Author: Don Kayembe

  • Les violences faites aux femmes, un sujet toujours tabou

    Les violences faites aux femmes, un sujet toujours tabou

    violence-Le monde se mobilise, ce mardi 25 novembre, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Filles des rues de République démocratique du Congo, victimes de violences domestiques en Afrique du Sud ou de mutilations génitales en Côte d’Ivoire : sur le continent africain, les abus sont multiples, mais restent peu dénoncés.

    On évoque régulièrement les viols massifs commis dans l’est de la République démocratique du Congo – région secouée par des années de conflits. Mais dans la capitale, Kinshasa, les violences faites aux femmes sont également un vrai problème. Plus de 20 000 enfants atterrissent et vivent dans les rues de la capitale. Près d’un sur deux est une fille ; des jeunes filles mineures qui, pour 70% d’entre elles, subissent régulièrement des viols et sont maltraitées. Depuis 1999, l’ONG Médecins du monde a mis en place un programme d’aide et d’éducation sexuelle qui leur est destiné.

    En RDC, le calvaire des filles des rues

    Vêtue d’un vieux t-shirt et d’une jupe trop grande, micro en main, Cilia fait son show devant ses amies, hilares. Comme toutes les adolescentes du monde… sauf que toutes celles qui sont présentes vivent dans la rue. « J’ai quitté ma maison quand ma mère est partie en Angola. Mon père s’est remarié, mais avec ma belle-mère, ça n’allait pas », raconte Mado, 15 ans, l’une d’entre elles.

    Célestine, 15 ans également, a une longue cicatrice sur le biceps, et les jambes marquées par des blessures. Elle raconte son quotidien depuis 3 ans : « Dans la rue, c’est difficile de trouver à manger. Tu risques toujours de te faire taper. Même si tu gagnes de l’argent en faisant des passes, les garçons peuvent te le prendre, et ils peuvent te violer comme ça. »

    La plupart des filles qui viennent se laver ou se reposer dans ce centre de quartier ont fui des foyers en crise. Maltraitées par une belle-mère, ou abandonnées par un père, elles atterrissent dans la rue, se font violer et se prostituent pour survivre. Une activité difficile à abandonner, comme l’explique Liliane, chargée de leur accompagnement psycho-social : « Un enfant qui est habitué à se prostituer est indépendant. Il veut être libre. A la maison, il était insulté, maltraité, mais dans la rue, il a développé un autre système. Alors il veut se prendre en charge lui-même », explique Liliane, qui tâche de sensibiliser les jeunes femmes : « On leur montre qu’avec le préservatif, elles n’auront pas de grossesse, elles ne vont pas attraper de maladies. »

    Le travail est lent et délicat, tant les filles quand elles arrivent, ne connaissent rien du Sida et du fonctionnement de leur corps. Mado, 15 ans, a accouché il y a trois mois : « Avant de venir au centre, je ne savais rien du Sida ou de l’ovulation. On m’avait juste dit que pendant les trois jours de règles, il ne fallait pas avoir de rapport, mais c’est tout. »

    Aujourd’hui, Mado a un contraceptif sous forme d’implant pendant cinq ans. Mais des milliers d’autres n’ont pas cette chance. Depuis 15 ans, l’ONG Médecins du monde accompagne les filles des rues, et distribue préservatifs et méthodes contraceptives. Soixante centres d’accueil ont été montés à Kinshasa, mais seuls deux acceptent d’accueillir les filles enceintes, dans une société conservatrice et marquée par la religion.

    En Côte d’Ivoire, des centres existants mais méconnus

    À Abidjan, le centre de prévention et d’assistance aux victimes de violences sexuelles Pavvios se cache derrière la maison des jeunes d’Attecoubé. Ce centre, rattaché au ministère de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, est méconnu. Il permet pourtant aux « survivantes », comme on les appelle ici, de trouver une aide précieuse, voire un dortoir en cas d’urgence.

    Car en Côte d’Ivoire, les femmes sont parfois victimes de mutilations génitales et de violences conjugales, mais elles sont surtout touchées par les viols – un phénomène amplifié avec les années de crise. Des structures publiques et gratuites existent à Abidjan. « Nous prenons en charge le certificat médical, les produits pharmaceutiques et les examens que le médecin demande, détaille Jules Kouassi, chargé de la sensibilisation au centre Pavvios. Il y a aussi un psychologue, qui reçoit les victimes pour leur donner de l’assurance, pour qu’elles ne se sentent pas coupables. Nous avons reçu des enfants de deux ans ici, qui ont été violés. Il ne faut laisser cela impuni. »

    C’est l’association des femmes juristes qui accompagne gratuitement les victimes dans les méandres des procédures. En Côte d’Ivoire, faute de Cour d’assises, le viol est correctionnalisé en « attentat à la pudeur ». Aimée Zebeyoux, la présidente de l’association, assure que les sanctions suivent. Mais le problème est le manque de dénonciations : « Dans les commissariats, les gens qui portent plainte n’ont pas d’assistance. Il y a un arrangement à l’amiable qui se fait, ce sont des sujets un peu tabous. » L’association intervient aussi à l’intérieur du pays – là où les violences basées sur le genre passent souvent inaperçues – à travers des cliniques juridiques.

    En Afrique du Sud, des lois adaptées mais une application problématique

    En Afrique du Sud, ce mardi 25 novembre marque le début d’une campagne de seize jours pour lutter contre ce fléau. Le pays détient le triste record du nombre de viols de femmes, mais également de petites filles. Face à l’augmentation de cette violence, de nombreuses Eglises se sont jointes à la campagne cette année. L’année dernière, plus de 46 000 viols ont été enregistrés par la police sud-africaine, mais le chiffre est probablement dix fois plus élevé. Par ailleurs, plus de 1000 femmes ont succombé à des violences domestiques.

    Pour le révérend Lisubeng, ce fléau touche tout le monde : Blancs, Noirs, pauvres et riches, et détruit des familles entières. « Ces abus contre les femmes et les enfants n’arrivent pas simplement ailleurs : cela se passe dans nos Eglises. Nous connaissons certaines de ces femmes, ainsi que leurs maris, qui sont des membres de l’Eglise, assure le révérend Lisubeng.Une fois, une femme est venue vers moi, et m’a dit qu’elle servait de « punching-ball » à son mari. Beaucoup de ces femmes viennent me confier ce genre de choses. A ce rythme, elles vont finir par être tuées. »

    La pauvreté et les inégalités expliquent partiellement ce niveau de violence. Mais pour le révérend Jessie, il y a aussi le poids d’une histoire mal digérée : « Je pense également que cela vient de l’apartheid. Je pense que nous n’avons pas encore digéré la colère provoquée par ce que nous a fait l’apartheid. Oui, il ya eu la commission vérité et réconciliation, mais je pense qu’on ne mesure pas à quel point l’apartheid nous a détruits en tant qu’êtres humains, que l’on soit Blancs ou Noirs. »

    Absence de campagne nationale

    Face à cette violence, les organisations de protection des femmes sud-africaines déplorent l’absence de campagne nationale. Pour l’activiste Nondumiso Nsibande, le gouvernement ne fait pas assez : « Il n’y a pas vraiment de volonté politique et de leadership pour résoudre ce problème de violences envers les femmes. Une campagne de sensibilisation de seize jours est lancée, mais nous pensons que cela devrait durer toute l’année. Il nous faut un plan national de lutte pour éradiquer la violence contre les femmes et les filles », estime l’activiste.

    Nondumiso Nsibande estime que les lois sud-africaines sont adaptées, mais que c’est leur application qui est problématique : « La loi sur la violence domestique, par exemple, est très bien. Mais le problème, c’est que les postes de police ne sont pas équipés : ils n’ont pas de voitures pour aider les victimes, ou même simplement pour aller les chercher. Et puis il faut les former : souvent, quand une victime de violence domestique se présente au poste, on va lui dire qu’il faut régler ça à la maison, que c’est une affaire privée qui ne regarde pas la police. »

    Ces violences ne sont pas une particularité du continent africain. En France, une femme décède tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Chaque année, plus de 216 000 femmes y sont victimes de violences commises par leur partenaire. Seules 16% déposent plainte. Par ailleurs, toujours en France, 86 000 femmes rapportent avoir été victimes de viol ou de tentative de viol.

    RFI
  • Neuf camions toujours en feu à la frontière RDC-Zambie

    Neuf camions toujours en feu à la frontière RDC-Zambie

    camion_1-Neuf camions étaient toujours en feu mardi après-midi près de la frontière entre la République démocratique du Congo (RDC) et la Zambie, au lendemain du déclenchement d’un énorme incendie sur un parking douanier, a constaté un journaliste de l’AFP.

    Quatre camions de pompiers se relayaient pour éteindre les flammes qui consumaient encore ces véhicules peu avant 15H00 heures locale (13H00 GMT) sur le parking de la Direction générale des douanes et accises (DGDA) de Kasumbalesa (sud-est), poste-frontière entre la RDC et la Zambie, à environ 90 km au sud de Lubumbashi, deuxième ville du Congo et capitale de la province minière du Katanga.

    Les neuf véhicules en feu contenaient de l’huile de palme et d’autres produits inflammables. Autour des flammes, gisaient une cinquantaine d’autres camions calcinés.

    L’incendie s’était déclaré lundi à une quinzaine de kilomètres de la frontière sur le parking d’un bâtiment de la DGDA, où les routiers doivent s’acquitter d’une taxe avant de rallier Lubumbashi.

    En dépit des flammes sur le parking, l’activité au poste de la DGDA semblait normal mardi après-midi, tout comme le trafic entre la frontière et Lubumbashi.

    Lundi soir, un bilan encore provisoire communiqué par un responsable local faisait état de deux personnes tuées et 10 autres brûlées, dont sept très grièvement, dans ce drame.

    Des centaines de camions transitent chaque jour par Kasumbalesa, seul point de passage officiel pour la sortie du minerai extrait des mines du Katanga et le ravitaillement de Lubumbashi et de sa région en produits, fournitures ou marchandises venus de toute l’Afrique australe.

    AFP
  • RDC: des déplacés de guerre brossent le portrait-robot de leurs agresseurs  mar, 25/11/2014 – 07:

    RDC: des déplacés de guerre brossent le portrait-robot de leurs agresseurs mar, 25/11/2014 – 07:

    mai-mai-con-rafia-De la farine sur le visage, des gris-gris attachés au corps, des flèches et des armes à feux, le goût du sang et du feu: les déplacés qui ont fui les miliciens Bakata-Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, dressent un portrait sombre de leurs agresseurs.

    “On les voyait arriver avec des flèches et des armes”, raconte Kalongo Musonda, 46 ans, dans le camp de Kipeto, dans la province du Katanga. “Ils venaient en chantant”, mime-t-il en tapant sur sa bouche par intermittence, laissant échappant un son aigu.

    “Ils avaient des culottes déchirées et avaient poudré leur visage avec de la farine. Ils avaient des cordes sur le bras où étaient attachées des fétiches”, renchérit Ghislaine Kibombe, une déplacée de 37 ans qui enseigne dans l’école du camp de Kipeto (à cinquante kilomètres au nord-ouest de Pweto), où étudient 150 enfants, dont 62 déplacés.

    Les gris-gris, Kasongo Tshombe n’y croit guère. “Ils portent des gris-gris pour faire semblant: quand la mort a sonné, les médicaments ne sont pas une parade”, explique ce relais communautaire de 49 ans travaillant dans le camp de Mwashi, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Pweto.

    Les maï-maï Bakata Katanga demandent l’indépendance du Katanga tout en réclamant une meilleure répartition des richesses entre le nord, déshérité, de la province et le sud, poumon économique du pays avec ses grandes mines de cuivre.

    Depuis 2012, ces rebelles sèment la désolation dans le “Triangle de la mort”, vaste territoire dont Pweto est l’un des sommets et où, selon l’ONU, ils multiplient meurtres, viols, pillages et incendies d’habitations ou de villages entiers.

    Ghislaine ne comprend pas comment “un groupe de civils pas lourdement armés” aient pu les “dépouiller de tout” ce qu’ils avaient, et que l’armée – qui n’avait pas de position proche à l’époque – soit venue “en retard, après qu’ils avaient tout détruit”.

    “Nous avons vu des scènes atroces: j’ai vu mon beau-frère abattu et on l’a décapité, comme ça!”, raconte M. Tshombe, encore très choqué.

    – ‘On va vous brûler!’-

    Sur la route de Kakolona, à une quinzaine de kilomètres au nord-est de Pweto, on croise quelques villages avec des ruines de maisons en briques incendiées par les rebelles. A Kakolona même, à côté de restes de maisons, des déplacés rentrés d’exil se sont réinstallés.

    “Entre janvier et octobre, 75 villages et 4.690 maisons ont été incendiés dans le territoire de Pweto. (…) Il y a un groupe qui ne fait que les vols et les extorsions, les autres ne font que les incendies”, déclare Jean-Pierre Ruti Mutembera, un des responsables de l’ONG International Emergency and Development Aid à Pweto.

    “Ils arrivent brusquement. Ils vous disent: +Vous ne voulez pas adhérer à notre mouvement? On va vous brûler!+. Les Bakata ont brûlé les maisons et frappé les hommes, et les enfants aussi. Ils ont brûlé le dispensaire, le poste de santé, les écoles”, raconte Marie-Louise Ngoy, maîtresse de l’école du camp de Mwashi.

    Qui sont ces miliciens? “Ce sont nos frères, nos oncles, nos cousins qui n’ont pas été à l’école et qui sont partis s’enrôler”, estime M. Tshombe, qui a créé une association pour prévenir une telle dérive, alors que de nombreux déplacés ne peuvent payer les deux dollars mensuels de frais de scolarité par enfant.

    A Kakolona, les militaires ont une petite position. Si la situation reste calme, explique le lieutenant, il est possible que la hiérarchie leur demande de partir.

    Cette perspective inquiète les déplacés. “S’ils demandent aux soldats de partir, dit Kadjiba Katombo, les maï-maï sauront qu’il n’y a plus de militaires et ça retombera sur nos têtes…”

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    AFP
  • Gabon : Pierre Péan, le scandale de trop

    Gabon : Pierre Péan, le scandale de trop

    Pierre-Pean-Filiation douteuse, diplômes truqués, malversations, instigation d’assassinats… Dans son dernier livre, Pierre péan fait d’Ali Bongo Ondimba le diable en personne. Mais l’outrance est parfois mauvaise conseillère.

    Quelle mouche a donc piqué Pierre Péan ? L’écrivain-journaliste français, 76 ans, trente-trois ouvrages, souvent à succès, au compteur, crée encore la polémique avec Nouvelles Affaires africaines. Mensonges et Pillages au Gabon, sorti chez Fayard le 29 octobre. Deux cent cinquante pages au vitriol, quasi exclusivement consacrées à Ali Bongo Ondimba (ABO), fils de feu Omar – qui inspirait à Péan une fascination certaine.

    À en croire l’auteur, l’actuel chef de l’État est le diable en personne… Il ne serait pas gabonais et n’aimerait guère ses concitoyens, lui, le Biafrais adopté par Omar parce que l’épouse de celui-ci, Joséphine Kama – alias Patience Dabany -, aurait été stérile (Péan ne dit mot de sa soeur disparue, Amissa, dont on se demande alors comment elle a pu naître “normalement”).

    Il ne serait pas titulaire d’un doctorat en droit public de l’université Panthéon-Sorbonne, n’aurait pas été élu en 2009 (Péan a pourtant affirmé l’inverse, en 2011, à la télévision gabonaise : “[Son] élection est remarquable car il n’y a pas eu bourrage des urnes ou triches, ce qui est assez exceptionnel dans la région”), serait un voleur entouré d’une “légion étrangère” mafieuse, et même un assassin.

    Pour couronner le tout, le chef de l’État serait un adepte du vaudou et un homme aux moeurs douteuses.

    Ses victimes supposées : Georges Rawiri, l’ancien président du Sénat, empoisonné, et Jean-Pierre Lemboumba, cible d’une tentative de meurtre mais aujourd’hui conseiller d’ABO (une “victime”, donc, frappée d’amnésie ou vraiment pas rancunière). Pour couronner le tout, le chef de l’État serait un adepte du vaudou et un homme aux moeurs douteuses.

    La dérive du journaliste devenu pamphlétaire

    Ce livre, mal édité (trop vite en tout cas) et mal écrit (Péan n’a jamais brillé en la matière), illustre la dérive d’un journaliste qui s’est mué en pamphlétaire sans jamais le reconnaître. Voilà près de dix ans que Péan n’est plus Péan. Depuis Noires Fureurs, blancs menteurs (2005), consacré au Rwanda de 1990-1994, puis avec Le Monde selon K. (2009), sur Bernard Kouchner, ou Carnages. Les Guerres secrètes des grandes puissances en Afrique (2010), il s’attaque ad nauseam à tous ceux qui, selon lui, tels Kagamé ou ABO, s’en prennent à la France, à ses intérêts ou à son armée. Avec des relents de nationalisme cocardier, d’antiaméricanisme primaire et la conviction que la CIA trame avec le Mossad un vaste complot mondial.

    Outre le fait que son récit est truffé d’inexactitudes, voire d’erreurs historiques (notamment quand il explique qu’il ne se passait rien à Brazzaville en 1959, alors que Laris et Mbochis s’affrontaient violemment sous les ordres de Fulbert Youlou et de Jacques Opangault), le vrai problème concerne son “enquête”, celle d’un procureur qui ne se rend même plus sur les lieux évoqués.

    Ses “sources” ? La rumeur, le fameux kongossa gabonais, qu’il transforme sans sourciller en vérité, les journaux d’opposition cités à l’envi, une pléthore d’anonymes, et les ennemis d’ABO. Jamais il n’a tenté de vérifier ses “informations” auprès des intéressés. Pis, il fait parler des morts – Omar Bongo, Jacques Foccart, Maurice Delaunay – qui ne le contrediront évidemment jamais.

    Plainte en diffamation

    Dernière ombre au tableau : le contrat envoyé par le sulfureux homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine au Palais du bord de mer proposant, moyennant plus de 10 millions d’euros, de surseoir à la parution dudit ouvrage. Si Péan nie être à l’origine de la manoeuvre, il s’est montré pour le moins imprudent en demandant à plusieurs reprises, entre janvier et mars 2014, à Alain-Claude Bilie-By-Nze, porte-parole d’ABO, de recruter l’un de ses amis, Jean-Louis Gros.

    Bizarre, compte tenu de l’idée qu’il se fait du Gabon d’Ali. Et troublant, quand on sait que l’article 4 du contrat proposé par Takieddine comporte une clause visant à “procéder au règlement immédiat du contentieux en suspens portant sur des engagements existant entre [la présidence] et la personne qui lui a été désignée par M. Pierre Péan”. Serait-il ici question de Jean-Louis Gros et de son recrutement ?

    Pour l’ensemble de cette “oeuvre”, Péan a rendez-vous avec la justice : une plainte en diffamation a été déposée le 7 novembre, pour le compte d’ABO, devant le tribunal de grande instance de Paris.

    Jeuneafrique.

  • USA: Meurtre policier à Fergusson-Florissant- La décision du grand jury

    USA: Meurtre policier à Fergusson-Florissant- La décision du grand jury

    Meurtre policier à Fergusson-Florissant: La décision du grand jury

    Une journée sombre pour la Justice démocratique et triste pour l’Humanisme universel

    Par Joël Asher Lévy-Cohen

    Marteau-de-Justice-Le grand jury d’accusation de Clayton, dans l’État du Missouri, a finalement rendu sa décision. Selon le procureur de l’État Robert McCullouch qui a, pratiquement, conduit et encadré cette procédure judiciaire, celui-ci n’a vraiment trouvé aucune évidence ou aucune indication susceptible de porter des accusations criminelles contre le constable Darren Wilson de Ferguson-Florissant. Pour rappel, ce policier blanc a violemment ôté, le 9 août, la vie à Michaël Brown Jr, un jeune africain-américain de 18 ans.

    Force est de constater que le prononcé de cette décision du grand jury a indéniablement provoqué une vive émotion et une colère incontrôlable de la part des manifestants visiblement sonnés dont le slogan mobilisateur et évocateur est ‘‘No Justice No Peace’’. En effet, celui-ci a été immédiatement suivi de manifestations insurrectionnelles totalement aux antipodes de vœux de la famille de la très regrettée victime, de recommandations du gouverneur de l’État Jay Nixon et de directives du président des États-Unis d’Amérique Barack Hussein Obama. Tout ce beau monde a solennellement appelé au respect du verdict, à la tolérance mutuelle et à l’organisation des manifestations pacifiques, d’ailleurs au cœur des lois constitutionnelles du pays.

    Reste que cette décision du grand jury d’accusation qui exonère le policier Darren Wilson de toute poursuite criminelle, était, en principe, très attendue. Celle-ci ne fait point exception dans la mesure où, en Amérique du Nord, – États-Unis d’Amérique et Canada compris –, les Institutions étatiques sont toujours protégées et exonérées de toutes accusations criminelles dès lors qu’elles sont matériellement impliquées dans le meurtre d’un citoyen. Comme quoi la loi de l’État – qui est le plus fort dans la société – est toujours la meilleure.

    Une chose est sûre et certaine, l’affaire Michaël Brown aura révélé que les États-Unis d’Amérique conservent, au-delà des avancées notables, des vestiges d’Apartheid institutionnel dont le symbole est effectivement Ferguson-Florissant. En effet, cette bourgade sinistrée, littéralement broyée par le chômage et la pauvreté, l’exclusion et la désespérance, composée majoritairement d’Africains-américains, est quadrillée par une police quasi-exclusivement blanche. Force est d’admettre que cet aspect ségrégationniste est également renforcée par la configuration raciale du grand jury chargé de décider du sort d’un policier blanc impliqué dans le meurtre d’un civil noir. Sur les 12 jurés sélectionnés, il y avait 7 femmes et 5 hommes, 3 Africains-américains et 9 blancs caucasiens. Par conséquent, la cause dans cette affaire qui fragilise davantage la cohésion de la société américaine, n’était-elle pas déjà entendue ?

    Joël Asher Lévy-Cohen

    Journaliste indépendant

  • Droits de l’homme au Rwanda : la FIDH tire la sonnette d’alarme

    Droits de l’homme au Rwanda : la FIDH tire la sonnette d’alarme

    RWANDA-Au Rwanda, la FIDH dénonce l’ingérence des autorités dans le fonctionnement de la Liprodhor, la Ligue rwandaise des droits de l’homme. Ce dimanche, la police a empêché la tenue d’une assemblée générale de la Liprodhor. Et vendredi dernier, deux membres de la Ligue rwandaise des droits de l’homme ont été arrêtés.

    Vendredi, deux militants de la Ligue de défense des droits de l’homme avaient été arrêtés par la police. Une cinquantaine de militants avaient signé une lettre pour convoquer une assemblée générale et élire un nouveau bureau de l’association. Ils estiment que la direction actuelle de la Liprodhor est sous le contrôle du gouvernement. C’est aussi l’avis de la Fédération internationale des Ligues des Droits de l’Homme. Son responsable Afrique, Florent Geel dénonce le blocage de l’assemblée générale par la police et accuse le Rwanda d’avoir réduit à néant la liberté d’association : « L’action des autorités rwandaises aujourd’hui, en empêchant la Liprodhor, une des dernières organisations indépendantes de défense des droits de l’homme, de tenir son assemblée générale est absolument inacceptable. On considère aujourd’hui qu’il n’y a plus de liberté d’association et plus de liberté de réunion au Rwanda. Maintenant c’est manifeste. »

    « Inquiétant pour la situation démocratique au Rwanda »

    Pour la FIDH, les autorités rwandaises n’admettent pas que la Liprodhor puisse choisir librement ces dirigeants : « Ils n’admettent pas que la Liprodhor puisse choisir librement ces dirigeants.Ils n’admettent pas non plus qu’il puisse y avoir une voie différente qui exprime des préoccupations en matière des droits humains au Rwanda. Et ça, c’est très préoccupant. Quant on n’a plus de voies différentes, de contre-pouvoir, de presse indépendante, de presse libre, effectivement, la liberté et la démocratie meurent et c’est malheureusement ce qui est en train d’avenir au Rwanda et c’est un signal extrêmement inquiétant pour la situation démocratique du Rwanda. »

     RFI
  • Prix du meilleur joueur africain 2014

    Prix du meilleur joueur africain 2014

    JOUEURS-La liste des cinq prétendants au prix BBC du meilleur footballeur africain de l’édition 2014 a été révélée.

    Le tenant du titre Yaya Touré a été nominé pour la sixième année consécutive, ainsi que Pierre-Emerick Aubameyang, Yacine Brahimi, Vincent Enyeama et Gervinho.

    Le gagnant sera désigné par les fans de football africains, qui ont jusqu’à 18H00 GMT, lundi 24 novembre pour voter pour leur meilleur candidat.

    Vous pouvez voter ici : vote online ici.

    Pour voter pour le meilleur footballeur africain BBC de l’année 2014 par SMS, envoyez le nom du joueur pour lequel vous souhaitez voter au +44 77 86 20 20 08.

    Tapez 1 pour Pierre-Emerick Aubameyang. Tapez 2 pour Yacine Brahimi. Tapez 3 pour Vincent Enyeama. Tapez 4 pour GervinhoTapez pour Yaya Toure

    Tarifs standards internationaux applicables. Veuillez vous renseigner auprès de votre opérateur.

    Les votes SMS sont limités à un vote par numéro de téléphone.

    Termes and Conditions.

    Le gagnant sera annoncé lundi 1er décembre.

    Quatre des candidats ont participé à la Coupe du monde cet été au Brésil, où pour la première fois de l’histoire du tournoi, deux équipes africaines sont sorties de la phase de qualification.

    Le guardien de but Enyeama a participé aux 16 derniers tournois avec le Nigeria, et Brahimi, lui, avec l’Agérie.

    Enyeama, 32 ans, a eu une excellente saison avec le club français de Lille – il n’a marqué aucun but en 21 matchs la saison dernière.

    En Espagne, les efforts de Brahimi pour Grenade l’ont conduit à être nommé meilleur joueur africain dans le pays la saison dernière et de signer avec Porto.

    Les deux joueurs ont fait de superbes performances de haut niveau, tout comme le footballeur international ivoirien Gervinho.

    Le joueur qui évolue au poste d’attaquant à l’AC Rome est devenu une révélation en Italie depuis qu’il a quitté Arsenal, avec 10 buts en 39 matchs de série A.

    Toure a lui aussi eu une saison remarquable.

    Le milieu de terrain a surmonté un litige avec son club Manchester City, et a mené son équipe vers son deuxième titre de Premier League en trois ans.

    Il a également remporté la Coupe de la Ligue anglaise de football, aussi connue sous le nom de Capital One Cup.

    L’attaquant Aubameyang, pour sa part, n’a pas joué au Brésil car le Gabon ne s’est pas qualifié. C’est la deuxième fois de suite qu’il prétend au titre.

    Le joueur de 25 ans est entré dans sa deuxième saison avec le club allemand du Borussia Dortmund et il a connu une nette amélioration au cours de la Ligue des Champions.

    BBC

  • Il est épinglé au sujet de la RDC

    Il est épinglé au sujet de la RDC

    FORREST-L’organisation de défense des droits humains Amnesty International a accusé lundi un groupe minier belge de s’être rendu complice de centaines d’expulsions forcées dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC).

    Le Groupe Forrest International minier appartient à l’homme d’affaires belge George Forrest.

    L’ONG affirme disposer de preuves accablantes et irréfutables dont des photos satellitaires.

    Selon Amnesty International, des “centaines” d’expulsions se sont déroulées du 24 au 25 novembre 2009.

    L’organisation basée à Londres indique que des bulldozers d’une filiale du Groupe Forrest International ont rasé plusieurs centaines d’habitations qui appartenaient à des exploitants artisanaux à Kawama, près de Lubumbashi.

    La filiale, Malta David Forrest, accuse Amnesty International d’acharnement et réfute les accusations.

    BBC

  • Recensement de la population: pas d’agenda caché pour la Majorité présidentielle

    Recensement de la population: pas d’agenda caché pour la Majorité présidentielle

    genevieve_inagosi-Nommés par Ordonnances présidentielles le 15 octobre dernier, les membres de l’Office national d’identification de la population (ONIP) ont été présentés au public. C’était le vendredi dernier au Fleuve Congo Hôtel, en présence de plusieurs invités de marque. Richard Muyej, ministre de l’Intérieur, Sécurité, décentralisation et Affaires Coutumières qui présidait la cérémonie, a indiqué que l’ONIP a reçu du législateur la mission d’identifier systématiquement et effectivement la population, constituer et entretenir le fichier général de la population, délivrer la carte d’identité et d’autres imprimés de valeur, etc. Et ce, avant d’exhorter les nouveaux promus à plus d’abnégation, de créativité et de professionnalisme, pour que l’ONIP réponde aux attentes du Président de la République, du Gouvernement et de la population. D’autant plus que c’est à travers le fichier général de la population que la CENI va constituer le fichier électoral pour l’organisation des élections.

    Pour sa part, la ministre honoraire du Genre, Famille et Enfants, Géneviève Inagosi, Président du Conseil d’administration, s’est engagée à s’acquitter de la mission leur confiée. Toutefois, outre l’apport du Gouvernement, l’ONIP a besoin du soutien de la population et pour ce faire, elle a dit compter sur l’accompagnement de la presse.

    Pas d’agenda caché

    Pour le Directeur général de cet Office, Adolphe Lumanu, l’ONIP est une œuvre commune de tous les Congolais venue répondre à un besoin réel de la communauté nationale et internationale. Disons qu’il était temps pour que les cycles électoraux soient préparés et organisés avec un fichier général tiré du recensement administratif et de l’identification de la population.
    Il a pour ce faire rappelé les engagements pris dans l’Accord de Sun City et dans d’autres textes internationaux pour l’organisation du recensement général de la population. Et de souligner que devant les difficultés économiques et financières de tous ordres d’organiser le recensement administratif, le choix s’est porté provisoirement sur l’identification et l’enrôlement de la population, c’est-à-dire, des Congolais en âge de participer au scrutin.
    Cette raison, explique-t-il, n’a pas suffi pour empêcher l’UDPS et tous les autres à sécher les consultations référendaires de 2005 et les élections générales de 2006 au motif notamment du recensement administratif et de la non fiabilisation du fichier électoral de la CEI de l’époque.
    C’est ici que le Professeur Lumanu a fustigé le comportement d’une certaine opposition politique qui pense qu’en soutenant le recensement, la Majorité présidentielle aurait un agenda caché. Et pourtant, c’est l’opposition politique qui a la mémoire courte. Car, lors de son conclave tenu à Kinshasa du 02 au 11 juillet 2013, elle avait préconisé, dans la perspective des concertations nationales, de repenser le système électoral congolais, notamment par le recensement administratif de la population, afin de déterminer entre autre, le calcul du quotient électoral non pas en fonction du nombre des citoyens enrôlés, mais plutôt de celui des recensés.
    Nombreux sont les observateurs de la scène politique qui sont au regret de constater qu’une année après, l’opposition ne tient plus le même discours. Qu’est-ce qui a changé entretemps pour qu’on nous parle aujourd’hui des infrastructures et des conditions sécuritaires qui ne permettent pas l’organisation du recensement général de la population ?
    « S’il y a agenda caché, c’est notre agenda commun. C’est nous tous qui avons, par nos prières, nos incantations, nos marches, réclamé le recensement administratif, surtout l’indentification de la population comme préalable à toute autre démarche », dit-il, avant d’ajouter que si l’ONIP a un agenda caché, c’est que c’est nous mêmes qui l’avons caché et nous nous sommes tendus de pièges. Il n’y a donc pas d’agenda caché, car le recensement est une œuvre commune.

    A quand le fichier électoral ?

    Disons que c’est à travers le fichier général de la population que la CENI va constituer le fichier électoral pour l’organisation des élections. Et c’est ici que les responsables de l’ONIP ont apaisé tout le monde, d’autant plus qu’en 2005, pour l’organisation des consultations référendaires et pour l’organisation des élections générales en 2006, la CEI de l’époque a enrôlé plus de 25 millions d’électeurs, soit 37 à 40% de la population congolaise, dans 5 à 7 mois. Et pourtant, à l’époque, elle était confrontée à beaucoup de difficultés, d’autant plus que le pays était balkanisé.
    En 2011, la CENI a enrôlé près de 32 millions au bout de deux mois pour environ 50% de la population. Fort de cette expérience, l’ONIP qui, grâce au contrat de partenariat public privé signé par le Gouvernement de la République et la firme chinoise Wawey, aura un équipement sophistiqué qui lui permettra le transfert en temps réel des données et cela, dans toutes les provinces. C’est ce qui pousse les responsables de l’ONIP de dire que les délais pour l’organisation des élections en Rd Congo seront respectés.

    JMNK

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  • La RDC risque d’être exclue du processus ITIE

    La RDC risque d’être exclue du processus ITIE

    MIBA-La RDC risque d’être radiée du processus de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE). Une perspective bien sombre pour l’État congolais et des entreprises qui ne pourront plus accéder au financement de certaines banques internationales. Jusqu’à ce lundi 24 novembre, soit un jour avant la date butoir, 25 entreprises minières installées au Katanga n’ont toujours pas déposé leurs preuves de paiement fiscal pour l’exercice 2012. Le coordonnateur national de l’ITIE demande au Gouvernement de faire pression sur les sociétés concernées.

    «Nous avons vingt-cinq entreprises minières du Katanga, aujourd’hui, qui n’ont pas fait auditer leurs compte en 2012 ou qui n’ont pas de preuves», a affirmé dimanche dernier le coordonnateur national de l’ITIE/RDC, Jérémie Mack Dumba.
    Le professeur Jérémie Mack Dumba a par ailleurs déploré le fait que ces entreprises n’ont pas publié le volume de leurs productions:
    «Comment on peut accepter qu’une entreprise fonctionne dans un pays de droit –comme le nôtre – alors qu’il y a deux ans, cette entreprise n’a aucune preuve que ses compte avaient été certifiés par un commissaire au comptes et qu’il y a des preuves des auditeurs ? Ce sont les choses que nous devons produire. Et comme nous ne les avons pas produits, ça nous bloque.»
    Si rien n’est fait jusqu’au 25 novembre, selon lui, le rapport ITIE/RDC 2012 ne sera plus publié. «Si ces entreprise ne donnent pas les éléments dont nous parlons maintenant, nous sommes complètement en dehors du processus. On nous chasse !», a-t-il affirmé.

    Il a appelé le Premier ministre Matata Ponyo à «user de son autorité primaire et en premier chef pour exiger que ces entreprises donnent [à l’ITIE/RDC] ces informations au plus tard ce 25 novembre à minuit.»
    La RDC avait été suspendue en avril 2013 pour un an de l’Initiative pour la transparence des industries extractives, organisation qui promeut la transparence des revenus dans les secteurs minier et pétrolier. Dans un communiqué publié jeudi 18 avril sur son site Internet, le Conseil d’administration de l’ITIE disait avoir relevé «un défaut d’exhaustivité» et jugé insuffisante la «qualité des données» dans les rapports transmis.​

    Radio Okapi