Franc Congolais-coupures à valeur faciale élevée.
-La stabilité du cadre macro économique de la RDC et par ricochet la stabilité de la monnaie nationale est non sans conséquence positive sur le marché international. Le Franc congolais fera bientÎt partie des devises qui seront financées par la Banque Mondiale pour soutenir des projets de développement en RDC.
En clair, au lieu que la Banque Mondiale investisse en RDC en monnaie etrangĂšre telle que le dollar amĂ©ricain comme câest le cas prĂ©sentement, elle le fera bientĂŽt en franc congolais. Ce qui est dâailleurs logique parce que quand la Banque mondiale investit aux Etas Unis, elle le fait en dollars, il en est de mĂȘme pour Euro dans la zone Euro. Et si elle le fait en Franc congolais en RDC, cela ne fera que renforcer la monnaie nationale.
Câest ce qui ressort de lâaccord Swap, qui est un accord de crĂ©dit rĂ©ciproque entre la Banque Centrale du Congo (BCC) et la SociĂ©tĂ© FinanciĂšre Internationale (SFI), une branche opĂ©rationnelle sur le plan financier de la Banque Mondiale. A en croire le gouverneur de la BCC, Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, lâobjectif de cet accord est celui de promouvoir le financement de lâĂ©conomie en monnaie nationale au pays.
Suivant cet accord, explique t-il, au cours de la confĂ©rence de presse quâil a animĂ©e Ă lâissue de la quatriĂšme rĂ©union ordinaire du comitĂ© de politique monĂ©taire tenue le jeudi 07 mai, la SFI mettra dans un premier temps Ă la disposition de la BCC un montant de 50 millions $ et en contre partie la BCC remettra Ă la SFI lâĂ©quivalent dudit montant mais cette fois -ci en franc congolais. La SFI utilisera ainsi ce montant pour octroyer des crĂ©dits aux petites et moyennes entreprises qui vont investir dans le secteur Ă forte productivitĂ© comme dans lâagriculture.
Ce contrat sera signĂ© le 29 mai et le dĂ©marrage des opĂ©rations est prĂ©vu au mois de juin. A ce moment-lĂ , fait savoir le N°1 de lâinstitut dâĂ©mission, le franc congolais fera partie de devises traitĂ©es dans la salle de machines de SFI Ă Washington. Sfi gĂšre un portefeuille de 50 milliards $ constituĂ© des devises fortes
«Lâaccord Swap est une premiĂšre. Il faut donc soutenir la monnaie nationale en consolidant sa stabilitĂ©, au cas contraire si on retombe dans lâinstabilitĂ© du cadre macroĂ©conomique, la monnaie nationale sera chassĂ©e de ces salles de marchĂ© des pays occidentaux. Il faut maintenir lâĂ©lan. Câest un bon dĂ©but pour la RDC et nous travaillons pour promouvoir des activitĂ©s de crĂ©dits, financer lâĂ©conomie pour la croissance et nous travaillons avec la SFI pour promouvoir le marchĂ© de capitaux âŠÂ», exhorte le gouverneur de la BCC tout en soulignant quâaprĂšs une pĂ©riode donnĂ©e, la BCC et la SFI procĂ©deront Ă une Ă©valuation des opĂ©rations. En cas de satisfaction, indique-t-il, nous allons renouveler lâopĂ©ration soit pour le montant Ă©quivalent ou pour un montant supĂ©rieur en fonction de la demande.
Il va sans dire que lâaccord Swap est une initiative qui fait suite dâabord au constat par la Banque Mondiale de la stabilitĂ© monĂ©taire durable et mĂȘme de perspectives de stabilitĂ© rassurante de la RDC. Câest aussi une initiative due au souhait de promouvoir le financement de lâĂ©conomie, au pays en monnaie nationale.
Maintien inchangé du dispositif de politique monétaire
Au cours du point de presse mensuel quâil a animĂ© Ă la fin de la rĂ©union du comitĂ© de politique monĂ©taire, Deogratias Mutombo Mwana Nyembo a fait savoir quâaprĂšs avoir analysĂ© lâĂ©volution de la conjoncture Ă©conomique nationale et internationale, les perspectives dâavenir et Ă©changĂ© sur le dispositif de politique monĂ©taire, le CPM a dĂ©cidĂ© de maintenir inchangĂ© son dispositif actuel de politique monĂ©taire. Ainsi, le taux directeur demeure Ă 2%. Le coefficient de la rĂ©serve obligatoire sur les dĂ©pĂŽts en devises Ă vue et Ă terme est maintenu respectivement Ă 8% et 7% et celui pour les dĂ©pĂŽts en monnaie nationale Ă vue et Ă terme respectivement Ă 2% et 0%. Lâabsence majeure de choc, le faible taux dâinflation, la baisse de Euro, la stabilitĂ© de prix et de change sont autant de raisons qui ont contribuĂ© Ă maintenir inchangĂ© le dispositif actuel de la politique monĂ©taire.
Blandine Lusimana T.
BANQUE CENTRALE DU CONGO
COMITE POLITIQUE MONETAIRE
Kinshasa, République démocratique du Congo
COMMUNIQUE DE PRESSE
Le ComitĂ© de Politique MonĂ©taire sâest rĂ©uni, ce jeudi 07 mai 2015, pour sa quatriĂšme rĂ©union ordinaire de lâannĂ©e sous la prĂ©sidence de Monsieur DĂ©ogratias MUTOMBO MWANA NYEMBO, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo.
Le ComitĂ© a analysĂ© lâĂ©volution rĂ©cente de la conjoncture Ă©conomique tant au niveau national et quâinternational ainsi que les perspectives Ă venir et Ă©changĂ© sur le dispositif de politique monĂ©taire appropriĂ© Ă cette situation.
A cet effet, il sâen est dĂ©gagĂ© ce qui suit :
Au plan international,
DâaprĂšs les perspectives de lâĂ©conomie mondiale du FMI dâavril 2015, la croissance Ă©conomique attendue en 2015 devrait sâĂ©tablir Ă 3,5 % aprĂšs 3,4% en 2014. Cette croissance serait principalement tirĂ©e par te dynamisme de lâactivitĂ© Ă©conomique dans les Ă©conomies avancĂ©es, notamment aux Etats-Unis, sur fond de mesures de politique monĂ©taire accommodante et de la baisse des cours du pĂ©trole.
Il importe de noter que les perspectives de croissance Ă©conomique sont exposĂ©es Ă moins de risques macroĂ©conomiques par rapport Ă la situation dâil y a quelques mois, Ă savoir le risque dâune rĂ©cession dans la Zone euro tout comme celui dâune dĂ©flation» Toutefois, un accroissement des risques financiers est observĂ© Ă lâĂ©chiquier international, notamment lâapprĂ©ciation du dollar amĂ©ricain et la variation des prix dâactifs. Sâagissant particuliĂšrement de tâapprĂ©ciation du dollar amĂ©ricain, cette situation est perçue comme un risque potentiel pour les pays qui disposent dâun portefeuille de la dette publique en cette monnaie, comme la RDC, et dont la persistance de variations des fortes amplitudes serait susceptible de crĂ©er de nouveaux risques financiers et de perturber lâexĂ©cution des p[ans dâaction budgĂ©taire».
Par ailleurs, le comitĂ© de Politique MonĂ©taire a notĂ© avec une attention particuliĂšre le lĂ©ger retournement de tendances des cours du pĂ©trole au mois dâavril qui ont connu une progression mensuelle de 22,0 %. Cette situation nâest pas au point de constituer un facteur de risque important pour lâĂ©conomie mondiale, mĂȘme si son impact peut varier selon le pays.
Ainsi, une fois de plus, le CPM invite le Gouvernement Ă accĂ©lĂ©rer la mise en Ćuvre des rĂ©formes, structurelles pour une croissance durable.
Au Plan national,
LâĂ©conomie congolaise entend poursuivre son chemin de lâexpansion imprimĂ© depuis une dizaine dâannĂ©es. Le taux de croissance est projetĂ© Ă 10,3 % en 2015 contre une rĂ©alisation de 9,5 % en 2014, tirĂ©e principalement par le dynamisme du secteur extractif. Cependant, ll y a lieu de relever la baisse du solde global brut dâopinions des entrepreneurs au mois dâavril qui est ressorti Ă 12,% contre 14,9 % un mois plus tĂŽt.
Le marchĂ© des biens et services a Ă©tĂ© caractĂ©risĂ© par la stabilitĂ© des prix. En effet, le taux dâinflation hebdomadaire a tournĂ© autour dâune moyenne de 0,01 %» mois prĂ©cĂ©dent. En rythme mensuel, lâinflation sâest situĂ©e Ă 0,062 % contre 0,057 % en mars portant le cumul annuel Ă 0,590 %. A ces conditions, lâannĂ©e pourrait se clĂŽturer avec un taux dâinflation de 0â70 % contre un objectif de 3,5 %â
Sâagissant des finances publiques, une amĂ©lioration de la position nette du Gouvernement a Ă©tĂ© notĂ©e au mois dâavril rĂ©putĂ©e comme mois dâĂ©chĂ©ance fiscale, Ă la suite du paiement de lââimpĂŽt sur le bĂ©nĂ©fice et profit sur le revenu de lâexercice 2014.
Sur le marchĂ© des changes, le taux de change est demeurĂ© relativement stable avec une lĂ©gĂšre dĂ©prĂ©ciation de 0,2 % du cours indicatif et une variation nulle du taux de change sur le marchĂ© parallĂšle. Le taux de change sâest situĂ© Ă 926,62 CDF le dollar amĂ©ricain Ă lâinterbancaire et Ă 932,00 CDF au marchĂ© parallĂšle. Quant aux rĂ©serves de change, une lĂ©gĂšre accumulation relative des avoirs dâavril accompagnĂ©e dâune contraction relative des avoirs des banques en monnaie nationale aux fins des impĂ©ratifs de lâĂ©chĂ©ance fiscale.
A cet effet, on note un niveau des rĂ©serves de 1.716,85 millions de USD contre 1.697,28 millions un mois avant. Ce niveau correspond Ă 7,1 semaines dâimportations des biens et services sur ressources propres.
Sâagissant des agrĂ©gats monĂ©taires, ils sont demeurĂ©s sous contrĂŽles avec des marges assez importantes par rapport Ă leurs niveaux programmĂ©s. Le marchĂ© monĂ©taire, pour sa part, a Ă©tĂ© marquĂ© par le dynamisme des activitĂ©s au marchĂ© interbancaire qui se sont dĂ©nouĂ©es au taux moyen pondĂ©rĂ© de 1,7 %. Le Guichet des facilitĂ©s permanentes a enregistrĂ© des opĂ©rations en croissance au taux de 4,5 %.
Sur base de ces analyses, le ComitĂ© de Politique MonĂ©taire a dĂ©cidĂ© de maintenir inchangĂ© le dispositif actuel de sa politique monĂ©taire. Le taux directeur demeure Ă 2 %. Sâagissant du coefficient de la rĂ©serve obligatoire sur les dĂ©pĂŽts en devises Ă vue et Ă terme, il est maintenu respectivement Ă 8 % et 7 % et celui pour les dĂ©pĂŽts en monnaie nationale Ă vue et Ă terme, respectivement Ă 2 % et 0 %.
La régulation de la liquidité devra se poursuivre via les adjudications des bons BCC.
Fait Ă Kinshasa, le 07 mai 2015
Déogratias MUTOMBO MWANA NYEMBO
Président