Author: Don Kayembe

  • Procès Chebeya: le ministère public confirme son réquisitoire

    Procès Chebeya: le ministère public confirme son réquisitoire

    PROCES RDC-En RDC, devant la Haute Cour militaire de Kinshasa, le ministère public a requis une nouvelle fois la condamnation à perpétuité pour les cinq auteurs présumés de l’assassinat de Floribert Chebeya. Ce défenseur des droits de l’homme avait été retrouvé mort le 2 juin 2010 avec son chauffeur, après avoir été convoqué au siège de la police, alors dirigée par le général John Numbi.

    Le verdict de l’affaire Chebeya en appel est attendu le 17 septembre. Le colonel Ekofo, le président de la Haute cour militaire, l’a annoncé lundi 31 août. Au cours de cette même audience, le ministère public a confirmé son réquisitoire : la prison à perpétuité pour tous les cinq prévenus en appel.

    Les accusés, eux, ont tous plaidé non coupables. Ils ont, de fait, demandé leur acquittement pur et simple, faute des preuves, estiment leurs avocats. « Je suis innocent dans cette affaire Chebeya, vous feriez mieux de m’acquitter plutôt que de me garder en prison », a ainsi déclaré le colonel Daniel Mukalay.

    L’audience marathon de ce lundi a été riche en répliques et contre-répliques de toutes les parties. « Ce procès n’est pas dirigé contre le président Joseph Kabila, et aucun élément du dossier ne le renseigne », a rétorqué maître Kabasela Ilunga, représentant les parties civiles, aux avocats de la défense. Ceux-ci avaient affirmé dans leurs plaidoiries que le procès Chebeya était en fait une affaire politique destinée à atteindre la personne du chef de l’Etat par l’intermédiaire du général John Numbi, soupçonné d’être le commanditaire du meurtre.

    Selon Peter Ngomo, un des autres avocats des parties civiles, on sait là où se trouvent tous les autres criminels qui ont participé à l’assassinat de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, mais beaucoup de choses n’ont pas été dites. Et maître Régine Sesepe de renchérir que ce procès n’est pas terminé. Pourquoi ? Parce qu’il y a des devoirs et des arriérés d’instruction qui n’ont pas été examinés. Et puis reste le volet sénégalais. A Dakar, l’un des suspects en cavale, le major Paul Mwilambwe, s’est constitué prisonnier, avant d’être inculpé par la justice sénégalaise en janvier dernier.

    « Nous voulons la vérité », a déclaré maître Régine Sesepe, qui a réclamé pour les épouses Chebeya et Bazana la réparation des préjudices sexuels. Des dommages intérêts évalués pour chacune des épouses à trente millions de dollars.
    RFI
  • Crise financière chinoise, les prévisions de croissance sont revues à la baisse en RDC.

    Crise financière chinoise, les prévisions de croissance sont revues à la baisse en RDC.

    economie rdc-Les chiffres de croissance de la RDC ont été revus à la baisse, annonce le ministre des finances dans un communiqué, “en raison d’un ralentissement de la demande de matières premières sur les marchés financiers chinois”.

    https://twitter.com/drc_notes/status/636744815884017664

    Selon Henry Yav , les prévisions de croissance projetées pour la RDC sont maintenant de 8,4% (au lieu de 10,3%), ce qui correspond quand même encore à plus du double de la croissance prévue de l’économie mondiale en 2015 (3,3%).

    En raison de son influence majeure sur les marchés internationaux, les prévisions de croissance “de la Chine, à la baisse, a réduit les projections d’importation et poussé le prix du cuivre de la RDC”, principal matière exportée, à son taux le plus bas depuis 6 ans.
    “Il en résulte un impact inévitable sur nos propres prévisions de croissance “.

    “En dépit de ces défis, le gouvernement de la RDC continue d’être proactif dans la recherche de nouvelles sources de revenus et la création d’emplois afin de diversifier son économie et met un accent notamment sur le développement des petites et moyennes entreprises et de l’agriculture à grande échelle”.
    Selon le ministre des finances, l’économie congolaise reste dynamique et “les réformes que nous avons mises en place ces dernières années, nous rendent attractive pour l’investissement étranger”.

    La Chine est actuellement touchée par une crise financière majeure qui fait “dévisser” toutes les bourses mondiales.

    Selon Éric Heyer, économiste de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), “ce qui se passe en Chine est sérieux…”, il va y avoir un ralentissement de l’économie mondiale.

    “Globalement, l’ensemble est inquiétant, mais pas non plus trop inquiétant”.

    (TopCongo)

  • Le glissement est déjà là?

    Le glissement est déjà là?

    Bureau de la  CENI
    Bureau de la CENI

    -La publication du calendrier global comprenait 23 contraintes à sa réalisation, le fait d’avoir attendu plus de 3 mois la promulgation de certaines lois fait que “tout le monde doit savoir qu’il y aura des conséquences sur le calendrier”, a dit à TOP CONGO FM, le rapporteur de la Commission Électorale Nationale Independante.

    Pour Emery Kalamba, les écueils restant sont tout aussi nombreux, “il y a le problème des nouveaux majeurs, il y a la loi d’engagement, il y a aussi des options à lever, faut-il coupler ou non certaines élections?”

    Il faut que la classe politique réévalue tout le processus.

    “Je n’appelle pas cela dialogue, appelez cela comme vous voulez car si je dis dialogue on me dira que comme Kabila a dit dialogue, lui de la CENI n’est pas indépendant car il a dit aussi dialogue. Le terme Concertations a aussi été utilisé, quel est l’autre terme pour désigner les gens qui parlent d’hommes à hommes”, s’interroge ironiquement Emery Kalamba, qui note que la tripartite CENI-Majorité-Opposition ne peut pas prendre de décisions aussi importantes.

    “Nos échanges de la CENI portent sur des aspects techniques”.

    La CENI n’a pas la latitude de décider des implications financières ou temporaires qui modifieraient le calendrier, souligne le rapporteur.

    Selon Emery Kalamba, la solution est que les grandes décisions soient prises dans un cercle élargi à ceux qui ont les moyens de la décision “car les conséquences des décisions prises nous conduiront à d’autres réactions”.

    Sous entendus, au glissement tant décrié par l’opposition mais inévitable au regard de la tournure des événements:

    Le glissement est déjà là? 

    L’article 70 de la Constitution, alinéa 2, stipule qu’à “la fin de son mandat, le Président de la Republique reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu”.

    A décembre 2016, vu les difficultés rencontrées jusqu’aujourd’hui dans l’organisation des scrutins, tout porte à croire que l’élection présidentielle n’aura pas eu lieu.

     La CENI évoque des problèmes financiers, la communauté internationale, qui insiste particulièrement sur la tenue dans les délais de l’élection présidentielle, ne s’exprimant toujours pas sur la hauteur de son financement, qui dela Majorité ou de l’Opposition reconnaîtra en premier le fait qu’il est désormais impossible de tenir ce scrutin dans les délais?
    (TopCongo)
  • Présidentielle en Guinée: seuls les ténors répondent présents

    Présidentielle en Guinée: seuls les ténors répondent présents

    conde-diallo-En Guinée, c’est l’heure du dépôt de candidatures pour l’élection présidentielle du 11 octobre prochain qui fait l’actualité dans les cafés, les véhicules de transports en commun et même dans les grands salons. Mais, du fait de la caution trop élevée, les prétendants ne se bousculent pas.

    Contrairement à 2010, les candidats ne se bousculent pas au greffe de la Cour constitutionnelle. Un peu plus de deux semaines après l’ouverture des enregistrements et à quatre jours de la date butoir, seulement quatre prétendants ont fait acte de candidature. Par ordre de passage : Alpha Condé, candidat à sa propre succession, Papa Koly Kourouma de Génération pour le renouveau, l’union et la prospérité (GRUP), Sidya Touré de l’Union des forces républicaines (UFR) et Cellou Dalein Diallo de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG).

    Dans un entretien à RFI, Sidya Touré appelle les Guinéens à prendre leur destin en main : « Nos compatriotes doivent cette fois-ci être maîtres de leur destin. Ils doivent savoir que deux maux essentiels minent notre pays en ce moment : la division, l’exclusion qui a été encouragée par le régime en place, mais également la misère, la pauvreté, la décadence de notre pays. Toutes ces choses peuvent trouver une fin heureuse si nous allons à ces élections, déterminés que nous sommes à ne pas accepter la fraude et à faire en sorte que leur volonté soit faite de manière à ce que les bulletins qu’ils mettront danse les urnes, on puisse les décompter de manière claire et transparente. »

    ► A (RE)ECOUTER : Sidya Touré, opposant guinéen: «Je reprends ma liberté» (Invité Afrique)

    Hier vendredi 28 août, c’était le tour de Cellou Dalein Diallo. Le finaliste malheureux de 2010 qui espère que cette fois ce sera la bonne : « Je m’engage dans cette compétition avec beaucoup de confiance, beaucoup d’espoir. J’espère que nous allons participer à une compétition saine et que conformément à l’accord du 20 août, toutes les anomalies seront identifiées, évaluées et corrigées ». Avec du recul, il espère que cette fois ses partisans sauront défendre et sécuriser leur choix.

    ► A (RE)ECOUTER : Cellou Dalein Diallo: «Je ne suis pas isolé, je cherche des alliances pour 2015» (Invité Afrique)

    (RFI)

  • L’argent des Africains : Gloria, infirmière dans un centre hospitalier en RDC – 198 euros par mois

    L’argent des Africains : Gloria, infirmière dans un centre hospitalier en RDC – 198 euros par mois

    infirmier-Un infirmier s’est immolé début mai devant l’hôpital général de référence de Gemena, dans l’ouest de la RDC. Il réclamait sa prime de risques de 38 000 francs congolais, environ 38 euros. C’était son seul revenu, n’ayant pas le statut de salarié dans cet établissement public où il travaillait pourtant depuis 29 ans !

    À quelques centaines de kilomètres au sud-ouest de Gemena, Gloria* a accepté de nous « ouvrir » son portefeuille. Infirmière depuis 2004 dans un centre hospitalier privé, situé au cœur de la ville de Kinshasa, cette mère de famille – elle a trois enfants – a bien du mal à joindre les deux bouts. En cause : le « salaire insignifiant » qui lui est versé tous les mois.

    « Plus d’une fois l’idée de démissionner m’a déjà traversé l’esprit, confie-t-elle. Après 11 ans de travail, lorsque votre paie ne vous permet pas de vivre décemment, vous avez une seule envie : tout laisser tomber ! » Chaque mois, Gloria touche 111 090 francs congolais, soit 111 euros. « À ce salaire mensuel de base s’ajoutent une indemnité de logement équivalant à 33 euros, une prime de transport de 52 euros et une autre prime non spécifiée de 2 euros », précise-t-elle, yeux fixés sur les lignes de son bulletin de paie. Ce qui lui fait un revenu mensuel de 198 euros. Mieux lotie que d’autres dans un pays où le salaire mensuel moyen dépasse légèrement les 30 euros selon la Banque mondiale, il lui faut malgré tout batailler pour faire face au coût de la vie.

    a lire:

    L’argent des Africains : Saïd, imam au Maroc – 325 euros par mois

    Provisions alimentaires pour la famille : plus de 60 euros

    « Si j’étais seule, avec trois enfants à charge, ce salaire de misère ne m’aurait pas permis de survivre. C’est mon époux qui pourvoit à l’essentiel de nos besoins », reconnaît cette femme de 44 ans, mariée à un employé d’une ONG locale de développement. « Comment aurais-je pu, par exemple, payer les frais de scolarité de mon premier fils qui s’élèvent à plus de 400 euros par an ? », interroge-t-elle.

    Si son mari prend en charge les frais de scolarité des enfants et le loyer de plus de 90 euros par mois – la famille vit dans un trois pièces dans le sud de Kinshasa -, Gloria se charge des provisions alimentaires pour le foyer. « Chaque mois, je fais le plein de fufu [farine de maïs et/ou de manioc], d’huile végétale et de haricots », explique-t-elle, précisant que « cela [lui] coûte mensuellement plus de 60 euros ».

    Transports : 42 euros par mois

    Résidant dans une commune très excentrée du centre-ville, notre infirmière doit effectuer chaque jour deux correspondances de bus pour se rendre sur son lieu de travail.

    Gloria débourse en effet tous les mois quelque 42 euros pour le transport. « Je me lève tous les matins à 5 heures 30 pour m’occuper des enfants avant leur départ à l’école », explique-t-elle. « Mais les routes sont en mauvais état et je ne parviens jamais à être à l’heure au travail », déplore-t-elle.

    « Pour ces retards réguliers au travail, j’ai déjà reçu plusieurs avertissements », poursuit-elle. Des remontrances qui lui restent en travers de la gorge. « Un jour, je finirai par rendre mon tablier et changer de métier », jure celle qui a grandi dans l’ex-province de Bandundu, dans l’ouest de la RDC. « Je retournerai dans mon village natal pour m’occuper des champs. Je crois qu’en tant que paysanne, je gagnerai mieux ma vie qu’en tant qu’infirmière dans la capitale », espère-t-elle.

    Épargne informelle : 27 euros

    En attendant, c’est à Kinshasa que Gloria se bat pour réaliser ses petits projets. « D’ici la fin de l’année, je voudrais acheter une machine à laver pour la famille », confie-t-elle. Mais l’appareil électroménager coûte environ 136 euros. Plus de 2/3 de son salaire mensuel.

    « Comme c’est impossible de sacrifier les autres dépenses pour me la payer, je participe depuis le début de l’année, avec neuf autres collègues, à une sorte de tontine : chaque mois et de manière rotative, chacun d’entre nous verse 27 euros à un membre du groupe. Ce dernier encaisse ainsi d’un coup 270 euros », explique Gloria qui attend son tour à la fin du mois d’octobre.

    Assistance familiale et « imprévus » : 65 euros

    Tous les mois, Gloria s’efforce également de ne pas tout dépenser. Elle garde toujours sur elle une soixante d’euros pour des « imprévus » qui sont principalement consacrés à la santé des enfants. « Mon mari est souvent en mission en dehors de la ville de Kinshasa. Pendant son absence, si un enfant tombe malade, je dois être en mesure de lui acheter quelques médicaments en urgence ou de le conduire à l’hôpital, s’il le faut », se justifie-t-elle.

    Une fois tous les trois mois, elle essaye également d’envoyer « quelque chose » à ses parents restés en province. « C’est ma plus grande peine : ne pas pouvoir aider financièrement ma mère et mon père alors qu’ils ont tout sacrifié pour me payer des études quand j’étais jeune », affirme-t-elle.

    « J’en souffre encore davantage lorsque mes oncles et tantes considèrent que je ne m’occupe pas de mes parents alors que, selon eux, j’ai réussi dans la vie parce que je travaille et vis à Kinshasa », ajoute-t-elle. Qu’à cela ne tienne, Gloria n’oublie jamais d’envoyer environ 10 euros « chaque trimestre » à son père et à sa mère, tous les deux retraités. « C’est triste mais c’est tout ce que je peux faire », lâche-t-elle, soulignant qu’elle-même ne s’autorise pas à acheter de nouveaux pagnes avec son salaire.

    Taux de conversion établi à 1 euro pour 1000 francs congolais le 11 août 2015.


    *À la demande de l’intéressée, son prénom a été modifié.

    (Jeune Afrique)

  • Airbus de Congo Airways bloqué à Dublin : Kinshasa privilégie « l’arrangement à l’amiable »

    Airbus de Congo Airways bloqué à Dublin : Kinshasa privilégie « l’arrangement à l’amiable »

    congo airways-Le gouvernement congolais a reconnu mercredi devoir quelque 10 millions d’euros à la société américaine Miminco LLC qui a fait saisir un Airbus de Congo Airways à Dublin. Trois jours plus tôt, Kinshasa a dépêché des émissaires dans la capitale irlandaise pour tenter de trouver un « arrangement à l’amiable ».

    « Le conflit remonte à l’époque de la guerre de libération [entre 1996 et 1997]. Des soldats zaïrois qui auraient été conduits par l’un des fils du maréchal Mobutu avaient occupé des concessions diamantifères de Miminco LLC dans le territoire de Tshikapa […] », dans le centre du pays, a expliqué Kin-Kiey Mulumba, ministre congolais en charge des Relations avec le Parlement et porte-parole par intérim du gouvernement de la RDC, lors d’un point de presse organisé le 26 août à Kinshasa.

    À la suite d’une procédure arbitrale conduite devant le Centre international des règlements des différends d’investissement (CIRDI), la RDC avait accepté en 2007 de verser  11,4 millions de dollars (10,1 millions d’euros) à la compagnie minière américaine pour mettre fin au litige. Mais depuis, seulement 1,3 million d’euros ont été payés. Ce qui a poussé Miminco LLC à saisir la justice irlandaise pour obtenir la saisie d’un Airbus A320 de la compagnie nationale congolaise Congo Airways qui se trouvait à l’aéroport de Dublin pour des entretiens.

    Kinshasa veut éviter la vente aux enchères de l’avion

    « Le gouvernement est de bonne foi et tient à la crédibilité pleine et entière du projet Congo Airways et veut dans ce litige un arrangement à l’amiable. Ici comme ailleurs, un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès », a affirmé Kin-Kiey Mulumba.

    Selon nos informations, Kinshasa a envoyé depuis le 25 août ses émissaires à Dublin pour rencontrer ceux de la compagnie Miminco LLC. « Nous n’avons pas d’intérêt à laisser clouer au sol plus longtemps l’avion de la compagnie nationale qui s’apprête à se lancer », a confié à Jeune Afrique un proche du Premier ministre congolais qui suit de près le dossier.

    À l’en croire, « les tractations sont déjà en cours à Dublin mais l’accord n’a pas encore trouvé parce que l’autre partie exige que le gouvernement lui paye la totalité de la créance dans l’immédiat ». Ce qui risque d’être compliqué pour Kinshasa qui estime avoir « d’autres contraintes financières ». « Mais le gouvernement est prêt à payer la somme due suivant un calendrier à convenir entre les deux parties », assure-t-il.

    « Nous espérons que l’Airbus de Congo Airways arrivera ce weekend à Kinshasa », poursuit-il, soulignant que les autorités congolaises vont « tout faire pour éviter la vente aux enchères » de l’Airbus de Congo Airways. « Un appareil acheté 25 millions de dollars [22,2 millions d’euros] qui risque de perdre sa valeur marchande si on en arrivait là », conclut-il.

  • RDC : mode d’emploi d’un casse-tête électoral

    RDC : mode d’emploi d’un casse-tête électoral

    CENI-RDC1-Au moins 10 scrutins sont prévus en RDC, à tous les niveaux, entre 2015 et 2016 selon le calendrier initial des élections publié à la mi-février. Sans compter l’élection des gouverneurs des nouvelles provinces. Jeune Afrique a fait le point sur l’état d’avancement de l’organisation de ce marathon électoral.

    « Aujourd’hui, personne ne peut affirmer que les différents scrutins prévus en RDC auront lieu dans les délais impartis », glisse un expert congolais qui a travaillé au sein de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Le pays s’apprête à se lancer dans un vertigineux marathon électoral qui doit, en principe, s’étendre sur 11 mois, soit d’octobre 2015 à novembre 2016.

    Seulement voilà, aucune échéance majeure prévue dans le calendrier global des élections n’a été à ce jour respectée.  Outre les moyens financiers à mettre à disposition de la Ceni (environ 744 millions d’euros), un arsenal juridique devait également être mis en place dans un délai bien déterminé. Ce qui n’a pas été fait dans le temps imparti. En conséquence, le chronogramme des scrutins devient difficilement tenable.

    • 25 octobre 2015 – Élections provinciales, communales et locales : « couplées » ou « découplées » ?

    – Les communales au suffrage direct

    Tout porte à croire que les élections communales et locales au suffrage direct en vue d’élire les conseillers communaux, les conseillers de secteur et de chefferie n’auront pas lieu à la date fixée. Ces dernières sont prévues le 25 octobre, le même jour que les provinciales.

    La Ceni attendait depuis des mois la promulgation de la loi portant sur la répartition des sièges pour ces scrutins locaux. Suivant le calendrier électoral, le président de la République devait en effet promulguer ce texte législatif entre le 6 et 20 avril, après son examen et adoption au Parlement. Mais ce n’est que le 11 août, soit avec quatre mois de retard, que le projet de loi a été adopté en seconde lecture au Sénat, l’opposition ayant boycotté la deuxième session extraordinaire consacrée à l’adoption du texte.

    Sa promulgation, intervenue le 25 août, permettra a priori une reprogrammation éventuelle du dépôt des candidatures, les premières échéances, fixées entre le 26 mai et le 28 juillet, étant largement dépassées.

    – Les provinciales

    Quant à l’élection des députés provinciaux qui doivent se dérouler le même jour, le dépôt des candidatures a bien eu lieu. La Ceni affirme même avoir enregistrés 24 191 dossiers – dont 23 518 déclarés recevables – pour les 711 sièges à pourvoir dans les 26 provinces du pays. Tous les partis, majorité et opposition, ont présenté des candidats pour ces scrutins aux enjeux importants. Les députés provinciaux élus au suffrage universel direct constitueront le corps électoral pour l’élection des gouverneurs prévue début 2016.

    Malgré cet engouement apparent, il serait hasardeux d’affirmer que les provinciales auront lieu à la date fixée. Les provinciales étant couplées aux communales et aux locales, elles pourraient pâtir d’un éventuel retard de ces dernières. À moins que les provinciales soient découplées des communales. « Pour des raisons financières, nous avions décidé de coupler le vote des députés provinciaux à celui des conseillers communaux et de secteur/chefferie. Aujourd’hui, la Ceni seule ne peut pas découpler ces deux scrutins. Il appartient donc à la classe politique d’en décider », avance déjà Jean-Pierre Kalamba, rapporteur de la Ceni.

    Les députés provinciaux élus au suffrage universel direct en 2006 auraient déjà dû être renouvelés en 2011 mais faute d’élections, ces derniers sont toujours en place.

    • Entre le 13 et 15 janvier 2016 – Élection des sénateurs : hypothétique

    Si les provinciales ne se tiennent pas dans les délais prévus, l’organisation des sénatoriales à la mi-janvier sera hypothéquée, étant entendu que les sénateurs sont élus au second degré par les députés provinciaux.

    « C’est pourquoi il faut à tout prix privilégier les élections provinciales et décaler les locales après les législatives et la présidentielle prévues en novembre 2016 », préconise notre expert électoral. Un point de vue largement partagé au sein de l’opposition congolaise, voire par certains partis de la majorité, qui prônent le report de tous les scrutins locaux, communaux et urbains.

    « S’acharner à organiser ces élections […] équivaudrait, sans doute, à se lancer dans une aventure qui ne donnerait au peuple qu’une illusion démocratique », prévient pour sa part Christophe Lutundula, député frondeur de la majorité.

    • Entre le 20 janvier et le 7 mars 2016 – Élections urbaines, communales et locales indirectes : report ? 

    Le calendrier global des élections a fixé au 20 janvier 2016 le vote combiné des conseillers urbains, des bourgmestres et des chefs de secteur au suffrage indirect. Mais comme leur corps électoral est celui issu des élections locales directes dont l’organisation a pris du retard, beaucoup d’observateurs se demandent s’il faut, ou non, reporter également ces scrutins locaux indirects.

    Pour l’heure, rien n’est acté. Du côté de la classe politique, deux tendances diamétralement opposées fourbissent encore leurs arguments. D’un côté, les partisans du report des élections urbaines communales et locales et les défenseurs de la « démocratie à la base », membres de la majorité au pouvoir pour la plupart, qui veulent mordicus que ces scrutins locaux, bien que complexes à organiser, se tiennent avant les législatives et la présidentielle.

    De l’autre, on maintient qu’il faut faire l’impasse sur les élections locales et repartir sur un nouveau cycle électoral en commençant par les législatives et la présidentielle. C’est notamment le cas à l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de l’opposant historique Étienne Tshisekedi. Mais la Majorité présidentielle (MP, coalition au pouvoir) ne l’entend pas de cette oreille.

    La question sera sans doute au cœur du nouveau dialogue politique préconisé par le président Joseph Kabila. Mais pour l’instant, chaque partie campe sur ses positions.

    • 31 janvier 2016 – Élection des gouverneurs et vice-gouverneurs : compromise ?

    Quid de l’élection des gouverneurs ? Là encore, la machine électorale peine à s’enclencher. En attendant l’élection des gouverneurs prévue fin janvier, le gouvernement congolais avait pourtant décidé d’installer d’abord les nouvelles autorités provinciales pour les 21 « provincettes » issues du récent découpage territorial du pays.

    Non prévu dans le calendrier global des élections, ce scrutin a été d’abord fixé au 31 août, puis reporté au 6 octobre. Mais le 21 août, la Ceni l’a finalement renvoyé à une date ultérieure, prétextant « diverses contraintes » dans l’installation même de nouvelles provinces.

    Certains observateurs y voient une manœuvre de Kinshasa qui chercherait à nommer des administrateurs pour ces nouvelles provinces, en attendant l’élection des gouverneurs pour l’ensemble des 26 provinces du pays prévue le 31 janvier. Un scrutin dont l’organisation est elle aussi conditionnée par la tenue en amont des provinciales, les députés provinciaux étant les électeurs des gouverneurs.

    • 27 novembre 2016 – Législatives et présidentielle : « glissement » ?

    Un dernier inconnu de la série des scrutins attendus en RDC, c’est le respect des délais constitutionnels pour la tenue des législatives et de la présidentielle prévues le 27 novembre 2016. L’opposition politique craint que le pouvoir ne retarde volontairement ces élections pour prolonger le mandat de Joseph Kabila qui, en l’état actuel de la Constitution congolaise, ne peut plus se représenter à sa propre succession.

    Mais pour organiser toutes ces élections – surtout la présidentielle – dans les délais, la Ceni avait prévenu qu’il faudrait au préalable remplir « 23 contraintes externes liées à la mise en oeuvre du calendrier électoral ». Autrement dit, des « tâches » à accomplir par les institutions de la République et des partenaires internationaux avant la tenue des scrutins.

    Il s’agit à la fois des lois se rapportant aux élections qui devaient être votées et promulgués et des moyens financiers à mettre à la disposition de la Ceni. Si le gouvernement verse au compte-gouttes sa part du budget électoral, la contribution de la communauté internationale se fait toujours attendre.

    « Tout le monde redoute le glissement du calendrier électoral pour la présidentielle mais rien n’est fait pour respecter scrupuleusement les échéances prévues en amont », déplore l’expert électoral, ancien employé au sein de la Ceni.

    (Jeune Afrique)

  • Journalistes tués en direct : le tueur serait passé à l’acte en réponse au massacre de Charleston

    Journalistes tués en direct : le tueur serait passé à l’acte en réponse au massacre de Charleston

    virginia-shooting1-Vester Lee Flanagan, le tueur des deux journalistes de la chaîne de télé WDBJ7, a affirmé, avant de se donner la mort, avoir agi en réponse au massacre de Charleston.

    L’ancien collègue des deux journalistes abattus en direct mercredi 26 août, Alison Parker et James Ward, a envoyé une missive de 23 pages à la chaîne WDBJ7 news avant de passer à l’acte. Il y explique répondre œil pour œil au racisme, fil d’ariane d’un parcours accidenté.

    « Ce qui m’a fait craquer c’est la tuerie dans l’église », a écrit celui qui travaillait comme journaliste sous le nom de Bryce Williams, en référence à la fusillade survenue en juin dans une église de la communauté noire de Charleston (Caroline du Sud). Neuf paroissiens noirs avaient alors été abattus par Dylann Roof, un partisan de la suprématie blanche.

    « En ce qui concerne Dylann Roof ? […] Tu veux une guerre raciale ? Allons-y », a écrit Flanagan. Peu après avoir tué ses anciens collègues lors d’une scène qu’il a lui-même filmée et dont il a posté les vidéos sur les réseaux sociaux, @bryce_williams7 a encore, dans une série de tweets, expliqué son geste par le fait qu’ « Alison a fait des commentaires racistes » et s’est indigné du fait qu’elle ait été « embauchée malgré ça ».

    Vester Lee Flanagan est né en 1973, il était âgé de 42 ans. Diplômé de l’Université d’État de San Francisco en 1995, il a grandi à Oakland, en Californie, et dit avoir pendant toute sa carrière souffert de sa condition d’homme noir et homosexuel. L’auteur du manifeste explique par exemple avoir « souffert de discrimination, de harcèlement sexuel et de bizutage au travail ». « Il dit avoir été attaqué par des hommes noirs et par des femmes blanches […] pour le fait qu’il était noir et homosexuel », résume ABC News. Bryce Williams avait d’ailleurs poursuivi en justice ses deux victimes pour discrimination raciale, des accusations balayées par Jeffrey Marks, directeur général de WDBJ7.

    Un « homme malheureux »

    Ce dernier, qui qualifie M. Williams d’« homme malheureux », affirme l’avoir viré « après de nombreux incidents liés à sa violence ». Il avait rejoint la chaîne en mars 2012 et l’avait quittée manu militari en février 2013, raccompagné à la porte par la police. Durant son court passage chez WDBJ7, il s’est forgé une réputation à double tranchant : d’une part celle d’un « perturbateur » avec lequel « il est difficile de travailler », de l’autre celle d’un reporter « qui avait du talent et de l’expérience », se souvient M. Marks. Cela malgré un parcours professionnel haché, marqué par les allers-retours entre le journalisme et divers emplois. Avant d’être embauché par WDBJ7, il avait par exemple passé huit années sans faire de journalisme.

    Dans son manifeste, celui qui se décrivait sur les réseaux sociaux comme un témoin de Jéhovah, résume : « La fusillade dans l’église a été le point de basculement… mais ma colère s’est construite sur la durée. Je suis une poudrière humaine depuis un bon moment. Juste en attente d’un BOUM ».

    Jeune Afrique