Author: Don Kayembe

  • RDC: la Grande-Bretagne suspend son aide à la réforme de la police

    RDC: la Grande-Bretagne suspend son aide à la réforme de la police

    Police contre civil-Le Royaume-Uni a décidé de suspendre son aide à la réforme de la police congolaise. Cette décision des autorités britanniques fait suite à un rapport des Nations unies, dévoilé le 15 octobre dernier, qui accuse des policiers d’avoir assassiné ou fait disparaître plusieurs dizaines de personnes lors d’une opération antibanditisme menée à Kinshasa.

    La Grande-Bretagne a décidé de suspendre son programme d’aide à la réforme de la police congolaise. Il s’agit de la première mesure de rétorsion de Londres après la publication de deux rapports très critiques sur la police congolaise : l’un des Nations unies publié le 15 octobre, l’autre de l’ONG Human Rights Watch (HRW), paru du 17 novembre. Tous deux accusent des policiers d’avoir assassiné ou fait disparaître une quarantaine de personnes lors de l’opération Likofi, une opération antibanditisme menée à Kinshasa de novembre 2013 à février 2014.

    La décision de la Grande-Bretagne s’appuie sur le rapport de l’ONU, selon lequel des éléments de la police congolaise se sont rendus coupables de violations des droits de l’homme. Les Nations unies accusent les forces de l’ordre d’avoir exécuté neuf personnes et d’en avoir fait disparaître 33 autres. L’ONG américaine Human Rights Watch va plus loin que le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme en RDC, en affirmant que des policiers ont tué au moins 51 jeunes hommes et adolescents entre novembre 2013 et février 2014.

    Les Britanniques demandent une enquête

    L’ambassadeur de Grande-Bretagne a communiqué cette décision aux autorités congolaises, il y a près de deux semaines, lors d’une réunion avec le ministre de l’Intérieur congolais Richard Muyejn, alors que les ambassadeurs étaient venus s’enquérir des mesures prises par les autorités pour punir ces bavures. Les Britanniques font dépendre la poursuite de leur coopération policière avec la République démocratique du Congo aux actions entreprises par les autorités pour faire la lumière sur cette opération. Ils demandent à ce que les autorités congolaises enquêtent véritablement et punissent les auteurs de ces bavures. Les ambassadeurs ont également réclamé la liste et l’identité des policiers qui auraient déjà été condamnés, comme l’affirment les autorités.

    Les Etats-Unis suspendent leur projet de coopération

    De son côté, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mendé, a déclaré regretter cette décision. Celui-ci affirme ne pas comprendre qu’un programme de coopération puisse être basé sur ce genre d’exigences. Les Britanniques sont l’un des principaux bailleurs pour la réforme de la police congolaise. Cette mesure de rétorsion est donc importante, même si leur programme de coopération avec la RDC, qui a débuté en 2009 avec un budget de 76 million d’euros, devait de toute façon s’achever l’année prochaine. Reste que les Etats-Unis, lors de cette même réunion et pour les mêmes raisons avancées par la Grande-Bretagne, ont annoncé qu’il suspendaient un projet de coopération policière qui devait commencer l’année prochaine.

    RFI

  • Hollande met Kabila en garde: «On ne change pas l’ordre constitutionnel par intérêt personnel»

    Hollande met Kabila en garde: «On ne change pas l’ordre constitutionnel par intérêt personnel»

    kabila- francois h.-Le président français François Hollande a mis en garde jeudi, à deux jours d’un sommet de la Francophonie à Dakar, les dirigeants africains qui seraient tentés de modifier la Constitution de leur pays pour rester au pouvoir, prenant l’exemple de la chute de Blaise Compaoré au Burkina Faso.

    Le départ forcé du pouvoir de Blaise Compaoré, « peut servir de leçon à beaucoup de chefs d’Etat, pas seulement en Afrique », a déclaré M. Hollande aux chaînes de télévision France 24 et TV5 Monde et à Radio France Internationale (RFI). « On ne change pas l’ordre constitutionnel par intérêt personnel », a-t-il lancé. Le président était interrogé notamment sur la situation de la République démocratique du Congo (RDC), du Congo (Brazzaville) ou du Rwanda.

    « Quand on fait voter des peuples pour des Constitutions à travers des référendums, on ne peut pas les modifier impunément. Quand un chef d’Etat reste plusieurs mandats de suite, et qu’à un moment il est fixé une limite d’âge ou il est fixé un nombre de mandats qui ne peut pas être dépassé, il ne peut pas en être décidé autrement. C’est ce qui s’est passé au Burkina », a-t-il insisté.

    « La France n’est pas en tutelle des pays africains »
    Des manifestations populaires ont provoqué le 31 octobre la démission de M. Compaoré qui avait l’intention de réviser la Constitution afin de se maintenir au pouvoir, après 27 années de règne. M. Hollande a rappelé qu’il avait mis en garde M. Compaoré, et lui avait écrit pour lui proposer son soutien pour qu’il puisse prendre des responsabilités internationales en quittant le pouvoir dans son pays.

    Interrogé sur les pays où les dirigeants peuvent rester en place sans limitation de temps, tels que le Tchad, le Cameroun, le Gabon ou le Togo, M. Hollande a estimé que dans ce cas, il fallait s’assurer que les élections soient « libres, plurielles et démocratiques ».

    « La France n’est pas en tutelle des pays africains », a-t-il dit, citant comme exemple de bonne gouvernance la Tunisie, qui élit actuellement un nouveau président.

    Le Soir

  • La justice sud-africaine acquitte 15 Congolais accusés de complot anti-Kabila

    La justice sud-africaine acquitte 15 Congolais accusés de complot anti-Kabila

    Etienne Kabila-La justice sud-africaine a acquitté et libéré faute de preuves vendredi quinze des vingt ressortissants de République démocratique du Congo (RDC) emprisonnés depuis près de deux ans en Afrique du Sud, accusés de complot visant à assassiner leur président Joseph Kabila.

    Le juge a levé l’ensemble des charges suivant les recommandations du procureur, a constaté l’AFP à l’audience à Pretoria, à l’issue de laquelle les quinze sont ressortis libres, mais “très en colère”, a dit l’un d’eux, pour avoir été “en prison pendant deux ans pour rien” et exposé, selon un autre, à la “torture” durant leur détention.

    “Les nombreux témoins qui ont été entendus ont clairement montré que les charges contre ces quinze accusés n’était pas aussi lourdes que ce que pensait l’accusation. Je suis ravi pour les quinze acquittés mais je demeure inquiet pour ceux qui restent incarcérés”, a déclaré l’avocat de quatorze prévenus, Me Thesigan Pillay.

    A leur sortie du tribunal, les anciens détenus qui avaient comparu les chaînes au pied ont été accueillis par une cinquantaine de soutiens qui ont lancé des slogans anti-Kabila.

    “Depuis le début, je savais que ce jour arriverait, car j’étais innocent. Mais je suis très en colère car on a décidé de nous mettre en prison pendant deux ans pour rien!”, a regretté James Jacob Mapima, l’un des accusés libéré.

    Dès leur sortie, les prévenus ont aussi affirmé avoir subi des mauvais traitements durant leur incarcération.

    “Il vaut mieux vivre en enfer qu’être en prison en Afrique du sud. J’ai passé 21 mois, 23 heures par jour, enfermé dans une cellule d’un mètre carré. J’ai aussi fait partie des gens qui ont été torturés et envoyés à l’hôpital”, a déclaré David Muyembi, un autre ancien prévenu.

    Cinq hommes restent poursuivis pour “activités mercenaires” et “conspiration en vue d’assassinat”, notamment Etienne Kabila qui se présente comme le demi-frère du président congolais et considéré comme le leader de ce groupe de rebelles présumés.

    Etienne Kabila a néanmoins été remis en liberté surveillée contre une caution de 10.000 rands (720 euros), tandis que les quatre derniers accusés qui plaident tous non coupable restent incarcérés à Pretoria.

    Les vingt hommes avaient été interpellés par les autorités sud-africaines le 5 février 2013, grâce au travail d’un policier infiltré à leurs côtés pendant six mois. Ce dernier avait ainsi filmé de nombreuses rencontres et échangé des mails accréditant la thèse de la préparation d’un coup d’Etat.

    Les accusés estiment quant à eux avoir été victimes d’un complot piloté par Kinshasa et la police sud-africaine. Selon eux, ils s’étaient réunis pour suivre une formation de gardien de sécurité avant d’être arrêtés.

    Le procès a été ajourné jusqu’au 26 janvier prochain. Les cinq accusés toujours poursuivis risquent plusieurs années de réclusion, s’ils sont reconnus coupables.
    AFP

  • Francophonie : candidats au poste de secrétaire général, leurs atouts et leurs faiblesses

    Francophonie : candidats au poste de secrétaire général, leurs atouts et leurs faiblesses

    Candidats francophonie-Dimanche à Dakar, les chefs d’États membres de la Francophonie éliront le nouveau secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Présentation des points forts et faibles des cinq prétendants.
    Dans l’histoire de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), la course à la succession à Abdou Diouf au poste de secrétaire général, est une première. Pendant des mois, les candidatures (parfois éphémères) se sont succédées. Certains prétendants ont mené des campagnes très intenses, à l’image de la canadienne Michaëlle Jean (CN), qui a voyagé sur les cinq continents.

    Dans cette dernière ligne droite (l’élection aura lieu dimanche 30 novembre, dans le huis clos des chefs d’États, lors du Sommet de la francophonie de Dakar) cinq candidats officiellement présentés par leur pays, sont toujours en course. Quels sont les points forts et les points faibles de chacun ? Revue de détails, en gardant à l’esprit qu’un nouveau candidat peut toujours sortir du chapeau à la dernière minute.
    Michaëlle Jean (Canada)
    Passez la souris sur le pictogramme vert (à gauche) pour faire apparaître les points forts, sur le rouge pour les points faibles.

    Jean-Claude de l’Estrac (Maurice)Pierre Buyoya (Burundi)

    Henri Lopes (Congo-Brazzaville)Agustin Nze Nfumu (Guinée équatoriale)

  • RDC: MST denonce une situation inacceptable dans la lutte contre le sida

    RDC: MST denonce une situation inacceptable dans la lutte contre le sida

    Ruban-SIDA-Plus de 80% des personnes atteintes du sida en République démocratique du Congo n’ont pas accès à un traitement et cette situation est “inacceptable”, a dénoncé vendredi Médecins sans frontières (MSF).
    “Plus de 80% des 440. 000 personnes vivant avec le VIH/sida en RDC sont toujours en attente du traitement qui pourrait leur sauver la vie”, s’indigne l’organisation humanitaire dans un communiqué, à quelques jours de la journée internationale de lutte contre le sida, le 1er décembre.
    “Aujourd?hui les patients meurent avant d?avoir eu accès au traitement qui leur sauverait la vie, c?est inacceptable”, écrit MSF expliquant qu’un quart des patients qui arrivent dans un centre hospitalier qu’ils gèrent à Kinshasa décèdent, alors qu’un malade correctement soigné peut mener une vie normale.
    Selon MSF, seuls 17% des malades du sida en RDC sont sous traitement, et le pays présente un retard de quinze ans dans la lutte contre l’épidémie, contrairement aux autres pays de la région à faible revenu.
    MSF estime que ce retard est dû entre autres au fait que le financement de la lutte contre la maladie repose pour beaucoup “sur les patients eux-mêmes”, alors que la majeure partie de la population congolaise vit dans l’extrême pauvreté.
    “Même le dépistage, normalement gratuit, est conditionné à des tests préliminaires payants”, s’indigne l’ONG, pour qui les patients sont “pris en otages par un système de santé sous-financé, et donc prédateur”: les gens sont obligés de “choisir entre manger ou être soignés”.
    L’Organisation mondiale de la santé (OMS) dispose de chiffres moins alarmants que ceux de MSF, mais la situation reste tout de même inquiétante.
    Quelque 232. 000 personnes sont infectées par le sida en RDC, et “90. 000 personnes sont sous traitement, soit 31%”, a indiqué à l’AFP le Dr Casimire Mazengo, responsable du programme de lutte contre le sida à l’OMS.
    Pour alerter sur la gravité de la situation, MSF a ouvert vendredi à Kinshasa une exposition. Avec pudeur et sensibilité, la photographe Rosalie Colfs raconte la lutte quotidienne de deux “combattantes du sida”: Philomène, 47 ans, et Élise, 12 ans.
    Philomène, sous traitement, mène une vie normale et peut s’occuper de sa famille et aider d’autres séropositifs. Élise, elle, n’a pas eu accès aux médicaments. Son corps décharné et très affaibli ne lui permettait pas de se laver ou de boire seule. Le 10 novembre, elle a succombé à la maladie.

    jeuneafrique

  • Bénin : la Cour constitutionnelle met fin au débat sur un éventuel troisième mandat de Boni Yayi

    Bénin : la Cour constitutionnelle met fin au débat sur un éventuel troisième mandat de Boni Yayi

    boni-yayi-Dans une décision rendue le 20 novembre, la Cour constitutionnelle s’est prononcée contre toute révision de la Constitution permettant au président béninois, Thomas Boni Yayi, de briguer un troisième mandat en 2016.
    Voilà qui devrait définitivement mettre fin au débat sur un possible troisième mandat du président béninois Thomas Boni Yayi, lequel a plusieurs fois assuré publiquement de son intention de se retirer à l’occasion de l’élection prévue en mars 2016. Dans une décision rendue le 20 novembre, la Cour constitutionnelle s’est prononcée contre toute révision de la Constitution le permettant. La décision DCC 14-199 stipule notamment que l’article 42 de la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels, n’est pas modifiable.
    >> Lire aussi : Ces chefs d’État africains qui s’accrochent (ou pas) au pouvoir
    La Cour dirigée par le professeur Théodore Holo avait été saisie à la suite de la publication dans deux journaux, La Matinal et La Presse du Jour le 27 août, d’une lettre ouverte d’un citoyen béninois dans lequel ce dernier appelait le chef de l’État à modifier la “Constitution pour que sa candidature à l’élection de 2016 soit conforme (…) et donc recevable”. “Moi, Latifou Daboutou, (…), vous invite au vu de votre bilan inégalé depuis les indépendances à ne pas vous laisser intimider et renoncer à l’appel du peuple béninois qui souhaite vous voir terminer l’œuvre que vous avez entreprise”, écrivait-il.
    Les sages de la Cour ont jugé que Daboutou invitait par ces propos “Boni Yayi à remettre en cause le principe fondamental de l’alternance démocratique gage d’un État de droit en l’incitant à réviser la Constitution afin de pouvoir se représenter pour un troisième mandat à l’élection présidentielle de 2016”.
    Ces derniers ont par conséquent conclu que Latifou Dabatou avait “violé la Constitution”.
    Cette décision a été vivement commentée. “DCC-14-199 du 20 novembre 2014, un progrès pour la démocratie béninoise”, a titré Le Matinal. “La Cour constitutionnelle remet les pendules à l’heure”, juge pour sa part Fraternité.

    Décision de la cour constitutionnelle

    jeuneafrique

  • La santé de Pelé, légende du football brésilien, se détériore

    La santé de Pelé, légende du football brésilien, se détériore

    ????????-Hospitalisé dans à Sao Paulo pour une infection urinaire, l’ex-footballeur de 74 ans a été transféré en soins spécialisés.

    L’état de santé de la légende du football brésilien Pelé, 74 ans, a empiré jeudi et il a été transféré dans une unité de soins spécialisés, a annoncé l’hôpital Albert-Einstein de Sao Paulo, où il est traité pour une infection urinaire.

    «Edson Arantes do Nascimento (Pelé) est toujours hospitalisé dans un état clinique instable. Pour recevoir de meilleurs soins il a été transféré dans une unité de soins spécialisés», intermédiaire avant les soins intensifs, précise l’hôpital dans un communiqué.

    Pelé est considéré comme l’un des meilleurs footballeurs de l’histoire. Il a marqué 1281 buts en 1363 matches lors d’une carrière qui s’est étendue des années 1950 aux années 1970

    AFP

  • Au Rwanda, le français longtemps mis de cote fait un discret retour

    Au Rwanda, le français longtemps mis de cote fait un discret retour

    rwanda-“Education breeds confidence, hope and peace”. Dans le centre de Kigali, l’ONG Plan vante, en grand et en anglais, les vertus de l’éducation pour la “confiance, l’espoir et la paix”. L’affiche est traduite en kinyarwanda. Pas en français.
    Quasiment inusité avant le génocide de 1994 et l’arrivée au pouvoir de Paul Kagame, l’anglais a progressivement gagné en puissance dans l’ex-colonie belge. Certains prédisaient même la disparition du français. Qui effectue pourtant aujourd’hui un discret retour.
    L’annonce de Plan est un exemple parmi d’autres: devantures et affiches ont adopté l’anglais dans la capitale. Quand le soleil se lève sur le petit pays d’Afrique centrale, ce n’est plus “Bonjour” mais “Good morning” que les enfants lancent aux étrangers.
    C’est Paul Kagame, arrivé au pouvoir à la tête d’une rébellion basée en Ouganda anglophone et lui-même davantage à l’aise dans la langue de Shakespeare que celle de Molière, qui a propulsé l’anglais langue officielle.
    Le français, comme le kinyarwanda, seule langue parlée par toute la population, est restée langue officielle. Mais il a perdu du terrain à mesure que les relations entre le Rwanda et la France, accusée par Kigali d’avoir joué un rôle dans le génocide, se dégradaient.
    En 2008, Kigali a remplacé le français par l’anglais comme langue d’enseignement obligatoire dans le public. L’année suivante, le pays, toujours membre de la Francophonie, rejoignait le Commonwealth.
    – Frustration –
    Ces changements ne se sont pas faits sans mal, notamment pour les enseignants, largement francophones.
    “J’arrive à enseigner en anglais maintenant, mais je ne peux pas dire que j’enseigne efficacement”, reconnaît Laurent, professeur de sciences humaines. “La plupart des enseignants mélangent l’anglais et le kinyarwanda pendant les cours”.
    Assis derrière son ordinateur du kLab, centre pour jeunes entrepreneurs, Pacome Munyaneza, reconnaît l’utilité de l’anglais pour travailler avec les voisins kényans ou ougandais.
    Mais son apprentissage lui a “demandé beaucoup d’énergie” pour un résultat médiocre: “je suis (d’un niveau) moyen dans les deux langues”, estime-t-il, regrettant d’avoir “perdu (son) français”.
    L’abandon du français en a aussi frustré certains, qui se sont sentis marginalisés.
    “Lorsque l?anglais est devenu une langue dominante (. . . ) j?étais sans emploi et je n?ai pas pu rejoindre l’administration (car) vous étiez obligés de passer le test en anglais”, raconte un journaliste francophone. “J’ai été écarté et j?ai rejoint la presse privée”.
    Il y a aussi les nostalgiques du français, langue surtout parlé par une élite avant 1994.
    “C?est un acquis que l?on voudrait sauvegarder”, dit un Rwandais né au Burundi, ex-colonie belge restée très francophone, et revenu après le génocide.
    “C’est un univers de pensée et de symboles”, renchérit le journaliste, énumérant ses références littéraires – “Racine, Voltaire, Camus. . . “.
    Pour Pacome Munyaneza, le français a aussi une valeur sentimentale : “Mon grand-père et ma grand-mère utilisent quelques mots de français dans leurs phrases en kinyarwanda. Dans notre village, nous avons grandi avec le français (. . . ) Je ne peux pas souhaiter le perdre. ”
    Pour la défense du français, ces nostalgiques avancent son côté pratique: mieux vaut parler deux langues étrangères. D’autant que le Rwanda est entouré de pays anglophones et francophones.
    – ‘Revirement’ –
    Signe de temps qui changent à nouveau, l’argument est repris par les anglophones.
    “Pour être compétitifs sur le marché du travail nous devons pouvoir parler les deux langues”, reconnaît Pierre Mugisha, laborantin né en Ouganda qui apprend le français.
    Autre changement: en 2016, une heure de cours de français par semaine sera réintroduite dès la 4e année de primaire.
    “On a constaté que (les élèves) n?ont pas de bagage suffisant” à la sortie du secondaire pour faire des études supérieures en français, explique Joy Musabe, chef des programmes scolaires au ministère de l’Education.
    Elle se défend d’un rétropédalage mais Evariste Ntakirutimana, de l’Université nationale du Rwanda, note que “le revirement est sensible”: le gouvernement a entendu “les réclamations tacites” des Rwandais favorables à la diversité linguistique.
    Ce début de retour en grâce est cependant loin de refléter les relations franco-rwandaises, qui se sont même encore refroidies en avril quand le président Kagame a de nouveau accusé la France de participation au génocide.
    Dans la foulée, Kigali fermait le centre culturel français, invoquant un problème d’urbanisme. Les cours de français qu’il dispensait se déroulent depuis dans l’école française.
    jeuneafrique

  • RDC : que faisaient des tenues de FARDC dans un fourgon de la Monusco à Goma ?

    RDC : que faisaient des tenues de FARDC dans un fourgon de la Monusco à Goma ?

    monusco-3-620x465-Des tenues de l’armée congolaise ont été retrouvées mercredi dans un fourgon de la Monusco à l’aéroport de Goma, selon plusieurs témoins sur place. Une affaire bien embarrassante pour la mission onusienne en RDC…
    Il y a de l’effervescence dans l’air à Goma. La journée du mercredi 26 novembre a été bien agitée dans la capitale du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC. Vers 13 heures, une altercation a eu lieu à l’aéroport de la ville entre les services de sécurité congolais et un groupe de pilotes ukrainiens de la Mission de l’ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco).
    Que s’est-il passé ? Des sources concordantes affirment que des tenues neuves de la Garde républicaine (GR, la garde présidentielle) ont été retrouvées dans un fourgon de ces agents onusiens. “Un kit complet de 6 paires avec pistolets”, commente Magloire Paluku, responsable de la radio locale Kivu One qui s’est rendu à l’état-major de la 34e région militaire des Forces armées de la RDC (FARDC) où les “suspects” – quelque 11 Ukrainiens et leur complice congolais – ont été conduits après leur interpellation à l’aéroport.
    Très rapidement, les photos de ces militaires ukrainiens soupçonnés de “trafic” de tenues de l’armée congolaise ont été partagées sur les réseaux sociaux, suscitant des commentaires hostiles envers la mission onusienne.

    “Assez bizzare”
    Du côté de la Monusco, le ton se veut plutôt réservé. “Tant qu’on ne détient pas tous les éléments sur cette affaire, nous ne pouvons pas nous avancer sur la question”, indique une source onusienne, rappelant toutefois qu’”il arrive que la Monusco transporte rations ou munitions pour le compte de l’armée congolaise, qui est son partenaire”.
    Une hypothèse que n’exclue pas Lambert Mende. Mais le porte-parole du gouvernement congolais trouve “quand même assez bizarre que des effets militaires d’un corps d’élite de notre armée se retrouve dans un véhicule de la Monusco”. Kinshasa dit donc attendre d’amples explications de la part de la mission onusienne.
    Plus tranchant, Jean-Marie Kassamba, l’un des conseillers du président Kabila, n’attend pas les résultats des enquêtes. Il soutient déjà que la découverte de ces tenues constitue la “preuve de l’existence d’un réseau des maffieux déterminé à discréditer l’armée, en vendant ses uniformes aux miliciens et autres groupes armés qui commettent des exactions contre des civils” dans l’est du pays.

    Pour tenter de tirer l’affaire au clair, le général Santos Cruz, commandant des forces de la Monusco, s’est rendu au quartier général de l’armée congolaise à Goma pour s’entretenir avec le général Emmanuel Lombe, le numéro un des FARDC dans le Nord-Kivu. Des investigations sont en cours et la mission onusienne se dit “prête à collaborer” avec l’armée dans ce sens.
    En attendant, “6 de 11 pilotes ukrainiens de la Monusco ont été mis aux arrêts pour détenue illégale des tenues de l’armée”, indique une source sécuritaire congolaise. Une affaire bien gênante pour une mission de l’ONU, souvent critiquée pour sa passivité, qui s’apprête à célébrer le 30 novembre ses 15 ans d’opération sur le sol congolais…

    Jeuneafrique