Author: Don Kayembe

  • RDC : le discours de Denis Mukwege, prix Sakharov 2014, devant le Parlement européen

    RDC : le discours de Denis Mukwege, prix Sakharov 2014, devant le Parlement européen

    Denis-mukwege-On le connaît comme le “juste qui répare les femmes”. Mercredi, le docteur Denis Mukwege a reçu le prix Sakharov du Parlement européen, qu’il a dédié au “peuple congolais”. Le chirurgien est honoré pour son action près de Bukavu, en RDC, où il a soigné plus de 40 000 victimes de viols depuis 1996.
    C’est une récompense de plus dans le combat d’une vie, celle du docteur Denis Mukwege, qui dirige depuis 1996 la clinique de Panzi, près de Bukavu, en RDC. Le chirurgien gynécologue congolais a reçu mercredi le prix Sakharov du Parlement européen, à Strasbourg, en l’honneur de son combat dans le Nord-Kivu, où il a soigné, depuis l’ouverture de son centre de soins, plus de 40 000 femmes et petites filles victimes de violences sexuelles dans la région.
    Le corps des femmes est devenu un véritable champ de bataille.
    Une récompense qu’il reçoit “avec humilité”, a-t-il déclaré, en rappelant que le Kivu payait les conséquences d’une guerre “bassement économique”. “La région où je vis est l’une des plus riches de la planète (…) [où] le corps des femmes est devenu un véritable champ de bataille, et le viol est utilisé comme une arme de guerre”, a ainsi dénoncé le chirurgien dans son discours, que Jeune Afrique retranscrit ci-dessous en intégralité.
    >> Lire aussi : “Docteur Denis Mukwege : “Au Kivu, le viol demeure une véritable stratégie de guerre””
    “Mon père priera et moi je soignerai”
    C’est de son père, pasteur, que Denis Mukwege, né à Bukavu en 1955, a hérité sa vocation d’aider son prochain. “Je l’admirais. Quand il partait à la rencontre des malades, quand il prêchait en tant que pasteur, je l’accompagnais car j’aimais le voir en action”, explique le chirurgien dans Panzi, livre sorti en juin 2014.
    Il y raconte notamment ce jour lors duquel son père fut appelé au chevet d’un bébé mourant. Impuissant, le pasteur ne pût qu’offrir ses prières à la famille et à l’enfant tandis que son fils pensait : “Il faut que je sois médecin, ainsi mon père priera et moi je soignerai”. Sa vocation était née. Denis Mukwege avait alors huit ans.
    C’est de son père, pasteur, que Denis Mukwege, né à Bukavu en 1955, a hérité sa vocation.
    Après des études de médecine au Burundi, à Bujumbura, à partir de 1978, un premier poste à l’hôpital de Lemera, en RDC, il débarque en France, à Angers, pour se spécialiser en gynécologie. Il y apprendra une technique révolutionnaire à l’époque, la laparoscopie, modèle de chirurgie peu invasive qui se révélera précieuse, avec l’aide du spécialiste belge Guy-Bernard Cadière, dans le traitement des lésions chez ses patientes de Panzi.

    Denis Mukwege, ©AFP
    Il quitte Angers pour la RDC en 1989. Suivent des années de guerre, les conséquences du génocide au Rwanda, les conséquences au Kivu puis la fondation de sa clinique, avec l’aide d’associations suédoise et britanniques et de l’Union européenne. Quelques habitations en pisé d’abord, avant des locaux en dur. Puis la première victime de viol, en 1999. “Cette femme avait été violé à 500 mètres de l’hôpital”, se souvient-il : “À l’époque, j’ignorais que ce serait le début d’une série de plus de 40 000 victimes.”
    “Notre pays est malade mais, ensemble, (…) nous allons le soigner”
    Ce 26 novembre, au Parlement européen, c’est le représentant de l’”un des principaux défis du siècle à venir : réduire les violences envers les femmes”, qui est honoré par le prix Sakharov. Le témoin d’un Kivu où l’atrocité – il parle dans son discours, par exemple, d’une enfant violée de 18 mois, entre la vie et la mort -, côtoie l’”horreur économique qui nous conduit à la veulerie, au nihilisme sans conscience et finalement à la barbarie”.
    Vous avez décidé d’accroître la visibilité du combat mené par les femmes congolaises depuis plus de 15 ans.
    “C’est avec beaucoup d’humilité et un grand espoir que je reçois aujourd’hui le prestigieux Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit”, a déclaré Denis Mukwege à la tribune du Parlement européen mercredi. “Par ce prix, vous avez décidé d’accroître la visibilité du combat mené par les femmes congolaises depuis plus de 15 ans et de reconnaître leur souffrance mais aussi leur dignité et le courage qu’elles incarnent”, explique-t-il encore.
    “Chaque femme violée, je l’identifie à ma femme ; chaque mère violée à ma mère et chaque enfant violé à mes enfants. Comment me taire quand nous savons que ces crimes contre l’humanité sont planifiés avec un mobile bassement économique ?”, s’interroge Denis Mukwege.
    Unissons-nous et marchons avec l’Europe, afin qu’une fois pour toutes, la paix et la justice soient restaurées au Congo.
    “Quel est cet être humain doué de conscience qui se tairait quand on lui emmène un bébé de six mois dont le vagin a été détruit soit par la pénétration brutale, soit par des objets contondants, soit par des produits chimiques ?”, at-il dit devant les députés européens, en réclamant un règlement européen au sujet de l’approvisionnement en minerais.
    S’adressant au “peuple congolais”, Denis Mukwege explique enfin que le prix qu’il a reçu est “le symbole de la liberté de pensée”, “un droit qui nous a été retiré, (…) auquel, suite à la terreur et l’oppression, nous semblons parfois avoir renoncé”.
    Et de conclure : “Aujourd’hui, tout haut, et devant le monde entier, l’Europe nous exprime sa solidarité. Elle veut marcher avec nous dans notre quête pour la restauration d’une vie congolaise digne. Unissons-nous et marchons avec elle, afin qu’une fois pour toutes, la paix et la justice soient restaurées au Congo et que nous puissions aspirer à un futur meilleur. Notre pays est malade mais, ensemble, avec nos amis de par le monde, nous pouvons et nous allons le soigner.”

    Discours du Docteur Denis Mukwege à l’occasion de la remise du Prix Sakharov


    Jeuneafrique.

  • Zambie: la veuve de l’ex-président Sata veut succéder à son mari

    Zambie: la veuve de l’ex-président Sata veut succéder à son mari

    SATE-Dans la famille Sata, il y avait le père, le fils, le neveu, et maintenant l’épouse. Elu à la présidence en 2011, Michael Sata est mort en octobre dans l’exercice de ses fonctions. Sa veuve éplorée vient de faire son entrée dans l’arène politique et propose de contester l’élection présidentielle anticipée prévue pour janvier 2015. La concurrence risque d’être rude pour cette ancienne première dame, sans expérience politique.

    La bataille pour la succession de l’ex-président Michael Sata bat son plein, à Lusaka. Depuis la disparition le 28 octobre de l’ancien chef de l’Etat zambien des suites d’une longue maladie, il ne se passe pas une semaine sans qu’un nouveau candidat à la succession du président défunt ne se dévoile.

    La dernière en date n’est autre que la veuve du président Sata. Plus connue comme gynécologue-obstétricienne et activiste pour l’amélioration de la santé maternelle, le docteur Christine Kaseba-Sata n’a pas d’expérience politique. Mais elle s’est toutefois lancée dans la course pour poursuivre, selon ses dires, l’action « visionnaire » de son mari à la tête de la Zambie. Rappelant qu’elle est encore en train de pleurer ce dernier, elle a déclaré à la radio privée Phoenix que le chagrin qu’elle ressentait n’était « rien en comparaison de la peine que j’éprouverais si les vœux du président Sata n’étaient pas exaucés ».

    L’irruption dans la vie politique de cette veuve éplorée, que tout le pays a vu sangloter au désespoir pendant les funérailles télévisées de son mari, sème la zizanie dans le Front patriotique (FP), le parti au pouvoir, mais aussi au sein de la famille Sata. Mulenge Sata, le fils du président défunt et maire de la capitale, est déjà sur les rangs pour représenter le FP à l’élection présidentielle anticipée du 20 janvier. Miles Sampa, secrétaire d’Etat au Commerce et à l’Industrie et neveu de l’ancien président, s’est lui aussi porté candidat à la succession. Plus jeunes que la veuve Christine Kaseba-Sata, ces derniers ne jurent que par l’héritage du parent disparu et se proposent de mettre leur jeunesse et leur entrain au service de la réalisation de ses rêves.

    Héritage

    Elu démocratiquement en 2011, Michael Sata laisse un héritage pour le moins ambigü, entaché de dérives autoritaires et de renonciations à la plupart de ses engagements en faveur des pauvres et des laissés-pour-compte du développement zambien. Classé parmi les pays néo-émergents, la Zambie enregistre depuis dix ans une croissance supérieure à 6%. Le pays tire profit de ses exportations de cuivre, dont il est le 7e producteur mondial, et de sa politique d’industrialisation à marche forcée, inspirée du modèle chinois.

    Or malgré la croissance, 64% de la population zambienne vit encore dans le dénuement. Sata est arrivé au pouvoir en faisant campagne pour un meilleur partage de la prospérité et pour réduire l’influence chinoise sur l’économie du pays. Ces promesses n’ont pas été tenues. Les trois années de présidence de Michael Sata ont été marquées au contraire par le resserrement des liens avec la Chine et l’approfondissement du fossé entre l’élite et le petit peuple.

    Le président intérimaire Guy Scott, qui est issu de la gauche, souhaiterait réorienter la politique économique, mais son temps est compté. Fils d’immigrants écossais, Guy Scott ne peut pas prétendre à la présidence car la Constitution stipule que pour être candidat à la magistrature suprême les deux parents doivent être nés en Zambie. La mission de Scott, premier président blanc de l’Afrique postcoloniale, consiste à conduire le pays et ses 15 millions d’habitants à des élections anticipées.

    Succession

    La bataille pour la succession de Sata a commencé avant même la mort de ce dernier. L’homme était malade depuis plusieurs mois et se rendait régulièrement à l’étranger pour se faire soigner. Il est décédé à Londres où il était sous traitement pour une maladie dont la nature n’a jamais été révélée au grand public. En l’absence de l’homme fort, des vocations se sont affirmées au sein d’un parti au pouvoir en manque de leadership.

    D’où un trop-plein de candidatures au sein du FP. Son comité exécutif, qui se réunira cette semaine (le jeudi 27 novembre), devra choisir parmi les dix prétendants déclarés son nouveau chef pour succéder à Sata. Le candidat le plus en plus en vue est Edward Lungu, l’actuel ministre de la Défense et le secrétaire général du parti au pouvoir. L’homme jouit d’une immense popularité auprès notamment des jeunes adhérents du FP. Son récent limogeage de son poste de secrétaire général par le président par intérim Guy Scott a conduit à des débordements violents, obligeant le gouvernement à revenir sur sa décision. Les observateurs craignent que les intenses rivalités entre les différents candidats à la succession de Michael Sata ne débouchent sur l’explosion du parti fondé par ce dernier.

    C’est sans doute pour éviter une scission possible que le nom de la veuve Sata a été avancé comme la candidate du parti au pouvoir à la présidentielle anticipée du 20 janvier. Dans un communiqué publié après la remise formelle de sa candidature pour diriger le parti, Christine Kaseba-Sata a déclaré qu’elle n’était la candidate d’aucune faction et qu’elle s’engageait à restaurer l’unité et l’ordre si elle était désignée. « Depuis le décès de mon mari, c’est avec une profonde tristesse que j’observe, a-t-elle déclaré, les drames qui frappent le parti et ses divisions grandissantes. Il est urgent de rapprocher les différentes factions du parti et de consolider les acquis de l’époque du feu président. »

    Cartel

    Selon les médias locaux, la candidature de l’ancienne première dame n’a pas été très bien accueillie par le grand public zambien, qui voit d’un mauvais œil toute cette agitation de la part d’une femme encore en période de deuil. Les Zambiens n’aiment pas non plus voir les enfants de Michael Sata se précipiter pour prendre sa place vacante. D’aucuns estiment que l’ancienne première dame est instrumentalisée par le « cartel » qui évolue dans son entourage, et dont le chef ne serait autre que le président par intérim Guy Scott. En la faisant élire à la tête du pays, celui-ci voudrait, dit-on, préserver son propre avenir.

    La pléthore de candidats dans le camp du parti au pouvoir aurait pu profiter à l’opposition, mais la division est également de mise du côté des opposants au régime. Le Mouvement pour une démocratie multipartite qui a gouverné la Zambie jusqu’à 2011, avant l’élection de Sata, est divisé sur le candidat à présenter. Ses militants sont tiraillés entre l’ancien président de la Zambie Rupiah Banda, et le président du parti Nevers Mumba, qui est également intéressé par le poste. Avec tant d’ambitions qui s’entrechoquent, la « transition en douceur » qu’appelait de tous ses vœux la présidente de la commission de l’Union africaine lors des funérailles de Michael Sata, paraît compromise.

    RFI

  • RDC: les défaillances de l’armée lors des massacres à Béni

    RDC: les défaillances de l’armée lors des massacres à Béni

    fardc-Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), dans la région de Béni, la confusion règne autour des massacres des dernières semaines qui ont fait plus de 200 morts et qui n’ont pas été revendiqués. Parallèlement, un rapport de douze députés du parti au pouvoir et de l’opposition qui se sont rendus sur place fin octobre – et dont RFI a obtenu une copie – jette une lumière nouvelle sur les évènements des dernières semaines et notamment sur les défaillances au sein de l’armée congolaise sur place.

    Pendant cinq jours, les douze députés se sont entretenus avec les autorités et les habitants de Béni. Ils ont aussi rencontré des survivants et des témoins des attaques à Eringeti, Ngadi et Oicha, trois localités où des tueries ont eu lieu courant octobre.

    Première remarque, selon ces députés, le système d’alerte a été un échec. A plusieurs reprises, la population et les services de renseignement ont signalé l’imminence d’une attaque aux forces de l’ordre – après avoir reçu des tracts, par exemple – mais à chaque fois, aucune disposition n’a été prise. A chaque fois également, la police ou l’armée sont intervenues tardivement. Plus grave, le rapport cite plusieurs cas où des personnes, censées coordonner la protection de la population, n’ont pas fait leur travail.

    Ce fut, par exemple, le cas dans la localité de Ngadi, à 7 km du centre de Béni. Un major, prévenu qu’une tuerie était en cours, aurait menacé « de fusiller tout élément de son unité qui oserait intervenir ». Des menaces également proférées contre un colonel qui voulait se rendre sur les lieux de l’incident le lendemain. Cette nuit-là, trente personnes seront tuées.

    Un autre exemple, à Béni, fait état d’un commandant de la police qui aurait fermé les deux numéros verts mis en place par la Mission de l’ONU (Monusco) pour que la population puisse alerter la police en cas d’attaques.

    Les députés réclament une commission d’enquête parlementaire

    Enfin, à Eringeti, l’arrivée des secours pour stopper le massacre en cours, la nuit du 17 octobre, a été largement retardée par une dispute entre deux unités de l’armée présentes sur place.

    Pourquoi ces défaillances ? N’y aurait-il pas une implication de certains éléments de l’armée ou de la police dans ces tueries ? Le rapport des députés ne répond pas à cette question mais réclame une commission d’enquête parlementaire.

    Il relaye aussi la demande de la société civile de Béni, à savoir la mutation des fonctionnaires ou militaires en place depuis longtemps dans cette zone. Le président Joseph Kabila l’avait promis en décembre 2013 et l’a répété fin octobre lors de sa visite. A ce jour, aucune mutation ou changement dans l’armée n’a été annoncé.

    L’armée congolaise a par ailleurs annoncé avoir arrêté trente-quatre hommes armés et dix civils soupçonnés d’être impliqués dans le dernier massacre, le 20 novembre, dans trois localités situées à une dizaine de kilomètres de l’aéroport de Béni et qui a fait une centaine de morts. Vingt-quatre armes auraient également été saisies. Ces éléments sont cruciaux au moment où aucune de ces attaques n’a été revendiquée et au moment où les enquêtes pour identifier ces assaillants sont toujours en cours.

    RFI

  • Port de Matadi : le délai de dédouanement sera bientôt réduit à 15 jours

    Port de Matadi : le délai de dédouanement sera bientôt réduit à 15 jours

    Port de Matadi-Le commissariat provincial au Plan compte réduire le délai du dédouanement des marchandises au port international de Matadi (Bas-Congo). Il passera de soixante-trois à quinze jours. Le commissaire provincial, Simon Mboso Kiamputu, l’a annoncé lundi 24 novembre au cours d’une interview à Radio Okapi.
    Selon lui, cette mesure pourra être appliquée, d’ici 100 jours [au plus tard au début du mois de mars].
    « De 63 jours aujourd’hui, nous voulons ramener-dans 100 jours-le délai de dédouanement à 15 jours maximum. Au cours de l’année 2015, le délai de dédouanement doit être réduit de 7 jours », a promis Simon Kiamputu.
    Simon Mboso Kiamputu a indiqué que cette action vise à améliorer le climat des affaires.
    « Quand on réduit le temps, on réduit aussi le coût. Les axes sur lesquels nous travaillons concernent essentiellement l’amélioration du climat des affaires », a-t-il poursuivi.
    Le commissaire provincial a aussi souhaité que le guichet unique soit installé à Matadi.

    Cela permettra de créer une entreprise en trois jours, a-t-il ajouté.
    Pour y parvenir, son institution compte appuyer la Direction générale de douane et accises (DGDA), la Société congolaise de ports et transport (SCPT), l’Office congolais de contrôle (OCC) et tous les services habilités à fonctionner au port.
    Le port de Matadi est réputé être le plus cher au monde. Des opérateurs économiques y dénoncent la multiplicité des taxes illégales.
    En 2012, le Premier ministre Augustin Matata Ponyo avait pris une série de décisions pour lutter contre la fraude au port de Matadi et faciliter la fluidifié du trafic à cette frontière.
    Parmi ces mesures, il y avait notamment la suppression de certaines taxes illégales, la mise en place d’un ordre opérationnel devant faire respecter le décret présidentiel de 2002 fixant à quatre le nombre des services devant opérer aux différents postes frontaliers et la radiation des agences en douanes inciviques opérant en RDC.

    Radio Okapi
  • Les violences faites aux femmes, un sujet toujours tabou

    Les violences faites aux femmes, un sujet toujours tabou

    violence-Le monde se mobilise, ce mardi 25 novembre, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Filles des rues de République démocratique du Congo, victimes de violences domestiques en Afrique du Sud ou de mutilations génitales en Côte d’Ivoire : sur le continent africain, les abus sont multiples, mais restent peu dénoncés.

    On évoque régulièrement les viols massifs commis dans l’est de la République démocratique du Congo – région secouée par des années de conflits. Mais dans la capitale, Kinshasa, les violences faites aux femmes sont également un vrai problème. Plus de 20 000 enfants atterrissent et vivent dans les rues de la capitale. Près d’un sur deux est une fille ; des jeunes filles mineures qui, pour 70% d’entre elles, subissent régulièrement des viols et sont maltraitées. Depuis 1999, l’ONG Médecins du monde a mis en place un programme d’aide et d’éducation sexuelle qui leur est destiné.

    En RDC, le calvaire des filles des rues

    Vêtue d’un vieux t-shirt et d’une jupe trop grande, micro en main, Cilia fait son show devant ses amies, hilares. Comme toutes les adolescentes du monde… sauf que toutes celles qui sont présentes vivent dans la rue. « J’ai quitté ma maison quand ma mère est partie en Angola. Mon père s’est remarié, mais avec ma belle-mère, ça n’allait pas », raconte Mado, 15 ans, l’une d’entre elles.

    Célestine, 15 ans également, a une longue cicatrice sur le biceps, et les jambes marquées par des blessures. Elle raconte son quotidien depuis 3 ans : « Dans la rue, c’est difficile de trouver à manger. Tu risques toujours de te faire taper. Même si tu gagnes de l’argent en faisant des passes, les garçons peuvent te le prendre, et ils peuvent te violer comme ça. »

    La plupart des filles qui viennent se laver ou se reposer dans ce centre de quartier ont fui des foyers en crise. Maltraitées par une belle-mère, ou abandonnées par un père, elles atterrissent dans la rue, se font violer et se prostituent pour survivre. Une activité difficile à abandonner, comme l’explique Liliane, chargée de leur accompagnement psycho-social : « Un enfant qui est habitué à se prostituer est indépendant. Il veut être libre. A la maison, il était insulté, maltraité, mais dans la rue, il a développé un autre système. Alors il veut se prendre en charge lui-même », explique Liliane, qui tâche de sensibiliser les jeunes femmes : « On leur montre qu’avec le préservatif, elles n’auront pas de grossesse, elles ne vont pas attraper de maladies. »

    Le travail est lent et délicat, tant les filles quand elles arrivent, ne connaissent rien du Sida et du fonctionnement de leur corps. Mado, 15 ans, a accouché il y a trois mois : « Avant de venir au centre, je ne savais rien du Sida ou de l’ovulation. On m’avait juste dit que pendant les trois jours de règles, il ne fallait pas avoir de rapport, mais c’est tout. »

    Aujourd’hui, Mado a un contraceptif sous forme d’implant pendant cinq ans. Mais des milliers d’autres n’ont pas cette chance. Depuis 15 ans, l’ONG Médecins du monde accompagne les filles des rues, et distribue préservatifs et méthodes contraceptives. Soixante centres d’accueil ont été montés à Kinshasa, mais seuls deux acceptent d’accueillir les filles enceintes, dans une société conservatrice et marquée par la religion.

    En Côte d’Ivoire, des centres existants mais méconnus

    À Abidjan, le centre de prévention et d’assistance aux victimes de violences sexuelles Pavvios se cache derrière la maison des jeunes d’Attecoubé. Ce centre, rattaché au ministère de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, est méconnu. Il permet pourtant aux « survivantes », comme on les appelle ici, de trouver une aide précieuse, voire un dortoir en cas d’urgence.

    Car en Côte d’Ivoire, les femmes sont parfois victimes de mutilations génitales et de violences conjugales, mais elles sont surtout touchées par les viols – un phénomène amplifié avec les années de crise. Des structures publiques et gratuites existent à Abidjan. « Nous prenons en charge le certificat médical, les produits pharmaceutiques et les examens que le médecin demande, détaille Jules Kouassi, chargé de la sensibilisation au centre Pavvios. Il y a aussi un psychologue, qui reçoit les victimes pour leur donner de l’assurance, pour qu’elles ne se sentent pas coupables. Nous avons reçu des enfants de deux ans ici, qui ont été violés. Il ne faut laisser cela impuni. »

    C’est l’association des femmes juristes qui accompagne gratuitement les victimes dans les méandres des procédures. En Côte d’Ivoire, faute de Cour d’assises, le viol est correctionnalisé en « attentat à la pudeur ». Aimée Zebeyoux, la présidente de l’association, assure que les sanctions suivent. Mais le problème est le manque de dénonciations : « Dans les commissariats, les gens qui portent plainte n’ont pas d’assistance. Il y a un arrangement à l’amiable qui se fait, ce sont des sujets un peu tabous. » L’association intervient aussi à l’intérieur du pays – là où les violences basées sur le genre passent souvent inaperçues – à travers des cliniques juridiques.

    En Afrique du Sud, des lois adaptées mais une application problématique

    En Afrique du Sud, ce mardi 25 novembre marque le début d’une campagne de seize jours pour lutter contre ce fléau. Le pays détient le triste record du nombre de viols de femmes, mais également de petites filles. Face à l’augmentation de cette violence, de nombreuses Eglises se sont jointes à la campagne cette année. L’année dernière, plus de 46 000 viols ont été enregistrés par la police sud-africaine, mais le chiffre est probablement dix fois plus élevé. Par ailleurs, plus de 1000 femmes ont succombé à des violences domestiques.

    Pour le révérend Lisubeng, ce fléau touche tout le monde : Blancs, Noirs, pauvres et riches, et détruit des familles entières. « Ces abus contre les femmes et les enfants n’arrivent pas simplement ailleurs : cela se passe dans nos Eglises. Nous connaissons certaines de ces femmes, ainsi que leurs maris, qui sont des membres de l’Eglise, assure le révérend Lisubeng.Une fois, une femme est venue vers moi, et m’a dit qu’elle servait de « punching-ball » à son mari. Beaucoup de ces femmes viennent me confier ce genre de choses. A ce rythme, elles vont finir par être tuées. »

    La pauvreté et les inégalités expliquent partiellement ce niveau de violence. Mais pour le révérend Jessie, il y a aussi le poids d’une histoire mal digérée : « Je pense également que cela vient de l’apartheid. Je pense que nous n’avons pas encore digéré la colère provoquée par ce que nous a fait l’apartheid. Oui, il ya eu la commission vérité et réconciliation, mais je pense qu’on ne mesure pas à quel point l’apartheid nous a détruits en tant qu’êtres humains, que l’on soit Blancs ou Noirs. »

    Absence de campagne nationale

    Face à cette violence, les organisations de protection des femmes sud-africaines déplorent l’absence de campagne nationale. Pour l’activiste Nondumiso Nsibande, le gouvernement ne fait pas assez : « Il n’y a pas vraiment de volonté politique et de leadership pour résoudre ce problème de violences envers les femmes. Une campagne de sensibilisation de seize jours est lancée, mais nous pensons que cela devrait durer toute l’année. Il nous faut un plan national de lutte pour éradiquer la violence contre les femmes et les filles », estime l’activiste.

    Nondumiso Nsibande estime que les lois sud-africaines sont adaptées, mais que c’est leur application qui est problématique : « La loi sur la violence domestique, par exemple, est très bien. Mais le problème, c’est que les postes de police ne sont pas équipés : ils n’ont pas de voitures pour aider les victimes, ou même simplement pour aller les chercher. Et puis il faut les former : souvent, quand une victime de violence domestique se présente au poste, on va lui dire qu’il faut régler ça à la maison, que c’est une affaire privée qui ne regarde pas la police. »

    Ces violences ne sont pas une particularité du continent africain. En France, une femme décède tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Chaque année, plus de 216 000 femmes y sont victimes de violences commises par leur partenaire. Seules 16% déposent plainte. Par ailleurs, toujours en France, 86 000 femmes rapportent avoir été victimes de viol ou de tentative de viol.

    RFI
  • Neuf camions toujours en feu à la frontière RDC-Zambie

    Neuf camions toujours en feu à la frontière RDC-Zambie

    camion_1-Neuf camions étaient toujours en feu mardi après-midi près de la frontière entre la République démocratique du Congo (RDC) et la Zambie, au lendemain du déclenchement d’un énorme incendie sur un parking douanier, a constaté un journaliste de l’AFP.

    Quatre camions de pompiers se relayaient pour éteindre les flammes qui consumaient encore ces véhicules peu avant 15H00 heures locale (13H00 GMT) sur le parking de la Direction générale des douanes et accises (DGDA) de Kasumbalesa (sud-est), poste-frontière entre la RDC et la Zambie, à environ 90 km au sud de Lubumbashi, deuxième ville du Congo et capitale de la province minière du Katanga.

    Les neuf véhicules en feu contenaient de l’huile de palme et d’autres produits inflammables. Autour des flammes, gisaient une cinquantaine d’autres camions calcinés.

    L’incendie s’était déclaré lundi à une quinzaine de kilomètres de la frontière sur le parking d’un bâtiment de la DGDA, où les routiers doivent s’acquitter d’une taxe avant de rallier Lubumbashi.

    En dépit des flammes sur le parking, l’activité au poste de la DGDA semblait normal mardi après-midi, tout comme le trafic entre la frontière et Lubumbashi.

    Lundi soir, un bilan encore provisoire communiqué par un responsable local faisait état de deux personnes tuées et 10 autres brûlées, dont sept très grièvement, dans ce drame.

    Des centaines de camions transitent chaque jour par Kasumbalesa, seul point de passage officiel pour la sortie du minerai extrait des mines du Katanga et le ravitaillement de Lubumbashi et de sa région en produits, fournitures ou marchandises venus de toute l’Afrique australe.

    AFP
  • RDC: des déplacés de guerre brossent le portrait-robot de leurs agresseurs  mar, 25/11/2014 – 07:

    RDC: des déplacés de guerre brossent le portrait-robot de leurs agresseurs mar, 25/11/2014 – 07:

    mai-mai-con-rafia-De la farine sur le visage, des gris-gris attachés au corps, des flèches et des armes à feux, le goût du sang et du feu: les déplacés qui ont fui les miliciens Bakata-Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, dressent un portrait sombre de leurs agresseurs.

    “On les voyait arriver avec des flèches et des armes”, raconte Kalongo Musonda, 46 ans, dans le camp de Kipeto, dans la province du Katanga. “Ils venaient en chantant”, mime-t-il en tapant sur sa bouche par intermittence, laissant échappant un son aigu.

    “Ils avaient des culottes déchirées et avaient poudré leur visage avec de la farine. Ils avaient des cordes sur le bras où étaient attachées des fétiches”, renchérit Ghislaine Kibombe, une déplacée de 37 ans qui enseigne dans l’école du camp de Kipeto (à cinquante kilomètres au nord-ouest de Pweto), où étudient 150 enfants, dont 62 déplacés.

    Les gris-gris, Kasongo Tshombe n’y croit guère. “Ils portent des gris-gris pour faire semblant: quand la mort a sonné, les médicaments ne sont pas une parade”, explique ce relais communautaire de 49 ans travaillant dans le camp de Mwashi, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Pweto.

    Les maï-maï Bakata Katanga demandent l’indépendance du Katanga tout en réclamant une meilleure répartition des richesses entre le nord, déshérité, de la province et le sud, poumon économique du pays avec ses grandes mines de cuivre.

    Depuis 2012, ces rebelles sèment la désolation dans le “Triangle de la mort”, vaste territoire dont Pweto est l’un des sommets et où, selon l’ONU, ils multiplient meurtres, viols, pillages et incendies d’habitations ou de villages entiers.

    Ghislaine ne comprend pas comment “un groupe de civils pas lourdement armés” aient pu les “dépouiller de tout” ce qu’ils avaient, et que l’armée – qui n’avait pas de position proche à l’époque – soit venue “en retard, après qu’ils avaient tout détruit”.

    “Nous avons vu des scènes atroces: j’ai vu mon beau-frère abattu et on l’a décapité, comme ça!”, raconte M. Tshombe, encore très choqué.

    – ‘On va vous brûler!’-

    Sur la route de Kakolona, à une quinzaine de kilomètres au nord-est de Pweto, on croise quelques villages avec des ruines de maisons en briques incendiées par les rebelles. A Kakolona même, à côté de restes de maisons, des déplacés rentrés d’exil se sont réinstallés.

    “Entre janvier et octobre, 75 villages et 4.690 maisons ont été incendiés dans le territoire de Pweto. (…) Il y a un groupe qui ne fait que les vols et les extorsions, les autres ne font que les incendies”, déclare Jean-Pierre Ruti Mutembera, un des responsables de l’ONG International Emergency and Development Aid à Pweto.

    “Ils arrivent brusquement. Ils vous disent: +Vous ne voulez pas adhérer à notre mouvement? On va vous brûler!+. Les Bakata ont brûlé les maisons et frappé les hommes, et les enfants aussi. Ils ont brûlé le dispensaire, le poste de santé, les écoles”, raconte Marie-Louise Ngoy, maîtresse de l’école du camp de Mwashi.

    Qui sont ces miliciens? “Ce sont nos frères, nos oncles, nos cousins qui n’ont pas été à l’école et qui sont partis s’enrôler”, estime M. Tshombe, qui a créé une association pour prévenir une telle dérive, alors que de nombreux déplacés ne peuvent payer les deux dollars mensuels de frais de scolarité par enfant.

    A Kakolona, les militaires ont une petite position. Si la situation reste calme, explique le lieutenant, il est possible que la hiérarchie leur demande de partir.

    Cette perspective inquiète les déplacés. “S’ils demandent aux soldats de partir, dit Kadjiba Katombo, les maï-maï sauront qu’il n’y a plus de militaires et ça retombera sur nos têtes…”

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    AFP
  • Gabon : Pierre Péan, le scandale de trop

    Gabon : Pierre Péan, le scandale de trop

    Pierre-Pean-Filiation douteuse, diplômes truqués, malversations, instigation d’assassinats… Dans son dernier livre, Pierre péan fait d’Ali Bongo Ondimba le diable en personne. Mais l’outrance est parfois mauvaise conseillère.

    Quelle mouche a donc piqué Pierre Péan ? L’écrivain-journaliste français, 76 ans, trente-trois ouvrages, souvent à succès, au compteur, crée encore la polémique avec Nouvelles Affaires africaines. Mensonges et Pillages au Gabon, sorti chez Fayard le 29 octobre. Deux cent cinquante pages au vitriol, quasi exclusivement consacrées à Ali Bongo Ondimba (ABO), fils de feu Omar – qui inspirait à Péan une fascination certaine.

    À en croire l’auteur, l’actuel chef de l’État est le diable en personne… Il ne serait pas gabonais et n’aimerait guère ses concitoyens, lui, le Biafrais adopté par Omar parce que l’épouse de celui-ci, Joséphine Kama – alias Patience Dabany -, aurait été stérile (Péan ne dit mot de sa soeur disparue, Amissa, dont on se demande alors comment elle a pu naître “normalement”).

    Il ne serait pas titulaire d’un doctorat en droit public de l’université Panthéon-Sorbonne, n’aurait pas été élu en 2009 (Péan a pourtant affirmé l’inverse, en 2011, à la télévision gabonaise : “[Son] élection est remarquable car il n’y a pas eu bourrage des urnes ou triches, ce qui est assez exceptionnel dans la région”), serait un voleur entouré d’une “légion étrangère” mafieuse, et même un assassin.

    Pour couronner le tout, le chef de l’État serait un adepte du vaudou et un homme aux moeurs douteuses.

    Ses victimes supposées : Georges Rawiri, l’ancien président du Sénat, empoisonné, et Jean-Pierre Lemboumba, cible d’une tentative de meurtre mais aujourd’hui conseiller d’ABO (une “victime”, donc, frappée d’amnésie ou vraiment pas rancunière). Pour couronner le tout, le chef de l’État serait un adepte du vaudou et un homme aux moeurs douteuses.

    La dérive du journaliste devenu pamphlétaire

    Ce livre, mal édité (trop vite en tout cas) et mal écrit (Péan n’a jamais brillé en la matière), illustre la dérive d’un journaliste qui s’est mué en pamphlétaire sans jamais le reconnaître. Voilà près de dix ans que Péan n’est plus Péan. Depuis Noires Fureurs, blancs menteurs (2005), consacré au Rwanda de 1990-1994, puis avec Le Monde selon K. (2009), sur Bernard Kouchner, ou Carnages. Les Guerres secrètes des grandes puissances en Afrique (2010), il s’attaque ad nauseam à tous ceux qui, selon lui, tels Kagamé ou ABO, s’en prennent à la France, à ses intérêts ou à son armée. Avec des relents de nationalisme cocardier, d’antiaméricanisme primaire et la conviction que la CIA trame avec le Mossad un vaste complot mondial.

    Outre le fait que son récit est truffé d’inexactitudes, voire d’erreurs historiques (notamment quand il explique qu’il ne se passait rien à Brazzaville en 1959, alors que Laris et Mbochis s’affrontaient violemment sous les ordres de Fulbert Youlou et de Jacques Opangault), le vrai problème concerne son “enquête”, celle d’un procureur qui ne se rend même plus sur les lieux évoqués.

    Ses “sources” ? La rumeur, le fameux kongossa gabonais, qu’il transforme sans sourciller en vérité, les journaux d’opposition cités à l’envi, une pléthore d’anonymes, et les ennemis d’ABO. Jamais il n’a tenté de vérifier ses “informations” auprès des intéressés. Pis, il fait parler des morts – Omar Bongo, Jacques Foccart, Maurice Delaunay – qui ne le contrediront évidemment jamais.

    Plainte en diffamation

    Dernière ombre au tableau : le contrat envoyé par le sulfureux homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine au Palais du bord de mer proposant, moyennant plus de 10 millions d’euros, de surseoir à la parution dudit ouvrage. Si Péan nie être à l’origine de la manoeuvre, il s’est montré pour le moins imprudent en demandant à plusieurs reprises, entre janvier et mars 2014, à Alain-Claude Bilie-By-Nze, porte-parole d’ABO, de recruter l’un de ses amis, Jean-Louis Gros.

    Bizarre, compte tenu de l’idée qu’il se fait du Gabon d’Ali. Et troublant, quand on sait que l’article 4 du contrat proposé par Takieddine comporte une clause visant à “procéder au règlement immédiat du contentieux en suspens portant sur des engagements existant entre [la présidence] et la personne qui lui a été désignée par M. Pierre Péan”. Serait-il ici question de Jean-Louis Gros et de son recrutement ?

    Pour l’ensemble de cette “oeuvre”, Péan a rendez-vous avec la justice : une plainte en diffamation a été déposée le 7 novembre, pour le compte d’ABO, devant le tribunal de grande instance de Paris.

    Jeuneafrique.

  • USA: Meurtre policier à Fergusson-Florissant- La décision du grand jury

    USA: Meurtre policier à Fergusson-Florissant- La décision du grand jury

    Meurtre policier à Fergusson-Florissant: La décision du grand jury

    Une journée sombre pour la Justice démocratique et triste pour l’Humanisme universel

    Par Joël Asher Lévy-Cohen

    Marteau-de-Justice-Le grand jury d’accusation de Clayton, dans l’État du Missouri, a finalement rendu sa décision. Selon le procureur de l’État Robert McCullouch qui a, pratiquement, conduit et encadré cette procédure judiciaire, celui-ci n’a vraiment trouvé aucune évidence ou aucune indication susceptible de porter des accusations criminelles contre le constable Darren Wilson de Ferguson-Florissant. Pour rappel, ce policier blanc a violemment ôté, le 9 août, la vie à Michaël Brown Jr, un jeune africain-américain de 18 ans.

    Force est de constater que le prononcé de cette décision du grand jury a indéniablement provoqué une vive émotion et une colère incontrôlable de la part des manifestants visiblement sonnés dont le slogan mobilisateur et évocateur est ‘‘No Justice No Peace’’. En effet, celui-ci a été immédiatement suivi de manifestations insurrectionnelles totalement aux antipodes de vœux de la famille de la très regrettée victime, de recommandations du gouverneur de l’État Jay Nixon et de directives du président des États-Unis d’Amérique Barack Hussein Obama. Tout ce beau monde a solennellement appelé au respect du verdict, à la tolérance mutuelle et à l’organisation des manifestations pacifiques, d’ailleurs au cœur des lois constitutionnelles du pays.

    Reste que cette décision du grand jury d’accusation qui exonère le policier Darren Wilson de toute poursuite criminelle, était, en principe, très attendue. Celle-ci ne fait point exception dans la mesure où, en Amérique du Nord, – États-Unis d’Amérique et Canada compris –, les Institutions étatiques sont toujours protégées et exonérées de toutes accusations criminelles dès lors qu’elles sont matériellement impliquées dans le meurtre d’un citoyen. Comme quoi la loi de l’État – qui est le plus fort dans la société – est toujours la meilleure.

    Une chose est sûre et certaine, l’affaire Michaël Brown aura révélé que les États-Unis d’Amérique conservent, au-delà des avancées notables, des vestiges d’Apartheid institutionnel dont le symbole est effectivement Ferguson-Florissant. En effet, cette bourgade sinistrée, littéralement broyée par le chômage et la pauvreté, l’exclusion et la désespérance, composée majoritairement d’Africains-américains, est quadrillée par une police quasi-exclusivement blanche. Force est d’admettre que cet aspect ségrégationniste est également renforcée par la configuration raciale du grand jury chargé de décider du sort d’un policier blanc impliqué dans le meurtre d’un civil noir. Sur les 12 jurés sélectionnés, il y avait 7 femmes et 5 hommes, 3 Africains-américains et 9 blancs caucasiens. Par conséquent, la cause dans cette affaire qui fragilise davantage la cohésion de la société américaine, n’était-elle pas déjà entendue ?

    Joël Asher Lévy-Cohen

    Journaliste indépendant

  • Droits de l’homme au Rwanda : la FIDH tire la sonnette d’alarme

    Droits de l’homme au Rwanda : la FIDH tire la sonnette d’alarme

    RWANDA-Au Rwanda, la FIDH dénonce l’ingérence des autorités dans le fonctionnement de la Liprodhor, la Ligue rwandaise des droits de l’homme. Ce dimanche, la police a empêché la tenue d’une assemblée générale de la Liprodhor. Et vendredi dernier, deux membres de la Ligue rwandaise des droits de l’homme ont été arrêtés.

    Vendredi, deux militants de la Ligue de défense des droits de l’homme avaient été arrêtés par la police. Une cinquantaine de militants avaient signé une lettre pour convoquer une assemblée générale et élire un nouveau bureau de l’association. Ils estiment que la direction actuelle de la Liprodhor est sous le contrôle du gouvernement. C’est aussi l’avis de la Fédération internationale des Ligues des Droits de l’Homme. Son responsable Afrique, Florent Geel dénonce le blocage de l’assemblée générale par la police et accuse le Rwanda d’avoir réduit à néant la liberté d’association : « L’action des autorités rwandaises aujourd’hui, en empêchant la Liprodhor, une des dernières organisations indépendantes de défense des droits de l’homme, de tenir son assemblée générale est absolument inacceptable. On considère aujourd’hui qu’il n’y a plus de liberté d’association et plus de liberté de réunion au Rwanda. Maintenant c’est manifeste. »

    « Inquiétant pour la situation démocratique au Rwanda »

    Pour la FIDH, les autorités rwandaises n’admettent pas que la Liprodhor puisse choisir librement ces dirigeants : « Ils n’admettent pas que la Liprodhor puisse choisir librement ces dirigeants.Ils n’admettent pas non plus qu’il puisse y avoir une voie différente qui exprime des préoccupations en matière des droits humains au Rwanda. Et ça, c’est très préoccupant. Quant on n’a plus de voies différentes, de contre-pouvoir, de presse indépendante, de presse libre, effectivement, la liberté et la démocratie meurent et c’est malheureusement ce qui est en train d’avenir au Rwanda et c’est un signal extrêmement inquiétant pour la situation démocratique du Rwanda. »

     RFI