Author: Don Kayembe

  • RDC: la liaison ferroviaire Kinshasa-Matadi est de retour

    RDC: la liaison ferroviaire Kinshasa-Matadi est de retour

    TRAIN KIN - MATADI-En République démocratique du Congo, après quinze ans d’interruption, revoici le train emblématique qui relie Kinshasa à la ville portuaire de Matadi, distantes d’environ 365 kilomètres. L’événement a eu lieu samedi 22 août à la gare de Kinshasa. Plusieurs passagers sont montés à bord de ce train, après avoir payé leur billet de voyage. RFI était là.

    Il est 7h30 lorsque le train quitte lentement la gare de Kinshasa à destination de la ville portuaire de Matadi. Le directeur général de la Société commerciale des transports et des ports (SCTP), l’ingénieur Kimembe Mazunga, est sur le quai.

    « Nous sommes au début, mais je suis content de l’engouement des gens. Je ne pensais pas avoir plus de dix personnes à bord. Pour un premier voyage, alors que les gens sont encore pessimistes, voir cette affluence, ça nous rassure », a déclaré, à RFI, Kimembe Mazunga.

    Pour réussir le pari, la nouvelle direction de la SCPT affirme n’avoir négligé aucun aspect.

    « Nous avons consolidé le travail et nous avons davantage stabilisé la voie, car il y avait les sections qui ne permettaient pas 20 km/h. Entre Kasangulu et Kinshasa (45 km), on mettait deux heures et demie. Aujourd’hui, on se permet des pointes à 90 km/h ! Les locomotives sont beaucoup plus fiables ; on a fait plusieurs essais. Et les voitures, vous avez vu le standing ! », a-t-il ajouté.

    La reprise du trafic sur la voie ferrée Kinshasa-Matadi permettrait également de relancer le tourisme dans la province du Congo central, affirme encore Kimembe Mazunga :

    « Kasangulu, Kisantu, Matadi, Iga… ce sont des sites hautement touristiques. Avec la voiture, il faut cinq heures et demie et on ne peut pas s’arrêter. Ici, nous avons le catering ; il y a tout. Nous avons allié le confort, la sécurité et la vitesse. »

    RFI
  • L’Afrique face au problème des cultes et des prophètes autoproclamés

    L’Afrique face au problème des cultes et des prophètes autoproclamés

    EGLISE DU REVEIL-«Eglises du réveil», «églises évangéliques», «églises de la guérison», «ministères», «pasteurs autoproclamés»… Toutes sortes de cultes fleurissent depuis des années sur le continent africain, qui promettent monts et merveilles sur terre ou au ciel, en enrichissant les gourous qui les répandent. Certains gouvernements tentent des réglementations.

    L’Afrique du Sud veut réglementer ses églises

    Le gouvernement a décidé d’ouvrir une enquête sur les différentes églises dans le pays ainsi que sur leur financement. Une décision qui fait suite à plusieurs scandales impliquant des prophètes autoproclamés. Ces églises sont accusées de se faire de l’argent sur le dos des plus pauvres.

    Des pasteurs qui font manger des rats et des serpents à leurs disciples, qui leur font boire de l’essence ou alors qui leur sautent dessus à pieds joints. Tout cela au nom de Dieu. Le gouvernement s’inquiète de la multiplication de ces églises jugées commerciales. Impossible de dire combien elles sont.

    Mais pour Thoko Mkhawanazi de la Commission de protection des droits religieux ces prophètes autoproclamés profitent du désespoir des gens. « Qu’est ce qui fait que les gens mangent des serpents vivants, boivent du pétrole ou acceptent de se faire piétiner. Pourquoi les gens sont-ils si crédules ? Pourquoi ce niveau de désespoir ? »

    Ces églises ont pu se multiplier car la Constitution autorise la liberté de culte et de croyance. Le Conseil sud-africain des Eglises a condamné ces pratiques hérétiques, accusant ces pasteurs d’instrumentaliser le désespoir des plus pauvres pour se faire de l’argent. Dans la plus part des cas ces églises ne requiert pas de droit d’entrée, mais fonctionne sur le principe du don.

    Pour Pieter Coetze, qui va participer à la commission d’enquête, il ne s’agit pas d’interdire ces églises mais de contrôler les abus. « Cette enquête n’est pas une enquête sur la religion, mais plutôt sur le mauvaise usage fait de la religion, afin d’éviter qu’il ne se reproduise. » La commission doit rendre son rapport et ses recommandations d’ici avril l’année prochaine.

    Au Togo, les ministères pullulent

    Ces églises, qui prêchent et qui brisent, ont pris d’assaut les coins et recoins du pays à la recherche des âmes à délivrer. Dans un quartier de Lomé, à Gbégnédji, c’est l’effervescence tous les dimanches. Entre 9h et 13h, l’ambiance est électrique dans la zone à cause des nombreuses églises qui y officient à l’aide d’instruments modernes et de musique.

    Elles sont nombreuses, très nombreuses aux dénominations diverses : ministère de la foi, ministère des rachetés de Dieu, ministère du salut et de la vérité… Des ministères, on en dénombre jusqu’à 856 à l’administration territoriale en 2009. Les adeptes y accourent toujours et les voisins ne cessent de s’en plaindre. « Le dimanche après les séances, certains groupes font encore leurs prières à partir de midi. Vendredi aussi. Ça me gène beaucoup », commente une habitante.

    Les accusations sont nombreuses. On accuse les pasteurs de ces ministères de vendeurs d’illusion, de prêche à l’envolée avec de grands bruits, du fétichisme pour soutenir leurs affaires d’église… Les pasteurs sont aussi indexés d’adultère. Denise, journaliste a couvert une de ces affaires dans le ministère « power House », il y a quelques jours à Kpalimé, à 126 km au nord-ouest de Lomé, elle raconte : « Ce pasteur serait en train de commettre l’adultère avec une femme. Sous le coup de la colère le mari est allé menotter le pasteur devant ses fidèles pour leur expliquer toutes les manigances du pasteur. »

    Ces églises, installées dans les quartiers sombres, en périphérie, à l’entrée des villages ou à leur sorties, ont malgré tout le vent en poupe, des âmes en détresse sont toujours dans l’attente d’être sauvées.

    En RCA, le problème des pasteurs radicaux

    En Centrafrique, l’Eglise protestante doit faire face à des prédicateurs évangéliques radicaux. Certains prétendent réaliser des miracles. D’autres promeuvent la violence intercommunautaire. Le révérend Nicolas Guérékoyamé-Gbangou est le président de l’alliance des Eglises évangéliques de Centrafrique. Il reconnaît qu’il a parfois du mal à faire face au phénomène.

    « C’est une question de formation que les gens reçoivent. Comme je n’ai pas la possibilité d’aller écouter tous les prédicateurs. Mais nous reconnaissons que un peu partout, des gens peuvent dévier dans leurs enseignements, en mettant l’accent sur certains points qui les préoccupent : par exemple la libéralité, les miracles et autres », raconte le révérend, qui essaie de « limiter les dégâts ».

    « Lorsque quelqu’un vient et qu’il échappe à notre attention, qu’il vient s’installer ou qu’il sillonne les provinces et qu’on a pas les moyens de l’arrêter, dés que nous apprenons la chose nous interpellons, nous attirons l’attention de nos pasteurs qui sont à l’intérieur du pays », commente Nicolas Guérékoyamé-Gbangou. Mais ce n’est pas toujours évident, « pour un pays de 623 000 km2 ». « Nous n’avons pas les moyens », déplore-t-il.

    Avant de conclure : « si c’est à Bangui et qu’on apprend que quelqu’un vient et qu’il donne de mauvais enseignements, on convoque une grande rencontre pour apporter des corrections sur ce qu’il a enseigné. Et c’est comme ça que nous veillons sur la vie de l’Eglise dans la République centrafricaine. »

    RFI

  • En Anglais:High Court grounds aircraft from DR Congo in Dublin over a 10m dispute

    En Anglais:High Court grounds aircraft from DR Congo in Dublin over a 10m dispute

    Congo-Airways-604x345-The High Court grounded an aircraft, allegedly belonging to a state airline of the Democratic Republic of Congo, from leaving Dublin Airport in a dispute over a debt of €10 million.

    The interim injunction prevents both the Democratic Republic of the Congo (DRC) and La Société Congo Airlines from moving, operating or otherwise interfering with the aircraft – an Airbus A320 undergoing works in Dublin – without their consent.

    The injunction also prohibits the aircraft’s removal from the jurisdiction. The interim injunction was granted, on an ex-parte basis where only one side was present in court, by Mr Justice John Hedigan.

    The order was sought by a US company Miminco LLC and two American citizens John Dormer Tyson and Ilunga Jean Mukendi who are owed some $11.5 million by the Congolese government. The US parties say they got into a dispute with the DRC in relation to the ownership of two diamond mines they bought.

    (The Irish Times)

  • Washington : un membre du Ku Klux Klan voulait attaquer la Maison Blanche aux rayons X

    Washington : un membre du Ku Klux Klan voulait attaquer la Maison Blanche aux rayons X

    PULASKI, TN - JULY 11: A member of the Fraternal White Knights of the Ku Klux Clan participates in the 11th Annual Nathan Bedford Forrest Birthday march July 11, 2009 in Pulaski, Tennessee. With a poor economy and the first African-American president in office, there has been a rise in extremist activity in many parts of America. According to the Southern Poverty Law Center in 2008 the number of hate groups rose to 926, up 4 percent from 2007, and 54 percent since 2000. Nathan Bedford Forrest was a lieutenant general in the Confederate Army during the American Civil War and played a role in the postwar establishment of the first Ku Klux Klan organization opposing the reconstruction era in the South.   Spencer Platt/Getty Images/AFP
    PULASKI, TN – JULY 11: A member of the Fraternal White Knights of the Ku Klux Clan participates in the 11th Annual Nathan Bedford Forrest Birthday march July 11, 2009 in Pulaski, Tennessee. With a poor economy and the first African-American president in office, there has been a rise in extremist activity in many parts of America. According to the Southern Poverty Law Center in 2008 the number of hate groups rose to 926, up 4 percent from 2007, and 54 percent since 2000. Nathan Bedford Forrest was a lieutenant general in the Confederate Army during the American Civil War and played a role in the postwar establishment of the first Ku Klux Klan organization opposing the reconstruction era in the South. Spencer Platt/Getty Images/AFP

    -Un Américain de 51 ans, membre du Ku Klux Klan, est jugé depuis lundi 17 août pour avoir voulu utiliser une arme expérimentale à rayons X afin de tuer des musulmans et d’attaquer la Maison Blanche.

    « Hiroshima au bout des doigts ». Voilà le surnom donné par Glendon Scott Crawford, un Américain de 51 ans, membre du Ku Klux Klan, à l’arme à rayon X qu’il a fabriqué lui-même. Originaire de Providence, sur la côte est des Etats-Unis, cet ancien employé de General Electric a élaboré de ses mains le dispositif expérimental avec lequel il projetait de tuer des Musulmans et d’attaquer le Maison Blanche. Il est jugé depuis lundi 17 août par un tribunal près de New York et risque jusqu’à 15 ans de prison.

     Eliminer les ennemis d’Israël. »

    A la mi-avril, l’homme avait contacté des associations juives pour leur exposer son objectif, pensant obtenir leur collaboration. Kathryn Laws, membre d’une des associations, se souvient, dans les colonnes de l’Albany Times Union, d’une « personne très instable » qui lui a proposé de se servir de son « Hiroshima au bout des doigts » pour « éliminer les ennemis d’Israël. » Ce sont les membres de la Fédération juive du nord-est de New-York, également « démarchés » par Glendon, qui alertent le FBI. Après plusieurs mois d’enquête, il est arrêté en juin 2013.

    Le canon n’a jamais fonctionné

    Dans des enregistrements, le quinquagénaire évoque l’organisation suprématiste blanche Ku Klux Klan à plusieurs reprises et déclare que l’islam est « une maladie de l’ADN humain ». Glendon pensait se servir de son arme comme moyen de défense contre le terrorisme. Les agents du FBI précisent que l’arme n’a jamais été en état de fonctionner. Même si la réalisation de ce canon n’a jamais été possible, et qu’aucune vie n’a jamais été en danger, Crawford, poursuivi pour trois chefs d’accusation, risque jusqu’à 15 ans de prison.

    M6info/AFP

  • Pré-dialogue secret UDPS-Pouvoir : Franck Diongo éventre le boa

    Pré-dialogue secret UDPS-Pouvoir : Franck Diongo éventre le boa

    Tshisekedi n’a jamais dit ni aux elus de l’opposition ni a ceux de l’UDPS de ne pas sieger au parlement, a dit Honorable Franck Diongo au micro de Don Kayembe– L’opposant Franck Diongo, président du Mouvement Lumumbiste Progressiste a dévoilé, en prévision du dialogue, le lieu, les participants et le contenu des récentes négociations secrètes entre les délégués du régime Kabila et ceux de l’Udps. Le président du Front Anti-dialogue-FAD rappelle que le devoir de vérité l’impose à
    donner toutes les informations au peuple congolais. L’élu de la Lukunga dit avoir réuni tous les détails grâce aux patriotes congolais membres du FAD se trouvant au pays et à l’étranger. Il précise que les deux parties se sont retrouvées pendant une semaine à Rome en Italie soit du 11 au 17 aout. Des informations recoupées par le président du
    Mlp renseignent que les négociateurs de l’Udps sont partis en deux groupes. Le premier groupe constitué de Norbert Yamba Yamba, Claude Mamba et Rubens Mikindu, est parti le 10 aout par Turkish Airlines alors que Me Jean Joseph Mukendi est parti seul, le jour suivant soit- le 11 aout par un vol régulier de la compagnie belge, Sn Bruxelles
    Airlines. Les travaux ont eu lieu dans la villa Borghes à Sofitel Hôtel où 27 personnes étaient présentes. Maitre Joseph Mukendi conduisait la délégation de l’
     
    Udps alors que celle du pouvoir était chapeautée par Kalev Mutond, le patron de l’Agence nationale des renseignements. Me Mukendi était accompagné de trois personnes à savoir Norbert Yamba Yamba, Claude Mamba et Rubens Mikindu. Dans l’autre camp, Me Néhémie Mwilanya, le directeur de cabinet du chef de l’état, Me Nkulu Kilombo et François Mwamba étaient aussi de la partie. De quoi ont-ils parlé ?, le chercheur Franck Diongo indique qu’ils ont abordé tous les aspects majeurs du dialogue mais ils ne se sont mis d’accord que sur deux points. Le format de quinze participants dans chaque groupe et la co-médiation interne et internationale avec des acteurs à désigner consensuellement. Mais d’autres points tel que la cohabitation les a divisés et les deux parties ont promis de poursuivre les discussions pour arriver au compromis, précise l’élu de la Lukunga. Et Diongo de s’interroger : ‘‘ Pour quelle motivation, pour quel intérêt, l’Udps et le pouvoir ont fait ces négociations en cachette’’. Pour lui, le dialogue présente un caractère dangereux pour le pays. Il appelle les acteurs de deux parties à rendre public au plus vite les résultats de leurs négociations. ‘‘Ce qui est choquant et énervant, ce que la facture a été payée par le trésor public- hôtel et restauration pour les 27 personnes qui étaient présentes pendant une semaine à Sofitel à Rome en Italie’’, a dénoncé le radical opposant. Le leader du Mlp pense que le dialogue est une trahison et une supercherie qui va conduire le président Kabila de se représenter au-delà de ses deux mandats lui reconnus par la constitution. En termes de solutions pour résoudre la crise actuelle, le président du Front anti-dialogue propose au président Kabila de se désengager de la logique du dialogue et de se préparer au passage civilisé du pouvoir en décembre 2016. Aujourd’hui, la demande nationale, c’est le départ de M. Kabila du pouvoir, dit-il. Au sujet de l’Udps dont il reconnait avoir appris auprès de son leader Etienne Tshisekedi, le sens du combat de la liberté et de la démocratie, Diongo est tranchant : Aujourd’hui, ce n’est pas hier.
     
    Il insiste que depuis 1990 à ces jours, le peuple congolais a pris conscience parce que les réalités, répète-t-il, ne sont plus les mêmes. Tout leader qui se détournera de la volonté du peuple sera combattu. L’élu de la Lukunga promet de s’opposer à tout le monde même à Etienne Tshisekedi qu’il considère comme son maitre. ‘‘Je m’opposerai à tout le monde même à mon maître Etienne Tshisekedi auprès de qui j’ai beaucoup appris. Le disciple applique ce qu’il a pris à son maitre contre lui-même’’, gronde-t-il. En outre, il s’est attaqué aux propos qu’il juge xénophobes et séparatistes du député Ne Mwanda Nsemi, au discours propagandiste de Kin Kiey Mulumba et aux thèses de glissement de Lambert Mende. Discours, propos et thèses qu’il trouve totalement déconnecté des réalités politiques actuelles
    où le peuple est prêt à s’assumer.
    7sur7
  • CONTACTS INDIRECTS POUR LE DIALOGUE INCLUSIF POUVOIR – UDPS : LE DÉSACCORD PERSISTE SUR LA MÉDIATION INTERNATIONALE

    CONTACTS INDIRECTS POUR LE DIALOGUE INCLUSIF POUVOIR – UDPS : LE DÉSACCORD PERSISTE SUR LA MÉDIATION INTERNATIONALE

    FelixTshiskd1-Le dialogue inclusif n’est pas encore enterré comme certains pouvaient le penser. Des tractations se poursuivent en ce moment en Belgique entre les émissaires du chef de l’Etat et ceux du Lider Maximo de l’Udps, Etienne Tshisekedi Wa Mulumba. Il s’agit donc de concertations indirectes entre les deux camps. Celui qui les annonce de Bruxelles hier n’est pas n’importe qui.
    C’est Félix Tshisekedi Tshilombo, Secrétaire national aux Relations extérieures du parti et fils du chef charismatique de l’Udps.

    L’émissaire du Lider Maximo est optimiste sur l’issue heureuse de ces contacts indirects avec les Envoyés spéciaux de Joseph Kabila et les délégués de son parti. Il nuance toutefois en relevant qu’il y a encore une grosse divergence qui n’a pas encore été élaguée.
    C’est le point chaud concernant la médiation de ce forum. L’Udps ne jure que sur une médiation internationale conformément aux prescrits de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba. Alors que pour le camp présidentiel, l’argumentaire est que les Congolais sont suffisamment mûrs pour se parler directement, sans un intermédiaire international.
    Comme on le voit, ces deux positions sont inconciliables entre ces deux camps qui sont d’accord pour la tenue d’un dialogue, le fond avec les matières, mais c’est sur la forme que les Romains s’empoignent : la médiation. S’ils ne se mettent pas d’accord, les chances de la tenue de ce dialogue seront compromises.

    UNE ASSISE SOCIOLOGIQUE INCONTESTABLE
    « Un tel forum n’aura de légitimité suffisante qu’avec la participation d’un poids lourd comme Tshisekedi Wa Mulumba avec son assise sociologique incontestable », soutiennent les inconditionnels de l’UDPS. Mais hier même, le cabinet du Coordonateur du Mécanisme national de suivi (MNS) de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba a réagi, par son directeur de cabinet, sur cette conditionnalité de l’Udps.
    Pour cette structure officielle, nulle part l’Accord-cadre d’Addis-Abeba ne parle de médiation internationale pour un dialogue comme un engagement du Gouvernement congolais. Mais, l’on croit savoir que c’est plutôt dans les deux Résolutions du Conseil de sécurité qui portent mise en œuvre de l’Accord-cadre, les Résolutions 2098 et 2211.

    LECTURES TRANCHEES DE L’ACCORD-CADRE
    Ce sont ces Résolutions qui donnent mandat au Représentant spécial du secrétaire général de l’Onu d’assurer le suivi du processus électoral. Il n’y a rien sur la médiation internationale pour un dialogue, relève-t-on au MNS, la structure chargée de l’application de l’Accord-cadre.
    Malgré ces lectures tranchées de l’Accord-cadre, les deux camps, c’est-à-dire l’Udps et la majorité présidentielle sont contraints de trouver une porte de sortie sur la question de la médiation qui les divise, avant de se séparer à Bruxelles.
    Ce n’est qu’à ce prix que cette rencontre aura un sens plutôt que de livrer aux Congolais un piteux spectacle de queue de poisson sur une divergence d’approche, alors que, comme on le sait, ils sont d’accord sur l’essentiel.
    Si tel n’était pas le cas, ils ne se seraient jamais rencontrés. A la différence des autres partis de l’Opposition comme le Mlc, l’Unc …, etc. Ceux-ci sont farouchement opposés à un dialogue avec Joseph Kabila, préférant à la place un autre cadre MP-CENI-Opposition, oubliant peut-être qu’ils ne peuvent traiter là que des questions d’ordre technique là où les attentes des populations sont purement politiques.

    POSITIONS DES DEUX CAMPS DIAMETRALEMENT OPPOSEES
    Qu’en est-il alors des Médiateurs internationaux dans des crises politiques en RDC ? Ce vocable est arrivé dans le lexique congolais dans la transition du Maréchal Mobutu de 1990 à 1997. Il y a eu d’épisodiques tractations entre le camp présidentiel, conduit par le Maréchal Mobutu lui-même et l’Opposition avec son chef de file de l’époque, Etienne Tshisekedi Wa Mulumba, le Lider Maximo de l’Udps.
    Comme très souvent, les positions des deux camps sont restées diamétralement opposées. Il fallait donc recourir aux Médiateurs internationaux. C’est ainsi qu’on a vu débarquer les Lakdar Brahimi, Emile Zinsu, Abdoulaye Wade, Moustapha Niasse,… malgré cette intervention de la flopée de Médiateurs internationaux, la crise a persisté jusqu’à un certain 17 mai 1997, jour où l’AFDL a chassé le Maréchal Mobutu par les armes.
    Laurent-Désiré Kabila, qui accède au pouvoir dans les conditions que l’on connait, ne voit la paix que le temps d’une rose. En 1998, le Rwanda et l’Ouganda agressent la RDC, occupent une partie du pays et créent des rébellions de pacotille à leur solde.
    En 1999, sous l’égide de l’Onu tous les belligérants signent un Accord de paix à Lusaka en Zambie, dénommé « Accord de paix de Lusaka ». Le Médiateur, c’est bien le Président zambien de l’époque, Frederic Chiluba. La RDC commence une nouvelle ère des Médiateurs internationaux.
    A la manœuvre, Nelson Mandela dit « Madiba », Chiluba, Chissano, Tabo Mbeki, Ket Masire… A chaque rendez-vous crucial, la Communauté internationale est omniprésente, du début à la fin. Par exemple pour la bonne fin de la période de transition 1+4 de 2003 à 2006, la Communauté internationale assure une sorte de surveillance du fonctionnement des institutions par le biais du CIAT, le Comité international pour l’accompagnement de la transition.

    KANDOLO M.( Forum des As)

  • UDPS : EtienneTshisekedi désavoué et invité à faire « un décompte complet et précis de l’argent reçu au nom du parti »

    UDPS : EtienneTshisekedi désavoué et invité à faire « un décompte complet et précis de l’argent reçu au nom du parti »

    Etienne-Tshisekedi-Wa-Mulumba-20-Vingt-cinq (25) membres de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, photo), après avoir constaté que le parti « traverse depuis janvier 2013 une crise aiguë de leadership commuée en crise grave de légitimité exacerbée par l’existence de deux statuts du Parti », exigent de « choisir un président du parti intérimaire ».
    « Afin de mettre fin à l’indisponibilité du président, la mise en place d’un nouveau leadership s’impose. Nous organisons un mini-conclave du 11 au 13 septembre 2015 à Bruxelles qui sera suivi d’un Conclave plus inclusif à Kinshasa aux fins de nous choisir un Président du Parti intérimaire qui nous représentera jusqu’à la tenue d’un Congrès extraordinaire », affirment-ils dans une Déclaration. Publiée le 31 juillet 2015 à Bruxelles (Belgique), à l’issue de leur séminaire.
    Durée et missions du président intérimaire

    Indiquant que le président du parti intérimaire « sera secondé par un vice-président qui le remplace en cas d’absence », ils invitent « tous les membres du Parti qui s’inscrivent dans cette logique à contribuer à l’organisation de ce conclave et à y participer activement afin de sortir le Parti de l’impasse actuelle ».
    « La durée de la mission du Président intérimaire est de deux mois. Le Président intérimaire est chargé notamment de « mettre en place une structure légère pour la gestion administrative et politique du Parti; récupérer le patrimoine du Parti; négocier les termes de la réunification du Parti; organiser le Congrès extraordinaire qui élira le Président du Parti ainsi que notre candidat à la Présidence de la République ».
    « Préoccupés par l’avancement et l’aboutissement d’une lutte qui a presque perdu ses repères », les 25 séminaristes déclarent avoir pris « l’initiative de réunir les délégués représentant les fédérations de l’UDPS aux fins d’ouvrir un dialogue interne pour préparer un Congrès extraordinaire qui établira un ordre nouveau respectueux des objectifs fondamentaux que notre Parti s’est fixé, à savoir la conquête, l’exercice, et la conservation démocratiques du pouvoir ».
    Dans l’entendement des signataires de la Déclaration, le « mini-Conclave à la mi-septembre 2015 à Bruxelles, qui sera suivi d’un Conclave plus inclusif à Kinshasa, entend préparer le Parti à affronter efficacement les prochaines échéances politiques ».
    « Il proposera notamment la mise en place de structures organisationnelles appropriées. Un leadership intérimaire et responsable sera désigné pour conduire la période de transition nous menant vers le Congrès. Le Fonds U.D.P.S. sera réorganisé pour permettre une meilleure collecte et gestion de fonds », soulignent-ils.
    Manque de transparence et mauvaise gestion des finances du parti
    Les 25 séminaristes insistent « sur la mise en place de la Convention Démocratique Nationale, dotée de ses commissions permanentes (contrôle financier et discipline), pour un meilleur contrôle de l’argent du parti et pour éviter des détournements ».
    Ils proposent que, « désormais, la gestion de l’argent récolté à l’extérieur du pays soit confiée au «Fonds UDPS» qui doit être ré-organisé pour ce faire ».
    En outre, ils exigent « du Président qu’il fasse un décompte complet et précis de l’argent reçu au nom du parti dans le cadre de la campagne électorale de 2011 et celui de la récupération de l’impérium », dans leur Déclaration ci-après.

    MINI-CONCLAVE POUR LA MISE EN PLACE D’UN NOUVEAU LEADERSHIP DE L’UDPS DU 11 AU 13 SEPTEMBRE 2015

    I. LE FOND DU PROBLEME : MEGESTION DU PARTI ET NON TRIBALISME

    L’UDPS traverse en ce moment une grave crise causée par différents actes et comportements répréhensibles et condamnables posés par le président du parti. L’éthique même dont se targue l’UDPS d’être le meilleur défenseur s’en trouve écorchée.
    La condamnation de ces actes par des membres du parti et même par le public aurait mérité que la personne incriminée y apporte des réponses adéquates pour crever ce gros abcès et soulager le parti du malaise qui le ronge.
    Malheureusement, pour toute réponse, et pour se donner de la contenance, ceux qui sont concernés par les faits, et qui sont les affidés bénéficiaires occultes de ces actes, veulent noyer le poisson, se voilent la face, et manipulent l’opinion publique en qualifiant d’injures et de tribalisme les dénonciations de faits avérés, risquant de conduire inutilement le pays dans une situation dramatique. Il s’agit en fait de créer une diversion afin d’éviter de répondre aux questions pertinentes qui leur sont posées.

    II. MISE AU POINT DE LA SITUATION : MANQUEMENTS GRAVES ET CAUSES PROFONDES DE LA CRISE ACTUELLE.

    1. La crise actuelle a pour nom « Etienne Tshisekedi » et pour prénom «l’attentisme des cadres de l’UDPS qui ont peur et refusent de voir cette réalité en face ». Il y a des manquements graves qui constituent les causes multiples et profondes de la crise actuelle à l’UDPS.
    2. Ce sont :
     L’indisponibilité du président du Parti.
     Les tripatouillages et la falsification des statuts par Etienne Tshisekedi.
     L’ingérence de la famille biologique du président dans les affaires du parti.
     Le manque de transparence et la mauvaise gestion des finances du parti.

    L’indisponibilité du Président du Parti

     Depuis plus d’une année, le Président du Parti est malade, raison de son séjour prolongé en Belgique. De ce fait, il est absent du Parti, et ce dernier est littéralement paralysé. L’article 22 point 2- des statuts du 14 décembre 2010 stipule que «le président supervise et coordonne le fonctionnement des activités du Parti».
    C’est dans ce cadre et au cours des réunions de la Présidence, localisée à Kinshasa, que les décisions sont prises sous sa supervision, conformément à l’article 21 des statuts. Mais cela n’a pas été le cas!
    Le Président élu au 1er Congrès a abandonné le Parti. Il n’a organisé aucune réunion de la Présidence conformément à l’article 21 des statuts depuis plus d’un an. Pendant quatre ans depuis qu’il a été élu au Congrès, sa présidence n’a produit aucun rapport d’activité ni de projet de budget du Parti tel qu’exigé par les statuts au point 7 de l’article 20.
    Aucune organisation respectable et démocratique ne peut fonctionner adéquatement en ignorant ses propres règles et même les règles élémentaires de fonctionnement et en l’absence de son principal gestionnaire.
    L’absence prolongée de Etienne Tshisekedi revient pratiquement à son auto exclusion implicite de la gestion du Parti, aussi avons-nous le devoir et l’obligation de désigner rapidement un nouveau leadership disponible pour la conduite effective du parti.

    Les tripatouillages des statuts.

     En ce qui concerne les tripatouillages, voici ce que révèle l’examen comparatif des deux statuts en présence, ceux issus du Congrès de 2010 qui avait réuni près de 800 délégués, et ceux modifiés par Etienne Tshisekedi tout seul.
    Le constat est amer! Etienne Tshisekedi qui, pour la première fois depuis la création de l’UDPS en 1982, a été élu Président du Parti au Congrès de décembre 2010, s’est mis au-dessus du Congrès, organe suprême du parti, pour opposer à l’effort fait par celui-ci de créer un Parti fort, une centralisation à outrance et la confiscation des pouvoirs entre ses seules mains.
    Le Parti est maintenant affaibli par sa maladie, ses prises de position contradictoires, et son absence continue du terrain des opérations.
     Il a commis un forfait en violant de manière flagrante, l’article 62 des seuls statuts valables, ceux de décembre 2010, en nommant des Représentants/Présidents fédéraux, alors que ceux-ci devaient être élus.
     Il n’a pas installé ou a supprimé des organes essentiels du parti tels que la Convention Démocratique du Parti et la Commission Electorale du Parti pour demeurer le seul maître à bord.
     Il a modifié unilatéralement les Statuts pour justifier de manière tacite son renoncement à la lutte pour l’imperium. En outre lorsque la remarque lui est faite par des membres du parti à propos de cette modification arbitraire, Etienne Tshisekedi répond qu’il l’a fait parce que c’est lui qui incarne l’UDPS.
    Nous disons non à cette allégation orgueilleuse, car l’UDPS est un patrimoine commun qui n’appartient à personne et elle survivra à chacun de nous.
     Le Président Tshisekedi a modifié les objectifs du Parti et transformé ce dernier en un groupe de pression ou un syndicat familial, tout en s’arrogeant tous les pouvoirs.
    Les Statuts signés par Etienne Tshisekedi le 25/10/2013, curieusement notariés le 01/03/2013, c’est-à-dire avant leur signature, ont été rédigés le 25 janvier 2013! Ceci montre qu’un crime n’est jamais parfait.
    Ces Statuts modifient l’article 10 des statuts officiels adoptés au Congrès de 2010 en supprimant l’objectif principal que s’est fixé ce Congrès, et qui est le fondement même de tout parti politique, à savoir: « … la conquête, l’exercice et la conservation démocratiques du pouvoir en vue de réaliser son projet de société…».
    En effet, voici ce que la Loi no 04/002 du 15 mars 2004 portant organisation et fonctionnement des Partis politiques en RDC dit à son Article 2:
    «Aux termes de la présente loi, il faut entendre par parti politique, une association de personnes physiques de nationalité congolaise qui partagent la même idéologie et le même projet de société en vue de conquérir et d’exercer démocratiquement et pacifiquement le pouvoir d’Etat».
    D’après le site La Toupie : «un parti politique est un groupe de personnes qui partagent les mêmes intérêts, les mêmes opinions, les mêmes idées, et qui s’associent dans une organisation ayant pour objectif de se faire élire, d’exercer le pouvoir et de mettre en œuvre un projet politique ou un programme commun. L’objectif de gouverner distingue les partis politiques d’autres organisations comme les groupes de pression, les corporations et les syndicats».
     L’UDPS, parti politique auquel nous appartenons, a comme objectif d’accéder au pouvoir et de gouverner. L’UDPS familiale, non autrement identifiée, constitue un groupe de pression ou un syndicat familial dont l’objectif est le  «changement». Il n’est pas clairement précisé quel est le modus operandi de ce changement.
     Depuis deux ans, l’UDPS est orpheline. En supprimant l’objectif principal de conquête du pouvoir des statuts officiels, en étant toujours absent du terrain des opérations, et en renonçant à la lutte pour « l’imprium », Etienne Tshisekedi a tout simplement pris congé du grand parti UDPS qu’il a abandonné dans la rue.
     Kwame Nkrumah, le premier Président du Ghana, paraphrasant la Bible, nous recommande ce qui suit: «cherchez d’abord le pouvoir politique (imperium) et vous pourrez par la suite appliquer votre programme». Malheureusement, certains parmi nous utilisent l’UDPS plus pour se remplir les poches que pour faire arriver le parti au pouvoir.

    L’ingérence de la famille biologique du Président dans les affaires du parti.

     La question de l’ingérence de la famille biologique du Président dans les affaires du parti avait été dénoncée et largement traitée dans la déclaration de la Base du Parti, signée par plus de 40 fédérations de l’UDPS en novembre 2014.
    Cette déclaration avait désavoué Messieurs Mavungu et Tshilombo respectivement Secrétaire Général et Secrétaire du Parti chargé des Relations Extérieures pour incompétence.
    L’incompétence de ces deux « responsables » vient de s’étaler au grand jour par le fiasco criant de la liste de l’UDPS qu’ils ont présentée aux élections provinciales.
    En effet cette liste est classée en 20ème position, loin derrière tous les nouveaux partis tels que le PPRD, le MSR, l’AFDC, le PALU, le CRC, l’UNC, le MCR, le PPPD, le PND, l’ARC, le BUREC, le CCU, le LDIC, l’UNADEF, le PDC et l’ACO.
    Elle ne comprend que 276 candidats dont 21 femmes, soit à peine 8%, sur 711 sièges à pourvoir.
    L’UDPS n’a présenté des candidats que dans 81 des 189 circonscriptions électorales. Ces statistiques sont sympomatiques d’un leadership défaillant qui doit être remplacé illico presto.
     L’ ingérence de la famille s’est manifestée notamment par des interventions intempestives et par une volonté manifeste des membres de la famille  biologique du président d’ostraciser des cadres du parti afin que ceux-ci ne rencontrent pas le président dans le cadre de leurs activités normales.
     Aucune sanction n’a été prise à l’endroit des membres de la famille qui ont choisi de collaborer avec le pouvoir en place en allant siéger au parlement ou en touchant nuitamment les émoluments de parlementaire.
    Par contre, les cadres consciencieux qui, bien que élus, se sont démarqués du pouvoir en respectant le mot d’ordre de Etienne Tshisekedi et les instructions du parti de ne pas siéger, se sont vus sanctionnés par ceux de la famille biologique qui ont pourtant trahi, et tout ceci, devant un silence assourdissant de Etienne Tshisekedi.
     L’utilisation abusive de l’état de santé de Etienne Tshisekedi pour promouvoir  un membre de sa famille, à qui tout est permis, en vue de placer le parti devant le fait accompli d’un remplaçant obligé du président du parti, est une démarche que nous refusons et rejetons de toutes nos forces.
    Le manque de transparence et la mauvaise gestion des finances du parti
     Des révélations avérées d’une gestion financière catastrophique des fonds de la dernière campagne électorale auraient dû susciter l’intervention des commissions de contrôle financier et de discipline.
    Malheureusement, ces commissions prévues respectivement aux articles 57 des statuts et 69 du Règlement intérieur n’existent pas du fait que le Président du Parti n’a pas mis en place la Convention Démocratique Nationale du Parti, conformément à l’article 63 des Statuts et 74 du règlement d’ordre intérieur qui précisent que la Convention Démocratique du Parti devait être installée 4 jours après la clôture du Congrès.
    Les actes suivants posés par le Président du Parti ne reflètent pas la bonne gouvernance et la transparence prônées par le parti, conformément à la résolution n°10 du Congrès.
     De manière générale, le Président a mal géré les fonds récoltés dans le cadre de la dernière campagne électorale de 2011 qui ont échoué dans ses mains plutôt que dans les comptes du parti, conformément à l’article 63 du Règlement Intérieur du parti. A ce jour, le parti ignore le total des fonds reçus. Joseph Kasa-Vubu aurait été nettement plus transparent.
    Il aurait spontanément communiqué le détail de toutes les sommes reçues, ainsi que les dépenses effectuées et remis le reliquat à la trésorerie.
    Dans notre cas, les choses se sont très mal passées:
     En décembre 2011, sur décision personnelle du Président, trois cents mille US dollars ont été remis au Secrétaire Général en mains propres en espèces sonnantes et trébuchantes sans document comptable pour des dépenses non budgétisées.
     Quatre cents mille euros ont été, sur ordre du président, virés du compte de la fédération du parti en Belgique au compte privé de son épouse. A ce jour, le parti ignore l’usage qui a été fait de cet argent.
    Contrairement au cas précédent pour lequel le responsable du parti impliqué a été emmené par le Président devant la justice du pouvoir que nous contestons pour justifier l’utilisation de l’argent reçu, dans le deuxième cas, c’est l’embargo total, et aucune explication n’a été donnée.
    Bien au contraire, le responsable du parti en Belgique qui a révélé cette information a été débarqué arbitrairement de son poste avec comme motif fallacieux que cette révélation constituait une insulte à la famille.
     Une propriété immobilière (Bercy), située sur le Boulevard Lumumba à Limete, acquise pour environ un million de US$ comme permanence de l’UDPS et payée avec des fonds reçus par le parti, a changé de propriété de manière inexpliquée en faveur de la famille du Président.
     Certains cadres qui avaient perdu l’argent du parti avaient reçu ordre de le rembourser, tandis que les membres de la famille peuvent impunément s’approprier le patrimoine du parti.
     Des fonds récoltés au Canada (plus de dix mille dollars) ont été transférés à New York sur ordre du Président, et ont ensuite pris une destination inconnue.
     Les fonds récoltés à partir de 2012 dans le cadre de la campagne hypothétique de lutte pour la récupération de l’imperium et dont le montant est inconnu n’ont jamais été justifiés et leur gestion est totalement opaque.
     Les cas sont légion où l’argent du parti a été mal géré. C’est ainsi que le parti continue à demeurer indigent alors que beaucoup d’argent qui lui revient a été détourné.
    Malgré le fait qu’il y a eu autant d’argent, le président s’évertuait à dire aux candidats députés en 2011 qui avaient péniblement payé 150 US$ pour s’inscrire sur la liste du parti, qu’ils devaient se débrouiller et qu’il n’y aurait aucune contribution pour leur campagne, car le parti n’avait pas d’argent et que lui même avait déjà fait sa campagne par la «longue lutte» qu’il avait menée.
    Il s’est avéré par la suite que le parti avait suffisamment d’argent et qu’il pouvait largement contribuer à la campagne de ses candidats.
    3. Nous, membres du parti signataires de la présente déclaration, ayant analysé les causes profondes de la crise que traverse l’UDPS, avons jugé nécessaire de prendre les dispositions idoines permettant de mettre fin à cette situation délétère et stopper la gangrène.

    III. LEÇONS POSITIVES DE L’HISTOIRE DE NOTRE LUTTE.

    4. A présent, il est grand temps que nous prenions une nouvelle initiative comme l’histoire de notre propre lutte nous l’apprend:
     En 1987, lorsque le leadership du mouvement a signé les Accords de Gbadolite, acceptant de rentrer dans le MPR, des cadres du Parti ont créé la
    Direction Politique Rénovée (DPR) pour continuer la lutte. Ils ont ainsi gardé le flambeau et l’esprit du mouvement.
     Toujours en 1987, quand Sennen Andriamirado de Jeune Afrique a écrit que M. Frédéric Kibassa, Président en exercice de l’UDPS, avait, au cours d’une interview à l’aéroport de la Luano où il était détenu, accepté de travailler sous la houlette de Mobutu, Raymond Kabalu, Boniface Kayembe Mitonga et André Kalonzo ont rédigé un droit de réponse qu’ils ont fait signer à Kibassa par l’entremise de «petit Jean», un providentiel jeune compatriote trouvé par Mutombo Nzengeja, et qui faisait la navette entre Kibassa et le groupe. Le droit de réponse fut publié par Jeune Afrique à Paris, et l’on évita l’implosion du Parti.
     En 1988, Etienne Tshisekedi ayant décidé d’abandonner la politique (trop tôt en ce moment-là, mais très encouragé aujourd’hui), une dizaine de cadres s’étaient alors réunis à Boston pour convaincre Marcel Lihau de prendre lesrênes du Parti.
    Ce qui nous conduisit jusqu’à la Conférence Nationale où Tshisekedi fut élu Premier Ministre d’un gouvernement de Transition qui devait organiser les élections. Pourtant, seul contre tous ses collègues, Tshisekedi avait soutenu la tenue d’une Conférence Constitutionnelle en lieu et place de la Conférence Nationale. Ce n’est que par la persuasion qu’il finit par en accepter le principe.
    L’ UDPS aurait dû organiser les élections à l’issue de la période transitoire de 24 mois, mais Etienne Tshisekedi avait choisi la confrontation et pas le dialogue avec Mobutu; et ce dernier le chassa de la Primature.
    5. En conséquence de la situation catastrophique qui vient d’être décrite précédemment, en tant que membres à part entière de ce Parti et à l’instar des actions rappelées ci-haut qui ont permis à l’UDPS de survivre, nous prenons une nouvelle initiative qui se résume dans les résolutions ci-après pour sauver le Parti et redonner l’espoir à notrePeuple.

    IV. RESOLUTIONS

     Sur l’indisponibilité du président du Parti
    Afin de mettre fin à l’indisponibilité du président, la mise en place d’un nouveau leadership s’impose. Nous organisons un mini-conclave à la mi-septembre 2015 à Bruxelles qui sera suivi d’un Conclave plus inclusif à Kinshasa aux fins de nous choisir un Président du Parti intérimaire qui nous représentera jusqu’à la tenue d’un Congrès extraordinaire.
    Il sera secondé par un vice-président qui le remplace en cas d’absence.
    Nous invitons tous les membres du Parti qui s’inscrivent dans cette logique à contribuer à l’organisation de ce conclave et à y participer activement afin de sortir le Parti de l’impasse actuelle.
    La durée de la mission du Président intérimaire est de deux mois. Le Président intérimaire est chargé notamment de:
     mettre en place une structure légère pour la gestion administrative et politique du Parti;
     récupérer le patrimoine du Parti;
     négocier les termes de la réunification du Parti;
     organiser le Congrès extraordinaire qui élira le Président du Parti ainsi que notre candidat à la Présidence de la République.
     Sur les tripatouillages et la falsification des statuts par Etienne Tshisekedi.
    En définitive, les statuts modifiés en 2013 par Etienne Tshisekedi sont illégaux et illégitimes. Les seuls statuts valables sont ceux approuvés au Congrès de 2010.
    En conséquence, toutes les nominations faites par Etienne Tshisekedi au-delà de la période transitoire de trois ans après le Congrès de 2010 (fin 2013) sont toutes nulles et de nul effet.
     Sur l’ingérence de la famille biologique du président dans les affaires du parti.
    Le nouveau leadership mettra une ligne de démarcation nette entre les affaires du parti et celles des familles en évitant particulièrement d’œuvrer dans les propriétés privées des responsables du parti. Particulièrement, le nouveau président du Parti utilisera tous les moyens légaux pour récupérer la permanence actuellement confisquée par la famille du Président Etienne Tshisekedi.
     Sur le manque de transparence et la mauvaise gestion des finances du parti.
    Pour un meilleur contrôle de l’argent du parti et pour éviter des détournements, nous insistons sur la mise en place de la Convention Démocratique Nationale dotée de ses commissions permanentes (contrôle financier et discipline), et nous proposons que, désormais, la gestion de l’argent récolté à l’extérieur du pays soit confiée au «Fonds UDPS» qui doit être ré-organisé pour ce faire.
    Nous exigeons du Président qu’il fasse un décompte complet et précis de l’argent reçu au nom du parti dans le cadre de la campagne électorale de 2011 et celui de la récupération de l’impérium.
     Les manquements graves qui viennent d’être relevés dans la gestion du Parti auraient dû faire l’objet de la saisine par les Commissions de Contrôle financier et de Discipline du Parti, malheureusement inexistantes, mais ce sont là des fautes très graves qui devront être sévèrement sanctionnées, raison pour laquelle nous demandons au président intérimaire de mettre immédiatement en place la Convention Démocratique d’où seront issues les différentes commissions permanentes.
    6. Nous nous sommes finalement souvenus de nos martyrs, ces héros qui ont payé de leur sang pour que vive ce parti, oubliés au détriment d’un culte personnel et l’encensement des profiteurs ayant vécu dans l’opulence en marge du combat.
    Ils doivent sans doute aujourd’hui se retourner dans leurs tombes devant les abominations que connaît le parti et les violations des principes qui constituent le fondement même de la lutte pour laquelle ils ont fait le sacrifice suprême. Nous devrions penser à eux chaque fois que nous voulons poser un acte qui doit engager l’avenir du parti et de notre pays.
    Nous voulons les répertorier tous, afin que, le moment venu, nous puissions leur rendre l’hommage qu’ils méritent. Nous citons Roger Kana Kange, Evrard Makota, Tshal Kalend, Cédric Nyanza; nous pensons aussi à tous les autres non encore identifiés, qui ont été jetés au fleuve ou dans des fosses communes.
    Dans cette longue lutte de l’UDPS décrite comme un « bal de chauves », Il est très troublant de constater, si tard dans la lutte, que l’animateur principal de ce bal de chauves, le «DJ», n’est pas chauve!
    Que faire, sinon constater cette triste réalité, la dénoncer, et se choisir un nouveau «DJ», réellement chauve à même de conduire le bal jusqu’à son épilogue.
    En d’autres termes, nous devons trouver un nouveau leader qui va emmener le parti à concrétiser son objectif d’accéder au pouvoir.
    7. Au nom de Robert Kane-Kange mort en relégation sous le régime de Mobutu, Tshal Kalend pendu par la sécurité de Mobutu à Lubumbashi, Evrard Makota abattu à bout portant par la DSP sur le Boulevard Lumumba à Debonhomme (Kinshasa), Cédric Nyanza immolé dans le Bas-Congo pour revendiquer la victoire électorale de Tshisekedi à l’élection présidentielle du 28 novembre 2011, et tant de nos membres fauchés par les différentes dictatures qui se sont succédées au pouvoir à Kinshasa, nous demandons à Etienne Tshisekedi de faire un sérieux examen de conscience si cela est encore possible, et de se retirer de la politique pour consacrer le reste de son temps à sa santé, car il est malade. Les rares sorties forcées qu’il a effectuées dernièrement prouvent éloquemment qu’il a vraiment besoin de repos.

    V. NON A LA PARTICIPATION DE L’UDPS AU DIALOGUE AVEC KABILA

    8. Nous avons enfin examiné un problème d’actualité relatif à la proposition de Etienne Tshisekedi de faire participer l’UDPS à un dialogue avec le pouvoir dictatorial en place à un an de la fin du mandat en cours de Joseph Kabila, par ailleurs très controversé.
    Nous sommes arrivés au constat amer que ce dialogue prôné par Etienne Tshisekedi n’était d’aucun intérêt pour la concrétisation des objectifs que nous poursuivons, à savoir: la conquête, l’exercice et la conservation démocratiques du pouvoir.
    Au contraire, il est visiblement destiné à satisfaire des intérêts purement égoïstes. Pire encore, c’est une passe en or adressée à Joseph Kabila, car elle n’est rien de moins qu’une ouverture à la recevabilité de sa candidature pour un troisième mandat!
    En effet ce dialogue débouchera inéluctablement sur la formation d’ un gouvernement (de Transition ou d’Union Nationale), ce qui correspond à l’ instauration d’ un nouvel ordre juridique conformément à la nouvelle pratique constitutionnelle.
    Le partage du pouvoir dans un gouvernement (de transition ou d’union nationale) avec l’opposition, que l’UDPS accepte d’y participer ou non, induit l’interruption du mandat actuel de Joseph Kabila, par ailleurs très controversé et, celui-ci n’étant pas arrivé à son terme, offre de manière implicite à Joseph Kabila une source de légitimité pour briguer un troisième mandat.
    Notons qu’une situation équivalente qui représente une jurisprudence sur le plan international, avait permis au Président Abdoulaye Wade du Sénégal de briguer un troisième mandat constitutionnellement prohibé, pour avoir modifié la durée de son mandat de 7 à 5 ans au cours de son deuxième et dernier mandat, mettant ainsi en place un nouvel ordre institutionnel.
    En réclamant la tenue d’un dialogue en position de faiblesse, on donne à son interlocuteur le loisir d’imposer ses propres conditions, surtout si au départ on a invoqué un prétexte fallacieux pour le réclamer.
    Il faut déplorer que dans les mêmes circonstances avec le pouvoir finissant de Mobutu hier, Etienne Tshisekedi avait forcé un dialogue avec Mobutu à Nice que tout le monde avait rejeté et qui avait permis à ce dernier de rebondir dans un retour triomphal à Kinshasa.
    Nous savons que Mobutu en avait profité, l’UDPS n’en avait pas bénéficié, Dieu seul sait quel bénéfice personnel Etienne Tshisekedi en a tiré.
    Par ailleurs, la feuille de route proposée par Etienne Tshisekedi reprend de nombreuses dispositions de la loi électorale qui doivent être respectées, mais qui ne l’ont jamais été dans le cadre de la loi. Par quel mécanisme un simple dialogue entre groupes d’individus imposera-t-il le respect de ces dispositions là où la loi n’a pas réussi à le faire ?
    Les Accords d’Addis-Abeba invoquées ont été mal interprétées et ne peuvent pas être la référence pour réclamer un dialogue.
    Comment peut-on, en outre, décider d’aller dans un dialogue contre la volonté populaire et déclarer ensuite souhaiter recourir à ce même peuple en cas d’échec?
    N’est-ce pas un véritable mépris à l’égard du peuple que l’on considère comme un simple objet que l’on n’utilise que pour satisfaire son orgueil personnel? Quoi qu’il en soit, comme la grande majorité des membres de l’UDPS, nous nous opposons à la tenue de ce dialogue contre-nature qui doit être considéré comme une véritable trahison.

    Fait à Bruxelles, le 31 juillet 2015.

    Les Signataires :

    André Kalonzo Ilunga Co-fondateur ; Représentant honoraire aux Nations Unies, Ancien Secrétaire du Parti Chargé de Mission au Katanga

    Raphaël Kashala Ancien Directeur de Cabinet du Secrétaire National aux
    Relations Extérieures; Conseiller honoraire à la Représentation au Benelux ; Ancien Conseiller particulier du Président Tshisekedi

    François Tshipamba Mpuila Représentant honoraire au Benelux; Coordonnateur du Bureau d’Etudes, Expertises et Stratégies (BEES)

    Léonard Mpoyi Muadianvita Représentant honoraire en Norvège
    Raymond Kabalu Kadima Co-fondateur, Ancien Conseiller Culturel du Premier Ministre Tshisekedi, Représentant-Adjoint au Danemark

    Ange Kalonji Tshidimba Conseiller honoraire à la Représentation du Canada

    Madame Kashika Membre du Parti Fédération de Belgique

    Sylvain Nsenda Kalala Président honoraire Comité Fédéral du Canada, Président de la Convention Démocratiique du Canada

    Urbain Ndondo Conseiller Diplomatique à la Représentation du Canada

    Oscar Mutombo Membre du Parti Fédération du Canada

    Marcellin Kwilu Mondo Président honoraire Section Ontario / Canada

    Papy Bisungu Membre du Parti Fédération du Canada

    Toure Kabongo Mukendi Président Section Ontario / Canada

    Nono Ilunga Bukasa Président honoraire Comité Fédéral Canada

    Andre Kabemba Membre du Parti Fédération du Canada

    Eddy Bozinga : Président-Adjoint Section Ontario/Canada

    Sage Gayala Secrétaire Fédéral chargé de la communication
    Fédération du Canada

    Bernard KabeyaTshilumbayi Représentant-Adjoint en France

    Liévin Tshiembe Ntambue Secrétaire Fédéral chargé de l’Administration Fédération du Danemark

    Philippe Mandangi Représentant honoraire au Royaume Uni

    Albert Mukendi Conseiller honoraire Représentation au Royaume Uni

    Placide Kanema Président honoraire Comité Fédéral de Norvège

    Félix Mulamba Président honoraire de l’Assemblée Fédérale de Norvège

    Georges Mboa Membre du Parti Fédération de Belgique

    Marie Tshibwabwa Membre du Parti Fédération des Etats-Unis d’Amérique.

  • Visa Schengen : Les ressortissants de la RDC sont souvent victimes de la discrimination raciale

    Visa Schengen : Les ressortissants de la RDC sont souvent victimes de la discrimination raciale

    PASSEPORT CONGOLAIS-En écoutant le mardi 18 août 2015 sur Radio Okapi  Mme Caroline Mouchart et l’ambassadeur de la Belgique en République démocratique du Congo (RDC) ; M. Michel Lastschenko, s’exprimant sur l’octroi de visa Schengen, je me permets de prendre position sur le fait que les deux personnes n’ont pas parlé du droit de recours dont dispose le demandeur du visa Schengen.
    Car, en cas de refus d’un visa, il est possible de contester une appréciation jugée arbitraire en recourant à une voie de droit.

    En l’espèce, les Congolais qui sollicitent un visa sont souvent victime de la discrimination raciale qui peut découler de préjugés ouverts ou d’une antipathie ou de sentiments négatifs simplement à cause d’un parti pris à leur égard fondé sur la race noir et des motifs connexes.

    Ils se trouvent ainsi devant un traitement inhumain et dégradant en violation de l’art. 3 de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), de l’ingérence discriminatoire leur vie privée en violation des articles 8 et 14 CEDH.

    En effet, de plus en plus, les demandeurs de visa pour l’espace Schengen sont mécontents. Ils se plaignent de la manière dont leurs dossiers sont traités à la Maison Schengen.

    Radio Okapi a reçu les plaintes de certains d’entre eux qui disent n’avoir obtenu aucune suite de cette institution six mois après l’introduction de leurs  dossiers. Dans certains cas, disent-ils, les passeports ne sont pas tout de suite retournés.

    Mme Caroline Mouchart, Consul et Michel Lastschenko, Ambassadeur de Belgique en RDC dont dépend la Maison Schengen ont donné des explications.  Ils ont parlé également des procédures pour réinitialiser un dossier après un refus. Ils répondaient aux  questions de Jocelyne Musau Ponde.

    Code communautaire des visas et Code des visas

    Depuis l’entrée en vigueur, le 5 avril 2010, du Code communautaire des visas (Règlement n° 810/2009 du 13 juillet 2009) applicable dans tout l’espace Schengen, le système des voies de droit a été uniformisé, puisque toutes les représentations Schengen doivent désormais notifier tout refus de visa au moyen d’un formulaire motivant la décision.

    En outre, le Code des visas prévoit une extension des droits de procédure et offre ainsi une meilleure protection contre l’arbitraire.

    En remettant le formulaire de refus de visa, l’autorité rend une décision susceptible de recours (art. 32). Le recours ou la voie de droit sont régis par le droit de l’Etat qui rend la décision (Cf. Ange Sankieme Lusanga, notre doctorat en théologie (éthique) à l’Université de Bâle, titre la thèse : « Ethique de la migration. La valeur de la justice comme base pour une migration dans l’Union Européenne et la Suisse », Genève,  éditions Globethics.net 2012, 361 pages).

    Le droit à un recours effectif dans la CEDH

    L’article 13 de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) établit le droit à un recours effectif, par lequel « toute personne dont les droits et libertés reconnus par la présente Convention ont été violés, a droit à l’octroi d’un recours effectif devant une instance nationale, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l’exercice de leurs fonctions officielles ».

    Il s’agit de l’une des dispositions clés sous tendant le système de protection des droits de l’homme de la Convention avec l’obligation de l’article 1 de respecter les droits de l’homme, et celle de l’article 46 sur l’exécution des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme (Cour EDH), cf. Guide de bonnes pratiques en matière de voies de recours internes (adopté par le Comité des Ministres le 18 septembre 2013.

    En effet, la mise en œuvre de recours internes effectifs pour les violations de la Convention est une préoccupation de longue date du Conseil de l’Europe, considérée à maintes reprises comme une priorité au plus haut niveau politique.

    Il s’agit notamment aux Conférences de haut niveau sur l’avenir de la Cour qui ont successivement été organisées par la présidence suisse du Comité des Ministres (Interlaken, Suisse, 18-19 février 2010), la présidence turque (Izmir, Turquie, 26-27 avril 2011, cf. le Plan de suivi de la Déclaration d’Izmir, partie B. 1.a. et la présidence britannique (Brighton, Royaume-Uni, 19-20 avril 2012, cf. le paragraphe 9. f. ii. de la Déclaration de Brighton).

    La Déclaration adoptée lors de cette dernière conférence a ainsi « (exprimé) en particulier la détermination des Etats parties à (…) (en envisageant) d’instaurer, si nécessaire, de nouvelles voies de recours internes, de nature spécifique ou générale, pour les violations alléguées des droits et libertés protégés par la Convention » et, également, en « encourage (ant) les juridictions et instances nationales à tenir compte des principes pertinents de la Convention.

    Et ce, eu égard à la jurisprudence de la Cour, lorsqu’elles conduisent leurs procédures et élaborent leurs décisions, et leur en donner les moyens ; et, en particulier, (en) permet (tant) aux parties au litige – dans les limites appropriées de la procédure judiciaire nationale, mais sans obstacles inutiles – d’attirer l’attention des juridictions et instances nationales sur toutes dispositions pertinentes de la Convention et la jurisprudence de la Cour ».

    Outre ces deux dispositions, la Déclaration a invité le Comité des Ministres « à élaborer un guide de bonnes pratiques en matière de voies de recours internes ».

    Le Comité des Ministres a ensuite chargé le Comité directeur pour les droits de l’homme (CDDH) d’élaborer le dit guide, cf. les décisions du Comité des Ministres lors de sa 122e session, 23 mai 2012, point 2 – Garantir l’efficacité continue du système de la Convention européenne des droits de l’homme.

    Les travaux se sont d’abord tenus au cours de deux réunions d’un groupe de rédaction à composition restreinte, avant d’être examinés par le Comité d’experts sur la réforme de la Cour (DH-GDR), puis par le Comité directeur pour les droits de l’homme (CDDH) avant sa transmission au Comité des Ministres.

    Les Congolais « souvent victime de la discrimination raciale »

    Les Congolais doivent savoir que, « conformément à la jurisprudence constante, la Cour européenne des droits de l’homme (Cour EDH), la preuve de la discrimination qu’ils sont victime peut résulter d’un faisceau d’indices ou de présomptions non réfutées, suffisamment graves, précis et concordants, dont la radio Okapi a mentionné dans l’émission.

    En outre, le degré de conviction nécessaire pour parvenir à une conclusion particulière et, à cet égard, la répartition de la charge de la preuve sont intrinsèquement liés à la spécificité des faits, à la nature de l’allégation formulée et au droit conventionnel en jeu (Natchova et autres c. Bulgarie [GC], nos 43577/98 et 43579/98, § 147, CEDH 2005-VII) » dans la mesure où, le refus des visas et la manière que les Congolais sont traités ont des présomptions non réfutées de discrimination indirecte en fonction leur origine congolaise.

    La Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) du Conseil de l’Europe a adopté sa Recommandation de politique générale no 7 sur la législation nationale pour lutter contre le racisme et la discrimination raciale.

    Ce texte définit ainsi la « discrimination raciale » :

    « 1.  Aux fins de la présente Recommandation, on entend par : (…) ;
    b)  « discrimination raciale directe » toute différence de traitement fondée sur un motif tel que la race, la couleur, la langue, la religion, la nationalité ou l’origine nationale ou ethnique, qui manque de justification objective et raisonnable. (…) ;
    c)  « discrimination raciale indirecte » le cas où un facteur apparemment neutre tel qu’une disposition, un critère ou une pratique ne peut être respecté aussi facilement par des personnes appartenant à un groupe distingué par un motif tel que la race, la couleur, la langue, la religion, la nationalité ou l’origine nationale ou ethnique, ou désavantage ces personnes, sauf si ce facteur a une justification objective et raisonnable. (…) ».

    La Cour EDH rappelle que l’article 14 n’a pas d’existence autonome, mais joue un rôle important de complément des autres dispositions de la Convention et des Protocoles puisqu’il protège les individus, placés dans des situations analogues, contre toute discrimination dans la jouissance des droits énoncés dans ces autres dispositions.

    Lorsque la Cour a constaté une violation séparée d’une clause normative de la Convention ou de ses Protocoles, invoquée devant elle à la fois comme telle et conjointement avec l’article 14, elle n’a en général pas besoin d’examiner aussi l’affaire sous l’angle de cet article, mais il en va autrement si une nette inégalité de traitement dans la jouissance du droit en cause constitue un aspect fondamental du litige (Chassagnou et autres c. France [GC], nos 25088/94, 28331/95 et 28443/95, § 89, CEDH 1999-III, et arrêt Dudgeon c. Royaume-Uni du 22 octobre 1981, série A no 45, p. 26, § 67).

    L’origine ethnique et la race sont des notions liées, qui se recoupent. Si la notion de race trouve son origine dans l’idée d’une classification biologique des êtres humains en sous-espèces selon leurs particularités morphologiques (couleur de la peau, traits du visage), l’origine ethnique se fonde sur l’idée de groupes sociaux ayant en commun une nationalité, une appartenance tribale, une religion, une langue, des origines et un milieu culturels et traditionnels.

    Le fait de traiter de manière différente, sauf justification objective et raisonnable, des personnes placées dans des situations comparables constitue une discrimination (Willis c. Royaume-Uni, no 36042/97, § 48, CEDH 2002-IV). La discrimination fondée sur l’origine ethnique réelle ou perçue constitue une forme de discrimination raciale (voir les définitions adoptées par les Nations unies et la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance, paragraphes 33 et 34 ci-dessus).

    La discrimination raciale est une forme de discrimination particulièrement odieuse et, compte tenu de ses conséquences dangereuses, elle exige une vigilance spéciale et une réaction vigoureuse de la part des autorités.

    C’est pourquoi celles-ci doivent recourir à tous les moyens dont elles disposent pour combattre le racisme, en renforçant ainsi la conception que la démocratie a de la société, y percevant la diversité non pas comme une menace mais comme une richesse (Natchova et autres, précité, § 145).

    Une fois que le requérant a démontré qu’il y a eu différence de traitement, il appartient au gouvernement défendeur d’en établir la justification. Par conséquent, les congolais demandeurs de visa Schengen se trouvent dans la même situation que les autres personnes souhaitant passer la frontière européenne.

    Des explications « pas convaincantes »

    Les explications de l’Ambassadeur propre à justifier la différence de traitement entre les personnes d’origine congolaise et les autres dans la jouissance du droit à la liberté de circulation ne sont pas convaincantes.

    En tout état de cause si les Congolais faisaient le recours contre le refus de visa, la Cour EDH considère qu’aucune différence de traitement fondée exclusivement ou de manière déterminante sur l’origine ethnique d’un individu ne peut passer pour objectivement justifiée dans une société démocratique contemporaine, fondée sur les principes du pluralisme et du respect de la diversité culturelle.

    En définitive, les Congolais font l’objet d’une privation et d’une restriction délibérées tenant exclusivement à leur origine ethnique, la différence de traitement avec la complicité et dans l’indifférence totale des autorités congolaises s’analyse en une discrimination raciale au sens de l’article 14 de la CEDH.

    Et quotidiennement en République Démocratique du Congo (RDC), il y a sans cesse la violation de l’article 14 de la CEDH combiné avec les articles 3 et 8 à la CEDH pour les demandeurs de visa Schengen.

    La raison de risque migratoire n’est pas convaincante. En effet, avec la montée en puissance de nouvelles technologies destinées au recueil et à la transmission de données personnelles, qui représentent un danger accru pour les libertés, dire que les demandeurs de visa congolais ne quitteront pas l’espace Schengen est un alibi qui ne mérite pas les frais occasionnés et l’énergie engagé lors de la procédure.

    Par ailleurs, les méthodes modernes de recueil se fondent sur de nouvelles générations de puces électroniques capables de recueillir et de stocker de grandes quantités de données et de les transmettre très efficacement par télémétrie.

    Malgré leur apparente neutralité, ces données (…) peuvent être détournées en vue d’une surveillance abusive des comportements. (…). Ce risque de détournement est encore aggravé par la possibilité de transmettre de telles données par des techniques performantes de télémétrie qui ne garantissent nullement leur confidentialité et n’offrent aucune protection contre une utilisation illégitime (cf. Ange Sankieme Lusanga, notre doctorat en droit à l’Université de Berne, titre de thèse : « Esquisse sur l’émergence d’une nationalité et citoyenneté transnationale face aux concepts traditionnels. Etude des droits africain, congolais, européen et suisse », Berne, éditions Stämpfli  2014,  332 pages).

    La CEDH, dans son texte originaire, ne contient pas de disposition particulière relative aux demandeurs de visa. Cependant, la Cour EDH a pris en compte les droits de ces derniers et a réalisé une extension de la protection conventionnelle, sous réserve de l’activité politique (art. 16 CEDH).

    En effet et à l’aune de l’art. 1er CEDH, il est reconnu des droits à toute personne, sans distinction de nationalité, dès lors qu’elle relève de la juridiction d’un Etat membre. Par ailleurs, le mécanisme de la “protection par ricochet” a également joué en faveur des étrangers, une catégorie de personnes particulièrement vulnérables.

    Cependant, pour être compatible avec la CEDH, le droit interne doit offrir des garanties de procédure effectives afin de protéger les étrangers contre des mesures étatiques arbitraires. Ainsi, la protection procédurale suppose, en l’espèce, les Congolais qui demandent le visa doivent disposer d’un recours effectif au sens de l’art. 13 de la CEDH (voir également MSS c/ Belgique et Grece, 21 janv. 2011; Auad c/ Bulgarie, 11 oct. 2011; Müslim C/ Turquie, 26 avr. 2005 § 72; T.I. c/ Royaume-Uni, 7 mars 2000, n° 43844/98).

    En ce qui concerne le délai de 6 mois évoqué dans l’émission, force est de constater que cela constitue un déni de justice flagrant, dans la mesure où des garanties fondamentales de la procédure équitable ne sont respectées, cf. par analogie, voir Othman c/ Royaume-Uni, 17 janv, § 260. Par ailleurs, la Cour EDH exige que, les demandes (…) soient examinées rapidement, attentivement et avec une diligence particulière” (voirTanda-Muzinga c/ France, 10 juil. 2014, § 73).

    En vous remerciant pour toute l’attention que vous aurez accordée à la présente prise de position et en particulier en publiant ce qui précède, pour que les Congolais soient informés de leurs droits, je vous prie de recevoir, Messieurs les Journalistes, l’expression de nos sentiments distingués.

    LE POTENTIEL

     

  • RDC : campagne choc de l’ONU pour sensibiliser les Casques Bleus aux violences sexuelles

    RDC : campagne choc de l’ONU pour sensibiliser les Casques Bleus aux violences sexuelles

    monusco-La campagne de prévention lancée lundi sur internet vise à rappeler la “tolérance zéro pour le personnel civil et militaire des Nations unies” lorsque des violences sexuelles sont commises, indique le site de la Monusco.

    Dans le cadre de cette initiative, la mission de l’ONU en RDC (Monusco) a publié lundi 17 août plusieurs photos chocs. L’une d’elles montre une jeune fille en pleurs, le visage caché entre ses mains. Elle est assise sur un lit et, près d’elle, git l’uniforme d’un Casque bleu. « Elle pourrait être votre fille. Pas de relations sexuelles avec les enfants ! », indique la légende.

    Une autre photo montre un Casque bleu de dos, torse-nu et derrière des barreaux. « Les relations sexuelles avec les mineurs sont un crime », est-il écrit en blanc, sur fond rouge. Enfin, un cliché présente un préservatif flanqué du sigle de l’ONU. Le message : « Ceci n’est pas un laisser-passer pour la prostitution ».

    Interrogée par l’AFP, une source de la Monusco a affirmé que la campagne était « prévue bien avant » l’affaire qui a mené à la démission mercredi dernier du général Babacar Gaye, chef de la Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) et ancien commandant de la Monusco, et qu’elle s’inscrivait dans le cadre de ses activités régulières de prévention.

    Excédés, des internautes invitent la Monusco à « dégager » du pays

    Le diplomate sénégalais a quitté son poste après une série d’accusations d’abus sexuels sur des enfants, qui auraient été commis par des Casques bleus en Centrafrique.

    La campagne de l’ONU a déjà fait réagir des dizaines d’internautes sur Facebook. « Cette nouvelle campagne de la Monusco contre les violences sexuelles est à saluer », mais il est « dommage qu’il en faille une puisque [l’]ONU, c’est censé protéger et pas agresser », commente Dali Mbala.

    Excédés, des internautes invitent la Monusco à « dégager » du pays, estimant qu’elle ne remplit pas correctement sa mission : appuyer l’armée dans l’éradication des dizaines de groupes armés locaux et étrangers qui sévissent dans l’est congolais depuis deux décennies.

    La Mission est régulièrement accusée d’agressions sexuelles, notamment sur mineurs. En février 2005, l’ONU a interdit aux Casques bleus d’avoir des relations avec des Congolais après la révélation d’abus sexuels sur des filles de 13 ans.

    Jeune Afrique