, mais c’est très bien, vous êtes rentré au pays. C’est courageux de votre part. La diaspora sauvera le Congo, j’en suis convaincu. Avec des gens comme vous ! ». Depuis des mois, j’entends des phrases de ce type.

    On me les assène à longueur de temps, à tous propos. Je n’ai jamais su comment réagir tant cette assertion est gênante. Elle me met et m’a toujours mis mal-à-l’aise. À force, j’ai commencé à y penser, y réfléchir et chercher l’origine de cette gêne. Congolais de la diaspora, qu’ai-je réellement à apporter à ce pays qui soit si flagrant ? En méditant cette question finalement mal posée, une idée renversant son postulat m’est simplement venue – véritablement évidente, elle : c’est le Congo qui m’apporte quelque chose. Esquissé à gros traits, ce pays m’offre ce que je n’ai encore jamais eu : une histoire commune, une aventure collective, une appartenance, une identité, un clan, des racines profondes, une place, du sens.

    On me parle du Congo depuis ma naissance. On me l’a expliqué en long et en large, décrit, raconté. On m’a dit que j’étais un fils du Kongo. Ce pays, je l’ai imaginé avec un affect sentimental extrêmement puissant. Ces graines semées depuis ma plus prime jeunesse dans le tréfonds de mon âme germent, éclosent et s’épanouissent depuis mon retour. C’est une seconde naissance, consciente celle-ci. En ce sens, j’ai toujours cultivé une profonde humilité à l’égard de ce pays, de sa population si diverse et, dès lors, n’ai aucunement la prétention de donner de leçons ni d’avoir grand-chose à apporter en propre.

    Cette diaspora congolaise qui rentre chez elle, je la fréquente.

    Fabien, 29 ans : « J’ai grandi à Paris. Je suis rentré pour mon père. Mon frère travaille à New-York et n’a pas l’intention de vivre en Afrique. Ma mère et ma sœur vivent au Canada et viennent ici en vacances. Mes parents sont séparés. J’étais le seul à pouvoir continuer les affaires de mon père qui s’est remarié. Je m’ennuyais à Paname. Et toi, c’est quoi ton histoire ? » ; Apolline, 30 ans : « Je bossais à Londres et suis sortie avec un mec qui voulait rentrer travailler au Congo. Je l’ai suivi. Je ne sais pas ce que je ferai les prochaines années mais je rentrerai vivre en Belgique à un moment. Et toi, c’est quoi ton histoire ? » ; Steve, 28 ans : « J’ai étudié et vécu à Londres. Je suis du Katanga utile. J’ai toujours gardé la nationalité et voulais rentrer au pays. Il y a tellement de choses à faire ici. Pourquoi pas Kin ? C’est une ville un peu agitée pour un Katangais mais comme j’ai vécu à Londres, je n’ai aucun problème. Et toi, c’est quoi ton histoire ? ».

    La diaspora est d’abord et avant tout le récit d’un déracinement, d’une coupure, d’une déchirure

    Diane, Paul, Mambo, Jean … autant d’histoires différentes mais, au fond, si proches, similaires. Elles sont les déclinaisons d’un même phénomène, le déracinement. La diaspora est d’abord et avant tout le récit d’un déracinement, d’une coupure, d’une déchirure. Ce phénomène est violent, douloureux. Qu’on l’ait choisi ou qu’on en soit le fruit. Les uns le vivent mieux que les autres. Se sentir étranger dans le pays où on est né, on a grandi, vécu ses premières émotions, ses premiers émerveillements ; connu ses premières désillusions, ses premiers chagrins ; noué ses amitiés les plus intenses est un paradoxe d’une profondeur insondable. Etre un étranger dans le pays qui vous a façonné est invinciblement incompréhensible pour qui ne l’a vécu.

    Toutes ces histoires, tous ces destins diasporiques créent certes une intimité particulière mais une rivalité aussi. Nous jouons dans la même division. Certains connaissent bien le Congo d’autres moins ou pas du tout. Ensuite, ce retour, nous le vivons chacun à sa manière. Les raisons qui nous ont poussés à rentrer sont diverses. Les uns galéraient en Europe ou en Amérique durant leurs études, ne trouvaient pas de travail ou l’avaient perdu.

    Rentrer est l’occasion de se refaire, de changer de quotidien, de fuir un continent en mal d’idéal

    Rentrer est l’occasion de se refaire, de changer de quotidien, de fuir un continent en mal d’idéal. D’autres y voient l’accomplissement d’une quête existentielle, un devoir filial, la réintégration d’une lignée ancestrale, la réappropriation d’un héritage. D’autres encore, opportunistes assumés, sautent sur l’occasion de s’en mettre plein les poches et mener grand train. Souvent, c’est un savant mélange de tout cela. Irréductibles, indéfinissables, tels sont les motifs qui président à un tel choix. Le constat est pourtant le même : comment s’intégrer, se réintégrer à cette complexe société congolaise qui, elle-même, nous considère comme des étrangers ?

    « Diaspourrie »

    Les congolais de RDC, ceux du cru, ne sont pas de fervents admirateurs de cette diaspora. Ils ne l’apprécient pas. Ils la voient revenir – pour eux arriver – et accéder plus rapidement à des postes pour lesquels, malgré leurs dix, quinze années d’expérience, on n’aurait jamais pensé à eux. Les vicissitudes du pays, la diaspora ne les a, en général, pas subies ou justement fuies. Les affres de la guerre, les pillages, les viols, les millions de morts, elle en a pris connaissance en lisant les dossiers spéciaux consacrés à la RDC du Monde diplomatique ou par la famille restée au pays. On peut comprendre qu’ils l’aient mauvaise de voir ce retour – pas si noble ou désintéressé – de cette diaspora prétendument providentielle dont on n’arrête pas de leur tympaniser les oreilles. Ce qui se construit, c’est un Congo sans ou malgré eux. Ils s’en sont juste rendu compte. Ces Congolais qui la détestent ou la jalousent, je les comprends finalement. Ils l’appellent la diaspourrie.

    Indéniablement, l’image qu’elle véhicule est celle d’une caste fermée, d’un monde vivant reclus dans la République de la Gombe, à Ma Campagne, à Mont Fleury, à UTEX. Catholique, elle fréquente les mêmes églises qui, le dimanche, rassemblent le bottin mondain de la capitale. C’est la foire aux vanités. Une arène de fauves aussi. L’apparence et un matérialisme hallucinant y règnent en maître absolu dans ce pays où une telle pauvreté a pignon sur rue. Sans filtre, cru, brut de décoffrage, le contraste violent qui en découle laisse incrédule. Arrogante, vaine, imbue d’elle-même, elle singe les Belges d’hier, les grands du monde d’aujourd’hui. Pourtant, cette indécence n’est pas l’apanage de Kinshasa ni du Congo. Cette diaspora se décline et ne peut tout uniment, indistinctement être clouée au pilori. Laissons-lui, laissez-nous le bénéfice du doute.

    Envisagés plus largement, l’uniformisation, l’abrutissement à marche forcée des différentes sociétés et cultures, finalement, c’est la diaspora – d’où qu’elle vienne – qui en est le principal vecteur. Celle-ci tient le rôle de métastases dans ce cancer mondial qui n’en finit pas de tuer les particularismes, les identités noyés dans une humanité conceptuelle bien abstraite alors qu’il existe des peuples et des hommes bien réels, eux.

    « C’est la diaspora qui sauvera le Congo » n’ont-ils de cesse d’asséner. Sans doute est-ce pour toutes ces raisons que je ne peux plus les entendre, les phrases de ce type. Elles auront cependant eu le mérite d’éclairer l’imposture dans laquelle, pour l’instant, je me trouve.

    Jeune Afrique
    (par Philippe-Alexandre Sondj Mulanza Kating )
    D’origine congolaise, Philippe-Alexandre Sondj Mulanza Kating est né et a grandi à Bruxelles. Depuis un peu plus d’une année, il a décidé de rentrer s’installer à Kinshasa où il travaille et vit désormais.
  • Dossier transport maritime : ces futurs ports qui changeront la donne en Afrique

    Dossier transport maritime : ces futurs ports qui changeront la donne en Afrique

    Port de Matadi-Entre sites traditionnels et plateformes de transbordement, un nouveau réseau d’interfaces émerge. Leur but : connecter l’intérieur des terres à la mer.

    Tanger, Djibouti, Le Cap, Alexandrie, Dakar… Noms quasi mythiques pour les marins et ports historiques de l’Afrique. Remplacés par Badagry, Lamu, Nqura… De simples quais de pêche jetés le long des côtes mais appelés à tenir demain le rôle d’interfaces portuaires pour le continent. Dans le sillage des porte-conteneurs, toujours plus gros et toujours plus nombreux à remonter les côtes africaines, se redessine la carte maritime du continent. Et c’est presque dans une course contre la montre que s’est lancée l’Afrique depuis cinq ans pour réaliser son « rattrapage portuaire », selon l’expression des spécialistes.

    50 milliards de dollars

    Entre l’inauguration du port de Tanger Med, en 2007, et la réception des premières installations programmées pour 2017 à Lamu, sur la partie nord du littoral kényan, plus d’une cinquantaine de milliards de dollars (plus de 40 milliards d’euros) auront été investis pour que l’Afrique s’équipe à son tour « des terminaux ultramodernes et entièrement automatisés qui ont vu le jour en Asie et en Europe », explique François-Xavier Delenclos, vice-président chargé du développement chez l’opérateur danois APM Terminals (APMT).

    Entre 2007 et 2017, plus d’une cinquantaine de milliards de dollars auront été investis pour que l’Afrique s’équipe à son tour de terminaux ultramodernes et entièrement automatisés.

    L’Afrique ne représente toujours que 5 % du commerce maritime mondial et moins de 2 % du trafic conteneurisé de la planète, mais les volumes traités ont été multipliés par quatre, en ligne avec la croissance économique du continent, elle-même stimulée par les échanges avec l’Asie.

    Une première remise à niveau des quais a donc eu lieu durant la dernière décennie, dans la foulée des contrats de mise en concession signés entre les autorités portuaires publiques et les opérateurs privés internationaux, alléchés par les 7 % de croissance annuelle affichés depuis quinze ans par les trafics maritimes africains en tout genre.

    De Dakar à Luanda, chaque port y va de son projet de développement, et les portiques fleurissent le long du golfe de Guinée. Dans le même temps, les côtes africaines s’équipent de leurs premiers ports de transbordement, spécialisés dans l’éclatement et la redistribution des flux de marchandises conteneurisées venant d’Europe et d’Asie. DP World s’inspire de ses installations à Dubaï pour construire le terminal de Doraleh, au large de Djibouti, APMT de l’expérience acquise sur ses terminaux européens et asiatiques pour moderniser Port-Saïd, et Transnet puise dans son trésor de guerre pour étendre les quais de Durban et sortir des eaux le port flambant neuf de Nqura pour 900 millions de dollars.

    Le collier de perles est complété par Tanger Med – jailli de l’esprit de Mohammed VI, sans doute impressionné par la belle mécanique d’Algésiras, de l’autre côté du détroit de Gibraltar – , par Las Palmas, le hub de la compagnie maritime Mediterranean Shipping Company (MSC), qui suit sa propre logique, et par le terminal modèle de Pointe-Noire, géré par Bolloré Africa Logistics (BAL), porte d’entrée de plus en plus incontournable en Afrique centrale et sur le marché toujours à prendre de la RD Congo.

    Mais une nouvelle phase de modernisation semble se mettre en place ces toutes dernières années, avec l’arrivée en eau profonde de « grands complexes industrialo-portuaires », pour reprendre la dénomination de Yann Alix, expert des questions maritimes et délégué général de la Fondation Sefacil.

    Géants des mers

    Un nouveau réseau portuaire semble vouloir s’insérer dans l’existant, entre les ports traditionnels et les plateformes de transbordement. Les premiers sont certes en plein développement, mais leur logique, avant tout nationale, ralentit le maillage terrestre entre les États.

    Par ailleurs, leur possibilité d’extension reste limitée face à la pression urbaine et démographique, obligeant les pouvoirs publics « à sortir les ports des villes », reprend Yann Alix. Quant aux secondes, elles permettent bien aux géants des mers de faire escale en Afrique, mais la très grande majorité des conteneurs ne fait que regarder les côtes avant de repartir vers d’autres horizons.

    « Ce n’est pas une activité représentant beaucoup de valeur ajoutée pour un pays, et les risques de voir disparaître un trafic au profit d’un terminal concurrent moins cher ou plus productif sont grands pour un opérateur », précise François-Xavier Delenclos.

    Comme Abidjan a pu l’apprendre à ses dépens avec Tema lors de la crise ivoirienne. Une véritable guerre des terminaux s’annonce sur la côte ouest-africaine, avec son lot de victimes potentielles : Douala, Libreville, Cotonou, voire Dakar. Face à ces enjeux, une nouvelle génération de ports est en train d’émerger. « L’objectif n’est plus seulement d’attirer le fret, mais de concentrer et de maîtriser les flux », rappelle un spécialiste.

    Des projets pharaoniques de plusieurs milliards de dollars naissent à quelques encablures des grands centres de consommation engorgés de Lagos, Dar es-Salaam ou Mombasa. Particularité de ces infrastructures portuaires, « elles intègrent le versant terrestre », souligne Yann Alix. Captant et fixant ainsi en un seul point de passage une part non négligeable des deux grands flux africains, les biens de consommation à l’import et les volumes de matières premières minérales et agricoles à l’export.

    Jungle portuaire

    Ce n’est pas un hasard si la Chine, premier partenaire commercial du continent, a plus ou moins mis le gouvernement tanzanien devant le fait accompli en dévoilant le projet de Bagamoyo lors de la visite officielle du président chinois en 2013. Pékin a annoncé être prêt à investir 10 milliards de dollars pour construire au nord de Dar es-Salaam un complexe susceptible de traiter 20 millions de conteneurs par an, soit le double d’un port comme Rotterdam. Attendu pour 2017, il comprend également la desserte ferroviaire de la sous-région, lorgnant avec insistance les gisements congolais et zambiens.

    La même stratégie semble être appliquée à Lamu, au Kenya. Pour 24 milliards de dollars ! Cette bourgade inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco ambitionne de devenir le hub de la côte orientale, adossé à une raffinerie et surtout au fameux Lapsset Corridor (pour Lamu Port-South Sudan-Ethiopia Transport), un ensemble de voies ferrées, d’autoroutes et d’oléoducs tirés à travers le continent pour rejoindre Douala à l’horizon 2030.

    Et quand ce ne sont pas les clients eux-mêmes qui initient les projets, ce sont les fournisseurs, comme les compagnies minières Vale à Nacala et Rio Tinto à Beira, au Mozambique – en attendant peut-être Conakry -, alors que le fer du gisement de Mbalam pèse lourd dans l’état d’avancement de Kribi, au Cameroun.

    Du côté du Nigeria, l’explosion du trafic des conteneurs, censés atteindre les 10 millions d’EVP en 2025, contre 1,5 million aujourd’hui, justifie à elle seule la réalisation de nouveaux ports à Lekki et à Badagry, construits pour quelques milliards de dollars supplémentaires à une petite centaine de kilomètres de Lagos. « Il faut réunir quatre conditions pour s’imposer dans la jungle portuaire actuelle, rappelle un fin connaisseur du théâtre des opérations : un tirant d’eau pour recevoir les navires de dernière génération, une superficie disponible pour entreposer des volumes de marchandises considérables, un marché régional significatif aux portes mêmes du port-relais et, enfin, la stabilité politique. » Les heureux élus se reconnaîtront.

    (Jeune Afrique)

  • Video:Le président de l’Assemblée nationale ivoirienne visé par un mandat d’arrêt burkinabè

    Video:Le président de l’Assemblée nationale ivoirienne visé par un mandat d’arrêt burkinabè

    Selon une source judiciaire, la justice burkinabè a émis vendredi un mandat d’arrêt contre Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale ivoirienne, soupçonné d’avoir voulu soutenir la tentative de putsch de septembre dernier au Burkina Faso.

    Un mandat d’arrêt a été lancé par la justice militaire du Burkina Faso contre le président de l’Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro, ancien chef de la rébellion ivoirienne, dans le cadre du coup d’État raté du 17 septembre au Burkina Faso, a affirmé, vendredi 15 janvier, une source judiciaire à l’AFP.

    “Nous avons été informés via les réseaux sociaux qu’un mandat d’arrêt contre le président de l’Assemblée nationale ivoirienne aurait été envoyé. La notification par les réseaux sociaux n’a pas de valeur juridique”, a toutefois ironisé Moussa Touré, un conseiller de Guillaume Soro.

    Qualifiant le mandat “d’improbable”, ce dernier a ajouté qu’il n’avait pas “connaissance que le président de l’Assemblée ivoirienne ait été inculpé (…), inculpation qui aurait donné lieu à un mandat”.

    “Si ce mandat était avéré, ce serait un acte hostile contre la Côte d’Ivoire et il ne resterait pas sans réponse”, a-t-il prévenu.

    Des enregistrements téléphoniques attribués à Djibrill Bassolé, qui fût ministre des Affaires étrangères burkinabè sous le régime du président déchu Blaise Compaoré, et à Guillaume Soro, ont été évoqués dans la presse en novembre.

    >> À lire sur France 24 : “Putsch au Burkina Faso : l’enregistrement qui agite le Web ivoirien et burkinabè”

    Guillaume Soro et Djibrill Bassolé, actuellement emprisonné et qui fut un homme clé du régime Compaoré tombé en 2014, ont tous deux nié depuis avoir eu cette conversation, dénonçant une “manipulation”.

    Dans un enregistrement d’une quinzaine de minutes, les deux interlocuteurs envisagent la possibilité de soutenir le putsch alors en cours et mené par le général Gilbert Diendéré, ancien bras droit de Compaoré et chef de Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’unité putschiste.

    Guillaume Soro s’estime victime d’une “campagne de dénigrement”

    Les deux interlocuteurs évoquent aussi la possibilité de “frapper” dans le nord du Burkina pour faire “paniquer” l’armée régulière qui se préparait à donner l’assaut contre la base du RSP.

    En décembre, le commissaire du gouvernement (procureur militaire) du Burkina, le lieutenant-colonel Norbert Koudougou, avait indiqué que les enregistrements avaient été versés au dossier, soulignant qu’”un expert” serait chargé d’authentifier ou de discréditer ces écoutes.

    Début décembre, lors d’une interview à la radio privée Savane FM de Ouagadougou, le Premier ministre en exercice Isaac Zida avait affirmé que les écoutes téléphoniques étaient “authentiques”.

    Le 16 septembre, des soldats du RSP avaient pris en otage le président Michel Kafando et le gouvernement avant de proclamer le coup d’État le lendemain. La mobilisation des citoyens et de l’armée loyaliste avait toutefois conduit à l’échec du putsch une semaine plus tard.

    Djibrill Bassolé a été interpellé à son domicile le 29 septembre. Il a notamment été inculpé de “haute trahison”, “attentat à la sûreté de l’État” et “collusion avec des forces étrangères pour déstabiliser la sécurité intérieure”.

    Guillaume Soro, qui a également fait l’objet en décembre d’un mandat d’amener français dans le cadre de la plainte d’un fils de l’ancien président Gbagbo, s’était défendu mi-décembre devant l’Assemblée nationale affirmant que ces écoutes étaient des “chimères” et qu’il était “victime d’une des pires campagnes de dénigrement et de calomnie”.

    “La spirale, l’emballement et l’affolement médiatique sans précédent contre ma personne méritent des clarifications après le passage de cette tempête inouïe”, avait-t-il dit aux députés.

    Avec AFP

  • Dialogue en RDC: l’Union Africaine reprend la main sur la médiation

    Dialogue en RDC: l’Union Africaine reprend la main sur la médiation

    edem kodjo-En République démocratique du Congo, le président Joseph Kabila avait invoqué un dialogue politique national fin novembre. Une fronde au sein du gouvernement, à un an de la supposée élection présidentielle, avait secoué la politique nationale. Depuis, les discussions piétinent. Et la médiation onusienne déplaît. C’est l’Union africaine qui à son tour prend les choses en main.

    L’annonce est passée en toute discrétion le 14 janvier dernier : la commission de l’Union africaine a demandé à Edem Kodjo de se rendre au plus vite à Kinshasa. L’ancien Premier ministre togolais, et membre du groupe des sages au sein de l’organisation panafricaine, aura donc la lourde tâche de faciliter le dialogue entre pouvoir et opposition.

    Mais convaincues que le président Kabila cherche à prolonger son mandat à la tête du pays, les deux principales coalitions de l’opposition, le G7 et la Dynamique, ont annoncé qu’elles ne prendront pas part à ce dialogue.

    Saïd Djinnit jugé inefficace

    Par cette nomination, l’Union africaine reprend en main le dossier, après l’ONU. Précédemment, c’était l’envoyé spécial des Nations unies pour les Grands Lacs, Saïd Djinnit, qui avait été dépêché. Mais les opposants lui reprochent son manque de résultats lors de la médiation burundaise. Le diplomate algérien avait en effet jeté l’éponge en juin dernier.

    Edem Kodjo sera-t-il mieux accueilli ? Il y a plus d’un an, l’Union africaine avait déjà donné sa confiance à l’homme politique togolais. Edem Kodjo avait été chargé de faciliter la résolution de la crise burkinabè, après la démission de Blaise Compaoré.

    RFI