Author: Don Kayembe

  • Début d’un référendum historique en Grèce: quelle serait la conséquence d’un “oui” ou d’un “non” pour l’Europe?

    Début d’un référendum historique en Grèce: quelle serait la conséquence d’un “oui” ou d’un “non” pour l’Europe?

    grece-Les bureaux de vote ont ouvert à 04H00 GMT en Grèce ce dimanche, pour un référendum portant sur l’acceptation ou non par les électeurs de la dernière proposition de réformes formulée par les créanciers du pays (BCE, UE, FMI).

    L’Europe et ses dirigeants attendent dimanche avec fébrilité l’issue d’un référendum en Grèce lourd de conséquences pour l’avenir du continent.

    Ce vote qui doit soutenir ou sanctionner la ligne dure du gouvernement grec est “le panneau indicateur” de la suite des négociations entre Athènes et ses créanciers, estime Julian Rappold, chercheur à l’Institut allemand de politique étrangère (DGAP).

    Mais, au-delà, le scrutin, qui pourrait aboutir selon certains à une sortie de la Grèce de la zone euro, va “déterminer la future trajectoire de l’intégration européenne”, assure Pawel Tokarski, analyste de la Fondation Sciences et Politique (SWP) à Berlin.

    Une portée qui, malgré le calme affiché, explique l’appréhension des responsables européens en première ligne des discussions avec Athènes. Angela Merkel, particulièrement, se trouve “face à un dilemme”, estime M. Rappold.
    L’échec de la politique de gestion de crise

    Une sortie de la Grèce de l’union monétaire signerait l’échec de la politique de gestion de crise insufflée depuis des années par la chancelière allemande. “Elle ne voudrait pas qu’on dise qu’elle a poussé la Grèce hors de l’euro”, explique le chercheur.

    Référendum grec: dernières infos depuis Athènes

    La chancelière craint aussi des conséquences économiques imprévisibles, un renforcement des mouvements anti-euro dans plusieurs pays et l’envoi d’un signal de faiblesse à des pays comme la Russie ou la Chine, selon lui.
    Négocier un nouveau programme d’aide

    Si le oui l’emporte, Angela Merkel devra obtenir de son Parlement le mandat de négocier un nouveau programme d’aide, alors que la critique monte dans ses propres rangs, et elle devra manoeuvrer avec une opinion publique peu encline à de nouveaux gestes de solidarité.

     

    Echo dans toute l’Europe

    Le référendum ne divise pas seulement les Grecs, il divise toute l’Union européenne.

    Tabloïd fort peu amène avec Athènes, Bild, journal le plus lu d’Europe, a mené son propre référendum demandant aux Allemands s’ils voulaient “encore soutenir la Grèce avec des milliards d’euros”. La réponse n’est certes pas représentative, mais elle donne le ton: 200.000 personnes ont répondu, et à 89% “Nein”.

    En revanche, des milliers de personnes se sont regroupées à Barcelone, Paris, Dublin ou Francfort pour manifester leur solidarité avec les Grecs et contester la politique européenne actuelle. Samedi à Berlin, Angela Merkel s’est fait accueillir par des pancartes “Oxi” (non, en grec) pour les journées portes ouvertes de son parti.
    Une occasion “historique” de changer l’Europe

    En Espagne, pays qui a aussi traversé une violente crise économique, les alliés de Syriza voient dans le référendum une occasion “historique” de changer l’Europe quelques mois avant les législatives de fin d’année. La droite, à l’inverse, craint une contagion de la politique de gauche radicale du parti grec.

    Si les Italiens étaient appelés à s’exprimer comme en Grèce, 51% voteraient en faveur des mesures draconiennes imposées par l’Europe, pour éviter une sortie de l’euro et une faillite du pays, 30% voteraient contre, selon un récent sondage Ipsos.

    En Grande-Bretagne aussi, où les électeurs seront bientôt amenés à donner leur avis sur leur avenir dans l’Europe, le référendum grec a une résonance particulière.

     

    Le président de la Banque centrale européenne redoute le “non”

    Parmi les responsables européens, Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, redoute particulièrement le non. Bien que n’ayant aucun compte à rendre à des électeurs, il se trouve “dans une situation extrêmement difficile”, souligne Pawel Tokarski.

    Avec des apports d’urgence d’argent frais, la BCE donne aux banques grecques leur dernier souffle d’air. Si elle met un coup d’arrêt à ces prêts, elle risque d’appuyer sur le bouton “Grexit” et son président veut tout faire pour laisser cette décision aux politiques.

     

    Le scénario post-référendum est loin d’être clair

    Mais pour l’heure, le scénario post-référendum est loin d’être clair, d’autant que la question posée aux Grecs est soumise à interprétations divergentes. Pour le gouvernement d’Athènes, il s’agit uniquement de dire non à de nouvelles mesures d’austérité, en rejetant la dernière proposition d’aide européenne. Mais cette proposition étant entretemps devenue caduque, d’autres comprennent ce référendum comme un vote pour ou contre l’euro.

    “Quel que soit le résultat, il sera interprété différemment par les forces politiques en Grèce et dans la zone euro”, met en garde M. Tokarski.

  • Examen d’Etat 2015 : les résultats attendus le 15 juillet 2015

    Examen d’Etat 2015 : les résultats attendus le 15 juillet 2015

    exetat-Les résultats de la 49ème session ordinaire de l’Examen d’Etat sont attendus pour au plus tard le 15 juillet 2015. Le Quotidien de l’Avenue Lukusa a obtenu cette précision en consultant ses sources auprès de l’Inspection générale de l’EPSP. Celle-ci reste formelle : il n’y a aucune raison pour qu’elle déçoive les attentes de la hiérarchie qui veut que la correction et la publication des résultats respectent le timing fixé pour ce faire. D’autant plus, a-t-elle renchéri, que le gouvernement a consenti des sacrifices pour que toutes les étapes jonchant le processus de cet examen – allant de la composition des items à la publication des résultats, en transitant par la passation et la correction – se déroule dans le délai imparti. Et le Ministre en charge de l’Enseignement primaire, Secondaire et Initiation à la Nouvelle Citoyenneté (EPS/INC), Maker Mwangu Famba, est particulièrement sensible et exigeant sur ce délai.

    Lorsqu’il a procédé, le jeudi 25 juin 2015, à la clôture de cette session, il a eu pour souci de tranquilliser aussi bien les candidats finalistes dans les salles d’examen que leurs parents. Aux uns, il a souhaité une bonne réussite et aux autres, il a assuré que tout était mis en œuvre pour un bon déroulement des épreuves, de la correction à la publication. Thérèse Olenga, ministre provinciale qui l’accompagnait dans la visite des centres d’examen, a insisté sur la responsabilité des parents lors de la publication des résultats, pour qu’ils dissuadent leurs rejetons d’abimer leurs uniformes – car ils peuvent servir encore aux autres enfants – et de s’adonner à la délinquance et à l’ivrognerie. Il convient de rappeler qu’à cette occasion, la délégation du ministre de l’EPS/INC avait visité trois centres d’examen dont le premier à Kin/Ouest, le second à Kin/Centre et le dernier à Kin/Est. Le ministre avait mis à profit cette occasion pour confirmer la généralisation de la carte biométrique à toutes les provinces pour davantage fiabiliser l’identification des candidats et combattre la fraude sous toutes ses formes.

    SAKAZ- Le Phare

  • RDC : le parquet a reçu une dénonciation, pas une plainte de Joseph Kabila contre des individus

    RDC : le parquet a reçu une dénonciation, pas une plainte de Joseph Kabila contre des individus

    Le-PGR-Kabange-Numbi-entour-Le Parquet général de la République n’a reçu aucune plainte contre inconnu ni des individus émanant du président Kabila. Il s’agit plutôt d’une dénonciation portant sur des faits. Le procureur général de la République, Flory Kabange Numbi, a fait cette mise au point jeudi 2 juillet à Kinshasa.

    «Je confirme le dépôt de la dénonciation tout en soulignant cet aspect, les faits contenus dans le document déposé à mon office ne sont pas le résultat d’une enquête préalable. J’encourage les compatriotes au même exercice de dénonciation et d’en apporter, le cas échéant, des preuves convaincantes», a affirmé le procureur général de la République.

    A l’en croire, il n’existe donc pas de plainte visant quatre gouverneurs actuels des provinces comme l’a annoncé en milieu de semaine dernière la presse internationale relayée par les médias locaux.

    Flory Kabange a rappelé que c’est depuis 2009 qu’il encourage les Congolais à dénoncer des faits de corruption et de détournement des deniers publics. Il a par ailleurs mis en garde contre toute publication mettant en cause certaines personnalités dans le détournement des deniers publics.

    « J’ai observé que certains organes de presse, comme certains particuliers se complaisent à citer les noms des certaines personnes en affirmant qu’elles sont reprises dans la lettre de M. Luzolo Bambi. C’est pour moi l’occasion de mettre ces personnes en garde car elles pourront le cas échéant, répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes », a-t-il prévenu.

    Il a aussi appelé «les personnes se croyant concernées» au calme. «Certaines personnes, se croyant concernées font des déclarations intempestives, sans s’assurer de la réalité des faits. Je les invite à la retenue pour ne pas tomber dans leur propre piège», a souligné Flory Kabange Numbi.

    Le chef de l’Etat, Joseph Kabila, a déposé sa première dénonciation contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, mardi 23 juin au Parquet de la République. Elle a été remise par le conseiller spécial du Président de la RDC pour la bonne gouvernance, Luzolo Bambi Lesa.

    Radio Okapi​

  • Publication de l’examen d’état 2014-2015 : Vodacom Congo réaffirme son engagement à accompagner l’EPS-INC dans la modernisation de cette opération

    Publication de l’examen d’état 2014-2015 : Vodacom Congo réaffirme son engagement à accompagner l’EPS-INC dans la modernisation de cette opération

    Exetat-fin2015-La session ordinaire de l’examen d’état s’effectue du 22 au 25 juin courant sur toute l’étendue de la république démocratique du Congo.

     

    Fidèle dans sa logique d’accompagner le gouvernement de la république dans ses lourdes taches, Vodacom Congo vient d’annoncer à la population congolaise en général et aux finalistes du secondaire  en particulier qu’il procède de nouveau  à la publication des résultats de l’examen d’état édition 2014-2015 sur toute l’étendue de la RDC ; ce en partenariat avec le ministère de l’enseignement primaire, secondaire et l’initiation à la nouvelle citoyenneté (EPS-INC).

    A cet effet, l’opération d’enregistrement sur la plateforme  » SMS EXETAT  » a déjà débuté afin de permettre aux abonnés de recevoir les alertes au moment de la publication des résultats.

    Ainsi, les élèves finalistes qui affrontent depuis hier lundi 22 juin 2015 les épreuves des examens d’état et leurs proches sont vivement invités à se procurer gratuitement le guide d’utilisation de la plateforme distribuée à travers les cartes d’information rendues disponibles dans toutes les écoles et tous les centres d’informations d’examen d’état.

    Selon un communiqué qui nous ait parvenu, l’application  »  SMS EXETAT  » de Vodacom Congo offre l’avantage d’une publication rapide des résultats après correction des examens par le ministère de l’enseignement primaire secondaire et initiation à la nouvelle citoyenneté.

    Rappelons que depuis 10 ans, Vodacom Congo a signé un partenariat avec ce ministère pour faciliter la vie des élèves congolais par la publication rapide des résultats de leurs examens.

    Selon le communiqué, ce partenariat s’inscrit dans le cadre de l’amélioration de la qualité des services rendus par l’inspection générale à l’EPS-INC qui organise l’EXETAT.

    Cette innovation technologique a véritablement révolutionné la qualité de la gestion et de la validation des examens d’état.

    Un des grands partenaires du gouvernement

    En effet, Vodacom Congo, dont la mission est aussi d’accompagner le gouvernement dans le développement économique et social de la RDC, se réjouit de son apport dans ce secteur clé,  » l’éducation « , en améliorant les mécanismes de publication des résultats de l’examen d’état.

    Ce qui permet aux finalistes du cycle du secondaire qui se retrouvent dans l’une des villes ou cités couvertes par le réseau Vodacom Congo, d’obtenir leurs résultats en un temps record.

    Le communiqué renchérit que la plateforme  » SMS EXETAT  » vient en effet pallier deux défis majeurs de l’examen d’état : en premier lieu, l’extrême longue attente subie par les élèves pour la publication de leurs résultats à Kinshasa, mais plus particulièrement en province.

    En second lieu, la facilité d’accès aux résultats dans tous les coins de la RDC.

    Au lieu de faire de longues files à l’inspection de l’EPS-INC ou sur la place publique pour connaitre son sort, il  suffit  désormais d’être un abonné de Vodacom Congo, de disposer d’un téléphone et de suivre les instructions pour accéder à ses résultats.

    Depuis la mise en œuvre de cette technologie apportée par Vodacom Congo, les utilisateurs éprouvent une grande satisfaction au vu de la rapidité que leur réserve l’application  » SMS EXETAT ».

    C’est donc depuis 2005 que Vodacom Congo a signé un partenariat avec le ministère de l’EPS-INC sur la publication de l’examen d’état à travers la plateforme  » SMS EXETAT  » qui est une marque déposée et une propriété intellectuelle protégée qui accorde à Vodacom Congo tout droit sur l’utilisation de l’application par elle-même ainsi que des tiers.

    Les revenus générés par ce service sont investis à faire progresser le secteur social en général et celui de l’éducation en particulier en RDC.

    Pour recevoir les alertes sms d’exetat, inscrivez-vous en envoyant un SMS avec le mot  » exetat  » au 42203.

    Pathou Kinzala Nkuka- L’Observateur

  • Les discours du 30 juin 1960: Roi Baudouin , Pdt Joseph Kasavubu et le 1er Min. Patrice Emery Lumumba

    Les discours du 30 juin 1960: Roi Baudouin , Pdt Joseph Kasavubu et le 1er Min. Patrice Emery Lumumba

    baudouin, kasavubu, lumumba-Les discours prononcés par le Roi Baudouin Ier, le Président Joseph Kasa-Vubu et le Premier Ministre Patrice-Emery Lumumba lors de la cérémonie de l’indépendance du Congo (30 juin 1960) à Léopoldville (actuellement Kinshasa)

    1. Discours du Roi des Belges, Baudouin Ier                                                                                                                 2. Discours du Président de la République M. Joseph KASA-VUBU                                                                       3. Discours du Premier Ministre Patrice Emery LUMUMBA

    Baudouin et kasavubu 30 juin independance-1.  Discours du Roi des Belges, Baudouin Ier

    Monsieur le Président, Messieurs, L’indépendance du Congo constitue l’aboutissement de l’œuvre conçue par le génie du roi Léopold II, entreprise par lui avec un courage tenace et continuée avec persévérance par la Belgique. Elle marque une heure dans les destinées, non seulement du Congo lui-même, mais, je n’hésite pas à l’affirmer, de l’Afrique toute entière. Pendant 80 ans la Belgique a envoyé sur votre sol les meilleurs de ses fils, d’abord pour délivrer le bassin du Congo de l’odieux trafic esclavagiste qui décimait ses populations, ensuite pour rapprocher les unes des autres les ethnies qui jadis ennemies s’apprêtent à constituer ensemble le plus grand des États indépendants d Afrique; enfin pour appeler à une vie plus heureuse les diverses régions du Congo que vous représentez ici unies en un même Parlement. En ce moment historique, notre pensée à tous doit se tourner vers les pionniers de l’émancipation africaine et vers ceux qui, après eux, ont fait du Congo ce qu’ il est aujourd’hui. Ils méritent à la fois NOTRE admiration et VOTRE reconnaissance, car ce sont eux qui, consacrant tous leurs efforts et même leur vie à un grand idéal, vous ont apporté la paix et ont enrichi votre patrimoine moral et matériel. Il faut que jamais ils ne soient oubliés, ni par la Belgique, ni par le Congo. Lorsque Léopold II a entrepris la grande œuvre qui trouve aujourd’hui son couronnement, Il ne s’est pas présenté à vous en conquérant mais en civilisateur. Le Congo, dès sa fondation, a ouvert ses frontières au trafic International, sans que jamais la Belgique y ait exerce un monopole institué dans son intérêt exclusif. Le Congo a été doté de chemins de fer, de routes, de lignes maritimes et aériennes qui, en mettant vos populations en contact les unes avec les autres, ont favorisé leur unité et ont élargi le pays aux dimensions du monde. Un service médical, dont la mise au point a demandé plusieurs dizaines années, a été patiemment organise et vous a délivré de maladies combien dévastatrices. Des hôpitaux nombreux et remarquablement outillés ont été construits. L’agriculture a été améliorée et modernisée. De grandes villes ont été édifiées et, à travers tout le pays, les conditions de l’habitation et de l’hygiène traduisent de remarquables progrès. Des entreprises industrielles ont mis en valeur les richesses naturelles du sol. L’expansion de l’activité économique a été considérable, augmentant ainsi le bien être de vos populations et dotant le pays de techniciens indispensables à son développement. Grâce aux écoles des missions, comme à celles que créèrent les pouvoirs publics, l’éducation de base connaît une extension enviable : une élite intellectuelle a commencé à se constituer que vos universités vont rapidement accroître. Un nombre de plus en plus considérable de travailleurs qualifiés appartenant à l’agriculture, à l’industrie, à l’artisanat, au commerce, à l’administration font pénétrer dans toutes les classes de la population émancipation individuelle qui constitue la – 3 – véritable base de toute civilisation. Nous sommes heureux d’avoir ainsi donné au Congo malgré les plus grandes difficultés, les éléments indispensables à l’armature d’un pays en marche sur la voie du développement. Le grand mouvement (de l’)indépendance qui entraîne toute l’Afrique a trouvé auprès des pouvoirs belges la plus large compréhension. En face du désir unanime de vos populations nous n’avons pas hésité à vous reconnaître, dès à présent, cette indépendance. C’est à vous, Messieurs qu’il appartient maintenant de démontrer que nous avons eu raison de vous faire confiance. Dorénavant la Belgique et le Congo se trouvent côte à côte comme deux États souverains mais liés par l’amitié et décidés à s’entraider. Aussi, nous remettons aujourd’ hui entre vos mains tous les services administratifs, économiques, techniques et sociaux ainsi que l’organisation judiciaire sans lesquels un État moderne n’est pas viable. Les agents belges sont prêts à vous apporter une collaboration loyale et éclairée. Votre tâche est immense et vous êtes les premiers à vous en rendre compte. Les dangers principaux qui vous menacent sont l’inexpérience des populations à se gouverner, les luttes tribales qui jadis ont fait tant de mal et qui à aucun prix ne doivent reprendre l’attraction que peuvent exercer sur certaines régions des puissances étrangères prêtes à profiter de la moindre défaillance. Vos dirigeants connaîtront la tâche difficile de gouverner. Il leur faudra mettre au premier plan de leurs préoccupations, quel que soit le parti auquel ils appartiennent, les intérêts généraux du pays. Ils devront apprendre au peuple congolais que l’indépendance ne se réalise pas par la satisfaction immédiate des jouissances faciles, mais par le travail, par le respect de la liberté d’autrui et des droits de la minorité, par la tolérance et l’ordre, sans lesquels aucun régime démocratique ne peut subsister. Je tiens à rendre ici un particulier hommage à la Force Publique qui a accompli sa lourde mission avec un courage et un dévouement sans défaillance. L’indépendance nécessitera de tous des efforts et des sacrifices. Il faudra adapter les institutions à vos conceptions et à vos besoins, de manière à les rendre stables et équilibrés. Il faudra aussi former des cadres administratifs expérimentés, intensifier la formation intellectuelle et morale de la population, maintenir la stabilité de la monnaie, sauvegarder vos organisations économiques, sociales et financières. Ne compromettez pas l’avenir par des réformes hâtives, et ne remplacez pas les organismes que vous remet la Belgique, tant que vous n’êtes pas certains de pouvoir faire mieux. Entretenez avec vigilance l’activité des services médicaux dont l’interruption aurait des conséquences désastreuses et ferait réapparaître des maladies que nous avions réussi à supprimer. Veillez aussi sur l’œuvre scientifique qui constitue pour vous un patrimoine intellectuel inestimable. N’oubliez pas qu’une Justice sereine et indépendante est un facteur de paix sociale : la garantie du respect du droit de chacun confère à un État, dans l’opinion internationale, une grande autorité morale. N’ayez crainte de vous tourner vers nous. Nous sommes prêts à rester à vos cotés pour vous aider de nos conseils, pour former avec vous les techniciens et les fonctionnaires dont vous aurez besoin. – 4 – L’Afrique et l’Europe se complètent mutuellement et sont appelées, en coopérant, au plus brillant essor. Le Congo et la Belgique peuvent jouer un rôle de première grandeur par une collaboration constructive et féconde, dans la confiance réciproque. Messieurs, Le monde entier a les yeux fixés sur vous. À l’heure où le Congo choisit souverainement son style de vie, Je souhaite que le peuple congolais conserve et développe le patrimoine des valeurs spirituelles, morales et religieuses qui nous est commun et qui transcende les vicissitudes politiques et les différences de race ou de frontière. Restez unis et vous saurez vous montrer dignes du grand rôle que vous êtes appelés à jouer dans l’histoire de l’Afrique. Peuple Congolais, Mon pays et moi-même nous reconnaissons avec joie et émotion que le Congo accède ce 30 Juin 1960, en plein accord et amitié avec la Belgique, à l’indépendance et à la souveraineté internationale. Que Dieu protège le Congo ! Baudouin Ier, Roi des Belges

     kasavubu30jun– 2. Discours du Président de la République M. Joseph KASA-VUBU

    Excellences, mes chers compatriotes, Au moment solennel où la République du Congo se présente au monde et à l’Histoire, pleinement indépendante et souveraine, au moment où nous ressentons intensément le caractère irrévocable et définitif du pas que nous franchissons, nous ne pouvons pas nous empêcher de mesurer la gravité de nos responsabilités et, dans une attitude de profonde humilité, de demander à Dieu qu’ il protège notre peuple et qu’il éclaire tous ses dirigeants. Avant toute chose, je voudrais exprimer ici une émotion, la reconnaissance que nous ressentons envers tous ces artisans obscurs ou héroïques de l’émancipation nationale, et tous ceux qui, partout sur notre immense territoire, ont donné sans compter leurs forces, leurs privations, leurs souffrances et même leur vie pour que se réalise enfin leur rêve audacieux d’un Congo libre et indépendant. (Applaudissements.) Je pense à ces travailleurs des chantiers, des usines, à ces agriculteurs de nos plaines et de nos vallées, à ces intellectuels aussi, à tous ceux, jeunes ou vieux, qui ont senti monter dans leur cœur un irrésistible idéal de liberté et qui, quoi qu’il put arriver, ont su rester fidèles à cet idéal et ont su l’accomplir. Je pense à nos femmes aussi qui, sans faiblir un seul instant, ont su réconforter leurs fils, leurs époux dans leurs luttes magnifiques et souvent même, se trouver à leurs côtés au plus près du combat. À vous toutes et à vous tous, artisans incomparables de la grandeur de Notre patrie, le Congo Indépendant que vous avez créé vous dit avec émotion sa gratitude infinie et vous assure solennellement que jamais vous ne serez oubliés. Tournons-nous maintenant vers l’avenir. L’aube de indépendance se lève sur un pays dont la structure économique est remarquable, bien équilibrée et solidement unifiée. Mais l’état d’inachèvement de la conscience nationale parmi les populations a suscité certaines alarmes que je voudrais dissiper aujourd’hui, en rappelant tous les progrès qui ont déjà été accomplis en ce domaine et qui sont les plus sûrs garants des étapes qui restent à parcourir. Que de différences, en effet, lors de la fondation de notre pays, entre des populations que tout contribuait à maintenir écartées les unes des autres : sans souligner les diversités de langues, de coutumes ou de structures sociales, rappelons simplement les distances énormes qui nous séparaient et le manque de moyens modernes de communication de la fin du siècle passé. Pour se reconnaître, il a fallu se rencontrer. Bon nombre de populations vivant aux confins de ce vaste pays se sentaient peu proches les unes des autres. Vous avez bien voulu rappeler, Sire, combien le progrès des moyens de déplacement contribua heureusement à enserrer le pays dans un réseau d’échanges qui servit aussi, et grandement, à rapprocher les hommes. Le développement économique, de son coté, amena la création de cités de travailleurs et de centres où les ressortissants des différentes ethnies apprirent à vivre ensemble, à mieux s’apprécier et où, insensiblement, une certaine osmose s’opéra. Les échanges se multipliant, les – 6 – régions devinrent petit à petit complémentaires les unes des autres et renforcèrent ainsi leur collaboration. Le développement de l’instruction, la création et la diffusion des journaux et périodiques, la multiplication des postes de radio, tout cela contribua à la naissance dans les villes d’abord, dans les milieux ruraux ensuite, d’une opinion publique d’où, petit à petit, se dégagèrent les éléments d’une véritable conscience nationale. La Belgique a eu alors la sagesse de ne pas s’opposer au courant de l’histoire et, comprenant la grandeur de l’idéal de la liberté qui anime tous les cœurs congolais, elle a su, fait sans précèdent dans l’histoire d’une colonisation pacifique, faire passer directement et sans transition notre pays de la domination étrangère à l’indépendance, dans la pleine souveraineté nationale. (Applaudissements.) Mais, si nous pouvons nous réjouir de cette décision, nous ne devons pas oublier que c’est à nous désormais à prendre le relais et à rassembler les matériaux de notre unité nationale, à construire notre nation dans l’union et dans la solidarité. Nous disposons pour cela d’un large éventail de moyens, mais il faudra que nous les utilisions avec sagesse, sans hâte ni lenteur, avec le souci de s’adapter harmonieusement au rythme normal des choses, sans essouffler les populations par une marche trop rapide qui les laisserait hors d’haleine sur le bord de la route, mais sans se complaire non plus dans une admiration béate de ce qui est déjà fait. La conscience nationale pousse depuis longtemps les populations congolaises vers plus de solidarité : nous aurons à favoriser plus que jamais ce mouvement de rapprochement national. Un rôle tout spécial sera dévolu, dans cette recherche d’une plus grande cohésion nationale, aux institutions centrales du pays et surtout à l’action des Chambres législatives. Certains d’entre nous, Messieurs les Sénateurs et Messieurs les Députes, ont pour la première fois, sans doute, côtoyé des élus venant d’autres provinces. Grande a été leur surprise de constater que votre idéal et vos préoccupations étaient si proches les uns des autres. J’ai la conviction que vous ferez de ces assises le véritable creuset d’une conscience nationale toujours plus développée. Nous saurons également, dans tout le pays, développer l’assimilation de ce que quatre-vingts ans de contact avec l’Occident nous a apporte de bien : la langue, qui est l’indispensable outil de l’harmonisation de nos rapports, la législation qui, insensiblement, a influencé sur l’évolution de nos coutumes diverses et les a lentement rapprochées et, enfin et surtout, la culture. Une affinité fondamentale de culture rapproche déjà tous les Bantous, aussi le contact de la civilisation chrétienne et les racines que cette civilisation a poussé en nous permettront aux sangs anciens revivifiés de donner à nos manifestations culturelles une originalité et un éclat tout particulier. Nous aurons à cœur de favoriser l’éclosion de cette culture nationale et d’aider toutes les couches de la population à en percevoir le message et à en approfondir la portée. Nous aurons là une mission essentielle à remplir, car la culture sera le véritable ciment de la nation. Cette recherche, ainsi que la mise en place des matériaux destinés à notre unité nationale, doit devenir la préoccupation dominante de tous. Aucun habitant de ce pays ne peut se refuser de participer à cette œuvre capitale. Nous saurons pour cela, dans ce vaste chantier de quatorze millions d’hommes qui est notre pays, éclairer et guider tous ceux qui y œuvrent dans l’enthousiasme. C’est cette communauté d’efforts, de peines et de travail qui achèvera le plus sûrement d’unir tous les Congolais en une grande, seule et solide nation. Nous montrerons ainsi au monde, par nos actes, que nous sommes dignes – 7 – de la confiance que le peuple a placée en nous, et que de nombreux pays nous témoignent déjà. Nous ne les décevrons pas. (Applaudissements.) Sire, La présence de votre Auguste Majesté aux cérémonies de ce jour mémorable constitue un éclatant et nouveau témoignage de Votre sollicitude pour toutes ces populations que vous avez aimées et protégées. Elles sont heureuses de pouvoir dire aujourd’hui à la fois leur reconnaissance pour les bienfaits que Vous et Vos illustres prédécesseurs leur avez prodigués, et leur joie pour la compréhension dans laquelle Vous avez rencontré leurs aspirations. Elles ont reçu Votre message d’amitié avec tout le respect et la ferveur dont elles Vous entourent et garderont longtemps dans leur cœur les paroles que Vous venez de leur adresser en cette heure émouvante. Elles sauront apprécier tout le prix de l’amitié que la Belgique leur offre et elles s’engageront avec enthousiasme dans la voie d’une collaboration sincère. Messieurs les Représentants des Pays Étrangers, Vous avez bien voulu partager nos joies et vous nous avez fait l’honneur de venir nombreux célébrer avec nous ces journées historiques. Aussi des relations d’amitié seront-elles faciles à nouer demain entre notre pays et chacun des États que Vous représentez. Vous qui voyez autour de vous l’immense enthousiasme qui s’empare de toute la Nation, vous qui sentez notre désir de réussir et de bien faire, je vous demande de faire connaître au monde cette image pleine d’espoir que vous emporterez du Congo, et qui est sa vraie image. Je proclame, au nom de la Nation, la naissance de la République du Congo.                                                                                                                                 Joseph Kasa-Vubu, Chef de l’État

    Patrice Lumumba – 3. Discours du Premier Ministre Patrice Emery LUMUMBA

    Congolais et Congolaises, Combattants de l’Indépendance aujourd’hui victorieux, Je vous salue au nom du gouvernement congolais. À vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos cotés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffablement gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté. Car cette Indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise (applaudissements), une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang. Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions le chasser de notre mémoire. Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres. Qui oubliera qu’à un Noir on disait « tu », non certes comme à un ami, mais parce que le « vous » honorable était réservé aux seuls Blancs ? Nous avons connu que nos terres furent spoliées au nom de textes prétendument légaux qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort. Nous avons connu que la loi était jamais la même selon qu’il s’agissait d’un Blanc ou d’un Noir : accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses ; exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même. Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les Blancs et des paillotes croulantes pour les Noirs ; qu’un Noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens ; qu’un Noir voyageait à même la coque des péniches, aux pieds du Blanc dans sa cabine de luxe. – 9 – Qui oubliera enfin les fusillades dont périrent tant de nos frères, les cachots dont furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d’une justice d’oppression et d’exploitation ? (Applaudissements.) Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert. Mais tout cela aussi, nous que le vote de vos représentants élus a agréés pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre cœur de l’oppression colonialiste, nous vous le disons tout haut, tout cela est désormais fini. La République du Congo a été proclamée et notre cher pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants. Ensemble, mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur. Nous allons établir ensemble la Justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail. (Applaudissements.) Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir quand il travaille dans la liberté, et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique tout entière. Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants. Nous allons revoir toutes les lois d’autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles. Nous allons mettre fin à l’oppression de la pensée libre et faire en sorte que tous les citoyens puissent jouir pleinement des libertés fondamentales prévues dans la déclaration des Droits de l’Homme. (Applaudissements.) Nous allons supprimer efficacement toute discrimination quelle qu’elle soit et donner à chacun la juste place que lui vaudra sa dignité humaine, son travail et son dévouement au pays. Nous allons faire régner, non pas la paix des fusils et des baïonnettes, mais la paix des cœurs et des bonnes volontés. (Applaudissements.) Et pour tout cela, chers compatriotes, soyez sûrs que nous pourrons compter, non seulement sur nos forces énormes et nos richesses immenses, mais sur l’assistance de nombreux pays étrangers dont nous accepterons la collaboration chaque jour qu’elle sera loyale et ne cherchera pas à nous imposer une politique, quelle qu’elle soit. (Applaudissements.) Dans ce domaine, la Belgique qui, comprenant enfin le sens de l’histoire, n’a pas essayé de s’opposer à notre indépendance est prête à nous accorder son aide et son amitié, et un traité vient d’être signé dans ce sens entre nos deux pays égaux et indépendants. Cette coopération, j’en suis sûr, sera profitable aux deux pays. De notre côté, tout en restant vigilants, nous saurons respecter les engagements librement consentis. Ainsi, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, le Congo nouveau, notre chère République que mon gouvernement va créer, sera un pays riche, libre et prospère. Mais pour que nous arrivions sans retard à ce but, vous tous, législateurs et citoyens congolais, je vous demande de m’aider de toutes vos forces. Je vous demande à tous d’oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de nous faire mépriser à l’étranger. Je demande à la minorité parlementaire d’aider mon – 10 – gouvernement par une opposition constructive et de rester strictement dans les voies légales et démocratiques. Je vous demande à tous de ne reculer devant aucun sacrifice pour assurer la réussite de notre grandiose entreprise. Je vous demande enfin de respecter inconditionnellement la vie et les biens de vos concitoyens et des étrangers établis dans notre pays. Si la conduite de ces étrangers laisse à désirer, notre justice sera prompte à les expulser du territoire de la République ; si par contre leur conduite est bonne, il faut les laisser en paix, car eux aussi travaillent à la prospérité de notre pays. L’Indépendance du Congo marque un pas décisif vers la libération de tout le continent africain. (Applaudissements.) Voilà, Sire, Excellences, Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes, mes frères de race, mes frères de lutte, ce que j’ai voulu vous dire au nom du gouvernement en ce jour magnifique de notre Indépendance complète et souveraine. (Applaudissements.) Notre gouvernement, fort, national, populaire sera le salut de ce peuple. Hommage aux combattants de la liberté nationale ! Vive l’lndépendance et l’Unité Africaine ! Vive le Congo indépendant et souverain ! (Applaudissements prolongés.)                                                                                                                                                              Patrice Emery Lumumba, Premier Ministre

  • Le nègre de la Maison Blanche

    Le nègre de la Maison Blanche

    obama dubbing-C ‘est un mot de six lettres, symboliquement l’un des plus violents, des plus chargés, des plus haïssables et sans doute le plus raciste de la langue anglaise.

    Il aurait pu en choisir un autre, « negro », par exemple, aussi ambigu, connoté et méprisant que l’adjectif « nègre » en français, mais à qui Marcus Garvey et Martin Luther King donnèrent aussi un sens identitaire, comme le firent Senghor et Césaire pour son équivalent francophone. Parce qu’il estimait que lui, le premier président noir de l’histoire des États-Unis, pouvait se le permettre, Barack Obama a donc prononcé l’impensable lors d’une interview sur une radio de Los Angeles, le 22 juin : « nigger ». Phrase exacte : « Nous ne sommes pas guéris du racisme. Il ne s’agit pas seulement de ne plus dire « nigger » en public parce que c’est impoli ; ce n’est pas à celà que l’on mesure si le racisme existe toujours ou pas. »

    Buzz garanti : au pays du politiquement correct, tous les médias ont repris le mot tabou sans toutefois oser le dire. CNN l’a remplacé sur ses écrans par son initiale, le « N-word » (« le mot N »), Fox News l’a carrément bipé. Même si Obama, au cours du même entretien, est allé encore plus loin en affirmant que le racisme « fait toujours parti de notre ADN », les Américains n’ont retenu que ce mot-là, les plus outrés étant les conservateurs – ceux-là mêmes qui, en privé, ne se gênent pas pour user de cette insulte – comme si le déni valait tous les exorcismes.

    « Nigger ». Un mot qui renvoie directement à l’esclavage, au fouet des plantations, au Ku Klux Klan et aux lois Jim Crow sur la ségrégation raciale. L’équivalent du « kaffir » des maîtres blancs de l’apartheid. Un mot que les militants des Black Panthers et quelques rappeurs du ghetto comme Tupac Shakur se sont approprié pour prôner la violence révolutionnaire. Un mot qu’aucun président des États-Unis n’avait jamais osé prononcer en public depuis Abraham Lincoln, même si l’on sait qu’un Nixon ou un Johnson l’éructaient parfois dans l’intimité du Bureau ovale. Pire qu’un mot interdit : le cauchemar de l’Amérique.

    Si l’on en croit Valérie Jarrett, l’intime du couple, sa plus proche conseillère, la « sœur » de Michelle, avec qui elle partage une conscience aiguë des inégalités raciales aux États-Unis, cette provocation de Barack Obama a été parfaitement calculée et réfléchie. Cinq jours après le massacre de Charleston et dans un contexte national marqué par la multiplication des bavures policières contre des jeunes de la communauté noire, le président a voulu faire comprendre, quitte à choquer, qu’un Dylann Roof n’est pas seulement un être malade mais le produit de toute une mouvance suprémaciste aussi habile que les jihadistes de Daesh à infecter l’internet.

    Au-delà, le mot « nigger » correspond exactement aux clichés qui hantent l’esprit de millions d’Américains blancs tout droit sortis des romans de William Faulkner, ceux pour qui l’arrivée, en 2008, d’une famille noire à la Maison Blanche fut un traumatisme majeur et le révélateur d’un sentiment d’impuissance et de victimisation dont ils ne se sont toujours pas remis. C’est à eux qu’Obama s’adressait dans son interview et, quatre jours plus tard, lors de l’éloge funèbre qu’il a prononcé aux funérailles du pasteur Pinckney, l’une des neuf victimes de ce petit Blanc chômeur, déscolarisé et introverti, qui arborait sur son blouson les écussons de l’Afrique du Sud de Johannes Vorster et de la Rhodésie de Ian Smith.

    À moins d’une année et demie de la fin de son dernier mandat, il a fallu le drame de Charleston pour que Barack Obama, d’ordinaire si prudent sur le sujet, retrouve les accents de son formidable discours de Philadelphie, en 2008 (édité en français sous le titre De la race en Amérique) et l’inspiration des Rêves de mon père, ces Mémoires dans lesquelles, pour retracer l’ambiance de sa jeunesse, il cite à dix-neuf reprises le mot « nigger ». Pendant près de sept ans, le fait d’être à la fois le porteur de tant d’espoirs et le réceptacle de tant de haines avait paralysé le fils du Kényan Barack Hussein Obama Sr et de l’Américaine Ann Dunham. En osant enfin violer le tabou sémantique pour expliquer à ses compatriotes le chemin qu’il leur reste à parcourir avant de prétendre donner au monde des leçons d’égalité et de fraternité, c’est un peu de lui-même qu’il a aussi libéré.

    François Soudan

    par François Soudan

    François Soudan est directeur de la rédaction de Jeune Afrique.

  • Grèce:OUI à la démocratie et au référendum en Grèce – NON au chantage de la Grèce par FMI, Union européenne et gouvernement allemand

    Grèce:OUI à la démocratie et au référendum en Grèce – NON au chantage de la Grèce par FMI, Union européenne et gouvernement allemand

    Une « Troïka » composée d’institutions puissantes fait en sorte que le menace se transforme en chantage. Aucune chance n’est laissée à des débiteurs tels que la Grèce : la menace de la chute dans la faillite est censée rendre docile le gouvernement. Des alternatives sociales et politiques à l’Austérité imposée sont frappées d’un tabou. Même le référendum, proposé par le gouvernement de Syriza, sur le plan de mesures d’économies imposée par la «Troïka» a été interprété par l’Eurogroupe des ministres des Finances (un club à caractère technocratique, non pas une institution politique responsable devant les électeurs et électrices) comme une provocation. Ils punissent l’initiative démocratique émanant de Syriza en excluant le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, des délibérations du soi-disant Eurogroupe. Ils sont suffisamment sans honte de violer le droit européen pour assouvir leur besoin de vengeance néolibéral. Le spectacle offert par Wolfgang Schäuble, Jeroen Dijsselbloem et les autres entrera dans l’histoire européenne comme celui d’un attentat-suicide grandiose de la classe politique, dirigé contre le projet d’une intégration européenne.

    La politique d’austérité qui ruine des budgets d’Etat et détruit des sociétés est menée par le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne ensemble avec l’Eurogroupe, en concertation avec les grandes puissances économiques de l’Europe. L’Allemagne, gouvernée par la Grande coalition (droite chrétienne-démocrate et social-démocratie) sous Wolfgang Schäuble, Sigmar Gabriel et Angela Merkel fait figure de moteur. Avec leur politique d’austérité et de casse sociale, de blocage des investissements destinés au renouveau économique, de pression sur les salaires de la masse de la population et d’affaiblissement des syndicats, ils ont fait en sorte qu’en Grèce, le chômage a été triplé entre 2007 et 2014, passant à presque 30 %. Le chômage des jeunes, passant à près de 60 %, a plus que doublé. Il n’est ainsi pas étonnant de constater que le PIB est réduit d’un quart, que l’endettement des particuliers a augmenté de 66 % par rapport à avant la crise et que le taux d’endettement public est monté à presque 180 % du PIB. Partout en Europe, la situation sociale et économique des populations s’est dégradée, mais en Grèce, de façon particulièrement radicale.

    Face à cet échec patent de la politique de la «Troïka», il est compréhensible et juste que le gouvernement grec tire le frein d’urgence et qu’il veuille suivre une autre route que le trajet programmé par ceux réunis au Grand Hôtel près de l’abîme ; d’autant plus que les gouvernements d’avant l’arrivée de Syriza ne peuvent présenter aucun succès, bien qu’ils aient sagement obéi aux directives de la «Troïka».

    Ce faisant, Syriza n’agit pas seulement dans l’intérêt de la Grèce. De toute évidence, il y a lieu de corriger une erreur de construction de la «maison commune européenne»: ses habitants et habitantes ne sont pas des citoyennes et citoyens avec des droits (et devoirs) égaux, mais d’un côté des fortunés dont la richesse augmente aussi dans la crise et avec la crise, et de l’autre côté des débiteurs dont la charge de la dette grandit sans cesse dans la crise et à cause de la crise. Dans l’Europe de 2015, on peut apprendre ce qu’enseignait le grand philosophe grec Aristote: l’argent divise; pour cette raison, on ne saurait fonder une société libre et démocratique sur une union monétaire, en suivant la logique de l’argent. Une «maison commune» exige plus qu’une caisse commune, gérée par des «institutions», d’autant plus si les représentants de celles-ci sont incompétents et remplis de haine contre toute alternative démocratique.

    La politique euro-libérale des 25 dernières années, depuis le document fondateur de la zone euro – le Traité de Maastricht de 1991 –, a contribué à la division de la société européenne. La Grèce en constitue l’exemple le plus dramatique. D’autres suivront. C’est pour cela que le gouvernement conduit par Syriza et son Premier ministre Alexis Tsipras ont raison de demander le respect des intérêts du peuple grec, d’exiger le respect de la dignité humaine et un renforcement de la participation démocratique. Un vote démocratique est une nécessité. Il constitue un progrès, comparé aux diktats «sans alternative» de la Troïka qui réduisent la marge de manœuvre démocratique jusqu’à zéro.

    Il ne s’agit pas uniquement d’une affaire grecques. Les événements actuels autour de la Grèce concernent tous les Européens et toutes les Européennes. L’initiative d’organiser le référendum sur la démarche ultérieure dans la crise de la dette fait regagner aux populations une partie des droits démocratiques qui avaient été écrasés par le véhicule de la Troïka. Nous soutenons cette initiative parce qu’elle correspond aussi à nos intérêts. Nous nous opposons aux tentatives des ministres des Finances de la zone euro de vouloir extirper ce petit peuple grec de l’Europe ; ce peuple grec «dont le talent universel et l’activité lui a assuré une place dans l’histoire du développement de l’Humanité telle qu’aucun autre peuple ne peut y prétendre», comme l’a dit Friedrich Engels, dont nous commémorerons les 120 ans de sa mort en 2015.

    Que reste-il de l’Europe sans la Grèce ? Un désert déculturé, contaminé par le néolibéralisme, géré de façon autoritaire par les «institutions».

    Il devrait aller de soi que le vote démocratique sur la politique de la Troïka, en Grèce et dans d’autres pays européens, soit respecté par les «institutions». Toutes les menaces qu’on peut entendre ces jours-ci, émanant de l’Eurogroupe, de la Banque centrale européenne et du gouvernement fédéral allemand et selon lesquelles on va arrêter immédiatement tout soutien nécessaire à Athènes, sont irresponsables et antidémocratiques.

    Ici, on brandit ouvertement la menace d’un chaos financier afin d’étrangler ainsi la démocratie. «Le temps c’est de l’argent», telle est la première règle des responsables des Finances de la zone euro. Ils ne comprennent même pas que des procédures démocratiques nécessitent du temps, qu’il faut se payer le luxe de prendre du temps pour arriver à des résultats largement acceptés. Des solutions pour la grave crise présente ne doivent pas accabler les endettés aves des diktats durs, voire brutaux et impossibles à satisfaire. Les créanciers doivent contribuer aux coûts de la crise. Une insolvabilité, une crise doit être résolue d’un commun accord, non par des accusations unilatérales et en accablant d’Austérité les hommes et les femmes dans le pays endetté. Il ne faut pas que ceux qui sont réunis dans les salons du Grand hôtel près de l’abîme oublient que les spéculateurs financiers et leurs serviteurs politiques portent la responsabilité principale pour les misères de la crise de la dette. Les ministres des Finances de l’Eurogroupe ont oublié cela. Ils sont responsables d’un désastre créé par eux-mêmes, dont on demande maintenant à la population grecque de payer les pots cassés et qui frappera, avec un décalage dans le temps, aussi d’autres peuples en Europe.

    Honte à la classe politique dans l’Union européenne ! Solidarité avec la population en Grèce! Notre respect va au gouvernement démocratiquement élu, et pratiquant la démocratie, à Athènes.

    par

  • RDC : découper pour gouverner

    RDC : découper pour gouverner

    La-fontaine-de-la-place-Moise-Chombe-à-Lubumbashi-Pour ses détracteurs – et ils sont nombreux -, la cause est entendue : le nouveau découpage de la RDC en 26 provinces censé entrer en vigueur le 30 juin est une mauvaise action politique.

    Précipitée, improvisée et par-dessus tout suspecte car destinée essentiellement à réduire, si ce n’est annihiler, l’influence grandissante d’une poignée de politiciens locaux – et, par conséquent, à y rétablir celle du président Kabila – dans cet État dans l’État qu’était devenue la plus riche de toutes : le Katanga. Diviser pour mieux régner, en quelque sorte, voilà à quoi se résumerait le démembrement de l’ex-Shaba de Mobutu en quatre baronnies distinctes. Développé non sans arguments dans les pages qui suivent, ce réquisitoire mérite cependant d’être fortement nuancé.

    Techniquement, ce découpage n’est pas le premier. La RD Congo en a déjà connu quatre depuis 1924, passant de 4 à 6 provinces en 1935, à 21 en 1963, puis à 8 en 1966 et, enfin, à 11 « régions » en 1988 (qui reprirent le nom de « provinces » en 1997). La Conférence nationale souveraine du début des années 1990 avait même un moment caressé une option à… 46 provinces, avant de l’abandonner. À l’époque, comme lors de la commission constitutionnelle de Luluabourg, en 1964, sous la houlette du tandem Kasavubu-Tshombé, l’idée était la même qu’aujourd’hui : déléguer le pouvoir décisionnel au pays profond et faciliter la participation des populations rurales à la gouvernance du pays.

    Pas de surprise

    Rien de très nouveau sous le soleil, donc. Encore moins d’effet de surprise : l’actuel découpage figure en toutes lettres dans la Constitution adoptée par référendum en décembre 2005, il y a près de dix ans, et les circonscriptions électorales des sénateurs élus en 2007 sont directement issues des 26 nouvelles provinces, lesquelles existent donc déjà de jure si ce n’est de facto.

    Enfin, l’accélération du programme de décentralisation est l’une des recommandations clés de l’accord-cadre d’Addis-Abeba de février 2013, dont toute la classe politique congolaise réclame l’application. Quant au déficit d’infrastructures d’accueil pour les nouvelles autorités provinciales, c’est à la fois un problème réel et un faux problème. Lors du redécoupage du Kivu en trois entités il y a vingt-sept ans, la même question s’était posée, et le mouvement s’est, depuis, fait en marchant.

    Reste l’argument de fond, celui qui veut que le Katanga et son très emblématiqueex-gouverneur Moïse Katumbi soient la cible unique et inavouée de ce grand déménagement. Lequel, soit dit en passant, concerne d’autres poids lourds comme l’Équateur, la Province-Orientale, les deux Kasaïs et le Bandundu, sans pour autant déclencher les mêmes cris d’orfraie.

    S’il n’est pas exclu, loin de là, que la mise en place du découpage serve les intérêts de ceux pour qui Katumbi tendait à devenir une sorte d’ovni incontrôlable – saisir les opportunités n’est pas la moindre des manœuvres en politique -, prétendre que le ver était dans le fruit dès l’origine ne résiste pas à l’examen des faits. En décembre 2005, lors du référendum constitutionnel approuvé par 84 % des Congolais et décisif pour l’adoption du projet des 26 provinces, Moïse Katumbi fut l’un des fervents propagandistes du « oui », et nul n’imaginait encore qu’il allait être, treize mois plus tard, élu gouverneur. Ici comme ailleurs, l’Histoire ne repasse jamais les mêmes plats…

    François Soudan

  • Burundi : au moins six personnes tuées par balle dans l’attente des résultats

    Burundi : au moins six personnes tuées par balle dans l’attente des résultats

    pierre-Les victimes ont été tuées par balle mercredi matin dans le quartier de Cibitoke, en périphérie de la capitale Bujumbura. Des témoins évoquent des exécutions sommaires.

    Selon la police, l’incident a commencé mercredi matin par l’explosion d’une grenade, lancée contre des policiers qui patrouillaient dans le quartier de Cibitoke, foyer des manifestations déclenchées fin avril par la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat à la présidentielle prévue le 15 juillet.

    L’explosion a été immédiatement suivie d’un “ratissage” du quartier par les forces de sécurité, qui se sont alors heurtées à un groupe “lourdement armé”, a-t-elle affirmé. La police a ajouté que “cinq assaillants” avaient été tués, que le groupe, selon elle composé d’opposants politiques radicalisés, avait été “neutralisé” en début d’après-midi et que des armes – fusil d’assaut, lance-roquettes RPG et grenades – avaient été saisies.

    Un journaliste de l’Agence France Presse (AFP) qui a pu se rendre sur place en fin d’après-midi – le quartier est longtemps resté bouclé – a vu non pas cinq mais six cadavres de civils par terre. Des témoins interrogés ont donné une toute autre version des faits, loin de la thèse du “groupe armé”.

    Selon eux, la police cherchait l’un des leaders des manifestations dans une maison du quartier et a demandé à ses occupants d’en sortir. Toujours d’après eux, elle leur a alors tiré dessus alors qu’ils sortaient “les bras en l’air”.

    Parmi les victimes, tuées de balles dans la tête, figurent un agent de change d’une soixantaine d’années plutôt connu pour ses positions pacifiques, ainsi que ses deux fils, selon le journaliste de l’AFP.

  • Cession minière suspecte : la Gécamines dit avoir touché 10 millions de dollars

    Cession minière suspecte : la Gécamines dit avoir touché 10 millions de dollars

    cheminee-de-la-gecamines-La compagnie publique congolaise Gécamines a reçu cette somme lors de la la vente d’une concession minière en République démocratique du Congo à une filiale du groupe suisse Glencore.

    La Générale des Carrières et des Mines (Gécamines) indique sur son site internet avoir “conditionné son autorisation” à cette cession “au paiement en sa faveur de la somme de 10 millions” de dollars. Dans un communiqué, elle précise que la transaction a été réalisée en février.

    Glencore avait confirmé jeudi dernier que sa filiale Mutanda Mining avait acquis ce permis d’exploitation 658 portant sur environ 170 ha auprès d’une coentreprise dans laquelle la Gécamines détient une participation minoritaire, après la révélation de cette vente par l’agence Bloomberg.

    Le groupe minier suisse n’a pas révélé le montant déboursé pour l’acquisition de cette licence sur l’enclave de Kawama, située à l’intérieur du périmètre d’exploitation de Mutanda Mining, dont il détient 69% des parts, le reste appartenant à Fleurette Group, holding de l’homme d’affaires israélien Dan Gertler.

    La zone exploitée par Mutanda Mining pour la production de cuivre et de cobalt est située à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Lubumbashi, capitale du Katanga, la grande province minière de la RDC.

    Proche du président congolais Joseph Kabila, M. Gertler est soupçonné d’avoir acquis, comme bien d’autres, un certain nombre de concessions minières en RDC dans des conditions opaques.

    La législation congolaise impose au gouvernement de rendre publiques les modalités de toute cession des ressources naturelles de l’État sous deux mois.

    Mercredi, le ministère des Mines n’avait toujours pas publié sur son site internet le contrat de cession du permis 658 et on ignore la part touchée pour cette vente par le partenaire de la Gécamines, une filiale du groupe congolais Bazano, à l’actionnariat flou, qui possède 70% de la société commune qui détenait la licence sur l’enclave de Kawama.

    Vendredi, le Centre Carter, fondation de l’ancien président américain Jimmy Carter, a pressé “le gouvernement de la République démocratique du Congo de révéler les termes de l’accord” sur la cession du permis 658 sur l’enclave de Kawama, concession potentiellement riche en cuivre et en cobalt.

    Avec AFP