Author: Don Kayembe

  • Colère de l’armée après un retard dans le paiement des salaires

    Colère de l’armée après un retard dans le paiement des salaires

    element fardc-En République démocratique du Congo, l’armée met en cause les banques dans le non paiement des salaires de certaines unités déployées dans l’est du pays. Cela concerne trois bataillons en poste dans le territoire de Beni face aux ADF-Nalu, ainsi que deux autres bataillons présents dans les territoires de Rutshuru et du Nyiragongo. Des discussions sont en cours pour permettre le paiement au plus vite des salaires, assure le colonel Olivier Hamuli, porte-parole adjoint des FARDC.

    Le colonel Hamuli l’assure : l’Etat congolais n’est pas responsable de ces retards, ce sont les agents payeurs – autrement dit les banques – qui peut-être pour des raisons de saturation sont à mettre en cause dans le non paiement de ces soldes. Le porte-parole adjoint de l’armée s’en prend notamment à la Biac et à Ecobank. Contactées par RFI, les deux banques incriminées démentent faire des paiements dans les zones citées par l’armée, que ce soient les territoires de Beni, de Rutshuru ou de Nyiragongo.

    Parmi les autres dysfonctionnements cités par le colonel Hamuli : Ecobank demanderait aux militaires qui sont au front contre les ADF de rejoindre les villes pour être payés. Ce qui, selon le porte-parole adjoint de l’armée, n’est pas réaliste. Dans le cadre du processus de bancarisation, les établissements bancaires demandent effectivement aux militaires comme aux fonctionnaires d’ouvrir un compte et de présenter une pièce d’identité pour être payés. Notamment en fonction des conditions de sécurité, leurs agents acceptent de faire le déplacement ou au contraire demandent à leurs clients de venir dans l’une de leurs succursales, mais ils refusent aujourd’hui de remettre l’argent à un tiers.

    « Un général s’est présenté pour recevoir le paiement de ses troupes, on a été dans l’obligation de refuser », explique un responsable d’établissement bancaire. « Il peut y avoir encore des ratées, ce sont les officiers qui se plaignent, mais les soldats sont contents », précise un autre banquier, ajoutant qu’ils reçoivent aujourd’hui 100% de leurs soldes au lieu de voir la moitié ponctionnée comme par le passé. Des discussions sont en cours pour régler cette situation, assure-t-on du côté de l’armée. Mais dans les zones où les militaires ne sont pas payés, la population s’inquiète de voir des soldats démotivés.

    RFI

  • Gabon: l’opposition porte plainte contre le président Ali Bongo

    Gabon: l’opposition porte plainte contre le président Ali Bongo

    bongo 2-Suite à la récente parution du dernier livre polémique sur le pouvoir gabonais du journaliste français Pierre Péan, l’opposition gabonaise a porté plainte, jeudi 13 novembre, à Libreville contre le président Ali Bongo. Selon l’opposition, le président aurait truqué l’acte de naissance qui lui aurait permis d’être candidat en 2009. Des échauffourées ont éclaté lorsque des opposants ont voulu se rendre au palais de justice pour déposer la plainte.

    Plusieurs militants de l’opposition se sont obstinés à accompagner leurs leaders qui partaient déposer une plainte au tribunal contre Ali Bongo Ondimba, soupçonné de ne pas être le fils d’Omar Bongo Ondimba. Dans son dernier ouvrage, Nouvelles affaires africaine, le journaliste Pierre Péan affirme qu’Ali Bongo est un enfant nigérian adopté à la fin des années 1960.

    La marche de l’opposition était interdite, ce qui a justifié l’intervention des forces de l’ordre. La police et la gendarmerie ont tenu la foule en respect, jusqu’à ce qu’un véhicule anti-émeutes tente de se frayer un passage dans la foule. Le face-à-face a alors dégénéré. Excités, les manifestants ont commencé à lancer des cailloux. Les gendarmes ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes.

    Puis, un colonel chargé de la sécurité des leaders de l’opposition a conduit tous les signataires vers le tribunal où ils sont allés à pied sous bonne escorte. La plainte a été déposée à huis clos au greffe civil. « La plainte, nous l’avons déposée, mais nous sommes choqués par l’impressionnant dispositif de sécurité qui a été mis en place par le pouvoir pour nous charger. Ce n’est pas normal », a déclaré Zacharie Myboto, qui a conduit la délégation.

    La foule s’est ensuite dispersée dans le calme. Aucune arrestation n’a été signalée. De son côté, la présidence gabonaise fait savoir qu’elle n’a pas eu connaissance du contenu de la plainte et ne réagira qu’après en avoir été informée. En se rendant en cortège déposer leur plainte, les leaders politiques et leurs militants ont voulu à la fois montrer leur détermination et faire le maximum de publicité autour de leur action.

    La plainte pas encore validée

    On ne connaît toujours pas la teneur exacte de la plainte qui met en cause la véracité du certificat de naissance du président Ali Bongo. Ni si elle sera jugée recevable par la justice. Car si l’objectif des opposants est de pousser Ali Bongo à s’expliquer sur ses origines, rien ne dit encore qu’il sera atteint.

    En 2009 déjà, une requête sur le même sujet déposée par Luc Béngone Nsi, un candidat à la présidentielle, devant la Cour constitutionnelle avait été rejetée par les juges. « En 2009, la Cour constitutionnelle n’a pas lu le droit. Les membres de la Cour constitutionnelle avaient peut-être plutôt peur », a dit Luc Béngone Nsi à RFI.

    Du côté du pouvoir, on balaie d’un revers de la main le débat sur la nationalité d’Ali Bongo et l’on rejette l’idée même d’une enquête ou d’un test ADN. L’Etat gabonais a par ailleurs porté plainte en France contre le journaliste Pierre Péan, l’accusant de « profonde malveillance ».

    \rfi

  • Football : la CAN 2015 se déroulera en Guinée équatoriale

    Football : la CAN 2015 se déroulera en Guinée équatoriale

    coupe-La CAN 2015 sera organisée en Guinée équatoriale, selon un membre du Comité
    exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) joint par “Jeune Afrique”. La
    décision doit être officiellement annoncée dans la journée.
    La Coupe d’Afrique des nations 2015 se tiendra finalement en Guinée équatoriale. C’est, selon
    un membre du Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF), ce qui doit être
    officiellement annoncé ce vendredi 14 novembre. Cette décision fait suite à celle de retirer
    l’organisation de la compétition au Maroc, qui réclamait son report en raison, officiellement, de
    l’épidémie de virus Ebola qui sévit en Afrique de l’Ouest.
    >> Lire aussi : “CAN 2015 : Congo, Côte d’Ivoire, Sénégal, Tunisie… faites vos jeux,
    rien n’est joué !”
    Les rumeurs étaient allées bon train ces derniers jours, allant jusqu’à mentionner une tenue de
    la compétition en dehors d’Afrique, notamment au Qatar, qui avait annoncé accepter d’apporter
    son aide à l’organisation. Peu de pays africains disposaient en revanche des infrastructures
    nécessaires, dans un délai aussi court, en dehors du Gabon et de la Guinée équatoriale, pays
    hôtes de la précédente édition.

    Jeune Afrique
    _________________
    Par Mathieu OLIVI-

  • UDPS:la base du parti d’opposition dénonce l’attitude de Félix Tshisekedi

    UDPS:la base du parti d’opposition dénonce l’attitude de Félix Tshisekedi

    FelixTshiskd1-Une partie des militants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS), le premier parti d’opposition en République démocratique du Congo (RDC), a dénoncé jeudi « le grand malaise dû à la situation confuse et extrêmement dramatique qui règne » au sein du parti en l’absence de son président, le vieil opposant Etienne Tshisekedi, en « convalescence » en Belgique depuis plusieurs mois, en imputant la cause à l’attitude de son fils, Félix.

    Ce malaise est dû essentiellement à l’absence prolongée de M. Tshisekedi qui a laissé la porte ouverte et a donné des ailes aux membres de sa famille biologique pour une intrusion inadmissible dans la gestion quotidienne du parti, en régentant tout ce qui s’y fait, indique une déclaration de la base de l’UDPS, de toutes les fédérations, tant de l’intérieur que de l’extérieur, adressée à l’agence BELGA.
    Cette « base » dénonce dès lors l’emprise de la famille de l’opposant sur la direction actuelle du parti, s’en prenant en particulier au fils de M. Tshisekedi, Félix Tshilombo.
    Ce dernier est le secrétaire de l’UDPS chargé des relations extérieures. Les militants du parti lui reprochent « de s’être emparé de l’appareil du parti pour exercer toutes les fonctions en son sein ». Le secrétaire général, Bruno Mavungu Puati, censé être le chef de l’exécutif, s’est effacé, pour laisser le champ libre à Félix Tshisekedi, « le nouveau chef autoproclamé », ajoute la déclaration.
    « De manière unanime, nous avons décidé de dénoncer le dérapage et toutes les anomalies qui, en l’absence du président, ont élu domicile dans notre parti, dans le chef des membres de la famille biologique (de M. Tshisekedi), plus particulièrement le secrétaire du parti aux relations extérieures », poursuit le texte.
    « La base de l’UDPS désavoue le secrétaire général du parti, Bruno Mavungu Puati pour incompétence, passivité et suivisme. Elle désavoue M. Félix Tshilombo (…) pour incompétence, trafic d’influence, usurpation, indiscipline, trahison, abus de pouvoir et lui retire la caution morale et refuse de le reconnaître comme l’autorité et chef du département des relations extérieures », déclarent les militants.
    La base de l’UDPS réaffirme enfin son allégeance à Etienne Tshisekedi Wa Mulumba qui demeure le président de l’UDPS et chef du parti, seul habilité à engager l’UDPS jusqu’à preuve du contraire, et comme président élu de la République démocratique du Congo.
    Etienne Tshisekedi, un vétéran de la politique congolaise – il avait été ministre de la Justice en 1960, peu après l’indépendance de l’ex-Congo belge avant de devenir opposant au maréchal Mobutu Sese Seko puis à Laurent-Désiré Kabila, le père de l’actuel chef de l’Etat – s’est auto-proclamé vainqueur de l’élection présidentielle de novembre 2011. Mais les résultats officiels de ce scrutin controversé et entaché de fraudes avaient donné la victoire au président sortant Joseph Kabila.
    Le vieil opposant se trouve depuis le 17 août à Bruxelles, où il est en « convalescence ». Il a rencontré le 30 octobre dernier quelques uns de ses partisans.
    RTBF

  • Burkina : armée et civils tombent d’accord sur l’organisation de la transition

    Burkina : armée et civils tombent d’accord sur l’organisation de la transition

    burkinabais-Armée et civils se sont mis d’accord jeudi sur l’organisation des institutions de transition. Reste maintenant à négocier l’identité des personnalités qui seront appelées à les diriger.

    Une étape importante vient d’être franchie pour la suite de la transition au Burkina. Le lieutenant-colonel Yacouba Zida a déclaré jeudi 13 novembre que l’armée et les civils étaient tombés d’accord sur les institutions de transition. “L’armée est d’accord avec la charte de transition. Nous sommes parvenus à un accord sur l’architecture même des organes de transition, a-t-il affirmé. Maintenant, nous sommes en train de discuter de qui mettre à quelle place.”

    L’identité des personnalités destinées à diriger la transition, une fois que les militaires auront cédé le pouvoir, restait toutefois à discuter. Le lieutenant-colonel Zida, qui tient les rênes du pays depuis la chute du président Blaise Compaoré, a toutefois indiqué que les postes de président et de président du parlement de transition étaient d’ores et déjà acquis à des civils. Selon une source militaire, le poste de Premier ministre aurait à l’inverse été proposé à l’armée par les civils contre la suppression d’une clause interdisant au président de la transition d’être issu d’un parti politique.

    “Nous avons fait beaucoup de concessions dans l’intérêt du Burkina”

    Dans le pré-accord – pas encore validé – sur les institutions de transition auquel armée et civils sont parvenus mercredi, le Premier ministre joue un rôle important, ayant la charge de nommer le gouvernement.

    Le fait qu’un civil dirige la transition est “notre solution depuis le départ”, a lancé le lieutenant-colonel Zida. Mais il est “tout à fait indiqué” que cette personne “ne soit pas un homme politique”, faute de “garantie” qu’il ne fera pas campagne “pour son propre parti politique” lors des prochaines élections, ce qui replongerait le Burkina “dans une crise profonde”, a fait valoir le lieutant-colonel Zida.

    L’armée, qui au départ voulait placer l’un des siens à la tête du Conseil national de transition (le parlement de transition), a “cédé” sur ce point, a reconnu le militaire. “Nous avons fait beaucoup de concessions dans l’intérêt du Burkina”, a-t-il souligné. Armée et civils devaient se rencontrer à 14h00 (heure locale et GMT). Le fruit de leurs négociations, si un accord est trouvé, sera présenté en assemblée à 16h00 GMT, selon des négociateurs.

    (Avec AFP)

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  • Can 2015: l’ossature des Léopards affiche complet à Yaoundé

    Can 2015: l’ossature des Léopards affiche complet à Yaoundé

    Equipe Nationale RD Congolaise- Leopard
    Equipe Nationale RD Congolaise- Leopard

    -L’ossature des Léopards de la RDC affiche, depuis mercredi 12 novembre dans la matinée, complet à Yaoundé (Cameroun). La RDC croise le Cameroun, samedi 15 novembre prochain, dans le cadre de la 5è journée des éliminatoires de la Can 2015.

    Robert Kidiaba, Jean Kasusula et Joel Kimwaki, les trois derniers de présélectionnés de l’équipe nationale viennent de fouler le sol camerounais.
    La première vague des Léopards, constituée de l’entraineur et neuf joueurs, a procédé aux premières séances d’entrainement le lundi 10 novembre au Centre technique de la Fédération camerounaise de football.
    Ils se sont ensuite entraînés le mardi 11 novembre avec les joueurs professionnels, au terrain de la Banque d’Afrique de l’Ouest.
    Les 23 joueurs sélectionnés ont pris part, ce mercredi, à la séance d’entraînement sous la direction de Florent Ibenge.

    La rencontre RDC-Cameroun qui se jouera samedi 15 novembre (14H GMT) à Yaoundé, sera officiée par un quatuor arbitral botswanais.
    Les Congolais devront réaliser un bon résultat contre les Camerounais, avant de clôturer la campagne africaine à Kinshasa quatre jours plus tard (19 novembre) contre la Sierra Leone, pour espérer une qualification à la Can 2015.
    Après quatre journées, le Cameroun est en tête avec 10 points, suivi de la RDC et de la Côte d’Ivoire (6 points chacune). La Sierra Leone ferme la marche avec 1 point.

    Radio Okapi

  • Jean-Pierre Bemba, l’heure des comptes

    Jean-Pierre Bemba, l’heure des comptes

    Bemba-la-Haye-Le procès de Jean-Pierre Bemba, l’ancien Vice-président congolais, jugé pour trois crimes de guerre et deux crimes contre l’humanité, devant la Cour pénale internationale (CPI) touche à sa fin. Le bureau du procureur de la CPI a estimé qu’il devait être reconnu coupable de la “barbarie” de ses miliciens responsables d’exactions, viols, meurtres et pillages en Centrafrique.

    Jean-Pierre Bemba rattrapé par son passé. Le procès de l’ancien Vice-président congolais, par alleurs ex-chef rebelle, jugé pour trois crimes de guerre et deux crimes contre l’humanité, devant la Cour pénale internationale (CPI) touche à sa fin. Le bureau du procureur de la CPI a estimé, mercredi, qu’il devait être reconnu coupable de la “barbarie” de ses miliciens responsables d’exactions, viols, meurtres et pillages en Centrafrique.

    Il faut dire que les quelque 1 500 hommes armés de l’ancien chef rebelle ont « violé tout ce qui se trouvait sur leur chemin », tué et pillé la population, entre octobre 2002 et mars 2003, assure l’accusation, évoquant également le témoignage d’une victime, « violée par trois hommes aux petites heures du matin, notamment avec un cintre et des crosses de fusil ». « Nous venons devant vous aujourd’hui pour demander que justice soit rendue, que l’accusé Jean-Pierre Bemba soit reconnu responsable et coupable des souffrances des victimes », a déclaré aux juges le représentant du bureau du procureur, Jean-Jacques Badibanga, lors de son réquisitoire.

    « La preuve que la population civile de Centrafrique a subi de la pire manière la barbarie des soldats de Jean-Pierre Bemba est au dossier », a affirmé Jean-Pierre Badibanga. Selon lui, « la preuve a été apportée que les soldats qui ont commis ces atrocités étaient sous l’autorité et le contrôle effectif de Jean-Pierre Bemba », ajoutant qu’en trois heures, ce résumé de quatre ans de procès, Jean-Jacques Badibanga « a assuré aux juges qu’il s’agissait d’un cas d’école ». « Vous ne trouverez pas un cas où un supérieur avait plus d’autorité que Jean-Pierre Bemba », a-t-il ajouté, soulignant qu’il « contrôlait tout, intervenait à propos de tout, décidait de tout ».

    Même si les avocats de Jean-Pierre Bemba tenteront de répondre, ce jeudi, aux accusations lancées la veille par le bureau du procureur de la CPI contre l’ancien Vice-président congolais, il sera difficile pour lui d’échapper cette fois-ci aux griffes de la justice internationale.

    afrik.com

  • CPI: Bemba n’avait aucun contrôle sur ses troupes, insiste la défense

    CPI: Bemba n’avait aucun contrôle sur ses troupes, insiste la défense

    Jean Pierre Bemba-La défense de Jean-Pierre Bemba a répété mercredi que l’ancien vice-président congolais n’avait aucun contrôle sur ses miliciens en Centrafrique en 2002-2003 et n’était donc pas responsables des crimes qui y avaient été commis.

    Quelque 1.500 hommes en armes de Jean-Pierre Bemba s’étaient rendus en Centrafrique en octobre 2002 pour soutenir le président Ange-Félix Patassé, victime d’une tentative de coup d’Etat menée par le général François Bozizé.

    Selon la défense, Jean-Pierre Bemba n’aurait pas pu garder “le contrôle opérationnel effectif” de ses miliciens, qui ne faisaient pas partie de l’armée régulière et qui se trouvaient dans un autre pays.

    Comme dans une coalition militaire internationale, les contingents de troupes dans un autre pays ne “maintiennent jamais une ligne séparée de commandement opérationnel auprès de leur hiérarchie nationale militaire et restent à tout moment placé sous un commandement national unique”, a assuré aux juges l’une des avocates de la défense, Kate Gibson.

    Lors de son réquisitoire la veille, l’accusation avait affirmé que Jean-Pierre Bemba avait bel et bien gardé le contrôle effectif de ses miliciens en Centrafrique et que ceux-ci avaient violé “tout ce qui se trouvait sur leur chemin”, tué et pillé la population civile.

    Pour Mme Gibson, les troupes de M. Bemba n’étaient pas les seules en Centrafrique.

    Celles-ci se battaient notamment aux côtés de l’armée centrafricaine : “si tous les contingents au sein d’une coalition internationale suivaient les ordres de leurs propres chefs, ce serait le chaos total”, a-t-elle assuré.

    Il n’y a de plus “aucune preuve d’un ordre venant de M. Bemba vers ses troupes en Centrafrique”, a-t-elle ajouté : “les thèses de l’accusation ne correspondent pas à une réalité réaliste”.

    Jean-Pierre Bemba est poursuivi, non en tant qu’auteur ou co-auteur mais en tant que “chef militaire”, en vertu du principe de la “responsabilité du commandant”.

    Bien que Jean-Pierre Bemba n’était alors pas au sein du gouvernement congolais, la décision des juges pourrait empêcher certaines nations d’envoyer leurs troupes vers une démocratie en danger, a estimé un autre avocat de la défense, Peter Haynes.

    Jean-Pierre Bemba, 52 ans, est détenu par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye depuis juillet 2008. Son procès s’était ouvert en novembre 2010.

    La CPI a autorisé près de 3.000 victimes à participer à la procédure, un chiffre record.

    AFP

  • Portrait: les mille et une facettes de Blaise Compaoré

    Portrait: les mille et une facettes de Blaise Compaoré

    blaise-compaore--Alors que son pays se remet lentement des journées de braise de fin octobre/début novembre, l’ancien président burkinabè a posé ses valises à Yamoussoukro. Retour sur quelques-unes des facettes méconnues du dernier « baobab » d’Afrique de l’Ouest.

    De Yamoussoukro, où il a trouvé refuge après son départ précipité de Ouagadougou, Blaise Compaoré doit se mordre les doigts ! Faute d’avoir écouté ceux qui, comme certains de ses proches et même son épouse ivoirienne, Chantal Terrasson de Fougères, lui conseillaient d’abandonner son projet fou de révision constitutionnelle, il est tombé, comme une mangue mûre. Avec une foule en colère massée aux abords de son palais, il a préféré fuir avant d’être exfiltré en Côte d’Ivoire – suprême injure pour un ex-officier révolutionnaire au nationalisme chevillé au corps – à bord d’aéronefs français. Pitoyable sortie de scène d’un homme naguère sûr de son fait, calculateur et cynique, que rien, ni les tentatives de putsch, ni les mutineries, encore moins les manifestations de rue, ne semblait jusque-là pouvoir ébranler.

    Tout à ses rêves d’omnipotence régionale et à sa quête frénétique du prix Nobel de la paix, il en a oublié ses propres ouailles, l’usure du temps, le ras-le-bol grandissant tout comme l’aspiration irrépressible des nouvelles générations à davantage de liberté. Tel un bateau ivre, le règne de celui qui était encore, il y a peu, le champion toutes catégories des chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest pour le nombre d’années passées au pouvoir, a sombré.

    Défait par la génération internet et les rastas

    Vingt-sept ans de pouvoir, c’est, après tout, un bail ! Lorsqu’il accéda de manière tonitruante à la tête de son pays, le 15 octobre 1987, Ronald Reagan était encore aux affaires. Depuis, George H. Bush, Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama se sont succédé à la Maison Blanche. Comme si le temps s’était figé au « pays des hommes intègres », le locataire du palais de Kosyam est resté le même. Il a fallu la détermination de la jeunesse urbaine précédée d’un travail de fourmi de l’opposition pour abattre le dernier baobab ouest-africain et mettre un terme à son entêtement de réviser la Constitution pour s’installer durablement au pouvoir. La génération internet, les geeks, les rappeurs et autres rastas, notamment du « Balai citoyen », ont réussi là où bien des politiques et des mutins ont échoué ces dernières années.

    Curieux destin que celui de ce sexagénaire ayant subtilement troqué le treillis contre un costume européen, au point de faire oublier son corps d’origine. Si l’essentiel de sa carrière militaire et politique et les règlements de comptes sanglants et autres assassinats qui ont accompagné son ascension au pouvoir et émaillé son règne sont connus, les multiples facettes et casquettes du personnage le sont moins.

    Tous les journalistes qui l’ont rencontré un jour vous le diront : Blaise Compaoré ne répondait jamais à une question ou même à une banale interpellation en public sans marquer un temps d’arrêt. Dans son regard, l’on devinait alors qu’il retournait la question dans sa tête, sans doute pour en extirper les pièges éventuels. Constamment sur le qui-vive, le tombeur de Thomas Sankara flairait le guet-apens en tout et partout.

    Une coterie de journalistes à sa dévotion

    A son actif, un côté « gros bosseur » qui lui valait l’admiration même de certains de ses adversaires. Aussi, un bon carnet d’adresses et une connaissance surprenante des rouages complexes de l’économie et des finances ouest-africaines.

    Sérieux, ponctuel, il pouvait donner un rendez-vous deux mois à l’avance et le respecter, à un quart d’heure près. Sur la géopolitique régionale, il n’y avait pas meilleur expert, tout comme d’ailleurs sur les péripéties de la politique intérieure française. Il entretenait de solides réseaux où se croisaient, parfois sans se rencontrer, des officiers, des élus de droite comme de gauche, des notables francs-maçons et des universitaires français conquis par son calme, une certaine rigueur martiale, une bonne connaissance des dossiers, une discrétion à toute épreuve et, ce qui ne gâchait rien, une générosité à la mesure des finances de son pays.

    Après des débuts calamiteux, en termes d’image, le tombeur de Thomas Sankara avait, sur les conseils d’un ami journaliste, appris à utiliser le téléprompteur lors de ses prestations télévisées. Il avait mis en place, en Afrique et bien au-delà, une coterie de journalistes, bien souvent de la gent féminine, qu’il alimentait régulièrement en informations, et qui, en retour, étaient autant d’informateurs appréciés. On l’aura compris : Blaise Compaoré savait se faire du bien en faisant du bien. Et c’est bien ce que lui reprochent ses contempteurs.

    « Un monstre froid ». Ainsi le qualifia un jour, en privé, une dame envoyée au Burkina par une maison d’édition pour nouer un premier contact en vue de rédiger une biographie à sa gloire. Sans doute pour l’impressionner, Blaise Compaoré emmena la visiteuse dans son domaine de Ziniaré, à 35 kilomètres au nord-est de Ouagadougou, où le maître de céans vit entouré d’animaux sauvages. Commentaires de cette dernière, après avoir observé son hôte contemplant d’un regard jouissif un fauve du domaine dévorant une biche prise au piège : « Cet homme n’a pas peur du sang. Pire, cela l’excite. C’est un monstre froid ».

    Surnom : Ravaillac

    « Blaise Compaoré a un sérieux problème avec le sommeil », analyse par ailleurs au téléphone le docteur Mamadou Mbodji, psychologue à Dakar. Surnommé « Ravaillac », du nom de l’assassin du roi de France Henri IV, par ses camarades de lycée, Compaoré eut en effet cette réponse désarmante lorsqu’on lui demanda en octobre 1987 de s’expliquer sur la liquidation de Sankara qu’il considérait, la veille encore, comme « son frère » : « Je ne sais pas ce qui s’est passé, je dormais », lâcha-t-il.

    Lorsque, deux ans plus tard, deux autres de ses frères d’armes et proches compagnons, le commandant Jean-Baptiste Lingani et le capitaine Henri Zongo, furent sommairement exécutés, Blaise Compaoré se trouvait de nouveau dans les bras de Morphée. « Comment est-ce possible qu’un tribunal révolutionnaire condamne à mort et fasse exécuter les numéros 2 et 3 du régime sans que l’on ne réveille le numéro 1 pour prendre son avis préalable ? », risqua, à l’époque, un journaliste. « Ce sont des jeunes qui assument parfaitement leurs responsabilités », s’entendit répondre l’intéressé. Nouvelle question : « Dans ce cas, ils peuvent bien se lever un matin, se saisir du numéro 1, le juger et le faire exécuter ». Réplique du président du Faso : « Ah non ! Ce sont des jeunes éveillés et responsables… »

    « L’invocation du sommeil permet à Blaise Compaoré de dégager sa propre responsabilité, de se défausser sur autrui, en l’espèce sur sa garde rapprochée, comme si celle-ci pouvait agir à sa guise et à son insu, poursuit le psychologue dakarois Mamadou Mbodji. Mais quand il a fallu modifier la Constitution ou lorsqu’il a fallu prendre la poudre d’escampette, il a curieusement oublié de dormir. »

    La hantise des autres chefs d’Etat

    Redouté au pays, « Ravaillac » donnait des sueurs froides à nombre de ses pairs d’Afrique qui en étaient arrivés à considérer le Burkina comme un sanctuaire de la subversion. Si Kadhafi tenait Compaoré en haute estime, le Béninois Thomas Yayi Boni s’en méfiait comme de la peste. Tout comme les présidents malien, Ibrahim Boubacar Keïta, et nigérien, Mahamadou Issoufou qui critiquaient mezza voce sa duplicité dans la crise au Sahel. Le Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz voyait sa main (et celle du très redouté conseiller officieux de Compaoré, Moustapha Chaffi) derrière les multiples tentatives de putsch dans son pays. Le Congolais Denis Sassou Nguesso le tenait à distance depuis l’assassinat de Sankara.

    Depuis sa prison néerlandaise, où il attend d’être jugé, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo tient pour le principal responsable de ses malheurs un homme qui, à ses yeux, poussait le cynisme jusqu’à proposer ses services après avoir lui-même allumé l’incendie : « J’ai largement versé la dîme pour avoir la paix, mais cela n’a semble-t-il pas suffi », confia Gbagbo à l’auteur de ces lignes lors d’un entretien en juin 2013 à La Haye. Le Guinéen Alpha Condé faisait ami-ami avec Blaise Compaoré tout en maintenant constamment un œil ouvert.

    Il était aussi la bête noire des dirigeants successifs du Nigeria, le « géant » de l’Afrique de l’Ouest, à cause de son activisme dans le conflit libérien et de son soutien avéré au chef de guerre Charles Taylor. Et, même Alassane Ouattara, son généreux hôte du moment qui lui doit en partie son pouvoir, a failli, au début des années 1990, faire les frais d’un coup fourré de ce grand cynique. C’est, du moins, ce que racontait en privé, il y a quelques années encore, l’ancien président ivoirien Henri Konan Bédié, héraut de l’idéologie « ivoiritaire » et longtemps pourfendeur de Ouattara, avant de rallier ce dernier sur le tard.

    Bédié rapporte ainsi qu’avant de nommer Ouattara aux postes de « coordonnateur de l’action gouvernementale », puis de Premier ministre de la Côte d’Ivoire, en 1990, Houphouët envoya des émissaires à Ouagadougou pour s’enquérir de l’avis de Blaise Compaoré. Laconique et énigmatique, comme à son habitude, le Burkinabè demanda alors aux missi dominici si le président Houphouët-Boigny connaissait suffisamment Ouattara pour lui confier de telles responsabilités. De retour à Abidjan, les envoyés spéciaux auraient résumé au « Vieux » l’avis de Compaoré en ces termes : « Il pense que vous devriez vous en méfier ».

    Depuis la chute de leur ténébreux et belliqueux voisin, inutile de dire que, de Cotonou à Nouakchott, en passant par Accra, Niamey, Conakry et Bamako, on a poussé un « ouf » de soulagement. Seuls Alassane Ouattara et le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, qui ont offert l’asile à Compaoré, semblent porter le deuil. Loin des riches lambris et dorures du palais de Kosyam, le cercle des amis, réels ou supposés, a commencé à se rétrécir.


    A Ouaga, comme naguère à Dakar ?

    Beaucoup d’analystes ont comparé, ces derniers temps, les événements du Burkina Faso à la situation qui prévalait au Sénégal avant la présidentielle de 2012. Le raccourci est quelque peu rapide.

    Certes, il y a quelques similitudes. La première se trouve dans la manière dont la population, à Dakar comme à Ouagadougou, s’est soulevée contre des projets jugés périlleux pour la démocratie.

    En 2011, les Sénégalais se sont ainsi opposés à une transmission dynastique du pouvoir entre le président Abdoulaye Wade et son fils, Karim Wade. Devant la furie populaire, le projet a été abandonné.

    Au Burkina, Blaise Compaoré a, un moment, caressé le rêve d’une succession adelphique (d’un frère à un autre) au profit de son jeune frère, François Compaoré. Face à une forte opposition, y compris dans sa propre famille politique, le projet a été enterré.

    Là s’arrêtent les similitudes

    Wade a été démocratiquement élu en mars 2000 face au sortant, Abdou Diouf. On peut certes contester la décision, mais, douze ans plus tard, sa candidature a été bel et bien validée par le Conseil constitutionnel. Et ce sont les électeurs qui, en mars 2012, lui ont indiqué la porte de sortie en élisant Macky Sall. Ce n’est pas la rue qui l’a fait partir.

    Compaoré, lui, est arrivé au pouvoir à la faveur d’un coup d’état. Il l’a perdu, vingt-sept ans plus tard, après un soulèvement populaire au terme duquel l’armée s’est emparée du pouvoir.

    F.K.

    RFI

  • Pierre Péan: «Le fait qu’Ali Bongo soit d’origine biafraise n’est pas un scoop»

    Pierre Péan: «Le fait qu’Ali Bongo soit d’origine biafraise n’est pas un scoop»

    Bongo-Ali-On l’a appris hier, lundi 10 novembre, le Gabon dépose plainte contre le dernier livre de Pierre Péan, dans lequel il est écrit que le président Ali Bongo aurait été un enfant nigérian adopté par Omar Bongo pendant la guerre du Biafra. Pierre Péan connaît bien le Gabon. Dans sa jeunesse, l’essayiste français y a vécu deux ans. En 1983, il a publié un premier livre sur ce pays,Affaires africaines. Aujourd’hui, il publie chez Fayard Nouvelles affaires africaines. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Vous assurez que le président Ali Bongo n’est pas né Gabonais. Qu’est-ce qui le prouve ?

    Pierre Péan : Je tiens à dire que je sais cela depuis très longtemps. Quand j’ai écrit lesAffaires africaines en 1983, je parle des enfants biafrais et de Bongo. La seule chose que j’ai faite en plus, c’est de chercher des anciens qui ont un peu de mal à parler parce que la plupart ont encore des relations avec le Gabon, mais le fait qu’il soit d’origine biafraise, c’est Noël en décembre !

    Ce n’est pas du tout un scoop. Et même dans le livre Kala-Kala, de Maurice Delaunay, l’ancien ambassadeur et homme de Foccart – c’est lui qui a monté toute cette affaire -, il n’y a pas le nom d’Ali, là non plus. Mais les enfants biafrais, c’était un projet totalement politique, parce qu’on voulait impliquer davantage celui qui s’appelait encore Albert-Bernard Bongo (Omar Bongo) dans la guerre du Biafra.

    Vous fondez-vous prnicipalement sur des témoignages ou sur des documents ?

    C’est essentiellement sur des témoignages. Je l’ai écrit, déjà, en 1983. Je mets un peu plus de lignes que dans le livre Affaires africaines.

    Il y a des témoignages, mais il y a aussi des contre-témoignages. Et pas de n’importe qui puisque l’une des filles de l’ancien président gabonais Léon Mba, Delphine Ayo Mba, affirme aujourd’hui que bien avant la guerre du Biafra, bien avant les années 1967-1968, elle jouait dans les jardins du palais présidentiel de Libreville avec le futur Ali Bongo, qui s’appelait alors Alain Bongo.

    Il y a quelque chose de très simple pour nous départager. Il suffit que le président Ali Bongo fasse un test ADN. Même chose pour Patience Dabany, qui est censée être sa mère, mais qui est pour moi sa mère adoptive. Et là, ce sera fini.

    Autre chose : il y a l’acte de naissance. Personne ne peut contester que l’acte de naissance qu’il a produit avant le démarrage de la campagne en 2009, même quelqu’un qui a dix ans, douze ans, peut voir que c’est un faux. Pourquoi, si véritablement il est né à Brazzaville, ne pas donner l’acte de naissance véritable de Brazzaville ou un acte qui se situe probablement à Nantes ?

    Vous dites que l’élève Alain Bongo n’a jamais été à l’école à Alès, dans le sud de la France, car vous n’avez trouvé aucune place de son inscription dans un établissement de la ville. N’est-ce pas une preuve un peu faible ?

    J’ai vu le président de l’association des anciens élèves, j’ai vu le patron du collège Cévenol pendant quinze, vingt ans. Cette affaire-là, ça ne me gêne pas du tout. Si véritablement on m’amène la preuve que cet aspect-là était faux, je le reconnaîtrais sans problèmes.

    Pascaline Bongo, sa soeur aînée, prend sa défense alors qu’ils ont des rapports compliqués depuis 2009. Cet élément n’est-il pas à prendre en compte ?

    C’est le moins qu’on puisse dire, oui. Mais la famille s’est resserrée pour des raisons qui sont assez compréhensibles. Elle n’a pas eu le choix : il fallait bien qu’elle fasse quelque chose. Mais voilà, ça ne me trouble pas outre mesure.

    Qu’est-ce qui vous prouve que Ali Bongo a menti sur ses diplômes universitaires ?

    (Rires). Alors là, sur les diplômes universitaires, je peux dire que j’ai vu la personne qui a monté l’opération. Effectivement, je ne cite pas son nom, mais je cite les autres participants. Ca s’est passé par le cabinet de Pierre Abelin, qui était ministre de la Coopération sous Giscard. C’est probablement remonté jusqu’à Valéry Giscard d’Estaing. On peut me dire que je n’ai pas le papier, ok. Par contre, je suis totalement sûr de mon coup.

    Des élections présidentielles truquées en 2009 ? Le vrai vainqueur aurait été André Mba Obame. Là aussi, quelles preuves avez-vous ?

    J’ai un papier de la Céna, l’organisation de contrôle des élections. Un document qui rend quasiment impossible la victoire d’Ali. Mais surtout, j’ai quelqu’un qui était dans la mécanique et qui m’a raconté les détails. Et comme il est encore proche du pouvoir, je ne peux évidemment pas donner son nom. Ce serait une trahison à son égard. Mais il a participé et m’a expliqué pourquoi : tout simplement parce qu’on ne voulait pas un Fang. C’est aussi clair que ça.

    Vous dites qu’à l’époque, Ali Bongo était soutenu par Nicolas Sarkozy et que deux ans plus tôt, la campagne du futur président français aurait été alimentée par les caisses gabonaises à hauteur de plusieurs millions d’euros ?

    Oui. Evidemment, si vous me demandez les preuves, je ne les ai pas. C’est toujours par du liquide évidemment que ça arrive. Mais là aussi, ce sont des gens qui sont dans l’intérieur du système qui me l’ont dit.

    Ce lundi, l’Etat gabonais a annoncé qu’il portait plainte contre vous pour des « propos gravement diffamatoires ». Quelle est votre réaction ?

    Enfin une bonne nouvelle ! Parce que ça va être sur la place publique donc on va voir ce sur quoi ils m’attaquent et moi, ma capacité à me défendre. Donc j’attends cela très sereinement et j’ai tendance à penser que c’est une bonne nouvelle.

    La semaine dernière, le site Mediapart a écrit que les hommes d’affaires Ziad Takieddine et Fara M’Bow auraient proposé à la présidence gabonaise, en échange de la coquette somme de 10 millions d’euros, que votre ouvrage ne soit jamais publié. Comment réagissez-vous ?

    C’est totalement scandaleux que des journalistes puissent reprendre ça en laissant le soupçon sur ma participation à cette opération. Ca, ça me tord les tripes. La chose essentielle, c’est qu’en novembre, décembre, il y a un an, il n’y avait pas de livre prévu sur le Gabon. J’ai signé mon contrat avec Fayard le 31 juillet de cette année.

    Mais si jamais cette opération a eu lieu, est-ce que vous envisagez de porter plainte contre ses auteurs ?

    Je suis en train d’y réfléchir. Que s’est-il passé ? Il y a bien eu un protocole d’accord par Ziad Takieddine. Mais je n’étais évidemment pas au courant.

     

    RFI