Author: Don Kayembe

  • Après les réajustements de l’Ecofin: le budget 2015 voté à l’Assemblée nationale

    Après les réajustements de l’Ecofin: le budget 2015 voté à l’Assemblée nationale

    palais_peuple rdc-Le projet de la loi des finances de l’exercice 2015 a été votée hier jeudi 20 novembre 2014 ce, après que le rapport de la Commission économique, financière et contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale ait été approuvé. A l’issue du vote intervenu après l’approbation du rapport, sur les 367 députés ayant pris part au vote, 347 ont voté positivement contre 9 et 11 abstentions. Le projet sera transmis à la Chambre haute pour une seconde lecture.

    Il importe de souligner que la Commission Ecofin a opéré des réaménagements internes devant répondre à certains équilibres, conformément aux orientations de la plénière. Ledit rapport renseigne, en comparant aux prévisions des recettes adoptées par la Commission, soit 8.422.103.906.282 Fc tel qu’indiqué, il se dégage un écart positif de l’ordre de 58.887.090.223 Fc.

    En conséquence, étant donné que le niveau des recettes globales inscrites aux prévisions de la loi des finances de l’année 2015 a augmenté à concurrence de 58.887.090.223Fc, soit 8.422.103.906.282 Fc – 8.363.216.816.059 Fc. Il va de soi que le niveau des dépenses soit également revu à la hausse dans les mêmes proportions, afin de maintenir l’équilibre budgétaire.
    Etant donné que la Commission a dégagé des recettes de l’ordre de 8.422.103.906.282 Fc et que les recettes sont focalisées sur les régies financières, elle a réparti selon les nouvelles configurations des prévisions des recettes du projet de loi des finances en ce que la DGDA par rapport aux recettes de la prévision par le Gouvernement arrêtées à 2.466.383.630.125, et la Commission a arrêté à 2.486.535.816.224. Il en va de même de la DGI, dont le montant prévu était de 2.332.400.594.071 Fc à 2.374.764.594.071 de la commission avec une amélioration de 42.364.000.000.

    Pour la DGRAD, le gouvernement avait prévu 686.202.764.226, et la Commission a arrêté à 641.105.867.219.
    Cependant, pour les pétroliers producteurs, le gouvernement avait prévu 398.633.220.178 avec une amélioration positive de 28.905.000.000 Fc pour arrêter à 427.538.220.178 par la Commission. Quant aux recettes extérieures et budgets annexes, la Commission n’a apporté aucune amélioration. Elles sont restées telles que prévues par le Gouvernement, soit respectivement 1.582.028.504.634 Fc et 535.021.391.940 Fc. Par ailleurs, les comptes spéciaux ont subi une modification positive en ce que le Gouvernement les avait prévus à 362.546.710.885Fc, amélioré avec 58.887.090.223 Fc dont la Commission a arrêté à 375.109.512.016 Fc.
    Pour ce faire, dans la totalité, le Gouvernement avait prévu 8.363.216.816.059 Fc, dont les recettes améliorées par la Commission de l’ordre de 58.887.090.223Fc. Par voie de conséquence, les prévisions arrêtées par la Commission sont de 8.422.103.906.282 Fc.
    Les recommandations de la Commission
    Il est vrai que le projet de loi des finances de l’exercice 2015 s’est élaboré dans un contexte socio-politique précis, dominé par la tenue des Concertations nationales et la résolution des conflits armés dans la partie Est de la RD Congo ; les efforts du Gouvernement qui se sont focalisés sur la mise en œuvre des recommandations desdites Concertations, des engagements pris par la RD Congo dans le cadre de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, ainsi que sur l’accélération de la mise en place du programme d’action du Gouvernement.
    De ce fait, la Commission a formulé 52 recommandations, notamment au Gouvernement, à la DGDA, à la DGRAD et à l’Assemblée nationale
    Au gouvernement
    La commission recommande que celui-ci accompagne la DGDA dans ses efforts de recouvrement des recettes du contentieux ; d’étendre l’implantation des guichets uniques à travers la RD Congo ; de supprimer les exonérations dérogatoires et veiller au respect des textes légaux et réglementaires, notamment celui limitant le nombre des services commis à la frontière.
    Dans la même perspective, le gouvernement doit obtenir des Gouverneurs des provinces pour la retenue à la source de l’IPR des autorités politiques provinciales et qu’il prenne des mesures en procédure d’urgence des projets de lois portant mesures d’encadrement des recettes des impôts tels que : « la fixation de l’échéance de dépôt de déclaration de l’impôts sur les bénéfices et profits au 30 avril de l’année qui suit celle de la réalisation des revenus, en harmonie avec l’acte uniforme de l’OHADA du 24 mars 2000 portant organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises ; l’adaptation des documents comptables à annexer à la déclaration de l’IBP en conformité avec l’acte uniforme de l’OHADA, indication des mentions obligatoires de la facture par voie règlementaire dans le but des revenus et celles de la législation sur la TVA ; institution d’une obligation documentaire à charge des entreprises installées en RD Congo et se trouvant sous la dépendance de droit ou de fait des entreprises étrangères, en vue de renforcer le dispositif en matière de prix de transfert ; fixation de la méthode d’évaluation de la base imposable à l’IBP en cas de taxation d’office ; définition en matière de prix de transfert, de la méthode de détermination des revenus imposables à l’IPB en l’absence d’éléments précis mis à la disposition de l’administration des impôts par la redevance ».

    Il a été également recommandé d’introduire l’obligation faite à l’administration des impôts de notifier, dans un délai de deux ans, les suppléments d’impôts en cas d’existence de fraude à incidence fiscale révélée dans une décision judiciaire ou par un organisme public. A ceci sans oublier l’instauration d’une amende en cas d’insuffisance de paiement de l’acompte prévisionnel de l’IBP, introduction de la possibilité de réexaminer, après notification de la décision clôturant son instruction, d’une réclamation contentieuse en cas de découverte d’erreur sur le fondement légal d’une imposition. Définir des termes « erreur matérielle » et « double emploi » en vue d’éviter toute interprétation abusive dans le cadre de la procédure de dégrèvement d’office ; imputation de pertes professionnelles de l’exercice comptable et des exercices antérieurs à concurrence de 70% du bénéfice fiscal avant l’imputation desdites pertes, assimilations en matière de TVA du transport des marchandises destinées à l’exportation aux opérations d’exportations des marchandises, exonération réalisée par les ASBL constituées et de la valeur ajoutée, de l’importation réalisée par les ASBL légalement constituées et la vente locale de bête sur pied.
    Il en va également de la présentation du plan détaillé pour l’exploitation du gaz méthane du Lac Kivu ; de déposer l’état d’application de la loi sur les frontières maritimes ; transmettre à l’Assemblée nationale les budgets des provinces pour leur intégration dans le budget de l’Etat afin de se conformer à l’article 175 de la constitution.
    Le Gouvernement devra prendre en compte les prévisions originelles des services qui les élaborent sur base des éléments objectifs dans l’élaboration des budgets des prochaines exercices ; faire un effort pour libérer les crédits votés par l’Assemblée nationale en faveur de ces services afin de leur permettre de réaliser les missions qui leur ont été assignées ; améliorer la gestion des sociétés commerciales du portefeuille de l’Etat ; lutter contre la fraude et la concurrence déloyale qui pénalisent les industries nationales ; finaliser la révision des dispositions particulières du code minier relatives au secteur de l’environnement ; lever les obstacles liés à la vérification de la biomasse, de la dégradation et de la déforestation afin de réunir les préalables requis pour accéder au marché du crédit carbone. Il faut enfin décaisser sans atermoiement les crédits des investissements transférés aux provinces pour améliorer le taux d’exécutif du budget d’investissement.
    A l’endroit de la DGDA et de la DGRAD
    La première régie financière doit optimiser le contrôle par scanner des conteneurs tant à l’importation qu’à l’exportation des marchandises ; recouvrir les fonds dus au Trésor public dans les dossiers contentieux, doter la brigade douanière d’équipement de travail adéquats.
    Quant à la deuxième régie financière, elle doit mettre à la disposition des services d’assiette les imprimés de valeur de manière permanente et ainsi éviter des ruptures de stock qui occasionnent des pertes à l’Etat tout en encourageant la fraude ; améliorer les efforts de collaboration avec les services d’assiette pour plus de transparence dans la chaîne des recettes.

    A l’endroit de l’Assemblée nationale

    Elle est appelée à initier un contrôle parlementaire sur les encours des recettes encadrées par la DGRAD pouvant impacter les prévisions budgétaires pour l’exercice 2015 ; ordonner une mission parlementaire d’évaluation du niveau de production réelle du baril à Muanda, le cas échéant, réaliser une mission de recoupement à l’extérieur du pays auprès des sociétés qui achètent le brut congolais ; initier un contrôle budgétaire à la DGDA portant essentiellement sur le dossier contentieux, les enlèvements d’urgence et les exonérations.
    Elle doit aussi initier un contrôle parlementaire sur la DGI portant essentiellement sur les Avis de mise en recouvrement, les dégrèvements fiscaux.
    En plus, elle doit exiger impérativement le dépôt du projet de loi modifiant le Code minier aux fins d’améliorer la mobilisation des recettes de l’Etat ; voter la loi modifiant la loi n°044/2003 du 13 mars 2003 portant réforme des procédures fiscales et utiliser la diplomatie agissante afin d’associer les efforts de l’Assemblée nationale à ceux du Gouvernement pour un dénouement rapide et gagnant du contentieux qui oppose la RD Congo à l’Angola en ce qui concerne les blocs 14 et 15 situés sur le plateau continental, exploités unilatéralement par l’Angola.

    Pius Romain Rolland

    L’Avenir Quotidien

  • Ni crise, ni rébellion : L’Udps réaffirme son unité !

    Ni crise, ni rébellion : L’Udps réaffirme son unité !

    Logo_UDPS-Ils ont affiché l’unité. Bruno Mavungu, Félix Tshisekedi, Joseph Kapika et Augustin Kabuya. Toute la Direction de l’Udps/Tshisekedi au grand complet était hier, jeudi 20 novembre, à la permanence du parti, 10ème rue Zinnias, dans la Commune de Limete. Face à eux, des journalistes congolais déterminés à leur tirer le ver du nez. Au sortir du point de presse, une seule conclusion. L’Udps se porte bien. Il n’y a ni crise, ni rébellion des Fédérations. Bruno Mavungu dixit.

    En l’absence prolongée d’Etienne Tshisekedi, il était temps que la Direction de l’Udps fixe officiellement l’opinion sur la santé du parti. Pour ce faire, plusieurs hauts cadres du parti, à savoir, le Secrétaire Général, Bruno Mavungu, le Secrétaire National aux Relations Extérieures, Félix Tshilombo Tshisekedi, Joseph Kapika, Secrétaire National à la Presse et Porte-parole, et enfin, le Porte-parole adjoint, Augustin Kabuya. Pour couronner le tout, une foule innombrable de combattantes et combattants venus, pour la circonstance, de toutes les Fédérations de l’Udps/ Kinshasa. D’entrée de jeu, Bruno Mavungu lance : « Un tract est en circulation. Des ennemis du parti les distribuent dans les rédactions des journaux paraissant à Kinshasa dans le seul but de semer la confusion à l’Udps ». Mavungu progresse. La crise à laquelle il est fait allusion dans ce tract relève de l’imaginaire. Personne n’a désavoué qui que ce soit. Visiblement impatients, les journalistes lui bombardent des questions. Très à l’aise, Bruno Mavungu répond à toutes les questions, les unes après les autres, sans éluder.

    Félix Tshisekedi bientôt à Goma et Bukavu

    La polémique née de la tournée interprovinciale de Félix Tshilombo Tshisekedi est sans objet. Celui-ci avait reçu, avant d’entamer son périple dans les deux Kasaï et au Katanga, une lettre d’autorisation et un ordre de mission dûment signés par l’autorité compétente. La tournée de Félix est d’une importance capitale pour le parti. Car, elle s’inscrit dans une logique de redynamisation de l’Udps. Qu’on ait aperçu Félix Tshisekedi à Lubumbashi en compagnie de Fabien Mutomb, un ancien de l’Udps, ne se pose aucun problème, le parti n’ayant rien perdu. L’étape de Lubumbashi a été un grand succès pour l’Udps. Dans les prochains jours, Félix Tshisekedi va amorcer un autre voyage. Cette fois-là, il se rendra dans le Kivu montagneux. Il est très attendu à Bukavu et à Goma. A ceux qui estiment que Félix Tshisekedi outrepasse ses fonctions, Bruno Mavungu répond que tout membre de l’Udps peut, s’il est muni d’un ordre de mission, mener des activités de redynamisation du parti n’importe où en RDC et à l’étranger. Dans sa nomenclature, l’Udps compte 53 présidents des Fédérations et plus de 7.000 présidents des Sections. Tous sont fidèles aux idéaux du parti et au Président Etienne Tshisekedi. A propos justement de la succession d’Etienne Tshisekedi à la tête de l’Udps, la question n’est pas à l’ordre du jour. En cas d’incapacité d’Etienne Tshisekedi, les dispositions statutaires en la matière seront appliquées. Il n’y a donc pas d’amalgame entre la famille biologique de Tshisekedi et le parti. Pas non plus de confusion possible au sujet des titres de propriété de la parcelle de la 10ème rue Zinnias appartenant au parti et celle de la 11ème rue, propriété privée de la famille biologique du lider maximo.

    Affaire 400 mille Usd, Félix s’explique

    Une affaire de magots défraye la chronique. On parle de 400 mille dollars américains que Félix Tshisekedi devrait justifier. Il l’a fait. Foutaise, dit-il. L’argent en question ne provenait pas de cotisations des membres. Il s’agit bien d’un don des partenaires pour soutenir, il y a un certain temps, la campagne présidentielle de Tshisekedi en 2011.

    la Prospertie

  • Modification constitutionnelle: l’avertissement de François Hollande

    Modification constitutionnelle: l’avertissement de François Hollande

    Premiere conference de presse de francois hollande-L’actualité au Burkina Faso a été abordée ce vendredi matin lors de la remise du prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits à Paris. Le président François Hollande, présent à la cérémonie, a tenu à rappeler le point de vue de la France aux chefs d’Etat qui souhaitent se maintenir au pouvoir.

    Ce vendredi matin, le président français a d’abord évoqué à la tribune les liens qui unissent son pays au continent africain : « L’Afrique, elle a besoin de nous. Besoin de nous pour lutter contre le terrorisme, c’est ce que la France fait avec l’opération Barkhane. Besoin de nous pour endiguer le fondamentalisme barbare, c’est le sens de l’appui de la France à la lutte contre Boko Haram. L’Afrique, elle a besoin de nous pour prévenir les conflits et les massacres, et c’est ce que nous faisons avec les Africains eux-mêmes en RCA. L’Afrique, elle a également besoin de nous pour son développement, pour l’accès aux biens publics fondamentaux, à l’eau, à l’alimentation ».

    Un discours qui s’est ensuite orienté sur l’actualité politique du continent et qui s’est transformé en un véritable avertissement du président français aux chefs d’Etat qui sont tentés de se maintenir au pouvoir : « L’Afrique, elle a besoin aussi que l’on promeuve partout les valeurs démocratiques. Et encore ces derniers jours, la population du Burkina Faso a fait une belle démonstration qui doit, à mon avis, faire réfléchir ceux qui voudraient se maintenir au-delà du temps nécessaire à la tête de leur pays en violant l’ordre constitutionnel. Parce que ce qu’a fait la population du Burkina Faso, c’est tout simplement de faire respecter le droit et de permettre que l’on empêche de réviser une Constitution, une loi fondamentale pour une convenance personnelle ».

  • Ces avocats qui ont marqué 2014

    Ces avocats qui ont marqué 2014

    robe-avocat-Pour la troisième année consécutive, “Jeune Afrique” dresse la liste des avocats d’affaires qui ont marqué l’actualité économique récente en Afrique francophone.

    Pour la troisième année consécutive, Jeune Afrique dresse la liste des avocats qui ont marqué l’actualité économique récente en Afrique francophone. Cette liste (qui n’est pas un classement) distingue des associés pour des dossiers phares, sur lesquels – il faut le préciser – ils ont toujours travaillé en équipe. Les missions en conseil, en contentieux ou en arbitrage sont prises en compte, mais les dossiers d’arbitrage étant souvent confidentiels, quelques avocats pourtant incontournables cette année dans ce domaine ­- comme Emmanuel Gaillard de Shearman & Sterling – n’apparaissent pas ici.

    Lire aussi :

    Les 15 avocats d’affaires de 2013

    Droit des affaires : les avocats africains montent en puissance

    Jusqu’à quarante dossiers

    Le fait qu’il se soit illustré dans une grande opération sur le continent ne fait pas nécessairement d’un cabinet un grand spécialiste de l’Afrique francophone.

    Certains ne traitent qu’une poignée de dossiers concernant cette région du monde quand d’autres, tels que Linklaters, Herbert Smith Freehills ou Simmons & Simmons, en gèrent trente ou quarante chaque année. Toutefois, une chose est certaine : un nombre croissant de cabinets d’avocats ont mis l’Afrique au menu. Et certains comptent jusqu’à une cinquantaine de juristes (basés dans leurs différents bureaux à travers le monde) intervenant sur le continent.

    Bataille vive

    Dans ce contexte, la bataille pour recruter les talents reste vive : Roland Ziadé, actif dans plusieurs grands dossiers d’arbitrage impliquant l’Afrique, a ainsi quitté fin 2013 Cleary Gottlieb Steen & Hamilton pour Linklaters. L’avocat camerounais Jean-Jacques Essombè est passé de Heenan Paris à Orrick.

    Mais ces cabinets se heurtent aussi aux difficultés liées à la pratique des affaires sur le continent. Cette année, Dentons a ainsi réclamé devant un tribunal américain dix millions de dollars à la Guinée pour des opérations de conseil non payées. Et qui a oublié que ce sont les activités louches en Afrique d’un ancien associé qui ont conduit à la disparition pure et simple du puissant cabinet canadien Heenan Blaikie en début d’année ?

    Jeune Afrique

  • États-Unis : Obama accorde une régularisation provisoire à cinq millions de sans-papiers

    États-Unis : Obama accorde une régularisation provisoire à cinq millions de sans-papiers

    obama-Il avait promis de prendre l’initiative face à l’inaction du Congrès : Barack Obama a offert jeudi soir une régularisation provisoire à quelque cinq millions de clandestins, sur un total de 11 millions vivant aux Etats-Unis sous la menace d’une expulsion.

    “Une amnistie de masse serait injuste. Des expulsions de masse seraient à la fois impossibles et contraires à notre caractère”, a expliqué le président américain lors d’une brève allocution solennelle depuis la Maison Blanche, promettant un système “plus juste et plus équitable”. Vent debout contre des décisions présidentielles qu’ils jugent anticonstitutionnelles, ses adversaires républicains ont immédiatement promis de les combattre, au Congrès ou en justice.

    “Ce n’est pas comme cela que notre démocratie fonctionne”, a tonné John Boehner, président de la Chambre des représentants. “Le président a dit qu’il n’était ni un roi, ni un empereur, mais il se comporte comme s’il en était un”. “Je n’ai qu’une réponse : votez une loi!”, a lancé le président Obama à ses détracteurs, assurant que ses décisions reposaient sur de solides bases légales et qu’elles s’inscrivaient dans la lignée de celles prises par tous ses prédécesseurs, républicains comme démocrates, depuis un demi-siècle.

    A partir du printemps prochain, tout clandestin vivant depuis plus de cinq ans aux Etats-Unis, et ayant un enfant américain ou titulaire d’un statut de résident permanent, pourra demander un permis de travail de trois ans. “Ce n’est ni une garantie de citoyenneté, ni un droit à rester ici de manière permanente”, a cependant souligné M. Obama. L’exécutif américain a par ailleurs annoncé un assouplissement des conditions d’accès au programme Daca (“Deferred Action for Childhood Arrival”), lancé en 2012, qui offre des permis de séjour aux mineurs arrivés sur le territoire américain avant l’âge de 16 ans. Quelque 600.000 personnes en ont déjà bénéficié à ce jour.

    “Si vous remplissez les critères, vous pouvez sortir de l’ombre et vous mettre en accord avec la loi. Si vous êtes un criminel, vous serez expulsé. Si vous avez l’intention d’entrer illégalement aux Etats-Unis, vos chances d’être attrapé et renvoyé viennent juste d’augmenter”, a résumé M. Obama.

    “Un pas dans la bonne direction”

    Depuis les régularisations massives de 1986, sous Ronald Reagan, toutes les tentatives de réforme du système d’immigration ont échoué. Début 2013, après la rédaction d’un projet de loi au Sénat par des ténors des deux partis, un compromis semblait possible. Mais la perspective d’un accord au Congrès s’est vite éloignée et les discussions sont dans l’impasse depuis.

    “Merci au président d’avoir, face à l’inaction, choisi l’action sur l’immigration”, a réagi Hillary Clinton sur Twitter. “Et maintenant, travaillons à une réforme bipartisane”, a ajouté l’ex-secrétaire d’Etat qui pourrait bientôt se lancer dans la course à la Maison Blanche pour succéder à Barack Obama en 2017. L’association DREAM Action Coalition a elle salué “un pas dans la bonne direction”, tout en appelant à faire plus. “Quel sera l’avenir des millions d’immigrants sans papiers qui ne remplissent pas les critères?”, a-t-elle demandé, regrettant que le président ne soit pas allé “aussi loin qu’il le pouvait légalement”.

    Le sénateur démocrate Luis Gutiérrez a loué le “courage” du président sur ce dossier politiquement sensible, tout en jugeant que ces mesures ne sauraient se substituer au vote par le Congrès d’une réforme en profondeur. Le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), le Chilien José Miguel Insulza, a salué “le courage du président américain qui a décidé d’avancer vers un objectif juste qui ne mérite pas d’être repoussé d’avantage”.

    “Nous sommes et serons toujours une nation d’immigrants”

    La tempête politique que cette annonce a déclenchée augure mal des relations entre le Congrès et la Maison Blanche dans les mois à venir. La donne politique vient en effet de changer à Washington, après la large victoire des républicains lors des législatives de mi-mandat du 4 novembre. Pour le sénateur du Kentucky Mitch McConnell, qui deviendra en janvier l’homme fort du Sénat, la démarche de M. Obama revient purement et simplement à “rejeter la voix des électeurs”.

    Désormais majoritaires à la Chambre des représentants comme au Sénat, les républicains ne peuvent bloquer un décret présidentiel, mais ils disposent de nombreuses armes pour rendre les deux dernières années d’Obama à la Maison Blanche difficiles. Certains élus, tel le sénateur texan Ted Cruz, farouche opposant de M. Obama et candidat possible à sa succession, plaident ainsi pour une trêve des confirmations d’ambassadeurs, juges et responsables de l’administration nommés par le président américain, freinant ainsi le travail de l’exécutif. Mais ce proche du Tea Party est loin de faire l’unanimité. Et à l’approche des primaires en vue de la présidentielle de 2016, le débat s’annonce animé au sein d’un parti qui aimerait séduire une partie de l’électorat hispanique, qui a voté à plus de 70% pour Barack Obama.

    “Nous sommes et serons toujours une nation d’immigrants”, a conclu M. Obama, qui se rendra vendredi à Las Vegas (Nevada, ouest) pour expliquer sa démarche. Selon un sondage NBC/Wall Street Journal, 48% des Américains la désapprouvent, contre 38% qui y sont favorables.

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  • Ebola: la veuve de Mandela critique la réaction tardive et insuffisante de l’Afrique

    Ebola: la veuve de Mandela critique la réaction tardive et insuffisante de l’Afrique

    Gracia-Graça Machel, la veuve de l’ancien président sud-africain Nelson Mandela, a sévèrement critiqué vendredi la réaction trop tardive et insuffisante des dirigeants africains à l’épidémie d’Ebola, appelant à plus de sérieux sous peine de continuer à être méprisés.

    “Il est temps que l’Afrique accorde sa vraie valeur à la vie humaine, en d’autres termes à la vie de chaque Africain. (. . . ). Hier c’était le sida, aujourd’hui c’est Ebola, demain ce sera quelque chose d’autre. On ne peut pas rester dans l’impréparation”, a-t-elle lancé. “On ne peut se trouver dans la situation où les institutions prennent tellement de temps pour penser à monter une réunion. ”

    “Ebola expose quelque chose d?embarrassant, laissez-moi l’appeler une crise d’identité et de dignité”, et “expose l’extrême faiblesse de nos institutions: nationales, régionales et continentales”, a poursuivi Mme Machel, invitée d’un débat par le cabinet d’audit KPMG à Johannesburg.

    “On est en 2014, à l’heure de l’éveil de l’Afrique. On nous dit qu’il y a des milliardaires sur le continent, des classes moyennes en expansion. (. . . ) Comment se fait-il qu’on mette tant de temps à se réveiller, à réaliser premièrement que c’est notre problème, et deuxièmement que nous avons des capacités sur le continent africain pour contenir le virus? (. . . ) Les 5. 000 morts, ce sont seulement des statistiques? Quid des familles? Des enfants orphelins?”, a-t-elle demandé.

    “C’est probablement quand nous nous prendrons au sérieux que les autres le feront. Sinon, nous continuerons d’être des marionnettes aux mains de tous, d’être stigmatisés, ou pire, méprisés”, a martelé Mme Machel.

    Très critique à l’encontre de l’Union africaine (UA) – “Je continue a dire que c’est trop tard et pas assez” -, elle a néanmoins salué les efforts de Nkosazana Dlamini-Zuma, la présidente sud-africaine de la Commission de l’UA.

    Avec elle, “ça bouge”, a-t-elle dit. “Est-ce efficace? Non, ça ne l’est pas, mais ce n’est pas de la faute de Nkosazana mais de nos chefs d’Etat qui ne prennent pas l’Union africaine au sérieux”.

    12 pays sur les 54 Etats membres de l’UA sont à jour de leur contribution annuelle, selon Mme Machel.
    Jeuneafrique

  • Zambie: le président par intérim Guy Scott suspendu de son propre parti

    Zambie: le président par intérim Guy Scott suspendu de son propre parti

    Guy-scott--La guerre de succession ouverte en Zambie depuis la mort du président Michael Sata s’étend au parti au pouvoir, le Front patriotique. Guy Scott en a été suspendu vendredi de sa fonction de président par intérim.

    “Le comité central du Front patriotique [le parti au pouvoir en Zambie, NDLR] a décidé de suspendre le Dr Guy Scott de sa fonction de président par intérim du parti pour avoir bafoué et agi en contradiction avec les statuts”, a déclaré Malozo Sichone, un membre de la direction.

    Le parti accuse le chef de l’État par intérim, qui était vice-président avant la mort du président Michael Sata fin octobre, d’avoir manœuvré pour obtenir une couverture favorable dans les médias zambiens.

    L’ancien ministre de la Défense et de la Justice Edgar Lungu a récemment saisi la justice pour l’empêcher de conduire le pays et ses 15 millions d’habitants jusqu’aux élections anticipées du 20 janvier, arguant que Sata lui avait confié le soin de gérer les affaires courantes en son absence.

     

    Edgar Lungu fait partie des nombreux candidats à la succession de Michael Sata au sein du camp du pouvoir, de même que la veuve de l’ancien président Christine Kaseba, et son fils Mulenga Sata, maire de la capitale Lusaka.

    Guy Scott, un Zambien blanc, ne peut pas se présenter à la présidentielle car il est d’ascendance écossaise.

    (Avec AFP)

     

  • La révolte burkinabè change la donne politique jusqu’en RDC

    La révolte burkinabè change la donne politique jusqu’en RDC

    BURKINA-La chute de Blaise Compaoré au Burkina Faso semble avoir refroidi à Kinshasa les partisans d’une révision constitutionnelle susceptible de permettre au président congolais Joseph Kabila de rester en poste après 2016.

    Pour plusieurs diplomates et analystes, l’option désormais privilégiée pour permettre à M. Kabila de se maintenir consiste à retarder au maximum l’échéance de la présidentielle censée avoir lieu en novembre 2016 en République démocratique du Congo.

    En poste depuis 1987, M. Compaoré a été contraint de quitter le pouvoir sous la pression de la rue et de l’armée après avoir annoncé un projet de révision constitutionnelle destiné à lui permettre de briguer un nouveau mandat.

    “Cela a changé les choses ici, cela a été un vrai coup de tonnerre, un vrai signal d’alerte pour le pouvoir”, dit un diplomate en poste à Kinshasa.

    “Kabila et ses acolytes ont dû suivre cela de près et non sans inquiétude. La censure de ces événements ou leur minimisation dans le discours public sont assez révélateurs”, commente un analyste congolais sous le couvert de l’anonymat.

    André Atundu, ancien ambassadeur et responsable de la communication pour la Majorité présidentielle, doute que les Congolais suivent “aveuglément ce qui s’est passé au Burkina”, mais concède : “La leçon c’est que la classe politique doit faire attention au pouvoir que le peuple lui a donné, car le peuple peut le lui reprendre.”

    Agé de 43 ans, M. Kabila est arrivé au pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila. Il a été élu en 2006 à l’occasion des premières élections démocratiques du pays, puis en 2011 lors d’un scrutin contesté par l’opposition et la communauté internationale.

    La Constitution lui interdit de briguer un nouveau mandat en 2016. Lui-même n’a jamais révélé publiquement ses intentions, mais des membres de la majorité et du gouvernement ont plaidé ouvertement pour un changement de Constitution dont il serait bénéficiaire.

    – ‘bonnes élections’ –

    Au cours de la session en cours, le Parlement doit étudier des projets de révision constitutionnelle présentés par l’exécutif pour modifier le mode de scrutin des prochaines élections provinciales. L’opposition soupçonne que l’examen de ces textes sera le moment choisi par la majorité pour toucher plus largement à la loi fondamentale afin de permettre à M. Kabila de rester après 2016.

    Mais les événements au Burkina ont conduit, “au moins provisoirement, à mettre sous le boisseau le projet de révision constitutionnelle”, note le diplomate.

    Selon des sources parlementaires, les élus devraient à la place se pencher sur une proposition de loi électorale, déposée par un député indépendant.

    Pour Fidel Bafilemba, chercheur de l’ONG américaine Enough Project, le scénario d’une modification constitutionnelle avait déjà “perdu de l’élan” avant la révolte burkinabè, à cause des pressions de la communauté internationale et de l’Église catholique, et des mises en garde de plusieurs responsables politiques influents, certains membres de la majorité.

    Pour retarder la présidentielle, plusieurs scénarios sont jugés possibles : l’organisation préalable d’un recensement administratif, qui devrait prendre au minimum 18 mois vu la taille du pays (cinq fois la France), ou la tenue en premier d’élections locales (prévues en théorie pour 2015).

    Plusieurs analystes et hommes politiques estiment qu’une telle consultation risque d’attiser les antagonismes locaux, en particulier dans l’Est, ravagé depuis plus de vingt ans par des conflits armés, et d’aviver une violence susceptible de servir de prétexte pour bloquer le processus électoral.

    L’ONU, l’Union africaine, l’Union européenne et les États-Unis tentent d’éviter un report des élections. Néanmoins, indique-t-on de source diplomatique, certains pays pourraient s’en accommoder, si et seulement si cela permettait de “faire de bonnes élections”.

    Pour plusieurs diplomates, la forte augmentation des budgets alloués à l’armée, à la police et aux autres services de sécurité inscrite dans le projet de loi de finances pour 2015, comme les récentes nominations à la tête de l’armée, pourraient être le signe que le pouvoir se prépare à une épreuve de force.

    Le récent déboulonnage d’une statue du président Kabila par une foule en colère dans l’Est serait-il le signe avant-coureur d’émeutes populaires susceptibles d’emporter le pouvoir ?

    Beaucoup en doutent. Les habitants de Kinshasa rappellent volontiers qu’on tire facilement à balles réelles sur les manifestants, et les morts des violences pré et post-électorales de 2011 sont encore bien présentes dans les mémoires. Pour un haut fonctionnaire de l’ONU à New-York, “seule l’armée” serait en mesure de déstabiliser le régime.

    AFP

  • États-Unis : l’étau se resserre autour de Bill Cosby, accusé de plusieurs viols

    États-Unis : l’étau se resserre autour de Bill Cosby, accusé de plusieurs viols

    cosby-beverly-hills-hotel-650x432-Bill Cosby fut l’idole de plusieurs générations. Accusé de viol par une quinze femmes, la star¨de la série comique américaine “The Bill Cosby show” est aujourd’hui dans la tourmente.

    Bill Cosby, violeur en série ? Difficile à croire à première vue, mais les accusations contre la star de la série comique américaine The Bill Cosby show, aujourd’hui âgé de 77 ans, se multiplient. Au total, quinze femmes affirment avoir été victimes d’agressions sexuelles entre les années 1970 et 2004.

    Mardi 18 novembre, une nouvelle femme l’a accusé, Janice Dickinson, ancienne mannequin célèbre aux États-Unis. Aujourd’hui âgée de 59 ans, elle a expliqué à Entertainment Tonight qu’il l’avait droguée puis violée après un dîner, en 1982.

    Dimanche, c’est l’ancienne actrice et journaliste Joan Tarshis qui a soutenu, lors d’un entretien à la chaîne américaine CNN, que Bill Cosby l’avait violée en 1969, alors qu’elle avait 19 ans. “Quand on viole au moins 16 femmes, on est un violeur en série” a-t-elle déclaré.

    Les accusations d’abus sexuels portées contre Bill Cosby datent de 2005. À l’époque, une actrice débutante, Andrea Constland, affirmait qu’il l’avait affaiblie avec les pilules avec de l’agresser sexuellement. L’accusation se disait prête à apporter treize autres témoignages anonymes, avant qu’un accord financier ne soit trouvé en 2006. Certaines ont depuis raconté leur histoire à visage découvert.

    “Prédateur sexuel”

    Le 13 novembre Barbara Bowman, l’une des 13 anonymes du procès Constand, a, d’une tribune dans le Washington Post, demandé “pourquoi il a fallu 30 ans aux gens pour croire (son) histoire”. L’actrice accuse notamment Bill Cosby de l’avoir droguée et violée à 17 ans, en 1985.

    Le 15 novembre, l’avocate à la retraite Tamara Green déclarait que Bill Cosby est un “prédateur sexuel”. En 2005, elle a accusé l’acteur d’avoir commis des attouchements sur elle dans les années 70, alors qu’elle était malade et affaiblie par des pilules.

    Bill Cosby a nié à plusieurs reprises avoir agressé ces femmes. “Durant les dernières semaines, des accusations fausses, vieilles de plusieurs décennies, ont refait surface, a commenté son avocat. Le fait qu’elles soient répétées ne les rend pas véridiques. Monsieur Cosby n’a pas l’intention de donner de l’importance à ces accusations en y répondant.”
    Jeuneafrique

  • La révolte au Burkina refroidit les partisans d’une révision constitutionnelle

    La révolte au Burkina refroidit les partisans d’une révision constitutionnelle

    contre-la-modification-de-la-Constitution-La chute de Blaise Compaoré au Burkina Faso semble avoir refroidi à Kinshasa les partisans d’une révision constitutionnelle susceptible de permettre au président congolais Joseph Kabila de rester en poste après 2016.

    Pour plusieurs diplomates et analystes, l’option désormais privilégiée pour permettre à M. Kabila de se maintenir consiste à retarder au maximum l’échéance de la présidentielle censée avoir lieu en novembre 2016 en République démocratique du Congo.

    En poste depuis 1987, M. Compaoré a été contraint de quitter le pouvoir sous la pression de la rue et de l’armée après avoir annoncé un projet de révision constitutionnelle destiné à lui permettre de briguer un nouveau mandat.

    “Cela a changé les choses ici, cela a été un vrai coup de tonnerre, un vrai signal d’alerte pour le pouvoir”, dit un diplomate en poste à Kinshasa.

    “Kabila et ses acolytes ont dû suivre cela de près et non sans inquiétude. La censure de ces événements ou leur minimisation dans le discours public sont assez révélateurs”, commente un analyste congolais sous le couvert de l’anonymat.

    André Atundu, ancien ambassadeur et responsable de la communication pour la Majorité présidentielle, doute que les Congolais suivent “aveuglément ce qui s’est passé au Burkina”, mais concède : “La leçon c’est que la classe politique doit faire attention au pouvoir que le peuple lui a donné, car le peuple peut le lui reprendre. ”

    Agé de 43 ans, M. Kabila est arrivé au pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila. Il a été élu en 2006 à l’occasion des premières élections démocratiques du pays, puis en 2011 lors d’un scrutin contesté par l’opposition et la communauté internationale.

    La Constitution lui interdit de briguer un nouveau mandat en 2016. Lui-même n’a jamais révélé publiquement ses intentions, mais des membres de la majorité et du gouvernement ont plaidé ouvertement pour un changement de Constitution dont il serait bénéficiaire.

    – ‘Bonnes élections’ –

    Au cours de la session en cours, le Parlement doit étudier des projets de révision constitutionnelle présentés par l’exécutif pour modifier le mode de scrutin des prochaines élections provinciales. L’opposition soupçonne que l’examen de ces textes sera le moment choisi par la majorité pour toucher plus largement à la loi fondamentale afin de permettre à M. Kabila de rester après 2016.

    Mais les événements au Burkina ont conduit, “au moins provisoirement, à mettre sous le boisseau le projet de révision constitutionnelle”, note le diplomate.

    Selon des sources parlementaires, les élus devraient à la place se pencher sur une proposition de loi électorale, déposée par un député indépendant.

    Pour Fidel Bafilemba, chercheur de l’ONG américaine Enough Project, le scénario d’une modification constitutionnelle avait déjà “perdu de l’élan” avant la révolte burkinabè, à cause des pressions de la communauté internationale et de l’Église catholique, et des mises en garde de plusieurs responsables politiques influents, certains membres de la majorité.

    Pour retarder la présidentielle, plusieurs scénarios sont jugés possibles : l’organisation préalable d’un recensement administratif, qui devrait prendre au minimum 18 mois vu la taille du pays (cinq fois la France), ou la tenue en premier d’élections locales (prévues en théorie pour 2015).

    Plusieurs analystes et hommes politiques estiment qu’une telle consultation risque d’attiser les antagonismes locaux, en particulier dans l’Est, ravagé depuis plus de vingt ans par des conflits armés, et d’aviver une violence susceptible de servir de prétexte pour bloquer le processus électoral.

    L’ONU, l’Union africaine, l’Union européenne et les États-Unis tentent d’éviter un report des élections. Néanmoins, indique-t-on de source diplomatique, certains pays pourraient s’en accommoder, si et seulement si cela permettait de “faire de bonnes élections”.

    Pour plusieurs diplomates, la forte augmentation des budgets alloués à l’armée, à la police et aux autres services de sécurité inscrite dans le projet de loi de finances pour 2015, comme les récentes nominations à la tête de l’armée, pourraient être le signe que le pouvoir se prépare à une épreuve de force.

    Le récent déboulonnage d’une statue du président Kabila par une foule en colère dans l’Est serait-il le signe avant-coureur d’émeutes populaires susceptibles d’emporter le pouvoir ?

    Beaucoup en doutent. Les habitants de Kinshasa rappellent volontiers qu?on tire facilement à balles réelles sur les manifestants, et les morts des violences pré et post-électorales de 2011 sont encore bien présentes dans les mémoires. Pour un haut fonctionnaire de l’ONU à New-York, “seule l’armée” serait en mesure de déstabiliser le régime.
    Jeuneafrique