Author: Don Kayembe

  • Immigration : coup de force à la Maison Blanche

    Immigration : coup de force à la Maison Blanche

    maison blanche-À deux ans de la fin de son dernier mandat, Barack Obama a entrepris de réformer par décret, en court-circuitant le Congrès, les dispositions réglementant le statut des migrants clandestins. Sacrée bataille en perspective !
    “Nous ne devons pas opprimer le coeur de l’étranger car nous connaissons son coeur. Nous aussi avons été étrangers.” C’est en citant ce verset de l’Évangile que Barack Obama a, le 20 novembre, annoncé une réforme de l’immigration censée protéger de l’expulsion près de 5 millions de sans-papiers – sur les 11 millions que compte le pays.
    Cette réforme, il va être contraint de la conduire par décret (executive order) en raison de la farouche opposition des républicains, majoritaires dans les deux chambres du Congrès. Le projet de loi bipartisan adopté en 2013 par le Sénat n’a en effet jamais été discuté par la Chambre des représentants.
    Et comme, depuis les élections de la mi-mandat, au début de ce mois, le Sénat est contrôlé par le Grand Old Party (GOP), Obama n’avait plus d’autre choix que de passer en force. Comme quoi, même pour un lame duck (“canard boiteux”), comme on surnomme aux États-Unis un président en fin de second (et dernier) mandat, la meilleure défense reste l’attaque.
    En exposant son projet, Obama a joué avec talent sur la corde de l’émotion. Comme souvent, il a su trouver les mots justes : “Allons-nous tolérer plus longtemps un système hypocrite dans lequel les gens qui ramassent les fruits dans nos champs ou qui font nos lits n’ont aucune chance de voir un jour leur situation régularisée ?” Mais sans toujours réussir à éviter la mauvaise foi : “Nous n’expulserons pas massivement, ce n’est pas dans notre nature”, a-t-il prétendu, alors qu’aucun chef de l’exécutif avant lui n’avait autant expulsé : environ 400 000 clandestins par an depuis 2009.

    L’espoir de régularisation dépend du Congrès américain
    Dans le détail, la réforme vise à protéger les immigrés clandestins dont les enfants sont citoyens américains ou résidents permanents aux États-Unis. À l’avenir, ils auront le droit de travailler dans le pays pendant trois ans, à condition d’y vivre depuis au moins cinq ans et de posséder un casier judiciaire vierge. Quatre millions de personnes sont concernées. Aucun espoir, en revanche, de régularisation de leur situation puisque celle-ci est du ressort exclusif du Congrès. Et pas davantage d’accès aux aides sociales et à l’assurance santé mise en place par l’Obamacare.
    Les travailleurs agricoles clandestins ne bénéficieront pour leur part d’aucune protection particulière, la Maison Blanche ayant refusé d’accéder aux demandes des fermiers, qui emploient une main-d’oeuvre latino aussi nombreuse qu’illégale. Les autorités redoutent que d’autres secteurs d’activité comme le high-tech, lui aussi friand d’immigrés, ne demandent une faveur du même genre.
    Les Mexicains devraient être les principaux bénéficiaires du plan Obama : 44 % sont concernés, contre 24 % pour les ressortissants d’autres pays.
    La protection offerte aux dreamers (“rêveurs”), ces jeunes arrivés illégalement aux États-Unis alors qu’ils étaient enfants (Obama leur avait offert en 2012 un sursis à expulsion), va également être étendue. Il ne sera plus nécessaire d’avoir moins de 31 ans pour en bénéficier (un million de personnes sont concernées). Les parents, s’ils sont toujours clandestins, sont en revanche exclus du bénéfice de la réforme. Une cruelle déception pour les dreamers, qui avaient réussi à sensibiliser l’opinion américaine au drame que constitue une expulsion pour une famille. Depuis deux ans, ils interpellent les médias sur ce thème et harcèlent les parlementaires. Ils ont même interrompu à plusieurs reprises des discours d’Obama !
    Autre nouveauté, le programme Secure Communities, qui obligeait les polices locales à placer en détention avant leur expulsion les clandestins arrêtés pour des infractions mineures, excès de vitesse par exemple, va être abrogé. C’était la hantise de toutes les familles comptant un clandestin en leur sein, le moindre trajet en voiture pouvant s’achever par une expulsion. Les polices locales sont désormais priées de se concentrer sur les sans-papiers ayant des antécédents criminels.
    Selon le Pew Center, 56 % des Hispaniques préfèrent vivre et travailler sans crainte d’être expulsés plutôt que d’être un jour régularisés. Les Mexicains devraient être les principaux bénéficiaires du plan Obama : 44 % sont concernés, contre 24 % pour les ressortissants d’autres pays.

    Le coup de force d’Obama
    Même si, tant qu’une loi n’aura pas été votée, la réforme reste provisoire, le coup de force d’Obama sur un sujet aussi explosif fait couler beaucoup d’encre. Nombre de constitutionnalistes dénoncent une extension sans précédent – et illicite – du pouvoir présidentiel. Plusieurs prédécesseurs d’Obama avaient pourtant fait la même chose. En 1986, par exemple, après que le Congrès eut amnistié 3 millions de sans-papiers, Ronald Reagan avait dans la foulée régularisé par décret la situation de 100 000 clandestins. Beaucoup moins, il est vrai, que les 5 millions d’Obama…
    Chez les républicains, c’est un tollé. Une menace d’impeachment a même été agitée. Président de la Chambre des représentants, John Boehner accuse Obama de se comporter en “empereur”, tandis que le sénateur ultraconservateur Ted Cruz, du Texas, citant Cicéron, préfère le comparer à Catilina, ce sénateur qui complota pour renverser le Sénat – celui de Rome, bien sûr. Parfois, pour faire bonne mesure, il voit en lui un simple “trafiquant de faux papiers”. Quant à l’ineffable Michele Bachmann, républicaine du Minnesota et égérie du Tea Party, elle redoute que, grâce à la réforme, les démocrates bénéficient du renfort d’innombrables “électeurs illettrés”.
    Les républicains divisés
    Mais la palme du mauvais goût revient sans doute à un caricaturiste d’Indianapolis. Dans un dessin vite retiré du site internet de son journal, il montrait une famille de sans-papiers pénétrant par la fenêtre dans une maison où une famille blanche s’apprêtait à fêter Thanksgiving (qui tombait cette année le 20 novembre). “Grâce à Obama, disait la légende, nous avons des invités supplémentaires !”
    Reste que les républicains sont beaucoup plus divisés sur la question qu’il n’y paraît. Certains craignent que de telles saillies fassent perdre à leur parti le vote – crucial – des Latinos, en particulier lors de la présidentielle de 2016. Ils ont en tête le précédent Mitt Romney, qui, en 2012, avait invité les sans-papiers à “s’autoexpulser”. Résultat : Obama avait raflé 71 % des suffrages hispaniques. Beaucoup penchent donc pour la ligne modérée incarnée par un John McCain ou un George W. Bush. Gouverneur du New Jersey et favori, parmi d’autres, de la primaire républicaine, Chris Christie est de ceux-là. Alors qu’il n’a d’ordinaire pas sa langue dans sa poche, il n’a fait aucun commentaire sur le plan Obama. Même prudence du côté de Rand Paul, autre candidat sérieux à l’investiture du GOP. D’autres recommandent de reprendre le projet de loi adopté par le Sénat en 2013, qui offrait une régularisation définitive à tous les sans-papiers.
    Les Américains eux-mêmes sont très loin d’être unanimes. À en croire un sondage NBC/Wall Street Journal, 48 % d’entre eux désapprouvent le décret d’Obama, et 38 % l’approuvent. Mais ils sont 57 % à soutenir une régularisation à terme des sans-papiers. Une proportion qui passe à 74 % lorsque celle-ci est conditionnée au paiement des arriérés d’impôts et à l’examen du casier judiciaire, comme le prévoit le Sénat. Barack Obama n’est donc pas infondé à déclarer que les États-Unis “sont et resteront toujours une nation d’immigrants”.
    Combien d’Africains ?
    Combien d’Africains présents illégalement sur le territoire américain bénéficieront-ils du plan Obama ? Difficile à dire, en raison du manque de statistiques fiables. Le Migration Policy Institute estime néanmoins que, sur les 11 millions de sans-papiers que compte le pays, 200 000 seraient originaires d’un pays d’Afrique. En 2007, 25 % des 100 000 Africains admis chaque année à séjourner sur le territoire des États-Unis avaient obtenu l’asile politique, contre seulement 7 % pour l’ensemble des immigrants. En 2010, 25 % des Africains qui avaient pu s’y établir légalement avaient été tirés au sort lors de la fameuse Green Card Lottery, 22 % s’étaient vu octroyer le droit d’asile et 42 % avaient bénéficié du regroupement familial. Selon le Pew Center, 29 % des Africains sans papiers devraient bénéficier du plan Obama. Soit, à la louche, environ 58 000 personnes.
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  • Guinée : Alpha contre Ebola

    Guinée : Alpha contre Ebola

    Alpha Conde-Après avoir semblé minimiser l’ampleur de la crise, le président Condé fait désormais de la lutte contre le virus sa priorité. Assisté du Dr Sakoba Keïta, il est sur tous les fronts.

    C’est un chef d’État qui révèle sa nature de chef de guerre. Face à l’épidémie d’Ebola – dont la Guinée a été le premier foyer d’infection, en décembre 2013 -, Alpha Condé s’implique personnellement. Au palais Sékhoutouréya, véritable QG d’où s’organise une riposte à la fois médicale, sécuritaire et financière, il s’active tous azimuts pour coordonner les efforts, s’efforçant de maintenir un contact quasi permanent avec le terrain.

    >> Lire aussi : Liberia, Guinée, Sierra Leone : où en est la lutte contre Ebola

    Il peut compter pour cela sur Sakoba Keïta, brillant médecin formé à La Havane (Cuba), qu’il a nommé coordinateur national de la lutte contre Ebola le 4 septembre. Les deux hommes se parlent plusieurs fois par jour. Condé veut tout savoir, de l’évolution des soins à l’acheminement du matériel, en passant par l’état du personnel de santé. À toute heure du jour ou de la nuit, le Dr Keïta se tient prêt à répondre à ses questions.

    “Je pense à Ebola en me rasant, en mangeant, en dormant”, confie Alpha Condé au New York Times. Quitte à utiliser, dans cette contre-offensive, des méthodes musclées à l’encontre des Guinéens réticents à se faire soigner. “Nous allons utiliser la force, parce qu’on n’acceptera pas que la maladie se propage”, a-t-il scandé à Conakry le 26 novembre, avant-veille de la visite de son homologue français. François Hollande a promis 100 millions d’euros pour la lutte contre Ebola en Guinée, où le virus a fait 1 200 morts en moins d’un an.

    “De quoi avons-nous besoin ? Je me battrai pour l’obtenir”, aime-t-il à répéter à ses collaborateurs. Cette crise, Alpha Condé en a pourtant longtemps minimisé l’ampleur. En avril dernier, il prétendait que l’épidémie était “bien maîtrisée”. Au grand dam des organisations humanitaires, qu’il n’a pas manqué de vilipender. Aujourd’hui, il est en première ligne. Le président tient à vérifier le moindre détail et à coordonner lui-même l’aide financière et les plans d’action sanitaire, allant jusqu’à surveiller que les ambulances aient accès aux villages reculés. “Tant que cela concerne la Guinée, c’est moi qui décide”, a-t-il coutume de dire.

    Devant ses proches, Condé se montre critique à l’égard de Macky Sall et Alassane Ouattara, ses pairs sénégalais et ivoirien, qui ont décidé unilatéralement de fermer leurs frontières en août. L’éradication d’Ebola est enfin devenue sa priorité. Et il veut démontrer que la Guinée peut remporter la bataille.

    Jeune Afrique

  • RDC:L’UE maintient son aide la reforme de la police

    RDC:L’UE maintient son aide la reforme de la police

    Police-Congolais1-L’Union européenne (UE) a annoncé mercredi qu’elle maintenait son aide à la réforme de la police en République démocratique du Congo (RDC), en dépit des graves bavures ayant terni l’action des forces de l’ordre à Kinshasa.
    “L’Union européenne maintient sa coopération destinée à favoriser la mise en place d’une police républicaine, professionnelle et (. . . ) respectueuse des droits de l’Homme”, a déclaré l’ambassadeur de l’UE en RDC, Jean-Michel Dumond, lors d’une conférence de presse à Kinshasa.
    L’UE, a-t-il justifié, ne soutient “aucune formation qui ait des répercussions en particulier en matière de maintien de l’ordre”. L’aide européenne à la réforme de la police congolaise (11 millions d’euros pour 2010-2016) est tournée notamment vers des projets de construction de bâtiments et de formation des policiers à l’entretien et à la gestion de ces structures.
    Selon un rapport de l’ONU publié en octobre, au moins 41 personnes ont été tuées ou ont disparu du fait de l’action de policiers lors de l’opération Likofi (“Coup de poing” en lingala), grand coup de filet contre la délinquance armée mené à Kinshasa de novembre 2013 à février 2014.
    En réponse à ce rapport, le gouvernement congolais a expulsé le chef du bureau des droits de l?Homme de l’ONU à Kinshasa, Scott Campbell.
    Le mois suivant, l’ONG américaine Human Rights Watch chiffrait le bilan des violences policières de Likofi à plus de 80 morts et disparus. Kinshasa a alors crié au “lynchage médiatique”, avant de faire part de la volonté des autorités de continuer d’enquêter pour s’assurer qu’aucune bavure policière commise pendant l’opération ne reste impunie.
    L’UE s’attend à ce que l’enquête soit menée avec “diligence” et que les policiers coupables soient punis “quel que soit” leur rang, a dit M. Dumond.
    La France, elle, maintient la quasi-totalité de ses programmes d’aide à la police. “La seule action que nous avons prise immédiatement (. . . ) est de reporter l’opération de formation de la (police antiémeutes), qui était programmée pour cette semaine”, a déclaré à la presse Luc Hallade, son ambassadeur à Kinshasa, à propos d’une instruction que devaient dispenser des CRS à une trentaine de personnes.
    Selon une source proche du dossier, cette décision a été prise du fait de “l’absence de réponse satisfaisante du gouvernement congolais au rapport de l’ONU sur l’opération Likofi”.
    La France reste engagée dans ses autres programmes de formation policière en RDC, notamment à la police judiciaire et administrative.
    A l’inverse, la Grande-Bretagne a suspendu tout son programme d’aide à la réforme de la police, dont elle est l’un des principaux bailleurs, après l’expulsion de M. Campbell.
    Selon un diplomate américain à Kinshasa, les Etats-Unis ont “suspendu certains programmes d’entraînement (de la police congolaise) dans la région de Kinshasa dans l’attente de clarifications du gouvernement congolais sur l’opération Likofi”.

    Jeuneafrique.

  • Insécurité grandissante à Rutshuru.

    Insécurité grandissante à Rutshuru.

    fardc-goma-L’insécurité bat son plein dans le Territoire de Rutshuru. En date du 29/11/2014, deux personnes ont été kidnappées sur le tronçon Rutshuru centre – Bunagana. Il paraîtrait que ce groupe qui kidnappe les gens à Rutshuru a érigé son Quartier Général à Rutshuru juste sur le tronçon Rutshuru Centre-Rwanguba à un endroit appelé Gasha, tout près de la société électrique locale appelée MONDO GUSTO. Le chef de ce groupe est bel bien connu par la population. Il s’appellerait Emmanuel Biriko communément appelé «Manoti ».

     

    La population de Rutshuru demande au Gouvernement Provincial et ou au Gouvernement Central de Kinshasa de leur venir en aide et déloger ces criminels dont leur adresse est connue.

     

    La population déplore aussi la négligence qu’affiche la MONUSCO à Rutshuru. En effet, le Quartier Général de ces criminels qui sabotent la PAIX à Rutshuru se trouve à 3km de celui de la MONUSCO. Pour ceux qui connaissent bien Rutshuru, le Quartier Général de la MONUSCO se trouve localisé à Kiwanja. Malheureusement, selon la population locale, la MONUSCO n’intervient pas du tout pour protéger cette population. Les criminels attaquent et tuent des gens presque chaque jour, mais la MONUSCO n’en dit absolument rien et ne réagit même pas. La population de Rutshuru se demande si la MONUSCO a encore et toujours la mission d’observation et non d’intervention.

     

    Pour le moment il paraîtrait que les femmes ne vont plus aux champs de peur de revivre encore les tragédies anciennes de kidnapping, viol, mutilation de leurs sexes, fusillées, tuées ou brûlées vives. Quand les hommes et les femmes ont chacun peur de sortir de la maison, qui nourrira qui, qui prendra soin de la famille?

     

    A Nyamilima, la situation est catastrophe, les gens meurent chaque jour. Ce qui est incompréhensible est que la population dit que l’insécurité à Nyamilima est causée par un conflit entre les Nandais qu’on dit affiliés au FDRL et les Banyabwisha autochtones qu’on dit aussi affiliés aux Mai-Mai. Donc parmi les Nandais et les Banyabwisha les uns accusent les autres d’appartenir à tel ou tel groupe clandestinement armé (FDLR et Mai-Mai). Et dans ce conflit semble-t’il, si c’est un Nandais qui meurt, c’est la pagaille au sein de la population partout dans Nyamilima. La population demande alors d’être sécurisée par l’Etat Congolais. A suivre

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    Godé Chiri Haguma

    Criminologue et Economiste

  • RDC : une société malade de ses politiciens et de son élite

    RDC : une société malade de ses politiciens et de son élite

    Les Parlemenataires Congolais en plein debat pour adoption
    Les Parlemenataires Congolais en plein debat pour adoption

    -Freddy Matungulu Mbuyamu Ilankir a été ministre de l’Économie, des Finances, et du Budget de la République démocratique du Congo (avril 2001-février 2003).

    J’accuse et je crie ma révolte, au nom de tous les congolais de la majorité silencieuse; de ces compatriotes méritants, indignés et déçus, qui ne comprennent plus ce qui se passe chez nous en République démocratique du Congo et sont à la recherche légitime de nouvelles façons d’être, d’agir, et d’exister. Tous ces nombreux congolais du nord au sud, de l’est à l’ouest, ceux de l’intérieur et ceux de l’extérieur, qui pensent que la dignité, l’excellence et la démocratie peuvent aussi être congolais. Ma révolte entend honorer la mémoire de toutes les victimes de la tragédie congolaise, de même que la bravoure de ces compatriotes de grande référence, d’hier et d’aujourd’hui, qui ont excellé dans leurs domaines professionnels ou ont dit non à la compromission pour que vive la nation congolaise de Kasumbalesa à Gbadolite, et de Boma à Aru, en passant par Kinshasa et Goma.

    La société congolaise est malade ; malade de ses politiciens, malade de son élite, malade de ses antivaleurs. Le Congo plus beau qu’avant dont nous rêvons devient chaque jour plus lointain qu’avant. Je dénonce notre société si avariée qui ne crée finalement plus que de la corruption, de la méfiance, de l’hostilité mutuelle et de la misère. Je dénonce la destruction de notre nation par ceux qui transforment l’homme congolais en être passif, malléable et corvéable à souhait, privé du sentiment d’avoir de la valeur.

    Après chaque victoire décisive sur l’ennemi, les plus vaillants de nos officiers militaires, nos héros, sont systématiquement et impunément éliminés, fauchés comme de l’herbe inutile. Au nom de tous les sans voix, je dénonce ces forfaitures !

    Je dénonce ce débat faux et anachronique sur la révision et le référendum constitutionnels

    Je dénonce cette ‘’élite’’ intellectuelle et politique qui affectionne les titres d’Honorable et d’Excellence, mais qui chaque jour se déshonore en excellant dans toutes les vilénies, absolument toutes, pour parvenir au sommet d’une hiérarchie sociale devenue nauséabonde ou s’y maintenir à tout prix, en entretenant la détresse et la déshumanisation de notre société désemparée.

    Je dénonce ces dirigeants politiques qui, après avoir exclu le peuple du processus de désignation de ses représentants, mettent toute leur énergie à vanter une croissance économique sans pain pour l’homme de la rue, dont ils sont en réalité les seuls vrais bénéficiaires visibles.

    Je dénonce ce débat faux et anachronique sur la révision et le référendum constitutionnels ; référendum que leurs Excellences n’auraient jamais osé envisager si le principe d’un scrutin transparent et équitable était acquis.

    J’appelle la majorité silencieuse de notre peuple et l’ensemble de la communauté internationale au nécessaire sursaut en faveur de la République. À la jeunesse congolaise, à juste titre si frustrée, je rappelle que, comme l’a démontré celle du Burkina Faso, chaque génération a le choix entre trahir et accomplir sa mission, et que si celui qui lutte peut perdre, celui qui ne lutte pas a déjà tout perdu !

    En tant que peuple, nous, congolais, avons la responsabilité collective de forger le chemin qui nous mènera à ce Congo plus beau qu’avant,  pourvoyeur d’harmonie et de prospérité pour la majorité désireuse de travailler dans le respect des lois de la République. Ce chemin ne nous sera pas donné. Notre devoir sacré est de le tailler, au besoin dans la pierre, en  levant nos fronts longtemps courbés !
    Jeuneafrique

  • Pierre Buyoya : “Comme beaucoup, j’ai été surpris par la manière de faire de François Hollande”

    Pierre Buyoya : “Comme beaucoup, j’ai été surpris par la manière de faire de François Hollande”

    buyoya-Le candidat burundais malheureux au poste de secrétaire général de l’OIF félicite sa rivale, la Canadienne Michaëlle Jean, pour sa nomination. Et regrette la division de l’Afrique ainsi que des déclarations “inapropriées” de François Hollande au sommet de Dakar, sur le respect des Constitutions par les présidents africains. Interview.

    Malgré son passé de putschiste récidiviste, il pouvait se prévaloir de plusieurs atouts pour succéder à Abdou Diouf en tant que secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie. Ancien chef d’État, devenu médiateur pour le compte de l’Union africaine et de l’OIF, de la Centrafrique au Mali, le Burundais Pierre Buyoya bénéficiait en outre du soutien de la quasi-totalité des pays d’Afrique centrale. Mais le refus du président Denis Sassou Nguesso de retirer la candidature de son candidat, Henri Lopes, qui s’était fait “voler” son élection en 2002, lorsque Jacques Chirac avait parachuté Abdou Diouf comme candidat, a sonné le glas de ses ambitions.

    Pour Jeune Afrique, il revient sur une élection où sa division a coûté à l’Afrique un poste convoité qui lui semblait pourtant acquis.

    Jeune Afrique : Pour la première fois depuis la création de cette fonction, en 1997, le secrétaire général de l’OIF n’est pas africain. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    Pierre Buyoya : Je tiens d’abord à féliciter Michaëlle Jean et à lui souhaiter tout le succès possible pour porter l’OIF vers de nouveaux horizons. Pour revenir à votre question, c’est effectivement inédit de voir ce poste échappe à l’Afrique. La raison en est simple : les États africains ne sont pas parvenus à s’accorder sur une candidature unique. C’est une réalité qu’il nous faut bien assumer. Le consensus que nous ne sommes pas parvenus à atteindre s’est donc fait sur la seule candidature non africaine, celle de Mme Jean. Cela étant, la campagne a donné lieu à un débat passionnant entre les différents projets, ce qui a contribué à crédibiliser l’OIF.

    Tous ont soutenu ma candidature, à l’exception du président congolais, qui n’a pas souhaité retirer son candidat.

    En constatant ce bloquage persistant, avez-vous été tenté de retirer votre propre candidature ?

    Non, car la recherche d’un consensus s’est faite de façon méthodique. L’Afrique centrale totalisait trois candidats. Il y a donc eu des concertations préalables pour obtenir des désistements parmi nous. C’est ainsi que le président de la Guinée-Équatoriale a assuré à mon président qu’il était prêt à retirer son candidat. Le jour de l’ouverture du sommet, en marge du déjeuner, une réunion a eu lieu entre les chefs d’État de tous les pays d’Afrique centrale présents à Dakar. Tous ont soutenu ma candidature, à l’exception du président congolais, qui n’a pas souhaité retirer son candidat. Nous étions donc bloqués. Ayant reçu ce soutien, il était difficile à mon président de se désister. C’eût été un manque de respect vis-à-vis de ses pairs.

    Étant un ancien chef d’État et ayant œuvré en tant que médiateur dans diverses crises africaines, on vous reconnaissait une stature de secrétaire général en puissance. Les circonstances de votre arrivée au pouvoir, en 1987 et 1996, ont-elles joué contre vous ?

    Cela n’a pas été un handicap. La preuve, c’est que les chefs d’État d’Afrique centrale, de même que d’autres en Afrique de l’Ouest ou ailleurs, m’ont soutenu. Si on était passé au vote, je pense que j’aurais bénéficié d’un large soutien parmi les présidents africains. Si j’ai le sentiment que ça n’a pas joué, c’est parce que personne parmi les États membres n’a fait de mon passé un critère rédhibitoire. Au moment de la prise de décision, cette affaire n’a jamais été mise en avant, contrairement à mon expérience. La seule condition posée par la France a été de demander aux États africains de s’entendre. Si tel avait été le cas, les conditions de mon arrivée au pouvoir n’auraient aucunement été un obstacle.

    Plusieurs délégations africaines se sont offusquées, dans les coulisses du sommet, de la teneur du discours de François Hollande. Personnellement, qu’en avez-vous pensé ?

    Concernant les principes énoncés, je n’ai pas vraiment de critiques à formuler. Mais sur la forme, ce discours m’a surpris. Ni le cadre ni la manière n’était approprié. Ça m’a donné l’impression que ce discours était adressé à une certaine opinion dans son pays, et non pas aux chefs d’État africains. Comme beaucoup, j’ai été surpris par sa manière de faire. De même j’ai été surpris par son interprétation des événements au Burkina Faso. Sans doute ces événements sont-ils arrivés parce qu’il y a eu des manquements, mais il faut se garder de généraliser à l’ensemble du continent. Prétendre que tous ceux qui modifieraient leur Constitution n’ont pas leur place dans l’espace francophone est exagéré. Chaque cas est spécifique.

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    Propos recueillis à Dakar par Mehdi Ba- Jeune Afrique

  • Francophonie :La Canadienne Michaëlle Jean à la tête de l’OIF: un choix inédit

    Francophonie :La Canadienne Michaëlle Jean à la tête de l’OIF: un choix inédit

    michael Jean-La Canadienne d’origine haïtienne Michaëlle Jean a été désignée dimanche 30 novembre pour prendre la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie. Elle occupera son poste de manière effective au 1er janvier 2015. Elle succède à Abdou Diouf, aux commandes de l’institution depuis 12 ans.

    Avec nos envoyés spéciaux à Dakar,

    En choisissant Michaëlle Jean à sa tête, la Francophonie fait un choix inédit à plusieurs titres. D’abord parce que c’est une femme. Ensuite parce qu’elle vient d’Amérique du Nord. Pour la première fois, l’OIF ne va pas être dirigée par un Africain. Ancienne journaliste, canadienne d’origine haïtienne, Michaëlle Jean est âgée de 57 ans. Beaucoup apprécient son empathie, sa facilité à lier des liens avec les communautés, comme lorsqu’elle a partagé du phoque cru avec des Inuits alors qu’elle voyageait dans le nord du Québec.

    Un séisme

    L’élection aura été laborieuse. Lors du tout dernier huis clos, les visages étaient fermés. Le président ivoirien Alassane Ouattara a même quitté cette réunion. L’OIF échappe donc à l’Afrique. C’est un séisme qui va laisser des traces dans la francophonie, mais aussi dans les relations entre Paris et plusieurs capitales africaines.

    Au Canada, les détracteurs de Michaëlle Jean ne lui pardonnent pas d’avoir représenté les intérêts de la reine d’Angleterre en siégeant comme gouverneure générale. Le fait de briguer la plus haute fonction d’une organisation francophone leur semblait plutôt incongru. Ils font aussi valoir que cette quinquagénaire n’a jamais été élue et ne compte donc aucune réalisation concrète.

    Au sein de l’OIF, certains ont peu goûté le ton clivant de sa campagne. Michaëlle Jean le dit elle-même : « Je n’ai pas de rapport de complaisance avec les chefs d’État ». Elle veut que la Francophonie soit sur le terrain, qu’elle soit préventive, qu’elle engage des actions pour éviter les conflits. Sans avoir d’expérience de la médiation, sans être introduite de longue date auprès des chefs d’État du monde francophone, elle se sent néanmoins comme une sœur, un produit de l’Afrique par ses origines haïtiennes. Et c’est cela qu’on vient de lui reconnaître.

    Difficile consensus

    Le consensus n’a pas été évident et le groupe a failli aller jusqu’aux votes. Finalement, il a fallu que les six chefs d’Etat et de gouvernement les plus impliqués dans cette affaire, dont Denis Sassou-Nguesso, le Premier ministre canadien Stephen Harper, François Hollande, Macky Sall, le président du Burundi Pierre Nkurunziza et le président mauricien Kailash Purryag, se concertent pendant plus d’une heure dans une salle à part pour trouver un consensus.

    On peut noter que les négociations sur le climat, se sont invitées à Dakar. Le Canada, fort soutien de Michaëlle Jean a été sollicité à plusieurs reprises par la présidence française sur ce thème du réchauffement climatique. Cela a peut être joué dans la négociation. Par ailleurs, c’est un fait, les partisans d’une candidature africaine n’ont pas réussi à trouver la personne idéale. Quant au débat sur le respect des formes constitutionnelles, il a fait grincer des dents. La tâche de la nouvelle secrétaire générale ne sera pas facile.

    S’agit-il alors d’une désignation par défaut ? C’est en tout cas comme ça que l’arrivée de Michaëlle Jean est présentée par ceux qui estiment qu’elle n’a pas les épaules de son prédécesseur pour intervenir sur le terrain politique en Afrique. L’ancienne gouverneure générale du Canada succède ainsi au Sénégalais Abdou Diouf, qui se retire après trois mandats à la tête de l’instance internationale qui compte 80 pays membres, dont 23 avec le statut d’observateur.

    RFI