Author: Don Kayembe
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Pierre Buyoya : “Comme beaucoup, j’ai été surpris par la manière de faire de François Hollande”
-Le candidat burundais malheureux au poste de secrétaire général de l’OIF félicite sa rivale, la Canadienne Michaëlle Jean, pour sa nomination. Et regrette la division de l’Afrique ainsi que des déclarations “inapropriées” de François Hollande au sommet de Dakar, sur le respect des Constitutions par les présidents africains. Interview.Malgré son passé de putschiste récidiviste, il pouvait se prévaloir de plusieurs atouts pour succéder à Abdou Diouf en tant que secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie. Ancien chef d’État, devenu médiateur pour le compte de l’Union africaine et de l’OIF, de la Centrafrique au Mali, le Burundais Pierre Buyoya bénéficiait en outre du soutien de la quasi-totalité des pays d’Afrique centrale. Mais le refus du président Denis Sassou Nguesso de retirer la candidature de son candidat, Henri Lopes, qui s’était fait “voler” son élection en 2002, lorsque Jacques Chirac avait parachuté Abdou Diouf comme candidat, a sonné le glas de ses ambitions.
Pour Jeune Afrique, il revient sur une élection où sa division a coûté à l’Afrique un poste convoité qui lui semblait pourtant acquis.
Jeune Afrique : Pour la première fois depuis la création de cette fonction, en 1997, le secrétaire général de l’OIF n’est pas africain. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Pierre Buyoya : Je tiens d’abord à féliciter Michaëlle Jean et à lui souhaiter tout le succès possible pour porter l’OIF vers de nouveaux horizons. Pour revenir à votre question, c’est effectivement inédit de voir ce poste échappe à l’Afrique. La raison en est simple : les États africains ne sont pas parvenus à s’accorder sur une candidature unique. C’est une réalité qu’il nous faut bien assumer. Le consensus que nous ne sommes pas parvenus à atteindre s’est donc fait sur la seule candidature non africaine, celle de Mme Jean. Cela étant, la campagne a donné lieu à un débat passionnant entre les différents projets, ce qui a contribué à crédibiliser l’OIF.
Tous ont soutenu ma candidature, à l’exception du président congolais, qui n’a pas souhaité retirer son candidat.
En constatant ce bloquage persistant, avez-vous été tenté de retirer votre propre candidature ?
Non, car la recherche d’un consensus s’est faite de façon méthodique. L’Afrique centrale totalisait trois candidats. Il y a donc eu des concertations préalables pour obtenir des désistements parmi nous. C’est ainsi que le président de la Guinée-Équatoriale a assuré à mon président qu’il était prêt à retirer son candidat. Le jour de l’ouverture du sommet, en marge du déjeuner, une réunion a eu lieu entre les chefs d’État de tous les pays d’Afrique centrale présents à Dakar. Tous ont soutenu ma candidature, à l’exception du président congolais, qui n’a pas souhaité retirer son candidat. Nous étions donc bloqués. Ayant reçu ce soutien, il était difficile à mon président de se désister. C’eût été un manque de respect vis-à-vis de ses pairs.
Étant un ancien chef d’État et ayant œuvré en tant que médiateur dans diverses crises africaines, on vous reconnaissait une stature de secrétaire général en puissance. Les circonstances de votre arrivée au pouvoir, en 1987 et 1996, ont-elles joué contre vous ?
Cela n’a pas été un handicap. La preuve, c’est que les chefs d’État d’Afrique centrale, de même que d’autres en Afrique de l’Ouest ou ailleurs, m’ont soutenu. Si on était passé au vote, je pense que j’aurais bénéficié d’un large soutien parmi les présidents africains. Si j’ai le sentiment que ça n’a pas joué, c’est parce que personne parmi les États membres n’a fait de mon passé un critère rédhibitoire. Au moment de la prise de décision, cette affaire n’a jamais été mise en avant, contrairement à mon expérience. La seule condition posée par la France a été de demander aux États africains de s’entendre. Si tel avait été le cas, les conditions de mon arrivée au pouvoir n’auraient aucunement été un obstacle.
Plusieurs délégations africaines se sont offusquées, dans les coulisses du sommet, de la teneur du discours de François Hollande. Personnellement, qu’en avez-vous pensé ?
Concernant les principes énoncés, je n’ai pas vraiment de critiques à formuler. Mais sur la forme, ce discours m’a surpris. Ni le cadre ni la manière n’était approprié. Ça m’a donné l’impression que ce discours était adressé à une certaine opinion dans son pays, et non pas aux chefs d’État africains. Comme beaucoup, j’ai été surpris par sa manière de faire. De même j’ai été surpris par son interprétation des événements au Burkina Faso. Sans doute ces événements sont-ils arrivés parce qu’il y a eu des manquements, mais il faut se garder de généraliser à l’ensemble du continent. Prétendre que tous ceux qui modifieraient leur Constitution n’ont pas leur place dans l’espace francophone est exagéré. Chaque cas est spécifique.
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Propos recueillis à Dakar par Mehdi Ba- Jeune Afrique
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Francophonie :La Canadienne Michaëlle Jean à la tête de l’OIF: un choix inédit
-La Canadienne d’origine haïtienne Michaëlle Jean a été désignée dimanche 30 novembre pour prendre la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie. Elle occupera son poste de manière effective au 1er janvier 2015. Elle succède à Abdou Diouf, aux commandes de l’institution depuis 12 ans.Avec nos envoyés spéciaux à Dakar,
En choisissant Michaëlle Jean à sa tête, la Francophonie fait un choix inédit à plusieurs titres. D’abord parce que c’est une femme. Ensuite parce qu’elle vient d’Amérique du Nord. Pour la première fois, l’OIF ne va pas être dirigée par un Africain. Ancienne journaliste, canadienne d’origine haïtienne, Michaëlle Jean est âgée de 57 ans. Beaucoup apprécient son empathie, sa facilité à lier des liens avec les communautés, comme lorsqu’elle a partagé du phoque cru avec des Inuits alors qu’elle voyageait dans le nord du Québec.
Un séisme
L’élection aura été laborieuse. Lors du tout dernier huis clos, les visages étaient fermés. Le président ivoirien Alassane Ouattara a même quitté cette réunion. L’OIF échappe donc à l’Afrique. C’est un séisme qui va laisser des traces dans la francophonie, mais aussi dans les relations entre Paris et plusieurs capitales africaines.
Au Canada, les détracteurs de Michaëlle Jean ne lui pardonnent pas d’avoir représenté les intérêts de la reine d’Angleterre en siégeant comme gouverneure générale. Le fait de briguer la plus haute fonction d’une organisation francophone leur semblait plutôt incongru. Ils font aussi valoir que cette quinquagénaire n’a jamais été élue et ne compte donc aucune réalisation concrète.
Au sein de l’OIF, certains ont peu goûté le ton clivant de sa campagne. Michaëlle Jean le dit elle-même : « Je n’ai pas de rapport de complaisance avec les chefs d’État ». Elle veut que la Francophonie soit sur le terrain, qu’elle soit préventive, qu’elle engage des actions pour éviter les conflits. Sans avoir d’expérience de la médiation, sans être introduite de longue date auprès des chefs d’État du monde francophone, elle se sent néanmoins comme une sœur, un produit de l’Afrique par ses origines haïtiennes. Et c’est cela qu’on vient de lui reconnaître.
Difficile consensus
Le consensus n’a pas été évident et le groupe a failli aller jusqu’aux votes. Finalement, il a fallu que les six chefs d’Etat et de gouvernement les plus impliqués dans cette affaire, dont Denis Sassou-Nguesso, le Premier ministre canadien Stephen Harper, François Hollande, Macky Sall, le président du Burundi Pierre Nkurunziza et le président mauricien Kailash Purryag, se concertent pendant plus d’une heure dans une salle à part pour trouver un consensus.
On peut noter que les négociations sur le climat, se sont invitées à Dakar. Le Canada, fort soutien de Michaëlle Jean a été sollicité à plusieurs reprises par la présidence française sur ce thème du réchauffement climatique. Cela a peut être joué dans la négociation. Par ailleurs, c’est un fait, les partisans d’une candidature africaine n’ont pas réussi à trouver la personne idéale. Quant au débat sur le respect des formes constitutionnelles, il a fait grincer des dents. La tâche de la nouvelle secrétaire générale ne sera pas facile.
S’agit-il alors d’une désignation par défaut ? C’est en tout cas comme ça que l’arrivée de Michaëlle Jean est présentée par ceux qui estiment qu’elle n’a pas les épaules de son prédécesseur pour intervenir sur le terrain politique en Afrique. L’ancienne gouverneure générale du Canada succède ainsi au Sénégalais Abdou Diouf, qui se retire après trois mandats à la tête de l’instance internationale qui compte 80 pays membres, dont 23 avec le statut d’observateur.
RFI
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8 entrepreneurs, 1 rêve africain
-Chaque semaine, depuis mardi 4 novembre jusqu’à la fin de l’année et sur toutes les plateformes, la nouvelle série African Dream présente le portrait de huit entrepreneurs provenant de diverses régions d’Afrique qui ont placé et investi leur argent sur le continent africain.
Chacun d’eux a eu un début difficile dans la vie. Mais, tout au long de la série, vous aurez l’occasion d’apprendre qu’il faut parfois prendre des risques pour réaliser un rêve, leurs rêves, et s’ils ont réussi, qu’il est possible pour beaucoup d’autres d’y parvenir.
Cette semaine dans cette série consacrée au rêve africain nous porterons notre attention sur le ghaneen Fred Deegbe.
Sans réelle connaissance du domaine des chaussures, Fred Deegbe, qui était banquier à l’époque, s’est lancé sur le marché des plus grandes marques de chaussures dans le monde.
Peu de temps après, il fait équipe avec un ami et lance en 2011 Heel The World (HTW), une entreprise de fabrication de chaussures haut de gamme basé à Accra, au Ghana.
Un an plus tard Deegbe quitte son travail de banquier pour se consacrer à plein temps à sa nouvelle et ambitieuse entreprise.
Le jeune entrepreneur veut prouver qu’il est possible de fabriquer des chaussures de qualité dans son pays.
Heel The World, qui compte actuellement sept employés à plein temps, dispose d’un site Internet pour la vente en ligne des produits. Il s’appuie aussi beaucoup sur les réseaux sociaux pour le marketing.
Le ghanéen Fred Deegbe, créateur de la marque de chaussure of Heel the world
Le ghanéen Fred Deegbe, créateur de la marque de chaussure of Heel the world
Comment faites-vous pour faire face à la concurrence des produits chinois sur le marché?
La présence de ces produits chinois sur le marché n’a jamais été mon souci.
La principale raison est qu’avant de commencer et dès le début, j’ai basé ma démarche et celle de mon équipe sur les principes suivants :
*La concurrence est toujours bonne, mais elle n’est pas facile à gérer. Donc, je m’assure que mon entreprise dispose toujours de beaux produits afin d’attirer l’attention souhaitée.
* C’est aussi très important de miser davantage sur la qualité que sur la quantité.
* Je consacre aussi beaucoup de temps et d’investissement pour développer une meilleure image de la marque et à la commercialisation de mes produits.
* Traiter les clients comme vos amis : Ceci est crucial dans mon entreprise et je me suis assuré que c’est ancré dans l’esprit des membres de mon équipe afin qu’il y ait une relation de confiance et de loyauté entre les clients et l’entreprise.
Le ghanéen Fred Deegbe, créateur de la marque de chaussure of Heel the world
Le ghanéen Fred Deegbe, créateur de la marque de chaussure of Heel the world
* Utiliser des matériaux acquis localement : Il est important de soutenir l’industrie locale à travers mon entreprise.
* Défendre une cause sociale à travers votre entreprise : En raison d’un taux élevé de chômage chez les jeunes et le manque de formation des entrepreneurs, nous avons une branche qui permet de renforcer la capacité de ceux qui veulent créer leurs entreprises.
Nous animons régulièrement des ateliers et de des conférences dans les universités et dans des entreprises, tels qu’UT Bank.
* Investir dans le bien-être des talents locaux avec un potentiel de classe mondiale.
Nous faisons appel et nous collaborons avec toutes sortes de gens créatifs qui, d’après nous, pourraient faire face à la concurrence mondiale du marché.
Nous offrons des stages aux personnes qui veulent apprendre la fabrication des chaussures sur mesure, ainsi que le métier du cuir.
* Mettre l’accent sur le marketing. Nous commercialisons nos produits principalement par les réseaux sociaux et le bouche à oreille. C’est une entreprise qui a connu une croissance et nous voulons toujours donner à nos clients le meilleur service et des produits exclusifs.
*Etre orientée vers l’exportation : Après avoir connu un succès sur le marché local, mon objectif était de savoir comment commercialiser les produits “Made in Ghana ‘’ à l’étranger.Je l’ai fait avec succès .Cela nécessite un immense contrôle de la qualité et de la perfection
bbc
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OIF : une trentaine de chefs d’État et de gouvernement présents au Sommet de Dakar
-Plus de 30 chefs d’État et de gouvernement sont à Dakar pour le XVè Sommet de la Francophonie, les 29 et 30 novembre. Parmi eux, 19 chefs d’État africains ont fait le déplacement vers la capitale sénégalaise.
Les déclarations d’Abdou Diouf et de François Hollande en avaient fait hésiter certains. Le secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et le président français avaient tous deux insisté, ces dernières semaines, sur le nécessaire respect des constitutions et l’importance de ne pas s’éterniser au pouvoir. Mais au final, très peu de chefs d’Etat africains ont fait le choix de snober le Sommet de Dakar, du 29 au 30 novembre… au risque d’entendre des déclarations qui les agacent.
Au total, 19 chefs d’État africains seront présents. La plupart sont arrivés ce vendredi 28 novembre, comme le président de transition du Burkina Faso, Michel Kafando, qui assistera à son premier grand raout en tant que président. Il doit d’ailleurs s’entretenir en tête-à-tête avec François Hollande samedi dans l’après-midi.
Les chefs d’État concernés par la limite constitutionnelle du nombre de mandats seront présents : le Congolais (Brazzaville) Denis Sassou Nguesso (il soutient la candidature d’Henri Lopes au secrétariat général), son homologue de Kinshasa, Joseph Kabila (président en exercice de la Francophonie pour quelques heures encore), le Béninois Boni Yayi (la Cour consititutionnelle béninoise vient de s’exprimer contre la modification de la Constitution et il a déjà fait savoir qu’il quitterait le pouvoir) ou encore le Burundais Pierre Nkurunziza (qui présente la candidature de Pierre Buyoya). Paul Kagamé, lui, sera représenté par sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, mais cette absence était attendue : le président rwandais goûte peu les sommets de ce genre et entretient un rapport ambigü avec la francophonie.
Le président togolais, Faure Gnassingbé, sera aussi présent et doit également s’entretenir avec François Hollande, tout comme le Camerounais Paul Biya.
Le président mauricien, Kailash Purryag, qui soutient la candidature de Jean-Claude de l’Estrac, est pour sa part arrivé dès jeudi.Parmi les grands absents, on notera celle du Djiboutien Ismaïl Omar Guelleh. La Tunisie, qui est dans l’entre-deux-tours de son élection présidentielle, sera représentée par le chef du gouvernement, Mehdi Jomâa, lequel doit rencontrer François Hollande.
Quant au Liban, il n’a plus de chef d’État. Ce qui n’empêche pas de nombreuses spéculations autour du dernier homme à avoir occupé cette fonction, Michel Sleimane, parfois cité comme possible candidat de dernière minute au poste de secrétaire général depuis qu’il a rencontré François Hollande à l’Élysée, le 27 novembre au soir.
Le suspens autour de l’élection du nouveau secrétaire général est décidément la véritable animation de cette 15è édition de la grand-messe francophone.
Pays membres représentés par leur chef d’État (23) :
Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Congo-Brazzaville, RD Congo, Côte d’Ivoire, France, Gabon, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Madagascar, Mali, Mauritanie, Maurice, Monaco, Niger, Sénégal, Suisse, Tchad, Togo. Le président du Kosovo, non membre de l’OIF, sera aussi présent.
Les membres représentés par leur vice-président (2) :
Comores, Viet-Nam
Pays membres représentés par leur chef de gouvernement (8) :
Belgique, Canada, Djibouti, Egypte, Québec, Nouveau Brunswick, Tunisie, Wallonie
jeuneafrique -

RDC : “C’est un sous-officier de l’armée qui est venu vendre des tenues militaires” aux Casques bleus
-Quarante-huit heures après l’interpellation de six Casques bleus surpris avec des tenues de l’armée congolaise à Goma, le lieutenant-colonel Félix Prosper Basse, porte-parole militaire de la Monusco, a confié vendredi à “Jeune Afrique” les premiers éléments de l’enquête. Interview exclusive.
C’est une affaire embarrassante pour la mission onusienne en RDC. Le 26 novembre, sur la route de l’aéroport de Goma, six pilotes ukrainiens de la Monusco ont été interpellés par les services de sécurité congolais alors qu’ils étaient en possession des tenues militaires de la Garde républicaine (GR, garde présidentielle congolaise).
Une enquête a été ouverte dans la foulée par les autorités provinciales du Nord-Kivu. Et la Monusco s’est déclarée disposée à “coopérer pleinement et de manière responsable” pour faire toute la lumière sur l’affaire. En attendant, le lieutenant-colonel Félix Prosper Basse appelle la population congolaise “au calme et à ne pas céder à la manipulation”. Le porte-parole de la Monusco ne voudrait pas que cet “incident” entame la qualité de la collaboration entre les troupes onusiennes et les Forces armées de la RDC (FARDC) sur le terrain. Il s’est confié, le 28 novembre, à Jeune Afrique.
Jeune Afrique : En sait-on aujourd’hui un peu plus sur ce qui s’est réellement passé le 26 novembre à l’aéroport de Goma ?
Lieutenant-colonel Basse : Ce jour-là, après leur service, des Casques bleus du contingent ukrainien de la Monusco, positionnés à l’aéroport de Goma, repartaient à leur base lorsqu’ils ont rencontré à la sortie un de leurs contacts qui vend des cartes de crédit téléphonique. Ce dernier était chargé en amont de leur apporter des tenues militaires qu’ils voulaient acheter afin de s’en servir, une fois rentrés en Ukraine, pour des parties de chasse, selon leurs déclarations.
Le contact leur a alors présenté un autre individu, habillé en t-shirt jaune, qui portait un sac contenant des tenues militaires, conformément à leur requête. C’est au moment où les six Ukrainiens étaient en train de vérifier le colis dans leur véhicule que deux autres personnes en tenue civile se sont présentées. Des Casques bleus ont été interpellés et conduits aussitôt au quartier général de la 34e région militaire (état-major de l’armée congolaise dans le Nord-Kivu) pour être entendus, particulièrement un parmi les six : celui qui était en contact avec l’intermédiaire.Peut-on considérer, au regard de premiers éléments de l’enquête que vous disposez, qu’il existe bien un “trafic de tenues de l’armée congolaise” dans l’est de la RDC ?
-“Trafic” est un grand mot. Il faut relativiser, car nous sommes en présence d’un acte isolé. Répréhensible certes mais il reste un acte isolé. La Monusco n’a jamais transporté des tenues militaires de l’armée dans ses véhicules.
Tout Casque bleu invité en RDC doit respecter les lois du pays d’accueil.
C’est l’occasion aussi de rappeler qu’au sein de la mission, nous avons une politique de tolérance zéro. Tout Casque bleu invité en RDC doit observer non seulement des règles strictes édictées par la Monusco mais aussi les lois du pays d’accueil. Pour le moment, nous ne pouvons pas de manière péremptoire déclarer qui a raison ou qui a tort. Mais des éléments de l’enquête nous permettront bientôt de savoir avec précision ce qui s’est passé et, au niveau de la hiérarchie de la Monusco, des mesures idoines seront prises dans le cadre de cette affaire.
Mais lorsqu’à Kinshasa certaines voix s’élèvent déjà pour faire le lien entre cette affaire et les tenues de l’armée congolaise que l’on retrouve parfois sur des miliciens qui commettent des exactions dans l’est du pays, que répondez-vous ?
-La Monusco n’est pas impliquée dans un quelconque trafic de tenues militaires.
Je ne commente pas les déclarations des uns et des autres. Mais n’allons pas vite pas besogne. Attendons plutôt que les autorités compétentes de la RDC révèlent les résultats des enquêtes qui sont en train d’être menées, avant de porter un jugement. Mais cela ne fait aucun doute : la Monusco n’est pas impliquée dans un quelconque trafic de tenues militaires. Il n’existe pas non plus un quelconque lien entre l’incident de l’aéroport de Goma et les uniformes de l’armée que l’on retrouve parfois sur des miliciens. D’autant que des tenues militaires que portent des assaillants qui commettent des crimes odieux contre les civils ne sont pas celles de la Garde républicaine (GR) de la RDC.
Mais cet “incident” de l’aéroport de Goma ne risque-t-il pas de porter atteinte à la collaboration sur le terrain entre les troupes congolaises et les forces onusiennes ?
-Je ne pense pas. La collaboration entre l’armée congolaise et la Monusco dure depuis fort longtemps et a déjà donné des résultats positifs. Avec le soutien de la population, les FARDC, appuyées par les Casques bleus, ont défait le M23 et sont parvenus à affaiblir les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF). Il existe aujourd’hui un triangle de confiance entre populations, armée et Monusco qui doit être préservé. C’est un pacte scellé par le sang des innocents civils, des soldats et des Casques bleus qui a été versé ces dernières années pour rétablir la paix dans l’est de la RDC. La collaboration entre les FARDC et la Monusco doit donc être sauvegardée et renforcée pour le bien des populations civiles. Celles-ci ne doivent pas non plus succomber aux tentatives de manipulation des ennemis de la paix qui mènent une campagne de désinformation contre la Monusco.
Que sont devenus les six agents ukrainiens de la Monusco interpellés par les services de sécurité congolais dans le cadre de cette affaire ?
-Ils ont été entendus toute l’après-midi de mercredi (26 novembre) et, ensuite, ils sont retournés à leur base. Entretemps, les investigations se poursuivent. Au final, dans cette affaire, il faut retenir deux choses. La première : le contact qui les a mis en relation avec celui qui devait leur vendre des tenues a disparu dans la nature et la police poursuit ses recherches.
La deuxième chose, que c’est un sous-officier de l’armée congolaise qui est venu pour leur vendre les tenues militaires. Ceux qui sont mêlées dans cette affaire sont donc présents à Goma, hormis celui qui est recherché. Nous espérons que la police va bientôt l’arrêter pour que tous les éléments de l’enquête soient réunis et que la lumière puisse jaillir au grand jour.jeuneafrique
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Afrique: Classement-FIFA – La RDC monte à la 55e position en novembre
-La qualification à la 30e Coupe d’Afrique des Nations-Guinée Équatorial 2015 comme meilleure troisième de tous les sept groupes des éliminatoires fait partie des raisons de la montée de la RDC au classement Fifa du mois de novembre. Elle a quitté la 60e position pour la 55e place.La RDC a grimpé de cinq cases au classement Fifa actualisé le jeudi 27 novembre 2014 à Zurich en Suisse, au siège de l’instance mondiale du football. Le Congo Kinshasa passe de la 60e à la 55e position, ascension résultant sans doute de la qualification des Léopards à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) prévue pour janvier et février en Guinée Équatoriale. La RDC a réussi à se qualifier dans un groupe difficile composé de mondialistes, le Cameroun et la Côte d’Ivoire. L’équipe entraînée par Florent Ibenge n’a certes pas fini parmi les deux places qualificatives, se contentant d’être meilleure troisième de tous les sept groupes des éliminatoires. La RDC est donc 55e rang mondial au classement Fifa pour le mois de novembre, et 12e en Afrique.
Également qualifié pour la 30e CAN, le Congo Brazzaville a gagné trois places pour se retrouver à la 59e position, et 13e en Afrique. L’Algérie (18e rang mondial) garde la première place. Le top 20 en Afrique est constitué de l’Algérie (18e), Tunisie (22e), Côte d’Ivoire (24e), Sénégal (35e), Ghana (37e), Guinée Conakry (38e), Cap-Vert (39e), Cameroun (41e), Nigeria (42e), Mali (49e), Afrique du Sud (51e), RDC (55e), Congo Brazzaville (59e), Égypte (60e), Zambie (62e), Togo (62e), Gabon (64e), Burkina Faso (65e), Libye (76e), Ouganda (78e).
Au niveau mondial, l’Allemagne, championne du monde en titre, est première, suivi d’Argentine, Colombie, Belgique, Pays-Bas, Brésil, Portugal, France, Espagne et l’Uruguay qui boucle le top 10 mondial pour le mois de novembre 2014.
Par Martin Enyimo
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Pour Museveni, l’Ouganda a “de la chance” de l’avoir comme président depuis 28 ans
-Il est l’un des vétérans parmi les chefs d’Etat africains et le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986 et en lice pour l’élection de 2016, en est sûr: “l’Ouganda a de la chance” de l’avoir.Les propos du président, tenus lors d’une rencontre avec des responsables locaux, ont été repris vendredi par le journal Uganda’s Observer.
“L’Ouganda a de la chance de m’avoir. Il est donc inacceptable que quiconque remette en cause l’unité que nous avons construite”, a lancé Yoweri Museveni, qui tente de verrouiller son parti, le Mouvement national de résistance (NRM), divisé sur la question de sa nouvelle candidature à la présidentielle.
Le parti, qui l’a déjà choisi comme candidat, doit tenir un congrès national le 15 décembre à Kampala, capitale de ce petit pays d’Afrique des Grands Lacs. M. Museveni, âgé de 70 ans, le dirige depuis près de 29 ans.
“Je suis un combattant et je n’ai pas passé cinq ans dans le maquis pour rien”, a déclaré M. Museveni, arrivé au pouvoir au terme d’une rébellion contre le régime despotique de Milton Obote.
Il avait alors expliqué que les problèmes de l’Afrique venaient de ses dirigeants qui refusaient de quitter le pouvoir.
Une rivalité oppose Yoweri Museveni à Amama Mbabazi, ancien allié devenu rival, limogé de son poste de Premier ministre en septembre dernier, après avoir été démis de sa charge de secrétaire général du NRM en mars.
M. Mbabazi, 65 ans, ancien compagnon d’armes de M. Museveni durant la rébellion, a indiqué vendredi au journal Daily Monitor qu’il assisterait au congrès du parti en décembre.
Aucune raison officielle n’avait été avancée lors de son limogeage en septembre, mais le quotidien gouvernemental New Vision avait affirmé qu’il payait le fait d’avoir fait campagne au sein du parti contre l’investiture de M. Museveni pour le prochain scrutin présidentiel.
afp
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Goma: dix Casques bleus ukrainiens surpris en possession de 12 tenues FARDC/GR avec pistolets, la Monusco s’explique
-Des pilotes ukrainiens de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco), photographiés en compagnie d’un Congolais en treillis, ont été appréhendés mercredi 26 novembre 2014 à l’aéroport de Goma (Nord-Kivu) en possession de 12 tenues avec pistolets de la Garde républicaine (GR) des Forces armées de la RDC (FARDC).Ils ont été arrêtés par les services de sécurité militaire informés par la police des frontières. « Plus de 10 militaires ukrainiens, reconnus comme des pilotes avec un Congolais qui facilitait ce trafic, ont été conduit par les FARDC à la 34ème Région militaire », rapporte radio Kivu 1.
Citant « plusieurs sources », elle ajoute que « ce trafic était soupçonné depuis longtemps et c’est ce mercredi 26 novembre 2014 que le réseau vient d’être démantelé ».
Audition des prévenus
Le général de brigade et commandant de la 34ème Région militaire, le général Emmanuel Lombe, a commencé à entendre les 10 prévenus ukrainiens et leur complice congolais le même jour.
« L’objectif de ce trafic de tenues de la Garde républicaine n’est pas encore bien explicité mais certains disent que ce réseau collaborait avec des +ennemis+», selon Radio Kivu1 qui rapporte les étapes de la journée du mercredi 26 novembre 2014 en ces termes :
« 13h20 à Goma… Le général Carlos Alberto Dos Santos Cruz de la Monusco arrive à la 34ème Région militaire.
Les informations commencent à sortir de la grande muette…. Quand le trafic a été détecté, les militaires ukrainiens de la Monusco, par leur interprète congolais, ont proposé 5000 USD à la Garde républicaine et les services de sécurité militaire… Ils ont d’abord voulu faire croire que ce paquet de tenues était une ration du pain… Après discussions, le ton est monté et les FARDC se sont imposées, le doit à la gâchette. ..
Le général des forces de la Monusco vient d’arriver dans le bureau du général Emmanuel Lombe (où ces Casques bleus sont interrogés)…..
Santos Cruz a été désarmé avant d’escalader les deux niveaux du bureau… Il était précédé du porte-parole militaire de la Monusco le Colonel Felix Basse…
Les auditions continuent….
15h45 à Goma… Un kit complet de 6 paires avec pistolets
En tout, ce sont 12 tenues avec pistolets qui seraient repérés. Les agents ukrainiens avec leur complice congolais avaient un petit colis qui a révélé que ce trafic ne doit pas être le premier; selon une indiscrétion ».
« Acheter ces uniformes pour les utiliser à la chasse » en Ukraine
« L’officier ukrainien, principal accusé dans cette affaire, a dit aux enquêteurs qu’il voulait acheter ces uniformes pour les utiliser à la chasse à son retour dans son pays. Mais l’enquête déterminera si cette déclaration est exacte ou tronquée », a indiqué à radio Okapi le porte-parole militaire de la Monusco.
Le lieutenant-colonel Prosper Félix Basse, qui a nié « toute implication de la Mission dans un quelconque trafic de ce genre », a cependant déclaré que « l’officier ukrainien incriminé a reconnu avoir cherché à acheter six uniformes de la Garde républicaine congolaise ».
En effet, a-t-il signalé, « nous avons effectivement des soldats de la paix, des Casques bleus ukrainiens qui opèrent au niveau de l’aéroport de Goma au sein de la Force aérienne de la Monusco qui ont voulu acheter des tenues auprès d’un élément de la garde républicaine congolaise ».
« Ils ont pris contact avec l’individu et, à un moment, des agents en civil se sont présentés, les ont interpellés et ils ont été conduits à la 8ème Région militaire pour des investigations approfondies sur la provenance de ces uniformes là et sur les modalités qui ont conduit ces soldats ukrainiens à acheter ces tenues », a dévoilé le porte-parole de la Monusco.
Il a ajouté que « le général commandant de la Gorce de la Monusco, Carlos Alberto Dos Santos Cruz, s’est rendu le même jour au siège de la 8ème Région militaire ».
« La Monusco évolue en RDC dans un cadre tout à fait transparent et les Casques bleus doivent avoir un comportement exempt de tout reproche. Des mesures seront prises à l’issue de l’enquête en cours dans le cadre de la politique de tolérance zéro qui s’applique au personnel des Nations unies concernant certaines pratiques », a souligné le lieutenant-colonel Prosper Félix Basse.
Le Potentiel Online

