-« Les militaires négocient entre eux, mais nous avons bon espoir. Cela devrait aller… »En début de soirée, Innocent Muhozi, directeur de la radio télévision nationale du Burundi, se montrait optimiste, certain que l’affrontement n’aurait pas lieu entre les militaires « putschistes » partisans du général Godefroid Nyonbare et le dernier carré des fidèles du résident Pierre Nkurunziza. Durant la journée en effet, on aurait pu craindre que l’armée se divise, non sur des lignes de fracture ethnique mais sur la fidélité au chef de l’Etat. En effet, le général Godefroid Nyonbare est, au même titre que Pierre Nkurunziza un Hutu issu de la lutte armée menée par le parti au pouvoir, le CNDD et voici trois mois encore il se trouvait à la tête des services de renseignement. Il avait été limogé pour une raison très simple : ce militaire réputé loyal et compétent, qui avait supervisé l’intégration des ex rebelles au sein de l’armée nationale, avait averti la présidence du fait que le « troisième mandat » rencontrerait une très large opposition et que poursuivre dans cette voie risquait de replonger le pays dans la guerre civile.
Alors qu’il se trouvait en Tanzanie, le président Nkurunziza avait cependant refusé d’accepter sa déposition et annoncé son intention de regagner son pays. Mais ce plan fut très rapidement déjoué lorsque les militaires décidèrent de fermer l’espace aérien du Burundi.
Un observateur belge, président à Bujumbura, ne cachait pas son enthousiasme : « nous assistons à une révolution des œillets à l’africaine » (allusion au coup d’Etat militaire qui, en 1974 mit fin à a dictature portugaise) où nous voyons, dans les rues de la capitale, la population fraterniser avec les soldats… Ceux qui souhaitaient, en dépit des accords d’Arusha et de la Constitution, reconduire Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat se sont heurtés à une opposition très large, qui dépassait de loin les clivages ethniques et,finalement , c’est un officier hutu qui a destitué un chef d’ Etat, hutu lui aussi, qui voulait confisquer le pouvoir au profit d’un groupe très restreint… »
Aux dernières nouvelles, renonçant finalement à revenir dans son pays, Pierre Nkurunziza aurait tenté de gagner l’Ouganda, mais l’accès de ce pays lui fut refusé.
Au yeux de notre observateur belge, la liesse qui régnait dans les rues de Bujumbura, après deux semaines de manifestations ininterrompues, représentait non seulement une victoire de l’Etat de droit, mais un avertissement pour tous les chefs d’Etat de la région désireux de s’accrocher au pouvoir : « une nouvelle page se tourne en Afrique centrale » concluait-il…
-Présents en Afrique centrale depuis le 16eme siècle, les Jésuites se sont implantés en terre kongo dès la naissance de l’Etat indépendant du Congo, fondant la Mission du Kwango. Tout les intéressait : la botanique, la linguistique, l’histoire, l’archéologie et, au fil des années, ces érudits-missionnaires envoyèrent en Belgique des documents ethnographiques ou scientifiques qui aujourd’hui encore font autorité. Leur rapport aux objets fut mitigé : pour certains, masques et statues utilisés dans les rites religieux n’étaient que des « fétiches » qu’il importait de désacraliser et de détruire. Pour d’autres, ces masques rituels étaient des outils aidant à mieux connaître des populations qu’il importait de convertir et même si les objets collectés dans les villages n’étaient pas considérés comme des œuvres d’art au sens occidental, les religieux s’employèrent souvent à les rassembler et à les envoyer en Belgique, soit au siège de leur ordre à Louvain-Heverlee, soit au Musée de l’Afrique centrale à Tervuren. Ce dernier, en 1998, a repris la gestion physique de la collection missionnaire, préservant ainsi des œuvres d’une richesse aussi exceptionnelle que… pratiquement invisible.
En effet, les collections de Tervuren sont d’une diversité telle, enrichies par des envois de générations d’administrateurs coloniaux, de missionnaires, de colons que la plupart de ces trésors, faute de place pour les exposer, ont longtemps dormi dans des caves et des armoires. Préservés certes, mais inconnus du grand public. La fermeture provisoire du Musée de l’ Afrique centrale, en pleine rénovation, peut apparaître comme une chance : soucieuse de rappeler son existence, l’importance de ses collections et la valeur de son personnel scientifique, la vénérable institution se voit obligée d’organiser, ailleurs que dans ses locaux, des expositions thématiques. C’est ainsi que le musée Belvue, qui jouxte le Palais royal, accueille jusqu’en novembre prochain une série de masques géants qui dormaient dans les caves de Tervuren depuis qu’ils avaient été envoyés par les missionnaires depuis le cœur du Kwango, répertoriés et classés par la suite.
Chez les populations Yaka et Suku du Kwango, ces masques imposants, le grand Kakuunguou son pendant féminin le Kazeba, étaient utilisés lors des fêtes d’initiation, les mukanda . Les jeunes garçons, lors d’une longue retraite en brousse, étaient alors préparés à leur vie d’adulte et circoncis. Leur retour au village était marqué par des danses masquées publiques, où les danseurs s’identifiaient aux ancêtres et à leur force vitale.
Aujourd’hui encore, pour la première fois exposés ensemble, côte à côte, ces masques dégagent une force impressionnante. Même si certains d’entre eux ont gardé un aspect terrifiant, tous demeurent empreints de mystère, comme s’ils demeuraient reliés à des forces inconnues. Mais notre regard a changé : qui oserait encore qualifier de « fétiches » ces pièces d’une beauté extraordinaire, dont certaines sont de purs chefs d’œuvres qui suscitent la jalousie des plus grands musées du monde…
Cette exposition, pas très grande, mais magnifique et centrée sur un sujet précis mériterait d’être visitée par les enfants des écoles bruxelloises, qu’ils soient inscrits ou non dans les cours de morale ou de religion: ils y apprendraient la beauté des cultes des “autres”, feraient fonctionner leur imaginaire et éduqueraient leur regard dans un monde diversifié. Quant au enfants d origine africaine, si nombreux à Bruxelles, on ne peut que souhaiter qu’ils viennent en masse au musée Belvue: ils en ressortiront avec des étoiles dans les yeux.
-Human rights watch demande au gouvernement congolais d’assurer la sécurité de l’un des anciens chefs des milices de l’Ituri, expulsés des Pays-Bas après son acquittement par la Cour pénale internationale.
M. Ngudjolo est en fait arrivé lundi soir à Kinshasa. D’après ses proches, il aurait été tout de suite amené par la police congolaise vers une destination inconnue.
Ida Sawyer principale chercheuse de HRW, qui a exprimé dans un rapport des craintes sur la sécurité de M. Ngudjolo, a, pour sa part, déclaré à VOA Afrique que l’acquitté est en sureté pour l’heure.
“Nous lui avons parlé ainsi qu’à son avocat. Nous pensons qu’il est en sécurité pour l’heure”, a affirmé Mme Sawyer.
Selon elle, les autorités congolaises ont placé M. Ngudjolo dans un hôtel en attendant que ce dernier décide de l’endroit où il ira vivre.
M. Ngudjolo a été expulsé vers Kinshasa lundi. Sa demande d’asile aux Pays-Bas n’a pas été acceptée malgré les craintes qu’il avait exprimées après son acquittement confirmé le 27 février 2015 par la CPI.
HRW demande tout de même à la CPI et aux Pays-Bas de surveiller de près la situation de M. Ngudjolo, aussi longtemps que possible.
Il y a des craintes que Kinshasa poursuive l’ancien chef de milices même si la CPI l’a acquitté.
Ngudjolo est l’ancien chef d’état-major du Front nationaliste et intégrationniste (FNI), un groupe armé impliqué dans le conflit local et régional qui a ravagé la province de l’Ituri, au début des années 2000.
Il a été arrêté à Kinshasa par les autorités congolaises en 2008 sur mandat d’arrêt de la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans le village de Bogoro, en février 2003.
Ngudjolo a déposé une demande d’indemnisation à la CPI à la suite de son acquittement.
-La Haute Cour de justice en Afrique du Sud a ordonné la suspension temporaire des expulsions de nombreux clandestins récemment arrêtés lors d’une série de raids menés par la police.
Plus de 300 sans-papiers devaient être renvoyés vers leurs pays respectifs, au lendemain des incidents xénophobes qui ont récemment secoué l’Afrique du Sud.
A la suite de ces incidents, la police avait lancé des opérations destinées, selon les autorités, à ‘‘prévenir contre le crime’’.
Elle avait alors arrêté des centaines de ressortissants d’autres pays d’Afrique sub-saharienne vivant illégalement dans le pays.
Les autorités sud-africaines s’étaient retrouvées dans une situation délicate où elles devaient à la fois faire cesser les attaques et durcir les conditions de séjour des migrants.
Les clandestins arrêtés lors de raids nocturnes successifs de la police sont détenus au centre de rapatriement de Lindela, à 25 km de Johannesburg.
Selon la correspondante de la BBC à Johannesburg, ils devaient être expulsés mercredi.
Mais leur expulsion a été suspendue pour deux semaines au moins après que l’ONG Lawyers for Human Rights est allée à la Haute Cour de Johannesburg pour plaider en faveur des clandestins.
Les avocats des clandestins, préalablement interdits de consultation avec leurs clients, ont pu les voir mardi.
-La stabilité du cadre macro économique de la RDC et par ricochet la stabilité de la monnaie nationale est non sans conséquence positive sur le marché international. Le Franc congolais fera bientôt partie des devises qui seront financées par la Banque Mondiale pour soutenir des projets de développement en RDC.
En clair, au lieu que la Banque Mondiale investisse en RDC en monnaie etrangère telle que le dollar américain comme c’est le cas présentement, elle le fera bientôt en franc congolais. Ce qui est d’ailleurs logique parce que quand la Banque mondiale investit aux Etas Unis, elle le fait en dollars, il en est de même pour Euro dans la zone Euro. Et si elle le fait en Franc congolais en RDC, cela ne fera que renforcer la monnaie nationale.
C’est ce qui ressort de l’accord Swap, qui est un accord de crédit réciproque entre la Banque Centrale du Congo (BCC) et la Société Financière Internationale (SFI), une branche opérationnelle sur le plan financier de la Banque Mondiale. A en croire le gouverneur de la BCC, Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, l’objectif de cet accord est celui de promouvoir le financement de l’économie en monnaie nationale au pays.
Suivant cet accord, explique t-il, au cours de la conférence de presse qu’il a animée à l’issue de la quatrième réunion ordinaire du comité de politique monétaire tenue le jeudi 07 mai, la SFI mettra dans un premier temps à la disposition de la BCC un montant de 50 millions $ et en contre partie la BCC remettra à la SFI l’équivalent dudit montant mais cette fois -ci en franc congolais. La SFI utilisera ainsi ce montant pour octroyer des crédits aux petites et moyennes entreprises qui vont investir dans le secteur à forte productivité comme dans l’agriculture.
Ce contrat sera signé le 29 mai et le démarrage des opérations est prévu au mois de juin. A ce moment-là, fait savoir le N°1 de l’institut d’émission, le franc congolais fera partie de devises traitées dans la salle de machines de SFI à Washington. Sfi gère un portefeuille de 50 milliards $ constitué des devises fortes
«L’accord Swap est une première. Il faut donc soutenir la monnaie nationale en consolidant sa stabilité, au cas contraire si on retombe dans l’instabilité du cadre macroéconomique, la monnaie nationale sera chassée de ces salles de marché des pays occidentaux. Il faut maintenir l’élan. C’est un bon début pour la RDC et nous travaillons pour promouvoir des activités de crédits, financer l’économie pour la croissance et nous travaillons avec la SFI pour promouvoir le marché de capitaux …», exhorte le gouverneur de la BCC tout en soulignant qu’après une période donnée, la BCC et la SFI procéderont à une évaluation des opérations. En cas de satisfaction, indique-t-il, nous allons renouveler l’opération soit pour le montant équivalent ou pour un montant supérieur en fonction de la demande.
Il va sans dire que l’accord Swap est une initiative qui fait suite d’abord au constat par la Banque Mondiale de la stabilité monétaire durable et même de perspectives de stabilité rassurante de la RDC. C’est aussi une initiative due au souhait de promouvoir le financement de l’économie, au pays en monnaie nationale.
Maintien inchangé du dispositif de politique monétaire
Au cours du point de presse mensuel qu’il a animé à la fin de la réunion du comité de politique monétaire, Deogratias Mutombo Mwana Nyembo a fait savoir qu’après avoir analysé l’évolution de la conjoncture économique nationale et internationale, les perspectives d’avenir et échangé sur le dispositif de politique monétaire, le CPM a décidé de maintenir inchangé son dispositif actuel de politique monétaire. Ainsi, le taux directeur demeure à 2%. Le coefficient de la réserve obligatoire sur les dépôts en devises à vue et à terme est maintenu respectivement à 8% et 7% et celui pour les dépôts en monnaie nationale à vue et à terme respectivement à 2% et 0%. L’absence majeure de choc, le faible taux d’inflation, la baisse de Euro, la stabilité de prix et de change sont autant de raisons qui ont contribué à maintenir inchangé le dispositif actuel de la politique monétaire.
Blandine Lusimana T.
BANQUE CENTRALE DU CONGO
COMITE POLITIQUE MONETAIRE
Kinshasa, République démocratique du Congo
COMMUNIQUE DE PRESSE
Le Comité de Politique Monétaire s’est réuni, ce jeudi 07 mai 2015, pour sa quatrième réunion ordinaire de l’année sous la présidence de Monsieur Déogratias MUTOMBO MWANA NYEMBO, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo.
Le Comité a analysé l’évolution récente de la conjoncture économique tant au niveau national et qu’international ainsi que les perspectives à venir et échangé sur le dispositif de politique monétaire approprié à cette situation.
A cet effet, il s’en est dégagé ce qui suit :
Au plan international,
D’après les perspectives de l’économie mondiale du FMI d’avril 2015, la croissance économique attendue en 2015 devrait s’établir à 3,5 % après 3,4% en 2014. Cette croissance serait principalement tirée par te dynamisme de l’activité économique dans les économies avancées, notamment aux Etats-Unis, sur fond de mesures de politique monétaire accommodante et de la baisse des cours du pétrole.
Il importe de noter que les perspectives de croissance économique sont exposées à moins de risques macroéconomiques par rapport à la situation d’il y a quelques mois, à savoir le risque d’une récession dans la Zone euro tout comme celui d’une déflation» Toutefois, un accroissement des risques financiers est observé à l’échiquier international, notamment l’appréciation du dollar américain et la variation des prix d’actifs. S’agissant particulièrement de t’appréciation du dollar américain, cette situation est perçue comme un risque potentiel pour les pays qui disposent d’un portefeuille de la dette publique en cette monnaie, comme la RDC, et dont la persistance de variations des fortes amplitudes serait susceptible de créer de nouveaux risques financiers et de perturber l’exécution des p[ans d’action budgétaire».
Par ailleurs, le comité de Politique Monétaire a noté avec une attention particulière le léger retournement de tendances des cours du pétrole au mois d’avril qui ont connu une progression mensuelle de 22,0 %. Cette situation n’est pas au point de constituer un facteur de risque important pour l’économie mondiale, même si son impact peut varier selon le pays.
Ainsi, une fois de plus, le CPM invite le Gouvernement à accélérer la mise en œuvre des réformes, structurelles pour une croissance durable.
Au Plan national,
L’économie congolaise entend poursuivre son chemin de l’expansion imprimé depuis une dizaine d’années. Le taux de croissance est projeté à 10,3 % en 2015 contre une réalisation de 9,5 % en 2014, tirée principalement par le dynamisme du secteur extractif. Cependant, ll y a lieu de relever la baisse du solde global brut d’opinions des entrepreneurs au mois d’avril qui est ressorti à 12,% contre 14,9 % un mois plus tôt.
Le marché des biens et services a été caractérisé par la stabilité des prix. En effet, le taux d’inflation hebdomadaire a tourné autour d’une moyenne de 0,01 %» mois précédent. En rythme mensuel, l’inflation s’est située à 0,062 % contre 0,057 % en mars portant le cumul annuel à 0,590 %. A ces conditions, l’année pourrait se clôturer avec un taux d’inflation de 0’70 % contre un objectif de 3,5 %’
S’agissant des finances publiques, une amélioration de la position nette du Gouvernement a été notée au mois d’avril réputée comme mois d’échéance fiscale, à la suite du paiement de l’’impôt sur le bénéfice et profit sur le revenu de l’exercice 2014.
Sur le marché des changes, le taux de change est demeuré relativement stable avec une légère dépréciation de 0,2 % du cours indicatif et une variation nulle du taux de change sur le marché parallèle. Le taux de change s’est situé à 926,62 CDF le dollar américain à l’interbancaire et à 932,00 CDF au marché parallèle. Quant aux réserves de change, une légère accumulation relative des avoirs d’avril accompagnée d’une contraction relative des avoirs des banques en monnaie nationale aux fins des impératifs de l’échéance fiscale.
A cet effet, on note un niveau des réserves de 1.716,85 millions de USD contre 1.697,28 millions un mois avant. Ce niveau correspond à 7,1 semaines d’importations des biens et services sur ressources propres.
S’agissant des agrégats monétaires, ils sont demeurés sous contrôles avec des marges assez importantes par rapport à leurs niveaux programmés. Le marché monétaire, pour sa part, a été marqué par le dynamisme des activités au marché interbancaire qui se sont dénouées au taux moyen pondéré de 1,7 %. Le Guichet des facilités permanentes a enregistré des opérations en croissance au taux de 4,5 %.
Sur base de ces analyses, le Comité de Politique Monétaire a décidé de maintenir inchangé le dispositif actuel de sa politique monétaire. Le taux directeur demeure à 2 %. S’agissant du coefficient de la réserve obligatoire sur les dépôts en devises à vue et à terme, il est maintenu respectivement à 8 % et 7 % et celui pour les dépôts en monnaie nationale à vue et à terme, respectivement à 2 % et 0 %.
La régulation de la liquidité devra se poursuivre via les adjudications des bons BCC.
– Le massacre qui s’est déroulé vendredi près de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, souligne la nécessité de la coopération entre l’armée congolaise et les Casques bleus pour assurer la sécurité de la population, a déclaré la Mission de l’ONU (Monusco).
La collaboration entre la Monusco et l’armée est freinée depuis que Kinshasa a nommé – pour combattre les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), actifs dans l’est – deux officiers que l’ONU soupçonne de graves violations des droits de l’homme.
Cette tuerie nous interpelle sur la nécessité de la coopération entre FARDC (armée congolaise) et la Monusco pour sécuriser les civils du territoire de Beni, théâtre d’une série de massacres qui a fait depuis octobre plus de 300 morts, déclare sur Twitter Martin Kobler, chef de la Monusco.
Il a ajouté que cette tuerie renforce la détermination de la Monusco à remplir son mandat de protection des civils et qu’elle renforce notre détermination à soutenir le gouvernement de la RDC pour traquer les auteurs et les traduire en justice.
Sept personnes ont été assassinées à l’arme blanche dans la nuit de vendredi à Matembo, à une dizaine de kilomètres du centre de Beni, grand carrefour commercial situé dans le nord de la province troublée du Nord-Kivu.
Le drame s’est déroulé non loin d’une base de l’armée congolaise et de la Monusco, chargée de lutter contre les dizaines de groupés armés locaux et étrangers qui sévissent, parfois depuis vingt ans, dans l’est de la RDC.
Il est plus que temps, pour le gouvernement (…), de se concentrer sur les aspects sécuritaires et qu’il mette en place des mécanismes de mobilisation des moyens humains, matériels, intellectuels et financiers pour stopper le cycle de violence de la même manière qu’il a réussi à freiner l’inflation, a indiqué dimanche dans une déclaration Julien Paluku, gouverneur du Nord-Kivu.
Les assassinats, dont les auteurs restent indéterminés, se sont produits alors que la sécurité se dégrade au Nord-Kivu.
Mardi, deux Casques bleus et deux civils ont été tués dans une embuscade tendue par de présumés rebelles musulmans ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF). Après cette attaque, la Monusco a renforcé ses positions et promis des opérations offensives robustes.
Les rebelles de l’ADF sont présents depuis 1995 dans une région montagneuse du territoire de Beni, où ils sont accusés de commettre de graves exactions contre les civils (meurtres, enrôlements d’enfants, pillages…) et de se livrer à un trafic de bois très lucratif.
Depuis octobre, ces rebelles sont accusés d’une série de massacres qui ont fait plus de 300 morts, essentiellement dans le territoire de Beni.
L’armée congolaise a affirmé qu’elle avait éliminé fin avril Kasada Karume, numéro trois des ADF. Toujours en avril, le chef de cette rébellion, Jamil Mukulu, a été arrêté en Tanzanie.
-Au Burundi, la contestation de la candidature de Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat présidentiel continue de provoquer des affrontements violents entre les forces de l’ordre et l’opposition. La Belgique, qui maintient des relations étroites avec cet ancien protectorat, a décidé de suspendre à la fois la coopération policière avec le Burundi et son aide au processus électoral.
Pour le gouvernement belge, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est la mort de onze manifestants abattus par la police alors que, selon les Nations unies, celle-ci n’était pas en état de légitime défense. Cette annonce du Haut commissariat aux droits de l’homme de l’ONU est invoquée comme la raison principale de la suspension de la coopération avec le Burundi.
La Belgique avait prévu un budget de 4 millions d’euros en vue du soutien à la préparation des municipales le 26 mai et de la présidentielle du 26 juin. Et le ministre chargé de la Coopération au développement, Alexander De Croo, a officiellement fait savoir que les fonds seraient gelés. Seuls deux millions ont été versés et les deux millions restants ne seront donc pas déboursés.
Coopération avec la police burundaise suspendue
De la même façon, la Belgique menait conjointement avec les Pays-Bas un projet de soutien à la police burundaise pour une enveloppe globale de 5 millions d’euros. Ce projet est lui aussi mis en suspens de manière provisoire et les 3 millions d’euros non encore déboursés ne seront pas versés non plus.
Pour le ministère belge de la Coopération, les conditions pour des élections libres au Burundi ne sont pas réunies pour l’instant. Ça fait plusieurs mois que la Belgique, mais aussi l’Union européenne, ont averti le Burundi qu’une nouvelle candidature de Pierre Nkurunziza présentait des risques de divisions et de tensions. Le gouvernement belge estime que la Constitution burundaise, basée sur les accords de paix d’Arusha doit être respectée, en particulier dans la limitation à deux mandats de la fonction présidentielle.
-Les combattants de Boko Haram, sous pression de l’armée nigériane qui mène des offensives à partir de l’Ouest et pourchassés par les Tchadiens présents plus au nord, tentent fréquemment des incursions vers le Cameroun, à l’est. L’armée camerounaise a déployé près de 200 hommes en renfort à Zelevet, à 40 kilomètres de Kolofata, suite à un accrochage qui avait fait deux morts dans les rangs camerounais.
« Si vous êtes pourchassés de tous les côtés, vous n’allez pas vous suspendre en l’air. Il vous faut bien choisir une option », grommelle une source militaire camerounaise bien au fait des opérations contre Boko Haram.
Les incursions des combattants insurgés ne semblent pas surprendre outre mesure les Camerounais. Ces derniers ont néanmoins décidé de déployer une compagnie et une batterie d’infanterie pour protéger le maillon faible de Zelevet. L’attaque, samedi, des insurgés à Zelevet avait tout l’air d’une opération de représailles. Mais dans la plupart des cas, les insurgés mènent avant tout des incursions pour se ravitailler. « Ils le font quotidiennement pour voler du bétail ou, parfois, pour troquer leurs marchandises contre du carburant », signale un bon connaisseur de la région.
A noter que les tirs d’artillerie camerounais, dimanche, ont été menés suite à « une bonne coordination avec l’armée nigériane », selon une source militaire camerounaise. Depuis un mois et demi, cette collaboration tactique et opérationnelle se fait au quotidien et des éléments des deux contingents se voient, même physiquement, une fois par semaine.
« Ce n’est pas encore de la coopération stratégique et cela n’a rien à voir avec l’élection deMuhammadu Buhari à la présidence du Nigeria », tempèrent nos informateurs qui précisent que la fréquence accrue des échanges est liée à la plus grande proximité géographique entre les deux forces.
-Les résultats définitifs de la présidentielle togolaise du 25 avrils, proclamés dimanche par la Cour constitutionnelle, créditent le président Faure Gnassingbé de 58,73% des suffrages exprimés, contre 35,19% à son principal adversaire Jean-Pierre Fabre. Le chef de l’Etat togolais prête serment lundi, 4 mai.
Le CAP 2015, le parti de Fabre, a dénoncé un scrutin « frauduleux » et dit n’avoir pas l’intention de déposer de recours devant la Cour constitutionnelle, celle-ci étant, selon le CAP 2015, « inféodée » au régime togolais.
Le vendredi, 1er mai, Jean-Pierre Fabre a été déclaré victorieux du scrutin par le vice-président de la CENI, Francis Pédro AMUZUN, un membre de CAP 2015. Selon ses résultats, Fabre a remporté 52,20% des voix.
Faure Gnassingbé est arrivé au pouvoir en 2005, succédant à son père qui avait dirigé le Togo pendant 38 ans.