Author: Don Kayembe

  • Les discours du 30 juin 1960: Roi Baudouin , Pdt Joseph Kasavubu et le 1er Min. Patrice Emery Lumumba

    Les discours du 30 juin 1960: Roi Baudouin , Pdt Joseph Kasavubu et le 1er Min. Patrice Emery Lumumba

    baudouin, kasavubu, lumumba-Les discours prononcés par le Roi Baudouin Ier, le Président Joseph Kasa-Vubu et le Premier Ministre Patrice-Emery Lumumba lors de la cérémonie de l’indépendance du Congo (30 juin 1960) à Léopoldville (actuellement Kinshasa)

    1. Discours du Roi des Belges, Baudouin Ier                                                                                                                 2. Discours du Président de la République M. Joseph KASA-VUBU                                                                       3. Discours du Premier Ministre Patrice Emery LUMUMBA

    Baudouin et kasavubu 30 juin independance-1.  Discours du Roi des Belges, Baudouin Ier

    Monsieur le Président, Messieurs, L’indépendance du Congo constitue l’aboutissement de l’œuvre conçue par le génie du roi Léopold II, entreprise par lui avec un courage tenace et continuée avec persévérance par la Belgique. Elle marque une heure dans les destinées, non seulement du Congo lui-même, mais, je n’hésite pas à l’affirmer, de l’Afrique toute entière. Pendant 80 ans la Belgique a envoyé sur votre sol les meilleurs de ses fils, d’abord pour délivrer le bassin du Congo de l’odieux trafic esclavagiste qui décimait ses populations, ensuite pour rapprocher les unes des autres les ethnies qui jadis ennemies s’apprêtent à constituer ensemble le plus grand des États indépendants d Afrique; enfin pour appeler à une vie plus heureuse les diverses régions du Congo que vous représentez ici unies en un même Parlement. En ce moment historique, notre pensée à tous doit se tourner vers les pionniers de l’émancipation africaine et vers ceux qui, après eux, ont fait du Congo ce qu’ il est aujourd’hui. Ils méritent à la fois NOTRE admiration et VOTRE reconnaissance, car ce sont eux qui, consacrant tous leurs efforts et même leur vie à un grand idéal, vous ont apporté la paix et ont enrichi votre patrimoine moral et matériel. Il faut que jamais ils ne soient oubliés, ni par la Belgique, ni par le Congo. Lorsque Léopold II a entrepris la grande œuvre qui trouve aujourd’hui son couronnement, Il ne s’est pas présenté à vous en conquérant mais en civilisateur. Le Congo, dès sa fondation, a ouvert ses frontières au trafic International, sans que jamais la Belgique y ait exerce un monopole institué dans son intérêt exclusif. Le Congo a été doté de chemins de fer, de routes, de lignes maritimes et aériennes qui, en mettant vos populations en contact les unes avec les autres, ont favorisé leur unité et ont élargi le pays aux dimensions du monde. Un service médical, dont la mise au point a demandé plusieurs dizaines années, a été patiemment organise et vous a délivré de maladies combien dévastatrices. Des hôpitaux nombreux et remarquablement outillés ont été construits. L’agriculture a été améliorée et modernisée. De grandes villes ont été édifiées et, à travers tout le pays, les conditions de l’habitation et de l’hygiène traduisent de remarquables progrès. Des entreprises industrielles ont mis en valeur les richesses naturelles du sol. L’expansion de l’activité économique a été considérable, augmentant ainsi le bien être de vos populations et dotant le pays de techniciens indispensables à son développement. Grâce aux écoles des missions, comme à celles que créèrent les pouvoirs publics, l’éducation de base connaît une extension enviable : une élite intellectuelle a commencé à se constituer que vos universités vont rapidement accroître. Un nombre de plus en plus considérable de travailleurs qualifiés appartenant à l’agriculture, à l’industrie, à l’artisanat, au commerce, à l’administration font pénétrer dans toutes les classes de la population émancipation individuelle qui constitue la – 3 – véritable base de toute civilisation. Nous sommes heureux d’avoir ainsi donné au Congo malgré les plus grandes difficultés, les éléments indispensables à l’armature d’un pays en marche sur la voie du développement. Le grand mouvement (de l’)indépendance qui entraîne toute l’Afrique a trouvé auprès des pouvoirs belges la plus large compréhension. En face du désir unanime de vos populations nous n’avons pas hésité à vous reconnaître, dès à présent, cette indépendance. C’est à vous, Messieurs qu’il appartient maintenant de démontrer que nous avons eu raison de vous faire confiance. Dorénavant la Belgique et le Congo se trouvent côte à côte comme deux États souverains mais liés par l’amitié et décidés à s’entraider. Aussi, nous remettons aujourd’ hui entre vos mains tous les services administratifs, économiques, techniques et sociaux ainsi que l’organisation judiciaire sans lesquels un État moderne n’est pas viable. Les agents belges sont prêts à vous apporter une collaboration loyale et éclairée. Votre tâche est immense et vous êtes les premiers à vous en rendre compte. Les dangers principaux qui vous menacent sont l’inexpérience des populations à se gouverner, les luttes tribales qui jadis ont fait tant de mal et qui à aucun prix ne doivent reprendre l’attraction que peuvent exercer sur certaines régions des puissances étrangères prêtes à profiter de la moindre défaillance. Vos dirigeants connaîtront la tâche difficile de gouverner. Il leur faudra mettre au premier plan de leurs préoccupations, quel que soit le parti auquel ils appartiennent, les intérêts généraux du pays. Ils devront apprendre au peuple congolais que l’indépendance ne se réalise pas par la satisfaction immédiate des jouissances faciles, mais par le travail, par le respect de la liberté d’autrui et des droits de la minorité, par la tolérance et l’ordre, sans lesquels aucun régime démocratique ne peut subsister. Je tiens à rendre ici un particulier hommage à la Force Publique qui a accompli sa lourde mission avec un courage et un dévouement sans défaillance. L’indépendance nécessitera de tous des efforts et des sacrifices. Il faudra adapter les institutions à vos conceptions et à vos besoins, de manière à les rendre stables et équilibrés. Il faudra aussi former des cadres administratifs expérimentés, intensifier la formation intellectuelle et morale de la population, maintenir la stabilité de la monnaie, sauvegarder vos organisations économiques, sociales et financières. Ne compromettez pas l’avenir par des réformes hâtives, et ne remplacez pas les organismes que vous remet la Belgique, tant que vous n’êtes pas certains de pouvoir faire mieux. Entretenez avec vigilance l’activité des services médicaux dont l’interruption aurait des conséquences désastreuses et ferait réapparaître des maladies que nous avions réussi à supprimer. Veillez aussi sur l’œuvre scientifique qui constitue pour vous un patrimoine intellectuel inestimable. N’oubliez pas qu’une Justice sereine et indépendante est un facteur de paix sociale : la garantie du respect du droit de chacun confère à un État, dans l’opinion internationale, une grande autorité morale. N’ayez crainte de vous tourner vers nous. Nous sommes prêts à rester à vos cotés pour vous aider de nos conseils, pour former avec vous les techniciens et les fonctionnaires dont vous aurez besoin. – 4 – L’Afrique et l’Europe se complètent mutuellement et sont appelées, en coopérant, au plus brillant essor. Le Congo et la Belgique peuvent jouer un rôle de première grandeur par une collaboration constructive et féconde, dans la confiance réciproque. Messieurs, Le monde entier a les yeux fixés sur vous. À l’heure où le Congo choisit souverainement son style de vie, Je souhaite que le peuple congolais conserve et développe le patrimoine des valeurs spirituelles, morales et religieuses qui nous est commun et qui transcende les vicissitudes politiques et les différences de race ou de frontière. Restez unis et vous saurez vous montrer dignes du grand rôle que vous êtes appelés à jouer dans l’histoire de l’Afrique. Peuple Congolais, Mon pays et moi-même nous reconnaissons avec joie et émotion que le Congo accède ce 30 Juin 1960, en plein accord et amitié avec la Belgique, à l’indépendance et à la souveraineté internationale. Que Dieu protège le Congo ! Baudouin Ier, Roi des Belges

     kasavubu30jun– 2. Discours du Président de la République M. Joseph KASA-VUBU

    Excellences, mes chers compatriotes, Au moment solennel où la République du Congo se présente au monde et à l’Histoire, pleinement indépendante et souveraine, au moment où nous ressentons intensément le caractère irrévocable et définitif du pas que nous franchissons, nous ne pouvons pas nous empêcher de mesurer la gravité de nos responsabilités et, dans une attitude de profonde humilité, de demander à Dieu qu’ il protège notre peuple et qu’il éclaire tous ses dirigeants. Avant toute chose, je voudrais exprimer ici une émotion, la reconnaissance que nous ressentons envers tous ces artisans obscurs ou héroïques de l’émancipation nationale, et tous ceux qui, partout sur notre immense territoire, ont donné sans compter leurs forces, leurs privations, leurs souffrances et même leur vie pour que se réalise enfin leur rêve audacieux d’un Congo libre et indépendant. (Applaudissements.) Je pense à ces travailleurs des chantiers, des usines, à ces agriculteurs de nos plaines et de nos vallées, à ces intellectuels aussi, à tous ceux, jeunes ou vieux, qui ont senti monter dans leur cœur un irrésistible idéal de liberté et qui, quoi qu’il put arriver, ont su rester fidèles à cet idéal et ont su l’accomplir. Je pense à nos femmes aussi qui, sans faiblir un seul instant, ont su réconforter leurs fils, leurs époux dans leurs luttes magnifiques et souvent même, se trouver à leurs côtés au plus près du combat. À vous toutes et à vous tous, artisans incomparables de la grandeur de Notre patrie, le Congo Indépendant que vous avez créé vous dit avec émotion sa gratitude infinie et vous assure solennellement que jamais vous ne serez oubliés. Tournons-nous maintenant vers l’avenir. L’aube de indépendance se lève sur un pays dont la structure économique est remarquable, bien équilibrée et solidement unifiée. Mais l’état d’inachèvement de la conscience nationale parmi les populations a suscité certaines alarmes que je voudrais dissiper aujourd’hui, en rappelant tous les progrès qui ont déjà été accomplis en ce domaine et qui sont les plus sûrs garants des étapes qui restent à parcourir. Que de différences, en effet, lors de la fondation de notre pays, entre des populations que tout contribuait à maintenir écartées les unes des autres : sans souligner les diversités de langues, de coutumes ou de structures sociales, rappelons simplement les distances énormes qui nous séparaient et le manque de moyens modernes de communication de la fin du siècle passé. Pour se reconnaître, il a fallu se rencontrer. Bon nombre de populations vivant aux confins de ce vaste pays se sentaient peu proches les unes des autres. Vous avez bien voulu rappeler, Sire, combien le progrès des moyens de déplacement contribua heureusement à enserrer le pays dans un réseau d’échanges qui servit aussi, et grandement, à rapprocher les hommes. Le développement économique, de son coté, amena la création de cités de travailleurs et de centres où les ressortissants des différentes ethnies apprirent à vivre ensemble, à mieux s’apprécier et où, insensiblement, une certaine osmose s’opéra. Les échanges se multipliant, les – 6 – régions devinrent petit à petit complémentaires les unes des autres et renforcèrent ainsi leur collaboration. Le développement de l’instruction, la création et la diffusion des journaux et périodiques, la multiplication des postes de radio, tout cela contribua à la naissance dans les villes d’abord, dans les milieux ruraux ensuite, d’une opinion publique d’où, petit à petit, se dégagèrent les éléments d’une véritable conscience nationale. La Belgique a eu alors la sagesse de ne pas s’opposer au courant de l’histoire et, comprenant la grandeur de l’idéal de la liberté qui anime tous les cœurs congolais, elle a su, fait sans précèdent dans l’histoire d’une colonisation pacifique, faire passer directement et sans transition notre pays de la domination étrangère à l’indépendance, dans la pleine souveraineté nationale. (Applaudissements.) Mais, si nous pouvons nous réjouir de cette décision, nous ne devons pas oublier que c’est à nous désormais à prendre le relais et à rassembler les matériaux de notre unité nationale, à construire notre nation dans l’union et dans la solidarité. Nous disposons pour cela d’un large éventail de moyens, mais il faudra que nous les utilisions avec sagesse, sans hâte ni lenteur, avec le souci de s’adapter harmonieusement au rythme normal des choses, sans essouffler les populations par une marche trop rapide qui les laisserait hors d’haleine sur le bord de la route, mais sans se complaire non plus dans une admiration béate de ce qui est déjà fait. La conscience nationale pousse depuis longtemps les populations congolaises vers plus de solidarité : nous aurons à favoriser plus que jamais ce mouvement de rapprochement national. Un rôle tout spécial sera dévolu, dans cette recherche d’une plus grande cohésion nationale, aux institutions centrales du pays et surtout à l’action des Chambres législatives. Certains d’entre nous, Messieurs les Sénateurs et Messieurs les Députes, ont pour la première fois, sans doute, côtoyé des élus venant d’autres provinces. Grande a été leur surprise de constater que votre idéal et vos préoccupations étaient si proches les uns des autres. J’ai la conviction que vous ferez de ces assises le véritable creuset d’une conscience nationale toujours plus développée. Nous saurons également, dans tout le pays, développer l’assimilation de ce que quatre-vingts ans de contact avec l’Occident nous a apporte de bien : la langue, qui est l’indispensable outil de l’harmonisation de nos rapports, la législation qui, insensiblement, a influencé sur l’évolution de nos coutumes diverses et les a lentement rapprochées et, enfin et surtout, la culture. Une affinité fondamentale de culture rapproche déjà tous les Bantous, aussi le contact de la civilisation chrétienne et les racines que cette civilisation a poussé en nous permettront aux sangs anciens revivifiés de donner à nos manifestations culturelles une originalité et un éclat tout particulier. Nous aurons à cœur de favoriser l’éclosion de cette culture nationale et d’aider toutes les couches de la population à en percevoir le message et à en approfondir la portée. Nous aurons là une mission essentielle à remplir, car la culture sera le véritable ciment de la nation. Cette recherche, ainsi que la mise en place des matériaux destinés à notre unité nationale, doit devenir la préoccupation dominante de tous. Aucun habitant de ce pays ne peut se refuser de participer à cette œuvre capitale. Nous saurons pour cela, dans ce vaste chantier de quatorze millions d’hommes qui est notre pays, éclairer et guider tous ceux qui y œuvrent dans l’enthousiasme. C’est cette communauté d’efforts, de peines et de travail qui achèvera le plus sûrement d’unir tous les Congolais en une grande, seule et solide nation. Nous montrerons ainsi au monde, par nos actes, que nous sommes dignes – 7 – de la confiance que le peuple a placée en nous, et que de nombreux pays nous témoignent déjà. Nous ne les décevrons pas. (Applaudissements.) Sire, La présence de votre Auguste Majesté aux cérémonies de ce jour mémorable constitue un éclatant et nouveau témoignage de Votre sollicitude pour toutes ces populations que vous avez aimées et protégées. Elles sont heureuses de pouvoir dire aujourd’hui à la fois leur reconnaissance pour les bienfaits que Vous et Vos illustres prédécesseurs leur avez prodigués, et leur joie pour la compréhension dans laquelle Vous avez rencontré leurs aspirations. Elles ont reçu Votre message d’amitié avec tout le respect et la ferveur dont elles Vous entourent et garderont longtemps dans leur cœur les paroles que Vous venez de leur adresser en cette heure émouvante. Elles sauront apprécier tout le prix de l’amitié que la Belgique leur offre et elles s’engageront avec enthousiasme dans la voie d’une collaboration sincère. Messieurs les Représentants des Pays Étrangers, Vous avez bien voulu partager nos joies et vous nous avez fait l’honneur de venir nombreux célébrer avec nous ces journées historiques. Aussi des relations d’amitié seront-elles faciles à nouer demain entre notre pays et chacun des États que Vous représentez. Vous qui voyez autour de vous l’immense enthousiasme qui s’empare de toute la Nation, vous qui sentez notre désir de réussir et de bien faire, je vous demande de faire connaître au monde cette image pleine d’espoir que vous emporterez du Congo, et qui est sa vraie image. Je proclame, au nom de la Nation, la naissance de la République du Congo.                                                                                                                                 Joseph Kasa-Vubu, Chef de l’État

    Patrice Lumumba – 3. Discours du Premier Ministre Patrice Emery LUMUMBA

    Congolais et Congolaises, Combattants de l’Indépendance aujourd’hui victorieux, Je vous salue au nom du gouvernement congolais. À vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos cotés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffablement gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté. Car cette Indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise (applaudissements), une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang. Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions le chasser de notre mémoire. Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres. Qui oubliera qu’à un Noir on disait « tu », non certes comme à un ami, mais parce que le « vous » honorable était réservé aux seuls Blancs ? Nous avons connu que nos terres furent spoliées au nom de textes prétendument légaux qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort. Nous avons connu que la loi était jamais la même selon qu’il s’agissait d’un Blanc ou d’un Noir : accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses ; exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même. Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les Blancs et des paillotes croulantes pour les Noirs ; qu’un Noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens ; qu’un Noir voyageait à même la coque des péniches, aux pieds du Blanc dans sa cabine de luxe. – 9 – Qui oubliera enfin les fusillades dont périrent tant de nos frères, les cachots dont furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d’une justice d’oppression et d’exploitation ? (Applaudissements.) Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert. Mais tout cela aussi, nous que le vote de vos représentants élus a agréés pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre cœur de l’oppression colonialiste, nous vous le disons tout haut, tout cela est désormais fini. La République du Congo a été proclamée et notre cher pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants. Ensemble, mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur. Nous allons établir ensemble la Justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail. (Applaudissements.) Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir quand il travaille dans la liberté, et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique tout entière. Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants. Nous allons revoir toutes les lois d’autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles. Nous allons mettre fin à l’oppression de la pensée libre et faire en sorte que tous les citoyens puissent jouir pleinement des libertés fondamentales prévues dans la déclaration des Droits de l’Homme. (Applaudissements.) Nous allons supprimer efficacement toute discrimination quelle qu’elle soit et donner à chacun la juste place que lui vaudra sa dignité humaine, son travail et son dévouement au pays. Nous allons faire régner, non pas la paix des fusils et des baïonnettes, mais la paix des cœurs et des bonnes volontés. (Applaudissements.) Et pour tout cela, chers compatriotes, soyez sûrs que nous pourrons compter, non seulement sur nos forces énormes et nos richesses immenses, mais sur l’assistance de nombreux pays étrangers dont nous accepterons la collaboration chaque jour qu’elle sera loyale et ne cherchera pas à nous imposer une politique, quelle qu’elle soit. (Applaudissements.) Dans ce domaine, la Belgique qui, comprenant enfin le sens de l’histoire, n’a pas essayé de s’opposer à notre indépendance est prête à nous accorder son aide et son amitié, et un traité vient d’être signé dans ce sens entre nos deux pays égaux et indépendants. Cette coopération, j’en suis sûr, sera profitable aux deux pays. De notre côté, tout en restant vigilants, nous saurons respecter les engagements librement consentis. Ainsi, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, le Congo nouveau, notre chère République que mon gouvernement va créer, sera un pays riche, libre et prospère. Mais pour que nous arrivions sans retard à ce but, vous tous, législateurs et citoyens congolais, je vous demande de m’aider de toutes vos forces. Je vous demande à tous d’oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de nous faire mépriser à l’étranger. Je demande à la minorité parlementaire d’aider mon – 10 – gouvernement par une opposition constructive et de rester strictement dans les voies légales et démocratiques. Je vous demande à tous de ne reculer devant aucun sacrifice pour assurer la réussite de notre grandiose entreprise. Je vous demande enfin de respecter inconditionnellement la vie et les biens de vos concitoyens et des étrangers établis dans notre pays. Si la conduite de ces étrangers laisse à désirer, notre justice sera prompte à les expulser du territoire de la République ; si par contre leur conduite est bonne, il faut les laisser en paix, car eux aussi travaillent à la prospérité de notre pays. L’Indépendance du Congo marque un pas décisif vers la libération de tout le continent africain. (Applaudissements.) Voilà, Sire, Excellences, Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes, mes frères de race, mes frères de lutte, ce que j’ai voulu vous dire au nom du gouvernement en ce jour magnifique de notre Indépendance complète et souveraine. (Applaudissements.) Notre gouvernement, fort, national, populaire sera le salut de ce peuple. Hommage aux combattants de la liberté nationale ! Vive l’lndépendance et l’Unité Africaine ! Vive le Congo indépendant et souverain ! (Applaudissements prolongés.)                                                                                                                                                              Patrice Emery Lumumba, Premier Ministre

  • Le nègre de la Maison Blanche

    Le nègre de la Maison Blanche

    obama dubbing-C ‘est un mot de six lettres, symboliquement l’un des plus violents, des plus chargés, des plus haïssables et sans doute le plus raciste de la langue anglaise.

    Il aurait pu en choisir un autre, « negro », par exemple, aussi ambigu, connoté et méprisant que l’adjectif « nègre » en français, mais à qui Marcus Garvey et Martin Luther King donnèrent aussi un sens identitaire, comme le firent Senghor et Césaire pour son équivalent francophone. Parce qu’il estimait que lui, le premier président noir de l’histoire des États-Unis, pouvait se le permettre, Barack Obama a donc prononcé l’impensable lors d’une interview sur une radio de Los Angeles, le 22 juin : « nigger ». Phrase exacte : « Nous ne sommes pas guéris du racisme. Il ne s’agit pas seulement de ne plus dire « nigger » en public parce que c’est impoli ; ce n’est pas à celà que l’on mesure si le racisme existe toujours ou pas. »

    Buzz garanti : au pays du politiquement correct, tous les médias ont repris le mot tabou sans toutefois oser le dire. CNN l’a remplacé sur ses écrans par son initiale, le « N-word » (« le mot N »), Fox News l’a carrément bipé. Même si Obama, au cours du même entretien, est allé encore plus loin en affirmant que le racisme « fait toujours parti de notre ADN », les Américains n’ont retenu que ce mot-là, les plus outrés étant les conservateurs – ceux-là mêmes qui, en privé, ne se gênent pas pour user de cette insulte – comme si le déni valait tous les exorcismes.

    « Nigger ». Un mot qui renvoie directement à l’esclavage, au fouet des plantations, au Ku Klux Klan et aux lois Jim Crow sur la ségrégation raciale. L’équivalent du « kaffir » des maîtres blancs de l’apartheid. Un mot que les militants des Black Panthers et quelques rappeurs du ghetto comme Tupac Shakur se sont approprié pour prôner la violence révolutionnaire. Un mot qu’aucun président des États-Unis n’avait jamais osé prononcer en public depuis Abraham Lincoln, même si l’on sait qu’un Nixon ou un Johnson l’éructaient parfois dans l’intimité du Bureau ovale. Pire qu’un mot interdit : le cauchemar de l’Amérique.

    Si l’on en croit Valérie Jarrett, l’intime du couple, sa plus proche conseillère, la « sœur » de Michelle, avec qui elle partage une conscience aiguë des inégalités raciales aux États-Unis, cette provocation de Barack Obama a été parfaitement calculée et réfléchie. Cinq jours après le massacre de Charleston et dans un contexte national marqué par la multiplication des bavures policières contre des jeunes de la communauté noire, le président a voulu faire comprendre, quitte à choquer, qu’un Dylann Roof n’est pas seulement un être malade mais le produit de toute une mouvance suprémaciste aussi habile que les jihadistes de Daesh à infecter l’internet.

    Au-delà, le mot « nigger » correspond exactement aux clichés qui hantent l’esprit de millions d’Américains blancs tout droit sortis des romans de William Faulkner, ceux pour qui l’arrivée, en 2008, d’une famille noire à la Maison Blanche fut un traumatisme majeur et le révélateur d’un sentiment d’impuissance et de victimisation dont ils ne se sont toujours pas remis. C’est à eux qu’Obama s’adressait dans son interview et, quatre jours plus tard, lors de l’éloge funèbre qu’il a prononcé aux funérailles du pasteur Pinckney, l’une des neuf victimes de ce petit Blanc chômeur, déscolarisé et introverti, qui arborait sur son blouson les écussons de l’Afrique du Sud de Johannes Vorster et de la Rhodésie de Ian Smith.

    À moins d’une année et demie de la fin de son dernier mandat, il a fallu le drame de Charleston pour que Barack Obama, d’ordinaire si prudent sur le sujet, retrouve les accents de son formidable discours de Philadelphie, en 2008 (édité en français sous le titre De la race en Amérique) et l’inspiration des Rêves de mon père, ces Mémoires dans lesquelles, pour retracer l’ambiance de sa jeunesse, il cite à dix-neuf reprises le mot « nigger ». Pendant près de sept ans, le fait d’être à la fois le porteur de tant d’espoirs et le réceptacle de tant de haines avait paralysé le fils du Kényan Barack Hussein Obama Sr et de l’Américaine Ann Dunham. En osant enfin violer le tabou sémantique pour expliquer à ses compatriotes le chemin qu’il leur reste à parcourir avant de prétendre donner au monde des leçons d’égalité et de fraternité, c’est un peu de lui-même qu’il a aussi libéré.

    François Soudan

    par François Soudan

    François Soudan est directeur de la rédaction de Jeune Afrique.

  • Grèce:OUI à la démocratie et au référendum en Grèce – NON au chantage de la Grèce par FMI, Union européenne et gouvernement allemand

    Grèce:OUI à la démocratie et au référendum en Grèce – NON au chantage de la Grèce par FMI, Union européenne et gouvernement allemand

    Une « Troïka » composée d’institutions puissantes fait en sorte que le menace se transforme en chantage. Aucune chance n’est laissée à des débiteurs tels que la Grèce : la menace de la chute dans la faillite est censée rendre docile le gouvernement. Des alternatives sociales et politiques à l’Austérité imposée sont frappées d’un tabou. Même le référendum, proposé par le gouvernement de Syriza, sur le plan de mesures d’économies imposée par la «Troïka» a été interprété par l’Eurogroupe des ministres des Finances (un club à caractère technocratique, non pas une institution politique responsable devant les électeurs et électrices) comme une provocation. Ils punissent l’initiative démocratique émanant de Syriza en excluant le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, des délibérations du soi-disant Eurogroupe. Ils sont suffisamment sans honte de violer le droit européen pour assouvir leur besoin de vengeance néolibéral. Le spectacle offert par Wolfgang Schäuble, Jeroen Dijsselbloem et les autres entrera dans l’histoire européenne comme celui d’un attentat-suicide grandiose de la classe politique, dirigé contre le projet d’une intégration européenne.

    La politique d’austérité qui ruine des budgets d’Etat et détruit des sociétés est menée par le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne ensemble avec l’Eurogroupe, en concertation avec les grandes puissances économiques de l’Europe. L’Allemagne, gouvernée par la Grande coalition (droite chrétienne-démocrate et social-démocratie) sous Wolfgang Schäuble, Sigmar Gabriel et Angela Merkel fait figure de moteur. Avec leur politique d’austérité et de casse sociale, de blocage des investissements destinés au renouveau économique, de pression sur les salaires de la masse de la population et d’affaiblissement des syndicats, ils ont fait en sorte qu’en Grèce, le chômage a été triplé entre 2007 et 2014, passant à presque 30 %. Le chômage des jeunes, passant à près de 60 %, a plus que doublé. Il n’est ainsi pas étonnant de constater que le PIB est réduit d’un quart, que l’endettement des particuliers a augmenté de 66 % par rapport à avant la crise et que le taux d’endettement public est monté à presque 180 % du PIB. Partout en Europe, la situation sociale et économique des populations s’est dégradée, mais en Grèce, de façon particulièrement radicale.

    Face à cet échec patent de la politique de la «Troïka», il est compréhensible et juste que le gouvernement grec tire le frein d’urgence et qu’il veuille suivre une autre route que le trajet programmé par ceux réunis au Grand Hôtel près de l’abîme ; d’autant plus que les gouvernements d’avant l’arrivée de Syriza ne peuvent présenter aucun succès, bien qu’ils aient sagement obéi aux directives de la «Troïka».

    Ce faisant, Syriza n’agit pas seulement dans l’intérêt de la Grèce. De toute évidence, il y a lieu de corriger une erreur de construction de la «maison commune européenne»: ses habitants et habitantes ne sont pas des citoyennes et citoyens avec des droits (et devoirs) égaux, mais d’un côté des fortunés dont la richesse augmente aussi dans la crise et avec la crise, et de l’autre côté des débiteurs dont la charge de la dette grandit sans cesse dans la crise et à cause de la crise. Dans l’Europe de 2015, on peut apprendre ce qu’enseignait le grand philosophe grec Aristote: l’argent divise; pour cette raison, on ne saurait fonder une société libre et démocratique sur une union monétaire, en suivant la logique de l’argent. Une «maison commune» exige plus qu’une caisse commune, gérée par des «institutions», d’autant plus si les représentants de celles-ci sont incompétents et remplis de haine contre toute alternative démocratique.

    La politique euro-libérale des 25 dernières années, depuis le document fondateur de la zone euro – le Traité de Maastricht de 1991 –, a contribué à la division de la société européenne. La Grèce en constitue l’exemple le plus dramatique. D’autres suivront. C’est pour cela que le gouvernement conduit par Syriza et son Premier ministre Alexis Tsipras ont raison de demander le respect des intérêts du peuple grec, d’exiger le respect de la dignité humaine et un renforcement de la participation démocratique. Un vote démocratique est une nécessité. Il constitue un progrès, comparé aux diktats «sans alternative» de la Troïka qui réduisent la marge de manœuvre démocratique jusqu’à zéro.

    Il ne s’agit pas uniquement d’une affaire grecques. Les événements actuels autour de la Grèce concernent tous les Européens et toutes les Européennes. L’initiative d’organiser le référendum sur la démarche ultérieure dans la crise de la dette fait regagner aux populations une partie des droits démocratiques qui avaient été écrasés par le véhicule de la Troïka. Nous soutenons cette initiative parce qu’elle correspond aussi à nos intérêts. Nous nous opposons aux tentatives des ministres des Finances de la zone euro de vouloir extirper ce petit peuple grec de l’Europe ; ce peuple grec «dont le talent universel et l’activité lui a assuré une place dans l’histoire du développement de l’Humanité telle qu’aucun autre peuple ne peut y prétendre», comme l’a dit Friedrich Engels, dont nous commémorerons les 120 ans de sa mort en 2015.

    Que reste-il de l’Europe sans la Grèce ? Un désert déculturé, contaminé par le néolibéralisme, géré de façon autoritaire par les «institutions».

    Il devrait aller de soi que le vote démocratique sur la politique de la Troïka, en Grèce et dans d’autres pays européens, soit respecté par les «institutions». Toutes les menaces qu’on peut entendre ces jours-ci, émanant de l’Eurogroupe, de la Banque centrale européenne et du gouvernement fédéral allemand et selon lesquelles on va arrêter immédiatement tout soutien nécessaire à Athènes, sont irresponsables et antidémocratiques.

    Ici, on brandit ouvertement la menace d’un chaos financier afin d’étrangler ainsi la démocratie. «Le temps c’est de l’argent», telle est la première règle des responsables des Finances de la zone euro. Ils ne comprennent même pas que des procédures démocratiques nécessitent du temps, qu’il faut se payer le luxe de prendre du temps pour arriver à des résultats largement acceptés. Des solutions pour la grave crise présente ne doivent pas accabler les endettés aves des diktats durs, voire brutaux et impossibles à satisfaire. Les créanciers doivent contribuer aux coûts de la crise. Une insolvabilité, une crise doit être résolue d’un commun accord, non par des accusations unilatérales et en accablant d’Austérité les hommes et les femmes dans le pays endetté. Il ne faut pas que ceux qui sont réunis dans les salons du Grand hôtel près de l’abîme oublient que les spéculateurs financiers et leurs serviteurs politiques portent la responsabilité principale pour les misères de la crise de la dette. Les ministres des Finances de l’Eurogroupe ont oublié cela. Ils sont responsables d’un désastre créé par eux-mêmes, dont on demande maintenant à la population grecque de payer les pots cassés et qui frappera, avec un décalage dans le temps, aussi d’autres peuples en Europe.

    Honte à la classe politique dans l’Union européenne ! Solidarité avec la population en Grèce! Notre respect va au gouvernement démocratiquement élu, et pratiquant la démocratie, à Athènes.

    par

  • RDC : découper pour gouverner

    RDC : découper pour gouverner

    La-fontaine-de-la-place-Moise-Chombe-à-Lubumbashi-Pour ses détracteurs – et ils sont nombreux -, la cause est entendue : le nouveau découpage de la RDC en 26 provinces censé entrer en vigueur le 30 juin est une mauvaise action politique.

    Précipitée, improvisée et par-dessus tout suspecte car destinée essentiellement à réduire, si ce n’est annihiler, l’influence grandissante d’une poignée de politiciens locaux – et, par conséquent, à y rétablir celle du président Kabila – dans cet État dans l’État qu’était devenue la plus riche de toutes : le Katanga. Diviser pour mieux régner, en quelque sorte, voilà à quoi se résumerait le démembrement de l’ex-Shaba de Mobutu en quatre baronnies distinctes. Développé non sans arguments dans les pages qui suivent, ce réquisitoire mérite cependant d’être fortement nuancé.

    Techniquement, ce découpage n’est pas le premier. La RD Congo en a déjà connu quatre depuis 1924, passant de 4 à 6 provinces en 1935, à 21 en 1963, puis à 8 en 1966 et, enfin, à 11 « régions » en 1988 (qui reprirent le nom de « provinces » en 1997). La Conférence nationale souveraine du début des années 1990 avait même un moment caressé une option à… 46 provinces, avant de l’abandonner. À l’époque, comme lors de la commission constitutionnelle de Luluabourg, en 1964, sous la houlette du tandem Kasavubu-Tshombé, l’idée était la même qu’aujourd’hui : déléguer le pouvoir décisionnel au pays profond et faciliter la participation des populations rurales à la gouvernance du pays.

    Pas de surprise

    Rien de très nouveau sous le soleil, donc. Encore moins d’effet de surprise : l’actuel découpage figure en toutes lettres dans la Constitution adoptée par référendum en décembre 2005, il y a près de dix ans, et les circonscriptions électorales des sénateurs élus en 2007 sont directement issues des 26 nouvelles provinces, lesquelles existent donc déjà de jure si ce n’est de facto.

    Enfin, l’accélération du programme de décentralisation est l’une des recommandations clés de l’accord-cadre d’Addis-Abeba de février 2013, dont toute la classe politique congolaise réclame l’application. Quant au déficit d’infrastructures d’accueil pour les nouvelles autorités provinciales, c’est à la fois un problème réel et un faux problème. Lors du redécoupage du Kivu en trois entités il y a vingt-sept ans, la même question s’était posée, et le mouvement s’est, depuis, fait en marchant.

    Reste l’argument de fond, celui qui veut que le Katanga et son très emblématiqueex-gouverneur Moïse Katumbi soient la cible unique et inavouée de ce grand déménagement. Lequel, soit dit en passant, concerne d’autres poids lourds comme l’Équateur, la Province-Orientale, les deux Kasaïs et le Bandundu, sans pour autant déclencher les mêmes cris d’orfraie.

    S’il n’est pas exclu, loin de là, que la mise en place du découpage serve les intérêts de ceux pour qui Katumbi tendait à devenir une sorte d’ovni incontrôlable – saisir les opportunités n’est pas la moindre des manœuvres en politique -, prétendre que le ver était dans le fruit dès l’origine ne résiste pas à l’examen des faits. En décembre 2005, lors du référendum constitutionnel approuvé par 84 % des Congolais et décisif pour l’adoption du projet des 26 provinces, Moïse Katumbi fut l’un des fervents propagandistes du « oui », et nul n’imaginait encore qu’il allait être, treize mois plus tard, élu gouverneur. Ici comme ailleurs, l’Histoire ne repasse jamais les mêmes plats…

    François Soudan

  • Burundi : au moins six personnes tuées par balle dans l’attente des résultats

    Burundi : au moins six personnes tuées par balle dans l’attente des résultats

    pierre-Les victimes ont été tuées par balle mercredi matin dans le quartier de Cibitoke, en périphérie de la capitale Bujumbura. Des témoins évoquent des exécutions sommaires.

    Selon la police, l’incident a commencé mercredi matin par l’explosion d’une grenade, lancée contre des policiers qui patrouillaient dans le quartier de Cibitoke, foyer des manifestations déclenchées fin avril par la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat à la présidentielle prévue le 15 juillet.

    L’explosion a été immédiatement suivie d’un “ratissage” du quartier par les forces de sécurité, qui se sont alors heurtées à un groupe “lourdement armé”, a-t-elle affirmé. La police a ajouté que “cinq assaillants” avaient été tués, que le groupe, selon elle composé d’opposants politiques radicalisés, avait été “neutralisé” en début d’après-midi et que des armes – fusil d’assaut, lance-roquettes RPG et grenades – avaient été saisies.

    Un journaliste de l’Agence France Presse (AFP) qui a pu se rendre sur place en fin d’après-midi – le quartier est longtemps resté bouclé – a vu non pas cinq mais six cadavres de civils par terre. Des témoins interrogés ont donné une toute autre version des faits, loin de la thèse du “groupe armé”.

    Selon eux, la police cherchait l’un des leaders des manifestations dans une maison du quartier et a demandé à ses occupants d’en sortir. Toujours d’après eux, elle leur a alors tiré dessus alors qu’ils sortaient “les bras en l’air”.

    Parmi les victimes, tuées de balles dans la tête, figurent un agent de change d’une soixantaine d’années plutôt connu pour ses positions pacifiques, ainsi que ses deux fils, selon le journaliste de l’AFP.

  • Cession minière suspecte : la Gécamines dit avoir touché 10 millions de dollars

    Cession minière suspecte : la Gécamines dit avoir touché 10 millions de dollars

    cheminee-de-la-gecamines-La compagnie publique congolaise Gécamines a reçu cette somme lors de la la vente d’une concession minière en République démocratique du Congo à une filiale du groupe suisse Glencore.

    La Générale des Carrières et des Mines (Gécamines) indique sur son site internet avoir “conditionné son autorisation” à cette cession “au paiement en sa faveur de la somme de 10 millions” de dollars. Dans un communiqué, elle précise que la transaction a été réalisée en février.

    Glencore avait confirmé jeudi dernier que sa filiale Mutanda Mining avait acquis ce permis d’exploitation 658 portant sur environ 170 ha auprès d’une coentreprise dans laquelle la Gécamines détient une participation minoritaire, après la révélation de cette vente par l’agence Bloomberg.

    Le groupe minier suisse n’a pas révélé le montant déboursé pour l’acquisition de cette licence sur l’enclave de Kawama, située à l’intérieur du périmètre d’exploitation de Mutanda Mining, dont il détient 69% des parts, le reste appartenant à Fleurette Group, holding de l’homme d’affaires israélien Dan Gertler.

    La zone exploitée par Mutanda Mining pour la production de cuivre et de cobalt est située à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Lubumbashi, capitale du Katanga, la grande province minière de la RDC.

    Proche du président congolais Joseph Kabila, M. Gertler est soupçonné d’avoir acquis, comme bien d’autres, un certain nombre de concessions minières en RDC dans des conditions opaques.

    La législation congolaise impose au gouvernement de rendre publiques les modalités de toute cession des ressources naturelles de l’État sous deux mois.

    Mercredi, le ministère des Mines n’avait toujours pas publié sur son site internet le contrat de cession du permis 658 et on ignore la part touchée pour cette vente par le partenaire de la Gécamines, une filiale du groupe congolais Bazano, à l’actionnariat flou, qui possède 70% de la société commune qui détenait la licence sur l’enclave de Kawama.

    Vendredi, le Centre Carter, fondation de l’ancien président américain Jimmy Carter, a pressé “le gouvernement de la République démocratique du Congo de révéler les termes de l’accord” sur la cession du permis 658 sur l’enclave de Kawama, concession potentiellement riche en cuivre et en cobalt.

    Avec AFP

  • « Patrice Lumumba » : le clip d’un petit-fils en hommage à son grand-père

    « Patrice Lumumba » : le clip d’un petit-fils en hommage à son grand-père

    teddyl-lumumba-Teddy L., l’un des petits-fils de Patrice Émery Lumumba, a dévoilé mardi le clip de sa chanson d’hommage à son grand-père, héros de l’indépendance de la RDC. Un cocktail d’images esthétiques et de textes engagés. Regardez.

    Jeune Afrique

  • RDC : 55 ans après, le discours de Patrice Émery Lumumba pour l’indépendance

    RDC : 55 ans après, le discours de Patrice Émery Lumumba pour l’indépendance

    lumumba-Il y a 55 ans jour pour jour, Patrice Émery Lumumba s’exprimait à l’occasion de l’indépendance congolaise. À Léopoldville, le Premier ministre évoquait, devant un roi des Belges médusé, la lutte pour l’émancipation. Retrouvez son discours en intégralité.

    « Combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux, Je vous salue au nom du gouvernement congolais. À vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez.

    À vous tous, mes amis qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté.


    Discours de Patrice Lumumba – 30 Juin 1960 by Melvin-X

    Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal. Nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang.

    C’est une lutte qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage, qui nous était imposé par la force.

    Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire.

    Archives JA

    Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres.

    Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres.

    Qui oubliera qu’à un noir on disait ‘Tu’, non certes comme à un ami, mais parce que le ‘Vous’ honorable était réservé aux seuls blancs !

    Nous avons connu nos terres spoliées au nom de textes prétendument légaux, qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort.

    Nous avons connu que la loi n’était jamais la même, selon qu’il s’agissait d’un blanc ou d’un noir, accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres.

    Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou, croyances religieuses : exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même.

    Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillotes croulantes pour les noirs ; qu’un Noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits ‘européens’ ; qu’un Noir voyageait à même la coque des péniches au pied du blanc dans sa cabine de luxe.

    Qui oubliera, enfin, les fusillades où périrent tant de nos frères, ou les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d’une justice d’oppression et d’exploitation !

    Archives JA

    Ensemble mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur. Nous allons établir ensemble la justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail. Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir lorsqu’il travaille dans la liberté, et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique toute entière.

    Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants. Nous allons revoir toutes les lois d’autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles.

    Et pour tout cela, chers compatriotes, soyez sûrs que nous pourrons compter non seulement sur nos forces énormes et nos richesses immenses, mais sur l’assistance de nombreux pays étrangers dont nous accepterons la collaboration chaque fois qu’elle sera loyale et qu’elle ne cherchera pas à nous imposer une politique quelle qu’elle soit.

    Ainsi, le Congo nouveau que mon gouvernement va créer sera un pays riche, libre et prospère. Je vous demande à tous d’oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de nous faire mépriser à l’étranger.

    Je vous demande à tous de ne reculer devant aucun sacrifice pour assurer la réussite de notre grandiose entreprise.

    L’indépendance du Congo marque un pas décisif vers la libération de tout le continent africain.

    Notre gouvernement fort -national- populaire, sera le salut de ce pays.

    J’invite tous les citoyens congolais, hommes, femmes et enfants de se mettre résolument au travail, en vue de créer une économie nationale prospère qui consacrera notre indépendance économique. Hommage aux combattants de la liberté nationale ! Vive l’indépendance et l’unité africaine ! Vive le Congo indépendant et souverain ! »

    Jeune Afrique

  • LES FUITES DU RAPPORT LUZOLO : Explosif sur la liste figurent kitebi, kalumba et autres(Documents en exclusivité)

    LES FUITES DU RAPPORT LUZOLO : Explosif sur la liste figurent kitebi, kalumba et autres(Documents en exclusivité)

     

     

    kalum-LES FUITES DU RAPPORT LUZOLO : Explosif sur la liste figurent kitebi, kalumba et autres(Documents en exclusivité)

    La Rédaction de C-NEWS a reçu une fuite du Rapport Luzolo Bambi, le conseiller anti-corruption de Kabila. Ce document qui a fait couler beaucoup d’encres et des salives, comprend une lettre de transmission au Procureur général de la République et une note technique qui donne des indications claires sur la nature des crimes économiques commis et les personnalités susceptibles d’en répondre devant la Justice. Les personnalités impliquées ne sont pas désignées nommément mais seulement par leurs titres et qualités ( adg de tel entreprise notamment). Plusieurs personnalités publiques de premier plan sont concernées par cette plainte de Luzolo. Il s’agit notamment de l’ancien ministre délégué aux finances( Patrice Kitebi), de l’actuel ministre de transport ( Justin Kalumba), et des mandataires publics des plusieurs entreprises publiques (ex Onatra, Dgi, Dgrad, Ofida, etc). Mais les banques commerciales sont aussi indexées et d’autres structures privées sont aussi dans le viseur de Luzolo. Mais à notre grande surprise, le document -parvenu à C-NEWS par les soins d’une source haut placée dans le régime-, ne contient pas les noms des gouverneurs de province cités déjà par l’AFP. Le populaire gouverneur du Katanga, Moise Katumbi n’y est pas. Et rien n’indique que les enquêtes mèneront à lui comme c’est le cas avec d’autres dossiers étayés dans la note Luzolo. Ci-dessous en exclusivité les fuites de la plainte de l’ancien ministre de la Justice devenu il y a peu conseiller de Kabila en matière de lutte contre la corruption.
  • Chronique d’une Grèce en crise

    Chronique d’une Grèce en crise

    Grece-Des ministres qui se retrouvent pour des négociations interminables à Bruxelles, des échéances de remboursement de prêts fixées au 30 juin, des positions présentées comme irréconciliables : le marathon des négociations grecques a encore dominé l’essentiel de l’actualité européenne ces derniers mois.
    Sur le terrain, les réformes imposées par la Troïka, et une économie aux abois pèsent toujours aussi lourdement sur les citoyens. A l’hôpital, à l’école, aux champs, dans les trains et dans leur quotidien, les Grecs ressentent plus que jamais la violence de la crise.
    Reportages de Frédérique Lebel et Charlotte Stievenard.

    DES ÉLÈVES SECOUÉS PAR LA CRISE
    Frédérique Lebel/RFI
    GRECE La crise à l’école26/06/2015

    La crise marque les familles et plus particulièrement les enfants. Selon une étude de l’Unicef publiée l’an dernier, 40 pour cent des enfants grecs vivent dans des familles dont le revenu se situait sous le seuil de pauvreté en 2012. Dans un collège/lycée d’une banlieue populaire d’Athènes, à Kipseli, enseignants et élèves doivent composer tous les jours avec cette nouvelle pauvreté, qui marque les corps et les esprits. Reportage signé Frédérique Lebel.

    Écouter


    VERS LA PRIVATISATION DU PIRÉE?
    Au Pirée, en Grèce, le terminal 2 est déjà chinois.© Charlotte Stievenard
    La privatisation du port du Pirée26/06/2015

    L’équipe Syriza a déjà beaucoup rogné sur ses promesses de campagne et joué le compromis, notamment sur la question des privatisations. C’est le cas du port du Pirée. L’Etat va céder 51% de l’autorité portuaire. Sur place, Charlotte Stievenard a rencontré des dockers et des acteurs économiques inquiets de ce prochain bouleversement.

    Écouter


    DES MÉDICAMENTS AU COMPTE-GOUTTES
    Le pharmacien Konstantinos Lourantos doit gérer la pénurie de médicaments et la chute du pouvoir d’achat des clients.Frédérique Lebel/RFI
    GRECE PENURIE MEDICAMENTS26/06/2015

    Ce n’est qu’une des conséquences de la crise, et des mesures d’austérité préconisées par la Troika . Les médicaments font de plus en plus défaut en Grèce. Tout d’abord parce que les patients n’ont tout simplement pas les moyens de les acheter mais aussi parce que le marché est sous-approvisionné par les grandes compagnies pharmaceutiques. Pharmaciens, chirurgiens, patients , tout le monde doit faire appel au système D, pour soigner et se soigner. Reportage à Athènes de Frédérique Lebel.

    Écouter


    DES INFIRMIÈRES AU NOIR DANS LES HÔPITAUX
    Aux cotés de ces infirmières légales, des centaines d’infirmières « illégales » travaillent à l’Hopital Evangelismos d’AthènesFrédérique Lebel/RFI
    Grèce infirmières illégales26/06/2015

    Le secteur de la santé en Grèce est un des premiers touchés par la crise et la cure d’austérité. Le pays ne consacre plus que 5% de son PIB au système public de santé. Une nette baisse depuis 2012. Et le nombre d’infirmières par habitant, 3.3 pour 1000 , représente la moitié de la moyenne européenne, soit un des plus faibles du continent… Pour pallier le manque d’infirmières les patients grecs ont depuis longtemps l’habitude de payer une infirmière privée et déclarée comme telle. Mais avec la crise on voit apparaitre une nouveau phénomène, celui des infirmières illégales, non déclarées, souvent immigrées. Elles viennent faire leur publicité et travailler dans l’enceinte même de l’hôpital sans être inquiétées. Reportage de Frédérique Lebel dans le plus grand hôpital d’Athènes, Evangelismos.

    Écouter


    UN RÉSEAU FERRÉ QUI DÉRAILLE
    La gare centrale d’Athènes. Vétuste, elle ressemble à une petite gare de province.RFI/Frédérique Lebel
    Revoir à la baisse le réseau ferré26/06/2015

    L’Union Européenne et la banque Mondiale surveillent de près les grandes entreprises nationales grecques, dont certaines cumulent des déficits abyssaux. C’est le cas de la compagnie nationale des chemins de fer dont la dette de 13 Milliards d’euros, représente 7,4% du PIB. Pour se moderniser la société a dû emprunter sur les marchés privés et avec la crise ses revenus ont chuté de 30%. Dans un pays ou les consommateurs n’ont pas vraiment la culture du voyage en train, Tren Osé va devoir se concentrer et moderniser la ou les quelques lignes rentables.Reportage de Frédérique Lebel.

    Écouter


    L’HUILE D’OLIVE POUR SAUVER LA GRÈCE?
    Dimitris Didaskalou, sur son tracteur, devant ses oliviers à Corinthe. La région produit 15 % de la production nationale.RFI/Frédérique Lebel
    L’huile d’olive26/06/2015

    Avis de tempête sur le marché mondial de l’huile d’Olive. Les deux plus gros producteurs européens l’Espagne et l’Italie, doivent respectivement faire face à une sécheresse intense et à une nouvelle maladie, la Xylella Fastidiosa, qui décime les oliviers, surtout dans le sud de l’Italie. Des mauvais facteurs qui pourraient faire le bonheur de la Grèce troisième producteur européen. Mais dans les faits c’est un tableau bien différent qui ressort de Corinthe, une région agricole du Péloponnèse. La concurrence mondiale sur le marché de l’huile d’olive est rude, et les agriculteurs s’inquiètent de cette nouvelle maladie dont ils ne savent pas grand-chose et qui pourrait être fatale à leur exploitation. Frédérique Lebel

    Écouter


    200 000 JEUNES PRIVÉS DE NATIONALITÉ GRECQUE
    Nikos Adoubidan (à gauche) dans les locaux de génération 2.0Frédérique Lebel/RFI
    GRECE NATIONALITES JEUNES26/06/2015

    Ils seraient 200 000, deux cent mille enfants, jeunes adultes nés de parents étrangers à qui la Grèce refuse d’accorder automatiquement la nationalité grecque. Une génération oubliée en quelque sorte. Une première loi qui date de 2010 avait tenté de revoir le code très restrictif de la nationalité, mais elle a été invalidée par le conseil d’Etat. Depuis, le gouvernement Syriza , issu des dernières élections, veut à nouveau faire passer une nouvelle législation qui donnerait à ces jeunes, élevés et éduqués en Grèce, un passeport grec .
    Reportage de Frédérique Lebel  – RFI