Author: Don Kayembe

  • RDC: MST denonce une situation inacceptable dans la lutte contre le sida

    RDC: MST denonce une situation inacceptable dans la lutte contre le sida

    Ruban-SIDA-Plus de 80% des personnes atteintes du sida en République démocratique du Congo n’ont pas accès à un traitement et cette situation est “inacceptable”, a dénoncé vendredi Médecins sans frontières (MSF).
    “Plus de 80% des 440. 000 personnes vivant avec le VIH/sida en RDC sont toujours en attente du traitement qui pourrait leur sauver la vie”, s’indigne l’organisation humanitaire dans un communiqué, à quelques jours de la journée internationale de lutte contre le sida, le 1er décembre.
    “Aujourd?hui les patients meurent avant d?avoir eu accès au traitement qui leur sauverait la vie, c?est inacceptable”, écrit MSF expliquant qu’un quart des patients qui arrivent dans un centre hospitalier qu’ils gèrent à Kinshasa décèdent, alors qu’un malade correctement soigné peut mener une vie normale.
    Selon MSF, seuls 17% des malades du sida en RDC sont sous traitement, et le pays présente un retard de quinze ans dans la lutte contre l’épidémie, contrairement aux autres pays de la région à faible revenu.
    MSF estime que ce retard est dû entre autres au fait que le financement de la lutte contre la maladie repose pour beaucoup “sur les patients eux-mêmes”, alors que la majeure partie de la population congolaise vit dans l’extrême pauvreté.
    “Même le dépistage, normalement gratuit, est conditionné à des tests préliminaires payants”, s’indigne l’ONG, pour qui les patients sont “pris en otages par un système de santé sous-financé, et donc prédateur”: les gens sont obligés de “choisir entre manger ou être soignés”.
    L’Organisation mondiale de la santé (OMS) dispose de chiffres moins alarmants que ceux de MSF, mais la situation reste tout de même inquiétante.
    Quelque 232. 000 personnes sont infectées par le sida en RDC, et “90. 000 personnes sont sous traitement, soit 31%”, a indiqué à l’AFP le Dr Casimire Mazengo, responsable du programme de lutte contre le sida à l’OMS.
    Pour alerter sur la gravité de la situation, MSF a ouvert vendredi à Kinshasa une exposition. Avec pudeur et sensibilité, la photographe Rosalie Colfs raconte la lutte quotidienne de deux “combattantes du sida”: Philomène, 47 ans, et Élise, 12 ans.
    Philomène, sous traitement, mène une vie normale et peut s’occuper de sa famille et aider d’autres séropositifs. Élise, elle, n’a pas eu accès aux médicaments. Son corps décharné et très affaibli ne lui permettait pas de se laver ou de boire seule. Le 10 novembre, elle a succombé à la maladie.

    jeuneafrique

  • Bénin : la Cour constitutionnelle met fin au débat sur un éventuel troisième mandat de Boni Yayi

    Bénin : la Cour constitutionnelle met fin au débat sur un éventuel troisième mandat de Boni Yayi

    boni-yayi-Dans une décision rendue le 20 novembre, la Cour constitutionnelle s’est prononcée contre toute révision de la Constitution permettant au président béninois, Thomas Boni Yayi, de briguer un troisième mandat en 2016.
    Voilà qui devrait définitivement mettre fin au débat sur un possible troisième mandat du président béninois Thomas Boni Yayi, lequel a plusieurs fois assuré publiquement de son intention de se retirer à l’occasion de l’élection prévue en mars 2016. Dans une décision rendue le 20 novembre, la Cour constitutionnelle s’est prononcée contre toute révision de la Constitution le permettant. La décision DCC 14-199 stipule notamment que l’article 42 de la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels, n’est pas modifiable.
    >> Lire aussi : Ces chefs d’État africains qui s’accrochent (ou pas) au pouvoir
    La Cour dirigée par le professeur Théodore Holo avait été saisie à la suite de la publication dans deux journaux, La Matinal et La Presse du Jour le 27 août, d’une lettre ouverte d’un citoyen béninois dans lequel ce dernier appelait le chef de l’État à modifier la “Constitution pour que sa candidature à l’élection de 2016 soit conforme (…) et donc recevable”. “Moi, Latifou Daboutou, (…), vous invite au vu de votre bilan inégalé depuis les indépendances à ne pas vous laisser intimider et renoncer à l’appel du peuple béninois qui souhaite vous voir terminer l’œuvre que vous avez entreprise”, écrivait-il.
    Les sages de la Cour ont jugé que Daboutou invitait par ces propos “Boni Yayi à remettre en cause le principe fondamental de l’alternance démocratique gage d’un État de droit en l’incitant à réviser la Constitution afin de pouvoir se représenter pour un troisième mandat à l’élection présidentielle de 2016”.
    Ces derniers ont par conséquent conclu que Latifou Dabatou avait “violé la Constitution”.
    Cette décision a été vivement commentée. “DCC-14-199 du 20 novembre 2014, un progrès pour la démocratie béninoise”, a titré Le Matinal. “La Cour constitutionnelle remet les pendules à l’heure”, juge pour sa part Fraternité.

    Décision de la cour constitutionnelle

    jeuneafrique

  • La santé de Pelé, légende du football brésilien, se détériore

    La santé de Pelé, légende du football brésilien, se détériore

    ????????-Hospitalisé dans à Sao Paulo pour une infection urinaire, l’ex-footballeur de 74 ans a été transféré en soins spécialisés.

    L’état de santé de la légende du football brésilien Pelé, 74 ans, a empiré jeudi et il a été transféré dans une unité de soins spécialisés, a annoncé l’hôpital Albert-Einstein de Sao Paulo, où il est traité pour une infection urinaire.

    «Edson Arantes do Nascimento (Pelé) est toujours hospitalisé dans un état clinique instable. Pour recevoir de meilleurs soins il a été transféré dans une unité de soins spécialisés», intermédiaire avant les soins intensifs, précise l’hôpital dans un communiqué.

    Pelé est considéré comme l’un des meilleurs footballeurs de l’histoire. Il a marqué 1281 buts en 1363 matches lors d’une carrière qui s’est étendue des années 1950 aux années 1970

    AFP

  • Au Rwanda, le français longtemps mis de cote fait un discret retour

    Au Rwanda, le français longtemps mis de cote fait un discret retour

    rwanda-“Education breeds confidence, hope and peace”. Dans le centre de Kigali, l’ONG Plan vante, en grand et en anglais, les vertus de l’éducation pour la “confiance, l’espoir et la paix”. L’affiche est traduite en kinyarwanda. Pas en français.
    Quasiment inusité avant le génocide de 1994 et l’arrivée au pouvoir de Paul Kagame, l’anglais a progressivement gagné en puissance dans l’ex-colonie belge. Certains prédisaient même la disparition du français. Qui effectue pourtant aujourd’hui un discret retour.
    L’annonce de Plan est un exemple parmi d’autres: devantures et affiches ont adopté l’anglais dans la capitale. Quand le soleil se lève sur le petit pays d’Afrique centrale, ce n’est plus “Bonjour” mais “Good morning” que les enfants lancent aux étrangers.
    C’est Paul Kagame, arrivé au pouvoir à la tête d’une rébellion basée en Ouganda anglophone et lui-même davantage à l’aise dans la langue de Shakespeare que celle de Molière, qui a propulsé l’anglais langue officielle.
    Le français, comme le kinyarwanda, seule langue parlée par toute la population, est restée langue officielle. Mais il a perdu du terrain à mesure que les relations entre le Rwanda et la France, accusée par Kigali d’avoir joué un rôle dans le génocide, se dégradaient.
    En 2008, Kigali a remplacé le français par l’anglais comme langue d’enseignement obligatoire dans le public. L’année suivante, le pays, toujours membre de la Francophonie, rejoignait le Commonwealth.
    – Frustration –
    Ces changements ne se sont pas faits sans mal, notamment pour les enseignants, largement francophones.
    “J’arrive à enseigner en anglais maintenant, mais je ne peux pas dire que j’enseigne efficacement”, reconnaît Laurent, professeur de sciences humaines. “La plupart des enseignants mélangent l’anglais et le kinyarwanda pendant les cours”.
    Assis derrière son ordinateur du kLab, centre pour jeunes entrepreneurs, Pacome Munyaneza, reconnaît l’utilité de l’anglais pour travailler avec les voisins kényans ou ougandais.
    Mais son apprentissage lui a “demandé beaucoup d’énergie” pour un résultat médiocre: “je suis (d’un niveau) moyen dans les deux langues”, estime-t-il, regrettant d’avoir “perdu (son) français”.
    L’abandon du français en a aussi frustré certains, qui se sont sentis marginalisés.
    “Lorsque l?anglais est devenu une langue dominante (. . . ) j?étais sans emploi et je n?ai pas pu rejoindre l’administration (car) vous étiez obligés de passer le test en anglais”, raconte un journaliste francophone. “J’ai été écarté et j?ai rejoint la presse privée”.
    Il y a aussi les nostalgiques du français, langue surtout parlé par une élite avant 1994.
    “C?est un acquis que l?on voudrait sauvegarder”, dit un Rwandais né au Burundi, ex-colonie belge restée très francophone, et revenu après le génocide.
    “C’est un univers de pensée et de symboles”, renchérit le journaliste, énumérant ses références littéraires – “Racine, Voltaire, Camus. . . “.
    Pour Pacome Munyaneza, le français a aussi une valeur sentimentale : “Mon grand-père et ma grand-mère utilisent quelques mots de français dans leurs phrases en kinyarwanda. Dans notre village, nous avons grandi avec le français (. . . ) Je ne peux pas souhaiter le perdre. ”
    Pour la défense du français, ces nostalgiques avancent son côté pratique: mieux vaut parler deux langues étrangères. D’autant que le Rwanda est entouré de pays anglophones et francophones.
    – ‘Revirement’ –
    Signe de temps qui changent à nouveau, l’argument est repris par les anglophones.
    “Pour être compétitifs sur le marché du travail nous devons pouvoir parler les deux langues”, reconnaît Pierre Mugisha, laborantin né en Ouganda qui apprend le français.
    Autre changement: en 2016, une heure de cours de français par semaine sera réintroduite dès la 4e année de primaire.
    “On a constaté que (les élèves) n?ont pas de bagage suffisant” à la sortie du secondaire pour faire des études supérieures en français, explique Joy Musabe, chef des programmes scolaires au ministère de l’Education.
    Elle se défend d’un rétropédalage mais Evariste Ntakirutimana, de l’Université nationale du Rwanda, note que “le revirement est sensible”: le gouvernement a entendu “les réclamations tacites” des Rwandais favorables à la diversité linguistique.
    Ce début de retour en grâce est cependant loin de refléter les relations franco-rwandaises, qui se sont même encore refroidies en avril quand le président Kagame a de nouveau accusé la France de participation au génocide.
    Dans la foulée, Kigali fermait le centre culturel français, invoquant un problème d’urbanisme. Les cours de français qu’il dispensait se déroulent depuis dans l’école française.
    jeuneafrique

  • RDC : que faisaient des tenues de FARDC dans un fourgon de la Monusco à Goma ?

    RDC : que faisaient des tenues de FARDC dans un fourgon de la Monusco à Goma ?

    monusco-3-620x465-Des tenues de l’armée congolaise ont été retrouvées mercredi dans un fourgon de la Monusco à l’aéroport de Goma, selon plusieurs témoins sur place. Une affaire bien embarrassante pour la mission onusienne en RDC…
    Il y a de l’effervescence dans l’air à Goma. La journée du mercredi 26 novembre a été bien agitée dans la capitale du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC. Vers 13 heures, une altercation a eu lieu à l’aéroport de la ville entre les services de sécurité congolais et un groupe de pilotes ukrainiens de la Mission de l’ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco).
    Que s’est-il passé ? Des sources concordantes affirment que des tenues neuves de la Garde républicaine (GR, la garde présidentielle) ont été retrouvées dans un fourgon de ces agents onusiens. “Un kit complet de 6 paires avec pistolets”, commente Magloire Paluku, responsable de la radio locale Kivu One qui s’est rendu à l’état-major de la 34e région militaire des Forces armées de la RDC (FARDC) où les “suspects” – quelque 11 Ukrainiens et leur complice congolais – ont été conduits après leur interpellation à l’aéroport.
    Très rapidement, les photos de ces militaires ukrainiens soupçonnés de “trafic” de tenues de l’armée congolaise ont été partagées sur les réseaux sociaux, suscitant des commentaires hostiles envers la mission onusienne.

    “Assez bizzare”
    Du côté de la Monusco, le ton se veut plutôt réservé. “Tant qu’on ne détient pas tous les éléments sur cette affaire, nous ne pouvons pas nous avancer sur la question”, indique une source onusienne, rappelant toutefois qu’”il arrive que la Monusco transporte rations ou munitions pour le compte de l’armée congolaise, qui est son partenaire”.
    Une hypothèse que n’exclue pas Lambert Mende. Mais le porte-parole du gouvernement congolais trouve “quand même assez bizarre que des effets militaires d’un corps d’élite de notre armée se retrouve dans un véhicule de la Monusco”. Kinshasa dit donc attendre d’amples explications de la part de la mission onusienne.
    Plus tranchant, Jean-Marie Kassamba, l’un des conseillers du président Kabila, n’attend pas les résultats des enquêtes. Il soutient déjà que la découverte de ces tenues constitue la “preuve de l’existence d’un réseau des maffieux déterminé à discréditer l’armée, en vendant ses uniformes aux miliciens et autres groupes armés qui commettent des exactions contre des civils” dans l’est du pays.

    Pour tenter de tirer l’affaire au clair, le général Santos Cruz, commandant des forces de la Monusco, s’est rendu au quartier général de l’armée congolaise à Goma pour s’entretenir avec le général Emmanuel Lombe, le numéro un des FARDC dans le Nord-Kivu. Des investigations sont en cours et la mission onusienne se dit “prête à collaborer” avec l’armée dans ce sens.
    En attendant, “6 de 11 pilotes ukrainiens de la Monusco ont été mis aux arrêts pour détenue illégale des tenues de l’armée”, indique une source sécuritaire congolaise. Une affaire bien gênante pour une mission de l’ONU, souvent critiquée pour sa passivité, qui s’apprête à célébrer le 30 novembre ses 15 ans d’opération sur le sol congolais…

    Jeuneafrique

  • RDC : le discours de Denis Mukwege, prix Sakharov 2014, devant le Parlement européen

    RDC : le discours de Denis Mukwege, prix Sakharov 2014, devant le Parlement européen

    Denis-mukwege-On le connaît comme le “juste qui répare les femmes”. Mercredi, le docteur Denis Mukwege a reçu le prix Sakharov du Parlement européen, qu’il a dédié au “peuple congolais”. Le chirurgien est honoré pour son action près de Bukavu, en RDC, où il a soigné plus de 40 000 victimes de viols depuis 1996.
    C’est une récompense de plus dans le combat d’une vie, celle du docteur Denis Mukwege, qui dirige depuis 1996 la clinique de Panzi, près de Bukavu, en RDC. Le chirurgien gynécologue congolais a reçu mercredi le prix Sakharov du Parlement européen, à Strasbourg, en l’honneur de son combat dans le Nord-Kivu, où il a soigné, depuis l’ouverture de son centre de soins, plus de 40 000 femmes et petites filles victimes de violences sexuelles dans la région.
    Le corps des femmes est devenu un véritable champ de bataille.
    Une récompense qu’il reçoit “avec humilité”, a-t-il déclaré, en rappelant que le Kivu payait les conséquences d’une guerre “bassement économique”. “La région où je vis est l’une des plus riches de la planète (…) [où] le corps des femmes est devenu un véritable champ de bataille, et le viol est utilisé comme une arme de guerre”, a ainsi dénoncé le chirurgien dans son discours, que Jeune Afrique retranscrit ci-dessous en intégralité.
    >> Lire aussi : “Docteur Denis Mukwege : “Au Kivu, le viol demeure une véritable stratégie de guerre””
    “Mon père priera et moi je soignerai”
    C’est de son père, pasteur, que Denis Mukwege, né à Bukavu en 1955, a hérité sa vocation d’aider son prochain. “Je l’admirais. Quand il partait à la rencontre des malades, quand il prêchait en tant que pasteur, je l’accompagnais car j’aimais le voir en action”, explique le chirurgien dans Panzi, livre sorti en juin 2014.
    Il y raconte notamment ce jour lors duquel son père fut appelé au chevet d’un bébé mourant. Impuissant, le pasteur ne pût qu’offrir ses prières à la famille et à l’enfant tandis que son fils pensait : “Il faut que je sois médecin, ainsi mon père priera et moi je soignerai”. Sa vocation était née. Denis Mukwege avait alors huit ans.
    C’est de son père, pasteur, que Denis Mukwege, né à Bukavu en 1955, a hérité sa vocation.
    Après des études de médecine au Burundi, à Bujumbura, à partir de 1978, un premier poste à l’hôpital de Lemera, en RDC, il débarque en France, à Angers, pour se spécialiser en gynécologie. Il y apprendra une technique révolutionnaire à l’époque, la laparoscopie, modèle de chirurgie peu invasive qui se révélera précieuse, avec l’aide du spécialiste belge Guy-Bernard Cadière, dans le traitement des lésions chez ses patientes de Panzi.

    Denis Mukwege, ©AFP
    Il quitte Angers pour la RDC en 1989. Suivent des années de guerre, les conséquences du génocide au Rwanda, les conséquences au Kivu puis la fondation de sa clinique, avec l’aide d’associations suédoise et britanniques et de l’Union européenne. Quelques habitations en pisé d’abord, avant des locaux en dur. Puis la première victime de viol, en 1999. “Cette femme avait été violé à 500 mètres de l’hôpital”, se souvient-il : “À l’époque, j’ignorais que ce serait le début d’une série de plus de 40 000 victimes.”
    “Notre pays est malade mais, ensemble, (…) nous allons le soigner”
    Ce 26 novembre, au Parlement européen, c’est le représentant de l’”un des principaux défis du siècle à venir : réduire les violences envers les femmes”, qui est honoré par le prix Sakharov. Le témoin d’un Kivu où l’atrocité – il parle dans son discours, par exemple, d’une enfant violée de 18 mois, entre la vie et la mort -, côtoie l’”horreur économique qui nous conduit à la veulerie, au nihilisme sans conscience et finalement à la barbarie”.
    Vous avez décidé d’accroître la visibilité du combat mené par les femmes congolaises depuis plus de 15 ans.
    “C’est avec beaucoup d’humilité et un grand espoir que je reçois aujourd’hui le prestigieux Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit”, a déclaré Denis Mukwege à la tribune du Parlement européen mercredi. “Par ce prix, vous avez décidé d’accroître la visibilité du combat mené par les femmes congolaises depuis plus de 15 ans et de reconnaître leur souffrance mais aussi leur dignité et le courage qu’elles incarnent”, explique-t-il encore.
    “Chaque femme violée, je l’identifie à ma femme ; chaque mère violée à ma mère et chaque enfant violé à mes enfants. Comment me taire quand nous savons que ces crimes contre l’humanité sont planifiés avec un mobile bassement économique ?”, s’interroge Denis Mukwege.
    Unissons-nous et marchons avec l’Europe, afin qu’une fois pour toutes, la paix et la justice soient restaurées au Congo.
    “Quel est cet être humain doué de conscience qui se tairait quand on lui emmène un bébé de six mois dont le vagin a été détruit soit par la pénétration brutale, soit par des objets contondants, soit par des produits chimiques ?”, at-il dit devant les députés européens, en réclamant un règlement européen au sujet de l’approvisionnement en minerais.
    S’adressant au “peuple congolais”, Denis Mukwege explique enfin que le prix qu’il a reçu est “le symbole de la liberté de pensée”, “un droit qui nous a été retiré, (…) auquel, suite à la terreur et l’oppression, nous semblons parfois avoir renoncé”.
    Et de conclure : “Aujourd’hui, tout haut, et devant le monde entier, l’Europe nous exprime sa solidarité. Elle veut marcher avec nous dans notre quête pour la restauration d’une vie congolaise digne. Unissons-nous et marchons avec elle, afin qu’une fois pour toutes, la paix et la justice soient restaurées au Congo et que nous puissions aspirer à un futur meilleur. Notre pays est malade mais, ensemble, avec nos amis de par le monde, nous pouvons et nous allons le soigner.”

    Discours du Docteur Denis Mukwege à l’occasion de la remise du Prix Sakharov


    Jeuneafrique.

  • Zambie: la veuve de l’ex-président Sata veut succéder à son mari

    Zambie: la veuve de l’ex-président Sata veut succéder à son mari

    SATE-Dans la famille Sata, il y avait le père, le fils, le neveu, et maintenant l’épouse. Elu à la présidence en 2011, Michael Sata est mort en octobre dans l’exercice de ses fonctions. Sa veuve éplorée vient de faire son entrée dans l’arène politique et propose de contester l’élection présidentielle anticipée prévue pour janvier 2015. La concurrence risque d’être rude pour cette ancienne première dame, sans expérience politique.

    La bataille pour la succession de l’ex-président Michael Sata bat son plein, à Lusaka. Depuis la disparition le 28 octobre de l’ancien chef de l’Etat zambien des suites d’une longue maladie, il ne se passe pas une semaine sans qu’un nouveau candidat à la succession du président défunt ne se dévoile.

    La dernière en date n’est autre que la veuve du président Sata. Plus connue comme gynécologue-obstétricienne et activiste pour l’amélioration de la santé maternelle, le docteur Christine Kaseba-Sata n’a pas d’expérience politique. Mais elle s’est toutefois lancée dans la course pour poursuivre, selon ses dires, l’action « visionnaire » de son mari à la tête de la Zambie. Rappelant qu’elle est encore en train de pleurer ce dernier, elle a déclaré à la radio privée Phoenix que le chagrin qu’elle ressentait n’était « rien en comparaison de la peine que j’éprouverais si les vœux du président Sata n’étaient pas exaucés ».

    L’irruption dans la vie politique de cette veuve éplorée, que tout le pays a vu sangloter au désespoir pendant les funérailles télévisées de son mari, sème la zizanie dans le Front patriotique (FP), le parti au pouvoir, mais aussi au sein de la famille Sata. Mulenge Sata, le fils du président défunt et maire de la capitale, est déjà sur les rangs pour représenter le FP à l’élection présidentielle anticipée du 20 janvier. Miles Sampa, secrétaire d’Etat au Commerce et à l’Industrie et neveu de l’ancien président, s’est lui aussi porté candidat à la succession. Plus jeunes que la veuve Christine Kaseba-Sata, ces derniers ne jurent que par l’héritage du parent disparu et se proposent de mettre leur jeunesse et leur entrain au service de la réalisation de ses rêves.

    Héritage

    Elu démocratiquement en 2011, Michael Sata laisse un héritage pour le moins ambigü, entaché de dérives autoritaires et de renonciations à la plupart de ses engagements en faveur des pauvres et des laissés-pour-compte du développement zambien. Classé parmi les pays néo-émergents, la Zambie enregistre depuis dix ans une croissance supérieure à 6%. Le pays tire profit de ses exportations de cuivre, dont il est le 7e producteur mondial, et de sa politique d’industrialisation à marche forcée, inspirée du modèle chinois.

    Or malgré la croissance, 64% de la population zambienne vit encore dans le dénuement. Sata est arrivé au pouvoir en faisant campagne pour un meilleur partage de la prospérité et pour réduire l’influence chinoise sur l’économie du pays. Ces promesses n’ont pas été tenues. Les trois années de présidence de Michael Sata ont été marquées au contraire par le resserrement des liens avec la Chine et l’approfondissement du fossé entre l’élite et le petit peuple.

    Le président intérimaire Guy Scott, qui est issu de la gauche, souhaiterait réorienter la politique économique, mais son temps est compté. Fils d’immigrants écossais, Guy Scott ne peut pas prétendre à la présidence car la Constitution stipule que pour être candidat à la magistrature suprême les deux parents doivent être nés en Zambie. La mission de Scott, premier président blanc de l’Afrique postcoloniale, consiste à conduire le pays et ses 15 millions d’habitants à des élections anticipées.

    Succession

    La bataille pour la succession de Sata a commencé avant même la mort de ce dernier. L’homme était malade depuis plusieurs mois et se rendait régulièrement à l’étranger pour se faire soigner. Il est décédé à Londres où il était sous traitement pour une maladie dont la nature n’a jamais été révélée au grand public. En l’absence de l’homme fort, des vocations se sont affirmées au sein d’un parti au pouvoir en manque de leadership.

    D’où un trop-plein de candidatures au sein du FP. Son comité exécutif, qui se réunira cette semaine (le jeudi 27 novembre), devra choisir parmi les dix prétendants déclarés son nouveau chef pour succéder à Sata. Le candidat le plus en plus en vue est Edward Lungu, l’actuel ministre de la Défense et le secrétaire général du parti au pouvoir. L’homme jouit d’une immense popularité auprès notamment des jeunes adhérents du FP. Son récent limogeage de son poste de secrétaire général par le président par intérim Guy Scott a conduit à des débordements violents, obligeant le gouvernement à revenir sur sa décision. Les observateurs craignent que les intenses rivalités entre les différents candidats à la succession de Michael Sata ne débouchent sur l’explosion du parti fondé par ce dernier.

    C’est sans doute pour éviter une scission possible que le nom de la veuve Sata a été avancé comme la candidate du parti au pouvoir à la présidentielle anticipée du 20 janvier. Dans un communiqué publié après la remise formelle de sa candidature pour diriger le parti, Christine Kaseba-Sata a déclaré qu’elle n’était la candidate d’aucune faction et qu’elle s’engageait à restaurer l’unité et l’ordre si elle était désignée. « Depuis le décès de mon mari, c’est avec une profonde tristesse que j’observe, a-t-elle déclaré, les drames qui frappent le parti et ses divisions grandissantes. Il est urgent de rapprocher les différentes factions du parti et de consolider les acquis de l’époque du feu président. »

    Cartel

    Selon les médias locaux, la candidature de l’ancienne première dame n’a pas été très bien accueillie par le grand public zambien, qui voit d’un mauvais œil toute cette agitation de la part d’une femme encore en période de deuil. Les Zambiens n’aiment pas non plus voir les enfants de Michael Sata se précipiter pour prendre sa place vacante. D’aucuns estiment que l’ancienne première dame est instrumentalisée par le « cartel » qui évolue dans son entourage, et dont le chef ne serait autre que le président par intérim Guy Scott. En la faisant élire à la tête du pays, celui-ci voudrait, dit-on, préserver son propre avenir.

    La pléthore de candidats dans le camp du parti au pouvoir aurait pu profiter à l’opposition, mais la division est également de mise du côté des opposants au régime. Le Mouvement pour une démocratie multipartite qui a gouverné la Zambie jusqu’à 2011, avant l’élection de Sata, est divisé sur le candidat à présenter. Ses militants sont tiraillés entre l’ancien président de la Zambie Rupiah Banda, et le président du parti Nevers Mumba, qui est également intéressé par le poste. Avec tant d’ambitions qui s’entrechoquent, la « transition en douceur » qu’appelait de tous ses vœux la présidente de la commission de l’Union africaine lors des funérailles de Michael Sata, paraît compromise.

    RFI

  • RDC: les défaillances de l’armée lors des massacres à Béni

    RDC: les défaillances de l’armée lors des massacres à Béni

    fardc-Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), dans la région de Béni, la confusion règne autour des massacres des dernières semaines qui ont fait plus de 200 morts et qui n’ont pas été revendiqués. Parallèlement, un rapport de douze députés du parti au pouvoir et de l’opposition qui se sont rendus sur place fin octobre – et dont RFI a obtenu une copie – jette une lumière nouvelle sur les évènements des dernières semaines et notamment sur les défaillances au sein de l’armée congolaise sur place.

    Pendant cinq jours, les douze députés se sont entretenus avec les autorités et les habitants de Béni. Ils ont aussi rencontré des survivants et des témoins des attaques à Eringeti, Ngadi et Oicha, trois localités où des tueries ont eu lieu courant octobre.

    Première remarque, selon ces députés, le système d’alerte a été un échec. A plusieurs reprises, la population et les services de renseignement ont signalé l’imminence d’une attaque aux forces de l’ordre – après avoir reçu des tracts, par exemple – mais à chaque fois, aucune disposition n’a été prise. A chaque fois également, la police ou l’armée sont intervenues tardivement. Plus grave, le rapport cite plusieurs cas où des personnes, censées coordonner la protection de la population, n’ont pas fait leur travail.

    Ce fut, par exemple, le cas dans la localité de Ngadi, à 7 km du centre de Béni. Un major, prévenu qu’une tuerie était en cours, aurait menacé « de fusiller tout élément de son unité qui oserait intervenir ». Des menaces également proférées contre un colonel qui voulait se rendre sur les lieux de l’incident le lendemain. Cette nuit-là, trente personnes seront tuées.

    Un autre exemple, à Béni, fait état d’un commandant de la police qui aurait fermé les deux numéros verts mis en place par la Mission de l’ONU (Monusco) pour que la population puisse alerter la police en cas d’attaques.

    Les députés réclament une commission d’enquête parlementaire

    Enfin, à Eringeti, l’arrivée des secours pour stopper le massacre en cours, la nuit du 17 octobre, a été largement retardée par une dispute entre deux unités de l’armée présentes sur place.

    Pourquoi ces défaillances ? N’y aurait-il pas une implication de certains éléments de l’armée ou de la police dans ces tueries ? Le rapport des députés ne répond pas à cette question mais réclame une commission d’enquête parlementaire.

    Il relaye aussi la demande de la société civile de Béni, à savoir la mutation des fonctionnaires ou militaires en place depuis longtemps dans cette zone. Le président Joseph Kabila l’avait promis en décembre 2013 et l’a répété fin octobre lors de sa visite. A ce jour, aucune mutation ou changement dans l’armée n’a été annoncé.

    L’armée congolaise a par ailleurs annoncé avoir arrêté trente-quatre hommes armés et dix civils soupçonnés d’être impliqués dans le dernier massacre, le 20 novembre, dans trois localités situées à une dizaine de kilomètres de l’aéroport de Béni et qui a fait une centaine de morts. Vingt-quatre armes auraient également été saisies. Ces éléments sont cruciaux au moment où aucune de ces attaques n’a été revendiquée et au moment où les enquêtes pour identifier ces assaillants sont toujours en cours.

    RFI

  • Port de Matadi : le délai de dédouanement sera bientôt réduit à 15 jours

    Port de Matadi : le délai de dédouanement sera bientôt réduit à 15 jours

    Port de Matadi-Le commissariat provincial au Plan compte réduire le délai du dédouanement des marchandises au port international de Matadi (Bas-Congo). Il passera de soixante-trois à quinze jours. Le commissaire provincial, Simon Mboso Kiamputu, l’a annoncé lundi 24 novembre au cours d’une interview à Radio Okapi.
    Selon lui, cette mesure pourra être appliquée, d’ici 100 jours [au plus tard au début du mois de mars].
    « De 63 jours aujourd’hui, nous voulons ramener-dans 100 jours-le délai de dédouanement à 15 jours maximum. Au cours de l’année 2015, le délai de dédouanement doit être réduit de 7 jours », a promis Simon Kiamputu.
    Simon Mboso Kiamputu a indiqué que cette action vise à améliorer le climat des affaires.
    « Quand on réduit le temps, on réduit aussi le coût. Les axes sur lesquels nous travaillons concernent essentiellement l’amélioration du climat des affaires », a-t-il poursuivi.
    Le commissaire provincial a aussi souhaité que le guichet unique soit installé à Matadi.

    Cela permettra de créer une entreprise en trois jours, a-t-il ajouté.
    Pour y parvenir, son institution compte appuyer la Direction générale de douane et accises (DGDA), la Société congolaise de ports et transport (SCPT), l’Office congolais de contrôle (OCC) et tous les services habilités à fonctionner au port.
    Le port de Matadi est réputé être le plus cher au monde. Des opérateurs économiques y dénoncent la multiplicité des taxes illégales.
    En 2012, le Premier ministre Augustin Matata Ponyo avait pris une série de décisions pour lutter contre la fraude au port de Matadi et faciliter la fluidifié du trafic à cette frontière.
    Parmi ces mesures, il y avait notamment la suppression de certaines taxes illégales, la mise en place d’un ordre opérationnel devant faire respecter le décret présidentiel de 2002 fixant à quatre le nombre des services devant opérer aux différents postes frontaliers et la radiation des agences en douanes inciviques opérant en RDC.

    Radio Okapi