-Un nouveau “carnage” s’est produit à Beni, provoquant dimanche une violente manifestation dans cette ville de l’est de la République démocratique du Congo déjà théâtre mi-octobre d’un massacre ayant fait une trentaine de morts.
“Il y a eu carnage cette nuit encore, vers 19h30 (17h30 GMT), à Beni dans le quartier Bel-Air, dans l’est de la ville. On a tué huit personnes: deux militaires et six civils”, a déclaré à l’AFP Teddy Kataliko, président de fédération d’associations Société civile du territoire de Beni. Cette tuerie a eu lieu quelques heures seulement après le départ du président Joseph Kabila venu promettre une réaction ferme à la série de massacres qui ont fait une centaine de morts le mois dernier à Beni et dans sa région.
Citant des témoins, M. Kataliko a ajouté que les responsables sont des éléments “présumés appartenir à l’ADF”, la rébellion des musulmans ougandais des Forces démocratiques alliées à laquelle sont attribués les autres carnages. “Toutes les dépouilles sont arrivées à la morgue, il y a huit corps. Il y a un enfant, trois femmes, le reste sont des hommes. Deux militaires ont été tués par balle, l’enfant a été percé par un couteau et les autres par machette”, témoigne à l’AFP Chirac Katalya, journaliste et membre de société civile.
Les autorités locales ont pour leur part annoncé un bilan d’au moins sept morts. “Il y a eu sept morts, dont deux militaires”, a affirmé à l’AFP Julien Paluku, gouverneur de la province du Nord-Kivu, où se trouve la ville et le territoire de Beni. Le maire de Beni, Bwanakawa Nyonyi, a confirmé ce bilan mais ajouté que trois autres victimes devaient être amenées à la morgue.
Détruire la mairie
Cette nouvelle tuerie a provoqué des heurts violents lors d’une manifestation de protestation. “La population (…) a procédé à des manifestations violentes. Elle voulait s’en prendre aux édifices publics. (…) Tous les édifices publics ont été protégés mais il s’en sont pris à la statue du président Kabila” qui avait quitté Beni vendredi, a déclaré M. Nyonyi.
M. Katalya a expliqué que la police avait tiré en l’air pour disperser la foule, mais que des manifestants avaient “voulu coûte que coûte détruire la mairie”. “Une personne avait été blessée par balle à la cheville”, a-t-il ajouté. Suite aux échauffourées, le centre-ville de Beni s’est vidé, les églises ne comptaient que quelques fidèles ou avaient fermé leurs portes et la circulation était quasiment inexistante hormis les véhicules de l’armée et de la police, a témoigné M. Katalya.
En fin de matinée, les manifestants avaient été dispersés devant la mairie mais la police et l’armée pourchassaient dans les ruelles des gens cherchant à se regrouper, selon M. Katalya. “On entend des coups de feu sporadiques. La situation n’est pas complètement calme, mais la situation est sous contrôle”, a souligné le maire de Beni.
“C’est comme s’il y avait une complicité interne”
Courant octobre, une série de massacres attribués à l’ADF a fait une centaine de morts dans le territoire de Beni. Les victimes, dont des enfants, ont été tués à l’arme blanche et parfois décapitées. Dans la nuit du 15 au 16 octobre, une trentaine de personnes avaient été tuées à Beni même. Hostile au président ougandais, Yoweri Museveni, l’ADF est active depuis 1995 dans une région montagneuse du territoire de Beni, où elle commet de graves exactions (massacres, enrôlements forcés, pillages…) contre les civils et se livre à des lucratifs trafics, dont celui de bois.
Depuis janvier, l’armée congolaise et la Monusco ont lancé une série d’attaques qui ont affaibli l’ADF. Celle-ci a toutefois conservé une capacité de nuisance et repris l’initiative depuis la mort brutale, en août, du général Jean-Lucien Bahuma, chef des opérations pour l’armée. Vendredi, s’exprimant pour la première fois sur les massacres, le président Kabila avait promis que la RDC allait “vaincre” l’ADF et a demandé à la Monusco, quelque 20.000 hommes au total, de renforcer sa présence dans le territoire de Beni – ce que la force de l’ONU a accepté.
Il faudra aussi le soutien de la population, affirme M. Paluku. “C’est comme s’il y avait une complicité interne car ces gens viennent commettent leur forfait et les forces armées n’arrivent pas à les retrouver. On finit par se demander s’il n’y a pas certains complices qui les hébergeraient.”
Jeuneafrique.
Author: Don Kayembe
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Un nouveau “carnage” à Beni provoque une manifestation violente
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Exclusif. Burkina : Blaise Compaoré s’est réfugié à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire
-Blaise Compaoré, le président burkinabè démissionnaire et en fuite, s’est réfugié à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire. Il l’a confié au téléphone à “Jeune Afrique”.
(Mis à jour le 1er novembre à 17h45)
Blaise Compaoré a quitté le palais présidentiel de Kosyam, à Ouagadougou, vendredi en début d’après-midi, au moment où le communiqué annonçant sa démission était lu à la télévision. Son entourage affirmait alors qu’il partait en direction de Pô, son fief situé dans le sud du pays.Une source proche du convoi explique que ce dernier n’a jamais atteint Pô par la route nationale. Il a bifurqué dans la brousse juste avant l’arrivée à Nobéré, situé à 45 km de Pô. La foule l’y attendait et les gardes de Compaoré ont préféré éviter l’affrontement.
En contact permanent avec le président ivoirien, Blaise Compaoré et ses accompagnateurs ont attendu dans une zone non-habitée l’hélicoptère envoyé par Alassane Ouattara jusque dans le milieu de l’après-midi.
Réfugié à Yamoussoukro
C’est ensuite à Yamoussoukro que les autorités ivoiriennes ont emmené Blaise Compaoré pour le mettre à l’abri, où il se trouvait samedi. Joint par téléphone, l’ex-président burkinabè l’a confirmé lui-même à Jeune Afrique.
L’épouse de Blaise Compaoré, Chantal, est aux côtés de son mari. Elle est déjà en Côte d’Ivoire, où elle est née, depuis plusieurs jours. François Compaoré, le frère de Blaise, est aussi à Yamoussoukro. Il a tenté de fuir le Burkina par avion, le 30 octobre, avant d’être arrêté à l’aéroport.
La présidence ivoirienne confirme
De son côté, la présidence ivoirienne a diffusé samedi après-midi un communiqué confirmant la présence de Blaise Compaoré sur son territoire. “Le président Blaise Compaoré, sa famille et ses proches ont été accueillis en Côte d’Ivoire”, indique le texte.
Le chef de l’Etat démissionaire réside à l’hôtel Président de Yamoussoukro, où il a diner vendredi et pris le petit-déjeuner samedi matin. Grande bâtisse surmontée d’un dôme doré, la “villa des hôtes” jouxte le palais de l’ancien président ivoirien Félix Houphouët Boigny. La villa est surnommée aussi “Giscardium” pour avoir accueilli comme premier invité l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing, lors de sa première visite officielle dans les années 1970.
Jeuneafrique. -

La fuite inespérée de Blaise Compaoré
-La fuite inespérée de Blaise CompaoréUne révolution populaire au goût d’inachevé
La démocratie politique est-elle un échec africain ou un échec francophone ?
‘‘Un fruit ne tombe que lorsqu’il est mûr. Mais, devant l’ouragan ou la tempête de l’histoire, mûr ou pas mûr, il tombe quand même’’, le Maréchal-tyran Joseph Désiré Mobutu Sese Seko du Zaïre, Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies, New York, le 4 octobre 1973
Par Joël Asher Lévy-Cohen *
Le capitaine de Pô, Blaise Compaoré, est parti ! Qui l’eût cru ? Événement Incroyable pour certains, impensable pour d’autres, l’homme fort d’Ouagadougou est précipitamment éjecté de l’histoire. Comme il y est vraiment entré, diraient certaines mauvaises langues. Par la petite porte. En effet, Blaise Compaoré voulait, à tout prix, modifier les dispositions de l’article 37 de la Constitution qui est, pourtant, la Loi fondamentale du pays pour se représenter, à n’en plus finir, à la tête du Burkina Faso. Malheureusement, en sourd politique, celui-ci n’a pas daigné écouter sa propre population. Il n’a pas voulu prêter l’oreille aux revendications légitimes de l’ensemble de ses compatriotes qui rejetaient, contre vents et marées, l’éventualité de le voir dominer au sommet du pouvoir d’État après vingt-sept ans de règne.
Oui, Blaise Compaoré est parti. Oui, un dinosaure de la politique africaine vient de s’effacer à jamais. La queue entre les pattes. Celui-ci n’a vraiment pu rien faire ni résister à la soif de démocratie inextinguible, bruyamment exprimée par la très grande majorité de ses Concitoyens. Ce départ on ne peut plus hâtif et surtout chaotique – son mandat aurait échu en 2015 – signifie donc que, ce jeudi 30 octobre 2014, le Continent africain a sans doute vécu un moment historique. Il a écrit ses plus belles pages d’histoire. Ceci à double titre.
D’abord, Blaise Compaoré est le seul chef de l’État de l’ancienne Haute-Volta, ex-colonie française, qui a régné le plus longtemps. En cinquante-quatre ans d’indépendance, il sera indubitablement resté la moitié de ce temps au sommet du pouvoir. Ce qui est en soi un record absolu. Ensuite, ce dirigeant fort controversé présente cette particularité et cette singularité d’avoir renversé brutalement son propre frère d’armes : l’illustrissime capitaine ‘‘Thomas Sankara’’, dit le ‘‘Che Guevara africain’’.
Force est de souligner que le progressiste Thomas Sankara qui a trouvé violemment la mort à la suite d’un coup d’État militaire orchestré par la France et mis en œuvre par Blaise Compaoré – aidé, à cet effet, par la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny –, est en réalité le précurseur du socialisme de type bolivarien en Afrique. Ceci bien entendu avant même l’avènement politique du Vénézuélien ‘‘Hugo Chavez de Frias’’. En effet, le ‘‘Che africain’’ avait pratiquement initié, au milieu des années quatre-vingts, une ‘‘révolution populaire’’ substantiellement fondée sur une utilisation rationnelle des ressources humaines et matérielles pour garantir un développement économique autonome – et non point intégré comme c’est le cas au sein de la Françafrique –, et surtout, asseoir un système de progrès social qui rend réellement justice aux masses laborieuses.
Il sied de noter que la vision politique et idéologique de Thomas Sankara qui affirme une véritable indépendance des pays africains, irritait au plus haut point bon nombre de puissants intérêts étrangers dont l’Afrique s’avère incontestablement le marchepied. Pour ajouter la crainte aux inquiétudes exprimées par l’ancienne puissance coloniale, cette révolution sankariste avait très largement trouvé écho auprès d’une jeunesse africaine autant désœuvrée que déshéritée. Aussi faisait-elle littéralement peur à maints régimes fantoches de la sous-région, d’ailleurs confrontés à un public juvénile récusant le néocolonialisme et son bras armé, la tyrannie.
Certes, le capitaine Blaise Compaoré est parti. Le peuple trésaille de joie d’autant plus qu’il a réussi historiquement un grand coup. Il a réussi un véritable coup de force en tant que souverain primaire. Celui-ci a mis fin au verrouillage de la démocratie politique par l’installation des dirigeants ou chefs d’État inamovibles. Il importe, à cet égard, de souligner que l’institutionnalisation des présidences à vie en tant que stratégie de confiscation du pouvoir est, en réalité, un vestige du parti unique, une survivance du Parti-État, d’ailleurs, globalement rejeté dans les années quatre-vingt-dix lors de la fameuse période de conférences nationales ayant pour objet la mise en place des sociétés démocratiques en Afrique.
Toutefois, le départ précipité, hâtif de Compaoré laisse un goût sans nul conteste amer. L’amertume est telle que l’on ne peut vraiment pas s’empêcher de se poser la question de savoir si cette révolution populaire n’a pas été, sans autre forme de procès, confisquée par l’armée…
Au Burkina Faso, ce scénario n’est pas sans rappeler les contradictions du printemps arabe en Égypte et en Tunisie. Dans ces deux États, les forces armées ont accaparé le pouvoir en lieu et place des manifestants. Il y a lieu d’admettre que la plupart des dignitaires militaires burkinabè qui ont suspendu les institutions politiques et gouvernementales, sont pratiquement tous, sans exception, des créations artificielles du même Blaise Compaoré que la population civile ne voudrait plus voir jouer un quelconque rôle politique. Imaginez alors la suite…
À cet égard, il convient de mentionner que le Tunisien Zine el-Abidine Ben Ali n’a jamais été réellement arrêté ni même inquiété. Il se la coule douce en Arabie saoudite ! En Égypte, le vieux lion Hosni Moubarak a été, certes, mis aux arrêts. Cependant, tout le monde sait très bien que le Raïs vit dans une prison dorée.
Ce qui est sûr et certain, l’Afrique démocratique est corrompue. Elle est très malade. Celle-ci est vraiment moribonde dans les pays d’extraction francophone. Hormis les deux exemples béninois et sénégalais dans lesquels l’alternance politique est pratiquement devenue une culture et le respect de la constitution une tradition, la majorité des anciennes possessions coloniales françaises sont, à n’en pas douter, verrouillées par des systèmes qui détournent impunément le processus électoral. Ces régimes se servent des scrutins non pas pour transformer le quotidien de leurs populations respectives mais plutôt pour se recycler, se blanchir à n’en plus finir et, pourquoi pas, se perpétuer.
Ceci est vrai du Cameroun de Paul Biya, du Tchad d’Idriss Déby Itno, de la République du Congo-Brazzaville de Denis Sassou Nguesso, du Togo de Faure Gnassingbe et du Gabon d’Ali Ben Bongo. Sans compter la République démocratique du Congo dont les dirigeants étatiques et gouvernementaux sans doute inspirés par la République populaire de Chine ne croient nullement aux vertus de la démocratie en termes de développement économique de la Collectivité publique et de progrès social du Citoyen.
Pourtant, en Afrique anglophone, l’alternance démocratique ou le changement de garde politique s’opère généralement sans aucun problème majeur. Tout n’y est pas rose. Ce serait évidemment faux de dire que les couacs n’existent pas. À cet effet, l’exemple kenyan peut être mis en relief. Y compris celui du Lesotho en Afrique australe qui connaît de temps en temps des remous politiques. Il faut également inclure dans cette liste des moutons noirs, la Gambie du président-guérisseur Yahya Jammeh qui prétend soigner les malades ayant contracté le sida, avec une potion magique à base de banane. Toutefois, dans la très grande majorité des États qui se réclament de cette obédience linguistique, il y a au moins la volonté démocratique de respecter les suffrages populaires. C’est-à-dire : ‘‘la souveraineté du Peuple’’.
Ceci est vrai de l’Afrique du Sud, du Botswana, de la Zambie, de la Tanzanie, du Malawi, de la Namibie, du Nigeria, de la Sierra Leone, du Ghana. Les deux seules exceptions qui confirment sans hésiter la règle démocratique d’alternance et de changement de garde politique, sont bien entendu l’Ouganda de Yoweri Kaguta Museveni dont l’élection présidentielle est souvent sujette à caution et le Zimbabwe de Robert Gabriel Mugabe qui s’accroche au pouvoir après avoir détruit tous les fondamentaux de son indépendance en commençant par la monnaie. Qui dit mieux ?
- Joël Asher Lévy-Cohen
Journaliste indépendant
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Blaise Compaoré au peuple Burkinabé: “De grâce restez unis”
Le Président déchu s’est prononcé via son compte twitter.
-PEUPLE BURKINABÈ
FILLES ET FILS DU FASO
AMIS DU BURKINA FASOJ’ai accepté de rendre ma démission de la Présidence du Faso.
J’ai décidé de quitter le Pouvoir face à la tragédie que courait mon pays.
J’ai refusé de voir couler le sang de mes compatriotes, le sang des filles et fils du Burkina Faso.
J’ai quitté le Pouvoir bien que President démocratiquement élu, légal et légitime, en vertu du droit constitutionnel du Burkina Faso, pour sauvegarder les acquis de notre évolution démocratique et notre progrès socio-économique .
J’ai quitté le Pouvoir parce que l’intérêt supérieur du Burkina Faso passe au dessus de tout y compris de ma personne.
À la stabilité de la sous région ouest-africaine, à l’Afrique, à la paix internationale, j’ai constamment essayé de donner le meilleur de moi-même.
Je voudrais à cet instant grave pour l’avenir de notre pays d’abord m’incliner devant la mémoire de tous les morts occasionnés par cette crise sordide.
Je voudrais remercier les militants du CDP, mes collaborateurs, tous les Burkinabè, très nombreux qui ont continué, même dans l’épreuve, à me faire confiance et surtout ont su faire preuve de retenue.
Je salue le courage de mes proches et partisans humiliés et dont les biens ont été pillés et incendiés.
J’admire l’humilité de tous les Burkinabè qui sont restés attachés à la paix.
Que tous demeurent en prière pour notre pays afin que de l’union sincère des coeurs pour que l’avenir des générations futures ne soit pas hypothéqué par cette crise.
J’implore à cet instant les filles été les fils du Burkina Faso, en vertu des valeurs d’intégrité et de pardon qui régissent nos traditions, à s’unir comme un seul homme autour de l’intérêt supérieur du pays, pour que la paix et la démocratie règnent au plus vite.
Je demande aux filles et fils du Faso de s’unir, même contre moi, pour que l’essentiel soit sauf.
J’accepte s’il le faut d’être l’agneau du sacrifice de l’union nationale.
Sauvez le pays, préservez le. Je vous le demande de toutes mes forces.
Aux puissances étrangères notamment les USA et la France je dis ma reconnaissance.
A l’Union Africaine, à la Cedeao je dis ma gratitude.
Notre sous région ouest africaine a plus que jamais besoin du soutien de la communauté internationale pour garantir son intégrité et la paix.
Burkinabè de tous âges, unissez vous, unissons nous pour la patrie, pour que demain nos paroles fassent honte à nos actions.
Enfin je pardonne sincèrement à tous et même à ceux là qui ont failli et m’ont trahi. J’en appelle au pardon de tous.
J’accepte d’avance toutes les vexations qui vous paraîtront nécessaires. Mais de grâce restez unis.
VIVE LE PEUPLE BURKINABÈ.
QUE DIEU PROTÈGE LE BURKINA FASO.
BLAISE COMPAORE
(AVEC Press Afrik) -

Apres le Burkina faso, le Bénin emboîte le pas
-La «Marche pour la survie de la démocratie» est le nom choisi par l’opposition béninoise pour exprimer son ras-le-bol face au président Yayi Boni.La protesta des Burkinabés contre Blaise Compaoré a généré une puissante onde de choc qui commence à faire trembler plusieurs dirigeants ouest africains. Le constat vaut surtout pour tous ceux qui n’ont pas caché leur envie de passer le restant de leurs jours au pouvoir. Le premier à en faire les frais est le président béninois Yayi Boni qui est au pouvoir depuis 2006. Prenant exemple sur les Burkinabés, l’opposition et la société civile béninoises ont massivement manifesté hier dans les rues de Cotonou pour réclamer «la tenue d’élections locales libres et transparentes».
Le président Yayi Boni s’était pourtant prononcé pour un départ au terme de son second mandat. Une décision qui aurait dû satisfaire son peuple. Seulement, les élections locales ne s’étant pas déroulées à la date prévue, la classe politique béninoise a commencé à s’interroger légitimement sur les vraies intentions de Yayi Boni. Surtout qu’il s’était engagé à organiser, d’ici la fin de cette année, les scrutins qui devaient avoir lieu en… 2013.
En effet, les élections communales et locales ont été officiellement reportées sine die. L’annonce a été faite au début du mois d’octobre après une rencontre entre le chef de l’Etat et les présidents des institutions de la République. Si personne n’avait été surpris, les Béninois s’interrogent en revanche, aujourd’hui, sur le sort de la prochaine présidentielle et des législatives. Surtout que l’actualisation de la liste électorale permanente informatisée, indispensable pour voter, piétine toujours. D’où d’ailleurs le mécontentement actuel. La «Marche pour la survie de la démocratie» est donc le nom choisi par les protestataires pour exprimer leur ras-le-bol face à ce blocage intégral.
La protesta est menée par une trentaine de partis d’opposition, de syndicats et d’organisations de la société civile. Ses représentants ont été reçus, lundi soir, par le ministre chargé des Relations avec les institutions, en présence de ceux de l’Intérieur et de la Défense. Une tentative, sans doute, pour dissuader l’opposition de mettre à exécution sa menace de grève. De son côté, celle-ci compte sur cette démonstration de force pour contraindre le pouvoir béninois à ouvrir un dialogue sur des propositions concrètes. Mais d’après eux, «il n’y a eu, jusqu’à présent, que des manœuvres dilatoires».
Au Burkina, Compaoré est dos au mur
Au Burkina, le président Blaise Compaoré est pratiquement dos au mur. Plusieurs milliers de Burkinabès ont une nouvelle fois manifesté, hier, dans le calme à Ouagadougou contre son projet de révision constitutionnelle permettant son maintien au pouvoir. Très controversé, le texte doit être examiné aujourd’hui par l’Assemblée. Mardi, des centaines de milliers de personnes – un million, selon l’opposition – ont, rappelle-t-on, défilé à l’appel du camp anti-Compaoré contre ce que les opposants nomment un «coup d’Etat constitutionnel» du chef de l’Etat, au pouvoir depuis 1987.
La mobilisation, d’une ampleur rare en Afrique subsaharienne, s’est achevée par des incidents violents. Plusieurs centaines de manifestants, munis de barres de fer et de pierres, se sont opposés, durant plus de trois heures, aux forces de l’ordre, avant que police et gendarmerie ne fassent évacuer les lieux. L’Assemblée nationale burkinabée examinera aujourd’hui un projet de loi gouvernemental visant à modifier la Loi fondamentale pour faire passer de deux à trois le nombre maximum de quinquennats présidentiels. Ce changement permettrait à M.
Compaoré, arrivé aux affaires par un putsch et qui devrait achever l’an prochain son dernier mandat, après deux septennats (1992-2005) et deux quinquennats (2005-2015), de concourir à nouveau pour la présidentielle. Pour justifier une telle révision, ses partisans invoquent le respect de la loi et de la volonté du peuple. L’opposition craint que ce changement constitutionnel, qui ne devrait pas être rétroactif, conduise le chef de l’Etat, déjà élu quatre fois avec des scores à la soviétique, à accomplir non pas un mais trois mandats supplémentaires, lui garantissant 15 années de plus au pouvoir.
Avec le ralliement, samedi, de la troisième force politique à l’Assemblée, la majorité pourrait disposer du nombre de députés nécessaire – trois quarts de l’hémicycle, soit 96 parlementaires sur 127 – pour entériner directement la loi, sans passer par un référendum comme annoncé initialement. Mais ça se ferait à quel prix ? Une chose est sûre, Compaoré ne peut plus compter, autant qu’avant, sur ses traditionnels soutiens occidentaux. L’allusion est bien évidemment faite aux Américains et aux Français. Désormais, Washington et Paris le considèrent comme un cas difficilement défendable. Les déclarations faites par les uns et les autres, hier, le prouvent d’ailleurs assez.
Zine Cherfaoui- ( el Watan)
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Lettre de François Hollande, mettait en garde Blaise Compaor
-Dans une lettre datée du 7 octobre, le chef de l’État français, François Hollande, mettait en garde Blaise Compaoré. Il lui expliquait comment le Burkina pourrait “être un exemple” s’il évitait “les risques d’un changement non-consensuel de Constitution”. Jeune Afrique en a obtenu copie en exclusivité.Transcription de la lettre envoyée le 7 octobre par François Hollande à Blaise Compaoré
“Monsieur le Président, cher Blaise,
Votre courrier du 22 septembre dernier confirme l’engagement du Burkina Faso en faveur du rétablissement de la stabilité au Mali et votre soutien au dialogue mené à Alger. Je tiens à vous en remercier, car je sais à quel point vous avez toujours œuvré en faveur du règlement de la crise malienne.
Les négociations inter-maliennes qui se déroulent à Alger devraient aboutir, nous l’espérons, à un accord de paix entre le gouvernement et les groupes armés. Il importe avant tout que cet accord, respectueux de l’unité et de l’intégrité territoriale du pays et de sa laïcité, puisse permettre au Mali d’en sortir plus fort, de jouir d’une cohésion nationale renforcée et de voir toutes les régions du pays d’avoir un accès égal au développement et à la sécurité.
Il importe également que cet accord soit solide et durable. La région et la communauté internationale auront là un rôle à jouer, pour appuyer, suivre et contrôler l’application de l’accord à venir. Un dispositif de suivi, où la Cedeao aurait toute sa place, sera utile. Le processus de démobilisation et de réintégration des combattants, dans les conditions qui seront décidées lors des négociations, devra être suivi tout particulièrement.
Dans l’attente d’une issue heureuse des négociations d’Alger, la contribution des voisins du Mali à la Minusma est indispensable, notamment en ce qui concerne la sécurisation des zones où l’armée malienne n’est plus présente depuis les événements de Kidal. L’engagement du contingent burkinabè et sa connaissance du terrain est précieux.
Il est important pour le Mali et pour l’ensemble de la région de consolider ses institutions et d’aller encore plus loin en matière de gouvernance et de démocratie. À cet égard, le Burkina Faso pourrait être un exemple pour la région si, dans les mois qui viennent, il avançait lui aussi dans cette direction en évitant les risques d’un changement non consensuel de Constitution. Vous pourriez alors compter sur la France pour vous soutenir, si vous souhaitez mettre votre expérience et vos talents à la disposition de la communauté internationale.
En vous remerciant de nouveau pour votre engagement en faveur de la paix et de la sécurité au Mali, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma très haute considération.
Bien à toi,
François Hollande”
Fac-similé de la lettre envoyée par François Hollande à Blaise Compaoré


Jeuneafrique
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BURKINA FASO | Blaise Compaoré : « Je n’ai jamais rêvé du pouvoir, et je ne m’y accrocherai pas »
« Quand on a le courage de dire: « Tuez-le ! » Il faut avoir le courage de dire: « C’est moi, qui ai dit de le tuez! » disait Norbert Zongo. A la lecture de ce qui suit, vous verrez pourquoi Blaise Compaoré est un individu lâche et un véritable mythomane. Lisons!
Se souvient-il de ce qu’il avait dit il y a 27 ans ? Après le coup d’Etat du 15 octobre 1987, Blaise Compaoré avait affirmé qu’il n’avait pas l’intention de s’accrocher au pouvoir. Mais trois décennies plus tard, il est toujours dans le gros fauteuil de président du Faso. Il a même l’intention de s’accrocher davantage au pouvoir en faisant sauter le verrou de la limitation des mandats présidentiels. Combien d’années passera-t-il finalement au pouvoir? Voici ce qu’il avait dit à Jeune Afrique (N° 1400 du 4 novembre 1987), peu après son accession au pouvoir.
Jeune Afrique (JA) : Vous avez désormais sur la conscience, et sans doute pour toute votre vie, la mort de votre meilleur ami, Thomas Sankara…
Blaise Compaoré (BC) : J’aurai pu l’avoir sur la conscience si j’avais ordonné de l’abattre. Or, ce n’est pas le cas. C’est pour avoir voulu nous liquider, Jean-Baptiste Lingani, Henri Zongo et moi, qu’il s’est fait abattre par des soldats qui me sont fidèles.
JA : Maintenant qu’il est mort, vous ne risquez pas d’être contredit ?
BC : Il est mort et c’est bien dommage, en effet. Nous, les Africains, nous sommes très sensibles à la mort. C’est d’ailleurs pourquoi même ceux qui pouvaient le détester affichent une certaine consternation. Je suis moi-même très triste, parce que la mort de Thomas n’était pas la condition sine qua non pour régler les sérieux problèmes qui se posaient à notre Révolution.
JA : Alors, qui l’a tué et pourquoi ?
BC : Les soldats qui partaient pour l’arrêter ont été obligés de faire usage de leurs armes lorsque Thomas et sa garde personnelle ont ouvert le feu sur eux.
JA : Qui a ordonné de l’arrêter ?
BC : Les soldats ont pris eux-mêmes cette initiative, quand ils ont été contactés pour participer à notre arrestation et à notre élimination.
JA: Dans votre armée, n’importe quel militaire peut ainsi décider d’arrêter le chef de l’État, sans y avoir été invité par ses supérieurs ?
BC : Ils m’ont expliqué, après le drame, qu’ils savaient que je n’aurais pas accepté de faire arrêter Thomas s’ils venaient m’annoncer que celui-ci préparait notre assassinat, à 20h ce jeudi 15 octobre.
JA : Pourquoi ?
BC : Connaissant mon amitié pour lui, ils savent que je n’aurais pas pris une telle décision sans preuves des projets du Président.
JA: Quelles preuves avez-vous aujourd’hui pour excuser la dramatique initiative de vos soldats ?
BC : Lorsque je suis arrivé au Conseil de l’Entente après la fusillade et que j’ai vu le corps de Thomas à terre, j’ai failli avoir une réaction très violente contre ses auteurs. Cela aurait sans doute été un carnage monstre dont je ne serais certainement pas sorti vivant. Mais quand les soldats m’ont fourni les détails de l’affaire, j’ai été découragé, dégoûté. Je suis resté prostré pendant au moins vingt-quatre heures. De plus, j’étais malade et dans mon lit quand les coups de feu m’ont réveillé.
(…)JA : Quelle garantie pouvez-vous donner aujourd’hui à vos compatriotes pour les convaincre que vous n’avez pas éliminé Sankara juste pour la soif du pouvoir?
BC : Pas moi ! J’ai personnellement participé à deux coups d’Etat pour remettre aussitôt le pouvoir à un autre. Je n’ai jamais rêvé du pouvoir, et je ne m’y accrocherai pas. Ce sont les camarades qui décideront. Pour le reste, je fais confiance à notre peuple.
Source : Courrier confidentiel N° 60
Pensée Du Jour
« Mieux vaut briser sa jambe que briser sa parole. » Proverbe touareg
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Burkina Fasao- en direct:François Compaoré a été arrêté à l’aéroport de Ouagadougou
-Les députés burkinabè devaient voter ce jeudi, à partir de 10 heures (heure locale), le projet de loi sur la modification de la Constitution, qui permettrait à Blaise Compaoré de se présenter à la présidentielle de 2015. Ils en ont été empêchés par des manifestants qui ont forcé l’enceinte de l’Assemblée nationale. Suivez les événements en direct.C’est une journée sous haute tension qui a commencé au Burkina. Jeudi 30 octobre, les 127 députés de l’Assemblée nationale doivent se prononcer, à partir de 10h heure locale, sur le projet gouvernemental de révision de la Constitution. Objectif : modifier l’article 37 de la Loi fondamentale qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels, et ainsi permettre au président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans, de se présenter à nouveau en 2015.
Après une vaste manifestation qui a rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes, mardi, à Ouagadougou, de nombreux opposants à ce projet de modification entouraient jeudi les alentours de l’Assemblée nationale, totalement bouclés par les forces de sécurité. En début de matinée, des manifestants ont pris d’assaut l’hémicycle, poussant les forces de sécurité à exfiltrer les députés. Suivez l’évolution des évènement en direct.
SUIVEZ LES ÉVÉNEMENTS EN DIRECT
(Rafraîchissez la page pour afficher les nouvelles informations)
14h50 – Le chef d’état-major général, le général Honoré Nabéré Traoré, devrait s’exprimer à 14 h (heure locale).
14h40 – Zephirin Diabré, Rock Marc Christian Kaboré et Ablassé Ouédraogo se sont entretenus avec le Mogho Naba, roi d’Ouagadougou.
14h30 – Tous les vols au départ et à l’arrivée de l’aéroport de Ouagadougou sont annulés.
14h15 – Les États-Unis se disent “très inquiets de la situation”.
14h05 – La France appelle au calme et demande à toutes les parties de faire preuve de retenue
14h00 – Selon un habitant du quartier, le domicile du président de l’Assemblée nationale, Soungalo Appolinaire, vient d’être pillé.
13h45 – François Compaoré a été arrêté à l’aéroport de Ouagadougou
13h40 – Le général à la retraite Kouamé Lougué est présent place de la Nation en tenue militaire. Les manifestants attendent qu’il s’exprime.
13h35 – Plusieurs ressortissants français, joints par Jeune Afrique, démentent l’information selon laquelle la France regroupe actuellement ses ressortissants à son ambassade de Ouagadougou.
13h30 – Selon plusieurs sources, des militaires sortent du camp Guillaume Ouédraogo, situé place de la Nation, pour rallier les manifestants.
13h25 – Dans un nouveau communiqué, Zéphirin Diabré déclare : “Une dizaine de morts jonchent les rues. (…) Nous demandons la démission pure et simple du pdt Compaoré.”
13h19 – C’est au tour de Blaise Compaoré de s’exprimer sur son compte Twitter. Le président y “lance un appel au calme et la sérénité” à ses compatriotes burkinabè.
13h12 – “Nous nous opposons totalement à un coup d’État au Burkina. Notre État doit rester démocratique”, affirme Zéphirin Diabré, le chef de file de l’opposition, sur son compte Twitter.
13h00 – À Banfora, c’est la maison du porte-parole du gouvernement, Alain Édouard Traoré, qui a été saccagée par les manifestants.
12h45 – Le domicile de François Compaoré, frère cadet du président Compaoré, a aussi été saccagé par les manifestants.
12h41 – Boukari Le Lion, ancien bras droit de Thomas Sankara, annonce “la fin du régime de Compaoré” à la radio nationale tenue par les manifestants.
12h36 – Selon Bénéwendé Stanislas Sankara, un des leaders de l’opposition, le président Blaise Compaoré doit “tirer les conséquences” de l’assaut contre l’Assemblée nationale à Ouagadougou.”Le peuple a montré qu’il est un peuple volontaire et intègre”, a observé Me Sankara, qui avait personnellement appelé la population burkinabè à “marcher sur le Parlement” jeudi.
12h31 – Selon une source diplomatique à Ouadadougou, “la majorité des manifestants a quitté le centre-ville” pour se diriger vers le palais présidentiel de Kosyam.
12h19 – L’AFP annonce qu’un homme a été tué par balles à Ouagadougou.
12h17 – Des manifestants se rapprochent du palais présidentiel de Kosyam.
12h14 – Le site burkinabè Lefaso.net annonce que la mairie de la ville de Bobo-Dioulasso a été saccagée par des manifestants.
11h54 – Dans un communiqué publié sur son site, le gouvernement informe “l’ensemble des populations de l’annulation de l’examen du projet de loi portant révision de la Constitution” et appelle “les populations au calme et à la retenue”.
11h50 – Les manifestants se regroupent sur la place de la Révolution. Les forces de sécurité ont fui la plupart des grands axes de la capitale.
11h38 – La radiotélévision nationale, envahie par des manifestants, a cessé d’émettre.
11h32 – Le cabinet de la présidence tient actuellement une réunion de crise au palais de Kosyam.
11h26 – Selon plusieurs témoins, le siège du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti de Blaise Compaoré, a aussi été saccagé par des manifestants.
11h17 – Des manifestants vont et viennent dans le siège de la radio télévision nationale.
11h12 – Les militaires ont dégagé l’avenue de l’Indépendance, laissant les manifestants libres de leurs mouvements.
11h09 – Selon un député interrogé par Jeune Afrique, “les militaires laissent faire les manifestants”.
11h06 – Les députés ont été exfiltrés de l’Assemblée et ont été emmenés à la direction de la Police nationale. Des manifestants se dirigent vers la radio télévision nationale.
11h01 – Une fumée noire monte s’élève au-dessus de l’Assemblée nationale.
10h59 – D’après l’un d’entre eux, contacté par Jeune Afrique, des manifestants se dirigent vers la Primature.
10h57 – Selon plusieurs témoins, des manifestants sont entrés dans l’Assemblé nationale. Un début d’incendie a été signalé.
Jeuneafrique
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Joseph Kabila à Béni: le convoi passe, la déception demeure
-Très attendu depuis plusieurs jours à Béni, dans l’est du pays, le président congolais Joseph Kabila est finalement arrivé sur place mercredi 29 octobre, à la mi-journée. Des centaines de personnes étaient venues accueillir le chef de l’Etat sur le principal rond-point de la ville pensant qu’il allait s’exprimer. Mais Joseph Kabila passa son chemin.Le groupe de musique est en place. Les habitants de Béni aussi. Depuis des heures, ils attendent l’arrivée de leur président, comme Rachel, lycéenne : « Il vient ici pour nous réconforter. »
Du réconfort, il leur en faut. Ces dernières semaines, Béni a été de nouveau secouée par des attaques sanglantes. Résultat, chacun a le mot sécurité à la bouche. « Nous sommes délaissés. Il faut qu’il résolve quelques problèmes, surtout de sécurité », témoigne Simon, enseignant.
En quinze jours, 82 personnes ont été massacrées à la machette. Auparavant, il y avait eu de nouvelles salves de tirs à la sortie de Béni. Des membres du gouvernement sont sur place depuis plusieurs jours. Mais pour Stéphane, laborantin, les mesures concrètes se font trop attendre : « On entend parler de réunion chaque jour. Certains groupes de poiticiens sont partis quelque part. On attend des solutions, mais on n’en voit pas. Il n’y a que des epxressions, depuis des décennies. Il n’y a rien de palpable dans notre pays. »
Au final, la déception domine. Jospeh Kabila ne parlera pas à la foule qui l’attend, son cortège passe à toute allure. Alain est désabusé : « Ca fait belle lurette que nous sommes tués. Vous savez combien de personnes sont mortes au Nord-Kivu ? Pourquoi ? Nous sommes fatigués de ce gouvernement en place. Le peuple congolais est totalement fatigué, jusquà la moelle épinière. »
Sentiment d’abandon
Il faut dire que la sécurité n’a cessé de se dégrader ces dernières semaines dans la zone de Béni. Dans la nuit de mardi à mercredi, des échanges de tirs nourris ont eu lieu à l’entrée de la ville sans qu’aucun assaillant n’ai pu être attrappé. Résultat, la population s’inquiète et s’impatiente. La nuit, les hommes s’organisent. Ils font des feus pour se protéger. Reportage à Mavivi, à la sortie de Béni.
Les gens ne dorment plus à cause des massacres. La Monusco ne nous protège plus. Ils passent seulement sur la route, ne peuvent même pas passer dans les quartiers.rfi


