Author: Don Kayembe

  • Halte à la manipulation: Le dialogue a été initié par l’Onu !

    Halte à la manipulation: Le dialogue a été initié par l’Onu !

    bemba-kamerhe-felix* Dans sa feuille de route dite “plan de sortie de crise”, Tshisekedi verse dans la Mp les Badibanga, Kamerhe, Bemba, Fayulu, Makila, Diongo…

     A l’analyse de la controverse observée autour de son initiative, la communauté internationale est certainement en train de se demander pourquoi a-t-elle préconisé l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République Démocratique du Congo et la Région et la Résolution 2098, datés l’un du 24 février, l’autre du 28 mars 2013. La particularité de la Résolution est l’intégration, dans ses annexes A et B, des engagements pris pour la RDC et les Etats de la région des Grands Lacs dans l’Accord-cadre cosignés par des témoins Ban Ki-moon pour l’Onu, Nkosazana D. Zuma pour l’Ua, Armando E. Guebuza pour la Sadc et Edward Kiwanuka pour la Cirgl. En d’autres termes, le dialogue qui agite la scène politique n’est pas l’initiative du Président Joseph Kabila, comme tentent de l’insinuer, voire de l’affirmer plusieurs acteurs de l’Opposition…

                 Etienne Tshisekedi, Vital Kamerhe et toutes les forces politiques et sociales qu’ils tractent le savent. Et avec eux tous les médias et tous les analystes qui disposent dans leur documentation des déclarations politiques y afférentes.

                La preuve est qu’à l’issue de son conclave du 6 au 11 juillet 2013 au centre Mama Mobutu de Limete, conclave boudé par l’Udps, l’Opposition politique avait posé les préalables formulés en ces termes : 

    1. Les parties prenantes devraient être invitées à discuter lors d’un ‘Dialogue Politique’ transparent et sans exclusive que le Président de la République aura à convoquer le plus diligemment possible ‘et non pas à créer’. Ce forum se réunira à Kinshasa, siège des institutions de l’Etat.

    2. Le Dialogue Politique devrait se tenir sous l’égide des Nations Unies. A cette fin, l’Envoyée spéciale du Secrétaire Général pour la Région des Grands Lacs, Madame Mary Robinson aura à accompagner les travaux à titre de témoin pour leur aboutissement  heureux. Le Président de la République du Congo, M. Denis Sassou N’Guesso, cosignataire de l’Accord-cadre et Président en exercice de la Conférence Internationale sur la Région des Grands  Lacs (CIRGL), devrait jouer l’indispensable rôle de facilitateur.

    3. Le Dialogue Politique aura pour mission de débattre : – les problèmes sociaux des Congolais; – le problème des violations massives de droits de  l’homme, de la violence fait à la femme, de l’enrôlement des enfants soldats, du pillage et du bradage des ressources naturelles, de la désorganisation de l’armée nationale, de la légitimité des Institutions, de l’enrichissement sans cause, des biens mal acquis; – les matières faisant l’objet des engagements auxquels le Président de la République Démocratique du Congo a librement  souscrits en signant l’Accord-cadre d’Addis-Abeba“.

                Les matières auxquelles allusion est faite consistent à “Continuer et approfondir la réforme du secteur de la sécurité, en particulier en ce qui concerne l’armée et la police; Consolider l’autorité de l’Etat, en particulier à l’est de la République démocratique du Congo, y compris en empêchant les groupes armés de déstabiliser les pays voisins; Effectuer des progrès en ce qui concerne la décentralisation; Promouvoir le développement économique, y compris au sujet de l’expansion des infrastructures et de la fourniture de services sociaux de base; Promouvoir la réforme structurelle des institutions de l’Etat, y compris la réforme des finances” et ” Promouvoir les objectifs de réconciliation nationale, de tolérance, et de démocratisation“.

                Plus d’une fois, il nous est arrivé de trouver dans cet engagement un programme de gouvernement qui ne dit pas son nom.

                Comme pour y apporter sa contribution, l’Unc va aller plus loin en proposant dans son cahier des charges publié le 16 octobre 2013, soit 9 jours après la clôture des Concertations nationales, les termes de référence dont voici l’extrait essentiel :”1. Mettre fin à la guerre ; 2. Refaire la cohésion nationale ; 3. Parachever le processus électoral ; 4. Instaurer la bonne gouvernance pour répondre aux besoins sociaux de notre peuple ; 5. Jeter les bases d’une justice distributive ; 6. Mettre en place la Commission de Droit de l’homme et celle de la lutte contre la corruption;  7. Élaborer un modèle de la coopération régionale et internationale et faire des belligérants actuels des véritables partenaires économiques pour le développement de la sous-région et le bien être de nos populations respectives” et ” 8. Mettre sur pied une armée véritablement républicaine socle de l’État de droit“.

                L’Udps va se singulariser par une navigation à vue. Ce parti attendra le 25 novembre 2014, soit plus d’une année, pour se prononcer sur le dialogue. Son secrétaire général, Bruno Mavungu, signera à cette date pour les Forces politiques et sociales la déclaration ayant tout d’un cahier des charges pour programme de gouvernement. Les termes de références sont du reste les suivants :“1. résoudre la crise de légitimité au sommet de l’Etat; 2. mettre fin aux conflits armés;  3. impulser une véritable réconciliation nationale; 4. restaurer l’Etat de droit; 5. booster la bonne gouvernance;  6. éradiquer les antivaleurs (corruption, concussion, détournement des deniers publics, pillage des ressources naturelles” et “7. remettre le pays dans la voie de la vraie démocratie“.

                Sauf mauvaise foi, l’Unc et l’Udps savent qu’avec un tel programme exécutable à partir de 2013 ou de 2014, il faut compter presqu’un quinquennat pour l’achever, avec tout ce que cela implique comme conséquences politiques et juridiques.

    Plan de crise porteur de germes de crise

                Et voilà que le 15 décembre 2014, alors que Vital Kamerhe se rétracte en rejetant tout dialogue (après l’avoir ardemment réclamé), Etienne Tshisekedi adresse à Martin Koblër une lettre pour convoquer le forum sur base de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, muet sur la question. Car le dialogue est évoqué plutôt dans la Résolution 2098 !

                Qu’à cela ne tienne ! Le 26 février 2015, Bruno Mavungu rend publique la feuille de route de son président en soins de santé en Belgique. Il ressort d’emblée de ce plan un facteur de blocage volontaire : la bipolarisation des participants. Comme sous Mobutu entre 1990 et 1997. Voici l’argumentation développée : … le contentieux électoral de 2011 se trouve être la cause essentielle de la crise politique actuelle en République Démocratique du Congo. Il va sans dire qu’un dialogue pourra mettre autour d’une table :

    – Monsieur Etienne Tshisekedi et ses alliés pour le camp du changement ;

    – Monsieur Kabila et les siens pour le camp du statut quo ;

    – La modération sera assurée par l’Envoyé spécial du SG des Nations unies en RDC et chef de la Monusco, conformément à la Résolution 2147 du Conseil de sécurité de l’Onu…“.

                Ainsi, le plan de sortie de crise porte déjà les germes d’une nouvelle crise. Car, personne ne peut comprendre que l’Opposition institutionnelle, au sein de laquelle évoluent les Badibanga, Kamerhe (par son groupe parlementaire Unc et Alliés), Bemba (par le sien), Fayulu, Olenghankoyi, Makila, Bussa, Diongo et autres Mvuemba (pour ne citer que les plus politico-médiatiques) soit versée dans le camp du statu quo, donc de Kabila, et surtout personne de sensé ne peut un seul instant imaginer le Conseil de sécurité de l’Onu donner à Martin Koblër le go pour une telle aventure…

                En fait, on retrouve-là la marque déposée de Tshisekedi : ouverture-blocage !

     

    Le Chef de l’Etat a rempli sa part…

     

                Au-delà cependant des préoccupations protocolaires, surgit une interpellation.  Les documents évoqués dans cette chronique (Accord-cadre d’Addis-Abeba, Résolution 2098, Rapport final du conclave de l’Opposition au centre féminin Mama Mobutu, Cahier des charges de l’Unc, Cahier des charges des Forces politiques et sociales pour l’unité dans l’action) prouvent à suffisance que le dialogue a été initié par l’Onu.

                L’interpellation se situe à ce niveau : qu’adviendrait-il de tout accord ou de toute résolution qui engagerait demain la RDC dès lors que la classe politique fait exprès de tourner en dérision les partenaires extérieurs pour une initiative n’émanant pas des Congolais !

                On peut aujourd’hui tout reprocher au Président Joseph Kabila, sauf d’avoir fait contre mauvaise fortune bon coeur. Il a à son actif d’abord la tenue des Concertations nationales – dont la cérémonie de clôture le 7 octobre 2013 avait d’ailleurs  été rehaussée de la présence du Conseil de sécurité de l’Onu (preuve, si besoin est, que ce forum avait obtenu la caution de son initiateur originel), ensuite la mission confiée à son émissaire de prendre langue avec les forces politiques et sociales qui ont continué de réclamer le dialogue dans le format protocolaire de la Résolution 2098.

                L’Histoire retiendra alors cette évidence : le Chef de l’Etat a rempli, de son côté, sa part d’obligations vis-à-vis des partenaires pour ce qu’ils avaient demandé à la RDC tandis que du sien, l’Opposition a fait le choix délibéré de rejeter cette initiative.

                Peut-être a-t-elle déjà adhéré à l’option d’International crisis group figurant au point 19 de son récent rapport du 5 mai 2015. Icg demande à la communauté internationale, en cas ” d’importants retards et de violation flagrante du principe des deux mandats“, d’envisager la révision (lisez suspension) de la coopération structurelle et la révision du mandat de la Monusco (lisez mise sous tutelle de la RDC).

     

    Omer Nsongo die Lema

     

  • RDC: DHL condamné à verser 1,6 million de dollars à son ancien patron

    RDC: DHL condamné à verser 1,6 million de dollars à son ancien patron

    DHL-Le verdict est tombé, samedi 16 mai, dans l’affaire qui opposait Kabamba Mulangi, l’ancien directeur général de DHL pour la RDC, au transporteur international. Le tribunal du travail de Kinshasa a condamné DHL à verser plus de 1,6 million de dollars à son ancien employé au titre d’indemnités de fin de service. Mais l’affaire n’est pas terminée, un recours reste possible. Par ailleurs, une plainte pour malversation déposée par DHL court toujours contre Kabamba auprès du parquet général de La Gombé.

    DHLdoit verser plus de 1,64 million de dollars à Kabamba Mulangi, son ancien directeur général pour la RDC, au titre des indemnités de fin de service qu’on appelle décompte final. Cette somme a été calculée par des experts et confirmée samedi 16 mai par le tribunal du travail de Kinshasa qui avait été saisi après un échec de conciliation à l’Inspection du travail. A compter de ce verdict, DHL a trente jours pour s’exécuter.

    Les deux parties auraient décidé de faire appel du jugement. Les avocats de Kabamba considèrent que le tribunal a ignoré les dommages et intérêts de 11 millions de dollars, réclamés en faveur de leur client, alors que DHL parle d’une somme exagérée allouée à son ancien employé. Les avocats de la multinationale ont eux déjà saisi le parquet de La Gombé contre Kabamba Mulangi, pour malversations.

    Ce deuxième dossier, qui est lui encore sous examen, était destiné à bloquer le processus du tribunal du travail, selon les avocats de Kabamba Mulangi, qui parlent d’une action vexatoire avec des preuves qui ne sont pas avérées. Pour certains observateurs, la solution de cette affaire ne pourra être que négociée.

    (rfi)

  • Congo-Brazzaville: la police accusée d’exactions envers les étrangers

    Congo-Brazzaville: la police accusée d’exactions envers les étrangers

    brazza-En République du Congo, les autorités congolaises sont de nouveau accusées d’exactions envers les étrangers. Un an après l’opération à Brazzaville, la police a lancé depuis jeudi 14 mai une nouvelle opération « Mbata Ya Bakolo », cette fois-ci à Pointe-Noire, destinée à arrêter les immigrés en situation irrégulière et lutter contre la criminalité. Or la Commission diocésaine justice et paix (CDJP) et la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH) dénoncent ensemble toute une série de manquements.

    La police congolaise est une nouvelle fois épinglée pour son traitement des immigrés. Selon les deux organisations, les étrangers en situation irrégulière à Pointe-Noire, subiraient intimidations, menaces, violences, traitements dégradants et arrestations arbitraires.

    Franck Loufoua-Bessi, chargé de programme à la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH), parle de clandestins pris en charge, selon lui, dans des conditions inhumaines, sans accès aux soins, ni alimentation et sans sanitaires décents. « Il y a beaucoup de manquements. Ils sont traités comme des malfrats, à la vue du public. C’est comme un phénomène de foire », estime Franck Loufoua-Bessi, qui se dit surpris du déploiement de force, en ville avec« des engins et des armes de guerre ».

    Selon la radio publique, quelques 600 étrangers, surtout ouest-africains, ont été arrêtés jeudi et vendredi, principalement dans le 1er arrondissement, quartier cosmopolite de Pointe-Noire. Interrogé, le porte-parole de la police s’estime serein. Le colonel Jules Monkala Tchoumou parle d’une guerre des communiqués, tout en annonçant une conférence de presse, mardi 19 mai.

    L’an dernier, à Brazzaville, la même opération avait suscité un tollé suite à des exactions, en nombre, contre les ressortissants de République démocratique du Congo. Lors de cette opération, 250 000 d’entre eux avaient alors quitté le pays, jetant un froid diplomatique avec Kinshasa.

    (RFI)

  • RDC : l’opposition divisée sur un dialogue politique proposé par Joseph Kabila

    RDC : l’opposition divisée sur un dialogue politique proposé par Joseph Kabila

    Joseph Kabila: La RDC n’est pas du tout complexée par le niveau de la démocratie.-Un émissaire du président Kabila fait le tour des partis de l’opposition, leur faisant part de la volonté du chef de l’État congolais d’ouvrir avec eux un “dialogue politique”. Mais pour les opposants, Kabila veut se maintenir au pouvoir au-delà du terme de son mandat.

    Des partis politiques regroupés dans une plate-forme ont déclaré lundi être opposés à ce dialogue.

    Martin Fayulu, député de l’opposition, a affirmé qu’il ne voyait, comme ses paires de la famille politique, aucune opportunité à tenir un dialogue « qui, au bout du compte, ne servirait qu’à une transition pour se partager les postes et laisser Kabila au pouvoir au-delà des élections dont la présidentielle est prévue en moins de 16 mois ».

    Une autre partie de l’opposition, celle dirigée par l’opposant historique, Etienne Tshisekedi, tient plutôt à ce dialogue.

    Félix Tshisekedi, le fils du leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), qui tient les commandes du parti en l’absence de son père, explique que le dialogue devrait permettre au président Joseph Kabila et remettre le pouvoir à Etienne Tshisekedi qui, selon lui, avait remporté les élections de 2011.

    Plus de 40 personnes ont été tuées en janvier dernier lors des manifestations contre une tentative de révision constitutionnelle qui aurait permis au président Kabila de briguer un troisième mandat.

    La Constitution limite à deux le nombre des mandats présidentiels et le président Joseph Kabila, vainqueurs de l’élection de 2005 et de 2011, ne devrait pas se représenter.

    (VOA)

  • Burundi : retour au calme à Bujumbura

    Burundi : retour au calme à Bujumbura

    nkurunziza_buja-Dans un discours vendredi, le président burundais, Pierre Nkurunziza a estimé que le putsch manqué serait préparé de longue date.

    Pierre Nkurunziza a notamment lié le coup à un groupe armé en provenance de la RDC qui avait fait une incursion au Burundi en décembre 2014.

    Au lendemain d’une tentative de coup d’Etat manqué, le président burundais a été triomphalement accueilli à Bujumbura, la capitale par l’armée et ses partisans.

    La journée de ce samedi a été plutôt calme dans la capitale.

    Interrogés par la BBC, certains Burundais sont satisfaits du retour de M. Nkurunziza aux commandes, mais d’autres en sont inquiets.

    ‘’Nous avons été rassurés parce que nous nous sentions très mal. Nous remercions le chef de l’Etat d’être revenu. Il est revenu, la paix est revenue, et la sécurité est totale’’, s’est réjoui l’un d’eux.

    ‘’Il n’a rien dit de nouveau dans son discours. Ce ne sont que des mots pour intimider et déstabiliser le pays. Et surtout ramener les divisions ethniques qu’on avait dépassées’’, s’est inquiété un autre.

    La tentative de coup d’Etat a été condamnée par les pays de la région, par l’Union africaine, les Etats-Unis et les Nations Unies.

    Mais pour autant, ces organisations expriment leurs inquiétudes de voir le Burundi basculer dans une nouvelle vague de violences, si le président Pierre Nkurunziza persiste à vouloir briguer un troisième mandat.

    BBC

  • L’aéroport de Bujumbura fermé, le retour de Pierre Nkurunziza hypothétique

    L’aéroport de Bujumbura fermé, le retour de Pierre Nkurunziza hypothétique

    president burundais-L’aéroport international de la capitale burundaise est toujours fermé mercredi soir. Il est impossible de savoir qui contrôle le bâtiment qui a été vidé de ses agents.

    Le retour à Bujumbura du président burundais Pierre Nkurunziza, parti de Tanzanie où il devait assister à un sommet régional sur la crise dans son pays, semblait donc pour l’heure compromis.

    Les lumières de l’aéroport de Bujumbura était éteintes et les agents aéroportuaires quitter les lieux par bus.

    “L’aéroport est fermé, il n’y a pas d’avion”, a déclaré l’un de ces agents en partant.

    L’entrée de l’aéroport était barrée par des policiers et de nombreux militaires étaient à l’intérieur.

    Le journaliste de l’AFP n’a pas pu leur faire dire s’ils étaient loyaux au président Nkurunziza visé par le coup d’Etat ou derrière le général putschiste Godefroid Niyombare. Ce dernier avait un peu plus tôt annoncé la fermeture de l’aéroport et appelé la population à s’y rendre pour le sécuriser.

    Des centaines de manifestants qui s’étaient rassemblés devant l’aéroport en repartaient quand le journaliste de l’AFP est arrivé. Eux affirmaient avoir accepté de partir après discussion avec les militaires, qui les auraient convaincus qu’ils étaient derrière Godefroid Niyombare.

    “Bien sûr ce sont des hommes fidèles à Niyombare”, a déclaré à l’AFP l’un des manifestants. “C’est pourquoi nous avons accepté de partir”.

    La route principale menant à l’aéroport, un temps bloquée par des policiers extrêmement nerveux qui avaient forcé des journalistes à faire demi-tour, était rouverte à la circulation en début de soirée.

    Mais la situation restait globalement confuse à Bujumbura, où il n’était pas possible de savoir qui détenait les rênes du pouvoir. Aucun combat n’a été signalé dans l’immédiat entre factions rivales de l’armée dans la capitale.

    Avec AFP

  • La révolution des oeillets au Burundi, où la foule fraternise avec les militaires…

    La révolution des oeillets au Burundi, où la foule fraternise avec les militaires…

    burundi-« Les militaires négocient entre eux, mais nous avons bon espoir. Cela devrait aller… »En début de soirée, Innocent Muhozi, directeur de la radio télévision nationale du Burundi, se montrait optimiste, certain que l’affrontement n’aurait pas lieu entre les militaires « putschistes » partisans du général Godefroid Nyonbare et le dernier carré des fidèles du résident Pierre Nkurunziza. Durant la journée en effet, on aurait pu craindre que l’armée se divise, non sur des lignes de fracture ethnique mais sur la fidélité au chef de l’Etat. En effet, le général Godefroid Nyonbare est, au même titre que Pierre Nkurunziza un Hutu issu de la lutte armée menée par le parti au pouvoir, le CNDD et voici trois mois encore il se trouvait à la tête des services de renseignement. Il avait été limogé pour une raison très simple : ce militaire réputé loyal et compétent, qui avait supervisé l’intégration des ex rebelles au sein de l’armée nationale, avait averti la présidence du fait que le « troisième mandat » rencontrerait une très large opposition et que poursuivre dans cette voie risquait de replonger le pays dans la guerre civile.
    Alors qu’il se trouvait en Tanzanie, le président Nkurunziza avait cependant refusé d’accepter sa déposition et annoncé son intention de regagner son pays. Mais ce plan fut très rapidement déjoué lorsque les militaires décidèrent de fermer l’espace aérien du Burundi.
    Un observateur belge, président à Bujumbura, ne cachait pas son enthousiasme : « nous assistons à une révolution des œillets à l’africaine » (allusion au coup d’Etat militaire qui, en 1974 mit fin à a dictature portugaise) où nous voyons, dans les rues de la capitale, la population fraterniser avec les soldats… Ceux qui souhaitaient, en dépit des accords d’Arusha et de la Constitution, reconduire Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat se sont heurtés à une opposition très large, qui dépassait de loin les clivages ethniques et,finalement , c’est un officier hutu qui a destitué un chef d’ Etat, hutu lui aussi, qui voulait confisquer le pouvoir au profit d’un groupe très restreint… »
    Aux dernières nouvelles, renonçant finalement à revenir dans son pays, Pierre Nkurunziza aurait tenté de gagner l’Ouganda, mais l’accès de ce pays lui fut refusé.
    Au yeux de notre observateur belge, la liesse qui régnait dans les rues de Bujumbura, après deux semaines de manifestations ininterrompues, représentait non seulement une victoire de l’Etat de droit, mais un avertissement pour tous les chefs d’Etat de la région désireux de s’accrocher au pouvoir : « une nouvelle page se tourne en Afrique centrale » concluait-il…

    (Colette Braeckman)

  • Les masques géants du Congo retrouvent la lumière

    Les masques géants du Congo retrouvent la lumière

    masques-Présents en Afrique centrale depuis le 16eme siècle, les Jésuites se sont implantés en terre kongo dès la naissance de l’Etat indépendant du Congo, fondant la Mission du Kwango. Tout les intéressait : la botanique, la linguistique, l’histoire, l’archéologie et, au fil des années, ces érudits-missionnaires envoyèrent en Belgique des documents ethnographiques ou scientifiques qui aujourd’hui encore font autorité. Leur rapport aux objets fut mitigé : pour certains, masques et statues utilisés dans les rites religieux n’étaient que des « fétiches » qu’il importait de désacraliser et de détruire. Pour d’autres, ces masques rituels étaient des outils aidant à mieux connaître des populations qu’il importait de convertir et même si les objets collectés dans les villages n’étaient pas considérés comme des œuvres d’art au sens occidental, les religieux s’employèrent souvent à les rassembler et à les envoyer en Belgique, soit au siège de leur ordre à Louvain-Heverlee, soit au Musée de l’Afrique centrale à Tervuren. Ce dernier, en 1998, a repris la gestion physique de la collection missionnaire, préservant ainsi des œuvres d’une richesse aussi exceptionnelle que… pratiquement invisible.

    En effet, les collections de Tervuren sont d’une diversité telle, enrichies par des envois de générations d’administrateurs coloniaux, de missionnaires, de colons que la plupart de ces trésors, faute de place pour les exposer, ont longtemps dormi dans des caves et des armoires. Préservés certes, mais inconnus du grand public. La fermeture provisoire du Musée de l’ Afrique centrale, en pleine rénovation, peut apparaître comme une chance : soucieuse de rappeler son existence, l’importance de ses collections et la valeur de son personnel scientifique, la vénérable institution se voit obligée d’organiser, ailleurs que dans ses locaux, des expositions thématiques. C’est ainsi que le musée Belvue, qui jouxte le Palais royal, accueille jusqu’en novembre prochain une série de masques géants qui dormaient dans les caves de Tervuren depuis qu’ils avaient été envoyés par les missionnaires depuis le cœur du Kwango, répertoriés et classés par la suite.
    Chez les populations Yaka et Suku du Kwango, ces masques imposants, le grand Kakuunguou son pendant féminin le Kazeba, étaient utilisés lors des fêtes d’initiation, les mukanda . Les jeunes garçons, lors d’une longue retraite en brousse, étaient alors préparés à leur vie d’adulte et circoncis. Leur retour au village était marqué par des danses masquées publiques, où les danseurs s’identifiaient aux ancêtres et à leur force vitale.
    Aujourd’hui encore, pour la première fois exposés ensemble, côte à côte, ces masques dégagent une force impressionnante. Même si certains d’entre eux ont gardé un aspect terrifiant, tous demeurent empreints de mystère, comme s’ils demeuraient reliés à des forces inconnues. Mais notre regard a changé : qui oserait encore qualifier de « fétiches » ces pièces d’une beauté extraordinaire, dont certaines sont de purs chefs d’œuvres qui suscitent la jalousie des plus grands musées du monde…
    Cette exposition, pas très grande, mais magnifique et centrée sur un sujet précis mériterait d’être visitée par les enfants des écoles bruxelloises, qu’ils soient inscrits ou non dans les cours de morale ou de religion: ils y apprendraient la beauté des cultes des “autres”, feraient fonctionner leur imaginaire et éduqueraient leur regard dans un monde diversifié. Quant au enfants d origine africaine, si nombreux à Bruxelles, on ne peut que souhaiter qu’ils viennent en masse au musée Belvue: ils en ressortiront avec des étoiles dans les yeux.

    (Colette Braeckman)

  • Matthieu Ngudjolo est arrivé à Kinshasa

    Matthieu Ngudjolo est arrivé à Kinshasa

    mathieu ndjolo-Human rights watch demande au gouvernement congolais d’assurer la sécurité de l’un des anciens chefs des milices de l’Ituri, expulsés des Pays-Bas après son acquittement par la Cour pénale internationale.

    M. Ngudjolo est en fait arrivé lundi soir à Kinshasa. D’après ses proches, il aurait été tout de suite amené par la police congolaise vers une destination inconnue.

    Ida Sawyer principale chercheuse de HRW, qui a exprimé dans un rapport des craintes sur la sécurité de M. Ngudjolo, a, pour sa part, déclaré à VOA Afrique que l’acquitté est en sureté pour l’heure.

    “Nous lui avons parlé ainsi qu’à son avocat. Nous pensons qu’il est en sécurité pour l’heure”, a affirmé Mme Sawyer.

    Selon elle, les autorités congolaises ont placé M. Ngudjolo dans un hôtel en attendant que ce dernier décide de l’endroit où il ira vivre.

    M. Ngudjolo a été expulsé vers Kinshasa lundi. Sa demande d’asile aux Pays-Bas n’a pas été acceptée malgré les craintes qu’il avait exprimées après son acquittement confirmé le 27 février 2015 par la CPI.

    HRW demande tout de même à la CPI et aux Pays-Bas de surveiller de près la situation de M. Ngudjolo, aussi longtemps que possible.

    Il y a des craintes que Kinshasa poursuive l’ancien chef de milices même si la CPI l’a acquitté.

    Ngudjolo est l’ancien chef d’état-major du Front nationaliste et intégrationniste (FNI), un groupe armé impliqué dans le conflit local et régional qui a ravagé la province de l’Ituri, au début des années 2000.

    Il a été arrêté à Kinshasa par les autorités congolaises en 2008 sur mandat d’arrêt de la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans le village de Bogoro, en février 2003.

    Ngudjolo a déposé une demande d’indemnisation à la CPI à la suite de son acquittement.

    (VOA)