Author: Don Kayembe

  • Le président Kabila organise une grande réunion dans son fief du Katanga

    Le président Kabila organise une grande réunion dans son fief du Katanga

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    Le président congolais Joseph Kabila organise lundi une grande réunion politique au Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, où le débat sur un éventuel troisième mandat du chef de l’Etat provoque des tensions.
    Cette réunion aura pour objet d’”unir tous les Katangais” et de “faire une concertation au sujet du troisième mandat de Joseph Kabila (. . . ) en 2016”, alors que s’achève cette année-là son deuxième et dernier mandat selon la Constitution actuelle, a déclaré à l’AFP une source à la présidence.
    Dimanche en fin d’après-midi, une délégation d’environ 50 personnes comptant des députés nationaux et des sénateurs originaires du Katanga ont embarqué dans un avion ayant pour destination Lubumbashi, la capitale provinciale du Katanga, a constaté un journaliste de l’AFP à l’aéroport international de Kinshasa.
    Le président Kabila séjourne actuellement au Katanga, sa province d’origine, depuis déjà quelques jours, de même que le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur Evariste Boshab.
    Le 23 décembre, le charismatique gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, est rentré dans sa province minière, poumon économique du pays, après trois mois passés à l’étranger. Accueilli triomphalement, il a prononcé un discours où il semblait s’opposer à un troisième mandat de M. Kabila.
    M. Katumbi ne prendra pas part à cette réunion pour “raison de santé”, a-t-il déclaré à l’AFP, précisant qu’il se rendrait à Londres “mercredi” pour des soins.
    Vendredi, l’ancien député katangais Vano Kalembe Kiboko, membre de la majorité opposé à une révision de la Constitution qui permettrait au président Kabila de briguer un troisième mandat, a été inculpé d’incitation à la haine tribale et incarcéré.
    Selon ses avocats, il lui est reproché de s’être opposé à ce que “le district de Kolwezi soit intégré dans le Lualaba” dans le cadre d’un redécoupage territorial. Mais selon un de ses proches, il s’agit d’une mesure de rétorsion pour avoir proposé que M. Katumbi soit le dauphin de M. Kabila.
    Le président congolais a succédé en 2001 à son père assassiné, Laurent-Désiré Kabila. Il a ensuite été élu en 2006 au terme des premières élections démocratiques du pays, puis en 2011 lors d’un scrutin contesté par l’opposition et la communauté internationale.
    D’après la Constitution actuelle, il ne peut briguer de troisième quinquennat en 2016. Mais l’opposition accuse son camp de vouloir réviser la Loi fondamentale ou de chercher à retarder le scrutin via un long recensement de la population pour permettre à M. Kabila de rester au pouvoir au-delà de 2016.

    Jeuneafrique.

  • réunion mi-janvier des présidents d’Afrique australe sur la question des FDLR

    réunion mi-janvier des présidents d’Afrique australe sur la question des FDLR

    fdr-Les présidents des pays d’Afrique australe se rencontreront à la mi-janvier pour décider des suites à donner au non-respect par les rebelles rwandais dans l’est de la République démocratique du Congo de l’ultimatum fixé pour leur reddition.

    “L’ultimatum fixé par les chefs d’Etat et de gouvernement (…) aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) pour leur désarmement, sous peine de représailles militaires, a expiré le 2 janvier”, a constaté dans un communiqué le président sud-africain Jacob Zuma.

    Au sein de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), le président Zuma est plus particulièrement en charge des problématiques de sécurité et de défense. Seulement 337 rebelles – sur les 1.500 à 2.000 que compteraient encore les FDLR – se sont rendus depuis l’établissement de l’ultimatum à la mi-2014. “Les FDLR n’ont pas complètement respecté, pour l’instant, les conditions imposées par cet ultimatum”, a déclaré Jacob Zuma.

    Graves exactions contre des civils

    Les chefs d’Etat d’Afrique australe se rencontreront en Angola les 15 et 16 janvier pour décider de la réponse à donner aux FDLR. M. Zuma a assuré que la SADC est prête à jouer pleinement son rôle. Les FDLR, dont des chefs sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda (800.000 morts selon l’ONU) commettent depuis des années en toute impunité de graves exactions contre les civils congolais (viols, meurtres, pillages, enrôlements d’enfants-soldats) et se livrent à de nombreux trafics, notamment d’or et de charbon de bois.

    “En attendant, la SADC lance un appel urgent et sincère aux dirigeants des FDLR et à tous les combattants restants afin qu’ils se rendent immédiatement et sans conditions”, a lancé le président sud-africain.

    Les pays de la SADC sont engagés dans la lutte contre les FDLR dans l’est congolais aux côtés des casques bleus de la Mission des Nations unies en RDC (Monusco). L’Afrique du sud, le Malawi et la Tanzanie participent notamment à une brigade d’intervention de la Monusco, forte d’environ 3.000 hommes et déployées dans les Nord-Kivu et Sud-Kivu, provinces de l’est de la RDC les plus affectées par les exactions des FDLR.

    Jeune afrique

  • le recensement voulu par Kabila fait planer le doute sur la présidentielle

    le recensement voulu par Kabila fait planer le doute sur la présidentielle

    jkabila_parlement_-L’annonce surprise d’un recensement de la population en 2015 en République démocratique du Congo (RDC) suscite les craintes de l’opposition, qui y voit une stratégie du président Joseph Kabila pour retarder l’élection de 2016 et se maintenir au pouvoir.
    Le président Kabila a lancé un pavé dans la mare mercredi soir dans son discours de Nouvel An. “L’année qui s’annonce sera marquée par l’organisation des élections locales, municipales et provinciales ainsi que le démarrage des opérations du recensement de la population”, a-t-il annoncé. “Ces élections serviront d’étalon pour notre démocratie”, a-t-il ajouté.
    Mais pour l’opposition, qui soupçonne de longue date M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de chercher à prolonger son bail, l’annonce d’un recensement n’est qu’un moyen pour faire “glisser” le calendrier électoral, et retarder d’autant la présidentielle de 2016.
    “Inacceptable”, a tonné vendredi Vital Kamerhe, président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), le troisième parti d’opposition. “On ne peut pas conditionner les élections au recensement. C’est une astuce trouvée pour le glissement” des échéances électorales, a déclaré à l’AFP cet ancien proche collaborateur du chef de l’Etat.
    M. Kabila “n’est pas prêt pour respecter le délai de 2016, il va s’éterniser au pouvoir”, accuse Augustin Kabuya, porte-parole adjoint de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le premier parti d’opposition. “Comme ils se sont rendus compte que la communauté internationale ne veut pas entendre parler de révision constitutionnelle, ils mettent en place d’autres stratégies pour dépasser le délai” de 2016, assure-t-il.
    Trois ans pour le recensement ?
    Le 15 décembre devant le Parlement, M. Kabila avait affirmé que le résultat du recensement était “nécessaire pour la bonne fin du processus électoral”, laissant entendre qu’aucune élection ne pourrait avoir lieu avant la fin de cette opération. Or, recenser la population représente une tâche colossale: la RDC est grande comme près de quatre fois la France, et des pans entiers du territoire dans l’est – région très riche en minerais – sont contrôlés par des groupes armés locaux et étrangers, parfois actifs depuis 20 ans.
    Le dernier recensement remonte aux années 1980, avant les longues guerres régionales qui ont déchiré le pays jusqu’en 2003. Le pays compterait aujourd’hui environ 70 millions d’habitants. A la dernière présidentielle en 2011, quelque 32 millions d’électeurs étaient inscrits. L’Office national d’identification de la population (Onip), chargé de mener à bien le recensement, vient tout juste d’être mis en place. Et certains diplomates estiment qu’un tel travail pourrait prendre jusqu’à… trois ans.
    Joseph Kabila est arrivé au pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila. Il avait été élu en 2006 au terme des premières élections démocratiques du pays depuis son indépendance de la Belgique en 1960, puis réélu en 2011 lors d’un scrutin contesté par la communauté internationale et l’opposition. Selon la Constitution actuelle, il ne peut pas briguer un troisième quinquennat.
    Succession
    Si l’option de la révision constitutionnelle, longtemps redoutée par les détracteurs du chef de l’Etat, semble désormais écartée, l’opposition et des analystes estiment qu’il veut gagner du temps en retardant la présidentielle. Mais, parallèlement, la question de la succession de M. Kabila agite de plus en plus les esprits.
    “Rien ne dit qu’il sera candidat”, souligne un diplomate. “Il cherche à préparer le terrain pour le ‘dauphin’, que seul lui peut désigner. D’où la problématique de Katumbi, qui s’est auto-désigné dauphin, avec l’appui de moins en moins discret de Washington”. Figure en vue de la majorité présidentielle, Moïse Katumbi, le gouverneur de la province du Katanga (sud-est), poumon économique du pays, est rentré le 23 décembre au pays, après trois mois passés à l’étranger. Il a été accueilli triomphalement et a prononcé un discours où il semblait s’opposer à un troisième mandat du chef de l’Etat.
    Quant à l’ex-député Vano Kalembe Kiboko, arrêté lundi, il a été inculpé vendredi d’”incitation à la haine tribale” et incarcéré, selon sa défense. Il avait dit son opposition à une révision constitutionnelle. Suggérant à la majorité de penser à choisir un dauphin au président Kabila, il avait proposé Moïse Katumbi.

    Jeuneafrique

  • Niger : renvoi du procès de l’opposant Hama Amadou, accusé de trafic de bébés

    Niger : renvoi du procès de l’opposant Hama Amadou, accusé de trafic de bébés

    niger-Le procès pour trafic de bébés de l’ex-président du Parlement du Niger, devenu le principal opposant au chef de l’Etat Mahamadou Issoufou, a été renvoyé vendredi dès son ouverture en l’absence de l’accusé qui, en fuite, crie au “complot” politique.

    Pour des questions de procédure, le juge du tribunal correctionnel de Niamey a annoncé le renvoi du procès de Hama Amadou, jugé par contumace, et d’une vingtaine d’autres accusés, dont son épouse, qui comparaissaient libres après cinq à six mois de détention. Le juge a annoncé la date du 15 janvier pour la reprise des audiences.

    Mais, quelques heures plus tard, la défense a précisé que la reprise était en fait prévue pour le 30 janvier. “La date du délibéré, c’est bien le 30 janvier, et non le 15 janvier”, a affirmé Me Souley Oumarou, l’avocat de Hama Amadou et de son épouse, ce qu’a confirmé un autre avocat.

    La dizaine d’avocats de la défense ont soulevé des objections, mettant notamment en cause la compétence du juge pénal à juger le dossier sur le fond. Après une interruption de séance, le juge a renvoyé l’affaire au vu “de la qualité des pièces, et des éléments de droit fournis”.

    Supposition d’enfant

    Issus des milieux politiques, économiques ou militaires nigériens, les prévenus sont notamment accusés de “supposition d’enfant” dans le cadre d’un trafic régional. Ce délit, qui consiste à attribuer la maternité d’un enfant à une femme qui ne l’a pas mis au monde, est passible de deux à huit ans de prison. Le présumé trafic est parti du Nigeria, le grand voisin au sud du Niger. Or, a lancé Me Souley Oumarou, “il n’y a pas de victime, il n’y a pas de plaignants, même le Nigeria n’a pas porté plainte”.

    L’épouse de l’ancien patron des députés, Hadiza, avait pris place dans le box des accusés, les yeux dissimulés derrière des lunettes de soleil. A ses côtés, le ministre de l’Agriculture, Abdou Labo, et son épouse, ainsi qu’un colonel d’armée et son épouse. Le palais de justice de la capitale nigérienne avait été placé sous haute surveillance. Tout le périmètre a été bouclé par la police, qui filtrait les entrées pour ce procès qui a pris une dimension politique dans ce pays du Sahel, parmi les plus pauvres du monde.

    Un procès politique ?

    Le climat s’est en effet tendu depuis que Hama Amadou est passé en août 2013 à l’opposition au président Issoufou, dont il avait permis l’accession au pouvoir en avril 2011 grâce à une alliance de second tour. Pour ses partisans, M. Amadou est désormais devenu le principal adversaire du chef de l’Etat pour l’élection présidentielle de 2016.

    L’ancien chef du Parlement, déjà remplacé à la tête de l’institution, avait précipitamment quitté le Niger fin août, après que les députés eurent autorisé son audition par la justice dans l’affaire de trafic de bébés. Un mandat d’arrêt a ensuite été émis à son encontre. Depuis la France où il s’est exilé, M. Amadou n’a de cesse de dénoncer “un complot” du régime et “un dossier politique”. Son parti, le Mouvement démocratique nigérien (Moden), accuse le pouvoir de chercher à “abattre Hama”. Mais la majorité défend fermement le bien-fondé de la procédure judiciaire.

    “Usines à bébés”

    “Fermer les yeux, c’est ça qui aurait été politique”, a répliqué le ministre de la Justice Marou Amadou. Pour lui, “ce dossier est un dossier de droit commun”. L’affaire a en tout cas mis en lumière le phénomène des “usines à bébés”, sortes de cliniques privées accueillant des femmes enceintes avant de vendre leurs bébés. Ces “usines” sont régulièrement démantelées au Nigeria.

    Le “réseau” sur lequel le tribunal correctionnel de Niamey va se pencher dans quelques semaines concerne “des femmes ou leurs époux qui n’arrivent pas à avoir d’enfants et qui ont recours aux trafiquants”, a expliqué à l’AFP une source judiciaire. Selon cette source, une trentaine de bébés, dont des jumeaux, sont concernés par ce trafic entre le Nigeria, où ils ont été conçus par des mères anonymes, le Bénin par où ils transitaient, et le Niger où ils ont été emmenés.

    Jeune Afrique

  • RDC : pas de prolongation de l’ultimatum pour le cantonnement des FDLR

    RDC : pas de prolongation de l’ultimatum pour le cantonnement des FDLR

    fdlr1-L’ultimatum de six mois adressé aux FDLR pour déposer les armes expire ce vendredi. Mais la majorité d’entre eux ne sont pas rendus et Kinshasa refuse catégoriquement que ce délai soit prolongé.

    L’ultimatum adressé aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) prend fin ce vendredi 2 janvier à minuit. Mi-2014, la communauté internationale, Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL) et Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) en tête, leur avait donné six mois pour se rendre, faute de quoi ils s’exposeraient à des représailles armées.

    À quelques heures de la fin de cet ultimatum, le constat est implacable : l’opération de reddition des FDLR n’a pas donné les résultats attendus. Sur environ 1 500 combattants, seulement près de 350 ont déposé les armes, soit moins d’un quart des effectifs de la rébellion. Contacté par Jeune Afrique, Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, n’a pas caché son agacement face à ces chiffres peu élevés. “Nous ne sommes pas du tout satisfaits, a-t-il réagi. Le nombre de reddition n’est pas celui que nous attendions et nos problèmes ne sont pas résolus.”

    Les envoyés spéciaux de l’ONU, de l’UA, de l’UE et des États-Unis dans la région des Grands lacs ont, dans un communiqué, “noté avec inquiétude que les FDLR n’ont pas respecté cette échéance. Au contraire, les FDLR ont utilisé ce délai de grâce de six mois pour continuer à perpétrer des violations des droits de l’homme contre des personnes innocentes dans l’est de la RDC”.

    Sur la même longueur d’ondes que Kinshasa, ils estiment qu’il “n’y a pas d’autre choix que de mettre en œuvre l’option militaire contre tous ceux au sein de ce groupe armé qui refuseraient de rendre les armes volontairement.”

    >> Lire aussi : Le regroupement des FDLR dans l’Est, un vrai casse-tête

    Vers une opération militaire contre les FDLR ?

    Les FDLR commettent depuis vingt ans de graves exactions en toute impunité contre les civils de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et se livrent à de nombreux trafics, notamment d’or et de charbon de bois. En décembre 2013, ils avaient annoncé la fin de leur mouvement armé pour “se consacrer à la lutte politique” dans leur pays, ce que Kigali a toujours catégoriquement refusé.

    >> Lire aussi : Que reste-t-il des FDLR ?

    Selon Lambert Mende, une prolongation de l’ultimatum adressé au FDLR est formellement exclue par Kinshasa et ses partenaires internationaux. Reste à savoir ce que vont devenir les rebelles qui n’ont pas rendu les armes. Refusant de s’exprimer sur la suite des opérations dans les jours à venir, le porte-parole du gouvernement congolais a toutefois affirmé que ce dossier sensible allait désormais être directement géré par l’armée, n’excluant pas, de fait, une offensive militaire. Un plan d’urgence a même été préparé pour protéger les civils, prouvant qu’une telle opération est bel et bien à l’ordre du jour. Celle-ci serait alors menée conjointement par les forces armées congolaises (FARDC) et la brigade d’intervention de la Monusco, la mission de l’ONU en RDC.

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    Benjamin Roger -Jeune Afrique

  • La saisie des comptes de l’hôpital de Panzi inquiète l’opposition

    La saisie des comptes de l’hôpital de Panzi inquiète l’opposition

    HOPITAL-En République démocratique du Congo (RDC), l’hôpital de Panzi est toujours dans le collimateur des services fiscaux. L’hôpital du Docteur Denis Mukwege, qui a reçu le prix Sakharov pour son aide aux victimes de viols et pour son courage politique, a vu ses comptes saisis. Selon les autorités congolaises, cet établissement public n’aurait pas payé l’impôt professionnel sur les rémunérations (IPR). Joint par RFI, le ministre de la Santé explique qu’il s’agit d’un cas de fraude fiscale. De son côté, l’opposant Vital Kamerhe craint que cette décision ait des motivations politiques.
    Le gouvernement congolais accuse l’hôpital de Panzi de fraude fiscale. Cet établissement public aurait engagé du personnel sur la base de contrat de droit privé et de fonds privés et n’aurait pas payé l’impôt professionnel sur les rémunérations pour ses employés. L’opposant Vital Kamerhe, originaire du Sud-Kivu, craint que cette décision ait des motivations politiques liées aux récentes prises de position du Docteur Mukwege contre la réforme de la Constitution. L’opposant dénonce, par ailleurs, une décision qui risque de mettre en péril la vie des patients.
    « Nous sommes inquiets, d’autant plus que c’est le seul hôpital de référence au Sud-Kivu – je dirais même pour le Grand-Kivu – qui soulage et qui soigne les femmes violées. C’est grâce à cet hôpital et au savoir-faire du Docteur Mukwege que ce dernier a obtenu le prix Sakarov. C’est donc, pour nous, une question incompréhensible que ce soit le gouvernement congolais – qui aurait dû soigner ces femmes ; elles sont soignées par la communauté internationale – qui vienne paralyser cet hôpital qui doit payer des impôts. Les comptes sont saisis et les agents ne sont pas payés, vous comprenez que ce sont les malades qui vont en pâtir », a-t-il déclaré. « Nous sommes inquiets et nous demandons au président de la République et au gouvernement de libérer ces comptes de l’hôpital de Panzi. Je pense que quand on n’a pas la même opinion que la majorité au pouvoir, on doit chercher à vous mettre des bâtons dans les roues. Je vois que c’est la personne de Mukwege qui est visée parce qu’il a été trop élevé et félicité au niveau national et international. Autrement, je ne vois pas comment expliquer cela », a conclu l’opposant congolais, Vital Kamerhe.
    « C’est un cas de fraude fiscale »
    Selon Kinshasa, le montant de la fraude s’élève à près de 47 000 dollars en 2012 et 650 000 dollars en 2013, ce qui explique la saisie des comptes de l’hôpital. Pour le moment, Kinshasa n’a pas fourni d’explications sur la différence des montants d’une année sur l’autre. Pour le ministre de la Santé Félix Kabange Numbi, il s’agit d’un cas de fraude fiscale.
    « Ce que j’ai eu comme information, c’est que cette saisie des comptes concerne le non-paiement des IPR de 2012 et 2013. Ainsi, vous comprenez que le délai a été largement dépassé. Il y a eu plusieurs efforts de conciliation par la DGI auprès de l’hôpital qui malheureusement n’ont pas abouti ou bien il y a eu carrément un rejet de l’hôpital et cela a obligé la DGI à prendre une décision d’autorité », a déclaré à RFI, ministre congolais de la Santé.
     
    Félix Kabange Numbi dément, par ailleurs, le fait que cela pourrait être en lien avec les déclarations du Dr Mukwege ou encore ses prises de position politiques. « C’est un cas de fraude fiscale. Même moi, en tant que ministre de la Santé, je ne vais pas cautionner le fait que l’hôpital qui a contractualisé, de manière privée, refuse de pays l’impôt pour ce personnel et qu’on puisse trouver une justification politique. Non. Ce n’est pas une justification valable. Il faudrait qu’on aille sur les faits et les faits sont là. Il faut éviter, lorsque l’on a fauté, d’essayer de trouver des explications sur le plan politique », a conclu le ministre congolais de la Santé Félix Kabange Numbi, qui assure que la continuité des soins sera garantie et que des discussions sont en cours pour permettre à l’hôpital de fonctionner sans argent.
    RFI
  • RDC dans le grand flou de 2015

    RDC dans le grand flou de 2015

    kin overview-Révision constitutionnelle, élections locales, glissement du calendrier électoral, M23, FDLR, massacres à répétions à Beni, économie en croissance mais sans recette… l’année 2015 est pleine de défis et d’incertitudes pour la République démocratique du Congo (RDC).
    La RDC s’engage dans l’année 2015 sans grande visibilité. Sur le plan politique, économique ou sécuritaire, l’année qui vient, continue de rimer avec instabilité. Pourtant, le président Kabila a terminé 2014 avec deux annonces importantes : la formation attendue depuis 13 mois d’un gouvernement de cohésion nationale et la confirmation de la tenue des élections locales, municipales et provinciales pour la fin 2015. Mais ces déclarations ne lèvent pas le voile sur les intentions du président congolais pour 2016, alors que la Constitution actuelle lui interdit de briguer un troisième mandat.
    Politique intérieure : navigation à vue
    Joseph Kabila s’est fait une spécialité : faire une annonce, laisser mariner plusieurs mois, puis prendre enfin sa décision… souvent à contre-temps. C’est le cas du gouvernement de cohésion nationale, une idée lancée après les Concertations nationales dès l’automne 2013, et finalement nommé en décembre 2014. Autant la désignation rapide d’une nouveau gouvernement ouvert à l’opposition aurait pu créer un électrochoc au sortir des Concertations, autant après 13 mois d’attente, l’effet escompté est réduit à néant. Le gouvernement de cohésion nationale n’offre que peu de surprises : le Premier ministre Matata Ponyo est reconduit et l’opposition ne fait qu’une timide entrée, avec pour seule « prise » importante : Thomas Luhaka, l’ancien secrétaire général du MLC de Jean-Pierre Bemba. Joseph Kabila n’a visiblement pas réussi son pari de débauchage de « gros poissons » de l’opposition (d’où le retard de son annonce). Le président congolais n’aura pas élargit sa base politique, mais aura juste renforcé le poids politique de son gouvernement avec l’arrivée remarquée d’Evariste Boshab à l’Intérieur, un poste clé en période de flottement constitutionnel.
     
    Présidentielle 2016 : Kabila fait durer le suspense
    L’interrogation qui agite la classe politique congolaise devrait continuer en 2015 : que fera Kabila en 2016 ? Pour le moment, le président n’a fait aucune déclaration sur son avenir politique d’après 2016. L’opposition craint que Joseph Kabila ne veuille modifier la Constitution qui l’interdit de se représenter pour un troisième mandat. Après la chute de Blaise Compaoré, qui lui aussi voulait modifier la Constitution pour rester dans son fauteuil, le débat est devenu très vif à Kinshasa, poussant la majorité présidentielle à calmer le jeu. Aubin Minaku, le président de l’Assemblée nationale a déclaré, fin décembre au cours de la séance d’ouverture de la session extraordinaire du Parlement, qu’il n’était pas question de réviser la Constitution, « ni d’une quelconque manipulation de la loi électorale aux fins de révision constitutionnelle ou de prolongement de nos différents mandats respectifs ». Le président Kabila n’est pas revenu sur la question lors de son message du 31 décembre, mais a confirmé la tenue d’élections locales en 2015, ainsi que le lancement d’une vaste opération de recensement de la population. C’est sur ce dernier point que l’opposition craint un « glissement du calendrier » pour 2016 qui permettrait au président Kabila de se maintenir au pouvoir sans élection, faute  d’avoir terminé à temps le recensement. La plupart des experts parlent de 2 à 3 ans pour mener à bien cette opération de comptage de la population qui n’avait pas été effectuée depuis 1984.
     
    Elections locales en danger ?
    L’incertitude plane encore sur la tenue des élections locales dont le financement et l’organisation sont loin d’être achevés. Côté finance, une ONG locale, Agir pour des Elections Transparentes et Apaisées (AETA) affirme que les autorités congolaises avaient prévu d’allouer 169 millions de dollars au processus électoral. Or, aujourd’hui, la commission électorale n’a obtenu que 30 millions. Selon l’AETA, « l’organisation des élections n’est techniquement plus possible ». Enfin, l’Aprodec, une association congolaise basée à Bruxelles, dénonce régulièrement les atermoiements de la CENI, notamment en ce qui concerne la fiabilité du fichier électoral. En 2011, de nombreuses irrégularités avaient été relevées au cours des élections présidentielle et législatives. L’Aprodec note que « l’opération de fiabilisation du fichier électoral censée prendre fin le 21 octobre 2014 est toujours en cours ». Par ailleurs, l’audit externe qui devait débuter le 1er octobre 2014 «n’a toujours pas commencé » selon l’association. Ces élections sont les plus coûteuses à mettre en place et l’opposition craint que ces scrutins « ne se déroulent pas dans de bonnes conditions » et qu’une fois de plus, les résultats « ne soient pas crédibles ».
     
    M23, FDLR, ADF-Nalu : rien n’est réglé
    Sur le plan sécuritaire, l’année 2015 s’annonce également pleine de défis. La victoire en trompe l’oeil de l’armée congolaise, soutenue par la brigade de l’ONU, sur le M23 fin 2013, n’a pas permis de ramener l’entière sécurité à l’Est du pays. Une quarantaine de groupes armés pullulent encore dans la région. Dans la zone de Beni, des tueries à répétition attribuées aux rebelles ougandais des ADF-Nalu ont endeuillé le Nord-Kivu : plus de 300 morts en deux mois. Ni l’armée congolaise, ni les casques bleus de la Monusco ne sont parvenus à assurer la sécurité des civils pendant cette période. Concernant, les anciens rebelles du M23, les amnisties sont tombées au compte-goutte et les rapatriements en RDC restent encore peu nombreux. Kinshasa et les ex-rebelles semblent jouer au chat et à la souris avec les Déclarations de Nairobi, s’accusant mutuellement de faire traîner son application. Bilan : le M23 continue de rester une menace à l’Est et son intégration politique est toujours au point mort. Autre dossier sensible : les FDLR, ces rebelles hutus rwandais qui doivent rapidement désarmer et avec lesquelles le Rwanda refuse toujours tout dialogue politique. La Monusco a donné aux FDLR jusqu’au 2 janvier 2015 pour déposer les armes avant l’emploi de la force. Pour l’heure, seule une centaine de rebelles se sont rendus. Que se passera-t-il le 3 janvier au matin ?
     
    La sécurité intérieure défaillante
    Malgré la victoire sur le M23, l’armée congolaise (FARDC) peine à assurer la sécurité sur l’intégralité du territoire. De faibles progrès ont été réalisés dans l’Est de la RDC. Mais la structure de commandement des FARDC reste toujours aussi peu efficace, secouée par des soupçons de corruption, d’exactions de ses troupes sur les populations civiles et la collusion de ses officiers avec certains groupes armés. L’armée congolaise, « mal payée et mal commandée », reste la règle. L’armée a également été ébranlée par l’assassinat du colonel Mamadou Ndala, le héros de la victoire sur le M23, et la disparition du général Lucien Bahama. On parle de règlement de comptes au sein des FARDC, sur fond de corruption. A Kinshasa, les forces de sécurité n’ont pas pu empêcher deux vagues d’attaques sur des sites stratégiques de la capitale, en décembre 2013 (plus de 100 morts) et en juillet 2014 (8 morts). Des événements inquiétants, qui montrent que la sécurité peine également a être assuré en plein coeur du pouvoir. Au Katanga, riche province minière, les rebelles sécessionnistes des Bakata Katanga, menacent régulièrement la capitale régionale, Lubumbashi et font régner la terreur dans le « triangle de la mort » autour de la ville de Pweto. Kivu, Katanga, Kinshasa : l’insécurité perdure.
     
    L’opposition éclatée, Katumbi en embuscade
    Un certain flou artistique règne au sein de l’opposition. Pour le moment, aucun parti ou leader ne semble prendre l’ascendant sur l’opposition congolaise. L’UDPS d’Etienne Tshisekedi n’arrive pas à tourner la page de son leader historique, 82 ans et malade, qui n’est plus en mesure de diriger le parti, ni de prendre la parole en public. Résultats : les seconds couteaux se déchirent autour du fils, Félix, qui est loin de faire l’unanimité dans le parti. Depuis 2011, l’UDPS n’est plus audible et s’est enfermée dans le jusqu’auboutisme et le culte d’un chef vieillissant. La dernière conférence de presse du parti à Paris, qui semble valider la possibilité d’une transition en RDC, jette encore un peu plus le trouble sur la cohérence de la stratégie du parti. Le MLC s’étiole et perd son secrétaire général, Thomas Lusaka, parti au gouvernement. Le mouvement est toujours dans l’attente d’une hypothétique libération de son chairman, emprisonné à la Cour pénale internationale depuis 2008. La CPI devrait toutefois fixer début 2015 le sort de Jean-Pierre Bemba. Seule l’UNC de Vital Kamerhe surnage dans le marigot de l’opposition. L’ancien bras droit du président congolais, peine pourtant à se débarrasser de son image « d’ancien kabiliste », ce qui l’empêche pour le moment de prendre la tête de l’opposition. L’UNC compte bien tirer profit du mauvais état de santé de l’UDPS et du MLC pour débaucher un maximum de cadres et de militants. Mais attention, un nouveau candidat sérieux a pointé son nez fin 2014, de manière plutôt inattendue : Moïse Katumbi, le très populaire gouverneur du Katanga. Riche et célèbre, Katumbi pourrait s’imposer, en nouant des alliances régionales, comme le seul concurrent sérieux face à Joseph Kabila.
     
    Economie : croissance en hausse, recettes en baisse
    Les bons chiffres de la croissance (9%) et de l’inflation (2%) ne doivent pas faire oublier, la triste réalité de l’économie congolaise : pauvreté généralisée, corruption à tous les étages et non redistribution des richesses. Le Fond monétaire international (FMI) pointe dans son dernier rapport « une forte dépendance du secteur minier » qui rend l’économie congolaise «vulnérable à la volatilité des prix des matières premières ». Le principal risque pour la RDC serait une baisse des prix du cuivre et du cobalt, « des métaux représentant environ 98% des exportations de biens et 44% du PIB nominal ». Mais la mauvaise nouvelle vient des recettes fiscales, en baisse. D’après le FMI, « la performance de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) demeure plus faible que prévu ». En cause selon les experts :  «l’absence de contrôles ». Le manque de recettes est également pointée par le PMI. « Il faut accélérer la mobilisation  des recettes afin de répondre aux besoins de développement de la RDC ». Les potentiels du pays sont importants, mais l’argent ne rentre pas dans les caisses du Congo. En économie, comme en politique intérieure ou dans le domaine sécuritaire, la RDC semble naviguer dans le brouillard, par faute de ce que l’on appelle par facilité, la « bonne gouvernance » et par l’absence de clarification de Joseph Kabila sur son avenir politique. Car, plutôt que de créer un gouvernement de cohésion nationale, Joseph Kabila aurait été mieux inspiré de déclarer devant le Parlement ou à la télévision ses intentions pour 2016.
    Christophe RIGAUD – Afrikarabia
  • «Aux héros de l’Armée noire» de Reims: 90 ans d’histoire(s)

    «Aux héros de l’Armée noire» de Reims: 90 ans d’histoire(s)

    Armée Noire-Construit à Reims en 1924 pour rendre hommage aux tirailleurs sénégalais, démonté en 1940 par l’armée allemande, le monument « Aux héros de l’Armée noire » – ou du moins sa réplique – a finalement été réinstallée en novembre 2013 dans la capitale champenoise. Retour sur une saga où l’argent, la justice et la politique se heurtent à l’histoire.

    1924 – La Grande Guerre a pris fin six ans plus tôt. A Bamako, un monument est inauguré le 3 janvier à la gloire des combattants africains de l’armée française. Baptisé « Aux héros de l’Armée noire », il est l’œuvre du sculpteur Paul Moreau-Vauthier et doit son édification au comité présidé par le général de division Archinard, ancien commandant supérieur du Soudan français. Cette sculpture imposante représente quatre soldats noirs le corps penché vers l’avant encadrant un militaire blanc qui brandit le drapeau tricolore.

    Un deuxième exemplaire est inauguré à Reims en juillet de la même année. « La défense de Reims et l’un des faits de gloire des tirailleurs africains », indique le général à la retraite Jean-Marie Lemoine, ancien président de l’AMAN (Association pour la mémoire de l’Armée noire). « Ces monuments jumeaux sont le symbole de l’amitié franco-africaine, née des souffrances partagées dans les tranchées », analyse le général.

    Disparition

    1940 – L’armée du Reich fond sur la France. Reims, qui avait résisté à l’offensive vingt-deux ans plus tôt, est conquise. Le monument « Aux héros de l’Armée noire » est démonté par les soldats allemands, embarqué à bord d’un train – des photos prises par un agent SNCF en témoignent – et envoyé vers une destination inconnue.

    Sur ce vol, les interprétations divergent. Certains évoquent une volonté d’effacer les souvenirs de la Grande Guerre lorsque les tirailleurs faisaient des chapelets d’oreilles prélevées aux combattants ennemis pour prouver à la France qu’ils avaient bien travaillé. D’autres avancent un besoin en matière première et la possibilité de faire fondre le bronze de la statue, ou encore le souhait d’Hitler d’organiser en Allemagne une exposition sur la dégénérescence de la France que le monument aurait pu illustrer. « En 1940, les Allemands considèrent les Noirs de l’armée française de la même façon qu’en 1917 : ils les voient comme des sous-hommes, ils ne les reconnaissent pas comme des soldats », rappelle le général Lemoine.

    Au lendemain de la Première Guerre, la présence de tirailleurs dans les rangs français avait rendu pour l’Allemagne la défaite encore plus cinglante. Une propagande nauséabonde, « die schwarze Schande » (« la Honte noire ») avait été développée. En 1940, pendant la débâcle française, les combattants faits prisonniers par les soldats du Reich sont parfois séparés en deux groupes. D’un côté les Blancs, de l’autre les Noirs, qui sont massacrés. On estime à 3 000 le nombre de soldats africains tombés ainsi sous les balles allemandes. L’un des exemples les plus marquants est celui du bois d’Eraine en juin 1940 où plusieurs dizaines de tirailleurs sont exécutés.

    Les années passent. A Reims, le socle sur lequel reposait la statue en bronze reste désespérément vide. Il faut attendre 1963 pour qu’un nouveau monument, en partie financé par l’Allemagne, voie le jour. C’est une sculpture sobre, composée de deux colonnes de pierre réunies en une flèche pointée vers le ciel. Seule la mention « La France et la Ville de Reims aux soldats africains tombés pour la défense de la liberté » gravée à ses pieds rappelle le sacrifice des tirailleurs. L’année précédente, la réconciliation franco-allemande a été officialisée par une rencontre, à Reims, entre le général de Gaulle et le chancelier Adenauer.

    Une reconstruction difficile

    2009 – Dans le cadre de la Francophonie, il est décidé de la création d’une association, l’AMAN. Elle a pour mission « l’approfondissement de l’histoire et le développement de la mémoire des troupes coloniales d’origine sub-sahélienne » et « notamment la réalisation de la statue dédiée aux ‘Héros de l’Armée noire’ ». Cette entreprise est menée en partenariat avec la Ville de Reims dont la maire PS de l’époque, Adeline Hazan, en avait fait l’un des thèmes de sa campagne électorale. Prévue initialement pour les célébrations du 90e anniversaire de l’armistice du 11-Novembre, la reconstruction est repoussée à 2010.

    Mais sa mise en œuvre se heurte à de nombreux écueils. Ils sont d’abord financiers. Dans un article publié sur RFI en 2010, Eric Deroo, président de l’honneur de l’AMAN, évalue le coût de la reconstruction « de 700 000 à 1 million d’euros ». Ce sont aussi des dissensions au sein même de l’AMAN. Le général Jean-Marie Lemoine, élu en 2012 à la tête de l’association pour relancer le projet, mentionne ainsi des « rivalités » internes. Ce sont enfin des écueils judiciaires. La réalisation du monument, sur le modèle de celui de Bamako, a été confiée à Jean-François Gavoty. La Ville de Reims est alors confrontée à deux plaintes, l’une au pénal déposée par un candidat à l’appel d’offre qui l’accuse de favoritisme, l’autre par l’association de protection de l’œuvre de Moreau-Vauthier contre Jean-François Gavoty, qui estime que la copie dénature l’ouvrage original.

    Aujourd’hui à la mairie – passée à droite en mars dernier –, on se dit « désolé » par ces procédures qui retardent l’inauguration du monument. « On attend de connaître la décision de justice. On ne peut pas inaugurer une sculpture au centre d’une affaire pour contrefaçon », explique ainsi Pascal Labelle, adjoint à la Culture. Réinstallée à Reims le 8 novembre 2013, la statue « Aux Héros de l’Armée noire » a été placée provisoirement dans un parc de la ville. Pour son inauguration, la Ville souhaiterait inviter les pays qui ont participé à la « force noire ». Mais pour l’heure, on attend.

    RFI

  • RD Congo : tout ce qui brille n’est pas or

    RD Congo : tout ce qui brille n’est pas or

    Kinshasa-Un cadre économique solide, une croissance élevée, des comptes assainis… Beaucoup d’indicateurs sont au vert. Mais pour les Congolais, la réalité est moins rose.

    Si riche, et pourtant si pauvre ! C’est tout le paradoxe de la RD Congo qui, depuis ces dernières années, affiche un taux de croissance parmi les plus élevés du continent, en même temps que l’un des indices de développement humain (IDH) les plus faibles au monde – elle se place en avant-dernière position, juste devant le Niger.

    “Le pays est confronté à un défi majeur : mettre son économie au service de sa population”, résume la note de conjoncture publiée par la Banque africaine de développement (BAD) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) au premier semestre 2014.

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    En visite à Kinshasa en juin, les experts du Fonds monétaire international (FMI) ont ainsi estimé que la RD Congo bénéficiait désormais d’un cadre macroéconomique “solide”, même si ses habitants n’en ressentent pas les effets dans leur vie quotidienne et que la croissance devrait s’essouffler.

    Alors que l’on table sur + 8,7 % pour 2014, elle devrait perdre 0,2 point l’an prochain, repasser sous la barre des 8 % en 2016 et au-dessous des 7 % à l’horizon 2019 – ce qui n’en demeure pas moins un excellent résultat.

    >>>> RD Congo : la production d’or pourrait tripler en 2014

    Menace

    “Si les indicateurs sont bons depuis 2010, c’est essentiellement grâce aux investissements réalisés dans le secteur minier. Tout dépend donc de la demande internationale en minerais : un repli de cette dernière pourrait entraîner une baisse des investissements directs étrangers [IDE], explique un économiste du FMI. Par ailleurs, une possible résurgence des conflits dans l’est du pays continue de faire peser une menace sur les finances publiques et le climat des affaires.”

    Ces deux dernières années, le gouvernement a tout de même sérieusement assaini les comptes de l’État et amélioré l’environnement des affaires. Le déficit budgétaire a été ramené à 1 %, et les dépenses ont été réorientées pour mieux répondre aux impératifs de reconstruction du pays (routes, électrification…) – ce qui, au passage, a permis au secteur du BTP de contribuer fortement à la croissance économique du pays.

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    Bouchées doubles

    Les pouvoirs publics s’attaquent dorénavant à la dédollarisation de l’économie : une phase essentielle pour lutter contre l’inflation, toujours douloureuse pour des populations déjà fragilisées.

    Après avoir atteint 23 % en 2010, le taux d’inflation se maintient enfin à moins de 1 % depuis 2013. Mais si les spéculations attendues sur le prix du ciment se confirment, il pourrait déraper à nouveau et grimper à plus de 4 % en 2015. Afin de consolider les finances publiques, d’importantes mesures ont également été prises pour élargir l’assiette fiscale et améliorer les recettes de l’État, notamment dans le secteur des industries extractives.

    Plusieurs niches et exonérations ont été supprimées depuis l’an dernier. Et le gouvernement a aussi mis les bouchées doubles pour simplifier la vie des opérateurs économiques, en faisant disparaître quelque 245 taxes et en créant un guichet unique, ce qui réduit le délai de création d’une entreprise de cinquante-huit jours à trois jours.

    >>>> Lire aussi – RD Congo : le ras-le-bol fiscal des patrons

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    Urgence

    En dépit de toutes ces avancées, la RD Congo ne décolle pas des profondeurs du classement “Doing Business 2015” de la Banque mondiale.

    En cause : la fraude et la corruption, ainsi que des problèmes récurrents dans l’octroi des permis de construire ou dans le recouvrement des taxes et impôts. Toutefois, le train de réformes engagées lui a permis de se hisser cette année au 47e rang de l’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG), sur 52 pays classés – elle gagne ainsi 4 places par rapport à 2013.

    Enfin, la situation sécuritaire dans l’Est a contribué à faire chuter les IDE à 2,1 milliards de dollars (environ 1,7 milliard d’euros) l’an dernier, soit une baisse de 36 % par rapport à 2012. Concentrés principalement dans le secteur minier, ces investissements s’orientent désormais vers les hydrocarbures (en plein développement depuis 2012) et, de plus en plus, vers les infrastructures énergétiques et routières ainsi que l’agriculture.

    Inscrite au rang des priorités, la relance des activités agropastorales, qui emploient les trois quarts de la population active, est l’un des principaux leviers pour résoudre les problèmes d’emploi et de pauvreté. Une urgence, alors qu’un Congolais sur deux est au chômage et que plus de 85 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, avec moins de 1,25 dollar par jour.

    JA

  • Vœux: les promesses des chefs d’Etat africains pour 2015

    Vœux: les promesses des chefs d’Etat africains pour 2015

    ??????????????????????????????????????????????????????????????????????-Les chefs d’Etat africains ont présenté leurs traditionnels vœux du Nouvel an, le 31 décembre 2014. Election présidentielle au Burkina Faso, élections locales, municipales et provinciales en RDC, loi contre le terrorisme au Cameroun, réforme constitutionnelle au Togo ou encore dialogue avec l’opposition au Gabon, retrouvez leurs principales déclarations.

    • Burkina Faso : des élections présidentielles pour octobre 2015

    Après les échanges avec la commission électorale, le président de la transition Michel Kafando prévoit l’organisation des élections présidentielles pour octobre 2015. « Nos différentes rencontres avec la Céni (Commission électorale nationale indépendante), ces derniers jours, permettent d’envisager des projections qui rendent possible le scrutin dès le début du mois d’octobre 2015 », a-t-il déclaré dans ses voeux à la nation, mercredi 31 décembre.

    Le président a également décidé de lever la mesure de suspension du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ancien parti présidentiel, et de l’ADF/RDA (Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain), qui était, sous l’ancien régime, la troisième force politique du pays. Le gouvernement reprochait à ces partis une « activité incompatible avec la loi ». « J’ai décidé, par mesure de clémence, de lever la suspension à l’encontre des partis politiques, frappés par cette décision. Mais je tiens à les avertir que la transition n’aura pas d’état d’âme s’il advenait que ces mêmes formations politiques s’adonnent à un activisme débordant, au point de menacer la sécurité de l’Etat. »

    Enfin, « l’Etat a décidé de donner des moyens à la famille du président Thomas Sankara pour procéder aux travaux de prospection de sa tombe. On n’attend donc plus que la réaction de la famille du défunt », a annoncé Michel Kafando. Le capitaine Thomas Sankara, le père de la révolution burkinabè, a été tué lors du coup d’Etat qui a porté Blaise Compaoré au pouvoir en 1987. Thomas Sankara aurait été inhumé au cimetière de Dagnoën dans le quartier Est de Ouagadougou, mais sa famille et ses nombreux partisans doutent que son corps s’y trouve réellement.

    • RDC : des élections locales, municipales et provinciales en 2015

    Dans son message des vœux, le président Joseph Kabila a annoncé l’organisation en 2015 des élections locales, municipales et provinciales ainsi que le démarrage du recensement général de la population. « L’année qui s’annonce sera marquée par l’organisation des élections locales, municipales et provinciales, ainsi que le démarrage des opérations de recensement de la population », a déclaré le président.

    « Si le recensement de la population est une donnée dont la gestion de l’Etat ne peut faire l’économie, ces élections, quant à elles, serviront d’étalon à notre démocratie. Je vous invite tous à contribuer à leur totale réussite dans un climat apaisé et dans un esprit républicain. Ce défi, comme tous les autres auxquels nous serons confrontés au cours de cette nouvelle année, renforce notre détermination à privilégier en toutes circonstances, les exigences de la cohésion nationale et celles de l’excellence dans tous les domaines. »

    • Gabon : le président se dit prêt à dialoguer avec ses opposants

    Dans son discours à la nation, le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, s’est déclaré prêt à dialoguer avec ses opposants, qui exigent sa démission parce qu’il ne serait pas un Gabonais d’origine, comme le prévoit la constitution du pays.

    Mais attention, s’il a déclaré être ouvert au dialogue, Ali Bongo Ondimba a expliqué qu’un tel dialogue n’était pas possible avec des personnes qui ne respectent ni les institutions de la République, ni ceux qui les incarnent. « Dans notre pays, le dialogue a toujours été privilégié pour surmonter nos divergences et résoudre nos problèmes. Cependant, depuis un certain temps, quelques compatriotes, relayés par quelques médias internationaux, veulent faire croire aujourd’hui, comme ils le faisaient déjà en 2012, que je serai fermé à toute idée de dialogue. Comme je l’ai déjà dit, j’ai été, je suis et resterai un homme de dialogue et d’ouverture. »

    «  Et ceux qui me connaissent bien savent aussi que le président de la République ne peut dialoguer avec des personnes qui ne respectent ni les institutions de la République, ni ceux qui les incarnent. Le président de la République ne peut pas dialoguer avec des personnes qui violent délibérément les lois de la République. Pour dialoguer et agir efficacement, il importe de jeter à la rivière la haine, la vengeance, la violence. »

    • Cameroun : une loi contre le terrorisme qui s’imposait

    A l’occasion de son discours des vœux à la nation, Paul Biya, le président camerounais s’est prononcé pour la première fois sur l’adoption et la promulgation récente d’une loi contre le terrorisme. Cette loi très controversée condamne à la peine de mort toute personne reconnue coupable de fait terroriste. L’opposition et les organisations de la société civile ont dénoncé une loi liberticide qui criminalise les manifestations publiques.

    Mais pour le président camerounais, cette loi s’imposait à l’arsenal juridique du pays, le Cameroun étant sous la menace de la secte islamiste Boko Haram. « La montée des périls à nos frontières nous a amené à prévoir des dispositions concernant les effets que cette menace pourrait représenter pour notre sécurité intérieure. Tel est l’objet de la loi sur la répression du terrorisme, que le Parlement vient d’adopter, à une large majorité. Il ne s’agit aucunement, comme l’ont prétendu certains esprits mal intentionnés, d’en prendre prétexte, pour restreindre les libertés publiques. D’ailleurs, le texte est parfaitement clair à cet égard. »

    « J’ajoute, que devant la multiplication des actes terroristes, la plupart des grands pays démocratiques ont dû, au cours des dernières années, compléter leur législation, dans le sens de la prévention du terrorisme. Ce faisant, ils se conformaient aux recommandations des organisations internationales, notamment les Nations unies et l’Union africaine. C’est ce que nous-mêmes avons jugé bon de faire. »

    • Togo : une commission de réflexion sur la démocratie

    Le débat sur les réformes constitutionnelles bat son plein au Togo. Il s’agit pour l’opposition d’exiger et d’obtenir la limitation des mandats à deux mandats consécutifs et d’organiser les élections à deux tours de scrutin. Après le rejet du projet sur ces réformes en juin par la majorité présidentielle, une autre proposition de loi est sur la table des députés.

    S’adressant aux Togolais pour les habituels vœux du nouvel an, Faure Gnassingbé propose -quelle que soit l’issue du débat- une commission de réflexion composée de personnalités de tous horizons pour réfléchir et proposer dans un bref délai, une réforme en profondeur sur l’ancrage de la démocratie togolaise.

    « Il me parait fondamental de dépasser les contingences immédiate pour ouvrir un vaste champ de réformes politiques en profondeur dans le but de consolider notre ancrage démocratique et le processus de réconciliation nationale, a déclaré Faure Gnassingbé. A cet effet et conformément à la huitième recommandation du rapport de la commission Vérité, justice et réconciliation, qui souligne la nécessité de régler la question des réformes institutionnelles, une commission de réflexion sur les réformes politiques sera mise en place. »

    RFI