-Teddy L., l’un des petits-fils de Patrice Émery Lumumba, a dévoilé mardi le clip de sa chanson d’hommage à son grand-père, héros de l’indépendance de la RDC. Un cocktail d’images esthétiques et de textes engagés. Regardez.
Jeune Afrique

-Il y a 55 ans jour pour jour, Patrice Émery Lumumba s’exprimait à l’occasion de l’indépendance congolaise. À Léopoldville, le Premier ministre évoquait, devant un roi des Belges médusé, la lutte pour l’émancipation. Retrouvez son discours en intégralité.
« Combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux, Je vous salue au nom du gouvernement congolais. À vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez.
À vous tous, mes amis qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté.
Discours de Patrice Lumumba – 30 Juin 1960 by Melvin-X
Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal. Nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang.
C’est une lutte qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage, qui nous était imposé par la force.
Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire.

Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres.
Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres.
Qui oubliera qu’à un noir on disait ‘Tu’, non certes comme à un ami, mais parce que le ‘Vous’ honorable était réservé aux seuls blancs !
Nous avons connu nos terres spoliées au nom de textes prétendument légaux, qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort.
Nous avons connu que la loi n’était jamais la même, selon qu’il s’agissait d’un blanc ou d’un noir, accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres.
Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou, croyances religieuses : exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même.
Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillotes croulantes pour les noirs ; qu’un Noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits ‘européens’ ; qu’un Noir voyageait à même la coque des péniches au pied du blanc dans sa cabine de luxe.
Qui oubliera, enfin, les fusillades où périrent tant de nos frères, ou les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d’une justice d’oppression et d’exploitation !

Ensemble mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur. Nous allons établir ensemble la justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail. Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir lorsqu’il travaille dans la liberté, et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique toute entière.
Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants. Nous allons revoir toutes les lois d’autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles.
Et pour tout cela, chers compatriotes, soyez sûrs que nous pourrons compter non seulement sur nos forces énormes et nos richesses immenses, mais sur l’assistance de nombreux pays étrangers dont nous accepterons la collaboration chaque fois qu’elle sera loyale et qu’elle ne cherchera pas à nous imposer une politique quelle qu’elle soit.
Ainsi, le Congo nouveau que mon gouvernement va créer sera un pays riche, libre et prospère. Je vous demande à tous d’oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de nous faire mépriser à l’étranger.
Je vous demande à tous de ne reculer devant aucun sacrifice pour assurer la réussite de notre grandiose entreprise.
L’indépendance du Congo marque un pas décisif vers la libération de tout le continent africain.
Notre gouvernement fort -national- populaire, sera le salut de ce pays.
J’invite tous les citoyens congolais, hommes, femmes et enfants de se mettre résolument au travail, en vue de créer une économie nationale prospère qui consacrera notre indépendance économique. Hommage aux combattants de la liberté nationale ! Vive l’indépendance et l’unité africaine ! Vive le Congo indépendant et souverain ! »
Jeune Afrique

-Des ministres qui se retrouvent pour des négociations interminables à Bruxelles, des échéances de remboursement de prêts fixées au 30 juin, des positions présentées comme irréconciliables : le marathon des négociations grecques a encore dominé l’essentiel de l’actualité européenne ces derniers mois.
Sur le terrain, les réformes imposées par la Troïka, et une économie aux abois pèsent toujours aussi lourdement sur les citoyens. A l’hôpital, à l’école, aux champs, dans les trains et dans leur quotidien, les Grecs ressentent plus que jamais la violence de la crise.
Reportages de Frédérique Lebel et Charlotte Stievenard.
Au Pirée, en Grèce, le terminal 2 est déjà chinois.© Charlotte Stievenard
Aux cotés de ces infirmières légales, des centaines d’infirmières « illégales » travaillent à l’Hopital Evangelismos d’AthènesFrédérique Lebel/RFI
La gare centrale d’Athènes. Vétuste, elle ressemble à une petite gare de province.RFI/Frédérique Lebel
Dimitris Didaskalou, sur son tracteur, devant ses oliviers à Corinthe. La région produit 15 % de la production nationale.RFI/Frédérique Lebel
Nikos Adoubidan (à gauche) dans les locaux de génération 2.0Frédérique Lebel/RFI
-En RDC, drôle de timing : alors que les ministres sont tous réunis ce mardi avec le président Joseph Kabila à l’occasion du 55e anniversaire de l’indépendance, un journal local a publié, lundi, un extrait de la « demande d’ouverture d’information judiciaire » déposée la semaine dernière par le conseiller spécial de M. Kabila pour la bonne gouvernance au procureur de la République. Dans ce document, l’actuel ministre des Transports, mais aussi de hauts fonctionnaires, tous proches du Premier ministre actuel Matata Ponyo, sont soupçonnés de fraudes ou de corruption.
Dans les documents rendus public par le journal C-News, pas de traces de la demande d’enquête pour fraude ou corruption formulée à l’encontre de quatre gouverneurs (du Katanga, du Sud Kivu, du Kasaï oriental et Kasaï occidental) tout comme de l’ex-directeur de cabinet de Joseph Kabila, Gustave Beya Siku. Ces noms figurent pourtant, selon plusieurs sources, dans la « demande d’ouverture d’information judiciaire » déposée mardi dernier par le conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de bonne gouvernance, Luzolo Bambi.
Mais l’extrait de la plainte publié lundi semble se concentrer uniquement sur les collaborateurs du Premier ministre Matata Ponyo. Car sont désignés comme responsables présumés de fraudes douanières ou fiscales, ou encore détournement de denier publics ou corruption presque tous les services de l’Etat qui gèrent les rentrées et les dépenses financières. La direction générale des impôts (DGI) par exemple, la direction générale des recettes administratives (DGRAD) : des hauts fonctionnaires des ministères des Finances et du Budget. Des portefeuilles sous la responsabilité de Matata Ponyo depuis 2010 en tant que ministre des Finances d’abord, puis en tant que chef du gouvernement depuis 2012.
Sont pointés du doigt également deux proches de Matata Ponyo : Patrice Kitebi, ex-ministre des Finances, et Justin Kalumba, l’actuel ministre des Transports. Les deux sont soupçonnés entre autres de surfacturation des travaux de rénovation de la piste d’atterrissage à Kinshasa. Onze millions de dollars auraient été dépensé pour payer les travaux d’excavation sur 400 mètres de la piste, à en croire le document publié dans la presse. Des accusations lourdes, « mais suffisamment documentées », estime le conseiller spécial de Joseph Kabila dans ce document, pour demander l’ouverture d’une instruction.
Lundi, aucune réaction des intéressés, mais ce grand ménage dans l’entourage de Joseph Kabila ne laisse personne indifférent. Certains se demandent déjà s’il ne s’agit pas là de règlements de comptes politiques à l’approche des élections. De son côté, le porte-parole du gouvernement Lambert Mendé a affirmé que rien ne permettait de confirmer l’authenticité de ce document publié par le journal C-News pour le moment.
RFI

-Le dépouillement est terminé dans tous les bureaux de vote sur l’ensemble du territoire burundais, a annoncé mardi à l’AFP, le porte-parole de de la Commission électorale (Céni).
Les Burundais se sont rendus lundi aux urnes pour les élections législatives et communales boycottées par l’opposition.
Prosper Ntahorwamiye, le porte-parole de la Céni, n’a pas indiqué la date possible de la publication des résultats, mais a confirmé que la compilation des résultats se poursuivait mardi.
“Au moment où nous parlons, les résultats sont en train d’être centralisés au niveaux des communes”, a-t-il affirmé.
Une fois connus, les chiffres concernant les communales, provenant de différents centres de vote, seront centralisés au niveau des 18 provinces, puis ceux des législatives agrégés à l’échelle nationale par la Céni.
Ces élections décriées par la communauté internationale devraient sans surprise consacrer la victoire du parti du président Pierre Nkurunziza et de ses alliés, car elles se sont déroulées sans l’opposition.
Avec AFP


-Le président congolais s’est exprimé à la veille de la fête de l’indépendance dans un message télévisé.
Joseph Kabila a affirmé se référer aux avis de la majorité de Congolais qui, selon lui, “souhaite que dans l’éventualité du dialogue, celui-ci soit mené sans ingérence étrangère”.
La majorité souhaite aussi que ce dialogue se tienne avec un nombre limité de participants, et pour une durée relativement courte, a indiqué M. Kabila.
Certains partis de l’opposition dont l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) tiennent au dialogue alors qu’une autre partie de l’opposition le boycotte, accusant le président Kabila de manœuvrer pour rester au pouvoir au-delà du délai constitutionnel qui lui interdit de briguer un troisième mandat.
Toutegois l’UPDS et ses alliés conditionnent entre autres leur partticipation au dialogue par une médiation étrnagère.
M. Kabila a eu des consultations pendant plus d’un mois avec les différentes composantes de la société congolaise.
Les consultations se sont même étendues dans les provinces l’entremise des gouverneurs.
Les élections doivent se tenir dans le pays en 2015 et 2016. Les locales avant la fin de l’année en cours et la ptésidentielle et des légilastives.

-Ils sont frères, sœurs, cousins ou parents plus éloignés. Ils partagent le même nom ou la même filiation, ils ont survécu à des changements de régime et occupent depuis des années l’espace public. Voyage au cœur d’une république très dynastique.
C ‘était il y a presque quinze ans, le 16 janvier 2001. Ce jour-là, le président Laurent-Désiré Kabila est assassiné à Kinshasa, et le simple décret qui fait office de Constitution n’a rien prévu en pareil cas. À défaut d’une légitimité démocratique, impossible à trouver à cet instant, les barons du régime optent donc pour une succession dynastique. Ils se mettent d’accord sur un nom, ou plutôt sur un prénom : celui de Joseph, l’un des fils du défunt, que l’on fait venir en urgence de Lubumbashi pour prendre le pouvoir.
À l’époque, les Congolais ne savent rien ou presque de la famille Kabila. Le Mzee (le « vieux », en swahili) a toujours refusé de dévoiler l’identité de la première dame. Maintenant que Joseph a succédé à son père, il faut que sa filiation soit rendue publique, et sa mère, Mama Sifa, fait sa première apparition télévisée dans la foulée.
Chez les Kabila, la famille relève donc à la fois du secret et du sacré. Elle est aussi la source du pouvoir. Deux autres de ses membres sont d’ailleurs sortis de l’ombre pour se lancer en politique : le jeune frère du président, Zoé (qui ressemble comme deux gouttes d’eau à son aîné), et sa sœur jumelle, Jaynet. Tous deux se sont présentés aux législatives de 2011. Tous deux ont été élus. Et tous deux ont toujours une part de mystère.
Les archives de l’Assemblée nationale, conservées dans les entrailles chaudes et humides du Palais du peuple, ne comportent nulle trace de la fiche de renseignement de Jaynet, qui devrait pourtant porter la mention, entre autres, du nom de ses parents, de son conjoint et de ses enfants. L’intéressée ne l’a pas remplie. En revanche, celle de Zoé existe. Rédigée à la main, elle révèle que son épouse a pour nom Nita Kabila. Or Nita Boukani de son nom de jeune fille n’est autre que la nièce du sénateur d’opposition Raymond Ramazani Baya, qui fut ministre des Affaires étrangères dans les années 2000 et ambassadeur de Mobutu à Paris au cours de la décennie précédente.
À dire vrai, ce genre de liens mêlant famille et politique n’est pas propre aux Kabila, loin s’en faut. Que l’on songe, par exemple, à l’Union pour la démocratique et le progrès social (UDPS, le principal parti d’opposition) d’Étienne Tshisekedi. L’influence de Félix, le fils, grandit à mesure que la santé du « vieux » faiblit, si bien qu’il est, aujourd’hui, le mieux placé pour lui succéder. Le soutien de sa mère, Marthe, très influente au sein du parti, ne gâche rien. Quant à la famille de Jean-Pierre Bemba, le président du Mouvement de libération du Congo (MLC) détenu à La Haye, elle pèse également depuis longtemps sur la scène politique congolaise. Le patriarche, Jeannot Bemba, était l’un des plus riches hommes d’affaires du Zaïre du maréchal Mobutu.
« Les acteurs politiques congolais se connaissent souvent personnellement, parfois au travers de leurs familles, résume un diplomate occidental en poste à Kinshasa. Ils se parlent et fréquentent les mêmes lieux. Cela permet d’éviter que les tensions politiques ne dégénèrent. Ici, un adversaire politique peut aussi être un ami, un cousin ou un beau-frère. Rarement un ennemi à abattre. »

Cela n’a pas toujours été le cas. Lors de l’arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila, en 1997, une partie de l’élite politico-familiale qui avait prospéré sousMobutu a été contrainte à l’exil. Pas les Moleka. Certes, le père, Ignace, était proche du maréchal, et son fils Thimothée avait même été le gouverneur de Kinshasa. Mais ils ont refusé de partir et continué à jouer un rôle sur la scène politique locale. Albert, le cadet de la famille, s’est allié à Étienne Tshisekedi, dont il a été le porte-parole puis le directeur de cabinet, de 2008 à 2014.
Aujourd’hui, Albert Moleka reçoit dans un vaste bureau sombre, au fond de la boutique African Lux jadis fondée par son père. Aux murs, les photos de famille jaunies par le temps. Assis dans un fauteuil, un des fils qu’il a eu avec Monique, la fille de Moïse Tshombe, président d’un Katanga brièvement indépendant dans les années 1960. La tante de ce jeune homme n’est autre qu’Isabel Ruth Tshombe, représentante personnelle du président Kabila pour la Francophonie…
« J’ai rejoint Étienne Tshisekedi, dans les années 1980. Mon rôle était de faire du lobbying auprès des autorités pour faire libérer les militants arrêtés, raconte Albert Moleka. Évidemment, mon nom me facilitait beaucoup la tâche. » Mobutu en est informé, mais il ne s’oppose pas à ce compagnonnage : il sait que les réseaux sont à double sens et, plusieurs fois, il demandera à Albert de transmettre de discrets messages.
Le maréchal était un maître dans l’art d’utiliser les liens familiaux à des fins politiques. Lorsqu’il apprend, quelques années plus tard, que Félix Tshisekedi, le fils de son principal adversaire, fréquente la sœur de son secrétaire particulier, Lando Kota-Mbongo, il ne résiste pas à l’envie de s’en mêler. Il charge Lando de faire en sorte que Félix demande sa sœur en mariage. « Le maréchal est d’accord et il est prêt à recevoir la dot lui-même ! Nous pouvons réunifier la République avec ce mariage ! » Mais Lando a beau insister, Félix refuse. Depuis il s’est marié avec une autre, Denise, dont le frère travaille au protocole de l’actuel président…

Une autre manœuvre politico-familiale aura été beaucoup plus utile à Mobutu. Lors d’une visite à Kinshasa, son homologue centrafricain d’alors, Jean-Bedel Bokassa, s’entiche de Marie-Hélène Moleka, la sœur d’Albert. La suite, c’est Albert qui la raconte : « Ma sœur est allée vivre à Bangui à la fin des années 1960. Mobutu lui avait demandé d’espionner Bokassa pour lui. Dès qu’elle avait une information, elle la griffonnait sur un bout de papier, qu’elle déposait sur le trottoir, par la grille de sa résidence. Un agent de l’ambassade était chargé de le récupérer. Cela a duré jusqu’à ce qu’elle se fasse prendre. Elle a eu très peur et est rentrée à Kinshasa. Malgré tout, à chaque fois que Bokassa venait en visite, il la réclamait ! »
À l’autre bout du continent, d’autres alliances familiales se forment, cette fois contre Mobutu. En trahissant Patrice Lumumba, le héros de l’indépendance mort assassiné, le maréchal a fait de ses enfants des adversaires. Recueillis par le président Nasser, ces derniers grandissent au Caire, où ils apprennent l’arabe. C’est d’ailleurs ce qui vaudra à Juliana, l’aînée des enfants Lumumba, le poste de secrétaire générale de l’Union africaine des chambres de commerce, d’industrie, d’agriculture et de professions (UACCIAP), dont le siège est situé dans la capitale égyptienne.
Son frère François parvient pour sa part à tisser son réseau dans le palais de Mouammar Kadhafi et dans celui de Saddam Hussein. « À l’époque, un Lumumba, qui en plus parlait arabe, cela intriguait beaucoup dans cette région », se souvient-il. Dans les années 1980, il aide Laurent-Désiré Kabila, chef rebelle alors en quête de soutiens, à entrer en contact avec les maîtres de Tripoli et de Bagdad. Devenu président, le Mzee fera de Juliana sa ministre de la Culture et de l’Information.
Malgré leur célèbre patronyme, les Lumumba sont loin d’avoir l’aisance financière et les réseaux d’autres grands noms de la politique congolaise.
Malgré leur célèbre patronyme, les Lumumba sont loin d’avoir l’aisance financière et les réseaux d’autres grands noms de la politique congolaise. Dans le jardin ombragé de la résidence autrefois occupée par son père, dans le centre de Kinshasa, Juliana semble n’en nourrir aucun regret : « Nous sommes restés très longtemps loin d’ici alors que les autres familles ont vécu ensemble. C’est normal qu’elles se soient mariées entre elles. Nous, notre mère nous a élevés en nous demandant de mériter notre nom. Il nous était interdit de le compromettre. » Pour autant, Juliana n’en a pas fini avec la politique. Elle sera candidate sans étiquette, à Kinshasa, lors des prochaines élections provinciales.
La relative marginalisation des Lumumba sur la scène politique reste un cas exceptionnel. Il n’y a qu’à observer le gouvernement actuel pour s’en convaincre. Le vice-ministre de la Coopération internationale, Franck Mwe di Malila, est le gendre de Kengo wa Dondo, l’actuel président du Sénat, qui fut autrefois Premier ministre de Mobutu. Venu de l’opposition, Germain Kambinga, le ministre de l’Industrie, est le fils de feu Christian Kambinga, qui fut également ministre de Joseph Kabila.
L’épouse de Thomas Luhaka, le vice-Premier ministre des Postes et Télécommunications, fait partie de la famille de Mama Sifa, la mère du président. Son collègue du Plan, Olivier Kamitatu, est le fils de Cléophas, lui-même ministre dans les années 1960 et 1980, et le gendre de feu Justin-Marie Bomboko, un ancien baron du mobutisme… Quant à Michaël Sakombi, le jeune directeur de cabinet adjoint du ministre Kin Kiey Mulumba, il est le fils de Dominique Sakombi Inongo, autrefois chargé de l’Information sous Mobutu puis sous Kabila père.
La guerre entre kabilistes et mobutistes est terminée depuis longtemps. Les grandes familles liées à l’ancien régime sont presque toutes revenues s’installer à Kinshasa. Jusqu’aux enfants de Mobutu lui-même, à l’instar de Giala Mobutu, aujourd’hui député. Et c’est une autre Moleka qui a joué un rôle non négligeable dans ce rapprochement : Wivine.
Plus compliqué chez les Bemba
Lorsque Kabila arrive au pouvoir, elle est journaliste à la télévision nationale et parvient à le rester. Quelques mois plus tard, elle croise Manda, un des fils Mobutu, lors d’un voyage à Abidjan. « Je le connaissais bien et je l’ai interviewé, se souvient-elle. Je m’apprêtais à devoir batailler pour faire passer l’entretien, mais pas du tout. Le Mzee m’a même demandé d’en faire d’autres ! En réalité, il voulait réunifier le pays, et mes connexions lui étaient utiles. C’est comme cela que j’ai donné la parole à d’autres grands noms du mobutisme, comme Honoré Ngbanda, Kengo wa Dongo ou Victor Nendaka. »
À l’époque, la proximité entre Laurent-Désiré Kabila et Wivine Moleka étonne et fait jaser. Au point que la rumeur attribue au président la paternité du fils de la journaliste – à tort. Le père de l’enfant n’est pas un inconnu pour autant : il s’agit de l’actuel ministre de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba.
Albert et Wivine Moleka appartiennent aujourd’hui à des camps politiques opposés (elle est députée du parti au pouvoir, lui est dans l’opposition), mais entretiennent des relations cordiales. C’est plus compliqué chez les Bemba. « Cathy », la sœur de Jean-Pierre, a épousé Nzanga Mobutu, qui a longtemps été en froid avec son beau-frère. Une autre de ses sœurs, Caroline, est mariée à Jean Bamanisa, le gouverneur de la Province orientale. La fratrie est unie contre Jean-Jacques Bemba, un demi-frère reconnu par Jeannot à sa naissance, mais qui a contesté en justice les modalités de la succession familiale.
Cette inimitié s’est déportée sur le terrain politique : kabiliste convaincu, Jean-Jacques est allé défier sa demi-sœur Caroline pour un siège de député dans le fief familial de Gemena, lors des élections de 2011. Caroline l’a remporté. Depuis, Jean-Jacques a été nommé administrateur de la Société commerciale des transports et des ports (SCTP) par le président Kabila. Preuve que même lorsque l’on est rejeté par les siens, avoir un nom peut toujours être utile.
Jeune Afrique

-La République démocratique du Congo a acquis deux Airbus A320 d’occasion auprès d’Alitalia, pour sa future compagnie aérienne nationale.
Le coût d’achat total des deux avions s’élève à 50 millions de dollars, environ 25 milliards de francs CFA, selon une source gouvernementale congolaise. Ces deux avions s’ajoutent à la flotte aérienne de la future compagnie Congo Airways.
Leur acquisition avait été annoncée par le Premier ministre Matata Ponyo dans un entretien avec l’Agence France-Presse, en avril dernier.
Les deux appareils moyen-courrier A320 acquis par crédit-bail sont “un gage de crédibilité” donné par l’État et Congo Airways, a encore dit à l’AFP cette source proche du projet.
La direction de Congo Airways, à laquelle Air France est liée par un contrat d’assistance technique, a été formellement installée au premier trimestre de cette année.
La nouvelle compagnie aérienne devrait commencer par desservir huit villes en RDC et passerait à 14 destinations intérieures au bout de trois ans.
BBC

-Barack Obama a prononcé un éloge funèbre très politique, lors des obsèques du pasteur Clementa Pinckney à Charleston, dans l’église où un suprématiste blanc a tué neuf paroissiens voilà dix jours. Le président des Etats-Unis est revenu sur ce crime raciste, sur la circulation des armes et sur le drapeau confédéré, symbole des esclavagistes lors de la guerre civile américaine. Un emblème que la plupart des Etats du Sud ont décidé de retirer après la tuerie de Charleston, alors que ce débat était tabou jusque-là.
Avec notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio
Jamais Barack Obama n’avait été aussi direct sur les problèmes raciaux aux Etats-Unis. Avec cette année très mouvementée dans la communauté noire, depuis les émeutes de Ferguson ou Baltimore, puis cette tuerie raciste de Charleston, et peut-être la fin de son mandat approchant, le président américain ne reste plus dans le non-dit sur débat racial qui traverse le pays.
La fusillade de Charlestonest un crime raciste, qui a eu lieu dans une église symbolique, une église brûlée par les suprémacistes blancs pendant la guerre civile, car les esclaves s’y réfugiaient. Barack Obama a rappelé la violence de la ségrégation contre les Afro-Américains : « Nous ne savons pas si le tueur connaissait cette histoire, mais il a senti la violence de son acte. Un acte qui rappelle une longue histoire de bombes et de tirs contre les églises, pas au hasard, mais comme un moyen de contrôle et d’oppression. »
Le président américain est revenu sur le drapeau confédéré, symbole d’esclavagisme. Il faut retirer ce « symbole d’une oppression érigée en système, d’un assujettissement racial », a-t-il dit.Il a estimé que son retrait« ne serait pas un acte politiquement correct, ne serait pas une insulte à la valeur des soldats confédérés. Ce serait simplement la reconnaissance que la cause pour laquelle ils se sont battus, la cause de l’esclavage, était injuste ».